• Sister Rosetta Tharpe, l’âme sœur du rock
    https://pan-african-music.com/black-history-month-rosetta-tharpe

    Inspiratrice méconnue de Chuck Berry ou Elvis, cette chanteuse gospel et guitariste virtuose a longtemps été oubliée par l’Histoire avant qu’un récent revival ne lui rende enfin justice, près de quarante ans après sa mort.

    https://www.youtube.com/watch?v=Y9a49oFalZE

    #musique #Rosetta_Tharpe #rock #gospel #guitare #femmes #Histoire

  • Les nazis et l’argent : au coeur du IIIe Reich | ARTE - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=QrLpBg2Glcs

    Comment l’Allemagne hitlérienne a-t-elle pu avec peu de devises, un chômage de masse, d’insuffisantes ressources naturelles et un appareil industriel limité déclencher ce cataclysme que fut la Seconde Guerre mondiale et occuper une grande partie du territoire européen ? Étayé par des travaux récents d’historiens et nourri d’archives rares, un passionnant décryptage.

  • #Coronavirus is in the #air — there’s too much focus on surfaces
    https://www.nature.com/articles/d41586-021-00277-8

    This lack of clarity about the risks of #fomites — compared with the much bigger risk posed by transmission through the air — has serious implications. People and organizations continue to prioritize costly disinfection efforts, when they could be putting more resources into emphasizing the importance of masks, and investigating measures to improve ventilation. The latter will be more complex but could make more of a difference.

    #aérosols

  • Dear Reader,

    At ZAM we normally don’t do anti-tech-Silicon-Valley conspiracy theories. But last week this position was put to the test. The reason: a tweet in which we wrote about Bill Gates’ objections to a requested waiver of COVID-19 vaccine patent rights to lower income countries. Twitter’s algorithms promptly blocked our account as ’violating our policy on spreading misleading and potentially harmful information related to COVID-19 ’.

    The same happened the day before to the South African online magazine The Continent. Their reasonable and considered article on Gates’ opinion led to first their account being taken out, then also editor Simon Allison’s. It was his article we had tweeted about.

    It would seem that simply questioning the tech billionaire’s views set off Twitter algorithms’ alarm bells, even if this has nothing to do with ‘misleading and potentially harmful information related to COVID 19’ or to anything at all. But when we appealed the decision, a ‘conversation’ with Twitter delivered this immortal phrase: there is a violation because there is a violation.

    Our tweet is gone now. In order to regain our voice, we may have to do what The Continent did earlier: talk of Gill Bates to escape the algorithm, maybe later to morph to Will Hates, and so on. It would be funny if it wasn’t so scary.

    ZAM Team

    (newsletter de https://www.zammagazine.com de ce matin)

    • Il y a dix ans, saturée des œuvres mâles je ne veux lire, voir et acheter que des œuvres de femmes. J’entre dans une petite librairie au centre de Toulouse, et comme je m’étonne du choix uniquement masculin (pas mauvais d’ailleurs) dans sa vitrine je finis par me moquer carrément du #sexisme_par_omission du libraire. Le libraire me répond que c’est normal car il n’y a pas de femmes écrivains… En fouillant dans sa boutique, je trouve quand même quelques écrivaines. Ma conclusion est que le libraire un poil cynique certes ne s’était même pas rendu compte de son choix genré, c’est juste normal d’éliminer les femmes. Du coup, je me sens moins seule et ça me fait super plaisir cette vague du #lire_les_femmes !
      #male_gaze
      #female_gaze

    • Merci pour le partage @james Le #female_gaze devrait aussi être une affaire d’homme. En découvrant le #male_gaze et le #female_gaze par conséquent, je me suis rendu compte que mon imaginaire – en tant qu’homme cis hétéro – était façonné en grande majorité par la moitié de l’humanité, et donc par conséquent que cette représentation biaisée du monde avait mis de coté le regard de la seconde moitié. L’image que j’ai eu dans ma tête équivaut à une carte de mmorpg, avec quelques zones d’ombre par ci par là, qu’on viendrai dézoomer d’un coup, pour se rendre compte que la carte à échelle 1:1 est à moitié (si ce n’est plus) sombre et inexplorée. Et donc forcément il y a eu un avant et un après puisque je ne pouvais plus me contenter de cette partie visible et me dire « OK, je vais continuer avec ce que je connais, cet imaginaire me suffit ». Bref, j’ai aussi ressenti que je me devait de

      rééquilibrer mon imaginaire et de récupérer toute ces images manquantes.

      C’est exactement ça. Cette phrase raisonne. Plus que jamais, il faut que des hommes lisent des livres écrites par des femmes et regardent du cinéma réalisés par femme. Et pareil pour la musique, la peinture, le théâtre, les bandes dessinées, etc.

  • Effets à long terme de #COVID-19

    Une méta-analyse sur plusieurs études déjà publiées, incluant près de 48000 patients, a montré que :

    🔴 80% des malades COVID-19 ont développé au moins un symptôme qui persiste sur le long terme après la guérison (durée de suivi maximale de 110 jours)

    🔴 Au moins 55 symptômes ont été identifiés

    🔴 Les cinq symptômes les plus fréquents sont : la fatigue (58 %), les maux de tête (44 %), les troubles de l’attention (27 %), la perte de cheveux (25 %) et la dyspnée (24 %).

    🔰 https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2021.01.27.21250617v2.full.pdf

    via Infos Coronavirus Tunisie https://www.facebook.com/groups/218921892639567/permalink/436226764242411
    #long_covid #symptômes_durables

  • Assez historique : un hedge fund a subit des pertes de plusieurs milliards de dollars et risque la faillite, suite à l’action des usagers d’un subreddit.

    Affaire Gamestop : les fonds spéculatifs pris à leur propre jeu par les boursicoteurs américains
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/01/28/affaire-gamestop-les-fonds-speculatifs-pris-a-leur-propre-jeu-par-les-boursi

    Trente ans après, la roue a tourné. Cette semaine, le groupe new-yorkais Melvin Capital a perdu sa chemise sur les marchés – sur l’action de la société Gamestop, pour être précis –, le contraignant à mendier 2,75 milliards de dollars (2,27 milliards d’euros) auprès de ses concurrents pour éviter une faillite.

    Ses vainqueurs : une foule de boursicoteurs, saisis par l’ennui pendant la pandémie et qui se sont mis à jouer à Wall Street depuis qu’a éclaté le Covid-19. Ils se sont passé le mot sur le forum Reddit mais aussi sur Twitter ou Facebook, faisant monter, monter, monter l’action de Gamestop pour mieux ruiner Melvin Capital.

    Explication : Gamestop est une enseigne de jeux vidéos aux Etats-Unis. Elle est en difficulté, les clients préférant les jeux en ligne. Résultat, son action ne valait en mars 2020 que 2,57 dollars. Pariant sur une détérioration de sa santé financière, des hedge funds, dont Melvin Capital, l’ont vendue à découvert, c’est-à-dire sans posséder réellement les actions mais en espérant les acheter plus tard moins cher.

    Sauf que les boursicoteurs ont fait le pari inverse et se sont rués en masse sur l’action. Gamestop a pris près de 20 % lundi 25 janvier, a doublé mardi, et a vu son cours multiplié encore par 2,35 mercredi pour atteindre 347,51 dollars en clôture. L’entreprise valait alors 10,3 milliards de dollars, l’équivalent du français Renault. Une envolée irrésistible, irrationnelle, et alimentée par Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, qui avait tweeté sur l’affaire mardi soir.

    Si les petits porteurs ont acquis une telle puissance de feu, c’est que les règles du jeu ont un peu changé : jouer en Bourse ne coûte plus rien avec la disparition des commissions de transactions. Mieux, les applications comme Robinhood proposent des produits sophistiqués qui permettent aux particuliers de parier à la hausse ou à la baisse sur une action avec une mise de fond minime. Enfin, les petits investisseurs ont fait masse en se passant le mot sur les réseaux sociaux.

    La vente à découvert est très risquée. Lorsque vous achetez une action Gamestop 2,57 dollars et que l’entreprise fait faillite, vous risquez au maximum votre mise, soit 2,57 dollars. Si vous la vendez 2,57 dollars et qu’elle monte à 347,51 dollars, vous devez la racheter à ce prix et perdez 344,94 dollars, soit 134 fois votre mise initiale ! L’affaire est donc devenue ruineuse pour les hedge funds, qui ont choisi de prendre leurs pertes. « Nous avons fermé notre position », a fait savoir Melvin Capital. D’autres se sont prudemment retirés du jeu, dont Citron Research.

    Melvin Capital, première grande victime de la folie « GameStop » en Bourse, Actualité des sociétés - Investir-Les Echos Bourse
    https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/melvin-capital-premiere-grande-victime-de-la-folie-gamestop-en-bou

    Pour le fonds d’investissement spécialisé dans les opérations de « short », ou vente à découvert, l’addition semble lourde, très lourde. Son montant n’est pas évoqué, mais les actionnaires Citadel et Point72 ont dû se contraindre à injecter près de 3 milliards de dollars dans Melvin Capital pour consolider les finances du fonds, rapporte le site de le chaîne de télé américaine.

    Dans cette affaire « GameStop », les vendeurs à découvert sont à la lutte avec des acheteurs physiques, ou détenteurs de positions à effet de levier, mais haussières. Et le terrain de jeu se déroule sur les forums de discussion, en particulier celui appelé « Wallstreetbets » de Reddit, un site web communautaire américain fonctionnant via le partage de signets permettant aux utilisateurs de soumettre leurs liens et de voter pour les différents posts. On comprend l’emballement et la frénésie qui peuvent naître de telles discussions, par des investisseurs souvent fraîchement arrivés en Bourse et attirés par des gains faciles, sur des dossiers de type « penny stock » tout particulièrement… Ce forum de Reddit regroupe plus de deux millions de membres.

    Selon les données du cabinet S3 Partners, les vendeurs à découvert avaient, lundi soir et avant la dernière poussée de 92% de l’action, donc, mardi, accumulé une perte à la valeur de marché de plus de 5 milliards de dollars depuis le début de l’année dans l’action GameStop, dont une perte évaluée à 917 millions de dollars lundi et 1,6 milliard de dollars vendredi.

    GameStop Stock Jumps to New Record - WSJ
    https://www.wsj.com/articles/gamestop-shares-surge-toward-fresh-record-ahead-of-opening-bell-11611579224

    On Reddit and chat forums, day traders were shouting it from the rooftops: Buy GameStop!

    Lots of people did, sending the shares of the once-moribund mall retailer to new highs in what has become a gladiator match between so-called redditors and Wall Street shorts. GameStop Corp. surged as much as 145% to $159.18 Monday morning, before sinking below Friday’s close only to bounce back up again to close Monday at $76.79, up 18%.

    The move, which extended GameStop’s gains for the year to more than 300%, is the latest sign that frenetic trading by individual investors is leading to outsize stock-market swings.

    The volatility prompted the New York Stock Exchange to briefly halt trading nine times. About 175.5 million shares changed hands Monday, the second-largest one-day total on record, according to Dow Jones Market Data. That compares with the 30-day average of 29.8 million shares.

  • Egypt’s Dystopia Is a Lesson for the World
    https://www.vice.com/en/article/n7v9pd/egypts-dystopia-is-a-lesson-for-the-world


    Protesters fill Cairo’s Tahrir Square in February 2011. Photo: Peter Macdiarmid/Getty Images

    “The narrative that what happened in Egypt was a total failure, that things just returned back to exactly where they started, is pushed by those who are unable to understand or accept the challenge posed by those 18 days,” says Professor Khaled Fahmy, an Egyptian historian now based at the University of Cambridge, referring to the period of revolutionary protest in Tahrir that brought Mubarak’s reign to a close. “It was an effort to imagine an alternative form of society, one that had implications not just for Egypt, but for societies everywhere. It tried to make a space where those conversations could happen, and in that it succeeded. It was possible. And precisely because it was possible, it was dangerous.”


    Tahrir Square, the beating heart of the revolution, pictured in November last year. Photo: Khaled DESOUKI / AFP

    A decade later, with a brief flurry of pro-revolution platitudes now long forgotten – “We should teach the Egyptian revolution in our schools,” remarked then-prime minister David Cameron in February of 2011, shortly before he made an “inspiring” visit to Tahrir Square as part of an arms-sales tour across the region – western leaders have reprised their role as staunch defenders of Egypt’s dictatorship, whose interests are increasingly entwined with their own.

