vazy

L’espace d’un instant, et inversement.

  • Amnésie traumatique VS faux souvenirs

    En voyant des gendarmes garés devant chez elle, Marie s’inquiète : qu’est-ce qu’elle a pu faire pour mériter une telle visite ? Elle s’étonne quand les enquêteurs lui annoncent qu’elle aurait été victime de pédophilie. Elle s’entend leur demander : « J’ai été attouchée ? » « Non, madame, violée. » Le mot la frappe de plein fouet. « Je n’arrivais pas à me l’attribuer. C’est comme le cancer, ça n’arrive qu’aux autres. » Marie, 33 ans, mère de famille et vendeuse, a beau chercher : sa mémoire est vide. Et vient le plus dur : « Comment j’ai pu oublier ça ? »

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/11/27/affaire-du-chirurgien-pedophile-le-vertige-des-victimes_6020728_3224.html


    Souvenirs refoulés ou fausse mémoire ? L’amnésie traumatique dans les jurisprudences américaine et israélienne
    https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-de-la-justice-2016-4-page-649.htm

  • Yale Psychiatrist Bandy X. Lee on Donald #Trump : « His disorder is on display for the world to see »

    Attendre 2020 est « imprudent dans son manque de compréhension du danger actuel que pose le président », soutient Lee

    _Article en anglais datant d’il y a un an mais à relire vu les dernières frasque de celui qui, à « raison », se prend pour le roi de #Twitter vu le nombre de retweets et commentaires-moqueries impressionnées par son manque de retenue (et qui, ce faisant, lui font de la pub)
    https://www.salon.com/2018/12/04/trump-fans-have-trait-toddlers-grow-out-of-doctor-says_partner


    (image : un des derniers tweets de Trump « himself » qui, en quelques heures, dépasse les 400k de like... :/ )_

    « De plus en plus de personnes de ce type occupent des postes de direction, y compris au sein d’entreprises, alors qu’il y a 20 ans, on les retrouvait surtout dans les prisons. »

    /.../

    « Les personnalités de type #homme_fort sont très attrayantes en période de crise socio-économique ou politique, car la population est moins en mesure de penser rationnellement mais est plutôt envahie par la peur ou le désir de puiser ses forces dans des idées fantasques. »

    /.../

    « Le pouvoir émotionnel peut être utile lorsqu’il est sain, mais lorsqu’il est malsain, il peut vaincre toutes les approches saines. »

    /.../

    « Son accès illimité à la population via Twitter est aussi dangereux que son accès illimité aux codes nucléaires, car il jette les bases d’une culture de la violence pouvant déclencher des épidémies de violence. »

    #présidence_et_décadence

  • Bien se faire indemniser quand on est à la MDA

    La Maison des Artistes et ses méandres, cauchemar pour un remboursement efficace ? Voyons voir.

    Les artistes-auteur affiliés à la MDA, bien qu’indépendants, dépendent du régime général comme les salariés. Ils partagent donc les mêmes droits aux remboursements et aux indemnités, qui leur sont versés par la CPAM. Cela inclut notamment les indemnités d’arrêt de travail (par exemple en cas de maladie, d’accident ou de congé maternité/paternité).

    http://kitdesurvie.metiers-graphiques.fr/articles/bien-se-faire-indemniser-quand-on-est-a-la-mda

    La procédure

    La procédure de demande d’indemnités d’arrêt de travail lorsque l’on est auteur MDA est la suivante. Suivez-la à la lettre pour maximiser vos chances d’être rapidement indemnisé.

    Obtenez de votre médecin (traitant ou spécialiste) votre avis d’arrêt de travail. Cet avis peut-être initial (si c’est le premier de la période d’arrêt) ou prolongatoire.

    Complétez-le si nécessaire et envoyez-le sans délai à la CPAM dont vous dépendez2. Attention ceci doit être fait sous 48 heures, sous peine de voir vos indemnités réduites (sauf cas de force majeure, type accident avec hospitalisation)
.

    La CPAM reviendra vers vous par courrier, vous expliquant qu’elle a besoin de vos fiches de paie ou autre attestation patronale pour calculer vos indemnités. Dès lors que vous recevez ce courrier (ou si vous n’avez aucune nouvelle au bout de trois semaines), appelez la CPAM au 36 46 pour leur expliquer que la procédure est différente parce que vous êtes auteur indépendant MDA, et que vous bénéficiez à ce titre du régime général sans avoir pour autant de fiche de paye à produire.

    La CPAM doit alors envoyer un courrier à la MDA, lui demandant d’attester que vous êtes à jour de vos cotisations et à combien s’élèvent vos revenus. Cette demande de renseignements est parfois appelé « courrier navette ».

    Par retour de courrier, la MDA enverra sa réponse à la CPAM sous forme d’une attestation (il peut arriver que la MDA vous envoie ce courrier directement, auquel cas vous devrez le transmettre à la CPAM vous-même).


    Attention, de toute évidence la MDA n’attestera que vous êtes à jour de vos cotisations que si c’est effectivement le cas ! Dans le cas contraire, sa réponse sera négative et la procédure sera à recommencer depuis le début, une fois votre situation régularisée… Avant d’entamer une démarche de demande d’indemnisation, veillez donc à vous assurer que vous n’avez aucun retard de cotisations.
    Une fois la réponse reçue, la CPAM calculera vos indemnités et procédera rapidement au paiement.

    Les démarches et documents que nous évoquons ici représentent l’ensemble exclusif de ce qui vous sera vraiment utile pour un remboursement efficace. Si votre interlocuteur vous demande autre chose, c’est qu’il ne sait pas de quoi il parle (ça arrive plus souvent qu’on ne le croit, les personnels étant parfois recrutés dans l’urgence et formés à la sulfateuse). En conséquence, armez-vous de patience et de pédagogie, vous en aurez besoin.

    Notons également que si l’indemnité d’un salarié sera calculée sur les trois derniers salaires mensuels précédant son arrêt de travail, l’artiste-auteur MDA sera indemnisé selon son dernier avis d’imposition (sur lequel se base le calcul des cotisations), c’est-à-dire sur la base de ses revenus de l’année N-2. À garder en tête au moment de faire ses petites additions car ça peut expliquer des écarts assez conséquents.

    #survie #droits #mda #sécu

    • L’arrêt de travail chez les auteurs, ou Tchoupi à la CPAM...
      https://www.actualitte.com/article/tribunes/l-arret-de-travail-chez-les-auteurs-ou-tchoupi-a-la-cpam/93172

      Vos revenus 2017 : 58 686 € ÷ 365 jours = 160,78 € ÷ 2 (car 50 % d’indemnité prise en charge par la sécurité sociale) = 80,39 € journalier. Vous ne pouvez pas percevoir le montant journalier de 80,39 €, car il y a un plafond maximum à ne pas dépasser défini par la sécurité sociale qui est de 44,34 €. Compte tenu de ce qui précède, votre indemnité calculée est donc bien de 620,76 € (soit 14 jours x 44,34 €).

    • Dans le cas ou votre interlocuteur à la CPAM ne connait pas les particularités du statut « artiste-auteur » (90% des cas) il faut lui préciser que vous dépendez du « régime 170 » .
      Avec ce sésame vous serez orienté vers LA personne qui connait vos droits spécifiques.

    • Merci @vazi j’etais en train de me dire que ca serait encore des droits que je ne pourrais pas faire valoir. Je vais essayé quand même et je mettrais « régime 170 » sur tous mes documents histoire de prévenir les dégâts.

    • Attention à la « période de référence » … même si le pdf date de 2012 c’est toujours valable http://www.caap.asso.fr/IMG/pdf/rru_artistes-auteurs_aout_2012-2.pdf

      la dernière année civile connue de la caisse (ou période de référence) est celle qui permet l’ouverture des droits c’est-à-dire celle qui précède la période s’étendant du 1er juillet au 30 juin de l’année suivante. Ainsi, pour un arrêt de travail situé pendant la période allant du 1er juillet 2011 ou 30 juin 2012, la période de référence est l’année 2010.

      J’ai été en arrêt maladie pour ALD un peu plus de 6 mois à partir d’aout 2017, ce sont donc mes revenus de 2016 qui ont été pris en compte.
      Ouf, j’ai eu du mal à considérer que j’avais droit à l’arrêt maladie avec un cancer déclaré en juin, car si j’avais demandé à ce moment là mes indemnités, elles auraient été calculées sur mes revenus de 2015 qui n’étaient pas mirobolants.
      Mais à l’Agessa, pour n’avoir pas avoir eu assez de revenus en 2017 (ah ben oui dommage, j’étais en arrêt maladie) j’ai été privée de droits aux indemnités journalières en conservant cependant celui d’être affilée et de payer une blinde le forfait de la sécurité sociale …

      #indépendants #auteurs #artistes

      RÉGIME SOCIAL DES ARTISTES-AUTEURS : 2019, L’ANNÉE DE TOUS LES DANGERS ?

