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  • Non seulement il est question de demander aux allocataires du RSA de travailler gratuitement mais l’État met en place progressivement la privatisation de l’insertion professionnelle. Dernier avatar de cette politique : la Seine-Saint-Denis, avec la contribution active du département !

    Voici le passage du dernier compte rendu du Comité technique (instance paritaire) de la CGT des territoriaux des Lilas (j’en suis) sur ce sujet :

    INTERCO – EST-ENSEMBLE - cr_ct_24_mai_2022.pdf
    https://cgt-territoriaux-leslilas.org/IMG/pdf/cr_ct_24_mai_2022.pdf

    La CGT a demandé de prendre la parole afin d’interpeller l’employeur au sujet de l’avenir du Projet
    Insertion Emploi (PIE) du CCAS. Le PIE est un dispositif déployé sur toutes les collectivités pour
    accompagner les allocataires du RSA dans le retour à l’emploi.
    Deux collègues, contractuelles, qui travaillent au PIE des Lilas nous ont alerté car l’information leur a
    été donnée par leur hiérarchie et leur réseau professionnel que ce service serait prochainement
    privatisé.
    Cette situation est la conséquence des choix du département, suite à l’annonce, en septembre 2021,
    de la prise en charge par l’État du financement des allocations de RSA sur le 93. Dans la foulée de
    cette annonce, le département décide de remplacer les PIE par des Agences locales d’insertion (ALI).
    Alors que rien ne justifiait que la mise en place des ALI entraîne la disparition du service public, le
    département a clairement choisi de livrer des allocataires du RSA au marché privé de l’insertion
    (associations, coopératives et entreprises, dont certaines dépendent de requins tels que Veolia) ! Le
    département de Seine-Saint-Denis a clairement programmé la disparition de plus de 200 postes de
    service public sur les collectivités territoriales du 93 !
    Les contrats des collègues arrivent à terme prochainement : l’une en août, l’autre en septembre.
    Le maire n’étant pas encore arrivé en séance, au moment de notre prise de parole, c’est le Directeur
    Général des Services qui nous répond. Il confirme les informations sur la recentralisation du RSA mais
    par contre il ne confirme pas le fait qu’il y aurait une volonté de privatiser l’insertion sur la
    circonscription de notre collectivité, laquelle regroupe Le Pré Saint-Gervais, Bagnolet et les Lilas.
    Le DGS indique que le projet de mise en place des ALI a pris du retard. Selon lui, la ville des Lilas
    n’approuve pas le schéma proposé actuellement par le département. Les contrats des deux collègues
    du PIE seront reconduits car l’employeur n’a aucune autre solution à mettre en place d’ici là.
    Nous demandons :
    ➢ que ce sujet fasse l’objet d’un point mis à l’ordre du jour du prochain CT (juin 2022).
    ➢ qu’une note soit donnée rapidement aux agents du CCAS afin de clarifier la situation, notamment
    pour ce qui concerne, à court terme, la situation des deux agentes contractuelles.
    Le DGS s’est engagé à ce que ces demandes soient satisfaites.

    Nul doute qu’il sera encore plus facile de déclarer que la pauvreté recule quand on aura écrémé les allocataires les plus précaires. Il suffira de demander le résultat attendu aux prestataires. Ils ne manqueront pas de faire du zèle. Déjà les professionnelles (essentiellement des femmes) des PIE voient comment cela se met en place : aucun tuilage n’est prévu entre les PIE et les ALI, cela signifie que les allocataires sur lequel le suivi est le plus long, donc, avec peu de probabilité d’un retour à l’emploi, ne seront pas repris par les ALI et disparaîtront dans la nature sur l’insertion et donc, à terme du versement du RSA.

    Par contre, parmi les allocataires les plus proches du retour à l’emploi, une bonne partie seront recasés au sein même des ALI. Une des collègues du PIE décrivait cela comme un système d’insertion à la Ponzi.

    Un déroulé chronologique explicatif de la mise en place de cette privatisation :

    Objet : mise en œuvre de la recentralisation du RSA en Guyane et à Mayotte - Décret n° 2018-1321 du 28 décembre 2018 - article 81 loi de finances initiale pour 2019 - legifrance.gouv.fr
    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037883089

    Un décret met en place la recentralisation du RSA et du revenu de solidarité à La Réunion et en Guyane (banquedesterritoires.fr - 3 janvier 2020)
    https://www.banquedesterritoires.fr/un-decret-met-en-place-la-recentralisation-du-rsa-et-du-revenu-

    Déclaration de M. Jean Castex, Premier ministre, sur l’expérimentation de la recentralisation du revenu de solidarité active (RSA) en Seine-Saint-Denis, Bobigny le 21 septembre 2021 (vie-publique.fr)
    https://www.vie-publique.fr/discours/281596-jean-castex-21092021-revenu-de-solidarite-active-rsa-seine-saint

    Renationalisation du RSA : pour Jean Castex, « jamais un gouvernement n’avait autant agi pour la Seine-Saint-Denis » (leparisien.fr - 21/09/2021)
    https://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/renationalisation-du-rsa-pour-jean-castex-jamais-un-gouvernement-navait-a

    Expérimentation de la renationalisation du financement du RSA : accord historique entre l’Etat et le Département de la Seine-Saint-Denis (seinesaintdenis.fr - Communiqué de presse - 21 septembre 2021)
    https://seinesaintdenis.fr/Experimentation-de-la-renationalisation-du-financement-du-RSA-accord

    Bénéficiaires du RSA : la Seine-Saint-Denis lance sa "nouvelle" politique d’insertion (banquedesterritoires.fr - 13/12/2021)
    https://www.banquedesterritoires.fr/beneficiaires-du-rsa-la-seine-saint-denis-lance-sa-nouvelle-pol

    Appel à manifestation d’interêt " Agence Locale d’Insertion" (Publié le 23 décembre 2021 par le Centre de Resssources des Partenaires de la Seine-Saint-Denis)
    https://ressources.seinesaintdenis.fr/Appel-a-manifestation-d-interet-Agence-Locale-d-Insertion

    Exemples de prestataires intervenant sur le marché de l’insertion :

    Philippe Crouzet conduit une mission d’insertion comme une entreprise du CAC 40 (lesechos.fr - 23/09/2014)
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/leadership-management/philippe-crouzet-conduit-une-mission-dinsertion-comme-une-entreprise-du-cac

    L’insertion professionnelle, un engagement prioritaire (vedif.eau.veolia.fr)
    https://www.vedif.eau.veolia.fr/actualites/linsertion-professionnelle-engagement-prioritaire

    Le principal acteur de l’insertion francilien démultiplie ses moyens (fondation.veolia.com)
    https://www.fondation.veolia.com/fr/le-principal-acteur-de-l-insertion-francilien-demultiplie-ses-moye

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  • Ukraine : La face cachée des choses (Deuxième partie) Vladimir Caller
    https://www.investigaction.net/fr/ukraine-la-face-cachee-des-choses-deuxieme-partie

    Le traitement de l’information de la guerre entre la Russie et l’Ukraine risque, par son immédiateté, de nous faire perdre de vue l’énormité de son importance, de sa signification politique et de ses conséquences prévisibles. A ce propos, il ne nous semble pas exagéré de dire que le moment historique que nous vivons est comparable à, par exemple, celui de la chute du mur de Berlin ou 11 septembre.


