Le Monolecte | Le blog des agitateurs du vide

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  • Covidrome - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2021/05/24/covidrome

    La porte vitrée s’ouvre sur un long couloir étroit et sombre. Un homme nous barre la route avec un énorme distributeur à pompe de GHA1. Sur le côté, à sa hauteur, il y a une femme debout devant une sorte de guéridon de bar qui parcourt une liste de nom qui s’étale sur une liasse de feuilles A4. Le couple devant nous franchit le seuil et là, la femme au guéridon retire son masque complètement en s’écriant  :

    -- « Salut [Machine], quelle bonne surprise  ! Tu as vu  ? Avec mon masque, tu ne m’as pas reconnue  ! »

    Le fait que [Machine] ne retire pas son masque pour répondre ne me console pas vraiment de l’inénarrable abattement qui vient de me tomber dessus.

    • — « Et fermez la porte ! », poursuit le type le moins informé de l’univers.

      Non, mais ... lol (jaune) ...

      Quand la déréliction des services publics obligent les bénévoles à organiser des « sévices » publics ... Mais bon, le CAC40 se porte de mieux en mieux et on nous affirme sans sourciller que, si les prix des carburants « flambent » à la pompe, c’est que l’économie redémarre (comme la chenille) ...

      https://www.youtube.com/watch?v=m8tjtjKAhXQ

    • Oui, le réseau Obépine est une source très sûre : difficile de s’arrêter de chier pour cacher le virus sous le tapis. Asymptos ou pas, tout finit dans le même pot et donne un très bon aperçu de la situation.

      Clairement, dans les métropoles, ce n’est pas la fête du slip qui prédomine, par contre, on retrouve les niveaux de juillet dernier dans les petites villes secondaires.

      Clairement, on repart vers une circulation en clusters, localisée dans les quartiers denses des métropoles.

      Maintenant, avec un vrai tracking et un plan pour améliorer l’aération des bâtiments publics, on pourrait y arriver. Vraiment.

      Mais ça impliquerait des investissements et surtout la prise en compte des 13 millions d’otages de l’EN…

      Je pense qu’ils vont tenter de vacciner au moins le second degré avant la rentrée. Ça pourrait marcher, mais reste le problème des mutants dont les gosses sont les probables incubateurs et la question globale de la diffusion des vaccins dans les pays pauvres (90% de l’humanité, pour la faire courte).

      Si on ne libère pas les vaccins maintenant, on est possiblement grillés pour l’automne.

      Autre variable : les comportements cet été. Avec un minimum de combo port du masque en intérieur + aération, on pourrait ne pas relancer la sulfateuse pour la rentrée… Mais on a dit trop de conneries depuis trop de temps pour obtenir une adhésion suffisante : je trouve les commentaires sous mon billet très éclairants sur la pénétration des yolos en population générale. Et du coup, je ne suis pas optimiste.

    • Ah, je n’ai lu que le premier commentaire sous ton billet hier soir. J’aurais été en situation pour, j’aurais répondu d’un simple « Crétin ». Le niveau atteint par la crise continue que l’on endure depuis quelques dizaines d’années est épouvantable en ce qu’elle fait sortir du bois un nombre impressionnant de crétins dont on n’avait pas idée jusqu’alors. Vraiment. Je savais qu’ils existaient. Mais je ne les savais pas aussi nombreux, et ne pensais pas que la rationalité pouvait à ce point être multiple et donner lieu à de telles leçons de rationalité crétine, comme on peut le lire sous ton billet. On cause de post-vérité, mais on peut aussi parler de post-rationalité. Quoi qu’on devrait sans doute, pour gagner du temps, se contenter d’utiliser le mot « crétinerie ».

  • L’OMS révise sa position sur la transmission aérienne de la COVID-19 | Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/science/600500/l-oms-revise-sa-position-sur-la-transmission-aerienne-de-la-covid-19

    Toutefois, le 30 avril, l’organisation a révisé la version anglaise de sa fiche. Elle met maintenant les aérosols sur un pied d’égalité avec les gouttelettes. En outre, elle explique que le virus peut se propager dans les lieux intérieurs bondés ou mal ventilés. « Il en est ainsi parce que les aérosols restent suspendus dans l’air ou voyagent au-delà d’un mètre de distance (longue distance) », explique-t-elle.

    Le 7 mai, l’agence américaine de santé publique (Centers for Disease Control and Prevention, CDC) modifiait sa position à son tour. Elle insiste désormais sur la transmission par la respiration. « Inspirer de l’air à proximité d’une personne infectée » figure maintenant au sommet de sa liste des modes de transmission. La mise à jour tranche avec la position précédente de l’agence, qui se focalisait sur les gouttelettes non volatiles.

    Les récentes révisions de l’OMS et des CDC pourraient représenter « l’une des avancées les plus importantes en matière de santé publique durant cette pandémie », a écrit la sociologue Zeynep Tufekci, qui analyse en profondeur la cohérence scientifique des recommandations publiques depuis le début de la pandémie, dans un texte d’opinion publié dans le New York Times.

    Si l’importance des aérosols avait été acceptée plus tôt dans la crise, les autorités auraient pu encourager des comportements plus efficaces, soutient Mme Tufekci. Par exemple : favoriser le temps passé à l’extérieur ; mieux ventiler et filtrer l’air dans les espaces intérieurs ; seulement limiter les rassemblements propices aux événements de superpropagation ; et se calmer avec la désinfection des surfaces.

    #Covid_19 #Transmission #Zeynep_Tufekci

  • Pandémicide - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2021/05/03/pandemicide

    Nous traversons la pandémie les yeux rivés sur l’espérance d’un monde d’après, un monde qui aura pris la mesure de la crise surmontée et surtout de toutes celles à venir, un monde qui aura appris de ses erreurs, mais surtout de ses réussites communes. À l’échelle mondiale, tous les pays ont tiré les conséquences de la pandémie et ont fait leurs choix  : certains pour leur population et d’autres contre. Ces choix sont essentiellement politiques.

  • Travail à la demande - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/075833-000-A/travail-a-la-demande
    https://api-cdn.arte.tv/api/mami/v1/program/fr/075833-000-A/1920x1080?ts=1619444271&watermark=true&text=true

    Livraison de repas à domicile, voitures avec chauffeur, participation rémunérée à des sondages : « l’économie des #petits_boulots » ou « #gig_economy » génère un chiffre d’affaires planétaire de 5 000 milliards de dollars, en constante expansion. Des États-Unis au Nigeria, de la France à la Chine, un voyage à la rencontre des travailleurs « #à_la_tâche » de l’économie numérique mondialisée.

  • On en a grosses - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2021/03/08/on-en-a-grosses

    Je voulais faire l’impasse sur le 8 mars et finalement, c’est le patriarcat qui a décidé de faire de cette journée aussi une journée comme toutes les autres, c’est-à-dire une journée de plus où l’on méprise les gonzesses et où l’on doit se préoccuper une fois encore des pauvres petits problèmes existentiels de ceux qui souffrent de tous leurs privilèges.