    Sisi, Egypt’s current president and the man who oversaw the massacre of nearly 1,000 protesters during a single day in 2013 (shortly after he deposed Mohamed Morsi, who later died in jail), is a regular presence on the red carpet in European capitals. Considered a bulwark against both violent extremism and mass migration from the region, despite there being scant evidence of his effectiveness on either front, Sisi’s security forces are equipped with French fighter jets, Italian frigates, German submarines and British assault rifles,. Last month, President Emmanuel Macron awarded him France’s highest order of merit, the Légion d’honneur.

    “That year came with so much – so much promise, and so much trauma.”

    But for Sisi, even more vital than cutting-edge weaponry and prestigious photo-calls is the growing entrenchment of his regime in a globalised financial system, which helps ensure that his own stability – and, consequently, the suppression of any future revolutionary challenge – is aligned with the economic concerns of western states and some of the world’s biggest multinational forces. A huge surge in both international loans (Egypt’s external debt has doubled as a proportion of GDP since Sisi assumed power) and foreign direct investment, particularly in the oil and gas sector (BP, Britain’s biggest company, pours more money into Egypt than any other country), has helped drive rising inequality, as ordinary Egyptian taxpayers shoulder a disproportionate strain when it comes to paying back the interest-heavy loans and the related government cuts to social spending. Ten million Egyptians have been newly dragged down into poverty over the past half-decade; meanwhile, the number of “ultra high net worth individuals” in Cairo is rising faster than anywhere else on the planet.

    “The Egyptian government’s fiscal and economic policies are accelerating the transfer of wealth from lower and middle classes to itself and business elites, with likely devastating consequences,” warned Maged Mandour, an analyst for the Carnegie Endowment, in a report last year entitled “Sisi’s war on the poor”. He went on to note that higher levels of deprivation could be detected most clearly in areas like healthcare – where spending as a proportion of GDP has plummeted, leaving less money for doctors, nurses, hospital beds, COVID tests and oxygen tanks. None of this appears to trouble Egypt’s enthusiastic foreign backers; business media giant Bloomberg recently lauded the country as an “emerging market darling”.

    “At best,” says Fahmy, the historian, “we — the Egyptian people — are a nuisance to the regime. At worst, we are a danger. In either case, we are a burden.

    #égypte #révolution #révolutions-arabes #covid-19 #25janvier #sisi #morsi #mubarak #macron

  • Thread by carolinedehaas on Thread Reader App – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1353813233354878976.html

    Alors voilà.
    Je ne suis pas favorable à l’imprescriptibilité des crimes sexuels.
    Je ne suis pas non plus favorable à un durcissement des peines.
    Je ne suis pas d’accord avec ces revendications (sur le fond) et je pense que c’est une mauvaise stratégie de les mettre en avant.

    J’exprime ici une opinion personnelle. Nous ne sommes pas toutes d’accord à @NousToutesOrg là-dessus.

    Avis à tous les fachos et trolls : vous êtes déjà bloqués, ne vous fatiguez pas.

    Ce débat politique et stratégique qui traverse les mouvements féministes ne change RIEN à nos très nombreux points d’accords.

    (Et au fait qu’on aimerait savoir comme faire pour que les hommes arrêtent de violer)

    L’objectif prioritaire des politiques publiques devrait être de faire cesser les violences sexuelles.

    Pour rappel, 6,7 millions de personnes ont subi l’inceste en France.
    94 000 viols sont commis chaque année par des hommes sur des femmes.

    Je suis convaincue que l’imprescriptibilité n’est pas une solution pour en finir avec les violences sexuelles.
    Que ce n’est pas en disant aux personnes qui violent qu’elles pourront être poursuivies plus longtemps qu’elles arrêteront de violer.
    Qui peut penser qu’un homme qui commet un viol ignore que c’est un crime très sévèrement puni ?
    Qu’en le rendant encore plus durement puni, on va convaincre des gens d’arrêter de violer ?
    Je pense aussi que la prescription est juste.

    Je pense qu’on ne doit pas pouvoir être poursuivi.e jusqu’à sa mort, même pour des crimes.

    (Je pense aussi qu’il faut abolir la prison - totalement - mais un débat à la fois)

    « Et les victimes alors ? »
    Il me semble que justice ne se construit pas pour les victimes ou à partir de leurs besoins, souhaits (Sinon, on finirait par rétablir la peine de mort je pense ?)

    La justice dit l’interdit pénal, la règle.

    50 ans après les faits, rappeler une règle (si tant est qu’on peut sanctionner des années après, vu la difficulté de rassembler les éléments matériels), est-ce que cela permet de rétablir l’ordre public et de faire reculer les violences, je ne suis pas sûre.
    Penser dans notre société la reconstruction des victimes par le biais de la sanction n’est pas satisfaisant.

    Quand les éléments matériels ne sont pas suffisants pour sanctionner.
    Quand l’auteur est mort.
    La société devrait accompagner les victimes au-delà de la décision pénale.
    Au-delà du fond, je pense que porter cette revendication est une erreur stratégique.
    Cela fait sortir du champ du débat les deux enjeux principaux de la lutte contre les violences : la prévention et les moyens qui lui sont dédiés. Ces deux éléments sont des angles morts absolus des politiques publiques menées aujourd’hui en matière de lutte contre les violences.
    Autre élément : cela place le débat de la lutte contre les violences sur le terrain des réactionnaires et conservateurs.
    Qui va s’engouffrer dans la brèche ? La droite et l’extrême-droite.
    « On s’en fiche, ce débat dépasse les clivages »

    Faux. La lutte contre les violences est clivante. Politiques publiques, politique pénale, rôle de l’école, moyens financiers mis sur la table : ces débats sont clivants.
    Enfin, un processus législatif pour voter cette mesure prendrait du temps. Nous n’avons pas le temps.
    Chaque jour, en France, des enfants sont victimes de violences sexuelles dans leur famille. Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle loi.

    Nous avons surtout besoin de politiques de prévention et de moyens.
    Si nous voulons en finir avec les violences, nous avons des moyens beaucoup plus efficaces que durcir les politiques pénales.

    • Non, car il y a un angle mort dans sa réflexion  : le viol est un crime très sévèrement puni en théorie.

      En réalité, l’impunité est pratiquement totale et garantie. C’est même le seul crime où c’est à la victime de commencer par prouver son innocence. Parce que nous vivons encore et toujours dans une société patriarcale où — en permanence — les hommes sont socialement excusés par défaut (« il avait des besoins », « il n’a pas pu contrôler ses pulsions ») et les femmes toujours porteuses de tous les maux (« elle l’a bien cherché », « elle ne s’est pas défendue », « elle était habillé comme ci ou comme ça », « elle n’avait rien à foutre là »). Les gosses, je n’en parle même pas  : par défaut, on ne croit pas ce qu’ils racontent, ce qui est tout de même vachement pratique.

      Il y a une analyse de @tradfem sur les hommes violents qui décrit très bien que les hommes violents sont tout sauf des gens impulsifs ou qui ne savent pas se contrôler.

      Les hommes violent, parce que dans notre société, c’est open bar et qu’ils savent pertinemment qu’ils risquent moins à violer une femme (ou un gosse) qu’à voler un bout de pizza.

      Les hommes violent parce qu’ils le peuvent.

    • Comme elle le dit, c’est une stratégie politique, et ce dans une société qui se moque éperdument des victimes de viols.
      Certes la justice n’est pas là pour plaire aux victimes mais pour assurer l’ordre (patriarcal ?). En Australie la justice est rendue au nom de la société qui se substitue à la victime d’un viol, celle-ci ne subit pas d’interrogatoires abusifs ni (il me semble) n’a à être présente au procès.

      En faveur de l’imprescriptibilité des viols :
      – les victimes perdent la mémoire plusieurs dizaines d’années les empêchant d’agir
      – les violeurs continuent à sévir en toute impunité sans être signalés en tant que tels
      – si on ne peut parfois pas apporter de preuves il reste au moins la possibilité de dire publiquement ce qui est essentiel
      – c’est bien la société qui devrait se substituer à la victime

      Et je trouve les stratégies anti extrême droite assez casse-gueule, comme si c’était le seul diapason.

  • La « vie d’avant » | Didier Lestrade
    https://didierlestrade.blogspot.com/2021/01/la-vie-davant.html

    La pandémie de Covid marque son premier anniversaire. Et 2021 sera encore une année très difficile, il n’y aura pas de sortie de crise au moins avant deux ans - et nous n’avons pas encore subi les pleines conséquences de l’effondrement du marché du travail. La campagne de vaccination en France ne fait que commencer. Source : Relevé sur le Net...

    • On prédit que le variant anglais sera majoritaire dans le pays d’ici la fin du mois de février. D’autres virus mutants sont apparus au Brésil, Afrique du Sud, Californie. Un autre confinement se prépare. Hier, on comptabilisait 70.000 décès dans l’hexagone et 2,12 millions dans le monde.

      Et pourtant, régulièrement, on entend discuter dans les médias de l’espoir de retrouver « la vie d’avant », ou le besoin de « vivre normalement ». La nostalgie de 2019 se diffuse, alors que tant de familles sont affectées par ces décès, alors que tant de malades Covid ne se remettent pas. Les scandales sanitaires s’accumulent, celui des masques, du dépistage, de la vaccination, des magouilles de l’industrie pharmaceutique. Décidément, la société fait tout pour oublier l’expérience acquise dans le sida.

      Parce que dans le VIH, nous avons passé plus de 20 ans à voir notre vie d’avant s’écrouler. (...)

      [...]
      Admettons-le, nous vivons déjà sur un mode survival. Les étudiants bloqués dans leurs chambres qui ont l’impression de vivre en Ehpad, les gens qui économisent au lieu de dépenser, et ceux qui n’ont plus rien alors que les aides se réduisent. On ne voyage plus, des amis me disent qu’ils n’ont pas eu de relations sexuelles depuis un an, l’incertitude d’un nouveau confinement, il faut tenir chaque jour, chaque semaine, chaque mois. (...)

      de nouveau, à l’échelle d’une vie, le #covid-19 est très probablement là pour durer

  • Tunisie, Gafsa : Ces femmes ont été exclues d’un concours régional de recrutement à la fonction publique (Compagnie des phosphates de Gafsa – CPG) parce qu’elles sont mariées et que leurs maris travaillent. Après trois ans de lutte, elles décident de demander le divorce collectivement.

    https://archive.org/embed/20210126_20210126_1412

    D’ailleurs, avez-vous ici eu connaissance du #divorce_collectif comme moyen / action de lutte féministe ?

    #tunisie #gafsa #femmes #cpg #lutte #luttes_féministes #divorce #mariage #sexisme

  • C’est pas la Seine qui passe à Paris, c’est l’Yonne
    C’est ce que ma maman m’a appris aujourd’hui !
    Alors bien-sûr, je vérifie.

    Mais c’est bien l’Yonne selon cette règle que rappelle Yves Boquet, professeur de géographie à l’Université de Bourgogne et secrétaire général de l’association des géographes français. « Quand deux cours d’eau se réunissent, c’est celui ayant le plus petit débit qui se jette dans l’autre. » Et est donc son affluent.

    Or, à Montereau-Fault-Yonne, à leur confluent, « la Seine a un débit moyen de 80 m3/seconde pour un bassin-versant de 10.100 km2, et l’Yonne de 93 m3/sec pour un bassin-versant de 10.836 km2 ».

    C’est donc bien l’Yonne qui « traverse Paris et se jette dans la Manche, à hauteur du Havre ». Et qui mériterait le titre de fleuve usurpé par la Seine, tandis que celle-ci devrait être un simple affluent.

    "La Seine était considérée comme sacrée par des druides et donc décrétée supérieure aux autres, puis la rivière Sequana (Seine) a été élevée au rang de divinité par les Romains. Pour ceux qui la contrôlaient, imposer la Seine était une manière d’asseoir leur pouvoir."

    #ça_alors #tu_te_coucheras_moins_bête

    https://www.lyonne.fr/auxerre-89000/actualites/riviere-ou-fleuve-pourquoi-l-yonne-a-ete-detronee-par-la-seine_12727535

    • Confluent — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Confluent

      Difficultés d’application
      Cette définition comporte de très nombreuses exceptions, et il arrive que le cours d’eau le moins abondant soit considéré (à tort) comme la partie amont du fleuve ou de la rivière ; c’est le cas du Mississippi qui devrait s’appeler l’Ohio, du Gange qui devrait être la Yamuna, de l’Yenisei qui devrait être l’Angara, de l’Elbe qui devrait être la Vltava, du Rhin qui devrait être l’Aare, du Danube qui devrait être l’Inn. En France, c’est le cas de la Seine qui devrait être l’Yonne, de la Saône qui devrait être le Doubs, de l’Adour surclassé par les Gaves Réunis, etc.