    Dans ce scénario, la diplomatie américaine s’est déployée en trois temps (en attendant un quatrième) : le retrait des forces américaines d’Afghanistan, la trame organisée pour entraîner l’intervention armée russe en Ukraine (voir la première partie de cet article) et le basculement d’alliances au Moyen Orient dont les Accords d’Abraham annoncent la tendance.([1])

    Des objectifs bien précis
    – Reprendre le contrôle hégémonique d’une Europe durablement affaiblie et ce, sur le plan de l’énergie, la défense, la finance internationale ; dans ce cadre faire de l’Allemagne et du germanisme anti slave, la nouvelle référence militaire européenne.

    – Affaiblir la Russie à l’extrême, organiser un « Afghanistan-bis » sur des terres ukrainiennes et, comme voie de conséquence, installer un « Eltsine-bis » au Kremlin

    – Renforcer très lourdement le négoce militaire et son association avec les médias (le nouveau complexe militaro-médiatique). ([2])

    – Tout ceci, en préalable de la cible chinoise (le quatrième temps).

    Si les grandes lignes de cette stratégie étaient dûment programmées, il nous semble que ses mentors ne s’attendaient pas à une riposte russe si brutale ; en tout cas, pas de cette dimension. Cette riposte a changé la donne et précipité le timing des plans américains. Le soutien à l’Ukraine, à son intégrité territoriale, à sa politique d’alliances, est devenu un sujet mineur. Le volet politico-diplomatique de la guerre elle-même est devenu obsolète. Lorsque Biden traite Poutine de « criminel de guerre » ou de « voyou » ce n’est pas une saute d’humeur ; c’est une fin de non-recevoir à toute négociation, à toute discussion. Que la Russie saigne, c’est la (seule) priorité.

    Dans un entretien, passé inaperçu, à la NPR, le principal réseau de radiodiffusion public des États-Unis le 16 Mars, le secrétaire d’état Antony Blinken précisait les objectifs de sa diplomatie. Pour lui, cette guerre était l’occasion de changements, de grands changements. « L’un de ces changements est que les Européens s’intéressent de très près, et non seulement s’intéressent, mais commencent à agir sur la sécurité énergétique et cessent de se nourrir du pétrole et du gaz russes. Ce serait un changement majeur » .([3])

    Ursula von der Leyen, Charles Michel, Emmanuel Macron, semblent avoir bien entendu l’injonction en signant sans tarder un accord avec les États-Unis, lors du sommet européen des 24 et 25 mars, pour la livraison de 15 milliards de mètres cube de gaz naturel liquéfié (GNL) avec la perspective d’arriver à 50 milliards pour la fin de la décennie. A noter que la satisfaction vis-à-vis de cet accord n’est pas venue des marchands du GNL mais des acheteurs : « J’aimerais dire au peuple américain la reconnaissance de l’Europe pour leur soutien indéfectible », a salué Ursula von der Leyen, qui a dit voir en cet accord « une garantie de la sécurité et de l’indépendance énergétique de l’UE ».([4]) De son côté, dans l’élan de cet accord, l’Allemagne a débloqué 1,5 milliards d’euros pour acheter du GNL ; notamment aux Etats-Unis.

    L’acquiescence de l’UE envers les directives de la Maison Blanche ne se limitent pas aux directives sur le gaz. Elle anticipe même les propositions punitives de Washington et, pour y parvenir, n’hésite pas à violer ses propres directives. Ainsi, l’UE sanctionnait la banque centrale russe gelant ses dépôts avant même les États-Unis et décidait l’envoi des armes à l’Ukraine en totale contradiction avec les propres dispositions du Conseil européen qui régissent le contrôle des exportations militaires ; règles dans lesquelles il est bien précisé que « Les États membres refusent l’autorisation d’exportation de technologie ou d’équipements militaires susceptibles de provoquer ou de prolonger des conflits armés ou d’aggraver des tensions ou des conflits existants dans le pays de destination finale. »([5])

    Concernant Moscou, Blinken assure que le changement est déjà en marche : « L’une des choses que nous faisons est de priver la Russie de la technologie dont elle a besoin pour moderniser son pays, pour moderniser les industries clés – défense et aérospatiale, son secteur de haute technologie, l’exploration énergétique. Toutes ces choses vont connaître des effets profonds et pas seulement immédiats. Ils vont augmenter et s’accroître au fil du temps […] Tout ce qui est fait est, en fait, irréversible ». Cette guerre multi-sectorielle a donc vocation à durer. Pour qu’il ne reste pas de doutes, le secrétaire d’État estimait nécessaire d’avouer que « …le simple fait d’arrêter l’invasion de l’Ukraine pourrait ne pas suffire pour annuler les sanctions contre la Russie ».

    Au bonheur des armuriers
    Nous disions ci-dessus que la réaction russe avait surpris les Occidentaux, par sa nature et son envergure, le quotidien Le Figaro rapportait que, soucieux de son budget, Boris Johnson avait prévu, peu avant le déclenchement du conflit, de tailler dans les effectifs et matériels destinés à la défense.([6]) En France, le président de la Cour de comptes Pierre Moscovici prévoyait « réduire la voilure » du budget des armées dans son rapport sur « La loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 et les capacités des armées ». « Il va devoir revoir sa copie car la guerre en Ukraine a balayé certaines convictions des rapporteurs »  ; estimait le journal français La Tribune. ([7]) Aux USA même, au début de l’année, une publication spécialisée dans le domaine de la défense commentait : « Le secteur est confronté à une période de stagnation ou de diminution des budgets du Pentagone, alors même que le ministère de la Défense s’efforce de faire face à des conditions difficiles dues à la montée de la Chine ».([8])

    Le cas le plus marquant fut, pourtant, celui de l’Allemagne. Le 12 février le ministre des Finances, Christian Lidner du Parti libéral démocrate, bien connu pour son attachement à la rigueur budgétaire, s’était adressé au Bundestag insistant sur l’urgence de réduire les dépenses militaires en dépit des pressions de l’OTAN pour qu’elles atteignent, au minimum, le 2 % du PIB du pays. Cela dit, le climat martial autour du dossier ukrainien, poussé par les écolos, était déjà bien animé, pendant que le premier ministre Olaf Scholz semblait résister à ces pressions. C’est alors que le magazine Der Spiegel , incité par l’intervention russe, titrait en une dans son édition du 26.02 : « Ayez honte Monsieur Scholz », l’accusant d’être trop mou et « d’empêcher l’Union européenne d’agir contre le régime de Poutine ».([9]) Le lendemain, Scholz décidait, devant le parlement, d’attribuer un montant de 100 000 milliards d’euros au budget de la défense. Pour le journal français Les Echos « La révolution copernicienne de l’Allemagne ne fait que commencer ».([10])

    Et elle prend de l’envol si l’on en juge par les décisions qui suivirent. Le 27 mars, la présidente de la commission de la défense au Bundestag, Andrea Schwarz, annonçait que son pays se proposait d’acheter le système de missiles israéliens « Arrow », plus connu sous le nom de « Dome de fer » lorsqu’il sert à se protéger des missiles venant du Hezbollah ou du Hamas. « Nous devons mieux nous protéger contre la menace russe. Pour cela, nous avons besoin rapidement d’un bouclier antimissiles à l’échelle de l’Allemagne« , expliqua-t-elle dans le Bild. Et d’ajouter, « Nous pouvons tendre le Dôme de fer au-dessus des pays voisins. Nous jouerions ainsi un rôle clé pour la sécurité de l’Europe » . Selon le journal, le système coûterait 2 milliards d’euros et pourrait être opérationnel dès 2025 depuis trois sites en Allemagne. ([11]) Jean Monnet en rêvait, l’alliance de gaullistes et de communistes l’avait empêché en 1954, le réarmement allemand est à l’ordre du jour. Et ce n’est que le commencement. Des F-35 furtifs sont déjà commandés en masse aux USA ; des drones armés à Israël et des projets, si chers à Emmanuel Macron, de chars et avions de chasse mutualisés sont plus que jamais d’actualité.

