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  • Au-delà des catastrophes, le changement climatique fragilise nos sociétés
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/11/au-dela-des-catastrophes-le-changement-climatique-fragilise-nos-societes_674

    L’agriculture, l’accès à l’eau, l’économie reposent sur des conditions physiques et biologiques que nous avons longtemps considérées comme acquises. Cette stabilité est désormais remise en cause par le réchauffement.

    Il y a eu un moment où on avait l’impression qu’au niveau européen quelque chose bougeait, pour sortir des énergies fossiles en particulier, et au moins acter qu’il était possible de prendre une direction en conformité avec les faits. Puis depuis environ deux ans, et le renouvellement des institutions européennes, on a vu le mouvement opposé se mettre en oeuvre. Fin des aides pour les véhicules électriques, fin des aides pour la recherche sur l’usage de l’hydrogène dans l’industrie, reprise des projets d’exploitation des énergies fossiles... et j’en passe.

    • Deux précédents procès, qui se sont tenus en mars, ont été très défavorables sur le fond à Meta et ont établi un début de jurisprudence. Le premier, intenté par le procureur du Nouveau-Mexique, s’est tenu à Santa Fe et a conduit à une première condamnation de Meta à payer 375 millions de dollars, la firme étant accusée d’avoir porté atteinte à la sécurité des enfants, notamment par l’intermédiaire de pratiques commerciales « déloyales et trompeuses » ainsi qu’« abusives ».

      Dans un deuxième temps, début août, la firme a été condamnée à payer 567 millions de dollars à un fonds destiné à améliorer la santé des mineurs. Le juge Bryan Biedscheid a comparé Meta et ses applications à une usine qui rejetterait des toxines dans l’air. Il a imposé toute une série de restrictions à l’usage de Facebook et d’Instagram, ordonnant par exemple à Meta de supprimer les notifications push pour les utilisateurs avérés ou présumés de moins de 18 ans entre 22 heures et 7 heures tous les jours, ainsi qu’entre 8 heures et 15 heures pendant l’année scolaire. Le juge n’a toutefois pas contraint le groupe à modifier son algorithme, estimant que cette mesure enfreindrait vraisemblablement le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis sur la liberté d’expression. Meta a annoncé son intention de faire appel.

  • « La fermeture des élevages intensifs devrait être planifiée rapidement »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/11/la-fermeture-des-elevages-intensifs-devrait-etre-planifiee-rapidement_674378

    (...) l’élevage est un secteur en faillite, maintenu aujourd’hui à larges coups de subventions publiques. Le dérèglement climatique coûte déjà à la France près de 2 milliards d’euros par an en dommages assurés, sans compter les pertes agricoles, les impacts sanitaires et les atteintes aux écosystèmes. Dans la perspective d’une poursuite des tendances actuelles, on estime que ce coût pourrait augmenter de 40 % à 120 % d’ici à 2050, dont de 30 % à 60 % du seul fait du changement climatique.

    Quant aux éleveurs, leurs revenus actuels sont en grande partie issus des subventions publiques perçues pour faire fonctionner leurs exploitations, et la situation pourrait être encore aggravée par les crises météorologiques à répétition. Ils auraient donc tout intérêt à engager une reconversion vers une activité écologiquement vertueuse, porteuse d’espoir et rémunérée à sa juste valeur.

    https://justpaste.it/h7ftf

    #élevage #viande #agriculture

  • Pourquoi l’IA provoque un nouveau séisme dans les médias, fragilisés par vingt ans de mutations numériques

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/08/11/pourquoi-l-ia-provoque-un-nouveau-seisme-dans-les-medias-fragilises-par-ving

    EnquêteLe déferlement de l’intelligence artificielle, qui pille les contenus journalistiques, favorise les deepfakes et bouleverse la façon de s’informer, met à l’épreuve ce secteur où les plans sociaux se multiplient.

    • Une étude du Pew Research Center, un centre de recherche américain indépendant, montre que seuls 8 % des utilisateurs visitent les liens lorsque l’IA leur a déjà fourni une synthèse. Car, déjà, ils ont pris l’habitude d’interroger ChatGPT au quotidien et d’obtenir, là encore, des réponses tirées de diverses sources, incluant des liens que seuls une partie d’entre eux prennent la peine de visiter. Et cela a des conséquences majeures pour les producteurs d’information : comment peuvent-ils continuer d’exister si, en plus de voir leurs contenus pillés par l’IA, ils voient leur fréquentation chuter, et leurs ressources publicitaires siphonnées par les géants du Web ?

  • La Colombie reconnaît l’annexion du plateau du Golan par Israël
    https://www.lefigaro.fr/international/la-colombie-reconnait-l-annexion-du-plateau-du-golan-par-israel-20260811

    Les priorités du nouveau gouvernement colombien...

    « Le gouvernement de Colombie reconnaît la souveraineté israélienne sur ce territoire, de même que le droit de cet État à se protéger des menaces extérieures », a annoncé le ministère des Affaires étrangères colombien.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/11/seisme-en-colombie-au-moins-169-morts-et-plus-de-600-blesses-selon-un-nouvea

    Séisme en Colombie : au moins 169 morts et plus de 600 blessés, selon un nouveau bilan

  • En Malaisie, les réfugiés rohingya, frappés par une vague de haine, sont devenus indésirables
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/11/en-malaisie-les-refugies-rohingya-frappes-par-une-vague-de-haine-sont-devenu

