https://thefunambulist.net

  • Surrounded by dubious narratives that reinforce settler colonialism in Palestine, we are placing our “Learning with Palestine” issue (Jan-Feb 2020) in full open-access for everyone to be able to read the deep transnational dialogues between Nick Estes & Maath Musleh, Victoria Adukwei Bulley & Sabrien Amrov, Karim Kattan & Jehan Bseiso, Samia Henni & Mostafa Minawi, and Madiha Tahir & Majd Al-Shihabi, drawing parallels between Palestine and Turtle Island, Pakistan, Algeria, Lebanon, and the Black diaspora.

    Issue: Learning with Palestine - THE FUNAMBULIST MAGAZINE
    https://thefunambulist.net/magazine/27-learning-with-palestine

    Welcome to the 27th issue of The Funambulist. Entitled Learning With Palestine (in opposition to the extractive dimension of learning from Palestine), it constitutes a collaboration with the Palestine Festival of Literature (PalFest). As such, it offers contributions by five PalFest 2019 guests, three PalFest organizers, and four guest Palestinian authors around one question: how to reclaim what colonialism stole? Cities (Mahdi Sabbagh), land (Nick Estes & Maath Musleh), language (Jehan Bseiso & Karim Kattan), interiors (Victoria Adukwei Bulley & Sabrien Amrov), narratives (Samia Henni & Mostafa Minawi), and digital instruments (Madiha Tahir & Majd Al-Shihabi) constitute the core components of the various answers formulated around this question. Throughout this issue, Palestine is simultaneously the site of anti-colonial learning and solidarity, as well as a the source of a productive dialogue with other colonial geographies such as Turtle Island, Algeria, the “Federally Administrated Tribal Areas” (FATA) in Pakistan, or Aotearoa.

  • DE LA COMMUNE À AUJOURD’HUI, interviews de Mogniss H. Abdallah et Hajer Ben Boubaker les 22 janvier et 7 mars 2021. THE FUNAMBULIST PODCAST - SÉRIE QUARTIERS POPULAIRES Nº10
    https://thefunambulist.net/podcast/quartiers-populaires-10-mogniss-h-abdallah-hajer-ben-boubaker-de-la-

    Pour le numéro de mars-avril 2021 du magazine The Funambulist, nous tenions, comme beaucoup d’autres, à célébrer les 150 ans de la Commune de Paris. Il nous semblait néanmoins crucial d’extraire son histoire et son héritage des imaginaires des gauches blanches du Nord global et à les faire dialoguer avec des expériences communales du passé ou du présent de Martinique, de Syrie, de Chine, du Mexique, du Venezuela, de Tunisie, ou encore de Hong Kong. A cette approche résolument internationaliste, nous voulions ajouter une lecture intrinsèque aux quartiers populaires de l’Est et du Nord parisiens associant l’histoire de la Commune aux luttes de l’immigration et antiracistes de ces cinquante dernières années. C’est ainsi que j’ai proposé aux ami.e.s Mogniss H. Abdallah et Hajer Ben Boubaker de contribuer une nouvelle fois à nos projets éditoriaux en accomplissant ensemble deux marches sur les traces de ces histoires. Les deux enregistrements que ces marches ont produit peuvent être quelque peu déroutants, tant nous passons d’une époque à une autre au fil de nos conversations. Ce qui crée leur cohérence néanmoins est la progression spatiale que nous accomplissons, ainsi que l’excavation de différentes strates de la géologie politique de Paris à chaque endroit où nous nous arrêtons. (...) nous vous proposons de suivre les cartes tracées pour l’occasion (...).

  • Entretien avec #Mathieu_Rigouste : une #généalogie coloniale de la police française
    (2017 —> pour archivage)

    L’entretien qui suit est la transcription d’une conversation ayant eu lieu le 23 septembre 2016 afin de figurer dans le 8ème numéro de The Funambulist (disponible en ligne et dans certaines librairies) dedié a une critique de la police dans differents contextes politiques et géographiques (États-Unis, Palestine, Égypte, Allemagne, Brésil, France). https://thefunambulist.net/magazine/police

    LÉOPOLD LAMBERT : Mathieu, ton travail consiste à beaucoup d’égards de mettre à jour la #généalogie_coloniale déterminante de la #police_française. J’aimerais donc commencer cette conversation avec le #massacre du #17_octobre_1961 qui a vu la police parisienne tuer entre 40 et 100 algérien-ne-s lors de manifestations ayant rassemblé environ 30 000 personnes en solidarité avec le #FLN. Lorsque nous évoquons la répression sanglante de l’état français au moment de la révolution algérienne, nous pensons souvent aux #violences commises en Algérie mais pas nécessairement en « métropole » ; c’est pourtant là que ce se détermine la police française d’aujourd’hui en relation à la partie de la population provenant d’anciennes colonies de « l’Empire » (nous en parlerons plus tard). Peux-tu nous décrire cette relation, ainsi que de la figure déterminante de #Maurice_Papon, préfet pour le régime Vichiste, puis à #Constantine en Algérie et enfin à l’œuvre à Paris donnant l’ordre d’un tel massacre ?

    MATHIEU RIGOUSTE : Il y a plusieurs racines de l’#ordre_sécuritaire. L’axe de mes recherches, c’est la #restructuration_sécuritaire qui accompagne la restructuration néolibérale du #capitalisme à l’époque contemporaine. Dans tous mes travaux je retombe sur ce mécanisme dans lequel on voit la société impérialiste française importer dans son système de #contrôle, de #surveillance, de #répression des dispositifs qui viennent des répertoires coloniaux et militaires. Au sein de l’Algérie qui est la colonie de peuplement et d’expérimentations d’une gestion militaire de la population colonisée la plus poussée, sont développés des répertoires d’#encadrement qui vont influencer en permanence, depuis 1830, la restructuration du contrôle de la population « en métropole ». Notamment par l’application de ces dispositifs sur les populations directement désignées comme étant la continuité des indigènes en Algérie, c’est-à-dire principalement les #arabes à #Paris. On a donc des répertoires particuliers, des #régimes_policiers de #violences appliqués aux colonisés « en #métropole » qui font un usage régulier de pratiques de #coercition, d’#humiliation, de #rafles, d’#assassinats, de #tortures longtemps avant la #guerre_d’Algérie et de manière continue. On a déjà une police dans les années 30 qui s’appelle #Brigade_de_surveillance_des_Nord-Africains (#BNA) qui est donc une police opérant sous critères racistes, chargée par l’utilisation de la coercition d’encadrer les français de souche nord-africaine. Ces répertoires vont se transmettre. La continuité de l’état, ça veut dire la continuité des personnels, des administrations, des bureaucraties. Et à travers la restructuration des unités de police, se transmettent des systèmes de #discours, d’#imaginaires, d’#idéologies, et de #pratiques.

    Donc au moment du 17 octobre 1961, il y a déjà tous ces répertoires qui appartiennent à l’arsenal de l’encadrement normal et quotidien des arabes à Paris. J’essaye d’alimenter une piste un peu nouvelle qui apporte un regard supplémentaire aux travaux critiques qui avaient été faits sur la question et qui essaye de montrer comment les doctrines de #contre-insurrection dominaient la pensée militaire de l’époque et comment elles ont été importées et réagencées après leur application industrielle pendant la guerre d’Algérie, notamment à partir de 1956, pour passer du répertoire militaire et colonial dans le répertoire policier de l’écrasement des arabes à Paris. Tu l’as dit, ça passe par des personnels ; on pense à la figure de Maurice Papon en effet, mais aussi à des « étages » moyens et inférieurs de la police, les #CRS, les #gendarmes_mobiles… tout le monde fait son séjour en Algérie pendant la guerre en tant que policier en formation ou pour servir puisqu’on avait utilisé la plupart des effectifs militaires et policiers disponibles à l’époque. Il y a donc déjà une masse de policiers et de gendarmes qui ont été faire la guerre aux colonisés et ils se sont appropriés le modèle de contre-insurrection, le modèle de #terreur_d’Etat. Et puis, il y a aussi tout le contingent, les « #appelés », toute une génération de jeunes mâles qui vont se construire – certains, en opposition, mais une minorité – dans cette guerre d’Algérie, et à travers toute l’économie psychique que ça suppose, les #peurs et la #férocité que ça va engendrer dans toute une génération qui prendra ensuite les manettes de la #Cinquième_République.

