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  • « Je n’ai fait aucune audience depuis six semaines » : A Bourges, les avocats font la grève au prix fort
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/02/15/a-bourges-les-avocats-font-la-greve-au-prix-fort_6029673_3224.html


    Environ 80 avocats du bareau de Bourges ont symboliquement accrochés leurs robes sur les grilles du Palais de justice de Bourges en signe de contestation contre le projet de réforme des retraites, le 14 février.
    Guillaume Le Baube/Divergence Images pour « Le Monde »

    La protestation contre la réforme des retraites a mis la justice à l’arrêt dans la préfecture du Cher. Il n’y a ainsi plus une seule permanence pénale ni de commission d’office.

    A Bourges, quand les avocats votent la grève, ils font grève. Dans ce barreau de taille modeste – 91 avocats –, la reconduction du mouvement a été votée lundi 10 février pour une sixième semaine sans une voix contre ni même une abstention. Résultat, la justice est quasiment à l’arrêt, au civil comme au pénal, au familial comme au social, en première instance comme à la cour d’appel. Le conseil des prud’hommes et le tribunal de commerce, à quelques pas du palais de justice, n’échappent pas à cette désertion des salles d’audience qui se traduit par des renvois massifs, tout comme à l’ex-tribunal d’instance. Il n’y a plus une seule permanence pénale ni de commission d’office. Les avocats « choisis », directement payés par leur client, font également la grève totale des audiences. « Nous avons appliqué la règle de façon absolue et très dure », explique le bâtonnier de Bourges, Alain Tanton.
    […]
    « Lors des précédentes grèves, les dossiers les plus importants étaient plaidés par les avocats, en particulier en matière criminelle », observe Marie-Christine Tarrare, procureure générale de la cour d’appel. Cette fois, deux des trois dossiers inscrits à la session d’assises organisée fin janvier ont été renvoyés à des jours meilleurs. « Celui qui a été pris par la cour d’assises était défendu par des avocats d’un autre barreau », peste un avocat.

  • Services secrets : la NSA a favorisé l’émergence d’une amicale de renseignement
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/27/services-secrets-la-nsa-a-favorise-l-emergence-d-une-amicale-de-renseignemen

    Plusieurs notes dévoilées par le lanceur d’alerte Edward Snowden témoignent du poids de la coopération entre la France et ses alliés occidentaux. La scène apparaît dans une note secrète de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine, datée du 8 décembre 2008, dévoilée par Edward Snowden, l’ex-contractuel du plus puissant service secret technique au monde, devenu lanceur d’alerte. Du 15 au 17 octobre 2008, près d’Haguenau, dans le nord de l’Alsace, la NSA est venue former le 54e régiment spécialisé dans (...)

    #DGSE #GCHQ #NSA #BND #législation #écoutes #surveillance #web

  • Violences policières : « On est dans le mensonge d’Etat »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/16/violences-policieres-on-est-dans-le-mensonge-d-etat_5409824_3224.html

    Répondre massivement aux manifestations des « gilets jaunes » est donc un choix politique. L’Etat fait appel à des policiers qui ne sont pas formés au maintien de l’ordre : de la BAC [brigade anticriminalité], de la BRI [brigades de recherche et d’intervention], des gardiens de la paix… Ils ont l’habitude d’être face à des délinquants, pas des manifestants. Pour eux, la foule est délinquante. C’est un point clé pour comprendre la centaine de blessés graves.

    La sortie se fera par le politique, pas par la répression, c’est évident. Tous les samedis, des gens partent manifester en sachant qu’ils peuvent perdre un œil. Tout est fait pour les dissuader de venir, ils viennent quand même.

    #violence_policière #castaner_voyou #castener_crapule

  • « La difficulté de se faire entendre est absolue » : l’hôpital public, laboratoire de nouvelles formes de protestation
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/22/la-difficulte-de-se-faire-entendre-est-absolue-l-hopital-public-laboratoire-

    Les soignants tentent de maintenir l’attention sur leur long mouvement social, pour exister face à celui contre les retraites. [dans l’article il est écrit tout autre chose : "creusant leur propre sillon en marge du mouvement contre la réforme des retraites.", ndc]

    Arrêts de travail simultanés, « grève du codage », démissions administratives coordonnées… Faute de pouvoir interrompre la prise en charge de leurs patients, les soignants en lutte multiplient depuis plusieurs mois les actions médiatiques originales, faisant de l’hôpital public un laboratoire des nouvelles formes de protestation, et creusant leur propre sillon en marge du mouvement contre la réforme des retraites.
    « La difficulté de se faire entendre est absolue, il faut être imaginatif, explique le docteur Anne Gervais, l’une des représentantes du Collectif inter-hôpitaux, le groupe de médecins qui vient d’orchestrer la démission de près de 1 200 chefs de service de leurs fonctions d’encadrement. Avec nos faibles forces, on a eu une percée médiatique qui n’est pas mal. »

