/2017

  • La Russie dépénalise les #violences domestiques pour éviter la « destruction de la famille »
    https://www.lemonde.fr/europe/article/2017/01/26/contre-les-valeurs-occidentales-la-russie-depenalise-les-violences-domestiqu

    Féministes et défenseurs des droits de l’homme ne désarment pas pour autant et font valoir qu’en Russie, plus de 10 000 femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint. Selon Svetlana Aïvazova, membre du conseil des droits de l’homme au Kremlin, qui s’appuie sur les statistiques officielles, 40 % des crimes graves, dont sont victimes en priorité des femmes mais aussi des enfants, se produisent en milieu familial.

    Sous la pression du pouvoir et de l’Eglise orthodoxe, les promoteurs du projet, qui devrait être adopté définitivement le 27 janvier – une simple formalité – avant d’être promulgué par Vladimir Poutine, ont remis en cause l’introduction, en juillet 2016, de la notion de « proches » dans l’article 116 du code pénal russe relatif aux violences physiques. Ils jugeaient « discriminatoire » le fait que ces proches puissent être poursuivis pénalement alors que les auteurs d’agressions bénignes qui ne font pas partie du cercle familial relèvent du droit civil.

  • En Ukraine, une taupe russe auprès du premier ministre
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/23/en-ukraine-une-taupe-russe-aupres-du-premier-ministre_5233856_3214.html

    Le sujet est ancien : dès le début du conflit entre Kiev et Moscou, en 2014, le noyautage des institutions ukrainiennes par les différents services de renseignement russe s’est révélé être l’une des faiblesses de la partie ukrainienne. Le scandale révélé jeudi 21 décembre atteint toutefois des sommets : interpellé sur son lieu de travail, un assistant et interprète du premier ministre Volodymyr Hroïsman a été inculpé pour « haute trahison » au profit de la Russie. Stanislav Iejov est accusé de collusion avec le renseignement militaire russe, le GRU.

  • Ukraine : l’opposant Mikheïl Saakachvili libéré
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/11/ukraine-l-opposant-mikheil-saakachvili-libere_5228209_3214.html

    L’ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili, arrêté vendredi à Kiev et accusé d’avoir voulu fomenter un coup d’Etat contre le président ukrainien, Petro Porochenko, a été libéré lundi 11 décembre, contre l’avis du parquet, qui demandait son assignation à résidence avec bracelet électronique.

    Le feuilleton continue,…
    … la guerre du Donbass aussi,…

    Tiens que dit ou fait notre président qui pensait, il y a 6 mois, qu’il n’y a pas de salut hors de #Minsk_2 ?

  • Le pouvoir ukrainien tente d’arrêter Mikheïl #Saakachvili, la foule le libère
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/05/mikheil-saakachvili-arrete-en-ukraine-son-convoi-bloque-par-la-foule_5224849

    L’humiliation subie par le pouvoir ukrainien est terrible. Mardi 5 décembre, sa tentative d’arrêter l’un de ses opposants les plus déterminés, l’ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili, a tourné à la débandade, révélant une fois de plus la faiblesse et l’impuissance d’un Etat mis en déroute par un opposant d’envergure modeste et quelques centaines de ses partisans.

    Première erreur, les agents masqués des services de sécurité (SBU) venus interpeller M. Saakachvili dans son appartement kiévien l’ont fait à la lumière du jour, laissant le temps à des dizaines de caméras de venir sur les lieux. Celles-ci ont pu immortaliser la fuite par les toits de l’ancien président géorgien, finalement rattrapé et placé dans un fourgon policier. Seconde erreur, les policiers se sont laissés encercler par quelques dizaines de partisans de l’opposant. Le fourgon n’a pu parcourir que quelques dizaines de mètres avant d’être bloqué par une foule toujours plus nombreuse. Lorsque de premières barricades improvisées ont été érigées pour lui barrer la route, il est apparu évident que les forces de sécurité devraient capituler, à moins d’employer la manière forte.

    A l’issue d’un face-à-face surréaliste de plus de deux heures, les partisans du Géorgien ont réussi à l’extirper du véhicule et à faire battre en retraite les forces de l’ordre. « Micha », cheveux ébouriffés, a pu s’emparer d’un mégaphone pour clamer qu’il était prêt à « donner sa vie pour l’Ukraine » et enjoindre la foule à marcher vers le Parlement. Terrible symbole d’une inversion du rapport de forces.
    […]
    L’arrestation a été ordonnée par le bureau du procureur général au titre de l’article 256 du code pénal sur la « participation à une entreprise criminelle ». Lors d’une conférence de presse, le procureur général, Iouri Loutsenko, a expliqué que Mikheïl Saakachvili avait « reçu de l’argent volé par Viktor Ianoukovitch pour financer sa tentative de s’emparer du pouvoir en Ukraine », par le biais de Sergueï Kourtchenko, un oligarque proche de l’ancien président déchu en 2014. L’hypothèse d’une extradition vers la Géorgie était également dans l’air, puisque M. Saakachvili y est poursuivi dans une procédure pour abus de pouvoir aux airs de vendetta judiciaire.