    Ce que j’essaye de montrer donc, et que l’on voit bien dans le discours de Maurice Papon à l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) en 1960, c’est que lui en tant que #IGAME, c’est-à-dire super préfet itinérant en Algérie, se forme à la contre-insurrection – c’était déjà un spécialiste des mécanismes de #purges, il s’était illustré par la #déportation des juifs de Bordeaux pendant l’occupation – et donc, assez logiquement, est nommé super préfet en Algérie pour organiser l’écrasement de la #révolution_algérienne. Il se forme ainsi à la contre-insurrection et expériment une forme de remodelage d’une contre-insurrection militaire et coloniale en contre-insurrection militaro-policière et administrative. Il se fascine completement pour cette doctrine qui exhorte à se saisir de l’ennemi intérieur pour pacifier la population, qui dit que le guérillero, le partisan, est comme un poisson dans l’eau, l’eau étant la population, et donc qu’il faut se saisir de la population. Ce système idéologique et technique va être élevé au rang de doctrine d’état et devenir hégémonique dans la pensée militaire francaise à partir de 1956. Dès lors, la doctrine « de la guerre (contre) révolutionnaire » alimente la restructuration des appareils de défense intérieure, « la #défense_intérieure_du_territoire » à l’époque, c’est-à-dire les grands plans de #militarisation_du_territoire en cas d’invasion soviétique. #Papon fait partie de la plateforme de propulsion d’une analyse qui dit que probablement une invasion soviétique – c’est la grille de lecture générale de toute la pensée militaire de l’époque – serait certainement précédée de manifestations géantes communistes et nord-africaines. Papon a en quelque sorte ouvert les plans de défense intérieure du territoire le 17 octobre. Il n’y avait eu que très peu de renseignements du côté de la Préfecture et ils ont été pris au dépourvu ; lorsqu’ils se sont rendus compte le 16 au soir, ou le 17 au matin qu’il y allait il y avoir des manifestations, ils sont allés chercher dans les répertoires disponibles, en l’occurrence la défense intérieure du territoire qui sont donc des plans de gestion militaire de la métropole en cas d’invasion soviétique. Ca explique pas mal de choses sur la puissance du dispositif mis en œuvre. Sur la radio de la police, on diffusait des messages d’#action_psychologique, on disait que les arabes avaient tué dix policiers à tel endroit, etc. pour exciter la #férocité des policiers. Il y a encore un autre aspect qu’il faut prendre en compte – j’y travaille en ce moment – c’est le soulèvement des masses urbaines de décembre 1960 en Algérie. C’est un peu la réponse à la #bataille_d’Alger, c’est-à-dire la réponse du peuple colonisé à la contre-insurrection. C’est un déferlement des masses (avec des enfants, des vieux, des femmes, etc.) dans les rues des grandes villes algériennes qui déborde la militarisation, déborde la contre-insurrection militaire et policière et emporte le versant politique de la guerre d’Algérie alors que le versant militaire était quasiment perdu. Le FLN et l’#Armée_de_Libération_Nationale étaient quasiment K.O. technique, militairement parlant et c’est donc le plus petit peuple qui remporte l’aspect politique de la guerre d’Algérie. Ça va marquer très très fort les administrations, les états-majors politiques, militaires et policiers et quand Papon se fait « ramener » à Paris c’est parce qu’il est reconnu comme un spécialiste de la gestion des arabes aux colonies et qu’on lui demande de faire la même chose à Paris. Il emporte donc cette mémoire avec lui et au moment où son état-major obtient l’information qu’il va il y avoir des manifestations organisées par le FLN et que des algériens vont marcher, depuis les périphéries vers le centre-ville – c’est-à-dire le même mouvement qu’en décembre 1960 en Algérie – il va utiliser l’arsenal d’écrasement qui est à sa disposition.

    Bien entendu, tout cela va semer des graines dans toute la Cinquième République qui est fondée autour du coup d’état militaire qui porte De Gaulle au pouvoir en 1958 et à travers toute cette grammaire idéologique qui considère les arabes et les communistes comme un #ennemi_intérieur dont il faudrait se saisir pour protéger la France et « le monde libre ». Voilà pour le contexte idéologique.

    LÉOPOLD LAMBERT : Dans le livre qu’est devenu ta thèse, L’ennemi intérieur (La Découverte, 2009), tu décris cette généalogie dans de grands détails. Peux-tu nous parler en particulier de la manière dont la doctrine de contre-insurrection coloniale française, élaborée d’abord par des militaires comme le Maréchal #Bugeaud au moment de la colonisation de l’Algérie, puis par d’autres comme #Roger_Trinquier, ou #Jacques_Massu au moment de la guerre de son indépendance a par la suite influencé d’autres polices et armées à l’échelle internationale – on pense notamment à Ariel Sharon ou David Petraeus ?

    MATHIEU RIGOUSTE : On peut dire que c’est à l’origine même de la construction de l’Etat. L’Etat se forge comme #contre-révolution. C’est un appareil qui permet aux classes dominantes de refermer soit le mouvement révolutionnaire soit le temps et l’espace de la guerre pour asseoir leur domination. Tout état se forme donc sur des appareils de contre-insurrection. Du coup, on trouve une pensée contre-insurrectionnelle chez #Sun_Tzu ou dans toute autre philosophie politique. Mais effectivement avec l’avènement de l’état nation moderne, du capitalisme et de sa version impérialiste, la contre-insurrection va elle-même prendre des formes modernes, industrielles, va se mondialiser, va se techniciser, va se rationaliser, et va évoluer en même temps que les systèmes technologiques. Du coup on a des formes modernes de doctrines de contre-insurrection chez le Maréchal Bugeaud en effet. Lui-même, son parcours et sa pensée reproduisent le mécanisme de restructuration impériale, c’est-à-dire l’importation de dispositifs issus de l’expérimentation coloniale et militaire vers le domaine du contrôle. Il va ainsi pouvoir expérimenter des pratiques contre-insurrectionelles à travers la conquête de l’Algérie avec toute sortes de dispositifs qui vont perdurer, comme les rafles, les déplacements de population, etc. et d’autres qui vont être mis de côté comme les enfumades, mais il y reste bien une logique d’extermination durant toute la conquête de l’Algérie.

