vazy

L’espace d’un instant, et inversement.

  • Qui a tué cet homme ? Sarkozy, Hollande et Macron - FRUSTRATION
    https://www.frustrationlarevue.fr/qui-a-tue-cet-homme-sarkozy-hollande-et-macron

    On nous en a informé dans les rubriques “faits divers”, c’est pourtant d’un meurtre qu’il s’agit : un ouvrier de 68 ans, auto-entrepreneur, est tombé d’un toit et mort de ses suites de ces blessures à Versailles. Ce lieu emblématique du mal que les puissants font au travail – le fameux palais de Louis XIV a provoqué la mort de milliers d’ouvriers durant sa construction – n’est pas le seul indice qui nous doit pousser à voir des responsabilités hauts placés derrière cette mort injuste. Qui a tué cet homme ? Plusieurs décideurs politiques peuvent être directement reliés à cet accident mortel :

    Nicolas Sarkozy, président de la République, et son ministre du travail Eric Woerth sont les artisans de la dernière grande réforme des retraites, qui repousse de deux ans l’âge de départ, avec ce message, si cher aux gens de droite “le travail c’est la santé”. C’est à cause de cette augmentation de la durée de cotisation que des gens sont contraints de travailler plus longtemps s’ils ont mal ou peu cotisé au cours de leur vie, et se retrouver, à 68 ans, sur un toit. Et c’est aussi cette réforme qui explique en partie la baisse de l’espérance de vie que nous avons connu en 2016 : en travaillant plus longtemps, notre santé se dégrade plus vite.

    On peut ajouter à la responsabilité de Sarkozy et ses sbires la création du statut d’auto-entrepreneur : il a permis à nombre d’entreprises, notamment dans le BTP, de sous-traiter à leurs propres salariés des responsabilités qui leur incombaient jusqu’alors, de tout ce qui est lié au rôle d’un employeur, dont l’obligation de veiller à la santé et la sécurité des salariés…

    François Hollande, président de la République, et sa ministre du travail Myriam El Khomri ont aussi pris leur lot de décisions qui ont conduit à ce que la mortalité au travail soit celle-ci : dans la loi de réforme du code du travail de 2016, ils ont totalement diminué le rôle de la médecine du travail. Moins de visites médicales, moins de contrôles, moins de professionnels qualifiés : la médecine du travail, conquête sociale essentielle, a été vidée de sa substance. De quand date le dernier contrôle médicale de cet ouvrier de 68 ans ? Certainement pas récent, vu les changements pris en 2016.

    Emmanuel Macron, président de la République, et sa ministre du travail Muriel Pénicaud ont parachevé la démolition des gardes-fous et des protections qui auraient été susceptibles d’empêcher qu’un ouvrier de 68 ans se retrouve seul sur un toit, et y trouve la mort. Dans leur réforme prise par ordonnances en septembre 2017, ils ont supprimé le compte pénibilité, qui permettait de prendre en compte la dureté et la dangerosité d’un travail pour partir en retraite anticipée : cet ouvrier y était certainement éligible, mais ce dispositif, mis en place sous Hollande pour compenser les effets les plus dramatiques de la réforme de Sarkozy, a été tué dans l’oeuf sur demande du MEDEF. N’était-ce pas Macron qui avait dit devant les patrons français « Je n’aime pas le mot de pénibilité, car il induit que le travail est une douleur » ?

    Et ils ne se sont pas arrêtés là : en refusant toute remise en cause du statut d’auto-entrepreneur, malgré ses dérives patentes (les coursiers à vélo, qui n’ont aucune protection maladie, en sont l’un des exemples les plus parlant), en supprimant les Comités d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT), Macron et Pénicaud ont réalisé le rêve du patronat : faire en sorte que la santé au travail devienne la seule responsabilité du travailleur, “auto-entrepreneur” ou salarié sans droit, et qu’un accident du travail devienne un fait divers tragique et non un fait de société qui mérite débat et sanctions.

    A lire les comptes-rendus laconiques et froid sur la mort injuste de cet ouvrier à Versailles, on se dirait presque qu’ils ont réussi. Mais ils n’en sont pas moins coupables, et si leurs décisions sont discutées dans le cadre doré et tout plein de velours de l’Assemblée et des cabinets ministériels, leurs résultats sont bien là, sur le bitume glacé de Versailles, dans le sang déjà froid d’un homme qui travaillait pour manger, vivait dans le monde qu’ils ont fait pour lui, est mort à cause de ce qu’ils ont décidé.


  • « Gilets jaunes » : la violence du pouvoir attise la violence du pays | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/070119/gilets-jaunes-la-violence-du-pouvoir-attise-la-violence-du-pays?onglet=ful

    Profondément pacifiste, un évêque catholique brésilien, Hélder Câmara, auteur d’un essai qui fit date au début des années 1970, Spirale de la violence, sut parfaitement résumer cette bien-pensance destinée à immobiliser le présent en fermant la porte du futur.

    « Il y a trois sortes de violence, écrivait-il. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième, qui la tue. »

    Face à sa contestation dans la rue, tout pouvoir sera enclin à affirmer que la seule violence légitime est celle de l’État et de ses forces de police. Mais cette revendication d’un monopole étatique de la violence n’est défendable qu’à condition qu’elle soit accompagnée d’une défense intraitable de l’État de droit, c’est-à-dire de droits individuels et collectifs, notamment la liberté d’expression et le droit de manifestation, opposables par les citoyen·ne·s à l’État qui les bafoue, les piétine ou les réprime. De ce point de vue, la pédagogie de ce pouvoir est totalement déséquilibrée, assumant une radicalisation sans précédent du maintien de l’ordre sans, jamais, l’accompagner d’un seul mot pour en condamner les excès, sans une seule consigne pour la réfréner, sans une seule précaution pour la modérer.

    Parti d’une révolte contre la vie chère, le mouvement des gilets jaunes porte l’exigence confuse d’une respiration démocratique, d’un partage et d’un échange, en lieu et place de la verticalité présidentielle. Y répondre par un surcroît de répression, c’est prouver sa faiblesse et démontrer son irresponsabilité. Oui, leur irresponsabilité, car loin d’apaiser et de rassembler, c’est ainsi que l’on divise et que l’on aggrave.

    #Gilets_jaunes #Violence


  • Pollution de l’air : de premiers signes d’Alzheimer chez des adolescents - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/pollution-de-l-air-de-premiers-signes-d-alzheimer-chez-des-

    Liée à la pollution de l’air, notamment aux particules fines, la maladie d’Alzheimer pourrait apparaître très tôt chez les citadins les plus exposés, ceux vivant dans de grandes métropoles. Publiée dans le Journal of Alzheimer’s Disease, une étude menée à Mexico révèle même de premiers signes biologiques chez des enfants et adolescents.

    #paywall
    l’étude en question : https://content.iospress.com/articles/journal-of-alzheimers-disease/jad180853
    #Alzheimer #pollution



  • Pierre Desproges – Arielle de Claramilène | Des mots en passage
    https://desmotsenpassage.wordpress.com/2017/05/30/litterature-mise-en-musique-4-pierre-desproges-arielle-d

    Arielle de Claramilène s’ébaudrillait nuquelle et membrissons en son tiède et doux bain d’algues parfumil. Molle en chaleur d’eau clipotillante, chevelyre aquarelle, charnellolèvres de fraise extase, chavirée de pupille à rêve écartelé d’humide effronterie, murmurant ritournelle enrossignolée, elle était clatefollement divine.

    La brune esclavageonne émue, qui l’éventait un peu de son parcheminet soyeux, comptemplait ébloussée les blancs dodus mamelons de bleu nuit veinelés, les petons exquis de sang carmin teintés, les fuselines aux mollets tendres, le volcanombril cloquet et la mortelle foressante du sexiclitor…

    Perversatile et frissonnitouche, Arielle sentit bientôt ce libidœil lourd à cils courbés tremblants, que la madrilandalouse mi-voilée, presque apoiline posait sur l’onde tiède où vaguement aux vaguelettes semblottaient se mouvoir les chairs dorées à cuisse offerte à peine inaccessiblant, si blancs, au creux de l’aine exquise.

    Lors, pour aviver l’exacerbie de l’étrangère, elle s’empara du savonule ovoïdal et doux à l’eau, l’emprisonna de ferme allégresse dans ses deux manucules aigles douces ongulées cramoisies, et le patinageant en glissade de son col à son ventre, s’en titilla l’échancrenelle.

    “E pericoloso branletsi !” rauqua la sauvagyne embrasée, qui se fondait d’amouracherie volcanique indomptable et qui s’engloutissant soudain les deux mains à la fièvre sans prendre le temps de slipôter, bascula corps et âme dans l’éclaboussure satanique de cette bénie-baignoire pleine d’impure chatonoyance et de fessonichale prohibité fulgurante.

    Quand l’étincelle en nuage les eut envulvées, ces étonnantes lesboviciennes se méprisèrent à peine et s’extrablottirent en longue pelotonnie, de Morphée finissant, jusqu’à plus tard que l’aube, sans rêve et sans malice, quoique, virgines et prudes, elles n’avaient naguère connu l’onanaire qu’en solitude.