      1/ UNE INCURIE COUPABLE DES MINISTÈRES DE TUTELLE
      De l’incurie au mépris, le ministère de la santé porte une très lourde responsabilité dans la mauvaise gestion du régime de protection sociale des artistes-auteurs et dans son évolution. Non seulement son refus du dialogue social est récurrent mais il a sciemment laissé l’Agessa violer le code de la sécurité sociale depuis plus de 40 ans au détriment des artistes-auteurs non affiliés, et ce, alors qu’il est en charge du contrôle de l’égalité des deux organismes sociaux des artistes-auteurs, l’Agessa et Mda-sécurité sociale (voir notre article).

      http://www.caap.asso.fr/spip.php?article597

    • Anecdote : Le « régime 170 » c’est ce qui a permis à @jacotte de faire valoir ses droits alors que sa première interlocutrice lui avait répondu très sûre d’elle : « Non madame avec votre statut vous ne pouvez pas prétendre au congé maternité » !

  • Meurtre d’une journaliste anticorruption : démissions gouvernementales en série à Malte
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/26/demissions-gouvernementales-en-rafales-a-malte_6020635_3210.html

    Ebranlés par le scandale de l’assassinat de Daphne Caruana Galizia en 2017, trois hauts responsables ont quitté leurs fonctions.

    Un ministre qui démissionne, un autre qui « suspend » ses fonctions, le chef de cabinet du premier ministre arrêté et immédiatement contraint de se retirer… Deux ans après l’assassinat de la journaliste anticorruption Daphne Caruana Galizia, la journée du mardi 26 novembre a été marquée par une série de rebondissements à Malte, le plus petit Etat de l’Union européenne, perdu au milieu de la Méditerrannée.

    Alors que l’enquête sur le commanditaire de cet assassinat qui avait choqué toute l’Europe semblait patiner depuis plusieurs mois, elle a connu un brutal coup d’accélérateur ces derniers jours. Au point que plusieurs hommes d’affaires et responsables politiques proches du premier ministre travailliste, Joseph Muscat, semblent désormais directement inquiétés. Mardi, son chef de cabinet et ami personnel, Keith Schembri, a été convoqué aux aurores pour être auditionné par la police. Son domicile a été perquisitionné. M. Muscat a annoncé la démission de son collaborateur dans la foulée, en le remerciant pour « son travail difficile ».

    Magnat du papier et de l’impression, M. Schembri avait jusqu’ici été systématiquement protégé par M. Muscat, malgré les nombreuses révélations faites, notamment par Daphne Caruana Galizia, sur ses sociétés offshore ou les possibles pots-de-vin qu’il aurait touchés. Des révélations largement confirmées par les investigations du « projet Daphne », du nom de l’enquête conduite par le réseau de journalistes Forbidden Stories pour poursuivre le travail de la journaliste assassinée à laquelle Le Monde a participé, en 2018.

    Le premier ministre refuse de démissionner
    Quelques heures plus tard, c’est le ministre du tourisme, Konrad Mizzi, qui a annoncé sa démission. Lui aussi avait été mis en cause – jusqu’ici sans conséquence ou presque – pour avoir créé une société au Panama destinée à recevoir de probables commissions occultes. Enfin, le ministre de l’économie, Chris Cardona, a déclaré qu’il se « suspendait lui-même » de ses fonctions jusqu’à ce que l’enquête sur l’assassinat soit conclue. M. Cardona a été auditionné par la police il y a quelques jours. Le Monde et ses partenaires avaient révélé, dans le cadre du « projet Daphne », que le ministre avait fréquenté les tueurs de la journaliste. Des révélations qui n’avaient jusqu’ici conduit à aucune audition.

    #paywall

  • Gilets jaunes: la première victime (visible) – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/7992

    Pour le premier anniversaire du mouvement des Gilets jaunes, la préfecture de police avait préparé un piège géant : une nasse où concentrer les manifestants, aspergés de gaz lacrymogènes (lire le témoignage de Mathilde Larrere), à la fois pour terroriser les participants et provoquer des violences, selon la méthode appliquée dès les débuts de la crise.

    C’est dans ce cadre qu’une vidéo a montré pour la première fois l’éborgnement en direct d’un manifestant pacifique, violemment blessé par le jet d’une grenade lacrymogène alors qu’il est filmé par la camera d’un street medic, samedi 16 novembre en début d’après-midi place d’Italie. Un autre enregistrement permet de distinguer la trajectoire du projectile, lancé en cloche par les forces de l’ordre, comme de coutume en contradiction totale avec les instructions qui régissent l’utilisation de ces armes, qui doivent être projetées au sol dans un contexte d’autodéfense, et non pour contrôler une foule à distance.

    https://twitter.com/i/status/1196205974882791430

    • Oui puisque cela projette l’échange matériel dans l’univers symbolique : une abstraction, rien d’autre.
      À ce compte là on peut élargir et dire « l’humanité c’est la plus vaste imposture de tous les temps » puisque les humains ne sont véritablement doués en rien de particulier à part ... la faculté d’abstraction (dans le temps, dans l’espace et depuis peu dans un univers ... virtuel, comble de la mise en abîme).
      Et l’argent n’échappe pas à ce vertige puisqu’il est possible aujourd’hui de faire de l’argent avec de l’argent sans qu’aucune notion d’échange dans le monde réel sous-tende l’opération, C’est ce qu’on appelle la finance, comble de l’imposture.

      Bon mais concrètement ?
      Ça te fait une belle jambe tout ça, je suppose.

    • J’avais bien idée d’une construction illégitime pour asseoir un pouvoir mais sans y réfléchir plus que ça. Jusqu’au jour où, il y a quelques mois, l’urssaf s’est servi sur mon compte bancaire sans mon autorisation. En principe cela aurait du me contrarier, voire m’angoisser mais contre toute attente, cela m’a permis de lâcher prise : allez-y, servez-vous, de toute façon je suis déjà à découvert... y’en a, y’en a pas, y’en a, y’en a pas... Je continue de vivre pareil, chichement certes, mais pareil, sans me mettre la pression. Je poursuis les travaux en cours (les plantations et la philanthropie) en tâchant de garder la tête droite et de ne pas tomber dans la déprime que peut engendrer l’actualité.
      Une heure de travail fait par unetelle ici n’aurait pas la valeur qu’une heure de travail fait par untel...
      Pour de vrai, c’est quoi la valeur d’un abricot, d’une brosse à dent, d’un pullover ? Qui le sait ? Tout ça c’est du vent. Mais hier, je me suis fait un malin plaisir en filant un peu de sous (enfin celui de la banque) pour le financement d’un film sur l’anarchie :)
      Bon là je fanfaronne, on verra si je fais la maline quand je serai au bout du bout :))

    • L’argent n’a pas la même signification suivant les cultures, il n’est pas investit des mêmes choses.

      Dans le capitalisme, notre société de là maintenant donc, l’argent c’est pas une abstraction, c’est la matérialisation de la valeur. Qui elle est une abstraction, mais une abstraction bien réelle, qui influe très concrètement sur la vie de milliard de gens. :(

      https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9tichisme_de_la_marchandise :)

      https://journals.openedition.org/sociologies/3756

  • Banque de dépannage linguistique

    Liste de termes épicènes ou neutres

    Lorsqu’on fait référence à des personnes dans un écrit et qu’on souhaite donner à celui-ci un caractère plus générique et inclusif, il convient de privilégier des formes non marquées en genre, c’est-à-dire qui ne présentent pas d’alternance masculin/féminin. Les mots ainsi choisis désignent aussi bien les femmes que les hommes, ou encore les personnes non binaires.

    http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=5465

    #féminisation #épicène #langue_française #écriture_inclusive #égalité

  • Des pornocrates montréalais vous gâchent votre sexe. Selon des sexologues et conseillères britanniques, le porno en ligne - contrôlé très majoritairement par une entreprise montéalaise, PornHub - a des effets délétères pour les enfants et les jeunes qui en consomment sur leur portable. Leurs appels à l’aide pour difficultés d’ordre sexuel ont triplé en deux ans au Royaume-Uni. Un article du TIMES en rend compte. https://www.thetimes.co.uk/article/phone-porn-is-driving-teens-to-sex-therapy-tx2s28gj6 Voir aussi : https://antipornfeminists.wordpress.com/2019/10/06/qotd-phone-porn-is-driving-teenagers-to-sex-therapy

  • Venezia mostra che l’Italia è nel mezzo di una crisi climatica

    L’acqua alta che ha sommerso Venezia nella notte tra il 12 e il 13 novembre – la seconda più alta di sempre, dopo la cosiddetta acqua granda del 1966 – è un sintomo emblematico di quanto la crisi climatica stia incidendo sulla fisionomia dell’Italia. Il sindaco della città, Luigi Brugnaro, lo ha sottolineato così: “Questi sono evidentemente gli effetti dei cambiamenti climatici”.

