• L’illusion dangereuse de l’égalité devant l’épidémie - Didier Fassin - Santé publique (2019-2020) - Collège de France
    https://www.college-de-france.fr/site/didier-fassin/L-illusion-dangereuse-de-legalite-devant-lepidemie.htm

    La première disparité concerne les milieux socialement défavorisés dont les types de logement et les conditions de travail rendent malaisé le respect des consignes de prévention, dont l’accès au dépistage s’avère souvent plus difficile et qui doivent plus fréquemment renoncer à des soins. Cette disparité touche surtout les quartiers populaires, les grands ensembles d’habitat social et les campements plus ou moins licites des gens du voyage. Il s’agit d’inégalités auxquelles s’ajoute une double injustice : en se contentant d’incriminer leur comportement, on leur impute le risque plus élevé auquel ils sont exposés, phénomène bien connu consistant à blâmer les victimes ; et dans le cadre de l’état d’urgence, on les soumet à des mesures de contrôle plus répressives que ce n’est le cas pour le reste de la population.

    #crise_sanitaire #inégalité #contrôle #stigmatisation

  • Conférence du professeur Philippe Sansonetti : Covid-19 ou la chronique d’une émergence annoncée - Actualité - Collège de France
    https://www.college-de-france.fr/site/actualites/Covid-19ChroniqueEmergenceAnnoncee.htm
    16 mars 2020

    Le professeur Philippe Sansonetti, titulaire de la chaire Microbiologie et maladies infectieuses, a donné une conférence intitulée « Covid-19 ou la chronique d’une émergence annoncée » le 16 mars de 13h à 14h en direct sur le site internet du Collège de France : www.college-de-france.fr

    https://www.college-de-france.fr/media/philippe-sansonetti/UPL1414529259917354829_Covid_19_Sansonetti.pdf

  • Être artiste et mère, une émancipation à conquérir - Le Quotidien de l’Art
    https://www.lequotidiendelart.com/articles/16687-%C3%AAtre-artiste-et-m%C3%A8re-une-%C3%A9mancipation-%C3%A0

    la sociologue Mathilde Provansal évoque le témoignage anonyme d’une #artiste qui, après la naissance de son enfant, a perdu sa galerie, laquelle annula sa participation à une foire sous le prétexte : « On voulait te laisser tranquille avec ton bébé », tandis que son compagnon, artiste lui aussi, a poursuivi sa #carrière. Isabelle Graw rappelle que « le sujet des enfants reste tabou, comme si le "bon art" ne pouvait être fait que sans #enfant ». Sophie défend son choix : « Être mère ne veut pas dire s’aliéner de son travail pour l’enfant, ni être artiste s’aliéner de la vie : pour moi il y a quelque chose de cet ordre à défendre. » Elle concède avoir des craintes : « Moins on montre son travail, moins il est montré par d’autres, et moins il est montré, moins il existe ! » Et malheureusement les injonctions faites aux #femmes ont peu évolué. Anita Molinero, mère de deux enfants de 39 et 30 ans, se souvient avec une certaine distance : « Bien sûr j’ai entendu des remarques stupides, du genre "Elle a fait un enfant, c’est foutu pour elle"... » Nina Childress a deux enfants de 27 et 21 ans : « J’ai eu une expo solo dans une galerie alors que j’étais enceinte du premier, mais cela ne se voyait pas, et je n’ai rien dit. À ce moment ma carrière aurait pu débuter — on a très bien vendu —, mais je n’ai pas été prise dans la galerie. »

    #maternité

    • Artiste c’est pas n’importe quel métier, c’est une sorte de concentration capitaliste du mérite à un niveau ultra individualiste avec très faible taux de réussite (bcp de candidat·es et peu d’élu·es, concurrence féroce). On parle de vocation pour ce métier donc un registre religieux. Les gens aiment que les artistes soient entièrement consacré à leur arts, à 200%. Quand je dit que je boss de 14h à 16h par jour y compris le dimanche, sans vacances les gens kiffent, illes adorent savoir que je bosse de manière obsessionnelle à m’en rendre malade, ca les fait réver. C’est un peu une ascèse, un sacerdoce, tout doit etre sacrifié par l’artiste pour son art. Les hommes quant ils font des gosses ils peuvent s’en déchargé sur des femmes (ils ont déjà commencé en déchargeant toute la gestation sur autrui) mais pour les femmes on sais qu’elles vont se coltiner le boulot (la gestation au minimum mais ca s’arrete rarement là). Vu que les artistes sont sensé avoir une vocation pour leur art et s’y consacré avant tout, à 200% au point de s’en rendre folle et/ou malade... rajouter des enfants pour une femme ca fait pensé qu’elle est sois mauvaise artiste, sois mauvaise mère, sois les deux. Pour un homme au contraire ca lui profite sur tous les plans, ca le virilise et ca veux dire qu’il a une servante gratuite à domicile. Déja etre en couple hétéro pour une femme c’est plutot une calamité (on détruit souvent leur nom par exemple, on attribut leur travail à l’homme...), mais avoir des enfants ca signifie double journée de servitude pour elle avec un demi-salaire tandis que pour les hommes ca signifie double salaire avec une demi-journée de travail.

