• do•doc | Accueil
    https://dodoc.fr

    les principes de do•doc :

    L’interface s’organise autour de trois fonctions principales : une fonction de création de médias (la capture), qui permet d’enregistrer des médias (image, vidéo, animation, son ou svg) ; une fonction d’organisation des contenus créés ou importés (la bibliothèque de médias, organisée en dossier et projets) et une fonction d’éditorialisation des contenus(la marmite qui propose plusieurs recettes, càd différents formats éditoriaux : document, slides, vidéos...). Une fonction de chat est venue compléter ces trois fonctions principales.
    do•doc en local ou do•doc en ligne :

    do•doc existe comme une application locale : il s’installe sur un ordinateur qui sert alors de serveur. Lorsque d’autres appareils (téléphones, tablettes, ordinateurs) partagent le même réseau wifi que cet ordinateur-serveur, ils peuvent tous se connecter sur l’interface et en même temps travailler collaborativement sur les contenus.
    Pour être partagés ou réexploités, ces contenus peuvent ensuite être téléchargés et/ou publiés en ligne (voir comment ici).

    do•doc existe aussi dans une version en ligne (voir par exemple l’instance de test popup : yes). Nous pouvons aider à la configuration de votre instance - merci de nous contacter par mail.

    #édition

  • ChatGPT Killed the Web : For the Better ?
    https://www.nicolasbustamante.com/p/chatgpt-killed-the-web-for-the-better

    I haven’t used Google in a year. No search results, no blue links. ChatGPT became my default web browser in December 2024, and it has completely replaced the entire traditional web for me.

    Par un des fondateurs de Doctrine, et d’autres startups IA/search (Fintech dernièrement).

    Au delà de son technocratisme, et de sa vision totalement biaisée de l’histoire d’internet (avant le Web 2.0 il y avait DEJA plein de contenus proposés par les gens, et des millions de forums et de communautés, avec des « databases », avant les plateformes centralisatrices)…

    Ce que je trouve fous c’est que d’une certaine manière, il y a au moins une raison valable à en être arrivé là : pendant 20 ans au moins, on a complexifié le web avec des designs de plus en plus compliqués et lourds avec JS, images, vidéos, et même les CSS de plus en plus compliqués aussi, à faire du pixel perfect, puis ensuite du responsive, puis ceci cela. Avec du coup en parallèle une tout aussi considérable augmentation et complexification des normes liés, CSS, HTML, HTTP, JS moderne, etc.

    Alors que dans 99% des cas, les gens recherchent une information ou une action purement textuelle (des articles, des horaires, la carte d’un resto, un échange pour réserver un train ou une table quelque part pour tel jour et telle heure…).

    Or la solution « la plupart des infos importantes peuvent être fournies dans des chats textuels » bah c’est réellement une idée qui fonctionne au niveau UX. Qui fonctionne et qui suffit à plein de gens par rapport à ce qu’illes recherchent, dans de très très nombreux cas d’utilisation.

    Sauf que pour implémenter cette idée, on se retrouve avec une infrastructure encore plus énorme et plus énergivore et plus polluante que TOUT ce qui a été fait depuis 25 ans avec les Flash, avec la gabegie d’images et vidéos dans les sites, les applis JS, etc (enfin je dis ça mais je ne sais pas si faire tourner un LLM déjà constitué est plus polluant que Youtube et ses trilliards de vidéos inutiles).

    Pourtant comme il le dit : pour avoir les infos de ta communauté locale (aussi bien asso, militance, que coiffeur, resto…) ou pour avoir des recettes de cuisine : à peine quelques kilo-octets ou méga-octets suffisent en Markdown pour tout contenir (et ça peut vraiment en contenir très beaucoup). Et aucun besoin d’avoir l’interface de chaque marque/site/etc, avec des polices différentes, des infos présentées différemment jamais au même endroit, jamais de la même manière. Si t’as un lecteur de chat/markdown dans ta machine (ordi ou phone) que tu configures avec ta grosseur de texte et ta police la plus lisible pour toi : ça suffit !

    La question est donc surtout celle de l’accès, du mode de découverte, et de comment les contenus sont sélectionnés et arrivent à toi. Plutôt que tout laisser à des moteurs en boite noire, on pourrait très bien imaginer que l’on « s’abonne » à des sources de confiance comme on le fait pour insta et tous les réseaux (aussi bien des sites unitaires, wikipedia, le blog de mon amie, mon resto préféré, que des sites agrégateurs « les commerçants de ma commune XXX », l’agenda militant de mon département, etc). Et que l’appli chatbot comprennent ton prompt, et cherche dans ce contenu abonné en priorité (extrêmement rapide à partir du moment où c’est que des infos textuelles en Markdown). Ce qui n’empêche pas des services de faire du crawling et proposer d’autres résultats (ce qui peut te faire t’abonner à d’autres sources si leur contenu t’as intéressé).

    On peut relier ça à des initiatives comme Gemini (qui permet encore moins de choses que Markdown, ce qui fait vraiment pas beaucoup : autant garder Markdown qui reste sobre tout en étant bien plus utilisé et connu).

    Mais ce qui compte vraiment c’est « comment on y cherche, comment on y accède ». Et l’UX « chat qui comprend ma question en langage naturel, et qui sait chercher dans un corpus précis de sources textuelles » est extrêmement efficace et suffisant pour la plupart des besoins : sans souris, sans mille clics dans des menus, sans GIF animé.

    #web #chatbot #interface #markdown #prospection #IA_générative

    • Plutôt que tout laisser à des moteurs en boite noire, on pourrait très bien imaginer que l’on « s’abonne » à des sources de confiance comme on le fait pour insta et tous les réseaux (aussi bien des sites unitaires, wikipedia, le blog de mon amie, mon resto préféré, que des sites agrégateurs « les commerçants de ma commune XXX », l’agenda militant de mon département, etc).

      Tu veux dire « flux RSS » ? :D Flux que je réutilise massivement depuis quelques années (après les avoir lâchement abandonné), c’est fou le gain de temps que ça apporte (mon lecteur de flux a une fonction de recherche aussi). Couplé avec l’extension « minimal » sur Firefox, je perds beaucoup moins de temps sur internet. Le « problème » de ce genre de solutions (même en imaginant une version améliorée) c’est que les éditeurs de sites web n’ont aucun intérêt à mettre ça en avant. Ce qui explique probablement en partie pourquoi RSS a été laissé de côté par beaucoup de monde (et sur Youtube c’est toujours là mais très bien caché).

    • @alexcorp oui et non, les RSS c’est conçu pour avoir « les nouveautés ». Si tu t’abonnes à Wikipedia, ça te fait pas télécharger l’entièreté de la base (et dans toutes les langues) et tu peux pas chercher dedans. Plus haut je parlais d’un système d’abonnement à des sources comme ça mais pas pour les nouveautés, pour pouvoir dire à l’UX de recherche « c’est dans ces sources là que tu dois chercher uniquement (ou en priorité) ». Si le contenu complet de ces sources sont aspirables et dupliquables facilement en markdown (le plus léger possible, seulement le contenu texte utile), alors un chatbot peut comprendre ta question et chercher dans ces contenus légers uniquement et te générer seulement ce qui t’es utile sans fouiller toi-même de grand volume de données. De manière efficiente et il me semble relativement peu coûteuse en énergie.

      Les gens communs sont pas des devs, et on vont jamais fouiller dans des bases. Les articles de tes flux RSS c’est « des bases », il faut chercher en fulltext dedans puis relire en détail les X résultats sortis pour trouver l’information que tu voulais. Si ton besoin c’était « liste moi les restos ayant des ramens végétariens autour de chez moi, et leur horaire pour chacun », un chatbot fouillant spécifiquement dans l’unique base « les commerçants de ta commune » qui contiendrait toutes les infos de base de chacun en markdown (dont les cartes détaillées), te générerait ça en très peu de temps et avec peu d’effort machine. La recherche toi-même manuelle serait immensément plus longue, et avec une UX désastreuse (et c’est pareil en cherchant ça par le web graphique).

      Évidemment comme tu le dis, le plus gros problème c’est : est-ce que les gens veulent fournir ces informations gratuitement et à jour en tant que « biens communs ». Cela dit, même les commerçants pourraient y voir un intérêt direct, d’être bien référencés, si ça leur fait venir des clients. Et ces services « d’infos en markdown » pourraient être mutualisés par commune ou autre regroupement thématique/affinitaire (comme les mastodons), pas besoin de chacun implémenter le sien.

    • @rastapopoulos oui on pourrait imaginer un service public qui mettrait ça en place, au moins pour des trucs simples (infos d’ouverture de commerce ou d’institutions, ramassage des ordures etc.). Avec un LLM local (ou localement mutualisé). Cela dit je ne sais pas si le coût énergétique sera mieux qu’avec les sites actuels (type tripadvisor par exemple pour avoir les menus/horaires des restos).
      Par contre l’exemple dans l’article c’est le truc agentique du type « réserve moi le resto ce soir », en admettant que ça fonctionne bien (j’ai quelques exemples de dysfonctionnements assez drôles autour de moi) je ne suis pas certain que les gens réclament ce genre de fonctionnalités.

  • Quelqu’un a déjà utilisé #FireFlies ?

    Lors d’échanges avec un potentiel client, celui-ci m’a indiqué l’utiliser et, 5 minutes après la conclusion des échanges m’a fait parvenir le compte-rendu réalisé automatiquement.

    Je dois dire que c’est assez bluffant… CR bien structuré, exhaustif, suivi d’un relevé des actions à mener pour chaque acteur. Ayant, régulièrement, à accomplir des tâches de secrétariat – avec un sentiment croissant de pénibilité… – c’est vraiment très tentant.

    Un collègue, dans une autre réunion – dont ni lui, ni moi n’avait à assurer le secrétariat – m’a fait part d’une expérience en tout point similaire.

    Cet emploi de l’IA pour une « tâche ancillaire » plutôt énergivore est vraiment très tentant. D’autres exemples ? des idées ou remarques ?

    • Quand cela est possible, je n’utilise plus d’applications connectées aux nuages des GAFAM. Si tu trouves une application de ce genre totalement déconnectée des nuages des GAFAM, qui par exemple s’exécute en local, sans ne rien faire fuiter vers l’extérieur à un ou des tiers que tu ne maîtrises pas, alors, peut-être que l’étude d’une telle fonctionnalité pourrait devenir pertinente, à mes très humbles yeux.

      Ici, ce que je remarque, depuis que je délègue ce travail de résumé des réunions à l’équipe (d’humains), je constate que je perds contact avec les projets. C’est parfois ennuyeux. Et difficile de trouver l’équilibre entre délégation, et conservation du contact avec les projets afin de continuer à avoir des avis pertinents sur les projets et leur avancement.

      Mais je délègue à l’équipe. C’est à dire que la connaissance reste parmi nous.

      Déléguer ce travail à des machines, c’est laisser la connaissance intime des projets s’évaporer ; parce que le travail de résumé des réunions, est un travail d’organisation des connaissances indispensable, qui ne devrait pas s’évaporer. Or, c’est cette connaissance intime que nos donneurs d’ordres nous délèguent et sur laquelle ils comptent bien que nous soyons à même d’être réactifs au moment de devoir la mobiliser.

      Je pense que le tort de notre époque est de se satisfaire de tous nous placer en situation de surcharge mentale, situation nous rendant désirable la possibilité de nous débarrasser de processus indispensables mais fastidieux.

    • En Italie, des manifestations en solidarité avec Gaza rassemblent des dizaines de milliers de personnes
      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/09/22/en-italie-des-manifestations-en-solidarite-avec-gaza-rassemblent-des-dizaine

      Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté, lundi, à travers toute l’Italie pour « dénoncer le génocide à #Gaza », lors d’une journée de mobilisation marquée par des grèves et des blocages à l’appel de plusieurs syndicats reprenant le slogan du mouvement français Bloquons tout.

      A Rome, elles étaient plus de 20 000, selon la préfecture, dont de nombreux lycéens, brandissant des drapeaux palestiniens. Des manifestations se sont également déroulées à Milan, Bologne, Turin, Florence ainsi qu’à Gênes et Livourne où les quais des ports ont été bloqués par des dockers.

      A Milan, des heurts ont opposé des manifestants et des policiers près de la gare centrale. Jetant des projectiles (pierres, chaises…) sur les policiers, des dizaines de manifestants ont pénétré dans la gare avant d’en être repoussés par les forces de l’ordre avec des gaz lacrymogènes.

      Cette mobilisation survient le jour où la France et plusieurs autres pays doivent reconnaître l’Etat de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations unies, dans le sillage du Royaume-Uni, de l’Australie, du Canada et du Portugal dimanche. Mais l’Italie, très prudente sur le dossier, ne veut pas se joindre à cette décision.

      Le gouvernement ultraconservateur de Giorgia Meloni, proche idéologiquement du président américain, Donald Trump, ne veut pas reconnaître « pour le moment » l’Etat de #Palestine et se montre réticent aux sanctions commerciales proposées par l’Union européenne, même si la présidente du conseil italien a fait part à plusieurs reprises de sa « préoccupation » vis-à-vis de l’offensive israélienne.

    • L’Italia in sciopero generale. Oltre cento piazze per Gaza
      https://ilmanifesto.it/litalia-in-sciopero-generale-oltre-cento-piazze-per-gaza

      Vista la sordità del governo italiano e dell’Ue davanti al genocidio in corso a Gaza, non resta che «bloccare tutto». È questa la parola d’ordine che lunedì 22 darà il via alla mobilitazione permanente per portare supporto alla Global sumud Flotilla e imporre un cambiamento di registro nei rapporti tra Italia e Israele.

      SONO QUASI 100 le piazze convocate sino ad ora ma l’elenco si allunga di ora in ora: in tutto il paese ci saranno cortei, presidi, scioperi spontanei e strutturati, come quello dei sindacati di base Usb, Cub e Adl con l’adesione di centinaia di organizzazioni della società civile (dai collettivi di studenti a quelli dei precari, Non una di meno, Anpi, Arci, Medici senza Frontiere, Emergency, solo per citarne alcune) . «Partiremo con 24 ore di sciopero e 24 si mobilitazione, ognuno secondo le sue modalità», spiega Giulia di Sumud supporters Roma, “equipaggio di terra” della Flotilla. «Siamo certi che ci sarà una grande partecipazione – continua- la missione della Gsf è stata vista come una possibilità di attivazione reale rispetto al fare da spettatori terrorizzati e inerti davanti a una cosa enorme come il genocidio e la corsa al riarmo».

      LO SCORSO VENERDÌ a proclamare lo sciopero generale con le stesse motivazioni era stata la Cgil, smarcandosi dal resto del movimento per la Palestina. Anche in quel caso la partecipazione è stata alta (con punte di adesione in alcune fabbriche del 90 e del 100%). «Non era scontato», ha commentato il segretario generale del sindacato, Maurizio Landini. «Si sta allargando troppo l’idea che la guerra è lo strumento normale di regolazione dei rapporti mentre c’è bisogno di proseguire, forti del consenso e della partecipazione che c’è stata», ha detto Landini lanciando la prossima manifestazione della Cgil, il 25 ottobre a Roma.

      La scelta del sindacato di non partecipare alla giornata di lotta, già convocata, del 22 settembre e di andare in solitaria ha lasciato del rammarico tra gli iscritti, abituati da sempre a condividere i temi della pace con decine altri di partner. «La Cgil sarebbe potuta entrare con le sue parole d’ordine in un grande movimento che vale molto di più della logica di contrapposizione tra sindacati», commentano dalla rete che organizza la mobilitazione di lunedì.