    En Malaisie, les réfugiés rohingya, frappés par une vague de haine, sont devenus indésirables
    Par Dinh Tiên (Bangkok, correspondance)
    Quand il est dehors, Farooq reste sur ses gardes. « Les Rohingya ne se sentent plus en sécurité lorsqu’ils sortent. On réfléchit avant chaque déplacement », dit le jeune homme de 26 ans, réfugié en Malaisie depuis 2024, qui ne donne que son prénom. Devenue indésirable aux yeux d’une partie de la population, la communauté rohingya subit une xénophobie sans précédent dans un pays autrefois accueillant.
    « Salaud », « Parasite », « Quitte le pays », énumère Farooq. Sur les réseaux sociaux, insultes et menaces affluent dans les messages privés de ce militant rohingya, peuple musulman apatride et originaire de l’Arakan, dans l’ouest de la Birmanie. Sous un de ses posts sur Facebook, en date du 5 août, dénonçant les persécutions du régime birman, des internautes donnent raison aux militaires birmans, accusés de crimes contre l’humanité et de génocide ; d’autres traitent les Rohingya de « rats », d’« intrus », de « voleurs » ou de « terroristes ». Farooq figure parmi les plus de 126 000 Rohingya enregistrés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Malaisie. Beaucoup ont fui des décennies de persécutions en Birmanie, notamment lors de l’exode massif de 2017. Première communauté de réfugiés du pays, ils seraient en réalité près du double en Malaisie, selon les observateurs. « Face à cette extrême violence, tout le monde a peur », résume le jeune homme, depuis Kuala Lumpur.
    Nourrie par la désinformation, cette vague de haine s’est emballée au mois de mai. Pendant l’Aïd-el-Adha, les Rohingya ont été accusés sur les réseaux sociaux de pratiques insalubres lors du Qurban, le sacrifice rituel des animaux. A ensuite circulé une vieille rumeur : ils chercheraient à « prendre le contrôle » de Selayang, au nord de Kuala Lumpur.La Malaisie accueille d’autres ethnies de Birmanie – Chin, Kachin, Karen, Môn… –, ainsi que des réfugiés du Pakistan, de Syrie, du Yémen, fuyant les guerres et les persécutions. Or, « quand une autre communauté est impliquée dans une action délictueuse, ce sont les Rohingya qui sont pointés du doigt, dénonce Farooq. Nous sommes systématiquement tenus responsables de l’ensemble des problèmes attribués aux réfugiés. » Les données officielles sont pourtant loin d’étayer l’image d’une criminalité généralisée : selon la police, seuls 89 Rohingya ont été impliqués dans des affaires criminelles depuis 2024, soit 0,02 % de l’ensemble des crimes recensés en Malaisie.
    Début juin, une pétition en ligne réclamant « l’expulsion des Rohingya » au premier ministre, Anwar Ibrahim, a recueilli près de 500 000 signatures en quelques jours. Malgré son retrait, la haine continue de pulluler : la fille d’un responsable politique a comparé les Rohingya à des « singes », le tabloïd Kosmo ! a qualifié leur installation en Malaisie de « cancer ». Quelques élus ont même appelé « à la démolition de [leurs] habitations », rapporte l’ONG Fortify Rights. Fin juillet, à Penang, des Rohingya ont été chassés de leur campement. Une centaine d’entre eux, parmi lesquels des femmes et des enfants, a rejoint le HCR, à Kuala Lumpur, le 27 juillet. La police les a embarqués, avant de les libérer deux jours plus tard : tous avaient des documents du HCR valides. Le 29 juillet, Anwar Ibrahim a annoncé que la Birmanie, avec laquelle il dit entretenir de « bonnes relations », avait accepté le retour de 5 000 Rohingya. Tollé des ONG : dans l’Etat Rakhine (ex-Arakan), dont les Rohingya sont originaires, les combats font rage entre l’armée d’Arakan, une guérilla ethnique, et les forces régulières, toutes deux accusées d’exactions à l’encontre des Rohingya. Le 5 août, le gouvernement a tempéré son annonce : aucun retour n’aura lieu si « leur vie est menacée ».
    La militante rohingya Sharifah Shakirah y voit un calcul politique. « Les Rohingya ont toujours servi de boucs émissaires. Les responsables politiques les utilisent quand ils en ont besoin pour leurs propres intérêts. » Or, Anwar Ibrahim est fragilisé : son bloc, Pakatan Harapan, vient d’essuyer de lourds revers électoraux au Johor puis au Negeri Sembilan, alors que des législatives se tiendront en 2028. Les Rohingya sont une cible facile : la Malaisie n’a pas signé la convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Même enregistrés auprès du HCR, les Rohingya n’ont pas de véritable statut légal. « Ils vivent à la merci des autorités », fustige Sharifah Shakirah.
    Aslam Abd Jalil, maître de conférences à l’université de Malaisie, parle lui aussi de récupération : « Anwar a utilisé la question du renvoi de 5 000 Rohingya dans le cadre de sa campagne. » Mais l’opposition, souligne-t-il, exploite aussi le sujet pour dénoncer le manque de fermeté du gouvernement. Sharifah Shakirah s’indigne des créateurs de contenu qui gagnent en visibilité en filmant les réfugiés ou en se moquant de leurs enfants. Un responsable de l’opposition aurait, selon elle, consacré 1 million de ringgits (211 000 euros) à rémunérer des influenceurs pour alimenter cette campagne anti-Rohingya.« L’attention est détournée des défaillances de l’Etat pour se porter sur les réfugiés », analyse Aslam Abd Jalil. Dans une société polarisée par les appartenances ethniques, il voit dans cette hostilité un paradoxal « facteur d’unification ». « Certains comparent les Rohingya aux sionistes, comme s’ils étaient venus de l’extérieur pour prendre progressivement possession du territoire. Ils deviennent des souffre-douleur sur lesquels la population déverse son ressentiment. »
    Accusés de propager le Covid-19, les Rohingya avaient déjà subi une vague de haine pendant la pandémie, en 2020-2021. Elle avait fini par refluer. « C’est pire aujourd’hui », estime le chercheur. Plusieurs écoles accueillant des enfants rohingya ont fermé. Des familles ont été expulsées, des travailleurs ont perdu leur emploi et des propriétaires refusent de leur louer des logements. « Des enfants restent cloîtrés chez eux parce que leurs parents ont peur qu’ils soient harcelés, ajoute Sharifah Shakirah. On traumatise une nouvelle génération de Rohingya, alors que leurs familles étaient venues en Malaisie pour trouver un peu de sécurité. »
    L’époque semble lointaine où, en 2016, l’ancien premier ministre Najib Razak participait à un rassemblement en solidarité avec les Rohingya, au nom de la défense de musulmans persécutés en Birmanie. « La Malaisie a souvent tenu un discours hypocrite : sur la scène internationale, elle affirme défendre les Rohingya et réclamer justice pour les crimes commis en Birmanie. Mais sur son territoire, elle ne les protège ni ne les soutient vraiment », accuse John Quinley, de Fortify Rights. Farooq, lui, a fui les persécutions en Birmanie, puis les camps surpeuplés du Bangladesh après avoir été menacé par un groupe armé. Il espérait trouver un peu de répit en Malaisie, mais se sent désormais « impuissant » : « Notre crime, c’est d’être nés rohingya. »

    #Covid-19#migrant#migration#malaisie#rohingya#asile#droit#sante#stigmatisation#refugie

  • Les étudiants marocains touchés de plein fouet par la hausse des frais d’inscription en France
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/10/les-etudiants-marocains-touches-de-plein-fouet-par-la-hausse-des-frais-d-ins

