/podcast09

  • Les opposants à l’agriculture intensive dans le viseur de la cellule #Demeter
    https://www.franceinter.fr/societe/les-opposants-a-l-agriculture-intensive-dans-le-viseur-de-la-cellule-dem

    "C’est le début de la muselière pour des associations comme la nôtre." Depuis que les gendarmes s’intéressent à ses activités militantes, Henri Plandé alerte. En février 2020, le président de l’association Alertes Pesticides de Haute-Gironde a organisé un débat citoyen sur les pesticides, à Blaye (Nouvelle-Aquitaine). Une initiative qui lui vaut d’être suivi de près par la gendarmerie nationale qui l’appelle à plusieurs reprises afin “d’avoir des informations” sur le contenu de la réunion et ses participants. "J’étais très étonné", confie Henri Plandé. "Je leur ai demandé si c’étaient les Renseignement Généraux.”

    #surveillance

  • Julie veut le SMIC Les Pieds sur terre

    Nous sommes entre Rennes et Nantes, dans la vallée de l’Erdre. Patrick habite une maison autonome, consomme le moins possible et trouve qu’un SMIC, c’est bien suffisant. Julie, elle, travaille à plein temps dans une usine de lardons et voudrait bien avoir le SMIC.

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10078-22.10.2021-ITEMA_22815202-2021C6612S0295-21.mp3

    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/julie-veut-le-smic


    Ouvrière d’une usine de saucisses• Crédits : Getty

    Exploitation salariale
    Julie, cinquante-et-un ans, travaille pour la société Aubret, le leader européen du lardon. Dans l’usine, située à Saint-Mars-la-Jaille, les conditions de travail sont dures. Julie raconte son quotidien : les cadences imposées, les douleurs articulaires, le froid glacial et les brimades. 

    Il y a le bruit infernal, les moteurs des machines qui tournent sans cesse, ça claque de partout, c’est fatigant. C’est casse-tête, les moteurs des machines. C’est insupportable. On a beau avoir des bouchons, le bruit est toujours présent.

    Le travail est épuisant et très physique. Il fait toujours très froid dans l’usine. Julie répète toujours les mêmes gestes, doit porter des charges lourdes et volumineuses. 

    Il faut récupérer dix kilos de marchandises dans le sac, prendre le sac, le soulever, le souder à la machine. C’est les mêmes gestes et c’est très lourd. Et puis, ce froid : il fait toujours trois ou quatre degrés !

    J’ai des douleurs aux épaules, des douleurs aux coudes, le syndrome du canal carpien à cause des gestes répétitifs.
    Julie a demandé à être polyvalente pour pouvoir alterner les gestes et les douleurs... 

    Pour ce métier harassant et épuisant, Julie ne gagne qu’un salaire de misère. 

    Je suis payée en-dessous du SMIC. Ça fait quand même vingt ans que je suis là.

    Alors que la crise du Covid a profité à l’entreprise, les salaires n’ont pas été revalorisés... 

    Utopie autonome
    Patrick était étudiant en mai 1968. L’expérience du soulèvement ouvrier et étudiant reste pour lui un souvenir fort, même s’il n’a pas tout à fait pris part à l’enthousiasme général. 
    . . . . . 
    Reportage : Rémi Dybowski-Douat
    Réalisation : Emmanuel Geoffroy
    Musique de fin : « Everlong » (Accoutic Version) de Foo Fighters. 

    #Femmes #femme #travail #exploitation #capitalisme #Santé #Sante #économie #esclavage #France

  • Macron agacé : ses ministres “ne foutent rien”, publient des livres et n’en vendent pas (chiffres à l’appui)
    https://actualitte.com/article/103007/politique-publique/macron-agace-ses-ministres-ne-foutent-rien-publient-des-livres-et-n-en-v

    Jean-Michel Blanquer a publié École ouverte […] 620 exemplaires vendus. […]

    Marlène Schiappa […] Sa façon d’être à moi […] : 64 exemplaires. […]

    […]

    Bienvenue en politique : à ceux qui sont tentés de renoncer, que signe Emmanuelle Wargon chez Calmann-Levy […] : 75 exemplaires vendus.

  • Clairvaux 22 septembre 1971 et aujourd’hui
    https://www.franceinter.fr/emissions/le-vif-de-l-histoire/13h54-le-vif-de-l-histoire-du-lundi-20-septembre-2021

    22 septembre 1971, deux détenus, Buffet et Bontems, tentent de s’échapper de la prison de Clairvaux. Durant l’assaut, meurent l’infirmière Nicole Comte et le gardien Guy Girardot. En janvier 1972, ils sont condamnés tous deux à la peine capitale par la cour d’assises de Troyes.

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/20905-20.09.2021-ITEMA_22780145-2021F17009S0263-22.mp3


    #peine_de_mort #prison_de_Clairvaux #administration_pénitentiaire #jean_Lebrun #histoire

    • La peine de mort n’a jamais été abolie
      http://leseditionsduboutdelaville.com/index.php

      Le 9 octobre 1981, l’État français a pris de grands airs de modernité humaniste en abolissant la peine de mort. Depuis des prisonniers et des prisonnières prennent la parole pour dénoncer cette mascarade : des dizaines de personnes meurent chaque année derrière les murs dans l’indifférence générale.

      Les lettres et communiqués rassemblés dans ce livre ont tous paru dans le journal L’Envolée.

      Pour en finir avec les mythes de l’abolition de la peine de mort, du laxisme de la justice et du prétendu confort quatre étoiles des prisons modernes, il faut entendre les paroles interdites, d’une lucidité impitoyable, de prisonniers et prisonnières qui remettent en cause les bases même d’un ordre social fondé sur l’enfermement.

      L’Envolée (radio et journal) se veut, depuis 2001, le porte-voix des prisonniers et prisonnières qui luttent contre le sort qui leur est fait.

      https://twitter.com/l_envolee/status/1439953657269821443

      Ts les dix ans dps 1981, Badinter, la gauche (auj lrem) se congratulent de l’abolition de la peine de mort ; l’extrême droite, elle, réclame son retour pr faire progresser ses idées et la déshumanisation en son coeur.

      #lenvolée

    • L’État français aurait aboli la peine de mort le 9 octobre 1981. En réalité, la guillotine a été remplacée par des peines infinies qui tuent à petit feu. Des dizaines de personnes meurent chaque année derrière les murs. Violence des surveillants, manque de soin, désespoir…
      Depuis 40 ans, des prisonniers prennent la parole et dénoncent la mascarade de l’abolition : « Nous, prisonniers qui vivons dans le ventre de la bête carcérale, nous adressons cette supplique à ceux qui, réunis, fêterons l’anniversaire. Les prisons actuelles sont des mouroirs… »
      Joyeux anniversaire ?

      https://lenvolee.net/le-livre-la-peine-de-mort-na-jamais-ete-abolie-est-disponible

  • @mona
    Mona Chollet : « Il faudrait que les hommes soient mis au pied du mur 15 septembre 2021 Par à l’air libre | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/150921/mona-chollet-il-faudrait-que-les-hommes-soient-mis-au-pied-du-mur?onglet=f
    https://www.youtube.com/watch?v=n4uQ8p4wGVo

    Dans « À l’air libre » ce soir : Mona Chollet est notre invitée, qui publie « Réinventer l’amour. Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles ». Et notre collègue Dan Israël décrypte les contre-vérités sur le chômage et les chômeurs.

  • Allocation de rentrée scolaire : jean-michel blanquer remis à sa place par Clément Viktorovitch 
    https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/entre-les-lignes/jean-michel-blanquer-sur-l-allocation-de-rentree-scolaire-bon-sens-et-m

    Dimanche dernier, sur France 3, le ministre de l’Éducation était interrogé par Francis Letellier sur l’allocation de rentrée, cette aide financière apportée aux familles modestes pour payer les fournitures scolaires. Mais alors, ne serait-il pas préférable de la verser sous forme de bons d’achat, pour éviter les fraudes ? 

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/22546-01.09.2021-ITEMA_22759663-2021I45157S0244.mp3

    « Ce n’est pas une question de fraude. Si on regarde les choses en face, on sait bien que parfois il y a des achats d’écrans plats plus importants au mois de septembre qu’à d’autres moments, jean-michel blanquer dans l’émission Dimanche en Politique. » jean-michel blanquer

    Cette phrase est factuellement fausse. Comme nous le révèlent nos confrères de Libération, les mois d’août et septembre sont précisément ceux où la vente de téléviseurs est la plus basse. Et plus généralement, comme le rappelle la cellule Le Vrai du Faux sur franceinfo, l’allocation de rentrée scolaire est bien utilisée massivement par les familles pour acheter des fournitures selon plusieurs études des Caisses d’Allocations Familiales.