    Pendant les dernières décennies de sa vie, Bugeaud ne cesse d’insister sur le fait qu’il a constitué une doctrine de contre-insurrection applicable au mouvement ouvrier en métropole. Il passe également beaucoup de temps à démontrer les similarités qu’il y aurait entre le processus révolutionnaire – ce que lui appelle « les insurrections » – au XIXe siècle en métropole et les révoltes aux colonies. À la fin de sa vie, il écrit même un livre (qui ne sera pas distribué) qui s’appelle La guerre des rues et des maisons dans lequel il propose de transférer son répertoire de contre-insurrection à la guerre en ville en métropole contre le peuple et dans lequel il développe une théorie d’architecture qui va se croiser avec toute l’hausmannisation et qui correspond à l’application de la révolution industrielle à la ville capitaliste. On va donc voir des doctrines militaires et coloniales passer dans le domaine policier en même temps que Hausmann « perce la citrouille » comme il dit ; c’est-à-dire en même temps qu’il trace les grandes avenues qui permettent à la police ou l’armée de charger les mouvements ouvriers. On introduit également tout cet imaginaire de la tuberculose, des miasmes, etc. On assimile les misérables à une maladie se répandant dans Paris et il faudrait donc faire circuler l’air. C’est comme aujourd’hui dans la rénovation urbaine, on ouvre des grands axes pour que la police puisse entrer dans les quartiers populaires le plus facilement possible et aussi pour les enfermer. Et on invoque la circulation de l’air. On a donc ces logiques avec tout un imaginaire prophylactique, hygiéniste, qui se met en place en même temps qu’on importe le répertoire contre-insurrectionnel dans le domaine de la police sur toute la seconde partie du XIXe siècle.

    Avec la restructuration impérialiste, les Etats-nation, les grandes puissances impérialistes du monde occidental vont s’échanger en permanence leurs retours d’expériences. On en a des traces dès 1917 après la révolution russe, où on voit donc les polices et les armées du monde occidental se faire des comptes rendus, s’échanger des synthèses d’expérience. Et c’est comme ça tout au long du XXe siècle. Tu parlais d’Ariel Sharon ; on a des traces du fait que des envoyés spéciaux de l’armée (et peut-être aussi de la police) israélienne qui ont été en contact et qui ont sans doute été également formés au Centre d’Instruction à la Pacification et à la contre-Guérilla (CIPCG) en Algérie. Les spécialistes de la contre-insurrection français et israéliens s’échangent donc, dès la guerre d’Algérie, des modèles d’écrasement de leurs ennemis intérieurs respectifs. On a donc une sorte de circulation permanente des textes révolutionnaires et contre-révolutionnaires. J’avais travaillé là-dessus pour une préface que j’ai écrite pour la réédition du Manuel du guérillero urbain ; on pense que ce manuel a beaucoup plus circulé dans les milieux contre-insurrectionnels que dans les mouvements révolutionnaires – ceux-ci disaient d’ailleurs qu’il n’avaient pas vraiment eu besoin d’un manuel de guérilla urbaine dans les années 1970. On a donc une circulation permanente et parfois paradoxale des textes révolutionnaires et contre-révolutionnaires, et des expériences.

    LÉOPOLD LAMBERT : Et des films comme La bataille d’Alger !

    MATHIEU RIGOUSTE : Exactement ; j’allais y venir. Ce film est d’abord censuré les premières années mais il va circuler en sous-main et il va être validé très rapidement par l’armée française qui dit que les choses se sont passées de manière très proche de ce qu’on voit dans le film. Celui-ci va donc à la fois permettre d’introduire la question contre-insurrectionnelle et le modèle français notamment. Bien que ça n’ait pas forcément forcé l’application exacte de ce modèle dans toutes les armées occidentales, on retrouve ce film dans beaucoup de formations militaires étrangères. On retrouve le film dans des mouvements révolutionnaires également : on sait par exemple que les zapatistes le projettent de temps en temps et s’en servent, d’autant que l’armée mexicaine est une grande collaboratrice de l’armée française. La gendarmerie mexicaine qui a tué des enseignants à Oaxaca il y a trois mois venait d’être formée par la gendarmerie française à ce modèle de gestion des foules, mais aussi au maniement des armes que la France vend avec.

    LÉOPOLD LAMBERT : Dans un autre livre, La domination policière (La Fabrique, 2012), tu dédies un chapitre entier à une branche de la police française qui est sans doute celle contribuant le plus à la continuation de la ségrégation coloniale de la société française, en particulier dans les banlieues, la Brigade AntiCriminalité (BAC). Quelqu’un comme Didier Fassin a fait une étude anthropologique très utile mais, somme toute assez académique puisque venant de l’extérieur, mais toi-même a vécu la plus grosse partie de ta vie en banlieue parisienne, à Gennevilliers et tes écrits peuvent ainsi nous donner un regard plus incarné à la violence raciste (et souvent sexiste et homophobe) qu’une telle branche de la police développe. Peux-tu brièvement nous retracer l’histoire de la BAC et nous parler de son action en banlieue ces dix dernières années (cad, depuis les révoltes de 2005) ?

    MATHIEU RIGOUSTE : Les Brigades AntiCriminalités représentent assez bien ce que j’essaye de démontrer dans mes travaux sur le capitalisme sécuritaire parce qu’elle a deux origines ; c’est la fusion des polices endo-coloniales et de la restructuration néolibérale de l’État. Ce sont des polices qui vont être formées au début des années 1970 et qui vont aller puiser dans les personnels, dans les grilles idéologiques, dans les boites à outils pratiques des polices endocoloniales. Je dis endocolonial pour parler de ces polices comme la Brigade de surveillance des Nord-Africains, et par la suite les Brigades Agression et Violence qui déploient les repertoires coloniaux sur des populations internes au pays sur des critères socio-racistes. Je parle d’endocolonialisme car ce ne sont pas les mêmes régimes de violence que ce qui est appliqué aux colonies et ce ne sont pas les mêmes régimes de violence appliqués aux classes populaires blanches – les Black Panthers ne se prenaient pas tellement la tête ; ils parlaient juste de colonies intérieures. Et parce que la société impérialiste a besoin de maintenir la surexploitation et la surdomination d’une partie des classes populaires, la partie racisée, elle a aussi besoin d’une police spécifique pour ça. C’est pour ça qu’après 1945, c’est-à-dire après le vrai-faux scandale de la collaboration de la police française à la destruction des juifs d’Europe, la bourgeoisie Gaulienne invente « la France résistante » et tente de faire croire que ce racisme a été renvoyé aux oubliettes. Mais bien-sûr on va reproduire les mêmes types de dispositifs avec souvent les mêmes personnels – on va aller rechercher les gens qui étaient dans les BNA vu qu’ils savent faire et qu’on va leur refiler le même boulot – et on va trouver une nouvelle dénomination, celle des Brigades Agression et Violence. Un appareil de gestion socio-raciste va ainsi être mystifié par cette dénomination, ce qu’on retrouve également dans la dénomination d’AntiCriminalité aujourd’hui dans cette rhétorique de la « guerre à la délinquance » qui permet de cacher les appareils de production du socio-apartheid derrière des mythes légalistes.

    On se retrouve donc avec une police qui fait à peu près la même chose, qui se rationalise, se modernise, et au tout début des années 1970, c’est-à-dire juste après 1968 – parce que dans tous ces ennemis intérieurs, il y a aussi le gauchiste, la figure qui n’avait jamais complètement disparue du révolutionnaire qu’incarnait la figure du fellagha – on considère qu’il faut des polices modernes qui vont aller dans les quartiers populaires installer la nouvelle société rationnelle, optimisée, néolibérale, etc. On va donc aller chercher dans les répertoires d’idées, de pratiques, de personnels, pour forger une nouvelle police. La première expérimentation se fait en Seine-Saint-Denis, c’est pas un hasard et en 1973, on file à un ancien des Brigades Agression et Violence la charge de policer les quartiers populaires de Seine-Saint-Denis et son unité va donc s’appeler la Brigade AntiCriminalité. Il va mettre à profit tout ce qu’on apprend à l’époque dans les grandes écoles de la nouvelle société, c’est-à-dire, ce qui s’appellera bientôt le néomanagement : l’application aux appareils d’état de la restructuration néolibérale dans les entreprises en quelques sortes. D’ailleurs, la doctrine de la guerre contre-révolutionnaire va elle-même être transposée dans les théories néolibérales et on parlera de doctrines de « guerre économique » par exemple. Il s’agit de détruire l’entreprise ennemie, en l’empoisonnant, en quadrillant son marché, en utilisant des agents de renseignement, tout ça nait au cours des années 1970. Cette première BAC va influencer la naissance d’autres unités sur le même mode dans différente villes et on va ainsi appliquer aux quartiers populaires des méthodes de gestion endocoloniales ce qui va mener aux premières grandes révoltes contre les violences policières dans les cités.