    #poésie #érotisme


  • Trump’s Steel Slat Barrier for Mexican border lampooned by designers
    https://www.dezeen.com/2018/12/24/donald-trump-steel-slat-barrier-mexican-border-wall

    US president Donald Trump has tweeted details of the design for the proposed $5 billion wall along the Mexican border, prompting ridicule from designers.


    Trump posted a graphic of the barrier on 21 December 2018, along with the words: “A design of our Steel Slat Barrier which is totally effective while at the same time beautiful!”
    twitter.com/realDonaldTrump/status/1076239448461987841/photo/1

    In response, designers pointed out that the barrier is “technically not a wall” and that if to scale, it would be over 12 metres high and the gaps between the slats would be wide enough for people to squeeze through.

    parmi les propositions alternatives je retiens la table de banquet de 3144 km ;)


    https://www.dezeen.com/2017/03/21/no-to-scale-donald-trump-wall-us-mexico-border-1954-mile-long-dinner-table


  • Avide d’hydrocarbures, la France occupe illégitimement des îles malgaches
    La Relève et La Peste
    https://lareleveetlapeste.fr/avide-dhydrocarbures-la-france-occupe-illegitimement-des-iles-malg

    Les #îles_Eparses sont un archipel de cinq îles situées tout autour de #Madagascar. Depuis la sortie de cette dernière de l’empire colonial français dans la seconde moitié du XXème siècle (d’abord en 1960 avec la Guerre d’Indépendance puis de manière définitive en 1972) cet archipel est l’objet de tensions entre les deux pays. Pourquoi cette discorde qui dure depuis presque 40 ans pour de minuscules îles quasiment désertiques ? La raison est simple : la potentielle existence de sources d’#hydrocarbures qui pourrait rapporter gros au pays qui en bénéficie.

    C’est Didier Ratsiraka, le président malgache de l’époque, qui, en 1973, revendique la souveraineté de l’archipel en appuyant qu’il appartient à Madagascar et que la #France doit se retirer de ce territoire. Le gouvernement malgache, face à la non-réponse du gouvernement français, porte le dossier jusqu’aux Nations Unies qui lui donnent raison en demandant à la France de discuter avec Madagascar pour trouver un terrain d’entente sur la gestion de cet archipel.

    #colonisation #colonialisme #Françafrique


  • Biodiversité. Le #conseil_constitutionnel interdit la vente de #semences paysannes | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/biodiversite-le-conseil-constitutionnel-interdit-la-vente-de-semences-paysa

    Le 2 octobre 2018 dernier, la loi #Egalim avait été adoptée par l’Assemblée nationale, après plus de 9 mois de débats parlementaires intensifs. Cette loi Agriculture et Alimentation offrait d’encourageantes perspectives pour obtenir une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Pourtant, 23 des 98 articles viennent d’êtres censurés par le Conseil Constitutionnel, mettant un coup d’arrêt aux avancées saluées par les défenseurs de la biodiversité.

    Lors de l’adoption de la loi Egalim (pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous) autorisant la vente de semences libres ou paysannes, de nombreuses organisations paysannes et défendant l’environnement s’était réjouies de la victoire apportée par l’article 78. Jusqu’ici réservée aux grands groupes semenciers tels Monsanto, DuPont et Dow Chemical, la vente aurait ainsi été permise à des associations comme Kokopelli ou le Réseau Semences Paysannes. La loi prévoyait l’autorisation de la vente de semences anciennes à tous. Les géants des semences allaient perdre leur hégémonie sur ce gigantesque marché très lucratif.

    Le 25 octobre, le Conseil Constitutionnel a finalement décidé de censurer 23 des 98 articles de la loi Egalim, soit plus d’un quart du texte de loi.

    En plus de l’article 78, des avancées majeures ont ainsi été perdues comme l’article 86 sur l’intégration de la biodiversité et de la préservation des sols à l’enseignement agricole, et l’article 43 sur l’étiquetage des miels composés de mélanges ou l’article 56 sur la représentation des associations de protection de l’environnement dans les comités nationaux de l’Institut national de l’origine et de la qualité.

    #cavalier_législatif


  • ANTS : Vers une privatisation (monétisation) des actes administratifs ?

    Après plus d’un mois de combat avec le site ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés),[je ne vous met pas le lien... vous me remercierez plus tard ;)] nous avons réussi (avec @jacotte) à finaliser une demande de transfert de carte grise ! D’après ce qu’on peut lire sur le net nous pouvons donc espérer avoir le Certificat d’immatriculation en mains d’ici... 4 mois environ !
    Bon il faut dire qu’on est cons, on a pas suivi les conseils répétés par les un·e·s et les autres : “Te prends pas la tête, ton garagiste te fait ça pour 15€ !” Manque de bol notre garagiste ne fait pas... (pas fou !).
    Mais de nombreux “entrepreneurs” (au sens Macronien du terme) savent le faire et le font savoir. D’ailleurs les sites officiels confirment :
    www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F22675
    “La démarche peut être effectuée directement par un professionnel de l’automobile habilité par le ministère de l’intérieur (garage, professionnel du commerce de l’automobile, loueur par exemple), que ce soit pour un véhicule neuf ou d’occasion.”
    « Le professionnel agréé peut, en plus des taxes à régler (taxe régionale, taxe CO₂...) et redevance d’acheminement, demander le versement d’une somme (non plafonnée par le ministère de l’intérieur) en contrepartie des frais engagés pour effectuer la démarche d’immatriculation. »

    Nous voilà donc parti dans une galère dont nous n’imaginions pas l’ampleur. Et pourtant, peu de temps avant j’avais bien entendu sur France Culture un chercheur en informatique relatant sa propre expérience, menée pour rendre service à un ami, qu’il avait conclu par :
    "On se demande quel esprit malade a élaboré un truc pareil"
    Quand je vous dit qu’on est cons !
    Bon je vais vous la faire courte, je n’ai pas le talent de @monolecte ( https://blog.monolecte.fr/2018/07/12/ministere-des-demarches-interminables )
    Juste un exemple de message envoyé à l’ANTS après plusieurs essais infructueux (qui génèrent chacun un délai de réponse de plusieurs jours !) :
    « Bonjour, suite à votre demande, voici les deux pages intégrales de la dévolution successorale.
    Le site considérant qu’un pdf de deux pages n’est pas un document conforme, j’ai du générer deux fichiers séparés au format jpg.
    Par ailleurs, le site n’acceptant pas l’ajout de deux documents dans un champ, j’ai du créer deux champs. Par ailleurs, le site n’acceptant pas que ces deux pages reçoivent le même libellé, j’ai du libeller la page 2 “autre pièce”. Et les shadock pompaient... »

    Les fichiers envoyés avec ce message ont également été invalidés !

    Ah j’oubliais, certaines démarches ne sont accessibles que par une double identification via France Connect
    https://app.franceconnect.gouv.fr
    sinon le couperet tombe “vous n’avez aucune démarche en cours” et là, après des heures passées devant l’écran on devient blême.
    Bref, on voudrait transférer la charge du travail administratif vers le privé qu’on ne s’y prendrait pas autrement.
    [edit:orthographe]

    • Cette volonté de transfert au privé des actes administratifs est parfaitement illustré par la réforme du prélèvement à la source par laquelle les entreprises deviennent collectrices de l’impot (tiers collecteur, en jargon Trésor Public).
      La différence c’est que les entreprises ont des ressources professionnelles, alors que face à l’ANTS, FranceConnect et compagnie la grande majorité des particuliers sont dans une situation de désarroi insurmontable.
      D’où l’émergence de « tiers démarcheur » payants sorte d’écrivains publics 3.0 , béquille de la « démarche » administrative boiteuse, d’une administration soit-disant dématérialisée mais surtout totalement déshumanisée.
      #illectronisme



  • Je suis une femme de 30 ans et je n’ai jamais agi ... Témoignage d’une gilet jaune de Bourgogne
    https://tendanceclaire.org/article.php?id=1506

    Je suis une femme de 30 ans et je n’ai jamais agi pour la France, mises à part quelques manifestions, toujours entraînée par mes proches. Jamais je n’ai fait quelque chose de moi-même. Mais j’ai pris conscience. A 30 ans, il s’en passe des choses, on fait, malgré soit, un bilan. Et après 13 ans de bons et loyaux services à l’usine, à la caisse d’un supermarché, dans des brasseries, chez des personnes âgées à faire le ménage... J’ai pris conscience, que moi, comme beaucoup d’autres, je serai probablement toujours au smic car je n’ai aucune évolution possible. Et le #smic, il sert à survivre, mais il ne permet pas de vivre dignement. Je pense que depuis que je suis maman, il n’y a pas un seul jour où je ne rêve pas à plus d’argent. Bien sur qu’il y a pire, en France et ailleurs, j’ai un travail, j’ai un toit, j’ai mangé du foie gras à Noël. Mais parce qu’il y a pire on ne peut pas rêver à mieux ? Et cet éventuel mieux ne permettrait pas d’aider aussi les autres, les plus démunis ? J’ai toujours demandé de l’aide, partout où j’allais, pour tenter de vivre dignement. Mais j’ai aussi toujours apporté la mienne. J’ai toujours donné une pièce à un SDF dans la rue, j’ai travaillé bénévolement dans des foyers d’enfants en difficulté, je suis allée faire la toilette de dames âgées qui ne pouvaient plus le faire elles même. Et tout ça juste pour aider.