    Un débat récurrent  
    Cette proposition revient immanquablement chaque année. À tel point qu’on en trouve une trace dans le discours de jean-michel blanquer lorsqu’il parle "d’écran plat". Autour de moi, plus personne ne dit "écran plat" depuis des années... et ce n’est pas un hasard : c’est le député de droite Edouard Courtial qui disait déjà en 2008, "l’allocation de rentrée ne doit pas servir à acheter un écran plat". Depuis, la formule n’a même pas été actualisée, c’est dire si ce cliché a la vie dure. 

    jean-michel blanquer n’a d’ailleurs pas mis fin à la polémique, en maintenant plus ou moins ses propos au micro de Rémy Buisine pour le média Brut. "C’est évident que ce n’est pas dans 100% des cas que l’argent est dépensé par les enfants", estime le ministre de l’Éducation nationale, "ce sont des dépenses qui augmentent au mois de septembre, ce sont des choses qui se démontrent". 

    C’est raté, ce ne sont toujours pas des choses qui se démontrent. 48h après la première déclaration, on est en droit de commencer à se poser la question de la frontière entre l’erreur et le mensonge. 

    Mais surtout, il y a ce petit mot : "c’est évident". En rhétorique, il s’agit très explicitement d’un appel au bon sens, comme, d’ailleurs, le "on sait bien" de sa première déclaration. Cela fait partie de ces petites expressions de type "franchement, honnêtement, tout le monde voit bien que...". C’est ce que l’on dit quand on veut s’épargner d’avoir à prouver ce que l’on affirme. Convoquer les évidences : c’est le contraire d’une argumentation rigoureuse. 

    Le ministre repris sur ses arguments
    Le ministre de l’Éducation Nationale, repris sur sa démonstration, a même été obligé de trouver un autre argument qui ne manque pas de piquant.

    « Bien entendu, à partir du moment où vous donner de l’argent à l’ensemble des personnes (...), si vous m’affirmez que 100% de ces dépenses est toujours faite pour 100% des enfants, c’est moi qui vais vous demander de le prouver. jean-michel blanquer

    La phrase commence par "bien entendu", qui est encore une autre manière de s’abriter derrière le bon sens. Mais on a surtout cet argument : "Prouvez-moi que 100% de l’allocation est toujours bien utilisée". Et ça, c’est problématique, cela revient à dire : sur les trois millions de familles qui bénéficient de l’allocation de rentrée, il doit bien y en avoir une, quelque part, qui l’utilise pour acheter autre chose que des fournitures. Ce qui est possible, mais après tout peu importe. 

    Les décisions politiques ne se prennent pas en se fondant sur des cas marginaux mais sur des faits sociaux. Pour que l’argument de jean-michel blanquer soit valable, il faudrait pouvoir démontrer que le phénomène dont il parle est significatif : cela, il n’en a jamais apporté la preuve. 

    Prises de position anecdotiques ou véritables préjugés ?
    En rhétorique, poser une question, c’est déjà sous-entendre que la question se pose ; se demander s’il ne vaudrait pas mieux verser l’ARS en bons d’achat, implicitement, cela revient déjà à insinuer que les familles modestes seraient profiteuses, dépensières, incapables de gérer leur budget et de s’occuper de leurs enfants. 

    Tous ces préjugés ont d’ailleurs été mis en évidence par le sociologue Denis Colombi, dans son livre Où va l’argent des pauvres. Fantasmes politiques, réalités sociologiques. Peut-être pourrait-on en conseiller la lecture à jean-michel blanquer : cela lui ferait au moins une source sur laquelle s’appuyer !

    • Le ministre de l’éducation connait bien les besoins des élèves pour la rentrée.
      La rentrée, c’est
      Payer la cantine, d’avance,
      Transports scolaires,
      Chaussures,
      Tennis et vêtements pour le sport,
      Vêtements d’hiver,
      Sorties scolaires,
      Photos d’identité,
      Parfois un ordinateur,
      Fournitures scolaires
      . . . . . . . . .
      Et ce, pour chaque gosse.

  • Pourquoi Sanofi ne s’est pas lancé dans la course aux vaccins anti covid-19 ?
    Pourquoi le personnel de santé est il aussi réticent à se faire piquer ?
    L’exemple du Dengvaxia, un Vaccin-chimère, recommandé par l’OMS, au départ.
    Toute ressemblance avec le covid-19 et ses variants ne serait que . . . . .

    Dengue : Sanofi au cœur d’une affaire de vaccin mortel aux Philippines Par Carol Isoux
    (Article du Nouvel Observateur, du 27 11 2018, ça date de l’époque où les journalistes faisaient encore leur travail).

    https://www.nouvelobs.com/monde/20181127.OBS6092/dengue-sanofi-au-c-ur-d-une-affaire-de-vaccin-mortel-aux-philippines.html

    Dans une salle au carrelage blanc, à l’arrière du parloir funéraire de Taytay à une vingtaine de minutes de Manille, le corps d’Elijah Rain De Guzman, 12 ans, repose sur une table en inox. Il est allongé sur le dos, ses jambes légèrement repliées.

    Les cinq légistes se préparent, enfilent les tenues de plastique bleu réglementaires et s’attellent à leur longue et pénible tâche. Pendant près de quatre heures, ils vont disséquer, prélever des échantillons de tissus, mesurer les organes : cœur, foie, cerveau…Tout est photographié avec soin. A l’extérieur, la famille attend.

    Des autopsies d’enfants comme celle-là, le docteur Erwin Erfe, qui travaille pour le bureau du procureur, en pratique deux à trois par semaine depuis quelques mois. Avec toujours les mêmes résultats : "Des hémorragies internes, notamment au niveau du cerveau et des poumons… et des organes enflés."  

    Pour lui, pas de doute, c’est le vaccin Dengvaxia, commercialisé par le laboratoire français Sanofi qui est responsable de ces morts. Son équipe de légistes a déjà identifié 103 cas concordants. Des enfants pauvres, qui n’ont pas un accès facile au système de soin.


    Le docteur Erwin Erfe devant le corps d’Elijah Rain De Guzman, 12 ans, pendant son autopsie à l’arrière du parloir funéraire de la ville de Taytay. Il est la victime présumée numéro 87 et avait reçu les 3 doses du vaccin Dengvaxia. Ci-dessous, sa mère, Fatima, lors d’une conférence de presse après les premiers résultats de l’autopsie. (Agnès Dherbeys/MYOP)

    Pour la procureure Persida Acosta, passionaria des inégalités sociales et star des réseaux sociaux, les responsabilités se partagent entre le laboratoire français qui a vendu "un vaccin dangereux", et le gouvernement philippin qui a mis en place une campagne de vaccination "massive et indiscriminée", dans des conditions déplorables. Sans informer le personnel de santé, sans exclure les enfants au système immunitaire compromis, sans suivi médical et souvent sans même demander le consentement des parents. Elle poursuit 38 personnes pour "conduite irresponsable ayant causé un homicide et négligence criminelle". Dont trois Français de Sanofi, qui ont tous déjà quitté le pays.

    Le Dengvaxia, un mauvais vaccin ?
    Le Dengvaxia s’annonçait pourtant comme un triomphe planétaire. En 2015, Sanofi-Pasteur confirme en grande pompe la mise sur le marché d’un vaccin révolutionnaire contre la dengue. C’est une première mondiale, le produit de vingt ans de recherche et 1,5 milliard d’euros d’investissements. La dengue, maladie virale transmise par le moustique, est en forte expansion dans le monde : elle affecte 100 millions de personnes par an et sa forme sévère, hémorragique, en tue 20.000, principalement des enfants et des femmes enceintes. Les centaines de milliers d’hospitalisations dues au virus représentent un coût important pour certains pays comme les Philippines.

    Pourtant, à y regarder de près, les résultats des premiers essais cliniques https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(14)61060-6/fulltext?code=lancet-site sont médiocres. 56% d’efficacité au bout de deux ans sur les enfants asiatiques (en clair, près de la moitié des participants ayant reçu l’injection ne sont pas immunisés), et ce chiffre chute largement les années suivantes. Surtout, un risque important apparaît chez les enfants les plus jeunes, qui ont presque huit fois plus de chance de tomber gravement malades après l’injection du vaccin. Plusieurs décès sont inexpliqués : les résultats indiquent que les chiffres et causes de la mort sont "cohérents avec les taux de mortalité de leur cohorte d’âge, principalement des blessures et des ’infections’"

    A y regarder d’encore plus près, ces résultats sont truffés de petites inexactitudes, des risques non-calculés, des détails qui manquent... "Pas une manipulation des chiffres à haut niveau, estime le docteur Antonio Dans, médecin et statisticien au Philippines General Hospital. Plutôt des complaisances de statisticiens qui veulent faire plaisir à leur hiérarchie."


