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  • Les comportements modernes d’« Homo sapiens » apparus plus tôt que ce qu’on croyait.
    (15 mars 2018)

    Pas moins de trois articles sur cette nouvelle étude. Si la découverte de techniques habituellement utilisées il y a 200 000 ans, ont été datées d’il y a 320 000 ans et constitue donc une découverte importante, celle de leurs transports et surtout de leurs échanges via un réseau me semble plus extraordinaire encore (le Smithsonian parle de " preuves de l’ échange précoce de ressources "). (non encore lu... donc avis à suivre) .

    L’article de vulgarisation :
    http://www.ledevoir.com/societe/science/522875/sapiens-et-outils

    Les trois articles :

    Sur le transport à longue distance de pierre et de pigment (Long-distance stone transport and pigment use in the earliest Middle Stone Age) :
    http://science.sciencemag.org/content/early/2018/03/14/science.aao2646?variant=full-text&sso=1&sso_redirect_count=1&oau
    (#paywall).

    Des signes de comportement symbolique ont émergé à l’aube de notre espèce en Afrique (Signs of symbolic behavior emerged at the dawn of our species in Africa) : ici, l’article parle de " roches qu’ils devaient obtenir de sources lointaines ou par le biais de réseaux commerciaux" .
    https://www.sciencemag.org/news/2018/03/signs-symbolic-behavior-emerged-dawn-our-species-africa
    https://youtu.be/NXD0fgaZxpk

    La modification de l’environnement à cette époque :
    Environmental dynamics during the onset of the Middle Stone Age in eastern Africa
    http://science.sciencemag.org/content/early/2018/03/14/science.aao2200
    (#paywall)

    #préhistoire #technique #échanges #320_000 #Alison_S._Brooks #George_Washington_University Bassin_d’Olorgesailie #Kenya #Afrique

  • La reconnaissance faciale, en quête d’un visage humain décrypté
    http://www.ledevoir.com/societe/science/522950/le-decryptage-du-visage-humain

    En quête des codes secrets du visage, de l’Antiquité à Disney, la fascination pour les expressions imprimées dans nos traits s’étend à toutes les sphères d’activités, de la sécurité à la publicité. Où en sommes-nous ? Et jusqu’où voulons-nous aller ? La détection des visages et la reconnaissance faciale sont des technologies déjà largement utilisées et elles se raffinent chaque jour grâce à l’intelligence artificielle. Plus encore, c’est maintenant l’analyse des émotions et leur reproduction sur des avatars (...)

    #Apple #Facebook #biométrie #émotions #facial

  • * La Grande Guerre dans les rues de Québec Le Devoir - Pierre-Yves Renaud et Martin Pâquet - 10 mars 2018
    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/522365/100e-anniversaire-de-l-emeute-de-la-conscription-la-grande-guerre-dans-les

    Jeudi, 28 mars 1918. À la veille de Pâques, trois policiers fédéraux chargés de débusquer les réfractaires à la conscription militaire des « spotters » interpellent Joseph Mercier et deux autres jeunes hommes à la salle de quilles de la rue Notre-Dame-des-Anges, dans le quartier Saint-Roch de Québec. Rapidement, une foule de 3000 personnes se rassemble autour du poste de police. Mercier est libéré prestement, un des deux autres jeunes s’enfuit et les manifestants s’en prennent au poste de police et à l’un des « spotters » , un certain Bélanger. Les incidents du Jeudi saint sont l’événement déclencheur de cinq jours de désordres.
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    L’embrasement
    Une émeute est violente, mais elle n’est pas irrationnelle. Les émeutiers s’en prennent toujours à des symboles précis qui représentent à leurs yeux une oppression intolérable. Les émeutiers de Québec obéissent à cette règle. L’escalade des événements en témoigne : le 28 mars, les émeutiers envahissent le poste de police no 3 dans la basse-ville ; le 29 mars, ils saccagent les bureaux de l’Auditorium de la place Montcalm où sont les bureaux du registraire du service militaire ; la même journée, ils cassent les fenêtres de deux journaux pro-conscriptionnistes, The Quebec Chronicle et L’Événement ; le 30 mars, ils visent le Manège militaire sur la Grande-Allée.

    Réduire une émeute obéit aussi à des règles. D’abord, il importe d’établir une médiation avec des figures d’autorité respectées par les émeutiers. Le maire populiste de Québec Henri-Edgar Lavigueur et le député nationaliste Armand La Vergne tentent de calmer la foule les 29 et le 31 mars. Puis, il y a un coup de semonce pour le rappel à l’ordre : le cardinal Louis-Nazaire Bégin fait lire au cours de la messe de Pâques une lettre pastorale qui ordonne aux fidèles de respecter la loi.

    Ensuite, il y a la répression qui vise le contrôle manu militari de l’espace public. Menées par le major-général François-Louis Lessard, la cavalerie et l’infanterie en provenance de l’Ontario et du Manitoba quadrille les rues de la basse-ville le soir du lundi 1er avril. Un peloton se tient à l’embranchement des rues Saint-Joseph, Bagot et Saint-Vallier et, après une brève sommation, tire sur la foule. Atteints par des balles explosives, Édouard Tremblay, George Demeule, Honoré Bergeron et Alexandre Bussière tombent. Enfin, le maintien de l’ordre s’applique avec toute sa sévérité. Le 4 avril, le gouvernement Borden applique la loi martiale à Québec et suspend l’habeas corpus. Quelque 6000 militaires sont déployés à Québec jusqu’en mars 1919.
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    #guerre #1914 #conscription #émeute #spotters #jeudi-saint #Canada #Quebec #Angleterre #loi_martiale

  • Les cotes d’écoute des Oscars ont chuté à un niveau sans précédent
    http://www.ledevoir.com/culture/cinema/521944/les-cotes-d-ecoute-des-oscars-ont-chute-a-un-niveau-sans-precedent

    Les cotes d’écoute de la cérémonie des Oscar ont chuté à un niveau sans précédent à 26,5 millions de téléspectateurs, cette année.

    Selon l’entreprise Nielsen, c’est 20 % de moins qu’en 2017, lorsque 33 millions de curieux . . . . .
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    C’est la première fois dans l’histoire que la cérémonie des Oscar attire moins de 30 millions de personnes, selon les chiffres de Nielsen qui remontent jusqu’en 1974.

    Le gala est généralement l’une des émissions les plus regardées de l’année après le Super Bowl, . . . . .
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  • Une minière réclame 96 millions de dollars à une municipalité des Laurentides Le Devoir - Alexandre Shields

    http://www.ledevoir.com/societe/environnement/521913/une-miniere-reclame-96-millions-de-dollars-a-une-municipalite-de-l-outaoua

    Quelques jours après le rejet de la poursuite d’une pétrolière contre Ristigouche-Sud-Est, la petite municipalité de Grenville-sur-la-Rouge fait face à une poursuite d’une ampleur sans précédent au Québec, cette fois de la part d’une compagnie minière de Vancouver. Celle-ci lui réclame 96 millions de dollars, en raison du blocage d’un projet de mine à ciel ouvert.


    La compagnie en question, Canada Carbon, souhaite développer une mine à ciel ouvert de graphite et de marbre sur le territoire de la municipalité, située dans les Laurentides.

    Or, le conseil municipal s’oppose au projet minier, jugeant notamment que celui-ci pourrait « entraîner une importante défiguration du paysage ». En décembre dernier, le conseil a d’ailleurs statué que cette mine, qui serait exploitée pendant 10 à 15 ans, serait non conforme à la réglementation de la municipalité en matière de zonage.
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    #Environnement #Canada #Quebec #Canada_Carbon #Tribunal #CETA #TAFTA

  • « Concert amplifié » : une mauvaise idée, dans le tapis Le Devoir - Sylvain Cormier - 3 mars 2018

    http://www.ledevoir.com/culture/521804/critique-spectacle-concert-amplifie-au-centre-bell-une-mauvaise-idee-dans-

    Les musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec prennent place. Voici le chef David Martin, solennel, un peu croque-mort dans la démarche raide. L’orchestre démarre. Badaboum. Tagada. Tsoin-tsoin. Plein les oreilles. Stridence. Trop aigus, les cuivres, les vents.

    Bourdonnement. Trop brouillonnes, les basses. On comprend tout de suite : par « concert amplifié », on voulait dire « trop fort ». L’idée, c’est d’impressionner. Y a-t-il un micro par instrument et un sonorisateur dur de la feuille ? On peut le supposer. L’idée, c’est aussi de donner à entendre les « classiques du classique » à la manière d’un show rock. Beding bedang. Rentre-dedans, c’est pas de l’onguent.

    Évidemment, la nuance dans le maniement de la baguette ne s’entend pas beaucoup : c’est de la console que ça se décide, clairement (ou, plus exactement, confusément). Le premier mouvement de la Cinquième symphonie de Beethoven frappe comme un paquet de marteaux sur un paquet d’enclumes. L’artillerie lourde. Les bombes. La DCA. Pin-pon, pin-pon. Sonnez l’alerte. Les Alliés débarquent en Normandie. Mais non, il n’y a pas d’écran. C’est moi qui me souviens d’une scène dans Le jour le plus long, le film de Zanuck.
    À la fin de la pièce, pschuittttt ! Des jets de fumée (ou de vapeur) jaillissent. Deux secondes. J’espère qu’ils ne sont pas payés à la durée des effets spéciaux, ça ne fera pas cher de l’heure. Quand s’amène « la divine » Natalie Choquette (dixit le chef), c’est un peu plus équilibré : il ne faut pas l’enterrer, ce serait malpoli. Le chef annonce le « très touchant » thème de Roméo et Juliette de Prokofiev : c’est gentil de le préciser, comment aurait-on su autrement qu’il fallait s’émouvoir ? Évidemment, nous ne sommes pas des habitués des concerts classiques, il faut tout nous expliquer. Il ne suffit pas de nous assommer.