    Les présentations faites, j’en viens à mon message, le vrai.

    Nous (ou plutôt vous) avez commencé ce mouvement en réponse à la hausse du prix du carburant, noble cause quand on sait que de nos jours, nous sommes tous obligés de prendre notre véhicule pour aller travailler. Bien sur, si on peut se déplacer à pieds ou à vélo, parfait, mais nous sommes une minorité à pouvoir le faire. Avec toute la meilleure volonté du monde, je ne peux pas aller travailler à 15 kilomètres à vélo avec un enfant de 7 ans. Une fois, une fille que je connais m’a dit « moi je m’en fous du prix de l’essence, quand je vais à la pompe je mets 50 euros à chaque fois donc je ne m’en rends pas compte ». Ok, très bien.

    Depuis le début de ce mouvement, nous nous sommes tous éparpillés, et à juste titre. Nous avons abordé de nombreux sujets qui fâchent, qui nous fâchent. Nous nous sommes éloignés de notre idée de base, et je trouve ça bien, nous nous sommes tous réveillés, à notre niveau. Nous ne sommes pas tous agacés pour les mêmes choses et c’est ce qui fait notre force. Notre différence. Nous sommes de gauche, de droite, nous sommes des extrêmes, nous sommes parents, nous sommes célibataires, nous avons 17 ans, nous avons 35 ans, nous avons 60 ans, nous sommes actifs, nous sommes retraités, nous sommes SDF, nous vivons en appartement ou en maison, nous habitons au nord, au sud, nous habitons à la capitale, nous habitons dans des petits villages méconnus. Nous sommes là, ensemble, et nous nous fichons les uns et les autres de qui nous sommes. Restons unis.

    On nous prend pour des idiots à la télé, 12 000 personnes samedi 29/12/18 ? Qui peut encore croire à ce mensonge ignoble ? Pour qui veut-on nous faire passer ? Des crétins ignorants qui déambulent dans les rues faute de mieux ? Toutes les pages facebook à elles seules, toutes les vidéos postées prouvent le contraire. Nous n’étions pas 12 000 samedi dernier, nous étions beaucoup plus et vous le savez. Ne nous laissons plus prendre pour des imbéciles, ne nous laissons par traiter de menteurs par des gens qui l’ont décidé. Ces pseudo journalistes qui bavent leurs conneries à la télé me font vomir. Quand tu as décidé d’être journaliste c’est ça que tu voulais faire ? Parler du nouvel album de Jennifer, d’une année sans Johnny, des vacances de Macron à Saint Trop ? Tu voulais nous faire croire, à nous, le peuple, que lorsque les premières neiges arrivent en France alors le reste du monde ne souffre plus, que lorsque les soldes d’été commencent il n’y a plus de famine, que la sortie du dernier film avec Kev Adams était plus importante que le réchauffement climatique ?

    TU VOULAIS NOUS FAIRE CROIRE A NOUS, QU’ON ETAIT VIOLENT ?

    Tu voulais nous faire passer pour des monstres, des casseurs, des voleurs, des menteurs ? Tu voulais nous faire croire qu’on était 12 000 ce samedi ? C’est ça que tu voulais quand tu as fait ton école, tu voulais divulguer de la merde à la France, à la terre entière ? Tu voulais nous faire croire qu’à cause de nous les magasins perdaient de l’argent ? Tu voulais nous faire croire que Auchan était en souffrance par notre faute ? Sais tu combien d’entre nous peuvent encore faire leurs courses à Auchan ? Tu as voulu obéir, tu as voulu t’écraser, tu as voulu être sûr de bien toucher ton salaire à la fin du mois en nous faisant passer pour des terroristes, très bien, reste bien caché derrière ton bureau.

    Car les journalistes, ce sont nous, et nous n’avons pas fait d’école pour ça. Nous sommes allés sur le terrain, le vrai, nous sommes allés au bon endroit et nous avons vu, nous avons entendu et nous avons filmé. Mais ne prends pas nos vidéos qui montrent le vrai visage des gens et des choses. Ne montre pas nos chants, nos danses, nos mots, nos gestes, nos marches pacifiques. Ne montre pas ça tu as raison. Nous avons des yeux et ils n’ont pas besoin de regarder la télé. Pour la première fois depuis des décennies, l’argent que nous avons mis dans nos téléphones nous servent à filmer la réalité de la France.

    Car nous avons vu, nous qui étions dehors, comment on traite les femmes, les enfants dans ce pays. Et bien sur les hommes ne sont pas en reste.

    Alors je suis allée dehors, moi, la timide, la peureuse, la nerveuse, la stressée de la vie, celle qui trouve toujours autre chose à faire que quelque chose d’important, et j’ai vu. Dijon est une petite ville et nous étions près de 5000 le 15 décembre, un groupe soudé, léger, dans la bonne humeur et la légèreté, à marcher tranquillement. Nous nous sommes trouvés face à des rues entières complètement bouchées, bloquées par des voitures de police et des hommes en uniforme, bloquées par des grillages, bloquées par des hommes casqués, armés, armurés. Nous n’avons pas pu avancer, nous avons été traités de terroristes, les « badauds » ont été enfermés dans les magasins et les restaurants pour que nous ne leur fassions pas de mal. Nous avons rebroussé chemin, dans le calme, avec pour ambiance une mini fanfare et des gens costumés. Nous sommes arrivés à la place de la République, les forces de l’ordre suivaient chacun de nos mouvements. Nous étions là, dehors, debout, à discuter, à observer quand les premières grenades ont été lancées, nous enfumant tous. Alors forcément, moi, comme de nombreuses personnes présentes, nous ne connaissions pas cette sensation d’étouffer, nous ne savions pas ce que ça faisait de ne plus pouvoir respirer, d’avoir les yeux qui brûlent. Et pourtant je voulais rester, je voulais voir, je voulais sentir, je voulais observer. Les gaz en partie évacués, nous nous sommes ressoudés mais les jets ont été de plus en plus nombreux. Personne n’avait chargé, personne n’avait crié, personne n’avait d’arme, personne n’avait pris aucun équipement de la ville pour faire de barricades, de feu ou que sais-je encore. LES GENS ETAIENT JUSTE DEBOUT DANS LA RUE. Et nous avons été chassés, nous citoyens. L’homme est libre d’aller et venir là où bon lui semble et nous avons été privés de ce droit. Nous avons dû fuir contre les forces de l’ordre qui avaient été missionnées et envoyées pour nous faire fuir.

    #Gilets_Jaunes

    • @davduf :

      Nous n’avons pas pu avancer, nous avons été traités de terroristes, les « badauds » ont été enfermés dans les magasins et les restaurants pour que nous ne leur fassions pas de mal. Nous avons rebroussé chemin, dans le calme, avec pour ambiance une mini fanfare et des gens costumés. Nous sommes arrivés à la place de la République, les forces de l’ordre suivaient chacun de nos mouvements. Nous étions là, dehors, debout, à discuter, à observer quand les premières grenades ont été lancées, nous enfumant tous. Alors forcément, moi, comme de nombreuses personnes présentes, nous ne connaissions pas cette sensation d’étouffer, nous ne savions pas ce que ça faisait de ne plus pouvoir respirer, d’avoir les yeux qui brûlent. Et pourtant je voulais rester, je voulais voir, je voulais sentir, je voulais observer. Les gaz en partie évacués, nous nous sommes ressoudés mais les jets ont été de plus en plus nombreux. Personne n’avait chargé, personne n’avait crié, personne n’avait d’arme, personne n’avait pris aucun équipement de la ville pour faire de barricades, de feu ou que sais-je encore. LES GENS ETAIENT JUSTE DEBOUT DANS LA RUE. Et nous avons été chassés, nous citoyens. L’homme est libre d’aller et venir là où bon lui semble et nous avons été privés de ce droit. Nous avons dû fuir contre les forces de l’ordre qui avaient été missionnées et envoyées pour nous faire fuir.


  • Christophe Brusset : « Les grands industriels fabriquent des produits pollués, nocifs et le cachent »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/02/christophe-brusset-les-grands-industriels-fabriquent-des-produits-pollues-no

    Techniques de marketing, tromperies sur les étiquettes, additifs cachés… Christophe Brusset, ancien industriel de l’agroalimentaire, revient sur les pièges à éviter de la grande distribution.

    L’assiette en tête. Ancien industriel de l’agroalimentaire, Christophe Brusset dit avoir fourni pendant plus de vingt ans des grandes surfaces en cèpes pleins d’asticots, en miel composé de sirop de fructose, en piments broyés avec des crottes de rat… Trois ans après avoir écrit Vous êtes fous d’avaler ça ! (Flammarion), il raconte dans un livre paru en octobre, Et maintenant, on mange quoi ?, les coulisses de la fabrication des aliments industriels et analyse pour le consommateur les techniques de marketing, les tromperies d’étiquettes et les additifs cachés.