      Da notare, in ogni caso che sia la giornata della Cgil che quella dei sindacati di base sanciscono il ritorno dello sciopero politico. «Ci sono state tante remore negli anni a utilizzare uno strumento di questo tipo ma gli stessi sindacati si sono resi conto che era l’unica arma assieme a pratiche radicali di blocco – dicono ancora i componenti romani della Sumud supporters -. Questa volta non saranno portate avanti da avanguardie ma dal basso, da tutta quella parte di popolazione che non riesce a stare con le mani in mano vedendo in diretta la distruzione di Gaza e lo sterminio dei suoi abitanti e ascoltando aberrazioni come lo sfruttamento immobiliare della Striscia».

      USB proclama lo sciopero generale per il 22 settembre: difendere la Flotilla, fermare il genocidio a Gaza, stop all’economia di guerra
      https://www.usb.it/leggi-notizia/usb-proclama-lo-sciopero-generale-per-il-22-settembre-difendere-la-flotilla-ferm

      union des syndicats de base, CUB (comités unitaires de base) etc., et non pas CGIL (sauf localement, par boites, etc.).

    • L’equipaggio di terra (oltre lo sciopero del 22 settembre) – di FabeR
      https://effimera.org/lequipaggio-di-terra-oltre-lo-sciopero-del-22-settembre-di-faber

      Inizio settembre: la preparazione
      Nelle settimane successive i sindacati di base, organizzazioni studentesche, collettivi, gruppi spontanei, movimenti in tutta la Penisola raccolgono l’invito uscito dall’assemblea di Genova e dalle persone che dai diversi porti si preparavano a salpare in direzione Gaza formando la Global Sumud Flotilla a diventare il loro equipaggio di terra: la loro scorta mediatica e fisica.

      In arabo sumud (صُمُود) deriva dalla forma verbale samada (صَمَدَ), che significa sia “resistere” sia “prendere”: ha quindi un’accezione sia passiva sia attiva. Sumud descrive la caparbietà dei palestinesi nel volere abitare le terre che spettano loro secondo la stragrande maggioranza della comunità internazionale, e fa quindi riferimento a una resistenza non violenta e non armata, ma attuata attraverso la permanenza. Non significa solamente essere capaci di sopravvivere o di riprendere forza per gestire o adattarsi allo stress e alle avversità, ma implica anche mantenere un atteggiamento risoluto di sfida all’oppressione e alla sopraffazione.

      Mentre in Italia si susseguivano assemblee e cortei di migliaia di persone, iniziative nei diversi quartieri e spazi sociali, presentazioni e collegamenti con chi stava organizzando la Flotilla, nei porti di Barcellona e Tunisi 24 barche si preparavano a partire verso la Sicilia raggiungendo le 18 navi italiane che completavano la più grande iniziativa civile indipendente di aiuto della storia. L’8 e il 9 settembre nel porto di Tunisi due imbarcazioni venivano attaccate e fortemente danneggiate da due droni (fortunatamente senza nessuna conseguenza per l’equipaggio) ritardando la partenza di qualche giorno.

      16-18 settembre: l’invasione di Gaza City e reazioni
      Martedì 16 settembre Israele inizia l’invasione di terra di Gaza City compiendo un ulteriore passo in avanti nel massacro dei palestinesi e nella distruzione di ciò che resta della Striscia, in Italia e in diverse parti di Europa si svolgono numerosi cortei di protesta che portano in strada decine di migliaia di persone i cui corpi provano a testimoniare l’opposizione e la ferma condanna a quanto sta accadendo. Di fronte a questo ennesimo atto criminale l’esigenza di costruire in maniera capillare ed efficace lo sciopero generale del 22 settembre aumenta. In questo contesto la CGIL proclama alcune ore di sciopero a livello territoriale con alcuni presidi/iniziative per il 19 settembre in solidarietà a quanto sta avvenendo, molte persone non capiscono molto il senso di non convergere sul 22 ma anche in questa situazione si preferisce guardare al proprio giardino di casa e alle dinamiche identitarie tra i diversi sindacati. L’ennesima occasione persa.

      Mercoledì 17 una serie di assemblee preparatorie allo sciopero generale (a Milano assemblea metropolitana con 150 persone nella sede di USB) e giovedì 18 altra giornata di mobilitazioni su tutto il territorio e nei diversi quartieri: in particolare a Roma prende vita un inedito sciopero di quartiere a Torpignattara, al Pigneto e al Quadraro.

      Nel frattempo la Commissione Esteri dell’Unione Europea approva un pacchetto di sanzioni contro Israele che Alberto Negri sul Manifesto definisce senza mezzi termini “fumo negli occhi”.

      19 settembre: la partenza della Flotilla
      Venerdì 19 settembre finalmente le 42 barche della Global Sumud Flotilla partono da Portopalo di Capo Passero, nella parte sudorientale della Sicilia, e in queste ore stanno navigando a circa 350 chilometri dalle coste italiane (qui si può seguire in tempo reale la Flotilla).

      «Siamo partiti, stavolta non ci fermiamo più», ha detto la portavoce Maria Elena Delia, ribadendo che il messaggio dell’iniziativa è soprattutto umanitario e politico. Nel frattempo, d’accordo con la Flotilla, l’organizzazione genovese Music for Peace sta preparando un corridoio umanitario via terra, per far arrivare a Gaza altre 300 tonnellate di aiuti: solo 40 delle 500 totali raccolte a Genova infatti sono state caricate sulle barche, tutte non ci stavano.

      Il 22 settembre e oltre
      Lo sciopero del 22 settembre sarà un momento importante di mobilitazione, di appoggio reale alla Flotilla e di vicinanza alla popolazione palestinese, ma sarà in prospettiva anche un tentativo di invertire la sensazione di impotenza che abbiamo interiorizzato in questi due anni a fronte di un genocidio compiuto in diretta senza che nessuno in tutto il mondo abbia avuto la capacità di fermarlo o metterlo concretamente in discussione. Un tentativo di convergenza per riprendere il filo di un discorso e di pratiche emerse negli ultimi anni. A Milano un’occasione, tra le altre, di convergenza sarà costituita dallo spezzone “Books not Bombs” già presente nel primo sciopero per Gaza del 20 giugno scorso.

      Le persone che sono salite sulle barche e che stanno navigando in queste ore verso la costa della Striscia stanno provando a mettere i loro corpi al fianco dei corpi dei palestinesi al contempo sfidando i propri governi affinché prendano una posizione ancora più netta di condanna reale e concreta al genocidio in corso. Noi che siamo l’equipaggio di terra dobbiamo continuare ad accompagnare la Flotilla e fare tutto ciò che ci è possibile fare per bloccare il genocidio in corso. Con tutta la potenza dei nostri cervelli e dei nostri corpi: per tornare ad essere Sumud e Global anche noi.

    • Blocchiamo tutto

      Extraits de l’éditorial de la revue Contropiano, giornale communista on line.
      https://contropiano.org/editoriale/2025/09/23/si-sono-rotti-gli-argini-0186872
      https://lundi.am/Que-reste-t-il-du-10-septembre

      En Italie, lundi 22 septembre, il s’est passé quelque chose qui a une signification politique énorme, qui marque probablement la fin de la « passivité sociale ».
      Une grève générale appelée par un syndicat comme l’USB [Union syndicale de base, comparable à Solidaires] – important, mais n’ayant certes pas les dimensions des deux formations de régime qui dominent encore le panorama syndical – s’est unie au sentiment de de rébellion pacifique de millions de personnes qui assistent depuis deux ans à un génocide en direct à la télévision.
      L’ensemble des associations et des organisations qui avaient lancé la mobilisation était certes vaste, comme il était déjà advenu tant de fois, mais jamais il n’avait mis en mouvement une masse de gens comme celle qu’on a vu hier.
      La question à laquelle il faut répondre est terriblement simple et compliquée : qu’est-ce qui unit cette masse ? Qu’est-ce qui la fera tenir ensemble, la fera croître, dans les mois et les années à venir ?
      Essayer d’isoler l’aspect de « conflit économique », typiquement syndical, par rapport à l’aspect politique, social, humain, devient aujourd’hui impossible. La réalité du monde actuel tient ensemble, sans possibilité de séparation, les « données structurelles » et l’univers des contradictions sociales, ou seulement « de valeurs ».
      Ceux qui l’ont compris les premiers, ce sont ces travailleurs qui ont forgé le mot d’ordre « Baisser les armes, hausser les salaires » (Giù le armi, su i salari). Parce que jamais comme aujourd’hui il n’est apparu, on n’a senti sur sa propre peau, la chaîne qui relie l’appauvrissement de ceux qui ont pourtant un travail, et la guerre à nos portes.
      (…) L’horreur, l’horreur pure, est désormais la marque véritable de la « civilisation occidentale », de Washington à Tel Aviv.
      A tout cela et beaucoup d’autres choses encore, cette masse de gens descendue dans la rue a la prétention de dire « ça suffit ! ». Elle le prétend en sachant très bien que les divers gouvernements et ensembles de gouvernements (Europe, Otan, etc.) sont complètement sourds et aveugles.
      Une horreur qui va logiquement au-delà du « simple » conflit de classes, de l’affrontement sur les salaires, les avantages sociaux, la santé, la liberté individuelle (à part celle de faire de l’argent). Mais qui comprend aussi en elle tous ces thèmes sur lesquels chacun, dans une mesure différente, chaque jour vérifie le caractère invivable de ce système d’accumulation. Non pas de « vie », mais de son contraire…
      La démonstration empirique est arrivée – de manière absolument inattendue – des automobilistes bloqués dans la circulation, applaudissant ouvertement les manifestants qui pourtant les « gênaient ».
      S’il en est ainsi, comme il nous a semblé en parcourant l’immense cortège de Rome et aussi d’autres, nous devons en premier lieu reconnaître que cette masse de gens – travailleurs, étudiants, retraités, mères, etc., est à la recherche d’une représentation surtout d’idées, de valeurs, de culture, au sens large.
      C’est beaucoup plus qu’une « représentation politique » pour laquelle voter aux prochaines élections, mais quelque chose de plus authentique, profond, durable, dans l’espoir de changer totalement l’égout dans lequel nous étouffons. Une vision du monde soutenue par des forces organisées peut-être encore minoritaires, mais sûrement pas prêtes à échanger des valeurs idéales contre un fauteuil.
      Quelque chose est né. C’est un bloc social atypique, par rapport au passé lointain. Mais au fond, nous sommes en d’autres temps – en des temps de guerres et donc de révolutions – et nous ne pouvons ni ne devons chercher le « déjà connu » pour affronter l’inconnu. C’est un nouveau paysage, qui réclame de nouvelles lunettes.
      Travailler avec attention et respect pour qu’il croisse, se consolide, s’éclaircisse autour de toutes sortes de thèmes est la précondition pour espérer le faire toucher au but. Celui d’un monde sans suprématismes de classe ou de religion, et donc sans exploitation, sans guerres et sans génocides.

  • Causes biologiques du Covid long : le virus persiste des mois dans le cerveau

    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/decouverte-des-causes-biologiques-du-covid-long-le-virus-persiste-d
    https://www.sciencesetavenir.fr/assets/img/2025/07/31/cover-r4x3w1200-688b336a2f62d-covid-long-cause-virus-cerveau.jpg

    cette infection discrète dérègle l’expression (niveau d’activation) de plusieurs centaines de gènes à la hausse ou à la baisse. Pour une centaine d’entre eux, la différence est de plus du double (ou, pour une minorité, de la moitié) du niveau normal. « La dérégulation de ces gènes indique un problème de communication des neurones », interprète Guilherme Dias de Melo.

    Ces gènes sont en effet impliqués dans la production de deux neurotransmetteurs et récepteurs associés permettant la communication entre neurones, le glutamate et la dopamine, mais aussi dans la production d’énergie nécessaire au bon fonctionnement de ces neurones. Neurotransmetteur le plus abondant dans le cerveau, le glutamate lorsqu’il est déréglé est un signe de mauvaise santé cérébrale. Quant à la dopamine, elle est liée aux émotions, la mémoire et l’apprentissage, justement perturbés chez les malades atteints de Covid long.
    Des points communs avec les maladies neurodégénératives

    Lire aussLe Covid-19 pourrait accélérer le développement de la maladie de Parkinson

    « Ce qui est encore plus intéressant, c’est que les neurones qui produisent la dopamine sont peu nombreux et localisés dans une zone très spécifique du tronc cérébral. Ce sont précisément ceux qui sont détruits dans la maladie de Parkinson », explique Guilherme Dias de Melo. Ces travaux révèlent donc d’importants points communs entre le Covid long et la grande famille des maladies neurodégénératives. « Les neurones des animaux infectés ont une production d’énergie déficitaire, avec une inflammation et réponse immune innée très présente, et une dérégulation du métabolisme des neurotransmetteurs », énumère Guilherme Dias de Melo. « Energie, communication et inflammation sont trois points qui sont aussi à la base des maladies neurodégénératives. »

    Bien sûr, cela ne signifie pas que le Covid long donne la maladie de Parkinson ni aucune maladie neurodégénérative, mais que ces deux pathologies sont liées à des mécanismes similaires. Partant de ce constat, d’autres liens pourraient exister. « L’infection virale pourrait-elle être un élément déclencheur d’un processus dans le cerveau qui peut aboutir à ces maladies ? Ou persister et de façon cumulative favoriser l’apparition d’une maladie neurodégénérative ? », s’interroge Guilherme Dias de Melo.

    • On est loin d’en avoir fini avec SARS-CoV-2 ...
      https://www.nature.com/articles/s41586-025-09332-0

      Abstract

      Breast cancer is the second most common cancer globally, with most deaths caused by metastatic disease, often following long periods of clinical dormancy1. Understanding the mechanisms that disrupt the quiescence of dormant disseminated cancer cells (DCCs) is crucial for addressing metastatic progression. Infections caused by respiratory viruses such as influenza and SARS-CoV-2 trigger both local and systemic inflammation2,3. Here we demonstrate, in mice, that influenza and SARS-CoV-2 infections lead to loss of the pro-dormancy phenotype in breast DCCs in the lung, causing DCC proliferation within days of infection and a massive expansion of carcinoma cells into metastatic lesions within two weeks. These phenotypic transitions and expansions are interleukin-6 dependent. We show that DCCs impair lung T cell activation and that CD4+ T cells sustain the pulmonary metastatic burden after the influenza infection by inhibiting CD8+ T cell activation and cytotoxicity. Crucially, these experimental findings align with human observational data. Analyses of cancer survivors from the UK Biobank (all cancers) and Flatiron Health (breast cancer) databases reveal that SARS-CoV-2 infection substantially increases the risk of cancer-related mortality and lung metastasis compared with uninfected cancer survivors. These discoveries underscore the huge impact of respiratory viral infections on metastatic cancer resurgence, offering new insights into the connection between infectious diseases and cancer metastasis.

  • Georges Ibrahim Abdallah libéré, après quarante ans de détention
    Par Christophe Ayad – 17 juillet 2025
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/07/17/georges-ibrahim-abdallah-libere-apres-quarante-ans-de-detention_6621698_3224

    A la suite de la décision de la cour d’appel, jeudi 17 juillet, le Libanais, condamné pour complicité d’assassinats de diplomates en 1987, va quitter la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) et être expulsé vers Beyrouth.

    Après plus de quarante ans de détention, la justice française a ordonné la libération de Georges Ibrahim Abdallah, jeudi 17 juillet au matin. La cour d’appel de Paris a ordonné, au cours d’une audience non publique, la libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah et son expulsion vers le Liban. (...)