    En ce vendredi au Centre Bell, pour la seconde présentation de ce « concert amplifié » (jeudi soir, c’était au Grand Théâtre de Québec), on mesure l’ineptie du concept. Les courts moments d’effets spéciaux sont des corps étrangers. Des verrues plantaires sur des pieds bots. Du trop avec du trop, ça fait doublement trop. Enflure. Baudruche. Montgolfière. Imaginez des ballounes avec des pétards à mèche : le grand n’importe quoi.

    Stéroïdes en stéréo
    Pour dire les choses simplement : c’est une très mauvaise idée, ce spectacle. Une mauvaise idée dans le tapis. Musicalement, ça ne va pas : l’amplification dénature la dynamique naturelle d’un orchestre symphonique. Crac boum hue ! Les effets de show rock ne fonctionnent pas non plus : tout est gratuit, c’est même pas du show de boucane 101, rien n’est lié à ce qui se passe dans les pièces. Lesquelles n’ont pas grand-chose à faire ainsi accolées : il n’y a pas de logique autre que celle d’être des « morceaux connus ». Exemple d’effet : chaque musicien a au poignet un bracelet lumineux. On se croirait dans la foule au Festival d’été de Québec. Pas grand rapport avec la partition, mettons.

    Çà et là, des passages moins piétons rappellent que ces musiciens savent jouer quand ils en ont l’occasion. Ils font ce qu’ils peuvent, dans les circonstances. On compatit. On pâtit, aussi, mais bon, la compassion est plus grande que le ras-le-bol. Ils n’ont pas l’air à la fête : pas sûr que l’habillage rock leur sied. Peut-être aurait-il fallu, comme les Beatles lors de l’enregistrement de la folle séquence pour orchestre dans A Day in the Life, leur fournir de faux nez, perruques et autres objets forains : ils auraient été plus à l’aise.

    Et L’Heptade ?
    Qu’en est-il de la « suite » de L’Heptade, l’attraction première de la soirée, condensé du grand oeuvre d’Harmonium, réarrangement signé David Martin avec l’aide de Serge Fiori lui-même ? C’est la portion la plus comestible de ce gâteau à étages : la transposition pour orchestre ne tombe pas sur le coeur. On a de toute évidence fait un effort. Il y a une part de création. Un respect des modulations d’origine. Et un certain goût dans les éclairages. Ça n’éclabousse pas pour éclabousser, sauf quand Natalie Choquette vient se mêler de Comme un sage. Il aurait fallu demander à Monique Fauteux, qui aurait permis un véritable lien avec Harmonium.

    Ce n’est quand même pas long, sept minutes mémorables sur une interminable heure et demie. Surtout quand c’est suivi, je vous le donne en mille, du Boléro de Ravel. Avec de petites ampoules qui scandent le rythme, une ampoule par lutrin. Ça alors, la trouvaille ! On est éblouis, vous pensez bien ! Un peu plus et on avait droit au cochon volant de Pink Floyd… La question monte comme un cadavre ayant trop séjourné dans l’eau : comment diable a-t-on pu s’imaginer que le volume suffit à compenser une telle absence d’imagination ? Navrante, consternante expérience.

    @pmo #En_vedette #smart #Musique #Nécrotechnologies #Quebec #bracelet_électronique #bracelet Néo #Culture

  • Éclairer la part féminine de la musique populaire Le Devoir - Dominic Tardif - 3 mars 2018
    http://www.ledevoir.com/culture/musique/521713/grand-angle-eclairer-la-part-feminine-de-la-musique-populaire

    Et si l’on racontait l’histoire de la musique populaire au Québec en plaçant le travail des femmes en son centre ? En prévision du 8 mars, Le Devoir a demandé à cinq mélomanes — les musiciennes Stéphanie Boulay et Louise Forestier, la journaliste Marie-Christine Blais, l’animatrice Myriam Fehmiu et l’universitaire Sandria P. Bouliane — de dresser leur liste des cinq meilleurs albums créés par des femmes. Conversation autour d’une tentative de réécriture.
    Vous êtes pressés ? Nous vous suggérons de ne pas mentionner devant Louise Forestier le mythique spectacle 1 fois 5, réunissant pour la Saint-Jean de 1976 Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Yvon Deschamps et Jean-Pierre Ferland. « C’est pas que je pense qu’on aurait dû nécessairement m’inviter moi, mais qu’il n’y ait pas eu de femme, ça… Ça ! » tonne la vétérane de 74 ans, sans avoir besoin de compléter sa phrase pour que l’on saisisse la nature de sa colère. « Ces shows-là, c’était tout le temps trois gars ou cinq gars ! »

    Évidence aussi immense que la voix de Ginette Reno : l’histoire de la musique québécoise s’est écrite autour de personnages principaux masculins, auteurs-compositeurs-interprètes souvent canonisés avant même la cinquantaine lors de grands rendez-vous du genre (ils le méritaient souvent très bien, loin de nous l’idée de suggérer le contraire).

    Tapez dans votre moteur de recherche préféré « meilleurs albums québécois » et constatez à quel point toutes les listes cataloguant les disques les plus mémorables des dernières décennies ne comptent que sur une minorité de femmes. De quoi se demander ce dont aurait l’air cette histoire si l’on désignait plutôt chanteuses et musiciennes comme protagonistes centrales.

    Les interprètes créatrices


    Évoquons d’abord (à l’aide des listes concoctées par notre panel) un trio fondamental de mères fondatrices : celui formé de Monique Leyrac, Pauline Julien et Diane Dufresne, toutes d’abord connues pour leur travail d’interprètes (bien que Dufresne ait signé plus tard des textes, et Julien des textes et des musiques). Avec son Monique Leyrac chante Léveillée et Vigneault (1963), la grande dame aujourd’hui âgée de 90 ans pousse Claude et Gilles dans les derniers retranchements, avant même qu’ils ne soient eux-mêmes réellement devenus Léveillée et Vigneault.

    « Monique Leyrac, c’est l’interprète créatrice, rappelle l’ancienne journaliste de La Presse Marie-Christine Blais. Elle a aidé Vigneault et Léveillée à aller plus loin, à avoir une rime plus riche. Mais comme c’est le cas chez les hommes et chez les femmes, le travail des interprètes traverse peu le temps, surtout que l’importance des interprètes est torpillée quand, à partir de 1965, les auteurs-compositeurs deviennent leurs interprètes. »

    Louise Forestier en remet : « Avant Monique Leyrac, Vigneault, je ne pouvais pas l’entendre. Il me faisait mal aux oreilles ! C’est elle qui m’a permis de l’apprivoiser », rigole-t-elle.

    La chargée de cours à l’UQAM et à l’Université d’Ottawa Sandria P. Bouliane décrit une double rhétorique pernicieuse, maintenant la femme dans le rôle de l’interprète, tout en dévalorisant ce travail. « La critique cherche à appuyer son jugement sur certains critères, et le fait qu’un artiste écrive ses textes et ses musiques, ça devient rapidement très important, note la spécialiste en musiques populaires. On va donc célébrer ça. Alors on est depuis très longtemps dans une construction narrative de l’histoire de la chanson qui se base sur différents processus de légitimation, dont bénéficient d’abord les auteurs-compositeurs, beaucoup de figures d’hommes qui tiennent des longues carrières, avec un rythme de production très intense. Ce qui fait que même quand la femme devient auteure-compositrice, on la place malgré tout dans la catégorie interprète, sans se poser de questions. »

    Ne plus être qu’une muse


    Elles seront nombreuses au tournant des années 2000 à prendre le devant de la scène avec leurs propres chansons et leurs propres instruments. Jorane, Marie-Jo Thério, Mara Tremblay, Ariane Moffatt et Catherine Major font sauter des barrières dans l’esprit de bien des jeunes femmes. Stéphanie Boulay est l’une d’entre elles.

    « J’avais entendu Jorane en entrevue dire que des gens lui avaient suggéré de se trouver un autre instrument, que sa voix n’allait pas bien avec le violoncelle, se souvient-elle. Elle disait qu’elle s’était malgré tout écoutée et pour une fille de la Gaspésie comme moi, qui faisait rire d’elle quand elle disait qu’elle voulait devenir chanteuse, c’était profondément empowering. Ariane Moffatt m’a aussi fait cet effet-là. De la voir tenir à bout de bras son univers, avec ses claviers, ça avait quelque chose de puissant pour une jeune fille qui veut créer, mais qui ne sait pas par où commencer. »

    Pourquoi les femmes auront-elles mis autant d’années à revendiquer le rôle de créatrice, de A à Z ? « Vous savez, les femmes ont eu pas mal de révolutions à faire en même temps, dont la révolution sexuelle, qui n’était pas toujours comique, observe Louise Forestier. Les femmes avaient toujours été des muses ! C’était a man’s world ! Pas parce que les hommes étaient méchants, juste parce que c’était comme ça. Et puis il y a aussi que les femmes n’ont pas osé. Elles n’ont pas osé se donner la permission. »

    « C’était quoi ce blocage-là ? poursuit-elle, comme en s’adressant à elle-même. J’étais bonne en français. J’avais toujours écrit des dissertations écœurantes, et au début de ma carrière, je m’empêchais d’écrire. À un moment donné, je me suis donné un coup de pied au cul. Le pire, c’est que ça continue. J’ai participé à beaucoup de formations et il y a chaque fois des jeunes filles qui disent : “Je n’ai jamais essayé d’écrire, parce que je ne suis pas bonne.” Je leur réponds toujours : “Vas-y, essaye, pis t’en fais pas, si c’est pas bon, je vais te le dire.” »

    La femme aux multiples visages


    Sandria P. Bouliane et Myriam Fehmiu élaborent toutes les deux par le biais de leur liste respective le portrait d’un Québec musical tournant le dos à l’homogénéité, grâce entre autres à Jenny Salgado de la formation hip-hop Muzion, ou à la chanteuse inuk Elisapie Isaac.