  • Le mot de la fin - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2021/02/24/le-mot-de-la-fin

    Ma grand-mère avait coutume de commencer les livres par la fin. Elle ne lisait même pas la quatrième de couverture, non, elle l’ouvrait comme le fait aujourd’hui un lecteur de mangas, parcourait les 2-3 dernières pages et décidait alors seulement si le bouquin valait la peine d’être lu.

  • Ces coupes budgétaires frappant les personnes en situation de handicap qui pourraient gagner la France - Basta !
    https://www.bastamag.net/coupes-budgetaires-Royaume-Uni-frappant-les-personnes-en-situation-de-hand


    C’est ce que raconte le film « Moi, Daniel Blake » https://blog.monolecte.fr/2017/05/07/nous-daniel-blake

    À partir de 2010, des dizaines de milliards de livres sterling ont été retirées des budgets des dépenses sociales desquelles beaucoup de personnes handicapées dépendaient. Ces réductions budgétaires ont été dévastatrices parce qu’elle se sont faites à plusieurs niveaux : vous pouviez subir à la fois une réduction de votre aide sociale, puis voir vos prestations d’invalidité supprimées, et perdre en plus une partie de votre aide au logement. Cela a poussé certaines personnes encore plus loin dans la pauvreté et l’isolement. D’autres qui avaient eu jusqu’ici une vie indépendante et relativement confortable se sont retrouvées pour la première fois de leur existence confrontées à de graves difficultés financières et à des conditions de vie indignes. Une foule de statistiques montrent cela. Mails il était pour moi aussi vraiment important de parler des personnes qui se cachent derrière ces chiffres : des êtres humains qui ont les mêmes espoirs et les mêmes craintes que les autres, et le même droit à une vie bonne et agréable.

    Je pense par exemple à Jimbob, un retraité écossais atteint de maladie pulmonaire et d’arthrite qui a vu ses prestations d’invalidité interrompues pendant la première vague d’austérité. La perte de ses prestations a eu pour conséquence qu’il ne pouvait plus se permettre de mettre le chauffage chez lui, et je lui avais parlé pendant un hiver glacial. J’ai été frappée par la façon dont il essayait de s’en sortir au quotidien malgré tout : ne chauffer qu’une seule pièce, se blottir dans sa voiture avec son chien, et même s’asseoir dans une tente à l’intérieur de son appartement parce qu’un espace confiné est plus chaud. Je pense aussi à Rachel, une personne en fauteuil roulant qui avait vu son aide sociale se réduire lentement, jusqu’à ne plus en avoir du tout. J’ai parlé à de nombreuses personnes qui ont perdu ces dernières années leurs prestations d’aide humaine à la vie quotidienne, mais la situation de Rachel m’a vraiment marquée. Sans aucun soutien, elle était mal nourrie et dormait parfois dans son fauteuil roulant faute de pouvoir atteindre seule son lit.

  • Troll hunter - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2021/02/14/troll-hunter
    https://blog.monolecte.fr/wp-content/uploads/2021/02/eliandstevePT.webp

    Sur internet, il n’y a personne et en même temps, il y a tout le monde. Tu peux éclater la gueule de quelqu’un à grands coups d’insultes ou de rhétorique tordue, tu peux harceler ou invisibiliser, tu peux démolir systématiquement une personne, son œuvre, sa pensée, sa vie, comme ça, bien tranquille derrière ton clavier, sans aucune espèce de conscience, sans ne jamais être exposé aux conséquences. Tu peux décharger ta frustration, ta colère, ta haine, ton trop-plein de merditude, sans l’impact sourd du gnon dans la bidoche, sans les cris qui pètent le tympan, sans le sang et les ratiches qui te sautent à la gueule. Tu peux boxer sans te niquer les jointures et sans risquer de te faire éclater la tronche ou réajuster le portrait.
    Sauf que ce n’est pas aussi simple que ça.

  • La valeur d’une vie

    Bientôt les pauvres n’auront plus le droit de parler, les vieux de vivre et les jeunes de chanter. Une alliance inédite entre la science, la rationalité économique et le néolibéralisme autoritaire prépare des monstres que nous ne soupçonnons pas. Cette alliance nous accommode au pire, dont le renoncement aux valeurs et principes qui fondent le vivre ensemble et notre humanité.

    La gestion politique de la #crise_sanitaire est une machine à discriminer. Elle élève au carré les #inégalités sociales et économiques, de classe et de genre, et aujourd’hui les inégalités devant le #droit_à_la_santé et à la vie. Ces inégalités étaient insupportables avant la pandémie. Elles sont aujourd’hui la cause d’un effondrement social, économique et tout simplement moral. Si des études sérieuses (voir celle de l’INSEE ici) montrent que le virus « creuse les inégalités », ce sont avant tout les politiques néolibérales qui causent en priorité la mort des personnes âgées et des plus pauvres, l’exposition et la fragilisation des ouvriers, quand les classes sociales les plus favorisées traversent la pandémie avec infiniment moins de risque.

    Les choix politiques du gouvernement en matière de gestion de la crise sont passés successivement du mensonge d’Etat aux errements criminels, des errements à la bureaucratisation inefficace, de la bureaucratisation à la rationalisation impuissante, et désormais de la rationalisation au contrôle des corps. Cette dernière étape nous fait entrer dans la plus vertigineuse des dystopies. Des hommes politiques et des médecins ont pu concevoir d’interdire la parole dans les transports en commun. Alors que l’impératif sanitaire de la distance (physique et sociale) crée des pathologies de masse, il faudrait encore que les pauvres et le jeunes s’imposent le silence dans les transports en commun. Pourquoi donc l’Etat n’a-t-il pas pris depuis mars 2020 les dispositions qui auraient permis à chaque personne qui prend un bus, un tram ou un métro de bénéficier gratuitement d’un masque FFP2 ? Au lieu de cela on interdit aux plus défavorisés et aux jeunes de porter leur masque artisanal, sans prévoir une campagne et des moyens de protection pour quelques millions de personnes. Le problème n’est pas que l’Etat néolibéral de Macron et Castex serait maladroit, commettrait des erreurs à répétition, improviserait et jonglerait dans les difficultés de gestion d’une crise effroyable – même si ce peut être le cas -, le problème est qu’ils assomment systématiquement les pauvres, les jeunes et les vieux. Ce qui est effroyable, ce n’est pas le virus en lui-même, c’est le capitalisme qui le gère et en développe les conséquences. Parmi celles-ci, il en est une qui doit nous alarmer. La remise en cause du droit à la vie.

    Depuis le début de cette pandémie chaque jour qui passe accroît notre tolérance à l’insupportable. L’insupportable m’a été donné à entendre dans la bouche d’un Chef de service de l’Hôpital Bichat qui s’exprimait au journal de 13h de France-Inter ce dimanche 24 janvier 2021. On peut l’entendre ici, à 12mn et 40 secondes. Les propos de ce médecin ont créé en moi un choc. Un choc d’une grande violence. Ce choc a été provoqué par la rencontre entre la mémoire, l’historicité et la culture d’un côté, et de l’autre une parole médicale, autorisée et publique appelant à choisir la mort de nos aîné.es - et associant ce choix à un « courage » politique. Voici la transcription exacte des propos tenus par ce médecin, qui évoque des alternatives à un reconfinement général :

    « Soit faire des confinements sur des populations extrêmement à risque, soit admettre que ce qu’on vit après 80 ans c’est du bonus.