    Jusqu’à présent, l’ancien président géorgien (2004-2013) n’était recherché officiellement que pour son entrée illégale sur le territoire ukrainien, au mois de septembre. Celle-ci faisait suite à la décision de Kiev, trois mois plus tôt, de priver Saakachvili de sa nationalité ukrainienne, accordée en grande pompe en 2015 au moment de sa nomination au poste de gouverneur de la région d’Odessa. Cette décision avait déjà été interprétée comme une tentative d’écarter un gêneur.

  • Huit départements candidats pour expérimenter un « revenu de base »
    http://www.lemonde.fr/emploi/article/2017/11/26/huit-departements-candidats-pour-experimenter-un-revenu-de-base_5220475_1698

    Certains maires ont pris au mot Emmanuel Macron, qui a exprimé son « intention » de « réformer la Constitution pour assouplir le droit à l’expérimentation » au congrès des maires. Huit présidents socialistes de départements ambitionnent de tester le revenu de base pour éventuellement le généraliser. Ils veulent porter un « projet d’expérimentation au Parlement », et le défendent dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche, le 26 novembre.

    « Le revenu de base renouvelle une ambition universelle, celle qui a fondé la création du revenu minimum d’insertion [RMI] en 1988 : garantir un revenu socle pour tous », estiment les huit signataires PS de la tribune Jean-Luc Gleyze, président du département de la Gironde, André Viola (Aude), Henri Nayrou (Ariège), Philippe Martin (Gers), Mathieu Klein (Meurthe-et-Moselle), Georges Méric (Haute-Garonne), Jean-Luc Chenut (Ille-et-Vilaine), Stéphane Troussel (Seine-Saint-Denis). S’appuyant sur leur implantation locale, ils demandent à expérimenter ce concept qui divise et resurgit régulièrement dans le débat.

    Les présidents de département visent ainsi l’élaboration d’« un modèle robuste, crédible scientifiquement, audacieux socialement et soutenable financièrement grâce à des micro-simulations » partant des « réalités sociales ». L’expérimentation de terrain permettra d’évaluer le revenu de base « pour l’ajuster, avant peut-être de le généraliser », font-ils valoir sans en préciser les contours exacts.

    Des expérimentations dans d’autres pays

    Le revenu de base n’est pas le « fossoyeur de la valeur travail » mais représente au contraire « pour celles et ceux qui passent à travers les mailles du filet de toutes les politiques publiques une opportunité de reprendre le chemin de l’emploi », assurent-ils.

    Le revenu de base est inefficace, selon l’OCDE
    http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2017/05/24/le-revenu-de-base-est-inefficace-selon-l-ocde_5132824_1656968.html#PZbBTyEXO

    La Finlande commence à expérimenter le revenu universel
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/01/01/la-finlande-commence-a-experimenter-le-revenu-universel_5056148_3214.html#df

    Une campagne de financement participatif pour expérimenter le revenu de base
    http://www.lemonde.fr/emploi/article/2017/11/03/eelv-lance-un-crowdfunding-pour-experimenter-le-revenu-de-base_5209631_16986

    #RdB #financement_participatif

  • Accusations d’agressions sexuelles au sein même du Vatican
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/11/08/accusations-d-agressions-sexuelles-au-sein-meme-du-vatican_5212128_3214.html

    Livre après livre, depuis six ans, Gianluigi Nuzzi désosse pour nous certains des aspects les moins avouables de la vie au Vatican au long des dernières décennies. Les activités de sa banque, les finances opaques, la porosité aux réseaux mafieux, la gestion hasardeuse et surtout l’irrésistible inertie que la machine curiale sait opposer à quiconque veut essayer d’assainir la situation.

    Dans Péché originel, le journaliste italien, qui travaille notamment pour le Corriere della Sera, nous emmène à nouveau dans les mille et un détours des pistes enchevêtrées de son enquête toujours inachevée. Cette fois, il termine son nouvel ouvrage par un témoignage destiné à faire grand bruit. C’est celui d’un homme jeune qui raconte que, dans l’enceinte même du Vatican, un lycéen, au moins, a subi des agressions sexuelles.

    Ce témoin s’appelle Kamil Tadeusz Jarzembowski. De 2009 à 2014, de l’âge de 13 ans à 18 ans, ce jeune Polonais était résident au pré-séminaire Saint-Pie-X. Installée dans le palais Saint-Charles, à quelques mètres de la basilique Saint-Pierre et de la résidence Sainte-Marthe, où loge le pape François, cette institution accueille de jeunes garçons venus du monde entier. Collégiens ou lycéens qui s’interrogent sur une éventuelle vocation sacerdotale, ils sont aussi les servants de messe de la basilique Saint-Pierre. En résumé, ce sont les enfants de chœur du pape.

    Kamil Tadeusz Jarzembowski raconte que pendant l’année scolaire 2011-2012, la nuit, un ancien élève du pré-séminaire, autorisé par le recteur à continuer d’y résider pour préparer un cursus de séminariste, contraignait son camarade de chambre à des rapports sexuels.
    Un silence très embarrassant

    La victime avait « 17 ou 18 ans ». Sans position hiérarchique officielle, l’agresseur était cependant, aux dires de cet informateur, protégé par l’évêque recteur du pré-séminaire, dont il avait la confiance. De ce fait, il était investi d’une autorité...

    #catholicisme #violences_sexuelles #violences_masculine #religion #vatican

  • En Belgique, l’affaire des « tueurs du Brabant » rebondit et s’oriente vers l’extrême droite

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/23/en-belgique-l-affaire-des-tueurs-du-brabant-rebondit-et-s-oriente-vers-l-ext

    Un ancien gendarme, mort en 2015, serait le chef de cette bande qui a tué 28 personnes dans les années 1980.