    « S’il n’y avait pas eu Jenny Salgado, il n’y aurait pas aujourd’hui des rappeuses comme les filles de Bad Nylon ou Sarahmée », pense l’animatrice à ICI Musique au sujet de celle que l’on considère comme la première MC du rap québécois. « Juste par sa présence, elle déboulonnait les codes qu’on associait à la chanteuse noire. Son afroféminisne n’était pas peut-être pas nommé comme tel, mais elle arrivait à une époque où il n’y avait pas de modèle de son genre dans l’espace public. Elle parlait de vie de famille et de travail d’immigrants, un discours auquel les gars nous avaient peu habitués. »

    Et c’est pas fini, c’est rien qu’un début, serait-on tenté de chantonner, en imitant de notre mieux la voix remplie d’espoir d’Emmanuelle. « Ça a pris le temps que ça a pris pour que les femmes se déniaisent, mais heureusement, elles ont commencé à se mettre ensemble. Il commence à y avoir une vraie sororité musicale », se réjouit Louise Forestier, en évoquant le regroupement Femmes en musique, créé l’été dernier afin de lutter contre les inégalités reléguant encore chanteuses et bands de filles à la marge de bien des programmations de festivals estivaux.

    « Il y a beaucoup de jeunes filles dans notre public qui nous font signer des ukulélés et des guitares », souligne Stéphanie Boulay, comme pour suggérer que la prochaine vague déferlera avec encore plus de puissance. « Ma sœur et moi, on veut être de bons exemples pour ces filles-là. » Tiens-toé ben, elles arrivent !

    #Musique populaire #Chansons #Femmes #sexisme #Quebec

  • Le Musée canadien de l’histoire se transforme en succursale d’Hollywood Le Devoir - Pierre de Montvalon - 26 Février 2018
    http://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/521238/le-musee-canadien-de-l-histoire-se-transforme-en-succursale-d-hollywood

    Le Musée canadien de l’histoire à Gatineau présente jusqu’au 6 avril 2018 une exposition sur DreamWorks Animation, studio d’animation hollywoodien à l’origine des films d’animation Shrek, Kung Fu Panda, Dragons ou Madasgascar.


    Selon la directrice des expositions et du service aux visiteurs, Chantale Amyot, proposer une exposition de la sorte s’inscrit dans l’optique d’attirer une nouvelle clientèle. Or, le Musée canadien de l’histoire est déjà l’institution muséale la plus visitée au Canada, avec 1,7 million de visiteurs pour l’année 2016-2017.

    La mesure de succès du Musée est visiblement l’achalandage : plus une exposition est visitée, plus elle est couronnée de succès. Augmenter le nombre de visiteurs devient alors une fin en soi. Mais à quel coût ?

    D’une part, 1,3 million de dollars ont été déboursés par le Musée pour acquérir l’exposition, conçue par l’Australian Center for the Moving Image, un musée situé à Melbourne, en Australie. Aucune expertise canadienne, aucun savoir canadien n’a été utilisé pour réaliser l’exposition.

    Pire, l’équipe responsable du commissariat au Musée n’a même pas pris la peine de souligner le travail de Dean DeBlois, un illustrateur originaire d’Aylmer, en Outaouais, qui a réalisé le film Dragons pour le studio DreamWorks Animation. Aucun effort n’a été fourni par le Musée pour régionaliser le contenu.

    Comble d’ironie, cette exposition constitue une formidable largesse envers l’entreprise qui possède la marque de commerce exposée. Non content d’offrir une visibilité extraordinaire à la marque de commerce auprès de milliers de familles canadiennes, le Musée canadien de l’histoire paye pour offrir cette visibilité.

    C’est le monde à l’envers : le Musée débourse des fonds pour se faire commanditer par une entreprise, dans ce cas-ci Comcast, conglomérat américain d’entreprises médiatiques et propriétaire du studio d’animation.

    Auparavant, Hot Wheels
    L’exposition est la seconde du genre proposée par le Musée. De septembre 2017 à janvier 2018, le Musée a présenté une exposition sur la marque de jouet Hot Wheels, propriété de l’entreprise américaine Mattel, second fabricant de jouets mondial. Acquise toute faite, l’exposition ne présentait aucun contenu canadien tout en offrant une visibilité considérable à une marque de commerce.

    Au cours de l’exposition, familles et touristes en visite dans la région de la Capitale-Nationale pourront découvrir les étapes de la création des personnages, scénarios et univers des différents films d’animation du studio DreamWorks. Elle met en scène croquis, esquisses, objets et dessins en rapport avec les films d’animation du studio.

    Selon la Loi sur le Musée canadien de l’histoire, le mandat de l’institution muséale fédérale est « d’accroître la connaissance, la compréhension et le degré d’appréciation des Canadiens à l’égard d’événements, d’expériences, de personnes et d’objets qui incarnent l’histoire et l’identité canadiennes, qu’ils ont façonnées, ainsi que de les sensibiliser à l’histoire du monde et aux autres cultures ».

    L’exposition sur DreamWorks Animation n’incarne en rien l’histoire et l’identité canadiennes. Elle sensibilise certainement les visiteurs à l’industrie culturelle de notre voisin du sud. Shrek et Fiona, Alex le lion et Gloria l’hippopotame ou Po le panda incarnent-ils l’histoire et l’identité canadiennes ? Avec des expositions de la sorte, le musée dénature sa raison d’être : partager l’histoire et l’identité du Canada.

    Alors que Patrimoine Canada vient de doter le gouvernement fédéral d’une politique culturelle à l’ensemble du pays, Canada créatif, il est navrant de voir que l’institution culturelle phare de l’histoire et de l’identité canadiennes paye pour mettre en avant DreamWorks Animation et Hot Wheels au détriment des créations culturelles du Canada.

    L’histoire et l’identité canadiennes sont-elles à ce point vides et insipides que nous n’ayons aucune imagination pour présenter des expositions destinées au grand public ? Sommes-nous obligés de nous tourner vers la production culturelle de pays étrangers ? Le Canada possède les talents pour que nous puissions réaliser nous-mêmes des expositions sur des créateurs canadiens.

    Jusqu’à quel point un musée peut-il sacrifier son mandat pour attirer des visiteurs ?

    Cette course folle aux visiteurs vient au détriment de la qualité et de la pertinence des expositions présentées. En accueillant des expositions comme celle-ci, le Musée canadien de l’histoire se tire dans le pied. Les Canadiens méritent mieux.

    #Canada #Quebec #Musée #gaspillage #capitalisme #business #histoire #management #des_grands_projets..._inutiles_ #brassage_de_vent #australie #publicité #Histoire #Identité #exposition #Amis #Copains

  • Je découvre d’abord ceci, non sans effarement :
    https://seenthis.net/messages/671637
    http://www.ledevoir.com/culture/521015/surtitre-la-musicotheque-de-radio-canada

    Radio-Canada se prépare à pilonner 151 000 disques compacts de sa musicothèque d’ici le 31 mars, dans la foulée de son déménagement prévu en 2020 dans des espaces plus exigus. La société d’État affirme que c’est la Loi sur le droit d’auteur qui l’oblige à procéder ainsi. Radio-Canada veut dématérialiser l’ensemble de sa collection d’environ 210 000 disques compacts, et affirme que la Loi l’empêche de donner ensuite la copie physique des disques à des organismes intéressés. Pourtant, la Société du droit de reproduction des auteurs, compositeurs et éditeurs au Canada (SODRAC) soutient de son côté que des arrangements seraient possibles pour sauver cette collection.

    Selon des sources à Radio-Canada, la direction voulait d’abord détruire l’ensemble des quelque 210 000 disques compacts de la collection. La direction a ensuite avancé qu’elle pourrait donner à un organisme qualifié les quelque 60 000 disques qu’elle possède en double. Faisant suite à une rencontre avec certains membres de son personnel, la Société Radio-Canada a permis jeudi au personnel de la musicothèque d’extraire les enregistrements de valeur ou rares pour les conserver.

    Et puis je tombe là-dessus, et ça va mieux :
    https://seenthis.net/messages/623367

    The Great 78 Project! Listen to this collection of 78rpm records and cylinder recordings released in the early 20th century. These recordings were contributed to the Archive by users through the Open Source Audio collection. Also the Internet Archive has digitized many.

    https://archive.org/details/78rpm


    #audio #histoire #musique #vinyles #cylindres

  • Commission Viens : les autochtones surreprésentés à la clinique de Médecins du monde Le Devoir - 24 Février 2018 - Lisa-Marie Gervais
    http://www.ledevoir.com/societe/521180/commission-viens-sur-representation-des-autochtones-dans-la-clinique-de-me

    Médecins du monde, qui exploite une clinique mobile à Montréal pour soigner les plus vulnérables, a lancé un cri d’alarme à la commission Viens : les autochtones sont surreprésentés dans leurs services en milieu urbain et ils fréquentent peu le réseau de la santé qui les stigmatise et dans lequel ils ne se reconnaissent pas.

    « La moitié des patients qu’on voit sont des autochtones », a déclaré Véronique Houle, directrice des opérations nationales de Médecins du monde Canada, qui offre des services de première ligne en milieu urbain aux populations vulnérables, comme les réfugiés et les sans-papiers. À Montréal, les autochtones représenteraient 10 % des itinérants, alors qu’ils constituent à peine 0,6 % de la population, selon le recensement. Les Inuits sont les plus nombreux à être en situation d’itinérance (40 % de tous les autochtones) et leur nombre s’accroît rapidement. « Il y a une surreprésentation extrêmement importante des Inuits », a-t-elle ajouté.

    C’est qu’il existe très peu de refuges mixtes et que les Inuits préfèrent rester en groupe, composé d’hommes et de femmes. « Ils vont préférer dormir dans une ruelle à –30 °C plutôt que d’avoir à se séparer », a dit Mme Houle.


    Comme si ce n’était pas assez, ces peuples autochtones déjà très vulnérables et marginalisés sont plus malades, connaissent des taux de morbidité plus élevés et développent des maladies graves qu’ils sont pratiquement les seuls à avoir (tuberculose, streptocoque, VIH, etc.), ce qui inquiète la santé publique. Le #streptocoque A, aussi appelé « bactérie mangeuse de chair », est davantage présent chez les autochtones (36 %) de la clinique mobile de Médecins du monde que chez les allochtones (20 %).