    Il apparait également une nouvelle logique comptable qu’on va appeler aujourd’hui « la politique du chiffre » qui consiste à optimiser le rendement, la productivité de la machine policière. Faire du chiffre, ça veut dire faire le plus possible de « bâtons », c’est-à-dire des « mises-à-disposition ». Ils appellent ça « faire une affaire » ; une affaire, c’est ramener quelqu’un et une histoire à traiter pour l’Officier de Police Judiciaire (OPJ) et si cette histoire est suffisamment utilisable pour en faire une affaire auprès du procureur et du coup aller jusqu’en justice et mettre cette personne en prison ou en tout cas essayer, ça fera un « bâton ». Ces bâtons gonflent une carrière et donc par exemple un commissaire qui veut « grimper », devenir préfet ou je ne sais quoi, il a tout intérêt à développer des unités de BAC dans son commissariat parce que celles-ci font beaucoup de mises-à-disposition puisqu’elles fonctionnent sur le principe du flagrant délit – les Brigades Nord-Africaines fonctionnaient déjà sur cette idée. Le principe du flagrant délit, c’est un principe de proaction. On va laisser faire l’acte illégal, on va l’encadrer, voire l’alimenter, voire même le suggérer ou le produire complétement pour pouvoir se saisir du « délinquant » au moment où il passe à l’action. La BAC est donc un appareil qui tourne beaucoup autour de la production de ses propres conditions d’extension. Cette logique de fond, c’est notamment ça qui va faire que les BAC vont se développer dans l’ère sécuritaire, c’est parce qu’elles font beaucoup de chiffre et qu’elles produisent également beaucoup de domination socioraciste, dont l’Etat a besoin pour contenir le socio-apartheid. Ceci se trouve dans le fait que le plus facile pour faire des mises-à-disposition et remplir ainsi cette mission néolibérale consiste à « faire » des ILS et des ILE : des Infractions à la Législation sur les Stupéfiants – des mecs qui fument des joints – et des Infractions à la Législation sur les Étrangers – des sans-papiers. Comment on trouve du shit et des gens qui n’ont pas de papiers ? Eh bien on arrête les noirs et les arabes. On traine donc autour des quartiers populaires pour faire des arrestations au faciès sur les classes populaires de couleur.

    Voilà comment nait en gros la BAC dans les années 1970 ; elle s’est ensuite développée tout au long des années 1980, d’abord par l’intermédiaire des BAC de Surveillance de Nuit (BSN) et au début des années 1990 et l’avènement de Charles Pasqua – le symbole le plus caricaturale des logiques politiques, policières et militaires de la guerre d’Algérie et dont la carrière politique est structurée autour de la chasse à l’ennemi intérieur – au Ministère de l’Intérieur, il va intensifier cette utilisation des répertoires de contre-insurrection et va être à la pointe de la genèse du système sécuritaire français. C’est lui notamment qui va rendre possible que toutes les villes de France puisse développer des BAC. Ce qui est à nouveau très intéressant du point de vue du capitalisme sécuritaire c’est que les BAC sont des unités qui utilisent beaucoup de matériel, et qui en revendiquent beaucoup, qui « gueulent » pour être de plus en plus armées. Ça c’est très intéressant pour les industriels de la sécurité. Pour les flashballs par exemple ; les BAC ont demandé à en être armées très vite, elles veulent les nouveaux modèles et elles participent avec les industriels à créer les nouveaux modèles et, bien-sûr, c’est elles qui utilisent le plus de munitions : le flashball est utilisé tous les soirs pour tirer dans les quartiers populaires de France. C’est la même chose pour les grenades lacrymogènes ; on en voit beaucoup dans le maintien de l’ordre des manifestations de mouvements sociaux dans les centre-villes mais les gaz sont utilisés quotidiennement dans les quartiers populaires.

    Le phénomène continue de se développer dans les dix dernières années. La BAC semble vraiment caractéristique de ce capitalisme sécuritaire, notamment par sa férocité mais aussi par son aspect ultralibéral, ultraproductif, ultraoptimisé, ultraviril, ultramédiatique : la BAC se met en scène, les agents s’inspirent énormément de ce qu’ils voient à la télévision… On a même une extension de ce qu’elle a inventé comme système de domination et d’écrasement des quartiers populaires vers la gestion des autres mouvements sociaux, comme récemment des luttes contre la loi travail. Généralement, la BAC est utilisée comme dispositif de pénétration, de saisie, de capture et elle est de plus en plus combinée à des dispositifs d’encerclement, d’enfermement, d’étranglement dans lesquels on utilise plutôt les CRS, les gardes mobiles. On a vu pendant le mouvement contre la loi travail, les BAC qui étaient employées à faire « du maintien de l’ordre ». À Toulouse, on a vu les effectifs des BAC sont utilisés dans l’expérimentation de nouveaux dispositifs hybrides : capable de faire et du maintien de l’ordre et de la capture, de l’intervention, de passer de l’un à l’autre en permanence, et de passer à des niveaux d’intensité très hauts très rapidement. La BAC rejoint ainsi la logique de restructuration de tous les appareils en ce moment qui consiste à devenir rhéostatique : être capable de s’adapter comme le mode de production toyotiste, c’est-à-dire s’adapter le plus instantanément à la demande, avec le moins de stock et de dépenses possibles et de la manière la plus rationalisée qui soit.

    LÉOPOLD LAMBERT : Tout comme Hacène Belmessous dans le deuxième numéro de The Funambulist, tu décris la manière dont « la rénovation urbaine » enclenchée en 2003 constitue à beaucoup d’égards une manière pour la police de s’approprier l’espace urbain des banlieues. Peux-tu nous en dire plus ? Cela intéressera sans doute beaucoup la moitié (ou le tiers) des lecteurs/-trices de The Funambulist qui sont architectes ou urbanistes !