    L’opération, qui a obtenu un large écho dans les médias, sera de nouveau mise en scène le 27 janvier, lorsque les lettres de démission seront adressées aux directions des établissements. Quelques jours plus tard, le 2 février, médecins et personnels paramédicaux seront invités à réaliser des chaînes humaines autour de leurs hôpitaux.
    Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, sera l’occasion d’une « déclaration d’amour à l’hôpital », avec la tenue de la troisième manifestation parisienne depuis septembre. Celle-ci devrait être couplée avec un concert, à même de susciter l’intérêt des chaînes de télévision. Les jets de blouses blanches au sol, notamment lors de cérémonies de vœux, devraient quant à eux se poursuivre.

    « Tous les codes sont brisés »
    En plein conflit sur la réforme des retraites, il s’agit pour les organisateurs du mouvement de ne pas disparaître. « Cela fait dix mois qu’on a commencé et rien n’a bougé. Comment faire avec un gouvernement qui ne discute pas et qui n’a aucune culture du compromis ? », demande, dépité, Hugo Huon, le président du Collectif inter-urgences. Ces derniers mois, le groupe – qui représente quelque 260 services d’urgences en grève – a multiplié les « coups », quitte parfois à dérouter ses partenaires syndicaux.

    Le 3 juin 2019, plusieurs soignants de l’équipe de nuit des urgences de l’hôpital parisien Lariboisière se sont retrouvés simultanément en arrêt de travail, relançant l’intérêt pour un mouvement menacé d’enlisement. « Alors que les syndicats sont restés sur des modes de gestion des conflits très anciens, l’approche du collectif est nouvelle. Avec eux, tous les codes sont brisés », commente, enthousiaste, Patrick Pelloux, le président de l’Association des médecins urgentistes de France.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Ce n’est pas un conflit qui s’essouffle mais qui reprend son souffle » : contre la réforme des retraites, de nouvelles formes d’action se multiplient
    Certaines actions n’ont cependant pas fait l’unanimité. Lorsque le 2 juillet 2019, sous les fenêtres du ministère de la santé, à l’issue d’une manifestation, plusieurs soignants disent s’injecter de l’insuline (de l’eau en réalité), une substance qui peut faire baisser drastiquement le taux de sucre dans le sang et être mortelle à forte dose, des responsables syndicaux, CGT notamment, crient à « l’irresponsabilité ».
    « On n’avait pas contrôlé la communication, personne n’a su comment réagir, regrette aujourd’hui Hugo Huon, tout en relativisant l’échec de l’épisode. Il y a des gens qui récupèrent nos actions, ça veut dire que certaines ont bien marché. »

    « On va faire du bashing »
    Certaines actions locales reçoivent une audience inespérée. A Valence, au tout début du mouvement, les infirmières des urgences ont par exemple tourné un clip musical (« Y’a colère dans le cathéter ») pour dénoncer les suppressions de postes et le manque de moyens. La vidéo, devenue l’hymne des manifestations des hospitaliers, affiche aujourd’hui près de 16 millions de vues sur YouTube. « Je ne suis pas sûr que ça ait changé grand-chose, reconnaît cependant Virginie Turrel, une infirmière du service. On a fait TF1, France 2, M6 mais le directeur ne nous a pas rencontré pour autant. Il n’a vu que les médecins. » Le service est aujourd’hui toujours en grève.

    Pour peser sans arrêter de soigner, les médecins de plusieurs hôpitaux ont choisi à l’automne de ne plus transmettre les informations permettant à leur établissement de facturer à l’Assurance-maladie les actes réalisés. Une rétention du codage qui a fait débat au sein du corps médical et qui suscite le mécontentement des directions.
    Dans une lettre adressée le 20 décembre 2019 aux directeurs des départements médico-universitaires de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, le directeur général du groupe, a évalué l’impact de cette action « entre 285 et 300 millions d’euros » à la mi-décembre, pour les trois mois précédents.

    Pour se faire entendre, les organisateurs du mouvement ont aujourd’hui dans le viseur la campagne pour les élections municipales. « L’hôpital va être le sujet important des municipales », prédit Patrick Pelloux. « On va attaquer fort, on va faire du bashing », promet Hugo Huon, qui annonce également la sortie le 12 février d’un livre de témoignages sur les conditions de travail à l’hôpital.

    #grève_du_codage #santé #hôpital

  • Le Tramadol, antidouleur de la classe des opioïdes, placé sous surveillance en France
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/16/l-agence-nationale-du-medicament-place-sous-surveillance-le-tramadol-un-medi

    A partir du 15 avril, les patients traités avec du Tramadol devront faire renouveler leur ordonnance tous les trois mois, contre douze mois jusque-là. Publiée mercredi 15 janvier, cette décision de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a pour objectif de limiter les risques de dépendance et de surdosage liés à une consommation non maîtrisée de cet antalgique à base d’opiacés.

