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  • En Colombie, la paix se fait au détriment de la population rurale et de la nature
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    Dans les régions, la paix est fortement attendue. Mais tous - peuples indigènes, communautés afro-colombiennes et petits paysans - savent qu’il n’y aura pas de changement significatif à court terme. Car derrière la fin du #conflit_armé se cache un autre enjeu loin d’être réglé : celui de l’#accès_à_la_terre et la préservation des ressources naturelles. « Ce qui se passe actuellement en #Colombie est la fin du conflit armé, mais pas la solution aux problèmes » avertit le Padre Alberto Franco, de la Commission Inter-ecclésiastique Paix et Justice (CIPJ).

    Parmi les 6,7 millions de déplacés par les affrontements armés, nombreux sont ceux qui, à vouloir réclamer leurs #terres abandonnées ou dépossédées, dans le cadre de la loi de restitution de 2011, sont menacés. Entre 2011 et janvier 2016, au moins 73 reclamantes ont été assassinés. Et le phénomène de déplacement forcé, aujourd’hui plus ciblé que massif, est toujours à l’œuvre. Il aurait concerné 225.000 personnes en 2015, selon le dernier rapport de l’IEACH, l’Institut d’études sur les conflits et l’action humanitaire (Instituto de Estudios sobre Conflictos y Acción Humanitaria).

    En cause : les « néoparamilitaires », une résurgence des paramilitaires jamais vraiment démobilisés malgré la loi de 2005. Ils constituent un des plus grands obstacles à la consolidation de la paix, disent les observateurs. Ces groupes continuent de semer la terreur dans les régions. Avec, comme par le passé, l’accord tacite de certaines #entreprises_minières et #agro-industrielles installées sur les terres abandonnées ou spoliées. Présents dans plus de 27 départements des 32 que compte le pays, les #paramilitaires constituent un véritable projet de contrôle du territoire avec « la fonction politique d’éliminer les opposants et la fonction économique d’assurer les intérêts et l’appropriation des terres », explique le padre Alberto.