Actualité économique et financière, bourse

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  • Hausse des prix : voici les entreprises qui profitent de la #Guerre
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2022/hausse-des-prix-voici-les-entreprises-qui-profitent-de-la-guerre-tkkjXOvIQ

    Au programme de ce nouveau numéro de L’instant Eco : Deux textes : un premier a été adopté le 22 juillet, c’est le projet de loi « portant les mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat » par 341 voix contre 116 (de l’extrême droite jusqu’au…

    #Économie #Inflation #Macron

  • La Chine a presque achevé son « palais céleste » en orbite autour de la Terre - Numerama
    https://www.numerama.com/sciences/1050108-la-chine-a-presque-acheve-son-palais-celeste-en-orbite-autour-de-l

    La Chine a réussi à connecter le premier laboratoire à sa station spatiale Tiangong. Un deuxième module doit arriver en octobre. Elle sera alors complète.

    Le « palais céleste » a désormais une « salle » de plus. Depuis le 25 juillet, la station spatiale chinoise Tiangong (« palais céleste » en chinois) accueille en effet un module supplémentaire, baptisé Wentian, qui offre aux actuels trois taïkonautes à bord (deux hommes et une femme) un espace plus volumineux pour vivre, mais aussi travailler. Car Wentian joue le rôle de laboratoire dans lequel les différents équipages pourront mener leurs expériences.

    Il a fallu environ treize heures à Wentian pour rejoindre Tiangong, qui orbite autour de la Terre à un peu moins de 400 kilomètres d’altitude. Le module a quitté la Chine le 24 juillet, grâce à une fusée Longue Marche 5 partie de la base de lancement de Wenchang, située dans l’extrême sud du pays, sur l’île de Hainan. Après son périple de plusieurs heures, il a rejoint avec succès le module central de Tiangong, appelé Tianhe.

    Une station spatiale presque achevée
    Avec cette étape, la Chine a désormais presque achevé l’assemblage de Tiangong. Il ne reste plus qu’un module à déployer, qui est en quelque sorte le jumeau de Wentian : Mengtian. Il s’agira là encore d’un laboratoire. Son lancement est prévu pour le mois d’octobre 2022. Les trois taïkonautes actuellement à bord — Cai Xuzhe, Chen Dong et Liu Yang — seront donc les premiers à opérer dans la version finale de la station, leur mission s’achevant en décembre.

    Pour le programme spatial chinois, 2022 restera de facto comme une grande année avec l’achèvement de la station spatiale Tiangong. Si elle reste d’une taille bien plus modeste que l’ISS (Tiangong a des dimensions spatiales semblables à l’ancienne station spatiale soviétique Mir), la structure orbitale constitue une démonstration éclatante des progrès considérables de l’Empire du Milieu dans la conquête spatiale.

    • On notera que la presse occidentale met surtout l’accent sur le retour non contrôlé du lanceur que sur l’avancement de la station spatiale.

      Pour le retour :

      Une fusée chinoise Longue Marche-5B s’est désintégrée au-dessus de l’océan Indien
      https://www.latribune.fr/economie/international/une-fusee-chinoise-longue-marche-5b-s-est-desintegree-au-dessus-de-l-ocean

      Un segment de la fusée spatiale chinoise lancée dimanche dernier a fait son retour non contrôlé dans l’atmosphère ce samedi et s’est désintégré au-dessus de l’océan Indien. Cette fusée n’a pas été conçue pour contrôler sa descente d’orbite. En 2020, des débris d’une autre fusée de ce type s’étaient écrasés sur des villages en Côte d’Ivoire, provoquant des dégâts, mais sans faire de blessés.

      Dans un communiqué publié sur son profil officiel WeChat, l’Agence spatiale chinoise a donné les coordonnées de l’impact : dans la mer de Sulu, à environ 57 kilomètres au large de la côte Est de l’île de Palawan aux Philippines.

      « La plupart de ses dispositifs ont été détruits » pendant la descente, a déclaré l’agence au sujet de la fusée d’appoint, qui a été utilisée dimanche dernier pour lancer le deuxième des trois modules dont la Chine avait besoin pour compléter sa nouvelle station spatiale Tiangong, qui devrait être pleinement opérationnelle d’ici la fin de l’année.

      L’agence spatiale malaisienne a pour sa part dit avoir détecté des débris de la fusée en train de brûler avant de tomber dans la mer de Sulu, au nord-est de l’île de Bornéo.

