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L’espace d’un instant, et inversement.

  • RSA pour les moins de 25 ans : pas la « bonne solution » selon Bruno Le Maire
    https://www.sortiraparis.com/actualites/coronavirus/articles/240916-rsa-pour-les-moins-de-25-ans-pas-la-bonne-solution-selon-bruno-

    [Sur] l’élargissement de l’allocation du RSA aux tranches d’âges plus jeunes (dès que l’on a atteint la majorité), le ministre répond que l’on "construit sa vie par l’emploi que vous trouvez, par l’engagement que vous avez dans votre profession, c’est ça qui vous fait grandir" explique Le Maire. Selon lui, quand on "a 18 ans, ce qu’on veut, c’est un travail", insistant que le fait que les jeunes de moins de 25 ans veulent "une rémunération de son travail, pas une allocation" .

    A 18 ans, Le Maire intégrait une classe prépa. Il passe par l’ENA et finit ses études à 29 ans, sans s’être trop précipité vers l’emploi. Et pour cause, il est le fils d’un dirigeant de Total et a intégré l’ENS à 20 ans. Il touchait donc un salaire de fonctionnaire de plus de 1500€. Sortir d’ENS/ENA cela fait des années de cotisations retraite, contrairement aux autres années d’études et à celles de RSA ou d’autres formes de chômage non indemnisé.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Le_Maire

    #ministre #RSA #revenu #droits_sociaux #jeunes #travail #emploi #apprentissage

  • Twitter suspend le compte de Sci-Hub | Nancy Rey
    https://www.developpez.com/actu/311776/Twitter-suspend-le-compte-de-Sci-Hub-dans-le-cadre-d-une-affaire-judicia

    La semaine dernière Twitter a suspendu définitivement le compte de Sci-Hub, un site web qui fournit un accès gratuit à des articles universitaires payants. Twitter accuse le site de violer sa politique de contrefaçon. Toutefois, la fondatrice Alexandra Elbakyan estime qu’il s’agit de faire taire le soutien croissant de la communauté scientifique. Source : Développez

  • Renouer la #confiance entre citoyens et policiers ?
    https://laviedesidees.fr/Renouer-la-confiance-entre-citoyens-et-policiers.html

    L’article 24 de la loi “Sécurité globale” est non seulement inutile mais aussi gravement préjudiciable et facteur d’insécurité juridique. Il peut néanmoins être sauvé, si l’on y inscrit le droit à ne pas être empêché de prendre des images des opérations policières.

    #Politique #image #violence #police #législation
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210115_police.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210115_police.pdf

  • « Qui pour vivre ici ? ». Voici le tag que l’on peut lire ce lundi sur l’œuvre d’art du Néerlandais Krijn de Koning, installée depuis quelques mois rue de l’Alma à Rennes. Mêlant des sculptures et des peintures aux couleurs très vives, l’œuvre, baptisée Portes Ouvertes, a pris place dans le quartier sous la forme de mobilier urbain.
    Bon, en même temps ça se lave. Une place vitrifiée à mort, invivable en été !
    PS Je ne savais pas que ces installations en béton étaient une oeuvre d’art de 200 000 euros, mais on en apprend tous les jours ! https://www.20minutes.fr/rennes/2346335-20181001-rennes-uvre-200000-euros-krijn-koning-vandalisee


    #Rennes #Artcontemporain #Urbanisme

  • Un masque québécois testé, approuvé, louangé… mais bloqué | La Presse
    https://www.lapresse.ca/covid-19/2021-01-11/un-masque-quebecois-teste-approuve-louange-mais-bloque.php

    Au moment où l’équipement de protection médicale est rationné dans des hôpitaux débordés en raison de la COVID-19, la CNESST bloque l’utilisation d’un masque québécois… dont l’achat avait pourtant été recommandé aux hôpitaux par Québec.

    Les masques N99 de Dorma Filtration sont plus efficaces que les fameux N95 achetés aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Ils sont plus confortables. Ils coûtent moins cher, car ils sont stérilisables et réutilisables. Et ils sont entièrement conçus et fabriqués au Québec.

    Le masque a passé tous les tests et reçu l’approbation de Santé Canada. L’enthousiasme était tel que le ministère de l’Économie a donné une subvention pour démarrer la production. Une firme du Saguenay, Sefar BDH, a fourni le filtre, et une usine de fabrication de pièces d’automobiles de Sherbrooke, MI Intégration, a mis sur pied une chaîne de montage avec 40 employés.
    Les commandes ont démarré en lion…

    Mais voilà qu’un fonctionnaire de la CNESST, qui veille à la santé et sécurité du travail, a trouvé un problème. Un règlement stipule que tout appareil de protection respiratoire (APR) doit être approuvé par l’Institut national de la santé des États-Unis, le NIH. Le NIH délivre en effet des certifications (NIOSH). Pas de NIOSH, pas d’autorisation au Québec.

    Sauf que pendant la pandémie, les laboratoires du NIH étaient fermés aux produits étrangers, et ils viennent à peine de rouvrir. Il faudra « au moins trois mois » avant d’obtenir cette certification américaine.
    C’est justement pour cette raison, et pour faire face à la pénurie, qu’Ottawa avait émis un décret le 18 mars, au tout début de la pandémie. Ainsi, on pourrait certifier le matériel ici et, si possible, le produire au Canada, plutôt que de dépendre d’arrivages étrangers au double ou au triple du prix… quand on les obtient.

    Mais apparemment, la CNESST estime que le règlement… c’est le règlement.
    « Le gouvernement nous a laissés tomber, dit le Dr René Caissie, concepteur du masque. Le chirurgien maxillo-facial a laissé sa pratique de côté pour se consacrer entièrement à ce projet. J’ai écrit plusieurs fois à son sujet. Il a commencé par inventer un masque artisanal, puis a participé à d’autres projets avant de concevoir ce masque en résine moulée, au bout duquel on installe un filtre en papier.

  • A Pulsating Light Room of Multi-Layered Glass by Claudia Bueno to Premiere at Meow Wolf Las Vegas | Colossal
    https://www.thisiscolossal.com/2021/01/claudia-bueno-pulse-omega-mart/?mc_cid=12185c50ba&mc_eid=a53b581529

    “Pulse” is comprised of countless white line drawings that are meticulously intertwined and superimposed on 60 glass panels. When illuminated, they mimic scores of nautilus spirals, coral, vines, and botanics that sway and throb in glowing masses.


    https://vimeo.com/498493354

  • Léonore Le Caisne : « Il n’y a pas de silence de l’inceste »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100121/leonore-le-caisne-il-n-y-pas-de-silence-de-l-inceste?onglet=full
    (pas encore lu mais je me dit que ca interesserait certaines pêrsonnes par ici @tintin @touti )

    En apparence, les deux affaires n’ont rien en commun. D’un côté, le livre de Camille Kouchner La Familia grande, publié le 7 janvier au Seuil, dans lequel l’autrice écrit que son beau-père, Olivier Duhamel, constitutionnaliste, président de la Fondation nationale des sciences politiques et du club très select Le Siècle, a imposé des rapports incestueux à son frère jumeau. Une enquête pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur un mineur de 15 ans » et « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité » vient d’être ouverte par le parquet de Paris.

    De l’autre, l’affaire Gouardo, du nom, célèbre dans les années 2000, de cette famille où un père a, pendant près de trente ans, violé sa fille adoptive. Six enfants en sont nés, dans un petit village de Seine-et-Marne, près de Meaux, où les commérages allaient bon train, mais sans que la police ou la justice ne s’en mêlent.

    Il a fallu attendre la mort du père, en 1999, pour qu’une enquête soit finalement ouverte – en 2001. Dans ce cadre, la belle-mère de Lydia Gouardo sera condamnée, en 2008, à quatre ans de prison avec sursis pour des faits non prescrits (« non-empêchement de crime » et « agressions sexuelles » sur un des fils de Lydia).

    En novembre 2012, la Civi (Commission d’indemnisation des victimes d’infractions), qui n’impose pas les mêmes délais de prescription que le droit pénal, dédommage Lydia Gouardo, à partir des rapports d’expertise d’un gynécologue, d’un psychiatre et d’un médecin généraliste, de plus d’un million d’euros pour les actes de barbarie, violences et viols subis durant vingt-huit années (1971-1999).