    Commercialisé sous différentes marques comme le Topalgic, sous forme de génériques, il peut être associé à du paracétamol (Ixprim, Zaldiar) ou à un anti-inflammatoire (Skudexum). Ce médicament est de loin l’opioïde le plus prescrit en France : en 2017, 6,8 millions de Français en ont consommé au moins une fois dans l’année.
    Très addictif

    « Les médecins connaissent mal la molécule et les patients ne reconnaissent pas toujours les signes de dépendance », déplore Nathalie Richard, directrice adjointe des médicaments antalgiques et stupéfiants à l’ANSM. « Nous souhaitons débanaliser la prescription du Tramadol, notamment à la sortie de l’hôpital, où l’on donne souvent des ordonnances pré-imprimées aux patients », poursuit-elle.

    Les médecins le prescrivent pour soulager des douleurs importantes – après une intervention chirurgicale, par exemple –, mais la durée de prescription doit être la plus courte possible, car le Tramadol se révèle très addictif.

    #Opioides #Tramadol #France #Addiction

  • Les agents immobiliers envisagent la création d’un fichier des locataires mauvais payeurs
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/16/les-agents-immobiliers-envisagent-la-creation-d-un-fichier-des-locataires-ma

    La proposition est critiquée par les propriétaires, qui craignent de voir les administrateurs de biens devenir indispensables, et l’association de lutte contre le surendettement Cresus.

    A l’occasion de la conférence de presse de début d’année de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), mercredi 15 janvier, son président, Jean-Marc Torrollion, a annoncé que son syndicat allait « créer un fichier des incidents de paiement locatifs ».
    Il « devrait être opérationnel en 2021, lorsque la future loi Nogal prendra effet et instaurera notamment, pour les administrateurs de biens, un nouveau type de mandat de gestion avec obligation de résultat », c’est-à-dire garantissant le paiement des loyers au bailleur. « Pour offrir une telle garantie, nous aurons besoin d’un fichier de ce type », assure-t-il.
    La banque de données sera alimentée par l’ensemble des professionnels et sa consultation leur sera réservée. Ils y inscriront tous les locataires en retard de plus de trois mois du paiement de leur loyer, qui y resteront mentionnés au plus trois ans mais en seront rayés dès qu’ils régulariseront leur dette.

    La Commission nationale informatique et libertés (CNIL), consultée, dit « accorder une attention très particulière à ces fichiers de mauvais payeurs et à ces listes noires, au regard des risques qui pèsent sur les droits et libertés des personnes concernées ». Ainsi, l’accès au fichier devra être réservé aux professionnels et les locataires devront être complètement informés de son fonctionnement au moment de la signature de leur contrat mais aussi lors de la survenance de l’incident de paiement, de l’inscription et de la suppression des données. La CNIL exige, en outre, des mesures de sécurité informatique régulièrement mises à jour pour garantir la confidentialité des données.
    « Prévention et dissuasion »
    « C’est au moins la quatrième tentative de création de ce fichier mais, cette fois, le projet est sérieux, transparent, juge Henry Buzy-Cazaux, consultant en immobilier, et je pense qu’il aura des vertus de prévention et de dissuasion des incidents locatifs. »

    M. Torrollion est de cet avis : « Le fichier des incidents de paiement locatifs diminuera considérablement le risque d’impayés, d’ailleurs très bas puisqu’on l’évalue à 1 % des loyers, et devrait faire baisser les coûts de l’assurance et de la garantie financière, ce qui permettra de proposer notre mandat sécurisé à un coût compétitif. »

    L’initiative en revient non pas à la Fnaim elle-même mais à l’un de ses adhérents, Yan Jouanno, créateur de la société Artel qui gérera ledit fichier. Joint par Le Monde, il ne souhaite pas communiquer sur son projet encore en gestation. L’opération nécessite un investissement de 1 million à 2 millions d’euros et Artel associe donc la profession à son tour de table – la Fnaim mais aussi l’Union des syndicats de l’immobilier (UNIS), qui fédère de nombreux administrateurs de biens, et de grands groupes comme Foncia ou Nexity.
    L’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) ne cache cependant pas son irritation : « Ce projet est une des conséquences du calamiteux rapport Nogal qui fait la part belle aux administrateurs de biens en les rendant indispensables », s’insurge Christian Demerson, son président.

