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Fil d’actualités Covid19-Migration-santé (veronique.petit@ird.fr) relié à CEPED-MIGRINTER-IC MIGRATIONS.

  • « Les enfants ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas avec leur papa » : Amy, séparée de son mari aux Canaries - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/57852/les-enfants-ne-comprennent-pas-pourquoi-ils-ne-sont-pas-avec-leur-papa

    « Les enfants ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas avec leur papa » : Amy, séparée de son mari aux Canaries
    Par Marlène Panara
    Après une périlleuse traversée de l’océan Atlantique, Amy et sa famille ont atteint l’archipel des Canaries. Mais peu après leur arrivée, la famille originaire du Sénégal est séparée, le temps d’effectuer des tests de paternité. Une séparation très difficile pour les trois enfants du couple. Témoignage.
    Amy* a pris la mer en Mauritanie pour les Canaries en mars, il y a trois mois. Après une périlleuse et difficile traversée, qu’elle ne souhaite pas évoquer, la jeune Sénégalaise débarque à El Hierro, à l’ouest des Canaries, avec sa petite sœur, son mari et leurs trois enfants de 9, 5 et 1 an et demi. Elle attend, depuis, d’être transférée avec sa famille sur le continent européen.
    "Après un mois à El Hierro, on a tous été emmenés à Las Palmas [sur l’île de Grande Canarie, ndlr]. C’est là que mon mari et moi avons été séparés. Avec les enfants et ma sœur, on vit dans le centre géré par Cruz Blanca. Mon mari, lui, est dans celui de la Croix-Rouge. Les deux structures sont séparées par un grillage.La journée, on peut sortir, alors on se voit dans un petit parc dehors. C’est la seule façon d’être ensemble, car quand on se parle à travers le grillage, les gens du centre nous disent d’arrêter, que c’est interdit.
    C’est très difficile de ne pas être ensemble dans le centre. Les enfants ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas avec leur papa le soir, ou quand ils vont se coucher. Ils n’ont pas l’habitude.
    Une fois aux Canaries, les familles sont soumises à des tests ADN pour vérifier leur lien de parenté, d’après la Croix-Rouge espagnole. Le but : vérifier que les mineurs voyagent bien avec des membres de leur famille. Si un enfant voyage avec une autre personne que ses parents, des exceptions peuvent être faites, avec l’aide d’un assistant social. Ces procédures peuvent prendre plusieurs semaines.
    J’ai fait une demande de regroupement familial. J’ai tout raconté à l’assistante sociale, on a fait un dossier, et des tests ADN. Mais depuis, je n’ai aucune réponse. On me demande aussi de prouver que ma sœur est bien ma sœur. En plus des tests ADN, j’ai donné des photos de ses fêtes d’anniversaire. J’espère qu’on va nous croire. On ne s’attendait pas à ça, car on est arrivé ensemble. Avant de venir ici, on vivait tous dans la même maison en Mauritanie. J’ai quitté le Sénégal avec mon mari en 2018, pour fuir mon père violent. J’ai pris ma petite sœur avec moi, pour nous sauver.
    InfoMigrants recueille régulièrement des témoignages de femmes migrantes ayant quitté leur pays pour fuir un entourage familial violent. Marie, une Ivoirienne de 22 ans, a fui la Côte d’Ivoire et sa famille musulmane, qui voulait la contraindre à un mariage forcé et à une mutilation génitale. « J’ai même eu peur qu’ils me tuent si je persistais dans ma relation avec un non musulman », avait-elle raconté.
    En Mauritanie, la vie n’était pas trop difficile, mais je voulais une autre éducation pour mes enfants. Je veux qu’ils fassent des études en français, c’est mieux pour leur avenir. Moi je ne voulais pas prendre la mer, mais on n’avait pas d’autres solutions pour aller en Europe. Et rentrer au Sénégal, c’était hors de question. C’est trop dangereux pour moi et ma famille.
    Le temps est si long ici. Je m’inquiète, j’ai peur qu’on soit séparés encore longtemps. Quand je demande des nouvelles de mon dossier, on me dit à chaque fois : ‘Il faut attendre’, ‘on vous tiendra au courant’. Je suis fatiguée.Et pendant ce temps, mes enfants ne vont pas à l’école. Ils jouent parfois avec les autres dans le centre, mais ils s’ennuient quand même un peu, on fait toujours la même chose. Parfois, je me mets dans un coin et je pleure. Je regrette, je me dis que je n’aurais jamais dû venir ici. Et puis je sèche mes larmes, et je me dis que ça va aller."

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#canaries#mauritanie#senegal#regourpementfamilial#testADN#politiquemigratoire#routemigratoire#famille#mineur#sante

  • Dunkerque : une plainte déposée à la suite de la découverte d’un liquide bleu dans une cuve d’eau potable à destination des migrants
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/21/dunkerque-une-plainte-deposee-a-la-suite-de-la-decouverte-d-un-liquide-bleu-

    Dunkerque : une plainte déposée à la suite de la découverte d’un liquide bleu dans une cuve d’eau potable à destination des migrants
    L’association britannique Roots a déposé plainte après avoir découvert de l’eau souillée dans une citerne destinée aux exilés du campement de Loon-Plage.
    Le Monde avec AFP
    Une plainte a été déposée après la découverte d’un liquide bleu dans une cuve d’eau potable mise à disposition des migrants par une ONG dans un campement de Loon-Plage, près de Dunkerque, a appris l’Agence France-Presse vendredi 21 juin auprès d’associations. Ce liquide a été retrouvé le 14 juin, a fait savoir l’ONG britannique Roots, qui vient en aide aux migrants présents sur le littoral du nord de la France dans l’attente d’une tentative de traversée vers l’Angleterre, confirmant une information de Libération. L’association a porté plainte. Roots précise avoir donné aux gendarmes un échantillon du liquide pour qu’il soit analysé. Christopher, un bénévole de Roots, évoque une odeur chimique et mentholée, comme celle d’un produit ménager.
    « C’était un acte volontaire, dont on ne connaît pas la finalité mais, dans tous les cas, l’intention était de nuire », assène auprès de Libération Thomas Chambon, chargé de mission des maraudes sur le littoral pour l’association Utopia 56. La cuve est placée à l’écart du camp, à la jonction de deux routes de campagne. Pour la remplir, il faut se hisser et dévisser un gros bouchon au sommet de la citerne de 1 000 litres, selon nos confrères. Les membres de Roots avaient déjà retrouvé la citerne percée à coups de couteau.
    Médecins du monde explique à Libé qu’« on voit beaucoup des cas de gale. Des femmes présentent des infections urinaires, surtout l’été. Elles limitent leur consommation d’eau, en lien avec l’absence de toilettes dignes et sécurisées. » Sans compter l’impossibilité de se laver correctement.
    D’après Claire Millot de l’association Salam, qui distribue des repas aux exilés dans ce secteur, 300 à 400 personnes vivent actuellement sur ce vaste campement. Un point d’eau y a été installé par la communauté urbaine de Dunkerque à la suite de la grève de la faim d’un bénévole de l’association à la fin de 2023. L’amélioration de l’accès à l’eau des migrants était l’une des revendications, mais, selon Claire Millot, d’autres points d’eau qui devaient être installés ne l’ont pas été. L’association Roots, non mandatée par l’Etat, dispose et remplit des cuves d’eau potable sur le campement pour permettre aux migrants de boire, cuisiner et se laver.« Là, c’était un liquide bleu, donc les gars ne l’ont pas bu mais cela aurait été incolore et un poison, même un poison pas très violent qui donne juste mal au ventre, dans les conditions sanitaires dans lesquelles ils vivent, cela aurait pu être dramatique », s’alarme Mme Millot. Ce type d’actes sur le campement de Loon-Plage est, selon elle, « une première », mais elle craint que ce type de faits ne « se multiplient ».
    A Calais, une cuve d’eau de l’organisation Calais Food Collective avait été retirée par la mairie en août 2023, les associations dénonçant une nouvelle tentative d’« entrave à l’aide humanitaire ». L’énième épisode d’une guerre d’usure de longue date menée par la ville dirigée par la maire Natacha Bouchart (Les Républicains) contre les « points de fixation » des personnes exilés. En 2021, Calais Food Collective dénonçait le harcèlement quasi quotidien des services de la ville, de la préfecture et de la police : « 3 février, cuve enlevée par la police ; 8 février, cuve volée par police (…) ; 13 juin, de l’essence est répandue autour de la cuve (…) 21 août, cuve détruite au même moment qu’une opération de CRS ; (…) 4 septembre, urine et bris de verre sur une cuve ».
    L’association Utopia 56 souligne, pour sa part, que l’accès à l’eau est un droit fondamental et que deux personnes migrantes sont mortes noyées, en 2022 et 2023, « dans un canal en souhaitant se laver par manque d’accès à l’eau sur le campement [de Loon-Plage] ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’il faut entre 50 et 100 litres d’eau par personne et par jour pour répondre aux besoins de base. A Calais, selon un rapport conjoint du collectif d’ONG Coalition eau et de l’association Solidarités International, datant de 2022, les exilés sur place disposaient en moyenne d’à peine 4,9 litres par jour.

    #Covid-19#migrant#migration#france#calais#humanitaire#campement#sante

  • Cinq migrants retrouvés morts dans une embarcation au large des Canaries - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/57905/cinq-migrants-retrouves-morts-dans-une-embarcation-au-large-des-canari

    Cinq migrants retrouvés morts dans une embarcation au large des Canaries
    Par La rédaction Publié le : 20/06/2024
    Les sauveteurs espagnols ont retrouvé mercredi soir cinq corps dans un canot de migrants au large de l’île canarienne de Tenerife. Trois cadavres ont été récupérés par les forces espagnoles mais deux autres ont été laissés dans l’embarcation à la dérive, les mauvaises conditions météorologiques rendant les opérations difficiles. Par ailleurs, 68 exilés du même bateau ont pu être secourus.
    La route migratoire reliant l’ouest de l’Afrique à l’archipel espagnol des Canaries continue de faire des victimes. Mercredi 19 juin dans la soirée, cinq corps de migrants ont été retrouvés par les autorités espagnoles dans une embarcation à la dérive à environ 800 km au sud de l’île de Tenerife, ont indiqué les sauveteurs sur X (ex-Twitter).
    La pirogue, partie de Gambie, a été repérée dans l’après-midi par un bateau commercial en route vers le Brésil. L’équipage a prévenu les Espagnols, qui ont rejoint le canot en détresse. Soixante-huit personnes ont été prises en charge par les sauveteurs puis ramenés aux Canaries, et trois corps récupérés. Mais les deux autres ont dû être laissés à bord de l’embarcation de fortune, qui continuait à dériver, en raison des mauvaises conditions météorologiques dans la zone, précisent les sauveteurs espagnols.
    Ce nouveau drame illustre l’augmentation des arrivées de migrants aux Canaries enregistrée ces dernières semaines. Et le mois de juin est particulièrement dense. Du 1er au 15 juin, 1 860 personnes ont débarqué dans l’archipel, contre 1 135 pour l’ensemble du mois de mai, selon les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur publiés lundi 17 juin.
    Depuis le début de l’année 2024, le nombre de débarquements aux Canaries connait un nouveau record. Entre le 1er janvier et la mi-juin, près de 19 000 migrants à bord de 290 canots sont arrivés dans ces îles espagnoles, contre près de 6 000 répartis dans 126 embarcations à la même période de l’an dernier.
    En 2023 déjà, les débarquements avaient explosé dans la région : près de 40 000 migrants étaient arrivés aux Canaries, soit plus du double du chiffre enregistré l’année précédente et plus même qu’en 2006, année de la « crise des cayucos », lors de laquelle près de 32 000 personnes avaient débarqué.Depuis 2018, les exilés tentent de rejoindre l’Espagne via les Canaries, en traversant l’Atlantique afin d’éviter les contrôles renforcés plus au nord, en Méditerranée. Si pendant longtemps les migrants prenaient la mer depuis les plages marocaines pour atteindre l’archipel espagnol, désormais ils n’hésitent plus à tenter leur chance plus au sud.
    Ainsi, en 2023, la majorité des départs ont eu lieu depuis les rives sénégalaises, distantes d’environ 1 500 km des Canaries. Et depuis janvier, on constate une recrudescence des tentatives de traversée depuis la Mauritanie.
    Mais beaucoup d’embarcations ne parviennent jamais à toucher les côtes espagnoles. Les forts courants et les vents violents fréquents dans cette partie de l’Atlantique peuvent provoquer des naufrages ou faire dériver les frêles canots, souvent surchargés et pas adaptés pour entreprendre une telle traversée. Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, entre janvier et mai 2024, plus de 4 800 personnes ont perdu la vie dans cette zone maritime, soit une personne décédée toutes les 45 minutes. Un chiffre en nette augmentation : Caminando Fronteras avait comptabilisé 6 800 décès sur cette même route pour l’ensemble de l’année 2023.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#canaries#espagne#routemigratoire#atlantique#mortalite#sante

  • Nord de la France : à l’approche des législatives, une poussée d’actes anti-migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/57942/nord-de-la-france--a-lapproche-des-legislatives-une-poussee-dactes-ant