    Vous avez été industriel de l’agroalimentaire pendant plus de vingt ans. Qu’est-ce qui vous a décidé à quitter ce milieu ?
    Christophe Brusset : J’ai commencé comme ingénieur, puis acheteur, négociateur et directeur des achats. Pendant plus de vingt ans, j’ai acheté des produits alimentaires et des emballages pour les usines qui fabriquent des produits industriels transformés. Cela m’a permis de voir beaucoup de produits différents : miel, épices, surgelés, légumes secs, coulis, produits de pâtisserie, sauces… J’ai essayé de changer plusieurs fois d’entreprise pour voir si l’herbe était plus verte ailleurs, mais malheureusement non. Je n’avais plus envie de continuer dans ce système. Je ne consommais plus du tout les produits que je vendais. A ce moment-là, il y a eu le scandale des lasagnes, ce qu’on a appelé « l’affaire Findus », où des entreprises ont remplacé du bœuf par du cheval pour baisser les prix. Cette fraude avait déjà été pratiquée plusieurs fois par le passé, notamment avec des raviolis Leader Price, mais il n’y avait jamais eu de retentissement, l’affaire avait été étouffée. Cela m’a fait comprendre que les consommateurs n’avaient plus envie de se laisser faire. Les mentalités avaient changé.
    Il y avait à nouveau une volonté d’étouffer les choses

    Puis j’ai entendu les politiques et industriels dire : « Ça s’est passé à l’étranger, ce n’est pas en France », « Ce n’est pas dangereux »… Il y avait à nouveau une volonté d’étouffer les choses. J’ai eu envie de raconter ce que j’avais vu, ce qu’il se passait, et qu’il y aurait à nouveau des scandales. Effectivement, il y a eu le scandale des œufs contaminés au Fipronil, l’affaire Lactalis maintenant. L’industrie ne se remet pas du tout en cause. Et si des gens comme moi n’en parlent pas, les consommateurs n’ont pas moyen de comprendre ce qu’il se passe en réalité, comment marche le lobbyisme, comment l’industrie place des scientifiques à sa solde au niveau de l’agence européenne de sécurité sanitaire, comment on fait pour corrompre les gens qui sont dans les comités d’évaluation des pesticides et des additifs… Tout ça, personne ne l’explique.

    #paywall


  • Violences policières : la fuite en avant de Castaner | BUG BROTHER
    http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2018/12/28/violences-policieres-la-fuite-en-avant-de-castaner

    Alors que, souligne le sociologue Fabien Jobard, face aux « Gilets Jaunes« , l’action répressive et le bilan, en termes de blessés, sont d’une ampleur considérable et sans précédent depuis Mai 68, le ministère de l’Intérieur a (opportunément ?) publié en ce week-end de veille (a priori chargé) de Noël un appel d’offres portant sur l’achat de 1730 « lanceurs multi-coups (et) mono-coup » de maintien de l’ordre.

    Étrangement, aucun des médias qui ont repris l’info n’ont mis de lien vers ledit appel d’offres, non plus qu’ils n’en ont montré de photos, pas plus qu’ils ne semblent avoir lu les spécificités techniques attendues (sans parler de ceux qui ont aussi omis de citer ledit Canard Enchaîné qui, le premier, a révélé l’information).

    Présentation, dans le catalogue de son vendeur, de l’un des « lanceurs multi-coups » que veut acheter le ministère de l’Intérieur
    Intitulé « LBD_40« (pour lanceur de balle de défense -le nom du successeur des « flash-balls« , marque déposée- suivi du diamètre -en millimètres- de ses munitions), l’appel d’offres vise à « équiper les personnels de la sécurité intérieure notamment lors des missions de maintien de l’ordre, pour contrôler les mouvements de foule et disperser des individus agressifs« , au moyen de 1280 nouveaux « lanceurs mono-coup » (type LBD, dont 1275 pour la gendarmerie), plus 270 « lanceurs multi-coups » (LMC) « 4 coups« , et 180 « 6 coups » (soit 450 LBD semi-automatiques) pour les policiers.

    Tandis que la fenêtre de « tir optimum » du LBD est de 30 mètres, les « multi-coups« , précise le cahier des charges techniques, devront quant à eux « permettre de stabiliser les munitions utilisées sur les distances comprises entre 30 et 100 m« .

    Ces « armes » à « réarmement manuel ou semi-automatique« , dotées pour l’une d’entre elles d’un mécanisme de fusil à pompe, devront pouvoir « utiliser l’ensemble des munitions de calibre 40 mm munies de leurs moyens de propulsion à retard en dotation au sein du ministère de l’intérieur » (du nom donné aux grenades de maintien de l’ordre fumigènes et/ou lacrymogènes ), et permettre de « lancer les grenades sous un angle de 45°, avec une portée en adéquation avec le moyen de propulsion utilisé (50 ou 100 mètres)« .

    Le site collaboratif d’infos alternatives Rebellyon avait été le premier, en juin 2016, à documenter l’utilisation, par des CRS, du lance-grenades Penn-Arms PGL65-40 (ou 40mm launchers) de l’entreprise américaine Combined Systems, « qui fonctionne comme un fusil à pompes« , dont les spécificités techniques correspondent trait pour trait à celles de l’appel d’offres et dont cette photo fit la couverture d’un rapport consacré à l’utilisation d’armes « moins létales » à Ferguson, aux USA, ainsi qu’à la militarisation des opérations de maintien de l’ordre policier. [...]

    Contactée par Libération, la Direction générale de la police nationale assure que ces lanceurs « multicoups » seraient « destinés à tirer exclusivement des grenades lacrymogènes, fumigènes ou assourdissantes ».

    Or, et comme @davduf, journaliste d’investigation auteur d’une enquête sur (le non-respect de) la doctrine française du « maintien de l’ordre« , n’a de cesse de le documenter depuis le début du mouvement des « #gilets_jaunes« , près de 200 personnes auraient d’ores et déjà été victimes, et pour bon nombre blessées, certaines mutilées à vie, du fait de manquements graves (parfois possibles, souvent avérés) à la doctrine légale du maintien de l’ordre dit « à la française ».

    L’an passé, l’ACAT avait ainsi recensé (.pdf) 2 morts et 44 blessés (dont 24 #éborgnés) du fait de tirs de #flash-balls et de LBD ces dernières années (cf aussi cette chronologie sur Wikipedia), plus 3 blessés graves (dont 2 amputés au main) du fait des grenades lacrymogène instantanée #GLI_F4 (constituées -notamment- de 25 grammes de TNT).

    #armes_de_la_police #LBD #PGL65-40 #grenades « #armes_non_létales » #violences_policières #militarisation #maintien_de_l'ordre

    • Si la portée est multipliée par trois (passant de 30 à 100 m.) on imagine déjà les dégats qui seront causés lors des tirs à courte distance, du fait de la nécessaire augmentation de puissance de ces armes.
      #arme_vulnérante : Je propose ce qualificatif qui me parait plus approprié car il exprime la volonté de blesser , alors que « armes non-létales » évoque d’abord la volonté de ne pas tuer ce qui adoucit un peu trop à mon sens la violence intrinsèque qui est recherchée dès la conception de ces #machines_à_blesser.

      Vulnérant
      Adjectif masculin singulier
      en médecine, se dit de ce qui provoque des blessures

      www.universalis.fr/dictionnaire/vulnerant/


  • Quand les plantes font des maths | Pour la Science
    https://www.pourlascience.fr/sd/biologie-vegetale/quand-les-plantes-font-des-maths-14370.php

    Des études botaniques, bien que non exhaustives, semblent indiquer que les #phyllotaxies spiralées sont les plus répandues. Et c’est leur étude qui a propagé un parfum d’ésotérisme sur la #phyllotaxie. En effet, on distingue plusieurs spirales dans ces arrangements. La première relie les organes dans l’ordre où ils ont été produits dans le temps, du plus jeune au plus vieux, par exemple. Souvent peu visible, cette spirale génératrice s’enroule longitudinalement autour de la tige, feuille après feuille, comme les marches d’un escalier en colimaçon.

    Lorsque les structures restent compactes (imaginez un escalier en colimaçon très compressé dans le sens de la hauteur  !), comme dans une pomme de pin, la proximité visuelle des éléments voisins dessine d’autres spirales, bien visibles cette fois, les unes tournant dans un sens, les autres dans l’autre. Et si l’on compte le nombre de ces spirales, nommées parastiches, dans chaque sens, on trouve dans la grande majorité des plantes deux nombres qui ne doivent rien au hasard, comme le fit remarquer en 1831 le botaniste allemand Alexander Braun. Ce sont deux nombres consécutifs de la #suite_de_Fibonacci. Chaque nombre de cette suite est la somme des deux précédents, en partant de 1 et 1  : 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, …

    Ainsi, une pomme de pin fait en général apparaître 8 spirales dans un sens et 13 dans l’autre, une marguerite 21 spirales dans un sens et 34 dans l’autre, etc.

    #botanique #mathématiques #géométrie


  • Aux États-Unis, les vétérinaires se suicident beaucoup plus que le reste de la population | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/171507/etats-unis-veterinaires-suicides

    En France, les agriculteurs sont la catégorie socioprofessionnelle la plus touchée par le suicide. Aux États-Unis, c’est chez les vétérinaires que l’on trouve un taux de suicide bien supérieur à la moyenne nationale, selon les statistiques publiées par l’American Veterinary Medical School. Ce journal a récemment publié une étude des Centers for Disease Control (CDC), qui ont analysé les circonstances de décès des 11.620 vétérinaires morts de 1979 à 2015.