    Dépôt de garantie
    Ce rapport de Mickaël Nogal, député (La République en marche) de Haute-Garonne, déjà partiellement traduit en proposition de loi (PPL), suggère en effet que les locataires versent le dépôt de garantie à ces professionnels et non plus aux bailleurs ; 70 % d’entre eux gèrent pourtant leurs biens en direct, sans recours à un intermédiaire. « Puisqu’un tel fichier sera réservé aux professionnels, c’est vers le parc privé non intermédié que les mauvais payeurs se tourneront », craint M. Demerson.
    Lire aussi Comment résoudre un litige entre un propriétaire et son locataire
    L’association de lutte contre le surendettement Cresus se montre aussi réservée : « Il existe beaucoup de fichiers privés de mauvais payeurs, par exemple pour les opérateurs de téléphonie (Preventel), les découverts et les impayés de crédit (Banque de France), cela est très stigmatisant, estime Jean-Louis Kiehl, son fondateur et président, et risque de compliquer plus encore l’accès des ménages modestes à une location. Nous préférerions un registre des crédits, comme il en existe dans de nombreux pays européens, qui permette de se faire une idée de la solvabilité du locataire. »

    #logement

  • Licencié sur la base d’une photo le montrant endormi, un agent de propreté poursuit son employeur
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/14/licencie-sur-la-base-d-une-photo-le-montrant-endormi-un-agent-de-proprete-po

    Un agent de propreté, limogé en 2018 pour une photo de lui postée à son insu sur Internet alors qu’il était endormi en tenue de travail, conteste son licenciement, mardi 14 janvier, devant les prud’hommes de Créteil, a-t-on appris auprès de son avocat. Depuis 2011, Adama Cissé, 37 ans, collectait les déchets des rues de Paris. En septembre 2018, pendant une de ses tournées, il s’est arrêté « pour faire une pause », explique son avocat, Joachim Scavello – confirmant une information du Parisien –, et que (...)

    #délation #SocialNetwork #travail

  • 1 200 médecins hospitaliers démissionnent de leur fonction d’encadrement (Le Monde)
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/16865-1-200-medecins-hospitaliers-demissionnent-de-leur-fonction-d-encadr

    Selon eux, il manque 600 millions d’euros aux 200 millions supplémentaires débloqués pour 2020 par le gouvernement en faveur de l’hôpital public.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/14/1-200-medecins-hospitaliers-demissionnent-de-leur-fonction-d-encadrement_602

    Informations complémentaires :

    Crashdebug.fr : Crise des hôpitaux : Macron dit avoir « entendu la colère et l’indignation » (Le Figaro)

    Crashdebug.fr : Quand le gouvernement gonfle largement son plan d’urgence pour l’hôpital... (Boursorama)

    Crashdebug.fr : Un hôpital public pourrait être repris par le privé, une première (Le Monde)

    Crashdebug.fr : Urgences : après le plan Buzyn, l’assemblée générale des grévistes vote la poursuite du mouvement (Le Monde)

    Crashdebug.fr : Il passe six heures aux urgences (...)

  • « On ne fait pas de croche-pied à l’éthique », demande Castaner aux policiers
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/13/violences-policieres-on-ne-fait-pas-de-croche-pied-a-l-ethique-demande-casta

    L’exécutif réfute toujours le terme de « violences policières » mais a infléchi, ces derniers jours, son discours alors que les accusations visant les forces de l’ordre se multiplient.

    Les accusations de violences policières sont devenues habituelles en France mais, fait nouveau, le gouvernement tend, ces derniers jours, à infléchir son discours sur la question.

    L’exécutif réfute toujours le terme de violences policières. Mais, lundi 13 janvier, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a consacré une bonne partie de ses vœux à la police nationale au devoir « d’exemplarité » et à « l’éthique ».

    « L’usage juste et proportionné de la force est ce qui sépare la démocratie de l’arbitraire, ce qui distingue l’ordre et la brutalité, c’est le fondement, aussi, de notre confiance avec les Français », a-t-il souligné, à l’école nationale supérieure des officiers de police (Ensep) de Cannes-Ecluse (Seine-et-Marne).

    S’il a célébré l’engagement quotidien des policiers, il a également fait une référence explicite à une vidéo montrant un policier faisant un croche-pied à une manifestante à Toulouse :
    « C’est l’honneur de la police qui est en jeu, on ne fait pas de croche-pied à l’éthique, sauf à s’abaisser, à abaisser la police. »

    Christophe Castaner a également souligné l’obligation du port du numéro d’identification, dit RIO.

    « Le ministre a toujours tenu un discours équilibré sur la question de l’usage de la force, même si son propos a parfois été caricaturé. (…) Ce matin encore, il a voulu mettre l’accent sur l’exigence d’exemplarité après plusieurs interventions litigieuses », a assuré son entourage.

    « Indispensable de ne jamais trahir la doctrine »
    Dimanche soir, le premier ministre, Edouard Philippe, tout en affichant sa « solidarité » et sa « confiance » aux forces de l’ordre, a lui aussi rappelé que lorsqu’il est « fait un usage disproportionné [de la force], alors il doit y avoir enquête, et sanction le cas échéant. »

    En août, Emmanuel Macron avait déjà évoqué les « blessures inacceptables » de certains manifestants.