      D’autre part les femmes ont plus de difficultés à entré dans une carrière artistique. Elles sont souvent plus modeste et vont se dire moins facilement artiste, par exemple dire qu’elles sont des artisanes et se considéré en formation plus longtemps que les hommes, souffrir plus du syndrome de l’imposture. Mais les femmes ont surtout beaucoup de mal à se maintenir artiste dans la durée. Par exemple pour les emplois secondaires qui servent à complété les revenus des artistes, les femmes artistes se verrons proposé des emplois beaucoup moins rémunérateurs que les hommes artistes. Du point de vue des collectionneur·euses c’est un investissement plus risqué. Investir sur les créations d’une jeune artiste c’est avoir un très grand risque de la voire quitter sa carrière à cause des enfants mais pas seulement, un proche malade c’est aussi les femmes qui vont mettre leur vie en parenthèse pour s’en occuper et donc faire baisser la côte. Ca fait que si on investi dans un jeune gars prometteur il y a moins de risque qu’a un moment il arrete sa production pour s’occuper de gosses ou de proches malade et les collectionneur·euses sont celleux qui font la cote, la valeur monétaire des artistes.

      Sinon pour la concentration, personnellement quand je suis lancé sur un dessin il est très gênant que je sois interrompu. Avec des enfants les femmes sont sans cesse interrompu pour un trajet, un repas, du ménage et toutes sortes de corvées. Ma mère était peintre, avec 4 enfants et des mecs qui étaient plus des enfants supplémentaires qu’autre chose, voire pire car les enfants ne sont pas aussi toxiques et nuisibles que des hommes adultes. J’ai grandi en l’entendant se plaindre de ne pas pouvoir travailler 1h sans être interrompu par un·e de nous. Ca a du jouer dans ma perception des choses mais je déconseil aussi aux femmes d’etre en couple hétéro d’une manière générale et surtout avec un artiste car ils s’approprient souvent le travail de leur compagne (même malgré eux, les gens voyant un couple d’artiste ils vont pensé que la création viens de l’homme, je connais des femmes artistes dans cette situation on les connait comme « la femme de »)

      Il y a aussi dans la notion du talent, un cumule de l’idée de vocation, de don, de travail acharné mais aussi la capacité à rendre visible son travail aux autres. Car le succès attire le succès et on ne donne qu’aux riches. cf : la parabole des talents dans l’évangile qui montre la conception chrétienne du talent. Mais un·e artiste qui fait des trucs superbes dans sa cave et que personne ne connais, ille sera peut être doué mais on pourra pas dire qu’ille a du talent car ille lui manque la capacité à être vu, à dialogué avec un public. Il y a tout un aspect réseau à mettre en place pour obtenir cette visibilité, aller à des vernissages, des foires, voyager... ici encore les hommes sont favorisés par le boys club quand les femmes se prennent du harcelement sexuel à la place. Mais comment faire avec des enfants alors que pratiquement toute la charge des enfants est sur les femmes ? En dehors du milieu artistique la vie de mère est déjà très dévalorisée. Mes copines qui sont mère au foyer me disent qu’elles se sentent invisible et n’ont « rien inintéressant à raconter dans les diners mondains » et le phénomène est à mon avis amplifier dans le milieu artistique car on demande à l’artiste de « faire rêver ».

      Je veux pas dire qu’il ne faut pas soutenir les femmes qui veulent être artistes et mères, ni que je voudrais excusé les gens qui discriminent ces mères artistes, simplement voici le genre d’obstacles que je perçoit.

    • C’est moi qui vous remercie, c’est un sujet sur lequel je réfléchit beaucoup et j’en ai encore beaucoup à dire. Je me suis servie aussi de lectures founis ici et travaux de recherche sur le sujet
      Pour la parabole du talent je l’ai mise ici ;
      https://seenthis.net/messages/809980#message809996
      Ici d’autres ressources sur le sujet. En particulier l’effet du marché chinois sur la cote des femmes artistes (de plus en plus basse au niveau mondial)
      https://seenthis.net/messages/707028

      #talent #mérite #sexe #genre #création #gestation

      J’ai écoute presque tout le cycle de conf du college de france sur le talent par Pierre-Michel Menger
      Qu’est-ce que le talent ? Éléments de physique sociale des différences et des inégalités
      https://www.college-de-france.fr/site/pierre-michel-menger/course-2016-2017.htm

      Une chose qu’il disait qui m’as marqué, les artistes font partie d’une caste de préstige du capitalisme libéral. L’artiste, l’ingénieur, l’entrepreneur sont les trois archétypes hyper individualistes qui s’opposent à des archétypes non individualisés ; burocrate, millitaire et prètre/clerc.
      Il y a aussi l’idée de sacrifice, des souffrances physiques (ex danse) ou morale (ex ne pas enfanter pour les femmes) qui distinguent la pratique artistique des travaux routiniers des artisants, burocrates...
      Il y a aussi l’aspect « divin », démiurgique de l’artiste qui est bien sur interdite aux femmes. Le « géni » par exemple c’est une catégorie hors de l’humain, qui est du ressort divin (on est sacré géni après sa mort en general et ca dit l’influence de cet artiste hors de son époque) et vu que les femmes sont effacées des mémoires très vites après leurs morts (si c’est pas avant) et que de toute façon les collegues hommes ne font que s’approprier leur travail et se torcher dans leur art (mes collègues artistes qui ont quitter seenthis en ont été de beaux illustrateurs) ca les rend casi impossibles à devenir génie.
      Sur le géni encore j’ai entendu que c’est un mot que les gens utilisent pour ne pas se comparé à certain·nes. Un géni c’est un être surnaturel on ne peu pas s’y comparé et du coup ca rassure les gens d’utilisé cette idée.

      Par rapport à la modestie intériorisé des femmes, on retrouve le même phénomène de double contraire que pour les négociation salariales.
      Si une femme ne négocie pas - elle n’aura pas de cote très élévé.
      Si une femme négocie - elle ne sera pas mieux coté car on la verra comme une connasse arriviste et cupide.

      Vu qu’on est sur un domaine à haute charge symoblique et sprirituelle - don, talent, vocation, passion, sacrifice, creation du myth de l’artiste, necessité interieur... tout ca fricote avec la pensé religieuse.