    Nord de la France : à l’approche des législatives, une poussée d’actes anti-migrants
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 21/06/2024
    Dans le nord de la France où le Rassemblement national a obtenu des scores élevés aux élections européennes, les associations d’aide aux migrants se disent vigilantes. Elles dénoncent une libération de la parole et des actes racistes contre les populations exilées. Déjà plusieurs incidents ont été recensés ces derniers jours.
    Claire Millot, la vice-présidente de l’association d’aide aux migrants Salam, ne décolère pas. « Mme Bouchard [la maire de Calais] fait peur depuis des années aux gens : ’Vos enfants sont en danger’. Mais en danger de quoi ? », enchaîne-t-elle. « Les migrants ne vont pas partir avec un gamin sous le bras ! C’est irresponsable de tenir ce genre de propos. Et maintenant, regardez la situation… »
    La situation à laquelle fait référence la bénévole se passe à 50 km de là, à Dunkerque, plus précisément, dans le campement de Loon-Plage où survivent des centaines de migrants. Dans la nuit du 13 au 14 juin, la cuve qui alimente en eau potable les exilés a été volontairement contaminée par un agent étranger. Un liquide bleu s’en échappait au petit matin."Il y avait comme un goût sucré nous ont dit les témoins. Ce ne sont pas les autorités qui sont responsables de ça, on pense plutôt à un acte isolé", continue Claire Millot. Une plainte a été déposée et un flacon est parti en analyse. « Je ne pense pas, je n’espère pas, que ce soit du poison… Mais quand bien même, le message est clair », s’attriste Claire Millot. « Pas besoin de vous l’expliquer... Oui, on a peur de ces actes racistes, on a peur de ce que certains peuvent faire aux exilés ».
    Dans le nord de la France, entre Calais et Dunkerque notamment, où patientent depuis des années des milliers de migrants rêvant d’Angleterre, les relations entre immigrés et locaux se sont progressivement dégradées. L’extrême droite s’est enracinée peu à peu sur ce territoire, devenu, pour les cadres du Rassemblement national (RN), le symbole d’une « immigration incontrôlée ». Calais en est l’illustration : la ville a crédité Marine le Pen, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, de 57 % des voix à l’élection présidentielle de 2017. Cinq ans plus tard, elle lui a accordé 61 % des suffrages. Même envolée pour les européennes. De 41% en 2019, Jordan Bardella, le président du RN, a raflé plus de 50% au scrutin de 2024 à Calais.
    Une percée de l’extrême droite et une libération de la parole raciste qui poussent les associations à plus de vigilance dans leur déplacement et dans la protection des migrants. « J’ai reçu des témoignages de personnes exilées qui ont reçu des jets d’eau de javel, à un arrêt de bus, le soir de la dissolution [le 9 juin, ndlr] », explique Juliette Delaplace, du Secours catholique à Calais. « Un autre m’a dit qu’il s’était fait jeter dessus une bombe à eau, avec un liquide sale à l’intérieur », continue-t-elle.D’autres militants évoquent encore un caillassage devant les locaux du Secours catholique. Une voiture a ralenti à proximité de l’association et des individus ont jeté des projectiles contre des exilés qui se trouvaient sur le trottoir.
    « Depuis deux semaines, nous notons qu’il y a des incidents… », renchérit Pierre Roque de l’association l’Auberge des migrants. « Et nous pensons que ces incidents sont liés à des électeurs RN, des électeurs qui estiment avoir gagné par avance. Cela serait bizarre de pas faire le lien avec les élections législatives, non ? » "C’est triste, précise-t-il. Ce sont sûrement des gens qui, parce qu’elles ont un fort sentiment de déclassement, se retournent sur les personnes encore plus précaires qu’elles". Dans la même semaine, les murs d’un ancien squat d’exilés à Calais ont également été recouverts de tags racistes. Sur une photo consultée par InfoMigrants, on distingue des messages écrits en noir sur un mur blanc. « Leave or Burn » (Partez ou brûlez) peut-on lire sur l’une d’entre elles. Ou encore : « À bas la tyrannie migratoire ».
    « On savait que ça arriverait un jour… », commente Claire Millot, de Salam. « Je milite dans le nord depuis des années, je n’ai jamais craint les violences de ce genre. Mais maintenant, je fais davantage attention », confesse-t-elle. « Je vérifie que ma maison ne soit pas taguée quand je pars de chez moi, que ma messagerie n’héberge pas de mails d’insultes. Parce que je sais, que maintenant, ça pourrait arriver ».L’association Utopia 56 dit se tenir sur ses gardes aussi. « C’est pas nouveau de faire face à l’extrême droite. On a déjà eu des dégradations de nos locaux, de nos véhicules », développe Charlotte Kwantes, coordinatrice nationale de l’association, à Paris. « On craignait l’amplification de ce phénomène avec le score du RN... Et il n’a pas fallu plus d’une semaine avant que des actes hostiles arrivent et ça, c’est hyper inquiétant. On craignait des menaces, on est face à des passages à l’acte ».
    Jordan Bardella a annoncé que s’il devenait Premier ministre au mois de juillet en cas de victoire aux élections législatives anticipées, « la question de l’immigration et du contrôle des frontières » serait « l’une de ses priorités ». Au programme : une « loi d’urgence » qui aura notamment vocation à faciliter et accélérer les expulsions. Elle permettrait aussi de supprimer le droit du sol et l’aide médicale d’Etat (AME).

    #Covid-19#migrant#migration#france#election#extremedroite#politique#calais#humanitaire#sante#violence

  • Syndromes respiratoires et cas de décès de certains pèlerins : Vers une nouvelle explosion des cas de Covid-19
    https://www.dakaractu.com/Syndromes-respiratoires-et-cas-de-deces-de-certains-pelerins-Vers-une-nou

    Syndromes respiratoires et cas de décès de certains pèlerins : Vers une nouvelle explosion des cas de Covid-19
    La maladie de la Covid-19 fait-elle sa « réapparition » au Sénégal ? Une baisse des cas positifs etait notés mais on ne peut pas parler de « sa disparition » du territoire sénégalais parce que jusque là, aucun service du ministère de la santé n’a informé sur « l’éradication définitive » de cette maladie qui a commencé ses ravages en 2019 dans une province en Chine . C’est un relâchement des sénégalais qui a été certes noté avec le non-respect des mesures sanitaires qui avaient été établies. En effet, sur certains pèlerins revenant de La Mecque, les symptômes ont commencé, après examen de routine, été détectés ( fièvre, toux, difficultés respiratoires etc… ) Des signes ressemblant à ceux de la Covid-19 certes, mais est-ce suffisant pour dire que réellement, c’est la Covid-19 ? En tout, tout ces signes portent à croire qu’il s’agirait d’une « résurgence » de la maladie. En effet, le ministre de la santé et de l’action sociale donne plus de détails sur ce qui est arrivé à ces pèlerins déjà dépistés.
    Ce qui reste préoccupant pour les autorités sanitaires du Sénégal, c’est cette vague de pèlerins venant de La Mecque qui montrent des signes de la maladie. Après les premiers tests sur plusieurs pèlerins, des cas positifs au coronavirus ont été confirmés. Le ministre de la santé et de l’action sociale, Ibrahima Sy qui s’est déplacé à l’aéroport international Blaise Diagne a fait le constat : « Nous avons été informés des cas de décès de certains pèlerins à La Mecque. Au début, nous avions pensé que cette situation était due à cette vague de chaleur. Mais on s’est rendu compte qu’il y’a un syndrome respiratoire avec les cas de décès. On s’est dit qu’il est préférable de prendre les dispositions au retour des pèlerins pour faire le dépistage des pèlerins. Il y’a d’ailleurs des cas de Covid-19 qui ont été détectés. Nous sommes en train de leur fournir l’information pour que leurs familles puissent prendre les dispositions ». Le Sénégal se dirige-t-il de nouveau vers des jours sombres comme cela l’a été particulièrement en 2020 ? l’autorité a déjà informé sur les dispositions à prendre concernant le respect des mesures sanitaires

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#lamecque#pelerinage#sante

  • Serge Slama, juriste : « Si les politiques et les lois du RN sont contraires au caractère républicain de nos institutions, il pourra être nécessaire de désobéir »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/23/serge-slama-juriste-si-les-politiques-et-les-lois-du-rn-sont-contraires-au-c

    Serge Slama, juriste (Serge Slama est professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes, membre du Centre de recherches juridiques et chercheur affilié à l’Institut Convergences Migrations. Il a notamment publié Les Discriminations selon l’origine (La Documentation française, 2009) : « Si les politiques et les lois du RN sont contraires au caractère républicain de nos institutions, il pourra être nécessaire de désobéir »
    Si le Rassemblement national (RN) obtient, aux législatives des 30 juin et 7 juillet, une majorité absolue à l’Assemblée nationale, il pourra appliquer une partie de son programme législatif. Quelles sont, en matière de droits des étrangers, les mesures qui représenteraient la rupture la plus forte ? Depuis l’avènement du Front national, dans les années 1980, les fondamentaux de ce parti d’extrême droite n’ont guère varié en matière d’immigration et d’asile : préférence nationale dans l’accès à certains emplois, à l’aide sociale et au logement social ; remise en cause du droit du sol et des droits des binationaux ; suppression de l’aide médicale de l’Etat ; réduction drastique de l’immigration légale, des régularisations de sans-papiers et restrictions au droit d’asile ; limitation du regroupement familial ; expulsion systématique des étrangers jugés « indésirables », réinstauration de frontières nationales en sus des frontières « Schengen »…
    Ces propositions sont en rupture radicale avec les principes républicains – égalité, fraternité, droit d’asile constitutionnel –, mais aussi avec les droits et libertés fondamentaux « garantis à tous ceux qui résident sur le territoire de la République », pour reprendre l’expression utilisée par le Conseil constitutionnel depuis 1993. Elles sont aussi, pour nombre d’entre elles, contraires à nos engagements internationaux et européens. Le Rassemblement national en est d’ailleurs conscient, puisque son groupe à l’Assemblée a déposé, le 25 janvier, une proposition de loi constitutionnelle visant à faire prévaloir la loi française sur le droit européen – ce qui constituerait un véritable « Frexit » juridique.
    La mise en œuvre d’un système de préférence nationale serait, selon les juristes, censurée par le Conseil constitutionnel. Si le RN souhaite l’appliquer, l’affrontement avec les Sages est-il inéluctable ?
    Comme l’a dit Laurent Fabius, le président du Conseil constitutionnel, dans Le Monde [le 6 mai], la préférence nationale « appliquée de façon systématique est contraire à la Constitution ». Dans une décision du 11 avril, le juge constitutionnel a, en effet, écarté une proposition de référendum d’initiative partagée des parlementaires Les Républicains qui imposait aux étrangers non européens des durées de résidence pour un large éventail de prestations sociales : elle a été jugée contraire à la Constitution.
    Si un gouvernement RN tentait, malgré tout, de mettre en œuvre une telle politique de manière systématique, il se heurterait à un premier écueil : la censure du Conseil constitutionnel. Il promet certes une révision de la Constitution, mais il se heurterait alors à un second écueil : il lui faudra obtenir à la fois l’accord du Sénat et de l’Assemblée nationale et la convocation, par le président de la République, d’un congrès ou d’un référendum – ce qui ne sera pas facile.
    Il y a une autre voie : un gouvernement RN pourrait être tenté de jouer le peuple contre le droit pour défier les institutions et essayer, en bafouant ouvertement l’Etat de droit, de surmonter les décisions constitutionnelles – dans certains milieux juridiques, on entend de plus en plus, ces dernières années, cette « petite musique ». La grande constance des gouvernements d’extrême droite est de pervertir les institutions, comme on l’a vu en Pologne, en Hongrie, au Brésil ou dans l’Amérique de Donald Trump.
    Si le RN n’obtient pas la majorité absolue, il pourrait former, s’il obtient un groupe parlementaire important, un gouvernement minoritaire, comme ceux d’Elisabeth Borne et de Gabriel Attal. Dans ce cas, il aurait du mal à faire adopter des projets de loi, mais aurait-il d’autres leviers en matière de droits des étrangers ?
    Depuis une trentaine d’années, le droit de l’immigration a été considérablement durci. La loi « immigration-intégration » du 26 janvier a ainsi introduit dans le code des étrangers des instruments qui permettent déjà au pouvoir exécutif, à droit constant, d’adopter de nombreuses mesures restrictives à l’encontre des étrangers : affaiblissement des catégories protégées contre les mesures d’éloignement, possibilité de remettre en cause le droit au séjour d’un étranger en cas de non-respect des principes et des valeurs de la République, extension de la notion d’ordre public…
    Un gouvernement RN pourra durcir encore l’application de ces textes, notamment dans le cadre des décrets ou des circulaires d’application de cette loi « Darmanin ». Il pourra également adresser des instructions pour diminuer drastiquement la délivrance des visas d’établissement – notamment aux étudiants internationaux, qui représentent le premier flux d’entrées en France (110 000 sur 300 000). Il pourra, enfin, durcir les conditions de régularisation en remettant en cause la circulaire Valls de novembre 2012 [relative aux conditions d’obtention d’un titre de séjour pour un ressortissant étranger en situation irrégulière].
    Peut-on imaginer, dans ce cas, un affrontement avec la haute juridiction administrative – le Conseil d’Etat ?
    Les travaux historiques montrent que dans les périodes de crise le Conseil d’Etat, comme institution, ne s’est jamais opposé au régime en place, y compris quand il s’agit du gouvernement de Vichy. Certains membres de la haute fonction publique auront sans doute des problèmes de conscience, mais l’institution elle-même a une faible résistance au politique : elle ne remettra pas en cause sa légitimité. Pour l’essentiel, elle mettra en musique juridique les mesures décidées par le gouvernement RN en s’efforçant d’assurer leur conformité avec la hiérarchie des normes. L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir constituerait pourtant un point de bascule : si les politiques et les lois sont contraires au caractère républicain de nos institutions, il pourra être nécessaire de désobéir, par fidélité à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui proclame le droit à la « résistance à l’oppression ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#election#droit#immigration#constitution#preferencenationale#regularisation#naturalisation#sante

  • Patrick Weil, historien : « Le RN veut mettre à bas tout l’édifice du droit du sol construit avec constance par les rois de France et la République »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/22/patrick-weil-historien-le-rn-veut-mettre-a-bas-tout-l-edifice-du-droit-du-so