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    Lydia Gouardo a raconté son histoire dans un livre intitulé Le Silence des autres (Michel Lafon, 2008).

    Léonore Le Caisne, directrice de recherche au CNRS, a enquêté pendant un an et publié un livre passionnant sur cette affaire Gouardo, Un inceste ordinaire. Et pourtant tout le monde savait (Belin, 2014). Elle témoigne de l’aveuglement de la société face aux violences sexuelles intrafamiliales (l’inceste), une réalité pourtant largement documentée et souvent connue de l’entourage, mais peu débattue dans la société et très peu dénoncée. Car dans ce petit village d’Île-de-France, « tout le monde savait », mais personne n’a saisi la justice.

    Vous vous êtes penchée sur une affaire spectaculaire par les faits décrits et par la médiatisation importante qu’elle a suscitée. Pourtant, vous avez intitulé votre livre Un inceste ordinaire. Pourquoi ?

    Léonore Le Caisne : Au-delà de la provocation d’un titre, la formule est juste. L’inceste subi par Lydia Gouardo, dans ce village près de Meaux [Seine-et-Marne – ndlr], a été médiatisé comme une affaire extraordinaire. Mais, en réalité, il s’agit d’un père qui viole sa fille : une fille sur dix est victime d’inceste ; c’est ordinaire.

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    Ensuite, c’est un inceste qui a été vécu par les habitants comme un fait assez ordinaire. Personne ne parlait d’« inceste ». L’expression utilisée était : « C’est lui qui fait des enfants à sa fille. » Et sa fille était considérée comme sa femme. C’était finalement assez ordinaire : cela devenait un homme qui fait des enfants à une femme ; et, finalement, un homme et une femme qui ont bâti une famille… C’est banal.

    Quant à la médiatisation, elle ne fut pas immédiate. Au départ, un journaliste local s’y est intéressé – mais son article a eu un faible écho et seule Ondine Millot de Libération a repris l’information et effectué un reportage sur cette famille et le village [en 2007 – ndlr]. Mais cela n’intéressait personne.

    Il a fallu l’affaire Fritzl en Autriche, une affaire spectaculaire [une jeune femme séquestrée à la cave par son père, qui l’avait violée, et plusieurs enfants en étaient nés – ndlr], pour que des journalistes en France se disent que nous disposions d’une affaire similaire : la presse en a alors parlé comme de l’histoire d’une séquestration, d’un silence villageois, d’un secret, d’une omerta. En réalité, c’était un inceste qui se pratiquait et qui était su de tous, comméré. Il n’y a pas eu de silence, de tabou ou d’omerta.

    Vous racontez que, lorsque vous arrivez dans ce village pour vos recherches – vous y avez passé deux ou trois jours par semaine pendant une année en 2008-2009 –, les habitants ne sont absolument pas hostiles. Ni silencieux. Comment cela s’est-il passé ?

    J’avais été mise en garde sur le silence à prévoir des villageois. D’autant que la médiatisation suscitait beaucoup de méfiance. Je me suis présentée comme une sociologue qui travaillait sur la vie d’un petit village de la région parisienne. Ils ne m’ont jamais associée à une journaliste. Et, auprès de moi, ils n’ont pas eu peur de passer pour des salauds. Pas du tout. Ils m’ont parlé de la famille Gouardo comme d’autres familles du village un peu spécifiques.

    Ils m’ont expliqué que tout le monde savait et ils n’en ressentaient aucune honte. À leurs yeux, c’était simplement une famille qui fonctionnait un peu différemment des autres. Elle faisait parler les habitants du village, mais aussi de la cité populaire de la ville voisine [Meaux]. En fait, cet inceste n’était pas pensé comme un crime, c’était juste « un père qui fait des enfants à sa fille ». Et si tout le monde le sait, et que ce n’est pas un crime, alors à qui voulez-vous que l’on dénonce et que voulez-vous que l’on dénonce ?

    L’inceste était tellement su qu’il n’y avait finalement aucune raison de le dénoncer à la justice.

    Seule la médiatisation a créé le scandale. C’est à ce moment-là que les faits ont été qualifiés d’inceste et qu’ils ont récupéré leur charge criminelle. Avant, ils ne sont pas perçus comme tels, la famille était simplement considérée comme une famille un peu différente des autres et qui faisait parler et permettait donc de créer du lien entre habitants.

    Lydia Gouardo, chez elle, à Coulommes, en Île-de-France, le 29 avril 2008. © OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP Lydia Gouardo, chez elle, à Coulommes, en Île-de-France, le 29 avril 2008. © OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP

    Pourquoi l’inceste n’est-il pas un crime à leurs yeux ?

    Parce que les habitants n’ont pas su d’un coup que cette fille avait été violée par son père pendant vingt-huit ans et qu’elle en avait eu six enfants. Ça, c’est le récit qui en a été fait par les journalistes, après coup.

    Ils ont appris les faits progressivement, en observant la maison, les déplacements des membres de la famille… Ils ont vu un homme avec une femme, avec trois enfants, dont les deux premiers qui quittent la maison familiale. Puis un homme et sa femme, avec une fille qui est restée. Avec un père grande gueule, pas sympa avec les voisins, mais bon travailleur, imprimeur ambulant, qui fait des cartes de visite à Meaux, y compris pour des notables. Il est perçu comme un bosseur, un type sérieux, avec un fort caractère. Un jour, sa fille est enceinte. Pourtant, personne ne vient dans leur maison. Cela commence à parler… Les habitants ne savent pas qui est le père. Mais ils se demandent, s’interrogent. Puis un deuxième enfant naît. Et les deux ont des ressemblances avec le père… Le commérage se poursuit.

    Peu à peu, cela fait un nombre faramineux de gens qui parlent. Du village au centre commercial de Meaux en face duquel Gouardo a installé son camion d’imprimerie. Aux caisses de Super M où tout le monde fait ses courses, on en parle. Tout le monde est au courant. Progressivement, les faits et le commérage qu’ils suscitent entrent dans la vie quotidienne des habitants, des voisins, des notables de Meaux.

    C’est un commérage qui devient structurant. Il crée des sociabilités. La circulation de l’information ne s’organise pas n’importe comment. Les élus se parlent entre eux ; la secrétaire de mairie est assez fière de savoir ; les anciens du village sont aussi contents de mieux connaître l’histoire que les nouveaux arrivés, car ça montre qu’ils sont vraiment « du pays ».

    Les habitants ont des relations de commerçants avec lui, et même de voisinage, quand bien même ce sont des relations conflictuelles. Pour eux, c’est un mec courageux, qui élève ses enfants à la dure, mais qui les élève bien. Et qui tient bien sa famille.

    Et Gouardo est une grande gueule ; il est trapu, musclé. Il leur fait un peu peur. On est donc content de bien s’entendre avec lui, de pouvoir lui parler. Sans compter qu’il ne fait que des garçons – les six enfants nés des viols sont des garçons –, dans l’imaginaire, cela compte. Le fait qu’il les fasse à sa fille montre aussi qu’il se joue des lois. Il est au-dessus d’elles. Gouardo incarne finalement un certain pouvoir. En le côtoyant, ou en essayant, certains espèrent peut-être récupérer de sa force.

    L’agriculteur qui vivait en face de Gouardo était ravi de me raconter qu’il était allé dans sa maison, qu’il arrivait à parler avec lui. Cela l’intéressait bien plus que de s’inquiéter de ce que l’homme pouvait faire subir à sa fille et de ce que celle-ci subissait.

    Cela en fait-il des complices ?

    Non, pas du tout. Par contre, détenir l’information leur permet de s’élever socialement en occupant une place enviable au sein du village. Cela n’est pas de la complicité.

    Mais comment expliquez-vous que personne ne soit alarmé ? Que personne ne se soit dit qu’il s’agissait d’un crime ?