      Il existe aussi des cas en « cascade ». Exemple : l’Oise est surpassée par l’Aisne qui est elle-même surpassée par l’Aire. Du point de vue hydrologique, la rivière est donc l’Oise-Aisne-Aire.

    • Près de chez mes grand-parents en Normandie coulait la Risle, joli cours d’eau navigable où se pêchaient perches, truites, brochets et anguilles et qu’on s’amusait à appeler fleuve. Le doute subsiste vu qu’elle se jette dans l’estuaire de la Seine et subit l’influence des marées, mais le SANDRE a décidé qu’elle serait rivière.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Risle

    • Dreiflüssestadt #Passau
      (Basse-Bavière, la direction du photo montre vers l’ouest)

      C’est ama l’importance comme ligne ouest-est qui a servi comme frontière et puis comme moyen pour le transport et des voyage dépuis l’antiquité - ainsi le nom de la Danube (aussi « Ister ») fut maintenu encore après le confluent avec l’Inn.

      À gauche c’est l’#Inn qui arrive du sud, au milieu, plus foncée, c’est la #Danube, puis, arrivant du nord, c’est la #Vilz

      Ister :

      https://de.wikipedia.org/wiki/Ister

      Vue aérienne de Passau

    • Attention, le débit moyen à Paris change quand les quatre barrages-réservoirs construits pour assurer l’étiage relarguent des centaines millions de m3, donc le débit « moyen » de 80m3/ sec à Austerlitz connait des variations importantes, à corréler avec le débit « moyen » de l’Yonne, en été et en hiver...

  • Des macaques aux crabes, les animaux mis en danger par les masques usagés - GoodPlanet mag’
    https://www.goodplanet.info/2021/01/21/des-macaques-aux-crabes-les-animaux-mis-en-danger-par-les-masques-usage

    Les #masques_chirurgicaux qui permettent de sauver des vies pendant la pandémie de coronavirus sont devenus un véritable fléau pour les animaux qui peuvent se retrouver entravés ou étouffés par les masques usagés, abandonnés en grande quantité dans la nature.

  • #Un_pays_qui_se_tient_sage, Lumière du meilleur documentaire 2021
    http://www.davduf.net/un-pays-qui-se-tient-sage-lumiere-du-meilleur

    DINGO. C’était ce soir, sur Canal+. La 26e cérémonie des Lumières du cinéma. #UnPaysQuiSeTientSage obtient le prix du Meilleur documentaire, décerné par 123 correspondants de la presse étrangère en France. Grosses (grosses) pensées aux équipes du Bureau Films et de Jour2Fête, Florent Mangeot, Mélanie Simon-Franza, et tant d’autres, tant d’autres, sans qui... Et pensées, aussi, et en premier lieu, à tous les témoins du film, et plus particulièrement à Gwendal, qui ouvre Un pays. Il y a deux ans, jour pour (...) Un pays qui se tient sage

    / Une, Prix & Récompenses

    #Prix_&_Récompenses

  • #Allo_Place_Beauvau - c’est pour un signalement final
    http://www.davduf.net/allo-place-beauvau-c-est-pour-un-signalement

    Après deux années, 992 signalements, des jours et des nuits, #Allo_Place_Beauvau s’arrête. Place à de nouvelles initiatives ! Quelques explications dans la vidéo ci-dessous et mille mercis chaleureux à tous ceux qui ont œuvré dans l’ombre, victimes, témoins et vidéastes. Source : Violences policières : « Evidemment qu’il y a un problème systémique » (Mediapart) Allo Place Beauvau

    / Une, Allo Place Beauvau, #Gilets_Jaunes, #Maintien_de_l'ordre

    https://www.mediapart.fr/journal/france/120121/violences-policieres-evidemment-qu-il-y-un-probleme-systemique

  • Les élevages de visons en Chine à l’origine du Covid-19 ? Les indices s’accumulent | Yann Faure et Yves Sciamma
    https://reporterre.net/Les-elevages-de-visons-en-Chine-a-l-origine-du-Covid-19-Les-indices-s-ac

    Et si la pandémie était née dans des élevages intensifs d’animaux à fourrure en Chine ? Le « chainon manquant » entre la chauve-souris et l’humain pourrait bien être le vison — le chien viverrin est également suspecté. Ceci expliquerait la volonté tenace de la Chine — premier producteur mondial de fourrure — de verrouiller l’information scientifique. Source : Reporterre

  • Why the Dancing Robots Are a Really, Really Big Problem. | by James J. Ward | The Startup | Dec, 2020 | Medium
    https://medium.com/swlh/why-the-dancing-robots-are-a-really-really-big-problem-4faa22c7f899

    Yes, the cynical view is probably right (at least in part), but that’s not what makes this video so problematic, in my view. The real issue is that what you’re seeing is a visual lie. The robots are not dancing, even though it looks like they are. And that’s a big problem.

    Humans dance for all kinds of reasons. We dance because we’re happy or angry, we dance to be part of a community or we do it by ourselves, we dance as part of elaborate rituals or because Bruce Springsteen held out a hand to us at a concert. Dancing, in fact, is one of the things that humans have in common across cultures, geographies, and time — we love to dance, and whenever we do it, it’s because we are taking part in an activity we understand to have some kind of meaning, even if we don’t know what it is. Perhaps that’s the point, how can we even explain dancing? As Isadora Duncan once said, “If I could tell you what it meant there would be no point in dancing it.”

    Robots, though? Robots don’t dance. That’s not some sort of critique of a robot or shade-throwing. I don’t criticize my hammer for not being able to recite Seamus Heaney. Tools serve functions and move in the ways designed or concocted for them — but they have no innerworldly life that swells and expresses itself in dancing. We might like to anthropomorphize them, imbue them with humanness largely because we do that to everything. We talk to our toasters and cut deals with our cars (“Just make it ten more miles!”) because we relate to a world filled with things made by humans as though that world was filled with humans, or at least things with a little humanity. And so when we watch the video, we see robots moving in a way that we sometimes do or wish we could, we experience the music, the rhythmic motion, the human-like gestures, and they all combine to give us an impression of joyfulness, exuberance, and idea that we should love them, now that they can dance.

    But they can’t.

    No, robots don’t dance: they carry out the very precise movements that their — exceedingly clever — programmers design to move in a way that humans will perceive as dancing. It is a simulacrum, a trompe l’oeil, a conjurer’s trick. And it works not because of something inherent in the machinery, but because of something inherent in ours: our ever-present capacity for finding the familiar. It looks like human dancing, except it’s an utterly meaningless act, stripped of any social, cultural, historical, or religious context, and carried out as a humblebrag show of technological might. Also: the robots are terrible at doing the Mashed Potato.

    The moment we get high-functioning, human-like robots we sexualize them or force them to move in ways that we think are entertaining, or both. And this is where the ethics become so crucial. We don’t owe a robot human rights; they aren’t human, and we should really be spending our time figuring out how to make sure that humans have human rights. But when we allow, celebrate, and laugh at things like this Boston Dynamics video, we’re tacitly approving a view of the world where domination and control over pseudo-humans becomes increasingly hard to distinguish from the same desire for domination and control over actual humans.

    Any ethical framework would tell you this is troubling. You don’t need to know your consequentialism from your deontology to understand that cultivating and promoting a view of the world where “things that are human-like but less human than I am get to be used however I want” will be a problem.

    #Robots #Intelligence_artificielle #Danse #Ethique #Culture_numérique

    • voir peut-être aussi Stiegler (2016) :

      https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/la-nuit-revee-de-jean-pierre-vincent-2017-69-bernard-stiegler-je-refle

      Je réfléchis au rapport entre la technique et le mal […] Adorno et Horkheimer en 1944 disent que les industries culturelles sont en train de produire une nouvelle forme de barbarie. […] Ils soutiennent qu’à travers les industries culturelles, la raison se transforme en rationalisation, ce qui signifie pour moi la réduction de la raison au calcul, à la calculabilité. Ils montrent comment s’instaure un système qui est apparu dès les années 20 aux Etats-Unis, et qui va considérablement s’étendre avec la télévision. Il s’agit d’un système entre la production automatisée des automobiles, la consommation et la crétinisation qui va s’instaurer, d’après eux, avec les industries dites de programmes.

      Ce processus va bien plus loin encore selon moi avec les technologies numériques, ce qu’on appelle la data économie, mais je pense qu’il faut rouvrir ce dossier sur d’autres bases que celles de Adorno et Horkheimer (…) Nous vivons nous au 21ème siècle une véritable révolution des conditions de la pensée par une exploitation désormais absolument systématique des capacités de calcul artificiel qui est en train de totalement bouleverser notre horizon de pensée.

  • Google Workers Say the Endless Wait to Unionize Big Tech Is Over

    “You have a union when you say you have a union.”
    https://inthesetimes.com/article/google-workers-alphabet-union-cwa

    The five most valu­able com­pa­nies in Amer­i­ca are all big tech com­pa­nies, and none of them are union­ized. Com­pound­ing this exis­ten­tial chal­lenge for orga­nized labor is the fact that the huge work forces of the com­pa­nies make union­iz­ing them seem an impos­si­bly large task. Now, one union has solved that prob­lem with a rev­o­lu­tion­ary approach: Just start.

    (…)

    Since the 2018 #Google walk­outs protest­ing sex­u­al harass­ment (and the sub­se­quent retal­i­a­tion against its orga­niz­ers), Google has been the most high pro­file hotbed of work­er orga­niz­ing among the big tech com­pa­nies — though all of that orga­niz­ing focused on spe­cif­ic issues as they arose, rather than on form­ing a union. Shaw began attend­ing events that employ­ees set up relat­ed to orga­niz­ing: a lun­cheon, a book club, a lec­ture. Even­tu­al­ly, he con­nect­ed with CWA staff and began actu­al labor orga­niz­ing in earnest. Last June, a group called Googlers Against Racism got more than 1,000 employ­ee sig­na­tures on a Cowork​er​.org peti­tion urg­ing the com­pa­ny to take a num­ber of steps to pro­mote diver­si­ty and end con­tracts with police. That group pro­vid­ed a pool of inter­est­ed activist work­ers that led direct­ly to dis­cus­sions about union­iz­ing, and to recruits for the union. Shaw says that the fir­ing last month of #Timnit_Gebru, an inter­nal crit­ic of the com­pa­ny, was ​“a real­ly big ral­ly­ing moment.”

    #travail #syndicalisme

    • Google is a com­pa­ny of engi­neers, and if there’s one thing engi­neers under­stand, it’s struc­tur­al issues. After the 2018 walk­out, ​“it became clear to me that it wasn’t enough. We weren’t able to move the com­pa­ny the way it need­ed to be moved,” says Auni Ahsan, a soft­ware engi­neer and one of the union’s found­ing mem­bers. ​“We need a struc­ture that we can devel­op that can be resilient.”

  • Olivier Duhamel, l’inceste et les enfants du silence, Ariane Chemin
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/04/olivier-duhamel-l-inceste-et-les-enfants-du-silence_6065166_3224.html

    ENQUÊTE
    Dans « La Familia grande », publié au Seuil jeudi 7 janvier, la juriste Camille Kouchner accuse son beau-père d’avoir abusé de son frère jumeau quand ils étaient adolescents. Le célèbre constitutionnaliste vient de démissionner de la Fondation nationale des sciences politiques.

    Les affaires d’inceste sont des histoires de mutisme et d’omerta. Celle-ci est une suite de silences emboîtés. Nous sommes à la fin des années 1980. Dans une famille d’intellectuels parisiens, un garçon de 13 ans voit son beau-père, universitaire de renom, s’inviter le soir dans sa chambre. Il confie ce secret à sa sœur jumelle, Camille, mais lui demande de se taire. L’inceste, un crime sur lequel ces adolescents ne posent pas encore de nom, dure deux ans au moins. Vingt années plus tard, alors qu’ils ont chacun atteint la trentaine, la jeune femme pousse son frère à confier enfin cette souffrance enfouie à leur mère. Mais celle-ci décide de protéger son mari et reste muette, elle aussi, comme les amis du couple, des personnalités en vue soucieuses d’éviter tout scandale.