    Alors qu’il doit prochainement passer la main, le directeur général de la police nationale (DGPN), Eric Morvan, s’est lui aussi fendu d’un avertissement à ses troupes lors des vœux de ce lundi.

    « Je suis inquiet de l’affaiblissement de l’image de la police nationale qui s’installe à la faveur des opérations de maintien de l’ordre », a-t-il déclaré.

    « Le maintien de l’ordre ne produit jamais de belles images même quand il est conduit avec une extrême rigueur mais (…) il est plus que jamais indispensable de ne jamais trahir la doctrine », a-t-il souligné, au risque selon lui, d’être « entraîné dans un cercle vicieux ».

    « La lettre de Maurice Grimaud n’a jamais été aussi actuelle », a-t-il averti en référence à la missive envoyée par l’ex-préfet de police de Paris aux policiers en 1968, restée célèbre par la phrase : « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même. »

    Enquête ouverte après des coups de matraque
    Des images de violences, captées lors des récentes manifestations contre la réforme des retraites, ont provoqué une nouvelle vague d’accusations contre les violences policières, plus d’un an après le début de la contestation des « gilets jaunes ». Lundi, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête sur les coups de matraque portés par un policier contre une syndicaliste de la RATP, frappée alors qu’elle souhaitait ramasser son téléphone, lors de la manifestation du 9 janvier.

    A cela s’ajoute la mort d’un père de famille de 42 ans, victime d’un malaise cardiaque le 3 janvier aux abords de la tour Eiffel après avoir été plaqué au sol, casque sur la tête, par plusieurs policiers lors d’un contrôle routier houleux.

    Ces nouveaux cas viennent renforcer l’argumentaire de manifestants, militants, partis politiques d’opposition et défenseurs des libertés publiques qui, dans le sillage du mouvement « gilets jaunes », dénoncent l’omerta et l’inaction du gouvernement sur les violences policières.

    Outre le décompte réalisé par le journaliste David Dufresne depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » de 24 personnes éborgnées, deux personnes sont mortes en marge d’épisodes de maintien de l’ordre controversés ces derniers mois : Zineb Redouane à Marseille, le 1er décembre 2018, et Steve Caniço, lors de la Fête de la musique à Nantes.

  • Eglise catholique : des prêtres mariés et des ministères pour les femmes en Amazonie ?
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/06/17/eglise-catholique-des-pretres-maries-et-des-ministeres-pour-les-femmes-en-am

    Jusqu’à quel point l’Eglise catholique est-elle disposée à adapter son organisation pour s’accorder à la géographie et aux particularités des communautés, notamment amérindiennes, vivant en Amazonie ? En envisageant l’ordination d’hommes mariés pour pallier le manque de prêtres sur cet immense territoire, en créant de nouveaux ministères et en envisageant que des femmes puissent en être chargées. C’est la proposition novatrice, mais certainement pas consensuelle, formulée par le rapport (instrumentum laboris, dans le jargon ecclésial) préparatoire au synode d’octobre sur l’Amazonie, qui a été rendu public lundi 17 juin.

    Ce document était très attendu, justement parce que la possibilité d’ordonner des hommes mariés est aujourd’hui un sujet de débat dans l’Eglise catholique, touchée dans certains pays par une profonde crise des vocations. En Amazonie, les grandes distances ont pour conséquences que certaines communautés ne voient pas de prêtres pendant de très longues périodes et n’ont donc que rarement accès à l’eucharistie (la communion), sacrement central dans la pratique religieuse catholique et qui ne peut être célébrée que par un prêtre.


    L’ancien pape Benoît XVI exhorte François à ne pas ordonner d’hommes mariés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/13/l-ancien-pape-benoit-xvi-exhorte-francois-a-ne-pas-ordonner-d-hommes-maries_

    et pour les femmes la question ne se pose même pas finalement contrairement à ce qu’annonce le premier titre.
    #sexisme #misogynie #pédocriminalité #catholicisme

  • Police : la mort d’un livreur à Paris relance la controverse sur le « plaquage ventral »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/10/police-la-mort-d-un-livreur-a-paris-relance-la-controverse-sur-le-plaquage-v


    Des policiers arrêtent un manifestant lors d’une marche à Rennes, le 9 janvier.
    DAVID VINCENT / AP

    Pour la police nationale, l’année 2020 commence comme la précédente : avec une intense polémique sur la dangerosité de ses techniques d’intervention. Après le débat sur les armes intermédiaires (lanceur de balle de défense, grenades lacrymogènes…) qui avait agité le mois de janvier 2019, la mort de Cédric Chouviat, le 5 janvier, à la suite d’un simple contrôle routier, pose la question du « plaquage ventral », pour maîtriser un individu récalcitrant.