    Trente-deux ans après les faits, la police belge est peut-être parvenue à mettre un nom sur le chef des « tueurs fous » du Brabant, une bande qui fit régner la terreur en divers endroits du royaume dans les années 1980, causant au total la mort de 28 personnes.

    Un nom ? Seulement des initiales à ce stade, « K. B. », révélées par plusieurs médias samedi 21 octobre. L’homme était de très grande taille. Or, de nombreux témoins des fusillades qui eurent lieu dans des supermarchés entre 1983 et 1985 ont évoqué la présence d’un « géant ». Et dressé un portait robot connu de tous les Belges : un individu portant un chapeau, avec de grandes lunettes rectangulaires et une mince moustache.

    K. B. était surtout un gendarme, membre du groupe Diane, l’unité d’élite de l’ex-gendarmerie, qui a été, depuis, intégrée à la police fédérale. Certains des membres de ce service ont entretenu des liens avec l’extrême droite.

    Les convictions de certains enquêteurs s’en trouvent dès lors renforcées : ils ont toujours pensé que, compte tenu du mode opératoire des tueurs, il pouvait s’agir de policiers ou de militaires, formés aux techniques des forces spéciales. La bande jouait aussi sur les symboles destinés à frapper les esprits : elle visait systématiquement la même chaîne de supermarchés et utilisait à chaque fois les mêmes véhicules. Elle dérobait de faibles butins mais se livrait à un déchaînement de violence. D’autres meurtres lui ont été attribués : ceux d’un bijoutier, d’un armurier et d’un banquier – lequel était, par ailleurs, un informateur de la gendarmerie.

    Buveur, noceur et tireur d’élite

    K. B. est décédé en 2015. Il a fait des révélations à sa famille, qui, après son décès, a contacté le fils de l’une des victimes. Cet homme en a informé la « cellule de Jumet », une unité de la police qui poursuit inlassablement ses investigations. En 2015, les députés ont voté un texte portant à quarante années – au lieu de trente – le délai de prescription afin que le dossier, qui avait causé un véritable traumatisme, ne soit pas refermé.

    Buveur, noceur, tireur d’élite, instructeur de groupes d’extrême droite, K. B. était en congé ou prétendument malade lors de plusieurs raids de la bande, ont déterminé les enquêteurs. Il aurait déclaré une blessure au pied après l’une des fusillades les plus sanglantes (huit morts à Braine-l’Alleud et Overijse, dans la grande banlieue de Bruxelles). Des témoins avaient affirmé à l’époque qu’ils avaient vu l’un des agresseurs se blesser.

    « Je sais qui est derrière la bande du Brabant », a déclaré il y a quelques jours maître Jef Vermassen, l’avocat du fils de l’une des victimes contacté par les proches de l’ancien gendarme. « Cette piste est nouvelle et crédible », a expliqué plus prudemment au journal De Morgen le procureur général Christian De Valkeneer, ancien juge d’instruction antiterroriste. Le haut magistrat indique que les investigations vont désormais se concentrer sur des membres encore en vie de l’ex-groupe Diane.

    Un million de pages

    Elles devront d’abord déterminer si K. B. était bel et bien le « géant » de la bande et tenter d’identifier ses complices. Ce n’est pas la première fois qu’un élément de cet interminable épisode criminel est présenté comme déterminant. En 2016, l’arrestation d’un homme de 68 ans, mis en examen pour meurtre et vols, auteur de confidences sur sa prétendue participation aux tueries, avait déjà agité le monde judiciaire. Mais cette piste s’était rapidement évanouie.

    Si elle se confirme, celle des gendarmes étaierait l’idée, souvent évoquée, qu’un terrorisme d’extrême droite aurait visé à l’instauration d’un régime fort, à une époque où le royaume était aussi en proie à un terrorisme d’inspiration marxiste-léniniste, celui des Cellules communistes combattantes. Ce groupe se livra à 27 attentats entre octobre 1984 et l’automne 1985.

    Le million de pages du dossier des tueurs du Brabant n’a pas permis de déterminer, jusqu’à présent, qui étaient les vrais organisateurs et qui auraient été les possibles bénéficiaires de ces « années de plomb » version belge.

    • Il me semble qu’à l’époque on remettait les réseaux gladio sur le tapis. L’affaire n’a jamais cessée de rebondir vers l’extreme droite sauf pour lemonde.

      Dailleurs sur WP :
      « Selon cette vision, les ravages de la bande étaient destinés à favoriser l’installation d’un pouvoir politique fort fondé sur le renforcement de la gendarmerie et de l’armée. La population belge était, en effet, très critique devant l’incapacité des forces de l’ordre à empêcher les tueries. D’autant plus que, à l’époque, une bande de terroristes d’extrême gauche, se présentant comme les C.C.C. (cellules communistes combattantes), commettaient divers attentats à l’explosif. Les menaces pesant sur la population auraient été délibérément organisées pour justifier l’installation d’un pouvoir fort présenté comme seul capable de mettre fin à la peur qui s’installait progressivement en Belgique.