    MATHIEU RIGOUSTE : Il y a effectivement un sursaut en 2003, mais ça avait commencé bien avant. Un des premiers grands quartiers qui est soumis à une politique de ce qu’ils appellent « la rénovation urbaine », mais ce qui est en fait de la destruction et du réaménagement, c’est le quartier où je suis né ; le Luth à Gennevilliers. Il s’agissait d’une coopération du Plan Pasqua et du Parti Communiste Français (PCF) qui gère la ville depuis les années 1930, tous deux ravis de se débarrasser des familles les plus pauvres et d’essayer une nouvelle forme de gestion des quartiers populaires. C’est un processus constant : la ville capitaliste au gré des crises de suraccumulation du capital, se restructure pour continuer à concentrer des masses de travailleurs pauvres autour de ses centres d’accumulation du capital. Et dans ces quartiers populaires, ces campements, ces bidonvilles, ces territoires misérables, les dominé-e-s, les exploité-e-s, les opprimé-e-s, les damné-e-s, inventent en permanence des formes d’auto-organisation, d’autonomisation, de fuites et de contre-attaques, des cultures d’insoumission et des manières de se rendre ingouvernables. Il faut donc en permanence, pour le pouvoir, à la fois une police qui permette de détruire cette dynamique d’autonomisation récurrente et de survie – parce qu’en fait les gens n’ont pas le choix – et un réaménagement des territoires : il faut à la fois ségréguer et pénétrer ces territoires pour aller y détruire tout ce qui peut émerger de subversif. Et l’urbanisme tient un rôle fondamental dans la restructuration sécuritaire de la ville capitaliste. Cette logique est déjà à l’œuvre dans les bidonvilles durant la guerre d’Algérie ; on a des polices spécialisées à la gestion des bidonvilles, c’est-à-dire au harcèlement, à la brutalisation, à la surveillance, au fichage, parfois à la torture, parfois même aux assassinats et aux disparitions d’habitants du bidonville et qui détruisent les cabanes des habitant.e.s parce que même dans le bidonville, on voit ré-émerger des formes de mises-en-commun, d’auto-organisation, de politisation révolutionnaire, de colère, d’entraide, toute sorte de choses qui menace le pouvoir et qui nécessite donc une intervention. En plus d’intervenir avec de l’idéologie, du divertissement ou de l’aménagement, il faut intervenir avec de la coercition.

    On retrouve ce processus dans toute l’histoire de la ville capitaliste ; c’est une dialectique permanente. Sauf que ce qui nait dans les années 1970, c’est un schéma qu’on va voir apparaître ; à partir du moment où on met des polices féroces, comme la BAC, autour des quartiers populaires, celles-ci produisent de la violence policière et donc produisent de la colère. Les dominé-e-s, face à ça, vont produire des tactiques, des techniques, des stratégies, des pratiques de résistance et de contre-attaque. Ça va donner lieu à des révoltes, parfois très spontanées, parfois plus organisées : une histoire des contre-attaques face à la police nait dans les années 1970 et on se rend compte, au gré de ces révoltes et de leur répression et de leur gestion médiatique que des municipalités en collaboration avec la police et les média sont capables de désigner aux pouvoirs publics et au reste de la population en général un quartier populaire comme ingérable, infâme, irrécupérable. Ceci s’accompagne d’une logique humanitaire ; aller « sauver des gens » alors que les revendications pour des meilleures conditions de vie sont permanentes et que les habitants n’obtiennent jamais rien.

    Toute cette logique va activer au cours des années 1970 la reconnaissance par les pouvoirs publics et par le capital industriel et financier du fait que lorsqu’on est capable de désigner un quartier populaire comme infâme, on va pouvoir activer un circuit de capitaux financiers d’abord, puis industriels, liés à ce qu’on va appeler de manière publicitaire « la rénovation urbaine », c’est-à-dire un protocole de restructuration de ce quartier qui peut aller jusqu’à sa destruction complète. Il va ainsi apparaitre beaucoup de régimes de restructuration : certains consistent à éloigner les populations les plus pauvres ou les moins gouvernables, d’autres vont organiser l’évacuation totale de ces populations, d’autre encore qu’on observe beaucoup depuis le début des années 2000 à travers la mystification de la mixité sociale consistent à parler de réhabilitation mais à en fait déplacer les plus pauvres, sans détruire le quartier. On fait ça à la fois avec de la police et de la prison, mais aussi avec la hausse des loyers provoquée par l’arrivée de nœuds de transports en commun qui permet de faire venir des cadres qui ne se seraient pas déplacés jusque-là ; la petite bourgeoisie à laquelle on veut permettre de venir s’installer à la place des quartiers populaires. Bref, à travers tout ce programme publicitaire qu’est la rénovation urbaine, la transformation des quartiers populaires en quartiers petits-bourgeois va attirer des flux de capitaux gigantesques, notamment liés au fait que depuis le début des années 2000, l’État investit énormément pour appuyer les pouvoirs locaux dans leur politiques de restructurations urbaines. C’est de l’argent qui va retomber immédiatement dans les poches des industriels du bâtiment et aussi dans celles des industriels de la sécurité, encore une fois, parce qu’on voit qu’une fois que la police, les média, la prison et les autorités municipales ont réussi à « déblayer le terrain », le réaménagement des quartiers se fait en partenariat avec tous les industriels du bâtiment mais aussi des technologies de surveillance, de design – les cliques du néo-urbanisme – les publicitaires, les commerces, bref tout un système d’entreprises qui vivent autour de ça. La logique de fond est à la fois le renforcement du socio-apartheid, mais aussi une forme de colonisation interne à travers l’expansion de la ville capitaliste et l’invention de nouvelles formes d’encadrement de la vie sociale.

    LÉOPOLD LAMBERT : À l’heure où nous parlons, l’état d’urgence promulgué par François Hollande au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 a déjà été renouvelé trois fois. Pour un certain nombre de francais-e-s blanc-he-s de classe moyenne ou riches, cela ne représente qu’une nuisance négligeable mais pour la population racisée française, en particulier ceux et celles que l’on nomme pudiquement « musulman-ne-s d’apparence » ce régime légal donnant une latitude encore plus importante à la police insiste encore d’avantage sur l’existence d’une sous-citoyenneté qui ne dit pas son nom. Travailles-tu actuellement sur la manière dont l’état d’urgence agit comme précédent à la fois légal et dans les pratiques policières ? Peux-tu nous en parler ?

    MATHIEU RIGOUSTE : Je ne travaille pas précisément sur cet aspect des choses mais bien-sûr, je suis ce qui est en train de se passer, notamment au sein des luttes dans lesquelles on avance et on réfléchit sur cet aspect-là. Et effectivement, tu le résumes bien, il y a toute une partie des strates privilégiées, même des classes populaires qui ne se rend pas compte de ce à quoi sert l’état d’urgence parce qu’il ne le voit pas et les média ont vraiment un rôle fondamental là-dedans. C’est ça aussi le socio-apartheid : les vies sont séparées, elles ne se croisent pas. Effectivement l’état d’urgence a permis une intensification de la ségrégation mais aussi de mécanismes d’oppression contre les quartiers populaires, ce qui peut rester complétement invisible pour le reste de la population. L’angle d’attaque, c’est l’Islam et les violences, ce sont des perquisitions fracassantes : explosion de la porte, on met tout le monde a terre et en joue, parfois on gaze à l’intérieur des appartements, parfois on tabasse. Ca provoque des traumatismes très forts dans les familles ; on a des récits de perquisitions en pleine nuit et les enfants, la maman, la grand-mère, plusieurs mois après, cherchent à être suivis par des psychologues. À l’école, c’est dramatique, les enfants n’y arrivent pas, après que des unités militaro-policières ont débarqué chez eux en mode anti-terrorisme. Les violences, ce sont aussi des assignations à résidence ; on a du mal à le saisir lorsqu’on ne le vit pas, mais il s’agit d’un système d’encadrement très dur car il faut aller pointer régulièrement. La plupart de ces histoires, je tiens à le dire, se dégonflent après ; il y a déjà des victoires dans les tribunaux parce que l’immense majorité de ces assignations à résidence sont fondées sur rien du tout, surtout par le fait que la personne a été désignée par quelqu’un comme étant « très pratiquante », possiblement « radicalisée », c’est de l’ordre de la délation. Ce sont donc des violences très fortes et très profondes dans les familles, principalement musulmanes à travers ces perquisitions, ces assignations à résidence et ces procédures judiciaires qui durent bien-sûr et qui épuisent. Les noms des gens sont lâchés dans la presse, toute une ville peut d’un seul coup vous considérer comme un probable terroriste.