    Ce beau-père si longtemps secouru, c’est le politiste Olivier Duhamel. Son épouse ? Evelyne Pisier, une spécialiste de l’histoire des idées politiques, décédée en 2017. Sa fille Camille, née comme ses frères d’un premier mariage avec l’un des pionniers de la médecine humanitaire, l’ancien ministre Bernard Kouchner, dévoile cette histoire édifiante dans un récit intitulé La Familia grande , qui doit être publié jeudi 7 janvier aux éditions du Seuil. Juriste et spécialiste du droit du travail, Camille Kouchner a voulu, même si les faits en question sont frappés de prescription, rendre compte de l’emprise exercée, selon elle, par cet homme qui l’a en partie élevée, elle et ses frères. « Pourquoi aurait-il le droit de vivre hors de cette réalité quand, moi, elle me hante ? »

    Olivier Duhamel est un homme doté d’une surface sociale comme Paris sait si bien en faire émerger. A 70 ans, le constitutionnaliste règne sur la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), qui finance Sciences Po et dont le conseil d’administration est l’un des lieux d’influence les plus verrouillés du monde universitaire. Ni vraiment militant ni pur mandarin, il est l’auteur d’un ouvrage potassé par des milliers d’étudiants en droit « constit », La Gauche et la Ve République (son sujet de thèse, publié aux PUF en 1980), et préside Le Siècle, ce club prestigieux – et très masculin – où se retrouve l’élite française.

    Il coanime aussi chaque samedi sur Europe 1 l’émission « Mediapolis » et commente l’actualité politique sur les plateaux de la chaîne LCI. Enfin, il est membre du comité de pilotage de la Fondation Culture et diversité, de son ami l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière. Olivier Duhamel, ancien compagnon de route du Parti socialiste et député européen de 1997 à 2004, n’a jamais quitté la scène du pouvoir. Le 23 avril 2017, il faisait partie des happy few réunis à la brasserie parisienne La Rotonde pour fêter la victoire d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle.

    Dans son livre, Camille Kouchner baptise son frère « Victor », pour tenter de le soustraire à la curiosité des médias. L’inceste puis les conflits de loyauté qu’il a induit ont ravagé sa famille dans sa chair. « Victor » a toujours refusé d’aborder publiquement le sujet, mais il a laissé sa jumelle l’aborder à travers ce texte qu’il a relu à deux reprises. « Je vous confirme que ce que ma sœur a écrit à propos des agissements d’Olivier Duhamel à mon égard est exact », atteste-t-il au Monde.

    Le secret d’une « grande famille »

    « Je ne révèle rien dans ce livre. Tout le monde sait », lâche Camille Kouchner. « Tout le monde », non. Mais un bon nombre d’amis du couple, figures de la bourgeoisie intellectuelle parisienne. Beaucoup avaient 20 ans en 1968 et ont fini par composer une sorte de famille élargie, la « familia grande », s’amusait Olivier Duhamel, comme si le romantisme des révolutions sud-américaines avait irrigué ce réseau amical. Voici, tel que Le Monde a pu le reconstituer, ce que cette « grande famille » a appris depuis 2008 et préservé sans souffler mot. « Une véritable omerta », confirme un proche ami du couple, qui s’est éloigné quand il a su.

    C’est au tout début des années 1980, à quelques mois de l’élection de François Mitterrand, qu’Evelyne Pisier rencontre un jeune enseignant de presque dix ans son cadet. Avec Bernard Kouchner, dont elle a divorcé, elle a eu trois enfants : un fils aîné, Julien, aujourd’hui éditeur de presse et âgé de 50 ans, puis, cinq ans plus tard, des jumeaux, Camille et « Victor ».

    Evelyne Pisier est alors l’une des premières agrégées de droit public et de science politique, féministe pratiquante et résolument de gauche. Partie à Cuba en 1964, elle a vécu une idylle de quatre ans avec Fidel Castro. Sa cadette, l’actrice Marie-France Pisier, est pour sa part devenue la belle intello chère à Truffaut, Rivette et Téchiné. Pour la gauche intellectuelle française, les deux sœurs sont des icônes.

    Boucles brunes et cols roulés, bottes camarguaises, charmant et curieux, Olivier Duhamel se fond vite dans la bande d’« Evelyne ». En 1983, il a 33 ans ; le couple emménage au bord du jardin du Luxembourg, à Paris. L’amour qu’il voue à cette femme, « leur connivence intellectuelle, la tendresse infinie de son regard sur elle », dit Camille Kouchner, comme l’attention portée à sa petite famille séduisent le trio de gamins. « Vous êtes mes enfants, et mieux encore », répète le beau-père. Les jumeaux n’ont que 8 ans et compensent les absences de leur père par la présence de ce nouveau venu, complice et déconneur.

    La fin d’une époque bénie

    Tout est assez « olé olé » chez les Pisier-Duhamel. Le maître mot d’Evelyne, c’est « liberté ». Liberté pour une femme de quitter son compagnon si elle ne l’aime plus, liberté pour les enfants de se coucher à l’heure rêvée, liberté pour les parents de se baigner nus, l’été, dans la piscine de Sanary-sur-Mer, dans le Var. Olivier Duhamel a en effet hérité de la propriété de ses parents : son père, Jacques, grande figure centriste, deux fois ministre sous Pompidou, et sa mère, Colette, éditrice, devenue par la suite l’épouse de Claude Gallimard, patron de la fameuse maison d’édition.

    A Sanary, on rit, on bronze, on débat, on peint le monde en rose. Gaité et intelligence. Les enfants vivent comme les adultes et appellent leurs parents par leurs prénoms. Dans ce phalanstère foutraque défile la gauche culturelle : le philosophe Luc Ferry (les premières années), la productrice Fabienne Servan-Schreiber, le documentariste et historien Patrick Rotman et son frère Michel, le professeur Mario Bettati, théoricien du droit d’ingérence humanitaire, Janine Mossuz-Lavau, pilier de Sciences Po, mais aussi l’avocat pénaliste Jean Veil (dont Olivier Duhamel est désormais l’associé, au sein de son cabinet) et l’ex-ministre socialiste de la justice Elisabeth Guigou – future présidente de la commission sur les violences sexuelles commises contre les enfants, créée en 2020.

    Lire aussi « Evelyne Pisier, un être moral » : l’hommage de Luc Ferry

    Le 24 octobre 1987, toute la bande escorte Evelyne, 46 ans, et Olivier, 37 ans, dans les Yvelines jusqu’à l’hôtel de ville de Conflans-Sainte-Honorine, où les attend le maire socialiste, Michel Rocard : le couple rêve d’adopter deux enfants au Chili et ce mariage en bonne et due forme doit donner du poids à leur dossier. Dernière période bénie. L’année suivante, tout commence en effet à vriller. Au printemps 1988, Paula Caucanas-Pisier, la mère d’Evelyne et de Marie-France, pilier du Planning familial et secrétaire générale de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, se suicide à l’âge de 66 ans, deux ans après son mari. Evelyne est terrassée. Pour conjurer le chagrin, le soir, elle s’oublie dans le vin.

    A la tête de la direction du livre, au ministère de la culture, où Jack Lang l’a nommée, elle s’active pour protéger des menaces de fatwa le romancier britannique d’origine indienne Salman Rushdie et ses Versets sataniques, surveille le projet de la nouvelle bibliothèque de France à Paris, mais le cœur n’y est pas. « En 1988, ma mère sombre dans l’alcoolisme », résume Julien Kouchner. Cette même année, son premier mari, Bernard Kouchner, est nommé secrétaire d’Etat chargé de l’insertion sociale dans le premier gouvernement Rocard. Ce n’est plus le Vietnam ou l’Afrique qui éloignent le « French doctor » de ses enfants, mais ses charges ministérielles.

    « Quel salaud »

    D’après Camille Kouchner, l’inceste commence cette année-là. « Je pense qu’on avait 13 ans et que mon frère me le raconte quand on en a 14. » Elle dit entendre encore les pas de son beau-père dans le couloir, le soir, et la porte de la chambre de son jumeau qui se ferme. « Tout le monde fait ça », assure Olivier Duhamel à son beau-fils, d’après le récit de Camille Kouchner. Pourtant, il faut se taire. A sa sœur, « Victor » confie : « Il dit que maman est trop fatiguée, qu’on lui dira après. » Quand le beau-père quitte la chambre, il passe dire bonsoir à sa « Camouche », comme il la surnomme, et la rassure : « Tu sais, pour ta mère, chaque jour est une victoire. Chaque jour est un jour de gagné. Laissez-moi faire. On va y arriver. » Un pacte tacite se noue alors : motus sur l’anormal contre la promesse d’un retour à la normale.

    L’adolescente aime Olivier Duhamel « comme un père ». S’il agit ainsi avec « Victor », se persuade-t-elle, c’est que ce n’est ni grave ni mal. « Ça s’appelle l’emprise, analyse-t-elle trente-deux ans après. Pendant toutes ces années, plus que de me taire, j’ai protégé mon beau-père. Face à l’alcoolisme de ma mère, il organisait nos vacances, nous emmenait au ciné, m’initiait au droit… » Et puis, « Victor » lui-même exige que sa jumelle n’en dise rien. « Fais-le pour Evelyne, insiste-t-il, sinon, il va se suicider et elle ne va pas le supporter. »

    Vingt ans passent. Les jumeaux cachent tout. Jusqu’à ce qu’un jour de 2008 ou 2009 leur frère aîné Julien annonce son intention d’envoyer ses propres enfants à Sanary passer l’été chez « Olivier » et leur grand-mère. Camille presse « Victor » : il faut confier le secret à Julien et s’ouvrir aussi à leur mère, Evelyne. « Je hais ce con et je ne veux plus entendre parler de rien », rétorque « Victor ». Camille prévient : « Si tu ne le fais pas, c’est moi qui le ferai. »

    Julien Kouchner revoit la scène, plus qu’il ne se souvient des mots : « C’était juste avant l’été. Mon petit frère vient jusqu’à mon appartement. Il s’est posé sur le bord de la fenêtre. J’écoute, sidéré. Je revisite d’un coup son attitude, ses énervements et sa manière de fuir à chaque discussion familiale. Je comprends enfin. Il me parle de prescription. Je pense à mon beau-père et je me dis : “Quel salaud, ça relève du pénal !” Ensuite, un rideau tombe devant moi, comme au théâtre. Je comprends que les vingt-cinq ans de souvenirs familiaux que je me suis forgés sont tous faux. Cette idée me ronge et ne me quitte plus. Depuis ce jour, ma vie est abîmée. »

    Ambiance mortifère

    L’été passe. Julien ne se rend pas à Sanary. En septembre, « Victor » finit par aller livrer son secret à sa mère. Un tsunami. Selon les enfants Kouchner, Olivier Duhamel ne nie les faits que durant 48 heures. Evelyne se réfugie chez sa sœur Marie-France, qui n’a jamais habité très loin d’elle. « J’étais à la maison, chez mes parents, à Paris, témoigne la comédienne Iris Funck-Brentano, 34 ans, fille de l’actrice et de l’homme d’affaires Thierry Funck-Brentano – lui-même cousin d’Olivier Duhamel. Evelyne est arrivée en larmes, puis mon père a débarqué. Ils ont fermé la porte. J’ai demandé : “Qui est mort ?” Ils m’ont répondu : “Personne, mais pour l’instant on ne peut rien te dire.” C’était bizarre, car je me disais qu’il n’y a pas pire que la mort, et pourtant ce n’était pas elle. »

    Au fil des jours, comme dans tant d’histoires d’inceste, Evelyne Pisier choisit de protéger son mari. Tous les arguments sont bons. Successivement, on l’entend dire : « Il regrette, tu sais. Il n’arrête pas de se torturer. » « Olivier a réfléchi, (...) tu devais déjà avoir plus de 15 ans… » « Ton frère n’a jamais été forcé. » Elle va jusqu’à accuser Camille (« Si tu avais parlé plus tôt… »). « Evelyne était faible, elle ne pouvait pas accuser son premier soutien : son mari. Il fallait un coupable, ça a été sa fille », confirme une amie de toujours d’Evelyne Pisier. L’universitaire estime aussi que puisqu’il n’y a pas eu sodomie, mais « seulement » fellations, il n’y a pas viol. « Après plusieurs semaines, Evelyne se met même à expliquer que la vraie victime, c’est elle, poursuit Julien Kouchner. C’est là que nous, les enfants, avons perdu notre mère. »

    Lire aussi L’inceste, ce crime encore trop banal perpétré à 96 % par des hommes

    Marie-France et Evelyne Pisier étaient plus que des sœurs, des confidentes inséparables. Pour la première fois, elles ne se comprennent plus. « Dès qu’elle a su pour Olivier, Marie-France a parlé à tout le monde. Elle voulait lui faire la peau », poursuit Camille Kouchner. Aussitôt, elle propose d’héberger Evelyne. « Pars ! Parle ! » En vain. « Ma mère était très choquée que sa sœur ne protège pas d’abord ses enfants et que personne ne réagisse, ajoute Iris Funck-Brentano. Elles se sont brouillées. Je me souviens de tas de tentatives de réconciliation, toutes se soldaient par des échecs. » Evelyne Pisier s’entoure de nouvelles connaissances, prend sous son aile de jeunes élèves, puis une éditrice, reproche à sa sœur de lui « voler [sa] vie ».