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    Orient XXI > Chris den Hond > Jean-Louis Chalanset > 5 novembre 2024
    https://orientxxi.info/magazine/georges-ibrahim-abdallah-40-ans-de-trop-en-prison,7737

  • 3 350 fûts de déchets radioactifs repérés, certains avec des « fuites, probablement de bitume » : quel bilan pour l’expédition Nodssum ? | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/3-350-futs-de-dechets-radioactifs-reperes-certains-avec-des-fuites-prob


    Le robot Ulyx a photographié les fûts, à plus de 4 000 m de profondeur. On voit ici un poisson des abysses et son ombre.
    Photo Flotte océanographique française - Campagne Nodssum

    Les 20 scientifiques partis étudier des fûts de déchets radioactifs dans l’Atlantique sont de retour à Brest. L’expédition a été riche en découvertes, raconte un des chefs de mission.

    L’image, capturée à plus de 4 000 m de profondeur, est saisissante. Des nuances de turquoise occupent l’essentiel du cliché. Au centre, on voit un poisson des abysses, sans doute un grenadier, nager à proximité d’un cylindre gris, marqué par un long séjour dans l’eau. Ce fût contient des déchets radioactifs. Il a été largué entre 1950 et 1990 par la France, la Belgique ou la Grande-Bretagne, à une époque où l’on pensait que les écosystèmes étaient quasi inexistants à ces profondeurs et que l’immensité de l’océan permettrait une grande dilution en cas de fuite.

    Les scientifiques de la mission Nodssum, partis de Brest le 15 juin, de retour ce jeudi, ont exploré une vaste zone située à 600 km des zones françaises, au large de Nantes, à la recherche de ces fûts. « On a été impressionnés par le nombre de fûts que l’on a pu observer et l’ampleur de la zone, témoigne Patrick Chardon, un des chefs de mission. On a cartographié environ 3 350 fûts sur 163 km² (environ 20 fûts par km²). Les rejets ont été massifs. »

    « Fuites de nature inconnue »
    Le robot sous-marin autonome Ulyx, conçu par l’Ifremer, vivait là sa première vraie mission scientifique. Le test est réussi : « Nous avons été surpris par la qualité de ce que nous renvoyait le sonar. On voit parfaitement les fûts avec l’image acoustique, c’est une très belle surprise », s’enthousiasme Patrick Chardon. Les scientifiques ont même pu voir un squelette de baleine.

    La première inspection (« préliminaire et incomplète ») des images des fûts fait état d’un « état de conservation variable, avec des surfaces corrodées et une colonisation par des anémones », écrivent les chercheurs dans une synthèse. Ils ont aussi repéré sur certains fûts des fuites de matière, « de nature inconnue, probablement du bitume ».

    Radioactivité : « aucune anomalie »
    Les scientifiques ont prélevé 345 échantillons de sédiments, 5 000 litres d’eau et capturé 17 grenadiers et 17 amphipodes, des petits crustacés, pour les analyser. « Les outils de mesure de radioprotection indiquent des valeurs du même niveau que le bruit de fond environnemental », lit-on dans la synthèse.

    « On n’a constaté aucune anomalie du point de vue de la radioprotection dans les sédiments, avec les outils que l’on avait à bord, contextualise le spécialiste des effets de la radioactivité sur l’environnement au Laboratoire de physique de Clermont-Auvergne. On sera environ 100 fois plus précis en laboratoire, et il faut préciser qu’on s’est tenu à distance des fûts par principe de précaution. »


    Le robot Ulyx a été inspecté par une équipe de radioprotection après chaque plongée dans la zone de versement de résidus radioactifs.
    Photo Flotte océanographique française - Nodssum Cruise (J. Escartin)

    Une deuxième campagne, en 2026 ou 2027, permettra de faire des prélèvements à proximité immédiate et même au contact des fûts, grâce au robot télé-opéré Victor ou au submersible Nautile. « On a beaucoup de travail devant nous pour analyser les résultats et dimensionner cette campagne », annonce Patrick Chardon. Le scientifique, plus habitué « aux grosses manip’ autour des accélérateurs de particules », vivait sa première mission en mer : « C’était unique, avec une très bonne ambiance à bord. Tout le monde était mobilisé jusque très tard… Le sommeil n’a pas été régulier. » Il n’a « qu’une envie : repartir. Enfin… Après avoir dormi un peu ! »

    • l’article du 10 juin, au départ de la mission
      200 000 futs radioactifs par 4000 mètres de fond…

      « L’idée, c’est de savoir si on a bouleversé l’écosystème… » : une expédition part de Brest à la recherche de fûts de déchets radioactifs | Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/lidee-cest-de-savoir-si-on-a-bouleverse-lecosysteme-une-expedition-part


      L’Atalante, navire de la Flotte océanographique française, quitte Brest, dimanche, pour cartographier et étudier des fûts de déchets radioactifs immergés dans l’Atlantique. À l’arrière, l’engin autonome Ulyx.
      Photo Stéphane Lesbats/Ifremer

      Une expédition scientifique quittera Brest, dimanche, pour aller cartographier et étudier des fûts de déchets radioactifs jetés dans l’Atlantique, entre 1950 et 1990. « On part un petit peu dans l’inconnu », lâche un des chercheurs.

      Vingt-et-un scientifiques, de plusieurs nationalités, se lancent à la recherche de fûts de déchets radioactifs dans les abysses à l’aide d’un robot sous-marin. L’histoire commence comme un album de Tintin. Il s’agit d’une vraie expédition scientifique, qui partira de Brest, dimanche 15 juin, pour un mois. La comparaison avec le héros à houppette fait sourire Patrick Chardon, spécialiste des effets de la radioactivité sur l’environnement au Laboratoire de physique de Clermont-Auvergne : « Indiscutablement, il y a un côté aventure… On n’est pas dans les aventures du XIXe siècle mais ça reste quelque chose que je ne pensais jamais vivre dans ma vie de chercheur ».

      « On part un petit peu dans l’inconnu », poursuit le coresponsable de la mission. L’objectif des chercheurs du CNRS est de cartographier et d’étudier une zone où ont été immergés des milliers de fûts remplis de déchets radioactifs. Entre 1950 et 1990, plus de 200 000 fûts ont été jetés dans les abysses de l’Atlantique Nord-Est, à plus de 4 000 mètres de profondeur, par la France, la Belgique et la Grande-Bretagne.

      « Ils peuvent être encore assez radioactifs »
      « Cette solution semblait assez simple, peu onéreuse, contextualise Patrick Chardon. On est loin des côtes, il n’y a pas de volcan, rien qui ne puisse perturber la zone et on pensait - à tort - que les écosystèmes étaient peu développés ou quasiment inexistants à ces profondeurs-là. Et on considérait que l’eau permettrait une grande dilution en cas de fuite. »


      Six fûts ont été retrouvés lors d’une campagne de l’Ifremer et du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) en 1984. (Photo Ifremer/Epaulard)
      Ces largages, dénoncés à l’époque par Greenpeace, n’ont fait l’objet ni de cartographie, ni d’inventaire précis. Les scientifiques savent dans quelles zones se trouvent les fûts, mais ignorent où ils sont exactement et ce qu’ils contiennent précisément. « L’objectif est de faire un inventaire des fûts, de pouvoir évaluer leur état, voir s’ils sont éventrés ou non, s’ils sont encore en état de contenir la radioactivité ou pas, expose Patrick Chardon. Ils peuvent être encore assez radioactifs. » Une équipe de radioprotection sera, d’ailleurs, présente à bord pour protéger l’équipage.

      Des sédiments, des eaux, des poissons et des amphipodes, sortes de petites crevettes, vont être prélevés pour être analysés. « Ces prélèvements ne vont pas être faits à proximité immédiate des fûts, par précaution. On va se tenir à une certaine distance pour cette première campagne, vu qu’on travaille relativement à l’aveugle », précise Patrick Chardon. Une deuxième expédition, en 2026 ou 2027, aura pour objectif de faire des prélèvements plus près des amas de fûts, situés à la latitude de Nantes, à environ 600 km des côtes françaises.

      La « première mission » du robot Ulyx de l’Ifremer
      « L’idée, c’est de savoir si on a bouleversé l’écosystème, résume le spécialiste des effets de la radioactivité sur l’environnement. On sait qu’il y a eu la perturbation mécanique de l’impact, quand ils ont coulé. Il y a forcément aussi eu du rayonnement, des éléments radioactifs qui peuvent présenter une certaine affinité avec le vivant. Est-ce que l’écosystème a fait preuve de résilience, a évolué ? Est-ce qu’il a lui aussi agi sur la forme de la radioactivité ? » Les questions sont nombreuses. Les motifs de stress aussi, à quelques heures du départ.


      Le robot sous-marin autonome Ulyx va plonger à près de 5 000 mètres de profondeur à la recherche de fûts remplis de déchets radioactifs jetés dans les abysses entre 1950 et 1990.
      Photo Olivier Dugornay/Ifremer

      Jan Opderbecke dirige l’unité des systèmes sous-marins à l’Ifremer. Avec son équipe, il a conçu le robot sous-marin autonome Ulyx, qui plongera à près de 5 000 mètres à la recherche des fûts. « C’est sa première vraie mission scientifique, c’est un outil encore jeune, rappelle Jan Opderbecke. On a très peu de moyens de communication avec lui et, à ces profondeurs, une simple panne d’énergie peut être fatale. Il est conçu pour descendre à ces profondeurs mais il y a forcément une pointe de stress. »

      « Les moyens mis en œuvre sont très coûteux, donc on a une responsabilité, vis-à-vis de la société, de ramener des données et de faire avancer la science, ajoute Javier Escartin, géologue marin au Laboratoire de géologie de l’École normale supérieure. C’est un stress que l’on transmet à toutes les équipes ! » L’enthousiasme se partage aussi : « 

      Dans chaque campagne, il y a cette sensation de partir à l’aventure, assure le coresponsable de la mission. On va dans l’océan profond, qui n’a jamais été exploré, on a beaucoup de questions, on découvre des choses inattendues… Et on revient avec davantage de questions encore ! »

  • 429 victimes, 215 agresseurs : révélations sur les violences sexuelles commises par les forces de l’ordre
    https://disclose.ngo/fr/article/429-victimes-215-agresseurs-revelations-sur-les-violences-sexuelles-commis

    Pendant un an, Disclose a recueilli une trentaine de témoignages de victimes, interrogé des avocat·es et des policiers, consulté plus de quarante procédures judiciaires et exploré une décennie d’archives de presse. Ce travail nous a permis de constituer la première base de données sur les violences sexuelles perpétrées par des forces de l’ordre en France. Le bilan est accablant : Disclose retrouve la trace de 429 victimes déclarées de violences sexuelles commises par les policiers et gendarmes, entre 2012 et 2025. Des femmes en majorité (76 %), mais aussi des hommes (6 %) et des mineur·es (18 %).

    Le nombre de fonctionnaires mis en cause est tout aussi édifiant. D’après notre enquête, 215 policiers et gendarmes, tous grades confondus, ont été accusés de faits de harcèlement sexuel, d’agressions sexuelles ou de viols. Tous, sans exception, ont détourné les moyens de police mis à leur disposition par l’État. Ils ont utilisé les fichiers internes pour récupérer les coordonnées de leurs cibles, simulé des perquisitions, menacé avec leur arme de service, attendu leurs proies à bord d’une voiture siglée ou joué de leur statut pour imposer le silence. Selon notre base de données, 40 % d’entre eux ont fait plusieurs victimes au cours de leur carrière. À ce jour, cinq fonctionnaires sont toujours en poste, malgré une condamnation pour violences sexuelles.

  • Comme je marche avec mon temps - du moins, j’essaye de suivre - je me documente et cherche ce que le riant avenir promis par l’IA à mon outil de travail depuis 40 ans (oui VC sur Apple ][, ça fait 40 ans). J’ai donc jeté un œil sur data intelligence magazine qui dans son numéro 7 (juillet-août-septembre 2024) aborde le sujet

    N’attendez pas trop du contenu qui, pour ce que j’en perçois, reprend les sujets traités sur le site de M$ dans la partie traitant de Copilot dans Excel
    https://copilot.cloud.microsoft/fr-FR/copilot-excel
    et décline donc le même sommaire :
    – Identifiez les insights avec Copilot dans Excel
    – Mettez en surbrillance, triez et filtrez vos données avec Copilot dans Excel
    – Générer des colonnes de formule avec Copilot dans Excel

    en gros, la revue complète le texte de M$ par des copies d’écran des séquences demandées et des résultats obtenus
    notons que tout cela suppose que l’utilisateur ait placé ses données en mode « Tableau » ce qui, de fait, fait en sorte que tout soit à peu près intuitif dans les menus, barres d’outils ou onglets existants.

    En tous cas, j’espère que pour obtenir lesdits résultats, Copilot ne passe pas trop de temps à élaborer des LLM sophistiqués, parce que, en gros, je pense qu’il vaut mieux passer 3 minutes (mettons 15, allez) à comprendre comment fonctionne la mise en forme conditionnelle, le tri ou les filtres (deuxième point) que plusieurs heures (?) à essayer de comprendre comment il faut demander en langage naturel la chose à l’intelligence

    Une petite illustation pour illustrer les performances sur le troisième point ci-dessus (formule de calcul)

  • “L’écriture inclusive fait diminuer nos stéréotypes discriminatoires”
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/l-ecriture-inclusive-fait-diminuer-nos-stereotypes-discriminatoires-7020981

    Plus de trois cents études effectuées depuis un peu plus de quarante ans, par près de mille chercheurs d’une quinzaine de pays européens et nord-américains, aboutissent à une même conclusion : l’écriture inclusive change de façon efficace nos représentations mentales et fait diminuer nos stéréotypes discriminatoires. Et, chose rare dans le milieu scientifique, il n’existe aucune controverse entre les chercheurs sur les biais causés par les formes grammaticales masculines. Ils sont unanimement reconnus.

    • macron et l’écriture inclusive
      https://www.youtube.com/watch?v=sgkQ_FFFLeg

      repris du RN et re proposée par les réricainspublics : loi visant à protéger la langue française des dérives de l’écriture dite inclusive
      https://www.senat.fr/senateur/gruny_pascale14026u.html
      https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/dossiers/alt/DLR5L15N44968

      https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/amendements/1816/CION-CEDU/AC12

      On lira avec intérêt

      Amendement n°AC12
      Déposé le vendredi 24 novembre 2023
      (Amendement rejeté)

      Un mois après le fiasco d’une proposition de loi similaire par le Rassemblement National, Les Républicains démontrent ici qu’ils continuent de dériver vers l’extrême droite et de s’aligner sur ses propositions.

      Les auteurs et autrices de cette proposition de loi prétendent s’ériger en police du langage. Restreindre l’usage de la langue est une chimère : La langue française est le fruit d’une créolisation réussie, elle appartient à celles et ceux qui la parlent. Comme le soulignait récemment le linguiste Jean Pruvost, « la langue française est issue de la succession de trois langues, le celte, le latin et le germanique ». Elle résulte d’un processus créatif concret, pratiqué au fil du temps par le peuple, et s’est d’ailleurs enrichie de centaines de mots espagnols, arabes, russes, hébreux, sans compter ceux issues de langues régionales.

      La décision du sommet n’est pas absente du langage pour autant : la suprématie du masculin dans notre langue remonte à une décision de l’académie française elle-même, d’ailleurs récente à l’échelle de notre histoire, puisqu’elle ne date que du XVIIe siècle. La suppression de la règle dite de « l’accord de proximité » est même encore plus récente, puisqu’elle ne date que de 1975. C’est ce type de modification verticale de la langue française que l’on retrouve dans cette proposition de loi. Elle n’aurait pour effet que l’appauvrissement de la richesse et de la diversité du français.