      Autre chose aussi etre artiste c’est aussi adpoté la vie d’artiste ou vie de bohème comme on dit aussi (cf origine du mot bobo). La vocation d’artiste implique un transformation identitaire difficilement conciliable avec l’enfantement.

      Adopté une carrière d’artiste professionnelle implique des révélations identitaire, un éloignement de la famille et une mobilité géographique. On trouve aussi l’idée d’excellence car les artistes professionnels sont en principe « excellents » dans leur art, ce qui les distinguent des artistes amateurs. Et l’excellence ca coute beaucoup de travail et une grosse charge mentale, charge mentale qui est je ne vous l’apprend pas bien polluer par l’enfantement et la charge mentale domestique, familiale, sociale chez les femmes.

      Il y a aussi le fait que la société patriarcale ne veut surtout pas entendre ce que les femmes ont à dire. Une femme model c’est une meuf à poile qui se tait sur une peinture, les femmes artistes sont des anti-models. Elles ne sont pas « belles et tait toi » ce sont des mégères et elles mettent les machos en panique rien que parcequ’elles osent mettre de petit tags et se payer la tronche des couillons.
      Les expo de femmes artistes qui parlent de maternité sans petits coeurs partout sont aussi souvent censuré. Je ne me souviens plus du nom de l’expo qui avait été censuré par l’asso des enfants bleu, les artistes censuré pour sois disant pedo-sexualité etaient des femmes car elles montraient des enfants nus et parlaient de l’expérience de la maternité dans leur art et ca avait tellement choqué que l’expo a été poursuivie en justice. (je vais revenir avec les liens que je retrouve pour sourcer un peu tout ca)

      Ca me fait pensé aussi à « sortir les couteaux » de Guillaumin quant les femmes artistes s’expriment ca ressemble à des cris de bêtes pour les dominants. Si tu veux parlé de sexe par exemple sans égards pour le confort des mâles hétéros, il va pas en rester beaucoup à écouté ce que disent les femmes. Et je vous dit pas le nombre de fois ou je remarque la petite lueur d’intérêt sur mon travail s’éteindre dans l’œil d’hommes quant ils comprennent que je parle de féminisme.

      L’art ca sert à la propaguande des puissants et du pouvoir. Au temps des curés l’art c’etait de la bondieuserie, du temps des rois, c’etait de la peinture de cour, du temps de la bourgeoisie on retrouve l’art pour les bourgeois et du temps de l’ultracapitalisme mondialisé et des grands boites du cac40 l’art flatte l’ultracapitalisme mondialisé et les grandes boites du Cac40.

      Là je parle de l’art du point de vue occidental et à partir de la renaissance, par exemple la notion d’artiste et de talent est vraiment pas la même en Chine ou dans plein de cultures et d’époques.

    • Désolé j’écrit des tartines en gros désordre et j’avais meme pas lu l’article pointé par @monolecte

      Dans une enquête du magazine Spike publiée en 2015, Isabelle Graw, fondatrice de la revue Texte zur Kunst, expliquait que « dès les débuts de la modernité, on trouve l’idée que l’artiste (toujours un homme) doit renoncer au monde pour l’amour de l’art. S’il fonde une famille, ça ne le décrédibilise pas pour autant comme artiste. Pour les artistes femmes c’est l’inverse. »

      Un homme qui deviens père ca lui vaut du prestige sociale :
      – on le paye plus (et pas que les artistes)
      – il accède au statu de patriarche = paterfamillias
      – il a une bonniche gratuite à qui il a défoncé le corps, le salaire, le temps libre, la charge mentale. La nuisance faite aux femmes est très récompensé par le patriarcat
      – il va donner son nom à des gosses dont il n’aura même pas à s’occuper
      – si il prétend faire 2 fois par an quelques corvées domestiques il se croit déjà au panthéon de l’égalité et si c’est pas lui les autres le ferons pour lui
      – ca lui rapportera les points de retraite de sa victime avec la réforme.
      – il pourra avoir des enfants avec plein de femmes ca fait qu’il défoncera la vie de plein de femmes et ca c’est encore mieux pour le patriarcat de défoncer la vie de plusieurs femmes plutot qu’une seule. C’est d’ailleurs un des but de la vie d’artiste que de baiser des jeunes femmes, ca fait partie des gratifications et récompense des #grands_hommes .

      Isabelle Graw rappelle que « le sujet des enfants reste tabou, comme si le "bon art" ne pouvait être fait que sans enfant ».

      Voire par exemple l’expo de 2000 « Présumés innocents » (l’art et l’enfance) présentée à Bordeaux dans l’espace du musée d’art contemporain (CAPC), qui a vallu la mise en examen du conservateur des musées de l’époque et des deux commissaires de l’exposition. Les artistes exposant·es étaient casi toutes des femmes
      https://www.lepoint.fr/culture/l-exposition-presumes-innocents-echappe-au-proces-02-03-2011-1301462_3.php

    • Pour les artistes Pierre-Michel Menger disait que c’etait le niveau maximal d’individualisme dans notre société capitaliste. D’où leur coté « idole » c’est un peu une figure mystique du capitalisme et de l’ultra individualisme.