    Les étudiants marocains touchés de plein fouet par la hausse des frais d’inscription en France
    Un décret, pris le 19 mai, restreint les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés pour les étudiants non européens. Parmi eux, les Marocains sont les plus nombreux à étudier dans les facultés françaises.
    Par Nada Didouh (Fès [Maroc], correspondance)
    Manutentionnaire dans un dépôt de poids lourds à Toulouse, Yassine (son prénom a été changé), 18 ans, soulève des colis de 50 kilos pour 60 euros la journée. « Je travaille tout l’été au lieu de rentrer au Maroc voir mes parents », confie cet étudiant en classe préparatoire intégrée dans une école d’ingénieurs, arrivé en France en 2025. « En travaillant les deux mois d’été, je peux économiser environ 2 000 euros. Mais ça reste trop peu par rapport aux frais qui arrivent. »
    En quelques mois, l’équation financière des étudiants extra-européens en France s’est en effet considérablement compliquée. Hausse des droits d’inscription, fin de l’aide personnalisée au logement (APL) pour les étudiants non boursiers et renforcement des conditions de ressources pour obtenir un titre de séjour, autant de mesures qui suscitent des inquiétudes.
    Les Marocains sont particulièrement concernés. Avec plus de 42 000 étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur français sur l’année scolaire 2024-2025, selon Campus France, le Maroc constitue le premier pays d’origine des étudiants étrangers en France. Mais cette mobilité historique entre les deux pays est aujourd’hui fragilisée par un coût croissant des études.Un décret, pris le 19 mai, restreint désormais les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés pour les étudiants non européens. Instaurés en 2019 dans le cadre du plan « Bienvenue en France », les frais d’inscription pour ces étudiants peuvent atteindre 2 895 euros par an en licence et 3 941 euros en master, contre une inscription chiffrée à respectivement 178 et 254 euros pour les étudiants français et européens. L’objectif affiché était de renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français et de faire davantage contribuer les étudiants internationaux au financement de leur formation.
    Jusqu’ici, les universités avaient largement contourné la mesure, qu’elles jugeaient inégalitaire. Selon le ministère de l’enseignement supérieur, en 2024-2025, 90 % des 111 500 étudiants concernés bénéficiaient encore d’une exonération totale ou partielle. Mais le nouveau décret prévoit une baisse progressive de ces exonérations : 30 % d’étudiants exonérés à la rentrée 2026, puis 25 % en 2027 et 20 % en 2028. Le flou demeure sur les profils d’étudiants qui se verront exonérés partiellement ou entièrement de ces frais, mais « leurs ressources » seront prises en compte dans l’examen des demandes, d’après le texte.
    Amina Bentayeb devait faire sa rentrée en septembre à Aix-Marseille Université. La jeune Marocaine de Fès pensait avoir sécurisé son projet après avoir obtenu une exonération de 75 % de ses droits d’inscription. Elle a appris en juillet qu’elle devrait finalement s’acquitter de la totalité des frais. « J’avais construit tout mon projet autour de cette exonération. Aujourd’hui, je me demande si je vais pouvoir continuer. Je ne peux pas payer », confie la jeune étudiante.
    Pourtant, selon le ministère de l’enseignement supérieur, les étudiants ayant obtenu une exonération avant l’entrée en vigueur du décret, le 21 mai, sont censés en conserver le bénéfice. Alors, à Aix-Marseille, comme dans plusieurs universités, des syndicats étudiants se mobilisent pour faire valoir les droits des concernés et contester une application stricte du texte.
    Yassine, déjà engagé dans son cursus, ne sera pas concerné directement par cette hausse des frais de scolarité. La mesure s’applique uniquement aux nouveaux étudiants, ou à ceux qui changent d’établissement ou de cycle universitaire. Excellent élève, major de sa promotion, il bénéficie grâce à ses résultats d’une exonération partielle et paie environ 1 200 euros par an au lieu des 3 000 euros environ prévus. Mais la suppression des APL, entrée en vigueur le 1er juillet, modifie son équilibre.« Avant de venir en France, on m’a parlé des avantages financiers, notamment des APL. Après un an ici, je me retrouve face à une décision politique comme celle-là, franchement c’est choquant. » L’étudiant, originaire d’Oujda, envisage désormais d’autres options. « Mon frère est en Allemagne. Là-bas, les frais sont beaucoup plus bas et c’est plus facile de trouver du travail. » Il prévoit d’apprendre l’allemand à la rentrée.
    A Lyon, Ibrahim (il n’a pas souhaité donner son nom de famille), 19 ans, en deuxième année de bachelor universitaire de technologie informatique, a lui aussi vu son budget se réduire. « Je recevais 200 euros d’APL par mois. Je viens de vérifier sur mon compte de la CAF [Caisse d’allocations familiales], c’était bien mon dernier versement », raconte l’étudiant marocain, dont le loyer s’élève à 600 euros, sans les charges. « Ma mère va essayer de m’aider un peu plus, mais ça va être compliqué. Pour le reste, je vais devoir me débrouiller. » Ancien étudiant au lycée français Lyautey à Casablanca, il raconte que, dans son entourage, « de plus en plus de personnes regardent vers d’autres destinations. Au Maroc, on commence à délaisser la France ».
    Pour le sociologue Hicham Jamid, ces mesures s’inscrivent dans un durcissement plus large de la politique migratoire française. Selon lui, la hausse des frais s’ajoute à des démarches administratives plus complexes et à une précarité accrue : « La mobilité étudiante va devenir une affaire de classe sociale. La France essaie d’attirer les enfants de riches qui sont là juste pour avoir un diplôme français. »
    A ce jour, les données de Campus France Maroc ne montrent pas encore de recul du nombre de candidats. Pour la rentrée 2026-2027, les candidatures marocaines progressent même de 8 %, et le taux d’admission atteint 41 %. Ces chiffres restent toutefois difficiles à interpréter, les candidatures ayant été déposées bien avant l’annonce de ces mesures.

    #Covid-19#migrant#migration#france#politiquemigratoire#etudiant#allemagne#université#sante

  • Mark Zuckerberg signe un plaidoyer en faveur de l’IA et annonce un fonds pour les villes accueillant ses centres de données
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/10/mark-zuckerberg-signe-un-vaste-plaidoyer-en-faveur-de-l-ia-et-annonce-un-fon

    (...)

    Dans le même temps, Mark Zuckerberg a annoncé la création d’un fonds pour les villes accueillant des centres de données du groupe afin de « permettre un développement durable à travers tout le pays ». Selon le Wall Street Journal, ce fonds devrait s’élever à 1 milliard de dollars.

    Meta avait au préalable annoncé vouloir investir 145 milliards de dollars dans la construction de centres de données cette année, une somme qui devrait atteindre 600 milliards de dollars d’ici à 2028.

    Il investit 145 milliards. Et 1 milliards pourront ruisseler sur les villes qui le veulent bien.

