/2017

  • Le #Venezuela lance le #petro, monnaie virtuelle pour lutter contre le manque de liquidités et l’inflation
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/12/28/au-venezuela-une-monnaie-virtuelle-contre-le-blocus-financier-des-etats-unis

    Le bolivar est en capilotade, vive le petro ! Dans un Venezuela aux prises avec une monnaie en chute libre, une inflation galopante et une crise économique d’une ampleur inédite, le président Nicolas Maduro a décidé de créer une devise virtuelle.

    Le petro – c’est donc son nom –, supposé répondre au problème de manque de liquidités du pays, sera mis en prévente à partir de mardi 20 février, et jusqu’au 19 mars : 38,4 millions d’unités, sur un total de 100 millions, seront proposées aux Vénézuéliens.

    En quoi consiste cette monnaie et quelle sera sa valeur ?
    Le Venezuela avait fixé, le 31 janvier, à 60 dollars le « prix de vente de référence » du Pétro, une valeur équivalente à celle d’un baril de pétrole vénézuélien mi-janvier.

    Cette « devise cryptographique » sera en effet adossée aux réserves nationales d’or noir, et tout particulièrement aux champs de l’Orénoque et à un gisement renfermant des réserves de 5 milliards de barils « certifiés internationalement ».

    La précision a son importance car les statistiques fiables font cruellement défaut dans ce pays détenteur des plus importantes réserves mondiales d’or noir.

    On en parlait ici
    https://seenthis.net/messages/649429
    et là
    https://seenthis.net/messages/651541#message651548

  • L’euro victime d’un « krach éclair » le jour de Noël
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/12/27/l-euro-victime-d-un-krach-eclair-le-jour-de-noel_5234887_3234.html

    Un krach aussi bref que brutal a frappé la monnaie européenne lundi 25 décembre. Le blog « Zero Hedge », spécialisé sur les marchés financiers, a été le premier à remarquer ce plongeon furtif, aux alentours de 7 h 30 du matin, à New York. Selon l’agence Bloomberg, l’euro a alors perdu, en quelques minutes, jusqu’à 3 % face au dollar, retrouvant ainsi son plus bas niveau depuis le 7 novembre, avant de rebondir aussitôt. Après ce trou noir, l’euro s’est stabilisé, mardi, face au dollar, dans un marché peu animé, de nombreuses places financières restant fermées au lendemain des fêtes de Noël.

    Pour expliquer ce « krach éclair », Zero Hedge affirme que « les machines ont tiré avantage de la faible liquidité » sur le marché des changes, en ce jour de Noël. Pour Qi Gao, stratège en devises étrangères chez Scotiabank, cité par le Financial Times, le mouvement qui a fait chuter la monnaie unique a été piloté par le « trading algorithmique » (ou « #algotrading »). Ce trading automatisé consiste à transmettre des ordres au marché au moyen d’algorithmes programmés sur ordinateur, afin d’obtenir le meilleur prix, notamment en fractionnant l’ordre dans le temps et entre plusieurs systèmes de négociation.

    Ouais,… #c'est_la_faute_à_l'algo !
    Je ne sais pas quelle hypothèse est la plus effrayante :
    • une intervention délibérée à l’origine du mini-krach,
    • les superviseurs humains, en mode lendemain de fête, ont un peu traîné à stopper des algos se couvrant automatiquement contre une baisse en la transformant en avalanche.

  • Le cours du bitcoin décroche violemment
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/12/22/le-cours-du-bitcoin-decroche-violemment_5233314_3234.html

    Mais qu’arrive-t-il au bitcoin ?

    C’est exactement la question que je me suis posée - sans trop d’angoisse, tout de même : dans mon TGV vers la Bretagne (2nde classe), mes voisins, jeunes parents (à vue d’œil 2 ans et demi et 3 mois au sein) regardaient le cours du #Bitcoin tous les quarts d’heure sur leur smartphone.

    En circulant vers le bar, les jeunes sur les strapontins des plate-formes, toujours sur leur smartphone, suivaient les autres monnaies virtuelles (Ethereum, etc.)

  • Le mariage entre D’Aucy et Triskalia donne naissance à un géant breton
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/12/12/noces-bretonnes-entre-d-aucy-et-triskalia_5228415_3234.html

    Les conserves D’Aucy et les légumes Prince de Bretagne sont sur le point de convoler. Les bans de ce mariage ont été publiés, mardi 12 décembre. Des noces entièrement bretonnes. C’est d’ailleurs à l’hôtel de région, à Rennes, que l’union des deux coopératives agricoles propriétaires de ces marques connues du grand public – en l’occurrence le groupe D’Aucy et Triskalia –, a été scellée. En présence de Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional de Bretagne.

    La fusion de ces deux groupes devrait donner naissance à la première coopérative agricole bretonne. Une position que revendiquait déjà Triskalia, mais qui se renforce encore un peu plus. En effet, la coopérative Triskalia, dont le siège se trouve à Landerneau (Finistère), a affiché en 2016 un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros.