    Patrick Weil, historien : « Le RN veut mettre à bas tout l’édifice du droit du sol construit avec constance par les rois de France et la République »
    Tribune Patrick Weil,Historien
    Dès la première session de la nouvelle Assemblée nationale, pendant les Jeux olympiques, Jordan Bardella, s’il accède à Matignon, fera supprimer le droit du sol, comme il s’y est engagé. Ce faisant, il détruira un principe installé dans notre droit français depuis 1515. Même Vichy n’avait pas voulu le remettre en cause. Car, s’il intègre progressivement les enfants et petits-enfants d’étrangers dans notre nationalité, le droit du sol fait bien plus que cela : il offre à la très grande majorité des Français la preuve de leur nationalité, au moment du renouvellement de leurs passeport et carte d’identité, leur évitant les pires cauchemars administratifs. Il protège aussi notre souveraineté nationale contre des intrusions étrangères. Voici comment et pourquoi.
    Depuis 1515, le droit du sol permet à l’enfant d’un étranger né et résidant en France de devenir français. En 1889, le principe devient un fondement de la République : l’accès à la nationalité française par la naissance sur le sol s’applique progressivement et de plus en plus fermement au fil des générations. L’enfant d’immigré né en France n’est pas français à la naissance, comme il le serait aux Etats-Unis, mais le devient à sa majorité, tout en pouvant s’il le veut y renoncer. A la génération suivante, l’enfant né en France d’un parent déjà né en France est irrémédiablement français ; c’est ce qu’on appelle le double droit du sol.
    Ce droit du sol républicain, progressif et conditionnel, est tellement au fondement de notre identité nationale que même le régime de Vichy l’a maintenu dans le projet de réforme de la nationalité qu’il avait préparé. En 1986, après la victoire de la droite aux élections législatives, le groupe RPR à l’Assemblée nationale propose une abrogation complète du droit du sol. Le gouvernement de Jacques Chirac y renonce immédiatement, pour deux raisons fondamentales. La suppression du double droit du sol déstabiliserait des dizaines de millions de familles françaises : pour obtenir un passeport ou une carte d’identité, être né en France d’un parent né en France apporte la preuve facile que vous êtes français. Cette suppression transformerait l’administration de cette preuve en un parcours presque insurmontable.
    Le deuxième motif est que, sans intervention du droit du sol, les enfants d’étrangers restant étrangers génération après génération, des enclaves étrangères peuvent se développer sur le territoire national, avec un droit à la protection diplomatique du pays d’origine et le pouvoir de réclamer son intervention. Lorsque ces jeunes sont faits français par le droit du sol, la souveraineté de la République s’exerce sur eux de façon incontestable. Cet argument a été déterminant pour l’adoption de la loi de 1889. Il le reste aujourd’hui.
    Depuis 1986, la droite républicaine concentre ses objectifs de réforme du droit du sol sur l’acquisition de la nationalité française des enfants d’immigrés à la majorité. Le débat droite-gauche est simple : il porte sur la part respective d’automaticité et de manifestation de volonté dans cette acquisition. Marine Le Pen, Jordan Bardella et leur parti ont décidé de sortir de ce cadre et de mettre à bas tout l’édifice du droit du sol construit avec finesse, constance et expérience par les rois de France et la République.
    Cet été, dans chaque famille française, si cette loi est adoptée, la naissance sur le sol de France d’un enfant ne vaudra plus rien en droit. Chacun et chacune d’entre eux sera soumis à des complications administratives pour prouver sa nationalité par une filiation française. Il faudra probablement créer pour cela des registres de la population française, qui indiqueront la filiation des personnes. Une sorte d’administration de la nationalité française par le sang devra être mise en place – une tradition allemande, qui va à l’encontre de la tradition française.
    Les enfants d’étrangers nés en France, qui avaient vocation à devenir français à leur majorité, resteront des étrangers. Leurs enfants seront des étrangers, leurs petits-enfants aussi. Ils seront soumis à la menace quotidienne de l’expulsion. Pour les en protéger, ils feront appel aux Etats d’origine de leurs ancêtres immigrés, dont ils auront conservé formellement la nationalité. Ne parlant que notre langue, ils vivront dans notre société, maintenus dans une étrangeté artificielle. Face à ce danger, il n’est pas sûr que nos garde-fous juridiques et constitutionnels puissent faire barrage.
    Patrick Weil est historien. Il a notamment écrit « Qu’est-ce qu’un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution » (Grasset 2002).

    #Covid-19#migrant#migrant#france#droit#nationalité#droitdusol#immigration#sante#integration#famille

  • Les binationaux et les « Français d’origine étrangère » dans le viseur du Rassemblement national
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/06/22/les-binationaux-et-les-francais-d-origine-etrangere-dans-le-viseur-du-rassem

    Les binationaux et les « Français d’origine étrangère » dans le viseur du Rassemblement national
    Par Corentin Lesueur
    Pour un responsable politique rompu à la communication comme Jordan Bardella, un lapsus n’est jamais anodin. Surtout prononcé à deux reprises dans la même minute. Désireux de balayer les « caricatures » faites de son programme, le président du Rassemblement national (RN) a prévenu, le 14 juin sur BFM-TV, que « les Français d’origine étrangère ou de nationalité étrangère » n’avaient « rien à craindre de la politique qu’[il] veu[t] mettre en œuvre » en cas d’accession à Matignon après les législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, à condition toutefois qu’ils « travaillent, paient leurs impôts, paient leurs cotisations, respectent la loi, aiment notre pays ».
    « Français d’origine étrangère » ? « Je pense qu’il a savonné [dérapé], ça peut arriver, on est un peu sur les rotules », a relativisé dans la foulée l’ex-cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen. Questionné sur ses propres mots, lors d’un déplacement dans le Loiret, le 14 juin, Jordan Bardella a évité le sujet, jugeant qu’y répondre n’était pas susceptible d’« élever le débat ». L’expression, un classique de l’extrême droite française, ne l’a pourtant jamais rebuté. #En décembre 2022, craignant des débordements en marge d’un match de football entre la France et le Maroc, l’eurodéputé d’extrême droite avait tancé des « Français d’origine étrangère [enfermés] dans la repentance et la haine de la France », une « génération arrivée à l’âge adulte (…) et qui se comporte comme les ressortissants d’un Etat étranger ».« L’“origine” est un vieux fantasme du Front national [FN, devenu RN], une manière de suspecter par principe l’étranger ou celui qui viendrait de l’étranger, rappelle la sémiologue Cécile Alduy, professeure à Stanford (Californie) et chercheuse associée au centre de recherche politique de Sciences Po. Le RN, comme le FN sous Jean-Marie Le Pen [le cofondateur du parti], défend une philosophie naturaliste de la citoyenneté, définie par l’ascendance. C’est dans la chair, dans la nature biologique, que se transmettrait la citoyenneté française. »
    Depuis 2011 et sa prise de pouvoir au FN, Marine Le Pen jure ne pas faire de différences entre les Français. « Je l’ai dit et redit cent fois, et mon propos est extrêmement clair : nous défendons tous les Français, quelle que soit leur condition d’acquisition de la nationalité », a-t-elle répété, agacée, en janvier, pour dénoncer le projet de « remigration » discuté par certains dirigeants du parti Alternative pour l’Allemagne, son ancien allié (jusqu’en mai) au Parlement européen. Mais derrière sa volonté d’« apaisement » et sa promesse d’égalité, la triple candidate à la présidentielle et des membres de son parti distinguent bien plusieurs catégories de Français, selon leurs « origines » présumées ou leur appartenance à une autre nationalité.
    Moins de 10 % des personnes interpellées lors des émeutes de l’été 2023 étaient étrangères, selon le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin ? Sans aucune donnée à l’appui, Marine Le Pen assurait, le 6 juillet 2023, qu’une « ultramajorité » des auteurs des violences étaient « étrangers ou d’origine étrangère ». « Le lien qu’[elle] fait n’est pas sur la nationalité faciale des personnes qui sont dans ces quartiers. C’est : est-ce qu’ils se sentent ou non Français ? », abondait le lendemain Jean-Philippe Tanguy, alors député RN de la Somme, évoquant des « Français, mais de papier ».
    « Français de papier » ? Une expression prisée des nationalistes antisémites de l’entre-deux-guerres pour opérer une distinction entre les « Français de souche » et ceux d’origine étrangère. Comme si les Français « de cœur et d’esprit », autre expression du RN, étaient par essence incapables de certains délits ou crimes. En septembre 2022, Jordan Bardella déplorait la « violence importée dans ce pays », car « cela n’a rien de français de rouer de coups une vieille dame ».
    « Un geste d’amour », « un mode de vie » ou encore « une histoire ». Marine Le Pen, qui souhaite abroger le droit du sol pour réserver la nationalité à la filiation et à la naturalisation (au compte-gouttes), n’a jamais posé de définition claire à ce qu’elle considérait comme un « Français ». Interrogée à ce sujet par une auditrice de France Inter en 2011, la leader d’extrême droite avait brandi l’idée d’une « nationalité à points », menaçant les nouveaux Français d’une déchéance en cas de délit grave ou de crime pendant dix ans.
    La fille de Jean-Marie Le Pen avait surtout jugé nécessaire l’abrogation de la double nationalité, cible historique du FN et « frein majeur à l’intégration de populations dans notre pays ». « On n’a qu’une seule nationalité, comme on n’a qu’une identité, tranchait-elle alors. Il faut choisir [sous peine] de susciter des doubles allégeances qui pourraient être problématiques. » L’année suivante, elle contestait la légitimité d’Eva Joly, candidate écologiste à la présidentielle, car naturalisée et franco-norvégienne.
    Lors de sa troisième course à l’Elysée, en 2022, Marine Le Pen avait renoncé à la suppression de la double nationalité, totem de l’extrême droite jugé trop éruptif. « J’ai rencontré des milliers de gens. Par exemple des Marocains qui, juridiquement, ne peuvent renoncer à leur nationalité car leur pays l’interdit. Honnêtement, je préfère mettre ça de côté car c’est comme mettre du sel sur des plaies ouvertes », justifiait-elle dans Libération. Le RN ne promet certes plus de proscrire la binationalité, mais les personnes disposant de plusieurs passeports restent discriminées dans le programme du parti.
    Le projet de loi sur l’immigration que Marine Le Pen rêve de soumettre par référendum dès son arrivée à la présidence de la République ne contient pas seulement une allusion implicite à la théorie raciste du « grand remplacement », excluant toute politique susceptible d’entraîner l’« installation d’un nombre d’étrangers sur le territoire national de nature à modifier la composition et l’identité du peuple français ». Il vise à inscrire dans la Constitution la « préférence nationale » en matière d’emploi, de logement social ou de prestations sociales. Une discrimination qui ciblerait pour partie les binationaux, en plus des étrangers.
    Retranscrit dans une proposition de loi déposée en janvier par Marine Le Pen, ce projet de référendum graverait dans la Constitution la possibilité d’interdire, par une simple « loi organique », « l’accès à des emplois des administrations, des entreprises publiques et des personnes morales chargées d’une mission de service public aux personnes qui possèdent la nationalité d’un autre Etat ». Ex-secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée nationale, Renaud Labaye confirme que les binationaux seraient concernés par ces interdictions, dont le champ d’application a été sciemment élargi. « On ne veut se fermer aucune porte et se laisser la possibilité de légiférer selon l’actualité ou la situation géopolitique », assume le proche collaborateur de Marine Le Pen.
    Bien au-delà, donc, des emplois, la plupart dans la fonction publique ou la santé, déjà fermés aux étrangers. « Une telle disposition, contraire au caractère républicain du gouvernement et à l’ensemble de nos engagements internationaux, changerait la nature même de notre Constitution, prévient le professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes Serge Slama. C’est simple, ce type de mesure n’a été instauré que sous [le régime collaborationniste de] Vichy [1940-1944], quand la fonction publique était réservée aux personnes d’ascendance française, dont le père était français. »

    #Covid-19#migrant#migration#france#politique#extremedroite#binationaux#nationalite#droit#constitution#sante

  • REPORTAGE. « C’est de la pure propagande électorale » : en Albanie, les centres de rétention pour migrants construits par l’Italie ne font pas l’unanimité
    https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/reportage-c-est-de-la-pure-propagande-electorale-en-albanie-les-centres

    « C’est de la pure propagande électorale » : en Albanie, les centres de rétention pour migrants construits par l’Italie ne font pas l’unanimité
    L’Italie construit en Albanie des centres de rétention pour accueillir les migrants sauvés en mer et examiner leur demande d’asile.
    Article rédigé par franceinfo - Louis Seiller Radio France
    Giorgia Meloni en a fait l’un des symboles de sa politique contre l’immigration. Depuis quelques mois, l’Italie construit des camps de rétention de migrants de l’autre côté de l’Adriatique, en Albanie. Opérés par les autorités italiennes elles-mêmes, ces centres pourraient accueillir chaque année 36 000 personnes, secourues en mer, le temps que leurs demandes d’asile soient étudiées. Un projet soutenu par le Premier ministre albanais mais qui ne fait pas l’unanimité sur place.
    Le bruit des tractopelles résonne en continu dans le modeste village de Gjadër, situé à 80 km au nord de Tirana. Le centre de rétention pour migrants que Giorgia Meloni fait construire à côté de chez eux inquiète les habitants. « Personne ne nous a demandé notre avis pour ces camps, explique Armando, 31 ans. L’État décide tout seul, et il se fiche de l’avis du peuple. Mais nous, qu’est-ce qu’on a à gagner avec ces camps ? Et l’Italie n’a pas de terrains chez elle ? Elle en a plein ! »
    Vingt kilomètres plus au sud, sur la mer Adriatique, des préfabriqués gris protégés par des grilles métalliques ont été installés dans le port de Shëngjin. Les restaurateurs de cette cité balnéaire sont largement opposés au projet, mais personne ne critique les choix du tout-puissant Premier ministre albanais. Edi Rama a mis en avant une « dette » de son pays : il y a 30 ans, l’Italie avait accueilli des centaines de milliers de réfugiés Albanais, comme Besnik Sulaj, 63 ans.
    Aujourd’hui, il tient un hôtel près du port : « Quand je vois les réfugiés aujourd’hui, je pense à ma vie et quand je suis arrivé en Italie en 1993. Des années difficiles, je ne savais pas la langue, rien. Je n’avais pas à manger, rien. Et des Italiens m’ont aidé. Je n’ai pas de problème avec l’arrivée de ces réfugiés : nous les Albanais on ne fait pas de divisions religieuses, et on n’est pas racistes. On accueille tous les immigrés ! »
    De nombreuses questions techniques et juridiques entourent le projet de la cheffe du gouvernement italien, et son coût pourrait dépasser les 650 millions d’euros. Côté albanais, l’activiste Arlinda Lleshi a organisé des manifestations pour dénoncer la perte de souveraineté de son pays : « Envoyer ces personnes chez nous, c’est de la pure propagande électorale. Mais pourquoi devrions-nous accepter que l’Albanie soit toujours un vassal des pays étrangers et faire le jeu d’une responsable politique qui veut rester au pouvoir ? C’est un accord qui n’a pas de sens et dont nous n’avons aucun intérêt à tirer. » Selon de nombreux experts, cette délocalisation en Albanie des centres de rétention italiens ne respecte pas le droit européen. Mais une quinzaine d’États membres ont déjà proposé de multiplier ce type d’accord.

