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  • Et si la pollution spatiale empêchait l’exploration

    https://www.sciencesetavenir.fr/espace/la-pollution-spatiale-empechait-l-exploration_193237
    https://www.sciencesetavenir.fr/assets/img/2026/06/18/cover-r4x3w1200-6a3d1f8eef6d3-12956-726549-k2-k1-1727308-jpg.jpg

    En 2026, on a 13.000 satellites actifs en orbite. En 2030, on s’attend à en avoir 100.000, peut-être plus, car chacun y va de sa constellation, Américains, Européens, Chinois… Tous ces opérateurs joueront-ils le jeu du partage d’informations sur les localisations ?
    Sans échange de paramètres entre Starlink et un opérateur chinois par exemple, il va y avoir un souci de trafic spatial !
    Et là- dessus, imaginons une anomalie radiative, une éruption solaire. Un bon nombre de ces satellites pourraient « griller » et entrer en collision, ces collisions généreraient encore plus de débris incontrôlables. C’est la réaction en chaîne nommée syndrome de Kessler. Mais il faut savoir qu’en réalité, ce syndrome est déjà enclenché entre 750 et 1000 km !

  • Le chamane d’Upton Lovell était une femme et non un homme, comme on l’a cru 225 ans durant
    https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/son-adn-revele-que-le-chamane-de-stonehenge-etait-une-femme_194004

    Peut-on considérer les restes archéologiques conservés dans les musées comme définitivement compris ? Pas forcément, surtout lorsque leur découverte remonte à des époques trop lointaines. Prenons l’exemple d’une des plus célèbres sépultures britanniques : celle du chamane d’Upton Lovell, mise au jour près de Stonehenge au début du 19e siècle. De récentes analyses ont chamboulé le narratif construit depuis. Soumise à examen en 2022, sa « trousse à outils » a en effet révélé que le chamane était un orfèvre de l’âge du bronze, et voilà qu’une analyse ADN sur ses ossements crée la stupéfaction : point de chamane barbu dans cette tombe, mais une femme robuste ! Deux chromosomes X attestent ainsi que les préjugés en archéologie ont depuis longtemps la vie dure.
    D’après son ADN, le « chamane de Stonehenge » était une femme

  • La plus importante collection de dés à jouer de l’Antiquité mise au jour lors de fouilles archéologiques dans les Vosges
    https://france3-regions.franceinfo.fr/grand-est/vosges/la-plus-importante-collection-de-des-a-jouer-de-l-antiqui


    Une découverte exceptionnelle de plus de 500 dés à Grand dans les Vosges. • © Hélène Leplat / France Télévisions

    À la cité gallo-romaine de Grand, dans les Vosges, une découverte exceptionnelle autour de 500 dés à jouer antiques a été mise au jour. Les fouilles sont menées à proximité de la basilique et de sa célèbre mosaïque. Une découverte unique.

  • Sans aucun #pesticide pendant dix ans : l’expérience qui bouscule les modèles agricoles
    https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/sans-aucun-pesticide-pendant-dix-ans-l-experience-de-l-inrae-qui-bo

    #Cultiver sans pesticides tout en conciliant #rendement et #performance économique, « c’est possible » pour l’Inrae : une étude expérimentale, menée pendant dix ans sur neuf sites en France montre « un potentiel prometteur ».

    Avec l’étude « #Rés0pest », l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (#Inrae) a fait « le choix d’une rupture drastique avec le système conventionnel en cultivant sans aucun pesticide, mais sans passer en #agriculture #biologique, puisqu’on a conservé un apport d’#engrais minéraux », explique le chercheur #Jean-Noël_Aubertot, initiateur du projet.

    (...)

  • Papa, tu connais Clavicular ?

    Clavicular — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Clavicular

    En juin 2026, à l’occasion de la fête de la musique, Clavicular annonce qu’il est de passage à Paris. Il en profite pour se mettre en scène en train d’aborder de jeunes femmes dans la rue, le tout systématiquement filmé, afin de tester l’efficacité de ses techniques de séduction. Il s’agit d’un type de contenu qu’il réalise déjà aux États-Unis et qu’il a l’habitude de poster sur les réseaux sociaux. Mais à Paris, l’expérience serait devenue un « stage d’humilité », comme en témoignent les nombreuses vidéos postées sur les réseaux sociaux à ce sujet[42], montrant l’indifférence à son égard des habitantes de la capitale. Perplexe, Clavicular affirme lors d’une séquence filmée qu’il a « l’impression d’être trollé » [que l’on se moque de lui] et que la seule explication possible à cette disgrâce serait que toutes les femmes qui le rejettent « sont lesbiennes ».

    • Clavicular Came to Conquer Paris. Paris Didn’t Notice He Was There | by Luc Olinga | Jun, 2026 | Medium
      https://medium.com/@lucolinga72/clavicular-came-to-conquer-paris-paris-didnt-notice-he-was-there-87fa261a93e

      Braden Eric Peters, the 20-year-old who streams as Clavicular, arrived in Paris around the Fête de la musique and the opening of men’s Fashion Week, wearing an “I love Paris” tank top and the certainty that his face was a passport. His method is the one that built his following back home. He walks the streets on a live Kick stream and approaches young women, camera rolling, confidence maxed. In the Marais, the city’s most fashion-literate quarter, he ran the play he runs in Miami.

      It did not go well.

      The clips are now everywhere, hundreds of thousands of views apiece on French TikTok. A table of women at a café. He leans in with a line built for an American audience, “don’t look me up though,” the humblebrag that assumes you already want to. One of them asks, flatly, “Are you famous?” The conversation dies on contact. Another woman closes it out with the most Parisian weapon imaginable, perfect politeness: “Have a good time in Paris, I hope you will enjoy it.” He reaches for a handshake. He walks away.

      A bartender curves him mid-pitch while she works. A woman tells him she has a boyfriend, and he lectures her that she should have led with that, as if her time were his to budget. He walks the street in what he says is a $10,000 suit and no one turns a head, and a viewer catches that he is “genuinely upset” about it. The $10,000 suit is the whole story in one image. He brought price tags to a city that reads them as a confession.

      Then came the part that tells you who he is. Faced with women who simply were not interested, Clavicular reached for the only explanation his worldview permits. “Every time I walk past a girl and there’s no sign of interest, I think, what is this, am I being trolled,” he said, before landing on his verdict: “They must be lesbians. It’s the only logical explanation.” A viral French reply summed up the lesson he refused to learn: here, you can’t just clench your jaw to match.

    • Clavicular : après son flop à Paris, l’influenceur rejette la faute sur... la Seconde Guerre mondiale
      https://www.estrepublicain.fr/videos/clavicular-apres-son-flop-a-paris-l-influenceur-rejette-la-faute-sur-

      Clavicular serait-il frustré ? Pour expliquer son manque de succès avec les Françaises à Paris, l’influenceur masculiniste américain assure que la raison se trouve du côté... de la Seconde Guerre mondiale et d’une baisse des « bons gènes » en Europe.

    • Il y a cinquante ans en arrière en France, lorsque je disais à un homme non ( je ne veux pas coucher avec toi ) , la réponse était ah c’est parce que tu es lesbienne. Ça me met toujours en rogne. J’ai des baffes en réserves que je voudrais toujours leur coller. La libération sexuelle c’était : tu baises ! Dans le cas contraire tu étais une coincée ou une lesbienne. Rien de nouveau sous le soleil
      Pendant ce temps là aujourd’hui le nombre de féminicide en France n’est pas à la baisse.
      Le nullos américain là tout de suite je m’en fous ! Je suis toujours en rogne .
      Je parle pas de la pédocriminalité.
      Je suis en rogne.

    • Je me suis souvenu que le « sujet » avait été traité par 404media :
      https://seenthis.net/messages/1159938

      #looksmaxxers #looksmaxxing #Braden_Peters

      Si j’avais un marteau ...

      https://www.lapresse.ca/societe/2026-03-31/looksmaxxing/tout-pour-plaire.php

      Looksmaxxing dans la culture pop

      Le looksmaxxing renvoie à la maximisation de l’apparence. Les (jeunes) hommes qui y adhèrent souhaitent atteindre des critères de beauté « hypermasculins » : mâchoire anguleuse, corps musclé, épaules larges, taille fine, regard sombre. « L’idée est que la beauté “objective” va permettre d’avoir des dates, de coucher avec des femmes », explique Megan Bédard, chercheuse spécialisée en études sur la culture populaire et doctorante en sémiologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Prenant racine dans la manosphère et les forums incel depuis les années 2010, le mouvement s’est répandu jusqu’à la culture populaire ces dernières années… en grande partie avec un simple mème, selon Megan Bédard. L’influenceur Clavicular (Braden Peters de son vrai nom), l’une des principales figures du looksmaxxing, a récemment été filmé en compagnie d’un admirateur extrêmement musclé. Dans le monde des looksmaxxers, Clavicular a ainsi été « frame-mogged », c’est-à-dire que la carrure d’un autre homme l’a fait paraître plus petit, plus faible, moins dominant. Bref, une honte. « Ce mème est sorti de son confinement parce que les gens ont commencé à se moquer de la façon dont les looksmaxxers parlent, explique Megan Bédard. Ça a permis de propulser cette sous-culture. » Mentionnons d’ailleurs que Clavicular prône la violence dans son contenu, comme en témoigne son arrestation le 26 mars dernier pour agression physique. Fin 2025, la police avait décidé de ne pas l’arrêter après la publication d’une vidéo (possiblement truquée) le montrant en train de frapper un homme en pleine rue avec son véhicule. Clavicular a également été arrêté en février dernier pour possession de substances dangereuses et de faux documents.