    Provocata da un vortice di venti che ha assunto una velocità fuori dal comune e ha sospinto grandi masse d’acqua verso la laguna, la marea ha raggiunto i 187 centimetri e ha sommerso l’85 per cento della città. Dopo aver segnalato per la serata un livello di 145 centimetri, il centro maree ha rivisto la stima in diretta, trovandosi di fronte a una situazione del tutto inedita. “I nostri modelli non hanno segnalato l’ondata di marea semplicemente perché si è trattato di un evento mai visto da quando facciamo previsioni modellistiche”, dicono dalla sala operativa dell’ente incaricato di prevedere l’innalzamento delle acque e allertare la cittadinanza.

    Ma Venezia è uno specchio di quello che sta succedendo in tutto il paese: non passa giorno senza che un territorio si trovi colpito da un evento meteorologico “mai visto prima”, sia esso un vento di velocità inconsueta, una grandinata fortissima o una pioggia che fa esondare fiumi e torrenti. Nella stessa giornata in cui Venezia finiva sotto l’acqua, il centro di Matera veniva sommerso da un fiume di fango provocato da un temporale di intensità inaudita, e una tromba d’aria si abbatteva sulle coste di Porto Cesareo, in Puglia, facendo letteralmente volare le barche ormeggiate al molo.

    Dati preoccupanti
    Questo è quello che sta accadendo oggi: un ripetersi di eventi estremi che stanno flagellando il paese, distruggendo territori, fiaccando comunità intere. È passato poco più di un anno da quando la tempesta Vaia ha cancellato una parte rilevante dei boschi nel nordest dell’Italia. Venti con una velocità superiore ai 200 chilometri orari hanno divelto in poche ore milioni di alberi: “Quanto è successo qui l’anno scorso è qualcosa di assolutamente inedito”, ricorda Severino Andrea De Bernardin, sindaco di Rocca Pietore, tra i comuni più colpiti dalla tempesta in Veneto. “Qui sono esondati trenta torrenti e si sono schiantati 600mila alberi – 500 per ognuno dei nostri 1.200 abitanti”.

    Il piccolo comune del bellunese è circondato da montagne dove ancora si vedono i segni del disastro: i boschi che ne coprivano i fianchi sono diventati un manto di tronchi abbattuti. Il che aumenta il pericolo di valanghe in caso di nevicate forti. “Ormai passo le giornate a guardare ossessivamente il meteo”, dice il sindaco preoccupato.

    L’acqua alta a Venezia o la tempesta Vaia fanno notizia per l’entità dei danni, per il numero di persone colpite e per l’alto valore simbolico. Ma non sono altro che la punta di un iceberg con cui tutti noi siamo chiamati a fare i conti. Basta prendere i dati dell’European severe weather database per vedere come in Italia l’evento straordinario sia ormai diventato ordinario. Secondo questo database, che registra tutti gli eventi estremi – tornado, piogge torrenziali, grandinate eccezionali, tempeste di neve, valanghe –, dall’inizio del 2019 si sono verificati 1.543 eventi di questo tipo in Italia. Circa cinque al giorno.

    Un dato preoccupante, che assume una valenza ancora più inquietante se lo si confronta con quello di paesi come la Spagna, che nello stesso periodo ne ha avuti 248, o il Regno Unito, che ne ha avuti 190. Se guardiamo alla serie storica di questi tre paesi, osserviamo una progressione ancora più preoccupante: in Italia nel 2009 si sono verificati 213 eventi estremi, in Spagna 219, nel Regno Unito 47. Nel 1999, in Italia se ne sono registrati 17, in Spagna 24, nel Regno Unito 27. Questo vuol dire che nel nostro paese il fenomeno cresce velocemente.

    “Per la sua particolare posizione geografica, in mezzo al mar Mediterraneo, l’Italia è da considerarsi uno hot spot climatico, un luogo cioè dove il cambiamento climatico è più rapido”, dice Gianmaria Sannino, responsabile del laboratorio di modellistica climatica e impatti dell’Agenzia nazionale per le nuove tecnologie, l’energia e lo sviluppo economico sostenibile (Enea), che studia la situazione nel Mediterraneo e ha previsto che da qui al 2100 ci sarà un aumento del livello del mare di almeno un metro. “Il livello del Mediterraneo si alza più rapidamente rispetto all’oceano, e soprattutto si scalda. Il che libera più energia nel sistema atmosfera-mare e rende più probabile i fenomeni estremi”.

    Che fare di fronte a questa serie di disastri? Forse per prima cosa sarebbe il caso di cambiare prospettiva, riconoscendo che siamo nel bel mezzo di una crisi climatica e che dobbiamo dotarci di strumenti di adattamento il più efficaci possibili per affrontare quella che presumibilmente non sarà un’emergenza inaspettata, ma una nuova normalità.

    https://www.internazionale.it/opinione/stefano-liberti/2019/11/14/venezia-acqua-alta-sommersa
    #Venise #acqua_alta #climat #changement_climatique #inondation #Italie

  • 60% des Français ont déjà renoncé à aller chez le médecin
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/plus-de-60-des-francais-ont-deja-renonce-a-aller-chez-le-medecin_fr_5

    Désert médicaux, délai trop long, ou raisons économiques. 62% des Français ont déjà renoncé à des soins.<p>MÉDECINE - Près des deux tiers des Français …

  • A priori, la plupart des gens seront d’accord pour dire que la pédocriminalité est une horreur, qu’ils sont résolument choqués par le viol et qu’ils condamnent avec la plus grande fermeté les violences sexuelles.

    En même temps, le film de Roman Polanski, J’accuse, fait le troisième meilleur démarrage de l’année pour un film français.


    On va arrêter de tourner autour du pot, de couper les cheveux en quatre, de se triturer les neurones. Ce succès signifie une chose toute simple : la plupart des gens s’en contrefoutent des violences sexuelles. Pour beaucoup de gens, la pédocriminalité, ou l’hébécriminalité, ce n’est pas grave. On peut violer une fille de 13 ans. Elle l’aura bien cherché d’une manière ou d’une autre.

    Bien sûr, ils ne le formulent pas comme ça. Ils sont sans doute nombreux à affirmer qu’on ne sait pas ce qu’il s’est vraiment passé. Qu’ils ne sont pas juges. Ils laissent la place au doute, et le doute bénéficie à l’accusé. Sauf que Polanski n’a jamais nié les rapports sexuels avec Samantha Geimer. Rappelons que, en l’occurrence, on parle non seulement d’un rapport vaginal mais également anal. On parle de sodomiser une fille de 13 ans. Je vois mal comment on peut soutenir qu’elle en avait vraiment envie. Quand les faits avérés sont : une pénétration anale sur une fille de 13 ans à qui l’on a filé des barbituriques et de l’alcool, j’ai un peu de mal à situer le doute.

    Ah oui, mais les gens, ils ne savent pas ça, ils ne sont pas au courant de ces détails.
    Bah non. Pour une raison toute simple : ça ne les intéresse pas. Ils ne veulent pas les connaître, ces détails. La vérité, c’est qu’ils veulent pouvoir aller voir un bon film tranquillou. Alors franchement, les violences sexuelles versus un bon film… Bah, c’est le bon film qui l’emporte. Et ça, ça veut dire qu’ils s’en foutent des viols perpétrés à l’encontre des jeunes filles. On peut leur expliquer que Polanski n’a pas nié les faits, on peut leur sortir une vieille interview vidéo dans laquelle il évoque son attirance pour les jeunes filles de 14 ans de manière totalement décomplexée. On peut leur donner la liste de celles qui se disent victimes, douze au total quand même.

    Ils s’en foutent.

    Dans le fond, je suis convaincue qu’ils s’en foutent même de la présomption d’innocence. Elle ne leur sert que de parapluie. Ils ont envie de voir ce très bon film qui a des très bonnes critiques. Pourquoi donc ils se priveraient de deux heures et douze minutes de plaisir cinématographique ? Tout le reste, ça ne les concerne pas.