    Est-ce qu’aujourd’hui est-ce qu’on peut encore s’autoriser ces bonus ?

    Je pense qu’il faut prioriser les jeunes générations, les forces actives de la société, les PME.
    Je pense qu’il faut qu’on fasse des choix qui sont difficiles. » Il parle d’une « vision globale du courage. »

    Il convient de bien comprendre la portée de ces propos. Une portée incalculable et qui échappe certainement, du moins en partie, à celui qui les tient.

    Tout d’abord le médecin use d’un lexique de gestionnaire et fait entrer la question de la valeur d’une vie dans une rationalité comptable : le « bonus », les « forces actives », « s’autoriser » et « les PME ». C’est ici le point de vue d’un gestionnaire du vivant, à savoir très exactement ce qu’ont produit vingt années de massacre managérial et de rationalisation comptable dans les hôpitaux publics.

    Ensuite le médecin, qui est un très bon communiquant – comme tout excellent gestionnaire –, prend soin de surfer sur l’opposition au confinement, le soutien à la jeunesse et à l’économie pour nous arracher un consentement (« admettre ») au moyen d’une question rhétorique (« est-ce qu’on peut encore s’autoriser »), mais jamais au moyen d’un raisonnement ou une démonstration. Car il faudrait demander à ce Chef de service comment il explique que la fin du bonus des plus de 80 ans aiderait en quoi que ce soit à sauver la jeunesse. Quel est son raisonnement ? Pourquoi prioriser les jeunes générations devrait-il conduire à sacrifier nos aîné.es ? Le souci de tous n’exige-t-il pas de travailler au bien de la jeunesse comme à celui des aîné.es ? L’imposition d’un choix, soumis à un impératif totalement subjectif et irrationnel (« il faut », « il faut ») ne serait-il pas ici un moyen de résoudre la situation proprement tragique des personnels hospitaliers et des médecins en première ligne : diminuer la charge sur les hôpitaux par un consentement à laisser mourir les aîné.es dans les Ehpad ou à leur domicile, ce qui s’est produit massivement lors deux premiers confinements ? Le discours est ici celui d’un accommodement avec le pire. La banalisation de la transgression de tous les codes de déontologie et des éthiques médicales est en route. J’invite qui n’aurait pas en mémoire le Serment d’Hippocrate à le relire où à en prendre connaissance : https://www.conseil-national.medecin.fr/medecin/devoirs-droits/serment-dhippocrate . Vous pourrez aisément lister les principes sur lesquels le médecins’assoit. Et les articles du Code de déontologiequ’il appelle à transgresser.

    Enfin il faut vraiment être attentif à ceci que le médecin ne parle pas ici de la question très sensible du choix que font collectivement des équipes médicales confrontées à l’impossibilité de prendre en charge tous les patients. Choix codifié par des règles précises. Il nous parle de tout autre chose : d’un choix à faire pour la société, un choix politique et social, « difficile » et « courageux », une « vision globale ». On se dit alors que cet homme est prêt à entrer en politique ou bien au CA de SANOFI. Car, le médecin, comme bien de ses collègues arpentant les radios et les plateaux de télévision, sort non seulement de la morale, de l’éthique médicale, de la déontologie, mais il sort aussi tout simplement de sa profession (ce qui est une faute), pour s’instituer en manager du politique. C’est ce à quoi on assiste massivement depuis bientôt un an : la fabrique de l’opinion et l’administration politique de la crise sanitaire par les nouveaux managers de la science et une classe très particulière de médecins-experts qui ne font pas honneur à une profession, laquelle est, avec tous les soignants, dans les plus grandes difficultés et qui paye un tribut considérable à cette pandémie.

    Ce déportement de la parole médicale vers le politique, au nom d’une expertise et de l’autorité scientifique, concerne directement la communauté de recherche et d’enseignement.. Allons-nous laisser les nouveaux managers de la science, au demeurant rigoureusement incultes, avilir toutes les règles de l’éthique médicale et de l’intégrité scientifique en les laissant proférer à longueur de journée, énormités, mensonges, contre-vérités, sophismes, paradoxes et dans le cas qui nous occupe une monstruosité absolue, laquelle parvient à rencontrer du crédit chez un nombre significatif de collègues et de citoyens, dont la raison aura certainement été mise à mal par les temps très durs que nous traversons ?

    Bien sûr ce médecin n’est pas le tout de l’Hôpital. Il ne le représente pas. Il n’est pas la vie vivante des soignants qui se battent pour sauver autrui, quel qu’il soit, sans aucune discrimination. Il n’est pas l’infirmière qui se prend le Covid parce qu’elle n’a pas de FFP2. Qui est donc ce médecin, qui est cet homme pour appeler à supprimer les « Èves octogénaires » de Baudelaire ? À en finir avec le bonus, la chance et le bonheur d’être vivant à 80 ans ? Et pourquoi pas 75 ? ou 85 ? ou 90 ? J’aimerais inviter ce médecin, non pas à lire « Les petites vieilles » de Baudelaire, mais simplement à ouvrir une histoire de l’art ou de la littérature (ou même de la science), et à rechercher les œuvres qui ont été créées par des artistes qui avaient plus de 80 ans. Je pourrais l’inviter à considérer les « bonus » de Pierre Soulages ou Bernard Noël. Et ce « bonus » incroyable du sourire de sa propre grand-mère.

    La question qu’il nous revient de nous poser aujourd’hui est double : accepte-t-on de laisser passer, une fois, deux fois, trois fois, le discours de ce médecin jusqu’à la banalisation du Mal, jusqu’à se complaire dans le plus abject des cynismes, au risque de sortir de l’humanité ? Et plus fondamentalement : quelle est la valeur d’une vie ? Quelle valeur accordons-nous à une vie humaine ? Spinoza exposait cette conception de la vie humaine dans son Traité politique : « … une vie humaine, qui n’est pas définie par la seule circulation du sang, et d’autres choses qui sont communes à tous les animaux, mais surtout par la raison, la vraie vertu et la vie de l’Esprit »*.

    Pascal Maillard

    *La traduction est de Henri Meschonnic dans Langage, histoire une même théorie, Verdier, 2012, p.78, chapitre 5. "L’humanité, c’est de penser libre". Ce chapitre est la reprise d’une communication faite au colloque Qu’est-ce que l’humanité organisé à Toulouse les 8-17 mars 2004.

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/260121/la-valeur-d-une-vie
    #droit_à_la_vie #coronavirus #covid-19 #pandémie #néolibéralisme #néo-libéralisme #contrôle_des_corps #discriminations #capitalisme #vieux #jeunes #choix #médecine #politique #éthique

  • Laverie familiale - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2021/01/17/laverie-familiale

    Je suis en train de faire mon job de patiente en salle d’attente du toubib quand elle arrive et s’installe à côté de moi.

