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  • Lors d’une distillation on sépare la tête et la queue du reste de la distillation car encore trop dilués. Ici c’est l’inverse, sauf si ce sont les réaction politiques qui vous font vibrer avec leur sublime indécence.
    Exemple : « Je réaffirme l’attachement de la tour Eiffel aux valeurs républicaines, à l’égalité femmes-hommes » .

    Donc voici les 1er et dernier paragraphe de cet article

    Tour Eiffel : le maire de Paris s’est rendu sur place pour apporter son « plein soutien » aux salariés, en grève la veille contre l’éviction du personnel féminin lors de la visite d’une délégation hindoue
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/08/tour-eiffel-le-maire-de-paris-s-est-rendu-sur-place-pour-apporter-son-plein-

    Une délégation du Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS) – proche du premier ministre indien, Narendra Modi, conservateur et nationaliste – a visité samedi le monument parisien. Le personnel de la tour Eiffel s’est mis en grève, lundi, pour dénoncer des « consignes » ayant conduit à évincer les salariées lors de cette visite.
    (...)
    Le BAPS a inauguré dimanche, à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), le premier temple majeur bâti en France sous son égide. Il le promeut comme « un emblème de la culture indienne et de l’hindouisme ». Parmi la diaspora, l’association Indian Alliance Paris a vu dans cette inauguration une nouvelle offensive du « suprémacisme hindou », avec « une vision du monde conservatrice et (…) nationaliste ».

  • Procès du naufrage de migrants en 2021 dans la Manche : deux réseaux de passeurs devant la justice
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/07/proces-du-naufrage-de-migrants-en-2021-dans-la-manche-deux-reseaux-de-passeu

    Procès du naufrage de migrants en 2021 dans la Manche : deux réseaux de passeurs devant la justice
    Trente et une personnes ont perdu la vie en tentant de rejoindre le Royaume-Uni par la mer, le 24 novembre 2021. Quatorze personnes sont poursuivies pour « homicides involontaires » et « aide au séjour irrégulier en bande organisée » et vont être jugées devant le tribunal judiciaire de Paris, à partir de mardi.
    Par Véronique Chocron

    L’alerte a été donnée aux alentours de 14 heures, ce 24 novembre 2021, par un navire de pêche, le Saint-Jacques II. Au large de Calais (Pas-de-Calais), tout près des eaux territoriales britanniques, il vient d’apercevoir plusieurs corps inanimés en mer. A leur arrivée, les secours découvrent une embarcation de fortune chavirée. Les plongeurs ne remontent sur leur navire que deux rescapés, alors que trente et une personnes ont perdu la vie en tentant de rejoindre le Royaume-Uni sur ce canot pendant la nuit. C’est le naufrage le plus meurtrier jamais survenu dans la Manche lors d’une traversée de migrants.Quatorze personnes vont être jugées au tribunal correctionnel à compter de mardi 8 septembre pour leur implication, selon l’accusation, dans ce naufrage meurtrier qui a principalement coûté la vie à des Kurdes d’Irak, mais aussi à des personnes de nationalité afghane, éthiopienne, iranienne kurde, égyptienne, somalienne et vietnamienne.
    Liés à des réseaux de passeurs, les prévenus, nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak, sont notamment poursuivis pour « homicides involontaires », « blessures involontaires », « aide au séjour irrégulier en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs ».En parallèle de ce volet consacré aux passeurs, l’information judiciaire se poursuit à l’encontre de militaires mis en cause – cinq personnels du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage Gris-Nez et deux marins du patrouilleur Le Flamant – mis en examen pour non-assistance à personne en danger. En effet, la nuit du drame, les passagers du pneumatique en détresse avaient multiplié les appels à l’aide sans que les secours français leur portent assistance.
    (...)
    Les investigations sur le naufrage de 2021, menées notamment à partir des téléphones des victimes et des passeurs, d’écoutes et de dénonciations obtenues des familles et des proches des victimes, mettent en cause deux réseaux communautaires. D’un côté, une prise en charge depuis l’Italie des victimes d’origine afghane par un réseau d’immigration impliquant des ressortissants afghans et pakistanais, basés principalement dans le Val-d’Oise ; et de l’autre, l’implication d’une filière irako-kurde. L’enquête esquisse une hiérarchie et fait apparaître des organisateurs tenant un rôle majeur, en contact avec la quasi-intégralité des passeurs identifiés, et une nébuleuse de petites mains. Dans la première catégorie, un Afghan de 29 ans en fuite, visé par un mandat d’arrêt, surnommé « Obaid », possède dans son téléphone des photographies de bateaux, de personnes susceptibles d’être des migrants et des preuves de virements.
    Son compatriote surnommé « Mujahid », 36 ans, sera dans le box des prévenus. Il est désigné par un autre membre du réseau comme celui qui gardait l’argent des clients et qui négociait avec « Obaid » pour le tarif, à qui il transmettait le paiement une fois les migrants passés en Angleterre. Les interceptions téléphoniques révèlent des conversations où il est question de bateaux pneumatiques à récupérer ou à remettre et du prix des traversées.Au début du mois de novembre 2021, sa ligne téléphonique et celle d’une victime du naufrage bornaient en même temps et au même lieu à Garges-lès-Gonesse et à Sarcelles, dans le Val-d’Oise. La sonorisation de son véhicule permettra cinq mois après le drame, en avril 2022, d’enregistrer cet extrait de conversation : « Si tu veux un Game [comprendre un passage par bateau] sérieux, alors donnes 3 000 livres [environ 3 500 euros] et ton frère partira tranquillement comme une rose. » Toujours dans la filière afghane, « Shamo » et « King » sont désignés, selon un renseignement, comme deux chauffeurs chargés de transporter des migrants avec une camionnette depuis l’Italie jusqu’à Calais. La ligne téléphonique du premier bornait à Menton (Alpes-Maritimes) le 12 novembre, sensiblement dans les mêmes zones que celles de plusieurs victimes du naufrage. La téléphonie de « King » révèle qu’il était présent à Dunkerque la nuit du drame et en contact avec une des victimes. Il détient, par ailleurs, dans son téléphone des reçus de transfert d’argent, des pièces d’identité étrangères et des photographies d’armes. Entre mars 2020 et février 2022, il a effectué 44 transferts de fonds pour un montant de 19 843 euros par MoneyGram – les montants les plus importants intervenant au profit d’individus demeurant à Athènes, à Creil (Oise) et à Sarcelles. Un complice a logé des victimes à Romainville (Seine-Saint-Denis) et un autre à Amiens avant leur montée à Dunkerque (Nord).
    L’enquête fournit moins de renseignements sur la filière irako-kurde. Le dénommé « Bashdar », dénoncé par les familles comme l’une des têtes de réseau, a été arrêté en Irak en 2022 et est détenu au Kurdistan irakien. Mardi, à l’ouverture du procès, 114 parties civiles seront présentes ou représentées, dont 10 auront fait le voyage depuis le territoire kurde d’Irak.

    #Covid-19#migrant#migration#france#droit#sante#trafic#afhganistan#irak#kurde#routemigratoire#mortalite

  • Rachida Dati réintègre la magistrature et se voit proposer un poste par le ministère de la justice, une semaine avant son procès pour « corruption » dans l’affaire Renault
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/04/rachida-dati-reintegree-dans-la-magistrature-et-proposee-a-un-poste-par-gera

    Selon les informations du « Monde », un poste de premier substitut en administration centrale a été proposé à l’ancienne ministre de la culture. Une offre qui tombe quelques jours avant son renvoi devant le tribunal correctionnel à Paris.

  • Rachida Dati réintègre la magistrature et se voit proposer un poste par le ministère de la justice, une semaine avant son procès pour « corruption » dans l’affaire Renault
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/04/rachida-dati-reintegree-dans-la-magistrature-et-proposee-a-un-poste-par-gera

    Rachida Dati cherchait à revenir dans son corps d’origine depuis son départ, en février, du ministère de la culture. Au début du mois de mai, l’ancienne garde des sceaux de Nicolas Sarkozy (2007-2009) – qui avait quitté la magistrature depuis vingt-trois ans au gré de ses mandats électoraux et de ses activités d’avocate – s’était rendue Place Vendôme pour faire part de ses desiderata à son successeur, Gérald Darmanin, avait révélé, début juin, Le Canard enchaîné. Selon les informations du Monde, c’est désormais chose faite.

    Au cœur de l’été, Rachida Dati a fait l’objet d’un arrêté, non publié au Journal officiel, validant la fin de sa mise en disponibilité. Un retour discret à la magistrature, qui s’était fait sans affectation pendant plusieurs semaines – une rareté – avant d’être régularisé, vendredi 4 septembre, par une proposition de nomination de la Chancellerie. Selon nos informations, Rachida Dati s’est vu proposer un poste de premier substitut en administration centrale, au secrétariat général.

    Contacté, le ministère de la justice insiste sur le fait que « la réintégration d’un magistrat en disponibilité est de droit »...

    Et le vrai scandale, c’est que Darmanin a accepté
    Association de malfaiteurs…

  • A #Paris, les dépassements de loyer au plus haut depuis la mise en place de l’encadrement
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/04/a-paris-les-depassements-de-loyer-au-plus-haut-depuis-la-mise-en-place-de-l-


    Vue sur les toits de Paris depuis la tour Montparnasse, dans le 15ᵉ arrondissement, le 14 juillet 2025. THIBAUD MORITZ/AFP

    Selon le baromètre annuel de la Fondation pour le #logement, 46 % des logements proposés à la location dans la capitale affichent un tarif supérieur aux plafonds légaux, contre 31 % en 2025.

    La hausse est jugée « inédite » depuis la mise en place de l’#encadrement_des_loyers à Paris en 2019. Selon le sixième baromètre sur le sujet publié par la Fondation pour le logement (ex-Fondation Abbé Pierre), le nombre d’habitations dépassant les plafonds légaux a bondi en un an de 15 points dans la capitale, à 46 %, contre 31 % en août 2025 – sur la France entière, la hausse est de 5 points. Dans l’ouest et le centre de Paris, certains arrondissements affichent même jusqu’à 62 % de locations concernées par des dépassements. La situation se dégrade aussi dans l’est de la région parisienne.