  • « Imputable à » mais sans responsables ni coupables (Suicide de Christine Renon)

    L’IGEN, cette IGPN de l’Éducation Nationale…

    Le suicide d’une directrice d’école en Seine-Saint-Denis « imputable au service » (LeMonde.fr)
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/08/le-suicide-d-une-directrice-d-ecole-en-seine-saint-denis-imputable-au-servic

    Un rapport de l’inspection générale diligenté après le suicide de Christine Renon n’établit aucune « faute » de la part de l’institution, mais il étudie l’ensemble des difficultés dont se plaignait la directrice.

    L’inspection générale dégage toute responsabilité de l’Education nationale dans le suicide de Christine Renon (Mediapart)
    https://www.mediapart.fr/journal/france/090120/l-inspection-generale-degage-toute-responsabilite-de-l-education-nationale

    Un rapport de l’inspection générale diligenté après le suicide de la directrice d’école Christine Renon en septembre dédouane l’institution de la responsabilité du drame mais l’impute à une série de dysfonctionnements. Au même moment, le ministère publie les résultats d’une consultation laissant apparaître que les directeurs d’école se sentent submergés par leurs tâches administratives. Mais la rue de Grenelle réfute l’existence d’un malaise dans la profession.

    #éducation #salariat #souffrance_au_travail #suicide #responsabilité #enseignant·es

    • Et histoire de noter quelques noms dès maintenant.

      Sur la photo lors de la remise du Renaudot, le 4 novembre 2013

      – Françoise de Maulde, éditrice de Matzneff
      – Frédéric Beigbeder, grand copain et soutien de Matzneff
      – Louis Gardel, directeur de collection au Seuil et membre du jury du Prix Renaudot. En 2001, candidat à l’Académie française

      Dans le texte
      – Franz-Olivier Giesbert, PDG du Point, assume cette année-là la présidence du jury.
      – Yann Moix, est primé la même année du renaudot essai pour un truc chez grasset

    • Jérôme Garcin, membre du jury depuis 2011

      Jérôme Garcin, né le 4 octobre 1956 à Paris, est un journaliste et écrivain français. Il dirige le service culturel du Nouvel Observateur, produit et anime l’émission Le Masque et la Plume sur France Inter, et est membre du comité de lecture de la Comédie-Française.

      tiens tiens

      La notice biographique de Jean-Luc Hennig est parue en 2004 dans le Dictionnaire des écrivains contemporains de langue française, sous la direction de Jérôme Garcin (éd. Mille et une nuits).

      tiens tiens

      https://bibliobs.nouvelobs.com/la-tendance-de-jerome-garcin/20130409.OBS7228/matzneff-jaccard-nihilisme-distingue.html

      Gabriel Matzneff et Roland Jaccard sont liés depuis l’époque lointaine où, à la piscine Deligny, ils partageaient une serviette de bain, jouaient au ping-pong, séduisaient des nymphettes et lisaient, en bronzant, les bréviaires de leur ami et maître, Emil Cioran.

  • Action directe pro-IVG de la Mairie de Paris, déboutée par les tribunaux.
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/04/la-justice-demande-le-reaffichage-d-une-campagne-de-pub-anti-ivg-dans-les-ga

    La régie Mediatransports, interpellée par la maire de Paris, avait décidé de retirer les visuels jeudi estimant qu’il s’agissait de « messages militants ».
    Mais la justice demande le réaffichage d’une campagne de pub anti-IVG dans les gares.
    Le tribunal saisi en référé enjoint « à la régie Mediatransports de replacer les deux affiches [de soutien à la paternité et à la maternité] qu’elle avait retirées jeudi 2 janvier sans préavis, et sans même alerter l’association »

    #IVG #catho

  • Avec la désertification médicale, les délais pour obtenir un certificat de décès, nécessaire pour les démarches liées aux obsèques, se rallongent parfois dramatiquement en France.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/03/les-gens-attendent-cinq-dix-voire-vingt-quatre-heures-le-chemin-de-croix-des

    Ces affaires, qui s’étalent dans les colonnes de la presse régionale, ont même fini par intriguer le New York Times, qui y a consacré un article en décembre. En France, trouver un médecin pour établir un certificat de décès prend parfois des heures, voire des jours, notamment dans les zones touchées par la désertification médicale. Or, il est impossible de procéder aux démarches administratives post-mortem sans certificat de décès.

    Les pompes funèbres n’ayant pas le droit d’intervenir avant la délivrance du précieux document, les membres de la famille patientent, désespérés, auprès du corps de leur proche, attendant qu’un médecin se déplace. Le délai peut être si long que la dépouille du défunt est parfois trop abîmée pour être présentée aux membres de la famille lors des obsèques.