    Sur cette période, les hommes vétérinaires se sont suicidés 2,1 fois plus que le reste de la population. Chez les femmes vétérinaires, le chiffres est encore plus dramatique : 3,5.

    Les raisons de cette sureprésentation des suicides dans la profession seraient liées au haut niveau de stress causé par le travail, à la dépression et aux burn-out. Selon les scientifiques des CDC, « le processus de sélection des écoles vétérinaires demande des compétences académiques très rigoureuses et sélectionne donc des personnes perfectionnistes. Sauf que les perfectionnistes sont une population à risque pour le développement de maladies mentales, y compris l’anxiété et la dépression ».

    À LIRE AUSSI Le lien entre réseaux sociaux et suicide n’est peut-être pas celui que vous croyez
    Moins peur de la mort

    L’équipe du CDC suggère aussi que les études de vétérinaire pourraient réduire la peur de la mort, puisque l’euthanasie est présentée comme une manière acceptable de mettre fin aux douleurs d’un animal. Les vétérinaires ont très facilement accès aux produits utilisés pour euthanasier les animaux de manière indolore.

    Ce pourrait d’ailleurs être l’une des raisons qui explique pourquoi les femmes vétérinaires se suicident plus que leurs collègues masculins –à l’inverse de ce que l’on observe au sein de la population globale. Les hommes sont classiquement plus susceptibles de se suicider par arme à feu, alors que les femmes s’empoisonnent. Chez les vétérinaires, deux tiers des femmes se sont suicidées avec du poison pharmaceutique, contre un tiers seulement des hommes.

    D’après le docteur Robert Redfield, directeur des CDC, toutes ces recherches fournissent des données qui s’avéreront précieuses pour la prévention contre le suicide chez cette catégorie professionnelle très particulière.

    #suicide #genre #sexe #euthanasie


  • Demain : Habiter la forêt
    https://visionscarto.net/demain-habiter-la-foret

    Pour son concours de cartographie imaginaire de 2018, l’association « Cartographier au collège » animée par Olivier Godard et Marie Masson a proposé à des élèves de collège et de primaire d’imaginer comment « habiter la forêt ». Après « La ville de l’avenir » en 2016 et « La ville souterraine » en 2017, les élèves ont dessiné la carte de leur ville « sylvestre » idéale. Avec l’autorisation des auteur·es, nous reproduisons ici ces superbes cartes, où l’imaginaire poétique invente des réponses inattendues aux (...)

    #Billets


  • Serena Williams scores new rules for the tennis court
    https://www.pri.org/stories/2018-12-19/finally-more-love-serena-williams-tennis-star-inspires-new-rules

    The Women’s Tennis Association put out a statement this week saying that wearing leggings and compression shorts without shorts or a skirt over them is totally acceptable. It turns out there was never a rule against it. And Myles says forget the fashion statement. It just makes sense.

    The Women’s Tennis Association updated another rule this week. And Myles says it’s about something more important than dress code. It has to do with players keeping their rankings after maternity leave.

    “So, now what they’ve done is they’ve just given the players a longer period of time in which they can use that ranking to get themselves back to where they were,” said Myles. In other words, they don’t have to start at the bottom.

    This change was also inspired by Williams. She was ranked No. 1 when she went on maternity leave. When she came back eight months later, she’d lost her ranking. And that affects when, where and who you play in tournaments.

    Myles says the old rules basically punished women for having children.

    #femme #congé_maternité #dress_code #tennis


  • « Face aux “#gilets_jaunes”, l’action répressive est d’une ampleur considérable », #Fabien_Jobard, docteur es police, propos recueillis par Marc-Olivier Bherer
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/20/face-aux-gilets-jaunes-l-action-repressive-est-d-une-ampleur-considerable_54


    Un « gilet jaune » blessé secouru par d’autres manifestants, le 15 décembre, à Nantes. JEREMIE LUSSEAU / HANS LUCAS POUR "LE MONDE"

    Le sociologue Fabien Jobard note que le bilan, en termes de blessés, de ce mouvement social est sans précédent depuis Mai 68.
    Propos recueillis par Marc-Olivier Bherer

    Fabien Jobard est directeur de recherches au CNRS, au sein du Centre de recherches sociologiques sur le #droit et les institutions pénales (Cesdip). Il est également chercheur au Centre Marc-Bloch à Berlin. Il a coécrit, avec Jérémie Gauthier, #Police : questions sensibles (PUF, 108 pages, 9,50 euros), et, avec Jacques de Maillard, #Sociologie de la police. Politiques, organisations, réformes (Armand Colin, 2015).

    Les forces de l’ordre ont réalisé un nombre record d’interpellations préventives le 8 décembre, en amont des mobilisations des « gilets jaunes ». Près de 1 500 personnes ont été arrêtées en France. Que vous inspire ce chiffre ?

    A strictement parler, ces interpellations ne sont pas préventives : elles répriment une incrimination créée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, qui consiste à se regrouper en vue de se préparer à commettre, par exemple, des dégradations. « En vue de la préparation » permet d’interpeller un très grand nombre de personnes dans un très large périmètre et, in fine, de les empêcher de manifester. Ce n’est pas la Préfecture de police, ce ne sont pas les policiers qui empêchent de manifester, mais bel et bien notre droit ordinaire, et c’est le signe d’une évolution marquante.

    Le droit n’exige plus des éléments matériels incontestables, comme une arme par destination [un objet qui, sans être une arme, peut être employé comme tel], pour empêcher des gens de prendre part à une manifestation, mais une simple intention déduite d’éléments incertains, mais suffisants pour placer en garde à vue durant le temps de la manifestation. Beaucoup de responsables aujourd’hui souhaiteraient réserver aux manifestants le même traitement qu’aux supporteurs de football : identifier ceux qui sont potentiellement violents dans un fichier et les assigner à résidence le jour de la manifestation.

    Mais on ne peut pas, car manifester est un #droit_fondamental (à la différence d’assister à un match de foot). Alors, l’incrimination qui permet d’interpeller sur un motif très large tout petit groupe proche du lieu de la #manifestation est un mécanisme de substitution, à coûts très élevés. Il est très coûteux car il est très consommateur de forces sur place et multiplie les occasions de face-à-face en amont de la manifestation. Près de 1 500 gardes à vue en une journée, c’est un record, bien au-delà de ce que l’on a vu à l’occasion de sommets internationaux tels que, dernièrement, le G20 de Hambourg, pourtant marqué par des destructions et, plus rarement, des pillages. Articulée à cette #justice très particulière, là aussi propre à la France, qu’est la comparution immédiate, l’action répressive est d’une ampleur considérable.

    Est-ce que le dispositif du 8 décembre, avec beaucoup de policiers mobiles, plus offensifs, s’il venait à faire référence, pourrait menacer la liberté de manifester ?

    Le déploiement de groupes très mobile de policiers est principalement dû à la nature du mouvement. Le mouvement des « gilets jaunes » n’est pas un mouvement encadré et il se revendique comme tel – c’est du reste sa force. Une manifestation consiste donc plus en l’agrégation de petits groupes d’affinité, « montés » ensemble à Paris, Bordeaux, Toulouse ou ailleurs, pour rejoindre un lieu de défilé incertain, indécis, mouvant. Quelques-uns de ces groupes voient l’acte protestataire dans le fait de manifester en un lieu symbolique fort, parfois interdit, comme, à Paris, les abords de l’Elysée ou les Champs-Elysées.

    Si les pouvoirs publics décident d’empêcher toute présence sur ces lieux, ils sont contraints de déployer autant de forces mobiles qu’il y a de groupes protestataires, avec énormément de forces statiques immobilisées par ailleurs aux points d’entrée des zones interdites. Dans la journée, aux petits groupes protestataires très vite radicalisés par le cours même de l’action (l’accueil sur les lieux par les gaz lacrymogènes, par exemple) viennent se greffer des groupes qui, eux, font de la casse ou de l’affrontement avec les policiers des modes d’expression politique, puis des groupes opportunistes de pilleurs. Dans cette configuration, le maintien de l’ordre se délite en une somme confuse de courses-poursuites visant l’interpellation en flagrant délit [ben voyons, une sociologie sans terrain, sans même scruter quelques images !, on lira pas une fois le terme offensif à propos des actes de la police "étudiée", ndc] .

    Quel bilan tirez-vous de l’action de la police ?

    En #maintien_de_l’ordre, c’est le donneur d’ordres qui est en première ligne, c’est-à-dire le politique. C’est, j’insiste, la spécificité de ce métier, alors que les autres métiers policiers (sécurité publique et même police judiciaire) donnent une bien plus large marge de manœuvre aux policiers et à leur encadrement. Du reste, le #gouvernement ne s’est pas privé de faire savoir qu’il était aux commandes, à grand renfort de présence télévisuelle en salle de commandement. Une telle immixtion du politique dans la conduite des forces policières est, il faut le noter, une particularité française.

    Dans le cas d’espèce, les interventions policières ont entraîné en maintes occasions des dommages considérables : mains arrachées par les grenades, défigurations ou énucléations par des tirs de balles de défense, décès à Marseille : le bilan dépasse tout ce que l’on a pu connaître en métropole depuis Mai 68, lorsque le niveau de violence et l’armement des manifestants étaient autrement plus élevés, et le niveau de protection des policiers, au regard de ce qu’il est aujourd’hui, tout simplement ridicule.