    Cette évolution est jugée « inquiétante » par la fondation, qui l’explique notamment par les tensions sur le marché locatif, causées par la hausse des taux d’intérêt ainsi que par « le développement des logements vacants ou occasionnels », qui réduisent encore une offre déjà tendue.

    Le baromètre pointe également les incertitudes qui pèsent depuis le début de l’année sur la pérennisation de l’encadrement. L’expérimentation, menée dans environ 70 communes, est censée prendre fin en novembre 2026. Après avoir laissé planer le doute, le ministre du logement, Vincent Jeanbrun, s’est finalement prononcé pour une prolongation de deux ans, non sans répéter son opposition au plafonnement des loyers, qu’il qualifie de « pansement ».

    • « J’avais les huissiers à la porte » : ce locataire a perdu son logement après avoir demandé à son propriétaire de respecter la loi
      https://www.franceinfo.fr/economie/pouvoir-achat/logement/temoignage-j-avais-les-huissiers-a-la-porte-ce-locataire-a-perdu-son-loge

      Installé depuis 10 mois dans son appartement, il remplit un questionnaire en ligne de la Ville de Paris qui permet de déterminer si le montant de votre loyer ne dépasse pas les plafonds légaux. Pour son deux-pièces, meublé, de 32m² dans le 20e, il paie actuellement 1 300 euros, et d’après loi, il y a "221 euros de dépassement", soit en 10 mois, plus de 2 000 euros. Cet argent "va dans la poche de mon propriétaire", déplore Gaspard.

      Quand le locataire en parle à son propriétaire, celui-ci invoque un complément de loyer qui n’apparaît nulle part sur le bail. "Il m’a juste dit que c’est un appartement qui a une belle vue. J’ai une vue sur une micro place de Paris avec un bar, en bas, ouvert jusqu’à 2 heures du matin tous les soirs, c’est quand même un peu osé de dire que c’est un bien exceptionnel", détaille Gaspard. L’ingénieur précise aussi qu’il a "un vis-à-vis avec un Ehpad qui est en travaux depuis 10 mois" donc il a "des ouvriers devant la fenêtre tout le temps", il n’a "pas d’accès à la cave" non plus et il n’a "pas de quittance de loyer". [ Ça ne le concerne sans doute pas mais dans ce cas il est impossible d’obtenir l’APL]

      Son propriétaire lui pose un ultimatum

      Quand Gaspard demande une régularisation, le propriétaire lui laisse alors deux solutions. "Soit on reste sur un loyer de 1 300 euros, soit j’envoie les huissiers pour te signifier ton préavis de départ. Trois jours plus tard, j’avais les huissiers à la porte qui me donnait mon préavis", raconte-t-il. Son bail d’un an, [pas de 3/6/9, c’est l’arnaque du meublé, aussi avantageux fiscalement] arrivait alors à expiration et, comme le stipule la loi, son propriétaire lui a donné un préavis de trois mois pour quitter les lieux.

      Sous la menace d’une expulsion, Gaspard n’a plus qu’un mois pour trouver un nouveau logement. "Le plan le plus probable, c’est que j’aille sur le canapé d’un pote alors que j’ai 27 ans, que je travaille, que je suis diplômé. C’est la réalité aujourd’hui, à Paris", conclut le jeune homme.

  • Logement : le nouveau DPE réduit l’avantage du gaz par rapport à l’électricité
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/26/logement-le-nouveau-diagnostic-de-performance-energetique-reduit-l-avantage-

    Le gouvernement a modifié le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique des logements (#DPE), avec pour effet de réduire encore l’avantage de ceux alimentés en gaz sur ceux chauffés à l’électrique, selon un arrêté au Journal officiel, mercredi 26 août.

    Le texte, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2027, « modifie de 1,9 à 1,7 la valeur du facteur de conversion » pour l’électricité dans les diagnostics de performance énergétique et les audits énergétiques. Ce coefficient était déjà passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier dernier dans le cadre de la réforme du DPE destinée à être plus favorable aux chauffages électriques. Le gaz naturel bénéficie d’un coefficient de 1, plus avantageux que l’électricité.

    Cette mesure aura pour effet de réduire davantage le nombre de #passoires_énergétiques, selon l’étude d’impact transmise au Conseil supérieur de l’énergie (CSE) début août. « L’abaissement du facteur de conversion aura pour effet mécanique d’améliorer la note DPE d’un nombre significatif de logements, avec une réduction de 14 % du nombre de passoires dans le parc locatif privé, soit 125 000 logements », selon ce document.

    [...] Il précise que la précédente révision de 2,3 à 1,9 « avait engendré la sortie du statut de passoire d’environ 275 000 logements du parc locatif privé ».

    Ça coûte rien, et, d’une pierre deux coups, ça conforte la rente immobilière et légitime davantage encore le nucléaire.

    #France_propriété #chauffage #chauffages_électriques #électrification

    • Cela réduira le nombre de logements soumis au gel des loyers et à l’interdiction de location, et risque de ralentir l’effort de #rénovation.

      [...]

      « Environ 300 000 résidences principales » sortiront du statut de « passoire énergétique » (classes F et G), peut-on lire dans l’étude d’impact. Les 125 000 qui appartiennent au parc locatif privé n’auront plus à se soumettre au gel des loyers. La réforme maintiendra « de l’ordre de 300 000 logements » dans le parc locatif dans les prochaines années – ils auraient sinon été interdits à la location –, « et réduira l’incitation réglementaire à rénover ces logements ». A noter que la révision du coefficient au 1er janvier 2026 devait déjà sortir 850 000 logements du statut de passoire, selon le gouvernement.
      « On casse le thermomètre, sans rendre les ex-passoires plus habitables ni réduire leurs factures d’énergie ! Et ceux qui y vivent auront moins accès aux aides à la rénovation », critique Damien Barbosa, coordinateur du collectif Rénovons, qui réunit associations environnementales et professionnels de l’efficacité énergétique. « On pouvait comprendre le passage au coefficient 1,9, calculé au niveau européen et déjà très incitatif à l’installation de pompes à chaleur. Mais trop de changements perturbent les clients et nuisent à la crédibilité du DPE », regrette Olivier Héaulme, président du syndicat de diagnostiqueurs immobiliers Sidiane.

      Une consultation publique n’a recueilli que 29 contributions favorables à l’abaissement du facteur de conversion, contre 78 qui y sont défavorables. Le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique, organe consultatif qui réunit les acteurs du secteur, a rendu un avis négatif sur le projet d’arrêté.

      [...]

      Damien Barbosa, du collectif Rénovons, mène une réflexion similaire : « Comme le DPE est moins fiable, inventons des critères objectifs, telles que des températures minimum et maximum à ne pas dépasser à l’intérieur ».

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/28/la-nouvelle-revision-du-dpe-va-faire-sortir-plus-de-300-000-logements-du-sta
      https://archive.ph/QceCe

  • Présidentielle 2027 : la surenchère sur l’immigration des candidats du bloc central
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/23/presidentielle-la-surenchere-des-candidats-du-bloc-central-sur-l-immigration