    #désert_médicale #mort #décomposition #macronisme

  • « Ce que la tête n’a pas retenu, le corps l’a fait » : dans l’affaire du chirurgien pédophile, le vertige des victimes
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/11/27/affaire-du-chirurgien-pedophile-le-vertige-des-victimes_6020728_3224.html

    Mais l’affaire a pris une dimension nouvelle avec la découverte, en 2017, des carnets intimes du médecin, 69 ans aujourd’hui, dans sa maison de Jonzac (Charente-Maritime), débouchant sur une seconde enquête. Dans ces écrits, il détaille par le menu des abus sexuels sur de jeunes patients dans les hôpitaux où il a exercé entre 1992 et 2017. Depuis, 184 d’entre eux ont porté plainte pour viols et agressions sexuelles, selon le parquet de La Rochelle.

    #journal_intime #carnets #humbert_humbert #matzneff #typo_des_pédos #archétype

  • Dans les quartiers populaires, la « débrouille » au cœur de la survie, Louise Couvelaire
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/12/26/dans-les-quartiers-populaires-la-debrouille-au-c-ur-de-la-survie_6024056_322

    Garages à ciel ouvert, ateliers de réparation, gardes d’enfants, rénovations de logements… permettent aux exclus du marché du travail de nourrir leurs enfants.

    Elles sont dix. Dix femmes qui ne se connaissaient pas avant de se croiser dans le salon de coiffure « low cost » de Maryam (le prénom a été modifié), à Roubaix (Nord). Certaines sont mères célibataires, d’autres sont battues par leur mari depuis des années, toutes vivent sous le seuil de pauvreté et peinent à nourrir leurs enfants. Jusqu’à ce que ce qu’une petite boîte en carton vienne – un peu – alléger leur quotidien.

    C’est là qu’elles déposent, chaque semaine, leurs maigres revenus, qu’elles ont décidé de mettre en commun, soit 200 euros en moyenne. Repassage, ménage, garde d’enfants (qu’elles facturent entre 3 et 7 euros de l’heure), coiffure à domicile (15 euros la coupe et le brushing)… Depuis deux ans, Maryam (la seule à posséder une voiture), 47 ans, récupère ensuite l’argent gagné – non déclaré – et se rend au supermarché pour acheter en gros, après avoir traqué les promotions les plus avantageuses dans toutes les grandes surfaces du coin.

    C’est elle qui gère les finances du groupe. « Si on veut s’offrir un kebab – c’est arrivé une fois – on l’appelle pour savoir si on peut se le permettre, raconte Isabelle, ancienne coiffeuse de 43 ans, mariée et mère de trois enfants. Pour la première fois de ma vie, je ne me sens plus seule. Et c’est grâce à ce système que mes enfants peuvent désormais manger équilibré. »

    Qu’on l’appelle système D ou solidarité de proximité, dans les quartiers populaires, cette économie de la débrouille constitue parfois le seul moyen de survivre. « L’entraide fait partie des logiques de la classe ouvrière », rappelle Nawal Badaoui, 46 ans, ancienne directrice de l’association Solidarité, une institution roubaisienne qui a fermé ses portes en septembre.

    « Le travail de subsistance est partout »

    Sauf qu’elle prend de plus en plus de place. « Dans la forme, cette économie existe depuis longtemps, explique Cécile Vignal, maître de conférences en sociologie à l’université de Lille et membre du collectif Rosa Bonheur, qui rassemble six chercheurs. Mais elle était “à côté”, en complément du salariat. Aujourd’hui, ce travail “à côté” a pris une place centrale à mesure que la protection sociale est devenue insuffisante et que le revenu salarial ne remplit plus tous les besoins, soit parce qu’il est trop faible, soit parce qu’il n’y en a pas. »

    Avec 75 % de son territoire classé quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) et plus de 44 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté, Roubaix (95 000 habitants) se classe parmi les villes les plus pauvres de France. Ici, le taux de chômage dépasse les 30 % de la population active, soit près de quatre fois la moyenne nationale. « Ce qui ne signifie pas que ces habitants ne travaillent pas », souligne Cécile Vignal.

    Dans l’ouvrage La ville vue d’en bas. Travail et production de l’espace populaire (Editions d’Amsterdam, 240 pages, 18 euros), le collectif Rosa Bonheur raconte « le quotidien de ceux dont on dit qu’ils ne font rien ». A tort. « La concentration d’une population exclue du marché du travail formel fait produire des ressources et des activités propres, explique Yoan Miot, géographe et urbaniste à l’Université de Paris-Est Marne-la-vallée, membre du collectif. C’est un paradoxe fondamental : au nom de la mixité sociale, il faut déconcentrer la pauvreté, mais au risque de perdre les liens sociaux qui permettent à cette population de survivre. »

    Petites entreprises informelles à domicile, garages à ciel ouvert, ateliers de réparation d’électroménager, gardes d’enfants, rénovations de logements… « Dans les rues, le travail de subsistance est partout, dans les hangars et les parkings, sur des affichettes collées aux fenêtres… », développe Cécile Vignal.