    #Covid-19#migrant#migration#italie#albanie#asile#migration irreguliere#centrederetention#politiquemigratoire#UE#sante

  • « Le scénario qui se dessine pour l’Europe est celui d’un cercle vicieux où immigration, extrême droite et déclin économique se renforcent mutuellement »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/21/le-scenario-qui-se-dessine-pour-l-europe-est-celui-d-un-cercle-vicieux-ou-im

    « Le scénario qui se dessine pour l’Europe est celui d’un cercle vicieux où immigration, extrême droite et déclin économique se renforcent mutuellement »
    Hillel Rapoport Economiste
    Les élections européennes du 9 juin montrent une forte progression d’ensemble du vote pour les partis populistes de droite. L’immigration a tenu une place centrale lors de la campagne, et plus particulièrement dans les pays (France, Pays-Bas, Autriche et Italie) où l’extrême droite est sortie renforcée. Cette corrélation traduit la capacité de l’extrême droite à capitaliser sur les craintes, exprimées par de nombreux électeurs, de déclassement économique et de dépossession culturelle face aux chocs de la mondialisation – immigration, concurrence commerciale, robotisation.
    Comment envisager l’avenir de l’Union européenne (UE) en matière d’immigration dans un contexte de montée des populismes et de décrochage économique ? Le scénario qui se dessine pour l’UE est celui d’un cercle vicieux où immigration, vote pour l’extrême droite et déclin économique se renforcent mutuellement. Pour comprendre le fonctionnement de ce cercle vicieux, il faut d’abord en analyser les composantes : le lien entre immigration et vote populiste, entre populisme et performance économique et, enfin, entre extrême droite et structure par qualifications de l’immigration.
    C’est faire preuve d’aveuglement que de ne pas voir que, de façon dominante, plus d’immigration, notamment non qualifiée, s’est traduit en Europe au cours des deux dernières décennies par plus de votes en faveur de l’extrême droite. Ceci n’exclut pas la possibilité de dynamiques locales positives, dites « de contact », mais celles-ci sont l’exception plutôt que la règle. Dans un article récent sur le lien entre vote populiste et mondialisation, nous montrions que l’immigration peu qualifiée, tout comme les importations de biens à fort contenu en main-d’œuvre peu qualifiée, se traduisent par une poussée du vote en faveur des partis populistes de droite et par un progrès des idées populistes telles que reflétées dans les professions de foi des partis traditionnels.
    Cependant, notre étude montre également que la « mondialisation qualifiée », qu’il s’agisse de l’immigration ou des importations de biens à fort contenu en main-d’œuvre qualifiée, se traduit, au contraire, par une baisse significative du vote en faveur de l’extrême droite. La leçon fondamentale à retenir de cette étude est donc qu’il n’y a pas de fatalité dans la relation entre ouverture à la mondialisation et montée des extrêmes et que le contenu en qualifications de la mondialisation, qu’il s’agisse d’immigration ou de commerce, conditionne largement l’effet de celle-ci sur les votes.
    La conclusion qui s’impose en matière de politique d’immigration est qu’on peut augmenter l’immigration sans que cela entraîne un accroissement du vote à l’extrême droite à condition d’avoir des politiques d’immigration plus sélectives, qui favorisent l’immigration qualifiée, comme le font la plupart des pays anglo-saxons. Comme l’immigration qualifiée est, par ailleurs, porteuse de bénéfices économiques très importants pour les pays d’accueil, le fait qu’elle réduise le vote populiste peut être vu comme un effet secondaire bienvenu.
    Il est possible de chiffrer la performance économique des gouvernements populistes grâce à l’analyse de données historiques. Un article publié en 2023 dans l’American Economic Review chiffre ainsi le coût de l’élection d’un leader populiste à 10 % du PIB perdus en quinze ans. Le bilan économique des gouvernements populistes est donc globalement mauvais, voire très mauvais. Cela tient peut-être à l’inexpérience ou à l’incompétence, mais plus sûrement aux biais idéologiques qui poussent à promouvoir des politiques économiques inefficaces. C’est très clair dans le domaine de l’économie internationale, où l’adoption de politiques protectionnistes et de freinage de l’immigration indiscriminées a contribué historiquement aux mauvaises performances. C’est également clair en matière de gouvernance dégradée.
    C’est sans doute la composante la plus insidieuse de notre cercle vicieux. Elle tient au fait que l’extrême droite, en pensée (dans les opinions exprimées) comme en action (au pouvoir), ne réduit l’immigration que très partiellement, et de façon non uniforme : elle a un effet négatif modéré sur l’immigration peu qualifiée et un effet répulsif très fort sur l’immigration qualifiée. Cela a été constaté à de nombreuses reprises. Au niveau local, en Suisse, en Allemagne ou en Italie, où les votations antiminarets, les manifestations du mouvement Pegida ou les élections de maires issus de la Ligue ont toutes eu pour effet pour les villes concernées de détourner les flux entrants et de provoquer les flux sortants des résidents les plus qualifiés, immigrés comme nationaux ! Et, au niveau international, on a pu constater que plus la population d’un pays exprime des sentiments hostiles à l’immigration, plus le niveau d’éducation moyen des immigrés à destination de ce pays diminue.
    Deux scénarios sont donc envisageables pour l’UE de l’après-9 juin. Le premier est celui d’un cercle vicieux de la xénophobie tel qu’esquissé ci-dessus, où la montée des populismes se poursuit, le niveau d’éducation et de qualification des immigrés se dégrade et le décrochage économique s’accélère. Le second est celui d’un sursaut à la polonaise, d’un cercle vertueux où l’ancrage démocratique, libéral et social-démocrate prévaut, et où la poursuite de la prospérité passe aussi, qu’on le veuille ou non, par l’immigration.
    Hillel Rapoport est professeur à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, titulaire de la chaire Economie des migrations internationales à PSE-Ecole d’économie de Paris.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#france#immigration#politiquemigratoire#economie#xenophobie#populisme#extremedroite#sante

  • Transferts de fonds vers son pays d’origine : Le Sénégal meilleur élève de la diaspora africaine en Belgique avec 2,08%
    https://www.dakaractu.com/Transferts-de-fonds-vers-son-pays-d-origine-Le-Senegal-meilleur-eleve-de-

    Transferts de fonds vers son pays d’origine : Le Sénégal meilleur élève de la diaspora africaine en Belgique avec 2,08%
    Le Sénégal se positionne à la première place parmi les pays africains en Belgique qui ont le plus contribué aux transferts de capitaux vers les siens. C’est avec un taux de 2,08% de frais de transaction. L’annonce a été faite lors du 1er sommet national sur les transferts de fonds des diasporas africaines dans le cadre du projet O-REMIT qui analyse les envois de fonds des émigrés en Belgique vers leur pays d’origine, organisé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de la Belgique et du Luxembourg.
    Il ressort de ce sommet que si on veut faciliter ces transferts bien nécessaires, les frais de transactions ne devraient pas dépasser 3% du montant. C’est pour l’instant seulement le cas pour quelques pays africains : le Sénégal 2,08%, le Mali 2,11%, le Burkina Faso 2,51%, le Bénin 2,81% et le Niger 2,87% ) mais ils sont loin d’être aussi accessibles pour les autres pays analysés, avec en bout de liste le Rwanda (6,66% de frais), le Guinée (6,6%), les territoires palestiniens occupés (6,19%), mais aussi la République démocratique du Congo (5,21%). Par ailleurs, le manque de données et le côté informel, dans environ 35% des transactions, rend cependant difficile un aperçu précis.
    En outre, le projet O-Remit s’est également intéressé au profil de personnes présentes en Belgique au sein de la communauté sénégalaise et contribuant au budget de leurs proches restés dans leur pays d’origine. Majoritairement, il s’agit de personnes de moins de 40 ans ayant un haut degré d’éducation (universitaire ou haute école) et salariées.Globalement, les transferts de la diaspora africaine en Belgique s’élevaient à 7 milliards de dollars en 2022, soit plis de 4275 milliards de francs CFA. Ledit sommet était présidé par l’Ambassadeur SEM Hugo Verbist, Envoyé spécial pour l’asile et la migration en présence de Mme Marise Habib, Chef de Mission de l’OIM Belgique/Luxembourg, SEM Thérence Ntahiraja, Ambassadeur du Burundi en Belgique et tant d’autres intervenants du secteur de la migration. L’Observatoire des Sénégalais de la Diaspora (OSD) a représenté le Sénégal en participant aux travaux et en présentant les caractéristiques de la diaspora sénégalaise du Royaume.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#transfert#diaspora#sante

  • Emigration clandestine : Le Patrouilleur le NIANI a secouru 52 migrants au large de Mbour, ce mercredi
    https://www.dakaractu.com/Emigration-clandestine-Le-Patrouilleur-le-NIANI-a-secouru-52-migrants-au-

    Emigration clandestine :
    Le Patrouilleur de haute mer NIANI a secouru ce 19 juin, vers 16h, une pirogue transportant 52 migrants, à environ 57 km au large de Mbour, renseigne la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées sénégalaises (Dirpa).
    Selon la même source, « l’embarcation était partie de la Gambie dans la nuit du 18 au 19 juin. Ces migrants proviennent de Gambie, Guinée-Bissau, du Nigeria et du Sénégal », indique la DIRPA, dans son post sur X (ex Twitter).

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#migrationirreguliere#traversee#routemigratoire#mbour#gambie#guineebissau#nigeria#sante

  • Journée Mondiale du Réfugié : L’Etat du Sénégal naturalise plus de 400 refugiés Mauritaniens
    https://www.dakaractu.com/Journee-Mondiale-du-Refugie-L-Etat-du-Senegal-naturalise-plus-de-400-refu

    Journée Mondiale du Réfugié : L’Etat du Sénégal naturalise plus de 400 refugiés Mauritaniens
    La Représentation Multi-pays du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés au Sénégal et ses partenaires ont célébré la journée mondiale du Réfugié (JMR), ce 20 juin 2024 au centre international pour le commerce extérieur du Sénégal (CICES). Lancé en 2001, par l’assemblée générale des Nations unies, le haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) à travers cet événement a communiqué avec le monde sur la situation des réfugiés au besoin de protection et l’importance de les inclure dans une communauté, leur chercher des solutions durables. Une occasion pour mettre en lumière le courage et la résilience des réfugiés qui ont dû quitter le pays à cause de conflits de l’insécurité ou de persécution et de violation des droits humains. Placé sur le thème de la solidarité pour un monde qui accueille les personnes réfugiés, l’objectif de cet évènement est de sensibiliser sur la situation des réfugiés, de remercier les partenaires gouvernementaux et opérationnels, les ambassades, les donateurs et aussi de mobiliser les ressources pour faciliter l’inclusion socio-économique et la mise en œuvre de solutions durables pour les réfugiés.
    Le Représentant du MCO-Sénégal ( Multi-Country Office au Sénégal), Ali MAHAMAT a adressé ses remerciements à tous les invités qui ont répondu présents à ce grand évènement pour la célébration de cette journée mondiale des réfugiés. Ce dernier a profité de l’occasion pour exprimer toute sa gratitude aux autorités du Sénégal pour leur soutien. Au nombre de 11.000 réfugiés environ, le gouvernement sénégalais a octroyé des décrets de naturalisation à plus de 400 réfugiés mauritaniens. Sur ce point, il estime que c’est un geste de solidarité par excellence que ne cesse de montrer le gouvernement sénégalais à travers l’inclusion des réfugiés dans les programmes au niveau national. Sous un autre angle, en collaboration avec les autorités, il s’est réjoui de la recherche de solution durable pour les réfugiés. C’est ainsi par la voix du MCR, qu’ il salue l’engagement du gouvernement Sénégal prêt à couvrir les réfugiés.
    Pour l’Amiral Oumar WADE, vice -président du comité national de gestion des réfugiés et personnes déplacés(CNRRPD), cette journée célébrée depuis 23 ans s’inscrit d’abord sur la solidarité d’où la pertinence de ce thème car la plupart de ses gens qui ont trouvé leur refuge au Sénégal sont des personnes qui ont été victimes de violence, de persécutions, et de violations de droits dans leurs pays d’origine. En partenariat avec les nations -unies, il s’agit pour le Sénégal de leur assurer leur sécurité pour leur installation harmonieuse dans les communautés d’accueil et s’assurer que leurs droits fondamentaux que sont la santé, l’éducation et le droit de vivre dans un environnement. En à croire ,313 réfugiés ont été naturalisés sénégalais l’année dernière contre presque 500 qui sont en cours de traitement avec les services compétents. Il espère tout de même qu’ils seront finalisés d’ici la fin de l’année pour leur insertion socio-économique au Sénégal. D’une manière symbolique, des décrets de naturalisation et des prix d’encouragements ont été remis à des parents réfugiés et leurs enfants.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mauritanie#refugie#naturalisation#sante

  • Asile : l’Espagne affiche le taux de protection le plus bas d’Europe - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/57903/asile--lespagne-affiche-le-taux-de-protection-le-plus-bas-deurope