    L’autre guerre
    Une autre guerre non moins importante se joue dans la communication où excelle l’ancien comédien Zelinsky élu sur un programme de pacification et devenu faucon parmi les faucons du projet d’éterniser la guerre et, si possible, de l’étendre. Maître dans l’art de l’ambiguïté, un jour il propose, demande, des négociations et lorsqu’elles sont entamés, il exige la fermeture du ciel ukrainien par l’OTAN. Il suggère des concessions, y compris territoriales pour toute de suite accuser la Russie de génocide et son président d’être un criminel de guerre et ce en parfaite concertation avec Biden et les grandes corporations médiatiques mondiales. Sa campagne de communication est particulièrement efficace « Ils sont vraiment excellents en stratcom – médias, info ops, et aussi psy-ops, a déclaré un haut responsable de l’OTAN au  Washington Post. « J’espère que les pays occidentaux prendront exemple sur eux ». ([12]) La production, notamment vers l’extérieur, est assuré par l’agence Internews  financée conjointement par le gouvernement américain et diverses ONG’s dont la fondation Gates, The Open Society de George Soros et The National Endowment for Democracy.

    Nous sommes ainsi face à un climat « d’union sacrée » autour de Zelensky et son équipe. Impensable de toucher un mot à propos de ses nombreux faits de corruption aggravée révélées par les Pandora papers. Si vous osez le faire, vous devenez ipso-facto un « agent de Poutine ». Encore mieux : surtout ne pas parler de « nazification » puisque, c’est le « vox médiatique » qui sanctionne : Zelensky est lui-même juif. Comme si le fait d’être juif vaccinait contre des compromissions. Cette campagne est si efficace que l’idée s’est installée que des formations comme Pravy Sektor, Patriotes d’Ukraine et Azov seraient très marginales car leur dimension serait fort modeste. Concernant Azov, le plus engagé parmi ces groupes sur le plan militaire, les ‘spécialistes’ des moyens de communication avancent le fait qu’ils « ne seraient que 4 000 dans une population militaire de 200 000 membres » ; insignifiants, donc. Or ce chiffre semble tiré de Wikipédia de manière un peu désinvolte, nos commentateurs oubliant que nous sommes déjà en 2020. En effet, ce site précise que « Le bataillon d’Azov était composé d’environ 800 volontaires fin 2014, mais vit ses effectifs rapidement augmenter portant le nombre de combattants potentiels à plus de 4 000 à la fin de 2016 ».([13]) Si en 2 ans, (2014-16) Azov grandit de 500 % on peut estimer que « The International Institute for Strategic Studies », organisme américain spécialisé dans la chose militaire, n’exagère pas lorsqu’il estime que les forces paramilitaires ukrainiennes (dont Azov est, de loin, la plus importante) représentent 102 000 membres pour un effectif total de l’armée nationale ukrainienne de 145 000 membres.([14])

    D’autres commentateurs insistent sur leur prétendue insignifiance en raison du fait qu’ils n’ont pas d’élus au parlement. Or le problème n’est pas qu’ils soient ou non au parlement mais qu’ils sont parfaitement bien installés et dans les forces armées et dans le ministère de l’intérieur. Et là, c’est-à-dire au cœur de la guerre, ils sont en position d’orienter la ligne politique générale et ce, en parfaite concertation avec le Pentagone, l’OTAN (et la caution de l’UE) avec même des projections internationales. Dans une enquête très fouillée, le magazine américain TIME, très peu suspect de « complotisme gauchiste », rapporte les déclarations d’Ali Soufan, un ancien cadre de très haut niveau du FBI, expert en questions de terrorisme, à propos du mouvement Azov. Selon Soufan, « Azov occupe une place centrale dans un réseau de groupes extrémistes qui s’étend de la Californie à la Nouvelle-Zélande en passant par l’Europe ». Et faisant référence aux talents de recrutement de l’organisation, l’expert soutient que « plus de 17 000 combattants étrangers sont venus en Ukraine au cours des six dernières années en provenance de 50 pays. » . Intriguée, la rédaction du magazine est allée sur place à Kiev pour interroger Olena Semenyaka, la responsable de questions internationales du mouvement, à propos des objectifs de son organisation. Cette dernière a répondu : « la mission d’Azov était de former une coalition à travers le monde occidental, dans le but ultime de prendre le pouvoir dans toute l’Europe. » ([15]) TIME précise qu’en octobre 2019, 40 membres du Congrès avaient signé une lettre appelant, sans succès, le Département d’État américain à désigner Azov comme une organisation terroriste étrangère. 

    Plus récemment, le quotidien israélien Jerusalem Post, publiait un rapport de l’Institut d’études européennes, russes et eurasiennes (IERES) de l’Université George Washington qui révélait que « le Canada, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont contribué à la formation de membres des organisations d’extrême droite au sein des académies militaires ukrainiennes » . Le rapport soulignait la tolérance dont ces groupes bénéficiaient des directions de ces académies. Situation qui avait provoqué la colère des Amis du Centre Simon Wiesenthal (FSWC) du Canada qui faisait état de leur mécontentement dans un communiqué. « .. Il est inacceptable que nos forces armées encouragent les groupes néonazis en Ukraine par le biais de la formation de nos forces armées. »([16])

    Cette présence militaire, ce prosélytisme sans limites ni frontières du néofascisme kiévien ne se limite pas aux casernes. Dès le lendemain du coup d’état de 2014 parrainé par Laurent Fabius, Frank-Walter Steinmeier (actuel président de l’Allemagne) et Victoria Nuland, le poste du ministre de l’intérieur, le plus sensible et stratégique du nouveau gouvernement « démocratique et européiste » fut attribué à Arsen Avakov, le créateur d’Azov. Question d’urgence ? Pas d’autre choix pour le moment ? Désignation passagère ? Pas du tout ! Avakov resta ministre 8 ans jusqu’au mois de juillet 2021 dûment confirmé d’ailleurs, malgré de vives oppositions y compris du grand rabbin de Kiev, par monsieur Zelensky. Trop visible pour rester à côté du Monsieur propre Zelenzky, il dut quitter ce poste si visible pour devenir conseiller spécial du ministère de la défense.