    Mécanicien « aux mains en or »

    Fariza, 37 ans, a trois enfants, un mari handicapé qui ne peut pas travailler et 1 000 euros par mois d’allocations. Insuffisant pour s’acquitter de toutes les charges. Elle cherche depuis des années un poste de femme de ménage, sans succès. Alors elle enchaîne les petits boulots. Elle s’est improvisée traiteur pour fêtes et mariages – 100 euros en moyenne le couscous pour 200 personnes – avant de renoncer l’an dernier. « Il n’y a plus de clients, les gens n’ont plus les moyens, ils font eux-mêmes », raconte-t-elle.

    Elle a aussi fabriqué du pain pour les revendre à la boulangerie du coin, 2 euros la galette de semoule. Avant d’y renoncer aussi, faute de clients. Depuis, elle s’occupe du petit jardin potager de sa tante. Elle plante courgettes, pommes de terre, salades, patates douces, tomates, oignons, poireaux et artichauts. En échange, elle récupère une partie de la récolte.

    « C’est grâce à ce système que mes enfants peuvent manger des légumes », sourit Fariza, en pointant du doigt les deux patates douces posées sur le sol de la cuisine et les trois cagettes de pommes de terre empilées dans un coin du modeste trois pièces qu’occupe la famille, dans le quartier du Cul-de-Four.

    Ryslène (le prénom a été modifié), 51 ans, n’est pas peu fière de sa petite épicerie. Elle a économisé pendant près de quinze ans avant de pouvoir obtenir un prêt. Le tout, grâce aux activités informelles de son mari, mécanicien « aux mains en or », dit-elle tout sourire, qui répare les voitures pour la moitié du prix d’un garage « officiel ». « On ajuste le tarif en fonction des revenus de la personne », précise-t-elle, debout derrière son comptoir. On appelle ça un « garage de rue » ou un « garage à ciel ouvert ». Une activité très répandue dans les quartiers populaires. « Moi, j’ai longtemps été au RSA [revenu de solidarité active], j’étais vue comme un cas soc’ [cas social], personne ne voulait nous prêter de l’argent », souffle Ryslène.

    « En échange d’un service reçu »

    Pendant des années, son mari, Anthony, a opéré dans la rue, mais après plusieurs plaintes émanant de voisins et une amende de 135 euros, le couple a décidé d’investir en 2018 dans une petite arrière-cour de 20 mètres carrés où il gare tantôt la camionnette de l’épicerie, tantôt les voitures à réparer. « On a pu acheter tout le matériel de l’épicerie avec cet argent : d’abord une vitrine réfrigérée, en vente sur Leboncoin, quelques années plus tard, un petit camion… Qu’est-ce qu’on a galéré… », se souvient Ryslène.

    « Il n’est pas rare que des réparations soient effectuées sans contrepartie financière pour rendre service ou en échange d’un service reçu », écrit le collectif Rosa Bonheur dans son livre. De ces « liens de réciprocité et d’interdépendance » parfois « démarchandisés », Alain Lamourette a voulu en faire le cœur de son action. Au sein du projet Utopiats, dans le quartier Piats, à Tourcoing, il a lancé un Repair Café tous les troisièmes vendredis de chaque mois, un lieu où les habitants peuvent venir réparer leurs objets (four à micro-ondes, grille-pain, télévision, aspirateur…), et le dispositif « 1+1 = 3 », un système d’échanges de services entre résidents.

    Ici, chaque service rendu est crédité non pas en monnaie sonnante mais en temps sur un compte personnel. Aide aux démarches administratives, baby-sitting, bricolage, déménagement… Un étudiant a par exemple besoin d’utiliser une machine à laver – les tarifs de la laverie automatique étant trop élevés pour son budget –, il offre en échange une aide aux devoirs. Ou encore Aurélie, une jeune femme qui veut se lancer dans le maquillage pour enfants lors des fêtes d’anniversaire, qui a besoin d’un cours de dessin pour perfectionner son coup de crayon. C’est Angélique qui va l’aider pendant deux heures. Cette dernière voit donc son compte-temps crédité de deux heures.

    « Tout est égal en temps, une heure de ménage vaut une heure de physique quantique », précise le coordinateur du projet, M. Lamourette, qui parle d’« une forme de troc ». « On se rend vite compte qu’il y a beaucoup de savoir-faire et de compétences », insiste-t-il.

    Près de 300 résidents disposent aujourd’hui d’un compte-temps. Le bémol : « J’aimerais croire qu’on n’est pas en train d’inventer un modèle d’économie et de consommation pour les pauvres, dans lequel tout se recycle et s’échange, parallèle à celui des riches, où tout se paie, se jette et se rachète. »

    #travail #pauvres #survie