      Par ailleurs, la langue française est parlée par plus de 321 millions de locuteurs et de locutrices, et 29 pays dans le monde l’ont pour langue officielle. Il n’appartient pas au législateur français de la contrôler.

      Par-dessus tout, cette proposition de loi témoigne du peu d’intérêt que ses auteurs et autrices ont pour la lutte pour l’égalité femmes/hommes.
      De nombreuses études ont montré de façon répétée que même si la grammaire autorise une interprétation générique du masculin, cette règle engendre dans notre cerveau des représentations mentales majoritairement masculines. L’écriture inclusive, composée de multiples outils de grammaire et de vocabulaire, est une méthode pour lutter contre ces représentations sexistes freinant le progrès social. Certains de ses formes se sont d’ailleurs largement imposées dans l’usage, comme la double flexion. Des études plus récentes ont permis d’analyser les effets engendrés par différentes formes d’écritures inclusives : Il a été démontré que les graphies permettant de mettre en avant les deux genres (la double flexion et le point médian entre autres) sont plus efficaces pour lutter contre les biais sexistes inconscients qu’une graphie neutre, avec des mots épicènes par exemple. Leur utilisation dans un appel à candidature permet par exemple d’augmenter le taux de réponse des femmes, et de lutter contre leur sous-représentation dans certains corps de métiers, ou à des postes à responsabilité.

      Cette proposition de loi constituerait donc concrètement un frein dans la lutte pour l’égalité de genre.

      Pour toutes ces raisons, nous proposons la suppression de cet article.

      Amendement rejeté, oh tiens, c’est étonnant.

  • Alec ن Archambault sur X 
    https://x.com/AlexArchambault/status/1802707994330775603

    Une première : Meta (#Facebook) condamnée (TJ Paris, 05/06/2024, 21/00726) pour erreur de modération se traduisant par la désactivation d’un compte.

    A noter, le Tribunal déclare non écrite la clause de suspension sans préavis. Valable pour Twitter &co

    https://www.courdecassation.fr/decision/6660ad20034fdec52d9ea367

    Déclare abusive la clause 4.2 intitulée « Suspension ou résiliation d’un compte » des conditions générales d’utilisation de Facebook en vigueur au 31 juillet 2019 et la déclare réputée non-écrite ;

  • Endetté, un petit pêcheur breton fait plier sa banque
    https://reporterre.net/Un-petit-pecheur-sauve-de-la-faillite-par-une-mobilisation-populaire


    La banque s’est goinfré + de 2 fois le montant prêté quand même.
    Dans le bled, la méthode à l’époque pour les paysans qui se faisaient saisir l’exploitation et donc leur maison en passant, c’était d’attendre la vente aux enchères.
    Le collectif prenait place et personne ne renchérissait (y avait des gros bras pour y veiller) : le lot partait à que dalle et était rendu à la famille, dette bancaire épurée, y avait plus qu’a rembourser le pot commun pour la ferme suivante. Le Crédit agricole y perdait un fric fou. Je suppose qu’ils ont trouvé un moyen d’empêcher ça.

    En quelques jours, l’équipe a réussi le tour de force de programmer un concert de soutien — et de lancer une cagnotte qui a permis de récolter, in fine, 4 000 euros. Et ce, malgré quelques obstacles, dont le non soutien de la mairie de Plougastel qui a poussé le collectif à trouver refuge dans une ville voisine. « S’il avait été producteur de fraise, la mairie l’aurait sans doute plus aidé ! » tacle Jean-Paul Hellequin, en référence à la culture omniprésente sur la commune. Et même déménagé, l’événement fait peur. « La sous-préfecture et les gendarmeries étaient en alerte », raconte le collectif. La soirée a finalement réuni 250 personnes et une cinquantaine de bénévoles.

    De la Confédération paysanne à Pleine mer, ils étaient plusieurs à prendre la parole ce soir-là pour soutenir Claude Herry et la pêche responsable. « L’idée était de faire du bruit autour de l’histoire, on savait que la banque tenait à sa réputation », explique Lionel, voisin du pêcheur. « On n’a jamais lâché ! » ajoute Cécile, une autre habitant.

    Sous pression, le Crédit maritime a accepté de renégocier la dette du pêcheur. Soit des échéances de 560 euros par mois pendant six ans, auquel s’ajoutent 40 000 euros prêtés par des proches du pêcheur ainsi que le montant de la cagnotte.

  • En Chine, Internet est en train de disparaître
    https://legrandcontinent.eu/fr/2024/06/02/en-chine-internet-est-en-train-de-disparaitre

    2.6.2024 par He Jiayan - « Si Internet est l’avenir de la civilisation, alors notre génération n’aura pas d’histoire — parce qu’Internet n’aura laissé de nous aucune trace. »

    On a longtemps cru qu’Internet serait la plus puissante des bibliothèques. La mémoire exhaustive de l’humanité. Le web chinois, dont les contenus sont désormais davantage produits et consommés depuis des téléphones, démontre le contraire : Internet n’archive rien. He Jiayan dissèque une révolution aux conséquences aussi violentes que souterraines.

    « Nous avons longtemps conçu Internet comme une mémoire — nous ne savions pas que c’était celle d’un poisson rouge. » En une décennie, alors même qu’il devenait de plus en plus universel par son nombre d’utilisateurs, Internet a perdu plus d’un tiers de son contenu.

    Pour la Chine, cet effondrement archivistique est encore plus important. He Jiayan, journaliste chinois spécialisé dans le web et le secteur des nouvelles technologies, travaille à partir d’archives informatiques datant d’avant l’Internet mobile. Il montre que le durcissement politique chinois est loin d’être le premier facteur de la disparition de pans entiers du web. L’autocensure et la course à la rentabilité ont conduit souterrainement à la disparition d’une quantité énorme d’informations des serveurs. À l’heure où l’Internet mobile semble être en train de remplacer le premier âge d’Internet, cette disparition semble peu visible — elle est pour autant tout à fait réelle.

    Au-delà de la dimension technique, Jiayan alerte sur la disparition d’une mémoire commune constitutive d’une culture populaire encore vivante, confiée à des serveurs qu’on croyait immortels — et qui menace aujourd’hui de s’effondrer. Pour toute une génération qui a immatériellement construit sa vie dans l’Internet des vingt premières années du XXIe siècle, le risque très concret est de se retrouver avec deux décennies sans mémoire.

    Commençons par une petite expérience.

    Si l’on cherche « Jack Ma » sur Baidu et qu’on fixe une période de référence courant de 1998 à 2005, combien d’informations apparaîtront ? Plutôt 100 millions, 10 millions ou 1 million ?

    J’ai posé la question à plusieurs groupes et l’opinion majoritaire considère toujours que l’ordre de grandeur se situerait entre quelques millions et quelques dizaines de millions. Après tout, Internet est si vaste. Jack Ma, l’ancien entrepreneur haut en couleur, a dû y laisser beaucoup de traces.

    En réalité, pour une recherche Baidu sélectionnant la plage de dates « 22 mai 1998 à 22 mai 2005 », le total des résultats contenant l’expression « Jack Ma » s’élève à 1.

    Et ce seul résultat est lui-même faux : en cliquant dessus, on constate que l’article a en fait été publié en 2021, c’est-à-dire en dehors de la période délimitée ci-dessus. S’il apparaît dans notre recherche, ce n’est que de manière inexplicable.

    En d’autres termes, si l’on veut connaître les expériences de Jack Ma, ses relations, les discussions à son sujet, ses discours ou l’histoire de son entreprise Alibaba pendant cette période, la quantité d’informations brutes valables qu’on obtient sur Internet est nulle.

    Pour une recherche Baidu sélectionnant la plage de dates « 22 mai 1998 à 22 mai 2005 », le total des résultats contenant l’expression « Jack Ma » s’élève à 1.
    He Jiayan

    Peut-être est-ce un problème de Baidu ? Peut-être qu’en utilisant Bing ou Google, la recherche est davantage probante ?

    J’ai essayé : ces deux sites affichent bien des résultats valides — un peu plus que Baidu — mais seulement une petite dizaine. Il y a aussi davantage de résultats invalides qui n’entrent pas dans la période sélectionnée — probablement pour une raison purement technique.

    Portrait d’un monde cassé

    Sous la direction de Giuliano da Empoli.

    Avec les contributions d’Anu Bradford, Josep Borrell, Julia Cagé, Javier Cercas, Dipesh Chakrabarty, Pierre Charbonnier, Aude Darnal, Jean-Yves Dormagen, Niall Ferguson, Timothy Garton Ash, Jean-Marc Jancovici, Paul Magnette, Hugo Micheron, Branko Milanovic, Nicholas Mulder, Vladislav Sourkov, Bruno Tertrais, Isabella Weber, Lea Ypi.

    On peut alors se demander si ce n’est pas parce que Jack Ma est controversé en Chine que ces résultats ne sont pas consultables.

    Ce serait vrai si c’était seulement le cas de Jack Ma. Mais j’ai aussi fait des recherches pour la même période sur Ma Huateng, Lei Jun, Ren Zhengfei, et même Luo Yonghao et Sister Fu Rong — qui étaient à l’époque des célébrités sur Internet — ou encore Jay Chou, Li Yuchun — qui étaient alors des stars de la musique. Les résultats sont du même ordre.

    Dans le cas de la recherche sur Lei Jun, après avoir testé différents sites web, différents noms de personnes et différentes périodes, j’ai découvert un phénomène étonnant. Presque toutes les archives des sites web chinois qui étaient populaires à l’époque — tels que NetEase, Sohu, SMTH BBS, Xizi Hutong, Keyhole Forum, Tianya Club, RenRen Network, Sina Blogs, Baidu Tieba — ont disparu. Un grand nombre de contenus sur des sites web personnels ont également disparu sur une période ancienne, et la plupart des sites web ont même disparu pour toutes les périodes. La seule exception est Sina.com, où l’on peut encore trouver des informations datant de plus de dix ans — mais en nombre assez limité. Plus de 99,9999 % du contenu a disparu.

    Nous avons longtemps conçu Internet comme une mémoire — nous ne savions pas que c’était celle d’un poisson rouge.
    He Jiayan

    Nous sommes en train de passer à côté d’un problème préoccupant : l’Internet chinois s’effondre de manière inéluctable — et le contenu qui existait avant l’émergence de l’Internet mobile a aujourd’hui presque complètement disparu.

    Nous avons longtemps conçu Internet comme une mémoire — nous ne savions pas que c’était celle d’un poisson rouge.

    Au cours des deux dernières années, je me suis forgé une conviction très claire : le nombre d’informations que l’on peut trouver en ligne se réduit chaque année à une vitesse vertigineuse. Il n’y a pas si longtemps, je pouvais encore trouver certaines sources originales. C’est progressivement devenu impossible. Je pouvais encore découvrir les discours des protagonistes ou les articles qu’ils avaient écrits — puis je ne les ai plus trouvés. Je pouvais encore voir de nombreuses interviews ou des vidéos en ligne — elles ont été effacées progressivement.

    Au cours des deux dernières années, je me suis forgé une conviction très claire : le nombre d’informations que l’on peut trouver en ligne se réduit chaque année à une vitesse vertigineuse.
    He Jiayan

    Tout se passe comme si un monstre d’un nouveau genre était apparu, qui dévore les pages web tout au long de l’histoire, les avalant du passé vers le présent, d’abord par petites bouchées, puis par grandes bouchées, dévorant tout l’Internet chinois — cinq ans par-ci, dix ans par là.
    © DPPI-SIPA

    Lorsque l’on regardera en arrière, on constatera que tout ce qui existait dans l’Internet chinois avant la création du mobile — qu’il s’agisse d’un portail, du site officiel d’une organisation, d’une page web personnelle, de forums publics, des blogs Sina, de posts Baidu, de documents, de photos, de musique, de vidéos, etc. — aura disparu.

    Je me souviens qu’il y a plus de dix ans, j’avais l’habitude de changer d’ordinateur parce que mes photos et mes articles compressés étaient stockées sur un serveur. Quelques années plus tard, j’ai découvert que l’entièreté du serveur avait disparu. J’avais l’habitude d’utiliser hotmail, et puis tout a disparu. J’ai également écrit des messages sur RenRen et MySpace… tous disparus.

    Tout se passe comme si un monstre d’un nouveau genre était apparu, qui dévore les pages web tout au long de l’histoire.
    He Jiayan

    Nous pensions qu’Internet pouvait tout sauvegarder. Il s’est avéré qu’il ne peut rien garder.

    Pourquoi cela s’est-il produit ?

    Je pense qu’il y a deux raisons principales.

    La première est d’ordre économique.

    Un site Internet nécessite de la bande passante, une salle de serveurs, du personnel pour le gérer et l’entretenir, ainsi qu’une quantité non négligeable de coûts réglementaires et d’entretien divers. S’il existe une valeur stratégique — par exemple, informer de ses activités pour une entreprise — ou une valeur de trafic à court terme — par exemple, s’il y a toujours des gens qui viennent voir le site de temps en temps —, et si en même temps les comptes de l’entreprise ne sont pas mauvais, alors il y aura une raison de maintenir le site en vie.

    Mais si l’entreprise est sur une mauvaise pente et n’a plus d’argent, c’est tout le site qu’elle gère qui mourra, tout simplement. Renren en est un exemple typique.

    D’un point de vue opérationnel, si une page web n’est pas visitée par quelques personnes tout au long de l’année, elle deviendra un fardeau pour l’entreprise, et le plus rationnel d’un point de vue économique sera de la supprimer — et ce même si l’entreprise n’a pas de problèmes financiers. Les premières années de Sohu ; le site NetEase dont le contenu a été essentiellement perdu ; ainsi que la disparition collective des forums hébergés dans Tianya en sont de bons exemples.

    Si une entreprise est sur une mauvaise pente et n’a plus d’argent, c’est tout le site qu’elle gère qui mourra.
    He Jiayan

    Deuxièmement, les raisons réglementaires.

    En général, la réglementation sur Internet augmente progressivement et devient de plus en plus stricte. Le contenu qui pouvait exister légalement auparavant ne répond plus aux exigences réglementaires ; et ce qui pouvait exister dans la grise auparavant a depuis basculé dans la zone rouge. Tous ces contenus sont directement supprimés.

    Il y a aussi des cas où la polarisation de l’opinion publique est devenue plus forte avec le temps et où un contenu qui était « tout à fait normal » est devenu très sensible pour l’opinion publique. Même s’il n’est pas illégal, il peut intensifier le conflit et créer de la confusion — si bien que le régulateur peut demander qu’il soit éliminé.

    Au-delà des autorités officielles, les internautes en colère agissent parfois comme des modérateurs ou au contraire des faiseurs d’opinion. Ils peuvent faire sortir de l’ombre quelque chose que quelqu’un a posté en passant il y a plus de dix ans, s’y accrocher et cyber-harceler l’auteur jusqu’à sa « mort sociale ».

    En Chine, l’effet le plus important de la réglementation n’est donc pas tant ce que font les régulateurs ou les attaques des internautes en colère que l’« autocensure » qu’ils provoquent au sein des entreprises et chez les particuliers.

    En Chine, l’effet le plus important de la réglementation n’est donc pas tant ce que font les régulateurs ou les attaques des internautes en colère que l’« autocensure » qu’ils provoquent au sein des entreprises et chez les particuliers.
    He Jiayan

    Personne ne sait si un contenu sur un site web ou un mot prononcé par quelqu’un entraînera la mort de cette personne dans plusieurs années. Le meilleur moyen de survivre est donc de supprimer toutes ces « bombes à retardement » potentielles — c’est-à-dire de fermer le site web ou d’en supprimer tout le contenu.