    Encore une fois, on est en maintien de l’ordre et ce sont moins les policiers qui sont en cause ici que l’#armement dont ils disposent et les ordres qu’on leur donne. On ne trouve pas en Europe, en tout cas ni en Allemagne ni en Grande-Bretagne, d’équipements tels que les #grenades explosives et les lanceurs de balles de défense [#LBD40], qui sont des armes qui mutilent ou provoquent des #blessures_irréversibles. Engager ces armes face à des protestataires inexpérimentés, qui, pour beaucoup (on l’a vu lors des audiences de comparution immédiate), se trouvaient pour la première fois à Paris, amène une dynamique de radicalisation qui entraîne les deux camps dans une escalade très dangereuse : les uns sont convaincus qu’ils répondent à une violence excessive, donc illégitime, et les policiers, se voyant agressés, usent de tous les moyens à leur disposition.

    Seule l’arme à feu est restée inemployée, du fait de l’expérience des policiers français en matière de maintien de l’ordre. Lors du sommet de Göteborg en 2001, les policiers dépassés avaient fait usage de l’arme à feu ; et au sommet de Gênes, la même année, les policiers, chauffés à blanc, avaient pour les uns tué, pour les autres torturé.

    Que signifie à vos yeux la présence de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) lors des manifestations des « gilets jaunes » ?

    La présence de la BRI ne doit pas être surinterprétée. Elle est liée au fait qu’absolument toutes les forces disponibles ont, à Paris, été mobilisées. Cela va des sections sportives aux policiers de la brigade d’assistance aux sans-abri, en passant par les brigades équestres ou motocyclistes. C’est la conséquence de la recherche à tout prix de l’interpellation et, de ce point de vue, le politique a fait le choix de prendre des risques élevés de dérapage, d’autant plus élevés que le #Flash-Ball relève de l’équipement individuel de la plupart de ces forces d’appoint. Le tir de balles de défense contre les personnes a ainsi été au centre du dispositif, et c’est l’un des faits majeurs de ces week-ends successifs.

    Il signale, je pense, une tolérance sociale établie à l’usage de la force par la police, quand bien même un tribunal administratif estimait en 2015 que ces armes « comportent des risques exceptionnels ». En 1986, François Rigal, étudiant, perdit un œil à la suite d’un tir de grenade lacrymogène et cet événement entraîna une émotion très forte et de longues discussions, y compris parlementaires, autour des tirs tendus.

    Depuis la fin des années 1990, les tirs de balles de caoutchouc, dont le diamètre est inférieur à ce qu’une orbite oculaire peut bloquer, ont entraîné l’#énucléation d’une trentaine de personnes [à vérifier, ndc] , mais rien ne semble aujourd’hui s’opposer à l’usage banalisé de cette arme. La doctrine dite de maintien de l’ordre cède ici du terrain face à une notion en usage dans les forces de l’ordre, celle de « #violences_urbaines  », beaucoup plus incertaine et périlleuse.

    La police a récemment été confrontée et à du terrorisme et à des manifestations massives. Qu’est-ce que cette concomitance implique pour les policiers ?

    A mes yeux, le terrorisme joue à trois niveaux dans la conduite des événements. Le premier est idéologique. Les policiers sont convaincus, et les politiques l’ont répété à l’envi, qu’ils sont en première ligne dans la guerre livrée contre le terrorisme. Les faits ne sont pas non plus de nature à les contredire : ils sont pris pour cibles dans de nombreuses attaques et l’ont parfois payé de leur vie. Dans un tel contexte anxiogène, lorsque le gouvernement centre toute sa communication sur la circulation d’armes à feu parmi les « gilets jaunes », sur la volonté de tuer, sur les risques mortels auxquels s’exposent les policiers à l’occasion des manifestations, on comprend que ces derniers en viennent à très vite puiser dans l’arsenal qu’on leur met entre les mains. Dans ces conditions, avoir évité un Gênes 2001 commence à relever du miracle.

    Le deuxième niveau est juridique. La loi d’octobre 2017 reprend, parmi les dispositions des lois successives sur l’état d’urgence, la facilitation des mesures d’#interdiction_de_manifestation. La manifestation est de plus en plus envisagée comme un problème d’ordre public plus que comme une #liberté_fondamentale, et cela marque les dispositifs mis en place – à commencer par les dispositifs judiciaires : on veut interpeller pour déferrer.

    Le troisième niveau est l’épuisement des forces de l’ordre, sursollicitées depuis 2015. Beaucoup parmi les policiers ne comprennent alors pas pourquoi, dans un contexte de guerre contre le terrorisme et avec les possibilités aujourd’hui offertes par le droit, on n’interdit tout simplement pas les manifestations en amont, plutôt que de les envoyer seuls face à la contestation sociale. Face aux manifestants, l’impatience et l’épuisement sont d’emblée à leur comble. L’épilogue était, pour une fois, écrit d’avance : à leur tour, les policiers demandent des comptes à l’Etat.

    Recensement provisoire des blessés graves des manifestations du mois de novembre-décembre 2018
    https://desarmons.net/index.php/2018/12/11/recensement-provisoire-des-blesses-graves-des-manifestations-du-mois-de-d

    #Politique_pénale #mutilations #terreur (version #extra_judiciaire)


  • Pourquoi le quotidien d’un couple de « gilets jaunes » dérange des lecteurs, Faustine Vincent
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/20/pourquoi-le-quotidien-d-un-couple-de-gilets-jaunes-derange-une-partie-des-le

    Le portrait, dans « Le Monde », de jeunes parents mobilisés dans le mouvement a suscité un déluge de commentaires désobligeants à leur égard.

    Dès la parution de l’article du Monde, ce fut un déferlement. Le portrait d’Arnaud et Jessica, un couple de jeunes parents mobilisés dans le mouvement des « #gilets_jaunes » et témoignant de leurs fins de mois difficiles, a suscité plus de 1 000 commentaires sur le site du Monde, et des centaines d’autres sur Twitter et Facebook.
    Une écrasante majorité d’entre eux expriment une grande hostilité à l’égard du mode de vie de cette famille, installée dans l’Yonne. Tout leur est reproché : le fait qu’ils aient quatre enfants à 26 ans, qu’ils touchent 914 euros d’#allocations familiales, que la mère ne travaille pas – même si c’est pour éviter des frais de garde trop élevés –, le montant de leurs forfaits téléphoniques, le fait qu’ils aillent au McDo, qu’ils achètent des vêtements de marque à leurs enfants, et même qu’ils aient un chien.

    « Ceux qui sont choqués sont issus des classes supérieures. Cela relève d’une haine sociale et d’un mépris de classe », Louis Maurin
    La virulence des commentaires sur Internet n’est ni une nouveauté ni représentative de l’ensemble de la population. Pour autant, le déluge d’attaques dont le couple fait l’objet interroge. Pourquoi tant d’hostilité ? « Si l’article était paru dans la presse locale, cela n’aurait pas suscité de réaction, car c’est ce que les gens vivent. Il décrit simplement le quotidien d’une famille #populaire, observe Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Ceux qui sont choqués sont issus des classes supérieures [surreprésentées parmi les lecteurs du Monde]. Cela relève d’une haine sociale et d’un mépris de classe », estime-t-il. Parmi les commentateurs figurent également des partisans d’Emmanuel Macron. L’un d’eux affirme ainsi que « rien ne démontre que la politique menée par [le président] et son gouvernement leur ait enlevé un centime de pouvoir d’achat ».

    « Ils ne savent pas gérer leur budget »

    Beaucoup ont sorti leur calculatrice pour se pencher sur les comptes du jeune couple, en additionnant le salaire d’Arnaud (1 493 euros) et les aides dont il bénéficie, moins les dépenses figurant dans l’article – lequel ne se voulait pas exhaustif et ne mentionnait donc pas certains frais comme la cantine des enfants, les transports en commun, la mutuelle, la redevance télé, l’abonnement à Internet, etc. Or, une fois le calcul fait, les lecteurs sont formels, « ils ne savent pas gérer leur budget ».

    #allocataires #revenu #travailleurs_pauvres


  • La « mise en biais » des problèmes sociaux : ce que l’économie comportementale fait aux situations complexes | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/analyse/2018/12/19/mise-biais-problemes-sociaux-leconomie-comportementale-aux-situations-complex

    L’économie comportementale est le fer de lance des sciences cognitives contemporaines. S’appuyant sur des résultats de la psychologie et des neurosciences, elle entend mettre en évidence les limites à la rationalité des individus et dessiner des politiques publiques « clés en main ». Popularisées sous le terme nudge, celles-ci jouent avec les « biais de rationalité » des individus, pour les pousser à agir dans leur intérêt ou dans celui de la collectivité.

    La légitimité scientifique et politique de l’économie comportementale semble désormais bien établie. Elle a reçu les marques de l’institutionnalisation dans le domaine scientifique, à travers, notamment, l’octroi de Prix de la Banque de Suède à plusieurs de ses représentants (dont Richard Thaler en 2017) comme dans le domaine politique, avec la création de structures ad hoc, appelées nudge units ou behavioral insight teams, dans divers gouvernements (démocratiques ou non). La sphère économique n’est pas en reste avec la création de structures similaires dans des entreprises, à, l’instar, en France, de la société d’études et de conseil BVA.