    • Concrètement, le “bone-smashing” consiste à tapoter, plus ou moins fort, les régions de la mandibule, menton et angles de la mâchoire, ainsi que les pommettes, dans l’espoir d’obtenir un visage plus anguleux. “Ça ne va pas sculpter l’os. En revanche, on va juste compresser les tissus mous, donc la peau, et on peut créer des lésions inflammatoires, des problèmes cutanés, ou tout simplement des bleus et des hématomes”, explique le Dr Ketoff. Contrairement à ce que prétendent certains influenceurs, il n’existe aujourd’hui aucune étude clinique démontrant que cette pratique permet d’élargir durablement la mâchoire ou de modifier la structure osseuse du visage chez un adulte en bonne santé. À force de répétition, les risques peuvent devenir plus sérieux. “Sur la pommette, c’est plus facile de faire des dégâts, la pommette est autour de l’orbite, c’est un os très fin qu’on peut casser facilement.” Au niveau du menton, des lésions des nerfs mentonniers peuvent entraîner des troubles de la sensibilité de la lèvre et du menton. Sur les angles mandibulaires, une branche du nerf facial peut être touchée, et entraîner des troubles moteurs. “Il va aussi y avoir la possibilité d’avoir son sourire un peu décalé ou de sourire moins bien d’un côté du visage”, poursuit le chirurgien.

      Derrière ces risques, le médecin voit surtout un mal-être psychologique croissant. “On reçoit quand même des patients qui ont la vingtaine, qui sont tout à fait normaux, qui ont une mâchoire tout à fait correcte, et qui demandent s’il n’y a pas des chirurgies ou des possibilités de s’élargir la mâchoire, raconte-t-il. On voit bien que ces tendances sur les réseaux sociaux créent des gros problèmes psychologiques, notamment de la dysmorphophobie. Récemment, un patient tout à fait normal a pleuré toute la consultation parce qu’il cherchait absolument à avoir une mâchoire plus grande. Mais quand ces jeunes se confrontent à la réalité, à ce que le corps médical leur explique, c’est la désillusion.” constate le Dr Ketoff.

      https://www.sciencesetavenir.fr/sante/pourquoi-le-bone-smashing-ne-peut-pas-remodeler-votre-visage_193711

  • Japon : un spray anti-ours déclenché par erreur, cinq personnes hospitalisés
    https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/japon-un-spray-anti-ours-declenche-par-erreur-cinq-personnes-hospit

    Cinq personnes ont été hospitalisées au Japon après qu’un homme a accidentellement déclenché mercredi un spray anti-ours dans un bureau de poste, ont indiqué des responsables et des médias, sur fond d’attaques de plantigrades en augmentation dans lepays.

    Au moins cinq personnes ont été tuées par des ours au Japon depuis le 1er avril, après un record de 13 décès l’année précédente.

    Les autorités recommandent de ne pas se rendre seul dans les montagnes, qui couvrent environ 80% du territoire japonais, d’attacher une clochette à son sac et de se munir de sprays anti-ours.

  • Un volcan endormi hautement éruptif
    https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/geologie/un-volcan-endormi-hautement-eruptif_192585

    Un volcan endormi depuis des dizaines de milliers d’années n’est pas pour autant un volcan inoffensif. C’est ce que montre une étude de l’École polytechnique de Zurich (Suisse) sur le Methana, un volcan situé près d’Athènes, en Grèce.

    L’analyse de cristaux de zircon issus de 31 éruptions a permis de reconstituer 700.000 ans de sa vie interne. Ces minéraux, se formant lorsque le magma se refroidit, conservent des informations sur leur âge et les conditions dans lesquelles ils se sont cristallisés. Il apparaît ainsi qu’au cours de son histoire, le Methana a connu une période de calme de plus de 100.000 ans, en principe synonyme d’extinction.

    La croissance du zircon atteint son apogée

    C’est pourtant à cette période que la croissance du zircon a atteint son apogée, signe d’une activité intense : ces magmas, enrichis en eau par le processus d’enfoncement d’une plaque tectonique dans le manteau terrestre, cristallisent plus aisément en remontant dans la croûte, ce qui les ralentit et les piège sous la surface. Une accumulation pouvant mener à une éruption importante.

  • Découverte sur Mars de nouveaux éléments constitutifs de la vie
    https://www.sciencesetavenir.fr/espace/vie-extraterrestre/decouverte-sur-mars-de-nouveaux-elements-constitutifs-de-la-vie_192

    De nouveaux éléments constitutifs de la vie sur Mars ont été découverts par un rover de la Nasa, à la suite d’expériences chimiques inédites, ont annoncé le 21 avril 2026 des chercheurs.

    Ces molécules organiques ne constituent pas une preuve définitive de la présence de la vie par le passé sur Mars, souligne toutefois l’équipe menée par la Nasa, car elles peuvent aussi être issues du crash de météorites. Mais ces indices importants de l’histoire martienne ont été préservés à la surface de la planète depuis plus de trois milliards d’années. A cette époque, la surface de Mars était couverte de grands lacs et de rivières remplies d’eau à l’état liquide, un ingrédient clé de la vie.
    « Cette expérience n’avait jamais été menée auparavant »

    Curiosity, un rover de la Nasa, s’est posé dans un ancien lac dénommé le cratère de Gale en 2012, et a depuis cherché des signes de vie. Ce rover de la taille d’une voiture transportait avec lui deux tubes d’un produit chimique dénommé TMAH, capable de décomposer la matière organique pour en déterminer la composition.

    « Cette expérience n’avait jamais été menée auparavant », explique à l’AFP Amy Williams, une astrobiologiste travaillant sur la mission Curiosity. L’équipe était sous pression car elle ne disposait que de « deux cartouches pour viser juste », ajoute l’autrice principale de l’étude publiée dans la revue Nature Communications.

    L’expérimentation, conduite en 2020, a détecté plus de 20 molécules organiques. Pour plusieurs d’entre elles, leur présence sur Mars n’avait encore jamais été confirmée, comme par exemple le benzothiophène, qui a en revanche déjà été retrouvé dans des météorites et des astéroïdes.

    « Les mêmes éléments qui se sont abattus sur Mars sous forme de météorites sont ceux qui se sont abattus sur la Terre, et ils ont probablement fourni les éléments constitutifs de la vie telle que nous la connaissons sur notre planète », explique Amy Williams. Une autre molécule qui contient de l’azote « est un élément précurseur de la structure finale de l’ADN », ajoute-t-elle.

    De futures missions vont bénéficier du travail de Curiosity

    Mais cela ne suffit pas à prouver que la vie soit un jour apparue sur Mars. Une manière potentielle d’y parvenir serait de ramener sur Terre des pierres de Mars afin de les analyser plus précisément, explique la chercheuse.

    Un autre rover de la Nasa, Perseverance, a d’ailleurs déjà collecté des roches dans l’optique d’une telle mission, appelée Mars Sample Return. Mais cette mission est en suspens, après un vote du Congrès en janvier 2026.

    De futures missions vont toutefois bénéficier du travail de Curiosity, dans le sens où il a prouvé que les expériences à base de TMAH peuvent marcher sur d’autres planètes, écrit l’étude publiée dans Nature Communications.

    Le rover de l’Agence spatiale européenne (ESA), Rosalind Franklin, qui dispose d’une foreuse beaucoup plus longue que Curiosity, emportera ce produit chimique sur Mars. Après des années de retard, la Nasa a annoncé la semaine dernière que le rover de l’ESA devrait partir en direction de la planète rouge fin 2028.

    Tetramethylammonium hydroxide poisoning during a pallet cleaning demonstration. = (Empoisonnement à l’hydroxyde de tétraméthylammonium lors d’un essai de nettoyage de palettes).. 2. 55 - Portail documentaire INRS
    https://portaildocumentaire.inrs.fr/Default/doc/SYRACUSE/168714/tetramethylammonium-hydroxide-poisoning-during-a-pallet-cle

    Publié dans : Journal of Occupational Health, Japon, vol. 55, n° 2, mars 2013, pp. 120-124, ill., bibliogr. (En anglais)

    Cet article présente le cas d’un accident mortel survenu suite à une intoxication aiguë à un produit nettoyant contenant de l’hydroxyde de tétraméthylammonium (TMAH). La victime était un chercheur de 39 ans avec 7 ans d’expérience dans une société de production de surfactant. L’accident est survenu alors qu’il effectuait un essai sur le terrain d’un nettoyeur nouvellement développé, contenant une solution de 8,75 % de TMAH. Le chercheur a renversé le nettoyant sur ses vêtements de travail au niveau des mains, bras et jambes. L’autopsie n’a montré aucun dommage ou blessure qui aurait pu entraîner la mort autre que des brûlures à 12 % de son corps, et a révélé que la cause du décès était l’intoxication aiguë par le TMAH. Le TMAH est largement utilisé dans l’industrie électronique en tant que développeur ou comme nettoyant. C’est un produit dangereux, neurotoxique, entrainant une insuffisance respiratoire, et aucun antidote n’a encore été développé. Pour cette raison, il est préférable d’éviter complètement l’exposition en portant un équipement de protection adéquat.