    Bien entendu, les autres causes sont nombreuses qui peuvent expliquer la disparition d’anciennes pages web.

    Peu après la dissolution de l’ex-Yougoslavie, tous les contenus web hébergés sous le nom de domaine international « .yu » — abréviation de Yougoslavie — ont disparu. Un autre exemple est la disparition de sites de musique et de films qui étaient autrefois facilement disponibles pour le téléchargement, en raison du renforcement de la protection des droits d’auteur. Certaines organisations et des individus, pour des raisons purement personnelles, ne veulent parfois simplement plus montrer leurs informations au public et ferment donc leurs sites web officiels ou leurs pages d’accueil personnelles.

    Mais ces raisons sont secondaires et localisées.

    La disparition systématique et à grande échelle du contenu Internet dans son ensemble est principalement due aux lois économiques et à l’autocensure.

    La disparition systématique et à grande échelle du contenu Internet dans son ensemble est principalement due aux lois économiques et à l’autocensure.
    He Jiayan

    Au fond, tout se passe comme si le contenu d’Internet — à l’instar de la vie — était régi par la théorie de l’évolution. Il n’a qu’un seul critère d’existence : attirer le plus d’attention possible au moindre coût.

    Lorsqu’un contenu est capable d’attirer suffisamment d’attention, et que le coût de maintien de ce contenu — en ce compris le coût économique, le coût de la réglementation et le coût de la lutte contre la réglementation — est faible, ce contenu a des chances de survivre sur Internet. Il est probable qu’il changera même de support — par exemple en passant du texte à l’image, de l’image fixe à l’image animée, de l’image animée à la vidéo et, à l’avenir, peut-être de la vidéo bidimensionnelle à la vidéo holographique tridimensionnelle, et ainsi de suite. La plateforme qui sert de véhicule à ce contenu changera également. On passera du portail au forum, aux blogs personnels, au microblogging — et à l’avenir peut-être à une plateforme dont nous ignorons tout pour l’instant.

    Lorsqu’un contenu ne peut plus attirer suffisamment l’attention ou que le coût de maintenance de ce contenu est trop élevé, il disparaîtra d’Internet. La disparition collective de l’Internet traditionnel, avec des ordinateurs servant de terminaux de navigation et des pages web comme supports, est simplement le résultat inévitable de cette « concurrence évolutive pour l’information ».

    La disparition collective de l’Internet traditionnel est simplement le résultat inévitable d’une « concurrence évolutive pour l’information ».
    He Jiayan

    Darwin nous a appris que la clef de l’évolution biologique était la « sélection naturelle, la survie du plus apte ». La clef de l’évolution du contenu d’Internet est la « concurrence de l’information, la sélection de l’attention ». En raison de l’effet de réseau, cette concurrence est dix mille fois plus féroce que dans la nature — dix mille fois plus cruelle. L’Internet traditionnel n’emportera pas l’extinction d’une seule espèce mais l’extinction de la quasi-totalité du contenu.

    À chaque nouvelle génération d’Internet, l’ancienne génération, arrimée à une structure obsolète, s’effondrera. C’est la destinée de tous les sites web et de tous leurs contenus.

    Portrait d’un monde cassé

    Sous la direction de Giuliano da Empoli.

    Avec les contributions d’Anu Bradford, Josep Borrell, Julia Cagé, Javier Cercas, Dipesh Chakrabarty, Pierre Charbonnier, Aude Darnal, Jean-Yves Dormagen, Niall Ferguson, Timothy Garton Ash, Jean-Marc Jancovici, Paul Magnette, Hugo Micheron, Branko Milanovic, Nicholas Mulder, Vladislav Sourkov, Bruno Tertrais, Isabella Weber, Lea Ypi.

    Si Internet est l’avenir de la civilisation, alors notre génération n’aura pas d’histoire — parce qu’Internet n’aura laissé de nous aucune trace.

    Si Internet est l’avenir de la civilisation, alors notre génération n’aura pas d’histoire — parce qu’Internet n’aura laissé de nous aucune trace.
    He Jiayan

    « Pas d’histoire ». Est-ce si important ?

    Bien sûr que oui.

    Pour écrire un article sur Shao Yibo, j’ai essayé par tous les moyens de mettre la main sur la vidéo originale de la participation de Shao Yibo à l’émission « Boshi Tang » en 2007 ainsi que les posts de sa femme, Bao Jiaxin, sur le site Baby Tree, postés depuis quelques années sous le pseudonyme de « Wen Ai Mummy ». Je ne suis pas parvenu à les retrouver — et je ne peux que le regretter.

    Bien que l’article « Red Dust Has Forgotten Shao Yibo » soit toujours très populaire — avec plus de 700 000 lecteurs et 20 000 retweets en seulement une semaine — je suis presque sûr que j’ai dû passer à côté d’informations très importantes et que la qualité de l’article aurait été meilleure si j’avais eu accès à de telles informations.

    Vous vous dites peut-être : « cela n’est utile qu’aux chercheurs et aux rédacteurs comme He Jiayan, je n’écris pas d’articles de ce genre, et ce n’est pas comme si cela n’affectait. »

    Vraiment ?

    Si nous ne pouvons plus avoir accès à tous les discours de Jack Ma, tous les articles de Ren Zhengfei, My Father and Mother et The Spring River Flows East, et tous les messages de Duan Yongping dans Snowball, ne seriez-vous pas un peu triste ?

    Vous me direz que vous êtes insensibles.

    Alors, si nous ne pouvons plus chercher le numéro de Huang Zheng, si nous ne pouvons plus voir les messages de Zhang Yiming ou de Wang Xing, est-ce que vous n’éprouverez pas un peu de regret ?

    Vous m’assurerez que vous ne vous sentez pas désolé non plus.

    Si un jour, Zhihu disparaît comme Tianya Forum, Douban s’efface comme RenRen, B-site se vide comme Sina Blog — ne ressentirez-vous pas un peu de chagrin ?

    Si un jour, les pages Internet de votre blogueur préféré affichent que « l’auteur a choisi de n’afficher que la moitié des posts de l’année » ou que « ce blog n’est plus visible », si vous lisez souvent que « ce compte a été bloqué », que « le contenu ne peut être affiché », si vous recherchez certaines informations dans Shake Voice ou Xiaohongshu, et que les résultats affichent que « l’auteur a effacé tout le contenu »…

    Cela ne vous attristera-t-il pas — ne serait-ce qu’un instant ?

    Les générations de l’Internet traditionnel, nées dans les années 1970 et 1980 ne peuvent plus retrouver leur histoire. Leurs traces en ont pratiquement disparu.

    Les générations de l’Internet traditionnel, nées dans les années 1970 et 1980 ne peuvent plus retrouver leur histoire. Leurs traces en ont pratiquement disparu.
    He Jiayan

    La nouvelle génération peut encore garder les messages de cercles d’amis privés, mais même de cercle d’amis est, de plus en plus, « visible seulement trois jours ». Messages éphémères… — jusqu’à ce que tout s’efface.
    © DPPI-SIPA

    La seule chose qui produit encore du contenu de manière frénétique, c’est le marketing en cascade.

    Mais à l’avenir, il y a fort à parier que même ces messages marketing finiront par disparaître.

    Si quelque chose est important pour nous et qu’il est en train de disparaître, existe-t-il un moyen de le sauver ?

    Certains ont essayé de le faire.

    Il existe aux États-Unis un site web appelé Internet Archive, qui se traduit en chinois par « 互联网档案馆 » et qui préserve un grand nombre de pages web originales. Mais pour avoir essayé de l’utiliser, les pages web originales en chinois sont très peu sauvegardées. L’utilisation en est très difficile, les fonctionnalités de recherche assez primitives et inefficaces. En définitive, quantitativement, elles n’ont pas permis de sauvegarder grand-chose.

    D’un point de vue technique, il ne devrait pas être difficile de sauvegarder toutes les pages web de l’Internet chinois jusqu’à l’essor de l’Internet mobile au cours des dix dernières années. Et le coût n’en serait pas élevé. Après tout, si on la compare à l’ère actuelle de l’Internet, où la vidéo est hégémonique, cette ère faite de pages web au graphisme limité est négligeable en termes d’espace.

    Si on la compare à l’ère actuelle de l’Internet, où la vidéo est hégémonique, cette ère faite de pages web au graphisme limité est négligeable en termes d’espace.
    He Jiayan

    La question est de savoir qui saura le faire, et mû par quoi.

    Les entreprises ne le feront pas. Elles n’y auraient pas d’intérêt commercial.

    Le gouvernement pourrait être en mesure de créer des archives qui conservent toutes les pages — tout comme il construit des bibliothèques et des musées. Mais dépenserait-il de l’argent pour cela ? Il semble qu’il n’y ait pas d’autre raison que de préserver l’histoire. Or même si le gouvernement le faisait, cela ne changerait rien pour les utilisateurs ordinaires d’Internet, car ces archives nécessiteraient un traitement immense concernant les données personnelles et ne seraient accessibles qu’à quelques-uns pour éviter précisément tout abus dans l’utilisation de ces données.

    D’ailleurs, même si un organe quelconque était disposé à le faire, il serait désormais trop tard. Après l’essor de l’Internet mobile, selon une estimation approximative, plus de 99 % du contenu de l’Internet chinois traditionnel devrait avoir disparu.

    D’une certaine manière, les articles que j’ai rédigés ont contribué à la préservation de l’histoire de leurs sujets. Si je n’avais pas écrit sur eux, une grande partie de cette histoire serait déjà introuvable en ligne. Pourtant il ne s’agit pas d’informations originales, mais seulement d’informations de seconde main que j’ai consolidées.

    Après l’essor de l’Internet mobile, selon une estimation approximative, plus de 99 % du contenu de l’Internet chinois traditionnel devrait avoir disparu.
    He Jiayan

    Aujourd’hui, sur tous les événements majeurs qui se sont produits au cours de la première décennie de ce siècle, toutes les célébrités qui ont laissé des traces profondes, les informations que l’on peut encore trouver sur l’Internet chinois sont presque toujours des informations de seconde main éditées par des médias pure player — ou même des informations qui ont été maintes fois reprises et republiées et qui sont depuis longtemps complètement différentes de leur forme originale.

    Les rapports originaux, les vidéos originales, les discours originaux, les observations originales des internautes, les commentaires originaux — tout cela a disparu.

    Dans quelques années, toutes ces informations de seconde main auront également disparu. Tout se passe comme si ces événements n’avaient jamais eu lieu. Comme si ces personnes n’avaient jamais existé.

    Il n’y a rien d’autre à faire que d’accepter la réalité.

    À l’ère d’Internet, les vingt premières années du XXIe siècle seront vingt années sans archives historiques.

    À l’ère d’Internet, les vingt premières années du XXIe siècle seront vingt années sans archives historiques.
    He Jiayan

    Si vous pouvez encore voir des informations anciennes de l’Internet chinois aujourd’hui, ce n’est que la dernière lueur du crépuscule.

    Si vous êtes saisis par leur nature éphémère, vous pourrez soupirer comme Faust sur son lit de mort implorant l’instant : « Arrête-toi, tu es si beau ! »

    Mais cette lueur sera bientôt engloutie par le temps et tombera dans le vide — en même temps que votre exclamation.

    Il n’y a pas d’échappatoire.

    Presque tout ce que vous voyez et créez maintenant — cet article, cette plateforme — finira par se noyer dans le vide.

    As China’s Internet Disappears, ‘We Lose Parts of Our Collective Memory’
    https://www.nytimes.com/2024/06/04/business/china-internet-censorship.html

    4.6.2024 by Li Yuan - The number of Chinese websites is shrinking and posts are being removed and censored, stoking fears about what happens when history is erased.

    Chinese people know their country’s internet is different. There is no Google, YouTube, Facebook or Twitter. They use euphemisms online to communicate the things they are not supposed to mention. When their posts and accounts are censored, they accept it with resignation.

    They live in a parallel online universe. They know it and even joke about it.

    Now they are discovering that, beneath a facade bustling with short videos, livestreaming and e-commerce, their internet — and collective online memory — is disappearing in chunks.

    A post on WeChat on May 22 that was widely shared reported that nearly all information posted on Chinese news portals, blogs, forums, social media sites between 1995 and 2005 was no longer available.

    “The Chinese internet is collapsing at an accelerating pace,” the headline said. Predictably, the post itself was soon censored.

    “We used to believe that the internet had a memory,” He Jiayan, a blogger who writes about successful businesspeople, wrote in the post. “But we didn’t realize that this memory is like that of a goldfish.”

    It’s impossible to determine exactly how much and what content has disappeared. But I did a test. I used China’s top search engine, Baidu, to look up some of the examples cited in Mr. He’s post, focusing on about the same time frame between the mid-1990s and mid-2000s.

    I started with Alibaba’s Jack Ma and Tencent’s Pony Ma, two of China’s most successful internet entrepreneurs, both of whom Mr. He had searched for. I also searched for Liu Chuanzhi, known as the godfather of Chinese entrepreneurs: He made headlines when his company, Lenovo, acquired IBM’s personal computer business in 2005.

    I looked, too, for results for China’s top leader, Xi Jinping, who during the period was the governor of two big provinces. Search results of senior Chinese leaders are always closely controlled. I wanted to see what people could find if they were curious about what Mr. Xi was like before he became a national leader.

    I got no results when I searched for Ma Yun, which is Jack Ma’s name in Chinese. I found three entries for Ma Huateng, which is Pony Ma’s name. A search for Liu Chuanzhi turned up seven entries.

    There were zero results for Mr. Xi.

    Then I searched for one of the most consequential tragedies in China in the past few decades: the Great Sichuan earthquake on May 12, 2008, which killed over 69,000 people. It happened during a brief period when Chinese journalists had more freedom than the Communist Party would usually allow, and they produced a lot of high-quality journalism.

    When I narrowed the time frame to May 12, 2008, to May 12, 2009, Baidu came up with nine pages of search results, most of which consisted of articles on the websites of the central government or the state broadcaster China Central Television. One caveat: If you know the names of the journalists and their organizations, you can find more.

    Each results page had about 10 headlines. My search found what had to have been a small fraction of the coverage at that time, much of which was published on the sites of newspapers and magazines that sent journalists to the epicenter of the earthquake. I didn’t find any of the outstanding news coverage or outpouring of online grief that I remembered.

    In addition to disappearing content, there’s a broader problem: China’s internet is shrinking. There were 3.9 million websites in China in 2023, down more than a third from 5.3 million in 2017, according to the country’s internet regulator.

    China has one billion internet users, or nearly one-fifth of the world’s online population. Yet the number of websites using Chinese language make up only 1.3 percent of the global total, down from 4.3 percent in 2013 — a 70 percent plunge over a decade, according to Web Technology Surveys, which tracks online use of top content languages.

    The number of Chinese language websites is now only slightly higher than those in Indonesian and Vietnamese, and smaller than those in Polish and Persian. It’s half the number of Italian language sites and just over a quarter of those in Japanese.

    One reason for the decline is that it is technically difficult and costly for websites to archive older content, and not just in China. But in China, the other reason is political.

    Internet publishers, especially news portals and social media platforms, have faced heightened pressure to censor as the country has made an authoritarian and nationalistic turn under Mr. Xi’s leadership. Keeping China’s cyberspace politically and culturally pure is a top order of the Communist Party. Internet companies have more incentive to over-censor and let older content disappear by not archiving.

    Many people have had their online existences erased.

    Two weeks ago, Nanfu Wang found that an entry about her on a Wikipedia-like site was gone. Ms. Wang, a documentary filmmaker, searched her name on the film review site Douban and came up with nothing. Same with WeChat.

    “Some of the films I directed had been deleted and banned on the Chinese internet,” she said. “But this time, I feel that I, as a part of history, have been erased.” She doesn’t know what triggered it.