      Pour justifier cette thèse, d’aucuns ont invoqué l’apparent professionnalisme des tueurs et des terroristes dont les agissements paraissaient inspirés directement de méthodes d’attaques enseignées à l’armée, comme le repli par échelons. Il se serait agi, en fait, d’opérations de commando camouflées. Certains éléments donnent d’ailleurs à penser que la bande des tueurs a pu profiter d’informations privilégiées, notamment parce que, malgré un quadrillage de zone installé par les gendarmes et la police, tous les plans de sécurité étaient toujours déjoués et l’on a supputé que c’était le résultat de complicités au sein des forces de l’ordre, ce qui expliquerait que les auteurs des faits n’ont pas été arrêtés. Certains se basent donc sur ces éléments pour défendre la thèse d’un complot qui aurait visé à déstabiliser l’État belge, voire d’autres pays d’Europe occidentale en relation avec des faits terroristes survenus en France et en Italie. On a notamment accusé le groupe néo-nazi Westland New Post (alias W.N.P.), infiltré par un inspecteur de la Sûreté de l’État et manipulant des services de sécurité officiels belges ou étant manipulé par ces derniers, selon les versions. On a aussi pensé à d’(ex)-gendarmes et militaires liés de près ou de loin à l’extrême droite et cherchant, en créant la peur dans la population, à susciter un mouvement d’opinion soutenant un renforcement de l’appareil répressif de l’État par le développement des moyens légaux d’enquête de la gendarmerie et de la police, ainsi que de leur armement. Cette hypothèse évoque un lien des tueurs avec l’organisation Gladio et les réseaux stay-behind, des structures clandestines de l’OTAN chargées de résister à une éventuelle invasion soviétique et dont certains membres auraient fini par dévier vers le banditisme.

      Quant aux attentats de l’extrême gauche révolutionnaire qui se produisirent à cette époque, ils renforçaient la thèse politique, puisque, par des tracts, ce mouvement, inconnu jusque là, les Cellules communistes combattantes (CCC), annonçaient vouloir combattre l’État et le capitalisme. Les membres des C.C.C. seront finalement arrêtés mais aucune preuve n’a été trouvée pour prouver qu’ils auraient été, eux aussi, manipulés pour accentuer le climat de peur régnant en Belgique. »

      L’OTAN derrière les tueries du Brabant ?
      http://www.resistances.be/tueurs13.html
      Sur les antennes de la RTBF, le lundi 26 février dernier, le journaliste d’investigation René Haquin a affirmé qu’il se pourrait que la Belgique ait été la victime d’un plan de déstabilisation fomenté par l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Les tueries du Brabant et les actions de « guérilla urbaine » des CCC auraient été une des phases de ce plan.

  • Quand l’Italie se passionne pour ses racines barbares
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/19/quand-l-italie-se-passionne-pour-ses-racines-barbares_5203335_3214.html


    Coffret reliquaire en os.
    DR/Susa, Museo Diocesano d’Arte Sacra - Sezione di Novalesa

    Dans la grande galerie des précurseurs de l’Italie contemporaine, ces ancêtres-là ne sont pas les plus présentables. Méconnus, ils ne sont pas entourés du halo de mystère qui nimbe la civilisation étrusque, aux rites obscurs et à l’écriture indéchiffrée. Conquérants, ils ne peuvent soutenir un instant la comparaison avec les Romains, dont la péninsule conserve tant de traces monumentales. Barbares entre les barbares, ils n’ont pas laissé le terrible souvenir des Wisigoths d’Alaric, auteurs du premier sac de Rome, en 410, ou des Huns d’Attila, qui ont déferlé sur l’empire d’Occident au milieu du Ve siècle, semant partout la désolation. Bref, l’odyssée des Lombards – car c’est d’eux qu’il s’agit – ne semble pas avoir grand-chose pour attirer les curieux.

    Pourtant, la grande exposition qui leur est consacrée – « Les Lombards, un peuple qui a changé l’histoire » –, ouverte le 1er septembre au cœur de leur ancienne capitale, Pavie, dans l’enceinte du Château Visconti, est en passe de battre tous les records. Avec près de 13 000 visiteurs durant le premier mois, elle fait même mieux que l’exposition Monet, pourtant nettement plus grand public, organisée dans la même ville en 2013. Elle doit se tenir jusqu’au 3 décembre, avant de partir pour Naples, puis Saint-Pétersbourg.

  • Journaliste assassinée à Malte : « C’est une guerre contre l’Etat et le crime organisé », écrit son fils

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/17/journaliste-assassinee-a-malte-c-est-une-guerre-contre-l-etat-et-le-crime-or

    Matthew Caruana Galizia « n’oubliera jamais » un assassinat « qui n’a rien d’ordinaire ». « Nous sommes des gens en guerre contre l’Etat et le crime organisé, qui sont devenus indissociables », écrit-il, traitant de « clown » le premier ministre maltais, Joseph Muscat, dont l’entourage proche a été la cible de violentes attaques de Mme Caruana Galizia, et qui a dénoncé lundi « un acte barbare » juste après le meurtre de la journaliste qu’il « a passé près d’une décennie à diabioliser et à harceler ».

    Pendant le discours du premier ministre devant le Parlement, Matthew Caruana Galizia raconte que sur le compte Facebook d’un des policiers supposé être chargé de l’enquête, on pouvait lire « chacun a eu ce qu’il méritait, de la bouse de vache ! je me sens heureux ».