    On ne parle pas de #corruption, à ce point là. Tout comme pour le lobbying.

  • L’avis du patron du bar-PMU-tabac-journaux (pour ceusses que ça intéresse)

    Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann soutenu par Daniel Cohn-Bendit, qui vante son « positionnement nouveau »
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/08/10/presidentielle-2027-raphael-glucksmann-soutenu-par-daniel-cohn-bendit-qui-va

    (...)L’ancien élu franco-allemand est par ailleurs très offensif vis-à-vis du candidat « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, qui, selon lui, « n’est plus de gauche » car « il a abandonné les valeurs universalistes ». Il accuse aussi le leader de La France insoumise d’adopter « un positionnement antisémite », estimant, sans le justifier, qu’il « [remet] en cause l’existence même de l’Etat d’Israël », et dénonce ses positions sur la politique étrangère, qu’il voit comme un soutien à « Poutine et Xi Jinping », les présidents russe et chinois.(...)

  • Guillaume Pley, le fondateur du média « Legend », accusé d’échanges en ligne à caractère sexuel avec plusieurs mineures
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/10/guillaume-pley-le-fondateur-de-legend-accuse-d-echanges-en-ligne-a-caractere

    L’ancien animateur de NRJ a publié vendredi un communiqué pour se défendre des accusations d’une série d’enquêtes. Depuis, plusieurs anciens proches se sont désolidarisés de Guillaume Pley, dont la défense est fragilisée par un nouveau témoignage recueilli par « Le Monde ».

  • Crise de Ceuta : en Espagne, début des contrôles aux frontières pour les voyageurs venant d’Italie, en réponse aux mesures similaires prises par Rome
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/08/crise-de-ceuta-en-espagne-debut-des-controles-aux-frontieres-pour-les-voyage

    Crise de Ceuta : en Espagne, début des contrôles aux frontières pour les voyageurs venant d’Italie, en réponse aux mesures similaires prises par Rome
    Le Monde avec AFP
    L’Espagne a commencé, samedi 8 août, à effectuer des contrôles temporaires aux frontières à ses ports et aéroports pour les voyageurs en provenance d’Italie. Il s’agit de la première journée d’application de cette décision annoncée la veille, en réponse aux mesures similaires imposées par Rome après l’afflux massif de migrants à Ceuta. Les autorités effectueront ces contrôles sur les liaisons aériennes et maritimes « de manière aléatoire » jusqu’au 7 septembre, en se concentrant particulièrement « sur les passagers qui sont ressortissants de pays tiers, afin de vérifier le respect des exigences prévues par le code frontières Schengen », a précisé, samedi, le ministère de l’intérieur. Lors des vols contrôlés, les agents effectuent les vérifications à la sortie de la passerelle menant hors de l’avion, a-t-il ajouté.Cette rare brouille entre deux alliés de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN intervient après que 72 000 personnes ont franchi la frontière depuis le Maroc vers le territoire espagnol de Ceuta, en Afrique du Nord, la semaine dernière, lors d’un mouvement d’une ampleur sans précédent, au cours duquel au moins 77 d’entre elles sont mortes.
    Des scènes vivement critiquées par d’autres pays de l’UE, partisans d’une ligne intransigeante sur l’immigration irrégulière et la protection des frontières extérieures du bloc, parmi lesquels la première ministre italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni.
    Une mesure « contraire aux intérêts de l’UE »Rome a assuré, vendredi, n’avoir « en aucun cas l’intention de revenir sur la décision de suspendre l’application de l’accord de Schengen [de libre circulation des personnes] aux ressortissants de pays tiers en provenance d’Espagne, au moins jusqu’au 15 août ». Le gouvernement espagnol a fustigé cette mesure, qu’il a qualifiée « d’inéquitable, contraire aux intérêts de l’UE et discriminatoire pour la population espagnole ». « Les autorités espagnoles suivent avec attention l’évolution de la situation migratoire dans l’espace Schengen et, en particulier, la pression migratoire constatée sur la route de la Méditerranée centrale qui affecte la République italienne et ses effets sur différents Etats membres », a affirmé samedi le ministre de l’intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska.
    Magnus Brunner, commissaire de l’Union européenne aux affaires intérieures et aux migrations, a confirmé avoir été en contact, samedi, avec les ministres de l’intérieur espagnol et italien. « Tous deux ont confirmé que les contrôles aux frontières intérieures étaient temporaires », a-t-il affirmé.« J’ai souligné les progrès que nous avons accomplis dans la lutte contre l’immigration clandestine et le fait que la confiance entre les États membres est notre atout le plus précieux », a écrit M. Brunner sur X. Il a également souligné que les autorités espagnoles avaient donné l’assurance que les événements de Ceuta « n’auraient pas d’effet durable sur l’espace Schengen ». « L’Italie laisse entendre que les contrôles pourraient être levés prochainement », a-t-il soutenu, se disant confiant.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#italie#ceuta#UE#schengen#frontiere#crisemigratoire#sante#politiquemigratoire

  • « Si vous voulez travailler, vous travaillez demain » : à Loudéac, l’indispensable main-d’œuvre des salariés roumains
    https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2026/08/09/si-vous-voulez-travailler-vous-travaillez-demain-a-loudeac-l-indispensable-m