    Donc voilà, l’état d’urgence permet l’intensification du socio-apartheid, de l’islamophobie et des racismes d’état, ce qui se conjugue assez bien à la gestion quotidienne des quartiers populaires dans la France impérialiste.

    https://blogs.mediapart.fr/leopold-lambert/blog/200117/entretien-avec-mathieu-rigouste-une-genealogie-coloniale-de-la-polic
    #colonialisme #colonisation #bac #police #Algérie #France #histoire #entretien #interview

  • Diasporas et imaginaires de luttes, épisode 4 du podcast de @TheFunambulist_ avec @hoogo2

    Hugo Dos Santos est diplômé en Histoire contemporaine et en Cinéma. Après un parcours dans le cinéma documentaire où il travaille les archives audiovisuelles sur des films traitant de l’immigration, de l’exil, du colonialisme ou de luttes sociales, il s’oriente parallèlement vers le journalisme. Depuis 2008 il est engagé dans l’association Mémoire Vive/Memória viva et notamment à la constitution d’un fonds d’archive à La Contemporaine et à une campagne d’entretiens. En 2018, il signe dans Le Monde une tribune avec l’historien Victor Pereira qui s’oppose à l’instrumentalisation de l’histoire de l’immigration portugaise qui stigmatise les autres immigrations. En 2019 il est le commissaire de l’exposition « Refuser la guerre coloniale » qui revient sur l’exil parisien des déserteurs de la guerre coloniale portugaise (1961-1974). Il réalise en ce moment le film « 15 rue du Moulinet » qui ravive la mémoire d’un réseau informel de soutien à la désertion de la guerre coloniale.

    https://thefunambulist.net/podcast/diasporas-imaginaire-des-luttes-une-mini-serie-en-francais

    #immigration #portugaise #postcolonial

  • Fin
    https://www.cairn.info/revue-vacarme-2019-4-page-1.htm

    Vacarme a été portée pendant près de vingt-cinq ans par un comité de rédaction soucieux de repenser les catégories politiques à partir des expériences minoritaires, dans des textes poétiques ou polémiques, de fiction ou de réflexion, en donnant la parole à d’autres manières d’être, d’agir, de percevoir. Nous avons mené ce programme éditorial en cherchant à ouvrir un espace particulier aux arts et aux formes esthétiques avec lesquels notre réel se construit, comme à d’autres façons d’écrire les sciences sociales, l’histoire, la philosophie… Source : Vacarme

  • CONSTRUCTING THIRD WORLD STRUGGLE : THE DESIGN OF THE OSPAAAL & TRICONTINENTAL by Josh Macphee - THE FUNAMBULIST MAGAZINE

    https://thefunambulist.net/constructing-third-world-struggle-the-design-of-the-ospaaal-triconti

    Une semaine pour ui veut se familiariser avec cette excellente revue

    Whether adorning the dorm room walls of Maoist film students in Paris, the huts of guerrillas in the jungles of Guinea-Bissau, or the newstands of Beirut in the midst of civil war, the posters of the Organization of Solidarity of the Peoples of Africa, Asia, and Latin America (OSPAAAL) played a significant role in creating the imaginary of a liberated Third World throughout the late 1960s and into the early 1980s. Today these Cuban design objects command upwards of $1,500 on eBay, but 50 years ago they were distributed as a free insert in the Tricontinental magazine, one of the publications of OSPAAAL.

  • Kids of the World, Unite! - THE FUNAMBULIST MAGAZINE

    https://thefunambulist.net/magazine/kids-of-the-world-unite

    Welcome to the 26th issue of The Funambulist. This issue is a particular one as our targeted readership is a 8-14 year-old one. So if you have a younger friend or children, be a doll and have them read it before you do! 🙂

    We are very excited to present an issue that collaboratively put together with brave teenagers and activists aims at engaging the younger generation. Kids of the World, Unite! takes on a difficult task to pedagogically depicting various facets of, in many cases ever-existing, political discussions with a main dossier that presents a broad variety of struggles experienced by children. Whether it be how a cat saved a contributor’s mother’s life during the Viet Nam war (Patricia Nguyen & Hai Minh Thi Nguyen), growing up as a Black child during the South African Apartheid (Cathryn Moodley & Boniswa Khumalo), the story of the Indigenous queen of Ayiti (Paula Anacaona & Claudia Amaral), the notion of gender from a child and a maddy’s perspectives (Adel Tincelin & Charlie Tincelin-Perrier), the existence across roots and cultures (Yiling Changues), learning to make a protest banner (Aram Han Sifuentes), or the fact of being Black and adopted (Amandine Gay & Natacha Nze Ndong).

    #enfants #enfance #décolonisation #politique #funambulist

  • Summer 1961: When France Was Considering Creating a “French Israel” in Algeria - THE FUNAMBULIST MAGAZINE
    https://thefunambulist.net/history/summer-1961-france-considering-creating-french-israel-algeria

    De Gaulle commissions French parliamentary Alain Peyrefitte to consider scenarios of a partition of Algeria in which French interests will remain. In a report that was shortly later published as a book, Peyrefitte thus imagine six hypotheses of partition in a program that he (and many with him) candidly calls an “Israelization of Algeria.” The idea would be to declare the Sahara southern region a “neutral” territory, while the populated north of Algeria would be divided between the new independent Algerian state and another one gathering the European settlers and Algerians who would like to remain French, closely affiliated to France. Although Peyrefitte systematically refers to Israel and its successes (!) throughout his report, he writes that he would prefer a “French-Muslim Lebanon” than “a French Israel” — he indeed considers the hostility of Israel’s neighbors as somehow not desirable for this new state! The most limited scenario would consists in two French ‘islands’ around the cities of Oran and Bone (current Anaba), where the settlers are in majority, while the most extensive one would cover the entire northwestern part of Algeria, all the way to Algiers, which is imagined as a shared city in all hypotheses — remember, we are in the summer of 1961, exactly when the Berlin wall starts to be built.

  • Dangereux précédent : Israël démolit des habitations palestiniennes en périphérie de Jérusalem-Est
    Par Hanadi Qawasmi - WADI HUMMUS, Cisjordanie occupée
    Date de publication : Lundi 22 juillet 2019

    Les Palestiniens de Wadi Hummus possédaient tous les permis nécessaires pour construire leur maison dans les zones relevant de la juridiction de l’Autorité palestinienne. Aujourd’hui, l’armée israélienne envoie les bulldozers

    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/dangereux-precedent-israel-demolit-des-habitations-palestiniennes-en-

    Des bulldozers israéliens rejoints par des centaines de soldats et de policiers ont commencé à démolir des habitations palestiniennes à la périphérie de Jérusalem-Est, malgré les protestations locales et les critiques internationales.

    Les forces israéliennes se sont rendues ce lundi dans le village palestinien de Sur Baher pour démolir une dizaine d’habitations dans le quartier de Wadi Hummus, près du mur de séparation israélien.

    La Cour suprême israélienne a tranché en faveur de l’armée le mois dernier et a fixé lundi comme date limite pour démolir les habitations.

    Les forces israéliennes ont coupé à travers une section de fil barbelé de la barrière à Sur Baher sous le couvert de l’obscurité tôt ce lundi et ont commencé à évacuer les habitants.

    Des projecteurs ont illuminé la zone alors que des dizaines de véhicules amenaient les forces de sécurité casquées dans le village.

    Dès les premières lueurs de l’aube, les pelleteuses ont commencé à détruire une maison de deux étages tandis que les soldats investissaient un bâtiment inachevé de plusieurs étages à proximité, rapporte l’agence de presse Reuters.
    (...)
    D’après les accords d’Oslo, Israël ne devrait pas avoir son mot à dire sur la construction ou non d’habitations dans les zones A et B. Cependant, une décision de l’armée israélienne de 2011 a décrété qu’Israël pouvait désormais démolir des bâtiments dans les zones administrées par l’Autorité Palestinienne. Wadi Hummus est le premier cas.