    Prises dans le cercle de la violence, les #femmes sont particulièrement vulnérables. « Celles qu’on voit vivent toutes des situations de violence », constate Faisca Richer, une des médecins bénévoles. « Je peux dire à une femme #allochtone : “Tu n’as pas à vivre ça.” Mais dire ça à une femme autochtone, ça ne rime à rien pour elle. On dirait que, pour sa survie, elle a besoin de vivre ça. Et souvent, on pleure ensemble, jusqu’à épuiser la peine. Mais après, elle retourne dans la rue vivre ça. »

    Barrières multiples
    Selon la Dre Richer, il existe pour les autochtones des barrières aux soins de santé que d’autres populations vulnérables vivent et qui sont liées à leur situation d’itinérance. Mais il existe aussi des barrières qui leur sont propres, simplement parce qu’ils sont autochtones. « Les autochtones en milieu urbain, c’est le package  : les difficultés liées au milieu de vie et les difficultés structurelles d’accès aux services. »

    L’absence de confiance dans le réseau a été illustrée par de multiples exemples. Certains pharmaciens refusent de donner les médicaments gratuits auxquels les autochtones ont droit parce qu’ils ne connaissent pas le code de réclamation d’assurance. Ajoutons à cela que les médecins sont très peu sensibles aux médecines traditionnelles, souligne la Dre Richer. « On est à des années-lumière [de ce qui se fait ailleurs]. Ça n’a aucun sens. »

    Intégrer davantage la médecine traditionnelle est d’ailleurs l’une des recommandations de Médecins du monde. L’organisme suggère aussi de mettre sur pied des cliniques spécifiquement destinées aux autochtones en milieu urbain.

    Le président du conseil d’administration, Nicolas Bergeron, a exhorté le gouvernement à prendre ses responsabilités et à honorer « ses obligations légales » en matière de santé, qui sont contenues dans les pactes internationaux qu’il a signés. Investir en prévention est non seulement la chose à faire pour aider les autochtones à être soignés dignement, mais cela permet des économies qui bénéficient à tous, a-t-il martelé. « Traiter une endocardite du coeur parce qu’on a laissé une plaie s’infecter, c’est des coûts astronomiques pour le système. »

    #Montréal #Quebec #Pauvreté #Santé #Soins #Phramaciens #peuples_autochtones #canada #nations_premières #peuples_premiers #autochtones #Inuits #SDF #rue #médicaments

  • Amazon s’insinue dans les bibliothèques de cégep Le Devoir - Marco Fortier - 23 février 2018
    http://www.ledevoir.com/societe/education/521045/des-bibliotheques-de-cegep-dirigent-les-lecteurs-vers-amazon

    Le géant américain Amazon s’est faufilé dans le moteur de recherche des bibliothèques de 29 cégeps, qui redirigent les lecteurs vers cette multinationale du commerce en ligne exempte de taxes et d’impôts au Canada.

    Selon ce que Le Devoir a appris, 60 % des bibliothèques de cégep utilisent un logiciel de recherche qui dirige les lecteurs vers le site Amazon. Ce lien commercial entre des bibliothèques publiques et une entreprise multimilliardaire crée un malaise au sein des cégeps et dans l’industrie québécoise du livre, qui souffre de la concurrence du géant américain.

    « Ce n’est pas le rôle des bibliothèques de cégep de diriger des clients vers Amazon », s’insurge Jean-Yves Laporte, professeur au Département de littérature et de français du cégep Édouard-Montpetit de Longueuil.


    M. Laporte a constaté avec stupeur que le moteur de recherche de la bibliothèque de son cégep redirige les lecteurs vers le site Amazon.com. Le procédé est simple : en faisant une recherche pour trouver un titre, une icône représentant la page couverture du livre apparaît à l’écran. En cliquant sur l’image, on se retrouve automatiquement sur le site américain de vente en ligne Amazon.com (et non Amazon.ca, qui paye des taxes au Canada).

    « Il n’entre pas dans la mission des bibliothèques de jouer les entremetteurs entre les usagers et les librairies. Si cette mission a changé et que la bibliothèque du cégep juge bon d’élargir son rôle, il serait préférable de rediriger les utilisateurs vers le regroupement des librairies indépendantes, qui tente tant bien que mal de concurrencer Amazon et qui paie des taxes », fait valoir Jean-Yves Laporte.
    Selon les informations obtenues par Le Devoir, la présence d’Amazon dans le moteur de recherche de 29 des 48 cégeps s’explique de la façon suivante : ces bibliothèques ont acquis le logiciel libre Koha par l’entremise du service Collecto, un regroupement d’utilisateurs issus du milieu de l’éducation.

    Le géant Amazon fournit gratuitement des milliers d’images de livres aux bibliothèques qui utilisent le logiciel Koha, à la condition que celles-ci redirigent automatiquement les lecteurs vers son site Web de vente de livres, explique Danielle Lavoie, porte-parole de Collecto.
    Les bibliothèques de cégep peuvent recourir à deux autres fournisseurs offrant des icônes gratuites de livres — le géant Google ainsi que Open Library Covers —, mais la quasi-totalité des bibliothèques optent pour Amazon, qui est le choix par défaut du logiciel et qui offre beaucoup plus d’images que ses concurrents.

    « Les bibliothèques Koha sont libres d’activer ou de désactiver la fonctionnalité d’affichage des imagettes », note Mme Lavoie. Collecto compte rappeler cette procédure aux 29 bibliothèques de cégep qui font appel à ses services. Elle souligne aussi qu’il est possible de rediriger les utilisateurs du logiciel vers le site Amazon.ca plutôt qu’Amazon.com , les taxes de vente fédérale et provinciale seraient ainsi prélevées sur chaque transaction.
    . . . . .

    #Quebec #Université #amazon #Livres #Web #moteur_de_recherche #GAFA #Librairies #Libraires #recherche #lien_commercial #images #droit_d'auteur #copyright #Koha #logiciel_libre #fraudeurs_fiscaux #icones

  • Radio-Canada prévoit détruire 151 000 disques de sa musicothèque Le Devoir - Caroline Montpetit - 23 février 2018
    http://www.ledevoir.com/culture/521015/surtitre-la-musicotheque-de-radio-canada

    Radio-Canada se prépare à pilonner 151 000 disques compacts de sa musicothèque d’ici le 31 mars, dans la foulée de son déménagement prévu en 2020 dans des espaces plus exigus. La société d’État affirme que c’est la Loi sur le droit d’auteur qui l’oblige à procéder ainsi. Radio-Canada veut dématérialiser l’ensemble de sa collection d’environ 210 000 disques compacts, et affirme que la Loi l’empêche de donner ensuite la copie physique des disques à des organismes intéressés. Pourtant, la Société du droit de reproduction des auteurs, compositeurs et éditeurs au Canada (SODRAC) soutient de son côté que des arrangements seraient possibles pour sauver cette collection.

    Selon des sources à Radio-Canada, la direction voulait d’abord détruire l’ensemble des quelque 210 000 disques compacts de la collection. La direction a ensuite avancé qu’elle pourrait donner à un organisme qualifié les quelque 60 000 disques qu’elle possède en double. Faisant suite à une rencontre avec certains membres de son personnel, la Société Radio-Canada a permis jeudi au personnel de la musicothèque d’extraire les enregistrements de valeur ou rares pour les conserver.


    Or, le directeur général de la SODRAC, Alain Lauzon, affirme qu’un arrangement serait possible pour sauvegarder l’ensemble de la collection et lui faire prendre le chemin d’une institution à vocation éducative et culturelle. « Radio-Canada ne nous a pas contactés », dit-il.

    Pour Emmanuelle Lamarre-Cliche, la première directrice de la Nouvelle Maison de Radio-Canada et des projets spéciaux, « le simple fait d’être en contravention avec la Loi », en donnant les collections, justifie la décision de les détruire. M. Lauzon dit pourtant qu’il serait ouvert à discuter avec la direction sur la question des droits d’auteur sur ces disques, pour arriver à un arrangement qui n’entraînerait pas nécessairement de frais pour Radio-Canada, avance-t-il. Il croit également que des arrangements avec les producteurs, qui ont également des droits sur les bandes maîtresses des disques, pourraient être possibles.

    Déjà, l’artiste Michel Rivard a dit souhaiter, dans un article publié sur le site de Radio-Canada, que ces disques prennent plutôt le chemin des bibliothèques.

    Mais il faudrait que les représentants de la société d’État mettent le temps et l’énergie nécessaires dans ces discussions, dit M. Lauzon.

    « La très grande majorité des CD de l’inventaire de Radio-Canada est liée à des droits d’auteur détenus par des ayants droit internationaux. Compte tenu de l’ampleur de l’inventaire, l’opération de libération des droits auprès d’un grand nombre d’intervenants à travers le monde aurait représenté un processus coûteux s’étalant sur une longue période. Dans cette perspective, contacter la SODRAC et d’autres détenteurs locaux n’aurait touché qu’une faible partie de l’inventaire », dit Marc Pichette, premier directeur des Relations publiques et de la promotion de Radio-Canada. L’évaluation du coût de la destruction serait, pour sa part, « concurrentielle ».

    « Il faut comprendre que les CD n’ont pas une vie éternelle, dit Mme Emmanuelle Lamarre-Cliche. C’est quand même une belle nouvelle pour Radio-Canada de conserver ce patrimoine de façon numérique. Pour ce qui est du support physique, le détruire n’est pas notre premier choix, mais on doit se conformer à la loi », dit-elle.

    Plusieurs employés se sont insurgés cette semaine de l’absurdité de l’application de la Loi dans ce cas spécifique. « Ce n’est pas vrai qu’on va laisser faire ça sans dire un mot », dit un employé de la musicothèque qui requiert l’anonymat par peur de représailles. Radio-Canada possède une immense collection de disques compacts dans les domaines de la musique classique, du populaire, du folk, du jazz.

    Plusieurs des disques de la collection de Radio-Canada ont été fournis gratuitement par les producteurs. D’autres ont été payés, et ce, à un coût pouvant atteindre 25 dollars chacun, témoigne encore un employé de la musicothèque.