      Au sujet du talent, je l’ai vu définit la plus part du temps comme l’addition du don, de la vocation, de la capacité à montrer ses créations et à en tiré de la reconnaissance. Il y a une grand importance du réseau que les artistes peuvent mettre en place. Pierre-Michel Menger résume la parabole du talent à la formule « Winners take all ». Le talent attire le talent, dans le sens que plus tu va avoir de réseau, plus tu va avoir de visibilité, plus tu va avoir de talent.... il y a un effet ascendant, sauf si tu t’arrête en route par exemple comme c’est le cas souvent des femmes qui ont des enfants, ou des proches à charge comme un parent, ce qui arrive aussi plutot aux femmes. La parabole du talent fini par la confiscation du seul talent du serviteur le moins doté en talent par le maitre. Ce serviteur est chassé dans les ténèbres et son unique talent offert à celui qui en avait reçu le plus au départ qui se retrouve avec 11 talents quand l’autre n’en a plus du tout. Cette parabole est une bonne contradiction pour celleux qui prétendent que Jesus était un socialiste ou avait le sens de l’équité ou de l’égalité.
      Pour revenir au talent, si les gagnants raflent tout ca complique sérieusement les choses pour ceux dont le numéro de sécu commence par 2 .

  • Comment l’Etat français recrute les femmes au ministère de la culture -
    https://www.liberation.fr/france/2019/11/07/au-ministere-de-la-culture-les-entretiens-pervers-d-un-haut-fonctionnaire

    « J’ai uriné par terre, quasiment à ses pieds. J’étais humiliée et honteuse » : Claire (1) est l’ une des dizaines de femmes ayant passé un entretien d’embauche au ministère de la Culture avec Christian N., haut fonctionnaire du ministère de la Culture. Comme toutes celles qui ont subi ses agissements et que Libération a retrouvées, une question la hante : « Comment a-t-il pu faire autant de victimes, sans jamais être découvert ? » Dans cette affaire, les chiffres donnent le vertige. Entre 2009 et 2018, plus de 200 femmes - selon une liste qu’il a rédigée lui-même - ont été photographiées et/ou intoxiquées aux diurétiques, à leur insu, au ministère de la Culture puis à la direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Grand Est. Elles l’ont toutes été par l’ancien sous-directeur des politiques de ressources humaines au siège du ministère, situé rue de Valois, à Paris. Son but : les pousser à perdre le contrôle et à uriner devant lui.

    #travail #femmes #recrutement #emploi #violences_sexuelles #toilettes #empoisonnement #metoo

    A l’époque, la police, aussi, va refuser de s’intéresser à la situation. En 2015, Marie a tenté de porter plainte quelques semaines après son entretien avec Christian N. Sans savoir alors précisément quoi, la jeune femme est persuadée que quelque chose d’anormal s’est produit lors de la rencontre. Las. Dans un commissariat parisien, elle est éconduite : « Ils ne m’ont pas du tout prise au sérieux. Ils m’ont dit que c’était quelqu’un de haut placé et qu’on ne pouvait pas porter plainte comme ça. » Cette situation perdurera même après la révélation de l’affaire. En mai dernier, le Canard enchaîné publie le témoignage d’une victime sous le titre : « Le parquet saisi d’une histoire à se pisser dessus ». Choquées par cette formulation, plusieurs victimes se reconnaissent néanmoins dans les faits relatés par l’hebdomadaire et décident d’aller porter plainte. Claire a dû convaincre les policiers : « Ils minimisaient en disant que je n’allais pas porter plainte ou déposer une main courante pour avoir fait pipi. J’ai dû leur montrer l’article du Canard enchaîné pour qu’ils me reçoivent. »

    Face à ces difficultés et à l’impossibilité d’obtenir le soutien du ministère, Alizée s’est tournée vers Marlène Schiappa. En juin, la jeune femme l’interpelle sur Twitter. Le compte de soutien à la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, « Avec_Marlene », lui répond. Derrière ce pseudo, il y a une conseillère du cabinet (2). Dans un échange de textos que Libération a pu consulter, cette dernière promet à Alizée de l’aider en la mettant en lien avec Agnès Saal, haute fonctionnaire chargée de l’égalité et de la diversité au ministère de la Culture. Contactée par Libération, la conseillère n’a pas donné suite. « Depuis, elle ne m’a jamais recontactée. J’ai relancé le cabinet de Marlène Schiappa début juillet, mais ils ne me répondent plus du tout, regrette Alizée. Moi, je suis suivie psychologiquement, mais pour toutes les autres victimes, on fait quoi ? »

    #police #injustice #déni #omerta

    Le titre de cet article existe en plusieurs versions.
    Sur le papier « un sérial voyeur au ministère de la culture » #euphémisme
    Sur la version web « Au ministère de la Culture, les entretiens pervers d’un haut fonctionnaire ». #pornification
    #ligue_du_lol #male_gaze

    • « Ils m’ont dit que c’était quelqu’un de haut placé et qu’on ne pouvait pas porter plainte »

      Ca me rappel une remarque qu’a glissé Costa-Gavras interrogé sur Médiaprat à propos de #metoo et du cas de Adèle Haenel. Costa-Gavras a marmonné à un moment qu’on pouvait croire Adèle Haenel parceque c’était une jeune femme qui avait un césar. Même phénomène lorsqu’on a parlé de #MeToo au moment ou des star s’en sont emparées. Le tag existait bien avant, inventé par Tarana Burke en 2007 pour dénoncer les violences sexuelles, notamment à l’encontre des minorités visibles (et invisibiles médiatiquement). On limite toujours le phénomène au secteur du cinéma, à la limite c’est parfois un peu étendu au domaine aux arts, mais le lien avec ce qui se passe dans l’emploi n’est pas fait. Adele Haenel et les 200 victimes de Christian N c’est exactement le même problème.

      Costa-Gavras ce qui lui importe c’est qui a le Césare. Heureusement l’agresseur d’Adèle Haenel n’as pas de césare ni palme d’or. Il n’est pas Luc Besson alors on se fait une bonne conscience en se déchainant sur lui. Adèle Haenel fait versé de grosses larmes aux crocodiles mais les victimes de Besson laissent de glace, tout comme les minorités visibles qui utilisent #metoo depuis 2007. D’ailleurs Costa-Gavras et les medias mainstream font comme si Adèle Haenel était la première à parler en France.