    Née en 2010 de la fusion de trois entités (Cam 56, Coopagri Bretagne et l’Union Eolys), elle dispose d’un spectre d’activités large allant des légumes Prince de Bretagne aux poulets Ronsard, en passant par la viande Socopa, le porc, la nutrition animale, les pommes de terre, les céréales ou encore les jardineries.

    Elle est aussi actionnaire de Laïta, issue du rapprochement des activités laitières de trois coopératives du Grand Ouest : Even, Terrena et Triskalia. Laïta possède les marques Paysan Breton, Mamie Nova ou Régilait. Au total, Triskalia fédère 16 000 agriculteurs adhérents et emploie 4 800 salariés.

  • L’#urbanisme #souterrain fait son trou

    Comme d’autre métropoles, #Paris veut développer l’utilisation de son sous-sol. Construire sous terre est vu de plus en plus comme un moyen de densifier la ville et d’en limiter l’#étalement.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/24/l-urbanisme-souterrain-fait-son-trou_5219539_3234.html
    #sous-sol #urban_matter #densification #villes

  • En Chine, la reconnaissance faciale envahit le quotidien
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/12/09/en-chine-la-reconnaissance-faciale-envahit-le-quotidien_5227160_3234.html

    « En Chine, les gens sont moins préoccupés par les questions de vie privée, ce qui nous permet d’aller plus vite »

    #paywall mais la simple introduction de l’article est déjà effarante...

    #vie_privée #chine #reconnaissance_faciale

  • En Chine, la reconnaissance faciale envahit le quotidien
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/12/09/en-chine-la-reconnaissance-faciale-envahit-le-quotidien_5227160_3234.html

    De la sécurité publique au paiement en caisse automatique, la technologie est utilisée tous les jours dans la société chinoise. Shanghaï, un après-midi d’automne. Alors que l’agent qui fait la circulation a le dos tourné, un homme entre deux âges traverse au rouge. Quelques secondes plus tard, son visage apparaît sur les écrans installés dans les arrêts de bus du quartier. Il y restera, en alternance avec celui d’autres contrevenants, jusqu’à ce qu’il aille s’acquitter d’une amende de 20 yuans (2,60 (...)

    #Alibaba #algorithme #facial

  • Les raisons de l’intérêt des GAFA pour nos enfants
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/12/09/les-raisons-de-l-interet-des-gafa-pour-nos-enfants_5227086_3234.html

    Le marché des 6-12 ans devient un enjeu pour la croissance future de Facebook et Google. Après avoir séduit les parents et les grands-parents, Facebook veut désormais attirer les enfants. Lundi 4 décembre, le réseau social a lancé une version destinée aux 6-12 ans de sa plate-forme de messagerie Messenger. Il n’est pas le seul à lorgner sur ce marché encore peu exploité par les géants de la Silicon Valley, notamment en raison de régulations plus strictes. Son grand rival, Google, l’a précédé, suscitant (...)

    #Apple #Google #Facebook #Messenger #YouTube #Chromebook #Chrome #enfants #marketing #EFF (...)

    ##BigData

  • Mer du Nord : le chantier faramineux du démantèlement des puits de pétrole le monde - Eric Albert - 31 Novembre 2017

    Après 40 ans d’exploitation des hydrocarbures, il faut démonter les plates-formes offshore. Un défi logistique, écologique et financier titanesque.
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/30/mer-du-nord-le-chantier-faramineux-du-demantelement-des-puits-de-petrole_522

    Quand l’énorme monstre de ferraille est arrivé au port anglais d’Hartlepool en mai 2017, Paul Corr, de la société Able UK, en charge de sa destruction, a été le premier à monter à bord. Le décor qui l’attendait sur la plate-forme pétrolière Brent Delta l’a profondément marqué. « Tout était resté en place : les gilets de sauvetage, les vêtements personnels, les photos de famille accrochées aux murs… Dans la cabine du capitaine, il y avait une tasse de café à moitié bue. C’était une vision fantomatique. »

    La plate-forme pétrolière, grande comme London Eye, la grande roue de Londres, et pesant l’équivalent de 2 000 bus, était demeurée exactement en l’état. Quelques mois plus tôt, 160 employés y travaillaient encore, mettant un point final à quatre décennies d’extraction de gaz et de pétrole.

    Le décor d’un vieux James Bond
    Aujourd’hui, une cinquantaine d’ouvriers démontent Brent Delta, morceau par morceau. Les panneaux informatiques poussiéreux de la salle de contrôle sont encore là, comme le décor d’un James Bond des années 1970 laissé à l’abandon. Fin novembre, quelques ouvriers se sont harnachés sur un côté de la plate-forme et ont découpé au chalumeau les dernières poutres qui soutenaient l’héliport et ses étages inférieurs : un pan entier – plusieurs milliers de tonnes d’acier – est venu s’écraser au sol. Plus de 97 % de la structure seront recyclés, souligne Neil Etherington, d’Able UK. En majorité, il s’agit d’acier vendu en vrac.