    Présidentielle 2027 : la surenchère sur l’immigration des candidats du bloc central
    En visite à Mayotte, Edouard Philippe a évoqué la suspension des demandes d’asile ou de regroupement familial. Son rival au centre, Gabriel Attal, évoque une modification constitutionnelle pour instaurer des quotas limitatifs de migrants.
    Par Véronique Chocron
    Son entourage n’en fait pas mystère : il s’agit de ne pas laisser le terrain au Rassemblement national (RN). Depuis les images frappantes de l’intrusion, les 30 et 31 juillet, de 72 000 migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta (dont 70 000 ont depuis été renvoyés au Maroc), Edouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, multiplie les prises de position sur l’immigration, un thème au cœur de sa campagne pour 2027.
    Il y a d’abord eu la publication, le 10 août, d’une tribune dans Le Figaro, pour affirmer sa volonté d’instaurer un « verrou Schengen ». Objectif : qu’aucun Etat européen ne puisse « engager seul une régularisation massive » de clandestins « au-delà d’un seuil défini collectivement » et « sans accord préalable ». Une attaque dirigée contre le plan de régularisation lancé en début d’année par l’Espagne, qui aurait selon le président d’Horizons créé un appel d’air pour tout le continent – bien que l’enclave nord-africaine de Ceuta n’appartienne pas à l’espace européen de libre circulation.
    En visite à Mayotte le 21 août, quelques jours avant la venue du premier ministre, Sébastien Lecornu, l’ex-chef du gouvernement s’est engagé, en cas de victoire, à suspendre les enregistrements des demandes d’asile et le droit du sol dans l’île, qui connaît un afflux régulier de migrants, pour l’essentiel comoriens, mais aussi à y interrompre les demandes de regroupement familial, pendant la durée du quinquennat. Il a également souhaité qu’un « centre de retour français » soit installé en Afrique de l’Est, « afin d’éloigner rapidement et massivement les étrangers en situation irrégulière installés à Mayotte ».
    Son rival Gabriel Attal, l’autre candidat du bloc central à la présidentielle, n’est pas en reste. Le 1er août, au lendemain de la crise de Ceuta, il a ainsi donné une interview controversée au Journal du dimanche, propriété du milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Le secrétaire général de Renaissance y explique que « la maîtrise de l’immigration est l’un des grands échecs des deux derniers quinquennats » et propose « des quotas limitatifs ». « Cela suppose de modifier la Constitution, ajoute-t-il, mais j’assume (…) de lever ce tabou. »
    Une escalade de propositions qui laisse perplexes certains anciens soutiens, comme la députée du Maine-et-Loire Stella Dupont. Pour celle qui fut, de 2018 à 2022, référente sur les questions d’immigration et d’asile au sein du groupe macroniste, avant d’en quitter les bancs en 2024 – elle siège désormais parmi les députés non inscrits –, Edouard Philippe et Gabriel Attal « vont sur le sujet immigration car ils y voient un marqueur de droite fort, et que, pour gagner une élection, ils se disent qu’il faut d’abord rassembler sa base, puis l’élargir ». S’alarmant du fait que « les idées d’extrême droite infusent », la députée, aujourd’hui porte-parole de l’ex-socialiste Bernard Cazeneuve, s’interroge sur « cette stratégie de la course derrière le RN ».
    « La position d’Edouard Philippe a toujours été assez raide sur le sujet de l’immigration, il est même plus sévère que ce qu’il dit publiquement, confie un autre député Horizons, qui souhaite conserver l’anonymat. Il a par exemple été le premier à vouloir dénoncer l’accord signé entre la France et l’Algérie en 1968 », qui réglemente la circulation, l’emploi et le séjour des ressortissants algériens en France.L’ancien premier ministre sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron ne souhaite en effet « pas renégocier l’accord, détaille Clément Tonon, coordinateur du projet présidentiel de la campagne d’Edouard Philippe. Il n’y a plus de raison d’avoir un régime dérogatoire pour les Algériens par rapport aux autres étrangers ». Quant au droit d’asile, « il y est très attaché, poursuit Clément Tonon, mais il prône la suspension prolongée des demandes d’asile en cas de crise migratoire instrumentalisée comme à la frontière polono-biélorusse ou en cas de saturation migratoire dans un territoire insulaire comme Mayotte, ou enclavé comme Ceuta. Plusieurs pays européens, comme la Grèce et la Pologne, y réfléchissent ».
    Les spécialistes du droit de l’immigration, eux, restent sceptiques sur le réalisme de ces propositions. Professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes, Serge Slama estime qu’une suspension du droit d’asile pendant la durée du quinquennat « n’est juridiquement pas possible. Il y a deux obstacles : le droit de l’Union européenne [UE], car l’article 18 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE garantit le droit d’asile, et la Constitution française, pour la même raison ». Ces règles empêchent de refouler les personnes se disant persécutées dans leur pays sans avoir examiné leur demande de protection et, pour le préambule de la Constitution, garantit l’asile sur le territoire de la République.
    De même, « une loi qui suspendrait pendant cinq ans le droit du sol à Mayotte poserait un problème de constitutionnalité au regard du principe d’égalité des citoyens devant la loi », poursuit Serge Slama. Quant à la proposition d’interrompre les demandes de regroupement familial à Mayotte, elle se heurterait au droit à une vie privée et familiale, garanti par la Constitution française, la Convention européenne des droits de l’homme et la Charte des droits fondamentaux de l’UE.
    Commentant la visite d’Edouard Philippe à Mayotte, le député européen RN Matthieu Valet ne s’est quant à lui pas privé de sortir l’argument des électeurs qui « préféreront toujours l’original à la copie ». « La suppression du droit du sol, du regroupement familial, l’irrecevabilité des demandes d’asile à Mayotte (…), Marine Le Pen [les] avait déjà annoncé[es] », a-t-il déclaré sur BFM-TV, le 21 août, en soulignant « l’intérêt électoraliste » du président d’Horizons.
    Pourquoi les deux anciens premiers ministres et candidats du bloc central à la présidentielle ont-ils alors enfourché ce cheval de bataille, à huit mois de l’élection ? L’immigration ne figure pas au cœur des préoccupations de leur électorat, tant s’en faut : elle n’est pas le premier sujet de préoccupation des Français dans leur ensemble, puisqu’elle n’arrive qu’au sixième rang, selon le baromètre Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs publié en juillet (avant la crise de Ceuta) par La Tribune Dimanche. Il est cité comme une préoccupation par 27 % des Français, derrière le pouvoir d’achat – premier sujet –, puis l’avenir du système social, le niveau de la délinquance, la protection de l’environnement et la dette. Au sein du bloc central, l’immigration n’est citée comme une préoccupation que par 11 % des électeurs de Renaissance, du MoDem et d’Horizons.
    Pour Brice Teinturier, directeur général délégué de l’entreprise de sondages Ipsos, « face à un événement d’actualité comme Ceuta, extrêmement marquant et supposément anxiogène dans l’opinion, les candidats du bloc central n’ont pas voulu se laisser déborder par le RN, ni donner l’impression qu’eux négligeraient le sujet, ce qui les amène à durcir leurs propositions ».L’analyste politique souligne que l’électorat-clé pour Edouard Philippe est « celui de la droite non-RN, celui de Bruno Retailleau, pro-européen, probusiness, mais ancré à droite sur le régalien et le sujet des valeurs » ; un électorat que des propositions dures sur l’immigration « ne déstabiliseront pas, ce qui n’est pas tout à fait le cas du côté de Gabriel Attal ». Les deux anciens premiers ministres cherchent à rassembler leur camp pour se qualifier au premier tour, « sans créer une hostilité à gauche », car ils auront besoin de ses voix au second tour. « C’est risqué, mais ne pas aborder le sujet de l’immigration l’est aussi, estime Brice Teinturier. Gabriel Attal et Edouard Philippe naviguent donc entre ces différents risques. »

    #Covid-19#migration#migrant#france#politiquemigratoire#election#extremedroite#sante#droit#immigration

  • Le ministère de l’intérieur piraté depuis la boîte mail d’un fonctionnaire : autopsie d’une intrusion qui révèle les failles informatiques de l’Etat
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/20/le-ministere-de-l-interieur-pirate-depuis-la-boite-mail-d-un-fonctionnaire-a

    Il est surnommé « le patient zéro de l’attaque » par les enquêteurs. Monsieur D. est fonctionnaire au ministère de l’agriculture et exerce au sein d’une antenne locale de son administration en Bourgogne. Dans la soirée du 19 septembre 2025, depuis son domicile dijonnais, ce père de famille consulte sa boîte mail professionnelle et clique sur un lien qui le conduit sur un faux site proposant le téléchargement de logiciels d’édition musicale.

    Le piège se referme : voilà l’ordinateur personnel de l’agent infecté par un « infostealer », un logiciel malveillant, appelé « Rhadamanthys ». Le virus collecte ses données de navigation sur Internet, privées et professionnelles, notamment ses identifiants de connexion au portail du ministère.

    Cet incident a été identifié comme le point de départ du piratage des serveurs du ministère de l’intérieur, survenu au cours du mois de décembre 2025, selon les investigations réalisées par l’Office anticybercriminalité de la police judiciaire, dont Le Monde a pris connaissance. Au terme de huit mois d’enquête, l’affaire symbolise la vulnérabilité des systèmes informatiques de l’Etat : en profitant au départ d’une négligence humaine, les auteurs ont découvert un certain nombre de failles et de passerelles entre les deux ministères qui leur ont permis de s’introduire jusque dans les réseaux de la police nationale pour consulter et extraire des données confidentielles tirées des fichiers accessibles aux forces de l’ordre.

    Pour l’heure, un suspect a été mis en examen et placé en détention provisoire dans ce dossier. Le 16 avril, lors d’un interrogatoire devant la juge d’instruction, le jeune homme de 23 ans a répété qu’il n’était pas l’auteur du piratage, expliquant avoir seulement fourni le serveur ayant permis aux véritables hackeurs, toujours dans la nature, d’agir.

    Réinitialisation des mots de passe
    C’est donc trois mois avant la découverte officielle de l’intrusion que tout s’est noué. En ayant accès aux identifiants du « patient zéro », monsieur D., les pirates compromettent son espace de stockage en ligne personnel Google Drive, où ils découvrent que le fonctionnaire a stocké son certificat d’authentification utilisateur, une sorte de clé numérique personnelle permettant de se connecter au réseau privé virtuel (VPN) du ministère de l’agriculture. Là, ils prennent le contrôle de son compte, aux droits particulièrement élevés en raison des fonctions de la victime, relatives à l’informatique et aux statistiques agricoles, et naviguent durant des semaines dans les réseaux du ministère.

    Le 9 novembre, ils découvrent une passerelle informatique menant jusqu’aux réseaux du ministère de l’intérieur. Ce qui leur permet durant presque un mois, avant que l’intrusion ne soit détectée par le centre de cyberdéfense de Beauvau, de se familiariser avec l’architecture des systèmes informatiques du ministère, en particulier des serveurs de la direction générale de la police nationale. En identifiant une faille sur un outil interne accessible depuis un simple navigateur Web, les hackeurs parviennent à prendre possession de comptes de gestionnaires e-mail de différentes directions interrégionales de la police et à activer la réinitialisation des mots de passe d’agents du ministère, en particulier d’enquêteurs de police.

    Ils explorent alors les messageries des comptes piratés et recherchent à l’aide de mots-clés les certificats d’authentification permettant de se connecter au VPN du ministère de l’intérieur réservé aux forces de l’ordre. Ils les trouvent sans grande difficulté dans des pièces jointes d’e-mails, avec les mots de passe associés dans le corps de texte. C’est la raison pour laquelle le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, avait évoqué, lors de la révélation du piratage, le 17 décembre 2025, « un manque d’hygiène numérique » de la part d’agents. Une manière de pointer du doigt la faute humaine, alors que l’intrusion a surtout été rendue possible par les différentes vulnérabilités techniques des systèmes ministériels.

    Grâce aux données dérobées, les intrus pénètrent sur le très sensible portail Cheops, la boîte à outils des policiers et gendarmes. Sans avoir besoin de carte professionnelle sécurisée, ils se connectent au fichier des personnes recherchées, qui recense, par exemple, les individus faisant l’objet d’un mandat d’arrêt ou de recherche émanant de la justice – les fiches J – ou ceux placés sous une surveillance discrète car représentant une menace potentielle à la sécurité publique – les fiches S.

    Les suspects s’attardent en particulier sur trois profils de jeunes majeurs, dont l’un est recherché par la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Préfecture de police de Paris. Ils consultent également le fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ), où apparaissent les personnes entendues par les services de police ou de gendarmerie en tant qu’auteurs ou victimes. Des noms, des prénoms, ainsi que des pseudonymes sont recherchés, dont ceux, là encore, d’un jeune homme connu pour son implication dans une affaire d’atteintes à un système automatisé de traitement de données.

    Opération de représailles
    Selon les chiffres fournis par le ministre de l’intérieur, lors de son audition par la commission des lois du Sénat en janvier, le ou les assaillants ont dérobé 23 fiches et 3 000 « éléments de sommaires », sorte de résumé, émanant du fichier des personnes recherchées ; 72 fiches ainsi que plusieurs dizaines de milliers de sommaires provenant du TAJ, mais aussi une fiche Interpol. Si les identités téléchargées ne permettent pas de déceler une cohérence particulière relative à un groupe criminel organisé, ces données revêtent une certaine sensibilité dans l’hypothèse où elles tomberaient entre de mauvaises mains. D’après Laurent Nuñez, les suspects n’ont procédé à aucune modification ou destruction de fiches.