    Partitions et vinyles
    Le pilonnage annoncé ne concerne pas l’ensemble de ce que possède Radio-Canada dans sa musicothèque. Au mois de janvier, un appel d’intérêt a été lancé pour les organismes désireux de récupérer les partitions musicales commerciales de Radio-Canada. Dans le cadre de cet appel d’intérêt, Radio-Canada privilégie les organismes canadiens, à vocation éducative et culturelle, qui vont assurer le rayonnement des collections, et qui s’engagent à ne pas les vendre ou les utiliser pour la revente, précise Mme Lamarre-Cliche. La société d’État compte encore se départir, au cours des prochains mois, d’accessoires et de meubles, ainsi que de ses quelque 200 000 disques vinyles et 70 000 78 tours. À la musicothèque, on précise que ces collections de vinyles et de 78 tours seront soumises à un appel d’intérêt parce qu’elles ne seront pas numérisées.

    #Culture #droit_d'auteur #copyright #propriété_intellectuelle #domaine_public #droit #copyright #culture #Radio #Canada #Quebec #audio #gaspillage #Bibliothéque #destruction #capitalisme #copie #CD #Vinyl #Radio-Canada #destruction #absurdité #Culture #Patrimoine @vanderling @sinehebdo @simplicissimus @rastapopoulos

  • Les #parents-rois s’installent à l’#école | Le Devoir
    http://www.ledevoir.com/societe/education/131550/les-parents-rois-s-installent-a-l-ecole

    Un nouvel empereur essaie de diriger le quotidien des #enseignants. Après l’enfant-roi qui fait la pluie et le beau temps dans la classe, c’est désormais le tour du parent-roi de semer ses exigences et de dicter la conduite du prof, bafouant au passage le cadre scolaire et la gestion de classe. Dérangés par ces parents interventionnistes, des enseignants s’inquiètent du règne du « Moi, mon enfant »...

  • Quebec : Du saumon de l’Atlantique élevé sur terre Le Devoir - Alexandre Shields - 22 février 2018

    http://www.ledevoir.com/societe/environnement/520868/projet-d-aquaculture-hors-mer-en-gaspesie

    Des promoteurs ambitionnent de démarrer en Gaspésie le premier projet d’aquaculture commerciale de saumon en milieu terrestre au Canada. Ils sollicitent même un soutien financier du gouvernement du Québec, mais se heurtent pour le moment à des contraintes imposées par la réglementation fédérale, conçue pour l’aquaculture en milieu marin.

    Avec leur projet CanAquaculture, des gens d’affaires québécois espèrent créer un « leader » dans l’aquaculture en « recirculation », un procédé « écoresponsable » qui existe déjà en Europe et qui permet de produire du saumon atlantique en milieu terrestre, dans le but de commercialiser sa chair.

     

    Selon les prévisions de l’entreprise, un premier site pourrait être installé à Grande-Rivière, en Gaspésie, afin de produire quelque 1000 tonnes métriques annuellement, soit près de 200 000 saumons. Et à terme, ce projet permettrait pratiquement de doubler la production de l’industrie aquacole du Québec.
     
    Son vice-président, Jean-Sébastien Thériault, entrevoit déjà des possibilités d’expansion, en raison de la demande « immense » pour le saumon, notamment sur les marchés américain et chinois. Toute la production doit d’ailleurs être exportée, puisque l’entreprise a déjà pris des ententes en vue de la vente de ses saumons.
     
    Projet bloqué

    CanAquaculture souhaiterait lancer sa production dès 2019. Mais pour le moment, tout le projet de construction du site est bloqué. Selon les informations obtenues par Le Devoir, les promoteurs ne peuvent tout simplement pas obtenir les autorisations nécessaires pour importer les oeufs de saumon qu’on ferait éclore ici.

     L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), qui réglemente l’importation de tous les animaux aquatiques au Canada, a en effet confirmé qu’elle interdit les importations d’oeufs provenant de pays où des cas d’anémie infectieuse du saumon (AIS) atlantique ont été détectés. Or, ce serait le cas de l’Islande, où seraient achetés les oeufs, qui sont produits par une entreprise qui exporte déjà dans d’autres pays.
     
    Au ministère de l’Environnement du Québec, on a rappelé que les promoteurs n’ont pas à produire d’étude d’impact pour leur projet. Le ministère doit toutefois autoriser le prélèvement de l’eau dans le Saint-Laurent, afin d’alimenter le bassin de cinq millions de litres prévu pour chaque site.
    . . . . . 
    Québec doit aussi accorder un certificat d’autorisation au projet, avant que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation ne lui octroie un permis pour le démarrage d’une telle activité commerciale. En attendant, CanAquaculture a inscrit quatre lobbyistes au registre québécois. Un de leurs mandats est lié à une demande de prêt ou de subvention de la part du gouvernement.

    #saumon #aquaculture #Quebec #anémie_infectieuse #CETA #TAFTA #Canada #pêche #alimentation #santé #pollution #agro-industrie #élevage #ogm #aquaponie #environnement #agrobusiness

  • L’usage des armes intermédiaires comporte des risques méconnus Le Devoir - Améli Pineda - 21 février 2018
    http://www.ledevoir.com/societe/520759/l-usage-des-armes-intermediaires-comporte-des-risques-meconnus

    L’usage par les policiers des matraques télescopiques, des irritants chimiques et des pistolets électriques Taser augmente, mais le brouillard persiste quant aux blessures causées par ces armes dites intermédiaires, révèle une récente étude de l’École nationale de police du Québec (ENPQ).

     
    Dix-sept ans après le Sommet des Amériques et six ans après le Printemps érable, les données sur la gravité des blessures causées par les armes à létalité réduite au Québec sont pratiquement inexistantes, confirme ce nouveau rapport.

     
    « Ces technologies-là sont réputées pour causer moins de blessures, mais en même temps, les données qu’on a, ce sont celles fournies par les fabricants », explique Annie Gendron, chercheuse au Centre de recherche et de développement stratégique de l’ENPQ.

    Jusqu’à présent, les données sur les lésions corporelles proviennent d’études menées ailleurs dans le monde, précise-t-elle.

    « On sait que lorsque la tête est atteinte, c’est dangereux, mais ce qui est aussi très important, c’est de connaître le contexte dans lequel on a eu recours à l’arme », souligne-t-elle.

    Commandée en 2014, cette nouvelle recherche qui vient d’être rendue publique a pour but d’actualiser l’étude sur les armes intermédiaires d’impact à projectiles, couramment nommées balles de plastique, datant de 2005.

    Celle-ci avait été ordonnée par le ministère de la Sécurité publique après le Sommet des Amériques de 2001, lors duquel ces balles avaient été utilisées pour la première fois dans le cadre d’une manifestation au Canada.

    L’« actualisation » de cette étude a permis d’élargir la recherche, qui ne s’est pas limitée aux balles de plastique.

    La chercheuse Annie Gendron a dressé le portrait des différentes armes intermédiaires : barrières, armes de diversion, agents chimiques, armes à impulsion électrique, armes à énergie dirigée, armes d’impact ainsi que les techniques d’immobilisation provoquée.

    Étendue du recours aux armes intermédiaires

    L’étude révèle que l’utilisation de ces armes ne se limite plus à des interventions lors d’événements planifiés.

    Elle rappelle que c’est à la suite de l’affaire Alain Magloire en 2014 que l’utilisation des armes intermédiaires a fait son entrée chez les patrouilleurs.

    « Dans le rapport de 2005, on rapportait que ce type d’arme était plus concentré dans les interventions menées par des groupes tactiques d’intervention ou en contexte de contrôle de foule. [Aujourd’hui], on a des contextes d’intervention émergents. On a recours à ces armes en contexte de patrouille alors que les policiers sont de plus en plus aux prises avec des gens mentalement perturbés », note la chercheuse.

    Raison de plus, selon la chercheuse, de se doter de données sur les conséquences médicales liées au déploiement d’une arme intermédiaire.

    « Il y a un manque du point de vue de la transmission de données liées aux blessures et [les situations qu’on connaît], ce sont celles qui sortent dans les médias ou sur les réseaux sociaux », souligne-t-elle.

    Mme Gendron souhaite entre autres la création d’un protocole de référencement qui permettrait la création d’une banque de données centralisée.

    « Ce qu’on propose, c’est d’avoir des données associées à chaque tir [d’arme à létalité réduite] et de préciser s’il n’y a eu aucune blessure, une blessure légère ou une blessure grave. Cela permettrait d’établir des ratios et également de savoir dans quel contexte leur utilisation est plus dangereuse ou moins dangereuse », indique-t-elle.

    La liaison des données médicales et policières permettrait ainsi d’ajuster l’utilisation de ces armes si nécessaire.

    Avec une telle base de données, le cas de Mathieu Harvey, un adolescent de 16 ans passé à deux doigts de la mort après avoir été atteint par une balle de plastique tirée par un policier lors du Sommet des Amériques, ne serait pas resté secret, comme le rapportait l’émission Enquête, à Radio-Canada.

    Quelques jours plus tôt, on apprenait que le Comité de déontologie policière blâmait le policier de la Sûreté du Québec Denis Burelle pour ne pas avoir usé d’une arme intermédiaire d’impact à projectiles avec « prudence et discernement » lors d’une manifestation agitée du printemps 2012, à Victoriaville. L’agent Burelle y a gravement blessé trois personnes, dont deux au visage.

    « Ce sont des données comme celle-ci qui pourraient être très intéressantes. L’idée, c’est de les repérer systématiquement pour pouvoir les inclure dans une base et ainsi en tirer des conclusions », dit Mme Gendron.

    La difficulté se situe toutefois dans le domaine de la protection et de la confidentialité des renseignements personnels, estime Mme Gendron. « C’est une recommandation, mais est-ce que c’est un voeu pieux ? » se questionne-t-elle.

    La chercheuse recommande aussi que ce soit une instance indépendante qui soit chargée de piloter cette base de données.

    Elle propose également de revoir la charte des zones d’impact, puisque celle actuellement enseignée est principalement adaptée aux situations impliquant des coups frappés au moyen d’un bâton ou d’une arme à feu.

    Parallèlement au rapport de Mme Gendron, le ministère de la Sécurité publique a publié des chiffres qui montrent que l’utilisation des armes par les différents corps de police de la province a augmenté de 2010 à 2016.

