Il n’existe pas de « deuxième exode rural » en France

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  • La #France vit un deuxième #exode_rural

    Qui n’a jamais traversé ces bourgs aux rues charmantes mais désertes, où se succèdent volets clos et boutiques vides ? La presque totalité des 15 000 communes rurales ou isolées de France sont rongées par la dévitalisation de leur centre, qui va en s’accélérant. Les seuls signes de vie se manifestent dans le centre commercial bâti à la hâte autour d’un supermarché, avec ses immanquables parkings et sa station essence. Parfois, une pharmacie, une boulangerie voire un bistrot complètent l’ensemble, laid mais pratique ! La dernière publication de France Stratégie, organe de réflexion auprès du premier ministre, parue en juillet, a de quoi affoler les maires. Le rapport souligne la #métropolisation de l’économie française et appelle tout simplement, pour plus d’efficacité et « dans un contexte de rareté budgétaire, à concentrer les investissements sur les métropoles mais aussi à soutenir les territoires qui risquent de décrocher définitivement, tout en investissant moins dans les territoires intermédiaires ».


    http://www.lemonde.fr/logement/article/2016/08/05/l-inquietante-devitalisation-des-bourgs_4978713_1653445.html
    #démographie

    • vu cela à Cahors, tout le centre sent la ville morte, avec un marché couvert extra cher pour attirer encore quelques touristes anglais, l’hallu

    • @touti je reviens précisément de Cahors qui reste cependant la principale « grosse ville » d’un département particulièrement peu peuplé (impressionnant, tout cet espace totalement vide de présence humaine !) : les préfectures concentrent l’emploi administratif et qualifié des départements, maintenant. Donc, la perte du commerce de proximité n’est pas un signe de désertification de Cahors, mais de sa mutation vers le modèle périphérique qui caractérise les villes américaines depuis un moment : concentration de toute l’activité commerciale quotidienne vers les centres commerciaux moches de « banlieue » et reprise des centre-ville vitrine par les banques, assurances et franchises de fringues et téléphones internationales, comme dans tous les centre-villes.
      Il reste des bars et des restos parce que c’est une ville touristique.
      Mais pour les habitants, tout ce passe en périphérie (bien mochifiée et qui ressemble maintenant à toutes les approches de villes de qulque importance).

      Par contre, dans les villages et bourgs alentour, c’est le grand vide (en dehors des commerces pour touristes, la grande activité du Lot), avec de jolis villages de pierre qui sont à vocation touristique : gites, maisons secondaires, sans commerce aucun.

      Le problème des zones rurales, c’est le retrait des services publics depuis une quinzaine d’années (sous prétexte de rationalisation budgétaire) : fermeture des bureaux de poste et de l’école. Quand ça c’est fait, les gens doivent aller ailleurs faire leurs démarches et, du coup, faire leurs courses, donc, tout ferme.
      Quand c’est fermé, les jeunes familles se rapprochent des grandes villes où sont les services… mais pas trop, parce que l’immobilier les repousse à la périphérie.
      Donc, on a un repeuplement des petits villages périphériques des villes moyennes… mais sans retour des services et uniquement sur critère financier : éloignement des lieux de vie et de travail, sur-frais de transport, habitat souvent dégradé.
      Ce mouvement n’est pas pérenne : les enfants grandissent, les parents vieillissent. Il faut se rapprocher des lycées et surtout des hôpitaux…

    • C’est dans la rubrique « sur-frais » de transport.
      En fait, des études prouvent qu’il vaut mieux payer cher un logement près du centre desservi en transports en commun qu’un peu moins cher un logement à Pétaouchnok (sauf à ne plus vouloir interférer avec la ville). Généralement, les ménages calculent le surcoût de transport en terme de travail-domicile et budget temps, mais ils oublient tous les autres déplacements : courses, démarches, soins, scolarité, périscolaire, relations sociales. En ville, ces déplacements n’engendrent pas de surcoût (abonnement fixe aux transports en commun, possibilités variées de se déplacer, de choisir, au niveau individuel), alors qu’en périphérie, comme rien n’est à portée de pied ou de transports, c’est voiture automatique, pour soi, mais aussi pour chacun des membres de la famille, avec des horaires non compatibles et des trajets qui ne se recoupent pas.
      D’où le célèbre phénomène des mamans-taxi.
      #transports #mobilité

    • Il n’y a pas de « deuxième exode rural » en France, Daniel Behar
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/08/09/il-n-existe-pas-de-deuxieme-exode-rural-en_4980439_3232.html#r55QtpPaZoe55bC

      Bon nombre de bourgs et villes-centres font bien l’objet d’une désaffection résidentielle et commerciale qui s’accélère depuis une dizaine d’années. Mais comment y voir un nouvel exode rural ? C’est en réalité l’inverse qui se produit. Les bourgs et communes-centres se vident au profit des territoires « néo-ruraux » ou péri-urbains qui les entourent."

      #paywall

    • 100% d’accord avec ce qu’apporte @colporteur, c’est exactement ce que j’observe : la force centrifuge des villes bien dotées, parce que la pression immobilière rejette les classes moyennes et populaires loin des centre-villes.

      Par contre, les communes périphériques ne le vivent pas comme ça : elles reçoivent des populations déclassées, demandeuses de services publiques et sociaux alors que, comme tout le monde, elles ne veulent qu’une chose, des CSP+. Parce que dans leur idée, ça paie plein d’impôts et ça consomme beaucoup et ça ne demande pas grand chose, ce qui est une enfilade d’idées fausses : les classes supérieures ne dépensent que superficiellement leurs revenus (grosse propension à épargner et surtout défiscaliser) et quand elles le font, c’est beaucoup dans des dépenses de prestiges, donc, pas dans les réseaux commerciaux de bouseux… alors que les plébéiens, ils consomment tout et sur place essentiellement, ils envoient leurs gosses à l’école publique du coin et pas dans les écoles privés des métropoles… mais bon…

      À moment donné, il va bien falloir admettre que notre société produit de plus en plus de déclassés et donc de moins en moins de CSP+, en tout cas, pas suffisamment pour tout le monde

    • Il n’y a pas de « deuxième exode rural » en France

      La question territoriale est à l’ordre du jour. Les mutations de la société contemporaine s’inscrivent sur les territoires et les transforment de façon accélérée. Il est donc légitime et nécessaire que les médias investissent cette question et la place au centre du débat public. Il est en revanche regrettable que cela conduise à énoncer des contresens patents comme l’a fait Le Monde en annonçant en Une de son édition du 6 août dernier l’apparition d’un « deuxième exode rural » en France. L’article qui développait ce propos était consacré à la dévitalisation des bourgs et villes-centres. Quel rapport entre ce titre accrocheur et l’article qui le justifiait ? Aucun.

      http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/08/09/il-n-existe-pas-de-deuxieme-exode-rural-en_4980439_3232.html