    Parce que les faits se sont sus petit à petit et qu’ils ont été sus par beaucoup, y compris par des représentants de la justice. Les magistrats du coin participaient certainement au commérage, ne serait-ce que dans leur bureau ou dans leur cercle familial et amical. J’ai également rencontré une avocate du barreau de Meaux, qui défendait des victimes d’inceste et qui, elle aussi, commérait. Elle n’a pas cru Lydia Gouardo quand elle a dénoncé son crime, elle a minimisé…

    Les policiers, aussi, savaient : quand Lydia fuguait, c’est eux qui la ramenaient chez elle. Gouardo avait de nombreux conflits de voisinage ; la police était souvent à la porte de sa maison.

    Lui-même ne se cachait pas. Ses enfants l’appelaient « papa », ils sortaient avec lui, il les emmenait à l’école. Il parlait de « ses enfants ». Les formules étaient ambiguës. Même à l’hôpital quand elle allait accoucher, le personnel demandait qui était le père. Elle disait : « C’est mon père. » Lui répondait : « Oui, car c’est moi qui vais les élever. »

    Il ne se cachait pas, parce qu’il savait que ce qu’il faisait subir à sa fille, sa paternité incestueuse, ne ferait pas scandale. Et pour les habitants, s’il ne se cache pas, c’est bien qu’il n’y a pas crime. Cela crée un brouillage dans les repères. Dans les discussions avec les habitants, certains confondaient fille et femme. Ils parlaient parfois de Lydia comme de sa femme.

    Ce qui est sidérant dans ce que vous trouvez, c’est qu’au-delà des voisins ou des commérages du village, des représentants de la police et de la justice sont, eux aussi, alertés…

    Oui, bien sûr. Gouardo était très régulièrement au tribunal pour des affaires de conflits de voisinage, de droit de passage et de parcelles communes… La belle-mère de Lydia l’avait aussi brûlée dans un bain d’eau brûlante. Lui avait porté plainte contre l’office HLM pour négligence. Donc les juges parlaient de cet homme.

    Il était connu, avec son camion devant la grande surface de Meaux où tout le monde allait faire ses courses. Les maires successifs – dont Jean-François Copé – passaient lui serrer la main. Tout le monde était pris là-dedans. Pour que cela cesse, pour que cet inceste fasse scandale, il a fallu un public extérieur, qui n’a existé qu’avec la médiatisation du procès de la belle-mère, grâce à ce journaliste local et à la reprise des articles, une année plus tard, par la presse nationale.

    Avec la presse, le regard a-t-il alors changé sur la famille ?

    Ce n’est pas parce qu’il y a eu scandale que Lydia Gouardo a été considérée comme une victime. D’une avocate défendant des victimes d’inceste à l’agriculteur d’en face, on entendait les mêmes discours : on s’interrogeait sur les révélations tardives, sur le fait que le nombre des grossesses montrait qu’elle était consentante, etc. Quelle que soit la classe sociale, les arguments sont identiques pour laisser un inceste se perpétrer.

    Et quand la presse met en cause ce « silence » ?

    Les habitants, les voisins, ne comprennent pas ce qui leur tombe dessus. On les accuse d’omerta, d’avoir tu l’inceste. Mais il n’y a pas eu de silence ! C’était pris dans le brouhaha du commérage. Le problème n’était donc pas qu’ils n’en aient pas parlé.

    Et puis, avec son père, elle a formé une famille. Avec six garçons. C’était, en apparence, une jolie famille ; le père était autoritaire, il faisait travailler ses enfants, il allait acheter les pommes de terre chez le maire. Les enfants « avaient une bonne bouille », ils allaient à l’école, ils « étaient propres », c’est ce qu’on m’en disait, il « s’en occupait bien ».

    Lire aussi

    L’affaire Duhamel, révélatrice du « système de l’inceste » Par Lénaïg Bredoux et Marine Turchi

    Quand elle dénonce l’inceste, Lydia casse la famille et son image, et jette l’opprobre sur le village. Les victimes d’inceste qui le révèlent sont très souvent exclues de la famille. Là, les habitants ont exclu Lydia du village, peu ont continué à lui parler, alors qu’avant la famille faisait partie du village.

    Elle est brutalement devenue la salope. Dès que son père est mort, des garçons du village sont venus frapper à sa porte pour la draguer. On m’a aussi rapporté des rumeurs selon lesquelles elle allait se prostituer dans la forêt d’à côté avec une amie.

    Là encore, ce discours était porté par tous les milieux sociaux confondus. Les agriculteurs comme les enseignants. Ces habitants ne sont pas des « autres », ce sont des habitants ordinaires, de classes sociales différentes, et qui furent pris dans une configuration sociale qui intégrait cet inceste.

    Vous parlez d’enseignants, mais comment expliquez-vous qu’il n’y ait pas eu de signalements auprès de la protection de l’enfance ? Des procédures existent.

    Je pense que c’est davantage le cas aujourd’hui qu’autrefois. Le père est mort en 1999. Les faits ont commencé au début des années 1970…

    De toute façon, disons-le : l’inceste a à voir avec une représentation très patriarcale de la société. L’homme dans sa famille fait ce qu’il veut chez lui ; il est autoritaire ; il fait des enfants, c’est le plus important, et les enfants vont bien, ils mangent à leur faim. Et si la femme n’est pas d’accord, elle n’a qu’à partir.

    À vos yeux, et en dépit de spécificités – le jeune âge des victimes, le lien familial et la durée des violences subies –, l’inceste est-il une « forme paroxystique » des rapports de domination au cœur des violences sexuelles ?

    J’en suis certaine. L’inceste, c’est le début des violences sexuelles, le début de la domination des femmes [les femmes sont très majoritaires parmi les victimes d’inceste, et les auteurs sont à 95 % des hommes – ndlr]. C’est une manière de former, d’élever et de socialiser des enfants.

    Si les femmes laissent faire leur mari, c’est parce que c’est lui qui tient la famille. Les hommes incesteurs, ou agresseurs, sont des hommes à qui les proches reconnaissent une espèce de force. Il s’agit souvent d’une personne respectée, quel que soit le milieu, occupant une place importante dans la famille.

    Comme je l’explique dans mon livre, cette idée est celle popularisée par les féministes nord-américaines, selon lesquelles l’inceste serait l’une des banales violences masculines perpétrées au foyer. Louise Armstrong, porte-parole de la position féministe américaine sur l’inceste, écrivait : « [La pédophilie], c’est ce que les hommes font couramment et régulièrement à la maison parce qu’ils considèrent ça comme un droit. »

    Mais, parce que cette violence est moralement intolérable et parce que trop d’hommes « normaux » devraient sinon être criminalisés et punis, et plus généralement parce qu’elle participe du maintien de la société patriarcale, il faudrait taire cette violence, notamment l’inceste, et, à partir de toutes sortes de « tactiques » et de « stratégies d’occultation », faire croire qu’elle n’existe pas ou qu’elle est rare et ponctuelle, et seulement le fait de « pervers » ou d’hommes « trop aimants ».

    © Editions du Seuil © Editions du Seuil
    On a, en effet, souvent décrit les incesteurs comme des « monstres ». Les études sur l’ampleur du phénomène prouvent que c’est faux. Comment avez-vous réagi en prenant connaissance du livre de Camille Kouchner La Familia grande ?

    J’ai travaillé sur la réception d’une affaire d’inceste dans ce village. Le contexte est ici différent. Mais dans les extraits que j’ai lus, on comprend que, là aussi, l’entourage était au courant et en parlait ou en avait parlé. Il n’y a donc pas eu de « silence », « d’omerta » au sens strict du terme – ce n’était pas un silence réfléchi face à une autre communauté. En réalité, cela se savait, les uns et les autres en parlaient, plus ou moins, selon la place de chacun. Mais cela n’a pas été dénoncé à la justice…

    Mais dans cette affaire encore, l’inceste a été comméré. La question, c’est : pourquoi l’entourage ne s’est-il pas tourné vers la justice ? Il faudrait comprendre pourquoi, selon les places occupées par chacun, cet inceste n’a pas pu être dénoncé. Comme dans l’affaire Gouardo. Parler de silence ou d’omerta conduit à passer à côté de la question fondamentale.