    Les évidences, les démonstrations de la très large mainmise de l’extrême droite néonazie sur les forces militaires et paramilitaires du pays et sur une très large partie de l’opinion publique ukrainienne, notamment sur sa jeunesse sont incontestables Pourtant, dans un exercice pervers de manipulation de l’opinion, le système fait tout pour l’ignorer, pour le cacher. Ainsi, finalement ce n’est pas Poutine qui ‘dénazifie’ l’Ukraine mais bien l’UE, la Maison Blanche, les médias…

    En attendant le vrai morceau
    Dans cette guerre qui se joue (pour le moment) à trois : USA-Russie-UE (la Chine est, cette fois, en stay behind), on peut estimer que les gagnants seront les deux géants, les USA et la Chine avec comme perdants leurs partenaires mineurs, l’Europe et la Russie. Cela dit, les recompositions en cours avec l’entrain militaire de la Russie, sa disposition à « passer à l’acte » comme nouvelle donne, ajoutées à la fixation sur la Chine, ne peuvent que conforter plus que jamais le négoce militaire. Présentant le nouveau budget de la défense pour 2023 (Budget que l’administration Biden estime à 773 milliards de dollars soit le niveau le plus élevé de l’histoire américaine), la revue Foreign Policy, titrait ce 28 mars, « L’invasion de l’Ukraine par la Russie a obligé le Pentagone à revoir son approche centrée sur la Chine. »([17])

    De con côté, avec ce franc parler si américain, le Pentagone publiait une fiche informative de la NGS (National Defense Strategie) soulignant la permanence de la menace chinoise d’où le fait que ces efforts visent à « agir de toute urgence pour soutenir et renforcer la dissuasion, la République Populaire de Chine (RPC) étant notre concurrent stratégique le plus important et le défi majeur pour le département« . La fiche présente ainsi les priorités du Pentagone « La défense de la patrie, face à la menace multi-domaine croissante que représente la RPC.[…] Dissuader toute agression, en donnant la priorité au défi posé par la RPC dans la région indopacifique, puis au défi posé par la Russie en Europe. »([18])

    Cette agressivité langagière (et budgétaire) n’empêchait pas messieurs Blinken et Sullivan d’entreprendre moult tentatives pour essayer d’aligner la Chine contre la Russie dans le cadre des sanctions en cours. Ce fut une secrétaire d’un programme de TV chinois qui, en manière de réponse, résuma le mieux la démarche étasunienne : « Pourrais-tu m’aider à combattre ton ami pour que je puisse m’occuper de toi plus tard ? »[19]

    Post scriptum 09.04.2022
    Je viens de lire un long article du Wall Street Journal (ici en annexe) informant d’une proposition faite par l’allemand Scholz à Zelensky, « une dernière tentative », le 19 février, quelques jours avant l’entrée de troupes russes en Ukraine. L’Allemand aurait déclaré à Zelensky que l’Ukraine devrait renoncer à ses aspirations envers l’OTAN et déclarer sa neutralité dans le contexte d’une convention sur la sécurité européenne garantie conjointement par les Etats-Unis et la Russie. Demande que Zelensky aurait refusée arguant que l’on « ne peut pas faire confiance à Poutine et que la plupart des Ukrainiens souhaitent adhérer à l’OTAN ».([20])

    Cette révélation me semble précieuse pour évaluer la personnalité du président ukrainien, sa capacité à décider seul (contrairement à l’idée qu’il serait soumis à des influences…) et sa responsabilité dans le drame que vit son pays.
    Source : Le Drapeau Rouge https://www.ledrapeaurouge.be
    Voir la première partie de l’article. https://www.investigaction.net/fr/ukraine-la-face-cachee-des-choses-premiere-partie
    Photo : Manhhai (CC 2.0)

    Notes :
    [1] Accords officialisant la reconnaissance d’Israël par des pays arabes qui jusqu’ici s’y refusaient. Le dossier ukrainien, si riche et complexe, ne nous a laisse le temps de traiter ce sujet. Nous y reviendrons.

    [2]La formule complexe militaro-industriel devenant un peu obsolète ; outre que pour ce qui est des USA l’importance de la composante industrielle n’est plus la même que du temps du Général Eisenhower,
    auteur de la formule, le facteur médiatique est, par contre, devenu incontournable pour la gestion de guerres.

    [3]Blinken, https://www.npr.org/transcripts/1086835380?t=1648549050349 March 16, 2022 

    [4]https://lechiffredaffaires.dz/15-milliards-de-m3-de-gnl-americain-pour-leurope

    [5]Actes pris en application du traité UE ; position commune 2008/944/PESC du 8.12.2008 https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32008E0944&from=FR

    [6]https://www.lefigaro.fr/international/royaume-uni-a-l-heure-du-global-britain-boris-johnson-somme-d-en-faire-enco

    [7]https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/armees-la-cour-des-comptes-propose-de-reduire-la-voilure-dans-un-contexte-

    [8]National security for insiders by insiders https://warontherocks.com/2021/01/13the-u-s-defense-industry-in-a-new-era

    [9]https://www.spiegel.de/ausland/deutschlands-halbherzige-sanktionspolitik-schaemen-sie-sich-herr-scholz-komm 

    [10]https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/la-revolution-copernicienne-de-lallemagne-ne-fait-que-commencer-1393884

    [11]https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/l-allemagne-envisage-de-se-doter-d-un-bouclier-antimissiles-%C3%A0-2-milliards-d-euros/ar-AAVxQvZ?ocid=winp1taskbar

    [12]https://www.washingtonpost.com/national-security/2022/03/16/ukraine-zelensky-information-war Les sigles « Ops » et « Psy-ops » correspondent aux opérations de propagande et publicité dans le premier cas et à celles visant à manipuler les informations ; susciter compassion du public, etc. dans le second.

    [13]https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9giment_Azov

    [14]Ukraine’s military strength https://graphics.reuters.com/RUSSIA-UKRAINE/dwpkrkwkgvm 26.1.22

    [15]« Like, Share, Recruit : How a White-Supremacist Militia Uses Facebook to Radicalize and Train New Members” https://time.com/5926750/azov-far-right-movement-facebook January, 7,2021

    [16]By Jerusalem Post staff ; October 19, 2021 https://www.jpost.com/diaspora/western-countries-training-far-right-extremists-in-ukraine-report-682411

    [17]https://foreignpolicy.com/2022/03/28/pentagon-defense-strategy-russia-ukraine-war.

    [18] US Department of Defense Fact Sheet : 2022 National Defense Strategy https://media.defense.gov/2022/Mar/28/2002964702/-1/-1/1/NDS-FACT-SHEET.PDF

    [19] China Global Television Network — CGTN LIU Xin 刘欣 (LiuXininBeijing) March 19, 2022

    [20] https://www.wsj.com/articles/vladimir-putins-20-year-march-to-war-in-ukraineand-how-the-west-mishandled-it-1 

    #otan #usa #etats-unis #ukraine #azov #néonazis #néofascisme #ue #union_européenne #Russie #guerre #crimée #otan #réfugiés #énergie #géopolitique #france #politique #poutine #allemagne

  • Je pose ça là vite fait (vu que j’arrête pas de courir en ce moment). C’est dans le 7 à 9 de France Inter que j’ai commencé à en entendre parler lundi par l’inénarrable Dominique Seux, le chroniqueur éco de 7h47. Hormis le chapô langue de bois compatible, je n’ai pas le temps de lire tout le reste pour l’instant. Merci à l’intelligence collective de nous donner des pistes pour décrypter tout ça.
    Ce n’est qu’un ressenti très subjectif mais le sieur Hirsch va-t-il faire subir la saignée ultime (et fatale) au système de soins hospitaliers ? J’sais pas, j’demande ...

    Hôpital : le temps de la refondation | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/economie-france/social/hopital-le-temps-de-la-refondation-1404467

    Le patron du premier groupe hospitalier de France, l’AP-HP, a transmis au gouvernement des propositions pour réformer en profondeur l’hôpital public. Un programme ambitieux qui nécessite de revoir le statut des médecins et des paramédicaux, de modifier les modalités de leur rémunération et d’instiller plus de mobilité dans le système.