    Asile : l’Espagne affiche le taux de protection le plus bas d’Europe
    Par La rédaction Publié le : 20/06/2024
    Avec un taux de protection à 12% en 2023, l’Espagne est loin de la moyenne européenne, à 42%. Un chiffre qui s’explique par les nationalités concernées par les demandes de protection, sud-américaines et marocaine notamment, rarement éligibles à l’asile.
    L’Espagne à la traîne en matière de droit d’asile ? C’est ce qu’en conclut la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR) dans son rapport annuel sur les réfugiés en Espagne et en Europe, publié le 17 juin. D’après l’organisme chargé de l’accueil des demandeurs d’asile dans le pays, qui cite les chiffres du ministère de l’Intérieur, le taux de protection en Espagne s’élève à 12%, « très loin de la moyenne européenne de 42 % ».
    Sur les 88 042 nouveaux dossiers déposés en 2023, 11 162 ont reçu une réponse favorable, statut de réfugié ou protection subsidiaire. La protection pour raisons humanitaires - qui n’est pas prise en compte dans le calcul car définie par l’État et non par la Convention de Genève - a été octroyée, elle, à un plus de 41 000 personnes.Pour l’année 2023, 163 220 demandes d’asile au total étaient en attente, ce qui place l’Espagne en troisième position des États membres de l’Union européenne (UE) en nombre de dossiers, derrière l’Allemagne (351 510) et la France (166 880).
    Durant la présentation du rapport à la presse, Mauricio Valiente, membre de la CEAR a pointé du doigt le « modèle migratoire » propre à l’Espagne, selon lui « très restrictif » en termes d’évaluation des conditions d’octroi de la protection internationale.
    Les Sud-Américains et les Marocains parmi les plus rejetés
    Les exilés les plus impactés par le taux de rejet sont les ressortissants de pays d’Amérique latine, nombreux dans la péninsule ibérique. Ainsi, le Venezuela, la Colombie, le Pérou, le Honduras et Cuba figurent parmi les cinq nationalités les plus rejetées. Arrive ensuite le Maroc, avec un peu plus de 3 000 demandes déboutées en 2023. Une situation qui s’explique par la non éligibilité de ces nationalités à l’asile, les autorités considérant que la situation dans ces pays ne remplit pas les critères fixés par la Convention de Genève.
    Pour résider en Espagne, les Marocains optent en général pour un titre de long séjour, un visa saisonnier ou étudiant. Dans une interview à l’agence de presse EFE, l’ambassadrice du royaume dans le pays Karima Benyaich tient d’ailleurs à souligner « l’incorporation réussie de nombreux migrants marocains dans le tissu social et économique espagnol ».Selon les chiffres de juin 2022 publiés par l’Institut national espagnol de la statistique (INE), ils constituent la première communauté étrangère légalement installée en Espagne, avec près de 760 000 membres, devant les Roumains et les Colombiens.
    Les Sénégalais pointent quant à eux au huitième rang des nationalités les plus rejetées, avec 2 173 refus l’an passé. La grande majorité d’entre eux empruntent la route migratoire des Canaries, qui a concentré en 2023 70% des arrivées irrégulières en Espagne. Depuis l’année dernière, de nombreux départs ont été détectés depuis le Sénégal, les contrôles policiers ayant été renforcés au large du Maroc. Le 3 juin dernier, la Marine sénégalaise a intercepté une embarcation de 219 personnes au large de Dakar. Au mois de mai, 500 migrants avaient déjà été arrêtés au même endroit à bord de quatre pirogues. A contrario, les nationalités les plus enclines à obtenir une protection sont l’Ukraine, le Mali, le Burkina Faso, la Somalie, le Soudan et la Syrie, dont le taux dépasse 90%. Amadou, lui, a obtenu une protection il y a peu. Arrivé il y a trois ans via la route des Canaries, le jeune Malien tente aujourd’hui d’oublier les agressions et les menaces dont il a été victime dans son pays natal, raconte-t-il à la CEAR. Les mauvais souvenirs ne s’effacent pas, mais Amadou apprend à vivre avec. « En Espagne, maintenant, je suis heureux », affirme-t-il.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#asile#protection#politiquemigratoire#maroc#senegal#droit#sante

  • Etats-Unis : Joe Biden annonce vouloir faciliter la régularisation de centaines de milliers d’immigrés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/18/etats-unis-joe-biden-annonce-vouloir-regulariser-des-centaines-de-milliers-d

    Etats-Unis : Joe Biden annonce vouloir faciliter la régularisation de centaines de milliers d’immigrés
    Le Monde avec AFP
    Publié le 18 juin 2024 à 19h24, modifié le 19 juin 2024 à 00h23
    En pleine campagne pour la présidentielle américaine, Joe Biden a annoncé, mardi 18 juin, des mesures pour faciliter les régularisations qui pourraient bénéficier à des centaines de milliers de personnes, des annonces aussitôt condamnées par son rival républicain Donald Trump.« Nous pouvons à la fois sécuriser la frontière [avec le Mexique] et fournir des voies légales d’immigration », a dit le président américain, candidat à un second mandat, dans un discours à la Maison Blanche.
    Le démocrate de 81 ans en a profité pour critiquer son prédécesseur, l’accusant d’alimenter les « peurs » des Américains et jugeant « scandaleux » de dire, comme le milliardaire républicain de 78 ans l’a fait, que les migrants étaient des « animaux » qui « empoisonnent le sang » du pays.Donald Trump, en campagne dans le Wisconsin, a lui assuré que s’il était élu en novembre, ce « projet d’amnistie illégal [serait] déchiré et jeté dès le premier jour », pendant que ses partisans clamaient, à l’intention des migrants en situation irrégulière, « Virons-les ! Virons-les ! ».
    L’équipe de campagne du républicain, qui promet des expulsions massives en cas de victoire électorale, a elle assuré que les mesures annoncées mardi allaient « sans aucun doute alimenter la criminalité des migrants » ou encore « voler les avantages sociaux des seniors américains ».
    Joe Biden tente à la fois de répondre aux accusations de laxisme de la droite et de rester fidèle à ses promesses de campagne d’un système d’immigration plus « humain ». Le président, qui avait annoncé récemment annoncé des mesures très restrictives contre les demandeurs d’asile arrivant à la frontière sud des Etats-Unis, va faciliter la délivrance de permis de séjour permanent – la fameuse « carte verte » – aux conjoints et conjointes de citoyens américains et à leurs enfants.Les personnes résidant depuis au moins dix ans aux Etats-Unis, et mariés à un citoyen ou une citoyenne américaine, pourront engager une démarche de régularisation sans devoir quitter au préalable le territoire américain, comme c’était jusqu’ici le cas.« Cette mesure va protéger environ un demi-million de conjoints et de conjointes de citoyens américains, et environ 50 000 enfants immigrés âgés de moins de 21 ans », selon la Maison Blanche.
    La grande association de défense des droits civiques ACLU a « salué » dans un communiqué la décision de Joe Biden, y voyant « le genre de mesures humaines et de bon sens qui rendent l’Amérique plus forte. » La même ONG avait au contraire décidé de porter plainte contre les mesures prises par le président démocrate pour limiter les entrées à la frontière avec le Mexique.Krish O’Mara Vignarajah, le chef de Global Refuge, une association de soutien aux migrants, a elle aussi félicité ces mesures pour faciliter les régularisations. « Cette décision va soulager des milliers de familles », a-t-elle souligné dans un communiqué sur X.
    Joe Biden veut par ailleurs accélérer la procédure de visas de travail pour certains immigrés ayant obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur aux Etats-Unis et ayant reçu une offre d’emploi dans le pays.Cette décision s’appliquera en particulier aux bénéficiaires d’un programme protégeant les mineurs immigrés, mis en place en 2012 quand Barack Obama était président.L’équipe de campagne du démocrate a diffusé une vidéo dans laquelle des bénéficiaires de ce programme, connus aux Etats-Unis sous le nom de « Dreamers », attaquent en anglais et en espagnol les positions anti-immigration de Donald Trump.
    L’ancien président se réfère régulièrement à des meurtres particulièrement choquants, commis par des personnes entrées illégalement aux Etats-Unis, pour marteler qu’il existe une vague de criminalité due à l’immigration clandestine. Mais ni les statistiques policières disponibles dans les grandes villes américaines, ni les études réalisées par des experts, ne montrent la réalité d’un tel phénomène.Son équipe de campagne a évoqué mardi l’arrestation récente d’un ressortissant du Salvador, accusé d’avoir violé et tué une femme sur un sentier de randonnée du Maryland, en 2023, pour ensuite assurer que Joe Biden allait régulariser des « millions » de personnes en situation irrégulière. Ce suspect ne remplit toutefois aucun des critères pour être concerné par les mesures annoncées mardi par la Maison Blanche.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#regularisation#asile#visa#carteverte#economie#enseignementsuperieur#sante#droit

  • Méditerranée : 10 morts retrouvés dans les cales d’un canot de migrants parti de Libye - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/57820/mediterranee--10-morts-retrouves-dans-les-cales-dun-canot-de-migrants-

    Méditerranée : 10 morts retrouvés dans les cales d’un canot de migrants parti de Libye
    Par Charlotte Boitiaux Marlène Panara Publié le : 17/06/2024
    Le Nadir, voilier humanitaire de l’ONG allemande ResQship, a retrouvé, tôt ce lundi matin, les corps de 10 exilés coincés à l’intérieur d’une embarcation en Méditerranée. Cinquante et une autres personnes ont pu être secourues, en majorité des Bangladais. Le canot était parti de Zouara, en Libye.
    « Quand nous avons trouvé le canot, il était trop tard », raconte sobrement Stefen Seyfert, responsable communication de l’ONG ResQship contacté par InfoMigrants. Lundi 17 juin, à l’aube, l’ONG allemande a annoncé sur son compte X que son voilier-humanitaire Nadir avait retrouvé les corps de 10 migrants dans la cale d’un canot en bois, dérivant en mer Méditerranée.
    Quand le Nadir s’est approché, les membres de l’ONG ont compris que le canot était surchargé. « On a porté secours aux personnes sur le pont supérieur et ensuite on a vu qu’il y avait des gens en-dessous », raconte Stefen Seyfert. « La cale était inondée, remplie d’un mélange d’eau et d’essence. A l’intérieur, nous avons vu 12 corps, dont deux inconscients mais encore vivants ».La première personne inconsciente a pu être sortie sans encombre « mais on a dû casser le pont avec une hache pour extirper la seconde ».D’après ResQship, les dix victimes, toutes des hommes, sont mortes d’intoxication aux fumées du moteur. « À force de respirer l’essence, les passagers se sont évanouis. Puis le bateau prenant l’eau, elles se sont noyées de manière inconsciente ».
    Quarante neuf autre personnes, qui étaient aussi à bord sur le pont supérieur, ont été secourues. Elles ont été prises en charge, deux heures plus tard, par les garde-côtes italiens. « Ils ont aussi récupéré les deux blessés inconscients ».Mais les dix cadavres n’ont pas pu être extraits du canot. « Nous n’avons pas d’endroit à bord pour les conserver. Ils sont donc restés dans le canot, qui est attaché à notre voilier. Nous faisons route vers Lampedusa pour les déposer là-bas. Nous prévoyons d’arriver dans la nuit ».Le bateau était parti de Zouara, en Libye, d’après les rescapés. Un premier décompte fait état de plusieurs nationalités à bord : une trentaine de Bangladais, des Pakistanais, des Syriens et des Égyptiens.
    Ce n’est pas la première fois que des navires humanitaires font face à de tels naufrages. Vendredi 7 juin, les corps sans vie de onze migrants qui dérivaient en pleine mer, au large des côtes libyennes ont été récupérés par le Geo Barents, navire de Médecins sans frontières (MSF). Le 28 mai, les sauveteurs de l’ONG allemande SOS Humanity ont retrouvé le corps sans vie d’un bébé de six mois dans un canot de migrants à la dérive.
    La plupart des canots en bois qui s’aventurent en Méditerranée sont constitués d’un pont supérieur et de cales dans lesquelles s’entassent des dizaines de personnes - souvent des femmes et des enfants, piégés près du carburant et de ses vapeurs toxiques. Les places du dessus sont généralement réservées aux hommes.
    S’asseoir à l’intérieur des cales, avec un accès limité à l’air libre, est donc éminemment dangereux. Depuis des années, de nombreuses personnes sont récupérées par les ONG en mer victimes de brûlures aux jambes, aux cuisses, et sur leurs parties génitales à cause du mélange entre le carburant et l’eau de mer.La Méditerranée centrale représente à elle seule 80 % des morts et disparitions en Méditerranée l’an dernier. Elle est très utilisée par les migrants cherchant à entrer dans l’Union européenne depuis la Tunisie et la Libye. Depuis janvier, 923 migrants y sont décédés ou portés disparus.La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée centrale reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

    #Covid-19#migrant#migration#mediterranee#traversee#mortalite#tunisie#libye#italie#lampedusa#mortalite#sante#routemigratoire

  • Plus de 60 disparus, dont 26 enfants, dans un naufrage au sud de l’Italie - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/57834/plus-de-60-disparus-dont-26-enfants-dans-un-naufrage-au-sud-de-litalie

    Plus de 60 disparus, dont 26 enfants, dans un naufrage au sud de l’Italie
    Par La rédaction Publié le : 18/06/2024
    Soixante-six personnes, dont 26 enfants, sont portés disparus depuis le naufrage de leur embarcation survenu au large de la Calabre. Seuls 12 passagers ont pu être secourus par les garde-côtes italiens, et ramenés à terre.
    Nouvelle tragédie en Méditerranée. Soixante-six personnes, dont 26 enfants, sont portées disparues depuis le naufrage de leur voilier au large de la Calabre, dans le sud de l’Italie. D’abord secourus par un navire marchand, 12 rescapés ont ensuite été récupérés le 17 juin par les garde-côtes italiens. Le groupe a été déposé au port de Roccella Ionica.
    Deux patrouilleurs italiens ainsi qu’un avion ont été envoyés dans la zone du naufrage pour retrouver les disparus. Des images fournies par les garde-côtes montrent le voilier quasiment submergé, en pleine mer. D’autres, tournées par la télévision TG3, montrent l’arrivée de certains naufragés à terre, visiblement traumatisés par ce qu’ils ont vécu.
    D’après les témoignages des survivants, le bateau était parti de Turquie il y a huit jours, avec à son bord des exilés de nationalité irakienne, syrienne et iranienne. « Le bateau a commencé à prendre l’eau au bout de trois ou quatre jours », a indiqué à Rai News Shakilla Mohammadi, médiatrice interculturelle de Médecins sans frontières (MSF), présente à Roccella Ionica. « Les passagers voyageaient sans gilet de sauvetage », a-t-elle ajouté.Selon la médiatrice, des familles entières, originaires d’Afghanistan, ont disparu sous les eaux.
    Pour Roberto Occhiuto, président de la région de Calabre, ce drame « est un coup de poing dans l’estomac ». « Ces heures de grande angoisse […] nous rappellent l’énorme drame que nous avons vécu à Cutro il y a un peu plus d’un an ». Le 26 février 2023, une embarcation chargée de 200 personnes a sombré au large de la Calabre, près de la ville de Cutro. Quatre-vingt-quatorze personnes, dont de nombreux enfants, ont perdu la vie dans ce naufrage.
    Des images reçues quelques jours après le drame par InfoMigrants montrent que le bateau était bien surchargé, contrairement au rapport d’incident de Frontex affirmant que le navire ne présentait « pas d’intérêt particulier ». Des femmes et des enfants étaient entassés à l’intérieur, sur les escaliers et sous le pont. Les images montrent aussi un père de famille, Massum, filmant son garçon de sept ans, Muzamel, quelques heures avant le naufrage. Aucun d’eux ne survivra.
    La route migratoire de la Calabre est empruntée depuis quelques années par les migrants en transit en Turquie. À bord d’embarcations vétustes, généralement des voiliers, les exilés contournent les îles grecques de la mer Égée pour arriver directement dans le sud de l’Italie."Ils préfèrent éviter les refoulements (illégaux) en Grèce et la route des Balkans (où les pays ont ces dernières années renforcé les contrôles aux frontières, ndlr)", avait expliqué à InfoMigrants Giovanni Perna, coordinateur pour MSF dans la région.
    Mais cette route, plus longue, est aussi très dangereuse. Les naufrages y sont fréquents. Fin mai, au moins neuf personnes sont mortes après que leur bateau a coulé, au nord-est de Mykonos, dans les Cyclades. Selon les deux uniques rescapés, 17 migrants se trouvaient à bord, dont une fillette de sept ans.