    Quand, aux premiers jours du printemps 2011, Marie-France Pisier est retrouvée au fond de la piscine de sa maison de vacances de Saint-Cyr-sur-Mer, à vingt minutes de Sanary, le corps coincé par une lourde chaise en fer forgée, la presse déploie ses gros titres, mais ne devine rien du drame familial qui se joue en coulisses. Accident, vraiment ? « On a compris qu’Evelyne pensait que Marie-France s’était plutôt suicidée », affirme aujourd’hui Camille Kouchner. Son frère Julien est terrorisé. Dans le cercle des intimes, l’ambiance est mortifère. Une enquête est ouverte, puis fermée sans conclusion précise. Une amie de Marie-France Pisier témoigne auprès des enquêteurs que les raisons de brouille de la défunte avec sa sœur sont à chercher du côté d’Olivier Duhamel.

    Solide cordon sanitaire

    « Victor » est alors convoqué par la brigade des mineurs. Il dépose sur procès-verbal les éternels réflexes de culpabilité des victimes d’inceste et refuse de porter plainte. « Ils ne vont quand même pas foutre en l’air ce que j’ai construit au boulot, avec mes enfants, ma vie ! », lâche-t-il à ses frère et sœur. Dans leurs conversations, ils évitent le sujet. Sauf une fois. « C’était quelques mois plus tard, en avril 2012, au cœur de l’affaire du Carlton de Lille », raconte Julien Kouchner. Olivier Duhamel avait signé dans Libération une tribune où il s’en prenait à ces « chiens » de journalistes, ces « procureurs des mœurs » qui s’acharnaient sur Dominique Strauss-Kahn, impliqué dans cette affaire de prostitution. « Il saluait le courage d’Anne Sinclair, restée silencieuse aux côtés de son mari “pour le meilleur et pour le pire”. Ma mère avait sans doute relu le texte. Mon frère a pris son téléphone et m’a dit : “Comment il ose !” »

    Lire aussi Inceste : l’aveuglement de la société, le silence des victimes

    Craignant que la mort de Marie-France Pisier ne mette la presse sur la piste de la brouille, donc de l’inceste, « Victor » décide un peu plus tard de confier son secret à son père. Alors que Bernard Kouchner compte aller « péter la gueule » à Duhamel, Camille insiste : « “Victor” ne veut pas en parler. Il faut avancer. » L’ancien ministre s’incline. La « familia grande », elle, reste dans son entre-soi. Une fois informés, seuls quelques habitués de la maison de Sanary rompent avec le couple Duhamel ; rares sont ceux qui, comme Fabienne Servan-Schreiber par exemple, viennent réconforter les enfants d’Evelyne. Le cordon sanitaire est solide.

    Au fond, seule la génération des « fils et filles de Sanary » se torture vraiment. Aux enfants Kouchner, ils rapportent, choqués, les conversations de leurs parents. Certains « anciens » accordent foi à l’histoire d’amour « vendue » par Olivier Duhamel et sa femme – et parlent même de « consentement », confie l’un des rares parents lucides. « Qui sommes-nous pour juger ? », entend-on chez les uns. « Ils sont cruels, ils la privent de ses petits-enfants », se désolent d’autres. Et encore : « L’inceste, il ne faut pas. Mais crier avec la meute... » Camille Kouchner bondit. « La meute ? Mais quelle meute ?, s’indigne-t-elle. De quoi parle-t-on ? La seule meute, c’est celle qui fait taire les victimes ! »

    Un écrit libérateur

    « J’ai aussi entendu : “C’était l’époque.” Alors ça, ça me rend dingue, réagit encore la juriste. C’est une manière de dire : “Ferme-la.” Il y avait de la déviance dans tout ça, point. Leurs copains se sont terrés. Ils nous avaient quasiment élevés, et ils ne sont pas venus (...) nous réconforter. » Gêne, lâcheté… « C’est comme si on était radioactifs. On n’existait plus. Surtout, ils auraient pu aller trouver notre mère pour lui dire : “Non mais, ça va pas la tête, Evelyne ?” Ils avaient peur de quoi ? De perdre Duhamel ? »

    Dans les affaires d’inceste, il faut souvent que l’un des parents disparaisse pour que la parole affleure. Evelyne Pisier meurt cinq ans après sa sœur, en février 2017, à la suite d’une opération qui a mal tourné. Ses enfants ne sont prévenus qu’après son décès. Quinze jours avant son hospitalisation, ils s’étaient croisés quelques instants – des moments devenus rares. Evelyne avait regardé sa fille dans les yeux : « Je sais très bien que vous vous en prendrez à Olivier quand je ne serai plus là. » Le ton était agressif. « Etait-ce un reproche ? Ou, qui sait, peut-être un feu vert libérateur ? », s’interroge encore Camille Kouchner.

    Lire aussi Olivier Duhamel, fils de plein droit

    De ce jour-là, en tout cas, le livre commence à mûrir. Dix ans de psychanalyse et la lecture des travaux d’une psychiatre spécialisée dans les traumatismes de victimes font le reste : « Muriel Salmona explique que les violences ne concernent pas seulement les victimes directes, même si les autres n’ont pas de statut en droit, précise Camille Kouchner. Le mot “victime” lui-même me dérange, d’ailleurs. Il emprisonne et condamne à nouveau mon frère. Je cherche, mais je n’arrive pas à trouver le juste terme. Je dirais que mon frère est un rescapé, et moi, j’aimerais ressembler à une affranchie. Adios ! Je veux m’évader de cette mafia qu’a été “la familia grande”. » Sa cousine Iris applaudit : « La peur doit changer de camp. Vous n’imaginez pas ma fierté que Camille ait osé écrire. » Julien Kouchner, le frère aîné, abonde : « Ma sœur est très courageuse. »

    Jusqu’au dimanche 3 janvier, Olivier Duhamel n’était pas au courant de la publication du manuscrit. Sollicité par Le Monde, il n’a pas voulu commenter les accusations portées contre lui : « Je n’ai rien à dire là-dessus. » Lundi après-midi, il a fait savoir sur Twitter qu’« étant l’objet d’attaques personnelles, et désireux de préserver les institutions dans lesquelles je travaille, j’y mets fin à mes fonctions ».

    Étant l’objet d’attaques personnelles, et désireux de préserver les institutions dans lesquelles je travaille, j’y mets fin à mes fonctions.
    -- o_duhamel (@ Olivier Duhamel)

    La FNSP a pris acte de sa démission « pour raisons personnelles », selon un message interne consulté par l’AFP. Son directeur, Frédéric Mion s’est dit « sous le choc » à la lecture de ces révélations. Se référant au tweet publié par Olivier Duhamel, la chaîne d’information LCI a indiqué à l’AFP que le politologue ne serait plus sur son antenne.

    La confidentialité du texte a été préservée jusque début janvier par Camille Kouchner et Mireille Paolini, son éditrice au Seuil. Une maison d’édition où M. Duhamel a été auteur et éditeur de divers textes, à commencer par la fameuse revue de la FNSP qu’il a fondée en 1977 : Pouvoirs.

    « La Familia grande », autopsie d’un inceste, Ariane Chemin
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/04/la-familia-grande-autopsie-d-un-inceste_6065168_3224.html

    « Le Monde » a pu lire l’ouvrage de la juriste Camille Kouchner qui paraît au Seuil le 7 janvier, où elle décortique les mécanismes du silence qui entoure ce crime. Elle accuse son beau-père, le politiste Olivier Duhamel, d’avoir infligé des violences sexuelles à son frère jumeau quand il avait 14 ans.

    « J’avais 14 ans et j’ai laissé faire (…). J’avais 14 ans, je savais et je n’ai rien dit. » Camille Kouchner est maîtresse de conférences en droit et n’a publié que des articles et des ouvrages juridiques. A 45 ans, elle a éprouvé le besoin de raconter la mécanique de ce crime trop banal et encore si tabou : l’inceste. Son frère jumeau l’a subi, et celui qu’elle désigne comme le responsable de ces violences sexuelles – le second mari de leur mère, le politiste Olivier Duhamel – est aussi coupable, selon elle, de l’en avoir rendue complice.

    Dire l’inceste, c’est donner un grand coup de pied dans la fourmilière familiale, briser le pacte social et passer pour un traître, même s’il y a prescription d’un point de vue juridique. Camille Kouchner endosse tous ces risques, quitte à tordre un peu le bras de son frère, soucieux qu’on le laisse tranquille. « Pour m’avoir laissée écrire ce livre alors qu’il ne souhaite que le calme, je [le] remercie », écrit-elle.

    « Maman, nous étions tes enfants »

    Pendant vingt ans, la fille de l’universitaire Evelyne Pisier et de l’ancien ministre Bernard Kouchner a tenu sa promesse et gardé le secret de son jumeau. A la fin des années 2000, elle le convainc tout de même de le révéler à leur mère. Nouveau cauchemar : « Evelyne » reproche à sa fille d’avoir tardé à la prévenir. « J’aurais pu quitter [ton beau-père]. Maintenant il est trop tard », accuse l’universitaire. Cette femme non conventionnelle, si généreuse et féministe – à la façon de Mai 1968 –, prend le parti de son mari, Olivier Duhamel. Jusqu’à la mort d’« Evelyne », en 2017, mère et fille ne se croiseront plus que de loin. « Maman, nous étions tes enfants », pleure Camille Kouchner.

    L’inceste ne prospère que sur la confiance et les huis clos. Camille Kouchner procède comme les psychotraumatologues à l’écoute des mécanismes de prédation sexuelle : elle ausculte l’environnement amical et parental, plante son décor (les années post-68, les septennats Mitterrand), recense les habitudes. Chaque été, dans sa maison varoise de Sanary, le beau-père des jumeaux réunit ses meilleurs amis. Une « sacrée bande », sorte d’amicale intello et bourgeoise qui porte « la gauche en étendard » et à laquelle le célèbre constitutionnaliste distribue dès le printemps chambres et semaines de vacances. La grande famille.

    Signaux faibles

    Parties de Scrabble et de poker, débats de haute voltige autour de clopes et de rosé, slows incandescents sur la terrasse avant de plonger à minuit dans la piscine… La Familia grande, titre du livre, pourrait être celui d’une comédie espagnole tendre et colorée, adultes et enfants joyeusement mélangés. Happé par le sens aigu du détail et les anecdotes (souvent cruelles) de l’autrice, le lecteur ne prête pas immédiatement attention aux signaux faibles. Par exemple, ces photos des « culs et [des] seins » de Camille ou de femmes plus âgées prises par l’hôte des lieux et accrochées aux murs.

    « Ni [mon frère jumeau] ni [moi] ne pouvons dire avec certitude l’âge que nous avions (…), 14 ans, je crois. » Tout à coup, on ne se marre plus du tout. Autour de 1988, le livre bascule. Tant pis si les souvenirs d’adolescente sont flous : Camille Kouchner a fini par accepter que ces trous de mémoire ne soient qu’une pathologie typique de ce type de traumatisme, qui « noie la mémoire [et] efface les dates pour laisser sa proie dans le noir ».

    Dans le secret d’une chambre se produit l’innommable. « Deux ou trois » années durant, le beau-père ira s’attarder le soir chez le jumeau de Camille. Ces jours-là, comme si de rien n’était, il s’arrête ensuite papoter dans la chambre de sa jumelle. Une visite dans « la chambre-péage », qu’elle vit comme une vraie prise d’otage. « Par sa tendresse et notre intimité, par la confiance que j’avais en lui, tout doucement, sans violence, en moi, [il] enracinait le mal. »

    Ses mots sifflent comme des balles

    Les affaires d’inceste cancérisent tout. Dans une tension dramatique très maîtrisée, la maison du bonheur se transforme en maison de l’horreur, puis la « familia grande » en statue de pierre, quand, vingt ans plus tard, elle finit par apprendre. « Je ne les ai pas vus se demander si eux aussi n’avaient pas un peu merdé », regrette l’autrice. Ça aussi, les spécialistes de l’inceste le savent : quand la vérité explose, souvent une fausse famille se lève et fait corps pour remplacer la vraie.

    Camille Kouchner ne se met pas à la place de son jumeau. Elle ne veut qu’émettre une voix parallèle. Traduction littéraire des violences subies ? Ses mots sifflent comme des balles, les phrases se hachent en rimes intérieures. Au fil des pages, le « beau-père adoré » devient « l’autre », puis ce « mari dérangé » auquel Camille tente d’arracher « Evelyne ». « Je t’aime malgré tout, maman », conclut Camille Kouchner. Il y a trois ans, elle posait un brin de mimosa sur le cercueil de sa mère. Dans le caveau des Duhamel où on l’a inhumée, elle jette aujourd’hui ce livre – cette catharsis, cette bombe.