    L’usage du bâton télescopique est notamment passé de 256 fois à 346, celle des agents chimiques, de 5 à 35, puis l’arme à impulsion électrique a bondi de 51 à 317.

    Le ministère nuance toutefois ces chiffres en expliquant avoir changé ses directives sur l’utilisation des armes au fil du temps. Aujourd’hui, les policiers doivent rapporter « l’utilisation » de leur arme du moment où celle-ci a été sortie pendant une intervention.

    Dans le cas du Taser, par exemple, l’utilisation ne signifie pas qu’une décharge électrique a été nécessaire. La démonstration de l’arme électrique suffit pour qu’elle soit comptabilisée.

    À quelques semaines du G7, où les policiers prévoient d’utiliser les armes intermédiaires, le ministère de la Sécurité publique n’a pas indiqué s’il tiendra compte de l’étude.

    « Le ministère accueille favorablement le rapport et les pistes de réflexion proposées », s’est limité à indiquer Pierrel-Luc Lévesque, de la Direction des communications du ministère.

    À Montréal, la Commission de la sécurité publique se penchera sur la question de la formation des policiers appelés à intervenir auprès de personnes en crise.

    En campagne électorale, la mairesse Valérie Plante avait promis d’interdire l’utilisation des balles de plastique lors de manifestations. L’administration compte toutefois étudier toutes les armes dites intermédiaires, dont les grenades assourdissantes, les Taser et les matraques télescopiques.

    #taser #police #armes_non_létales #violences_policières #flashball #répression #armes #flash-ball #surveillance #Quebec #Printemps_érable #SPVM

  • Le carnaval d’Haïti :

    Chanter, danser, mais surtout dénoncer
    Philippe Renaud, Le Devoir, 13 février 2018
    http://www.ledevoir.com/societe/520008/mardi-gras-haitien

    De toutes les nations célébrant la veille du carême, Haïti est la scène des musiques de carnaval les plus revendicatrices et militantes, alors que la majorité des « méringues carnavalesques » agacent le pouvoir.

    Roody Roodboy au carnaval à Port au Prince, le 11 février 2018
    https://www.youtube.com/watch?v=sr9QnZKizFQ

    Ou Mechan
    https://www.youtube.com/watch?v=GtIh-ieo_0w

    Nettement moins politisé : Lobey
    https://www.youtube.com/watch?v=aG0GCuVGM9c

    #Haiti #Carnaval #Musique #Musique_et_politique #Roody_Roodboy

  • Les travailleuses de la santé et la violence organisationnelle Le Devoir - Joëlle Naud, Mia Laberge, Marc-Antoine Durand - 14 février 2018
    http://www.ledevoir.com/opinion/idees/520219/les-travailleuses-de-la-sante-et-la-violence-organisationnelle

    Les infirmières auxiliaires, infirmières et inhalothérapeutes prodiguent actuellement des soins dans des conditions de travail inacceptables : surcharge de travail, manque de personnel, augmentation du nombre de patients, manque de matériel, équipe instable, absence non remplacée, complexité des soins et temps supplémentaire obligatoire (TSO). Les professionnelles en soins sont sans contredit les travailleuses les plus qualifiées qui soient à subir autant de violence. Même en faisant abstraction de l’intensité de facto du milieu de la santé, il n’existe aucune comparaison possible. Aucune profession n’est subordonnée à un système aussi violent que celle d’infirmière.
     

    Or, malgré les nombreuses dénonciations et demandes constamment rapportées aux gestionnaires des CISSS et CIUSSS, les professionnelles en soins sont systématiquement ignorées. De la chef d’unité au premier ministre, elles sont méprisées par ceux qui les dominent. Les récents commentaires de monsieur Barrette, un homme blanc médecin spécialiste, en témoignent d’ailleurs : « Les postes à temps complet sont disponibles, elles n’ont qu’à les occuper. » Pourquoi ? Parce qu’elles sont des femmes.
     
    Les professionnelles en soins subissent au quotidien plusieurs formes de violence. Par exemple, de nombreuses travailleuses enceintes, infirmières auxiliaires, se voient contraintes d’effectuer des tâches dangereuses pour leur grossesse. De plus, lorsqu’elles sont « pointées en TSO », les infirmières subissent des coordonnateurs une énorme pression : l’employeur culpabilise les travailleuses en insinuant « qu’elles nuisent à leurs autres collègues et aux patients » si elles n’acceptent pas de travailler. Leur vocation est souvent utilisée contre elles : « l’intérêt du patient » l’emporte toujours sur leur propre condition. Le harcèlement psychologique est aussi très présent dans le réseau, comme le démontrent de nombreuses études. Et que dire des patients agressifs, agités, insistants, déplacés, commentant l’apparence physique des soignantes ? Force est de constater que la réalité des professionnelles en soins est celle d’un système gangréné par la violence organisationnelle.
     

    Popularité du temps partiel  
    Ainsi, les professionnelles en soins, conformément au rôle attendu d’elles — douceur, compassion, don de soi, bref, le care , endossent la responsabilité du bien-être des autres avant le leur. Elles apprennent très tôt à subir et à banaliser la violence qu’elles vivent au quotidien. Comment s’en sauver ? Pour plusieurs d’entre elles, la solution consiste à moins s’exposer à cette violence : le travail à temps partiel qui permet de survivre, tout en appauvrissant ses vieux jours. Ou encore, pour celles qui le pourront, intégrer le système de domination : gravir les échelons de l’appareil administratif…
     
    Or, ces moyens de défense s’expliquent en raison du fait que ces travailleuses sont « au service de », elles sont systématiquement négligées, réduites au silence ; soumises à des injonctions sociales les empêchant de s’exprimer, brimant ainsi leur droit à la colère. Le ministre de la Santé n’a-t-il pas accusé récemment les infirmières d’instaurer « un climat négatif » dans le réseau de la santé ?
     
    Parce que les professionnelles en soins sont à 92 % des femmes et qu’elles subissent, comme travailleuses, de la violence organisationnelle quotidiennement, nous les encourageons à dénoncer les conditions de travail lamentables dans lesquelles elles oeuvrent.
     
    À décrier la raison pour laquelle elles sont traitées injustement : le patriarcat. Institutionnalisé dans le réseau de la santé, il est le fruit de décennies de subordination d’un groupe de femmes à des hommes, administrateurs de carrière ou médecins.
     
    Et enfin, à jouer d’audace et de liberté, quitte à franchir la ligne du risque… Plus encore, dans la foulée du #MoiAussi, nous croyons que la portée du mouvement doit être élargie à toutes formes de violences vécues par les femmes : à celles des travailleuses aussi, à l’instar des infirmières auxiliaires, infirmières et inhalothérapeutes du Québec.

    #violence_organisationnelle #violence #violence_institutionnelle #management #femmes #gestionnaires #domination #infirmière #travail #médecins #conditions_de_travail #patriarcat #temps_partiel #santé #perversions (des pratiques manégériales) #Canada #Quebec , mais c’est la même chose en France

  • La censure contamine les milieux universitaires Le Devoir - Jean-François Nadeau - 1 avril 2017
    http://www.ledevoir.com/societe/education/495389/liberte-d-expression-sou-pression-la-liberte-d-expression-en-crise

    Peut-on discuter de tout à l’université ? De moins en moins, apparemment. Nous entrons dans une ère « de déclin de l’argumentation, de la rationalité et du politique », pense l’historien des sciences de l’UQAM Yves Gingras. « Et on n’a encore rien vu ! » ajoute-t-il.
     
    À l’Université McGill, deux professeurs de théologie n’ont pu aborder la question des transgenres, muselés par une trentaine d’étudiants qui les ont interrompus au point où la menace de devoir appeler la police a fini par être brandie. « Dans un monde idéal, l’événement aurait été aboli » , a expliqué un des protestataires au journal étudiant McGill Daily.
     
    À l’UQAM, deux débats ont été annulés parce que les organisateurs ont craint des pressions de la part de l’AFESH, une association étudiante. La présence à ces conférences du nationaliste conservateur Mathieu Bock-Côté indisposait des étudiants.


    L’association étudiante se refuse à porter le blâme. Dans une déclaration publiée en ligne, l’AFESH affirme avoir un mandat contre « l’instrumentalisation de la liberté d’expression et de la liberté académique lorsque celle-ci sert à tenir des propos oppressifs » . Autrement dit, l’association défend ceux qui, par les moyens de leurs choix, empêchent que soient entendus sur le campus des personnes qui disposent déjà d’ « une tribune publique importante » quand « leurs propos sont haineux, appellent à la violence, justifient la violence […] ou remettent notre existence en question » . L’affaire a provoqué un véritable emballement sur les réseaux sociaux. La haute direction de l’UQAM n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue.
     
    Sentiments et châtiments 
    On empêche désormais des gens de parler à l’université « au nom de sentiments que l’on craint de froisser », explique le sociologue Jean-Philippe Warren, de Concordia. À son sens, cette situation n’est pas très présente encore dans les universités francophones mais percole rapidement vers les universités anglophones, influencées par les États-Unis. « Il y a une incapacité de plus en plus grande à se sentir heurté, à être ébranlé », observe le professeur Warren.
     
    Dans son établissement d’enseignement, dit-il, on a vite intériorisé cette nouvelle façon tout américaine d’envisager la scène universitaire : « Lors d’une présentation, on demande par exemple à l’assistance si quelqu’un risque d’être heurté par la projection d’une image montrant un étal de boucher. Si quelqu’un répond “ oui ”, on enlèvera sans hésitation l’image », explique le sociologue. Ce discours contrôlé « est parfaitement intériorisé chez les plus jeunes ».
     
    Il est d’abord intégré chez les professeurs, observe l’historien Yves Gingras, citant l’exemple récent d’une jeune professeure de Calgary. En projetant des diapositives de modèles anatomiques en cire centenaires, elle a pris soin de masquer les parties génitales, « par anticipation, à la simple idée que ça pourrait choquer ! »
     
    Une vague
    Depuis dix ans aux États-Unis, cette sensibilité aux sentiments privés, inspirée par la psychologie, s’impose peu à peu dans les établissements d’enseignement supérieur. « On commence juste à sentir l’effet de cette vague américaine au Québec », soutient le professeur Warren. Avant d’utiliser certains mots ou certaines images en classe, il y a désormais en classe, avant le début des séances, une mise en garde — le « trigger warning » pour des objets qui pourraient susciter des réactions, expose Yves Gingras, qui a aussi enseigné à l’Université de Toronto.
     
