L’état de santé des enfants se dégrade rapidement aux Etats-Unis, creusant l’écart avec les pays à haut revenu
Le large panorama de la santé pédiatrique outre-Atlantique, dressé par une étude publiée dans l’édition du mardi 12 août du « Journal of the American Medical Association » (« JAMA »), a tous les traits d’une catastrophe invisible.
(...) Un hiatus qui persiste dans les classes d’âge supérieures puisque cette #surmortalité est d’environ 80 % pour un Américain moyen, entre son premier anniversaire et ses 19 ans. Comparées aux pays de l’OCDE, la prématurité (+ 120 % aux Etats-Unis) et la mort subite (+ 140 %) sont les grands responsables de cette surmortalité des nourrissons, tandis que la mort par armes à feu (+ 1 400 %) et les accidents de la route (+ 145 %) sont principalement en cause chez les enfants et les adolescents.
(...) l’écart entre les Etats-Unis et le reste de l’OCDE se creuse plus rapidement depuis 2019 : le taux de mortalité des enfants augmente outre-Atlantique alors qu’il baisse dans les pays comparables – à l’exception notable de la France, dont la #mortalité_infantile (avant un an) a touché son plus bas niveau en 2011 et augmente depuis 2014.
Cet excès de mortalité n’est pourtant que le sommet de l’iceberg. Le suivi de l’état de santé des enfants américains sur les quinze dernières années indique une aggravation rapide d’une diversité de troubles et d’états pathologiques. En 2011, 25,8 % des enfants de 3 à 17 ans souffraient aux Etats-Unis de l’une au moins de la quinzaine de maladies chroniques indexées dans les bases de données nationales analysées. En 2023, cette proportion passe à 31 %, soit une augmentation de près d’un cinquième en à peine plus d’une décennie. Selon M. Forrest et ses collègues, les huit troubles qui ont le plus augmenté au cours de ce laps de temps sont les dépressions graves (+ 230 % de prévalence), les apnées du sommeil (+ 222 %), les troubles de la conduite alimentaire (+ 220 %), de l’anxiété (+ 206 %), les troubles du spectre autistique (+ 162 %), l’obésité (+ 137 %), les troubles du métabolisme (+ 106 %) et les troubles du développement (+ 105 %) comme les difficultés d’apprentissage, le déficit d’attention, l’hyperactivité, etc.