    #Covid-19#migrant#migration#italie#turquie#calabre#routemigratoire#meregee#traversee#mortalite#sante#frontiere

  • Migration pour le développement : Le ministre Ndeye Khady D. Gaye salue les opportunités offertes aux jeunes
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    Migration pour le développement : Le ministre Ndeye Khady D. Gaye salue les opportunités offertes aux jeunes
    La clôture du Programme Migration pour le Développement a enregistré un bilan positif pour l’Emploi des Jeunes au Sénégal. Organisée par l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ), la cérémonie a vu la participation de nombreuses personnalités, notamment Mme Khady Diene Gaye, ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, qui a présidé l’événement ainsi que l’ambassadeur de la République d’Allemagne au Sénégal M. Sonke Siemon et des partenaires.
    Lancé en 2017, le Programme Migration pour le Développement a marqué une étape cruciale dans la gestion des questions migratoires au Sénégal. L’une des réalisations majeures du programme est la mise en place du Centre Sénégalo-Allemand d’information sur l’emploi, la Migration et la Réintégration (CSAEM). Ce centre a permis à l’ANPEJ d’adopter une approche proactive face aux défis migratoires, en offrant des sessions de sensibilisation, de formation et des dispositifs d’aide à l’emploi.
    Lors de son allocution, Mme Khady Diene Gaye a souligné l’importance de telles initiatives pour le développement économique et social du pays. « Le CSAEM a joué un rôle déterminant en fournissant aux jeunes et aux migrants de retour des opportunités concrètes pour leur réintégration et leur insertion professionnelle », a-t-elle déclaré. Elle a également salué la coopération allemande pour son soutien continu et son engagement en faveur de l’emploi des jeunes.
    Le Programme a notamment permis la mise en place de bourses de stage et l’appui matériel pour les migrants de retour, des initiatives qui ont contribué à améliorer les perspectives professionnelles de nombreux jeunes Sénégalais. Plusieurs bénéficiaires présents à la cérémonie ont témoigné de l’impact positif du programme sur leur parcours professionnel. « Grâce à la bourse de stage obtenue par le biais du CSAEM, j’ai pu acquérir des compétences précieuses qui m’ont aidé à trouver un emploi stable », a confié Mamadou Diop, l’un des bénéficiaires.
    La clôture du programme marque la fin d’une phase, mais Mme Khady Diene Gaye a insisté sur la nécessité de continuer sur cette lancée. « Nous devons capitaliser sur les acquis de ce programme et redoubler d’efforts pour offrir à nos jeunes des perspectives d’avenir prometteuses », a-t-elle conclu.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#developement#retour#jeunesse#CSAEM#emploi#allemagne#sante

  • Tunisie : pourquoi l’Europe ferme les yeux sur les dérives autoritaires du président Kaïs Saïed
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/06/14/tunisie-pourquoi-l-europe-ferme-les-yeux-sur-les-derives-autoritaires-du-pre

    Tunisie : pourquoi l’Europe ferme les yeux sur les dérives autoritaires du président Kaïs Saïed
    Par Monia Ben Hamadi (Tunis, correspondance)
    Il a finalement décliné l’invitation. Convié au sommet du G7, qui se tient du jeudi 13 au samedi 15 juin dans le sud de l’Italie, le président tunisien, Kaïs Saïed, sera représenté par le chef du gouvernement, Ahmed Hachani. Aucune explication n’a été avancée alors que les relations entre Rome et Tunis sont au beau fixe. Georgia Meloni, la présidente du Conseil italien, s’est rendue en Tunisie à quatre reprises en moins d’un an. Et Kaïs Saïed, malgré sa dérive autoritaire, reste un interlocuteur à ménager pour les Occidentaux.
    Leur relative indulgence tient à la priorité donnée par l’Union européenne (UE) au contrôle des flux migratoires, particulièrement en provenance de la rive sud de la Méditerranée, dans le cadre du mémorandum d’entente signé le 16 juillet 2023 avec la Tunisie. Les récentes crispations liées aux inquiétudes exprimées par l’UE, la France et les Etats-Unis à la suite de la vague d’arrestations de journalistes, d’avocats et de responsables d’ONG, en mai, n’ont pas fondamentalement altéré cette relation.
    Certes, les critiques de Bruxelles, Paris et Washington ont suscité la colère de Kaïs Saïed, qui a convoqué les ambassadeurs concernés et réaffirmé le refus de toute ingérence étrangère. Mais côté européen, on a préféré temporiser et laisser passer l’orage. Et pour cause : la coopération entre la Tunisie et l’UE en matière de contrôle des flux migratoires montre des résultats. Depuis le début de l’année, moins de 23 000 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes, contre près de 60 000 durant la même période en 2023.
    En mai, le ministre tunisien de l’intérieur, Kamel Feki (limogé depuis), avait confié aux parlementaires, lors d’une audition à huis clos, que les frontières étaient étroitement surveillées en réponse aux demandes de certains dirigeants européens à l’approche des élections européennes, selon des révélations du journal Acharaa El Magharibi confirmées par le député Yassine Mami.
    « L’Italie a toujours plaidé pour garder des liens avec Kaïs Saïed et continue de miser sur lui pour assurer la stabilité du pays, analyse Hamza Meddeb, chercheur au cercle de réflexion Carnegie Middle East Center. Dans l’ensemble, les capitales européennes privilégient aujourd’hui une approche transactionnelle, avec comme priorités la migration, la sécurité ou l’énergie. Si le prix à payer est de fermer les yeux sur l’absence de calendrier électoral ou de droits humains, elles le feront. »
    Professeur de droit constitutionnel qualifié à l’époque de « radical-conservateur », Kaïs Saïed est arrivé au pouvoir en octobre 2019 après une nette victoire à l’élection présidentielle. Sa campagne, axée sur la lutte contre la corruption, le rejet des élites politiques traditionnelles et un système de démocratie participative décentralisé, a trouvé un écho favorable parmi les Tunisiens, particulièrement les jeunes, désillusionnés par dix ans de crises politiques post-révolution et un processus de transition démocratique jugé insatisfaisant.
    Le 25 juillet 2021, en pleine crise du Covid-19 et avec l’aggravation des blocages politiques et de la crise économique, Kaïs Saïed a renversé la table en suspendant le Parlement et en s’octroyant les pleins pouvoirs, une action qualifiée de « coup d’Etat » par ses détracteurs mais acceptée globalement par la communauté internationale. Un an plus tard, il a entériné son virage hyperprésidentialiste en faisant adopter une nouvelle Constitution qui lui confère des pouvoirs étendus.
    Depuis son coup de force, l’homme fort de Carthage a entrepris un démantèlement méthodique des corps intermédiaires et des institutions mises en place après le renversement de Zine El-Abidine Ben Ali en 2011, une période post-révolutionnaire que ses partisans appellent « la décennie noire ». Gouvernant par décret, il a pris la décision unilatérale de dissoudre définitivement le Parlement en mars 2022, après avoir suspendu l’application de la Constitution et dissous le Conseil de la magistrature.
    La même année, il a accru sa mainmise sur le pouvoir judiciaire par la révocation d’une cinquantaine de juges, avant de s’attaquer à la liberté d’expression avec la publication du décret-loi 54, promulgué en septembre 2022 pour lutter contre les « fausses nouvelles ». Dès 2023, des dizaines d’opposants de différents partis politiques, en majorité des cadres du parti islamiste Ennahda – dont son leader, Rached Ghannouchi –, ont été emprisonnés et accusés de complot contre la sûreté de l’Etat ou d’intelligence avec des puissances étrangères. Plusieurs journalistes, syndicalistes, hommes d’affaires, avocats ou responsables d’ONG ont été incarcérés et poursuivis pour les mêmes charges.
    Parallèlement, la répression contre les migrants subsahariens s’est intensifiée. Accusés par le chef de l’Etat de participer à un complot visant à modifier la « composition démographique » du pays, ces derniers ont fait l’objet de véritables chasses à l’homme à partir de juillet 2023. Plusieurs milliers d’entre eux ont été expulsés de leurs domiciles, licenciés ou déplacés aux frontières, en plein désert, au moment de la signature du mémorandum d’entente avec l’UE.
    Dans ses discours, le président joue volontiers le bras de fer avec les Occidentaux, rejetant toute critique – même timide – venue de l’étranger comme une atteinte à la souveraineté du pays. Mais s’il plaide pour un rapprochement avec la Russie ou la Chine, où il a été reçu fin mai lors d’une visite d’Etat, il peut difficilement se permettre de rompre avec les Occidentaux. L’Europe est le premier partenaire commercial de la Tunisie et les Etats-Unis apportent un soutien financier non négligeable à son armée. La volte-face de Kaïs Saïed, qui a rejeté l’adoption d’une loi criminalisant les relations avec Israël en novembre 2023, illustrerait les leviers de pression dont dispose encore Washington, selon plusieurs députés tunisiens.
    Le 19 mai, un article du quotidien italien La Repubblica faisant état d’avions « militaires russes » ayant atterri sur l’île de Djerba a suscité une certaine fébrilité. Bien que cette information ait été démentie par Moscou et Tunis, la crainte d’une évolution prorusse de la Tunisie, traditionnellement affiliée au camp occidental, marquerait une rupture, bien que le changement de trajectoire diplomatique revendiqué par le président et son discours « anti-impérialiste » ne se soient que très peu concrétisés dans les faits. « Je pense que personne ne le prend au sérieux, commente Hamza Meddeb. Toutes ses gesticulations diplomatiques ne sont pas suivies d’actions concrètes, c’est juste un discours et des slogans. »

    #Covid-19#migrant#migration#UE#tunisie#afriquesubsaharienne#droit#italie#frontiere#expulsion#sante

  • Le nombre de déplacements forcés dans le monde atteint des « niveaux historiques »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/13/le-nombre-de-deplacements-forces-dans-le-monde-atteint-des-niveaux-historiqu

    Le nombre de déplacements forcés dans le monde atteint des « niveaux historiques »
    Par Camille Tavitian
    Le nombre de personnes déplacées de force dans le monde continue d’augmenter, suivant une tendance à la hausse depuis plus d’une décennie. Selon le rapport annuel du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) rendu public le 13 juin, le monde compte, début 2024, plus de 120 millions de personnes déracinées, qui ont fui la persécution, la violence ou des conflits. Il s’agit là de « niveaux historiques » qui reflètent « la naissance de nouveaux conflits, la mutation de certaines situations existantes, ainsi que l’incapacité à résoudre des crises persistantes », alerte le HCR. Une majorité de ces personnes demeurent dans leur pays, mais le HCR dénombre 43,4 millions de réfugiés.
    « Affirmer qu’il s’agit d’une invasion, de personnes mal intentionnées qui viennent voler vos emplois, menacer vos valeurs, votre sécurité, et qu’elles doivent donc partir, que nous devons construire des barrières ne résout pas le problème », a dénoncé le chef du HCR, Filippo Grandi, dans un entretien à l’AFP.Alors que les élections européennes marquent la montée des formations politiques d’extrême droite, hostiles à l’immigration, M. Grandi estime que ces mesures ne font qu’aggraver la situation car elle favorise l’immigration irrégulière, plus « difficile à gérer ».
    Il relativise les mouvements migratoires en direction du continent européen et rappelle, à titre d’exemple, que le Tchad a accueilli 600 000 Soudanais en 2023, « soit dix fois plus » que le nombre de personnes arrivées en Europe par la mer depuis le début de l’année. Le HCR sonne d’ailleurs l’alarme sur la situation au Soudan, décrite comme « l’une des plus importantes crises humanitaires et de déplacement au monde ». Depuis avril 2023, plus de 7,1 millions de nouveaux déplacements ont été enregistrés, auxquels s’ajoutent 1,9 million de déplacements au-delà des frontières du pays.
    L’année écoulée a aussi été marquée par des millions de déplacements à l’intérieur des frontières de la République démocratique du Congo et de la Birmanie, en raison de violents combats, de même que par l’aggravation de la situation au Proche-Orient. L’Office des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) estime que, entre octobre et décembre 2023, 1,7 million d’habitants, soit plus de 75 % de la population, de la bande de Gaza ont été contraints de se déplacer dans l’enclave « en raison de violences dévastatrices » dues à la guerre qu’y mène Israël depuis l’attaque du Hamas sur son sol en octobre 2023.
    Par ailleurs, le HCR souligne la persistance de situations difficiles comme en Afghanistan, où l’instabilité politique et la famine continuent de pousser des centaines de milliers de personnes à quitter leur lieu de vie. Au total, un peu plus de 6,4 millions d’Afghans sont déracinés, la plupart vivent dans les pays voisins tels que l’Iran et le Pakistan, ce qui fait d’eux, aujourd’hui, la plus importante population de réfugiés, juste devant les Syriens (6,4 millions de réfugiés), les Vénézuéliens (6,1 millions) et les Ukrainiens (6 millions).
    Si l’Allemagne est le quatrième pays qui accueille le plus de réfugiés (2,6 millions), la plupart des exilés se rendent dans des pays de leur voisinage immédiat tels que l’Iran, la Turquie, la Colombie ou le Pakistan, une situation sur laquelle le HCR alerte : « Les pays à faible revenu ont continué d’accueillir une part disproportionnée des personnes déplacées dans le monde, souligne le rapport. Ces pays représentent 9 % de la population mondiale et seulement 0,5 % du PIB mondial, mais ils ont accueilli 16 % des réfugiés. »
    L’agence onusienne rappelle par ailleurs que le réchauffement climatique constitue une menace dans l’accélération du phénomène de déplacements forcés. Ainsi, en Somalie, en plus de l’insécurité persistante qui a déplacé à l’intérieur du pays 1,3 million de personnes, 1 million de réfugiés supplémentaires ont été déracinées du fait des conditions météorologiques extrêmes, « avec des inondations soudaines en avril 2023 », après une période de sécheresse prolongée.
    Le HCR s’inquiète enfin de la baisse de 22 % du nombre de réfugiés ayant pu retourner chez eux en 2023. La majorité d’entre elles sont des Ukrainiens ou des Sud-Soudanais. « La plupart des retours spontanés ont eu lieu dans des contextes qui ne sont pas entièrement propices au retour dans la sécurité et la dignité, et ils peuvent ne pas être durables ».