    Le docteur Antonio Dans, en septembre. Médecin et statisticien au Philippines General Hospital, il a tenté d’alerter sur les résultats non concluants des premiers essais cliniques de Sanofi. (Agnès Dherbeys/MYOP

    Le pari risqué de Sanofi
    De toute façon, ces résultats importent peu, semble-t-il, à Sanofi, qui mise tout sur ce nouveau vaccin, coûte que coûte : dès 2009, bien avant le début des essais cliniques sur les humains, la firme a déjà investi 350 millions d’euros pour la construction d’une usine spécialement dévolue au Dengvaxia à Neuville sur Saône, près du siège de Lyon. Objectif annoncé à l’époque : produire 100 millions de doses par an. "Un pari industriel", selon Antoine Quin, alors directeur du site. "L’anticipation était le seul moyen de mettre des vaccins à disposition dans les délais impartis", justifie-t-on aujourd’hui au siège.

    Mais les clients potentiels sont sceptiques et les ventes peinent à décoller. Malgré une autorisation marketing dans plusieurs pays, les stocks ne s’écoulent pas. Les autorités sanitaires françaises par exemple, ne recommandent pas l’utilisation du Dengvaxia dans les territoires d’Outre-mer (Réunion, Guyane…) concernés par la maladie. L’année 2015 passe, Sanofi n’a toujours pas décroché le graal du marché des vaccins : un contrat public. "Il devenait très urgent pour eux de vendre, explique le docteur Francisco Cruz, épidémiologiste, ancien fonctionnaire au ministère de la santé philippin, certaines doses arrivaient à expiration en septembre 2017."


    Conférence de presse de la procureure Persida Acosta, avec le docteur Francisco Cruz, épidémiologiste et ex-fonctionnaire au ministère de la Santé philippin, et des familles de victimes présumées du Dengvaxia devant le département de la Justice, à Manille, en septembre. (Agnès Dherbeys/MYOP)

    En coulisses, le travail de lobbying des dirigeants du groupe bat son plein. Dès novembre 2014, le vice-président de Sanofi Jean-Luc Lowinski obtient une entrevue avec le président philippin de l’époque, Benigno Aquino III. Ils se rencontrent à l’ambassade des Philippines de Pékin, en marge du sommet APEC. Si la teneur exacte de leur échange reste secrète, quelques semaines plus tard, le labo français dépose une demande pour le Dengvaxia auprès de l’administration en charge de la régulation des médicaments du pays.

    50 millions d’euros 
    Quelques mois passent, et c’est la jeune ministre de la santé, Janette Garin, poulain du président et fraîchement nommée, qui se rend non seulement à Paris mais aussi à Lyon, où elle visite l’usine du Dengvaxia. Elle ne garde que des souvenirs flous du voyage, où elle a "beaucoup dormi dans des voitures et visité des églises, mais je ne sais plus lesquelles". Elle ne se souvient précisément d’aucune de ses entrevues avec Sanofi. Pas même de ce dîner, du 14 mai 2015 où selon un rapport de l’ambassade des Philippines à Paris elle discute du prix du Dengvaxia avec les dirigeants de Sanofi, dont Guillaume Leroy, l’actuel président France. Un dîner sur les Champs-Elysés peu cohérent avec le Code d’Ethique du laboratoire, mais "tout le monde le fait dans l’industrie pharmaceutique", balaie Garin d’un revers de main.

    Le prix indiqué sur le contrat de vente du Dengvaxia est donc fixé : 1.000 pesos la dose (17 euros) – un prix "outrageusement gonflé" estime le docteur Francisco Cruz pour un total de 3 milliards de pesos (50 millions d’euros). C’est plus que l’ensemble du budget alloué à tous les autres programmes de vaccination aux Philippines réunis, alors que la dengue ne fait pas partie des dix premières causes de mortalité.

    Or, les documents du département du Budget indiquent que ce sont 3,56 milliards qui ont été demandés et mis à la disposition du ministère de la santé pour le programme anti-dengue : 556 millions de pesos (9 millions d’euros) manquent à l’appel. "C’est l’appât du gain, qui a tué ces enfants", estime la procureure. Des procédures pour abus de biens publics et enrichissement personnel sont en cours contre l’ex-président et l’ex-ministre de la Santé au bureau de l’"ombudsman" des Philippines.


    L’ancienne ministre de la Santé des Philippines, Janette Garin, a été inculpée dans l’affaire du Dengvaxia. (Agnès Dherbeys/MYOP)

    Derrière le vaccin, un agenda politique
    A leur retour du Sommet de la Cop 21 en décembre 2015 à Paris, où le président Aquino et Garin rencontrent à nouveau les dirigeants de Sanofi, les officiels du ministère de la santé s’activent pour mettre en place en quelques semaines une immense campagne de vaccination, sur près de 800000 enfants. "Une folie, estime Paulyn Ubial, qui a succédé brièvement à Garin à la tête du ministère de la santé. Normalement, on a besoin d’un à deux ans pour préparer les communautés, le secteur de la santé, à un nouveau vaccin, et on commence avec une population cible d’environ 40.000 individus." Mais une échéance majeure approche : les élections présidentielles d’avril 2016.

    "Il était vital que la campagne puisse être mise en place et annoncée avant les élections", se souvient Paulyn Ubial. Pour accélérer les choses, les officiels philippins n’hésitent pas à enfreindre plusieurs règles, notamment la procédure d’attribution des marchés publics. Janette Garin s’auto-nomme directrice de l’Agence du Médicament l’espace de quelques semaines, juste le temps de décréter une autorisation immédiate de mise sur le marché pour le Dengvaxia sans passer par les circuits officiels. Dès le mois de janvier, l’annonce est faite : 1 million d’enfants philippins bénéficieront gratuitement de ce vaccin miracle grâce au gouvernement.

    Le Dengvaxia pourrait rendre vulnérable
    En réaction, les premières voix s’élèvent dans la communauté scientifique aux Philippines et à l’étranger. Notamment, aux Etats-Unis, celle du Professeur Scott Halstead, 82 ans, un spécialiste mondialement reconnu de la maladie, qui s’inquiète et envoie même une vidéo diffusée au Sénat philippin pour exhorter à suspendre le programme de vaccination.

    De ses décennies de recherche il a remarqué que le virus de la dengue opérait selon un mécanisme singulier : l’ADE, Antibody Dependant Enhancement (Facilitation de l’infection par les anticorps), au cours duquel les anticorps développés lors d’une première attaque de dengue peuvent se retourner contre l’organisme lors d’une deuxième attaque par une souche différente, aidant le virus à passer les barrières du système immunitaire ; raison pour laquelle c’est en général la deuxième attaque qui est fatale.

    En reproduisant une première contamination, le Dengvaxia peut rendre les personnes qui n’ont jamais été infectées par le virus plus vulnérables à une deuxième attaque, au lieu de les protéger. Ce risque dure toute la vie mais il est particulièrement élevé la troisième année après l’injection. C’est ce mécanisme qui est à l’origine des résultats inquiétants des essais cliniques sur les enfants jeunes, dont une grande partie n’avaient jamais été exposés au virus. Plus les enfants grandissent et plus ils ont une chance d’avoir déjà été contaminés, sans forcément développer de symptômes.

    L’âge de 9 ans, choisi comme seuil de sûreté par le laboratoire, est donc tout à fait arbitraire : "le risque ne diminue pas magiquement pour les personnes séronégatives avec l’âge", s’indigne le professeur Halstead. Les estimations font état de 10 à 20% d’enfants séronégatifs vaccinés. Pour lui, ceux qui ont lancé ce vaccin, ont fait preuve d’un "cynisme total, où on considère que si mathématiquement le bénéfice global pour la société est positif, et si les coûts d’hospitalisation sont réduits, alors peu importe d’affecter la santé de certains, alors que c’est contraire aux principes les plus élémentaires de la médecine".

    Rien n’y fait, la vaccination commence. Pas dans les provinces les plus touchées par la dengue, mais dans celles qui présentent la plus forte concentration d’électeurs. Pour les photos de presse le jour du lancement, on a distribué aux enfants des tee-shirts jaunes, couleur du parti au pouvoir. Les injections se déroulent d’abord dans les écoles, puis dans les centres de santé des barangays, quartiers, dont la plupart ne disposent même pas de médecin. 