    Le bilan de l’attaque, qualifiée de « très grave » par le locataire de la place Beauvau, apparaît plus embarrassant que ce qui fut annoncé publiquement. Un rapport établi par les enquêteurs de l’Office anti-cybercriminalité révèle que les pirates sont également parvenus à consulter le contenu de plusieurs procédures judiciaires en cours. Au moins trois d’entre elles portent sur des faits de cybercriminalité et sont diligentées par les services de police de l’Office anticybercriminalité, chargés du piratage de l’intérieur, et de la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Préfecture de police, dont l’une a été ouverte en 2025.

    Les suspects ont-ils voulu se renseigner sur des investigations les visant ou visant leur communauté ? Pour l’heure, la piste privilégiée est que l’attaque constituait une opération de représailles à l’arrestation, en juin 2025, de membres présumés du groupe cybercriminel ShinyHunters.

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    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/20/le-ministere-de-l-interieur-pirate-depuis-la-boite-mail-d-un-fonctionnaire-a
    Le 5 décembre, l’intrusion est finalement signalée à la justice par la direction générale de la police nationale dans le cadre d’un article 40 du code de procédure pénale, obligeant tout fonctionnaire à dénoncer une infraction constatée, après la détection d’activités inhabituelles sur les boîtes e-mail de fonctionnaires de police. Dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet de Paris, les enquêteurs identifient rapidement un premier suspect en partant des adresses IP communes utilisées lors des compromissions des réseaux des ministères de l’agriculture et de l’intérieur. Toutes proviennent d’une société canadienne proposant des hébergements numériques.

    « Ces incidents sont pris très au sérieux »
    En tirant le fil des transactions ayant abouti à la location du serveur utilisé par les pirates, saisi lors d’une perquisition dans les locaux de l’entreprise en banlieue parisienne, les policiers isolent une adresse e-mail et un portefeuille numérique de cryptomonnaie rattachés à un certain Melvin L., jeune autoentrepreneur domicilié dans la Haute-Vienne, déjà connu pour des infractions cyber. Arrêté le 17 décembre, le suspect reconnaît avoir loué le serveur incriminé, mais à la demande des auteurs du piratage, qui auraient exercé sur lui des pressions. Il affirme ne connaître que les pseudonymes de ces commanditaires. « Je ne savais pas ce qu’ils faisaient avec les serveurs, a-t-il réaffirmé lors de son interrogatoire, le 16 avril. Je ne suis pas l’auteur du piratage, je ne me suis jamais connecté aux serveurs du ministère. »

    A ce stade, les investigations n’établissent pas de lien matériel entre Melvin L. et les intrusions ministérielles, mais deux profils recherchés dans les fichiers de police sont connus du jeune homme. Le suspect, qui se définit comme « autodidacte » en informatique, après avoir décroché en lycée professionnel, a déjà été condamné en 2025 à un an de prison avec sursis dans une affaire de cyberescroquerie et est en attente de procès dans un dossier de canular téléphonique dit « swatting » : deux affaires pour lesquelles il est suspecté d’avoir fourni les moyens techniques à des complices. Sollicité par Le Monde, l’avocat de Melvin L., Julien Zanatta, n’a pas souhaité s’exprimer.

    « L’#intrusion malveillante au sein de certaines applications métiers du ministère de l’intérieur a été traitée avec la plus haute vigilance et au plus haut niveau, estime, de son côté, l’entourage de Laurent Nuñez. Ces incidents sont pris très au sérieux et le ministère de l’intérieur s’inscrit dans une démarche de renforcement de sa sécurité et hygiène numériques, dans le cadre d’une montée en puissance collective nécessaire. » L’affaire trouve un écho particulier à la lumière de la cyberattaque, révélée le 13 août, ayant frappé le site de la direction des impôts. Critiqué, le #gouvernement, par la voix du premier ministre, Sébastien Lecornu, a reconnu, mercredi 19 août, que « peu de #ministères [étaient] au niveau requis » en matière de #cybersécurité.

  • Après la cyberattaque dans l’éducation nationale, des applications bloquées et des chefs d’établissement « au chômage technique »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/21/apres-la-cyberattaque-dans-l-education-nationale-des-applications-bloquees-e

    Proviseurs et principaux se rendent compte, au fil de leur reprise du travail, de perturbations dans l’accès à leur messagerie et à leurs outils en ligne, en raison de mesures de sécurisation suivant la cyberattaque du 25 juillet. Des interruptions de services qui inquiètent dans la dernière ligne droite avant la rentrée.

  • Le ministère de l’intérieur piraté depuis la boîte mail d’un fonctionnaire : autopsie d’une intrusion qui révèle les failles informatiques de l’Etat
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/20/le-ministere-de-l-interieur-pirate-depuis-la-boite-mail-d-un-fonctionnaire-a

    Alors que le gouvernement est pris en défaut après la #cyberattaque visant le site des impôts, l’enquête judiciaire portant sur un autre piratage d’envergure, celui des serveurs de Beauvau, révèle que tout est parti de la simple compromission d’identifiants d’un agent du ministère de l’agriculture en Bourgogne.

    Il est surnommé « le patient zéro de l’attaque » par les enquêteurs. Monsieur D. est fonctionnaire au ministère de l’agriculture et exerce au sein d’une antenne locale de son administration en Bourgogne. Dans la soirée du 19 septembre 2025, depuis son domicile dijonnais, ce père de famille consulte sa boîte mail professionnelle et clique sur un lien qui le conduit sur un faux site proposant le téléchargement de logiciels d’édition musicale.

    Le piège se referme : voilà l’ordinateur personnel de l’agent infecté par un « infostealer », un logiciel malveillant, appelé « Rhadamanthys ». Le virus collecte ses données de navigation sur Internet, privées et professionnelles, notamment ses identifiants de connexion au portail du ministère.

    Cet incident a été identifié comme le point de départ du piratage des serveurs du #ministère_de_l’intérieur, survenu au cours du mois de décembre 2025, selon les investigations réalisées par l’Office anticybercriminalité de la police judiciaire, dont Le Monde a pris connaissance. Au terme de huit mois d’enquête, l’affaire symbolise la vulnérabilité des systèmes informatiques de l’Etat : en profitant au départ d’une négligence humaine, les auteurs ont découvert un certain nombre de failles et de passerelles entre les deux ministères qui leur ont permis de s’introduire jusque dans les réseaux de la police nationale pour consulter et extraire des données (confidentielles tirées des fichiers accessibles aux forces de l’ordre.

    [...]

    Le bilan de l’attaque, qualifiée de « très grave » par le locataire de la place Beauvau, s’avère plus embarrassant que ce qui fut annoncé publiquement. Un rapport établi par les enquêteurs de l’Office anti-cybercriminalité révèle que les pirates sont également parvenus à consulter le contenu de plusieurs procédures judiciaires en cours. Au moins trois d’entre elles portent sur des faits de cybercriminalité et sont diligentées par les services de police de l’Office anticybercriminalité, chargés du piratage de l’intérieur, et de la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Préfecture de police, dont l’une a été ouverte en 2025.


    COLCANOPA

    https://archive.ph/cGzia

  • Janvier 2026
    Cyberattaque contre l’Éducation nationale : les données de 5 millions de personnes piratées
    https://www.01net.com/actualites/cyberattaque-contre-education-nationale-donnees-5-millions-personnes-piratees

    la plateforme GAEL a enregistré une intrusion. La plateforme est chargée de la gestion du DELF (Diplôme d’études en langue française) et du DALF (Diplôme approfondi de langue française), les certifications officielles délivrées par le ministère français de l’Éducation nationale pour évaluer les compétences en français langue étrangère ou seconde.

    L’intrusion découle directement de la « compromission de deux comptes d’utilisateurs externes ». [...] Parmi les informations dérobées, on trouve « civilité, nom, prénom, patronyme, ville de naissance, pays de naissance, date de naissance, nationalité, langue maternelle, premier centre de rattachement ». Ce sont des informations précises, qui sont très utiles pour mettre au point des arnaques personnalisées.

    [...] Selon les investigations menées par l’Éducation nationale, ce sont les données de 5,8 millions de candidats qui ont été subtilisées.

    Mars 2026
    L’Éducation nationale piratée : les données de 243 000 agents ont été volées
    https://www.01net.com/actualites/education-nationale-piratee-donnees-243-000-agents-volees.html

    le ministère révèle que Compas, un logiciel de ressources humaines utilisé pour gérer les stagiaires du premier et du second degré, a été compromis.

    Dans le logiciel, les pirates ont pu mettre la main sur les données de 243 000 agents de l’Éducation nationale. En grande majorité, les victimes sont des enseignants. Les informations volées comprennent les noms, les prénoms, les adresses postales, les numéros de téléphone et toutes les périodes d’absence des enseignants enregistrés dans Compas. Bonne nouvelle, les motifs des absences n’ont pas été consultés par les attaquants.

    [...] Les investigations ont montré qu’un compte utilisateur compromis est à l’origine de l’attaque.

    Avril 2026
    Fuite de données à l’Éducation nationale : une nouvelle cyberattaque a compromis les informations de millions d’élèves
    https://www.01net.com/actualites/nouvelle-fuite-donnees-education-nationale-cyberattaque-compromis-infos-eleve

    Les hackers de DumpSec ont revendiqué la cyberattaque à l’encontre du service EduConnect [portail d’accès numérique pour les élèves] de l’Éducation nationale. Les pirates prétendent avoir volé les données personnelles de 3,5 millions d’élèves mineurs au cours de leur attaque. Parmi les informations volées, on trouverait aussi 7 200 000 bulletins scolaires.

    [...] L’offensive est survenue à la fin de l’année dernière [déc. 25], mais n’a été découverte que récemment.

    Pour arriver à ses fins, le pirate à l’origine de l’attaque a usurpé l’identité d’un agent habilité du ministère.