    [Camille Kouchner est aujourd’hui la compagne de Louis Dreyfus, président du directoire du groupe Le Monde]

    Camille Kouchner à Olivier Duhamel : « Tu les vois, les angoisses qui nous hantent depuis ? »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/04/camille-kouchner-a-olivier-duhamel-tu-les-vois-les-angoisses-qui-nous-hanten

    Dans un livre qui paraît le 7 janvier aux éditions du Seuil, « La Familia grande », la juriste Camille Kouchner accuse son beau-père, le célèbre politiste, d’avoir agressé sexuellement son frère jumeau quand il avait 14 ans. Nous en publions ici des extraits.

    Dans son livre La Familia Grande, à paraître jeudi 7 janvier aux éditions du Seuil, l’avocate Camille Kouchner, 45 ans, s’adresse au célèbre politiste Olivier Duhamel, le beau-père auprès duquel elle a grandi avec ses deux frères, dans les années 1980-1990, quand il était le mari de leur mère, Evelyne Pisier (1941-2017). Camille Kouchner – née, comme ses frères, du premier mariage d’Evelyne Pisier avec l’ancien ministre Bernard Kouchner – accuse Olivier Duhamel d’avoir abusé à plusieurs reprises du plus jeune des garçons, alors âgé de 13-14 ans, son frère jumeau. Selon l’autrice, ces violences sexuelles ont, par la suite, été portées à la connaissance d’Evelyne Pisier et d’une partie de l’entourage familial, mais le silence a prévalu jusqu’à aujourd’hui. Nous publions ici quelques extraits de son livre.

    Extraits.

    « Petit, mon frère m’avait prévenue : “Tu verras, ils me croiront, mais ils s’en foutront complètement.” Merde. Il avait raison.
    Bon, ben s’ils ne comprennent pas, on va leur expliquer.
    Je vais t’expliquer, à toi qui professes sur les ondes, toi qui fais don de tes analyses aux étudiants et pavanes sur les plateaux télés.
    Je vais t’expliquer que tu aurais pu, au moins, t’excuser. Prendre conscience et t’inquiéter.

    Je vais te rappeler que, au lieu de ça, tu m’as menacée. Message sur mon répondeur : “Je vais me suicider.”
    Je vais t’expliquer, à toi qui dis que nous sommes tes enfants. Quand un adolescent dit oui à celui qui l’élève, c’est de l’inceste. Il dit oui au moment de son désir naissant. Il dit oui parce qu’il a confiance en toi et en ton apprentissage à la con. Et la violence, ça consiste à décider d’en profiter, tu comprends ? Parce que, en réalité, à ce moment-là, le jeune garçon ne saura pas te dire non. Il aura trop envie de te faire plaisir et de tout découvrir, sûrement.

    Je vais t’expliquer que, à force, ensuite, le jeune garçon va dire oui pour nier l’horreur de la situation. Ça va durer, et puis il va culpabiliser, se dire que c’est sa faute, qu’il l’a cherché. Ce sera ton triomphe, ta voie de sortie pour en réchapper. (…)
    Je n’oublie pas le couple que vous formiez. Sartre et Beauvoir ? Il n’y a que la familia grande pour y croire. A l’unisson, vous avez forcé nos leçons : Foucault et la peine. Ne jamais dénoncer, ne jamais condamner dans cette société où l’on n’attend que punition. Savoir évoluer, se faire souple et espérer la réhabilitation. Se méfier du droit.

    Mes cours de droit, justement : le viol consiste en tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis par violence, contrainte, menace ou surprise. Ça, pour une surprise !
    Et la contrainte, alors ? Comme une putain de contrainte morale ! Comme le fait qu’on t’ait tellement aimé, tu vois ? (…) Comme le fait qu’on n’a même pas pu t’envoyer en taule tellement on avait peur pour toi. (…)
    Toi qui as agressé mon frère pendant des mois, tu le vois, le problème ? Quasiment devant moi, en t’en foutant complètement, faisant de moi la complice de tes dérangements. Tu les vois, les angoisses qui nous hantent depuis ?

    Soyons précis :
    Article 222-24 du code pénal : le viol est puni de vingt ans de réclusion criminelle (…) lorsqu’il est commis par un ascendant ou par toute autre personne ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait.
    Article 222-31-1 du code pénal : les viols et les agressions sexuelles sont qualifiés d’incestueux lorsqu’ils sont commis par (…) le conjoint [d’un ascendant] (…) s’il a sur la victime une autorité de droit ou de fait.

    Mais toi aussi t’es prof de droit. T’es avocat. Tu sais bien que, pour cause de prescription, tu t’en sortiras. Tout va bien pour toi.
    Vingt ans. Sinon c’était vingt ans. »

    #inceste #famille #viol #témoignage

    • « Il est temps d’ouvrir la saison de la chasse aux prédateurs.

      Courage aux survivants et aux survivantes. Qu’ils n’aient plus peur de parler. »

      Alexandre Kouchner

      J’aime mes frères et ma soeur.
      Je salue leur courage et soutiens leur choix de briser le silence.
      Il faut toujours écouter, entendre et protéger celles et ceux qui ont souffert et souffrent.
      Pour tout le reste, je vous renvoie au livre.
      Que tous les bourreaux tremblent.

      « #Duhamel : c’est encore un pan de Saint-Germain qui tombe, un système qui se tient. Réel problème d’omerta : pendant des années la parole des victimes a été discrédite par des gens de pouvoir »

    • Ré-ouverture d’un dossier classé sans suite en 2011, le procureur de Paris annonce ouvrir une une enquête « des chefs de viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur un mineur de 15 ans et viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité »

      Camille Kouchner, née, comme son frère jumeau, en 1975, évoque la prescription alors que le délai a été porté en 2018 à 30 ans après la majorité de la victime (dans ce cas, 2023), comme si le texte adressé à son ex beau père était antérieur à cette modification.

    • « La dénonciation de l’inceste jette l’opprobre sur la famille, considérée comme le pivot de l’ordre social »
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/23/la-denonciation-de-l-inceste-jette-l-opprobre-sur-la-famille-consideree-comm

      Anne-Claude Ambroise-Rendu, professeure d’histoire contemporaine à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, revient sur l’évolution du regard sur l’inceste.
      Propos recueillis par Solène Cordier, Publié le 23 novembre 2020

      Anne-Claude Ambroise-Rendu rappelle qu’il a fallu attendre la fin des années 1980 pour que les victimes d’inceste commencent à parler et que la société n’ignore plus ce crime.

      Quelles évolutions sociales et culturelles récentes expliquent que l’inceste et les violences sexuelles sur mineurs soient désormais considérés comme le symbole du mal absolu ?

      Après-guerre et dans les années 1960, le développement de la psychanalyse de l’enfant, incarnée par Françoise Dolto, a probablement joué un rôle très important. A partir de là, une plus grande attention a été portée à la parole de l’enfant, à ses dessins. Cela a ouvert la voie à la possibilité d’accueillir la révélation des abus sexuels – même si on n’utilise pas ce terme avant les années 1990.

      Arrivent ensuite Mai 68 et les années 1970. Certains intellectuels affichent leur défense des relations sexuelles entre mineurs et majeurs. Ils le font notamment au nom de l’exogamie, en disant « nous initions les enfants à la sexualité en dehors de la famille. Et ce faisant nous leur permettons d’échapper à leur sujétion, nous les libérons du carcan parental ». Ce discours nouveau attire l’attention sur la réalité des relations sexuelles entre mineurs et majeurs et secondairement sur l’inceste. On découvre que les pratiques incestueuses ne sont pas si rares. Mais c’est vraiment à la fin des années 1980 que cela bascule, à la suite de la diffusion en 1986 du témoignage d’Eva Thomas, qui révèle avoir été victime d’inceste à visage découvert. A partir de là, les victimes ont commencé à parler.

      C’est à partir de cette date que le regard collectif sur l’inceste a changé ?

      Oui, ce fut une montée en visibilité assez brutale. L’intensité de la réprobation sociale à l’égard de l’inceste résulte de deux phénomènes convergents : une prise en compte de la gravité des faits et une large médiatisation des affaires de violences sexuelles et d’inceste.
      Avant ces années-là, on a longtemps considéré les viols et les attentats à la pudeur avec une certaine désinvolture, voire une négligence coupable. Pour l’inceste c’est autre chose, on préfère l’ignorer. Mais il a toujours été réprouvé, silencieusement. Ce n’était pas un sujet de société et on ne se le représentait pas comme quelque chose ayant des conséquences durables.

      Depuis quand l’inceste est-il sanctionné par le droit ?

      Les comportements incestueux étaient déjà condamnés par le droit pénal de l’Ancien Régime, mais plutôt au titre du péché. Au Moyen-Age, on sait que quand la justice était saisie, les deux protagonistes, l’enfant et le père, étaient punis. Après la Révolution française et la sécularisation du droit, toutes les notions de péché et de blasphème ont disparu du droit. En 1791 puis en 1810, le code pénal sanctionne l’attentat à la pudeur et le viol d’un mineur comme un crime.

      A partir de 1832, une nouvelle qualification apparaît ; celle de l’attentat à la pudeur sans violence, qui sanctionne comme un crime les relations sexuelles avec un enfant de moins de 11 ans, sans besoin qu’il y ait de violence. Quand l’auteur est un ascendant, c’est une circonstance aggravante. Si le terme d’inceste ne figure pas nommément dans le code pénal, toutes les données permettant de le sanctionner s’y trouvent. D’ailleurs la plupart des crimes sur mineurs sont jugés à la fin du XIXe siècle devant des tribunaux correctionnels, pour des raisons liés à l’encombrement de la justice, à l’exception de l’inceste qui continue d’être traité par les cours d’assises.
      Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’inceste, ce crime encore trop banal perpétré à 96 % par des hommes

      Toutefois, la médiatisation des violences sexuelles s’est plutôt focalisée sur la figure du prédateur extérieur, du violeur d’enfant monstrueux. Est-ce que la prochaine étape est la reconnaissance et la prise en compte du caractère massif et en somme ordinaire de l’inceste ?

      Depuis le début des années 2000, on sait que la majorité des violences sexuelles ont lieu au sein de la famille. On sait aussi que cela concerne des milliers d’enfants, que c’est une réalité massive. Mais force est de constater que chaque nouvelle affirmation de ce type est réoubliée quasi instantanément, ce qui témoigne d’une vraie résistance.

      En 1830, le philosophe Jeremy Bentham écrivait dans son Traité des preuves judiciaires : « Il est certaines transgressions (…) dont le mal est uniquement ou principalement produit par la révélation. » C’est le cas de l’inceste. Sa dénonciation jette l’opprobre sur la famille, qui est quand même censée être le pivot de l’ordre social. Il faudrait pouvoir se demander en quoi elle peut constituer un lieu d’oppression et de domination qui permet la pratique massive de l’inceste. Mais poser cette question, c’est ouvrir un champ quasi vertigineux, faire de la famille un enjeu social et politique considérable.

    • « Comment est-ce possible dans une famille apparemment heureuse ? »

      Élisabeth Guigou, ex garde des sceaux, préside une « commission indépendante sur l’inceste et toutes violences sexuelles faites aux enfants », créée par le gouvernement en août dernier https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/08/02/le-gouvernement-va-creer-une-commission-sur-les-violences-sexuelles-faites-a

      Proche de Duhamel, elle avait aussi déclaré « Pourquoi (DSK) aurait-il besoin de le faire (de violer, NDLR) ? », « c’est un homme charmant, brillant, intelligent, il peut être drôle par moments. »

    • Cette enquête est-elle vouée à la prescription ?
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/affaire-olivier-duhamel-quatre-questions-de-droit-sur-un-dossier-complexe

      Au moment où ont été commises les agressions que « Victor » dit avoir subies à la fin des années 1980, la loi prévoyait qu’une victime mineure pouvait porter plainte pour « viol par ascendant » pendant dix ans à compter de sa majorité. Depuis, deux lois ont allongé ce délai de #prescription, une première fois à vingt ans en 2004, puis à trente ans en 2018, mais elles ne sont pas applicables aux faits déjà prescrits.

      Dans le cas de « Victor », il est possible que les faits aient été prescrits dans sa 28e année, soit en 2003, selon des juristes. « La #prescription est plus que probable. Il ne disposait que de dix ans après sa majorité pour porter plainte sauf à ce qu’on vienne à découvrir de nouveaux éléments » abonde Me Costantino. « On a en plus tendance à penser, au vu de la sortie du livre et du battage médiatique, que la famille s’est renseignée avant de rendre publique la chose », analyse encore le pénaliste.