    Il faut se regarder en face deux secondes et admettre la vérité : on s’en fout des viols. Enfin… ça devient très grave –à condition qu’il s’agisse d’un réalisateur moyen. En matière de pédocriminalité, on n’a pas le droit à la médiocrité. Faut pas déconner, ça se mérite le droit de violer. Mais un grand réalisateur, bah il a le droit. C’est tout. Le plaisir qu’on va tirer à regarder un film se situe bien au-dessus de nos soi-disant valeurs absolues selon lesquelles le viol, notamment sur mineure, c’est très mal.

    Ces gens me rappellent la réaction de certains catholiques face aux viols dans l’Église. Pour eux, la religion et l’Église sont des valeurs absolues, et ça leur est extrêmement difficile d’affronter les révélations des victimes. Le prêtre accusé est toujours décrit comme tellement gentil, serviable etc. Qu’est-ce qu’on peut se moquer de ces gens, les tourner en ridicule parce qu’ils sont obtus, aveugles, de mauvaise foi, qu’ils refusent de voir l’évidence, leur prêtre est pourri, leur Église est pourrie, c’est tout. Mais quand votre religion, c’est l’art, quand vos prêtres sont les artistes (et je n’écris rien de très neuf, le critique Paul Bénichou l’a analysé dans Le sacre de l’écrivain, et cela s’applique parfaitement aux cinéastes), eh bien là, brusquement, on a droit à des discussions quasi théologiques sur la suprématie de l’art, sur l’homme et l’artiste qu’il faudrait distinguer –soit, grosso modo, l’ancienne dichotomie entre l’âme et la chair. La chair est faible, mais l’âme est belle.

    Ce que dit de nous l’affaire Polanski, c’est qu’on s’en branle des violences sexuelles. Malgré tous nos beaux discours, la main sur le cœur, l’air dégoûté par ces monstres, en réalité, ça ne nous dérange pas tant que ça. Ça ne nous empêche ni de dormir, ni d’aller au cinoche. Tant qu’il ne s’agit pas de nos propres filles, évidemment.

    Les violences sexuelles sont partout dans notre société, à un degré sans doute largement sous-estimé, et quand on voit l’état actuel de l’affaire Polanski, on ne peut plus s’en étonner. Les violences sexuelles sont partout, parce qu’on les tolère, parce qu’on est complètement prêts à négocier avec elles, à négocier même une place de cinéma. Comme le faisait remarquer je ne sais plus qui sur Twitter, il faut peut-être différencier l’homme de l’artiste, mais ils ont tous les deux le même compte en banque. Eh bah, c’est pas grave.

    Dans notre société, on peut gagner le droit de violer. Il y aura toujours une pléthore de personnes pour vous trouver des excuses, pour minimiser, pour chipoter. On n’a qu’à dire qu’elles mentent toutes, qu’à 13 ans on peut parfaitement avoir très envie de se faire sodomiser par un homme de 43 ans, que de toute façon il a lui-même tellement souffert que ça lui donne bien le droit de s’autoriser quelques plaisirs, que c’était une autre époque (une époque où, malgré tout, le soir même, Samantha Geimer écrit dans son journal « il m’a violée, merde ! »), que ce qui compte vraiment, c’est l’art, ce sont les films, que tout ça, c’était il y a tellement longtemps, que ce sont de vieilles histoires.

    Ce qui n’est pas une vieille histoire, ce qui est extraordinairement d’actualité, c’est la culture du viol dans laquelle baigne notre société, cette culture que Valérie Rey-Robert a décryptée. Le présent, c’est notre infinie indulgence envers ces violences.

    Pourquoi pas ? Mais arrêtons d’être hypocrites. Assumons. Disons clairement les choses : dans notre culture, le viol est excusable. On ne demande pas aux hommes de ne pas violer. On leur demande de faire de belles œuvres. Pleines de sensibilité et d’intelligence. C’est notre valeur absolue à nous. On placera toujours la parole de l’accusé au-dessus de celle de la victime, tant pis pour elle, tant pis pour nous toutes et tous qui vivons dans cette société destructrice.

    Chez nous, mesdames et messieurs, l’art autorise tout. Amen.

    Titiou Lecoq pour Slate.fr
    #violophilie #culture_du_viol #déni

  • Le #Bangladesh veut-il noyer ses #réfugiés_rohingyas ?

    Confronté à la présence sur son territoire d’un million de réfugiés musulmans chassés de Birmanie par les crimes massifs de l’armée et des milices bouddhistes, Dacca envisage d’en transférer 100 000 sur une île prison, dans le golfe du Bengale, menacée d’inondation par la mousson. Ce projet vient relancer les interrogations sur le rôle controversé de l’Organisation des Nations unies en #Birmanie.
    Dans les semaines qui viennent, le gouvernement du Bangladesh pourrait transférer plusieurs milliers de réfugiés rohingyas, chassés de Birmanie entre 2012 et 2017, dans une #île du #golfe_du_Bengale menacée de submersion et tenue pour « inhabitable » par les ONG locales. Préparé depuis des mois par le ministère de la gestion des catastrophes et des secours et par la Commission d’aide et de rapatriement des réfugiés, ce #transfert, qui devrait dans un premier temps concerner 350 familles – soit près de 1 500 personnes – puis s’étendre à 7 000 personnes, devrait par la suite être imposé à près de 100 000 réfugiés.

    Selon les agences des Nations unies – Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et Organisation internationale pour les migrations (OIM) –, plus de 950 000 s’entassent aujourd’hui au Bangladesh dans plusieurs camps de la région de #Cox’s_Bazar, près de la frontière birmane. Près de 710 000 membres de cette minorité musulmane de Birmanie, ostracisée par le gouvernement de #Naypidaw, sont arrivés depuis août 2017, victimes du #nettoyage_ethnique déclenché par l’armée avec l’appui des milices villageoises bouddhistes.

    Les #baraquements sur #pilotis déjà construits par le gouvernement bangladais sur l’#île de #Bhasan_Char, à une heure de bateau de la terre ferme la plus proche, dans le #delta_du_Meghna, sont destinés à héberger plus de 92 000 personnes. En principe, les réfugiés désignés pour ce premier transfert doivent être volontaires.

    C’est en tout cas ce que les autorités du Bangladesh ont indiqué aux agences des Nations unies en charge des réfugiés rohingyas. Mais l’ONG régionale Fortify Rights, qui a interrogé, dans trois camps de réfugiés différents, quatorze personnes dont les noms figurent sur la liste des premiers transférables, a constaté qu’en réalité, aucune d’entre elles n’avait été consultée.

    « Dans notre camp, a déclaré aux enquêteurs de Fortify Rights l’un des délégués non élus des réfugiés chargé des relations avec l’administration locale, aucune famille n’accepte d’être transférée dans cette île. Les gens ont peur d’aller vivre là-bas. Ils disent que c’est une île flottante. » « Île qui flotte », c’est d’ailleurs ce que signifie Bhasan Char dans la langue locale.

    Les réfractaires n’ont pas tort. Apparue seulement depuis une vingtaine d’années, cette île, constituée d’alluvions du #Meghna, qui réunit les eaux du Gange et du Brahmapoutre, émerge à peine des eaux. Partiellement couverte de forêt, elle est restée inhabitée depuis son apparition en raison de sa vulnérabilité à la mousson et aux cyclones, fréquents dans cette région de la mi-avril à début novembre. Cyclones d’autant plus redoutés et destructeurs que l’altitude moyenne du Bangladesh ne dépasse pas 12 mètres. Selon les travaux des hydrologues locaux, la moitié du pays serait d’ailleurs submergée si le niveau des eaux montait seulement d’un mètre.

    « Ce projet est inhumain, a confié aux journalistes du Bangla Tribune, un officier de la marine du Bangladesh stationné dans l’île, dont l’accès est interdit par l’armée. Même la marée haute submerge aujourd’hui une partie de l’île. En novembre1970, le cyclone Bhola n’a fait aucun survivant sur l’île voisine de Nijhum Dwip. Et Bhasan Char est encore plus bas sur l’eau que Nijhum Dwip. » « Un grand nombre de questions demeurent sans réponses, observait, après une visite sur place en janvier dernier, la psychologue coréenne Yanghee Lee, rapporteure spéciale de l’ONU pour la situation des droits de l’homme en Birmanie. Mais la question principale demeure de savoir si cette île est véritablement habitable. »

    « Chaque année, pendant la mousson, ont confié aux enquêteurs de Human Rights Watch les habitants de l’île voisine de Hatiya, une partie de Bhasan Char est érodée par l’eau. Nous n’osons même pas y mettre les pieds. Comment des milliers de Rohingyas pourraient-ils y vivre ? » Par ailleurs, la navigation dans les parages de l’île est jugée si dangereuse, par temps incertain, que les pêcheurs du delta hésitent à s’y aventurer. Les reporters d’un journal local ont dû attendre six jours avant que la météo devienne favorable et qu’un volontaire accepte de les embarquer.