    Je suis surprise et ravie à la fois. Cela fait plusieurs années que je ne l’ai pas croisée, mais c’est ce qui arrive souvent avec les gosses de la brousse  : ils grandissent, ont besoin d’un enseignement que la cité scolaire du bled ne peut pas fournir et ils partent, engloutis par la grande ville. C’est une bonne chose qu’ils puissent échapper au manque de perspectives des bleds, mais c’est aussi une joie d’arriver parfois à avoir de leurs nouvelles, de savoir qu’ils vont bien, qu’ils ont construit quelque chose, ailleurs. En mieux.

  • Sidération en Absürdistan - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2020/12/31/sideration-en-absurdistan-2

    Je vais totalement disparaitre de la face du monde productiviste en cessant d’être la très courtisée ménagère de moins de 50 ans tout en devenant probablement la cible privilégiée des rappels de campagnes de prévention d’Ameli et des dealer de convention obsèques. Et pendant ce temps, le fruit de mes entrailles va conquérir le monde… enfin, dès qu’on aura réglé quelques petits détails fâcheux comme la foutue pandémie qui moissonne comme jamais et nous a révélé la profonde vacuité criminelle de l’ensemble de la classe dirigeante occidentale.

    • @monolecte les mots justes et la métaphore bien trouvée. Merci.

      Parfois, on arrive à un tel niveau de bêtise qu’il en devient insurmontable, inconcevable, indépassable… voire indicible. C’est comme avoir la charge mentale du monde entier… conjuguée avec une force de poussin. Une absolue impuissance dont l’incrédulité est nourrie jour après jour dans un état écrasant de sidération. Qui bloque toute réflexion. Qui paralyse toute parole.

  • Sur l’autoroute, une vache perturbe le trafic : la police la tue - Charente Libre.fr
    https://www.charentelibre.fr/2020/12/08/sur-l-autoroute-une-vache-perturbe-le-trafic-la-police-la-tue,3682567.

    Rendu agressif « par la panique », l’animal a été tué par un CRS en service. Le propriétaire avait donné son accord, après qu’un accident a été provoqué dans la Loire.

    Une vache qui divaguait sur l’autoroute A72, à la hauteur d’Andrézieux-Bouthéon (Loire), pendant plus d’une heure trente, a été abattue en désespoir de cause par un CRS afin de pouvoir rouvrir l’axe à la circulation, a-t-on appris auprès des pompiers et de source policière.

    #nos_ennemis_les_betes

  • Covid et aérosolisation - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2020/09/30/covid-et-aerosolisation

    Si vous ne devez savoir qu’une seule chose utile sur le #covid, n’en retenir qu’une seule pour guider votre comportement, faire vos choix et en tirer les conséquences, c’est qu’il se diffuse essentiellement par #aérosolisation.

    Bien sûr, dit comme cela, je ne vous aide en rien  : qu’est-ce que cela veut dire, quelles en sont les conséquences pratiques  ?

    • Non, ils pètent les cojones avec le lavage de mains alors que cela fait des mois qu’on sait.
      Pourquoi  ?
      Parce qu’admettre que cette merde ne se transmet pratiquement que par aérosolisation, ça revient à remettre en cause pratiquement tous les choix de société des dernières décennies qui sont basés sur l’idée de densifier tout pour faire des économies d’échelle  : les logements, les entreprises, les transports, les hostos, les écoles.

      Alors, tu penses, pour le reste, on n’est pas rendu  : à savoir la masse de gens à séquelles invalidantes (de 10 à 30% des contaminés — on parle bien des contaminés, pas des malades) et le fait que cette merde est un virus dont la cible est le système circulatoire et non pas spécifiquement le système respiratoire qui est juste la porte d’entrée (mais qui peut être directement touché parce que très irrigué de capillaires).

      Depuis aout, on ne porte plus que des FFP2.

      Il y a 2 semaines, j’ai pu rentrer des masques avec une meilleure étanchéité périphérique. Parce que comme on a noté que personne ne comprend pour l’aérosolisation, les quelques espaces clos communautaires que nous sommes parfois obligés de fréquenter ne sont pas assez aérés (voire pas du tout) et que l’air possiblement contaminé a tendance à s’y accumuler. Donc, un KN95 ou un FFP2 taille unique pour homme a tendance à laisser passer trop d’air non filtré par les côtés.
      Grâce au Israéliens, on sait que même avec des FFP2, en espace clos non aéré et même si tout le monde est masqué, en 15 min, un variant a une charge virale suffisante pour commencer à se reproduire. Même si le gus contaminé est parti depuis 20 min quand tu arrives. Ce qui explique les clusters nosocomiaux.

      Bref, avec l’incidence qu’on se tape, à peu près rien n’est safe et à fortiori ni les transports, ni les hostos, ni les lieux de travail et certainement pas les écoles. On fait les courses le moins possible, au pas de charge et préférentiellement le lundi matin à l’ouverture.

    • Un « bon plan » pour les FFP2, « les gens » ? Perso, on en a trouvé dans une boutique de matériel médical : 19 € les 20 masques, un peu juste sur les bords (manque d’étanchéité) et bien sûr, manufacturé en RPC. Quasiment 1 € le masque. C’est abusé pour du matos qui vient de Chine, non ?

    • Alors, oui, mais, selon l’usage, vous pouvez les recycler (si vous suez ou éternuez dedans, c’est mort)  : donc, nous utilisons des poches zip de congélation pour se déplacer avec nos masques quand ils ne sont pas sur notre visage.

      En rentrant, nous les passons dans notre boite UVC, puis, on les pend à l’air libre avant réusage. Ne pas les laisser dans des trucs fermés où ça macère.

      Pour les usages + intensifs, on suggère d’en avoir une petite noria que l’on change, désinfecte et aère à tour de rôle.

      Il est possible de faire une noria sans désinfection UVC, mais faut laisser passer plusieurs jours entre chaque usage et il reste le problème de toutes les bactéries et champignons qui peuvent proliférer.

      La boite UVC est un investissement de cet été, quand on a compris qu’on était gouvernés par des cons.

      Au prix des FFP2, elle est très largement amortie.

      Cela dit, nous venons d’opter pour des masques durables et + étanches. On cherche à en avoir des comme ça depuis le début, mais beaucoup de boites ne sont pas arrivées au bout des protos. Nous testons ceux-là depuis 2 semaines et nous sommes satisfaits de l’étanchéité.

      https://pure-factory.eu/?ref=wKdV5kaBcotCh

    • Autre méthode de réemploi des jetables : une fois à la maison, les ranger dans des enveloppes en papier, fermer celles-ci en notant le nombre d’utilisation et la date du jour, faire sécher (sur un radiateur par exemple) attendre 7 jours. Selon des sources qui m’avaient parues fiables, le chirurgical peut aller à 10 réemplois, le FFP2 à 15, sauf accident, doute, odeur. Dehors en général le chirurgical suffit (quelques fois, juste pour éviter la police), dedans, selon les cas, préfèrer le FFP2 (plus c’est clôt, peuplé au mètre cube, durable, pas aéré). Donc sortir, c’est souvent trimballer plusieurs masques (j’en suis venu hier à acheter mon premier parapluie...)
      Il est arrivé que les FFP2 descendent à leur prix « normal », 50 centimes pièce en commandant par lot. Pas sûr que ça se reproduise de sitôt.
      Du coup des filtres amovibles à 79 centimes, ça peut valoir la peine, spécialement, si on y élimine le virus par le même procédé afin de les réutiliser.