  • Dans l’assiette des Européens, 10.000 ans d’inégalités de genre
    https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/dans-l-assiette-des-europeens-10-000-ans-d-inegalites-de-genre_1918

    Des archéologues ont mis en évidence l’existence d’inégalités alimentaires fortement marquées par le genre depuis 10.000 ans en Europe, les femmes consommant systématiquement moins de protéines animales que les hommes.

    « Historiquement et ethnographiquement documentée comme plus fréquente chez les hommes que chez les femmes », la consommation de viande est « fréquemment associée à des notions de pouvoir et de contrôle », rappellent les auteurs de cette étude publiée dans la revue PNAS Nexus.

    Elle est « associée à un statut social plus élevé, qu’il soit attesté ou supposé pour les périodes préhistoriques ». Mais comment véritablement mesurer les inégalités alimentaires quand il n’existe pas de données chiffrées directes ?
    L’indice interdécile

    Une équipe internationale de chercheurs a analysé les ossements de plus de 12.000 individus issus de 673 sites dans plus de 40 pays d’Europe de l’Ouest et du bassin méditerranéen. A la recherche de précieux marqueurs chimiques préservés dans le collagène.

    « Ce sont des isotopes stables qui enregistrent les protéines animales et végétales qu’un individu a mangées tout au long de sa vie. Les isotopes de l’azote vont enregistrer l’apport des protéines animales, qu’elles soient terrestres ou maritimes, et les isotopes du carbone vont montrer l’apport de certains types de plantes », explique à l’AFP Rozenn Colleter, première autrice de l’étude.

    « En combinant l’azote et le carbone, on arrive à voir si l’individu est plutôt carnivore, omnivore ou végétarien », poursuit l’archéo-anthropologue de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

    Mais comparer ces données entre sites et périodes est complexe car les valeurs isotopiques dépendent aussi de l’environnement local, des pratiques agricoles, du climat... Afin de surmonter ces difficultés, la chercheuse s’est tournée vers un outil inédit en archéologie : l’indice interdécile.

    En sciences économiques, celui-ci est utilisé pour calculer les inégalités de revenus, en mesurant l’écart entre les 10% (décile) des individus ayant les valeurs les plus élevées et les 10% les plus faibles.

    Grâce à cet outil, l’équipe a pour la première fois pu retracer de façon comparable l’évolution des inégalités alimentaires en Europe, depuis le Paléolithique supérieur jusqu’au 18e siècle, soit une période d’environ 10.000 ans.
    Moins d’inégalités jusqu’à l’âge de Bronze

    Alors que le Néolithique – qui apporte l’agriculture et la domestication animale – couvre plusieurs millénaires, cultures et localisations, ses sociétés apparaissent relativement égalitaires.

    Cette homogénéité s’achève avec l’âge du Bronze (dont les dates varient suivant les régions, ndlr), où la complexification des systèmes économiques et politiques intensifie les inégalités de richesse.

    A l’inverse, « à la chute de l’empire romain, il faut réorganiser le pouvoir, donc les inégalités baissent », note Mme Colleter.

    Au sein d’une même période, certaines sociétés sont plus inégalitaires que d’autres, « par exemple des sites urbains au Moyen Age » comme dans la vallée du Pô dans le nord de l’actuelle Italie.

    Mais une donnée reste constante : les hommes sont systématiquement surreprésentés parmi les individus ayant le plus fort accès aux protéines animales, tandis que les femmes sont plus nombreuses dans les groupes les moins favorisés.

    « Les femmes sont dans ce décile inférieur, donc sont sous-nourries, depuis les premiers chasseurs-cueilleurs qu’on a pu étudier jusqu’à l’époque moderne », souligne l’archéo-anthropologue.

    Ces écarts ne peuvent pas être expliqués par des différences biologiques, car ils varient fortement selon les périodes et les cultures, avec des disparités particulièrement marquées au Néolithique et au Moyen Age, mais beaucoup moins durant l’Antiquité.

    « Bien que cette tendance ait souvent été suggérée, notre étude fournit pour la première fois des preuves quantitatives à grande échelle », concluent les auteurs, selon qui les inégalités alimentaires fondées sur le genre « peuvent prendre racine dans une variété de pratiques culturelles : tabous alimentaires, croyances cosmologiques, perceptions erronées des besoins protéiques et normes sociales favorisant la privation des femmes au bénéfice des hommes ».

  • Découvertes en Égypte de « to-do lists » vieilles de plus de 2000 ans
    https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/decouvertes-en-egypte-parmi-des-tessons-de-ceramique-des-to-do-list
    https://www.sciencesetavenir.fr/assets/img/2026/03/24/cover-r4x3w1200-69c2cb55b3e26-design-sans-titre.jpg
    Une liste en démotique comprenant plusieurs noms propres faisant référence à des dieux locaux.
    UNIVERSITÉ DE TÜBINGEN

    Les « to-do lists », une habitude propre à nos quotidiens surbookés ? Certainement pas. Il y a plus de 2000 ans, les Égyptiens aussi avaient besoin de « faire des listes » pour mieux organiser leurs journées.

    Dans un communiqué de presse daté du 12 mars 2026, une mission archéologique conjointe du ministère égyptien du Tourisme et de l’université de Tübingen en Allemagne a annoncé qu’entre 2005 et 2026, elle avait mis au jour plus de 43 000 #ostraca — des tessons de poterie ou des éclats de calcaire utilisés par les Égyptiens pour prendre des notes dans leur vie de tous les jours. Les fouilles ont eu lieu dans le complexe d’Athribis, situé à environ 10 kilomètres à l’ouest du Nil, qui dépasse désormais en importance des lieux emblématiques comme Deir el-Médineh, longtemps référence en matière d’étude de la vie quotidienne.

    Les ostraca, équivalent du papier
    « Les ostraca nous révèlent une étonnante variété de situations quotidiennes », a déclaré Christian Leitz, égyptologue à Tübingen, dans le communiqué. « Ce contenu nous donne un aperçu direct de la vie des habitants d’Atribis et fait des ostraca une source importante pour une histoire sociale complète de la région. » Utilisés comme supports d’écriture bon marché, ces tessons de céramique étaient en effet l’équivalent du papier du quotidien. Loin des inscriptions monumentales destinées à l’éternité, ils servaient ainsi à noter des informations pratiques, souvent éphémères.

    « Aller chercher de la pierre pour le scribe », "préparer de la bière", « travailler à la maison » (ou « construire sa maison »), « faire des offrandes au dieu », « assister le scribe », « fabriquer des remèdes », « participer à une fête » sont autant de tâches listées sur les tessons. À celles-ci s’ajoutent aussi des notes plus personnelles ou imprévues, justifiant notamment de l’impossibilité d’effectuer certaines tâches : « sa mère est malade », « sa femme saigne », « piqué par un scorpion », « s’occuper d’un proche »… Globalement, le contenu de ces fragments est d’une diversité remarquable. On y trouve des reçus fiscaux, des notes administratives, des listes de livraison, mais aussi des messages personnels, des exercices d’écriture et des textes religieux. Certains documents attestent même de fonctions spécifiques, comme des certificats liés à des rituels ou à des activités sacerdotales.

    Un témoignage de la vie « ordinaire »
    Les inscriptions les plus anciennes remontent au 3e siècle avant notre ère, tandis que les plus récentes datent du début du deuxième millénaire après J.-C. Cette continuité rare permet de suivre l’évolution de cette société égyptienne sur une durée exceptionnelle. Plus largement, pour les archéologues, ces ostraca offrent un accès direct à une histoire souvent invisible dans les grandes sources officielles : celle des habitants ordinaires. Ils témoignent d’une société structurée, dans laquelle la capacité à lire et à écrire était plus répandue qu’on ne l’imaginait jusqu’à présent.

    Autre élément marquant, la diversité des langues et des écritures utilisées. Démotique, grec, hiératique, copte ou encore arabe apparaissent sur ces fragments, reflet des multiples influences culturelles et politiques qui ont traversé l’Égypte au fil des siècles.