    Dans de nombreux cas, les parents ne sont pas prévenus. La mère de Riceza Salgo, 12 ans, morte d’une attaque de dengue hémorragique raconte :
    “"Je n’ai découvert qu’après sa mort, dans les papiers de l’école, que ma fille avait reçu le Dengvaxia."”
    Le système de filtrage des enfants au système immunitaire affaibli n’est pas appliqué. "Les enfants qui avaient des maladies préexistantes, diagnostiquées ou non, ont eu droit eux aussi à l’inoculation du virus", déplore le docteur Erfe. Parmi les victimes potentielles du Dengvaxia, des enfants qui avaient un lupus, une leucémie, un cancer… Romeo Cariño, le père de Roshaine, 12 ans, regrette :
    “"Peut-être que mon fils aurait fini par mourir de sa tumeur. Mais j’aurais eu quelques mois, un an de plus avec lui. Ils m’ont privé de ça."”


    Dessins et portrait de Riceza Salgo, 12 ans, morte d’une attaque de dengue hémorragique. "Je n’ai découvert qu’après sa mort, dans les papiers de l’école, que ma fille avait reçu le Dengvaxia", raconte sa mère. (Agnès Dherbeys/MYOP)

    Vaccin-chimère
    Le Dengvaxia est un vaccin-chimère, c’est-à-dire qu’il est composé de deux virus combinés, celui de la fièvre jaune et celui la dengue. "Sanofi a créé un nouveau virus, explique le professeur Halstead. Il est difficile de prévoir comment il va évoluer." Selon les médecins du bureau du procureur, en plus des décès dus à la dengue hémorragique, certains enfants sont morts d’un accès de maladie viscerotropique ou neurotropique (une infection des viscères ou du cerveau), effet secondaire du virus de la fièvre jaune présent dans le vaccin. Si ces maladies sont mentionnées sur la notice comme des risques potentiels du vaccin, Sanofi affirme qu’il n’y a eu aucun cas lors des essais cliniques.

    En revanche, le laboratoire a fini par admettre en novembre 2017 "un risque accru de dengue sévère pour ceux qui n’ont jamais été exposés au virus". Le programme de vaccination est suspendu. Aux Philippines, la paranoïa monte : près d’un million d’enfants ont été vaccinés, sans test préalable et dans une désorganisation totale. Le ministère ne dispose pas de liste précise de noms.

    En plus des 500 morts rapportées par des parents paniqués au bureau du procureur, des milliers d’enfants ont été hospitalisés. Certains ont besoin d’opérations, pour résorber le sang après des hémorragies sévères. La plupart des familles n’en ont pas les moyens. 
    Pour l’instant, la ligne de défense principale de Sanofi est de pointer qu’aucun de ces problèmes n’a été signalé dans les 19 autres pays où le vaccin est commercialisé. Mais il est réservé dans ces pays au secteur privé, pour des familles qui ont les moyens d’un suivi médical.
    Le seul autre programme public de vaccination, au Brésil, s’est effectué principalement sur des individus entre 15 et 27 ans. Le laboratoire, qui a refusé toute interview pour cet article, se dit prêt à indemniser les victimes si une "causalité entre les cas et le vaccin est établie sur des bases scientifiques et si la responsabilité de Sanofi est établie sur des bases juridiques".

    Or même si dans certains cas le vaccin a favorisé l’apparition de la dengue hémorragique, la cause de la mort reste la maladie, non le vaccin. Une éventuelle faute restera donc difficile à prouver et l’affaire promet d’être un casse-tête juridique.

    Carol Isoux

    Pour compléter :

    Sanofi et son Dengvaxia visés par des poursuites par les Philippines (Mars 2019)
    https://www.youtube.com/watch?v=KIyThR1V2vQ

    Philippines : Benigno Aquino entendu sur le scandale du Dengvaxia (Décembre 2017)
    https://www.youtube.com/watch?v=ppKiATeI8-w

    Sanofi : la mévente du vaccin contre la dengue met en péril le site de Neuville/ Saône (Novembre 2017)
    https://www.youtube.com/watch?v=ocbZC7vQqMU*

    Wikipédia : Vaccin contre la dengue (Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil sur wikipédia) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vaccin_contre_la_dengue#Controverse_aux_Philippines

    Mes vaccins.net : https://www.mesvaccins.net/web/vaccines/539-dengvaxia

    Dengvaxia, le fiasco d’un labo, France Culture : https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-mediatique/la-fabrique-mediatique-du-samedi-14-novembre-2020


    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16743-14.11.2020-ITEMA_22483812-2020C26727S0319.mp3

    #covid-19 #coronavirus #confinement #en_vedette #crise_sanitaire #vaccination #pandémie #surveillance #santé_publique #pass_sanitaire #solidarité #dengue #virus #innovation #sanofi #enfants

  • Le Monde
    Logistique, hôtellerie, bâtiment… A travers l’Europe, la grande pénurie de main-d’œuvre
    par Eric Albert (Londres, correspondance), Jules Thomas, Emeline Cazi, Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale) et Clément Guillou.

    Les entreprises du Vieux Continent peinent à recruter. Au-delà des conséquences logistiques et matérielles qu’il provoque, le phénomène transfère progressivement le pouvoir de négociation vers les salariés.

    Avec la reprise économique au printemps, déconfinement oblige, Andrew Baxter explique ne pas avoir eu le choix : « J’ai dû augmenter le salaire de ma cinquantaine de chauffeurs routiers de 20 %, simplement pour les garder. » Le directeur général d’Europa Worldwide, une entreprise britannique de logistique, n’avait jamais vu ça en vingt-sept ans de carrière. « Sans la hausse du salaire, ils seraient partis ailleurs. » Avec les heures supplémentaires, la plupart d’entre eux gagnent désormais autour de 50 000 euros par an.

    De l’autre côté de la Manche, au Meurice, le palace parisien, recruter du personnel en cuisine relève aujourd’hui de la mission impossible. « D’habitude, nos petites annonces sur notre site attirent les candidats. Mais en ce moment, on ne reçoit pas de CV, raconte Amel Ziani Orus, sa directrice des ressources humaines. On a fait appel à trois cabinets de recrutement et aucun n’a réussi à nous proposer un CV. »

    Les petites annonces débordent de partout
    Drôle de période économique. Côté pile, le marché de l’emploi n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant la pandémie : le chômage dans l’Union européenne restait de 7,1 % en juin, un demi-point au-dessus de décembre 2019, soit quand même 800 000 demandeurs d’emploi supplémentaires. Même constat au Royaume-Uni, où le chômage était de 4,7 % d’avril à juin, en hausse de presque un point. Rien de catastrophique par rapport à l’ampleur du choc de la pandémie, mais a priori pas une situation propice aux difficultés de recrutement.

    Et pourtant, côté face, partout à travers le continent – et le phénomène est le même aux Etats-Unis –, les entreprises font face à de sévères pénuries de main-d’œuvre. Dans l’hôtellerie et la restauration, le transport, la manutention, le BTP, l’industrie, l’aide à domicile, la santé, le nettoyage, les commerces ou encore l’informatique, il n’y a aujourd’hui pas assez de candidats.

    Sur le site de recrutement Indeed, les petites annonces débordent de partout : en Italie, leur nombre est 30 % au-dessus de son niveau d’avant la pandémie ; en Allemagne et au Royaume-Uni de 22 % ; aux Pays-Bas de 19 % ; en France de 9 %. Seule l’Espagne, plus dépendante du tourisme international et où le soutien du gouvernement à l’économie a été plus limité, n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant 2020.

    Même constat tiré par StepStone, un groupe qui possède des sites de recrutement dans toute l’Europe. En Allemagne, il parle de « Jobwunder » (« le miracle de l’emploi »), avec des demandes particulièrement fortes dans le commerce et le transport routier.

    En France, les petites annonces dans l’hôtellerie et la restauration ont doublé depuis le début de l’année. « Dans le secteur de la cuisine, qui était déjà sous forte tension, c’est dramatique, explique Alain Jacob, fondateur du cabinet de recrutement AJ Conseil, spécialisé dans l’hôtellerie-restauration. Du jamais-vu depuis vingt-huit ans que le cabinet existe. On ne trouve pas en quantité ni en compétence. On n’a jamais eu si peu de réponses à nos offres d’emploi. Les candidats sont dans l’indécision. Ils disent qu’ils verront en septembre. »

    Les cartes du marché de l’emploi rebattues
    La pénurie est telle qu’elle risque parfois d’étouffer la reprise économique. Au Danemark, 21 % des grandes entreprises affirment avoir dû renoncer à des commandes faute de main-d’œuvre, selon une enquête, en juin, du quotidien danois Berlingske. En Suède, certains restaurants ont dû revoir à la baisse leur menu et leurs horaires d’ouverture.