      #masques

    • #Merci. Je faisais déjà le recyclage des masques chirurgicaux avec les UV naturels au printemps dernier et en été (3 jours sur le fil à linge) mais attention à l’averse intempestive qui te remouille le lot et que tu dois laisser sécher à nouveau. Sinon, maintenant, je dispose d’une véranda. Ça marche aussi ?
      Faudra juste que je convainque Madame de ne plus jeter les masques mis au « séchage + UV » : elle trouve que c’est pas « safe » ...

    • @sombre attention peut-être à deux choses : plus un « jetable » a été fortement mouillé, plus sa filtration risque de baisser ; pour inactiver le sars cov 2, j’ai retenu de je ne sais quelles lectures qu’une durée de non utilisation de 5 voire 7 jours était nécessaire.
      L’enveloppe papier permet un séchage qui ne laisse pas passer le virus.

    • Les UVC sont des serial killers, ce qui fait que je leur fais vachement plus confiance.

      Certes. Mais quand je parlais d’enfants, je voulais dire des enfants en bas âge en dessous de 2 ans. Leur curiosité pourrait tourner à la catastrophe si par mégarde, ils venaient à ouvrir le local, genre placard sous évier. Alors sécuriser au maximum le local où l’on opère ou bien planquer la boîte en lieu sûr.

  • Vendredi, le Gers a perdu quelqu’un de vraiment bien, un humain de qualité comme on n’en rencontre jamais assez souvent, quelqu’un qui mérite une nécro, bien plus que les laquais du pouvoir.


    José Jorge, 2011

    Il existe des vrais gentils, José en faisait partie. Rencontré à une install party, puis comme colistier rouge & vert aux cantonales de 2011, José était un usual suspect de tous les mouvements de la vraie gauche, celle qui se préoccupe des autres. Aller en manif, c’était l’assurance de le voir avec sa famille.

    http://nogarojournal.imadiez.com/2007/12/15/la-deferlante-linux-pour-tous

    Je n’ai pas dit assez pourquoi je n’ai pas touché mon vélo depuis 8 ans, pourquoi je veux me barrer de ce département qui ne fait cas que des viandards et des délinquants motorisés.

    Bref, adishatz, José.

    https://www.ladepeche.fr/2020/09/12/deux-cyclistes-mortellement-fauches-a-lasseran-9066162.php

  • L’ensauvagement du monde - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2020/07/26/lensauvagement-du-monde

    Hier matin, mon père est allé faire ses courses à la supérette du coin. Depuis le début de l’épidémie, il ne va plus que là. Parce qu’il peut y aller à pied, ce qui est important pour un vieux monsieur qui a laissé tomber la voiture et ses nuisances depuis une bonne vingtaine d’années déjà. Il allait bien de temps à autre au grand centre commercial de la métropole d’à côté, mais c’était toute une expédition qui le rendait dépendant de la disponibilité et de la gentillesse de son amie motorisée. Pendant le confinement, ils auraient pu obtenir une dérogation de déplacement pour assistance à vieux chnoque, mais très vite, mon père m’avait écoutée et avait compris qu’en cas de contamination, il aurait été bon dernier de la liste des gens pouvant prétendre à des soins un peu consistants pour sauver sa peau.

    #épidémie #patriarcat #domination #culture_du_viol

  • #Montpellier : Le prolongement du tramway jusqu’à la mer, c’est pas gagné
    https://www.20minutes.fr/montpellier/2813791-20200703-montpellier-prolongement-tramway-jusqu-mer-gagne

    Chaque été, l’aberration surprend plus d’un touriste : à Montpellier(Hérault), le tramway ne va pas jusqu’à la mer. Le terminus se trouve à un peu moins de 3 km de la plage, à Pérols, à deux pas de la frontière entre la métropole de Montpellier et l’agglomération du Pays de l’Or. Pour aller faire un plouf dans la Méditerranée, depuis la dernière station, il faut attraper un bus, ou marcher une trentaine de minutes. Chaque jour de l’été, des files interminables de piétons longent les routes pour regagner le sable.

    […]

    « Je soupçonne que l’une des raisons importantes pour lesquelles [les communes du littoral montpelliérain] ont quitté l’agglomération de Montpellier, c’est pour ne pas avoir le tramway, assure Marc Le Tourneur. Elles ne voulaient pas voir la "racaille" de Montpellier sur les plages. »

    Et surtout, d’autres intérêts bien plus concrets : par exemple le fait que les touristes de Carnon et Palavas sont ainsi incités à rester consommer, surtout le soir, dans les usines à bouffe du littoral (l’été on voit très peu de touristes des plages dans le centre-ville historique de Montpellier), et les parkings sont tous payants et chers l’été, ce qui fait que tous les habitants de la ville doivent raquer bonbon pour aller à la plage (entre 5 et 10 euros par jour par place de parking).

    • À l’origine, c’est une guerre de pouvoir entre l’indéboulonnable Jeanjean et FrêcheLand (monsieur barronie PS → Septimanie).

      Jeanjean est en place grâce aux commerçants du littoral, lesquels ne veulent pas (évidemment) d’un accès facile de La Paillade à leur zone d’exploitation du touriste, sans compter que Jeanjean ne voulait pas non plus partager sa grosse manne touristique et foncière avec la métropole.

      Du coup, Palavas est isolée et pour les habitants, c’est bien de la merde pour aller en ville. Sans voiture, il te faut pas loin d’une heure de bus bien pourri pour rejoindre le terminus de tram, et avec voiture… il te faut fuir en saison, quand tu ne peux plus te garer ou circuler. Les embouteillages des WE de beau temps sont légendaires.

      Parce que «  la racaille  » est le principal client des gargotes du front de mer. Ils viennent en famille et donc forcément en bagnole, ce qui est bien la traduction d’une politique de merde. Les gus des quartiers finissent quand même par se marier et avoir des enfants qu’ils baladent à Palavas les beaux jours…

      https://blog.monolecte.fr/2014/03/16/les-sauvageons-aussi-aiment-la-glace-aux-schtroumpfs

  • Comment la file d’attente est devenue en enjeu marketing
    https://usbeketrica.com/article/comment-la-file-d-attente-est-devenue-un-enjeu-marketing


    Personnellement, je pense que la file d’attente est consubstantielle au #capitalisme, qui dans un contexte d’inégalités exponentielles, règle à peu près tous les problèmes de #rareté de cette manière (Pôle Emploi en est le parfait exemple).
    Ce qui est cocasse quand on pense que la file d’attente était utilisée comme symbole repoussoir du soviétisme.