    « Si vous voulez travailler, vous travaillez demain » : à Loudéac, l’indispensable main-d’œuvre des salariés roumains
    Par Lionel Dangoumau (Loudéac [Côtes-d’Armor], envoyé spécial)
    Plusieurs milliers de Roumains sont venus travailler en Bretagne depuis l’entrée de leur pays dans l’Union européenne. Avec ses nombreux emplois, sa mission orthodoxe et son épicerie spécialisée, la petite ville des Côtes-d’Armor est un pôle d’attraction pour cette diaspora laborieuse.
    La traversée en voiture de l’immense zone d’activité de Loudéac, 400 hectares de béton entourés de champs à la sortie de la petite ville, est un voyage au pays de l’agroalimentaire : Vétagri, Entremont, Paticeo, Gelagri… « C’est le poumon économique des Côtes-d’Armor, affirme Bruno Le Bescaut, le maire (divers centre) de la ville, qui nous ouvre la mairie un samedi matin pour nous recevoir dans son bureau. A Loudéac, nous avons 10 000 emplois pour 10 000 habitants. » Parmi eux, il estime le nombre de citoyens roumains à « environ 450-500 ».Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne, en 2007, ils n’ont plus besoin de titre de séjour pour venir en France. De 2011 à 2021, dernier recensement en date de l’Institut national de la statistique et des études économiques, le nombre de Roumains en Bretagne a triplé, pour atteindre environ 6 500 personnes.
    Avec son association culturelle L’Amitié roumaine Centre Bretagne, Doïna Benalloul organise des expositions, des spectacles, et donne aussi des cours de français à la médiathèque de Loudéac, le samedi matin. « Dans les années 1990, je pense que j’étais la seule Roumaine, rigole-t-elle. Quand je suis revenue, en 2018, il y avait beaucoup de Roumains. Ici, si vous voulez travailler, vous travaillez demain ! C’est le plein-emploi. » Au premier trimestre, le taux de chômage dans les Côtes-d’Armor s’établissait à 6,6 %, contre 8,1 % en France, hors Mayotte.
    La filière agroalimentaire aurait aujourd’hui du mal à se passer de ses salariés ou intérimaires roumains, notamment pour certains métiers éprouvants, comme le ramassage des volailles. « C’est dur, confirme Georgiana Alichitoaie, 36 ans, originaire de Iasi, dans le nord-est de la Roumanie, qui s’était installée une première fois en 2015 à Loudéac avec son ex-mari. On travaille la nuit, il n’y a pas d’horaires fixes. On peut faire un chantier à 3 heures du matin et repartir pour un autre à 20 ou 30 kilomètres. Les volailles sont dans un bâtiment et on doit les mettre dans un chariot puis dans le camion, trois par trois ou deux par deux, et ce n’est pas facile parce qu’il y a beaucoup de poussière. » Rentrée en Roumanie pour divorcer, elle est revenue seule en 2019 à Loudéac, où elle vit avec ses deux fils, Denis, 15 ans, qui passe la semaine dans un institut médico-éducatif, et Rafael, 12 ans.
    Mais la participation des Roumains à l’économie locale ne se résume pas aux emplois non qualifiés. Sise à Lamballe, à 40 kilomètres au nord de Loudéac, la Cooperl est le numéro un de la production porcine en France. Environ 13 % de ses 7 500 salariés sont étrangers, et la nationalité roumaine est la plus représentée, avec près de 300 personnes, dont une dizaine sur le site de Loudéac. « Nous sommes sur un territoire où les départs à la retraite sont plus nombreux que les entrées dans la vie active, constate François Thébault, le directeur des ressources humaines de cette coopérative agricole et agroalimentaire. Il est aussi de plus en plus compliqué de pourvoir à nos besoins en compétences sur des métiers stratégiques, comme ceux de technicien de maintenance ou de technicien en énergie. On ne peut pas fonctionner sans recruter en dehors de notre territoire et à l’international. On a fait le choix de l’assumer et de l’accompagner. »
    Des agences d’intérim se sont même spécialisées dans le recrutement de travailleurs roumains, comme CAPA Intérim, qui compte six agences dans le Grand Ouest et une antenne à Ploiesti, près de Bucarest. « On a des intérimaires d’autres origines, mais c’est vrai qu’il y a des liens particuliers avec ce pays, assure Madalina Marin, 36 ans, assistante relations humaines à l’agence de Josselin (Morbihan) et elle-même roumaine. On recherche majoritairement des profils pour le secteur agroalimentaire, l’industrie, le BTP. Par exemple des ouvriers d’abattoir, comme des désosseurs de volaille ou de porc, des postes où on ne demande pas forcément d’expérience antérieure. Ce qui attire les Roumains ici, c’est surtout l’élément financier. Le coût de la vie est moins élevé en Roumanie, mais il y a de l’inflation, et les salaires ne suivent pas forcément. »
    « A la base, je suis technicienne industrielle dans le textile et, en Roumanie, je gagnais le salaire minimum, 150 euros par mois », témoigne Georgiana Alichitoaie. Après le ramassage des volailles et des périodes d’intérim en abattoir, elle est devenue opératrice de fromagerie, et dit toucher entre 2 200 et 2 400 euros net par mois. Arrivée en 2018 en provenance de Giurgiu, dans le sud de la Roumanie, Nicoleta Gaura, 50 ans, y était couturière et gagnait 300 euros par mois. En Bretagne, elle a commencé comme pareuse en abattoir, pour un salaire mensuel de 1 400 euros : « Avec un couteau, on coupe pour enlever la graisse, le sang, le cartilage, c’est un travail très dur. » Elle est aujourd’hui formatrice à la Société bretonne de volaille et se réjouit de devenir bientôt propriétaire de son logement. « J’ai bien réussi, mais j’ai beaucoup bossé pour ça ! », se félicite-t-elle.
    « Il y a deux typologies, schématise Bruno Le Bescaut au sujet des résidents roumains de sa ville. Les sédentaires, qui exercent souvent dans les professions moyennes et supérieures : techniciens spécialisés, ingénieurs, médecins… Ils s’installent, achètent, parlent français. Et puis les intérimaires, qui font des allers-retours. » Ces derniers, souvent de jeunes hommes qui veulent rentabiliser au maximum leur séjour, sont prêts à accepter des conditions de logement sommaires. Avec la promiscuité et le désœuvrement, en dehors du travail, des épisodes de tapage et des problèmes avec le voisinage ont surgi, sur fond d’alcoolémie. « Le principal problème, c’est le logement, reconnaît l’édile. Mais les employeurs ont été sensibilisés au sujet, et ils ont répondu présent. Ils mettent moins d’employés dans les maisons. »
    Forte de son dynamisme, que reflètent les nombreux commerces d’un centre-ville coquet et bien entretenu, Loudéac pourrait postuler au statut de capitale officieuse de cette communauté laborieuse, qui peut venir faire ses courses à l’épicerie Transilvania, tenue par Ionut et Alina Guler. Professeure de violon, Alina Guler a quitté la Roumanie avec son mari quand la crise financière de 2008 a frappé l’affaire familiale où il travaillait.Après avoir déjà repris en 2016 une épicerie roumaine à Pontivy (Morbihan), Alina et Ionut Guler ont racheté celle de Loudéac, il y a deux ans. Ils ont alors quitté le petit local originel pour ouvrir un espace de 400 mètres carrés, où 80 % des produits proposés sont roumains, de la charcuterie fumée aux fromages, en passant par les conserves de chou en saumure, indispensables pour cuisiner les sarmale, un plat de fête. Un grossiste de Nantes les livre deux fois par mois. « On est partis de zéro, rappelle Alina Guler. Quand on est arrivés, ni mon mari ni moi ne savions parler français. Au début, à Pontivy, nous étions la seule épicerie roumaine. Le week-end, les gens venaient de Brest, Lorient, Vannes, Quimper… Maintenant, il y en a d’autres. » Une grande surface non loin vient même d’ouvrir son propre rayon de produits roumains.
    A deux pas de la mairie, les fidèles orthodoxes de Loudéac ont aussi la possibilité de se rendre à la chapelle catholique Notre-Dame-des-Vertus, qui accueille une mission de l’Eglise orthodoxe roumaine, placée sous le patronage du saint hiéromartyr Charalampe de Magnésie. Pour la fête de Pâques, le bâtiment était plein à craquer, avec plusieurs centaines de personnes réunies autour du père Emil Ungureanu. Lui est arrivé en Bretagne en 2014. Il a d’abord mis de côté sa licence en restauration d’objets d’art pour… un CAP de charcutier-traiteur, avant d’être rattrapé par sa foi. Ordonné prêtre en 2017, il se consacre à la paroisse de Loudéac depuis 2021. Il a fait profiter son église de ses talents de décorateur : il a peint les figures dorées qui embellissent l’iconostase, la cloison séparant l’autel des fidèles dans la liturgie orthodoxe. Ici, il célèbre mariages et baptêmes – « une trentaine l’an dernier », souligne-t-il.
    Dans la conversation, il dit « chez nous, en Bretagne », et offre des spécialités roumaines – coliva (gâteau de blé concassé), cozonac (brioche), placinta (feuilleté) – après avoir confessé une quinzaine de fidèles, qui lui ont soufflé leurs difficultés morales ou physiques : « Les ouvriers des abattoirs souffrent de tendinites, de hernies. » Il se félicite que les Roumains soient « bien accueillis », même si certains ont plus de mal à se faire à l’exil. « Soit parce qu’ils n’ont pas réussi à créer une sociabilité suffisante, soit à cause du travail, explique-t-il. Récemment, un boucher est rentré en Roumanie parce que, maintenant, les salaires ont augmenté. »
    Les nombreuses familles qui réussissent à trouver une situation économique stable envisagent moins ce retour. « Je veux rester ici, insiste Georgiana Alichitoaie. La France est le pays qui voit grandir mes enfants, et mes enfants, c’est ma vie. Ils sont plus en sécurité ici que dans une grande ville. C’est propre et, pour nous qui n’avons pas fait d’études supérieures, c’est plus facile de trouver du travail que dans d’autres régions. »Originaire de Targoviste, au nord de Bucarest, Madalina Marin s’était d’abord installée en Pologne, puis en Ile-de-France. En Bretagne, elle a trouvé un environnement qui lui convient : « Je ne connaissais pas trop la région, mais aujourd’hui je partage pas mal de ses valeurs. J’aime aussi la nature dont on peut profiter ici. J’ai commencé les démarches pour obtenir ma naturalisation, mais ça traîne beaucoup. » Alina Guler aussi voudrait la nationalité française, pour elle, son mari et leurs trois enfants. « On est sérieux, bien intégrés, on paie nos impôts comme tout le monde, on est des bosseurs », justifie-t-elle, prête à convaincre qu’elle est ici pour de bon.