    La gigantesque structure d’acier est un symbole. En 1976, le champ de pétrole et de gaz de Brent, au large des côtes britanniques, qui a donné son nom au fameux « baril de Brent », a marqué le début de l’exploitation des hydrocarbures en mer du Nord. Aujourd’hui, les réserves, côté britannique, ont été exploitées aux quatre cinquièmes. Le gisement de Brent est presque vide. Delta est l’une des quatre plates-formes qui y avaient été installées et doivent donc être ramenées sur terre…….

    La suite de l’article est payante, mais le principal est dit.

    • La plate-forme pétrolière Brent Delta est démontée morceau par morceau. Les règles sont claires depuis la signature en 1992 de la Convention pour la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est : à la fin de la période d’exploitation, l’industrie pétrolière ne doit rien laisser dans la mer. Des dérogations sont possibles mais elles sont strictement encadrées. Malgré la loi, l’industrie pétrolière rechigne à tout nettoyer. Les énormes colonnes de béton qui soutenaient la plate-forme sont toujours en place, dépassant au-dessus de la crête des vagues. Impossible de les ramener à terre ! D’autant plus que le défi de fond pour la mer du Nord est financier : 56 milliards de livres (62 milliards d’euros) pour tout nettoyer d’ici à 2050. Face à l’ardoise, l’État britannique est obligé de compenser. Il accorde des rabais fiscaux qui peuvent couvrir jusqu’à 75 % des coûts et s’élèvent en moyenne à 45 %. En 2016, pour la première fois de l’histoire du Royaume-Uni, les rentrées fiscales de la mer du Nord, déjà fortement réduites par la chute du prix du pétrole, ont été annulées par les crédits d’impôt du démantèlement. Cela risque de devenir la norme. Et contrairement à la Norvège, le Royaume-Uni n’a jamais constitué de fonds souverain, malgré les 330 milliards de livres (370 milliards d’euros) d’impôts versés par l’industrie depuis les années 1970. En deux générations, l’argent des hydrocarbures s’est évaporé.*

      Il y a 20 ou 30 ans c’était plus simple pour les industriels. On fermait une usine et on laissait les débris dans une friche dédiée aux générations futures. En cas de pollution avérée, c’était l’État qui payait. Aujourd’hui les pétroliers de la mer du Nord vont dire qu’ils n’ont plus d’argent et l’État, qui ne percevra plus les recettes sur toutes les activités dépendant du pétrole, sera au bord de la faillite. Nous avons mis la mer du Nord au pillage, nous mettons toute la planète au pillage, nous laissons aux générations futures un champ de ruines. Comme écrivait Thomas More en 1516 à propos de l’or et l’argent, « La nature, cette excellente mère, les a enfouis à de grandes profondeurs, comme des productions inutiles et vaines, tandis qu’elle expose à découvert l’air, l’eau, la terre et tout ce qu’il y a de bon et de réellement utile. » En 1892 Mendeleïev, l’inventeur de la classification périodique des éléments, présentait cet avis au tsar : « Le pétrole est trop précieux pour être brûlé. Il faut l’utiliser comme matière première de la synthèse chimique » . Ce sont des points de vue éclairés que la société thermo-industrielle a été incapable d’écouter. Tant pis pour elle, tant pis pour tous ceux d’entre nous qui croient que notre niveau de vie n’est pas négociable !
      http://biosphere.blog.lemonde.fr/2017/12/08/le-petrole-etait-trop-precieux-pour-etre-brule

    • Dans cet article, Il apparait que le thatcherisme n’a été que le gaspillage de 330 milliards de livres et qu’après le début de la fin du pétrole et du gaz, la balance commerciale britannique s’est effondrée.

      Il est certain que l’Angleterre donnera l’indépendance à l’Ecosse, à charge pour elle (et ses contribuables de nettoyer le merdier.

      #pétrole #mer_du_nord #pollution #angleterre #écosse #thatcher #Atlantique #Thomas_More #générations_futures #Brent Delta #Royaume-Uni #pillage #ferraille #merdier

  • Comment Paris veut réinventer les ponts habités
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/12/07/comment-paris-veut-reinventer-les-ponts-habites_5226140_3234.html

    Ces « passerelles occupées », qui porteront à quarante le nombre de ponts parisiens sur la Seine, s’inscrivent dans le cadre de l’appel à projets international « Reinventing Cities », lancé mi-novembre par la maire (PS) Anne Hidalgo, sur le modèle de « Réinventer Paris ». Elles seront situées « entre le 4e et le 5e arrondissement ; entre le 12e et le 13e arrondissement ; enfin, entre le 15e et le 16e arrondissement », indique la Ville de Paris, qui entend toutefois laisser leur localisation précise à l’appréciation des investisseurs.

    « Des lieux de vie »

    Car ces projets doivent être intégralement financés par des acteurs privés, à charge pour eux d’inventer une activité marchande qui rentabilise leur investissement.

    ...