      Ce matin je retrouve Marlène Schiappa qui déclare dans Marianne (rapporté par le parisien) ;

      "« Nous allons désormais expulser les citoyens étrangers condamnés pour violences sexistes ou sexuelles », a-t-il clamé auprès du magazine.

      « Ces violences ne sont excusables en aucun cas, y compris lorsqu’elles se produisent chez des populations en difficulté », souligne la ministre, qui avoue que sa proposition a suscité des débats en interne. Elle a pourtant été retenue lors du comité interministériel sur l’immigration piloté par Édouard Philippe.

      http://www.leparisien.fr/politique/tolerance-zero-schiappa-veut-faire-expulser-les-etrangers-condamnes-pour-

      (au passage je croi pas que Schiappa soit ministre et « a-t-il déclaré » est une coquille)
      –—
      Ce que je comprend c’est que c’est pas la violence le problème, en fait Schiappa s’en fiche des victimes de Christian N ou de Besson, ce qui compte c’est le niveau de hiérarchie de qui l’exerce et qui la subit. C’est un peu une évidence mais ca me frappe ces derniers jours.

      Peut être parceque cette semaine j’écoutais un cours sur le talent pendant que je dessine, pour essayé de comprendre pourquoi les discriminé·es en seraient autant dénué·es pour qu’on les voient et les entendent si peu.
      https://www.college-de-france.fr/site/pierre-michel-menger/course-2016-2017.htm
      Pierre-Michel Menger parle de la parabole des talents qui serait à la base de l’idée de mérite en occident.

      Évangile selon Matthieu, chapitre 25, versets 14 à 30 :

      D’après la traduction officielle liturgique de la Bible (source wikipédia).

      « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Parabole_des_talents#Texte_de_la_parabole_des_talents

      Alors si tu as 10 talents comme Polansky, le maitre te donnera tout, mais si tu as un seul talent comme une personne immigrée racisée, Jupiter et Schiappa en bons chrétiens, te jetterons dans les ténèbres extérieurs, pour y pleurer et grincer des dents, après t’avoir délesté de ton unique talent pour le filer à Polansky.

      #inversion_patriarcale #critique_de_la_valeur #talent #mérite #christianisme #ordolibéralisme

    • Pourquoi dans l’article son nom n’est pas cité en entier ?
      On trouve encore sa photo sur le site du ministère de la culture mais sa page a été supprimée.

    • Un commentaire qui développe les particularités sociales de Adèle Haenel -

      Un des enseignements de l’affaire Haenel, au-delà du décryptage des mécanismes de la violence sexuelle, est de mettre au jour les conditions sociales extrêmement improbables d’une telle prise de parole. Pourquoi le récit d’Adèle Haenel est-il audible/crédible (pour l’instant en tout cas), plus que ceux des autres femmes ayant dénoncé des agresseurs dans le monde du cinéma, y compris depuis l’émergence du mouvement MeToo ?
      –Parce que le rapport de force entre elle et son agresseur s’est inversé, comme elle le dit elle-même. Depuis les faits, elle est montée en puissance, alors que son pouvoir à lui n’a fait que s’amoindrir. Elle ne peut donc être vraiment suspectée de monter de toute pièce cette histoire pour attirer l’attention sur elle, ou pour gagner de l’argent. Elle dispose d’allié.e.s dans le cinéma français (surtout parmi les réalisatrices), et elle peut s’appuyer sur un réseau de soutiens plus étendu que lui. Le fait que tous les témoins cité.e.s dans le papier de Mediapart parlent à visage découvert (en « on »), fait tout à fait exceptionnel comme le souligne la journaliste Marine Turchi, en atteste.
      –Parce qu’elle est belle (et blanche, et conforme aux canons de la féminité bourgeoise), et qu’elle était déjà belle au moment des faits, les photos en attestent : elle échappe donc à la suspicion d’être trop repoussante pour avoir été agressée (contrairement à Nafissatou Diallo, cible de commentaires hallucinants sur son apparence physique, au moment de l’affaire DSK).
      –Parce que, les photos en attestent aussi, elle avait le corps d’une enfant au moment des faits, c’est sûr : on le voit car une dent définitive n’avait pas encore poussé et entravait son sourire enfantin, malgré les longues robes de soirée et le maquillage discret qu’elle portait lors des cocktails autour de la promotion du film. Elle ne peut pas être suspectée d’avoir joué la « Lolita » provocatrice (contrairement à la victime de Roman Polanski, âgée de 13 ans au moment des faits, déjà « formée » et « aguicheuse », comme l’ont répété à l’envi les commentateurs autorisés). Ce d’autant qu’elle est issue d’une famille de classe moyenne supérieure, un milieu dans lequel les normes de la féminité, à cet âge, mettent fortement à distance les marqueurs de la séduction. Cela se voit, aussi, sur les photos.
      –Parce qu’elle est soutenue par une enquête journalistique d’une très grande qualité, précise, rigoureuse, de long cours.
      –Parce que, en plus de son témoignage, des documents viennent fortement conforter son récit (des lettres datant du milieu des années 2000, conservées par Adèle Haenel, dans lesquelles Christophe Ruggia lui déclare l’amour « lourd à porter » qu’il lui a porté au cours des années précédentes – alors qu’elle avait 12-13 ans).
      –Parce qu’elle dispose des ressources intellectuelles et politiques nécessaires pour désingulariser son cas et dénoncer des rapports de force systémiques, en se prémunissant ainsi (pour l’instant…) contre les classiques accusations d’hystérie et de chasse aux sorcières.
      Ce sont des conditions socialement très improbables. Adèle Haenel elle-même dit qu’une des raisons pour lesquelles elle porte ce récit dans l’espace public est qu’elle se sent en position (et en devoir) de parler au non de toutes celles qui ne peuvent être entendues - qu’elles parlent ou pas. Les conditions socialement très improbables de la crédibilité des récits de violence sexuelle par les victimes : voilà ce qu’on doit garder en tête à chaque fois que nous parvient le récit d’une femme qui dit avoir été victime de violences sexuelles, dans le cinéma ou ailleurs.