    Selon une étude Valtech, 70% des individus ont tendance à abandonner leurs envies de shopping face aux longues files qui envahissent les trottoirs. Ces mêmes personnes se tourneront davantage vers des boutiques en ligne (56%), à condition qu’elles proposent les retours gratuits et le remboursement immédiat. Le Covid-19 vient donc renforcer le basculement déjà amorcé du physique vers le digital. Dans un tel contexte, l’expérience en boutique - et à l’abord des boutiques - devient un enjeu vital pour le commerce physique.

    • Ça m’a fait penser qu’au bout de trois semaines je n’ai pas réussi à acheter un mixer chez Conforama avec leur système rayons vides > tu commandes sur Internet > tu viens retirer ton produit. Ça faisait deux jours que j’oubliais d’annuler ma commande suite au conseil dépité du vendeur : il est sur la machine mais je l’ai pas en dépôt, prochaine commande dans 2-3 semaines, je vous conseille d’annuler. (Je crois que Conforama a un gros problème informatique, ils sont obligés d’appeler les gens au téléphone pour gérer derrière les commandes.)

      Mais tu peux aussi acheter sur la Market Place, des vendeurs chelou qui t’enverront ce qui les arrange et tu mettras 8 mois à te faire rembourser la tablette « reconditionnée à neuf » pleine de rayures sur la coque et l’écran.

      Que la #vente_en_ligne soit une arnaque, c’est une chose. Mais c’est devenu obligatoire à cause des stratégies commerciales des enseignes avec les rayons vides (autre figure soviétique !) qui t’obligent à acheter en ligne. J’hésite vraiment à m’acheter un mixer moins cher (mais vraiment moins bien) à la droguerie du vieil Arabe sympa du quartier.

      #monopole_radical

    • Pour revenir à l’article, c’est super anxiogène de ne pas savoir combien de temps ça va prendre et si on va devoir se battre pour conserver sa place.

      Enfin, la question épineuse de la justice est traditionnellement résolue par ce que l’on appelle la file en serpentin, bien connue dans les aéroports notamment (Wendy’s, American Airlines et Citibank s’en réclament les inventeurs). Si elle n’est pas nécessairement plus rapide que plusieurs files parallèles, elle offre une certaine sérénité d’esprit : pas une seule personne arrivée après moi ne sera servie avant moi !

      J’ai attendu un jour trois heures debout dans une foule qui jouait des coudes pour un visa pour la Serbie en 2000, j’en garde un souvenir pas très charmant !

      Capture d’écran de l’application Fila Indiana, qui indique en temps réel la durée des files d’attentes des supermarchés en période de pandémie

    • Je cherche batteur-mixer-hachoir trois en un... Finalement, comme c’est bientôt mon anniv, je laisse une copine m’en offrir un et je fais comme les trois singes.

      Mais je suis super en colère contre la vente en ligne. D’abord c’est une exclusion de plus pour la minorité de gens qui n’ont qu’un smartphone (20 % environ). Et les droits des consommateurs y sont bafoués. J’ai acheté une tablette sur la Market Place (c’est des vendeurs indépendants qui versent une com au site) de Darty.com :
      –première tablette ne s’allume pas, 2 mois de négo et 10 mails, envoi de 2 chargeurs qui ne règlent pas le problème, au final autorisation de débourser 12 euros pour le renvoyer ;
      –deuxième tablette (reconditionnée à neuf) visiblement malmenée pendant longtemps, coque et écran bien rayés (reste même des gommettes sur la coque), au bout encore de 2 mois de négo et de 10 mails je peux faire compenser la valeur deux fois moindre (!) du produit reçu (mon estimation sur LeBonCoin.fr) par des accessoires, à la discrétion du vendeur.

      Je fais intervenir un médiateur de justice (il y en a un dans chaque mairie, un monsieur retraité bénévole versé en droit) qui leur propose une négo qu’heureusement ils acceptent (leur refus ne leur aurait pas été reproché devant un tribunal, c’est dire si le dispositif est efficace). Ils me proposent un énième renvoi à mes frais à 12 euros et une énième surprise. Je refuse, ils finissent par céder. Restent à ma charge 24 euros de renvois pour un produit de 140 euros (les deux produits ne correspondaient pas à mon achat, en vrai je n’aurais rien dû payer) et le vendeur me fait fuck.

      Cet éloignement entre vendeur et consommateur laisse la place à tous les abus, c’est très dur de s’en sortir. Un copain commande un truc avec 2 ans de garantie, sur la facture c’est 6 mois. Les 2 ans devaient être une hallucination visuelle. J’avais vraiment eu du nez de faire une capture d’écran lors de l’achat ("tablette reconditionnée à neuf") parce que sur la facture ils signalaient déjà la présence possible de « traces » sur l’écran. C’est une #escroquerie qui profite de l’éloignement parce que personne ne s’achèterait une tablette « reconditionnée à neuf » en mauvais état extérieur. Et que chaque renvoi coûte !

      J’en parle parce que ça m’a pourri 8 mois de ma vie, ce conflit, ce mail hebdo auquel répondre sans trop m’énerver. (Certaines fois je demandais à des ami·es de me les lire tellement ça me rendait malade.) Et parce que, comme dit Keucheyan dans Les Besoins artificiels, c’est une nouvelle victoire du capitalisme, un nouveau défaut d’encadrement de la part de la collectivité.

  • Retour à l’anormal - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2020/06/06/retour-a-lanormal

    Je ne peux pas penser la #crise du #coronavirus sans la remettre en perspective le bordel mou qu’étaient déjà nos vies, sans avouer que ce n’a été qu’une couche de #désintégration agglomérée à d’autres situations déjà profondément chaotiques et remarquables.

    En fait, nos vies ne sont que ça  : des périodes plus ou moins longues où il ne se passe pas grand-chose d’intéressant entrecoupées abruptement de déflagrations historiques qui bouleversent à peu près tout, nous laissant dans un état de #sidération dont on ressort lentement, hébétés et vaguement nostalgiques d’un avant dont on a à peu près tout oublié.

    • Pas facile quand rien ne va de s’accrocher, par exemple, à un « simple » "une chose après l’autre" (déplacer des montagnes ? une autre fois). Courage à vous. Et vive le chemin des ménagements !

      Je reviens sur ce primat de la volonté que l’on ne peut pas lâcher car il contribue à nous fait tenir (avec notre foi dans le libre arbitre). Être confronté à la dépression relève encore en un sens d’une réduction des risques qui a rien d’évident. Ici, la politique de santé publique se bricole beaucoup hors institutions de soin et sans politique publique (un peu avec elle, beaucoup contre elle : d’autant que la dépression est à la fois une anomalie et une modalité de la norme de nos sociétés de séparation). L’expertise des premiers concernés s’élabore et circule par divers moyens (comme dans l’article de Marie Claire cité, des organes de presse recueillent et exposent des expériences et des pratiques plus ou moins ad hoc).