    Pour autant, l’argent ne serait pas la raison principale de cette occupation marchande. « Ce qui nous inspire, c’est la transformation de la relation des citadins au fleuve, assure M. Missika. Ils ne considèrent plus les ponts uniquement comme des lieux de passage mais comme des lieux de vie. »

    Il faut être drôlement étriqué·e du cervelet pour considérer que « lieu de vie » = « lieu marchand »

    #privatisation #JO sous #paywall mais peu importe, l’intro suffira

    • Comme si Paris n’était pas déjà une des ville les plus dense au monde !
      ça permettra à la spéculation immobilière de prendre pied dans le dernier espace disponible : le vide, cet insupportable vide au dessus du fleuve...

  • L’agriculture biologique a de meilleures performances économiques que la conventionnelle

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/12/06/l-agriculture-biologique-a-de-meilleures-performances-economiques-que-la-con

    Selon l’Insee, dans les trois secteurs d’activité étudiés, le vin, le maraîchage et la production laitière, les agriculteurs bio obtiennent de bons résultats.

    L’agriculture verte n’a pas à rougir de ses performances économiques. Bien au contraire. L’étude intitulée « Les acteurs économiques et l’environnement », publiée mardi 5 décembre par l’Insee, montre, dans trois secteurs d’activité – le vin, le maraîchage et la production laitière –, que les agriculteurs bio dament le pion à leurs homologues tenants d’une agriculture conventionnelle sur le plan du résultat de leurs exploitations.

    Cet éclairage est d’autant plus intéressant que le sujet a encore été peu abordé. L’enjeu est d’avoir un échantillon suffisamment représentatif pour pouvoir tirer une analyse pertinente. L’institut a choisi de travailler sur les données 2013 et de se concentrer sur trois productions au sein desquelles la proportion d’exploitations bio est significative : le maraîchage (11 %), la viticulture (6 %) et le lait de vache (3 %). Ces produits sont aussi les plus plébiscités dans le panier des consommateurs.

    L’échantillon choisi par l’Insee compte 1 800 fermes en agriculture biologique qui ont été comparées à 28 000 exploitations dites « conventionnelles », sélectionnées dans les mêmes branches d’activité. Les viticulteurs bio ont en moyenne un chiffre d’affaires de 17 000 euros par hectare, soit 46 % de plus qu’en conventionnel.

    Recours plus important aux circuits courts

    Un écart qui s’explique d’abord par une meilleure valorisation des vins, avec des prix supérieurs de 10 % à 40 %. Mais aussi par une plus forte présence en zone d’appellation d’origine protégée (AOP). Et, malgré des frais de personnel une fois et demie supérieurs, l’excédent brut d’exploitation (EBE) atteint en moyenne 6 400 euros à l’hectare, contre 3 700 euros pour le viticulteur conventionnel.

    En maraîchage, le chiffre d’affaires moyen des producteurs bio est inférieur à celui de leurs homologues conventionnels (10 900 euros, contre 12 500 euros à l’hectare). Mais l’EBE, lui, est supérieur (3 300 euros contre 2 500 euros à l’hectare). Le fait d’utiliser moins d’engrais et de pesticides allège la facture.

    De même, le coût réduit des aliments et une meilleure valorisation du prix du lait (+ 18 %) permettent de compenser la différence de chiffre d’affaires des éleveurs laitiers bio, confrontés à une baisse de productivité d’un quart. Les aides à l’agriculture bio calculées à l’hectare soutiennent aussi les éleveurs. Résultat, leur EBE est, en moyenne, supérieur de 20 %.

    Autre facteur explicatif de la meilleure performance économique des exploitations vertes : un recours plus important aux circuits courts pour commercialiser leurs produits. C’est le cas pour 90 % des maraîchers bio et pour 70 % des viticulteurs bio.

  • Contrôle d’Internet : le voyage remarqué des patrons d’Apple et de Google en Chine
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/12/04/controle-d-internet-le-voyage-remarque-des-patrons-d-apple-et-de-google-en-c

    Tim Cook et Sundar Pichai participaient, dimanche, à la conférence mondiale de l’Internet organisée par les autorités chinoises. Une conférence mondiale de l’Internet… organisée en Chine. Rien qu’à l’énoncé de cette phrase, toute personne qui possède la moindre connaissance des pratiques de censure imposées par Pékin froncerait les sourcils. D’autant que l’organisateur de l’événement n’est autre que l’administration du cyberespace chinoise, sorte de superministère de l’Internet. Et pourtant, pour la 4e (...)

    #Apple #Google #VPN #web #surveillance

  • L’art, nouvelle passion des centres commerciaux
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/29/l-art-nouvelle-passion-des-centres-commerciaux_5222196_3234.html

    Miami, Dallas, Hongkong, Tokyo, Shanghaï, Paris, Metz ou Cagnes-sur-Mer, même combat. Les centres commerciaux et les grands magasins ne jurent plus que par les expositions d’art contemporain. Dès 1975, le pape du pop art, Andy Warhol, prophétisait : « Un jour, tous les grands magasins deviendront des musées et tous les musées deviendront des grands magasins. » Il avait vu juste.