    Explication : la pandémie est venue complètement rebattre les cartes du marché de l’emploi. Avec la fermeture de secteurs entiers pendant les différents confinements, les salariés ont eu le temps de se remettre en cause. Et éventuellement d’aller monter leur propre projet ailleurs. « Certains sont allés ouvrir leur restaurant à Marrakech ou au Portugal, poursuit Mme Ziani Orus, du Meurice. Les employés sont jeunes, ils ne veulent pas rester à ne rien faire, même en étant payés. »

    En Allemagne, le syndicat de l’alimentation et de l’hôtellerie estime qu’un employé sur six a quitté le secteur, soit 275 000 employés en moins à l’échelle nationale
    D’autres en ont profité pour changer de métier, lassés d’horaires à rallonge et de conditions de travail très difficiles. En Allemagne, le syndicat de l’alimentation et de l’hôtellerie estime qu’un employé sur six a quitté le secteur, soit 275 000 en moins à l’échelle nationale. Selon Dehoga, l’organisation patronale de la filière, ils auraient été attirés particulièrement par les secteurs de la logistique (Amazon) et du commerce (Aldi, Lidl), qui visent spécifiquement les employés de l’hôtellerie et dont le travail a explosé avec le boom de l’e-commerce.

    Pierre Bard peut se frotter les mains. Ce chef de rang dans une brasserie du centre de Paris, 38 ans, affirme recevoir « une vingtaine d’offres par jour, ça vient de tous les côtés ». Ce marché de l’emploi fou est aussi une conséquence de l’ultraflexibilité demandée aux salariés. « Ces dernières années, à Paris, ça fonctionne beaucoup avec les extras, explique-t-il. Il y a très peu de CDI depuis que les cafés sont tous passés en location-gérance. L’intermédiaire doit verser chaque mois un gros loyer et rogne sur les salaires, les congés payés… Il y a donc beaucoup de rotations des effectifs. Dans ma brasserie, il doit trouver quatre serveurs pour le mois prochain. »

    Conséquences en cascade
    A cette situation extrêmement tendue dans toute l’Europe, le Royaume-Uni ajoute le casse-tête du Brexit. Suivant les estimations, entre un demi-million et 1,3 million d’Européens sont partis pendant la pandémie, préférant se confiner dans leur pays d’origine. Beaucoup ne sont pas rentrés, voire ne le peuvent pas : depuis le 1er janvier, il faut un visa de travail pour travailler outre-Manche, sauf à avoir obtenu un permis de résidence avant cette date.

    Jayson Perfect dirige les 121 pubs de l’entreprise Liberation Group présente dans le sud-ouest de l’Angleterre et les îles Anglo-Normandes. « Le Brexit et la pandémie représentent une tempête parfaite. Aujourd’hui, je cherche des chefs, des sous-chefs, des commis… »

    Le manque de main-d’œuvre a des conséquences en cascade. Faute de petites mains pour cueillir les récoltes, les agriculteurs peinent à fournir leurs produits. Faute de chauffeurs routiers, ils ne trouvent pas de transporteurs. « Il devient rare de recevoir des livraisons complètes, il manque presque toujours quelque chose à ce qu’on a commandé », continue M. Perfect. Le Royaume-Uni fait actuellement face à une pénurie de poulets, et l’enseigne Nando’s a dû fermer une cinquantaine de restaurants pendant une semaine. « On ne trouve plus de panais, j’ai dû les retirer du menu », ajoute M. Perfect.

    Le problème vient aussi de l’alternance confinement-déconfinement, un « stop and go » difficilement gérable. « Quand le confinement a été levé, on ne savait absolument pas quelle serait la demande. Est-ce qu’on allait devoir servir deux fois plus ou deux fois moins qu’avant la pandémie ? » La réponse a finalement été deux fois plus, ce qui l’a obligé à passer des commandes en urgence, renforçant les difficultés logistiques.

    Plusieurs mois avant de retrouver l’équilibre
    En France, où le chômage structurel est fort, la situation est moins tendue. Mais même dans les Hauts-de-France, région historiquement touchée par la crise de l’emploi, Pôle emploi est parfois obligé de ramener les employeurs à la raison.

    « Quand une entreprise recrute, elle a peur de se tromper, analyse Pascal Dumont, directeur de la stratégie et des relations avec les élus à Pôle emploi Hauts-de-France. Elle met donc un maximum de garde-fous. Mais plus elle en met, plus elle exclut des candidats potentiels. Nous, on leur demande : quelles sont les compétences essentielles pour travailler chez vous ? Il faut ramener l’entreprise à la juste exigence. »

    Certains secteurs, comme l’e-commerce, ont connu une forte accélération, qui ne disparaîtra pas ; d’autres secteurs ont tous rebondi de façon synchrone, avec les déconfinements
    Simple problème passager qui va se résorber avec la fin de la pandémie ou tournant économique structurel ? « Ce sont plus des goulets d’étranglement que de vraies pénuries », relativise Pawel Adrjan, économiste qui travaille pour Indeed. La pandémie a eu un double effet, analyse-t-il : certains secteurs, comme l’e-commerce, ont connu une forte accélération, qui ne disparaîtra pas ; d’autres secteurs ont tous rebondi de façon synchrone, avec les déconfinements. « Tous les employeurs se sont mis à recruter en même temps », explique M. Adrjan. Il faudra donc plusieurs mois pour que l’offre et la demande retrouvent un certain équilibre.

    Nicolas Bouzou, économiste qui dirige le cabinet d’études Asterès, parie au contraire sur un changement durable. « Historiquement, les guerres et les épidémies sont les deux grands chocs qui changent une société. Je crois que beaucoup de tendances qu’on observe actuellement vont durer : la volonté des gens de se rattraper et d’aller plus au restaurant va coïncider avec les salariés de ce secteur qui veulent au contraire changer de vie, par exemple. »

    Vers un transfert du pouvoir de négociation
    Pour Sebastian Dettmers, directeur général du site de recrutement StepStone, la pandémie vient accentuer un phénomène qui avait déjà commencé avant l’apparition du Covid-19. « Ce que nous connaissons actuellement n’est que le début d’une pénurie mondiale de travailleurs qualifiés. Des changements démographiques vont impacter le marché du travail. » La population vieillissante en Europe et la baisse de la natalité vont progressivement réduire le nombre d’actifs. A l’autre bout du monde, la démographie chinoise ne croît plus, ce qui va réduire le stock de main-d’œuvre bon marché.

    Dans ces circonstances, l’Europe est peut-être sur le point de voir un profond basculement économique : le transfert du pouvoir de négociation vers les travailleurs, après quatre décennies de salaires réduits et d’érosion des conventions collectives. Le phénomène est lent et ne concerne pas tous les domaines, loin de là, mais un secteur comme le BTP, déjà en tension avant la pandémie, connaît aujourd’hui une véritable guerre du recrutement.

    « Il y a des profils introuvables comme les chauffagistes, les frigoristes ou encore les chefs d’équipe espaces verts, explique Béatrice Vermot, consultante en recrutement pour l’antenne lyonnaise du cabinet Praxion. On ne les trouve pas sur Pôle emploi. On fait de l’approche directe, on va les chercher chez les concurrents ou sur les réseaux sociaux. » C’est sur LinkedIn que tout se passe. « On a plusieurs abonnements. On repère les profils “ouverts aux opportunités” et on envoie un mail. Mais il faut pouvoir leur offrir une meilleure rémunération, ou alors une évolution professionnelle : qu’ils deviennent chef d’équipe ou travaillent pour une grande entreprise qui permet des évolutions importantes. Ça n’est même pas une question de salaire, car les entreprises sont prêtes à payer 40 000 euros brut pour des CAP, BEP, BAC pro. »

    Pour attirer des candidats, les entreprises peuvent activer d’autres leviers que le salaire : selon la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), 27 % des entreprises rencontrant des difficultés de recrutement recourent à des changements dans le temps de travail, la durée du contrat ou l’organisation du travail. « Il faut entendre ce à quoi aspire le candidat, explique Pierre Lamblin, directeur des études à l’Association pour l’emploi des cadres. Il aspire à un cadre de travail où il peut s’épanouir, notamment avec la possibilité de télétravailler, et à trouver du sens dans ce qu’il fait. »

    Poussée d’inflation « possible »
    Dans ce contexte, partout en Europe, les salaires commencent à progresser. Au Royaume-Uni, ils ont fait un spectaculaire bond de 8,8 % en juillet (sur un an), mais en corrigeant de l’effet de base (le mois de juillet 2020 était catastrophique), le Bureau britannique des statistiques estime la progression autour de 4,2 %, ce qui reste significatif. En Allemagne, une étude de StepStone d’octobre 2020, en pleine pandémie, indiquait que la moitié des employeurs anticipait une hausse des salaires.