      La nouvelle enquête ouverte mardi, confiée à la Brigade de protection des mineurs (BPM), « s’attachera à faire la lumière sur ces faits, à identifier toute autre victime potentielle et à vérifier l’éventuelle prescription de l’action publique », a sans surprise ajouté le procureur.

      « On a pris l’habitude ces derniers mois de voir le parquet convulser dès que la victime a un nom célèbre, ou si elle n’en a pas, son abuseur en a un », ironise l’avocat qui a notamment défendu l’association « Enfance et partage ». « Ces affaires-là ont le mérite, quand elles sont portées au grand public, d’offrir une prise de conscience collective de la réalité de l’inceste. Mais cette réalité n’est pas le gros du bataillon des affaires de tous les jours », s’émeut Rodolphe Costantino.

      « La maison justice se noie devant la réalité de ces affaires, tout est bon pour classer sans suites quand elles ne sont pas correctionnalisées », dénonce l’avocat, convaincu que le cas Duhamel est « l’arbre qui cache la forêt » des viols intrafamiliaux dans l’hexagone. « Dans cette affaire, il y avait plein de gens qui étaient au courant, des choses si graves... Alors, pour moi, le vrai débat est sur la prescription du délit de non-dénonciation, actuellement de seulement 6 ans et qu’il faut aligner sur les 30 ans du viol », avance-t-il. « Personne ne vit en France avec l’idée qu’il doit dénoncer des faits criminels commis sur un enfant s’il en a connaissance, et c’est grave » conclut-il.

      Pourquoi l’enquête ouverte en 2011 a-t-elle été classée sans suite ?

      En 2011, une « précédente procédure » sur ces faits graves avait déjà été ouverte après le décès de l’actrice Marie-France Pisier, a précisé le procureur de la République de Paris Rémy Heitz. Selon le récit de Camille Kouchner, son frère aurait alors été entendu par les enquêteurs. Après leur avoir raconté « dans les détails » les agressions sexuelles que lui aurait imposées son beau-père, « Victor » aurait toutefois refusé de déposer plainte. « Non. Je ne souhaite pas porter plainte. Cette histoire ne vous regarde pas », confie-t-il aux enquêteurs, selon sa sœur. L’enquête a été « classée sans suite », a précisé le procureur de Paris, sans donner les raisons exactes de l’abandon de la procédure.

      A l’époque des faits, sans plainte et au regard de la difficulté de trouver des preuves, les enquêteurs ont renoncé. Pourtant, la découverte de mails échangés entre Evelyne Pisier et sa sœur Marie-France avait éveillé leurs soupçons. Dans ces courriers, elles s’opposaient sur la manière de réagir après la révélation des faits par Camille et « Victor » à leur mère, vers 2008 ou 2009, Evelyne Pisier faisant le choix de ne pas « lâcher » son mari. Olivier Duhamel n’avait pas été entendu par les policiers et l’affaire avait été classée... Les faits étaient de toute façon prescrits puisque la première loi qui a allongé les délais de prescription n’était pas encore passée (elle date de 2004).

    • Affaire Duhamel : le directeur de Sciences Po reconnaît avoir été alerté sur les accusations d’inceste depuis 2019
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/06/affaire-duhamel-le-directeur-de-sciences-po-reconnait-avoir-ete-alerte-sur-l

      Frédéric Mion avait publié, mardi, un communiqué pour faire part de sa « stupeur » face aux accusations d’inceste contre Olivier Duhamel, alors qu’il avait été prévenu par l’ancienne ministre Aurélie Filippetti.

      (...) Lundi 4 janvier, quelques minutes après la publication de l’enquête du Monde consacrée aux faits d’inceste reprochés au politologue Olivier Duhamel, la panique s’empare de l’état-major de Sciences Po. Mot d’ordre : personne ne savait.

      (...) D’après les informations du Monde, il avait, en réalité, été alerté sur les accusations d’inceste il y a déjà deux ans. C’était en 2019. L’ancienne ministre de la culture, Aurélie Filippetti, enseignante à Sciences Po Paris depuis la rentrée 2017, apprend par deux proches d’Olivier Duhamel les abus dont le patron de la Fondation nationale des sciences politiques s’est rendu coupable sur son beau-fils, à la fin des années 1980.
      La mort d’Evelyne Pisier, l’épouse du politologue, en 2017, a libéré la parole du cercle des universitaires proches du couple. L’ancienne ministre de la culture va trouver un avocat pénaliste et se fait confirmer qu’il y a prescription. Elle décide alors d’informer le directeur de Sciences Po, Frédéric Mion. Devant elle, celui-ci tombe des nues. Il convient qu’il ne « peut pas ne pas en faire quelque chose ». Il va trouver l’avocat Jean Veil, dont Olivier Duhamel est l’associé. « Il m’assure qu’il ne s’agit que de rumeurs, affirme M. Mion. Je me suis laissé berner. » Contacté par Le Monde, Jean Veil a refusé de répondre en des termes peu amènes.

      « Je n’ai pas percuté »

      Les mois défilent et rien ne se passe. Lors de la rentrée de 2020, Frédéric Mion choisit Olivier Duhamel pour délivrer la leçon inaugurale à l’ensemble des campus de Sciences Po. Une conférence de rentrée historique pour cette école du pouvoir : l’intervention du politiste s’adresse à tous les étudiants du collège universitaire, mais aussi à un large public grâce à une diffusion en direct sur YouTube. « Vous êtes en de très bonnes mains, celles du professeur Olivier Duhamel que je m’honore à considérer comme un maître mais surtout comme un ami », lâche M. Mion au micro, le 9 septembre 2020.

      Contacté par Le Monde mercredi soir, Frédéric Mion reconnaît qu’il avait été mis en garde. « C’est vrai, je n’ai pas réagi après avoir été contacté par cette enseignante. Je n’ai pas percuté. Je n’ai pas entendu ce que cette personne cherchait à me dire. J’aurais dû aller trouver Olivier Duhamel. C’était un devoir élémentaire. Je prends toute la responsabilité de ce manque de prudence, mais la faute s’arrête à moi. J’ai été inconséquent : je suis prêt à l’entendre et à en subir les conséquences. »

    • Affaire Olivier Duhamel : Elisabeth Guigou renonce à présider la commission indépendante sur l’inceste
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/13/affaire-olivier-duhamel-elisabeth-guigou-renonce-a-presider-la-commission-in

      « Le climat actuel ne me permet pas de conduire cette mission avec la sérénité nécessaire. J’ai donc pris la décision de passer le relais et de renoncer à présider cette commission »

      #dominos

    • Le préfet Marc Guillaume, qui se dit « trahi », quitte toutes les fonctions où il a travaillé avec Olivier Duhamel (et pas la pref’)
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/13/affaire-duhamel-le-prefet-marc-guillaume-quitte-ses-fonctions-a-sciences-po-

      Le conseiller d’Etat Marc Guillaume, ancien secrétaire général du gouvernement et actuel préfet d’Ile-de-France, a annoncé, mercredi 13 janvier, sa démission de tous les conseils d’administration où il siégeait avec Olivier Duhamel : la Fondation nationale des sciences politiques (#FNSP), la revue #_Pouvoirs_, qu’il a longtemps codirigée avec le politologue, et le club #Le_Siècle.

      « ... je me sens trahi et condamne absolument ces actes »

      [...]

      [ancien secrétaire général du gouvernement, congédié le 15 juillet 2020 par Macron et Castex] « Imperator », « Léviathan », « premier ministre bis », « M. Non », « grand chambellan »… C’est ainsi que l’on surnommait Marc Guillaume. Grand connaisseur des arcanes de l’Etat, présidant pendant des années les comités de sélection des directeurs d’administration, cet inconnu du grand public faisait figure de parrain de la haute fonction publique, à la fois « faiseur de rois » et « coupeur de têtes », comme le racontait Le Monde.

      Lire le portrait de 2020 : Marc Guillaume, la disgrâce du « grand chambellan »

      Détesté pour son arrogance et sa brutalité, il était respecté pour sa science du droit, mais aussi redouté. Censé contrôler la validité juridique des réformes du gouvernement, on lui reprochait de juger trop souvent de leur opportunité politique et de freiner le changement.

      Le 6 août 2020, Marc Guillaume avait été placé une première fois sous le feu des projecteurs. Le Monde avait révélé que, deux ans plus tôt, dans une omerta totale, les conseillères de l’Elysée au grand complet avaient dénoncé dans une note de deux pages « les comportements sexistes au plus haut niveau de l’Etat », dans laquelle il était visé au premier chef. Blagues misogynes, mise à l’écart des femmes, humiliations publiques, les exemples étaient si nombreux que le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, et son adjointe, Anne de Bayser, avaient été obligés de faire état de la protestation des « conseillères » à Matignon.

      En juillet 2020, au moment de changer de premier ministre, plusieurs visiteurs du soir vinrent expliquer à Emmanuel Macron que Matignon comptait en vérité « trois têtes » : Edouard Philippe, mais aussi son directeur de cabinet, Benoît Ribadeau-Dumas, et le secrétaire général du gouvernement, Marc Guillaume. Autrement dit, qu’il fallait « les couper ensemble ».

      Fait rare sous la Ve République, Marc Guillaume a quitté ses fonctions avec Edouard Philippe. Il a été nommé, en juillet 2020, préfet d’Ile-de-France et de Paris, son poste actuel, où il continue de distiller en haut lieu sa fine connaissance des rouages de l’Etat et où il continue de rêver à son Graal : la vice-présidence du Conseil d’Etat.

  • « L’une des leçons du #Covid-19 est que la #catastrophe n’est pas complètement à exclure »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/02/l-une-des-lecons-du-covid-19-est-que-la-catastrophe-n-est-pas-completement-a

    Il suffit pourtant de réécouter le cours donné le 18 février 2019 au Collège de France par l’épidémiologiste Arnaud Fontanet (CNAM, #Institut_Pasteur) pour comprendre à quel point le potentiel catastrophique d’une #pandémie semblable à celle que nous vivons était présent à l’esprit des chercheurs travaillant sur le sujet. Evoquant la pandémie de 2002-2003 due au SARS-CoV-1, Arnaud Fontanet se défendait alors de tout discours alarmiste en disant que cet épisode pandémique avait été « une grande répétition par rapport à ce qui pourrait nous arriver ». « On peut finalement dire qu’on a eu beaucoup de chance, ajoutait-il. Si l’épidémie a été contenue relativement rapidement, cela tient à quelques propriétés du #virus, qui auraient pu être tout à fait différentes. »

    #paywall

    #dystopie

    • Même si la pandémie devrait finir par être maîtrisée, les grands périls environnementaux, eux, génèrent une lente dérive, dont tout porte à penser qu’elle sera sans retour, alerte dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde »

      Chronique. L’année qui s’achève restera sans doute comme l’année de la dystopie, celle où l’actualité scandée jour après jour nous aura semblé tout droit sortie d’un roman d’anticipation. De même que la transformation des expériences quotidiennes les plus banales – déambuler dans les rues au milieu d’une foule masquée, saluer ses collègues du coude, n’entrer dans les commerces qu’après avoir procédé à ses ablutions hydro-alcoolisées – semble frappée d’irréalité. Le répéter n’est pas très original : la pandémie de Covid-19 a été non seulement le fait majeur de l’année qui s’achève, mais aussi l’événement qui a le plus marqué la marche du monde depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.
      Le plus perturbant est que cette dystopie que nous vivons désormais semblait impensable à la majorité d’entre nous il y a encore très peu de temps, alors qu’elle était considérée de longue date comme possible, voire plausible, par la communauté scientifique compétente.

      Mais qui aurait pris au sérieux, voilà seulement dix-huit mois, un discours alertant sur l’émergence d’une infection respiratoire capable de se propager à l’ensemble du globe en quelques semaines, de tuer plus d’un million huit cent mille individus en moins d’un an, de précipiter des dizaines de millions d’autres dans la pauvreté, de faire plonger les cours du brut au-dessous de zéro, de contraindre les gouvernements à confiner simultanément plus de la moitié de l’humanité et à réduire de manière spectaculaire les libertés individuelles – jusqu’à interdire aux familles de visiter leurs mourants et, de facto, aux parents et aux amis de se réunir pour célébrer la nouvelle année ?