    Jeudi 30 novembre, la Galerie des Galeries présentera une nouvelle exposition aux Galeries Lafayette, boulevard Haussmann, à Paris, « Always someone asleep and someone awake », une réflexion sur la fête. « Un espace non marchand de 300 m2 accessible gratuitement à nos 100 000 clients quotidiens, uniquement pour que l’art soit accessible au plus grand nombre », explique Guillaume Houzé, directeur de l’image et de la communication du groupe. Les quarante premières expositions ont été vues par 12 000 à 15 000 visiteurs dans ce lieu coincé au premier étage au fond d’un couloir, à deux pas du rayon des marques de prêt-à-porter ultrachic. De l’image ? De la communication luxueuse ? A ses yeux, sans doute.
    « Les grands magasins doivent raconter des histoires. Aujourd’hui plus que jamais », explique Guillaume Houzé, directeur de l’image et de la communication des Galeries Lafayette.

    Egalement président de la Fondation d’entreprise Galeries Lafayette, qui ouvrira au printemps dans le quartier du Marais à Paris, M. Houzé poursuit une tradition familiale. En 1946, en effet, les Galeries exposaient déjà Nicolas de Staël ou Alberto Giacometti. Et sa grand-mère à poigne, Ginette Moulin, elle-même petite-fille du cofondateur du grand magasin Théophile Bader, a constitué une importante collection d’art contemporain.

    « Les grands magasins doivent raconter des histoires. Aujourd’hui plus que jamais », assure l’héritier qui s’est entouré de conseillers ad hoc. « Les artistes...

    #pay_wall #art #décoration #commerce

  • Les #médias numériques américains à la peine (en fait, on sait pas trop)
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/25/les-medias-numeriques-americains-a-la-peine_5220415_3234.html

    D’autres signes illustrent ce coup de froid : BuzzFeed et Vice Media, deux grands « pure players » mêlant info et divertissement à destination d’un public jeune, n’atteindront pas leurs objectifs de chiffre d’affaires en 2017, a annoncé le Wall Street Journal, le 16 novembre. Le premier devrait rater « de 15 % à 20 % » sa cible de 350 millions de dollars ; le second ne pas engranger les plus de 800 millions de dollars prévus. « Même BuzzFeed, l’un des médias numériques les plus puissants, est confronté à des incertitudes. C’est terrifiant pour tous les autres », analyse le journaliste senior de Newsweek Zach Schonfeld.

    Le buzz négatif actuel – d’aucuns vont jusqu’à parler d’« apocalypse numérique » – est à la mesure de l’euphorie passée. Les deux tendances sont nourries par une opacité à propos des chiffres : Vice Media et BuzzFeed ne « commentent pas » leurs revenus et ils n’indiquent pas s’ils sont rentables.

    Lire aussi « Métamorphoses du paysage médiatique américain, par Rodney Benson (@mdiplo, septembre 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/09/BENSON/57835

    Il y a un demi-siècle, le président américain Richard Nixon fustigeait « les médias » comme s’il s’agissait d’une seule entité indistincte. À une époque dominée par une poignée de chaînes de télévision, de magazines et de journaux, il n’avait pas tout à fait tort. Toutefois, depuis le début des années 2000, le paysage s’est largement diversifié.

    On peut distinguer au moins trois familles, tous genres et supports confondus. D’abord celle de l’info-divertissement de masse, avec des sites Internet bien établis comme BuzzFeed et le Huffington Post ainsi que de grandes chaînes de télévision nationales (CBS, ABC, NBC, leurs filiales locales et la chaîne d’information CNN. Puis vient la famille partisane (2), représentée par Fox News (conservatrice), MSNBC (progressiste), des radios principalement conservatrices, la blogosphère et les satires politiques comme le « Daily Show », présenté par Trevor Noah, et « Last Week Tonight with John Oliver ». La troisième famille privilégie un journalisme de qualité, avec des titres comme le New York Times, le Wall Street Journal, Politico, des magazines nationaux comme Time et The Atlantic, ainsi que les principaux journaux régionaux. Les secteurs public et associatif, minoritaires mais dynamiques, proposent parfois un contrepoids à ce système indexé sur l’économie de marché.

    Mais les limites entre ces catégories sont floues et poreuses. Des chaînes de télévision et des sites comme le Huffington Post et Vox tentent de réconcilier journalisme de qualité et info-divertissement ; la neutralité politique affichée par le New York Times et d’autres médias dominants est vivement contestée, pas seulement par des critiques conservateurs. À l’autre bout du spectre, quand la plus grande télévision locale, Sinclair, regardée par 70 % des foyers américains, recrute un ancien porte-parole de M. Donald Trump au poste d’analyste politique en chef, on lui reproche d’utiliser ses 173 chaînes pour « promouvoir un programme essentiellement de droite ».

    Pour bien comprendre l’avènement de ce nouvel écosystème, il faut revenir sur la période qui a suivi le prétendu « âge d’or » des années 1970, marqué par le Watergate (1972-1974) : les années 1980 et 1990, au cours desquelles le profit devint l’alpha et l’oméga des médias.