    L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a publié un communiqué accusant la cour israélienne de vouloir « créer un précédent pour permettre aux forces d’occupation israéliennes de démolir de nombreux bâtiments palestiniens situés à proximité » du mur.

    #Colonialisme_de_peuplement

  • About the So-Called “Revitalization” of Algiers’ Casbah: An Open Letter to Jean Nouvel - THE FUNAMBULIST MAGAZINE
    https://thefunambulist.net/history/called-revitalization-algiers-casbah-open-letter-jean-nouvel

    Today, we came to learn that you collaborate with Valérie Pécresse, President of the Region of Île-de-France. In this sense, do we need to remind you that the decisions of the latter weigh every day a little more on the lives of the most precarious Paris inhabitants who, for many, are people who (directly or through their family history) suffered from french colonialism, especially the one at work during 132 years in Algeria? The same one who, in addition to her unequal policies, did not hesitate to join an Islamophobic crowd who pushed around Muslim devots in Clichy when they were praying in the street so as to protest against the transformation of their library prayer room by the municipality (in November 2017). The same person who also did not hesitate to declare that she would be in favor of a law aimed at doubling the prison sentences for acts committed in certain neighborhoods, in contempt of all constitutionality (October 2018). We let you evaluate the link that such actions and speeches can have with the French colonial history and its continuation through other forms.

    The decision of the Wilaya of Algiers to “revitalize” the Casbah is its own decision, and we leave it to our friends in Algeria to fight it they feel the urge for it; that is not our role ourselves. However, we, architects, historians, electricians, cleaners, academics, artists and other activists, for whom the Casbah continues to represent one of the strongest symbols of revolutionary architecture, appeal to your political conscience to give up this project. Do not accept to be complicit in a fourth wave of brutal French transformation of the Casbah. All architects must be fully responsible for the political conditions and consequences of the projects they accept; any position that would make them only an executant constitutes an insult to their function and their ability to act. Sometimes this ability to act politically lies within the design of the project itself; at other times, it is rather in the refusal or the renunciation to this same project. This is the case here and you have the power to do that.

  • 15-Minute Walking Distance from a Train Station: Spatial Inequality in Paris Banlieues - THE FUNAMBULIST MAGAZINE
    https://thefunambulist.net/architectural-projects/15-minute-walking-distance-from-a-train-station-spatial-inequality-i

    he map presented above was made in the continuity of the four previous ones that established an inventory of Paris Banlieues’ Cités (July 2014) and a cartographic alternative to our geographical imaginary of Paris (January 2015). This map consists in a simple graphic (and probably too approximate) exercise: tracing a rough 15-minute walking distance radius around each train station (Metro/RER/Regional train) of the “Greater Paris” — a notion only in formation at the administrative level. In such a centralized city, the connection to its center is fundamental in order to exercise a potential “right to the city.” As this map and the others show, the train lines are all oriented so to reach the center of Paris, which admittedly allows a more direct path to it; yet reinforces the pre-eminence of “fortified Paris” (see past article) to the detriment of banlieue-to-banlieue exchanges. A few tram lines allowing such displacements recently opened to support the bus system; yet, these vehicles are not comparable to the trains’ speed in any way.

    #cartographie #gare #chemin_de_fer #ville

  • Producing the “No-Go Zones” Imaginary: The Paris Banlieues and the Journalistic Gaze
    https://thefunambulist.net/architectural-projects/producing-no-go-zones-imaginary-paris-banlieues-journalistic-gaze

    However, if one pays attention to the limits of these areas designated by Fox News, one can recognize the contours of what used to be officially defined as “Sensitive Urban Zones” by the French government between 1996 and 2014, the overwhelming majority of which being outside the Paris municipality area, in the banlieues (see map on the right). Although designated as areas in which the French state intends to dedicate prioritized funds to improve the conditions of life of their residents (for further explanations, read the recently published article about them by Tanvi Misra), the “prioritization” that one can only observe on the ground is manifested by the police deployment and violence against these residents, most of whom are racialized subjects of a society that never undertook the decolonization of its structures — the police being the manifestation of one of their sharpest dimensions.

  • Police Murders and Banlieues: The Breil Neighborhood in Nantes Is Mourning and Revolting - THE FUNAMBULIST MAGAZINE
    https://thefunambulist.net/history/police-murders-banlieues-breil-neighborhood-nantes-mourning-revoltin

    The horrible dimension of this story comes as much from the tragedy of a 22-year-old life, violently interrupted in terribles circumstances, as the sinister familiarity that it triggers in us — this familiarity was pointed out by Aboubakar’s cousin himself when I met him last Friday. The first component of this familiarity is the one that consists for media to simultaneously describe the scene basing their story solely on the police narrative, and contribute to denigrating the victim’s past and personality to suggest a certain legitimacy to his death. The second is a scene of crime deserted by the investigators in such a way that any additional items later found will be deemed unacceptable. Similarly, the testimonies of the neighborhood witnesses — I met one who had done a declaration at the IGPN (the police of polices) — does not appear in the investigation; some people who had filmed fragments of the event were even intimated to delete their videos. It is also the murderer’s narrative that claims self-defense before admitting having lied et since then claiming an accident. Following him in this version, the Nantes court charged him (before releasing him) with “volontary violence having lead to death without the intention to trigger it” instead of first-degree murder. Finally, it is the familiarity of the victim’s family’s dignity that, despite all, called for an appeasement in the neighborhood during the revolt described below; an additional responsibility imposed onto those who do not have the luxury to only represent themselves. His cousin’s discourse is also conciliatory: “it could have happened to anyone,” “we’re not saying anything else than one cop killed him.”

  • Water in Palestine: Segregated Sea Access and Running Water in the Israeli Apartheid - THE FUNAMBULIST MAGAZINE
    https://thefunambulist.net/cartography/water-palestine-segregated-sea-access-running-water-israeli-aparthei

    To observe that water is a luxury inaccessible to many has become a cliché of the humanitarian discourse. What this narrative tends to leave asides are the political systems determining the unequal conditions in access to water, whether it is capitalism and its privatizations, or colonialism and its ethnic segregation of this access. Similarly, the so-called “international community” can, at times, recognize the illegally of the Israeli settlements in the West Bank and East Jerusalem (cf. Resolution 2234 voted by the UN Security Council in December 2016) but does not seem to consider the totality of the territorial, social, administrative, judiciary, policing, and resource-management apparatuses that constitute the Israeli apartheid in Palestine – the term “Palestine” designates here the historical region that now includes Israel, the Gaza Strip, Jerusalem, and the West Bank.
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    Map by Léopold Lambert for Aman Iwan (2017). (click here for a larger version)

    Before even evoking water as a resource necessary to human survival, we can address the access to the three seas of Palestine (the Mediterranean Sea, the Dead Sea, the Sea of Galilee) as fundamentally restrained through the various apparatuses that restrict Palestinian movements:
    – All Israeli citizens – this includes the 1.8 million of Palestinians – have a total access to the coasts of these three seas, to the exception of the coast along the Gaza Strip since the 2005 Israeli disengagement. They even have full access to the East coast of the Sea of Galilee since the invasion and subsequent occupation of the Syrian Golan Heights in 1967.