      Le/la déprimé/e est antipathique, un porteur de peste. La dépression est perçue pour ce qu’elle est, une affection contagieuse dont on cherchera à se préserver, ce qui redouble la tendance à l’isolement.
      Qui n’a pas connu ça ? Même décidé à maintenir un lien que l’on sait décisif, on ne court pas après le (déprimant) constat d’impuissance que suscite inévitablement de façon récurrent l’essai de soutenir qui s’effondre. Tout contact souligne la faillite possible de la volonté (faillibilité déniée). La maladie, miroir devant lequel on préfère détourner le regard, spécialement si on ne peut lui donner un fondement exclusivement objectif (biologique, neurologique).
      Chez les soignants, et pas seulement en psychiatrie, avoir à faire avec cette impuissance conduit à des positions défensives (les moins pénibles ou maltraitants, les plus attentifs, sont souvent ceux qui ont fait quelque chose de leur propre expérience de la vulnérabilité, c’est pas une simple question d’empathie comme on le dit trop, mais de trouver la bonne distance avec le trouble). Pointe émergée de l’iceberg de froideur qui vient geler des affects autrement insupportables : une morgue du pouvoir médical qui ne relève pas exclusivement de « déterminations sociales ». Élaborer quelque chose de ce qui peut faire impasse (être"renvoyé à soi même") n’est pas donné, dans la pratique libérale et individuelle du soin comme dans l’hôpital entreprise.
      Que le soin ne puisse se comprendre sans ce qui le fonde, la relation de soin, est une leçon offerte par la psychiatrie plus encore que par la médecine générale. J’ai du le dire déjà, j’aime beaucoup la renversante boutade de Jean Oury : la médecine est une branche de la psychiatrie. Ça n’implique pas de coller des psychiatres partout, plutôt de mettre fin à sa destruction au long cours.
      D’autant que pour répondre aux troubles de l’humeur et à la souffrance psychique, les généralistes prescrivent plus encore que les psychiatres n’importe comment et massivement des psychotropes (en volume, ils surpassent largement les psychiatres). C’est un phénomène qui éclaire la surconsommation de médocs et d’examens médicaux française. Là aussi, c’est « si je veux, je peux », il y a des objets pour ça, et c’est là dessus que l’on peut s’entendre. Dans l’ensemble, les patients s’enrôlent activement dans ce rapport où il s’agit d’assurer une maîtrise illusoire qui fait les beaux jours de big pharma. La preuve du soin par l’ordonnance, on est pas des bricoleurs, on soigne !
      (J’arrête là le rituel bloc notes sans suites dont je parsème si souvent ici des morceaux)

      #vulnérabilité #soin #relation_de_soin

    • Quelle pépite tu nous a trouvée ! Je rêve...

      Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s’habituer à la situation actuelle, voire de se laisser séduire par ses apparences insidieuses : beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel déserté par le trafic aérien, moins de bruit et d’agitation, le retour à une vie simple et à un commerce local, la fin de la société de consommation… Cette perception romantique est trompeuse, car le ralentissement de la vie sociale et économique est en réalité très pénible pour d’innombrables habitants qui n’ont aucune envie de subir plus longtemps cette expérience forcée de décroissance. La plupart des individus ressentent le besoin, mais aussi l’envie et la satisfaction, de travailler, de créer, de produire, d’échanger et de consommer. On peut le faire plus ou moins intelligemment, et on a le droit de tirer quelques leçons de la crise actuelle. Mais il est néanmoins indispensable que l’activité économique reprenne rapidement et pleinement ses droits.
      Vers une stratégie de sortie de crise, Centre Patronal suisse, le 15 avril 2020

    • À part ça, j’ai trouvé plus flippant que ça le confinement.

      Comme me l’a déclaré monsieur Monolecte  : « finalement, le seul truc de bien à tirer de tout ça, c’est que pendant deux mois, tout le monde a vécu comme moi et que du coup, je me suis senti presque normal ».

      Moi c’est plutôt le contraire : en temps normal, l’entourage est solide, possible de se raccrocher aux branches, de demander de l’aide. Mais là les branches deviennent fragiles, besoin de se replier sur soi. Au début on a tou·tes fait gaffe, appelé les ami·es, en particulier les qui sont seul·es ou fragiles. Mais au bout d’un mois, j’ai senti les liens se déliter [edit : moi aussi j’ai moins appelé les ami·es seul·es]. Sans mon accueil dans une petite famille, j’aurais commencé à me tresser une corde avec des lanières de vieux draps... Et le déconfinement, c’est pire ! J’ai des ami·es qui ne se déconfinent pas, d’autres qui se remettent tranquillement et sans moi, ma vie sociale est assez pauvre. (Et ma perspective de m’occuper en emploi après mon CDD a disparu au loin, du coup ce CDD qui devait me servir de marchepied a perdu une grande partie de sa valeur et de son attrait.) Je tenais beaucoup mieux sans ça !

    • La dépression ...
      Perso, elle est violemment revenue à la faveur d’une aide pédagogique (bénévole) à un petit garçon de 6 ans qui ne fréquente plus l’école (par choix des parents) : mêmes angoisses et mêmes fantasmes d’auto-destruction qu’il y a quinze ans lors de ma dernière année devant une classe. On ne guérit jamais d’un « burn out ». On peut juste tenir à distance ses effets délétères par diverses stratégies d’évitement ou des drogues psychoactives. Mais la dépression se manifestera fatalement à la faveur d’un élément déclencheur qui fera inconsciemment ressurgir les émotions négatives qui vous ont entraîné·e vers le fond. On a beau essayer de se défendre de ses émotions en tentant de les rationaliser. Rien n’y fait. Analogie avec un stress post-traumatique ?

      J’ai voulu rendre service et/ou faire plaisir et/ou prouver que j’étais encore capable d’assurer. A présent, je me dis que j’aurais dû refuser. Ils n’auraient pas compris et m’auraient certainement (mal) jugé.

      La dépression se nourrit de la honte de soi et, partant, d’aucuns parmi les « winners » ont pu facilement faire accepter l’idée que c’était une « maladie honteuse ».

    • Merci, @sombre.

      En ce moment, monsieur Monolecte «  va mieux  ». Autrement dit, après 3 ans de traitements lourds et de mise à l’abri sociale loin de toute agression ou contrariété, il se sent plus en forme qu’avant, c’est à dire que pendant sa très longue dépression dormante.

      Comme toujours, il veut donc mettre fin à tout dispositif d’aide (là, il est classé invalide par la Sécu, ce qui lui permet de toucher une petite pension en ne rendant pratiquement plus de compte pour 18 mois - 2 ans, ce qui était une décision délibérée du médecin conseil de la Sécu pour lui permettre de se reconstruire), c’est-à-dire que selon son schéma habituel, il veut échapper à la culpabilité d’être à l’abri de la brutalité du système et veut s’exposer de nouveau, dans ce qui ressemble plus à une mise en danger délibérée de l’ordre de l’expiation que de la mise à l’épreuve de sa «  guérison  » toute neuve.

      Et il déteste que je suggère qu’il recommence encore et toujours le même schéma d’auto-punissement.

      Bref, c’est chiant, parce que derrière, il va encore falloir que je ramasse les morceaux et que j’improvise pour nous sauver le cul avec quelqu’un qui sabote assez délibérément toute tentative d’aller réellement mieux.

      Oui, grosse saloperie que la dépression, qui n’est que la tête de gondole d’un gros tas de merdes impossibles à gérer toute seule.