    Néanmoins, l’économie comportementale et les solutions politiques qu’elle inspire ont fait l’objet de critiques : le caractère éthique des expérimentations et des solutions politiques déployées a été amplement débattu, du fait de la part de manipulation des individus qu’elles recèlent. De même, des doutes ont été émis sur l’efficacité de ces solutions, en particulier à long terme. Un autre problème, moins souligné et pourtant essentiel à nos yeux, auquel nous souhaitons consacrer cet article, réside dans la propension de l’économie comportementale et des nudges à réduire des problèmes sociaux, fussent-ils complexes, à des biais cognitifs.

    Jusqu’aux années 1990, de riches traditions de recherche s’intéressaient aux interactions entre acteurs ou aux contextes organisationnels et institutionnels et avaient démontré en quoi ces dimensions étaient essentielles pour comprendre les décisions et les comportements de santé. Pourtant, de tels travaux sont aujourd’hui moins nombreux et moins visibles, au profit de travaux massivement orientés vers l’analyse des biais cognitifs. Karen Luftey Spencer et Matthew Grace, pourtant non hostiles aux sciences cognitives, qu’ils pratiquent dans certaines recherches, situent ce virage cognitiviste – et la marginalisation des autres approches – au tournant des années 2000 et déplorent cette situation dans un article de la prestigieuse revue littéraire Annual review of sociology. Elles appellent à s’intéresser à nouveau aux « fondations sociales des inégalités de santé et des biais de traitement ».

    C’est ce qu’a proposé un groupe de chercheurs nord-américains, autour de la sociologue Michèle Lamont et du politiste Peter Hall. Dans une démarche pluridisciplinaire mêlant l’anthropologie, la sociologie et la science politique, mais aussi l’épidémiologie et l’économie, ces chercheurs concluent que les déterminants des états de santé dépendent des ressources non seulement matérielles (économiques), mais aussi sociales des individus. Ces derniers, en fonction de leur position dans la structure sociale n’ont accès ni aux mêmes ressources « horizontales » provenant de l’insertion dans des réseaux – d’entraide et de soutien – d’autres individus, ni aux même ressources « verticales », associées au statut social. Par exemple, une recherche comparative a montré pourquoi les habitants d’Ouganda avaient été mieux protégés de l’épidémie du sida que ceux du Botswana, pourtant considéré comme un pays exemplaire par la communauté internationale car son gouvernement applique à la lettre les recettes des organisations internationales. Toutefois, le gouvernement ougandais a réussi, en s’appuyant sur les structures sociales et les communautés locales, à mobiliser les solidarités entre individus, ce qui s’est avéré in fine plus efficace dans la prévention du sida.

    #Santé_publique #Nudge #Neurocapitalisme


  • La stratégie du « starve the beast » ou l’art de tuer la solidarité nationale – Le Comptoir
    https://comptoir.org/2018/12/18/la-strategie-du-starve-the-beast-ou-lart-de-tuer-la-solidarite-nationale

    Il s’agit dans un premier temps de baisser les recettes de l’État et des organismes sociaux afin d’assoiffer la bête publique qui voit ainsi ses déficits augmentés. Il en est ainsi en France depuis les années 1990 où, à force d’exonérations de cotisations sociales pour un faible effet économique, on baisse les recettes destinées aux retraites, à la santé ou au chômage. Pour les services publics, le mitage de l’assiette de l’impôt par le biais de niches fiscales à l’efficacité parfois douteuse réduit les marges de manœuvre budgétaires et imposent des choix drastiques comme la diminution des implantations locales des services du fisc ou des hôpitaux ou tout simplement la réduction du service fourni. À force de coupes budgétaires, la qualité du service devient de plus en plus déplorable. C’est ainsi le cas dans le système ferroviaire où très récemment lors d’une réunion du conseil régional de l’Occitanie, la région a affirmé ne pas être en mesure de rénover les petites lignes qui traversent la région car la puissance publique refuse de mettre la main à la patte. C’est ainsi que les retards augmentent et les accidents se multiplient fautes de dépenses d’entretiens suffisantes ou de suppressions de personnel qui entraîne un mécontentement généralisé des usagers. On note les mêmes problématiques au sein de l’hôpital, de la justice ou au sein des services locaux des impôts, les universités…

    • Merci @monolecte, du coup j’ai recherché, et c’était très intéressant !

      Reagan’s Farewell Address, 1989 : or, Common Sense | The Historic Present
      https://thehistoricpresent.com/2015/03/25/reagans-farewell-address-1989-or-common-sense

      Welcome to part 2 of our close reading of President Ronald Reagan’s Farewell Address of January 11, 1989. Here we pick up from where we left off in part 1 with Reagan explaining the “American miracle” that won him the respect, at last, of all those aristocrats at the G7 meeting in Ottawa.

      Well, back in 1980, when I was running for President, it was all so different. Some pundits said our programs would result in catastrophe. Our views on foreign affairs would cause war. Our plans for the economy would cause inflation to soar and bring about economic collapse. I even remember one highly respected economist saying, back in 1982, that “The engines of economic growth have shut down here, and they’re likely to stay that way for years to come.” Well, he and the other opinion leaders were wrong. The fact is, what they called “radical” was really “right.” What they called “dangerous” was just “desperately needed.”

      —That “highly respected economist” was Lester Thurow, and his complaint was with Reagan’s “trickle-down economics” theory which said that if you cut income taxes and suspend all federal regulation of business, you will get business owners with plenty of cash on hand to expand by any means necessary and voila, you will have more jobs and more output and a booming economy. This enticing idea won many people over to Reagan in 1980 and 81. He advertised it during a 1981 speech with this graph:


  • Le déclin inéluctable des grandes surfaces _ Alexandre Mirlicourtois - 17 Décembre 2018 - XERFI Canal
    https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Le-declin-ineluctable-des-grandes-surfaces_37466

    Conséquence sur le commerce du mouvement des gilets jaunes, le e-commerce a fait un nouveau bond en avant. A l’opposé, c’est la chute pour la grande distribution, plus précisément pour les hypers et les supermarchés en région situés en périphérie des petites villes ou des villes moyennes. Ce destin croisé, c’est l’image à peine déformante d’une tendance de fond : les hypers et les supermarchés ne sont plus totalement en phase avec les attentes des consommateurs, les technologies et de ce qu’est devenue la concurrence.

    https://www.youtube.com/watch?v=T6pUo7bQuCc


    
De prime abord cela ne se voit pas dans l’évolution du nombre de magasins : à plus de 8 400 unités, jamais le maillage du territoire n’a été aussi dense, avec un parc en hausse de 19% sur un peu moins de 10 ans. Autant dire que la majorité des Français dispose d’une, ou plusieurs, grandes surfaces à proximité de leur lieu de vie. Le nombre de m² a suivi, en hausse de près de 20% sur la période pour un total approchant les 20 millions de m², un record. Cette bonne santé apparente de l’offre n’est pourtant rien d’autre que le symptôme d’une lutte sans merci aux parts de marché, une fuite en avant avec à la clé un recul du chiffre d’affaires par magasin, une érosion de la rentabilité et finalement un affaiblissement général. Il faut d’abord partir de ce constat : la demande traditionnelle adressée à la grande distribution s’épuise structurellement.

    
En partant de la répartition du chiffre d’affaires des grandes surfaces, il est possible de calculer un « proxy » de la demande qui leur est adressée en partant de l’évolution de la consommation des ménages par grands postes. Très forte au milieu des années 60, date de l’apparition des premiers hypermarchés, elle reste vigoureuse au cours des années 70 même si elle perd en intensité. Après une parenthèse ente 2000 et 2008, la tendance est à nouveau au ralentissement. Ce n’est pas une surprise, c’est en partie la loi d’Engel qui joue et qui veut que la part de revenu consacrée à l’alimentaire diminue au fur et à mesure que le niveau de vie s’élève. C’est vrai pour l’alimentaire (cœur de métier des grandes surfaces) et par extension de toute une série de biens dits « inférieurs » qui correspondent aux besoins indispensables à la vie courante comme l’habillement Il y a ensuite l’impact du passage du primo équipement à celui du renouvellement dans l’électroménager et l’électronique grand public.

    
Enfin, la pression démographique liée à l’évolution même de la population française s’est réduite au fil du temps. A cet affaiblissement de la demande s’ajoutent des évolutions sociétales. La réduction de la taille des ménages, des familles rend moins nécessaire d’effectuer de « grosses courses ». Les interrogations du consommateur sur la qualité des produits alimentaires, notamment vendus en grande surfaces, sont également un frein même si sondages après sondages, c’est bien le prix qui reste de loin le principal déterminant du choix dans l’alimentaire. En plus de l’affaiblissement de leur demande, les grandes surfaces vont subir une double attaque, principalement dans le non-alimentaire.