    Zhang Ping, better known by his pen name, Chang Ping, was one of China’s most famous journalists in the 2000s. His articles were everywhere. Then in 2011, his writing provoked the wrath of the censors.

    “My presence in public discourse has been stifled much more severely than I anticipated, and that represents a significant loss of my personal life,” he told me. “My life has been negated.”

    When my Weibo account was deleted in March 2021, I was saddened and angered. It had more than three million followers and thousands of posts recording my life and thoughts over a decade. Many of the posts were about current affairs, history or politics, but some were personal musings. I felt a part of my life had been carved away.

    Many people intentionally hide their online posts because they could be used against them by the party or its proxies. In a trend called “grave digging,” nationalistic “little pinks” pore over past online writings of intellectuals, entertainers and influencers.

    For Chinese, our online memories, even frivolous ones, can become baggage we need to unload.

    “Even though we tend to think of the internet as somewhat superficial,” said Ian Johnson, a longtime China correspondent and author, “without many of these sites and things, we lose parts of our collective memory.”

    In “Sparks,” a book by Mr. Johnson about brave historians in China who work underground, he cited the Internet Archive for Chinese online sources in the endnotes because, he said, he knew they would all eventually disappear.

    “History matters in every country, but it really matters to the C.C.P.,” he said, referring to the Chinese Communist Party. “It’s history that justifies the party’s continued rule.”

    Mr. Johnson founded the China Unofficial Archives website, which seeks to preserve blogs, movies and documents outside the Chinese internet.

    There are other projects to save Chinese memories and history from falling into a void. Greatfire.org has several websites that provide access to censored content. China Digital Times, a nonprofit that fights censorship, archives work that has been or is in danger of being blocked. Mr. Zhang, the journalist, is its executive editor.

    Mr. He, author of the WeChat post that went viral, is deeply pessimistic that China’s erasure of history can be reversed.

    “If you can still see some early information on the Chinese internet now,” he wrote, “it is just the last ray of the setting sun.”

    #Chine #internet #dead_link #amnésie #histoire

  • L’Invention du compte rendu intégral des débats en France (1789-1848) | Dans Parlement[s], Revue d’histoire politique 2010/2 (n° 14), pages 146 à 158 https://www.cairn.info/revue-parlements1-2010-2-page-146.htm

    Après la révolution de 1830, le climat devint plus favorable aux comptes rendus de séance, désormais presque complètement libéralisés. En 1831, Jean-Baptiste Breton, qui faisait figure de vétéran du journalisme parlementaire, lança le Sténographe des Chambres. Son journal était placé sous le patronage de Casimir Périer, qui souhaitait développer le régime parlementaire en France. C’était la première publication entièrement fondée sur la sténographie, du moins en principe, la première aussi à bénéficier d’une subvention de la Chambre des députés. Hélas, faute de disciples sténographes en nombre suffisant, et en raison de la mort de son protecteur, emporté par le choléra en 1832, Breton dut déposer le bilan dès 1833. L’équipe du Moniteur, qui lui faisait une rude concurrence et qui disposait toujours du monopole de la présence au pied de la tribune des orateurs, parvint à récupérer la subvention versée par la Chambre des députés, bientôt imitée par la Chambre des Pairs. Un service sténographique, indirectement rémunéré par le Parlement, était né. Ses deux meilleurs éléments, Célestin Lagache (1809-1895) et Hippolyte Prévost (1808-1873) reçurent la direction des comptes rendus, respectivement au Palais-Bourbon et au Palais du Luxembourg.

    Une organisation minutieuse pour un compte rendu intégral

    Tirant les leçons des expériences antérieures, et notamment de l’échec du Sténographe des débats, Lagache et Prévost mirent au point, sans qu’il soit facile de déterminer ce qui revient à l’un, à l’autre, ou à leur concurrent malheureux Jean-Baptiste Breton, des méthodes de travail qui devaient, pour l’essentiel, demeurer inchangées jusqu’à nos jours.

    Ils avaient compris que la seule façon de donner un compte rendu intégral de séances souvent longues et agitées était de pousser à l’extrême la division du travail. Ils étaient également bien placés pour connaître la tension psychologique et la fatigue nerveuse qu’entraînait la prise de notes sténographiques. Ils organisèrent donc un roulement le plus rapide possible des rédacteurs en séance. Alors que les journalistes des années 1820 se chargeaient parfois d’une heure entière de débats, les membres de l’équipe du Moniteur acceptèrent de se relayer toutes les deux ou trois minutes dans l’hémicycle. Une fois leur prise de notes effectuée en écriture sténographique, ils sortaient pour la traduire et la dicter à des secrétaires, puis revenaient au plus vite en séance.

    Afin de lutter contre le morcellement des débats que ce roulement rapide suscitait, Lagache et Prévost proposèrent en 1835 la création d’un nouveau poste de rédacteur, confié à des sténographes plus expérimentés, appelés « réviseurs », qui se succédaient en séance tous les quarts d’heure seulement. Ainsi deux sténographes se trouvaient-ils constamment présents dans l’hémicycle, de chaque côté de la tribune, se faisant face « comme deux augures », selon le mot de Prévost .

    Les réviseurs, comme leur nom l’indiquait, étaient chargés de réviser le travail des « rouleurs ». Les responsables des deux services, c’est-à-dire Lagache et Prévost, se chargeaient quant à eux de relire l’ensemble de la séance, afin de lui conserver son unité. Enfin, l’imprimeur du Moniteur se livrait à une ultime relecture, destinée à traquer coquilles et fautes de frappe. Au total, quatre paires d’yeux suivaient quotidiennement la reproduction des débats, ce qui permettait d’obtenir un compte rendu à la fois fidèle et exhaustif, sans équivalent dans l’Europe de l’époque. Si la monarchie de juillet est restée comme un âge d’or de l’éloquence parlementaire , c’est en grande partie grâce aux rédacteurs du Moniteur.

    Au-delà de l’organisation du service sténographique, Lagache et Prévost mirent au point une doctrine originale pour la reproduction intégrale des séances. Ils comprirent qu’il n’était pas souhaitable de reproduire intégralement tous les propos prononcés, avec leurs répétitions, leurs hésitations, leurs incorrections parfois, comme avaient tenté de le faire, en 1791 et 1792, les rédacteurs du Logographe. Ils eurent l’intuition que le compte rendu intégral devait être autant une réécriture qu’une transcription, et qu’ils ne parviendraient à une complète fidélité que grâce à un important travail sur la langue. En effet, l’écart est tel entre la langue écrite et la langue orale, même chez les meilleurs orateurs, même au XIXe siècle, que le discours prononcé doit impérativement être rapproché des standards de l’écrit, faute de quoi le lecteur ne parvient pas à le suivre. Le travail du sténographe ne se bornerait donc pas à l’enregistrement des propos tenus ; il serait une œuvre intellectuelle de traduction et de remise en forme.

    Hippolyte Prévost théorisa ces principes dans un article du Constitutionnel publié en 1848 et intitulé « L’organisation de la sténographie officielle de l’Assemblée nationale » :

    « Nous sommes convaincus, écrivait-il, qu’il n’est pas d’improvisation, et nous ne parlons que des meilleures, qui puisse supporter sans dommage une reproduction littérale […] Le sténographe qui néglige ce point de vue n’a certainement pas réfléchi sérieusement aux exigences de sa profession. Il n’a pas été frappé comme il convenait des différences essentielles qui existent entre le style parlé et le style écrit ; différence qu’il s’agit de faire, autant que possible, disparaître de la traduction. La fidélité d’un tel sténographe sera cruelle ; elle fera le désespoir du lecteur autant que celui de l’orateur : traduttore, traditore. La sténographie inexorablement exacte ne sera plus l’image de la parole, elle en offrira la charge, la caricature ; car le discours qui aura charmé, convaincu, entraîné l’auditeur, heurtera, fatiguera, irritera le lecteur. » 

    L’objectif du rédacteur serait donc « de faire parler l’orateur comme un livre, c’est-à-dire, précisément, de lui ôter ses qualités d’orateur. » Non seulement le sténographe rectifierait les erreurs matérielles, mais il supprimerait les répétitions, les hésitations, les lapsus – considérés, en ces temps pré-freudiens, comme dépourvus de sens –, car, comme l’affirmait Prévost « en principe, on peut sans trop de scrupule promener la serpe au milieu des buissons d’ordinaire trop touffus de l’improvisation ». Le résultat pourrait certes affadir les meilleurs discours, conçus d’emblée dans la perspective de l’oral, mais il améliorerait sans aucun doute les plus mauvais, qui étaient aussi les plus nombreux.

    • Entretien avec Claude Azéma, [ex-] directeur du service du compte rendu intégral à l’Assemblée nationale
      https://www.cairn.info/revue-parlements1-2010-2-page-133.htm

      Est-ce que certains parlementaires viennent vous voir après la séance pour modifier leurs propos ?

      C’est fini ça ! Il y a une dizaine d’années [avant les années 2000], il y avait tous les attachés des ministres, qui venaient après les séances, ils avaient une salle où ils corrigeaient, ils proposaient des modifications. Mais maintenant on sort tellement vite, qu’ils n’ont plus guère le temps et puis c’est passé la mode. Moi j’ai connu Mitterrand  qui venait réécrire tous ses discours, qui tentait évidement de les caviarder un maximum. Il fallait être très attentif quand il corrigeait. Il n’était pas le seul, Xavier Deniau  faisait pareil.

      Il y avait une négociation entre votre service et…

      Oh, non on ne négocie pas. Le gars il fait des propositions, il marque, si ça nous va pas, on remet le texte initial. Bon dès fois quand il s’est énervé un peu… Il dit « non là j’ai promis dix mille piscines, c’était mille, je me suis gouré quoi », dans ce cas on met mille, enfin c’est pas des trucs importants. « Est-ce que là, je pourrait mettre ça ? tiens j’ai pas cité ma ville », des bricoles comme ça c’est pas dramatique. Mais maintenant c’est fini, ils ne viennent même plus là-dessus. Quand ils ont fait une erreur en séance, ils appellent. J’ai deux appels par session, peut-être trois maximum, en disant tiens « je voudrais voir ce que j’ai dit parce que je me suis laissé emporter, qu’est-ce que vous en pensez ? ». Ils viennent, ils regardent mais c’est très rare.

  • Guide de survie des aventures sur Internet - ritimo
    https://www.ritimo.org/Guide-de-survie-des-aventures-sur-Internet

    Comment protéger ses libertés en milieu numérique hostile ?

    Ritimo publie en collaboration avec le CECIL (Centre d’Études sur la Citoyenneté, l’Informatisation et les Libertés) et la LDH (Ligue des Droits de l’Homme) cette troisième édition constituée de 13 fiches écrites pour vous permettre de réduire les risques liés à la surveillance commerciale, criminelle ou étatique.

    Ces fiches pratiques permettent de choisir, pas à pas et en connaissance de cause, des solutions plus respectueuses de notre intimité numérique.

    Il ne s’agit pas d’être exhaustif, mais de faire (re)découvrir aux personnes inquiètes ou curieuses, même peu connaisseuses, une sélection de logiciels et de bonnes pratiques. À la fin de chaque fiche, des références complémentaires sont indiquées.

    • Les gens ne comprennent pas du tout ce risque.
      C’est ce qui me fout les jetons depuis pratiquement le début. En gros, au bout de quelques mois, on savait qu’en dehors des morts dégueulasses avec un tuyau dans la gorge, il y avait aussi des symptômes débilitants dont on avait aucune idée de la durée, mais qui persistaient des mois. Et que ça tapait sur tous les organes.

      Et c’est ça qui m’a vraiment foutu les jetons. Pas juste d’avoir potentiellement un gros syndrome grippal tous les… 3-4-6 mois (ce qui est déjà beaucoup, beaucoup à supporter), mais de se retrouver à 50 balais dans le corps de quelqu’un de 80 ans.

      Je sais que mes chances d’expérimenter la vie dans un corps de 80 ans augmentent avec le temps, mais je n’envisage pas d’avoir cette expérience dès maintenant et jusqu’à possiblement la fin de mes jours, sachant que la proba est forte que de vivre dans cet état en permanence est très probablement de nature à bien réduire l’espérance de vie totale.

      Et c’est d’autant plus insupportable que je suis certaine que les décideurs ont parfaitement conscience de cette réalité, mais qu’ils laissent faire parce qu’il ont tout à y gagner :
      – la variété des symptômes fait que le lien donc la causalité, donc les responsabilités, est pratiquement impossible à établir.
      – agir serait extrêmement couteux (financement massif de l’amélioration de la qualité de l’air intérieur comme on a investi des sommes colossales il y a plus d’un siècle dans la qualité de l’eau)
      – ce serait aussi très couteux d’un point de vue politique, après avoir encouragé les gens à se surexposer (et à exposer leur proches) à l’agent pathologique.
      – cela permet d’accélérer le plan de liquidation de la santé publique (par engorgement permanent) au profit exclusif de la santé privée.
      – pour retarder l’implosion sociale sous le poids des malades, suffit de les blâmer et de sanctionner les médecins qui vaudraient les empêcher de trimer au-delà de leurs forces.
      – Ça touche plus fortement les prolos
      – Ça raccourcit plus fortement la vie des prolos, ce qui est bien pour récupérer du fric sur les retraites.

  • Le sabotage des mitochondries

    Le SRAS-CoV-2 parasite les centrales énergétiques des cellules pour se multiplier et peut les dérégler à long terme.

    ET si la fatigue accablante de la COVID longue était liée à une fatigue… des cellules elles-mêmes ? Comme si chaque petite parcelle du corps était épuisée ? Que la batterie de chaque organe était à plat ? C’est essentiellement ce qu’indiquent plusieurs études qui montrent que le SRAS-CoV-2 s’en prend directement aux mitochondries, sortes de mini-organes qui assurent la production d’énergie au coeur des cellules.

    « Le virus a besoin de reprogrammer le métabolisme énergétique des cellules hôtes pour se répliquer. Plusieurs protéines du SRAS-CoV-2 sont connues pour se lier à certaines protéines des mitochondries. Ces petits organes ne produisent pas uniquement de l’énergie, mais aussi plusieurs molécules telles que des acides aminés, des acides gras et des nucléotides, qui sont nécessaires à la réplication cellulaire et virale », explique Michaël

    Shum, professeur au Département de médecine moléculaire de l’Université Laval. Chaque cellule peut compter plusieurs centaines de mitochondries, et celles-ci sont dotées de leur propre ADN.

    Un consortium international de scientifiques a examiné l’expression des gènes mitochondriaux sur 700 prélèvements nasopharyngés, sur des organes prélevés chez 35 personnes décédées de la COVID-19 et dans des modèles animaux. Leur étude, publiée en août 2023 dans Science Translational Medicine, est claire : le virus inhibe à long terme les gènes mitochondriaux essentiels à la production d’énergie, et ce, dans plusieurs organes, dont le coeur, le foie, les reins et les ganglions lymphatiques. Même une fois que l’organisme s’est débarrassé du virus, cette dysfonction peut persister. Selon l’article, cette inhibition irréversible « pourrait contribuer aux symptômes multisystémiques de la COVID longue ». ▶

    • En fait un dossier complet d’hypothèses sur le #covid_long.

      La réactivation de virus dormants

      Le chaos immunitaire déclenché par la COVID-19 pourrait entraîner le réveil d’autres virus tapis dans l’organisme.