    Dans ce cas, cela va encore plus loin qu’une absence de dénonciation à la justice : la justice elle-même a classé l’enquête lancée en 2011… Avant d’ouvrir une nouvelle enquête, après la publication dans Le Monde et L’Obs des extraits du livre.

    L’inceste est un fait social très important, pratiqué dans tous les milieux sociaux. Malgré son ampleur, il n’est encore l’objet d’aucun grand débat public. Au-delà de leurs actes, les agresseurs occupent une place sociale importante : au sein de la famille, de leur voisinage, professionnellement. Les familiers, les proches, les amis, les voisins, les collègues ont des engagements moraux envers l’agresseur, ou même envers la victime, qui peut demander à la sœur, au frère, à l’autre parent, de ne pas « dire », et qui les empêchent de dénoncer l’agresseur à la justice. Certains peuvent aussi avoir peur de perdre des avantages liés à leur relation avec lui : leur travail, un salaire, ou l’image d’une famille unie. Beaucoup privilégient ces engagements moraux plutôt que de faire acte de citoyenneté en dénonçant les faits à la justice. L’enfant compte souvent moins que ces engagements. Et puis, les faits sont banalisés. Souvent, on entend aussi : « C’était il y a longtemps », « C’est passé », « Ce n’est pas si grave ! ».

    Je pense aussi que la justice ne sait pas bien saisir ces affaires et que ce n’est peut-être pas par elle qu’il va falloir passer pour éradiquer ces pratiques. Actuellement, je travaille sur le recueil des informations préoccupantes. Je constate les difficultés qu’ont les travailleurs sociaux, les policiers et les magistrats à saisir l’inceste : ils cherchent des « faits » et des « traces ». Dans l’inceste, bien souvent, il n’y a ni témoins ni traces. À moins qu’il ne s’agisse d’enfants très jeunes, il peut y avoir pénétration sans déchirure. Sans parler des fellations ou des attouchements… Et après, c’est « parole contre parole », expliquent les professionnels, et la parole de l’enfant n’est pas suffisamment comprise pour faire le poids face à celle de l’adulte.

    La parole des enfants n’est sans doute pas non plus toujours bien considérée.

    De nombreux dossiers sont alors classés. Et ces classements découragent par avance les particuliers et les professionnels qui voudraient dénoncer des incestes à la justice.

    • Les policiers, aussi, savaient : quand Lydia fuguait, c’est eux qui la ramenaient chez elle. Gouardo avait de nombreux conflits de voisinage ; la police était souvent à la porte de sa maison.

      Lui-même ne se cachait pas. Ses enfants l’appelaient « papa », ils sortaient avec lui, il les emmenait à l’école. Il parlait de « ses enfants ». Les formules étaient ambiguës. Même à l’hôpital quand elle allait accoucher, le personnel demandait qui était le père. Elle disait : « C’est mon père. » Lui répondait : « Oui, car c’est moi qui vais les élever. »

      Les gamins ne fuguent pas sans de très bonnes raisons. Mais la société les ramène encore et encore au point de départ.

    • De toute façon, disons-le : l’inceste a à voir avec une représentation très patriarcale de la société. L’homme dans sa famille fait ce qu’il veut chez lui ; il est autoritaire ; il fait des enfants, c’est le plus important, et les enfants vont bien, ils mangent à leur faim. Et si la femme n’est pas d’accord, elle n’a qu’à partir.

    • Je viens de le lire, une telle hypocrisie partagé c’est tellement dément. Et à part les victimes même ici toujours pas de commentaires sur un sujet aussi grave. OSEF. Ce bon père de famille laisse 6 fils probablement aussi bons pères de famille qui suivent ce bon modèle qui fonctionne si bien... pourquoi cela s’arrèterait ? Ca me rend dingue.

      Le comble c’est :

      Quand elle dénonce l’inceste, Lydia casse la famille et son image, et jette l’opprobre sur le village. Les victimes d’inceste qui le révèlent sont très souvent exclues de la famille. Là, les habitants ont exclu Lydia du village, peu ont continué à lui parler, alors qu’avant la famille faisait partie du village.

      Elle est brutalement devenue la salope. Dès que son père est mort, des garçons du village sont venus frapper à sa porte pour la draguer. On m’a aussi rapporté des rumeurs selon lesquelles elle allait se prostituer dans la forêt d’à côté avec une amie.

      Incroyable qu’on avorte les fœtus de fille par millions alors que la malédiction de cette planète ce sont les garçons sur absolument tous les terrains : pollueurs, violeurs, tueurs, agresseurs, prédateurs, pornographe, prostitueurs, viandards...

      Tous les hommes ne sont pas pères, mais 1 femme sur 10 est survivante de l’inceste... Ca fait combien de pères incesteurs ? 1 sur 5, 1 sur 2 ? Personne pour faire ce calcule de l’horreur ?

      Sans compter qu’ il ne fait que des garçons – les six enfants nés des viols sont des garçons –, dans l’imaginaire, cela compte.

      Vivement l’extinction de notre espèce de merde.
      #rage #haine #furie #all_men

    • LE SILENCE DES AUTRES - VICTIME DE SON PÈRE PENDANT 28 ANS

      Ça s’est passé en Seine-et-Marne, dans un charmant village à une demi-heure de Paris, au vu et au su de chacun, dans l’#indifférence totale des voisins, des gendarmes, des services sociaux, de la justice et des médecins... « Pourtant, tout le monde savait ». Avec la collaboration de Jean-Michel Caradec’h, grand reporter, Prix Albert-Londres.

      http://www.michel-lafon.fr/livre/572-Le_silence_des_autres_-_Victime_de_son_pere_pendant_28_ans.html

      #livre

    • Affaire Duhamel : d’autres éléments pourraient intéresser la justice
      https://www.mediapart.fr/journal/france/130121/affaire-duhamel-dautres-elements-pourraient-interesser-la-justice

      Deux jours avant la publication du livre de Camille Kouchner, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire des chefs de « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur un mineur de 15 ans » et « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité ».

      Les investigations ont été confiées à la Brigade de protection des mineurs (BPM). L’objectif, d’après le parquet de Paris, est de « faire la lumière » sur les accusations de viols incestueux visant Olivier Duhamel, mais aussi d’« identifier toute autre victime potentielle » et vérifier si les faits dénoncés sont prescrits.

      Dans La Familia grande, paru le 7 janvier aux éditions du Seuil, la juriste et universitaire Camille Kouchner affirme que son frère jumeau – qu’elle nomme « Victor » pour protéger son identité –, a subi, pendant plusieurs années, alors qu’il était mineur, des viols de la part de leur beau-père, le politiste Olivier Duhamel, âgé de 70 ans aujourd’hui.

      Au-delà des viols qu’aurait subis « Victor » – situés par sa sœur à partir de ses 13 ou 14 ans, « à Paris, à Sanary », pendant « des années », « deux ou trois » –, d’autres éléments relatés par Camille Kouchner pourraient intéresser les enquêteurs.

      La juriste affirme notamment que « plus tard », une enfant de douze ans lui a expliqué qu’Olivier Duhamel lui avait « roulé une pelle » « derrière le dos de ses parents » et qu’elle n’avait « rien dit ».

      Elle-même a fait l’objet, d’après son récit, de remarques sexuelles et de commentaires réguliers sur son corps, lorsqu’elle était mineure. Au moment de la baignade par exemple, « surveill[ant] l’évolution des corps », son beau-père commentait, d’après elle : « Dis-donc, ça pousse, ma Camouche ! Mais tu ne vas tout de même pas garder le haut ? T’es pas comme Mumu, la coincée ? [Muriel, la meilleure amie de sa mère, qui se veut pas exposer son corps – ndlr]. » Un autre jour, il lui lançait, selon elle, qu’il « n’aim[ait] pas [sa] bouche » : « Tes lèvres sont trop fines. C’est dérangeant. »

      Elle relate que son beau-père aimait photographier « les culs, les seins, les peaux, les caresses ». Lorsqu’elle était âgée d’« à peine 15 ans », il aurait pris en photo ses seins en gros plan et aurait affiché le cliché en « quatre par quatre » dans la cuisine de la Ferme – la maison des enfants à Sanary –, aux côtés d’autres photos, telle « une photo des fesses de ma sœur dévalant le chemin » et celle de sa « vieille mère, quasi nue dans le jacuzzi, seins flottants ».