      « Les débris de la fusée ont pris feu en entrant dans l’espace aérien terrestre et le mouvement des débris en feu a également traversé l’espace aérien malaisien et a pu être détecté dans plusieurs zones, notamment en traversant l’espace aérien autour de l’État du Sarawak », a-t-elle détaillé.

      Uncontrolled Chinese rocket fragments seen in Malaysia : ’We thought it was a shooting star’
      https://www.youtube.com/watch?v=KwnRSQoftjU

    • Pourquoi le chinois est-il la seule langue utilisée dans la station spatiale chinoise ?
      http://french.peopledaily.com.cn/n3/2022/0729/c31357-10129142.html

      […]
      Un autre utilisateur a déclaré : « Les États-Unis ont banni la Chine de la station spatiale "internationale" et maintenant vous vous attendez à ce que la Chine utilise une langue occidentale dans sa propre station spatiale ? »

      « Il n’y a aucune raison pour laquelle le mandarin, ne puisse pas être utilisé en dehors de la Chine, comme l’anglais est utilisé en dehors des pays anglophones », a pour sa part souligné un utilisateur nommé Richard Kerr2815, qui a autrefois travaillé pour Medical Group Business Services à l’Université de Californie.
      […]
      Les discussions animées ont soulevé une autre question : que feraient les astronautes étrangers s’ils voulaient aller dans la station spatiale chinoise ?

      Le développement aérospatial de la Chine est ouvert et inclusif, et la Chine espère que des astronautes étrangers travailleront dans la station spatiale chinoise, a déclaré Qi Faren, membre de l’Académie d’Ingénierie de Chine et premier concepteur en chef du vaisseau spatial Shenzhou, en décembre 2021.

      La semaine dernière, Tricia L. Larose a annoncé sur Twitter qu’elle embarquerait à bord de la station spatiale chinoise pour une mission de 31 jours. Mme Larose et son équipe mettent en œuvre un programme multi-européen de recherche sur les tumeurs, et l’étape finale consiste à tester leur théorie dans la station spatiale. Elle s’entraîne actuellement et devrait monter à bord de la station spatiale en 2025-2026.

    • Canadian cancer scientist hoping for role on China’s Tiangong Space Station | South China Morning Post
      https://www.scmp.com/news/china/science/article/3186816/canadian-cancer-scientist-hoping-role-chinas-tiangong-space


      Tricia Larose has shared images of her spacesuit training online. Photo: Twitter

      • Medical researcher Tricia Larose posted on Twitter that she would ‘happily’ take part in a mission following the launch of the Wentian laboratory module
      • Three years ago her cancer research project was selected as one of the experiments to be carried out in space

      sur l’oiseau bleu
      Dr. Tricia L Larose @TricLarose
      https://twitter.com/TricLarose

  • Le prix du Meta Quest 2 va augmenter de 100 euros
    https://www.gamekult.com/actualite/le-prix-du-meta-quest-2-va-augmenter-de-100-euros-3050851275.html

    Annonce choc du côté de Meta et pas vraiment dans le sens positif du terme. Proposé depuis son lancement au prix de 350 euros dans sa version avec 128 Go de stockage et de 450 euros pour 256 Go de rangement, le Meta Quest 2 va voir son prix flamber de 100 euros à compter du mois d’août, démarrant ainsi à 450 euros en 128 Go pour atteindre 550 euros dans sa capacité 256 Go.

    Yeah, 30% d’augmentation !

    Amazon Prime : l’abonnement augmentera d’un euro par mois en septembre
    https://www.latribune.fr/economie/france/amazon-prime-l-abonnement-augmentera-d-un-euro-par-mois-en-septembre-92700

    Les prix doivent passer en France de 5,99 à 6,99 euros par mois et de 49 à 69,90 euros par an.

    Yeah, 40% d’augmentation !

  • Macron, Amazon et Google : des documents que l’Élysée a voulu garder « secrets » démontrent une grande proximité
    Alexandre Léchenet | 13 juillet 2022 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130722/macron-amazon-et-google-des-documents-que-l-elysee-voulu-garder-secrets-de

    Au nom du secret des affaires, l’Élysée avait refusé de transmettre à Mediapart les échanges entre les lobbyistes d’Amazon, Google et autres géants du numérique avec la présidence de la République. Le tribunal administratif nous a cependant donné raison et nous venons d’avoir accès à ces échanges, qui montrent la construction permanente d’un discours commun. Tout comme chez Uber, un lobbyiste d’Amazon a même œuvré pour la campagne d’Emmanuel Macron en 2017. (...)