      https://www.facebook.com/laure.ber.7/posts/10156975786138737

    • Diurétiques : nouvelles victimes et ministère de la Culture aux abonnés absents

      depuis l’enquête de Libération, rien de nouveau n’a été annoncé par le ministère de la Culture. Interrogé vendredi sur Europe 1, le ministre de la Culture, Franck Riester, s’est déclaré atterré par « cette histoire complètement folle ». « La justice va prendre les décisions qui s’imposent », ajoutait-il sans évoquer ni l’ouverture d’une enquête interne ni même la mise en place d’une procédure pour recenser ou aider les victimes. « A aucun moment le ministère ne s’est rapproché de celles qui étaient sur le fameux tableau Excel de Christian N. pour donner une quelconque info, voire un accompagnement », constate aujourd’hui un salarié du ministère qui souhaite rester anonyme. En interne, on dit même « n’avoir jamais vu la couleur de la cellule d’écoute ».

      Ce statu quo a poussé les syndicats à écrire ce mercredi matin à tous les personnels du ministère. Dans ce mail interne, signé par 7 syndicats (dont la CGT, la CFDT et la Snac-FSU), ils demandent d’« en finir avec l’omerta et l’impunité des violences hiérarchiques dans la fonction publique ». Ils dénoncent par ailleurs « une situation systémique au ministère de la Culture […] où la couverture des actes de violence et d’abus de pouvoir est favorisée par un système hiérarchique vertical violent et rigide » et demandent « la protection fonctionnelle pour les victimes de Christian N. », « une enquête ministérielle approfondie » et « le retrait immédiat des labels Egalité et Diversité décernés au ministère de la Culture ».

      https://www.liberation.fr/france/2019/11/13/diuretiques-nouvelles-victimes-et-ministere-de-la-culture-aux-abonnes-abs

  • Analyse topologique des données, par Frédéric Chazal - Collège de France - 31 mai 2017
    https://www.college-de-france.fr/site/jean-daniel-boissonnat/seminar-2017-05-31-18h00.htm

    L’Analyse Topologique des Données (TDA) est un domaine récent qui connait un succès croissant depuis quelques années. Il vise à comprendre, analyser et exploiter la structure topologique et géométrique de données souvent représentées par des nuages de points dans des espaces euclidiens ou des espaces métriques plus généraux. Avec l’émergence de la théorie de la persistance topologique, la géométrie et la topologie algorithmique ont fourni des outils mathématiques et algorithmiques nouveaux et efficaces pour aborder ce sujet.

    http://sci-hub.tw/https://dl.acm.org/citation.cfm?id=2535927
    http://gudhi.gforge.inria.fr

    #maths #TDA

  • #bullshit_job : Les cinq grandes familles de «jobs à la con» Quentin Périnel - 1 Aout 2018 - Le Figaro
    http://www.lefigaro.fr/decideurs/vie-bureau/2018/09/01/33008-20180901ARTFIG00020-les-cinq-grandes-familles-de-jobs-a-la-con.php

    Dans un livre qui paraît en cette rentrée, l’anthropologue américain #David_Graeber étaie la notion de « bullshit job » qui l’a fait connaître en 2013. Un regard critique et cynique sur la vie de bureau contemporaine.

    Lorsqu’un article fait autant de bruit dans le monde entier, c’est forcément que son auteur a visé juste. Lorsque l’anthropologue américain et militant anarchiste David Graeber - qui a animé en mars dernier une grande et passionnante conférence au Collège de France https://www.college-de-france.fr/site/evenements-culturels/Grande-conference-David-Graeber-version-originale.htm - publie, en 2013, un article intitulé « Le phénomène des jobs à la con » dans le magazine Strike !, il ne s’attendait pas à provoquer un tel émoi : des dizaines de reprises médiatiques, des traductions dans toutes les langues du monde... « Bullshit Job » : un emploi rémunéré qui est si totalement inutile, superflu ou néfaste que même le salarié ne parvient pas à justifier son existence. Telle est sa définition du concept.

    Cinq années plus tard, le chercheur américain a étayé encore davantage sa réflexion, et publie un livre - traduit aux éditions Les liens qui libèrent - qui porte le nom du phénomène. « À tous ceux qui préfèrent être utiles à quelque chose », écrit-il en première page en guise de dédicace. Dans son essai d’environ 400 pages, l’auteur dresse notamment une typologie desdits « #jobs_à_la_con », qu’il classe en cinq grandes familles représentatives, selon lui, du monde du #travail contemporain.