    Ce frémissement n’est pour l’instant guère perceptible en France. Selon la Dares, le salaire mensuel de base n’a augmenté que de 1,4 % au deuxième trimestre (en glissement annuel), mais il mesurait une période où les restrictions sanitaires étaient encore fortes, et le chiffre n’empêche pas de vraies poussées salariales sectorielles.

    De quoi favoriser une poussée d’inflation ? « A moyen terme, c’est une vraie possibilité. Mais ça ne me traumatise pas du tout si on a une inflation de 4 % ou 5 %, indique Nicolas Bouzou. Beaucoup de pays ont connu ça sans que ça ne pose de problème. » Après des décennies de prix au plancher, cela représenterait quand même un profond changement d’équilibre économique.

    • Les couteux DRH se lamentent de façon obscène :

      Je cite : « Ça n’est même pas une question de salaire, car les entreprises sont prêtes à payer 40 000 euros brut pour des CAP, BEP, BAC pro. »

      alors que le plus souvent, ils offrent moins que le smic pour ces qualifications.

      On comprends qu’en affirmant des trucs pareils, les futurs candidats se méfient et le postulent pas.

    • Des professions principalement occupées par les hommes (on me dira qu’il y a les serveuses pour la restauration, mais l’article parle du recrutement en cuisine ou il y a peu de femmes). C’est « étrangement » pas dans les secteurs de l’éducation, ni dans le domaine médicale ni dans l’administration qu’on va recruté. RAF des soins aux malades, aux vieilleux et aux enfants, ce qui est important c’est d’aller au resto.
      #backlash #domination_masculine #boys_club

    • Meg, dans une phrase, ça évoque la santé, le nettoyage et les commerces aussi (mais ensuite l’article ne développe que l’hotellerie/restauration et le BTP) :

      Dans l’hôtellerie et la restauration, le transport, la manutention, le BTP, l’industrie, l’aide à domicile, la santé, le nettoyage, les commerces ou encore l’informatique, il n’y a aujourd’hui pas assez de candidats.

    • De mon côté, pour le domaine qui est le mien, l’informatique, je confirme, il n’y a pas de candidats pertinents qui postulent à nos offres d’emploi. Tout simplement. Depuis le début de l’année, on a même supprimé la mention du salaire en la remplaçant par un « rémunération selon l’expérience ». Les candidats qui postulent sont des demandes d’alternances, quand l’offre précise un temps plein avec une expérience minimale. Et donc, pour le cas particulier de l’informatique, qui est différent de la restauration, du BTP ou de la santé, j’imagine qu’il s’agit tout à la fois d’une absence de volonté de bouger pour les personnes en poste, d’une forte demande par les très grosses boites et les startups (les deux étant capables de proposer des salaires illimités), et enfin, des écoles de formation à l’informatique qui sont défaillantes... les débutants sont décevants, je n’ai jamais autant stoppé de périodes d’essais que cette année.

    • Nicolas Bouzou, économiste qui dirige le cabinet d’études Asterès, parie au contraire sur un changement durable. « Historiquement, les guerres et les épidémies sont les deux grands chocs qui changent une société. Je crois que beaucoup de tendances qu’on observe actuellement vont durer : la volonté des gens de se rattraper et d’aller plus au restaurant va coïncider avec les salariés de ce secteur qui veulent au contraire changer de vie, par exemple. »

      #Nicolas_Bouzou est un expert, il écrit régulièrement dans la presse française (Le Figaro, Les Échos, L’Express, L’Opinion) et dans la presse étrangère (Financial Times, Le Temps). Et sa gueule de con s’affiche régulièrement dans les talk-show et à la rentrée sur Europe1
      https://twitter.com/nbouzou/status/1430180174868492294

      Je suis très heureux de vous retrouver à partir de la semaine prochaine chaque lundi, mercredi et vendredi, à 7h15 sur Europe1 pour défendre le développement économique, le progrès social et la liberté.

      Un article de notre expert dans L’Express (5/8/21).
      https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/nicolas-bouzou-pour-en-finir-avec-la-penurie-de-main-d-oeuvre_21

      Nous sommes nombreux à en avoir fait l’expérience pendant ces vacances : être servi dans un restaurant par une très jeune personne, qui prend la commande trente minutes après notre arrivée, qui apporte l’addition trente minutes après le café et sait à peine utiliser le terminal Carte bleue. Hors de question de râler, nous sommes en vacances, follement heureux de retourner au restaurant et on ne saurait reprocher son inexpérience à un jeune qui travaille l’été. Un débutant ne mérite pas un blâme mais un bon pourboire ! Ce qui est inquiétant, c’est le problème sous-jacent que révèle cette anecdote.

      Déjà, la formation continue doit inciter les salariés à se former prioritairement en vue de travailler dans des métiers en tension. En effet, beaucoup de nos concitoyens utilisent leur compte personnel de formation (CPF) pour prendre des cours de poterie ou de macramé. C’est fort sympathique, mais la France a aujourd’hui davantage besoin de serveurs de restaurants et de chaudronniers que de potiers. Il faudrait que les branches professionnelles et les régions puissent abonder beaucoup plus facilement les CPF, un excellent outil en soi, à la condition que les salariés suivent des formations économiquement pertinentes. L’assurance-chômage doit également, dans sa politique d’indemnisation, mieux intégrer les besoins de l’économie française.

      Franchement, entre Pôle emploi et la formation continue, on a parfois l’impression que la communication passe aussi bien que sur les lignes téléphoniques transatlantiques dans les années 1930. La dégressivité des indemnisations chômage pour les plus hauts revenus, entrée en vigueur ce 1er juillet, est une excellente chose. Il n’y a aucune raison que les plus hauts salaires de ce pays ne soient pas fortement incités à reprendre un emploi, même si ce n’est pas celui de leurs rêves. C’est au fond une question de solidarité. Néanmoins, cette politique punitive (mais justifiée) est insuffisante. Il faut aller plus loin en mettant en place des formations d’un haut niveau de qualité pour les demandeurs d’emploi prêts à travailler dans un secteur en tension. Tous au travail, pour soigner les séquelles économiques de la pandémie !

      En plus des pourboires de Mr Bouzou et ton pass sanitaire, tu vas pouvoir retourner au restaurant ! Mais apparemment, ce sera pour faire la plonge.
      Marre de l’assistanat, maintenant il faut venir en aide au Medef !
      https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-charline-vanhoenacker/le-billet-de-charline-vanhoenacker-13-avril-2020
      https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15275-13.04.2020-ITEMA_22324166-1.mp3

       

    • Chez les comiques, je demande Geoffroy Roux de Bézieux. (GRB pour les intimes et la gerbe pour les autres.)
      D’après le président du Medef, pour « tous les patrons » qu’il a vus, « le sujet numéro un, ça n’est plus la pandémie, c’est le recrutement ».
      https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/emploi-vu-les-difficultes-de-recrutement-il-y-aura-forcement-des-augment

      Pour résoudre en partie les problèmes de recrutement, le Medef soutient la réforme de l’assurance chômage, dont il demande l’application prévue le 1er octobre. Celle-ci « devrait faire revenir vers l’emploi un certain nombre de salariés », a souligné Patrick Martin. « Dans le système (actuel), il y a un certain nombre de paramètres qui permettent d’alterner des périodes de travail et des périodes de chômage en gagnant à peu près autant que si vous travailliez à plein temps », a expliqué Geoffroy Roux de Bézieux, estimant que « le système est mal conçu ».

      « Ce n’est pas la seule raison (aux problèmes de recrutement) : il y a des problèmes de mobilité géographique - déménager pour trouver un travail c’est compliqué -, des problèmes de formation professionnelle, d’adaptation entre la formation et le besoin des entreprises... On ne va pas pointer que la réforme du chômage mais c’est une des raisons et cette réforme est nécessaire », a insisté le président du Medef.


      https://twitter.com/GeoffroyRDB/status/1430218794656571395

      Mon interview dans Le Figaro à paraître demain : « il faut mettre un terme au « quoi qu’il en coûte », il faut réserver le soutien public à ceux qui en ont encore besoin ».