  • REFRAINING FROM THE FIGURE OF INNOCENCE.
    https://thefunambulist.net/history/palestine-refraining-from-the-figure-of-innocence

    The figure of innocence is therefore useful in a strategy of perpetuation of the occupation. Let’s try to examine this concept through its two meanings. The first one intervenes in the judiciary realm. In this context, one is said to be innocent as long as s/he has not been proven guilty through a proper judicial procedure. According to this definition, all of the 448 killed and 3,008 wounded in the Gaza strip during these last two weeks can be said to be innocent: children, civilians and people suspected to be involved in launching rockets towards Israeli towns alike. Within this definition of innocence and in the absence of any judiciary procedure, all in Gaza are innocent to the same degree.

    Considering the second definition of innocence is also useful. This second understanding of innocence is profoundly linked to the idea of childhood. We say of a child that s/he is innocent in the sense that s/he can have an uncorrupted mode of existence in the world. This is what make us so angry when we see these horrifying photographs of murdered children in the streets or beaches of Gaza. The passage from childhood to teenage or adulthood is characterized by the loss of this innocence. By definition, the ‘corruption’ of the child can only come from causes that are external to her/him. In this sense, nobody in Gaza can be said to still be innocent: the hospitals where children of Gaza are born depend on the will of the Israeli army for their construction, electricity, supplies and general functioning (i.e. whether it is being bombed like they currently are). This dependence renders any innocence impossible since being born during a bombing, a power outage, and/or an overpopulated hospital can only have consequences on the newborn baby. Similarly, the milk drunk by this same baby has either been imported from Israel according to unilateral conditions, or smuggled from Egypt, in both cases influenced by the military blockade. Examples are plethora. The ‘corruption’ by external causes is therefore at work from the very beginning of the people of Gaza’s life to their very end (end that can be determined militarily as we are powerlessly seeing right now). Because the loss of this innocence can only occur through external causes, the perpetrators of these causes — in this case, the Israeli government and army — are to be judged responsible for these ‘stolen childhoods.’

  • U.S. POLICE : BROKEN WINDOWS NEOLIBERALISM BY CHRISTINA HEATHERTON

    The situation in Ferguson is replicated throughout the country, particularly in the poorest regions which are disproportionately Black, Native, and Latino. In her recent dissenting opinion in the case of Utah vs. Streiff, Supreme Court Justice Sandra Sotomayor outlined the dread that permeates the lives of people of color where the constant threat of removal hangs over them. Policing crimes of poverty against people too poor to pay their tickets, court fees, or citations, has made people their bodies “subject to invasion,” making them feel not citizens of a democracy but “subject(s) of a carceral state, just waiting to be cataloged.” This fear permeates the country. Currently, over 7.8 million outstanding warrants are logged in States and Federal Government databases, the majority of which are for minor offenses. How did this situation come to pass? Is this vulnerability new? Why and how has policing been tied to local regimes of accumulation?

  • THE SPACE OF THE APARTHEID IN NABI SALEH, AHED TAMIMI’S HOME VILLAGE
    https://thefunambulist.net/law/the-space-of-the-apartheid-in-nabi-saleh-ahed-tamimis-home-village

    A particularity of Nabi Saleh consists in its proximity with the Israeli settlement of Halamish, where over 1,500 settlers live, despite the violation of the Fourth Geneva Convention that the existence of such a civil infrastructure on occupied territory embodies (see the other map towards the end of the article). Between them, the Road 465 that circulates exclusively in Area C and allow the optimized circulation of Israeli vehicles from Tel Aviv, as well as the gigantic US-built Nahshonim military base situated on the immediate west part of the Green Line, to settlements situated between Ramallah and Nablus. Although the access to this road is authorized to Palestinian cars on ‘normal’ days (a small part of it links Birzeit to the new town of Rawabi), the road is regularly patrolled by Israeli army vehicles and its passage through the Apartheid Wall is sanctioned by the Rantis military checkpoint that grants access only to cars bearing a yellow plate (the Israeli license color) with all passengers presenting either an Israeli passport or a work permit, the latter being potentially denied at the discretion of the soldiers.

  • THE “NO-STATE SOLUTION” : DECOLONIZING PALESTINE BEYOND THE WEST BANK AND EAST-JERUSALEM WITH SOPHIA AZEB
    https://thefunambulist.net/no-state-solution-decolonizing-palestine-beyond-west-bank-east-jerus

    A CONVERSATION WITH SOPHIA AZEB, PHOTOGRAPHS BY BRUNO FERT

    LÉOPOLD LAMBERT: Three years ago, you and I met to talk about the power of imagination in political struggle, and your idea of what we called back then the “no-state solution” for the future of Palestine. On December 23, 2016, the United Nations Security Council adopted Resolution 2334 that condemns the construction and existence of Israeli settlements in the West Bank and East Jerusalem. There seems to be a relative consensus among liberal media outlets and politicians on using the term of “colonization” when referring to these settlements. Although we should probably rejoice that organizing efforts such as the Boycott, Divestment, Sanctions (BDS) campaign are indubitably one of the key elements behind the vote for such a resolution, I think that we both share a strong cautiousness about the sort of text that only conceives colonization through the very narrow spectrum of the “Palestinian occupied territories,” rather than through the totality of the Israeli apartheid in Palestine. Would you agree to say that the vision proposed by this resolution as well as the usual liberal narrative is a risky one, as it adopts the entire terminology of the so-called “two-state solution,” that would create a very precarious State of Palestine on a limited and fragmented piece of territory, and ultimately retroactively legitimize the colonial violence deployed against Palestinians since 1947?

  • “THEY CALLED YOUR APARTMENTS AND GARDENS GUERRILLA STRONGHOLDS.” BURJ AL-BARAJNEH AND THE NOTION OF “HEZBOLLAH BASTION”
    https://thefunambulist.net/architectural-projects/they-called-your-apartments-and-gardens-guerrilla-strongholds-burj-a

    The recent outcry that blamed the Western (social and press) media to bring a disproportionate attention to Friday’s deadly attacks in Paris (Nov. 13, 2015) compared to the two bombs that exploded in Beirut a few hours earlier, can only be denied through disingenuous responses. Such disproportion finds it source in what journalists call in a brutal manifestation of cynism “the amount of deads per kilometers,” i.e. as the distance grows between the deadly event, there ‘needs’ to be a bigger amount of people who die to be considered relevant by a given newspaper or TV news broadcast. This cynical affirmation is furthermore inaccurate as it forgets the Westerno-centric component to it, which makes the death of an Israeli soldier more likely to be reported than the one of a Palestinian civilian despite the same distance. However, only affirming that we should pay attention to what happened in Beirut, and doing so, only after the Paris attacks occurred, is not enough and can fall into the same perverse logic than the one it pretends to fight, since it seems that it is only in the context of the comparison than an event (in this case, the double bombing in Beirut) seems to acquire importance. It also creates a false opposition between two cities, attacked by the same armed group and by doing so also forgets the folds of complexity of the situation: for example, the fact that many people feel connected de facto to the two events (there are 36,000 Lebanese people living in France, many of which resides in the Paris region).

  • 17 octobre 1961 - un webdocumentairede Raspouteam
    http://raspou.team/1961/home
    Lectures de témoignages, entretiens avec militants et historiens, #archives

    Avec Simon Abkarian, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Jean-Francois Guerlach, Hammou Graïa, Lyes Salem, Robinson Stevenin & Sabrina Ouazani. Et la par­ti­ci­pa­tion de Mohammed Harbi, Neil McMaster, Jean-Luc Einaudi, Raphaëlle Branche, Mathieu Rigouste, Emmanuel Blanchard, Linda Amiri et Tramor Quemeneur.

    #webdocumentaire #17octobre1961 #immigration #bidonvilles #colonialisme #police #pogrom_policier #massacre #Paris #audio #vidéo #histoire