    • En tous cas ça a l’air de séduire #Dominique_Seux qui parfois est aussi #éditocrate à Ouest-France (un jour, je lisais son édito dans la salle d’attente d’un CCAS, j’ai failli m’étrangler de rire).
      Tu veux rire toi-aussi ? Dominique s’exprime tous les matins sur France Inter :
      https://www.franceinter.fr/personnes/dominique-seux
      https://www.acrimed.org/Chiffrage-du-programme-de-Melenchon-Dominique?recherche=dominique%20seux


      dessin : Mathieu Colloghan pour #Acrimed

    • https://www.humanite.fr/social-eco/hopital/sante-l-hopital-ultraliberal-selon-martin-hirsch-748887

      En présentant sa vision du système public, le directeur général de l’AP-HP offre un tableau de réformes compatibles avec celles du président de la République.

      Un timing parfait. Alors qu’Emmanuel Macron planche sur la constitution de son prochain gouvernement, Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), en a profité pour lui communiquer son programme de refonte pour l’hôpital. Sur une pleine page dans les Échos du mardi 3 mai, il déroule son projet « choc » sur plusieurs points.

      mais hélas #paywall

    • @sombre suite de l’article :

      Tout commence par la mise en place d’une « commission prestigieuse », confiée à la vice-présidence du Conseil d’État pour superviser cette tâche. Alors que l’AP-HP perd autour de 1 000 employés par an, son directeur général déplore que les rémunérations des médecins et des paramédicaux soient fixées au niveau national « avec une grande uniformité », estimant que nous sommes le « seul grand pays où les statuts sont plus proches de ceux de fonctionnaires régaliens que de professionnels qui produisent des soins ». Cette dernière assertion fait bondir Jean-Emmanuel Cabo, secrétaire général de FO AP-HP. « Nous ne sommes pas des producteurs de soins ! C’est exactement ce que le gouvernement veut entendre. En la matière, il se sert de l’AP-HP comme d’un laboratoire. Son objectif est de remettre en cause une partie de nos acquis et notre statut. L’instauration de “conseils de service” permet notamment de faire passer des décisions en évinçant les instances représentatives du personnel. »

      Loin des ordonnances fondatrices de 1958

      C’est ainsi que les syndicats ont découvert par hasard que l’Assistance publique avait conclu un contrat avec une start-up, Néosanté. Celle-ci est chargée dans certains établissements d’accompagner les patients vers un retour plus rapide chez eux. Une vision éloignée des ordonnances de 1958, fondatrices de l’hôpital public, dont se réclame pourtant Martin Hirsch. Si ce dernier convient que le Ségur de la santé n’a été « qu’un rattrapage frustrant » pour les salaires, il propose donc de revoir la rémunération des médecins hospitaliers et des paramédicaux en remplaçant celle-ci, jugée « monolithique », par « une fusée à trois étages » : un plancher national, puis une part indexée sur le coût de la vie dans la région, et une autre, à la main de l’établissement sous certains critères, ouvrant la voie à des revenus à la carte.

      Pour faire face à la pénurie de soignants dans les années à venir, avec un besoin de 500 000 personnes en plus d’ici à 2030, il propose un effort majeur sur la formation. Culotté, pour Olivier Cammas, du bureau de l’Usap-CGT : « On n’a pas arrêté de se battre pour lui faire financer les promotions professionnelles des aides-soignantes qui veulent devenir infirmières. Certaines d’entre elles sont restées sur le carreau. Il a aussi liquidé des écoles de formation de l’AP-HP. » Si le directeur général prône la remédicalisation de la gouvernance, la tarification à l’activité (T2A), pourtant pointée du doigt comme la grande responsable de la logique de rentabilité qui écrase l’hôpital public, est défendue par ses soins sous une forme un peu différente. « C’est normal que Martin Hirsch ne veuille pas lâcher là-dessus, observe Olivier Cammas. C’est comme ça qu’il a remis les établissements à l’équilibre à marche forcée et contribué à dézinguer le service public. »

      Donne envie d’en savoir plus sur le contrat évoqué avec la start-up Néosanté, laquelle aurait été « chargée d’accompagner les patients vers un retour plus rapide chez eux » tout en étant une boite privée spécialisée dans la location vente de dispositifs médicaux et matériels de maintien à domicile... mais je ne trouve rien ailleurs

    • Et donc une tribune collective en réponse à M. Hirsch sur son auto-satisfecit. Le voilà rhabillé pour un quinquennat, ce triste sire...

      Dans une note publiée Martin Hirsch appelle à une refondation de l’hôpital public . Syndicats et collectifs réunis en dressent ici le constat : l’attrition du secteur public et le management maltraitant ne préoccupent pas celui qui dirige un établissement en souffrance. Ses propositions ne tirent aucun bilan de neuf ans de mauvaises décisions à la tête de l’AP-HP.

      Sa première analyse erronée concerne les 35 heures Il occulte ce qui les a mis dans le mur : l’absence de recrutement. Les 35 heures ont engendré des RTT, des jours de repos, non compensés par des recrutements. La direction générale de l’AP-HP a aggravé les choses en introduisant en 2016 une réforme de l’organisation du temps de travail, réduisant le temps de chevauchement des équipes, indispensable aux transmissions et à la construction du collectif.

      Erreur d’analyse

      Pire, elle a alourdi la charge de travail en demandant que chaque infirmière assure les soins de douze patients (quand c’est six à huit dans les pays développés). Omettre les conditions de travail, la charge de travail, est une erreur d’analyse grave. L’erreur devient coupable quand elle se répète. Le plan récent pour embaucher les infirmières à l’AP-HP, exclusivement basé sur la logique contractuelle d’une forte rémunération, a échoué à attirer : 63 recrutements quand il en aurait fallu plus de 1.400. Syndicats et collectifs réunis en dressent ici le constat : l’attrition du secteur public et le management maltraitant ne préoccupent pas celui qui dirige un établissement en souffrance. Ses propositions ne tirent aucun bilan de neuf ans de mauvaises décisions à la tête de l’AP-HP.

      https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-martin-hirsch-a-lap-hp-des-annees-de-mauvaises-decisions-1406015

      Manière, en créant des conditions détestables pour les personnels soignants bien qu’en distribuant quelques subsides supplémentaires, Hirsch crée les conditions pour que l’hôpital public puisse « externaliser » les soins en ayant recours au #précariat. Ça vous rappelle rien ?

  • Pourquoi les constructeurs automobiles ne veulent plus vendre de voitures | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/pourquoi-les-constructeurs-automobiles-ne-veulent-plus-vendre-de-voitures-1

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : aujourd’hui en France, les voitures neuves ne se vendent plus, elles se louent. Selon Bertrand de la Villéon, expert du sujet chez Eurogroup Consulting, 82 % des immatriculations en 2021 ont été faites par le biais d’un leasing, soit 8 points de plus qu’il y a un an. Ces formules de location longue durée (LLD) ou avec option d’achat (LOA), généralement pour une durée de quatre ans, étaient déjà la norme chez les entreprises. Elles sont en train de se développer à grande vitesse chez les particuliers, qui ont choisi cette solution dans 47 % des cas l’an dernier. Et les constructeurs, loin de contrarier ce mouvement, cherchent à l’amplifier.