    À toutes ces objections des ONG, d’une partie de la presse locale et de plusieurs agences des Nations unies, le gouvernement bangladais répond que rien n’a été négligé. Une digue, haute de près de trois mètres et longue de 13 km, a été érigée autour de l’enclave de 6,7 km² affectée à l’hébergement des Rohingyas. Chacune des 120 unités de logement du complexe comprend douze bâtiments sur pilotis, une mare et un abri en béton destiné à héberger 23 familles en cas de cyclone et à recevoir les réserves de produits alimentaires. Conçus, selon les architectes, pour résister à des vents de 260 km/h, les abris pourront aussi être utilisés comme salles de classe, centres communautaires et dispensaires.

    Construit en parpaings, chaque bâtiment d’habitation contient, sous un toit de tôle métallique, seize chambres de 3,5 m sur 4 m, huit W.-C., deux douches et deux cuisines collectives. Destinées à héberger des familles de quatre personnes, les chambres s’ouvrent sur une coursive par une porte et une fenêtre à barreaux. Un réseau de collecte de l’eau de pluie, des panneaux solaires et des générateurs de biogaz sont également prévus. Des postes de police assureront la sécurité et 120 caméras de surveillance seront installées par la marine.

    Compte tenu des conditions de navigation très difficiles dans l’estuaire de la Meghna et du statut militarisé de l’île, la liberté de mouvement des réfugiés comme leur aptitude à assurer leur subsistance seront réduites à néant. « Bhasan Char sera l’équivalent d’une prison », estimait en mars dernier Brad Adams, directeur pour l’Asie de Human Rights Watch.
    Aung San Suu Kyi n’a pas soulevé un sourcil

    Aucun hôpital n’est prévu sur l’île. En cas d’urgence, les malades ou les blessés devront être transférés vers l’hôpital de l’île de Hatiya, à une heure de bateau lorsque le temps le permet. Faute de production locale, la quasi-totalité de l’alimentation devra être acheminée depuis le continent. La densité de population de ce complexe dont les blocs, disposés sur un plan orthogonal, sont séparés par d’étroites allées rectilignes, dépassera, lorsqu’il sera totalement occupé, 65 000 habitants au kilomètre carré, soit six fois celle du cœur de New York.

    On le voit, ce « paradis pour les Rohingyas », selon le principal architecte du projet, Ahmed Mukta, qui partage son activité entre Dacca et Londres, tient davantage du cauchemar concentrationnaire submersible que du tremplin vers une nouvelle vie pour les réfugiés birmans du Bangladesh. Ce n’est pourtant pas faute de temps et de réflexion sur la nature et la gestion du complexe. L’idée de transférer les réfugiés birmans sur Bhasan Char circulait depuis 2015 parmi les responsables birmans. À ce moment, leur nombre ne dépassait pas 250 000.

    Alimentés depuis 1990 par un chapelet de flambées de haine anti-musulmanes que le pouvoir birman tolérait quand il ne les allumait pas lui-même, plusieurs camps s’étaient créés dans la région de Cox’s Bazar pour accueillir les réfugiés chassés par la terreur ou contraints à l’exil par leur statut spécial. Musulmans dans un pays en écrasante majorité bouddhiste, les Rohingyas se sentent depuis toujours, selon l’ONU, « privés de leurs droits politiques, marginalisés économiquement et discriminés au motif de leur origine ethnique ».

    Le projet s’était apparemment endormi au fond d’un tiroir lorsqu’en août 2017, après la véritable campagne de nettoyage ethnique déclenchée par Tatmadaw (l’armée birmane) et ses milices, près de 740 000 Rohingyas ont fui précipitamment l’État de Rakhine, (autrefois appelé Arakan) où ils vivaient pour se réfugier de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh, auprès de leurs frères, exilés parfois depuis plus de vingt-cinq ans. En quelques jours, le nombre de Rohingyas dans le district de Cox’s Bazar a atteint un million de personnes et le camp de réfugiés de Kutupalong est devenu le plus peuplé de la planète.

    Nourrie par divers trafics, par le prosélytisme des émissaires islamistes, par la présence de gangs criminels et par l’activisme des agents de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) à la recherche de recrues pour combattre l’armée birmane, une insécurité, rapidement jugée incontrôlable par les autorités locales, s’est installée dans la région. Insécurité qui a contribué à aggraver les tensions entre les réfugiés et la population locale qui reproche aux Rohingyas de voler les petits boulots – employés de restaurant, livreurs, conducteurs de pousse-pousse – en soudoyant les policiers et en acceptant des salaires inférieurs, alors qu’ils ne sont officiellement pas autorisés à travailler.

    Cette situation est d’autant plus inacceptable pour le gouvernement de Dacca que Cox’s Bazar et sa plage de 120 km constituent l’une des rares attractions touristiques du pays.

    Pour mettre un terme à ce chaos, le gouvernement de Dacca a d’abord compté sur une campagne de retours volontaires et ordonnés des Rohingyas en Birmanie. Il y a un an, 2 200 d’entre eux avaient ainsi été placés sur une liste de rapatriement. Tentative vaine : faute d’obtenir des garanties de sécurité et de liberté du gouvernement birman, aucun réfugié n’a accepté de rentrer. Le même refus a été opposé aux autorités en août dernier lorsqu’une deuxième liste de 3 500 réfugiés a été proposée. Selon les chiffres fournis par le gouvernement birman lui-même, 31 réfugiés seulement sont rentrés du Bangladesh entre mai 2018 et mai 2019.

    Les conditions, le plus souvent atroces, dans lesquelles les Rohingyas ont été contraints de fuir en août 2017 et ce qu’ils soupçonnent de ce qui les attendrait au retour expliquent largement ces refus. Selon le rapport de la Mission d’établissement des faits de l’ONU remis au Conseil des droits de l’homme le 8 août 2019 [on peut le lire ici], les Rohingyas ont été victimes, un an plus tôt, de multiples « crimes de droit international, y compris des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ».

    Selon ce document, « la responsabilité de l’État [birman – ndlr] est engagée au regard de l’interdiction des crimes de génocide et des crimes contre l’humanité, ainsi que d’autres violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire ».

    Le rapport précise que « la mission a établi une liste confidentielle de personnes soupçonnées d’avoir participé à des crimes de droit international, y compris des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, dans les États de Rakhine, kachin et shan depuis 2011. Cette liste […] contient plus d’une centaine de noms, parmi lesquels ceux de membres et de commandants de la Tatmadaw, de la police, de la police des frontières et des autres forces de sécurité, y compris de fonctionnaires de l’administration pénitentiaire, ainsi que les noms de représentants des autorités civiles, au niveau des districts, des États et du pays, de personnes privées et de membres de groupes armés non étatiques. […] La liste mentionne aussi un grand nombre d’entités avec lesquelles les auteurs présumés de violations étaient liés, notamment certaines unités des forces de sécurité, des groupes armés non étatiques et des entreprises ».

    On comprend dans ces conditions que, rien n’ayant changé depuis cet été sanglant en Birmanie où Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, n’a pas levé un sourcil devant ces crimes, les Rohingyas préfèrent l’incertain chaos de leur statut de réfugiés à la certitude d’un retour à la terreur. Et refusent le rapatriement. Ce qui a conduit, début 2018, la première ministre bangladaise Sheikh Hasina à sortir de son tiroir le projet de transfert, en sommeil depuis 2015, pour le mettre en œuvre « en priorité ».

    Près de 300 millions de dollars ont été investis par Dacca dans ce projet, destiné dans un premier temps à réduire la population des camps où la situation est la plus tendue. Selon le représentant du gouvernement à Cox’s Bazar, Kamal Hossain, les opérations de transfert pourraient commencer « fin novembre ou début décembre ».

    Au cours d’une récente réunion à Dacca entre des représentants du ministère des affaires étrangères du Bangladesh et des responsables des Nations unies, les officiels bangladais auraient « conseillé » à leurs interlocuteurs d’inclure Bhasan Char dans le plan de financement de l’ONU pour 2020, sans quoi le gouvernement de Dacca pourrait ne pas approuver ce plan. Les responsables des Nations unies à Dacca ont refusé de confirmer ou démentir, mais plusieurs d’entre eux, s’exprimant officieusement, ont indiqué qu’ils étaient soumis « à une forte pression pour endosser le projet de Bhasan Char ».