  • Très cher Léonard | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/11/26/tres-cher-leonard

    Toujours soucieux d’apporter à nos lecteurs les éclairements nécessaires, et ce à propos de cette colossale adjudication, nous avons questionné au téléphone à Paris Thierry Ohrmann, directeur d’Artprice et spécialiste de la cotation du marché de l’art. Thierry Ohrmann a donné son accord à l’enregistrement de cette conversation téléphonique que nous vous livrons.

    Bonjour Thierry Ohrmann. Vous êtes aujourd’hui reconnu comme un des plus informés quant à tout ce qui touche au marché de l’art, ces deux termes vont si bien ensemble. Nous appelons cela un oxymore. Cette annonce de l’adjudication record de Salvator Mundi a éveillé la curiosité de plus d’un de nos lecteurs. Êtes-vous autorisé à nous révéler le nom de ce nouvel oint du Seigneur ? Ne s’agirait-il pas de Bernard Arnault, l’amateur éclairé, le mécène prestigieux, l’ambassadeur de la french touch ? Un des rares, à notre connaissance, en France, à pouvoir signer un chèque à neuf chiffres.

    Mais voyons ! Pour en faire quoi ? L’exposer dans son bureau ? Cessons là ces enfantillages. Où serait l’intérêt Non, les acquéreurs sont deux fonds d’investissement associés – siègent-ils aux Bermudes, aux Îles Vierges ou aux Îles Caïmans, c’est une autre histoire – deux fonds d’investissement qui comptent faire de ce Christ Salvateur un tout simple produit commercial.

    Mais, comptent-ils le revendre pour en tirer bénéfice ? On voit mal, au prix d’acquisition annoncé, quelle marge supplémentaire ils pourraient tirer d’une revente, même à la sauvette.

    Éclats de rire dans l’écouteur. Qui vous parle de revente ? Non, il s’agira de location. Connaissez-vous « l’industrie muséale » ? 700 nouveaux musées émergent aujourd’hui chaque année dans le monde. Ils sont à l’affût permanent d’œuvres de qualité à accrocher à leurs cimaises. Nous ne sommes plus à l’époque révolue des collectionneurs d’art, mais à celle d’un marché de 70 millions et plus de consommateurs. 450 millions de dollars est un prix raisonnable et calibré si l’on tient compte du modèle économique auquel il s’adosse.

    Le cash-flow est immédiat, généré par la billetterie des musées. Avec une telle œuvre, et la publicité qui en est faite, cela fait partie du marché, vous êtes assurés de déplacer les foules. Comme au Louvre, où le circuit Joconde à son propre chiffre d’affaires.

    Thierry Ohrmann, êtes-vous en train de nous dire que le patrimoine artistique de l’humanité est en passe de devenir un eldorado profitabiliste ?

    Exactement. Les banques lèvent aujourd’hui des fonds colossaux pour constituer des fonds d’art, variante des fonds d’investissement, et miser à guichets fermés sur les icônes de l’art contemporain. Placements sûrs et peu risqués, le retour sur investissement peut atteindre 18 %. Pour les financiers d’aujourd’hui, les œuvres d’art sont devenues des actifs à part entières, comme une action ou une obligation. Et c’est le mot, un nouvel eldorado. Le marché de l’art est un des seuls à remarquablement résister aux chocs qui frappent les Bourses (mettez une majuscule, s’il vous plaît, dans votre papier). Les œuvres d’art sont un placement sûr et peu risqué, porté par l’appétit des musées et des consommateurs que nous sommes tous.

  • En Chine, des étudiants forcés de fabriquer l’iPhone X
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/24/a-zhengzhou-rencontre-avec-les-etudiants-forces-de-fabriquer-les-iphone-x_52

    Cet automne, les usines de Zhengzhou tournent à plein pour fournir des exemplaires de l’#iPhone X au monde entier. Foxconn, le principal sous-traitant d’Apple en Chine, s’est installé dans la capitale du Henan en 2012 pour bénéficier de la main-d’œuvre abondante et bon marché de cette province du centre de la Chine, la plus peuplée du pays.

    Mais en plus des ouvriers, les stagiaires, qui restent quelques mois et coûtent moins cher en charges sociales, sont jugés parfaits pour répondre aux besoins saisonniers. Plus de 3 000 étudiants travaillent actuellement sur les lignes d’assemblage de #Foxconn, dans les mêmes conditions que des ouvriers. Les tâches répétitives qu’ils accomplissent n’ont aucun lien avec leurs études. Ils effectuent des heures supplémentaires, en violation de la loi.
    « Si on ne le fait pas, l’école ne nous donnera pas notre diplôme »

    #Apple #SoCool #GAFA

  • La faiblesse des salaires publics pèse (aussi) sur l’inflation
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/21/la-faiblesse-des-salaires-publics-pese-aussi-sur-l-inflation_5218034_3234.ht

    C’est l’un des grands mystères sur lequel les économistes s’arrachent actuellement les cheveux : en dépit de la reprise, l’inflation reste anormalement basse dans les pays de l’Organisation de coopération et développements économiques (OCDE). « C’est en partie lié à la faiblesse des cours du pétrole, mais aussi, et surtout, à celle des salaires », explique Véronique Riches-Flores, économiste indépendante.