    #Covid-19#migrant#migration#HCR#refugie#deplace#crise#climat#insecurite#sante

  • Selon le Rwanda, « le HCR ment » au sujet de l’accord migratoire passé avec le Royaume-Uni
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/06/13/selon-le-rwanda-le-hcr-ment-au-sujet-de-l-accord-migratoire-passe-avec-le-ro

    Selon le Rwanda, « le HCR ment » au sujet de l’accord migratoire passé avec le Royaume-Uni
    Le Monde avec AFP
    Kigali a accusé le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de « mensonge », mercredi 12 juin, après que l’instance a affirmé que les demandeurs d’asile expulsés du Royaume-Uni vers le Rwanda pourraient être relocalisés ailleurs et subir des persécutions. Lundi, des avocats du HCR avaient affirmé devant un tribunal londonien que des personnes visées par le projet controversé d’expulsion vers le Rwanda risquaient d’être ensuite envoyées dans un autre pays où elles pourraient subir des violences ou des persécutions.
    « Le HCR ment », a commenté dans un communiqué le gouvernement rwandais, accusant l’agence d’« une série d’allégations totalement infondées » contre Kigali. « L’organisation semble vouloir présenter de fausses allégations aux tribunaux britanniques concernant la façon dont le Rwanda traite les demandeurs d’asile », a-t-il poursuivi. L’audience qui s’est tenue lundi est la dernière en date d’une série de recours juridiques visant à faire annuler cette initiative du gouvernement britannique, décriée par les défenseurs des demandeurs d’asile. L’ONU et le Conseil de l’Europe l’ont aussi appelé à abandonner son projet.
    « Le HCR a toujours clairement fait part de sa préoccupation concernant le risque sérieux que fait peser sur les réfugiés “l’externalisation” [des demandes d’asile], y compris le refoulement, et estime que le partenariat (…) entre le Royaume-Uni et le Rwanda transfère la responsabilité des décisions en matière d’asile et de protection des réfugiés », a réagi l’instance onusienne dans un communiqué, sans plus de détails. Selon la loi adoptée le 23 avril par le Parlement britannique, des migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni peuvent être expulsés vers le Rwanda, où leur demande d’asile sera étudiée, sans possibilité pour eux de retourner au Royaume-Uni quel qu’en soit le résultat. Les premiers vols ont été annoncés pour le mois de juillet, et de premiers migrants ont été arrêtés au début de mai. Mais l’avenir de ce projet controversé est incertain depuis que le premier ministre conservateur, Rishi Sunak, a annoncé des élections législatives pour le 4 juillet. Des dizaines de migrants qui avaient été placés en détention par les autorités britanniques pour être expulsés vers le Rwanda ont été remis en liberté, a annoncé mercredi leur cabinet d’avocats.

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#rwanda#HCR#droit#asile#payssur#detention#expulsion#sante#refugie#protection

  • La Hongrie condamnée par la justice européenne à une amende historique pour sa politique migratoire
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    La Hongrie condamnée par la justice européenne à une amende historique pour sa politique migratoire
    Par Jean-Baptiste Chastand (Vienne, correspondant régional)
    Jamais la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) n’avait infligé une amende aussi lourde à un Etat membre. Jeudi 13 juin, la Hongrie du premier ministre nationaliste Viktor Orban a été condamnée à verser 200 millions d’euros d’amende à la Commission européenne et un million d’euros d’astreinte supplémentaire par jour tant qu’elle refusera d’appliquer un arrêt précédent prononcé en 2020 par la même Cour, et qui appelait ce pays d’Europe centrale à restaurer un droit d’asile effectif sur son territoire.
    Dans un arrêt particulièrement sévère, les juges de Luxembourg reprochent à la Hongrie de s’être « soustraite de manière systématique et délibérée » à la politique européenne d’asile, ce qui constitue « une violation du droit d’une gravité exceptionnelle ». Dans le collimateur des juges figure notamment une loi hongroise de 2016 qui interdit aux migrants de déposer une demande d’asile s’ils n’ont pas obtenu d’abord l’autorisation des ambassades en Serbie ou en Ukraine avant de pouvoir rentrer sur le territoire hongrois.
    Bien que jugée contraire au droit européen en 2020, cette procédure ultra-restrictive est toujours en place. Elle a mené à une disparition quasiment complète du droit d’asile en Hongrie, avec seulement vingt-huit demandes déposées sur l’ensemble de l’année 2023. Et elle pousse les dizaines de milliers de migrants qui traversent toujours la Hongrie en arrivant depuis la route des Balkans à se rendre le plus vite possible vers l’Autriche voisine pour y déposer leur demande.
    « Ce comportement de la Hongrie a pour effet de transférer aux autres Etats membres la responsabilité qui lui incombe, y compris sur le plan financier (…) et porte une atteinte extrêmement grave au principe de solidarité et de partage équitable de responsabilités entre les Etats membres », fustigent d’ailleurs les juges dans leur arrêt. La Hongrie avait expliqué son refus d’appliquer l’arrêt de 2020 en prétextant d’une procédure interne devant sa Cour constitutionnelle, mais cet argument est balayé par la CJUE qui rappelle « la primauté du droit de l’Union » sur « des dispositions de droit national, fussent-elles d’ordre constitutionnel ».
    Ce jugement s’ajoute à une longue liste de contentieux contre la politique migratoire hongroise déclenchés aussi bien par la Commission européenne que par des ONG. Jusqu’ici, Budapest a systématiquement perdu toutes ces procédures, aussi bien devant la Cour de Luxembourg que devant la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg. Mais M. Orban s’est toujours contenté de suivre ces décisions à la marge, en continuant de refuser d’appliquer l’essentiel du droit européen face à ceux qu’il désigne uniquement sous le vocable de « migrants illégaux ».
    Cette décision est « scandaleuse et inacceptable », a d’ailleurs de nouveau réagi Viktor Orban sur X, en estimant « que les migrants illégaux sont plus importants pour les bureaucrates de Bruxelles que leurs propres citoyens européens ». « Ce verdict n’aurait pas pu être rendu par un tribunal normal », a abondé le porte-parole du gouvernement hongrois Gergely Gulyas, en le comparant aux jugements de l’époque « communiste ». M. Gulyas n’a toutefois pas expliqué clairement si la Hongrie allait se conformer au jugement, renvoyant à sa lecture ultérieure en détail.
    De son côté, le Comité Helsinki hongrois, principale association d’aide aux migrants, a dit espérer que le jugement « mettra fin à l’une des pratiques les plus honteuses » de la Hongrie et déploré que « les coûts financiers seront assumés par les contribuables hongrois jusqu’à ce que le gouvernement respecte l’Etat de droit ». En imposant une peine plus lourde que celle qui avait été demandée par la Commission européenne dans son recours, et plus lourde que celle qu’elle avait infligée à la Pologne en 2021 pour ses tentatives de mise au pas de la justice, les juges de Luxembourg ont de fait prononcé un arrêt qui fera date et dont la portée va d’ailleurs au-delà du simple droit d’asile.
    « Le fait, pour un Etat membre, d’éluder délibérément l’application d’une politique commune dans son ensemble constitue une violation inédite et exceptionnellement grave du droit de l’Union, qui représente une menace importante pour l’unité de ce droit », rappellent-ils ainsi dans une leçon de droit européen qui semble viser l’ensemble des atteintes à l’Etat de droit commises par M. Orban et par ses admirateurs en Europe. A un moment où les solutions migratoires prônées par l’extrême droite ont le vent en poupe dans l’UE, la CJUE rappelle qu’elles ne sont souvent pas conformes au droit européen. Le fait d’imposer aux migrants de déposer leur demande d’asile depuis l’étranger est une revendication de longue date du Rassemblement national de Marine Le Pen.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#hongrie#droit#asile#routemigratoire#blakan#politiquemigratoire#sante

  • En cinq mois, plus de 4 800 migrants sont morts en tentant de rejoindre les Canaries, d’après une ONG - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/57697/en-cinq-mois-plus-de-4-800-migrants-sont-morts-en-tentant-de-rejoindre

    En cinq mois, plus de 4 800 migrants sont morts en tentant de rejoindre les Canaries, d’après une ONG
    Par Marlène Panara Publié le : 12/06/2024
    Entre janvier et mai 2024, plus de 4 800 personnes ont perdu la vie dans l’océan Atlantique, d’après l’association espagnole Caminando Fronteras qui s’appuie sur des témoignages de proches de disparus. La plupart de ces personnes ont pris la mer depuis les côtes mauritaniennes.
    « Il s’appelle Abdou Aziz Fall, il est Sénégalais et a disparu en Mauritanie le 23 janvier 2024. Depuis, sa famille le recherche ». Une photo du jeune homme, rasé de près et en chemise blanche, accompagne le petit texte. Cet appel à témoin fait partie des centaines d’autres publiés sur le site de l’ONG Caminando Fronteras, qui compile les personnes disparues sur les routes migratoires menant à l’Espagne.
    Celle des Canaries est, pour l’association, la plus meurtrière. D’après ses données publiées le 12 juin, sur 5 054 personnes décédées entre janvier et mai 2024 sur les voies qui mènent à l’Espagne, 4 808 sont mortes dans l’océan Atlantique. Soit une toutes les 45 minutes.Sur l’ensemble de l’année 2023, Caminando Fronteras avait compté plus de 6 800 décès sur la même route.
    Des chiffres « conséquents aux accords bilatéraux de l’Espagne avec d’autres pays frontaliers qui se concentrent sur l’évitement des départs, et non sur des protocoles pour garantir le droit à la vie des personnes en mer », déplore la fondatrice de l’association, Helena Maleno, qui regrette également « un grand manque de moyens de recherche et de sauvetage lors des alertes sur les bateaux disparus ». « Nous ne pouvons pas laisser des gens mourir en mer au nom du contrôle de l’immigration », fustige-t-elle.
    L’organisation internationale pour les migrations (OIM), elle, compte 249 morts sur la même voie, en 2024. Un écart avec les chiffres de Caminando Fronteras qui s’explique par des méthodologies distinctes. Caminando Fronteras s’appuie sur les appels de détresse des migrants en mer ou de leurs familles pour élaborer ses rapports. L’OIM quant à elle répertorie « tous les naufrages dont on est certains à 100%, nous sommes très strictes à ce sujet », avait expliqué en janvier à InfoMigrants Flavio di Giacomo, porte-parole du bureau de coordination méditerranéen de l’OIM. Des articles de presse, et des témoignages indirects font partie des sources exploitées.
    « Il est plus facile d’avoir des certitudes sur la route de la Méditerranée que sur celle de l’Atlantique, plus longue, et dont les bateaux sont plus difficiles à repérer, avait-il admis. Ce chemin en plein océan est très dangereux, c’est donc probable qu’il y ait beaucoup de naufrages dont personne n’entend parler », avait ajouté le responsable de l’OIM.
    La route des Canaries est active depuis 2005. Un an plus plus tard est survenue la « crise des cayucos » : près de 32 000 personnes avaient débarqué dans l’archipel, du jamais vu. Mais le déploiement sécuritaire qui s’opère dans l’océan Atlantique à partir de 2007 tarit petit à petit cette route, au profit de celle de la Méditerranée centrale.Puis à partir de 2018, les conditions de vie des Subsahariens en Libye, la militarisation des routes qui mènent au nord de l’Afrique, ou encore la surveillance accrue des garde-côtes marocains en Méditerranée poussent, de nouveau, les migrants sur la route des Canaries. Et depuis la fin de la pandémie de Covid-19, les arrivées sur les îles espagnoles sont quasi quotidiennes.
    En cinq mois cette année, plus de 17 000 migrants ont débarqué aux Canaries, contre 4 700 l’année dernière à la même période, d’après le ministère de l’Intérieur espagnol. Samedi 7 et dimanche 8 juin, en 48h, 800 personnes ont été secourues au large de l’archipel.
    Beaucoup d’embarcations en revanche ne foulent jamais le sol espagnol. Le 13 avril, une pirogue partie de Mauritanie a été retrouvée à Para, au large du Brésil. À l’intérieur gisaient neuf corps, dont celui d’un Malien et d’un Mauritanien. « Sans aucun doute, le bateau est resté à la dérive pendant une longue période. Nous avons retrouvé un registre important précisant que le bateau était en Mauritanie le 17 janvier. Les faits se sont donc produits après cette date » avait expliqué José Roberto Peres, chef de la police fédérale du Pará.
    D’après Caminando Fronteras, la majorité des exilés ayant perdu la vie cette année sur la route des Canaries – soit 3 600 personnes originaires de différents pays du Sahel - sont parties des côtes mauritaniennes. Les autres ont pris la mer au Sénégal, en Gambie, et depuis le sud du Maroc.La région du Sahel, qui comprend le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie et le Niger, est confrontée à « une grave crise humanitaire » qui a déjà poussé des millions de personnes à fuir leurs foyers, d’après le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). Les conflits armés, les coups d’États répétés, couplés à une pauvreté extrême devrait encore « détériorer la situation politique, sécuritaire et économique en 2024 », explique l’agence.
    Fin 2023, près de 55 000 Maliens notamment ont fui vers la Mauritanie. Une partie d’entre eux continueront leur chemin vers l’Europe