      Le soir, après être allé dans la chambre de son jumeau « Victor » à Paris, Olivier Duhamel se rendait dans la sienne, et s’asseyait sur son lit, écrit-elle. « Il me disait : "Tu as mis une culotte ? Tu sais que je ne veux pas que tu mettes de culotte pour dormir. C’est sale. Ça doit respirer." » D’après son récit, Olivier Duhamel venait aussi « parfois » voir leur frère aîné – qu’elle nomme « Colin » –, « dans sa chambre », pour « lui mesurer le sexe avec un double décimètre » dès que leur mère « regardait ailleurs ».

      Il reviendra à la justice de qualifier ces faits. « Les investigations en cours porteront notamment sur les faits susceptibles de revêtir une qualification pénale évoqués dans l’ouvrage écrit par Camille Kouchner », fait savoir ce mercredi à Mediapart le parquet de Paris.

      Dans La Familia grande, Camille Kouchner décrit, plus largement, un climat ultra sexualisé dans lequel évoluaient adultes et enfants, notamment à l’occasion des vacances à Sanary-sur-Mer, où famille et amis se retrouvaient. Aucune frontière ne semble séparer adultes et enfants, d’après son témoignage. « À 7 ans, à 15 ou à 40 », il faut savoir débattre de politique lors de « dîners de révolte » animés. Danser et voir les couples se former. Se baigner nu. Jouer au poker et autres jeux d’argent.

      Elle rapporte cette scène, où, lors d’un jeu de mimes à Sanary, « parents et enfants mélangés », elle a dû mimer le film La Chatte sur un toit brûlant. « Tu connais pas ? C’est un film de cul. Démerde-toi », lui aurait-on expliqué. « Me voilà faisant semblant de baiser devant les parents », se souvient-elle. « Aux enfants, il n’y a rien à cacher ! »

      « À Sanary, rien n’est interdit », mais cette liberté implique de vivre « comme les grands », écrit-elle. Dans son livre se mêlent des comportements qui relèvent du libertinage ou de l’adultère, et d’autres qui peuvent poser davantage question. Là-bas, écrit-elle, « certains des parents et enfants s’embrassent sur la bouche. Mon beau-père chauffe les femmes de ses copains. Les copains draguent les nounous. Les jeunes sont offerts aux femmes plus âgées ». Elle se souvient notamment du « clin d’œil » que lui aurait adressé son beau-père lorsque, petite, elle a découvert que, « sous la table, il caressait la jambe de la femme de son copain, le communicant avec lequel nous étions en train de dîner ». « Il n’y a rien de mal à ça. [...] La baise c’est notre liberté », lui aurait rétorqué sa mère, à qui elle avait confié cet épisode.

      « Tu comprends, j’ai l’amour à l’âge de 12 ans. Faire l’amour c’est la liberté. Et toi, qu’est-ce que tu attends ? », lui aurait encore lancé sa mère, qui, comme sa tante, se « préoccupait » de sa virginité, dit-elle.

      Camille Kouchner rapporte aussi que son frère aîné est encore « un jeune adolescent » lorsque leur mère lui envoie l’une de ses amies – une Sanaryenne de vingt ans de plus – « pour le déniaiser ». Il est alors « flatté, mais largement effrayé », dit-elle.

      Ces comportements et relations sexuels étaient-ils consentis ? Pas tous, si l’on en croit son livre. Elle affirme qu’après une soirée à Sanary, « une main courante a été déposée ». « La jeune femme, à peine vingt ans, était endormie lorsqu’un garçon s’est glissé dans son lit. Elle s’était enfuie à Paris et avait prévenu ses parents. Des explications avaient suivi. La jeune femme a été répudiée, vilipendée par mon beau-père et ma mère, effarés par tant de vulgarité. Quant à moi on m’a expliqué ce qu’il fallait en comprendre : la fille avait exagéré. Mais avec mon frère, ça aussi c’est autorisé », interroge-t-elle dans La Familia grande.

      Un autre livre est susceptible d’intéresser les enquêteurs : celui d’Évelyne Pisier, la mère des jumeaux et compagne d’Olivier Duhamel jusqu’à son décès, en 2017. Dans Une question d’âge (Stock), publié en 2005 – trois ans avant les révélations de « Victor » à sa mère –, la politologue relate des accusations d’inceste de leur fille adoptive à l’encontre de son mari, « Thierry », un professeur d’économie issu de la bourgeoisie, homme de réseaux proche de Michel Rocard et des cercles de pouvoir, « chef de bande » pendant les vacances en « tribu » dans leur maison au soleil.

      Dans un « avertissement » en préambule de l’ouvrage, évoqué par Libération et que Mediapart a lu, Évelyne Pisier donne du crédit à son récit : « J’introduis des éléments autobiographiques dans un récit fictif. Pas exactement fictif. La plupart des faits et gestes de mes héros ne relèvent pas de mon imagination. À ma propre histoire, je mêle des histoires vécues par d’autres. Un entrelacs qui préserve la fonction de témoignage que j’assigne à ce roman ».

      Le livre s’adresse à sa fille adoptive à la seconde personne du singulier. Certains passages sont troublants, au regard de l’affaire que révèle aujourd’hui le livre de Camille Kouchner. Comme cet échange, entre la narratrice et « Thierry » :

      « Mes rapports avec Thierry se détériorent. Entre nous, la tension monte. Ce n’est pas la guerre, mais c’est sinistre. Il ne partage pas mes engouements associatifs. "Tu vas encore chez tes Alcooliques anonymes ?" Je rétorque, glaciale : "Tu préfères les réseaux de pédophiles ?" ».

      Ou cet extrait, au commissariat, lorsque « Thierry » fait l’objet, pendant trois mois, d’une enquête judiciaire :


      Extrait du livre d’Évelyne Pisier paru en 2005. Extrait du livre d’Évelyne Pisier paru en 2005.

      Face à ces accusations, la narratrice dit dans ce livre « tenir bon » : « Elles sont nombreuses à douter de leurs maris. D’autres tiennent bon. J’en suis, écrit-elle dans ce livre. Jusqu’à quand ? Une « amie » confie gentiment à Nina [la fille aînée d’Évelyne Pisier dans le livre, ndlr] : « Je ne crois pas au viol. Même pas aux attouchements. Mais tout de même, Thierry entretient une relation trop ambiguë avec sa fille. Je me suis toujours demandé comment ta mère le supportait… Et avec toi, comment était-il ? »

      « Trois mois plus tard, notre dossier est classé, raconte-t-elle. Le juge renonce à mettre Thierry en examen. Sur les abus sexuels, tu t’es rétractée. Comme le fils de Camille [une amie de la famille dans le livre, ndlr]. Comme tant d’autres enfants dont je fréquente désormais les parents. Rien ne prouve que tu n’as pas menti. Rien ne prouve l’inverse non plus. De cette aventure nauséabonde, quelle trace restera-t-il ? Notre couple se défait. »

      En 2011, une enquête judiciaire avait déjà été ouverte par le parquet de Paris, après la transmission d’éléments découverts en marge d’une autre enquête : celle concernant la mort de l’actrice Marie-France Pisier, 66 ans, la sœur cadette d’Évelyne Pisier.

      Le 24 avril 2011, la comédienne avait été retrouvée morte au fond de la piscine de sa résidence de Saint-Cyr-sur-Mer (Var), encastrée dans une lourde chaise en fer forgé, bottes en caoutchouc aux pieds. Accident ? Suicide ? Meurtre ? À l’époque, la presse s’interroge. D’autant que l’autopsie n’a pas décelé d’eau dans les poumons de l’actrice. Les analyses toxicologiques indiquent un taux d’alcoolémie important et la présence d’antidépresseur et d’antalgique à doses thérapeutiques.