    « C’est là où nous en sommes : un Etat mafieux dans lequel vous pouvez maintenant changer de genre sur votre carte d’identité (Dieu merci pour ça !) mais dans lequel vous serez pulvérisé en morceaux si vous exercez vos libertés fondamentales. »

    « Si les institutions fonctionnaient, il n’aurait pas eu à enquêter sur un assassinat, et mes frères et moi aurions toujours une mère. »
    Au printemps, le magazine Politico avait classé Mme Caruana Galizia parmi les « 28 personnalités qui font bouger l’Europe », la décrivant comme « un WikiLeaks entier en une seule femme, en croisade contre le manque de transparence et la corruption à Malte ».

  • La cour d’appel de Bruxelles a condamné, mercredi 20 septembre, un ex-député belge mis en examen pour négationnisme à se rendre pendant cinq ans, à raison d’un déplacement par an, dans cinq anciens camps de la mort, parmi lesquels Dachau, en Allemagne, Auschwitz, Treblinka et Majdanek, en Pologne. Il devra rendre compte de ses expériences sur son blog.

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/09/21/en-appel-un-ancien-depute-belge-condamne-a-visiter-des-camps-de-concentratio

  • A Moscou, les espions se pressent à l’exposition sur le maître #Kim_Philby
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/09/15/a-moscou-les-espions-se-pressent-a-l-exposition-sur-le-maitre-kim-philby_518

    Le fauteuil du maître-espion, placé à côté d’un gros poste de radio, est exposé comme une relique. Les cigares que lui a offerts Fidel Castro sont dans une vitrine, le compte rendu dactylographié de sa première visite au quartier général des services de renseignement soviétiques, en 1977, dans une autre. Cette année-là, quinze ans après s’être réfugié à Moscou, Kim Philby, l’un des plus célèbres agents britanniques recruté par le #KGB, met enfin, physiquement, les pieds chez son employeur.

    « Chers camarades, commence-t-il en anglais (il ne parlait pas russe). Mon voyage a débuté dans un parc de Londres par un après-midi ensoleillé il y a 43 ans. Durant ce long parcours, j’ai eu des pass officiels dans sept QG de renseignement, 4 britanniques et 3 américains, aussi je peux affirmer que c’est la huitième organisation majeure que j’ai réussi à pénétrer. »

    Dans les bâtiments rénovés de la Société russe historique de Moscou, ce 15 septembre, la visite de la première exposition toute entière consacrée à un espion soviétique est commentée par « l’élève » de Kim Philby, le colonel Mikhaïl Bogdanov, qui entraîne dans son sillage Sergueï Narychkine, patron des services de renseignements extérieurs russes.
    […]
    En pleine crise russo-américaine, alors que les accusations d’ingérence et d’espionnage pleuvent sur le Kremlin, sans doute faut-il voir dans cette exposition inédite un message : la Russie assume son passé, et son présent.

  • Corbyn, la renaissance surprise du Labour

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/08/11/corbyn-la-renaissance-surprise-du-labour_5171230_3214.html

    Depuis les législatives du 8 juin, le dirigeant du Parti travailliste triomphe, prêt à remplacer la première ministre, Theresa May.

    Jeremy Corbyn est prêt. Prêt à négocier le Brexit, prêt à former un gouvernement. Bref, prêt à remplacer Theresa May à Downing Street. Pour la gauche britannique, qui avait fait son deuil d’un retour au pouvoir dans un avenir prévisible, les législatives du 8 juin ont sonné comme une divine surprise et pris des airs de triomphe.

    « Dans six mois, je serai premier ministre », a confié le chef du Labour à Michael Eavis, le directeur du festival de Glastonbury, grand rendez-vous estival de la scène alternative. Le 24 juin, un discours du vieux dirigeant y a attiré plus de jeunes branchés que le groupe Radiohead, la veille. « Oh, Jer-e-my Cor-byn », scandé au rythme du tube américain Seven Nation Army des White Stripes, en est devenu l’hymne.

    Sur les colliers, les T-shirts, les posters et les sculptures de sable, « Jeremy », 68 ans, était partout. Dirigé par une Theresa May en sursis, le pays prend désormais très au sérieux la possibilité que l’ancien permanent syndical, longtemps présenté comme un loser, se voie confier les clés du « number ten », le siège du gouvernement.

    Corbynmania ?

    D’ailleurs, l’intéressé reprendra sa tournée des circonscriptions dès la mi-août, prévoyant – et souhaitant – de nouvelles élections que les travaillistes pourraient gagner, selon les sondages. Pas un média qui ne s’interroge sur la Corbynmania, pas un politologue qui ne disserte sur la renaissance surprise du Labour.

    L’obscur député de Finsbury Park (nord de Londres), élu de l’aile gauche du parti depuis trois décennies, revient de loin. Voilà tout juste un an, au lendemain de la victoire du Brexit au référendum, les trois quarts des députés de son propre parti avaient voté une motion de défiance à son encontre, l’accusant d’avoir traîné les pieds pour défendre la ligne proeuropéenne du parti. Mais les adhérents de base, qui l’avaient élu une première fois à la surprise générale en septembre 2015, l’ont conforté.