      Qui aurait pris au sérieux une telle dystopie ? Pas grand monde. En témoignent le retard à l’allumage de la plus grande part des responsables politiques aux affaires face à la progression de la maladie, ou encore le choix des autorités sanitaires françaises, en théorie les mieux informées du risque pandémique, de se séparer de leurs stocks stratégiques de masques quelques mois avant l’émergence du nouveau coronavirus, au motif de menues économies.

      Scénario plausible

      Il suffit pourtant de réécouter le cours donné le 18 février 2019 au Collège de France par l’épidémiologiste Arnaud Fontanet (CNAM, Institut Pasteur) https://www.college-de-france.fr/site/arnaud-fontanet/course-2019-02-18-17h00.htm pour comprendre à quel point le potentiel catastrophique d’une pandémie semblable à celle que nous vivons était présent à l’esprit des chercheurs travaillant sur le sujet. Evoquant la pandémie de 2002-2003 due au SARS-CoV-1, Arnaud Fontanet se défendait alors de tout discours alarmiste en disant que cet épisode pandémique avait été « une grande répétition par rapport à ce qui pourrait nous arriver ». « On peut finalement dire qu’on a eu beaucoup de chance, ajoutait-il. Si l’épidémie a été contenue relativement rapidement, cela tient à quelques propriétés du virus, qui auraient pu être tout à fait différentes. »

      Ainsi, un scénario considéré comme plausible par les meilleurs connaisseurs du sujet peut apparaître si improbable à la majorité d’entre nous qu’il est ramené à une sombre prophétie de « marchands de peur ». Et balayé d’un revers de main. La catastrophe n’est pas jugée impossible parce qu’elle est matériellement impossible, mais précisément parce qu’elle est une catastrophe.

      Dans un livre important publié il y a près de deux décennies et auquel la pandémie de Covid-19 a rendu toute son actualité ( Pour un catastrophisme éclairé, Seuil, 2002), le philosophe Jean-Pierre Dupuy prenait à témoin Henri Bergson pour illustrer cette idée. De la première guerre mondiale, Bergson disait, avant qu’elle ne se déclare, qu’elle lui apparaissait « tout à la fois comme probable et comme impossible – idée complexe et contradictoire qui persista jusqu’à la date fatale ».

      Les détracteurs de l’#écologie_politique lui reprochent souvent sa rhétorique trop systématiquement catastrophiste, héritée de certains de ses textes fondateurs des années 1960 et 1970 – de La Bombe P de Paul Ehrlich au célèbre rapport du Club de Rome. Et de fait, ce catastrophisme – bien différent de celui de Jean-Pierre Dupuy et réinvesti depuis quelques années par les « collapsologues » – a probablement desservi la cause environnementale. Pour autant, l’une des leçons du Covid-19 est que la catastrophe n’est pas complètement à exclure.

      Evénements inimaginables

      Pendant une année, le Covid-19 nous aura plongés dans un monde de crainte et de solitudes, de danger et d’étrangeté. Mais d’ici un an, peut-être un peu plus, le monde sera probablement débarrassé de la nouvelle maladie. Les grands périls environnementaux, eux, génèrent une lente dérive vers la dystopie, dont tout porte à penser qu’elle sera sans retour.
      On le voit : le réchauffement a aussi contribué aux événements parmi les plus inimaginables de l’année écoulée. Eclipsés par le nouveau coronavirus, les incendies monstres qui ont ravagé l’Australie entre décembre 2019 et février 2020 sont vite sortis des esprits, mais qui aurait pu croire qu’un cinquième environ des forêts de l’île-continent pourrait brûler en moins de trois mois ? Et que des animaux sauvages fuyant les brasiers iraient chercher secours – ainsi qu’on l’a vu dans de stupéfiantes images – auprès des humains ?

      Des grands feux australiens à la destruction, cet automne, de deux vallées alpines sous des torrents de boue emportant les maisons et vidant les cimetières de leurs morts, le climat produit lui aussi son lot de catastrophes dont la brutalité semble aussi, de plus en plus souvent, relever de la science-fiction. « Qui aurait cru qu’une éventualité aussi formidable pût faire son entrée dans le réel avec aussi peu d’embarras ? », se demandait Bergson à propos de la Grande Guerre. Cette question, nous n’avons pas fini de nous la poser.

      #catastrophe #pandémie #incendies #réchauffement_climatique #dystopie #libertés_individuelles #libertés_publiques

  • #Long_covid

    Les poumons sont l’organe cible de l’infection par le SRAS-CoV-2, et facteur pronostic évident.

    MAIS le virus peut se propager à de nbx organes :
    le cœur, les vaisseaux sanguins, les reins, l’intestin et le cerveau ...

    Des #symptômes persistants sont signalés après la phase aigue du COVID-19, y compris chez les personnes qui souffrent initialement d’une maladie légère.
    –au delà de 12 semaines
    –10-20% des infectés (?)
    Une approche multidisciplinaire est nécessaire

    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7287410

    on sait déja que
    les coronavirus (SARS COV 1 et MERS-CoV)
    Double triangle pointant vers la droite
    Double triangle pointant vers la droite
    persistance de symptômes débilitants

    cf altération des scores de qualité de vie, de santé mentale, à 1 an ds une cohorte canadienne infectée en 2003

    Tansey et al. Arch Intern Med. 2007 ;167(12):1312-1320

    Quels sont les symptômes persistants après COVID 19 ?
    La Cohorte COVICARE suisse a suivi 669 patients ambulatoires entre le 18 mars et le 15 mai.

    https://twitter.com/Hopitaux_unige/status/1329386439335845892

    https://www.youtube.com/watch?v=aIcag7-8SMM&feature=youtu.be

    Parmi eux, 1/3 souffraient toujours de symptômes à 30-45 jours de l’infection initiale. Parmi les signes les plus fréquents : fatigue, dyspnée, dysosmie/dysgueusie

    https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M20-5926

    mais ATTENTION.

    Il ne faut pas confondre les
    1-symptômes dûs à 1 inflammation chronique persistante
    2- conséquences (csq) des dommages aux organes (lésions de la phase aiguë au cœur / poumon/ cerveau/ reins)

    3- Csq aspécifiques de l’hospitalisation/immobilisation par la maladie/isolement social/SSPT
    4- Effets du déconditionnement périphérique lié au confinement et/ou à la maladie elle-même

    Long covid could be 4 different syndromes, review suggests

    https://www.bmj.com/content/371/bmj.m3981

    D’ailleurs à quoi seraient dus les symptômes persistants :
    – persistance du virus dans l’organisme / les organes ?
    – réinfection ?
    – dysfonction immunitaire ( système immunitaire affaibli ou surstimulé ) ?
    On ne sait pas exactement (cf SARS)
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21435231

    Les complications physiques évidentes sont de toutes façons prises en compte en sortie d’hospitalisation. Cela dirigera les patients vers un SSR (quand ils sont dénutris, ont une atteinte neuromusculaire séquellaire...)
    HAS : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-06/rr_parcours_covid_parcours_de_readaptation_du_patient_covid_-_domicile_mel

    un bilan fonctionnel respiratoire complet est déjà recommandé pour évaluer les séquelles respiratoires (fibrose post SDRA), trois mois après la sortie de l’hôpital
    https://splf.fr/wp-content/uploads/2020/12/guide-pr-en-charge-sequelles-respiratoires-sars-cov2.pdf

    quelles sont les données de la littérature sur les symptômes de #LongCovid et leur origine/étiologie ?

    atteinte neurologique (1/2) :
    ~ 10 à 35% souffrent de symptômes persistants, principalement neurologiques : dysfonctionnement du système nerveux autonome, troubles du sommeil, syndromes douloureux, étourdissements, difficultés cognitives.

    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S030439402030803X

    atteinte neurologique (2/2) : origine ?

    – invasion virale directe du SNC par SARS COV2
    – réponse immunitaire à médiation virale

    Emerging Neurological and Psychobiological Aspects of COVID-19 Infection

    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33198412

    atteinte respiratoire (1/2) :
    ~ 30% des patients hospitalisés après la phase aigue
    * atteinte TDM et de fonction respiratoire s’améliore au cours du suivi
    Recovery after COVID-19 – an observational prospective multi-center trial

    https://erj.ersjournals.com/content/early/2020/11/26/13993003.03481-2020

    atteinte respiratoire (2/2) :
    pour les patients ambulatoires c’est moins clair :
    *dyspnée
    *intolérance à l’effort
    *douleurs thoraciques

    dysfonction autonomique (1/2) : prévalence non connue
    ~ syndrome d’intolérance orthostatique
    – palpitations
    – dyspnée
    – douleurs thoraciques
    – hypotension orthostatique
    – syncope

    dysfonction autonomique (2/2) physiopathiologie :
    – conséquence de l’orage cytokinique ?
    – Atteinte directe du système nerveux autonome par le coronavirus ?
    – déconditionnement ou hypovolémie ?
    – neuropathie à médiation immunitaire ou virale ?

    https://www.rcpjournals.org/content/clinmedicine/early/2020/11/26/clinmed.2020-0896

    atteinte cardiaque (1/2) : risque de maladie cardiovascu.
    Flèche nord-est
    suite à 1 infection à coronavirus, MAIS l’att. myocardique persistante n’est pas avérée pour SARS COV2 malgré la présence (autopsie) de virus dans cellules

    update on COVID-19 Myocarditis

    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33317101

    atteinte cardiaque (2/2) : arythmies persistantes
    ~ tachycardie sinusale inappropriée
    – hyperactivité intrinsèque du nœud sinusal,
    – dysfonctionnement autonome
    – état hyperadrénergique

    Management of Arrhythmias Associated with COVID-19
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33231782

    atteinte digestive ~ 35% des patients à la phase aigue.
    tube digestif : taux élevé d’ACE2, le récepteur de liaison au SRAS-COV-2,
    = site d’infection virale efficace
    = site d’excrétion virale périodique

    Symptômes persistants peu étayés

    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33037400

    atteinte cutanée
    Plutôt à la phase aigue = lésions acrales ~ pseudo-engelures, éruptions érythémateuses maculopapuleuses, éruptions vésiculaires, des éruptions urticariennes, des éruptions vasculaires

    An Evidence-Based Review
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7456663

    en CCL :
    –symptômes (liste non exhaustive) persistants de #LongCovid nombreux
    – physiopathologie n’est pas élucidée
    – études de cohorte sont donc NECESSAIRES
    –avec une action COORDONNEE de recherche/prise en charge sur notre territoire

    https://twitter.com/corinne_depagne/status/1343577380464586752

    #covid-19 #covid #séquelles #maladie #coronavirus

  • Vaccination, qffwffq on Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1345424098550312962.html

    Résumons la situation
    1/malgré un nombre de vaccination important, la Grand-Bretagne panique
    2/ l’Allemagne qui a commencé en même temps que nous a vacciné 1000 fois plus que nous
    3/ face à cette situation ridiculement tragique @olivierveran qui disait assumer la lenteur...
    ... assume beaucoup moins en disant que chaque personne qui veut se faire vacciner pourra le faire. En particulier les soignants de plus de 50 ans. [ce qui fait bien peu https://twitter.com/StephaneG05/status/1345346829580464129 Situation du jour dans une réa du 93 : 3 médecins seniors arrêtés pour Covid (âges 30 à 40 ans) 3 internes idem (20 à 30 ans) Plusieurs infirmièr-e-s idem (20 à 45 ans) Il faut VACCINER TOUS LES SOIGNANTS des unités Covid pour être prêts à faire face aux prochaines semaines., ndc] :

    .../...
    4/ pas de bol, personne sait comment faire ou où aller, certains découvrant pas hasard suite à un tweet du président de @ordre_medecins @BouetP qu’il est possible de se faire vacciner à l’hôtel dieu à Paris...
    5/ ... Qui dément ce soir vacciner les libéraux (sauf @BouetP)

    ../..

    5/ face à cet situation de bordel absolu qui pourrait laisser croire que le @gouvernementFR ne maîtrise rien, @VidalFrederique tweet qu’il ne faut pas s’inquiéter, et puis de toute façon, autant attendre le vaccin de #Sanofi. Il est pas génial mais au moins il est français.

    ../..
    6/ interrogées sur la mise en place d’un circuit de vaccination national, régional ou départemental, les #ARS répondent
    –-> en cours de réflexion
    –-> voyez avec les hôpitaux
    –-> on peut pas organiser le #testing et la #vaccination
    7/ alors ni @olivierveran ni @VidalFrederique ne sont capables de donner un seul lieu de vaccination et une seule date hors Paris, on constate que chaque jour en France on est entre 300 et 400 morts. Chaque Jour ! [en comptant pas trop bien les morts Ehpad, entre 80 et 120/jour, et moins encore les morts à domicile, ndc]

    #vaccin #stratégie_de_vaccination #soignants