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#espagne#canaries#routemigratoire#atlantique#mortalite#sante

  • « Je ne veux pas rester ici » : en Bulgarie, des arrivées record de mineurs non accompagnés - InfoMigrants
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    « Je ne veux pas rester ici » : en Bulgarie, des arrivées record de mineurs non accompagnés
    Par Maïa Courtois Publié le : 13/06/2024
    Près de 4 000 mineurs isolés ont déposé une demande de protection en Bulgarie en 2023. Un record. L’immense majorité vient de Syrie et d’Afghanistan. Mais l’Etat bulgare peine à proposer des solutions à ces enfants, en dehors d’un hébergement dans des centres pour demandeurs d’asile, sans aucun suivi rapproché. Reportages à Sofia et Harmanli.
    Maïa Courtois, envoyée spéciale en Bulgarie
    Sur le bord d’une route nationale au bitume brûlant, sur laquelle les voitures défilent à toute vitesse, deux enfants sont assis. Protégé des regards par quelques arbres bordant un sentier herbeux, le plus petit des deux mange une glace. Le plus grand, S., a 15 ans. Plein d’énergie, il explique que le garçon à ses côtés, M., n’en a que 9.
    Devant eux : le centre d’Harmanli, petite ville de quelques milliers d’habitants, située à cinquante kilomètres de la frontière avec la Turquie. C’est le premier point d’arrivée en Bulgarie, porte de l’Europe, pour les exilés venant de Turquie. Derrière eux : le centre d’accueil et d’enregistrement pour les demandeurs d’asile, où S. et M. sont tous deux hébergés.
    Comme l’immense majorité des demandeurs d’asile se trouvant actuellement à Harmanli, S. et M. sont Syriens. « Ici, dans ce centre, la situation est bonne », glisse S., juste avant que M., qui a peur d’en dire davantage à des inconnus, ne lui suggère de décamper. En une seconde, les deux petits s’évaporent, non sans un geste d’au revoir et de larges sourires.
    Mi-mai, les autorités bulgares ont inauguré une nouvelle zone d’accueil, entièrement dédiée aux mineurs non-accompagnés et aux familles, dans l’enceinte du centre de Harmanli. Géré avec l’aide du Haut commissariat pour les réfugiés des Nations Unies (HCR) et de l’Unicef notamment, cette zone a une capacité d’accueil de 98 personnes. Malgré nos demandes adressées au responsable du centre de Harmanli, nous n’avons pas eu l’autorisation d’y entrer.
    Cette inauguration répond à un besoin urgent : les arrivées de mineurs non-accompagnés sont en hausse. 2023 a été une année record. Sur les 22 518 demandes d’asile enregistrées par les autorités bulgares, près de 4 000 émanaient de mineurs isolés. L’année précédente, en 2022, ils étaient déjà près de 3 300.
    « L’âge de ces mineurs que nous accompagnons a également chuté en 2023 », observe Diana Radoslavova, coordinatrice de Voice in Bulgaria, qui évoque des enfants seuls d’à peine 13 ans. Une centaine de mineurs isolés arrivés en 2023 a en effet moins de 14 ans. Cette ONG a mis en place un Centre d’aide juridique, dont les permanences se tiennent dans un bureau à Sofia, la capitale du pays, pour appuyer les exilés, y compris les mineurs isolés, dans leur demande de protection internationale.
    Entre janvier et avril 2024, d’après les dernière statistiques de la State Agency for Refugees (la division ministérielle en charge des demandeurs d’asile et réfugiés), 358 mineurs non accompagnés sont arrivés en Bulgarie et y ont demandé une protection. Plus de la moitié (191) viennent de Syrie. La seconde nationalité la plus importante : les Afghans. Suivis des mineurs égyptiens et, à la marge seulement, des enfants marocains, irakiens et pakistanais.
    Les enfants afghans sont hébergés, eux, plutôt à Sofia. Tout un étage du centre d’accueil et d’enregistrement de Voenna Rampa, en périphérie de la capitale, est réservé à ces mineurs non-accompagnés. Pour y accéder, les transports en commun sont rares et distants. Il faut cheminer plusieurs dizaines de minutes entre les entrepôts logistiques, les poids lourds plein de rouille et les décharges de ferraille d’une zone industrielle.
    Sur cette route peu hospitalière, Shahzada, 17 ans, et Khan Agha, 16 ans, marchent d’un bon pas. C’est l’heure pour eux de rejoindre la distribution du repas à l’intérieur du centre, sac plastique dans les mains. Khan Agha a quitté son pays, l’Afghanistan, il y a un an et demi. Puis il a passé plus d’un an en Turquie : « Je travaillais dans une petite ville turque, dans une usine, pour gagner ma vie et payer le passeur ». C’est aussi le cas de son ami Shahzada, parti sur les routes plus tôt, et arrivé six mois avant lui sur le territoire turc.
    « Soit on reste ici, soit on reprend notre route » vers l’Europe de l’ouest.
    (...) Khan Agha assure avoir réussi à passer de la Turquie vers la Bulgarie « sans difficulté ». Shahzada ne peut pas en dire autant : la première fois qu’il a tenté de passer, début 2024, « les garde-frontières bulgares m’ont arrêté et refoulé. Ils ont pris mon portable et mon argent ». La seconde tentative fut la bonne. Les deux jeunes hommes sont sur le territoire bulgare depuis une dizaine de jours seulement. Leur plan pour la suite ? « C’est 50/50. On ne s’est pas encore décidés : soit on reste ici, soit on reprend notre route » vers un pays plus à l’ouest de l’Europe, confient-ils, un peu perdus.
    Ici, au centre de Voenna Rampa, le troisième étage, donc, est entièrement dédié à l’hébergement des mineurs. « Il y a beaucoup d’Afghans. Le repas n’est pas mal, c’est suffisant », décrivent les deux jeunes sans se plaindre.Chaque fin d’après-midi, à 18 heures, les portes du centre se ferment. Elles ne rouvriront qu’à 9 heures le lendemain matin.
    Alors en cette fin de matinée, certains jeunes ont besoin d’aller prendre l’air. Comme Kamran, 17 ans, qui vient de sortir du centre avec deux amis, juste pour faire un tour. Lui aussi se trouve à Sofia depuis une dizaine de jours. Il a quitté l’Afghanistan fin 2022, avant de passer plus de huit mois en Turquie. En revanche, de son côté, aucune hésitation : « Je ne veux absolument pas rester en Bulgarie. Je veux aller en Allemagne. Puisque je suis mineur, on ne va pas me renvoyer ici », espère-t-il. Kamran n’est pas du tout à l’aise avec les conditions de vie à Voenna Rampa. « Le repas qu’on nous donne ici n’est ni bon ni suffisant. C’est ce qu’on donne aux prisonniers. » Surtout, il se sent mal accompagné : « Il y a un médecin, mais qui prescrit un seul médicament pour toutes sortes de douleurs. »
    Malgré nos sollicitations, l’accès à Voenna Rampa nous a aussi été refusé : « Aucun journaliste ni aucune caméra n’est autorisé à entrer dans le centre », nous fait savoir l’agent de sécurité, qui contrôle fermement les entrées et sorties.
    « Ces centres devraient être la dernière option pour ces enfants », fustige Diana Radoslavova, de Voice in Bulgaria. « Surtout les plus jeunes qui ont autour de 13 ans, voire en-dessous, 10 ans... Pour eux, nous devrions mobiliser le système de protection de l’enfance bulgare, et seulement en tout dernier recours les placer dans ces centres ». Or, très peu de mineurs isolés accèdent au dispositif national de protection de l’enfance. Les places sont rares, une fois les enfants bulgares pris en charge. Plusieurs ONG intensifient cette année leur travail de sensibilisation auprès de familles d’accueil bulgares, pour répondre au manque de solutions. « Personne ne veut d’eux », déplore Diana Dimova, responsable de l’ONG Mission Wings basé à Harmanli, qui organise des activités ludiques et sportives pour les enfants du centre. « Souvent, nous créons ici un lien avec des enfants qui, quelques mois après, disparaissent dans la nature. Nous perdons leur trace. Il est arrivé que l’on apprenne plus tard que certains sont morts plus loin, seuls, à une autre frontière. C’est le sujet le plus douloureux pour moi ».

    #Covid-19#migrant#migration#bulgarie#routemigratoire#MNA#sante#santementale#droit#enfance

  • L’Australie transfère à nouveau des demandeurs d’asile en rétention à Nauru
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/11/l-australie-transfere-a-nouveau-des-demandeurs-d-asile-en-retention-a-nauru_

    L’Australie transfère à nouveau des demandeurs d’asile en rétention à Nauru
    Par Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)
    Publié le 11 juin 2024 à 18h25
    Combien de demandeurs d’asile ont-ils été envoyés par l’Australie dans le micro-Etat de Nauru, dans le Pacifique Sud, depuis un an ? En juin 2023, il ne restait plus aucun réfugié sur l’îlot qui, depuis 2012, prend en charge des migrants illégaux sous-traités par Canberra dans le cadre de sa politique migratoire de rétention offshore. Mais dès le mois de septembre, et pour la première fois en neuf ans, l’Australie a transféré là-bas onze nouveaux clandestins suite à une « arrivée maritime non autorisée ». D’autres bateaux ont suivi, dont au moins trois en mai. Depuis, le cap des cent personnes aurait été franchi.
    Le nombre exact est gardé secret par les autorités australiennes « pour des raisons de sensibilité opérationnelle ». Le Asylum Seeker Resource Centre (ASRC), une organisation non gouvernementale qui offre un soutien et des services aux demandeurs d’asile et aux réfugiés, estimait, vendredi 7 juin, qu’ils seraient 101. « Il a été extrêmement difficile d’établir un contact avec eux. Le gouvernement a rendu cela très compliqué en leur fournissant des téléphones qui ne sont pas des smartphones. Mais nous avons finalement réussi à contacter beaucoup d’entre eux, et nous essayons de les aider », explique au Monde Ogy Simic, responsable du plaidoyer pour l’ASRC, qui s’alarme, comme toutes les ONG engagées dans le secteur, du « manque de transparence sans précédent » des autorités concernant à la fois l’identité de ces personnes, les lieux où elles sont envoyées et leurs conditions de détention.
    Arrivé au pouvoir en mai 2022, le premier ministre travailliste, Anthony Albanese, n’a pas renoncé à l’implacable mais populaire politique migratoire développée par les conservateurs en 2013, prévoyant que tout migrant illégal intercepté en mer soit expédié dans un centre de rétention offshore et se voie interdire, à vie, de la possibilité de s’établir sur l’île-continent. L’adoption de cette stratégie avait permis au pays de mettre un terme à l’arrivée de quelque 200 bateaux clandestins par an, en moyenne, entre 2010 et 2013, mais elle avait aussi envoyé en enfer 3 127 personnes originaires d’Afghanistan, du Sri Lanka ou encore du Moyen-Orient, abandonnées loin de tout pour une durée indéterminée. Le régime de traitement offshore de l’Australie constitue un « traitement cruel, inhumain ou dégradant » et viole « les règles fondamentales du droit international », avait ainsi déclaré, en février 2020, le bureau du procureur de la Cour pénale internationale.
    Au fil des ans, au moins douze personnes sont mortes dans ces centres, dont la moitié se seraient suicidées. Si Canberra a finalement réussi à les vider grâce à des accords d’accueil conclus avec des pays tiers, dont les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, cela lui a pris des années. Plusieurs centaines de migrants, rapatriés pour raisons sanitaires en Australie, sont toujours dans les limbes. « Nous sommes extrêmement déçus par le gouvernement travailliste qui, au lieu de s’engager fermement à mettre fin à la détention offshore, a renvoyé des nouveaux demandeurs d’asile à Nauru. Nous repartons à zéro. C’est un film d’horreur politique », se désole Ian Rintoul, porte-parole de la Refugee Action Coalition.
    Après les onze premières personnes transférées à Nauru en septembre, d’autres groupes ont suivi, pour atteindre 54 personnes en mars, puis 64 en mai, selon l’un des rares décomptes donnés par les autorités. Les ONG estiment qu’au moins trois bateaux seraient arrivés en Australie en mai et que la plupart de leurs passagers auraient également été transportés sur l’îlot, situé à 3 000 kilomètres au nord-est du continent austral. Là-bas, ils seraient enfermés dans le centre de rétention RPC1 qui, ces dernières années, avait essentiellement servi de petite clinique d’urgence, de centre administratif et de logement pour les gardes de sécurité, tandis que les réfugiés avaient été placés dans des centres ouverts, ce qui n’avait pas suffi à atténuer leur détresse psychologique.
    « Ces nouveaux demandeurs d’asile éprouvent également une anxiété considérable, témoigne Ogy Simic. Nous avons parlé avec des personnes souffrant de problèmes de santé mentale dont les difficultés sont minimisées. Certains d’entre eux ont également des pensées suicidaires. » Leur situation est d’autant plus préoccupante qu’ils ne sont pas compris dans les accords passés avec des pays tiers et qu’ils pourraient devoir attendre, à leur tour, des années avant qu’un Etat n’accepte de les accueillir.
    « Tout cela fait partie d’une politique de relations publiques conçue pour infliger une douleur maximale à des personnes innocentes, prétendument pour envoyer un message aux éventuels passeurs. Le gouvernement australien, qui refuse même aux parlementaires de visiter les centres de rétention, pratique une forme de cruauté performative », dénonce le sénateur David Shoebridge, responsable des questions migratoires au sein des Verts australiens, qui s’insurge également contre le coût exorbitant de cette politique, qu’il considère comme une « utilisation obscène de l’argent public ».
    Selon les derniers chiffres fournis par le gouvernement, début juin, la facture pour les neuf mois entre juillet 2023 et mars 2024 s’élève à 240 millions de dollars australiens (146 millions d’euros). Le maintien des installations, même vides, continuerait de coûter au moins 350 millions de dollars (213 millions d’euros) par an afin qu’elles restent opérationnelles, avaient indiqué les autorités en mai 2023. Depuis 2012, le coût total du régime de traitement offshore de l’Australie est estimé à près de 10 milliards de dollars (6 milliards d’euros).

    #Covid-19#migrant#migration#australie#asile#nauru#droit#sante#santementale#politiquemigratoire