      Dans La Familia grande, Camille Kouchner présente sa tante comme l’une de leurs rares soutiens : au fil des années, « seule Marie-France se débat », écrit-elle. « [Elle] s’est lancée dans une entreprise acharnée. Elle a lutté contre l’horreur comme elle pouvait. Elle a prévenu ses amis. Sa sœur avec un pédophile qui s’en était pris à son fils. C’était insupportable, inacceptable. Pendant des mois elle a cherché des appuis pour convaincre ma mère, pour lui ouvrir les yeux et la persuader de le quitter. » Mais l’actrice a fini par se « désespérer », et les deux sœurs Pisier « se sont fâchées ».

      Les gendarmes de la brigade de recherches de Toulon interrogent à l’époque le cercle familial et amical de Marie-France Pisier. C’est dans ce cadre qu’ils recueillent incidemment des confidences sur des violences sexuelles qu’aurait commises Olivier Duhamel sur son beau-fils.

      L’enquête n’a pas établi de lien entre la connaissance par l’actrice de ces éléments et sa mort, assure à Mediapart une source proche du dossier. Mais les enquêteurs ont à l’époque rédigé un rapport incident au procureur adjoint de Toulon, Pierre Cortès, qui dirigeait l’enquête sur la mort de l’actrice. Celui-ci transmet ces éléments au parquet de Paris, celui de Toulon n’étant pas compétent territorialement.

      Dans son livre, Camille Kouchner relate que l’ordinateur de sa tante a été exploré dans le cadre de l’enquête et que ses échanges de mails avec Évelyne Pisier ont dû être trouvés. Elle explique aussi qu’une amie de l’actrice s’était confiée aux policiers.

      Les enquêteurs auditionnent alors « Victor ». Le jeune homme de 36 ans accepte de répondre à leurs questions, mais il refuse de porter plainte. « Cette histoire ne vous regarde pas », dit-il aux policiers, d’après le récit de sa sœur. Fait étonnant, Olivier Duhamel n’a lui jamais été auditionné. « L’enquête s’est arrêtée. Sous mes yeux, le récit d’un inceste. Et l’enquête s’est arrêtée. Police partout, justice nulle part. Pas la peine de me le rappeler », écrit Camille Kouchner dans son livre.

      Selon nos informations, l’enquête a été classée sans suite en novembre 2011, par la procureure adjointe. Avec quel motif ? Questionné par Mediapart, le parquet de Paris élude, et indique simplement que « la procédure initiée en octobre 2011 n’a pas donné lieu à suites judiciaires ». Une source proche du dossier évoque auprès de Mediapart « un problème de possible prescription de l’action publique ». Il n’en demeure pas moins qu’Olivier Duhamel n’a pas été questionné par les enquêteurs.

      À l’époque, l’affaire est sensible. Certes, Olivier Duhamel n’est plus, en 2011, conseiller du président du Conseil constitutionnel (1983-1995), ni député européen PS (1997-2004). Mais il est un personnage influent, constitutionnaliste de renom, invité des médias et proche des cercles du pouvoir. Il dirige déjà la revue Pouvoirs, siège au conseil d’administration de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), l’organe de gouvernance de Sciences-Po Paris, et est vice-président du club le Siècle, deux entités dont il prendra la tête par la suite. Quatre ans plus tôt, en 2007, il a participé au Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République, mis en place par le chef de l’État Nicolas Sarkozy et présidé par Édouard Balladur.

      Ce dossier mettant en cause une personnalité publique a-t-il été placé sous haute surveillance politique ? Le Garde des Sceaux de l’époque, Michel Mercier, affirme à Mediapart n’avoir « jamais su qu’il y avait eu cette enquête préliminaire » et n’avoir « jamais entendu parler de l’affaire de M. Duhamel », qu’il n’a « jamais rencontré et à qui [il] n’[a] jamais parlé ». « Personne ne m’a averti », dit-il. Il ajoute que, ministre, il avait « pris une position toute simple » : « Je savais bien qu’il ne fallait surtout pas que le ministre se mêle des procès, enquêtes. Donc je n’ai jamais demandé à être informé sur aucun procès. Et à l’époque la direction des affaires criminelles et des grâces n’était pas informée des classements ». Le ministre de l’intérieur de l’époque, Claude Guéant, nous répond n’avoir « aucun souvenir de cette enquête ».

      Sollicités mardi et mercredi par Mediapart, Olivier Duhamel et son avocate, Frédérique Baulieu, n’ont pas donné suite.

      L’affaire continue en tout cas de susciter des remous. Mercredi 13 janvier, le conseiller d’État Marc Guillaume – par ailleurs mis en cause par des accusations de « comportements sexistes » portées par des conseillères de l’Élysée –, a annoncé qu’il démissionnait des fonctions occupées dans « des établissements » où il a « travaillé avec Olivier Duhamel » : la FNSP, la revue Pouvoirs, qu’il a longtemps codirigée avec le constitutionnaliste, et le club Le Siècle. « Fréquentant Olivier Duhamel depuis des années, je me sens trahi et condamne absolument ces actes », a ajouté l’ancien secrétaire général du gouvernement et actuel préfet d’Ile-de-France dans un communiqué, assurant qu’il ignorait « totalement » les accusations d’inceste visant Olivier Duhamel.

  • Israel rebuffs WHO vaccine request for Palestinian medics, amid outcry over disparity
    https://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/israel-palestine-coronavirus-vaccine-b1784474.html

    Israel has refused a request from the World Health Organisation (WHO) to immediately make Covid-19 vaccines available to Palestinian medical workers to avert a health disaster, citing shortages of the jabs for their own citizens.

    The refusal comes amid growing criticism from rights groups of the massive discrepancy between the vaccine rollout in Israel and the occupied West Bank and Gaza, given Israel’s legal obligations as an occupying power.

  • FAIRE PART

    Le Ministère de la Santé,

    La Direction Générale de la Santé,
    La Direction de la Santé Publique,
    Santé publique France,
    La Direction de la Haute Autorité de Santé,
    Les Directions des Agences Régionales de Santé,
    La Direction de l’Agence Nationale Sanitaire,
    La Direction de l’Alliance Nationale pour les Sciences de la Vie et de la Santé,
    L’Agence Epidémiologie-France,
    Le Centre National de Recherche Scientifique en Virologie Moléculaire,
    L’Agence Nationale de sécurité du médicament et de la Santé,
    Le Conseil Scientifique de la Présidence de la République,
    Le Haut Commissariat de lutte contre les Epidémies,
    Le Haut Conseil de Veille Sanitaire,
    L’Agence Nationale de Sécurité de Logistique Médicale,
    Le Haut Conseil de Santé Publique

    ont le plaisir de vous annoncer la naissance du petit dernier :

    Le Haut conseil d’orientation pour la stratégie vaccinale

  • Le monde en face - Fliquez-vous les uns les autres
    Replay France 5 : https://www.france.tv/france-5/le-monde-en-face/2104305-fliquez-vous-les-uns-les-autres.html


    + complément interview du réalisateur Olivier Lamour sur Europe 1 : https://www.europe1.fr/medias-tele/france-5-un-documentaire-pointe-le-flou-autour-de-la-videosurveillance-40163

    La vidéosurveillance est devenue presque banale aujourd’hui et fait partie du quotidien des Français. Dans les rues, à l’entrée des agglomérations, et même à l’intérieur des smartphones, les caméras sont partout et le phénomène est global. La promesse d’une vie plus sûre et plus confortable a empêché une grande partie des Français de remettre en question ce système susceptible de supprimer les libertés individuelles et collectives. Alors que la #vidéosurveillance, emblème des « #smartcities » est censée protéger les citoyens, elle révèle surtout un nouvel aspect de la société qui est en train de se construire.