    Partisan d’un grand retour de l’Etat pour lutter contre les inégalités, anti-establishment et sceptique sur l’Europe, sympathisant du Venezuela chaviste, Jeremy Corbyn évoque aujourd’hui une sorte de Jean-Luc Mélenchon britannique. A deux différences de taille près : il a été plébiscité à la tête du Parti travailliste, et se trouve aujourd’hui en position d’accéder au pouvoir.

    Car son programme, qui tourne résolument le dos au néolibéralisme du « New Labour » de Tony Blair, a drainé un nombre spectaculaire d’électeurs. Crédité de 28 % des voix au début de la campagne des législatives, en avril, le Labour de Corbyn en a rassemblé 40 % le 8 juin. Le meilleur résultat depuis M. Blair et la plus forte remontée d’une élection à l’autre depuis… Clement Attlee en 1945.

    Un programme centré sur les principaux problèmes sociaux

    L’un des partis progressistes les plus en difficulté d’Europe est devenu en quelques semaines l’un des espoirs de la gauche. La cote de popularité de son dirigeant, catastrophique à l’été 2016 (16 % contre 52 % à Theresa May), vient de dépasser celle de la première ministre (44 % contre 34 %) qui a perdu la majorité absolue au Parlement.

    « Avec Jeremy, quelque chose de vraiment nouveau est possible, pour une fois. Il est humain, proche des gens ordinaires. Ce n’est pas seulement un homme politique, c’est l’un d’entre nous », résume Louise Emmins, 37 ans, pour qui Jeremy Corbyn symbolise un double espoir : le maintien des allocations sociales pour son mari handicapé et la fin des études supérieures payantes pour leur fils. « Il est authentique, sage, constant. Il parle aux gens, pas à la presse, et donne envie de s’engager en politique », dit Wisam Wahab, un étudiant de 17 ans rencontré lui aussi lors d’un meeting.

    Les réunions de Jeremy Corbyn mêlent toujours deux publics : de vieux électeurs du Labour qui votaient en se bouchant le nez – ou ne votaient plus du tout – pendant les années Tony Blair, Gordon Brown et Ed Miliband, et des jeunes attirés par ce qu’ils perçoivent comme un programme résolument neuf : renationalisation des chemins de fer, fin de l’austérité avec relance des services publics et construction de logements sociaux financées par une hausse de l’impôt sur les sociétés, interdiction des « contrats de travail à zéro heure » sans salaire garanti.

    « For the many not for the few » (« pour le plus grand nombre, pas pour quelques-uns ») : ce slogan est la clé de voûte d’un programme centré sur les principaux problèmes sociaux – la précarité du travail, l’inaccessibilité des logements, le coût et l’inefficacité des transports, l’engorgement des hôpitaux et des écoles.

    « Il représente le changement »

    A l’instar de Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de La France insoumise, ou de Bernie Sanders, le rival d’Hillary Clinton lors des primaires du camp démocrate américain, le vieux militant a trouvé le ton pour séduire en même temps les jeunes et les classes éduquées sans trop s’aliéner les électeurs des milieux populaires.

    Jeremy Corbyn « a réussi à rassembler les principales forces disponibles : le radicalisme anticapitaliste des jeunes, le culte bourgeois de l’authenticité et l’expression la plus crue des intérêts individuels », analyse John Gray, chroniqueur au New Statesman, un hebdomadaire de gauche. « Il représente le changement et pour bon nombre d’électeurs, cela suffit, quelle que soit la nature du changement », rétorque avec dépit Rod Liddle dans The Spectator, publication symétrique à droite qui compare son « populisme » à celui de Donald Trump.

    Les promesses de M. Corbyn, jugées impossibles à financer et démagogiques par les conservateurs, ont fait mouche, de même que son ambiguïté à propos du Brexit. Sachant que trois députés du Labour sur quatre sont élus dans des circonscriptions ayant voté pour la sortie de l’Union européenne en dépit de la consigne du parti, Jeremy Corbyn évite le plus possible d’aborder cet – énorme – sujet qui divise ses partisans. Stratégie gagnante : peu de « leavers » (pro-Brexit) travaillistes ont voté pour les europhobes du parti UKIP, et peu des « remainers » (pro-UE) ont fait défection en faveur des libéraux démocrates (LibDem) proeuropéens.

    Pour l’heure, le chef du Labour, longtemps objet du souverain mépris de Mme May, est en position de force. Les médias, où il se montre désormais très à l’aise, ont cessé de le snober. Dans le Financial Times, il évoque ses lectures de vacances, un essai sur Shelley, poète romantique aux idées révolutionnaires, son amour pour le vélo et pour son chat.

    Sur le Brexit, l’idole des jeunes joue l’ambivalence

    Augmentation du salaire des fonctionnaires, dénonciation de la dérégulation après l’incendie de la Grenfell Tower (au moins 79 morts à Londres le 14 juin), remise en cause des droits d’inscription universitaires… L’ex-outsider dicte désormais l’agenda politique à des Tories tétanisés. Theresa May lui doit probablement d’être maintenue pour l’instant au pouvoir : son éviction pourrait déboucher sur de nouvelles élections et un échec cuisant au profit du parti de M. Corbyn.