    
Au début des années 2000, c’est la montée de la concurrence des réseaux spécialisés et pour la première fois depuis 40 ans de conquête, les supers et hypers perdent des parts de marchés, près de deux points de cédés entre 1999 et 2005. Puis, c’est à partir de 2010 le boum du e-commerce avec l’arrivée de concurrents, des pure players qui ne cessent de prendre de l’importance. D’abord cantonné au non-alimentaire, l’offensive sur l’alimentaire est en marche. Finalement, c’est le cœur même du business model qui est remis en question. Ce modèle repose d’abord sur une consommation de masse en accélération. Même si les marges sont réduites, les volumes sont là. Ce n’est plus le cas. C’est ensuite le jeu des décalages financiers entre délais de paiement fournisseurs, longs, et des clients qui paient cash et donc l’apparition d’une ressource en fond de roulement dont le rendement dépend de l’évolution des taux d’intérêt. Or concernant, les délais de paiement, l’un des objectifs de loi de modernisation sur l’économie de 2008 a été de les raccourcir. Quant aux taux d’intérêt, ils sont nuls ou presque depuis plus de 5 ans.

    
Et enfin, c’est une implantation en périphérie, où le coût du foncier est faible, alors même que les citadins, en quête d’immédiateté privilégient de plus en plus les achats de proximité. Bref, harcelé de tous les côtés, le concept originel de tout le monde et de toutes choses sous le même toit de l’hyper et supermarché va continuer de s’épuiser.

     #consommation #grande_distribution #hypermarché #supermarché #hypermarchés #alimentation #auchan #carrefour #Casino #Intermarché #Leclerc #monoprix #géant #lidl #aldi #mulliez #économie #France #pollution #exploitation #pauvreté #e-commerce #ecommerce #commerce #capitalisme #villes #drive

    • . . . . .
      Côté pile, l’hypermarché demeure le circuit le plus fréquenté : 91 % des Français s’y rendent (vs 83 % pour le super, 68 % pour les SDMP ou encore 39 % pour la proximité). Côté face, le trafic est en baisse régulière. 2018 ne fait que le confirmer. Seuls échappent au marasme les « petits hypers » de moins de 5 000 m2 dont la fréquentation mesurée par Nielsen progresse de 0,4 %.

      Pour les plus grandes unités, la chute du trafic est violente : – 2,6 % en moyenne pour les hypers de plus de 11 000 m2. Les plus grandes surfaces sont à la fois victimes du désamour des clients pour les magasins XXL, du transfert du off-line vers le on-line pour le non-alimentaire mais également de l’agressivité des supermarchés, à la fois par le choix alimentaire (souvent proche des hypers) et les prix (Intermarché est par exemple 4 à 5 % moins cher qu’Auchan).

      Conséquence : 2018 va se solder par une baisse des ventes en hypers. De janvier à octobre, selon Nielsen, le chiffre d’affaires tous produits est en recul de 1,6 % dans les grandes unités. Comme il s’agit d’évolution à magasins globalement comparables, l’effet sur la rentabilité sera violent. Auchan et Carrefour seraient ainsi sur leur étiage historique.

      Pire : 2019 ne fera qu’empirer la situation. . . . . .

      Source : https://www.olivierdauvers.fr/2018/12/18/deja-malade-lhyper-sera-la-1ere-victime-des-ega

    • Le commentaire de PJULIEN, sur l’article d’Olivier Dauvers, bonne description des conditions de travail dans la grande distribution.

      Et c’est reparti ! En voilà une nouvelle couche ! la grand’messe française de l’hyper malade !
      Toujours les mêmes mots pour illustrer les mêmes maux !
      Argument Question 1 : A qui appartiennent à 95 % les Hypers en France !
      Réponse 1 : Aux grands distributeurs français ayant de “grosse société” = Carrefour, Auchan, Casino, les petites sociétés propriétaires d’hypers sont marginales –

      Argument Question 2 :
      Quelles sociétés parlent tout le temps de #Digital ?
      Quelles sociétés ont le plus de personnels salariés qui ont plus de 45 ans en age et plus de 10 Ans d’ancienneté ?
      Quelles sociétés ont le plus de contraintes sociales avec des syndicats bien Organisés ?
      Réponse Argument 2 : Les Mémes = Carrefour, Auchan, Casino …

      Conclusion :
      Quelles société gémissent depuis 8 Ans en “déshabillant” les Hypermarchés les rendant à la limite de l’impopularité, en stressant continuellement le personnel, en ne communicant plus en proximité, et en se “foutant” du Client avec de Grands concepts novateurs sans intérêt pour la masse de clientèle ( = des bornes, écrans digitaux qui n’intéressent et ne sont utilisés que par 0,2 Client sur 100 ?

      — les mémes = Carrefour, Auchan, Casino qui n’ont pas eu d’autres idées pour se “débarrasser” de salariés qu’ils jugent “vieillissants” donc plus performants …

      NON les Hypers ne sont pas malades, juste contaminés par une “élite perverse” contaminée par une certaine nullité qui squatte la France et qui suivant certains gilets jaunes risqueraient forts la guillotine avec les futurs Hypers IKEA, GRAND FRAIS, LECLERC, dont les plus grands magasins ne sont pas malades et deviendront vite hypers….

      Ces gens M Dauvers n’ont rien découverts, rien inventés, méme le plus basique = “Quand on veut abattre son chien on lui donne la gale” c’est très basique et très …. courant chez les “héritiers” incompétents –

      Quand à EGA elle ne ruinera en rien les Hypers (sauf pour les pervers !) car en lieu et place de promotions devenues “vulgaires et communes” il suffit de remettre l’Hyper en Ambiance de vente, par le soucis de la Proximité, du Plaisir Shopping, et par l’ingéniosité-événement commercial = juste une solution de communication !
      Pour faire simple rendre à l’Hyper son attractivité en fonction de son environnement et de sa cible Humaine ….

      Cordialement,
      PJULIEN / Consultant Expert GD depuis 40 Ans -


  • « La gratuité est plus économe que le système actuel »
    https://usbeketrica.com/article/paul-aries-gratuite-decroissance-transports

    Entretien avec le politologue Paul Ariès, partisan d’une décroissance fondée sur le désir et la gratuité, notamment celle des transports en commun.

    « La #gratuité dans les #transports franciliens, la belle utopie que voilà ! », déclarait en octobre dernier la présidente du conseil général d’Ile-de-France, Valérie Pécresse. En effet, après sa mise en place à Dunkerque, Paris est en train d’étudier la gratuité des transports dans la capitale. Tandis que certains critiquent une mesure trop coûteuse, d’autres voix s’élèvent pour défendre la gratuité comme un modèle de société d’avenir, remettant en question la marchandisation et permettant de renouer avec le politique. Parmi ces voix, celle du politologue Paul Ariès, proche du réseau international des villes lentes, directeur de l’Observatoire de la gratuité et auteur de plusieurs ouvrages, dont Gratuité vs Capitalisme (Larousse, 2018).

    #mobilité #circulation #déplacements


  • Mes #étoiles_noires

    L’Homme, petit ou grand, a besoin d’étoiles pour se repérer. Il a besoin de modèles pour se construire, bâtir son estime de soi, changer son imaginaire, casser les #préjugés qu’il projette sur lui-même et sur les autres. Dans mon enfance, on m’a montré beau- coup d’étoiles. Je les ai admirées, j’en ai rêvé : Socrate, Baudelaire, Einstein, Marie Curie, le général de Gaulle, Mère Teresa… Mais des étoiles noires, personne ne m’en a jamais parlé. Les murs des classes étaient blancs, les pages des livres d’histoire étaient blanches.
    J’ignorais tout de l’histoire de mes propres ancêtres. Seul l’esclavage était mentionné. L’histoire des Noirs, ainsi présentée, n’était qu’une vallée d’armes et de larmes.

    Pouvez-vous me citer un scientifique noir ?
    Un explorateur noir ?
    Un philosophe noir ?
    Un pharaon noir ?
    Si vous ne le savez pas, quelle que soit la couleur de votre peau, ce livre est pour vous. Car la meilleure façon de lutter contre le racisme et l’intolérance, c’est d’enrichir nos connaissances et nos #imaginaires.

    Ces portraits de femmes et d’hommes sont le fruit de mes lectures et de mes entretiens avec des spécialistes et des historiens. De Lucy à Barack Obama, en passant par Ésope, Dona Béatrice, Pouchkine, Anne Zin- gha, Aimé Césaire, Martin Luther King et bien d’autres encore, ces étoiles m’ont permis d’éviter la victimisation, d’être capable de croire en l’Homme, et surtout d’avoir confiance en moi.


    https://www.thuram.org/mes-etoiles-noires-une-coedition-solidaire-le-livre-equitable-disponible-en-

    #livre #historicisation #Noirs #invisibilisation #invisibilité #racisme #Lilian_Thuram #Thuram

    ps. il y a de très beau portraits des personnes noires mentionnées dans le livre... des dessins. Je vais essayer de faire quelques photos et les poster ici...


  • VIDEO. Climat : « On n’est jamais trop petit pour faire une différence » : le discours fort de Greta Thunberg
    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/cop24/video-climat-on-n-est-jamais-trop-petit-pour-faire-une-difference-le-di

    Son discours a fait le tour du monde. À tout juste 15 ans, Greta Thunberg a bousculé les délégués présents à la COP24 - qui s’est tenue à Katowice en …