  • « C’est assez révolutionnaire » : en Angleterre, une stratégie face à l’érosion côtière
    https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/mers-et-oceans/en-angleterre-face-a-l-erosion-cotiere-s-adapter-plutot-que-se-defe
    https://www.sciencesetavenir.fr/assets/img/2026/03/14/cover-r4x3w1200-69b51986d04aa-cbbacc81c76f7dace30d8c01d2a06374afdbb
    Vue du littoral dans le village balnéaire de Thorpeness, dans le Suffolk, en Angleterre, le 3 février 2026.
    AFP/ARCHIVES - BEN STANSALL

    Préparer le repli face à l’érosion du littoral : c’est la stratégie à l’étude sur la côte est de l’Angleterre, où une équipe de chercheurs examine la manière de déplacer un cimetière qui menace d’être englouti par la mer, ou un parking trop proche d’une falaise.

    Le projet pilote Coastwise, mis en oeuvre par le conseil de district du North Norfolk, a obtenu plus de 15 millions de livres sterling (17 millions d’euros) d’aide du gouvernement dans le but d’adapter le littoral à l’érosion, accélérée par le changement climatique.

    Avec une contrainte toutefois : ne pas utiliser ces fonds pour des défenses côtières traditionnelles comme les digues ou les gabions, casiers remplis de pierres. À la place, l’équipe évalue comment gérer au mieux la perte d’habitations menacées, l’opportunité pour les autorités de racheter des terrains à risque, de remplacer des habitations permanentes par des mobil-homes avec des systèmes d’alerte précoce en cas d’évacuation nécessaire.

    https://www.sciencesetavenir.fr/assets/afp/2026/03/14/6765f965696be8ee704c9b7ffe879e32ba3a8f76.jpg
    Démolition d’une propriété sur le littoral dans le village balnéaire de Thorpeness, dans le Suffolk, en Angleterre, le 3 février 2026
    AFP - Ben STANSALL

    « Cela requiert un changement dans notre façon de penser »
    "C’est assez révolutionnaire", estime Robert Goodliffe, du projet Coastwise, à l’AFP. « D’autres pays testent des choses diverses mais il n’y a rien de tout à fait similaire », assure-t-il. « Cela requiert un changement dans notre façon de penser ».

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    Démolition d’une propriété sur le littoral dans le village balnéaire de Thorpeness, dans le Suffolk, en Angleterre, le 3 février 2026
    AFP - Ben STANSALL

    Pendant des décennies, la réponse au Royaume-Uni et ailleurs a consisté à « maintenir » le trait de côte face à l’érosion en construisant des ouvrages de protection. Mais, alors que certains de ces ouvrages arrivent en fin de vie et face à la montée des eaux, le gouvernement britannique et les experts avertissent qu’il sera impossible de contenir la mer partout.

    Plutôt que de financer des défenses coûteuses, l’Agence pour l’environnement britannique estime que certaines populations de la côte de l’est de l’Angleterre, faite de sable et d’argile — l’une des plus érodées d’Europe — vont devoir procéder à un « retrait organisé » à l’écart du rivage.

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    Démolition d’une propriété sur le littoral dans le village balnéaire de Thorpeness, dans le Suffolk, en Angleterre, le 3 février 2026
    AFP - Ben STANSALL

    Ce qui a poussé le gouvernement à financer des projets pilotes comme celui de Coastwise, chargés de préparer certaines parties du littoral. "Lorsqu’il s’agit de construire un ouvrage de protection, il y a un processus prévu, un moyen d’obtenir des financements", souligne Sophie Day, spécialiste de l’adaptation côtière impliquée dans ce projet. « Mais ce n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de perdre du terrain ».

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    Un panneau d’interdiction sur la plage dans le village balnéaire de Thorpeness, dans le Suffolk, en Angleterre, le 3 février 2026
    AFP - Ben STANSALL

    Concrètement, l’équipe se penche par exemple sur les difficultés logistiques et juridiques d’exhumer des corps pour déplacer un cimetière. Les conclusions des experts pourraient ensuite être appliquées ailleurs dans le pays. Mais certains habitants estiment que cette politique de repli ne répond pas au risque immédiat auquel sont confrontées certaines populations.

    "La situation est très urgente"
    La maison où Shelley Cowlin vivait depuis cinquante ans, au bord d’une falaise, a dû être démolie en janvier après avoir été gravement endommagée lors des tempêtes hivernales qui ont ravagé le littoral du Suffolk, dans l’est de l’Angleterre. Neuf autres propriétés du village côtier de Thorpeness ont subi le même sort. C’était « une belle et grande maison blanche (...) qui offrait une vue fantastique », raconte, émue, cette femme de 89 ans à l’AFP, fustigeant l’absence d’indemnisation de la part du gouvernement.

    Au moment où elle parle, un bulldozer est en train de détruire une autre habitation à risque dans ce village de 130 habitants, auquel le gouvernement a recommandé de reculer par rapport à la côte plutôt que d’investir dans de nouvelles protections. " Les défenses mises en place (...) ne feront que ralentir l’érosion, elles ne peuvent pas l’arrêter", rappelle la conseillère locale Katie Graham. « Nous avons besoin de plus d’argent, plus de soutien du gouvernement. La situation est très urgente », plaide-t-elle.

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    Craig Block, un batelier du village balnéaire de Thorpeness, dans le Suffolk, en Angleterre, le 3 février 2026
    AFP - Ben STANSALL

    En France, la présidente du Comité national du trait de côte, la députée Sophie Panonacle, réclame depuis plusieurs années la création d’un fonds consacré à l’érosion côtière, soulignant l’importance d’une « stratégie d’adaptation des territoires littoraux en termes climatiques ».

    « Au Royaume‑Uni, on a l’air de dire  : je vais laisser la mer prendre ce qu’elle veut », déplore Craig Block, batelier du lac de Thorpeness.

    Le chercheur en adaptation climatique Robert Nicholls salue quant à lui la stratégie « expérimentale » du gouvernement britannique. « Ils essaient de voir ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Ils essaient d’innover », souligne le professeur de l’Université d’East Anglia, jugeant cette approche « sage et visionnaire ».

  • « Make Pluto Great Again » : reclasser Pluton en planète, la nouvelle lubie des Magas
    https://www.sciencesetavenir.fr/espace/systeme-solaire/make-pluto-great-again-reclasser-pluton-en-planete-la-nouvelle-lubi
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    Le cœur de Pluton photographié par la sonde New Horizons.
    Crédit : Nasa.

    Vingt ans après son déclassement, Pluton revient au centre du débat aux Etats-Unis. Cette fois, la querelle astronomique est reprise par l’entourage de Donald Trump, Elon Musk et le patron de la Nasa.

    AFP - MIGUEL J. RODRIGUEZ CARRILLO
    En mars 2026, le nouvel administrateur de la Nasa, Jared Isaacman, a dit soutenir l’idée de "Make Pluto Great Again", reprenant à sa manière le slogan de Donald Trump. Cette campagne a été alimentée ces derniers mois par le sénateur républicain Mike Lee, qui a appelé Donald Trump à « Make Pluto Planetary Again », et par Elon Musk, qui avait répondu en mai 2025 « I’d support that » à une demande de William Shatner, un des acteurs emblématiques de la série Star Trek, réclamant un décret présidentiel pour réhabiliter Pluton. Le sujet, longtemps cantonné aux astronomes, est ainsi devenu un petit objet politique et culturel, parfait pour la galaxie MAGA ("Make America Great Again").

    Pourquoi Pluton a été déclassée
    Le hic, c’est que ni Trump, ni Musk, ni même la Nasa ne peuvent changer ce statut. La classification des corps célestes relève de l’Union astronomique internationale (UAI), qui rappelle n’avoir pas modifié sa définition depuis 2006. Sur ses propres pages, la Nasa présente toujours Pluton comme une planète naine, située dans la ceinture de Kuiper. Si Pluton a perdu son rang, cela n’a rien à voir avec un quelconque anti-américanisme.

    Le problème est apparu quand les astronomes ont commencé à découvrir, au-delà de Neptune, toute une population d’objets comparables dans la ceinture de Kuiper. Il a alors fallu trancher : soit allonger la liste des planètes, soit en resserrer la définition. En août 2006, l’UAI a fixé trois critères : un astre doit tourner autour du Soleil, être assez massif pour devenir presque rond, et avoir « nettoyé » le voisinage de son orbite. Pluton remplit les deux premiers, mais pas le troisième. Elle partage sa région avec d’autres objets transneptuniens : c’est pour cela qu’elle a été reclassée comme planète naine. 

    Un débat tenace aux Etats-Unis
    Si Pluton suscite une telle charge affective aux Etats-Unis, c’est aussi pour une raison très simple : elle reste la seule planète du système solaire découverte par un Américain. Clyde Tombaugh l’a repérée en 1930, à l’observatoire Lowell, après avoir été recruté pour traquer la fameuse « planète X ». Cette découverte est restée un motif de fierté nationale, d’autant que Pluton a longtemps occupé la place symbolique de neuvième et dernière planète. Son déclassement a donc été vécu par beaucoup comme une perte de prestige scientifique plus que comme une correction de nomenclature.