    • Les larbins. Les jobs de #larbins, explique-t-il, sont ceux qui ont pour seul but - ou comme but essentiel - de permettre à quelqu’un d’autre de paraître ou de se sentir important. En bref : d’aider quelqu’un à briller et à le tirer vers le haut tout en restant dans l’ombre. « Oui, il existe encore des boulots de domestiques à l’ancienne, de type féodal, soutient David Graeber. À travers l’Histoire, les riches et les puissants ont eu tendance à s’entourer de serviteurs, de clients, de #flagorneurs et autres #laquais. » Exemple ? Jack explique qu’il était démarcheur téléphonique chargé de vendre des actions à des clients, de la part d’un courtier. « L’idée était que, aux yeux du client potentiel, le courtier aurait l’air plus compétent et plus professionnel si l’on sous-entendait qu’il était trop occupé à faire du fric pour pouvoir passer les coups de fil lui-même, précise-t-il. Mon poste n’avait donc strictement aucune utilité, si ce n’est de faire croire à mon supérieur immédiat qu’il était un gros bonnet et d’en convaincre les autres. »

    • Les porte-flingue. Naturellement, le terme n’est pas à prendre au premier degré. Il s’agit d’une appellation métaphorique pour désigner ceux dont le travail a été créé par d’autres et comporte une composante agressive. « Un pays n’a besoin d’une armée que parce que les autres pays en ont une », explique Graeber. Un exemple qui vaut aussi, selon lui, pour les #lobbyistes, les #experts en relations publiques, les #télévendeurs ou les #avocats_d_affaires. « L’université d’Oxford a-t-elle réellement besoin d’employer une douzaine d’experts en #relations_publiques, au bas mot, pour convaincre le monde de son excellence ?, questionne-t-il. Il me semble au contraire qu’il faudrait au moins autant d’attachés de presse et des années d’efforts pour détruire sa réputation d’excellence, et je me demande même s’ils y parviendraient. »

    • Les rafistoleurs. Ou bricoleurs professionnels. Qui sont les #rafistoleurs ? Ceux dont le job n’a d’autre raison d’être que les pépins ou anomalies qui enrayent une organisation : ils sont là pour régler des problèmes qui ne devraient pas exister. Le terme est notamment employé dans l’industrie du logiciel, mais il peut être d’application plus générale. « Les premiers exemples de rafistoleurs auxquels on pense, ce sont des subalternes dont le boulot est de réparer les dégâts causés par des #supérieurs_hiérarchiques négligents ou incompétents », lit-on dans le livre Bullshit Jobs. « Une fois, j’ai travaillé dans une PME comme « testeuse », témoigne une employée. J’étais chargée de relire et corriger les rapports écrits par leur chercheur/statisticien star. »

    • Les cocheurs de case. Pour qu’une organisation puisse exister et que tout le monde sache qu’elle existe, il faut des #cocheurs_de_case. Il s’agit d’employés dont la seule principale raison d’agir est de permettre à une organisation de prétendre faire quelque chose qu’en réalité elle ne fait pas. Voilà une bonne définition de la réunionnite : des réunions sans cesse, pour le principe, et sans intérêt apparent ni aucune décision de prise. Graeber explique que dans la majorité des cas, les cocheurs de case sont tout à fait conscients que leur job n’aide en rien la réalisation du but affiché. Pire encore : il lui nuit, puisqu’il détourne du temps et des ressources. « L’essentiel de mon travail consistait à interviewer les résidents afin de noter leurs préférences personnelles dans un formulaire « loisirs », explique ainsi Betsy, qui était chargée de coordonner les activités de détente dans une maison de repos. (...) Les résidents savaient très bien que c’était du pipeau et que personne ne se souciait de leurs préférences. » Le temps que Betsy passait à remplir ces formulaires était précisément du temps qu’elle ne passait pas à les divertir !

    * • Les petits chefs. *C’est peut-être le profil le plus connu... et le plus haï aussi. Les petits-chefs se divisent en deux sous-catégories. Ceux du premier type n’ont qu’une fonction : assigner ou déléguer des tâches à d’autres. Ils peuvent être considérés comme le reflet inversé des larbins : ils sont tout aussi superflus, mais au lieu d’être les subordonnés, ce sont les supérieurs. Si cette première catégorie est inutile, la seconde est nuisible : il s’agit des petits chefs dont l’essentiel du travail consiste à créer des #tâches_inutiles qu’ils confient à leurs subalternes, ou même de créer de toutes pièces des « jobs à la con. » « Il est très difficile de recueillir des témoignages de petits chefs », observe Graeber. Logique : il est difficile d’admettre être chef et d’avoir un job inutile. « J’ai dix personnes qui travaillent pour moi, mais pour autant que je puisse en juger, toutes sont capables de faire le boulot sans qu’on les surveille, constate Ben, manager intermédiaire dans une entreprise. Mon seul rôle, c’est de leur distribuer les tâches - notez que ceux qui conçoivent ces tâches pourraient parfaitement les leur confier directement. » Ben va même encore plus loin dans sa lucidité quant à son travail : « J’ajoute que bien souvent, les tâches en question sont produites par des managers qui ont eux-mêmes des jobs à la con ; du coup, j’ai un job à la con à double-titre. »

    #entreprise #management #hiérarchie

  • Colloque « Nouvelles perspectives pour l’histoire de l’humanité » - Chaire de Paléontologie humaine (2008-2011) - Collège de France - 03 juillet 2018 09:00
    https://www.college-de-france.fr/site/michel-brunet/p2102055078428340_content.htm

    Voici les titres des interventions en vidéo (vidéos en lecture ou téléchargement) :

    – Évolution des primates anthropoïdes : nouvelles perspectives asiatiques
    Yaowalak Chaimanee & Olivier Chavasseau

    – Origine et évolution des hominoïdes asiatiques : état des lieux !
    Jean-Jacques Jaeger & Yaowalak Chaimanee

    – Les hominoïdes du Miocène européen
    Louis de Bonis

    – Orrorin et les nouvelles perspectives sur l’histoire de l’humanité
    Brigitte Senut

    – Toumaï, le plus ancien représentant connu de la famille humaine (7 Ma, Tchad)
    Michel Brunet & MPFT (Mission Paléoanthropologique Franco-Tchadienne)