      Après un combat acharné, les troupes ont besoin de repos. Elles baissent la garde, et c’est à ce moment-là que des insurgés décident de se révolter. Traître, n’est-ce pas ? C’est ce qui pourrait se passer chez certaines personnes : à peine remises de la COVID-19, elles subiraient les assauts d’autres virus présents dans leur organisme, mais qui étaient jusqu’alors maintenus sous contrôle par leur système immunitaire. Ces opportunistes appartiennent à la famille des herpèsvirus, qui inclut les virus de l’herpès, du zona, le HHV-6 ou encore le virus d’Epstein-Barr. « Dans les prélèvements nasaux des patients COVID aux soins intensifs, on trouve énormément d’herpèsvirus. Qu’est-ce que cela signifie ? Pour l’instant, on ne sait pas trop », admet Howard Heller, professeur de médecine au Massachusetts General Hospital.

      Ces pathogènes sont tous connus pour rester en dormance pendant de longues périodes et profiter d’un moment de stress, d’inflammation ou de fatigue pour se réveiller. Manque de chance, ils sont extrêmement courants. Plus de 90 % de la population mondiale a déjà été infectée par le virus d’Epstein-Barr, par exemple. Chez certains individus, la première infection cause une mononucléose, mais, bien souvent, elle passe inaperçue. Ensuite, l’intrus se réfugie dans des cellules immunitaires et ne disparaît jamais… Il a été associé récemment à l’apparition de la sclérose en plaques ; et on sait que le fait que survienne une bonne grosse COVID l’aide à reprendre du poil de la bête.

      Selon plusieurs études, l’ADN du virus d’Epstein-Barr est en effet décelé plus fréquemment chez les personnes infectées par le SRAS-CoV-2 et gravement malades que chez celles ayant peu de symptômes. On sait aussi que la résurgence du virus d’Epstein-Barr en phase aiguë de la COVID-19 augmente le risque de développer ensuite une COVID longue, selon une étude publiée dans Cell en 2022. D’où l’hypothèse selon laquelle il pourrait carrément causer les symptômes post-COVID, notamment cette fatigue accablante qui ressemble à celle de la mononucléose.

      « Le SRAS-CoV-2 a tendance à faire chuter la quantité de globules blancs, ce qui induit une sorte d’état immunosupprimé. C’est l’occasion pour le virus d’Epstein-Barr de se réactiver », observe Jennifer Snyder-Cappione. Elle et son équipe ont décelé des preuves de cette réactivation – soit une augmentation importante de certains lymphocytes T – dans le sang de personnes souffrant d’un syndrome post-COVID. Ce virus entraîne-t-il des symptômes ? Est-il responsable des troubles immunitaires, ou bien se contentet-il de les aggraver ou de les exploiter ? Autant de questions cruciales. « On ne sait pas encore si cette réactivation virale est la fumée ou le feu, nuance la virologue. Mais elle reste une suspecte majeure. ». ▶

    • D’interminables tempêtes immunitaires

      La réponse immunitaire censée protéger contre le SRAS-CoV-2 est parfois si forte qu’elle devient destructrice. C’est vrai au moment de l’infection, mais aussi à long terme. ON ne compte plus les études qui montrent la présence d’anomalies immunitaires chez les personnes atteintes de COVID longue. Baisse du nombre de certains globules blancs, multiplication d’autres, présence persistante de molécules inflammatoires… Aucun doute, ce virus met durablement à mal le système de défense. Au point peut-être de lui faire perdre la tête !

      Caractérisée par une inflammation et des symptômes diffus, la COVID longue pourrait bien être une maladie en partie auto-immune, c’est-à-dire causée par un dérèglement du système immunitaire qui se retourne contre l’organisme au

      lieu de le défendre. Argument de poids en faveur de cette hypothèse : ce syndrome touche davantage de femmes, qui sont plus fréquemment sujettes à ce type de maladie. De plus, l’évolution en dents de scie des symptômes, avec des regains d’énergie suivis de rechute, fait penser à ce type d’affections. Ce n’est pas tout : une étude taïwanaise portant sur plus de trois millions de personnes a conclu que l’infection au SRAS-CoV-2 augmentait le risque de développer, dans les six mois suivants, toutes sortes de maladies auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus.

      Du côté biologique, plusieurs indices renforcent la piste. On a décelé chez des victimes de COVID longue de nombreux autoanticorps. Plutôt que de s’attaquer à des pathogènes, ils ont pour cibles divers tissus et molécules de l’hôte : les poumons, la muqueuse intestinale, des protéines du système immunitaire ou de la coagulation, des récepteurs à la surface des cellules… Une étude menée à l’Université McMaster, publiée en 2023, a ainsi montré que la présence d’autoanticorps antinucléaires (qui ciblent le noyau des cellules normales) est corrélée à la persistance de symptômes post-COVID au bout d’un an. « En phase aiguë, il y a une chute du nombre de lymphocytes [des globules blancs]. En réaction, l’organisme ordonne une prolifération des lymphocytes, mais ceux qui sont appelés “régulateurs” semblent moins nombreux en cas de COVID longue », a décrypté, lors du Symposium canadien, Manali Mukherjee, autrice principale de l’étude, elle-même victime du syndrome. Or les lymphocytes régulateurs participent à la réparation des tissus tout en tempérant les excès d’enthousiasme des autres lymphocytes ; en gros, ils « calment » ceux qui ont justement une activité auto-immune. « Sans eux, les autoanticorps ne sont plus policés. » ▶

    • Microcaillots, gros effets ?

      La COVID-19 accroît le risque de caillots sanguins plusieurs mois après l’infection. Ces caillots pourraient-ils expliquer les symptômes interminables ?

      Dès les premières semaines de la pandémie, le constat s’est imposé : la COVID-19 n’est pas uniquement une maladie respiratoire, mais aussi une maladie vasculaire ; elle favorise la formation de caillots sanguins. En obstruant de fins vaisseaux, ces caillots – ou thromboses – bloquent le passage des globules rouges et nuisent à l’oxygénation des tissus.

      Ils ne surviennent pas qu’en phase aiguë. Trente jours après l’infection, le risque de caillots potentiellement mortels dans les poumons demeure multiplié par 33, et celui de thrombose veineuse profonde par 5, comme l’a montré une étude suédoise publiée dans le British Medical Journal en 2022. Même après six mois, le risque est plus élevé.

      Plusieurs facteurs semblent en cause, dont l’inflammation initiale, qui favorise la coagulation, mais aussi une atteinte directe (et durable) de la paroi des vaisseaux par le coronavirus. La protéine S, à la surface de celui-ci, interférerait aussi avec certaines protéines du sang et activerait les plaquettes, dont le rôle est de « colmater » les brèches vasculaires. Et à plus long terme, « certaines études montrent la présence d’autoanticorps [des anticorps qui s’attaquent à l’organisme lui-même] qui sont associés à des troubles de la coagulation », ajoute Christian Bréchot. Une équipe est même parvenue récemment à visualiser la multitude de petits caillots dans le sang des victimes de COVID longue.

      Ces « bouchons », s’ils atteignent le cerveau, pourraient-ils expliquer le brouillard mental et les troubles de la mémoire caractéristiques de certaines COVID longues ? C’est très possible, selon plusieurs études, dont une publiée fin août dans Nature Medicine. L’équipe de l’Université d’Orford a suivi 1800 personnes hospitalisées pour une COVID-19 grave. Elle a découvert qu’un taux initial élevé de deux protéines clés de la coagulation, le fibrinogène et les D-dimères, prédisait justement le risque de troubles cognitifs 6 et 12 mois plus tard. Une découverte majeure, puisqu’elle pourrait amener à dépister les personnes à risque et à leur proposer un traitement précoce. ▶

    • Guéris ? Pas tout à fait…

      Décidément, le virus SRAS-CoV-2 pourrait être encore plus néfaste qu’il n’y parait. En effet, même chez les personnes n’ayant aucun signe de COVID longue, l’infection est associée à un risque ultérieur accru de problèmes de santé. C’est ce qu’a découvert l’équipe de Ziyad Al-Aly, un épidémiologiste de l’Université Washington, à St-Louis, qui suit une cohorte de plus de cinq millions d’anciens combattants et combattantes.

      Dans une étude publiée dans Nature Medicine en août dernier, il fait un constat glaçant : deux ans après l’infection, le risque de diabète, de troubles de la coagulation, de problèmes respiratoires, intestinaux et musculosquelettiques demeurait plus élevé chez les personnes ayant eu la COVID que chez celles ne l’ayant pas eue. « Cela concerne tous ceux qui ont eu le SRASCoV-2 », précise le chercheur, même si les individus ayant été hospitalisés en phase aiguë sont les plus fragiles.

      Sur une note « rassurante » : les risques de décès prématuré, d’hospitalisation et de maladies cardiaques et rénales revenaient à la normale au bout d’environ 19 mois chez celles et ceux ayant souffert d’une forme légère de COVID-19. « Nos sociétés sont impatientes de mettre la pandémie derrière elles et balaient sous le tapis ses conséquences à long terme. Les gouvernements doivent élaborer une stratégie cohérente pour la recherche sur la COVID longue […], avec des engagements financiers à long terme. C’est très important pour nous aider à comprendre la COVID longue, les maladies chroniques associées aux infections et pour optimiser notre préparation aux pandémies », souligne celui qui est aussi chef de la recherche du Veterans Affairs St. Louis Health Care System.

    • Le bilan

      Quel est le point commun entre toutes ces hypothèses ? Pour la Dre Falcone, il tient en un mot : microbiote. « C’est ce qui fait le lien entre les pièces du casse-tête ! » dit-elle.

      Avec son équipe, elle a passé au crible la flore intestinale de ses patients et patientes. Et les conclusions sont claires : en cas de COVID longue, surtout s’il y a des symptômes neuropsychologiques, le microbiote est perturbé et moins diversifié. Sous l’effet de « mauvaises » bactéries, la barrière intestinale, censée être étanche, devient poreuse, laissant fuir des molécules et des microorganismes qui vont affoler le système immunitaire, et notamment les lymphocytes B – ceux qui produisent les (auto) anticorps.

      Emilia Liana Falcone y voit un enchaînement chronologique logique. « À la base, on pense que la persistance du virus dans l’intestin joue un rôle dans la perturbation du microbiote. Au bout du compte, l’équilibre des lymphocytes B est perturbé, et cela prédispose à l’apparition de troubles auto-immuns, ainsi que de microcaillots, qui peuvent être associés à des autoanticorps. Tout est interrelié ! » explique la dynamique chercheuse.

      Le mieux est donc encore d’éviter les réinfections et les formes graves, notamment grâce à la vaccination. En octobre, une méta-analyse incluant 24 études a montré que le fait d’avoir reçu trois doses de vaccin avant l’infection réduisait de 69 % le risque de syndrome post-COVID. Quant aux victimes, elles peuvent se tourner vers des programmes de réadaptation, qui font preuve d’une certaine efficacité, en attendant l’arrivée de traitements en cours d’évaluation partout dans le monde. « On essaie toutes les pistes, à savoir les antiviraux, les anticoagulants, les médicaments immunosuppresseurs et les corticoïdes », énumère Christian Bréchot. De quoi y voir plus clair d’ici peu ? La Dre Falcone, dont la clinique-laboratoire, à l’IRCM, participera prochainement à des essais cliniques, veut y croire. « Notre mission, c’est qu’il n’y ait plus de COVID longue d’ici 5 ans », lance-t-elle.

  • Les nouvelles armes du Greenwashing

    Ma boite a pris il y a quelques temps une orientation nouvelle. En plus de son domaine d’activité et de faire de profits, elle a inscrit dans ses statuts des clauses de réduction d’émissions de CO2 et d’impacts environnementaux. Cela s’appelle parait-il une Entreprise à Mission .
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Entreprise_%C3%A0_mission

    Et depuis que c’est là, il y a quelque chose qui me dérange, sans que j’arrive trop bien à savoir quoi.

    A mes yeux, ce sont des actions bien-pensantes neo-bobo : se déplacer en train uniquement, aider à l’usage du vélo, couvrir les transports en commun, remplacer son PC le moins souvent possible, aider le télétravail.
    Par contre, il n’y a pas : dégager tous nos clients de la Françafrique ou des colonies Israéliennes, ou bloquer les salaires.

    Ça fait bien sur le CV, surtout dans les marchés publiques. C’est un tournant intéressant pour les sociétés qui veulent avoir un nouvel avantage de concurrence. Ma boite fait partie de la Neo-Frenchtech, celles qui ne sont pas des startup, mais qui fonctionnent plutôt par acquisition (croissance externe comme ils disent).

    Il y a quelques temps je me plaignais d’une action de « remotivation » que notre équipe Impact socio-environnemental avait lancée grâce à un site-partenaire.
    https://seenthis.net/messages/1009621

    Tout ça me semble une arme de plus du capitalisme pour faire durer encore un peu. Et à moins de prendre des actions qui feront sûrement plus fuir qu’attirer, ça n’aura rien d’environnemental.

    C’est un sujet ouvert, je ne sais pas si vous avez vécu cela. Je veux bien vos avis.

    • A mes yeux, ce sont des actions bien-pensantes neo-bobo : se déplacer en train uniquement, aider à l’usage du vélo, couvrir les transports en commun, remplacer son PC le moins souvent possible, aider le télétravail.

      Je trouve ça un peu dommage de qualifier ça de « néo-bobo » (qu’est-ce que ça veut dire précisément ?) quand on voit à quel point la plupart de mes collègues sont peu sensibilisés à ces questions. Pour certain-e-s l’écologie c’est encore éteindre la lumière en sortant de la pièce ou ne pas trop imprimer...

      Alors bien sûr c’est une tendance générale, notamment avec les RSE, de faire de l’écologie à peu de frais en responsabilisant les employés et assez peu les patrons, en évitant toute critique radicale du système capitaliste, mais j’ai envie de penser que tout ce qui peut être pris, même à minima, doit l’être.

    • Exemples d’entreprises à mission

      Parmi les entreprises connues du grand public qui ont adoptées ce cadre, il y a :

      Danone ;
      Le Groupe La Poste ;
      Le Groupe Rocher ;
      KPMG ;
      Camif ;
      Maif ;
      Jules ;
      Enedis.

  • Extraits des « Cellules buissonnières », le livre qui explore l’ADN humain : « Le microchimérisme brouille les frontières du temps et de la mort »
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2023/09/21/extraits-des-cellules-buissonnieres-le-livre-qui-explore-l-adn-humain-le-mic

    Au tournant du millénaire, des scientifiques portaient déjà un premier coup de canif à cette conception égotique de nos identités en nous apprenant que ce « je », que l’on espérait pur et unique, était en réalité un « nous », dont la moitié des constituants ne nous appartenaient pas. Entrelacées à nos cellules humaines vivent un nombre équivalent de cellules microbiennes sans lesquelles nous ne pourrions survivre. Des bactéries, des virus, des champignons, des levures… autant de micro-organismes imbriqués dans nos tissus et qui influencent non seulement notre métabolisme, notre immunité, mais aussi nos humeurs, nos comportements…

    (…)

    Voici qu’une autre révolution est en marche : même cette moitié d’humain que nous sommes n’est pas uniquement constituée de ce « je ». Cette dernière unité à laquelle nous pouvions nous raccrocher se fissure. Elle aussi est plurielle. Les mille milliards de cellules humaines qui nous composent en tant qu’adultes ne proviennent pas toutes de notre noyau originel. Semblables à des étoiles venues d’ailleurs, certaines d’entre elles portent d’autres signatures chimiques que les nôtres, elles cachent un ADN différent. Et pour cause : elles proviennent d’autres êtres humains…

  • Un rare ouragan se développe au large de la Grèce - Le Soir
    https://www.lesoir.be/535712/article/2023-09-07/un-rare-ouragan-se-developpe-au-large-de-la-grece

    Certaines régions de Grèce ont reçu mardi l’équivalent d’une année entière de pluie. Et cette météo doit encore durer deux jours, rapporte La Voix du Nord. D’après les météorologues, c’est le phénomène le plus extrême en termes de quantité d’eau tombée en l’espace de 24 heures depuis que la Grèce possède des archives sur le sujet, a estimé lors d’un point presse le ministre de la protection civile, Vassilis Kikilias.