    Août 2026
    Les pirates du site des impôts affirment avoir aussi dérobé des informations personnelles de millions d’élèves au ministère de l’éducation nationale
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/18/les-pirates-du-site-des-impots-affirment-avoir-aussi-derobe-des-informations

    On trouve pêle-mêle, dans les différents fichiers, les coordonnées postales, électroniques ou téléphoniques de parents et d’élèves, les options choisies par ces derniers, mais aussi des appréciations enregistrées par les enseignants. D’autres fichiers contiennent aussi l’adresse postale et le courriel personnel d’enseignants de l’académie de Créteil.

    Dans un long descriptif des données publié par les pirates présumés, ceux-ci affirment avoir mis la main sur plusieurs autres bases de données particulièrement sensibles, et notamment un fichier d’élèves « décrocheurs ». Toutes les académies sont concernées par le vol de données, mais les pirates disent disposer en particulier d’informations personnelles sur les enseignants des académies de Créteil et de Versailles. Il s’agit des deux plus importantes académies de France, qui regroupent environ 2 millions d’élèves, soit plus de 15 % du total national, ainsi que 190 000 agents, dont 143 000 enseignants. Le piratage semble avoir notamment visé le système Siecle (ex-Sconet) de l’éducation nationale, l’un des principaux systèmes de gestion des élèves utilisé dans le second degré.

    Selon les premiers éléments dont dispose le ministère de l’éducation nationale, cette nouvelle fuite est liée à un précédent piratage, annoncé par la Rue de Grenelle à la fin du mois de juillet et qui concernait « un nombre important de ses agents (…) ayant exercé en académie depuis 2001 ». Dans son communiqué de juillet, le ministère assurait que seules des données du personnel étaient touchées par le piratage.

    [...] L’inquiétude est plus vive encore que lors des précédents piratages de l’éducation nationale, au regard de l’ampleur de la fuite et des données subtilisées, qui permettraient par exemple de retracer l’historique scolaire de très nombreux élèves et exposeraient les lieux de travail et de vie de centaines de milliers de personnes.

    • J’ai un petit espoir que ces affaires nous fassent un peu bouger sur tout ce qu’on met sur les clouds de l’éducation nationale sur nos élèves...

      À la rentrée, dans mon académie (ça a déjà dû se faire ces 2-3 dernières années partout ailleurs en France), doit se généraliser l’usage du livret de parcours inclusif (LPI), application permettant d’échanger des documents sur tous les élèves à besoins éducatifs particuliers (plans/projets/programmes personnalisés divers et gevasco) entre profs, parents, mdph et notre hiérarchie. Jusqu’ici on s’envoyait les gevasvo par mail et les autres documents étaient seulement en papier, stockés dans un classeur à l’école, et il n’y avait pas de problème de « circulation d’information ». Mais ça ne permettait pas de bien contrôler notre travail administratif et pédagogique ni de piloter l’école inclusive à partir de données objectives...

    • Après la cyberattaque dans l’éducation nationale, des applications bloquées et des chefs d’établissement « au chômage technique »
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/21/apres-la-cyberattaque-dans-l-education-nationale-des-applications-bloquees-e

      Proviseurs et principaux se rendent compte, au fil de leur reprise du travail, de perturbations dans l’accès à leur messagerie et à leurs outils en ligne, en raison de mesures de sécurisation suivant la cyberattaque du 25 juillet. Des interruptions de services qui inquiètent dans la dernière ligne droite avant la #rentrée.

      https://archive.ph/tvy7g

      #cyberattaque #éducation

  • Dans le Pas-de-Calais, le feu et l’essor des « megaboats » créent des tensions autour des traversées de migrants dans la Manche
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/17/dans-le-pas-de-calais-le-feu-et-l-essor-des-megaboats-creent-des-tensions-au

    Dans le Pas-de-Calais, le feu et l’essor des « megaboats » créent des tensions autour des traversées de migrants dans la Manche
    Depuis début 2026, le nombre de tentatives de passages en Angleterre est en nette diminution. Mais des embarcations plus grosses posent d’importants problèmes de sécurité. En outre, deux départs de feu, attribués par certains aux migrants, même si la justice n’en a pas tranché la cause, attisent la colère d’une partie de la population.
    Par Véronique Chocron (Boulogne-sur-Mer [Pas-de-Calais], envoyée spéciale)
    Dans la voiture, jeudi 13 août, les deux bénévoles de l’association Opal’Exil ne sont pas sereines en démarrant leur maraude, qui longera la côte vers le sud, à partir de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Sylvie et Florence, retraitées, ont, comme d’habitude, chargé le coffre pour apporter de l’eau, du pain et des habits secs aux personnes exilées qui échouent dans leur tentative de traverser la Manche en bateau de fortune (small boat) vers le Royaume-Uni. Mais ce matin, pour la première fois, elles n’ont pas enfilé leurs chasubles avec le nom de leur collectif inscrit dans le dos.
    Des départs de feu se sont déclarés la veille dans des dunes boisées du littoral, sur les communes de Neufchâtel-Hardelot et Dannes. « Une zone de base d’attente des migrants », a précisé le directeur du cabinet du préfet du Pas-de-Calais. L’incendie a ravagé une habitation et 190 hectares de végétation. Le parquet de Boulogne-sur-Mer a ouvert une enquête pour « destruction involontaire » et « destruction volontaire par incendie ». « Toutes les pistes restent ouvertes. Il y a eu deux départs de feu », a rapporté le procureur adjoint, Patrick Leleu, dans le quotidien local Nord Littoral, expliquant qu’ils pouvaient être liés « au mode de vie habituel des exilés », mais aussi à une « opération de gendarmerie ». « Il y a des tensions, parce que certains habitants sont très remontés à l’égard des exilés, à qui ils attribuent les départs de feu, explique Sylvie. Des bénévoles se sont fait prendre à partie hier, à Neufchâtel-Hardelot, donc là, on y va sans chasuble pour ne pas être ciblées. »
    Arrivée et garée sur une route tranquille de Neufchâtel-Hardelot, l’équipe de maraude est rejointe par une des bénévoles qui, la veille, a essuyé des insultes. « Nous étions venues aider trois exilés sortis des dunes en feu, en détresse respiratoire, explique-t-elle sous le couvert de l’anonymat. Nous avons appelé les pompiers, et des gens qui ne résident pas ici à l’année se sont attroupés et nous ont crié : “C’est de votre faute si ces gens sont là et s’il y a le feu, arrêtez de leur donner à boire.” On m’a lancé une bouteille d’eau dans le dos, et une personne m’a ensuite poursuivie à vélo en m’injuriant. » Elle s’inquiète aussi d’une pétition circulant depuis plusieurs jours dans la station balnéaire huppée, où il est question de « la présence, sur le territoire communal, de personnes en situation irrégulière et [d]es troubles qui en résultent ».
    Se dirige également vers la voiture une famille, cachée depuis six jours dans les bois de la commune pour tenter une traversée vers l’Angleterre. Elle guettait un appel de Sylvie. Leur campement a été atteint par les flammes. Les parents branchent leurs portables sur une borne de recharge que Florence a posée au sol, et chacun prend un gobelet de thé. Ils sont bidounes, apatrides au Koweït, qu’ils ont quitté en 2023. « Nous sommes en France depuis trois mois et demi et nous avons tenté 18 fois d’embarquer pour traverser », explique Hussein, le fils aîné, 17 ans. Entre-temps, avec ses parents et sa sœur de 14 ans, ils ont vécu deux ans et demi en Allemagne, où leur demande d’asile n’a pas abouti. « Ce refus vaut pour toute l’Union européenne, donc leur seule solution aujourd’hui pour rester en Europe, c’est l’Angleterre », explique Florence.
    « C’est devenu très compliqué de monter sur les bateaux, il y a beaucoup d’exilés et peu de places, et c’est encore plus dur pour les familles, poursuit la bénévole. Lors d’une précédente tentative, Hussein et sa mère n’ont pas réussi à monter alors que le père et la fille y étaient parvenus. Et ont dû redescendre. » Ils s’apprêtent à réessayer, en espérant profiter de la fenêtre météo actuellement favorable aux traversées de la Manche – peu de vagues, peu de vent.
    A 6 kilomètres de là, assis avec un groupe d’une dizaine de compatriotes derrière la gare de Dannes-Camiers, Amit (son prénom a été changé), Iranien de 30 ans, n’est en France que depuis deux semaines, mais il a déjà tenté sept fois de monter sur un bateau pour le Royaume-Uni. Il n’a pas d’autres affaires sur lui qu’un gilet de sauvetage dans un sac-poubelle. « Je suis chrétien, je travaillais comme commercial en Iran. J’ai participé aux manifestations contre le régime, et je suis en danger là-bas », dit Amit en mimant avec ses bras la corde du pendu. Il est arrivé en France en passant par la Turquie, la Bulgarie et la Serbie. « Je veux aller en Angleterre parce que j’ai des amis là-bas », dit-il. Aussi, au Royaume Uni, le taux d’octroi de l’asile a atteint 71 % pour les personnes migrantes arrivées irrégulièrement, entre 2018 et 2024, par small boat.
    Sous le soleil brûlant, sur ce morceau de littoral, se croisent les pompiers mobilisés sur l’incendie, les migrants chassés des dunes par le feu et les vacanciers à la plage. « L’an dernier [en 2025], les traversées étaient plus nombreuses, mais se faisaient la nuit, plus discrètement. Désormais, les départs sont plus visibles, en plein jour, note Léa Biteau, coordinatrice de l’antenne du Secours catholique de Calais. Par ailleurs, beaucoup tentent le passage et n’y parviennent pas : des familles sont là depuis plus d’un an et ont fait des centaines de tentatives. Leur état de santé physique et psychique se détériore. »
    La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord confirme une baisse des tentatives de traversée depuis début 2026 : sur les sept premiers mois de l’année, 16 849 personnes ont essayé de traverser la Manche de la France vers le Royaume-Uni, contre 49 966 personnes en 2025. Un recul dû aux moyens mis en place par la gendarmerie et la police, mais aussi à la météo qui, cet hiver, n’a permis que peu de fenêtres de passage. Les organisations criminelles qui organisent les traversées se sont adaptées en augmentant la taille des bateaux pneumatiques et le nombre d’exilés à bord. Seize embarcations de plus de 100 personnes ont tenté le passage depuis début 2026. Dans la nuit du 9 au 10 août, ce sont 230 migrants, dont plus de 20 enfants, sur une même embarcation précaire, qui ont traversé la Manche au départ des côtes françaises. Quelques jours plus tôt, le 4 août, plus de 170 migrants avaient été secourus au large de Boulogne-sur-Mer, après l’incendie de leur bateau en pleine mer. « Le nombre de personnes par embarcation ne cesse d’augmenter », alerte la préfecture maritime : il est passé de 26 personnes en moyenne en 2021 à 67 personnes depuis début 2026.
    « Ce que la presse britannique appelle maintenant les “megaboats”, forcément, ça nous inquiète beaucoup, prévient Gérard Barron, président depuis 2000 de la Société nationale de sauvetage en mer de Boulogne-sur-Mer. Nous, on atteint nos limites. Si vous avez 230 personnes à l’eau en même temps, c’est un défi logistique, physique de les sortir de l’eau avant qu’ils ne commencent à se noyer. Donc des solutions sont activement recherchées par la préfecture maritime. » Alors que le Royaume-Uni a externalisé le contrôle de sa frontière sur le littoral du nord de la France, moyennant finances, la presse d’outre-Manche a récemment fait ses gros titres sur le phénomène de ces grands bateaux, dont les capacités dépassent désormais largement celles d’un avion de ligne moyen-courrier, a expliqué le Daily Mail, schéma à l’appui, dans un article publié le 10 août. Les tabloïds ont par ailleurs calculé qu’une traversée, qui coûte aux migrants autour de 2 000 livres sterling (environ 2 300 euros), dans un bateau transportant 230 exilés, pourrait avoir rapporté quelque 460 000 livres sterling aux trafiquants.
    « Le durcissement de la situation ici vient aussi d’influenceurs et de politiciens britanniques d’extrême droite. Plusieurs sont venus il y a une dizaine de jours et ont diffusé des photos et des noms des bénévoles, dont les nôtres, sur leurs réseaux sociaux, explique Sylvie, une des bénévoles de l’association Opal’Exil. Ils sont venus filmer des embarquements et ont pris à partie les personnes exilées qui montaient sur les bateaux pour dire que la police française fait mal son travail et que tout l’argent donné par l’Angleterre pour la frontière est dilapidé en vain. » Depuis, l’ancienne psychomotricienne prend un masque dans sa poche, au cas où, pour échapper aux photos volées.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#megaboat#routemigratoire#sante#santementale#migrationirreguliere