      Les petits secrets de Geoffroy de Bézieux, le patron du Medef. Un article de Capital.fr digne du meilleur de la presse people.
      https://photo.capital.fr/son-manoir-breton-sa-taupe-a-bercy-les-petits-secrets-de-geoffroy-de-b

      [2 Extraits] :

      Sa taupe à Bercy. Il n’aime pas qu’on l’interroge là-dessus. Sa soeur cadette, Laure, est, depuis un an, à la tête du département juridique du ministère de l’Economie et des Finances. Laure Bédier – elle est, par ailleurs, l’épouse de l’ancien directeur général délégué de Carrefour, Jérôme Bédier – donne-t-elle des infos à son frère ? “Absolument pas, il n’y a aucun conflit d’intérêts !”, tranche ce dernier.

      C’est dans ce vaste manoir donnant sur l’Atlantique que cet habitant de Neuilly se réfugie les week-ends. A son image, il est rugueux. “L’hiver, quand les vagues claquent, on se croirait à bord d’un bateau !”, nous confie Valérie Pécresse, amie intime des Roux de Bézieux et habituée des lieux (elle possède un pied-à-terre à La Baule, non loin, où elle fête ses anniversaires chaque 14 juillet, souvent en compagnie de Geoffroy et de son épouse Sabine). A l’intérieur, le décor austère est rehaussé par de grandes toiles représentant des scènes marines. Dans le parc, on peut apercevoir quelques blockhaus.” Il en a transformé un en cabane de jardin”, nous renseigne Franck Louvrier, autre invité régulier et ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. GRB y entrepose ses canoës. Le weekend, il fait son footing le long des sentiers du littoral ou se rend au club de tennis du Croisic. “Une année, mon fils aîné a joué contre lui, mais Geoff roy ne lui a pas laissé un seul point !”, relate sa voisine, l’ex-ministre très conservatrice Christine Boutin. Cet ancrage breton lui vient de sa femme, originaire de La Baule.

    • Ah ! l’inusable #stage_de_macramé ! Ça fait bien 40 ans qu’il est cité comme étant l’unique demande de formation, fort sympathique au demeurant, de beaucoup de nos concitoyens

      Rituellement invoqué longtemps avant l’existence du CPF, en fait, dès l’origine c-à-d la loi de 1971 (loi Delors) sur la Formation Professionnelle Continue.

      Ça ne me rajeunit pas, tiens !

    • En demande de formation, il y a hélas beaucoup trop de « médecines parallèles », voire de grosses daubes new age claquées au sol qui fleurent bon la secte. Avec le coaching et les formations « deviens développeur info en une semaine »… en gros, le problème, c’est qu’on a besoin de formations longues diplomantes, mais qui sortent des budgets/critères des organismes de gestion, donc, reste des thunes pour des formations courtes, pas forcément qualifiantes et probablement reconnues par personne.

  • « Il faut prendre un petit verre, on est en week-end, les grandes gares, c’est la vie » | Les nuits
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/la-nuit-des-gares-1117-il-faut-prendre-un-petit-verre-est-en-week-end-

    Janvier 1968. Robert Valette, Harold Portnoy et Colette Garrigues décident de partir, sans idée préconçue, en reportage dans une gare parisienne, à la rencontre des voyageurs/ses et des employé·es. Durée : 31 min. Source : France Culture

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-05.04.2020-ITEMA_22320423-2019C3372E0812.mp3

  • Haute Maurienne : un parc contesté par ses habitants

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-34-haute-maurienne-un-parc-conteste-


    Pour écouter, voir l’autre mp3 si pbm

    Dans la haute vallée de la Maurienne, les villages ont voté massivement contre la charte du parc national de la Vanoise. Pourquoi un tel rejet ?

    Dans la haute vallée, la commune nouvelle de Val Cenis a plus de 80 % de son territoire dans le parc. Juste au dessus des villages, c’est le royaume des bouquetins, des marmottes, du gypaète barbu, et des loups… c’est aussi un territoire immense à brouter pour les nombreux troupeaux l’été, territoire qui fait la renommée de ces fromages. 
    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10177-02.08.2021-ITEMA_22702021-2021C26362E0198.mp3


    Un espace exceptionnel à préserver, mais pour qui ? Pour les animaux sauvages ? Pour les touristes (et puis quels touristes ?) ? Ou pour les habitants ? Tentatives de compréhension d’un conflit qui dure et qui cherche la porte de sortie, avec des habitants de Termignon, Sollières-Sardières, et Lanslevillard. 

    Pour Gilbert André, un des concepteurs du parc de la Vanoise, le parc devait appartenir aux habitants qui y vivent et non à des énarques parisiens. Y. Berneron

    Il faut une écologie raisonnée, qui ne tienne pas compte que de la nature mais aussi des gens qui vivent dans les montagnes. C. Jacquemmoz

    Il nous faut le parc pour vivre, pour vendre nos Beauforts, c’est grâce à l’image du parc et aux interdictions de pesticides qui en font un produit de qualité. C. Jacquemmoz 

    • Charlène Jacquemmoz, éleveuse de vaches laitières à Termignon
    • Célia Jacquemmoz, gérante de l’Auberge de Bellecombe à Termignon
    • Yves Berneron, habitant de Lanslevillard, conteur, forestier, moniteur de ski, co-créateur de la station de Val-Cenis et fondateur de l’école de ski, 
    • Raphaël Bantin, éleveur de vaches laitières à Termignon
    • Rozenn Hars, présidente de conseil d’administration du parc national de la Vanoise et habitante de Termignon
    • Joël Blanchemain, garde-technicien du parc national de la Vanoise, secteur Haute Maurienne et habitant de Termignon
    • Bernard Dinez, éleveur de brebis laitières à Sollières-Sardières
    • Eva Aliacar, directrice du parc national de la Vanoise 

    Merci à Rémi Zanatta et Anouchka Bianchi et à André Micoud pour m’avoir accompagnée dans mes questions et réflexions. Merci aussi à Séverine et David de l’hôtel La Turra.

    Un documentaire de Myriam Prévost réalisée par Annabelle Brouard 

     #montagne #agriculture #terres #france #environnement #écologie #biodiversité #élevage #vaches #moutons #escrologistes

  • Gens du voyage - L’adolescence dans une caravane | Caroline Gillet
    https://www.franceinter.fr/emissions/foule-continentale/foule-continentale-du-vendredi-18-juin-2021

    Pruna, 19 ans, vient de la communauté des Gens du voyage. Elle a grandi sur une aire d’accueil polluée et milite pour que cela change. Elle aime par ailleurs parler des rites de sa communauté, la fan-fiction, la moto-cross et les aurores boréales. Durée : 36 minutes Source : Foule continentale, France inter

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/19004-18.06.2021-ITEMA_22703890-2021F31940S0169.mp3

  • #The_Avalanches - « Since I Left You »

    Le collectif de musiciens / producteurs / DJs australien a repoussé les limites de l’art du #sampling et de l’#échantillonnage en produisant il y a vingt ans cet album unique.

    Un disque de pop dans lequel s’entremêlent par le biais de centaines d’échantillons toute la culture musicale de ces DJs passionnés de musique au sens large : #Jazz, #Calypso, #Folk, #Country, #Bandes_Originales_de_films, #Rock, #Disco, #Pop, #Soul, #Funk, #musiques_électroniques

    https://www.franceinter.fr/emissions/dans-la-playlist-de-france-inter/dans-la-playlist-de-france-inter-01-juin-2021

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15361-01.06.2021-ITEMA_22685396-2021F28411S0152.mp3

    #musique

  • Verdragon - On veut respirer ! | C’est bientôt demain
    https://www.franceinter.fr/emissions/c-est-bientot-demain/c-est-bientot-demain-11-juin-2021

    Une première maison de l’Écologie Populaire voit le jour à Bagnolet. Génération Climat, génération Adama, même combat : « on veut respirer ». Durée : 18 min. Source : France Inter

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/20632-11.06.2021-ITEMA_22696798-2021F36566S0162.mp3

  • Une #application pour collecter les #chants_d’oiseaux

    Une telle appli, financée par des fonds publics, n’est pas destinée à amuser les citadins qui s’ennuient : elle sert avant tout la science et la cause environnementale. Dessiner une #carte sonore mondiale des chants d’#oiseaux revient à constituer une base de données inédite, qui permettra bientôt à des algorithmes d’identifier les espèces d’oiseaux et d’évaluer, selon les chants et le moment de la journée, la santé des #écosystèmes. L’appli « Dawn Chorus » permet ainsi non seulement d’éduquer son oreille et d’entendre des centaines de sortes de gazouillis, mais aussi de collecter des données pour la science.

    https://www.francemusique.fr/emissions/musique-connectee/une-application-pour-collecter-les-chants-d-oiseaux-95283

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/19527-25.05.2021-ITEMA_22679342-2021M33146S0145.mp3

    #ornithologie #radio #podcast #chronique

  • One more time, we need to talk about Gérald :

    Cas de force majeure - L’histoire de Gérald | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/158568/blog/240521/cas-de-force-majeure-lhistoire-de-gerald

    Gérald cumule à lui seul bon nombre de tares expliquant chez beaucoup le dégoût de la vie politique moderne. Son parcours singulier nous éclaire sur ce qu’il est, sur sa vision du pouvoir et sur celle des gens qui l’ont placé là. Mais il est également au croisement de l’impunité politique et policière. Pour tout cela, Gérald est un triste symbole qui méritait bien que l’on raconte son histoire.