    Interrogé sur la possibilité d’organiser le transfert des réfugiés sans l’aval des Nations unies, le ministre bangladais des affaires étrangères Abul Kalam Abdul Momen a répondu : « Oui, c’est possible, nous pouvons le faire. » La première ministre, de son côté, a été plus prudente. En octobre, elle se contentait de répéter que son administration ne prendrait sa décision qu’après avoir consulté les Nations unies et les autres partenaires internationaux du Bangladesh.

    L’un de ces partenaires, dont l’aide en matière d’assistance humanitaire est précieuse pour Dacca, vient de donner son avis. Lors d’une intervention fin octobre à la Chambre des représentants, Alice G. Wells, secrétaire adjointe du bureau de l’Asie du Sud et du Centre au Département d’État, a demandé au gouvernement du Bangladesh d’ajourner tout transfert de réfugiés vers Bhasan Char jusqu’à ce qu’un groupe d’experts indépendants détermine si c’est un lieu approprié. Washington ayant versé depuis août 2017 669 millions de dollars d’aide à Dacca, on peut imaginer que cette suggestion sera entendue.
    Les « défaillances systémiques » de l’ONU

    Les Nations unies sont pour l’instant discrètes sur ce dossier. On sait seulement qu’une délégation doit se rendre sur l’île les jours prochains. Il est vrai que face à ce qui s’est passé ces dernières années en Birmanie, et surtout face à la question des Rohingyas, la position de l’ONU n’a pas toujours été claire et son action a longtemps manqué de lucidité et d’efficacité. C’est le moins qu’on puisse dire.

    Certes l’actuel secrétaire général, António Guterres, a réagi rapidement et vigoureusement au sanglant nettoyage ethnique qui venait de commencer en Birmanie en adressant dès le 2 septembre 2017 une lettre au Conseil de sécurité dans laquelle il demandait un « effort concerté » pour empêcher l’escalade de la crise dans l’État de Rakhine, d’où 400 000 Rohingyas avaient déjà fui pour échapper aux atrocités.

    Mais il n’a pu obtenir de réaction rapide et efficace du Conseil. Il a fallu discuter deux semaines pour obtenir une réunion et 38 jours de plus pour obtenir une déclaration officielle de pure forme. Quant à obtenir l’envoi sur place d’une équipe d’observateurs de l’ONU en mesure de constater et dénoncer l’usage de la violence, il en était moins question que jamais : la Birmanie s’y opposait et son allié et protecteur chinois, membre du Conseil et détenteur du droit de veto, soutenait la position du gouvernement birman. Et personne, pour des raisons diverses, ne voulait s’en prendre à Pékin sur ce terrain.

    En l’occurrence, l’indifférence des États membres, peu mobilisés par le massacre de Rohingyas, venait s’ajouter aux divisions et différences de vues qui caractérisaient la bureaucratie de l’ONU dans cette affaire. Divergences qui expliquaient largement l’indifférence et la passivité de l’organisation depuis la campagne anti-Rohingyas de 2012 jusqu’au nettoyage ethnique sanglant de 2017.

    Incarnation de cette indifférence et de cette passivité, c’est-à-dire de la priorité que le système des Nations unies en Birmanie accordait aux considérations politiques et économiques sur la sécurité et les besoins humanitaires des Rohingyas, Renata Lok-Dessallien, la représentante de l’ONU en Birmanie depuis 2014, a quitté ses fonctions en octobre 2017, discrètement appelée par New York à d’autres fonctions, en dépit des réticences du gouvernement birman. Mais il était clair, à l’intérieur de l’organisation, qu’elle n’était pas la seule responsable de cette dérive désastreuse.

    Dans un rapport de 36 pages, commandé début 2018 par le secrétaire général et remis en mai dernier, l’économiste et diplomate guatémaltèque Gert Rosenthal, chargé de réaliser un diagnostic de l’action de l’ONU en Birmanie entre 2010 et 2018, constate qu’en effet, l’organisation n’a pas été à son meilleur pendant les années qui ont précédé le nettoyage ethnique d’août 2017 au cours duquel 7 000 Rohingyas au moins ont été tués, plus de 700 000 contraints à l’exil, des centaines de milliers d’autres chassés de leurs villages incendiés et enfermés dans des camps, le tout dans un climat de violence et de haine extrême [le rapport – en anglais – peut être lu ici].

    Selon Gert Rosenthal, qui constate des « défaillances systémiques » au sein de l’ONU, nombre d’agents des Nations unies ont été influencés ou déroutés par l’attitude de Aung San Suu Kyi, icône du combat pour la démocratie devenue, après les élections de 2015, l’alliée, l’otage et la caution des militaires et du clergé bouddhiste. C’est-à-dire la complice, par son silence, des crimes commis en 2017. Mais l’auteur du rapport pointe surtout la difficulté, pour les agences de l’ONU sur place, à choisir entre deux stratégies.

    L’une est la « diplomatie tranquille » qui vise à préserver dans la durée la présence et l’action, même limitée, de l’organisation au prix d’une certaine discrétion sur les obligations humanitaires et les droits de l’homme. L’autre est le « plaidoyer sans concession » qui entend faire respecter les obligations internationales par le pays hôte et implique éventuellement l’usage de mesures « intrusives », telles que des sanctions ou la menace de fermer l’accès du pays aux marchés internationaux, aux investissements et au tourisme.

    À première vue, entre ces deux options, le secrétaire général de l’ONU a fait son choix. Après une visite à Cox’s Bazar, en juillet 2018, il affirmait qu’à ses yeux, « les Rohingyas ont toujours été l’un des peuples, sinon le peuple le plus discriminé du monde, sans la moindre reconnaissance de ses droits les plus élémentaires, à commencer par le droit à la citoyenneté dans son propre pays, le Myanmar [la Birmanie] ».

    Il reste à vérifier aujourd’hui si, face à la menace brandie par Dacca de transférer jusqu’à 100 000 réfugiés rohingyas sur une île concentrationnaire et submersible, les Nations unies, c’est-à-dire le système onusien, mais aussi les États membres, choisiront le « plaidoyer sans concession » ou la « diplomatie tranquille ».

    https://www.mediapart.fr/journal/international/131119/le-bangladesh-veut-il-noyer-ses-refugies-rohingyas?onglet=full

    #réfugiés #asile #migrations #rohingyas #Bangladesh #camps_de_réfugiés

    ping @reka

    • Bangladesh Turning Refugee Camps into Open-Air Prisons

      Bangladesh Army Chief Gen. Aziz Ahmed said this week that a plan to surround the Rohingya refugee camps in #Cox’s_Bazar with barbed wire fences and guard towers was “in full swing.” The plan is the latest in a series of policies effectively cutting off more than 900,000 Rohingya refugees from the outside world. The refugees have been living under an internet blackout for more than 75 days.

      Bangladesh is struggling to manage the massive refugee influx and the challenges of handling grievances from the local community, yet there is no end in sight because Myanmar has refused to create conditions for the refugees’ safe and voluntary return. But fencing in refugees in what will essentially be open-air prisons and cutting off communication services are neither necessary nor proportional measures to maintain camp security and are contrary to international human rights law.

      Humanitarian aid workers reported the internet shutdown has seriously hampered their ability to provide assistance, particularly in responding to emergencies. The fencing will place refugees at further risk should they urgently need to evacuate or obtain medical and other humanitarian services.

      Refugees told Human Rights Watch the fencing will hinder their ability to contact relatives spread throughout the camps and brings back memories of restrictions on movement and the abuses they fled in Myanmar.

      The internet shutdown has already hampered refugees’ efforts to communicate with relatives and friends still in Myanmar, which is critical for gaining reliable information about conditions in Rakhine State to determine whether it is safe to return home.

      The Bangladesh government should immediately stop its plans to curtail refugees’ basic rights or risk squandering the international goodwill it earned when it opened its borders to a desperate people fleeing the Myanmar military’s brutal campaign of ethnic cleansing.

      https://www.hrw.org/news/2019/11/26/bangladesh-turning-refugee-camps-open-air-prisons
      #internet #barbelés #liberté_de_mouvement

  • Quantum Stealth “invisibility cloak” can conceal people and buildings
    https://www.dezeen.com/2019/11/07/hyperstealth-biotechnology-quantum-stealth-invisibility-cloak

    Canadian camouflage company Hyperstealth Biotechnology has patented the technology behind a material that bends light to make people and objects near invisible to the naked eye.