    + extrait de l’interview :

    « On est allé de surprises en surprises », poursuit Olivier Lamour. « C’est vrai qu’on ne s’attendait pas à ce qu’on nous dise, au ministère de l’Intérieur, qu’on n’arrive pas à évaluer le nombre de caméras, alors que chaque caméra doit être déclarée en préfecture. Idem, qu’on n’arrive pas à évaluer les coûts de ces dispositifs alors que Beauvau subventionne ces dispositifs jusqu’à 80% pour les mairies. »
    En résumé, « on était un peu estomaqués de voir le flou qui règne autour de tout ça », souligne le documentariste. « On n’a pas trouvé d’évaluation de la vidéosurveillance. Or, le territoire se couvre de ces systèmes, comme si c’était la panacée. »

    #surveillance #flicage

  • A Besançon, un boulanger se bat contre l’expulsion de son apprenti guinéen - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050121/besancon-un-boulanger-se-bat-contre-l-expulsion-de-son-apprenti-guineen?us

    Dimanche 3 janvier, Stéphane Ravacley a décidé de ne plus s’alimenter. Le gérant de la Huche à pain, une boulangerie de Besançon (Doubs) employant huit personnes, se dit « prêt à tout » pour garder Laye Fodé Traoréiné, son apprenti, dans son équipe. Ce dernier, de nationalité guinéenne, est sous le coup d’une expulsion du territoire français.

    « Je veux que ce soit percutant. Je veux montrer qu’il y a quelqu’un derrière lui pour le soutenir. On ne fait pas n’importe quoi avec des gamins ! », s’exclame le responsable de la boulangerie, dans une colère à peine dissimulée. Une pétition en ligne, adressée entre autres à la préfecture de Haute-Saône et au ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, a récolté, au 5 janvier, plus de 110 000 signatures de soutien.

  • « La grille va casser quelque chose » : construit sans enceinte dans un esprit libertaire, le collège ouvert du Rheu doit se clôturer
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/01/05/au-rheu-le-college-ouvert-doit-se-refermer_6065197_4500055.html


    L’établissement expérimental Georges-Brassens, situé au Rheu, près de Rennes. MANON BOQUEN / LE MONDE

    Le collège Georges-Brassens du Rheu, près de Rennes, va devoir refermer son espace pour renforcer sa sécurité. Une décision qui marque la fin du projet éducatif d’origine, entamé en 1974.
    Par Manon Boquen

    Les immeubles de trois étages se suivent et se ressemblent, symptômes d’une ville qui a grandi très vite. Leurs façades ­forment un large cercle autour d’un bâtiment rectangulaire sentant bon l’#architecture seventies : le collège Georges-Brassens. Entre les deux, de la pelouse, des arbres, une route étroite mais pas de barrières. A ­l’origine de cette conception singulière, Jean Auvergne, ancien maire novateur de la commune du Rheu, à quelques kilomètres à l’ouest de Rennes, où est implanté le collège, qui a vu le jour en 1974.

    « Il y avait une volonté d’ouverture, de solidarité et, dès le départ, l’envie de rendre la transgression formatrice grâce à l’absence de clôtures », se souvient Michel Gaillard, conseiller principal d’éducation (CPE) de l’établissement pendant trente ans. Les mots d’ordre de l’époque sont « émancipation » et « liberté ». Au départ, même la notation est mise de côté. A son arrivée, en 1987, Michel Gaillard a occupé d’ailleurs le premier poste de CPE au sein d’un établissement qui n’en avait jusqu’alors connu aucun. « Malgré cela, l’état d’esprit s’est transmis de génération en génération, afin de rendre les élèves acteurs de leur environnement. »

    Graves manquements à la sécurité

    Quarante-six ans après l’inauguration, le 2 novembre 2020, le président du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, Jean-Luc Chenut, reçoit une lettre importante. On l’y informe qu’un diagnostic de sûreté du collège a été effectué par la commission départementale de sécurité, regroupant police, gendarmerie, procureur et services de renseignement sous l’autorité du préfet.

    Les conclusions sont sans appel : l’édifice, construit de plain-pied, souffre de graves manquements, pointés du doigt dans un rapport confidentiel. La principale recommandation de cette ­commission consultative ? L’installation d’une ­clôture autour du bâtiment. « C’était un cas de conscience. Soit je classais ce rapport et je croisais les doigts pour que rien n’arrive, soit je suivais les recommandations pour mettre en place des barrières », explique l’élu, maire du Rheu de 2001 à 2015, et qui se dit très attaché au concept du collège ouvert.

    « La raison » l’a emporté sur « l’émotion », selon ses mots, et il a opté pour la seconde option en intégrant la construction de la future enceinte dans les travaux de réfection de l’établissement à venir. Une semaine plus tard, la décision est rendue publique. L’émoi touche alors bon nombre d’habitants des environs, passés par le collège durant leur adolescence. « L’ouverture signifiait que l’on nous faisait confiance, apprécie encore Morgane, qui a arpenté l’édifice de 2008 à 2012. Cette confiance des adultes nous rendait nous-mêmes plus responsables. » Un constat partagé par Rachel, 58 ans, qui a connu le collège à ses débuts : « Là-bas, j’ai appris à être autonome, à me gérer. J’y allais avec bonheur. »

    Aux abords de l’établissement, dans la ville des cités-jardins de l’architecte Gaston Bardet, tout semble couler de source. Les élèves sont habitués, ils déambulent autour du bâtiment, conscients des limites ­invisibles qui leur sont imposées. « On sait très bien où l’on ne doit pas aller », ­promet Célia (les prénoms des élèves ont été changés), une sixième, en vadrouille avec son amie Constance dans l’allée jouxtant le ­collège, qui reste un des plus fréquentés du département, avec 850 collégiens. Des regrets quant à la fermeture prochaine, elles en ont donc ressenti : « C’était bien, cette liberté. » Mais elles se posent la question : « Peut-être que les jeunes d’aujourd’hui sont moins respectueux ? »

    Une décision acceptée à contrecœur
    Pour la commission de sécurité, l’argument principal résidait dans la menace terroriste. Quelques semaines après l’assassinat du professeur Samuel Paty, en octobre, le verdict ne pouvait sans doute qu’être sévère. Dans un couloir du collège vintage, Christophe, professeur d’histoire-géographie de 55 ans, s’avoue vaincu : « Il y a tellement de choses moroses en ce moment que c’est compliqué de se battre. » Pour lui, l’ouverture physique de l’établissement sur la ville se retrouve dans l’esprit même du collège, qu’il décrit comme « un lieu unique où règne la liberté ». Mais « l’esprit libertaire n’est plus à l’ordre du jour », observe avec dépit celui qui enseigne depuis quinze ans au sein de l’établissement.

    La décision, acceptée à contrecœur par l’équipe pédagogique, n’est pas sans créer des tensions politiques. Un amphithéâtre de 250 places occupe le centre du collège et sert de salle de spectacles pour les élèves mais aussi pour les habitants. Même chose en ce qui concerne les équipements sportifs qui surplombent l’édifice, également partagés. « Nous allons devoir arbitrer sur tous ces aspects et cela ne va pas être simple », soupire Jean-Luc Chenut, le président du département, assis à une table d’une salle de classe. Car si le bâtiment appartient au département, l’ensemble des terrains est propriété de la ville, qui devra en rétrocéder une partie pour que les collégiens jouissent d’une cour relativement étendue.

    Un comité de pilotage, comprenant élèves, enseignants et personnel, se penche maintenant sur ces épineuses questions, et ce, jusqu’en février. La rentrée prochaine, une clôture que l’équipe du comité espère paysagère, entourera les lieux. « La grille va casser quelque chose », craint l’ancien CPE Michel Gaillard. Devant le collège, une femme se ­promène avec une poussette, ses deux jeunes enfants jouant à se poursuivre en longeant les salles de cours. Les élèves regardent la scène depuis la fenêtre d’un air amusé. Bientôt, ce genre de moment fera partie du passé.

    #éducation #école #responsabilité #enfiniravec68 #logique_sécuritaire

    • La justice britannique a considéré, lundi 4 janvier, que Julian Assange ne pouvait pas être extradé vers les Etats-Unis pour s’être procuré et avoir publié en 2010 des documents gouvernementaux américains secrets, ainsi que pour piratage informatique. La juge Vanessa Baraitser a estimé que l’état psychologique de Julian Assange était incompatible avec une extradition.

      Je trouve la justification médiocre. Mais d’une certaine façon, se dire que Assange reçoit le même traitement de faveur que Pinochet... ... ... peut être pris comme qq chose de positif...