    Pour eux, il s’agit d’abord de répondre aux desiderata des clients. Une majorité d’entre eux privilégie désormais l’usage à la possession, tout en souhaitant garder un accès à un véhicule dédié, ce qui exclue les services d’autopartage. En choisissant le leasing, ils s‘affranchissent également des risques liés à aux évolutions technologiques et réglementaires : si je choisis une voiture diesel, pourrais-je rouler avec dans ma ville dans quelques années ? Si c’est un modèle électrique, l’autonomie va-t-elle diminuer dans le temps ? En optant pour la location plutôt que l’achat, ces inquiétudes sur la revente n’ont plus lieu d’être.

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  • Au secours, le chômage baisse ! | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/au-secours-le-chomage-baisse-1358998
    #paywall

    Si la forte décrue du nombre de demandeurs d’emploi au troisième trimestre est une très bonne nouvelle, l’ampleur des besoins de recrutement non satisfaits suggère que le point où la baisse du chômage alimentera les hausses de salaire n’est peut-être plus très loin.

    Et si la nouvelle était trop belle ? Chacun ne peut que s’ébahir devant ce miracle de l’économie postcovidienne qu’est l’accélération de la baisse du chômage. Que le nombre d’inscrits à Pôle emploi en catégorie A ait chuté de 200.000 au troisième trimestre après avoir déjà reculé de 50.000 au deuxième, voilà qui est en effet la marque sinon d’un miracle, du moins d’un phénomène exceptionnel. Car, alors même que l’activité économique revient tout juste à son niveau d’avant-crise - une crise d’une ampleur sans précédent dans l’histoire moderne -, le dynamisme de la création d’emploi a déjà effacé la parenthèse d’augmentation du chômage.

    En France, où la courbe du chômage a toujours été très flexible à la hausse et très rigide à la baisse, c’est du jamais vu. Sans doute cela s’explique-t-il par le fait que, l’effondrement de l’activité en 2020 n’ayant pas pour raison une défaillance économique mais une faille sanitaire, le fonctionnement de l’appareil productif, préservé par une injection massive d’argent public, a pu reprendre bien plus vite que lors des précédentes récessions. Quoiqu’il en coûte, cela est très sain.
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  • Les Vikings ont posé le pied en Amérique en 1021, près de 500 ans avant Christophe Colomb | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/les-vikings-ont-pose-le-pied-en-amerique-en-1021-pres-de-500-ans-avant-chri


    North Wind Pictures/Leemage

    Aussi, lorsque le rayonnement devient plus puissant, le taux de carbone-14 s’élève dans l’atmosphère, puis dans les cernes de croissance du bois. Une étude japonaise a ainsi déterminé avec précision, grâce à des bois dont on connaissait précisément l’âge, que deux « événements » cosmiques produisant une hausse du carbone-14 ont eu lieu en l’an 775 et en l’an 993.

    Un arbre coupé au printemps, l’autre à l’été
    En étudiant trois échantillons du bois utilisé par les Vikings pour construire leur camp à l’aide d’un spectromètre de masse, l’équipe néerlandaise a identifié un cerne avec une « brusque élévation » de la concentration en carbone-14. Il s’agit donc du cerne de 993. En comptant le nombre de cernes entre celui-ci et le dernier, situé juste avant l’écorce et qui correspond donc à la dernière année de croissance avant que l’arbre n’ait été coupé, les chercheurs sont tombés sur l’an 1021.

  • Assurance-chômage : les règles d’indemnisation n’ont rien d’anodin | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/assurance-chomage-les-regles-dindemnisation-nont-rien-danodin-1353854

    La durée et le montant des indemnités chômage ont des conséquences directes sur le comportement des demandeurs d’emploi. Une étude récente montre les effets sur les exigences salariales. L’économiste Pierre Cahuc, [chroniqueur aux Échos et prof à Sc. Po.] nous en détaille les résultats.

    Une étude (1) publiée récemment apporte un éclairage intéressant sur l’impact des règles de l’assurance-chômage en France. Ioana Marinescu, professeur à l’université de Pennsylvanie, et Daphné Skandalis, professeur à l’université de Copenhague, ont analysé le comportement de 500.000 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi entre 2013 et 2017. Elles disposent d’informations précises sur leur indemnisation, leurs périodes d’emploi ainsi que sur leurs candidatures réalisées en ligne.

    Elles constatent que l’intensité de la recherche d’emploi, mesurée par le nombre mensuel de candidatures, croît lorsque la date de fin d’indemnisation approche. Et l’augmentation est significative : l’intensité est 50 % plus élevée au cours du dernier trimestre précédant la date d’épuisement des prestations qu’un an auparavant, et elle reste ensuite pratiquement inchangée.

    Ces résultats confirment ceux de dizaines d’études qui montrent que la durée potentielle d’indemnisation du chômage affecte significativement la probabilité de trouver un emploi. Ioana Marinescu et Daphné Skandalis nous apportent un éclairage nouveau en montrant, avec un riche matériel empirique concernant la France, que ce phénomène est lié non seulement à l’intensité de la recherche d’emploi mais aussi aux exigences salariales.

    Préserver leur revenu

    En effet, les exigences salariales, mesurées grâce aux salaires des offres auxquelles les demandeurs d’emploi postulent, augmentent avec la durée potentielle d’indemnisation. En contrepartie, elles diminuent à l’approche de la date de fin d’indemnisation. Les salaires horaires sont inférieurs de 1 % à l’épuisement des droits par rapport à l’année précédente. Quant aux salaires mensuels, ils diminuent plus, d’environ 4 %, ce qui signifie que les demandeurs d’emploi acceptent des baisses d’horaire pour préserver leur revenu lorsque leurs indemnités sont épuisées.

    Ainsi, en France comme partout ailleurs, les règles de l’assurance-chômage, et notamment la durée potentielle d’indemnisation, exercent un effet significatif sur les comportements des demandeurs d’emploi. Une indemnisation plus généreuse accroît la durée du chômage, mais incite, en contrepartie, les chômeurs à accepter des emplois de moins bonne qualité, moins bien rémunérés.

    Une connaissance embryonnaire

    D’autres travaux réalisés sur données françaises, en particulier par Laura Khoury (2) , chercheuse à la Norwegian School of Economics, montrent que l’assurance-chômage exerce une influence non seulement sur les demandeurs d’emploi, mais aussi sur les salariés, dont la tendance à quitter leur emploi pour entrer au chômage croît lorsque l’indemnisation devient plus généreuse.
    Il est primordial de disposer de ce type d’information pour déterminer efficacement les paramètres de l’assurance-chômage, de façon à concilier au mieux les exigences d’efficacité et la protection des personnes les moins bien loties. Malheureusement, malgré ces travaux récents, la connaissance de l’assurance-chômage reste embryonnaire en France. Il est regrettable que les partenaires sociaux, gestionnaires de l’assurance-chômage depuis plus de soixante ans, n’aient pas été en mesure de contribuer à son développement. Cela aurait été sans aucun doute utile pour débattre de façon constructive de la réforme de l’assurance-chômage.

    (1) Ioana Marinescu, Daphné Skandalis, Unemployment Insurance and Job Search Behavior, « The Quarterly Journal of Economics », Volume 136, Issue 2, May 2021, Pages 887-931.
    (2) Laura Khoury, Unemployment Benefits and the Timing of Redundancies, « Working paper », 2021.