    Mais l’ambivalence de ce dernier sur le Brexit masque de moins en moins les fractures béantes du Labour sur le sujet. Comme Theresa May, le leader de gauche défend bec et ongles le Brexit et la sortie du marché unique européen, tout en promettant de négocier avec les Vingt-Sept pour obtenir le maintien du libre accès après la sortie de l’UE. Les élus Labour qui dénoncent le caractère irréaliste et démagogique de cette position sont mis à l’écart ou tancés par ses soins. Or, 66 % des adhérents du Labour sont favorables au maintien dans le marché unique.

    « Corbyn a passé sa vie à répéter que l’Europe était une partie du problème et non de la solution. Il voit le Brexit comme une chance de mettre en œuvre son programme socialiste radical de nationalisations, de retour des aides de l’Etat et de commerce administré », observe le journaliste Larry Elliott dans The Guardian.

    Bien des jeunes, furieux contre le Brexit, se sont mobilisés pour le Labour cette année, attirés aussi par sa promesse d’un retour à la gratuité de l’enseignement supérieur. Jeremy Corbyn leur doit en partie son extraordinaire remontée électorale. Que se passera-t-il lorsque, l’épreuve de vérité des négociations de Bruxelles aidant, le quiproquo sera levé et qu’ils s’apercevront que leur idole, par idéologie, s’accommode tout à fait du Brexit ?

  • Déchu de sa nationalité ukrainienne, Mikheïl Saakachvili se retrouve exilé et apatride
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/07/27/dechu-de-sa-nationalite-ukrainienne-mikheil-saakachvili-se-retrouve-exile-et

    C’est en effet depuis les Etats-Unis, où il est en voyage, que l’ancien président a lu le communiqué du service des migrations ukrainien annonçant la décision du président Porochenko de le déchoir de sa nationalité ukrainienne. M. Saakachvili avait acquis celle-ci au moment de sa nomination à Odessa, recevant son passeport des mains mêmes de M. Porochenko, son ancien camarade d’université à Kiev.

    Selon le communiqué, le Géorgien aurait à l’époque fourni dans sa requête des documents qui se seraient avérés faux ou incomplets. Aucun détail n’est donné, mais il aurait omis de mentionner qu’il faisait l’objet de poursuites judiciaires à Tbilissi.

    Problème : en devenant Ukrainien, le nouveau gouverneur s’était vu privé par les autorités de son pays d’origine de sa nationalité géorgienne. Saakachvili apatride ? La situation n’est pas complètement claire, et l’imbroglio pourrait trouver une issue grâce à la nationalité néérlandaise de son épouse. Mais selon le député ukrainien Sergueï Leschenko, compagnon de route de Mikheïl Saakachvili, celui-ci n’a pour l’heure d’autre choix que de demander l’asile aux Etats-Unis. « S’il tente de revenir en Ukraine, il sera arrêté et probablement extradé vers la Géorgie », assure M. Leschenko.

    Pour le député, comme pour la quasi-totalité des observateurs et M. Saakchvili lui-même, la motivation politique de cette décision totalement inattendue ne fait guère de doute. Elle est reconnue à demi-mot par un autre député, Anton Gueraschenko, conseiller du ministre de l’intérieur, qui écrivait mercredi sur Facebook : « Je crois que Mikheïl n’a jamais apprécié sa nationalité ukrainienne. Il a surtout utilisé l’Ukraine pour sa promotion personnelle, dans l’espoir d’un retour en Géorgie. »

    Et dire que cette belle démocratie n’est toujours pas associée à l’Union européenne !

  • L’#Union_européenne se dit prête à lancer la plus lourde procédure de #sanction contre la #Pologne
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/07/26/l-union-europeenne-se-dit-prete-a-lancer-la-plus-lourde-procedure-de-sanctio

    Bruxelles a encore durci le ton mercredi 26 juillet contre la Pologne, se disant « prête à déclencher immédiatement » la procédure pouvant suspendre ses droits de vote dans l’Union européenne, en cas de révocation des juges de la #Cour_suprême du pays.

    La Commission européenne avait lancé une première salve d’avertissements la semaine précédente, en demandant la suspension des réformes controversées de la justice du gouvernement conservateur polonais, accusées de menacer l’indépendance de la justice et contestées par des manifestations massives.

    « Des choses ont changé en Pologne » depuis, a admis le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, en référence au veto inattendu qu’a utilisé lundi le président Andrzej Duda, issu du parti au pouvoir. Mais les préoccupations de l’exécutif européen sont loin d’être éteintes, a prévenu M. Timmermans, inquiet de voir certaines mesures controversées réapparaître dans les prochaines versions des lois bloquées par le veto présidentiel.

  • 547 enfants victimes d’abus dans un chœur catholique en Allemagne
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/07/18/allemagne-547-enfants-victimes-d-abus-dans-le-ch-ur-catholique-de-ratisbonne

    Au moins 547 enfants du célèbre chœur des Regensburger Domspatzen (« les moineaux de la cathédrale de Ratisbonne ») ont été victimes de maltraitances, dont des viols, commis entre 1945 et le début des années 1990, selon un rapport d’enquête dévoilé mardi.

    Ces centaines d’enfants ont été victimes de maltraitances physiques et soixante-sept ont fait l’objet d’agressions sexuelles, dont des viols, a indiqué un avocat chargé par l’Eglise de faire la lumière sur cette affaire qui a éclaté en 2010, Ulrich Weber. Ces chiffres sont largement supérieurs à ceux publiés en janvier 2016, lorsqu’un rapport intermédiaire avait évoqué 231 victimes. En février 2015, les autorités catholiques locales n’en avaient reconnu que soixante-douze.