  • Coronavirus : « Les politiques de précaution en cours en valent vraiment la peine » si les "années de vie perdues", sont "évaluées chacune à environ 100 000 euros" :) - Marc Fleurbaey de Princeton
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/16/coronavirus-les-politiques-de-precaution-en-cours-en-valent-vraiment-la-pein

    L’économiste français Marc Fleurbaey, de l’université de Princeton, présente dans une tribune au « Monde » un modèle assez simple qui permet de comprendre les paramètres de la crise en quelques clics, mais aussi de choisir le degré de priorité que l’évaluation accorde aux personnes défavorisées.

    Tribune. Est-il vraiment utile de prolonger le confinement ? De garder un confinement partiel jusqu’à l’arrivée d’un vaccin ? Serait-il préférable de tester à grande échelle comme l’ont fait les Coréens ? Et, au final, n’en fait-on pas trop, au risque de payer un coût économique excessif ?

    On peut comprendre le rôle et l’importance des paramètres de la crise pandémique et économique que nous vivons avec un modèle assez simple pour entrer dans un tableau Excel. Un tel tableau, réalisé à l’université de Princeton, est librement téléchargeable sur le site https://sites.google.com/site/marcfleurbaey/Home/covid.

    Chaque utilisateur peut modifier à sa guise les paramètres du modèle (taux de transmission et de létalité du virus, comportement de précaution de la population, capacité hospitalière, dates d’arrivée des traitements efficaces et d’un vaccin, valeur de la vie), ainsi que l’ampleur du confinement et des opérations de test au cours de chaque semaine, sur deux ans.

    « Aplatir la courbe » est essentiel

    Le modèle permet de comparer la valeur des vies sauvées à une estimation sommaire du coût économique des politiques de confinement. Le modèle s’applique pour le moment à trois pays : France, Royaume-Uni et Etats-Unis.

    Il y a trop d’incertitude sur des données importantes pour faire des prévisions sérieuses aujourd’hui, mais avec un tel outil on peut mieux saisir la mécanique de la transmission du virus, et des façons de l’arrêter. Voici quelques leçons qui ressortent de cet exercice, tous les chiffres cités ci-dessous se référant au cas français.

    Tout d’abord, le modèle confirme très clairement qu’« aplatir la courbe » est essentiel car les capacités hospitalières seraient débordées (jusqu’à 500 % ou plus) en cas d’arrivée brutale d’une vague de malades. Cette importance croît avec l’écart de mortalité entre malades pris en charge à l’hôpital et malades non pris en charge, qui n’est pas encore bien estimé mais est vraisemblablement grand d’après l’expérience italienne.

    Ensuite, la différence entre la dynamique spontanée de la pandémie et les résultats de la politique actuelle de précaution est considérable. On peut vraiment diviser la mortalité par dix ou même vingt. Ceux qui diront qu’on en a fait trop quand on verra que les chiffres finaux ne sont pas très différents d’une forte grippe saisonnière seront dans l’erreur. Les morts évitées n’apparaîtront pas dans les statistiques officielles, mais ce modèle en donne une idée.

    Réduction d’activités non essentielles

    Avec les caractéristiques du virus estimées à ce jour (par l’équipe d’Imperial College sur les données européennes), on pourrait avoir au moins 400 000, et même près d’un million de morts en France, même en tenant compte des précautions prises spontanément par la population quand la mortalité augmente.

    Le modèle montre aussi comment le « serpent » des courbes de la pandémie est très sensible à la durée du confinement. Arrêter le confinement trois ou quatre semaines trop tôt peut tout changer pour les mois qui suivent, et même augmenter la mortalité finale d’environ 50 % à 80 % selon la contagiosité du virus. En effet, le virus a besoin de deux choses pour prospérer : un grand nombre de personnes infectieuses pour se répandre, et un grand nombre de personnes non immunisées pour l’héberger.

    Allonger le confinement garde un grand nombre de personnes sans immunité, ce qui est dangereux et peut provoquer une reprise de la vague, mais il diminue considérablement la dissémination du virus dans l’environnement. Si on parvenait à bloquer tout contact pendant le temps qu’il faut pour que chaque famille ait éliminé le virus, le problème serait réglé. C’est malheureusement trop difficile et coûteux. Mais plus on s’approche de cet objectif, plus on prive le virus de l’accès à de nouveaux hôtes.

    Vaut-il mieux quelques périodes brèves de confinement sévère ou bien maintenir, après la première phase actuelle, un confinement partiel pour les activités non essentielles, jusqu’à l’arrivée d’un vaccin ? C’est plus difficile à dire, car cela dépend à la fois de la contagiosité du virus et du coût économique des différentes formes plus ou moins brutales du confinement. Si l’on peut trouver des formes de réduction d’activités non essentielles qui ne sont pas trop coûteuses économiquement, il serait dommage de s’en priver. Encourager le télétravail paraît particulièrement recommandé.

    Coût économique moindre

    Le modèle montre aussi l’intérêt de tester de façon précoce les personnes pour réduire la période pendant laquelle elles sont contagieuses et au contact d’autres personnes. Si l’on pouvait diminuer progressivement, jusqu’à 50 %, l’exposition au virus que les personnes infectieuses imposent à leurs contacts, ce serait un atout considérable, permettant de diviser par cinq la mortalité finale. En outre, le coût économique de cette politique est bien moindre que l’arrêt provoqué par le confinement généralisé et aveugle.

    Enfin, le modèle propose une évaluation du coût sociétal de la crise, en intégrant à la fois la mortalité et le coût économique, ainsi que les inégalités sociales face à la mortalité et à la perte de revenu. Mettre un chiffre sur la valeur des années de vie perdues paraît choquant à première vue, mais cela est nécessaire pour faire les arbitrages en matière de sécurité publique, et chacun de nous fait cet arbitrage en décidant de prendre les risques usuels de la vie courante.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Le coût intégral d’un mois de confinement pourrait atteindre 150 milliards d’euros »
    Que disent les chiffres ? Les politiques de précaution en cours en valent vraiment la peine, quelle que soit la méthode retenue. Un calcul brut du nombre d’années de vie perdues, évaluées chacune à environ 100 000 euros, donne une perte due à la mortalité de 20 % à 40 % d’une année de produit intérieur brut (PIB), selon les scénarios de virulence. Le calcul le plus complet estime le bien-être des différentes catégories sociales (quintiles de revenu) sur l’ensemble de la vie et la façon dont il est réduit par cette crise : les victimes du virus, qui sont en moyenne des personnes âgées, perdent néanmoins près de 30 % de bien-être sur l’ensemble de leur vie à cause de cette #mortalité_prématurée.

    Le modèle permet de choisir le degré de priorité que l’évaluation accorde aux personnes défavorisées, et donc de saisir l’intérêt d’un système de santé qui couvre bien les moins riches (impliquant une mortalité moins inégale entre catégories sociales) et de politiques économiques qui répartissent le coût du confinement plus équitablement.

    Marc Fleurbaey est spécialisé dans l’économie du bien-être et de l’économie normative. Il est coauteur du « Manifeste pour le progrès social » (La Découverte, 2019).