    • sûrement un sondage commandé par Guillaume Roquette. En consultant wikipédia, j’apprends que cet enculé n’a qu’un mois de plus que moi et que l’information importante c’est le grand retour de son copain Darius depuis le 26 avril aux côté de tous leurs ami.e.s.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Darius_Rochebin

      Jean-Michel Aphatie
      Arnaud Benedetti
      André Bercoff
      Dominique Bertinotti
      Alexis Brézet
      Aymeric Caron
      Roland Cayrol
      Karima Charni
      Daniel Cohn-Bendit
      Sophie Coignard
      Michèle Cotta
      Benjamin Cruard
      Jean-Louis Debré
      Éric Decouty
      Françoise Degois
      Karima Delli
      Rokhaya Diallo
      Ava Djamshidi
      Julien Dray
      Patrice Duhamel
      Zineb El Rhazoui
      Luc Ferry
      Claire Fournier
      Alexia Germont
      Franz-Olivier Giesbert
      Yaël Goosz
      Isabelle Gounin
      Romain Goupil
      Yasmina Jaafar
      Jérôme Jaffré
      Pascal Jalabert
      Dominique Jamet
      Serge July
      Monia Kashmire
      Rachel Khan
      Gérald Kierzek
      Ludovine de La Rochère
      Virginie Le Guay
      Barbara Lefebvre
      Geoffroy Lejeune
      Jean-Claude Mailly
      Marie-Ève Malouines
      Hélène Mannarino
      Jean-Luc Mano
      Olivier Mazerolle
      Jean-Pierre Mignard
      Gérard Miller
      Bruno Millienne
      Frédéric Mitterrand
      Thierry Moreau
      Jade Partouche
      François-Xavier Pietri
      Renaud Pila
      Olivier Poels
      Thomas Porcher
      Soazig Quéméner
      Guillaume Roquette
      Yves Roucaute
      Pauline de Saint-Rémy
      Arnaud Stephan
      Maurice Szafran
      Guillaume Tabard
      William Thay
      Yves Thréard
      Valérie Toranian
      Maurice Ulrich
      Agnès Verdier-Molinié
      Judith Waintraub
      Claude Weill
      Guillaume Woznica
      Émilie Zapalski

    • 3 mars 2011
      https://www.arretsurimages.net/articles/inter-roquette-valeurs-actuelles-renonce?id=10529

      La présentatrice Audrey Pulvar a annoncé jeudi dans le 6/7 de France Inter que le directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, Guillaume Roquette, n’assurait plus sa chronique hebdomadaire du jeudi. Il a décidé de quitter la matinale après avoir reçu des mails hostiles en raison du contenu de ses chroniques, jugées trop à droite par certains auditeurs. Contacté par @si, le journaliste s’explique sur son départ.

    • À propos de la récente tribune des généraux - Jérémy Rubenstein
      https://lundi.am/Une-attaque-contre-insurrectionnelle-en-regle

      Dernier détail, la tribune des généraux a reçu une seconde vague de publicité du fait d’un sondage brandie par la plupart des médias. Ce sondage accréditerait un soutien massif de la population au contenu du texte. Il est possible de faire comme Frustration-Magazine qui démontre les biais de ce sondage en particulier [7]

      ...
      . Ou, plus simplement, de considérer à peu près tous les sondages comme simple outil de propagande (si je ne dis pas tous, c’est parce qu’il subsiste un doute sur leur réelle efficacité pour les produits commerciaux, il n’est pas impossible qu’ils parviennent à définir des préférences de couleur pour vendre une lessive ; en revanche ils ont largement prouvé leur totale ineptie à saisir les préférences entre les produits électoraux –n’importe qui est en mesure de se tromper une fois sur deux-). Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil dans le capharnaüm sondagier des États-Unis, où les énormes écarts entre sondages sont facilement identifiables aux intérêts de chaque institut. Quoiqu’il en soit, ce sondage, bien que mené par des secteurs propagandistes très différents, constitue une seconde slave de l’offensive contre-insurrectionnelle qui vient conforter l’attaque en règle du 21 avril.

    • Alors que l’un de ses journalistes se retire de l’antenne pour représenter le RN aux prochaines régionales, le positionnement de LCI interroge. Entre Cnews, la Fox News française, et BFM-TV, comment LCI se positionne-t-elle ? Son directeur général adjoint Fabien Namias est l’invité de « L’Instant M ».
      https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-05-mai-2021
      https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13938-05.05.2021-ITEMA_22657223-2021F22803S0125.mp3


      illustration de Mat Colloghan pour Acrimed.org
      https://www.acrimed.org/_Mat-Colloghan_

    • « Tribune des généraux » : LCI et la construction sondagière de « l’opinion publique »
      https://www.acrimed.org/Tribune-des-generaux-LCI-et-la-construction

      C’est une récidive : le 11 mai, Valeurs actuelles a publié sous forme de pétition une tribune de militaires d’active, écrite anonymement en soutien à la « tribune des généraux », déjà parue sur le site de l’hebdomadaire le 21 avril. Nouveau battage médiatique, entretenant le commerce de Valeurs actuelles – qui fait son auto-promotion dans les grands médias et actualise jour par jour le nombre de visiteurs uniques sur la page de la tribune – et son business de la peur. L’occasion pour nous de revenir sur la médiatisation de la tribune précédente. Et en particulier sur le rôle prépondérant joué par LCI dans la construction de l’opinion. Le 29 avril, la chaîne mobilisait en effet une grande partie de son antenne autour d’un sondage commandé à Harris Interactive, qui prétendait sonder l’opinion des Français au sujet de cette « tribune des généraux ». Un sondage qui révélait en lui-même bien des malversations, mais dont la promotion par LCI, orchestrée notamment par Éric Brunet, l’un des animateurs phares de la chaîne et ancienne plume de Valeurs actuelles, a décuplé la nuisance.

      en bonus, l’avis de Zineb El Rhazoui (mais si, enfin ! Zineb la soeur de Caroline et Philippe ...)
      https://twitter.com/LCI/status/1387842133814611969
      https://video.twimg.com/amplify_video/1387842033528807424/vid/1280x720/FDaq2pfxt3x3bPBn.mp4?tag=14

      @ZinebElRhazoui
       : « Je pense que le constat qui est tiré dans cette tribune est réel, c’est pour cela qu’il est adoubé par une majorité de votants »

      la conclusion de Pauline Perrenot :

      Cette séquence est exemplaire du climat dans lequel évolue le débat public et médiatique actuel. Un journalisme de commentaire permanent, où dominent l’éditorialisation et l’« opinion », délestées de toute épaisseur et de toute rigueur quand on sollicite l’opinion de personnes sur un objet dont elles-mêmes déclarent ne pas avoir entendu parler, ou ne pas connaître précisément. Avant que cette « opinion » – qui n’existe pas – fasse à son tour l’objet de commentaires pendant des heures sur la chaîne d’information qui l’a co-produite (et jusque dans les JT de TF1, appartenant au même groupe). Le tout mis en scène dans des « débats » réservés aux diverses variétés de la droite et de l’extrême droite, auxquelles les animateurs déroulent le tapis rouge – quand ils n’en sont pas tout simplement les sympathisants.

      #acrimed #sondologie

  • Le scandale des pesticides | Les pieds sur terre
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/le-scandale-des-pesticides

    Dès 2008, dans une des plus grosses coopératives agricoles françaises, près de Guingamp, un insecticide interdit est répandu dans les silos de stockage des céréales, à l’issue d’une décision de la direction. Une chaîne de catastrophes s’enclenche, concernant aussi bien les hommes que les animaux. Un reportage d’Inès Léraud en Bretagne. Durée : 28 min. Source : France Culture

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-26.03.2021-ITEMA_22616230-2021C6612S0085.mp3