    Le débat scientifique, lui, n’a jamais totalement disparu. Certains planétologues, comme Philip Metzger, défendent une définition plus géophysique, centrée sur la forme et la complexité de ce monde, révélée par la sonde New Horizons, plutôt que sur sa domination orbitale. Mais, pour l’heure, la règle officielle reste celle de l’UAI. Et c’est peut-être ce qui rend Pluton si utile politiquement : même à 5 milliards de kilomètres, l’Amérique aime encore y projeter ses guerres de symboles.

  • Quand le « Soleil artificiel » chinois repousse les limites de la fusion nucléaire
    https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/quand-le-soleil-artificiel-chinois-repousse-les-limites-de-la-fusio

    Le réacteur chinois EAST est ainsi parvenu à maintenir un plasma pendant plusieurs secondes, dans un régime de densité supérieur à la limite de Greenwald. Cette prouesse expérimentale apporte une confirmation inédite de la théorie PWSO.

    Tout comme les éoliennes ou les panneaux solaires, les #tokamaks pourraient devenir une « source d’énergie intermittente » ...

    #nécrotechnologies #techno-solutionnisme

  • Alcool : un coût massif pour la société et un carburant des violences faites aux femmes

    https://www.sciencesetavenir.fr/nutrition/alcool-un-cout-massif-pour-la-societe-et-un-carburant-des-violences
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    « L’alcool coûte beaucoup plus en termes de santé qu’il ne rapporte en revenus », déclare à l’AFP le Dr Emmanuel Ricard, directeur du service prévention de la Ligue contre le cancer. « Première cause de consultation aux urgences avec 246.000 hospitalisations par an, première cause de violences, d’altercations, de bagarres, de violences conjugales et sexuelles, d’accidents de la route », énumère ce médecin de santé publique.

    L’#alcool est la première cause de consultation aux urgences avec 246.000 hospitalisations par an, première cause de #violences, d’altercations, de bagarres, de violences #conjugales et sexuelles, d’#accidents de la route

    « L’alcool coûte extrêmement cher à la société, il faut en avoir conscience »

    « facteur de risque majeur » de violences intra-familiales que subissent femmes et enfants

    https://www.sciencesetavenir.fr/nutrition/alcool-un-cout-massif-pour-la-societe-et-un-carburant-des-violences

  • Cancers, diabète... Les soupçons sanitaires s’accentuent sur plusieurs conservateurs alimentaires

    https://www.sciencesetavenir.fr/nutrition/cancers-diabete-les-soupcons-sanitaires-s-accentuent-sur-plusieurs-
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    « Ces résultats pourraient avoir des implications importantes en matière de santé publique, au vu de l’omniprésence des conservateurs dans une large gamme d’aliments et de boissons »

    Etude basée sur une large cohorte de Français - plus de 100.000 personnes -, suivis pendant plusieurs années avec des questionnaires très réguliers sur leur alimentation ainsi que des données précises sur la composition des produits consommés.

    Conservateurs (diabètes de type 2)

    – Le *sorbate de potassium (E202)*, trouvé dans des produits laitiers, fromages, produits de panification, certaines charcuteries, confiseries, pâtisseries, sauces, certaines boissons alcoolisées, confitures, gelées, marmelades, assaisonnements.
    – Le *métabisulfite de potassium (E224),* trouvé dans des fruits et légumes (secs notamment), vin, spiritueux, condiments, bières, certains biscuits apéritifs, cidre, fruits confits, mollusques, crustacés notamment.
    – Le *nitrite de sodium (E250)*, trouvé dans les viandes transformées, les poissons transformés ainsi que diverses charcuteries locales traditionnelles.
    – L’*acide acétique (E260)* et l’acétate de sodium (E262), trouvé dans de très nombreuses catégories d’aliments transformés : fromages, fruits et légumes en conserve, pains, sauces, préparations à base de céréales et aliments pour bébés.
    – Le *propionate de calcium (E282)*, trouvé dans des fromages, de la pâtisserie, des produits de pâtisseries et certains pains.

    Antioxydants (diabètes de type 2)

    *Ascorbate de sodium (E301)*, trouvé dans différents types de charcuteries, des poissons surgelés et autres préparations à base de viande, différents plats préparés et des aliments pour bébé à base de céréales.
    *Alpha-tocophérol (E307)*, trouvé dans de très nombreuses catégories d’aliments dont alimentation infantile.
    *Erythorbate de sodium (E316)*, trouvé dans des viandes transformées (charcuterie) et certains produits de poisson.
    *Acide citrique (E330),* trouvé dans de très nombreuses catégories d’aliments (sodas et autres boissons sucrées, bonbons, biscuits, fromages industriels, les yaourts aux fruits, plats préparés)
    *Acide phosphorique (E338)*, trouvé dans l’alimentation infantile, les produits laitiers, produits de panification, sauces, mollusques, crustacés, boissons rafraîchissantes sans alcool, soupes, potages, certains spiritueux, biscuits apéritifs…
    *Extraits de romarin (E392)* trouvés dans du lait en poudre, huiles végétales, huiles de poisson, chewing-gums, certaines pâtisseries, sauces, condiments, assaisonnements, snacks et produits transformés à base de pomme de terre…

    Conservateurs (cancer)

    – Les *sorbates (E200, E202, E203)*, en particulier le *sorbate de potassium (E202)*. Ils sont associés à une augmentation de 14 % du risque global de cancer et à une augmentation de 26 % du risque de cancer du sein.
    – Les *sulfites (E220, E221, E222, E223, E224, E225, E228)*. Ils sont associés à une augmentation de 12 % du risque global de cancer. En particulier, le *métabisulfite de potassium (E224)*, associé à une incidence accrue de 11 % de cancer au global et 20 % de cancer du sein
    – Le *nitrite de sodium (E250)*, associé à une augmentation de 32 % du risque de cancer de la prostate, tandis que le *nitrate de potassium (E252)*, associé à une augmentation du risque de cancer en général (13 %) et de cancer du sein (22 %)
    – Les *acétates (E260, E261, E262, E263)* quant à eux étaient associés à une augmentation du risque de cancer en général (15 %) et de cancer du sein (25 %), tandis que l’acide acétique (E260) était associé à une augmentation de 12 % du risque de cancer en général.
    – Parmi les conservateurs antioxydants, seuls les *érythorbates totaux et l’érythorbate de sodium (E316)* spécifique se sont avérés associés à une incidence plus élevée de cancer au global (12 %) et du sein (21 %).

  • Dans la nécropole royalede Tanis, une découverte sans équivalent « depuis Toutankhamon »
    https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/plus-de-200-statuettes-retrouvees-intactes-dans-une-tombe-de-tanis-

    C’est la découverte la plus importante faite dans les tombes royales de Tanis depuis 1946. Dans la matinée du 9 octobre 2025, une équipe d’égyptologues de la Mission Française des Fouilles de Tanis (École pratique des Hauts Études – PSL) s’est vue émerveillée face à un ensemble de statuettes funéraires reposant, intactes, sur le sol d’une salle de la tombe du roi Osorkon II, pharaon de la 22e dynastie (vers 850 avant notre ère).

    Appelées ouchebtis, ces petites statuettes de forme humaine, au nombre extraordinaire de 225, se trouvaient encore à leur emplacement d’origine, enfouies dans la boue salée accumulée depuis des millénaires et collées les unes aux autres, près d’un sarcophage anonyme en granit rose.
    Un défunt royal jusqu’ici anonyme

    L’un des objectifs de la mission était notamment de découvrir l’identité de l’ancien occupant de ce sarcophage, un mystère persistant depuis sa mise au jour en 1939 par l’archéologue français Pierre Montet. « Cela fait des décennies que nous cherchons à savoir s’il s’agit d’un prince ou d’un roi, le pharaon Osorkon II et l’un de ses fils reposant tous les deux dans d’autres salles de la tombe », a expliqué lors d’une conférence de presse Frédéric Payraudeau, égyptologue à l’université Paris-Sorbonne et directeur de la Mission française des fouilles de Tanis. « Nous avons désormais la réponse grâce à ces statuettes. »

    Les tout premiers ouchebtis lors de leur découverte, qui apparaissent ici encore collés les uns avec les autres. Crédits : Mission Française des Fouilles de Tanis de l’EPHE-PS/Simone Nannucci

    Toutes portaient en effet le même cartouche contenant le nom du mort qu’elles accompagnaient : le pharaon Chéchonq III (830-791 avant notre ère), que l’on connaît pour les nombreuses constructions qu’il fit réaliser à Tanis. Une surprise pour les archéologues, puisque Chéchonq III possède déjà une tombe à son nom sur le site, répertoriée sous le nom de « tombe n°V ». « Il est donc possible qu’il n’ait finalement jamais été inhumé dans ce que l’on pensait jusqu’ici être son tombeau, au profit de cet enterrement dans la tombe de son prédécesseur Osorkon II », suppose Frédéric Payraudeau.