    Coupable ? La persistance d’un chômage encore élevé, bien sûr : face au grand nombre de candidats sur le marché du travail, les entreprises n’ont pas besoin d’accorder des augmentations. Mais pas seulement. « Austérité oblige, l’évolution des salaires publics a également été faible depuis 2009 dans beaucoup d’économies », expliquent Gabriel Stern et Rinalds Gerinovics, économiste chez Oxford Economics. IIs viennent de publier une étude passant au crible l’incidence de cette modération, intitulée « L’austérité pèse toujours sur l’ensemble des salaires ».

    Si avant la crise, les salaires publics étaient plus dynamiques que ceux du privé dans nombre de pays européens, les courbes se sont ensuite inversées. Depuis 2009, la hausse des traitements des fonctionnaires a ainsi été en moyenne inférieure de 0,5 point par an à celle du privé dans l’OCDE. Et même de 1,4 point en Italie, de 0,7 point en Espagne et 0,7 point au Royaume-Uni. La différence n’a en revanche été que de 0,2 point en France tandis qu’en Allemagne, pays faisant figure d’exception, les traitements ont progressé de 0,3 point de plus par an que dans le privé sur la période.

    #salaire #austérité

  • Dix chiffres qui pourraient vous surprendre sur le train en France
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/18/dix-chiffres-qui-pourraient-vous-surprendre-sur-le-train-en-france_5216963_3

    L’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières a publié jeudi un bilan du transport ferroviaire de voyageurs.(...)

    50 %
    C’est la proportion de trains de voyageurs qui circulent sur… 9 % du réseau, illustration des fortes disparités qui existent dans l’intensité d’utilisation des voies ferrées françaises. Ainsi, si on regarde les chiffres par l’autre bout de l’indicateur, 31 % des lignes du réseau national ferroviaire ne voient passer que 1 % des trains. Un tiers au moins du réseau est donc économiquement très fragile et sous la menace de fermetures.

    + 14 %
    C’est la hausse du trafic par bus et car depuis 2011, le plus dynamique de tous les modes de déplacement. L’autocar précisément (dopé par l’arrivée des cars Macron et en hausse de 17 % entre 2015 et 2016) vient tailler des croupières au ferroviaire, lequel reste sous les 10 % de l’ensemble des modes de transport intérieur. Le train (hors métros et RER) accuse une baisse moyenne de 0,5 % par an depuis 2011. Incontestablement, la route domine de très loin le rail puisque, voiture individuelle comprise (elle aussi en hausse depuis cinq ans), le bitume accueille en France 88 % du transport intérieur de personnes.

    9 sur 10
    C’est la proportion de voyageurs qui utilisent le train pour un déplacement de proximité (trains régionaux, trains de banlieue ou RER). Sur 1,16 milliard de passagers transportés en train en 2016, 1 milliard ont donc fait du rail un outil de déplacement du quotidien (dont 860 millions en Ile-de-France). On notera l’écart spectaculaire entre la réalité de la fréquentation et l’offre de sièges. La longue distance (TGV + intercités + trains internationaux), qui pèse un dixième des passagers transportés, représente en même temps la moitié des 202 milliards de sièges-kilomètres proposés aux voyageurs en France en 2016.

    155 km/h
    C’était la vitesse réelle – appelée aussi vitesse commerciale – des TGV en 2016, de leur point de départ à leur point d’arrivée. En réalité assez loin des 300 km/h systématiquement mise en avant quand on parle de grande vitesse en France. L’écart avec les trains classiques, dits intercités (103 km/h) et même les TER (83 km/h), n’est finalement pas si grand. En cause : la fréquence des arrêts et le fait qu’une partie des trajets des TGV se fait sur des voies classiques qui ne permettent pas de dépasser les 160 km/h. Point important : ce chiffre ne tient pas compte de la mise en service en 2017 de 540 km de vraies lignes à grande vitesse grâce à l’ouverture des liaisons Tours-Bordeaux, Le Mans-Rennes et le contournement de Nîmes-Montpellier.

    #transports #train #bus

  • #metoo : le long calvaire des employées d’une entreprise de nettoyage sous-traitante de la SNCF | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/153986/metoo-cris-de-detresse

    Vous avez peut-être déjà pris le train et râlé devant la saleté des toilettes. Et puis, après l’arrivée en gare, vous n’y avez plus pensé. Pendant que vous traversiez le hall, une femme est montée dans le train pour nettoyer ces toilettes répugnantes. Elle n’a pas beaucoup de temps, la cadence de nettoyage est élevée, les produits qu’elle doit manipuler souvent toxiques. Si votre train était à Paris Gare du Nord, la femme qui s’est occupée de nettoyer les jets d’urine parce que pisser dans un train en marche est parfois une opération délicate, ne supportait pas seulement un boulot pénible et socialement ingrat, en prime, pendant qu’elle était penchée sur la cuvette des toilettes, son chef d’équipe l’a peut-être coincée en collant son sexe contre ses fesses pour mimer un acte sexuel.