  • Le Conseil constitutionnel valide la loi sur la fin de vie, les établissements catholiques obtiennent leur « clause de conscience »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/14/le-conseil-constitutionnel-valide-la-loi-sur-la-fin-de-vie-les-etablissement

    Dans une décision rendue vendredi 14 août, l’institution assure « la liberté personnelle » d’un malade d’accéder à l’administration d’une substance létale à sa demande et après accord d’un médecin. En revanche, la décision exempte les établissements privés et associatifs de l’obligation de permettre la réalisation d’une aide à mourir dans leurs murs.

  • Atrocités climatiques : rester sidérés ou devenir écofurieux ? - Revue de presse commentée
    https://ricochets.cc/Atrocites-climatiques-rester-sideres-ou-devenir-ecofurieux-Revue-de-presse

    Grosse revue de presse : actus et réflexions. Des pompiers en sous effectif et sans moyens se protéger des fumées toxiques, des monocultures commerciales inflammables replantées après les incendies de 2022, les incendiaires en haut de l’Etat, des lobbies capitalistes/inustriels et des multinationales qui continuent de plus belle, l’articialisation des sols qui s’étend en zones naturelles/agricoles, etc. Moins de paysans, moins de diversité cultivée, plus de monocultures d’arbres, plus (...) #Les_Articles

    / #Catastrophes_et_atrocités_climatiques,_écocide_et_destructions_écologiques

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/01/incendies-le-lourd-tribut-des-pompiers-victimes-des-flammes-et-de-cancers-a-
    https://reporterre.net/Le-pin-est-une-veritable-boite-d-allumettes
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/29/en-mission-sur-les-feux-de-gironde-de-2022-un-ancien-pilote-de-canadair-se-s
    https://reporterre.net/Lutte-contre-les-incendies-10-ans-de-sous-investissement-rattrapes-par-l
    https://reporterre.net/On-a-signe-pour-aller-au-charbon-pas-a-l-echafaud-les-pompiers-asphyxies
    https://reporterre.net/Canicule-Le-rechauffement-climatique-a-pris-corps-beaucoup-de-personnes-
    https://reporterre.net/Atteint-le-30-juillet-le-jour-du-depassement-des-limites-planetaires-n-e
    https://reporterre.net/Le-risque-d-incendie-a-double-en-40-ans-en-Europe
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/07/31/les-regions-les-plus-sensibles-au-risque-d-incendie-sont-aussi-celles-ou-l-a
    https://reporterre.net/DIRECT-Incendie-en-Gironde-le-feu-stabilise-mais-une-meteo-defavorable
    https://reporterre.net/La-Gironde-face-aux-incendies-ceux-qui-restent-ceux-qui-fuient-ceux-qui-
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    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/07/30/derriere-le-defaut-des-moyens-aeriens-contre-les-incendies-l-intensite-des-f
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    • Après le suicide de Joris, 21 ans, sur fond de harcèlement et de racisme, les questions d’une famille et le désarroi d’une commune

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/09/05/apres-le-suicide-de-joris-21-ans-sur-fond-de-harcelement-et-de-racisme-les-q
      https://archive.ph/2Z29H

      C’est une histoire qui raconte une certaine jeunesse : masculine, populaire, rurale, perdue dans ses identités. Une histoire de besoin d’appartenance, de racisme banalisé, de réseaux sociaux. Une histoire qui n’en finit pas de hanter les habitants de Saint-Jean-de-Bournay et de Châtonnay, dans le nord de l’Isère. Pourquoi Joris Laurencin, 21 ans, s’est-il tiré une balle dans la tête à la mi-juillet ? Est-ce, comme le pense sa famille, parce qu’il faisait l’objet de brimades et d’insultes racistes répétées de la part de jeunes qu’il fréquentait – de l’un en particulier ? Y avait-il d’autres raisons ?
      [...]
      Au fil des mois, le père et la sœur ont commencé à voir Joris manifester des complexes, voire un dégoût de lui-même, disant « regretter sa couleur de peau, qu’il jugeait trop mate ». Au point d’aller travailler en manches longues en juin pour éviter de bronzer ou de se tartiner de crème solaire. Un jour, Joris a demandé à son père : « Pourquoi t’as pas épousé une blonde ? » Sa petite sœur raconte : « Au McDo, c’était les blondes qu’il trouvait jolies. » Plutôt frêle, le garçon aurait aimé « prendre du muscle » et s’achetait des vêtements dans le style de ses « amis » rugbymen. « Au final, il ne les mettait pas, parce que c’était pas lui », a pu constater sa petite sœur.

      Ce besoin d’« appartenir à tout prix au groupe des mecs stylés, des gros bras », selon son oncle, expliquerait qu’il ait été « prêt à tout supporter ». Et qu’il ait pu adhérer, ou faire mine d’adhérer, à certaines idées. Sur TikTok, Joris relayait récemment (entre autres contenus sur le mal-être) des vidéos évoquant la possible victoire du Rassemblement national en 2027, des discours de Jordan Bardella ou des posts de Thaïs d’Escufon, influenceuse identitaire.

      « Il aurait tout fait pour se faire accepter d’eux, y compris poster ou dire des trucs racistes », regrette son oncle, évoquant l’importance des logiques réputationnelles chez les garçons évoluant dans des environnements virilistes. Le président de SOS Racisme Nord-Isère y voit pour sa part une manifestation de la « charge raciale » : soit ces mécanismes d’adaptation des personnes racisées pour se faire accepter « face à l’oppression continue qu’elles subissent ».

  • « C’est complet » : plages privées, clubs… Ces établissements de tourisme qui refusent les Noirs et les Arabes
    Par Thomas Poupeau, envoyé spécial à Nice (Alpes-Maritimes)
    Le 27 juillet 2026 - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/societe/cest-complet-plages-privees-clubs-ces-etablissements-de-tourisme-qui-refu
    https://www.leparisien.fr/resizer/ceoZXae3qnM7bYS2-QddVTREv_g=/1600x900/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/MJHDMU7SKVD55APVHY5KZWNJ2Q.jpg

    Deux heures du matin, ce samedi soir, on se presse à l’entrée d’un petit club, niché dans le Vieux-Nice (Alpes-Maritimes). « Quinze euros la conso, ça vous va ? » lance le physionomiste souriant à Clémentine, venue avec Lorik et Nathan, tous les trois sur leur 31. Le prix — modique — pour s’ambiancer sur les sons généralistes d’une piste de danse, partagée par la jeunesse niçoise et les touristes.

    L’endroit est loin d’être plein, mais quelques minutes plus tôt, Karidja, Kalifa et Grégory, eux aussi lookés comme un soir de fête, n’ont pas eu le même privilège. « Ce sera 200 euros et vous devez prendre une table, sinon ce ne sera pas possible… » Seule différence avec le groupe de Clémentine : la couleur de leur peau. Les trois copains sont Noirs. (...)

  • Avec la #loi_Ripost, le gouvernement enfonce le clou des amendes forfaitaires délictuelles envers et contre tous
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/21/avec-la-loi-ripost-le-gouvernement-enfonce-le-clou-des-amendes-forfaitaires-

    En 2023, la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur ouvre la possibilité d’appliquer le régime des AFD à 91 infractions. Dans les faits, et jusqu’à ce jour, seules une trentaine sont effectivement concernées : tags, vente à la sauvette, intrusion dans un établissement scolaire, atteintes à la circulation des trains, etc.

    Outre l’extension du périmètre concerné, le recours aux AFD explose au fil des années. Selon un rapport de la Cour des comptes, publié en avril 2026, leur nombre a été multiplié par presque dix entre 2019 et 2024, pour atteindre 500 000 – soit 10 % des délits enregistrés cette année-là.