    – Retour à l’ouest du Rift (Koro-Toro, Tchad) : la vie d’Abel à 3.5 Ma
    Franck Guy & Michel Brunet

    – Un laboratoire naturel plio-pléistocène : la formation de Shungura, basse vallée de l’Omo, Éthiopie
    Jean-Renaud Boisserie & OGRE

    – Sous la dent : les labyrinthes de l’humanité. Origine du genre Homo en Afrique du Sud
    José Braga

    – La Préhistoire des origines
    Hélène Roche & Sonia Harmand

    – Comprendre le peuplement de l’Asie du sud-est au Pléistocène
    François Sémah

    – Expansion « out of Africa » : une contribution de la Turquie au carrefour eurasiatique
    Amélie Vialet, Sandrine Prat, Mehmet Cihat Alçicek

    – L’Homme de Tautavel il y a 450 000 ans
    Henry de Lumley

    – Paléoneurologie et imagerie 3D : le cerveau, de Toumaï à l’Homo sapiens
    Thibault Bienvenu

    – Néandertal et sapiens en Europe
    Silvana Condemi

    – La contribution de la parure châtelperronienne de la grotte du Renne à la remise en question de l’axiome d’une cognition propre à chaque espèce fossile
    Francesco d’Errico

    – Transition démographique néolithique et maladies infectieuses. L’apport de la vallée du Nil
    Eric Crubezy

    #colloque #Paléolithique #évolution

  • #Migrations, #réfugiés, #exil (1/9) : Jean Jacques Hublin, « Deux millions d’années de migrations » et Dominique Charpin, « Un mur contre les Amorrites en Mésopotamie ? »
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/migrations-refugies-exil-19-jean-jacques-hublin-deux


    Pas encore écouté (oui j’ai pris beaucoup de retard :))

    "Depuis l’été 2015, l’afflux massif de réfugiés quittant le Moyen Orient est généralement présenté dans le débat public comme une « crise des migrants » qui mettrait à l’épreuve les défenses sécuritaires de l’Europe. On pourrait à l’inverse défendre l’idée que ce défi humanitaire place les réfugiés face à la #crise de l’#Europe. Elle interroge non seulement l’#universalité des #droits_de_l’homme, mais l’histoire même des rapports des sociétés aux grandes vagues migratoires qui les constituent." …

  • La mobilité dans la #Corne_de_l'Afrique : entre urgence humanitaire et contrainte sécuritaire

    Comment fonctionne la mobilité dans une zone de crises et de guerres presque permanentes depuis les années 1960 ? La #Somalie, l’#Éthiopie, l’#Érythrée, le #Soudan et #Djibouti sont à la fois des pays d’accueil et de départ de demandeurs d’asile et de migrants. La complexité des #itinéraires_migratoires et des conditions politiques de l’asile est extrême. En détaillant les stratégies et les perceptions des acteurs de la migration et de l’asile, on constate que le droit à la mobilité se négocie entre urgence humanitaire et contraintes sécuritaires. Migrants et réfugiés aspirent à la libre circulation comme ressource contre la #violence ou l’extrême #pauvreté et sont poussés à l’exil avec ou sans la #protection du #droit_international humanitaire. Les États de la région et ceux qui interviennent dans la zone (les États-Unis essentiellement) veulent contrôler la #mobilité, maintenir les régimes sociaux et politiques en place, sécuriser la #mer_Rouge et les territoires d’où partent, où arrivent et par où transitent les migrants et les réfugiés. Les organisations intergouvernementales (OIG) et les ONG humanitaires négocient entre ces deux logiques la gestion de la mobilité dans le respect des normes internationales et de la sécurité humaine.

    http://spire.sciencespo.fr/hdl:/2441/330ul8igcq9rv8fl7gvsktuefk
    #mobilité #migrations #asile #réfugiés #parcours_migratoires

    Dans l’article il y a notamment cette carte de l’itinéraire d’une personne :


    http://spire.sciencespo.fr/hdl:/2441/330ul8igcq9rv8fl7gvsktuefk/resources/migrations-securite-thiollet-2009.pdf
    #cartographie #visualisation
    cc @reka

  • L’anthropologue Philippe Descola, médaille d’or 2012 du CNRS
    http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2787.htm

    Il étudie comment les Achuar identifient les êtres de la nature et les types de relations qu’ils entretiennent avec eux. Cette expérience ethnographique nourrit sa thèse soutenue en 1983 et intitulée « La #Nature domestique, Symbolisme et praxis dans l’écologie des Achuar ». Philippe Descola y montre notamment comment les Achuar attribuent des caractéristiques humaines à la nature, les humains et non-humains formant ainsi un continuum.

    [...]

    Ce travail de terrain pousse Philippe Descola à chercher à comprendre comment ces faits très particularisés peuvent être généralisés et renseigner plus largement sur l’être humain et ses comportements, en quelque sorte « Comprendre l’unité de l’homme à travers la diversité des moyens qu’il se donne pour objectiver un monde dont il n’est pas dissociable »

    [...]

    Philippe Descola dépasse le dualisme qui oppose nature et culture en montrant qu’il n’a rien d’universel et que, en Europe même, il apparaît tardivement. Il se sert d’un double contraste basé sur deux critères « physicalité/psychisme » et « identité/différenciation » tout en distinguant quatre modes d’identification (quatre ontologies) permettant de définir des frontières entre soi et autrui parmi les sociétés humaines : le #totémisme, l’ #animisme, l’ #analogisme et le #naturalisme.

    [...]

    Il est Professeur au Collège de France depuis 2000 dans la chaire d’ #Anthropologie de la nature
    http://www.college-de-france.fr/site/philippe-descola