Marge et dynamique territoriale

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  • GÉOGRAPHIE DES MARGES

    Autour de la question "La France des marges" au programme des Capes d’histoire-géographie et agrégations externes d’histoire et de géographie (et, à partir de l’an prochain, pour l’agrégation interne d’histoire-géographie) http://www.scoop.it/t/la-france-des-marges-analyse-geographique, petite sélection de ressources sur le concept de marges en géographie http://www.scoop.it/t/geographie-des-marges (citées par date de parution, pour comprendre l’ordre dans lequel se sont construits, souvent en miroir, ces pensées, de la notion de la marginalité qui est débattue à partir des années 1980 principalement à la notion de marges qui prend de l’ampleur dans les années 2000). Cette sélection peut constituer un "outil" pour préparer la question, mais aussi pour tout curieux de l’approche spatiale !

    BAILLY, Antoine, Philippe AYDALOT, Jacques GODBOUT, Charles HUSSY, Claude RAFFESTIN et Angelo TURCO, 1983, "La marginalité : réflexions conceptuelles et perspectives en géographie, sociologie et économie", Géotopiques, n°1, pp. 73-115, en ligne : https://archive-ouverte.unige.ch/unige:4332
    –> Partant du constat (étonnant) de la relative absence du terme de la marginalité en géographie (du fait de la prédominance du couple centre/périphérie), Antoine Bailly et al. confrontent périphérie et marginalité au prisme de la question des minorités, puis observent le concept de la marginalité dans les géographies anglo-saxonnes et allemande où le modèle centre/périphérie n’a pas pris la même importance que dans la géographie française. Une phrase-clef dans cet article : "Il n’existe pas de lien nécessaire entre la périphérie, la minorité et la marginalité, pas plus qu’entre le centre, la majorité et la centralité".
    –> Un autre texte aux thèmes proches mais bien plus récent (12 ans plus tard) d’Antoine Bailly revient sur cette réflexion : BAILLy, Antoine, 1995, "La marginalité, une approche historique et épistémologique", Anales de Geografia de la Universidad Complutense, n°15, pp. 109-117, en ligne : https://archive-ouverte.unige.ch/unige:6486

    COURADE, Georges, 1985, "Jalons pour une géographie de la marginalité en Afrique Noire", L’Espace géographique, n°2/1985, pp. 139-150, en ligne : http://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers07/04106.pdf
    –> Georges Courade propose de réfléchir à la notion de marginalité au prisme de l’Afrique Noire. Il revient notamment sur les différentes acceptions et mobilisations de la marginalité comme notion dans différentes approches géographiques (approche fonctionnaliste, approche culturaliste, approche "tropicalisée", etc.).

    DE RUFFRAY, Sophie, 2000, "De la marginalité territoriale à la recomposition territoriale « marginale »", –Revue Géographique de l’Est–, vol. 40, n°4/2000, en ligne : https://rge.revues.org/4061
    –> Particulièrement utile aux candidats en proposant de nombreux schémas sur la manière de penser les marges par l’approche spatiale, Sophie de Ruffray s’intéresse aux marges spatiales, à leur dynamique interne et leurs recompositions territoriales.

    Dans le contexte des dynamiques spatiales actuelles, cet article propose une réflexion sur la notion de recomposition territoriale dans les espaces de marges. Il a pour objectif de présenter des modèles de recomposition « marginale », fondés sur des interfaces particulières, sous la forme de réseaux de villes pour répondre aux propriétés particulières des territoires de marges. L’application concerne l’espace interrégional, constituant l’interface entre les confins orientaux de la Moselle et nord-occidentaux du Bas-Rhin.

    PROST, Brigitte, 2004, "Marge et dynamique territoriale", Géocarrefour, vol. 79, n°2/2004, pp. 175-182, en ligne : https://geocarrefour.revues.org/695
    –> Brigitte Prost propose de décrypter le concept de marge spatial au prisme des discontinuités, de leur place dans un système territorial et de leur rôle dans l’organisation de l’espace.

    Le concept de marge, riche mais flou, mérite d’être explicité car il est susceptible d’alimenter une réflexion féconde. Conçue comme un élément en disfonctionnement du système territorial, la marge est un vrai objet géographique et a une place particulière dans l’organisation spatio-temporelle dans laquelle nous la repérons. Sa dynamique la rend plus ou moins évidente à l’observation, plus ou moins réelle, mais capter sa réalité, comprendre sa place et son rôle peut permettre de pénétrer au cœur de l’analyse territoriale.

    SIERRA, Alexis et Jérôme TADIÉ, 2008, "Introduction. La ville face à ses marges", Autrepart, n°45, n°1/2008, pp. 1-45, en ligne : https://www.cairn.info/revue-autrepart-2008-1-page-3.htm
    –> Considérant à la fois les marges spatiales et les marges sociales de la ville, cette introduction "montre combien les marges font partie intégrante de la ville", en "partant d’une définition large de la marge, comme situation de mise à l’écart issue d’une représentation officielle et majoritaire, intégrée par les acteurs urbains dominants, nous avons voulu en observer diverses déclinaisons". Les marges spatiales et sociales ne sont pas "hors" de la ville, mais "en marge" de celle-ci, c’est-à-dire qu’elles "s’établissent dans une relation – voire une tension – parfois dichotomique, entre formel et informel, pouvoirs et contrepouvoirs, entre reconnaissance et déni".

    MORELLE, Marie, 2016, "Marginalité", Géoconfluences, rubrique Notions à la une, 12 juillet 2016, en ligne : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/notion-a-la-une/notion-a-la-une-marginalite
    –> Directement liée à la préparation de la question "La France des marges" aux concours de l’enseignement, cette "Notion à la une" de Marie Morelle revient, avec synthèse, sur les évolutions de la notion de marginalité dans la géographie, depuis les travaux fondateurs de l’Ecole de sociologie de Chicago (avec, par exemple, l’étude du hobo par Nels Anderson dans les années 1920) à aujourd’hui.

    La géographie n’a pas été la première discipline à discuter de la notion de marginalité. Il convient d’en faire une brève généalogie afin de voir les contextes dans lesquels la notion se déploie, les approches géographiques qui s’en saisissent, pour construire quels objets de recherche, sans perdre de vue les débats qui accompagnent son existence dans le champ de la géographie et des sciences sociales.

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