    #Covid-19#migration#migrant#france#bretagne#roumanie#agroalimentaire#economie#immigration#travailleurmigrant#integration#sante

  • A Thetford, dans l’est de l’Angleterre, troisième nuit de manifestations violentes envers des demandeurs d’asile
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/07/a-thetford-dans-l-est-de-l-angleterre-troisieme-nuit-de-manifestations-viole

    A Thetford, dans l’est de l’Angleterre, troisième nuit de manifestations violentes envers des demandeurs d’asile
    Cinq personnes ont été arrêtées depuis mardi, lors de rassemblements en réaction à un projet d’hébergement de demandeurs d’asile dans une base militaire désaffectée de la Royal Air Force.
    Le Monde avec AFP
    Des dizaines de personnes se sont attaquées à des logements où ils pensaient que vivaient des demandeurs d’asile, lors de manifestations anti-immigration qui ont eu lieu, jeudi 6 août, pour le troisième soir d’affilée à Thetford, dans l’est de l’Angleterre, selon la police locale. Selon la même source, les manifestants s’en sont aussi pris à la police. Cinq personnes ont été arrêtées depuis mardi, lors de rassemblements en réaction à un projet d’hébergement de demandeurs d’asile dans une base militaire désaffectée de la Royal Air Force proche de Thetford, ville de quelque 25 000 habitants.
    « Pendant trois nuits d’affilée, un groupe de personnes a franchi la ligne de ce qui est acceptable », a déclaré vendredi à la BBC le chef de la police du Norfolk, Paul Sanford. Il a confirmé que « certaines » des maisons visées hébergeaient des demandeurs d’asile. « Nous avons été obligés, à deux ou trois reprises, d’escorter les résidents hors de ces logements pour assurer leur sécurité », a-t-il ajouté.
    Selon le Guardian, une liste de logements dont les propriétaires ont signé un contrat avec le gouvernement pour héberger des demandeurs d’asile avait préalablement circulé en ligne. Deux hommes d’une quarantaine d’années ont été arrêtés jeudi soir, soupçonnés de trouble à l’ordre public en état d’ivresse, et d’incitation à la haine raciale lors d’un incident survenu la veille.
    La police de Norfolk a dépêché des renforts sur place. Dans un communiqué, elle a aussi affirmé avoir fait face à des manifestants « physiquement agressifs », un agent ayant été touché par une pierre tandis qu’une policière a été « gravement mordue ». Elle a imposé des mesures de sécurité aux manifestants, dont l’obligation de retirer tout élément masquant leur visage sur demande de la police.
    Des témoins ont dit à la BBC avoir vu environ 200 personnes lancer des œufs et des pierres contre des maisons mercredi, scandant « We want them out » (« Nous voulons qu’ils partent »). Le ministère de l’intérieur a, dans un communiqué, « fermement condamné les comportements observés à Thetford, y compris les attaques contre les policiers en première ligne ». Le député travailliste du district, Terry Jermy, a jugé ces scènes « profondément préoccupantes ». Mais il a aussi exhorté le gouvernement à mettre fin au « secret et à la confusion » entourant les projets d’hébergement de demandeurs d’asile sur d’anciennes bases militaires.
    Le Royaume-Uni a connu ces dernières années plusieurs violentes manifestations racistes, sur fond de montée du parti d’extrême droite Reform UK. Les dernières en date ont eu lieu à Belfast, en Irlande du Nord, en juin. Lors de celles-ci des familles ont été obligées de quitter leurs logements menacés par des feux allumés par les manifestants.