    Tout comme l’identification des statuettes, de nouvelles inscriptions dans la chambre funéraire confirment par ailleurs que ce pharaon est bien le propriétaire du sarcophage et des vestiges du mobilier funéraire - des fragments de poteries et de perles, notamment - encore présents dans ce qui constitue une anti-chambre du tombeau d’Osorkon II.
    Rien de tel « depuis Toutankhamon »

    « En commençant les fouilles, nous n’avions même pas l’espoir de retrouver une breloque », a confié le chercheur avec le sourire. « Finalement, nous n’avons jamais rien trouvé d’aussi extraordinaire à Tanis depuis 1946. »

    Tanis, site du nord-est du delta du Nil, fut la capitale politique de l’Égypte durant les 21e et 22e (vers 1069–715 av. J.-C.), période dite Troisième Période intermédiaire, et jusqu’en 660 av. J.-C. environ. Fondée à l’image de Thèbes dans un souci de renouveau du pouvoir, elle comprenait un vaste complexe funéraire attenant au grand temple d’Amon qui avait pour vocation de « remplacer » la Vallée des rois, victimes de pillages bien trop fréquents à l’époque. Ainsi, les tombes royales de Tanis ont été découvertes au milieu du 20e siècle intactes ou presque, ce qui est exceptionnel en Égypte, où la plupart des sépultures royales ont été visitées et vidées de leurs objets précieux dès l’Antiquité.

    Reposant dans des niveaux archéologiques inférieurs à ceux fouillés par Pierre Montet, elles avaient donc échappé à la vigilance des pilleurs venus dans le tombeau d’Osorkon II, « probablement à l’époque romaine », selon les chercheurs.
    Des statuettes au service du roi

    Un tel lot d’ouchebtis, qui servaient au défunt de « petits serviteurs » dans l’au-delà, n’a pas d’équivalent dans cet état et dans cette proportion « depuis Toutankhamon » , a assuré au micro Laurent Coulon, égyptologue spécialiste de la religion et des rites funéraires et membre du Collège de France. Et ce, même s’il est souvent admis que le pharaon disposait d’une statuette différente par jour, laissant entendre que 365 personnages étaient déposés dans sa tombe. « En réalité, on n’en a jamais trouvé autant », nuance Frédéric Payraudeau.

    Fait étonnant pour les chercheurs : la série retrouvée à Tanis compte une majorité de figures féminines, contre une plus petite proportion de figures masculines. « Les ouchebtis représentant des femmes n’apparaissent qu’à la fin du Nouvel Empire et sont assez rares. Ce fut donc une vraie surprise pour nous de constater qu’elles se trouvaient en plus grand nombre que les hommes. »

    Actuellement stockées dans un entrepôt pour assurer, durant ces premiers jours hors du milieu dans lequel elles sont restées près de trois millénaires, leur bonne conservation, les statuettes devraient sans doute rejoindre à terme le musée égyptien du Caire, place Tahrir, au Caire.

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  • Nous partageons les mêmes gènes du comportement que les golden retrievers
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/nous-partageons-les-memes-genes-du-comportement-que-les-golden-retr

    Ils sont doux, affectueux et faciles à éduquer. Les golden retrievers font partie des espèces de chien les plus appréciées. Créé à l’origine pour rapporter le gibier, le comportement du golden retriever serait aujourd’hui influencé par les mêmes gènes que nous, les humains. Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) offre une fenêtre sur les émotions canines, révélant pourquoi certains golden retrievers sont plus craintifs, énergiques ou agressifs que d’autres. Ces travaux montrent pour la première fois que certains gènes associés au comportement canin sont également liés à des traits tels que l’anxiété, la dépression et l’intelligence chez l’être humain.

    L’équipe a utilisé les données comportementales de 1.300 chiens, âgés de trois à sept ans, ainsi que des échantillons sanguins afin d’examiner l’ensemble du génome de chaque golden retriever. Ils ont pu identifier des marqueurs génétiques plus fréquents chez les chiens présentant chacun des 14 traits comportementaux, comparés à ceux qui ne les ont pas. Cela a permis d’identifier les gènes sous-jacents à des caractéristiques telles que la facilité d’entraînement, les niveaux d’énergie, la peur des étrangers et l’agressivité envers d’autres chiens. En comparant leurs résultats à une analyse similaire chez l’humain, les chercheurs ont découvert que 12 des gènes de golden retrievers identifiés sous-tendent également des traits comportementaux et émotionnels chez les humains.
    Un seul gène, plusieurs comportements

    Les gènes canins identifiés par l’équipe ne conduisent pas directement à un comportement ou à une émotion spécifique. Ils influencent plutôt la régulation comportementale ou des états émotionnels plus larges. Evidemment, le gène n’entraîne pas exactement le même comportement chez l’Homme et chez l’animal. Par exemple, les chiens présentant une "peur non sociale", c’est-à-dire la peur d’objets comme les bus ou les aspirateurs, possèdent un gène qui, chez les humains, influence l’irritabilité, la sensibilité et l’anxiété. Le gène, PTPN1, lié à l’agressivité envers d’autres chiens chez les golden retrievers, est également associé à l’intelligence et à la dépression chez les humains. ROMO1, qui est lié à l’intelligence et à la sensibilité émotionnelle chez les humains, est associé chez le chien à sa "capacité d’entraînement".

    Mais le golden retriever n’est pas le seul animal chez qui des gènes impliqués dans le comportement ont été retrouvés. Beaucoup de gènes qui influencent l’humeur, le stress, l’agressivité, la sociabilité ou l’apprentissage sont anciens et conservés dans l’Evolution, comme ceux de la sérotonine (surnommée l’hormone du bonheur) ou l’ocytocine (l’hormone de l’attachement). Cette étude identifie toutefois pour la première fois des gènes canins spécifiques à des comportements et montre qu’ils ont des équivalents dans les émotions humaines.
    Qui se ressemble, s’assemble ?

    Si le chien et l’humain se ressemblent tant, est-ce parce qu’ils ont évolué ensemble depuis des milliers d’années ? La recherche a montré qu’il y a au moins 20.000 ans, voire 40.000 ans pour certaines estimations, les loups et les humains ont commencé à se rapprocher. C’est à ce moment que la domestication du loup a démarré et que le chien a commencé à diverger de cette espèce. Une cohabitation qui aurait pu nous faire évoluer ensemble.

    "Les deux espèces sont de grands mammifères ayant des ancêtres communs dans un passé lointain, ce qui signifie qu’elles partagent une biologie cérébrale, tout comme une grande partie de la physiologie du chien ressemble à celle des humains. Mais aussi, les chiens comme les humains sont des espèces sociales qui dépendent de la vie en groupe — et de la vie les uns avec les autres — pour prospérer. Il peut donc également exister des pressions évolutives communes qui ont conduit à une biologie partagée", explique à Sciences et Avenir la Dr Eleanor Raffan, chercheuse au Département de physiologie, de développement et de neurosciences de l’Université de Cambridge et auteure principale de l’étude publiée dans la revue Pnas.

    A la lumière de ces résultats, les propriétaires pourraient faire évoluer leur façon d’éduquer le chien. En plus de récompenser les comportements souhaités, les chercheurs espèrent contribuer à prendre en compte la dimension émotionnelle de l’éducation du chien. "Si votre golden retriever se cache derrière le canapé chaque fois que la sonnette retentit, vous pourriez peut-être faire preuve de plus d’empathie en sachant qu’il est génétiquement prédisposé à se sentir sensible et anxieux", a déclaré la Dr Anna Morros-Nuevo, chercheuse au Département de physiologie, de développement et de neurosciences de l’Université de Cambridge, également impliquée dans l’étude. Ces connaissances pourraient aussi avoir des implications en médecine vétérinaire : comprendre qu’un comportement comme la peur, par exemple chez un golden retriever, est lié à un gène associé à l’anxiété humaine suggère qu’un médicament anxiolytique pourrait être utile.

    Ces résultats, éclairants pour la psychologie canine, en disent aussi beaucoup sur nous, les humains. "Peut-être que cela peut aider à changer la perception selon laquelle les émotions négatives ou les « mauvais comportements », chez l’humain comme le chien, seraient entièrement liés à l’éducation", suggère la Dr Raffan. Elle espère qu’à l’avenir, ces travaux pourront aussi contribuer à mieux comprendre la biologie qui sous-tend les troubles de la santé mentale.

  • Matière noire : la guerre de MOND aura-t-elle lieu ?
    https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/matiere-noire-la-guerre-de-mond-aura-t-elle-lieu_189095

    Pourquoi les étoiles les plus externes des galaxies tournent-elles aussi vite ? Selon les lois de Newton, leur vitesse devrait décroître à mesure qu’elles sont éloignées du centre. Or, ce n’est pas que ce que l’on observe, tout du moins dans les galaxies autour de nous. Depuis quarante ans, deux explications s’affrontent pour expliquer ce paradoxe. La première invoque une matière noire invisible entourant les galaxies, dont la masse cachée maintiendrait les étoiles dans leur course. La seconde, plus audacieuse, baptisée MOND (MOdified Newtonian Dynamics), préfère réviser les lois de la gravitation quand le champ devient très faible, comme c’est le cas à la périphérie des galaxies. Inutile alors de faire appel à une matière inconnue.
    Décroissance keplérienne

    Un nouvel épisode de cette controverse vient d’être ouvert par Alain Blanchard et Even Coquery, de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP, Toulouse). Dans une étude parue dans Astronomy & Astrophysics, il conclut que la théorie MOND ne parvient pas à reproduire la courbe de rotation de notre propre Galaxie, la Voie lactée, contrairement à un modèle faisant intervenir la matière noire.