    Mais le succès du dispositif n’a que plus attisé les critiques. « Nous, on a un principe que nous a imposé le législateur, c’est l’individualisation des peines, qui nous force à prendre en compte le contexte individuel de chacun, rappelle Manon Lefebvre, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, et ce principe ne peut pas être appliqué quand le juge n’est pas là. »

    Là où le juge se réfère à une peine maximale encourue, et tient ensuite compte de la posture du contrevenant, ses ressources, son insertion, les policiers infligent une amende au barème identique pour tous. Selon la Cour des comptes, certains montants sont supérieurs à ce que les juges prononcent en moyenne, d’autres sont inférieurs, ce qui l’amène à évoquer un dispositif qui « brouille la lisibilité de la hiérarchie des peines et crée une zone grise entre contravention et délit ».

    Nombreuses amendes injustifiées

    Les magistrats de la rue Cambon relevaient également une « insuffisante qualité des verbalisations », qui se traduit par de nombreuses amendes injustifiées, et un fort taux de contestation. « Si le taux de contrôle est passé de 93,1 % à 69,9 % entre 2021 et 2024, le taux d’irrégularités a été multiplié par plus de 14, passant de 0,6 % à 8,6 % », calcule la Cour des comptes. Dans près de quatre cas sur cinq, les amendes contestées devant le parquet finissent classées, le plus souvent pour absence d’infraction, ou verbalisation multiple.

    Côté force de l’ordre et magistrats aussi, le dispositif présente des lacunes. Si policiers et gendarmes se sont très vite approprié ce nouvel outil, il « a fait évoluer les modalités de travail (…) au détriment parfois de missions essentielles », alerte la Cour des comptes. Notamment car lorsque des policiers sanctionnent une infraction par une amende, ils ne recueillent pas le signalement du contrevenant, qui pourrait pourtant servir dans d’autres enquêtes.

    La juridiction pointe également que « les contestations et les irrégularités ont crû de manière significative (…), augmentant la charge de travail des parquets locaux ». « Si en plus, les amendes apparaissent maintenant au bulletin numéro 2 du casier judiciaire, considérant l’impact que cela peut avoir pour les personnes concernées, si vous avez 500 000 amendes distribuées dans l’année, vous aurez autant de recours à traiter », craint Manon Lefebvre.
    Malgré tout, le dispositif est-il efficace ? Dans son ensemble, il souffre d’un très faible taux de recouvrement. « Depuis 2018, le taux global moyen de paiement des amendes forfaitaires délictuelles s’élève à 24,1 % », selon la Cour des comptes, qui évoque « une faiblesse majeure » qui « pose (…) la question de l’effectivité de la sanction pénale ».

    #police #amendes_forfaitaires_délictuelles

    • Claire Hédon, défenseure des droits, redit son opposition aux amendes forfaitaires délictuelles : « Je crains les conséquences sur la jeunesse, que l’on maltraite »
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/21/claire-hedon-defenseure-des-droits-redit-son-opposition-aux-amendes-forfaita

      Alors que la #loi_Ripost, qui prévoit l’extension de ce dispositif, doit être votée mardi, celle qui est à la tête du Défenseur des droits critique, dans un entretien au « Monde », une mesure visant, selon elle, les plus vulnérables.

      Claire Hédon arrive, mardi 21 juillet, au dernier jour de son mandat à la tête du #Défenseur_des_droits. L’amende forfaitaire délictuelle (AFD) a constitué un fil rouge de ses six ans à diriger cette autorité administrative indépendante. Outre de nombreuses décisions rendues dans des dossiers de réclamation individuels, elle a pu réitérer, à travers différents avis, ses critiques et son opposition à ce dispositif qui devrait être élargi par la loi Ripost, dont le vote solennel doit se tenir le 21 juillet.

      Vous êtes arrivée à la tête du Défenseur des droits en 2020, au début de la montée en puissance des amendes forfaitaires délictuelles. Comment avez-vous vu évoluer ce dispositif ?

      Le dispositif me précède, puisqu’il a été créé en 2016, d’abord pour deux délits routiers avant d’être effectivement étendu à la consommation de stupéfiants en 2019. Depuis, ça n’a cessé de s’étendre, et c’est encore ce que propose la loi Ripost.
      Notre première préoccupation, dès le début, a été la question du droit au recours, puisque finalement, une amende forfaitaire délictuelle est une décision administrative, rendue dans la rue par des agents, ensuite inscrite au casier judiciaire, sur laquelle le contrôle de la justice est difficile. Dans les faits, on constate un vrai écart entre ce qui est prévu par les textes et la réalité, avec un droit au recours qui ne peut être exercé.

      Quelles sont les difficultés principales qui remontent des réclamations que vous adressent les usagers ?

      Ce sont, par exemple, des gens du voyage qui ne reçoivent pas leur amende parce qu’elle est envoyée en courrier simple, alors que, précisément, ils se déplacent. On a également eu des réclamants hospitalisés pendant trois mois, qui n’ont donc pas été notifiés de leur amende et n’ont pas pu la contester dans le délai prévu par la loi.
      On voit aussi des erreurs, des personnes qui reçoivent des AFD pour défaut d’assurance de leur véhicule, alors qu’il s’agit d’un défaut de coordination entre l’assureur et le fichier de police. Sauf que, pour contester, il faut d’abord payer une consigne, parfois 1 000 euros.
      Et tout cela vise en premier des populations déjà vulnérables. Depuis le début de mon mandat, quand je rencontre des jeunes de quartiers plutôt défavorisés, ils m’alertent sur deux sujets principaux, les contrôles d’identité discriminatoires et la multiverbalisation avec les AFD.

      Malgré tout, le gouvernement s’est battu pour que la loi Ripost fasse figurer les AFD au bulletin n ° 2 du casier judiciaire, consultable par un certain nombre d’employeurs…

      C’est excessivement inquiétant, parce que la procédure de l’AFD ne respecte en rien les standards d’un procès équitable, c’est-à-dire le #contradictoire, le #droit_au_recours, l’individualisation de la peine…
      Maintenant, on voudrait empêcher les gens de travailler, de s’insérer ? Quel genre de société veut-on construire avec ce type de dispositif ? Pas celle qui respecte le droit des personnes et qui favorise l’insertion de tous. Je crains les conséquences sur la jeunesse, que l’on maltraite.

      Selon le gouvernement, les AFD seraient tout de même des outils efficaces pour lutter contre certains délits et problèmes du quotidien…

      Qu’il y ait un problème d’incivilités au quotidien, c’est une chose, et je n’ai aucun doute qu’il faille trouver une solution. Mais celle-ci n’est pas la bonne, elle est bancale et pas respectueuse des droits des personnes.

      La prévention est fondamentale dans ce genre de questions. C’est aussi le cas pour la consommation de stupéfiants, où, dans de nombreux cas, on a affaire à des personnes pour qui il s’agit d’addiction, de pathologie. Et ce n’est pas avec des amendes qu’on traite la maladie. Au contraire, l’amende éloigne du système de santé.

      Quelles sont alors vos préconisations ?

      Nous avons demandé la suppression des AFD. Et nous ne sommes pas les seuls à pointer le problème, la Cour des comptes et l’inspection générale de la justice ont rendu des rapports qui font le même constat de dysfonctionnement. Eux ne réclament pas la suppression, mais d’arrêter d’étendre le dispositif.

      Et si le législateur se refuse à le supprimer, il faut au minimum de nombreuses améliorations : mieux former juridiquement les agents, améliorer le niveau d’information des personnes verbalisées, accroître les contrôles de régularité des amendes, alléger les conditions de contestation et notamment supprimer la #consignation

      Dans quelques jours, vous devriez passer la main à votre successeur, qui devrait être le sénateur Les Républicains du Rhône Jean-Noël Buffet, dont la nomination inquiète associations et syndicats. Qu’allez-vous lui dire ?

      Nous nous sommes déjà croisés lorsqu’il était ministre [délégué à l’intérieur, entre décembre 2024 et octobre 2025], et j’ai eu beaucoup d’échanges avec lui lorsqu’il présidait de la commission des lois du Sénat [de 2020 à 2024].
      Je lui dirai mes préoccupations, mes inquiétudes sur les situations que nous recevons, les sujets qui avancent, ceux qui n’avancent pas. Je vais bien sûr lui parler des AFD, des questions de déontologie de la sécurité, du sujet des contrôles d’identité, et des dossiers qui, pour moi, étaient prioritaires. Je suis convaincue que l’institution est solide et que mon successeur, à sa tête, conduira l’ensemble des missions. Et pour la suite, la fonction fait l’homme. [hum hum]

    • Loi Ripost : Pourquoi l’inscription de l’amende forfaitaire au casier inquiète le monde de la justice
      https://www.20minutes.fr/justice/4235827-20260723-loi-ripost-pourquoi-inscription-amende-forfaitaire-casier

      SANS JUGE•Adoptée dans le projet de loi Ripost, l’inscription automatique des amendes forfaitaires au bulletin n° 2 du #casier_judiciaire suscite une fronde massive chez les magistrats et les avocats

  • Le tribunal administratif donne tort au Collège de France pour l’annulation d’un colloque sur la Palestine, en novembre 2025
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/15/le-tribunal-administratif-donne-tort-au-college-de-france-pour-l-annulation-

    Cinq recours contre la décision de l’administrateur du Collège de France ont été déposés au fond devant le tribunal administratif après le rejet d’un référé-liberté par le tribunal administratif puis par le Conseil d’Etat. A l’audience au fond du 1er juillet, le rapporteur public a estimé que la décision de Thomas Römer était « disproportionnée ». Il a insisté sur « le droit des enseignants-chercheurs de tenir des colloques, fussent-ils à rebours de la pensée dominante » et sur le fait qu’ils jouissent d’une « pleine liberté d’expression, sous réserve des principes de tolérance et d’objectivité ». « Etrange défaite que de ne pas avoir mobilisé la police pour sécuriser les abords, filtrer les entrées », au lieu d’annuler l’événement, a-t-il affirmé, estimant que la liberté académique devait « résister » face au risque de troubles à l’ordre public.