    #Emmanuel_Macron #lobbying #lobby #fraude_fiscale #optimisation_fiscale

  • Électricité et gaz : Bruno Le Maire confirme la piste d’augmentations de prix « pour ceux qui peuvent se le permettre (Leparisien.fr) »
    https://www.crashdebug.fr/electricite-et-gaz-bruno-le-maire-confirme-la-piste-d-augmentations-de-pr

    Bonjour à toutes et à tous de retour en ligne, nous avons été en province ce week-end récupéré une petite chatte de 2 mois 1/2 pour ma femme, elle est adorable et croyez-moi vu le contexte c’est un véritable rayon de soleil dans notre petite famille.

    Pour le reste je vous ai choisi cet article ce matin, car grosso modo ce que l’ont comprends c’est qu’il est annoncé la fin du bouclier tarifaire de l’état,

    Et donc potentiellement une hausse de 50% sur le GAZ et de 35% sur l’électricité, tout ça à cause de leurs ’sanctions’ envers la Russie dont ils ont LARGEMENT sous-estimé l’impact à cause d’un agent américain qui à dit au locataire de Bercy que ces dernières n’impacteraient que de 0.15% l’économie française...., et il l’a cru....

    Du reste pour (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises

  • La renationalisation d’EDF enclenchée, le PDG Jean-Bernard Lévy remplacé plus vite que prévu
    https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/edf/la-renationalisation-d-edf-enclenchee-le-pdg-jean-bernard-levy-remplace

    L’État veut reprendre 100 % du capital d’EDF, a annoncé Élisabeth Borne, mercredi. « Un choix stratégique » selon Bruno Le Maire. Un nouveau patron va être nommé rapidement.

    La renationalisation d’EDF envisagée par l’État français, et annoncée mercredi par la Première ministre Élisabeth Borne, devant les députés, est un choix stratégique « parce que l’indépendance énergétique n’a pas de prix », estime le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, interrogé ce jeudi 7 juillet, sur Europe 1.
    « Nationaliser EDF c’est nous donner toutes les chances d’être indépendants », a déclaré Bruno Le Maire, défendant un choix stratégique justifié par le fait que « l’indépendance énergétique n’a pas de prix ».

    La succession de Jean-Bernard Lévy enclenchée
    Juste avant ces déclarations, Bercy a fait savoir qu’il lançait « dès à présent » le processus de succession du PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, afin de mettre « rapidement » en œuvre la renationalisation de l’énergéticien.

    « Alors que des chantiers d’envergure seront lancés par l’entreprise dans les prochains mois, l’État et Jean-Bernard Lévy sont convenus de lancer dès à présent le processus de succession de ce dernier à la tête d’EDF », a indiqué Bercy dans un communiqué.

    Bruno Le Maire dessine un portrait-robot
    Le mandat du PDG d’EDF devait prendre fin au plus tard le 18 mars 2023. Pour Bruno Le Maire, celui ou celle qui lui succédera, dans les prochains mois, devra être « quelqu’un qui maîtrise les grands programmes industriels » et « qui ait le sens du compromis ».

    « Notre indépendance énergétique passe par trois choix : la sobriété, la réalisation de nouvelles énergies nucléaires et les énergies renouvelables », a ajouté le ministre.

    EDF a des dettes
    Dix-sept ans après l’ouverture de son capital et son entrée en Bourse fin 2005, l’électricien reste largement public, détenu par l’État à près de 84 %, par les salariés qui en possèdent 1 % et par des actionnaires institutionnels et individuels pour les 15 % restants.
    Mais le groupe est fortement endetté et confronté à de lourdes charges financières, présentes et à venir. L’énergéticien a subi des déboires, notamment dans la construction de son nouveau modèle de réacteur, l’EPR en cours d’installation à Flamanville (Manche), qui a plus de dix ans de retard et dont le coût a quasiment quadruplé.
    Sa situation financière s’est également dégradée avec la décision du gouvernement de le contraindre à vendre davantage d’électricité bon marché à ses concurrents, pour contenir la facture d’électricité des ménages et des petits professionnels.

    L’entreprise prend acte
    Dans un communiqué séparé, le conseil d’administration d’EDF a indiqué avoir « pris connaissance de la décision conjointe » de l’État et de son PDG concernant ce remplacement anticipé.
    « Conformément aux dispositions applicables, cette nomination fera l’objet d’une proposition du conseil d’administration à l’État », précisent les administrateurs dans leur communiqué.