    Ce n’était ni la première ni la dernière fois. Il lui a aussi attrapé la main pour y fourrer son doigt sur lequel il avait craché afin de simuler un coït. Il y a eu des agressions sexuelles dans les toilettes, porte fermée. Une autre s’est fait embrasser dans le cou. Les mains aux fesses. Les mains sur les seins

    C’est ce qu’ont vécu des employées d’une entreprise de nettoyage, sous-traitante de la SNCF. Pendant longtemps, elles n’ont rien dit parce qu’« on ne savait même pas ce que c’était le harcèlement sexuel. On croyait que c’était plus grave, que c’était forcer à des relations sexuelles ». En 2012, elles sont quatre à parler. Les autres préfèrent se taire.
    « Les femmes de nettoyage, c’est toutes des putes »

    Comme l’explique un excellent article de Mediapart, dans cette entreprise de nettoyage « la hiérarchie est à la fois sexuelle et ethnique ». Aux hommes, le nettoyage des tablettes et l’aspirateur, aux femmes originaires du Maghreb les tâches plus ingrates et aux femmes originaires d’Afrique noire les boulots les plus ingrats parmi les plus ingrats. Ces femmes-là, bien qu’elles aient raconté à l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) ce qu’elles enduraient, n’ont pas porté plainte.

    Au final, elles sont quatre à oser dénoncer les deux chefs d’équipe qui les harcèlent. Elles parlent à leur direction de ces hommes qui clament haut et fort que « les femmes de nettoyage, c’est toutes des putes ». La plus âgée a 59 ans. Elle craint qu’à son âge, on ne croit pas son histoire de harcèlement sexuel (les harceleurs ont 39 et 44 ans). Mais à plusieurs, elles sont plus fortes. Espèrent-elles… Sauf que la direction s’en fout. (Le directeur évoquera « des blagues un peu salaces ».) L’enquête interne ne donne rien. Les hommes mis en cause restent à leurs postes.
    Et comme ils sont délégués syndicaux Sud, elles se retrouvent dans une situation professionnelle où leurs patrons ne les écoutent pas et ceux qui devraient les aider sont précisément leurs harceleurs. Pire, quelques semaines plus tard, l’une d’entre elle est convoquée pour un entretien en vue d’une sanction disciplinaire. Dans les mois suivants, elles subiront des brimades, des signalements, des sanctions et même pour deux d’entre elles des licenciements. Elles portent plainte aux prud’hommes. En 2015, l’affaire passe devant le tribunal. Fait exceptionnel, le défenseur des droits mène une enquête approfondie, qui valide les témoignages des plaignantes et qui est remise aux juges.
    Aux origines du #metoo

    Le 10 novembre dernier, les juges ont rendu leur verdict. Les plaignantes ont gagné. (L’affaire n’est cependant pas terminée puisqu’elles ont également porté plainte au pénal pour harcèlement sexuel.) Mais même si elles ont gagné, ce n’est pas une belle histoire. C’est une histoire sordide, ce sont des années de galère au milieu de la galère du quotidien.

    C’est aussi un exemple des « metoo » qu’on n’entend pas. Vous saviez que le #metoo existait depuis dix ans ? Il a été lancé par Tarana Burke et il s’adressait avant tout aux jeunes femmes « de couleur ». À l’époque, on n’en pas entendu parler. C’est bien évident qu’il fallait que des stars –majoritairement blanches– s’en emparent pour que cela existe. On sait que le système fonctionne comme ça mais il est toujours utile de le rappeler.

    Et puis, il y a toutes ces femmes qui n’écriront jamais sur internet ce qu’elles vivent. Et qui, du coup, n’existent pas dans l’espace médiatique. Quand on est une femme, non-blanche, sans diplôme, mère célibataire, pauvre, qu’on se trouve tout en bas de la hiérarchie sociale, si bas qu’on nous voit à peine, si bas qu’on peut s’amuser à nous écraser un peu plus et qu’il faut encaisser.

    Je ne veux pas relativiser le mouvement actuel de libération de la parole des femmes. J’aimerais seulement qu’on n’oublie pas que ce mouvement ne concerne, pas encore, toutes les femmes. Parce que ces femmes sont invisibles. Littéralement. Ces employées et employés du nettoyage travaillent avec des horaires décalés pour précisément qu’on ne les voit pas. C’est quand il fait nuit qu’elles et ils viennent nettoyer les bureaux, les lieux publics.

    Le féminisme est une lutte pour l’égalité. Il se trahirait s’il oubliait des femmes et les laissait sur le côté. C’est pour ça qu’il faut aussi parler d’elles, donner de la lumière aux luttes comme celles qu’ont menées ces employées.