    #Covid-19#migrant#migration#angleterre#asile#demandeurdasile#sante#hebergement#violence#sante

  • L’Afrique en première ligne du durcissement de la politique migratoire de Donald Trump
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/07/l-afrique-en-premiere-ligne-du-durcissement-de-la-politique-migratoire-de-do

    L’Afrique en première ligne du durcissement de la politique migratoire de Donald Trump
    Par Morgane Le Cam
    Pour les Africains, voyager aux Etats-Unis tient de plus en plus du parcours du combattant. Après l’ajout, en janvier et en avril, de 23 nouveaux pays du continent sur la liste des Etats dont les ressortissants doivent désormais verser une caution au moment de déposer leur demande de visa, l’administration américaine a augmenté, lundi 3 août, le montant de cette garantie.
    La mesure, qui doit entrer en vigueur le 20 août, concerne les demandeurs de visa touriste ou affaires, ressortissants de 50 Etats à travers le monde, dont 30 en Afrique. Auparavant établie entre 5 000 et 15 000 dollars (entre 4 340 et 13 000 euros), cette caution s’élève désormais à 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars « en fonction de la situation du demandeur telle qu’évaluée par le fonctionnaire consulaire », précise le règlement publié par le département d’Etat.
    Washington généralise ainsi son programme de demande de caution pour obtenir un visa, lancé en août 2025 pour un an, après avoir constaté le succès de ce dernier « pour réduire les abus en matière de visas et les séjours illégaux » sur le sol américain, précise le même document. Avec ce nouveau durcissement des conditions d’accès au territoire américain, Washington renforce sa lutte contre l’immigration irrégulière – l’une des priorités de l’administration de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche, en 2025. Et, une nouvelle fois, l’Afrique figure parmi les principales cibles.
    Un durcissement de la politique migratoire de Donald Trump, notamment en Afrique
    D’après un rapport adressé au Congrès par le département de la sécurité intérieure en juillet 2025, les Africains ne représentaient que 4,8 % des voyageurs étrangers aux Etats-Unis en 2024, soit 584 000 personnes sur les 12,1 millions de titulaires de visa touriste ou affaires cette année-là. Mais ils sont plus nombreux que la moyenne à dépasser la durée de séjour autorisée sur le sol américain. Selon le même document, 5,6 % des voyageurs africains aux Etats-Unis en 2024 se sont maintenus illégalement sur le territoire à l’issue de la date d’expiration de leur visa (33 000 personnes), tandis que le taux moyen de dépassement de séjour était de 2,3 % cette même année.
    Parmi les pays sujets à des restrictions de visa, vingt-six sont africains
    Les expulser coûte cher à l’administration américaine : 18 042 dollars en moyenne par étranger, selon le règlement du département d’Etat cité plus haut. D’où l’augmentation du montant de la caution qui, en cas de dépassement de la durée de séjour autorisée, n’est pas restituée au ressortissant. Washington s’assure ainsi de pouvoir compenser l’ensemble des coûts liés à l’expulsion de ces migrants.
    Selon une estimation du centre d’études Migration Policy Institute, 15 000 des voyageurs restés illégalement sur le territoire américain ont été expulsés en 2025 vers des pays tiers, c’est-à-dire vers des Etats dont ils ne sont pas originaires, mais dont Washington se sert comme sous-traitants. Là encore, l’administration Trump a ciblé les Etats africains : 14 d’entre eux ont conclu des accords avec Washington en 2025 et 2026 – sur 35 pays au total –, acceptant d’accueillir des ressortissants issus de pays tiers en échange d’argent, d’aide au développement ou de facilités de visas pour leurs propres ressortissants.
    Les 30 et 31 juillet, des dizaines de migrants, bénéficiant pourtant pour la plupart de mesures de protection de la part de la justice américaine pour empêcher leur expulsion, ont ainsi été envoyés vers la Guinée équatoriale, la Sierra Leone, le Ghana et la République centrafricaine. Trente-six autres migrants, expulsés contre leur gré des Etats-Unis vers le Cameroun, entre janvier et mai, ont saisi la justice camerounaise pour demander la protection juridique dans le pays et la suspension de l’accord migratoire conclu entre Washington et Yaoundé, a annoncé leur avocat, mercredi 5 août. Ils espèrent bloquer leur expulsion vers leur pays d’origine.
    Alors que de plus en plus d’Etats africains acceptent d’accueillir les migrants expulsés par l’administration Trump, Washington a restreint ou interdit de voyage sur le sol américain les ressortissants de certains de ses sous-traitants. En décembre 2025, la Maison Blanche a publié une liste de 24 nouveaux pays – parmi lesquels 17 pays africains –, dont les citoyens sont tantôt interdits, tantôt soumis à des restrictions de visa aux Etats-Unis. Sur celle-ci figure la Sierra Leone et le Soudan du Sud, pourtant signataires d’accords migratoires avec Washington. Au total, 26 Etats du continent sont soumis à des restrictions ou à une interdiction de voyage outre-Atlantique.
    Quant aux citoyens africains qui, eux, conservent sur le papier la possibilité de demander un visa, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Outre la caution dont la plupart doivent désormais s’acquitter – d’un montant exorbitant au regard du niveau de vie moyen dans les pays concernés –, certains doivent aussi voyager… pour déposer leur demande de visa.Le 15 juillet, le département d’Etat a annoncé dans un communiqué la suppression de ses services consulaires dans 25 capitales et grandes villes africaines dans le cadre d’une « réorganisation des services de visas en Afrique autour de pôles régionaux ». Les ressortissants de ces 25 pays devront désormais se rendre dans l’un des 20 Etats ayant conservé leur capacité à délivrer le précieux sésame.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#afrique#politiquemigratoire#visas#paystiers#expulsion#droit#sante

  • Pourquoi les nationalisations d’entreprises font leur grand retour dans le monde
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/08/08/pourquoi-les-nationalisations-d-entreprises-font-leur-grand-retour-dans-le-m

    Cette vague ne se limite pas à la sidérurgie. Au Royaume-Uni, Andy Burnham a plaidé, lors d’un discours prononcé le 29 juin, pour que l’Etat « reprenne le contrôle de services essentiels comme l’eau, le logement, l’énergie, les transports », et défend la prise de contrôle de Thames Water, le plus grand distributeur d’eau du pays, en difficulté financière.

  • Liberté des médias : la France accuse plus d’un an de retard dans la mise en œuvre des règles européennes
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/08/08/liberte-des-medias-la-france-accuse-plus-d-un-an-de-retard-dans-la-mise-en-u

    Voilà un an, jour pour jour, que le règlement européen sur la liberté des médias est entré en application. Pourtant, la France et la grande majorité des Etats membres tardent à se mettre en règle. « Ce retard est d’autant plus regrettable que des échéances électorales majeures sont attendues en 2027 », notait un rapport d’information du Sénat, début juillet.