    • Demain, EDF sera moins une entreprise qu’un vaste programme nucléaire national – La Tribune
      https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/demain-edf-sera-moins-une-entreprise-qu-un-vaste-programme-nucleaire-natio

      ÉDITO- L’État va renationaliser EDF et retirer l’entreprise de la Bourse pour lui permettre à court terme de sortir de la dictature des marchés. Une condition nécessaire mais qui n’apporte en rien une réponse structurelle aux enjeux de transformation du groupe pour mener à bien sa mission prioritaire : réussir la relance du nucléaire tricolore et contribuer à assurer l’indépendance énergétique française. Si l’État va financer l’essentiel de ce plan évalué à plus de 50 milliards d’euros, EDF mobilisera néanmoins une très grande partie de ses moyens financiers. Explications des enjeux du plus gros projet électronucléaire du monde occidental depuis 40 ans.

      Dix-sept ans après son entrée en Bourse, retour en arrière pour EDF. Déjà propriétaire de près de 84% du capital, l’Etat va nationaliser à 100% l’énergéticien français et probablement le retirer de la cote. Une manière de le sortir de la dictature des marchés. Et plus précisément de l’agence de notation financière Standard & Poor’s laquelle, effrayée par les prévisions financières et le manque de visibilité sur l’indisponibilité d’une partie du parc nucléaire, ne cesse de faire planer la menace d’une nouvelle dégradation de la note d’EDF. Une perspective que redoute le gouvernement et EDF puisqu’elle entraverait les capacités du groupe à renégocier sa dette et à négocier de nouvelles lignes de financement.

      L’ État va financer l’essentiel du programme
      L’enjeu est crucial. Néanmoins, il va bien au-delà. Car, si elle est bel et bien une condition nécessaire pour assurer l’avenir du groupe, cette renationalisation n’est en rien une solution structurelle aux enjeux de sa transformation pour mener à bien la relance du nucléaire tricolore. Elle n’est, par conséquent, que la première étape d’un très long chemin dont le point d’arrivée sera la construction de 6 nouveaux réacteurs nucléaires (dits EPR2) entre 2035 et 2042, sans compter les huit autres réacteurs en option comme l’a annoncé Emmanuel Macron dans son discours de Belfort, le 10 février dernier. Soit, ni plus ni moins, le plus gros programme électronucléaire du monde occidental depuis une quarantaine d’années. Un projet pharaonique d’une complexité industrielle et financière considérable dont le coût l’est tout autant : plus de 50 milliards d’euros, une enveloppe inabordable pour EDF. C’est donc l’Etat qui assurera l’essentiel du financement. L’énergéticien sera néanmoins mis à contribution. Suffisamment pour engloutir pendant 20 ans tous ses moyens financiers, et l’obliger à augmenter rapidement ses fonds propres. C’est le prix à payer pour contribuer à assurer l’indépendance énergétique de la France, sa seule mission ou presque désormais. A tel point que, demain, EDF s’apparentera davantage à un vaste programme industriel national qu’à une véritable entreprise focalisée sur ses résultats financiers.

      Bras de fer en vue avec Bruxelles
      Pour autant, entre la renationalisation d’aujourd’hui et ce point d’arrivée, le chemin sera long et compliqué. Il passera tout d’abord par une nouvelle négociation serrée à Bruxelles concernant la régulation du parc nucléaire installé, le financement des nouveaux EPR, et la restructuration de l’énorme dette du groupe, qui s’élevait à près de 43 milliards d’euros en fin d’année dernière et pourrait flirter avec les 100 milliards fin 2022, selon S&P. Dans ce contexte, l’objectif français est clair : cette régulation doit permettre à la fois de fixer dans le temps les prix de sortie du kilowattheure et d’obtenir une électricité abordable, dès la mise en service des premiers EPR2 entre 2035 et 2037. Pour Paris, hors de question qu’un programme nucléaire, qui s’étend sur un siècle entre la conception et le démantèlement, soit exposé à des prix de marché, souvent volatils.

      De quoi faire tousser Bruxelles. Si la Commission ne peut s’opposer à une nationalisation, elle peut, en revanche, imposer des « murailles de Chine » entre les activités régulées bénéficiant d’une aide d’Etat et les autres. Par conséquent, des contreparties au plan français sont évidemment. Même si la guerre en Ukraine a placé les questions d’indépendance énergétique au cœur des priorités, elle goûte toujours aussi peu aux monopoles intégrés. Pas très « market spirit » en effet. Une façon donc de revenir au projet Hercule d’organisation d’EDF, enterré l’an dernier devant la grogne syndicale. EDF devra en effet vendre des actifs pour se recentrer sur le nucléaire, l’hydraulique et peut-être sa filiale Enedis. En contrepartie, les participations dans Edison, Dalkia... seront vendues, tandis que les autres géants français, Engie et TotalEnergies lorgnent déjà les activités d’EDF dans les énergies renouvelables. Jean-Pierre Clamadieu, le président du conseil d’Engie, l’a même dit publiquement, au risque de se susciter l’agacement au sein de l’Etat, d’EDF, mais aussi de son conseil d’administration.