    À Middlebury, petite ville du Vermont située à 200 km de Montréal, des étudiants en colère s’en sont pris il y a quelques semaines à Charles Murray, politologue qui défend des thèses libertariennes considérées comme racistes. Murray a été empêché de parler d’un tout autre sujet. Un membre de la faculté a été blessé. Plus de cent professeurs de l’établissement ont dénoncé ce coup de force : « Aucun groupe de professeurs ou d’étudiants n’a le droit de déterminer pour toute la communauté si une question n’est pas ouverte aux fins de discussion. »
     
    Longtemps professeur à l’UQAM, Normand Baillargeon a montré du doigt la situation à plusieurs reprises. Il est invraisemblable, soutient Normand Baillargeon, qu’on veuille interdire la parole à des gens à partir d’un jugement a priori . Pour lui, l’université est le lieu dans la société où il doit être possible de discuter de tout. Cette position lui a valu récemment, dit-il, d’être submergé par un torrent de haine, dont une menace de procès et l’annonce de sa mort en ligne sur le site Wikipédia. Joint par Le Devoir à l’étranger, Normand Baillargeon a affirmé qu’il ne voulait plus être cité dans le cadre de cette histoire, désolé de n’avoir pas été davantage soutenu par l’université sur cette question.
     
    Inégalités
    Dans une position publiée en ligne, l’AFESH affirme que c’est plutôt la liberté d’expression de ses membres qui est menacée « dans un contexte où nos services sont coupés, où les violences sexuelles sont constantes et impunies et où l’extrême droite raciste s’organise de plus en plus ». En revanche, « celles de Normand Baillargeon et Mathieu Bock-Côté […] nous semblent en très bon état ».
     
    Pour Marcos Ancelovici, titulaire de la Chaire en sociologie des conflits sociaux à l’UQAM, il est faux de penser que toutes les positions jouissent d’une tribune égale. Il reproche notamment à Normand Baillargeon de ne pas tenir compte d’un ensemble d’inégalités préalables. « Si l’on se soucie réellement du pluralisme dans les débats intellectuels et publics, il faut prendre en compte ces éléments. » Refuser d’entendre ceux qui jouissent déjà d’une telle chambre d’échos dans la société ne porte pas spécialement à conséquence, plaide-t-il. « Je ne dis pas qu’il faut interdire la parole de certaines personnes. Je dis que cette parole étant déjà omniprésente, le débat ne souffrira pas forcément d’une manifestation dénonçant cette prise de parole » , précise Ancelovici.
     
    Instrumentalisation ?
    Sur le thème « Fuck la libârté d’expression » , l’AFESH a lancé en mars une campagne d’affichage qui synthétise en une formule choc cette idée que la liberté d’expression peut être manipulée au profit de ceux qui ont toujours la parole. Ses affiches ont toutes été approuvées pour l’affichage par l’université.
     
    Au même moment, à l’Université de Montréal, un comité organisant une Semaine contre l’apartheid israélien (SAI) a vu son affiche refusée par l’établissement. Les organisateurs plaident que la direction universitaire a toujours entretenu des relations d’opposition avec leur groupe. Au contraire, affirme Geneviève O’Meara, porte-parole de l’Université de Montréal : « On encourage le débat d’idées à l’université, une université, c’est fait pour ça. […] En accord avec notre politique sur l’affichage, on a proposé que le visuel de l’affiche de ce groupe “ne soit pas diffusé tel qu’il est”. » L’affiche montrait des belligérants représentés par de petits personnages aux traits plutôt naïfs et enfantins. L’Université a dit ne pas tolérer les représentations de luttes armées.
     
    L’historien des sciences Yves Gingras insiste : _ « Ce n’est que la pointe de l’iceberg et ce n’est certainement pas à l’UQAM que c’est le pire. » *

     #trigger_warning #censure #haine #liberté_d'expression #pluralisme #parole #interdictions #université #liberté-académique

    • Ceci dit : Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées ? Bruno GUIGUE - 20 septembre 2017
      https://www.legrandsoir.info/pourquoi-la-liberte-d-expression-est-un-conte-de-fees-32327.html

      La liberté d’expression fait partie des nobles principes dont se prévalent les régimes qui se disent “civilisés” et se prétendent “démocratiques”. Pour l’idéologie libérale, les choses sont simples. Comme nous sommes libres et égaux, nous jouissons tous de la possibilité de nous exprimer comme nous l’entendons. Attachée à notre nature, cette liberté inaliénable serait à la portée de tous. Dans ce monde idéal où les libertés n’attendent que l’initiative individuelle pour s’accomplir, où chaque individu est un Robinson en attente d’une île déserte pour y bâtir un monde à son image, chacun serait libre de s’exprimer en toutes circonstances.


      En réalité, il suffit de formuler clairement – comme nous venons de le faire – ce que devrait être la liberté d’expression pour s’apercevoir qu’elle est non seulement irréelle, mais absolument impossible sous le régime social qui est le nôtre. Elle est irréelle, en effet, pour la simple raison que tous les citoyens ne peuvent pas exercer cette liberté dans les mêmes conditions. Lorsqu’on vante la liberté d’expression qui régnerait dans les démocraties occidentales, on se contente en réalité d’une liberté abstraite, “formelle” comme disait Marx, et on raisonne comme s’il suffisait d’ouvrir la bouche pour jouir de cette merveilleuse liberté accordée à tous.

      Or cette liberté tant vantée est un véritable conte de fées, car son exercice effectif – et non la simple possibilité abstraite de cet exercice – suppose la possession de moyens dont nous ne sommes pas également dotés. Dans le monde féérique du libéralisme cette inégalité ne pose aucun problème, mais il se trouve que nous vivons dans le monde réel. Si je n’ai pas les mêmes idées que mon voisin, il n’est pas indifférent de savoir qu’il possède un journal alors que je n’en possède aucun. Sa liberté d’expression ne sera pas équivalente à la mienne. Dans une société où une minorité détient la majeure partie du capital, il est clair que certains sont “plus libres” que d’autres. Parce qu’ils monopolisent l’exercice de la liberté d’expression, les riches, en réalité, en privent les pauvres.

      Envisagée de manière concrète, la question de la liberté d’expression, par conséquent, recoupe celle de la propriété des moyens d’expression. En France, une dizaine de milliardaires possède la quasi-totalité des titres de la presse écrite et audiovisuelle, nationale et régionale. Mais ce n’est pas par amour pour la “liberté d’expression” que ces détenteurs de capitaux ont pris le contrôle des médias. Si c’était le cas, la ligne éditoriale de ces organes de presse ne serait pas monolithique jusqu’à la caricature. Elle ne refléterait pas aussi crûment les choix idéologiques d’une caste qui entend imposer sa vision du monde. “La liberté de la presse, disait Marx, est la liberté que les capitalistes ont d’acheter des journaux et des journalistes dans l’intérêt de créer une opinion publique favorable à la bourgeoisie”. Le matraquage médiatique ayant conduit le godelureau de la finance à l’Elysée en est un bon exemple.

      On objectera que malgré cette mainmise sur les médias on peut s’exprimer comme on veut sur la Toile. C’est vrai et faux à la fois. Heureusement, de nombreux sites animés par des bénévoles diffusent une information alternative qui bat en brèche le discours dominant. Mais ce n’est pas un combat à armes égales. Les médias officiels disposent de moyens colossaux qui proviennent non seulement de leurs actionnaires privés mais aussi de subventions publiques. Organe central du parti euro-atlantiste, le quotidien “Le Monde”, par exemple, perçoit 4 538 000 euros de la part de l’Etat (2015). Bien sûr, de tels subsides n’empêchent pas ce journal de publier des énormités. On peut même se demander s’il n’y a pas une relation de cause à effet. Chacun se souvient des nombreux articles dans lesquels le “quotidien de référence” annonçait la chute imminente de Bachar Al-Assad, conformément à la doctrine du Quai d’Orsay.

      Si les sites d’information alternative percevaient le dixième de ce que touchent neuf milliardaires pour maintenir en vie leurs feuilles de chou, on imagine à peine ce qui se passerait. Mais cette répartition équitable de la manne publique ne risque pas de voir le jour. Le système médiatique des démocraties libérales, en effet, repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un bon journal est un journal qui dit ce qu’il faut dire – du point de vue de l’oligarchie – et à qui l’Etat donne les moyens d’éliminer la concurrence. Le summum a été atteint lorsque la ministre sortante de l’Education nationale a ordonné aux établissements d’offrir aux lycéens un accès gratuit à une dizaine de journaux tout en leur demandant de dissuader les élèves d’aller s’informer sur Internet. En les prenant au berceau, nul doute qu’on obtiendrait encore de meilleurs résultats.

      La sphère médiatique une fois verrouillée par l’oligarchie, la liberté d’expression est un droit formel dont l’exercice effectif est réservé à ceux qui la servent. La liberté d’expression se résume dans cet univers orwellien à la dictature de la doxa, le procès en “complotisme”, version moderne du procès en sorcellerie, permettant de neutraliser les récalcitrants. Mais cela ne suffit pas. Non seulement l’espace médiatique est saturé par l’idéologie dominante pour cause d’actionnariat privé, mais on veille aussi à ce que l’espace public reste sous contrôle. On refuse alors à un intellectuel étasunien de l’envergure de Noam Chomsky l’entrée des locaux de l’Assemblée nationale où il devait faire une communication à caractère scientifique. Transformé en SDF, cet éminent linguiste coupable d’un obscur délit d’opinion (il eut le tort de critiquer Israël et les EU) trouva refuge au centre culturel belge.