    Le point de départ de cette étude n’est pas neuf. Elle s’appuie sur les travaux de François Hammer, de l’Observatoire de Paris, qui, en 2023, avait analysé les mesures de la vitesse d’étoiles lointaines mesurées par le satellite européen Gaia. Son équipe avait trouvé que la vitesse de rotation du disque galactique diminue au-delà de 50.000 années-lumière du centre, suivant une décroissance dite « keplérienne ». Elle découle en effet des lois de Kepler, et s’observe par exemple dans le système solaire. Plus les planètes sont éloignées du soleil et moins vite elles tournent autour. L’ennui c’est que précisément, dans la plupart des galaxies spirales, cette décroissance ne s’observe pas. Et jusqu’à présent, on pensait que c’était aussi le cas dans la Voie lactée, jusqu’à ce que les mesures de Gaia viennent semer le trouble.
    Halo de matière noire

    "Nous avons utilisé les résultats de l’équipe de François Hammer tels quels, et cherché à voir s’ils pouvaient s’accorder avec les modèles standards de galaxie comportant un halo de matière noire, explique à Sciences et Avenir Alain Blanchard. Nous avons montré que c’était le cas, à condition toutefois que ce halo soit particulièrement concentré". C’est en testant la théorie MOND que ça se corse. Dans le cas de la Voie lactée, "MOND ne peut reproduire la courbe de rotation. Sauf si l’on choisit une valeur du paramètre d’accélération trois fois plus faible que celle utilisée pour les galaxies externes", indique Alain Blanchard.

    Ce "paramètre d’accélération", noté a0, fixe la limite en dessous de laquelle la gravité se comporte différemment des lois de Newton. En clair, quand les forces gravitationnelles deviennent très faibles — comme à la périphérie des galaxies — la gravité se « renforce » un peu, ce qui permet d’expliquer la vitesse des étoiles sans invoquer de matière noire. Mais ce paramètre se doit d’être le même pour toutes les galaxies, les lois de la physique n’étant pas censées dépendre du lieu où elles s’exercent.
    "Le débat reste vif"

    L’équipe toulousaine conclut donc que la décroissance observée par Gaia est incompatible avec MOND. Le résultat a immédiatement fait réagir les partisans de MOND. "J’ai reçu une dizaine de mails de collègues dès la mise en ligne de l’article, raconte Alain Blanchard. C’est bon signe : cela prouve que le débat reste vif". Pour Benoît Famaey, chercheur au CNRS à Strasbourg et spécialiste de la théorie MOND, l’interprétation d’Alain Blanchard repose sur une hypothèse fragile : celle d’un disque galactique à l’équilibre. Or, cette hypothèse est cruciale, car elle conditionne la manière dont on déduit la courbe de rotation de la Voie lactée. Si le disque est stable et en équilibre, les vitesses des étoiles reflètent directement la répartition de la masse et permettent d’en déduire le champ gravitationnel. Mais si le disque est perturbé, ces vitesses sont biaisées et la courbe de rotation peut donner une image trompeuse de la masse réelle. "Or, le disque externe de la Voie lactée est perturbé, notamment par son interaction avec la galaxie naine du Sagittaire il y a environ six milliards d’années, souligne Benoît Famaey. À partir de 50.000 années-lumière du centre, les étoiles ont été affectées et sont hors équilibre. La question est précisément de savoir à quel point elles le sont."
    100 millions d’étoiles étudiées par Gaia

    Par ailleurs, d’autres mesures indépendantes fondées sur les amas globulaires, les galaxies satellites ou les courants d’étoiles montrent que la vitesse de rotation des étoiles reste pratiquement constante jusqu’à plus de 200.000 années-lumière du centre.

    Autrement dit, ces différents indicateurs pointent vers une courbe de rotation globalement plate, bien différente de la décroissance observée par François Hammer. "Soit tous ces traceurs sont faux, mais cela remet alors en cause les travaux de très nombreux collègues qui, soit dit en passant, n’ont rien à voir avec une quelconque préférence pour MOND, soit c’est la courbe de François", résume Benoît Famaey.

    Les deux chercheurs s’accordent au moins sur un point : il faudra attendre les prochaines données de Gaia pour trancher. Le satellite européen livrera en 2026 un nouveau catalogue comportant les vitesses radiales de plus de 100 millions d’étoiles, contre 30 millions aujourd’hui. De quoi vérifier si la mystérieuse décroissance keplérienne du disque galactique résiste à l’épreuve des données.

  • Visite inédite de NAROO, instrument astronomique unique en France, à Meudon
    https://www.sciencesetavenir.fr/espace/astrophysique/visite-inedite-de-naroo-instrument-astronomique-unique-en-france-a-

    Le 14 octobre 2025, l’Observatoire de Paris-PSL nous a ouvert ses portes pour la visite des installations NAROO, instrument singulier et de haute précision en astrométrie situé sur le campus de Meudon du centre de recherche francilien. Reportage.

    Fondé en 1667 par l’Académie royale des sciences sous l’impulsion du roi Louis XIV, l’Observatoire de Paris (appartenant au réseau universitaire Paris Sciences & Lettres) fait partie des centres de recherche de référence dans les domaines de l’astronomie et de l’astrophysique françaises. Il explore diverses thématiques, allant de l’étude des corps mineurs comme des astéroïdes ou comètes jusqu’aux lointaines exoplanètes (planètes situées en dehors du Système solaire).

    Le 14 octobre 2025, les chercheurs du campus de Meudon de l’Observatoire de Paris ont montré les installations NAROO (acronyme en anglais de « New Astrometric Reduction of Old Observations ») à la presse. Il s’agit d’un instrument de pointe unique en Europe qui permet de numériser des plaques photographiques représentant des observations effectuées entre 1890 et 1998 de corps célestes de tous types, incluant des planètes, satellites naturels, astéroïdes, galaxies, etc.
    Un trésor d’archives astronomiques

    La visite des installations NAROO est précédée de brèves conférences mettant en lumière l’historique des plaques de verre photographiques, dont les premières furent réalisées à l’Observatoire Royal de Greenwich, à Londres, où 100.000 d’entre elles sont répertoriées. La sélection des plaques a commencé en 1887 lors du Congrès Astrophotographique International, organisé à l’Observatoire de Paris. D’après Valéry Lainey, astronome au LTE (Laboratoire Temps Espace) et co-organisateur de l’événement avec Louise Devoy, curatrice de l’observatoire britannique, il y aurait plusieurs centaines de milliers de ces clichés photographiques dans le monde.

    Une telle collection patrimoniale rend compte de la collaboration scientifique franco-britannique effective malgré le contexte post-Brexit. Il est important de noter que les plaques photographiques ont été transférées à de multiples reprises : gardées à Greenwich de 1890 à 1990, en plus des documents associés comme des inventaires, étiquettes ou tirages papiers stockés à la bibliothèque de l’université de Cambridge depuis 1998 et quelques centaines de milliers de plaques se trouvant à la bibliothèque de Bodley d’Oxford depuis 2013.

    Durant la tenue de l’avant-dernière conférence, donnée par Carl D. Murray, enseignant-chercheur de mathématiques et d’astronomie à l’université Queen Mary de Londres, la plaque photographique de la découverte de Pasiphaé (lune de Jupiter) datant de 1908 est montrée pour illustrer la précision de la numérisation des plaques, équivalente à celle des sondes spatiales comme Cassini ou Voyager. Bien que de nombreux instituts de recherche soient dédiés à la préservation et l’archivage de matériel historique, le programme NAROO (projet crée en 2013 et devenu un programme d’investigation scientifique à partir de 2020) entend mener sa mission dans un but purement scientifique, cherchant notamment à améliorer et compléter les connaissances sur la dynamique des astres, apportant un complément à la mission Gaia.

    Cette branche de l’astrophysique s’attache à décrire, puis à prédire avec précision les trajectoires des corps célestes, tout comme l’a fait la mission de l’Agence spatiale européenne (ESA), Gaia, entre 2013 et janvier 2025. Cette mission astrométrique (mesure des positions des astres) majeure a permis en outre de recenser les positions dans le ciel via les coordonnées célestes que sont l’ascension droite et la déclinaison, les distances au Système solaire et les orbites de près de deux milliards d’étoiles dans notre galaxie, la Voie lactée, traçant une cartographie grandeur nature d’un vaste « zoo » stellaire.

    Fondé en 1667 par l’Académie royale des sciences sous l’impulsion du roi Louis XIV, l’Observatoire de Paris (appartenant au réseau universitaire Paris Sciences & Lettres) fait partie des centres de recherche de référence dans les domaines de l’astronomie et de l’astrophysique françaises. Il explore diverses thématiques, allant de l’étude des corps mineurs comme des astéroïdes ou comètes jusqu’aux lointaines exoplanètes (planètes situées en dehors du Système solaire).