    Assurance-chômage : l’effet pervers du cumul prestation-activité, 17 juin 2021
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-assurance-chomage-leffet-pervers-du-cumul-prestation-activite-13245

    Le principe de l’activité réduite, qui permet à un chômeur de continuer à recevoir une prestation alors qu’il reprend une activité partielle, est défendu par les syndicats. Pour Pierre Cahuc, il a aussi l’inconvénient d’allonger singulièrement la période de chômage.

    #droitauchômage #chômeurs #chômeurs_en_activité_à_temps_réduit

  • J’aime beaucoup ce surnom... #ministre_Téflon...

    #Frédérique_Vidal, ministre en #distanciel

    Très critiquée pour sa gestion un peu erratique de la crise sanitaire, la ministre de l’Enseignement supérieur promet une rentrée à 100 % en #présentiel.

    Elle est donnée partante à chaque remaniement depuis quatre ans. Mais elle est toujours là, fidèle au poste. Les critiques à répétition des milieux universitaires, la fronde contre sa loi de programmation de la recherche, les polémiques mal venues, les railleries de la Macronie contre ses curieuses absences médiatiques : rien n’y fait. Tout glisse sur Frédérique Vidal, #ministre_Téflon de l’Enseignement supérieur. L’ancienne patronne de la fac de Nice-Sophia Antipolis est inébranlable.

    Ce 15 août lui a permis de repartir pour un tour. Les universités françaises se sont distinguées dans le très select #classement_de_Shanghai, publié tous les ans le jour de l’Assomption. Le fruit de sa politique, assure-t-elle, non sans quelques arguments.

    En guerre contre l’islamo-gauchisme

    Frédérique Vidal promet une rentrée à 100 % en présentiel et sans passe sanitaire aux étudiants et profs de fac. Qui ont un peu de mal à la croire, tant sa gestion de l’enseignement supérieur ces quatre dernières années s’est faite en distanciel. Techno, peu causante, cette docteure en sciences de la vie n’a jamais brillé par sa #présence ou son #empathie. On le lui a beaucoup reproché.

    Elle ne dit pas si elle compte reprendre sa croisade contre l’islamo-gauchisme qui « gangrène la société dans son ensemble et les universités » . Emmanuel Macron avait dû refroidir ses ardeurs guerrières l’hiver dernier. Hors sujet et à contretemps, avait jugé l’Elysée, au moment où le Covid vidait les amphis et plongeait beaucoup de jeunes dans la précarité. La politique est un métier.

    https://www.lesechos.fr/idees-debats/en-vue/frederique-vidal-ministre-en-distanciel-1338843

    #Vidal #ESR #enseignement_supérieur #France #université #recherche #facs #absence #téflon #teflon

  • Criblage, pas séquençage (27.02.21)

    https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/pourquoi-le-sequencage-du-virus-est-primordial-dans-la-lutte-contre-lepidem

    4) Quelles différences entre criblage et séquençage ?

    Le criblage n’est pas le séquençage. C’est une opération bien plus partielle, qui ne permet que d’identifier des variants déjà connus. Le criblage n’est pas pour autant sans intérêt. [...]


    et question volume :

    3) Où en est la France ?

    [...] Sur l’ensemble des personnes testées positives au coronavirus en France, environ 0,15 % ont fait à ce jour l’objet d’un séquençage.

    Même si de nombreux autres pays sont à la traîne, comme l’Allemagne et l’Italie, cette proportion contraste avec des pays pratiquant un séquençage plus intensif comme le Danemark - 20 % - et le Royaume-Uni - 5 %.


    Les tests de criblage sont des tests RT-PCR « en deuxième intention » - donc 2eme prélèvement, si 1er test positif - réalisés avec des kit spécifiques sensibles aux variants suivis. Les résultats du criblage sont dûment enregistrés dans SIDEP dans le champ Joker 2 (sic).

    https://www.iledefrance.ars.sante.fr/system/files/2021-03/098_ARSIdF-CRAPS_2021-02-26_%20Doctrine_Variants_CAT-diag-bio-

    les kits spécifiques de criblage ne sont actuellement autorisés qu’en seconde intention. Le résultat de la RT-PCR de criblage après test antigénique positif sera inscrit dans le champ Joker 2 dans un nouveau dossier SI-DEP.

    Ça empêche pas de faire aussi du séquençage - et là, c’est le champ Joker 3 dans SIDEP - mais pour l’instant, on fait plutôt PCR x2.

  • Pour une politique publique de la donnée | Les Echos

    https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-pour-une-politique-publique-de-la-donnee-1299481

    Par Emmanuel Larere (avocat associé chez Gide Loyrette Nouel)
    Publié le 18 mars 2021 à 13:39Mis à jour le 18 mars 2021 à 13:42

    Les administrations et organisations publiques disposent d’un patrimoine de données d’une grande richesse, dont leur valorisation est devenue un enjeu prioritaire. Néanmoins, le récent rapport Bothorel montre que le potentiel d’innovation de l’open data peine à être perçu. Les citoyens attendent des acteurs publics, au moins le même niveau de services que celui qu’ils reçoivent des entreprises privées.

    Pour réussir cette transformation, la gouvernance doit s’appuyer sur plusieurs leviers :
    – une cartographie exhaustive des données, leurs définitions, mais également leur qualité, essentielle pour que les différentes organisations puissent en tirer parti et mesurer l’impact des politiques publiques engagées.
    – Le partage de ces données entre l’État, les administrations publiques, les collectivités et les acteurs sociaux et économiques. Il faut saluer l’initiative de l’IGN qui a mis en accès libre et gratuit, toutes ses données publiques pour contribuer au plan de relance de l’économie.
    – La mise à disposition de cette donnée et des moyens d’action associés pour le citoyen, permettant de l’associer aux processus de gouvernance.

    #données #data #sources_ouvertes #bien_public #statistiques

  • AWS, le nuage en or d’Amazon
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/aws-le-nuage-en-or-damazon-1159890

    Avec Amazon Web Services, le groupe de Jeff Bezos s’est imposé comme leader de l’informatique dans le cloud. Mais après une décennie de règne incontesté, des nuages commencent à apparaître… Quel est le point commun entre Engie, Seloger.com, Netflix, Airbus, Goldman Sachs, Radio France, Veolia ou AXA ? Ces entreprises - et des dizaines de milliers d’autres à travers le monde - confient tout ou partie de leur informatique à un groupe plus connu du grand public pour la vente par correspondance que pour (...)

    #Alibaba #Google #Microsoft #Unilever #IBM #GE #DoD #CIA #Amazon #Netflix #Alexa #bénéfices #BigData #CloudComputing #JEDI #voix (...)

    ##FTC

  • Quand nos données nous manipulent
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/livres/quand-nos-donnees-nous-manipulent-1260655

    Les géants d’Internet ne se contentent pas d’amasser des quantités phénoménales de données : ils modélisent nos comportements pour les prédire et, de plus en plus, les influencer. Pour la sociologue américaine Shoshana Zuboff, ce « capitalisme de surveillance » met en danger nos démocraties. L’expérience est assez banale : vous achetez un nouveau thermostat, connecté , avec la promesse de dépenser moins et de passer l’hiver dans une maison plus confortable. Pour l’installer, vous devrez accepter des « (...)

    #BigData #bénéfices #surveillance #Google #Amazon #Facebook #InternetOfThings #manipulation #conditions (...)