    Mais ce n’est malheureusement peut-être pas terminé. « En liaison avec la goutte froide près de la Grèce (qui provoque les pluies diluviennes), on surveillera une évolution de la convection autour d’un cœur chaud et donc un possible medicane dans le courant de la semaine », indiquait l’observatoire Keraunos lundi. Un #medicane ? Contraction de Méditerranée et du mot anglais « hurricane » (ouragan), il s’agit du même phénomène qu’observé régulièrement dans l’Atlantique, quoique moins puissant.

    Nahel Belgherze, technicien électronique et spécialiste climat, juge, images à l’appui, « qu’il s’agit du top 3 des modèles météo les plus fous que j’ai jamais vu ». On distingue bien l’œil de l’ouragan entre la Libye et la Grèce sur les simulations qu’il partage.

    • En Espagne, après une sécheresse prolongée et des canicules à répétition, les pluies torrentielles précoces interrogent les climatologues
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/09/05/en-espagne-apres-une-secheresse-prolongee-et-des-canicules-a-repetition-les-

      Trois personnes sont mortes et trois autres sont portées disparues après des précipitations torrentielles et inhabituelles à cette période de l’année, symptôme possible du réchauffement climatique.

      https://justpaste.it/cceo3

    • “Alerte noire” : en une heure, 158 millimètres de pluie sont tombés sur Hong Kong
      https://www.courrierinternational.com/video/video-alerte-noire-en-une-heure-158-millimetres-de-pluie-sont

      Après une nuit de pluies diluviennes, Hong Kong s’est réveillé sous l’eau le vendredi 8 septembre. Deux personnes au moins sont mortes. Et certains s’interrogent sur le manque de préparation des autorités.

      Courrier international
      Publié le 8 septembre 2023

      https://youtu.be/7khEaqqbf60?feature=shared

      Pour la première fois en deux ans, une “alerte noire” avait été émise. Malgré cela, les habitants de Hong Kong ont été surpris par la violence de l’averse et se sont réveillés sous l’eau le vendredi 8 septembre, raconte le South China Morning Post. “Les pluies diluviennes ont paralysé la ville dans la matinée : les routes se sont transformées en torrents, des automobilistes se sont retrouvés coincés dans leur voiture, des restaurants ont été submergés et des glissements de terrain se sont produits près des quartiers résidentiels.”

      L’alerte avait été émise à 23 h 05. Au cours de l’heure qui a suivi, 158,1 millimètres de pluie par mètre carré se sont abattus sur la ville, “un record depuis 1884, date de début des relevés”. Entre 18 heures et minuit, ce sont plus de 200 millimètres qui ont été mesurés, précise le journal, qui a mis plusieurs vidéos sur son site, de cette nuit de pluie tout d’abord (voir ci-dessous), puis des dégâts (voir plus bas).

      https://youtu.be/cZP_3Y0b6pQ?feature=shared

      526 millimètres de pluie à Shenzhen

      Ces pluies soudaines, “les pires depuis plus d’un siècle”, ont été provoquées par l’arrivée du typhon Haikui, qui a balayé Taïwan le week-end dernier, explique le South China Morning Post. Mais alors pourquoi les autorités n’ont-elles pas su mieux se préparer ? s’interrogent aujourd’hui de nombreux internautes. D’autant que, ajoute le journal, la semaine précédente, “elles avaient tout mis en œuvre pour protéger la ville contre le supertyphon Saola”.

      En attendant de répondre à ces questions, les autorités ont présenté un premier bilan au cours d’une conférence de presse : deux hommes sont morts (leurs corps ont été repêchés dans le Victoria Harbour), une centaine de personnes ont été hospitalisées, 15 abris temporaires ont été ouverts, et 325 personnes s’y sont réfugiées.

      Hong Kong n’a pas été la seule ville touchée. Shenzhen et ses 12 millions d’habitants ont également été surpris par ces pluies diluviennes. “Son bureau météorologique a déclaré qu’à 10 h 30 vendredi une station de surveillance du district de Luohu avait enregistré un record de 526,3 millimètres de précipitations au cours des vingt-quatre heures précédentes”, rapporte le South China Morning Post.

      Courrier international

  • Elon Musk’s Shadow Rule | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2023/08/28/elon-musks-shadow-rule

    How the U.S. government came to rely on the tech billionaire—and is now struggling to rein him in.

    Last October, Colin Kahl, then the Under-Secretary of Defense for Policy at the Pentagon, sat in a hotel in Paris and prepared to make a call to avert disaster in Ukraine. A staffer handed him an iPhone—in part to avoid inviting an onslaught of late-night texts and colorful emojis on Kahl’s own phone. Kahl had returned to his room, with its heavy drapery and distant view of the Eiffel Tower, after a day of meetings with officials from the United Kingdom, France, and Germany. A senior defense official told me that Kahl was surprised by whom he was about to contact: “He was, like, ‘Why am I calling Elon Musk?’ ”

    The reason soon became apparent. “Even though Musk is not technically a diplomat or statesman, I felt it was important to treat him as such, given the influence he had on this issue,” Kahl told me. SpaceX, Musk’s space-exploration company, had for months been providing Internet access across Ukraine, allowing the country’s forces to plan attacks and to defend themselves. But, in recent days, the forces had found their connectivity severed as they entered territory contested by Russia. More alarmingly, SpaceX had recently given the Pentagon an ultimatum: if it didn’t assume the cost of providing service in Ukraine, which the company calculated at some four hundred million dollars annually, it would cut off access. “We started to get a little panicked,” the senior defense official, one of four who described the standoff to me, recalled. Musk “could turn it off at any given moment. And that would have real operational impact for the Ukrainians.”

    Musk had become involved in the war in Ukraine soon after Russia invaded, in February, 2022. Along with conventional assaults, the Kremlin was conducting cyberattacks against Ukraine’s digital infrastructure. Ukrainian officials and a loose coalition of expatriates in the tech sector, brainstorming in group chats on WhatsApp and Signal, found a potential solution: SpaceX, which manufactures a line of mobile Internet terminals called Starlink. The tripod-mounted dishes, each about the size of a computer display and clad in white plastic reminiscent of the sleek design sensibility of Musk’s Tesla electric cars, connect with a network of satellites. The units have limited range, but in this situation that was an advantage: although a nationwide network of dishes was required, it would be difficult for Russia to completely dismantle Ukrainian connectivity. Of course, Musk could do so. Three people involved in bringing Starlink to Ukraine, all of whom spoke on the condition of anonymity because they worried that Musk, if upset, could withdraw his services, told me that they originally overlooked the significance of his personal control. “Nobody thought about it back then,” one of them, a Ukrainian tech executive, told me. “It was all about ‘Let’s fucking go, people are dying.’ ”

    In the ensuing months, fund-raising in Silicon Valley’s Ukrainian community, contracts with the U.S. Agency for International Development and with European governments, and pro-bono contributions from SpaceX facilitated the transfer of thousands of Starlink units to Ukraine. A soldier in Ukraine’s signal corps who was responsible for maintaining Starlink access on the front lines, and who asked to be identified only by his first name, Mykola, told me, “It’s the essential backbone of communication on the battlefield.”

    Initially, Musk showed unreserved support for the Ukrainian cause, responding encouragingly as Mykhailo Fedorov, the Ukrainian minister for digital transformation, tweeted pictures of equipment in the field. But, as the war ground on, SpaceX began to balk at the cost. “We are not in a position to further donate terminals to Ukraine, or fund the existing terminals for an indefinite period of time,” SpaceX’s director of government sales told the Pentagon in a letter, last September. (CNBC recently valued SpaceX at nearly a hundred and fifty billion dollars. Forbes estimated Musk’s personal net worth at two hundred and twenty billion dollars, making him the world’s richest man.)

    Musk was also growing increasingly uneasy with the fact that his technology was being used for warfare. That month, at a conference in Aspen attended by business and political figures, Musk even appeared to express support for Vladimir Putin. “He was onstage, and he said, ‘We should be negotiating. Putin wants peace—we should be negotiating peace with Putin,’ ” Reid Hoffman, who helped start PayPal with Musk, recalled. Musk seemed, he said, to have “bought what Putin was selling, hook, line, and sinker.” A week later, Musk tweeted a proposal for his own peace plan, which called for new referendums to redraw the borders of Ukraine, and granted Russia control of Crimea, the semi-autonomous peninsula recognized by most nations, including the United States, as Ukrainian territory. In later tweets, Musk portrayed as inevitable an outcome favoring Russia and attached maps highlighting eastern Ukrainian territories, some of which, he argued, “prefer Russia.” Musk also polled his Twitter followers about the plan. Millions responded, with about sixty per cent rejecting the proposal. (Volodymyr Zelensky, Ukraine’s President, tweeted his own poll, asking users whether they preferred the Elon Musk who supported Ukraine or the one who now seemed to back Russia. The former won, though Zelensky’s poll had a smaller turnout: Musk has more than twenty times as many followers.)

    By then, Musk’s sympathies appeared to be manifesting on the battlefield. One day, Ukrainian forces advancing into contested areas in the south found themselves suddenly unable to communicate. “We were very close to the front line,” Mykola, the signal-corps soldier, told me. “We crossed this border and the Starlink stopped working.” The consequences were immediate. “Communications became dead, units were isolated. When you’re on offense, especially for commanders, you need a constant stream of information from battalions. Commanders had to drive to the battlefield to be in radio range, risking themselves,” Mykola said. “It was chaos.” Ukrainian expats who had raised funds for the Starlink units began receiving frantic calls. The tech executive recalls a Ukrainian military official telling him, “We need Elon now.” “How now?” he replied. “Like fucking now,” the official said. “People are dying.” Another Ukrainian involved told me that he was “awoken by a dozen calls saying they’d lost connectivity and had to retreat.” The Financial Times reported that outages affected units in Kherson, Zaporizhzhia, Kharkiv, Donetsk, and Luhansk. American and Ukrainian officials told me they believed that SpaceX had cut the connectivity via geofencing, cordoning off areas of access.

    puis looongue remontée dans le passé de l’intéressé

  • Pr. Logos : mise au point sur le Sars-Cov-2 - Framapiaf
    https://framapiaf.org/@Pr_Logos@piaille.fr/110323589630363362

    1/ Fauci (qui n’est pas complètement marteau) revient sur les aspects de SARS-CoV-2 qui ont conduit à des erreurs d’appréciation majeure. Il y a des conneries sur le masque dans l’interview mais c’est intéressant.

    • 2/ Première point. SARS-CoV-2 se transmet de manière asymptomatique (sans toux) parce que le lieu de première réplication virale est dans les voies respiratoires hautes, la transmission étant par inhalation de virus en aérosol.

      3/ Note sur ce premier point. Les tocards obscurantistes du ministère de la santé français ne reconnaissent toujours pas ce fait scientifique, après trois ans, ni ses conséquences.

      200 000 morts surnuméraires par obscurantisme.

      4/ Second point lié au premier. La transmission de SARS-CoV-2 se fait par inhalation d’aérosol, à la fois à courte distance mais aussi à longue distance, par stockage du virus comme une fumée de cigarette.

      5/ Note sur ce second point. Les tocards obscurantistes du ministère de la santé français ne reconnaissent toujours pas ce fait scientifique, après trois ans, ni ses conséquences. Ils en sont au lavage des mains et à Pitet.

      6/ Troisième point. Le virus se répliquant dans les voies respiratoires hautes (le nez, la gorge) mais produisant des pathologies en voies basses (poumons), le vaccin n’a pas été optimisé pour stopper la transmission.

      7/ Quatrième point. Ne pas avoir anticipé que les virus mutent, la pression de sélection se faisant sur la transmission (donc sur la réplication en voies respiratoires hautes) et avoir cru au mythe de l’immunité de groupe est DINGO.

      8/ En France, encore aujourd’hui, une ministre parlait « d’immunité globale », un concept qui n’existe même pas. Même l’Académie des sciences a écrit des conneries sur le blocage de la transmission par les vaccins optimisés en voies basses.

      9/ La France c’est ce beau pays où le ministre de la santé qualifie SA PROPRE DECISION de complotiste, lorsque l’opposition se montre aussi obscurantiste que lui.

      10/ Il est appréciable que Fauci tire un bilan (à peu près) sérieux des erreurs commises faute de prendre connaissance de la littérature scientifique.

      https://stockage.framapiaf.org/framapiaf/cache/media_attachments/files/110/323/661/212/975/643/original/a9be1dd55574cc68.mp4

      11/ En France, rigoureusement rien n’a été fait pour prévenir de nouvelles pandémies qui auraient ces propriétés :
      – transmission asymptomatique par voie d’aérosol
      – capacité de mutation liée aux multiples cellules épithéliales infectables
      https://stockage.framapiaf.org/framapiaf/cache/media_attachments/files/110/323/677/564/345/601/original/cde652d20800dce3.mp4

      12/ L’impossibilité de reconnaitre les erreurs (erreurs liées au mépris des scientifiques et au fétichisme de McKinsey) qui ont conduit aux 200 000 morts surnuméraires conduit à l’impréparation des pandémies à venir.

      13/ Cinquième point. L’existence de séquelles de long terme, d’importance très diverses selon les personnes infectées : les Covid Longs, qui vont de quelques pertes de fonctions cognitives à des vies sacagées.

      14/ En France, spécifiquement, les tocards qui peuplent les Comités Théodule de l’Etat (et une partie des journalistes) NIENT l’existence même de ces séquelles, malgré l’abondance des preuves scientifiques et l’ampleur du problème.

      15/ On le voit, l’obsession « Raoult » et la rhétorique « vax/anti-vax »’ masquent des ratages très profonds qui sont totalement occultés de l’espace public en France, ce qui creuse les dégâts faits à la santé publique.

      16/ Et je dis ça en ayant produit un thread sur Raoult, mandarin sans intégrité et tocard complet lancé par le torchon Le P*int, des semaines avant ceux qui en sont encore H24 dans l’obsession sur ce type.

      17/ J’en profite pour mettre un lien vers ce papier, qui prouve que les scientifiques se soucient aussi d’étudier les cas, rares mais existants, de myocardites induites par la vaccination.
      https://www.science.org/doi/10.1126/sciimmunol.adh3455

      18/ Je trouve la classe politicienne désolante, tous bords confondus (j’insiste), dans son incapacité à penser les politiques de santé publique et à faire un bilan sérieux de la politique désastreuse et obscurantiste menée pendant 3 ans.

      19/ Un très bon édito (si, si, c’est possible) du Monde sur le chantier de la santé publique.
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/05/06/covid-19-un-immense-chantier-de-sante-publique_6172311_3232.html
      Covid-19 : un immense chantier de santé publique
      Le Monde

      20/ J’apprécie tout particulièrement dans l’Edito que ceci soit mis au clair.

    • « Elle est pas belle la vie » (Bordaaayl de merdre)

      https://www.youtube.com/watch?v=kgvUY1CrVuo


      https://twitter.com/chbeziers/status/1655256408202379267

      Le 8 mai 2020, la pandémie nous obligeait à rendre le port du masque obligatoire partout et pour tous dans l’établissement. 3 ans plus tardnous levons cette obligation 😷
      Pour fêter cet événement, nos équipes sont heureuses de pouvoir l’enlever.

      #infections_nosocomiales