    Le texte européen dit « EMFA » (pour European Media Freedom Act), selon l’acronyme anglais en usage à Bruxelles, entend assurer l’indépendance de l’audiovisuel public en encadrant son financement ou la nomination de ses dirigeants. Il limite les concentrations des médias et protège le secret des sources en interdisant, en particulier, les logiciels de surveillance des journalistes.

    Sur tous ces aspects, « la loi française est assez obsolète », constate Laure Chauvel, responsable France de l’ONG Reporters sans frontières. Faute d’adaptation au droit de l’Union européenne depuis un an, le pays est même en « situation d’illégalité ».

  • Investiture d’Abelardo de la Espriella en Colombie : le nouveau président promet l’« ordre », Washington annonce un milliard de dollars d’aide

    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/08/investi-president-de-la-colombie-abelardo-de-la-espriella-promet-une-offensi

    L’avocat millionnaire de 48 ans, allié de Donald Trump, a dit vouloir combattre « sans répit le narcoterrorisme et toutes les organisations criminelles qui menacent la liberté de la Colombie », lors de son premier discours comme chef d’Etat, vendredi.

    –—

    Colombie : l’extrême droite d’Abelardo de la Espriella au pouvoir

    https://lundi.am/Colombie-l-extreme-droite-d-Abelardo-de-la-Espriella-au-pouvoir

    Un dossier :

    – Le fils du tigre sort avec ses rayures par Arturo Escobar
    https://lundi.am/Le-fils-du-tigre-sort-avec-ses-rayures

    – La nouvelle extrême droite sous l’angle décolonial par Lina Álvarez Villarreal
    https://lundi.am/Colombie-la-nouvelle-extreme-droite-sous-l-angle-decolonial

    – La narco-esthétique du Tigre 5.0 à l’ère de l’intelligence artificielle par Juliana Marín Taborda & Alejandro Giraldo Quintero
    https://lundi.am/La-narco-esthetique-du-Tigre-5-0-a-l-ere-de-l-intelligence-artificielle

    – Au-delà de l’instrumentalisation : la nouvelle grammaire morale de la politique colombienne par Diego Meza Gavilanes
    https://lundi.am/Au-dela-de-l-instrumentalisation-la-nouvelle-grammaire-morale-de-la-politique

    – Reconfigurations de la droite colombienne d’Uribe à De la Espriella par Anibal Pineda Canabal
    https://lundi.am/Reconfigurations-de-la-droite-colombienne-d-Uribe-a-De-la-Espriella

    Intelligence multiple contre polycrise entrepreneuriale, Le débat entre les candidats à la vice-présidence Quilcué et Restrepo par Santiago Arcila & Juan Cortés
    https://lundi.am/Intelligence-multiple-contre-polycrise-entrepreneuriale

  • Salle de bal de Donald Trump : une cour d’appel fédérale bloque la construction ; le président américain annonce vouloir solliciter la Cour suprême
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/07/salle-de-bal-de-donald-trump-une-cour-d-appel-federale-bloque-la-constructio


    La construction de la salle de bal de la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis), le 23 juillet 2026.
    KENT NISHIMURA / AFP

    Ce blocage n’a « rien à voir » avec la pertinence du projet lui-même, mais s’explique par le fait que le président américain a lancé les travaux sans obtenir l’autorisation du Congrès.

    Une cour d’appel fédérale a bloqué, vendredi 7 août, la construction à la Maison Blanche de la monumentale salle de bal voulue par Donald Trump. La juridiction a maintenu la suspension des travaux ordonnée en avril par un juge et fait savoir que le gouvernement américain avait quatorze jours pour solliciter éventuellement la Cour suprême.

    La cour d’appel du district de Columbia a déclaré que ce blocage n’avait « rien à voir » avec la pertinence du projet lui-même, mais s’expliquait par le fait que le président américain avait lancé les travaux sans obtenir l’autorisation du Congrès. Le gouvernement n’a « pas l’autorité illimitée » de « redessiner, remodeler et reconstruire la Maison Blanche − la Maison du Peuple − pour répondre au désir personnel d’un président », a expliqué la juridiction.

    « Nous allons immédiatement faire appel devant la Cour suprême des Etats-Unis. L’armée et le Secret Service [agence gouvernementale chargée de la protection du président] considèrent cette décision horrible, motivée par des raisons politiques et illégales », a réagi Donald Trump, sur son réseau, Truth Social. Le président américain a assuré que le bâtiment était aussi un « centre militaire cruellement nécessaire, indispensable pour la sécurité de Washington, du district de Columbia et de notre pays lui-même ».

    Destruction au bulldozer
    Face aux revers judiciaires, aux condamnations venues de l’opposition et aux réticences exprimées dans son propre parti, le président américain affirme en effet depuis quelque temps que son chantier n’est pas un simple projet d’embellissement ni un caprice personnel mais une entreprise de sécurité nationale.

    Il fait valoir que le bâtiment doit être équipé d’une plate-forme de drones et d’autres dispositifs militaires. Jusqu’ici du moins, le chantier a continué. Juste à côté se déroule un autre chantier, également ordonné par Donald Trump, celui d’une aire bétonnée destinée à l’atterrissage et au décollage de l’hélicoptère présidentiel. Des photographies prises fin juillet, par l’Agence France-Presse (AFP), montrent l’avancement des travaux, avec une dalle et des structures basses en voie de construction, flanquées de deux grues.

    En octobre, le président républicain a fait détruire au bulldozer une aile entière de la Maison Blanche pour y construire cette salle de bal censée accueillir jusqu’à 1 000 personnes, pour des réceptions diverses et des dîners en l’honneur de dignitaires étrangers. Son budget prévisionnel, financé à moitié par des dons privés, est passé de 200 millions à 400 millions de dollars (de 173 à 346 millions d’euros).

    Donald Trump dit vouloir rendre sa splendeur à la capitale américaine, selon lui négligée par ses prédécesseurs. Ses détracteurs l’accusent au contraire de dilapider l’argent public pour flatter sa propre vanité. Ce projet est également contesté en justice par le National Trust for Historic Preservation, une organisation à but non lucratif mandatée par le Congrès pour la préservation des bâtiments historiques.

  • « Avec ses résumés rédigés par l’IA, Google ne vous redirige plus : il vous garde chez lui grâce à la marchandise des autres »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/06/avec-ses-resumes-rediges-par-l-ia-google-ne-vous-redirige-plus-il-vous-garde

    Depuis le 22 juillet en France, les « aperçus IA » s’affichent en haut de chaque page de résultats du moteur de recherche. En captant la valeur produite par d’autres, le géant numérique se livre à une pratique parasitaire, explique l’avocat Cédric Dubucq, dans une tribune au « Monde ».