    This is made possible through something called a lenticular lens – a corrugated sheet in which each ridge is made up of a convex – or outward-curving – lens.

    https://youtu.be/VvX84o_e7vs?t=17

    #cape-d'invisibilité

  • Être noir à Sciences Po face au racisme de l’élite - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/societe/education/etre-noir-a-sciences-po-face-au-racisme-de-lelite

    À l’heure de conclure cette tribune, je prends péniblement conscience qu’en ce début de XXIe siècle, je suis obligé d’écrire pour réclamer l’égalité de traitement. J’ai grandi dans un pays magnifique doté d’idéaux superbes, mais chaque jour passé dans cet établissement m’a rappelé l’écart abyssal entre le principe et son application.

    #racisme #Sciences_po #racisme_institutionnel

  • Vigilant Floral Digital · Flavor Paper
    https://www.flavorpaper.com/wallpaper/patterns/digital/vigilant-floral


    #papier_peint

    At first glance a traditional floral, but upon deeper investigation you realize you’re not alone. You’re being watched. A fantastic take on today’s big brother culture, Dan uses security cameras to reveal how we have become impervious enough to the presence of cameras that we don’t even notice them immediately when in such a contradictory scenario such as this floral wallpaper. Birds and butterflies on razor is another less than subtle comment on humans entrap themselves and nature on a daily basis. Yet the serious nature of the commentary loses out to the overall humor behind the way the elements have been combined and that is exactly why Vigilant Floral is destined to become a classic. Pure Funderburgh for Flavor Paper mockery.

  • Prosper et Florencine
    2011
    Maéva Louis

    Prosper et Florencine, 86 ans, sont paysans dans un petit village des Pyrénées-Atlantiques. Ils n’ont jamais quitté leur campagne. Ce sont mes grands-parents maternels et j’ai réalisé ce film en immersion dans leur ferme, pour me rapprocher d’eux et fixer par l’image leur mode de vie d’un autre temps. Ce film a constitué mon mémoire de fin d’école de journalisme (Ijba), en 2011.

    https://www.youtube.com/watch?v=0yby9NYtAV8

  • Comment l’Etat français recrute les femmes au ministère de la culture -
    https://www.liberation.fr/france/2019/11/07/au-ministere-de-la-culture-les-entretiens-pervers-d-un-haut-fonctionnaire

    « J’ai uriné par terre, quasiment à ses pieds. J’étais humiliée et honteuse » : Claire (1) est l’ une des dizaines de femmes ayant passé un entretien d’embauche au ministère de la Culture avec Christian N., haut fonctionnaire du ministère de la Culture. Comme toutes celles qui ont subi ses agissements et que Libération a retrouvées, une question la hante : « Comment a-t-il pu faire autant de victimes, sans jamais être découvert ? » Dans cette affaire, les chiffres donnent le vertige. Entre 2009 et 2018, plus de 200 femmes - selon une liste qu’il a rédigée lui-même - ont été photographiées et/ou intoxiquées aux diurétiques, à leur insu, au ministère de la Culture puis à la direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Grand Est. Elles l’ont toutes été par l’ancien sous-directeur des politiques de ressources humaines au siège du ministère, situé rue de Valois, à Paris. Son but : les pousser à perdre le contrôle et à uriner devant lui.

    #travail #femmes #recrutement #emploi #violences_sexuelles #toilettes #empoisonnement #metoo

    A l’époque, la police, aussi, va refuser de s’intéresser à la situation. En 2015, Marie a tenté de porter plainte quelques semaines après son entretien avec Christian N. Sans savoir alors précisément quoi, la jeune femme est persuadée que quelque chose d’anormal s’est produit lors de la rencontre. Las. Dans un commissariat parisien, elle est éconduite : « Ils ne m’ont pas du tout prise au sérieux. Ils m’ont dit que c’était quelqu’un de haut placé et qu’on ne pouvait pas porter plainte comme ça. » Cette situation perdurera même après la révélation de l’affaire. En mai dernier, le Canard enchaîné publie le témoignage d’une victime sous le titre : « Le parquet saisi d’une histoire à se pisser dessus ». Choquées par cette formulation, plusieurs victimes se reconnaissent néanmoins dans les faits relatés par l’hebdomadaire et décident d’aller porter plainte. Claire a dû convaincre les policiers : « Ils minimisaient en disant que je n’allais pas porter plainte ou déposer une main courante pour avoir fait pipi. J’ai dû leur montrer l’article du Canard enchaîné pour qu’ils me reçoivent. »

    Face à ces difficultés et à l’impossibilité d’obtenir le soutien du ministère, Alizée s’est tournée vers Marlène Schiappa. En juin, la jeune femme l’interpelle sur Twitter. Le compte de soutien à la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, « Avec_Marlene », lui répond. Derrière ce pseudo, il y a une conseillère du cabinet (2). Dans un échange de textos que Libération a pu consulter, cette dernière promet à Alizée de l’aider en la mettant en lien avec Agnès Saal, haute fonctionnaire chargée de l’égalité et de la diversité au ministère de la Culture. Contactée par Libération, la conseillère n’a pas donné suite. « Depuis, elle ne m’a jamais recontactée. J’ai relancé le cabinet de Marlène Schiappa début juillet, mais ils ne me répondent plus du tout, regrette Alizée. Moi, je suis suivie psychologiquement, mais pour toutes les autres victimes, on fait quoi ? »

    #police #injustice #déni #omerta

    Le titre de cet article existe en plusieurs versions.
    Sur le papier « un sérial voyeur au ministère de la culture » #euphémisme
    Sur la version web « Au ministère de la Culture, les entretiens pervers d’un haut fonctionnaire ». #pornification
    #ligue_du_lol #male_gaze

    • « Ils m’ont dit que c’était quelqu’un de haut placé et qu’on ne pouvait pas porter plainte »

      Ca me rappel une remarque qu’a glissé Costa-Gavras interrogé sur Médiaprat à propos de #metoo et du cas de Adèle Haenel. Costa-Gavras a marmonné à un moment qu’on pouvait croire Adèle Haenel parceque c’était une jeune femme qui avait un césar. Même phénomène lorsqu’on a parlé de #MeToo au moment ou des star s’en sont emparées. Le tag existait bien avant, inventé par Tarana Burke en 2007 pour dénoncer les violences sexuelles, notamment à l’encontre des minorités visibles (et invisibiles médiatiquement). On limite toujours le phénomène au secteur du cinéma, à la limite c’est parfois un peu étendu au domaine aux arts, mais le lien avec ce qui se passe dans l’emploi n’est pas fait. Adele Haenel et les 200 victimes de Christian N c’est exactement le même problème.

      Costa-Gavras ce qui lui importe c’est qui a le Césare. Heureusement l’agresseur d’Adèle Haenel n’as pas de césare ni palme d’or. Il n’est pas Luc Besson alors on se fait une bonne conscience en se déchainant sur lui. Adèle Haenel fait versé de grosses larmes aux crocodiles mais les victimes de Besson laissent de glace, tout comme les minorités visibles qui utilisent #metoo depuis 2007. D’ailleurs Costa-Gavras et les medias mainstream font comme si Adèle Haenel était la première à parler en France.

      Ce matin je retrouve Marlène Schiappa qui déclare dans Marianne (rapporté par le parisien) ;

      "« Nous allons désormais expulser les citoyens étrangers condamnés pour violences sexistes ou sexuelles », a-t-il clamé auprès du magazine.

      « Ces violences ne sont excusables en aucun cas, y compris lorsqu’elles se produisent chez des populations en difficulté », souligne la ministre, qui avoue que sa proposition a suscité des débats en interne. Elle a pourtant été retenue lors du comité interministériel sur l’immigration piloté par Édouard Philippe.

      http://www.leparisien.fr/politique/tolerance-zero-schiappa-veut-faire-expulser-les-etrangers-condamnes-pour-

      (au passage je croi pas que Schiappa soit ministre et « a-t-il déclaré » est une coquille)
      –—
      Ce que je comprend c’est que c’est pas la violence le problème, en fait Schiappa s’en fiche des victimes de Christian N ou de Besson, ce qui compte c’est le niveau de hiérarchie de qui l’exerce et qui la subit. C’est un peu une évidence mais ca me frappe ces derniers jours.

      Peut être parceque cette semaine j’écoutais un cours sur le talent pendant que je dessine, pour essayé de comprendre pourquoi les discriminé·es en seraient autant dénué·es pour qu’on les voient et les entendent si peu.
      https://www.college-de-france.fr/site/pierre-michel-menger/course-2016-2017.htm
      Pierre-Michel Menger parle de la parabole des talents qui serait à la base de l’idée de mérite en occident.

      Évangile selon Matthieu, chapitre 25, versets 14 à 30 :

      D’après la traduction officielle liturgique de la Bible (source wikipédia).

      « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Parabole_des_talents#Texte_de_la_parabole_des_talents

      Alors si tu as 10 talents comme Polansky, le maitre te donnera tout, mais si tu as un seul talent comme une personne immigrée racisée, Jupiter et Schiappa en bons chrétiens, te jetterons dans les ténèbres extérieurs, pour y pleurer et grincer des dents, après t’avoir délesté de ton unique talent pour le filer à Polansky.

      #inversion_patriarcale #critique_de_la_valeur #talent #mérite #christianisme #ordolibéralisme

    • Pourquoi dans l’article son nom n’est pas cité en entier ?
      On trouve encore sa photo sur le site du ministère de la culture mais sa page a été supprimée.

    • Un commentaire qui développe les particularités sociales de Adèle Haenel -

      Un des enseignements de l’affaire Haenel, au-delà du décryptage des mécanismes de la violence sexuelle, est de mettre au jour les conditions sociales extrêmement improbables d’une telle prise de parole. Pourquoi le récit d’Adèle Haenel est-il audible/crédible (pour l’instant en tout cas), plus que ceux des autres femmes ayant dénoncé des agresseurs dans le monde du cinéma, y compris depuis l’émergence du mouvement MeToo ?
      –Parce que le rapport de force entre elle et son agresseur s’est inversé, comme elle le dit elle-même. Depuis les faits, elle est montée en puissance, alors que son pouvoir à lui n’a fait que s’amoindrir. Elle ne peut donc être vraiment suspectée de monter de toute pièce cette histoire pour attirer l’attention sur elle, ou pour gagner de l’argent. Elle dispose d’allié.e.s dans le cinéma français (surtout parmi les réalisatrices), et elle peut s’appuyer sur un réseau de soutiens plus étendu que lui. Le fait que tous les témoins cité.e.s dans le papier de Mediapart parlent à visage découvert (en « on »), fait tout à fait exceptionnel comme le souligne la journaliste Marine Turchi, en atteste.
      –Parce qu’elle est belle (et blanche, et conforme aux canons de la féminité bourgeoise), et qu’elle était déjà belle au moment des faits, les photos en attestent : elle échappe donc à la suspicion d’être trop repoussante pour avoir été agressée (contrairement à Nafissatou Diallo, cible de commentaires hallucinants sur son apparence physique, au moment de l’affaire DSK).
      –Parce que, les photos en attestent aussi, elle avait le corps d’une enfant au moment des faits, c’est sûr : on le voit car une dent définitive n’avait pas encore poussé et entravait son sourire enfantin, malgré les longues robes de soirée et le maquillage discret qu’elle portait lors des cocktails autour de la promotion du film. Elle ne peut pas être suspectée d’avoir joué la « Lolita » provocatrice (contrairement à la victime de Roman Polanski, âgée de 13 ans au moment des faits, déjà « formée » et « aguicheuse », comme l’ont répété à l’envi les commentateurs autorisés). Ce d’autant qu’elle est issue d’une famille de classe moyenne supérieure, un milieu dans lequel les normes de la féminité, à cet âge, mettent fortement à distance les marqueurs de la séduction. Cela se voit, aussi, sur les photos.
      –Parce qu’elle est soutenue par une enquête journalistique d’une très grande qualité, précise, rigoureuse, de long cours.
      –Parce que, en plus de son témoignage, des documents viennent fortement conforter son récit (des lettres datant du milieu des années 2000, conservées par Adèle Haenel, dans lesquelles Christophe Ruggia lui déclare l’amour « lourd à porter » qu’il lui a porté au cours des années précédentes – alors qu’elle avait 12-13 ans).
      –Parce qu’elle dispose des ressources intellectuelles et politiques nécessaires pour désingulariser son cas et dénoncer des rapports de force systémiques, en se prémunissant ainsi (pour l’instant…) contre les classiques accusations d’hystérie et de chasse aux sorcières.
      Ce sont des conditions socialement très improbables. Adèle Haenel elle-même dit qu’une des raisons pour lesquelles elle porte ce récit dans l’espace public est qu’elle se sent en position (et en devoir) de parler au non de toutes celles qui ne peuvent être entendues - qu’elles parlent ou pas. Les conditions socialement très improbables de la crédibilité des récits de violence sexuelle par les victimes : voilà ce qu’on doit garder en tête à chaque fois que nous parvient le récit d’une femme qui dit avoir été victime de violences sexuelles, dans le cinéma ou ailleurs.

      https://www.facebook.com/laure.ber.7/posts/10156975786138737

    • Diurétiques : nouvelles victimes et ministère de la Culture aux abonnés absents

      depuis l’enquête de Libération, rien de nouveau n’a été annoncé par le ministère de la Culture. Interrogé vendredi sur Europe 1, le ministre de la Culture, Franck Riester, s’est déclaré atterré par « cette histoire complètement folle ». « La justice va prendre les décisions qui s’imposent », ajoutait-il sans évoquer ni l’ouverture d’une enquête interne ni même la mise en place d’une procédure pour recenser ou aider les victimes. « A aucun moment le ministère ne s’est rapproché de celles qui étaient sur le fameux tableau Excel de Christian N. pour donner une quelconque info, voire un accompagnement », constate aujourd’hui un salarié du ministère qui souhaite rester anonyme. En interne, on dit même « n’avoir jamais vu la couleur de la cellule d’écoute ».

      Ce statu quo a poussé les syndicats à écrire ce mercredi matin à tous les personnels du ministère. Dans ce mail interne, signé par 7 syndicats (dont la CGT, la CFDT et la Snac-FSU), ils demandent d’« en finir avec l’omerta et l’impunité des violences hiérarchiques dans la fonction publique ». Ils dénoncent par ailleurs « une situation systémique au ministère de la Culture […] où la couverture des actes de violence et d’abus de pouvoir est favorisée par un système hiérarchique vertical violent et rigide » et demandent « la protection fonctionnelle pour les victimes de Christian N. », « une enquête ministérielle approfondie » et « le retrait immédiat des labels Egalité et Diversité décernés au ministère de la Culture ».

      https://www.liberation.fr/france/2019/11/13/diuretiques-nouvelles-victimes-et-ministere-de-la-culture-aux-abonnes-abs

  • On a découvert les mécanismes probables de l’addiction, et ce n’est pas ce que vous pensez, HuffPost, by Johann Hari
    https://www.huffingtonpost.fr/johann-hari/causes-addictions-drogues_b_6643266.html

    Par l’auteur de Chasing the Scream : The First And Last Days of the War on Drugs (2015)

    Dans leur grande majorité, les rats qui menaient la belle vie n’étaient pas attirés par l’eau additionnée d’héroïne. Ils buvaient en moyenne un quart de ce que les sujets isolés consommaient, et ne développaient pas de dépendance. Aucun n’y succombait. A l’inverse, les rats isolés ou malheureux devenaient rapidement accro.

  • Wait a Minute. How Can They Afford That When I Can’t ? - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/11/06/your-money/financial-security-envy.html

    So, why does this matter? What if we don’t know where our neighbors got the money for that new deck? Few would want everyone’s financial status to be transparent.

    pendant ce temps en Norvège : Chaque Norvégien peut connaître la fortune de son voisin ou les revenus de son collègue
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/11/06/en-norvege-il-est-possible-de-connaitre-la-fortune-d-un-voisin-ou-les-revenu

    #revenus #fortune #secret

  • Katerra, la start up américaine qui ubérise le bâtiment
    https://www.batiactu.com/edito/katerra-start-up-americaine-qui-uberise-batiment-57920.php

    « Ils ont donc réinventé le schéma de construction de A à Z en intégrant totalement l’ensemble des étapes, de la conception à la production, en passant pas l’ingénierie : le bâtiment est ainsi livré clé en main au maître d’ouvrage. » Autrement dit, au lieu du modèle classique partant d’une collaboration entre toute une série d’acteurs indépendants de l’amont à l’aval, Katerra maîtrise toute la chaîne et en tire assez logiquement des gains en terme d’efficacité et de logistique.

    Katerra s’oppose à l’idée fréquente selon laquelle dans la construction, chaque bâtiment serait un prototype.

    Katerra estime par ailleurs qu’il vaut mieux créer ses propres produits que d’utiliser des produits existants manufacturés, qui ne correspondent manifestement pas aux quatre critères qui lui paraissent indispensables : qualité du design, fiabilité, ergonomie et aspect économique.

    Les chiffres témoignant de sa croissance donnent le tournis : de 15 projets en 2017, Katerra est passé à 700 aujourd’hui.

    Katerra disposerait de sept milliards de dollars de commandes...

    Une sorte d’#Ikea du batiment ?
    #construction #architecture