  • Tonkin snub-nosed monkey sighting in Vietnam
    https://phys.org/news/2012-05-tonkin-snub-nosed-monkey-sighting-vietnam.html

    #2012

    As one of the most endangered primate species in the world, sightings of the elusive Tonkin snub-nosed monkey are rare. It’s no wonder a recent sighting of a group in Vietnam has proved cause for celebration.

    Believed to be fewer than 200 of the species remaining, this positive sighting by Fauna & Flora International’s community patrol group in Khau Ca forest, identified a group of 80 monkeys, including 16 infants.

    Such large gatherings of leaf-eating primates are known to occur seasonally, but with the number of the species dwindling rapidly, groups of this size are rarely observed.

    https://phys.org/news/2020-04-area-critically-endangered-monkey.html

    https://www.researchgate.net/figure/Drawings-of-the-five-snub-nosed-monkey-species-Top-row-R-roxellana-lef

    #singes #Rhinopithecus

  • L’idéologie propriétaire
    https://laviedesidees.fr/L-ideologie-proprietaire.html

    À propos de : Pierre Crétois, La part commune. Critique de la propriété privée, Éditions Amsterdam. L’individu possède-t-il un droit absolu sur les choses dans lesquelles il met son travail ? La proposition paraît aller de soi, mais elle est pourtant contestable. Pour délimiter la propriété individuelle, il faut un accord entre nous, donc des valeurs communes.

    #capitalisme #Philosophie #propriété #commun
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210101_cretois.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210101_cretois.pdf

  • #Covid-19 : « La plupart des pays avaient besoin d’un #vaccin que l’on aurait pu produire, stocker et administrer simplement et à bas coût », William A. Haseltine
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/12/24/covid-19-la-plupart-des-pays-avaient-besoin-d-un-vaccin-que-l-on-aurait-pu-p

    L’efficacité des vaccins anti-Covid-19 de Pfizer et Moderna, démontrée à plus de 90 % lors de l’essai clinique de phase 3, a été acclamée aux Etats-Unis et en Europe, et le gouvernement britannique a même autorisé le vaccin Pfizer pour une campagne massive. Or, si ces vaccins sont à l’évidence révolutionnaires, l’accomplissement qu’ils représentent à l’échelle de la planète doit être relativisé. Pfizer et Moderna ont créé une Lamborghini quand la plupart des pays avaient besoin d’une Toyota – c’est-à-dire d’un vaccin que l’on aurait pu produire, stocker et administrer simplement et à bas coût, de préférence en utilisant les chaînes de distribution déjà existantes.

    Pour rester stable, le vaccin Pfizer doit être stocké dans des congélateurs spéciaux maintenus à ultrabasse température (− 70 °C). Ces conteneurs, qui ne sont fabriqués que par quelques rares « fermes de congélation », coûtent entre 10 000 dollars et 15 000 dollars (soit de 8 200 à 12 300 euros) pièce. Même si le vaccin Moderna n’exige pas une telle congélation – les − 20 °C requis correspondent à un congélateur domestique standard –, les deux vaccins doivent être pareillement administrés en deux doses espacées d’un mois. Ces difficultés logistiques ne sont certes pas rares, mais elles ne sont clairement pas idéales quand l’objectif est une inoculation mondiale.

    Des alternatives existent

    Même aux Etats-Unis et en Europe, où les gouvernements ont déjà acheté des centaines de millions de doses de vaccin à ARN messager, les hôpitaux peineront à sécuriser les équipements nécessaires à leur stockage et à leur acheminement – notamment ceux dans les petites villes et zones rurales dont les habitants, exposés à de mauvaises conditions socio-économiques et sanitaires, sont particulièrement vulnérables au Covid-19.

    Cela vaut également pour les régions reculées d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Airlangga Hartarto, à la tête du groupe de travail sur le Covid-19 indonésien, a déclaré à Reuters que dans son pays, le vaccin Pfizer avait d’ores et déjà été écarté car il est peu probable qu’il puisse être distribué à 270 millions d’individus dispersés sur plus de 17 000 îles. D’après l’Organisation mondiale de la santé, c’est essentiellement l’incapacité à préserver la chaîne du froid qui explique pourquoi plus de 50 % de vaccins sont perdus chaque année.

    Heureusement, des alternatives existent, comme le vaccin adénovirus développé par les entreprises AstraZeneca et Johnson & Johnson. Celui-ci utilise un virus respiratoire bénin comme vecteur plutôt que des protéines synthétiques, comme c’est le cas des vaccins ARN. Les vaccins adénovirus présentent toutefois un défaut profond et fondamental : les récipiendaires risquent de développer une immunité non seulement au Covid-19, mais aussi au vecteur lui-même, ce qui voudrait dire qu’il faudrait alors recommencer à zéro et développer un autre candidat-vaccin. Le vaccin AstraZeneca et d’autres de ce genre sont un peu comme une Mercedes – ça ne demande pas le même entretien qu’une Lamborghini, mais reste clairement moins pratique qu’une Toyota.

    Les exemples de l’hépatite B et de la polio

    La vaccination anti-Covid-19 ne sera très probablement pas l’affaire d’une seule fois ; comme pour la grippe saisonnière, il faudra certainement prévoir une vaccination annuelle voire bisannuelle. Le vaccin le plus efficace sera donc celui que l’on pourra déployer pendant des années.

    Deux types de vaccins rentrent dans cette catégorie : les vaccins sous-unités et les vaccins inactivés. Dans le premier cas, des particules virales fractionnées sont injectées par voie intramusculaire. Cette technologie est à la base du vaccin qui a joué un rôle crucial dans l’élimination de l’hépatite B, une infection particulièrement répandue en Afrique et dans le Pacifique occidental, qui s’attaque au foie et peut provoquer des cancers lorsqu’elle est contractée à un jeune âge.

    Dans le deuxième cas, le virus est cultivé, tué et transformé pour susciter une forme de défense de l’organisme. Le meilleur exemple en est le « vaccin Salk » contre la poliomyélite. Mis au point en 1955, il fut essentiel pour éradiquer la polio. Il fait partie, à ce jour, des vaccins les plus sûrs et les plus efficaces : bien administré, il protège 99 enfants sur 100. Si le vaccin antipolio oral coûte moins cher et est plus facile à administrer, à l’inverse du vaccin inactivé, il peut générer des souches affaiblies de poliovirus.

    Aucun pays n’est une île

    Trois des quatre candidats vaccins anti-Covid-19 retenus en Chine sont de type inactivés. Alors que l’on attend encore la publication des données sur leur innocuité et leur efficacité, des centaines de milliers de doses auraient déjà été administrés. De nouveaux essais cliniques de phase 3 sont en cours dans plusieurs pays à travers le monde, de Bahreïn aux Emirats arabes unis, de l’Argentine au Pérou.
    Les vaccins inactivés ne sont pas sans risque : plusieurs, par le passé, ont déjà mal tourné à cause d’une évaluation insuffisante de leur sûreté ou par manque de contrôle. Mais, bien faits, ils représentent aussi le moyen le plus éprouvé dont nous disposons.

    D’autres vaccins que ceux de type ARN messager, plus viables d’un point de vue logistique et en termes de rentabilité, ne seront pas disponibles dans l’immédiat. Mais quand ils seront commercialisés, ils toucheront sûrement beaucoup plus de gens dans le besoin. Je dirais qu’il nous faudra attendre encore deux à trois mois, et que nous saurons alors quelles populations les vaccins Pfizer et Moderna ne pourront pas concerner.

    Dans une pandémie, aucun pays n’est une île – une leçon répétée chaque semaine à la Chine, chaque fois que de nouveaux cas d’infections arrivent sous une forme ou une autre depuis l’étranger. Un vaccin exclusivement réservé aux pays urbains à hauts revenus ne suffira pas. La solution la plus pragmatique est un vaccin viable et à un prix abordable pour tous.

    Traduit de l’anglais par Pauline Colonna d’Istria
    William A. Haseltine est un scientifique américain, ancien professeur à l’école de médecine de Harvard et président d’Access Health International, une ONG dédiée à l’amélioration de l’accès aux soins de santé dans le monde.

    #santé_publique #pandémie