    Le 14 octobre 2025, les chercheurs du campus de Meudon de l’Observatoire de Paris ont montré les installations NAROO (acronyme en anglais de « New Astrometric Reduction of Old Observations ») à la presse. Il s’agit d’un instrument de pointe unique en Europe qui permet de numériser des plaques photographiques représentant des observations effectuées entre 1890 et 1998 de corps célestes de tous types, incluant des planètes, satellites naturels, astéroïdes, galaxies, etc.
    Un trésor d’archives astronomiques

    La visite des installations NAROO est précédée de brèves conférences mettant en lumière l’historique des plaques de verre photographiques, dont les premières furent réalisées à l’Observatoire Royal de Greenwich, à Londres, où 100.000 d’entre elles sont répertoriées. La sélection des plaques a commencé en 1887 lors du Congrès Astrophotographique International, organisé à l’Observatoire de Paris. D’après Valéry Lainey, astronome au LTE (Laboratoire Temps Espace) et co-organisateur de l’événement avec Louise Devoy, curatrice de l’observatoire britannique, il y aurait plusieurs centaines de milliers de ces clichés photographiques dans le monde.

    Une telle collection patrimoniale rend compte de la collaboration scientifique franco-britannique effective malgré le contexte post-Brexit. Il est important de noter que les plaques photographiques ont été transférées à de multiples reprises : gardées à Greenwich de 1890 à 1990, en plus des documents associés comme des inventaires, étiquettes ou tirages papiers stockés à la bibliothèque de l’université de Cambridge depuis 1998 et quelques centaines de milliers de plaques se trouvant à la bibliothèque de Bodley d’Oxford depuis 2013.

    Durant la tenue de l’avant-dernière conférence, donnée par Carl D. Murray, enseignant-chercheur de mathématiques et d’astronomie à l’université Queen Mary de Londres, la plaque photographique de la découverte de Pasiphaé (lune de Jupiter) datant de 1908 est montrée pour illustrer la précision de la numérisation des plaques, équivalente à celle des sondes spatiales comme Cassini ou Voyager. Bien que de nombreux instituts de recherche soient dédiés à la préservation et l’archivage de matériel historique, le programme NAROO (projet crée en 2013 et devenu un programme d’investigation scientifique à partir de 2020) entend mener sa mission dans un but purement scientifique, cherchant notamment à améliorer et compléter les connaissances sur la dynamique des astres, apportant un complément à la mission Gaia.

    Cette branche de l’astrophysique s’attache à décrire, puis à prédire avec précision les trajectoires des corps célestes, tout comme l’a fait la mission de l’Agence spatiale européenne (ESA), Gaia, entre 2013 et janvier 2025. Cette mission astrométrique (mesure des positions des astres) majeure a permis en outre de recenser les positions dans le ciel via les coordonnées célestes que sont l’ascension droite et la déclinaison, les distances au Système solaire et les orbites de près de deux milliards d’étoiles dans notre galaxie, la Voie lactée, traçant une cartographie grandeur nature d’un vaste « zoo » stellaire.

    L’ambition de scanner des centaines de milliers de plaques de verre représente alors un défi titanesque : au moins 2 500 plaques astrophotographiques sont analysées tous les six mois, ce qui prendrait au moins 20 ans pour numériser l’ensemble des archives de Greenwich par exemple, comme le fait remarquer Vincent Robert. Une fois que les plaques sont numérisées, on peut admirer des millions de points lumineux sous formes de pixels et les données accumulées sont comparées avec les catalogues de référence, comprenant notamment celles de Gaia, constituant des mesures astrométriques précieuses pour étayer notre compréhension des mouvements des astres.

    En outre, concernant l’avenir des mesures astrométriques, Vincent Robert imagine une amélioration des caméras des différents instruments, dont une application pourrait être de comparer les champs de profondeur d’images pour détecter des objets interstellaires, catégorie de corps célestes dont font parties 1I/Oumuamua, 2I/Borisov et 3I/ATLAS, respectivement observés en 2017, 2019 et 2025. Ce type de tâche pourrait être particulièrement adaptée pour l’intelligence artificielle (IA), assurant une rapidité d’exécution, bien qu’encore considérée comme imparfaite et sujette à des améliorations.

    L’instrument NAROO, chargé d’analyser les plaques astrophotographiques.
    Vincent Robert

    https://www.sciencesetavenir.fr/assets/img/2025/10/16/cover-r4x3w1200-68f0b39e8983d-naroo.jpg

    Photographie de Pasiphaé (indiquée en zoomant sur le VIII), lune de Jupiter, en 1908 par l’Observatoire Royal de Greenwich et numérisée par l’Observatoire de Paris. Crédits : Vincent Robert

    https://www.sciencesetavenir.fr/assets/inline-img/2025/10/20/w453-174729-pasiphae-1908.jpg

  • #Cancers précoces : enquête sur une mystérieuse augmentation
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/cancers-precoces-enquete-sur-une-mysterieuse-augmentation_188457
    https://www.sciencesetavenir.fr/assets/img/2025/09/25/cover-r4x3w1200-68d560d545270-10431-584510-k2-k1-1397382-jpg.jpg

    Toutefois, les experts s’accordent sur ce point : ces facteurs liés au mode de vie ainsi que la hausse du dépistage ne peuvent expliquer à eux seuls l’augmentation de l’incidence des cancers précoces. « On s’est rendu compte qu’une grande partie de nos patients de moins de 50 ans ne boivent pas d’alcool, ne fument pas, ont une bonne hygiène de vie. On veut leur apporter une réponse », lance Cristina Smolenschi, oncologue spécialisée dans les cancers digestifs à l’institut Gustave-Roussy (IGR), à Villejuif. D’autres causes restent donc à débusquer. Parmi les nombreux suspects, la pollution de l’air et l’exposition aux facteurs environnementaux. « Beaucoup de recherches sont en cours à ce sujet, on sait que les polluants affectent l’épigénétique, mais on ne sait pas encore très bien comment », confirme Giacomo Cavalli.

    À l’IGR, Cristina Smolenschi supervise depuis fin 2024 le programme Yoda (Young onset digestive adenocarcinoma), dont l’un des axes de recherche vise à étudier - pour la première fois - la teneur en microplastiques des graisses viscérales des patients de moins de 50 ans atteints de cancers. D’autres scientifiques s’intéressent au microbiome intestinal, certaines toxines bactériennes pouvant endommager l’ADN et favoriser les tumeurs. C’est le cas de la colibactine, une toxine produite par certaines souches d’ Escherichia coli. Les mutations qu’elle induit sont retrouvées chez environ 10 à 15 % des patients atteints de cancers colorectaux, et dans 50 % des cas chez les malades de moins de 40 ans, selon une étude américaine publiée en 2025 dans Nature.

    • ♪♫ https://justpaste.it/9jgx2

      Des causes dites évitables ont été identifiées à tous les âges : obésité, manque d’activité physique, mauvaise alimentation, consommation d’alcool ou de tabac. « Ces facteurs, liés à nos modes de vie depuis la fin des années 1950, favorisent une déprogrammation épigénétique », explique Giacomo Cavalli, chercheur à l’Institut de génétique humaine de Montpellier. Les modifications épigénétiques agissent dans l’ADN comme des interrupteurs automatiques dans une maison connectée. Elles décident quand et comment chaque appareil (ici, les gènes) s’allume ou s’éteint, en fonction des conditions : alimentation, température, stress, pollution, activité physique, etc.
      .../...
      Ce qui augmente le risque aujourd’hui, ce n’est pas d’avoir 30 ou 40 ans, mais d’être né il y a trente ou quarante ans, à une époque où ces facteurs de risque liés aux modes de vie postindustriels sont apparus ", poursuit Cyrille Delpierre. Les Américains nés dans les années 1990 ont par exemple deux fois plus de risque de développer un cancer du côlon, et quatre fois plus de risque de développer un cancer du rectum que ceux nés dans les années 1950.

      #épigénétique
      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pig%C3%A9n%C3%A9tique

      #programme_YODA (Young onset digestive adenocarcinoma)

    • L’énigme du cancer du pancréas

      Le cancer du pancréas, ou adénocarcinome pancréatique, est une énigme pour les médecins épidémiologistes. Entre 2010 et 2023, son incidence a augmenté en moyenne de 1,6 % par an chez les hommes et de 2,1 % chez les femmes en France (INCa, 2024). Il progresse ainsi deux à trois fois plus vite en France que dans le reste de l’Europe « Il s’agit d’un cancer rare, associé à une mortalité élevée et dont peu de facteurs de risque ont été identifiés », ajoute Cyrille Delpierre, épidémiologiste à l’université de Toulouse.

      Fin 2024, une équipe franco-britannique a pointé le possible rôle des pesticides, dont la France est le septième plus gros utilisateur au monde. Dans une étude inédite, ils ont révélé une forte corrélation entre les régions où ils sont employés et l’incidence du cancer du pancréas. Mais la causalité reste à démontrer.