    Un argumentaire en droite ligne avec celui des requérants, qui ont tous estimé que l’annulation avait été « insuffisamment motivée » et que les risques de troubles à l’ordre public avaient été largement exagérés, la direction du Collège de France ne pouvant citer que deux graffitis inscrits sur un trottoir ne mentionnant pas le colloque du Carep. Ils soulignaient, de surcroît, que l’administration n’avait pas cherché à soutenir la liberté académique en mettant en place des mesures assurant la sécurité du colloque.

    L’avocat du Collège de France, en revanche, a estimé que Thomas Römer n’avait pas d’autre choix que d’annuler ce colloque, « à regret » et à cause d’une « situation exceptionnelle » dans un « contexte d’extrêmes tensions » lié à une « polémique forte ». Le tribunal administratif lui a donné tort et le condamne à verser 1 000 euros à chaque association ou groupe de requérants − dont plusieurs membres du Carep, qui s’est « félicité » de cette décision, et participants au colloque, représentés par Me Raphaël Kempf – déclaré admissible, soit 4 000 euros en tout.

    https://archive.ph/2026.07.15-165945/https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/15/le-tribunal-administratif-donne-tort-au-college-de-france-pour-l-annulation-

  • Dominique Simonnot la contrôleuse générale des lieux de détention et de privation de liberté a adressé des recommandations en urgence au ministère de la Justice concernant la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe.
    https://www.cglpl.fr/publications/recommandations-en-urgence-relatives-au-centre-penitentiaire-dalencon-conde-su
    Elle y dénonce « une violation grave des droits fondamentaux » des personnes détenues, des violences endémiques et des humiliations en cascade. Si les conditions de détention indignes qui règnent dans nos prisons n’ont pas de bord politique, quelques indices laissent toutefois entrevoir de quel côté penchent les surveillants pénitentiaires de Condé-sur-Sarthe. Là-bas, ils traitent les détenus de « sales bougnoules » et entonnent sans complexe des chants qui réjouiraient les fondateurs du Front national (FN, ex-RN) : « Ici, c’est chez nous, ici c’est le IIIe Reich, les nazis c’est nous. »

    Prisons : la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté dénonce une « catastrophe pénitentiaire » et un manque de « courage politique » pour y remédier
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/05/28/la-controleuse-generale-des-lieux-de-privation-de-liberte-denonce-une-catast
    #CGLPL #prison #administration_pénitentiaire #matons #QHS #torture

  • Mouvements migratoires : un rapport d’enquête étrille la politique gouvernementale à la frontière franco-britannique
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/08/mouvements-migratoires-un-rapport-d-enquete-etrille-la-politique-gouvernemen

    Mouvements migratoires : un rapport d’enquête étrille la politique gouvernementale à la frontière franco-britannique
    Alors que plus de 40 000 personnes ont traversé la Manche à bord de canots pneumatiques en 2025, la députée communiste Elsa Faucillon, rapporteuse d’une commission d’enquête parlementaire, dénonce une logique sécuritaire, inefficace et dangereuse, en plus de n’être soumise à aucun contrôle démocratique.
    Par Julia Pascual
    C’est un constat d’échec. Un rapport d’enquête parlementaire sur la frontière franco-britannique a été publié, mercredi 8 juillet, et les plus de 240 pages qu’il contient dressent un bilan sévère de la gestion des mouvements migratoires sur le littoral nord de la France. « Situation dramatique des exilés », absence de contrôle démocratique, inefficacité… Selon ce document, rien n’est à sauver de la politique gouvernementale à l’œuvre depuis une quarantaine d’années.
    Depuis le traité du Touquet de 2003, pointe l’enquête, la logique consistant à ce que le Royaume-Uni verse une contribution financière à la France, en contrepartie de quoi celle-ci supporte l’essentiel des moyens mis en œuvre pour empêcher les franchissements de la frontière, n’a de cesse de se renforcer. Elle place la France dans une situation de « sous-traitance », la réduisant « à quémander des fonds auprès des Britanniques, à l’image d’un prestataire privé qui présente des factures à son client » – sans produire l’effet dissuasif escompté. « Les différents accords conclus avec le Royaume-Uni n’ont pas empêché la persistance des flux migratoires », constate la rapporteuse de la commission d’enquête, la députée communiste des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon, regrettant par conséquent une sorte de « mise en scène de l’impuissance de l’Etat ».
    Elle déplore aussi un contrôle démocratique de la relation bilatérale quasi inexistant : « Depuis le 12 février 1986, 34 accords ont été conclus entre la France et le Royaume-Uni en matière de contrôle des frontières. Pourtant, la dernière fois que l’Assemblée nationale s’est prononcée (…), c’était il y a vingt-trois ans », relève la rapporteuse. Dernier accord en date : le « one in, one out » (« une entrée, une sortie »), conclu à l’été 2025 et qui doit prendre fin en octobre. Il illustre la logique de contrepartie institutionnalisée, puisqu’il a été décidé en même temps que se négociait un nouveau cycle de financements britanniques. Le « one in, one out » prévoit que Londres peut renvoyer en France des personnes arrivées à bord de canots pneumatiques, et, à l’inverse, Londres s’engage à accueillir sur son territoire, en nombre équivalent, des demandeurs d’asile se trouvant en France.
    En apparence réciproque, le rapport d’enquête relève le caractère profondément déséquilibré du deal. Alors que, depuis le Brexit, il n’existe plus de mécanisme légal d’admission de migrants présents en Europe et ayant des attaches au Royaume-Uni, le « one in, one out » continue de ne pas prendre en compte les liens familiaux existants entre des migrants et des résidents au Royaume-Uni. « Ce critère ne figure pas parmi les éléments pris en considération dans le cadre du dispositif », écrit la parlementaire. Une exclusion « d’autant plus paradoxale que l’objectif affiché de l’accord est de proposer une alternative légale aux traversées irrégulières ».
    Evénement
    Au 11 juin, 951 personnes avaient été réadmises en France et 935 admises légalement au Royaume-Uni. Or, sur l’année 2025, plus de 40 000 personnes ont rejoint l’Angleterre à bord de petits canots. L’effet « dissuasif » de l’accord reste donc à prouver, tandis que les conséquences humanitaires, elles, ont été documentées par la commission. Celle-ci rapporte que les personnes renvoyées en France se trouvent dans un état de santé psychique et physique « très dégradé ».Elles présentent notamment « des symptômes associés à des troubles de stress post-traumatique (hypervigilance, pertes de connaissance, troubles du sommeil, flash-back, idées suicidaires…) [qui] suggèrent des conditions traumatiques d’arrestation et de rétention au Royaume-Uni ». A tel point que le Samusocial de Paris, qui intervient dans le centre d’hébergement où les personnes renvoyées sont accueillies les premiers jours, a effectué un signalement au procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale.
    Outre le « one in, one out », la France a depuis un an engagé une inflexion de sa politique d’intervention en mer, acceptant, sous la pression des Britanniques, de procéder à des interceptions de canots en mer par la gendarmerie maritime, alors que jusque-là ces manœuvres étaient prohibées car considérées comme trop dangereuses. L’idée de la nouvelle doctrine est d’empêcher davantage de traversées et de traduire devant la justice les passagers embarqués pour aide à l’entrée et au séjour irrégulier.
    Devant la commission, la procureure de Dunkerque, Charlotte Huet, a néanmoins expliqué avoir dû « recadrer » les forces de l’ordre et donner pour instruction de ne plus placer l’ensemble des passagers d’un bateau intercepté en garde à vue, ces derniers étant pour leur majorité de simples candidats à l’exil contre lesquels aucune infraction pénale ne peut être retenue.
    La commission relève qu’à la fin mai 31 opérations d’interception ont été réalisées, mais « seulement huit (…) avaient été effectivement conduites jusqu’à leur terme ». « Ces résultats révèlent bien que ces interceptions sont fondamentalement des opérations extrêmement délicates, voire dangereuses, et qui entrent en contradiction avec la mission de sauvegarde de la vie humaine », affirme la rapporteuse.
    Celle-ci a tenté de mettre au jour le cadre juridique de la nouvelle doctrine d’interception, et sa compatibilité avec le droit international de la mer. Mais, elle n’a obtenu du ministère de la justice qu’un avis juridique se concentrant surtout sur le risque pénal encouru par les gendarmes intervenants, et soulignant le « risque très élevé de provoquer un naufrage ». Elsa Faucillon dénonce par ailleurs l’« opacité » qui entoure la doctrine. « Il est choquant de voir qualifier de “secrets de cuisine” les modalités guidant les opérations d’interception en mer par le secrétariat général de la mer, tandis qu’il s’agit en réalité de méthodes mettant potentiellement en jeu la vie humaine », écrit la députée.
    Alors que plus de 2 000 personnes se trouvent en permanence sur les campements de Calais et du Dunkerquois, en attente d’une traversée et dans une situation « totalement inacceptable et scandaleuse », le rapport d’enquête déplore la prééminence d’une « logique essentiellement sécuritaire, là où les principales conséquences sur le terrain, d’ordre humanitaire, passent au second plan ».
    Les pouvoirs publics s’entêtent à mener une politique du « zéro point de fixation » consistant à démanteler des campements quasi quotidiennement au mépris des besoins fondamentaux des personnes, en se fondant sur un « présupposé erroné (…) qui consiste à laisser penser que la mise en place de conditions d’accueil décentes provoquerait l’afflux de personnes migrantes ». Par conséquent, « le socle humanitaire aujourd’hui déployé à Calais et à Dunkerque résulte, pour une large part, des mobilisations associatives et des interventions répétées des juridictions administratives et européennes », écrit la députée.A l’arrivée, la rapporteuse recommande la fin de la politique du « zéro point de fixation », au profit de la création d’unités d’accueil tout au long du littoral. Au total, elle égrène 33 recommandations, parmi lesquelles le recours à la procédure d’autorisation parlementaire pour la ratification des accords franco-britanniques relatifs aux questions migratoires, l’interdiction de l’usage d’armes et de gaz lacrymogènes au cours des opérations d’empêchement au départ menées sur les plages, l’abandon des nouvelles méthodes d’interception en mer ou la négociation de voies légales de réunification familiale en Angleterre. En somme, un renversement total des logiques politiques prévalant depuis plus de quarante ans.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#politiquemigratoire#frontiere#routemigratoire#sante#droit