    ##GAFAM

    • Ca va me prendre une journée c’est le sujet d’un post sur Twt et que non le virus n’est pas moins virulent. Les « jeunes » sont plus touchés, leur age les protège mieux, ils spreadent et ce d’autant plus facilement que jusqu’à present ce sont des génératioins que l’on laisse gambader.

    • Cette étude de « Cell » et les deux autres (postées les 12 juin et 6 juillet sur le site d’archives ouvertes bioRxiv) portent sur la mutation « D614G », qui aurait proliféré ces derniers mois au point de devenir dominante à l’échelle de la planète. Alors qu’avant le 1er mars dernier, ce variant D614G n’était observé que dans 10 % des séquences génétiques du virus passées au crible par les chercheurs, on la retrouvait, dès le mois suivant, dans 78 % des séquences

      #paywall

    • Les gens que je suis sur Twitter disent que l’article est à classe fakenews, dit le contraire de l’étude Cell qu’il cite, et qu’il devrait être retiré. Mais je n’ai pas de démontage complet à citer, alors…

    • Le Flohic :
      https://twitter.com/drgomi/status/1296555959595274241

      l’article des écho sur la mutation G614 est une vraie daube, encore de la fake news, Cell avait déjà publié sur le sujet en avril , c est sur la table depuis 4 mois, on peut juste dire que la charge virale est supérieure, le virus plus infectant, sans aggravation clinique 1/

      mais sans diminution observée de la gravité clinique , je n en reviens pas du niveau des publications @LesEchos ; ici l article de cell :
      https://cell.com/cell/pdf/S0092-8674(20)30820-5.pdf plus infectant , plus de charge virale mais en aucun cas moins de gravité. 2/

      et je ne suis pas certain qu il faille se réjouir de ce type d ’avantage de sélection. 3/ https://sciencemag.org/news/2020/07/pandemic-virus-slowly-mutating-it-getting-more-dangerous

      je trouve dramatique de raconter ce genre d ânerie qui trompe le public, juste pour le buzz. 4/

      https://twitter.com/drgomi/status/1296698757556449285

      la mutation dont parle @LesEchos (D614) était présente dès février en France ou il a proliféré et a attiré l attention aux USA, car elle s’y est introduit secondairement ; Korber signe également le dernier article de Cell

    • https://seenthis.net/messages/872362
      “excellently explains 3 options:
      1- More & more general testing (more likely to test any less symptomatic young ppl)
      2- Elderly people being /more/ cautious
      3- Young people being /less/ cautious

      In reality, it was likely all 3 things, as @nataliexdean shows with @trvrb’s figure. Including a real increase in infections in younger age groups.

      But do we really expect that cases will only stay in young people, and not spread to other age groups?...”

  • Cerveau : l’autre champ de bataille du coronavirus | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/cerveau-lautre-champ-de-bataille-du-coronavirus-1205045

    [...] La capacité du coronavirus SARS-CoV-2 à pénétrer et endommager le cerveau est évidemment lourde de conséquences sur le plan sanitaire. Car les symptômes neurologiques du Covid-19 ne se réduisent pas aux céphalées et aux atteintes sensorielles heureusement temporaires (la durée médiane de l’anosmie est de deux semaines, ce qui correspond grosso modo au temps nécessaire aux cellules-souches de l’épithélium nasal pour refabriquer de nouveaux neurones sensoriels, venant remplacer ceux endommagés par le virus). Beaucoup de patients ont connu des épisodes de confusion profonde, au point de ne plus savoir qui ils étaient. Diverses études ont fait mention d’un large éventail d’autres symptômes, comme de l’ataxie (un manque de coordination fine des mouvements volontaires entraînant, par exemple, des troubles de la marche), des crises convulsives voire de véritables crises d’épilepsie, ou encore des pertes de conscience. Des cas d’AVC ont également été rapportés.
    Mais le plus préoccupant est peut-être ailleurs : sur le plan psychiatrique. La variété des symptômes décrits montre que des régions aussi diverses que le cervelet ou l’hippocampe sont potentiellement touchées. Si le système limbique, support des émotions, venait à l’être à son tour, de graves troubles de l’humeur pourraient s’en suivre, indépendamment de l’« agression psychique » qu’ont représentée pour beaucoup les mesures de confinement et de distanciation sociale : stress post-traumatique, anxiété, dépression, voire pensées suicidaires…
    Or, le système limbique semble bien prêter le flanc au virus, et même doublement. D’abord parce que le bulbe olfactif, dont on a vu qu’il était l’une des zones possiblement traversées par le virus dans le cerveau, lui est fortement interconnecté : pas besoin d’avoir lu Proust et son épisode de la madeleine pour savoir qu’odeurs et émotions sont étroitement liées. Ensuite et surtout parce que le tronc cérébral est lui-même fortement interconnecté avec le système limbique : c’est ce qu’ont mis en évidence des études sur des cas de troubles de l’humeur survenus après une septicémie. Tout cela laisse craindre, chez certains des rescapés du Covid-19, une prochaine dégradation de leur santé mentale et, possiblement, une hausse des cas de suicide. « La ’deuxième vague’ ne sera peut-être pas virale, mais psychiatrique », prévient Pierre-Marie Lledo.

  • Il faut sortir la France du confinement | Les Echos, Éric Le Boucher (après Arnaud Le Parmentier hier)
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/il-faut-sortir-la-france-du-confinement-1193910
    Photo non créditée attribuable aux chambres de commerce hexagonales réunies

    Les Etats et les banques centrales ont fait ce qu’il fallait pour soutenir à bout de bras des économies mises à terre par le coronavirus. Mais combien de temps pourront-ils le faire ? La réponse revient aux scientifiques, seuls à même de trouver une réponse, écrit Eric Le Boucher. Or quatre mois après le début de l’épidémie et malgré le confinement, on découvre qu’on est toujours au point de départ. Il faut revenir à la stratégie de l’immunité collective. (...)

    La préservation de la vie est un principe sacré, mais le retour au travail représente aussi une valeur humaine.

    #économie #travail

  • En Italie, l’insolente santé de la mafia pendant l’épidémie
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/en-italie-linsolente-sante-de-la-mafia-pendant-lepidemie-1193465

    L’Italie doit affronter un ennemi invisible, qui ne se soucie pas des frontières et qui mine sa santé économique. C’est le crime organisé, qui a les mêmes caractéristiques que le Covid-19. Souvent comparé à un cancer, il prolifère dans les moments de faiblesse du corps social. « Il y a une autre terrible contagion que nous devons éviter, s’inquiète Nino di Matteo, l’un des membres du Conseil supérieur de la magistrature, l’économie légale risque d’être encore plus infectée par les mafias. » Elles ont déjà commencé à prendre contact avec des entrepreneurs et des commerçants en difficulté pour mettre à leur disposition sous forme de prêts leurs immenses réserves de liquidités.

  • BULLETIN D’INFORMATION SCIENTIFIQUE DE L’IHU

    Nous avons le droit d’être intelligents !
    Pr Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection.
    Toxicité des Traitements, Mortalité...

    https://www.youtube.com/watch?v=GFkUnJ46MVI

    Didier Raoult claque la porte du Conseil scientifique de Macron. En désaccord depuis des semaines avec la politique de confinement du gouvernement qu’il qualifie de moyenâgeuse, il martèle qu’il faut des moyens de dépistages massifs à l’échelle nationale pour détecter les cas suspects, isoler et traiter les patients positifs.

    https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/exclusif-coronavirus-didier-raoult-claque-la-porte-du-conseil-scientifique-