      Pour sauver ce qui reste de cette liberté d’expression moribonde, on pouvait alors espérer que le service public de l’information, hors de portée des affairistes et des lobbies, puisse faire contrepoids. C’était sans compter sur l’intervention du pouvoir. On a récemment pu voir une remarquable émission de la série “Un oeil sur la planète” consacrée à la Syrie. Avec un rare professionnalisme, l’équipe de France 2 dévoilait les aspects contradictoires du drame syrien, rompant avec la narration dominante de cette guerre par procuration. Mais le lobby qui défend les intérêts de l’OTAN et d’Israël a procédé au nettoyage. Après quinze ans de bons et loyaux services, l’émission “Un oeil sur la planète” vient d’être effacée des programmes de la chaîne. Aucun motif n’a été avancé. CQFD.

      Pour défendre la liberté d’expression, il faut d’abord cesser de lui prêter une réalité qu’elle n’a pas. On fait comme si chacun était libre d’en jouir, alors qu’il s’agit d’une possibilité dont la réalisation dépend de moyens dont le simple citoyen est dépourvu. Tant que ces moyens sont monopolisés par la bourgeoisie d’affaires, cette réalisation est chimérique. Dans les prétendues démocraties, la liberté de la presse est le manteau dont se drape la classe dominante pour formater l’opinion. “La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature”, disait Chomsky. Toute parole qui échappe à la censure de la classe dominante est une victoire, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. La seule façon de promouvoir le pluralisme, c’est l’expropriation sans condition des magnats de la presse.

  • Des « notes formidables » même pour les élèves qui échouent Le Devoir - Marco Fortier -16 février 2018
    http://www.ledevoir.com/societe/education/520378/des-notes-formidables-meme-pour-les-eleves-qui-echouent

    Avant de partir en congé de maladie, en novembre dernier, Chrystelle Charpin avait entré toutes les notes de ses élèves dans le système informatique. L’enseignante a subi un choc en constatant à son retour en classe qu’une série de notes figurant au bulletin de la première étape avaient été modifiées à son insu.

    Plus préoccupant encore, tous ses élèves obtenaient désormais la note de passage — même les quatre enfants qui avaient échoué en mathématiques et les cinq qui avaient échoué en lecture.
    « Pendant mon absence, toute ma classe a réussi avec des notes formidables, même les élèves qui avaient de grandes difficultés à lire ou à compter ! » s’étonne Chrystelle Charpin, enseignante de première année à l’école primaire Lucille-Teasdale, dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal.

    Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, s’est fait reprocher jeudi par les partis d’opposition à l’Assemblée nationale de fermer les yeux sur les « notes gonflées » dans l’espoir de stimuler artificiellement la réussite des élèves. Ironie du sort, le ministère de l’Éducation révélait au même moment que le taux de diplomation vient d’augmenter de 4,3 points de pourcentage, à 76 %, parce que plus d’élèves terminent leurs études secondaires.

    Chrystelle Charpin, en tout cas, dit être ébranlée par la manipulation des notes de ses élèves à son insu. Selon cette enseignante de 25 ans d’expérience, la direction de l’école a fait reprendre les examens de mathématiques et de lecture durant son congé de maladie, car près d’une demi-douzaine d’enfants avaient échoué.

    Gonfler la réussite
    L’Alliance des professeures et des professeurs de Montréal a déposé un grief pour contester la modification des notes à l’insu de l’enseignante. Le syndicat soutient que la direction de l’école a contrevenu à la Loi sur l’instruction publique et au contrat de travail de l’enseignante en gonflant l’évaluation des élèves.
     
    « Pour nous, ça reste tolérance zéro par rapport au traficotage de notes, dit Catherine Renaud, présidente de l’Alliance. C’est à la direction de s’assurer qu’aucune note n’est modifiée sur des bulletins ou sur des travaux d’élèves. »
     
    Le syndicat remarque que le phénomène des « notes gonflées » continue de sévir dans les écoles malgré une directive du ministre Proulx contre cette pratique qui semble courante dans le réseau scolaire.
     
    Le ministre avait ordonné en mai 2017 aux commissions scolaires de « mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires » pour faire respecter l’intégrité de l’évaluation des apprentissages. « Les modifications de notes dans le but d’atteindre des cibles de réussite ne sont pas tolérées », indiquait la directive du ministre.
     
    Au moment d’écrire ces lignes, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) n’avait pas donné suite à nos demandes d’explications.
     
    Responsabilité partagée
    Au cabinet du ministre Proulx, on souligne que l’évaluation est une « responsabilité partagée ». Sans se prononcer sur le cas de l’enseignante Chrystelle Charpin, on fait valoir que « tous les acteurs du réseau de l’éducation doivent travailler en collaboration, selon leurs champs de responsabilités respectifs ». La directive ministérielle diffusée en mai 2017 soulignait aussi que les écoles elles-mêmes ont un rôle à jouer en matière d’évaluation.
     
    « J’ai émis une directive disant qu’il fallait respecter l’autonomie des enseignants, mais qu’il fallait aussi respecter la politique d’évaluation qui est votée dans chacune des écoles », a dit le ministre aux journalistes jeudi matin à Québec.
     
    La Coalition avenir Québec (CAQ) reproche au gouvernement de gonfler lui-même les notes aux examens ministériels. 5312 élèves qui avaient obtenu 58 % ou 59 % aux examens du ministère, en juin dernier, ont obtenu la note de passage de 60 %, selon des chiffres obtenus par la CAQ.
     
    Ce ne sont pas des « notes gonflées », mais un simple « traitement statistique » visant à corriger d’éventuelles erreurs de mesure qui pénaliseraient des élèves de façon injuste, a fait valoir jeudi le ministre Proulx.

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  • Au Quebec, des caméras de surveillance dans les EPHAD, un peu comme dans les abattoirs chez nous

    Québec précise les règles d’installation et d’utilisation des caméras en CHSLD Le Devoir - Caroline Plante - La Presse canadienne à Québec - 14 Février 2018
    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/520144/quebec-precise-les-regles-d-installation-et-d-utilisation-des-cameras-en-c

    Les résidents des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) pourront installer des caméras, des téléphones intelligents ou des tablettes électroniques dans leur chambre à des fins de surveillance, à l’insu ou non de l’établissement.
     
    La ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, a dévoilé mardi les modalités d’installation et d’utilisation des mécanismes de surveillance dans les CHSLD, lors d’un point de presse au Centre d’hébergement Champlain-des-Montagnes, à Charlesbourg, en banlieue de Québec.
     
    Il était déjà permis au Québec d’installer des outils de surveillance dans les chambres des résidents en CHSLD, mais aucune balise n’existait pour encadrer la pratique.
     

    L’installation d’une caméra ne sera désormais permise que dans le but d’assurer la sécurité du résident et de ses biens, ou de vérifier la qualité des soins, notamment pour repérer un cas de maltraitance.
     
    Le règlement, qui constitue l’une des mesures phares de la loi 115 visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés, entre en vigueur le 7 mars prochain.
     
    Il prévoit qu’un résident ou son répondant pourra installer et utiliser un dispositif de surveillance, tant et aussi longtemps qu’il est orienté de manière à respecter la vie privée des autres résidents et des intervenants. Il ne devrait pas non plus capter des images et des sons provenant de l’extérieur de la chambre ou d’une salle de bain.
     
    En vertu du règlement, un résident qui partage une chambre avec d’autres devra d’abord obtenir leur consentement avant de pouvoir installer une caméra, « sauf dans les cas où les fins recherchées justifient de ne pas obtenir un tel consentement ».
     
    La communication des renseignements récoltés doit être « limitée » et effectuée de manière à protéger l’identité des personnes dont l’image ou la voix est captée, sauf s’il s’agit d’une plainte, d’une poursuite pour un crime ou d’une infraction, ou d’une situation d’urgence mettant la vie, la santé ou la sécurité du résident en danger, a précisé la ministre Charbonneau.
     
    Elle croit avoir trouvé le bon équilibre dans ce règlement. « Il prend en considération le droit des résidents à la vie privée et à leur intégrité, les besoins des familles à pouvoir veiller à la sécurité de leurs proches et la prévention de la réputation et la relation professionnelle avec le personnel », a-t-elle déclaré.
     
    Par ailleurs, le CHSLD devra installer un écriteau à l’accueil, indiquant clairement la présence possible de mécanismes de surveillance dans l’établissement, « mais sans qu’il soit possible de déterminer l’endroit précis où ils sont installés ».
     
    Les établissements devront également désigner une personne chargée de fournir le soutien nécessaire au résident, ou à son répondant, pour lui permettre de se conformer au règlement.
     
    Réactions mitigées  
    Satisfait, le président du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), Claude Ménard, a dit mardi espérer que les services en CHSLD en ressortent améliorés.
     
    « Toutefois, ce moyen ne doit pas se substituer à la responsabilité des directions des établissements d’offrir des services de qualité et d’assurer la sécurité des personnes en CHSLD. C’est leur responsabilité. Nous leur confions nos proches, et plusieurs sont vulnérables, fragiles, et sont en fin de vie », a-t-il affirmé dans un communiqué.
     
    Le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley, qui représente bon nombre de préposés aux bénéficiaires, a quant à lui affirmé en entrevue craindre la mauvaise utilisation des images captées. « Si ça se retrouve sur les réseaux sociaux, là où il n’y a pas de contexte, oui, ça préoccupe ; oui, ça inquiète », a-t-il dit.
     
    Les caméras, selon lui, ne sont pas « la solution magique ». Il faudrait plutôt ajouter des ressources en CHSLD. « Ce n’est pas juste les actions du personnel, mais la qualité globale offerte par l’établissement. Est-ce que c’est suffisant ou est-ce qu’il y a un problème ? »
     
    La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a par ailleurs dénoncé le fait que le gouvernement procède par règlement sur cet enjeu qui soulève des questions éthiques. « Ça aurait pris un débat public », a indiqué sa présidente, Louise Chabot, en conférence de presse à Québec mardi.
     
    Qui plus est, le règlement fait porter aux résidents et à leur famille le fardeau de veiller à la qualité des soins, selon elle.
     
    « Les caméras de surveillance […] on devrait les mettre dans certains bureaux : le bureau du ministre [de la Santé Gaétan] Barrette et le bureau des gestionnaires », a-t-elle conclu.

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