    Les faits couvrent des délits et crimes allant de la privation de nourriture au viol en passant par des coups ou des agressions sexuelles. La plupart des cas sont toutefois prescrits et les quarante-neuf auteurs présumés des violences identifiés dans le rapport ne devraient donc pas être poursuivis. Chacune des victimes devrait recevoir en revanche jusqu’à 20 000 euros d’indemnisation, soit près de 11 millions d’euros.
    « Système de punitions sadiques »

    Les victimes ont décrit leur passage dans ce chœur millénaire et mondialement connu comme « une prison, un enfer et un camp de concentration », « le pire moment de leur vie, marqué par la peur, la violence et la détresse », a déclaré M. Weber.

    L’affaire porte notamment sur des maltraitances qui se seraient produites alors que le frère de l’ancien pape Benoît XVI, Georg Ratzinger, dirigeait ce chœur de petits chanteurs, entre 1964 et 1994. Mgr Georg Ratzinger, aujourd’hui âgé de 93 ans, a assuré n’avoir pas eu connaissance d’abus sexuels au sein de cette chorale fondée au Moyen Age, en 975.

    Selon M. Weber, le frère de l’ancien pape savait et aurait au contraire « détourné les yeux » : la « culture du silence » régnait au sein du chœur où la protection de l’institution a semble-t-il primé, selon l’avocat. En 2010, un ancien membre de la chorale, le chef d’orchestre et compositeur allemand Franz Wittenbrink, avait témoigné au magazine allemand Der Spiegel de la violence dont était capable Georg Ratzinger, évoquant plus largement un « système de punitions sadiques relié au plaisir sexuel ».

    #viol #enfance #catholicisme #pédocriminalité #chorale #domination_masculine #violence_masculine #violence_sexuelle #enfance

    Vu que les cathos sont financés par les impôts en Allemagne, cette affaire devrait vidé un peu les vastes poches de ce club violophile.

  • Au Royaume-Uni, des propositions controversées pour améliorer le statut des travailleurs précaires
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/07/11/au-royaume-uni-des-propositions-controversees-pour-ameliorer-le-statut-des-t

    Au Royaume-Uni, cinq millions de personnes travaillent comme autoentrepreneurs, en particulier par l’intermédiaire de plates-formes Internet de partage. Pour remédier aux abus constatés dans cette gig economy (« économie des petits boulots ») dont les emblèmes sont Uber et Deliveroo, un rapport commandé par Theresa May et rendu public mardi 11 juillet fait des propositions visant à mieux protéger les travailleurs tout en assurant la prospérité des entreprises qui fleurissent en marge des lois sur le travail.

    Son auteur, Matthew Taylor, ancien conseiller de Tony Blair, propose de créer un statut de contractant dependant , intermédiaire entre celui de salarié et celui d’autoentrepreneur (self employed), donnant droit aux arrêts maladie et aux congés payés.

    Les employeurs seraient astreints à rendre public à tout moment le salaire potentiel « à la pièce » (la course par exemple) proposé en fonction du degré d’activité. Il devrait s’élever au moins à 1,2 fois le salaire minimum actuel de 7,50 livres de l’heure (8,50 euros) pour les plus de 25 ans. Mais, pendant les heures creuses, le travailleur pourrait gagner moins que ce salaire minimum à condition d’en être prévenu en consultant son portable.

    Reconquérir l’opinion

    M. Taylor suggère de supprimer la disposition qui permet de payer moins cher les intérimaires employés en permanence, mais il ne reprend pas la revendication du Parti travailliste d’interdire les « contrats à zéro heure » (aucune obligation horaire pour l’employeur) qui concernent plus d’un million de personnes. Il n’est pas question non plus de pénaliser les entreprises qui recourent systématiquement à la précarité ni d’abolir les redevances qui découragent les plaintes des salariés devant les tribunaux.

    Les premières réactions des syndicats, très actifs sur ce terrain – ils ont obtenu en justice la requalification en « salariés » des contrats de travail considérés comme « indépendants » par Uber –, ne sont pas tendres. M. Taylor « a spectaculairement échoué à s’attaquer au fléau du travail précaire dans ce pays », estime Len McCluskey, dirigeant de Unite, la principale centrale syndicale britannique.

    Selon un rapport parlementaire, les conditions de certains emplois de la gig economy reviennent à verser une rémunération effective inférieure à 2,50 livres de l’heure (2,80 euros) compte tenu de l’obligation de fournir le véhicule, le carburant et l’uniforme, avec même parfois pénalité en cas de maladie.

    On mène ici depuis plusieurs décennies (merci PS) une politique de #précarisation qui s’est également inspirée des exemples allemands (Lois Hartz) et britanniques (contrat 0 heure). La réforme à venir du droit au chômage et des conditions de l’emploi précaire qui va accompagner ici la (contre) réforme du droit du travail - il a été dit que certaines démissions pourraient ouvrir droit au chômage, que la situation des autoentrepreneurs serait davantage sécurisée, ... - ne fera pas exception. Le résumé qui suit comporte un petit état de la question en Grande Bretagne. On notera que c’est un ex-conseiller du New Labour de Blair qui planche pour les tories sur cette question ...

    #travailleurs_précaires #autoentrepreneurs #intérimaires #gig_economy