      A la recherche d’un pilote
      Si le chemin est long, le gouvernement doit néanmoins aller vite. Une mise en service en 2035-2037 suppose de commencer les travaux en 2027-2028, à condition d’avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires à la construction. Pour mener à bien ce projet colossal, l’Etat vient de lancer le processus de succession du PDG Jean-Bernard Lévy. L’idée est de le remplacer rapidement, bien avant la fin de son mandat en mars 2018 [sic… 2023, nec]. Si ce dernier restera celui qui a obtenu la relance du nucléaire, son successeur aura la charge de mener à bien sa réalisation. Qui pour le remplacer ? Beaucoup vont venir frapper à la porte. Et pour cause : conduire pendant 5 ou 10 ans le plus grand programme nucléaire au monde a de quoi faire rêver, même si la rémunération annuelle capée à 450.000 euros dans les entreprises publiques sera largement en dessous de celles en vigueur dans privé. L’oiseau rare devra avoir les épaules pour mettre en tension une entreprise de cette taille et s’assurer de structurer une filière nucléaire française. Un profil d’ingénieur semble nécessaire, jeune qui plus est pour pouvoir s’inscrire dans la durée de deux mandats, nécessaires pour relever un tel défi.

      Fabrice Gliszczynski

  • Électricité : les prix risquent de tripler en France cet hiver
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/electricite-la-france-s-oriente-vers-des-prix-deux-a-trois-fois-plus-eleve

    Alors que le pays fonce tout droit vers un déficit de production d’électricité cet hiver, les capacités d’importation depuis les pays voisins pour combler le manque de marges risquent d’être fortement limitées. De quoi inquiéter les marchés, qui anticipent une défaillance, ce qui fait grimper encore plus qu’ailleurs les prix de gros dans l’Hexagone. Explications.
    (Crédits : Reuters)

    « Il n’y a aucun risque de coupure » de courant l’hiver prochain, affirmait Emmanuel Macron début juin, au moment-même où le gouvernement allemand tirait la sonnette d’alarme et lançait son plan d’urgence énergétique. Et pour cause, « quand il y a des besoins, on s’approvisionne sur le marché européen », justifiait le chef de l’Etat, affirmant vouloir « rassurer » les Français.

    Et pourtant, depuis cette déclaration, les signaux pour le moins inquiétants se multiplient. Jusqu’à faire bondir les prix au plafond : dans l’Hexagone, ceux-ci se négocient actuellement au prix hallucinant de 790 euros le mégawattheure (MWh) pour octobre-décembre 2022 sur la bourse EPEX, soit deux à trois fois plus que dans les pays voisins ! Et frôlent même les 1.500 euros le MWh pour ce qui est des prix de pointe, contre moins de 500 euros en Allemagne. Une « différence énorme » qui montre que le marché « anticipe une défaillance » en France, alerte Nicolas Goldberg, spécialiste de l’énergie chez Colombus Consulting. Pour rappel, avant la crise sanitaire, le prix s’élevait à une cinquantaine d’euros le mégawattheure.
    L’atout nucléaire se retourne contre la France

    De fait, le pays fait face à une situation « spécifique », qui aggrave encore la crise et accroît la probabilité d’une pénurie de courant cet hiver, explique Jacques Percebois, économiste et directeur du Centre de Recherche en Economie et Droit de l’Energie (CREDEN). En effet, alors que son mix électrique repose toujours, en théorie, à presque 70% sur le parc nucléaire, celui-ci traverse une période d’indisponibilité historique. Selon le réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d’électricité ENTSO-E, 27 des 56 réacteurs du territoire se trouvent en effet à l’arrêt.

    En cause : le décalage des maintenances du fait du coronavirus, qui tombent donc, pour plusieurs centrales, en ce moment-même, mais surtout l’identification récente d’un défaut de corrosion sur plusieurs infrastructures, et dont les causes et l’ampleur réelle restent inconnues. En février, EDF avait ainsi présenté un programme de contrôles afin de vérifier le nombre de réacteurs concernés par l’anomalie, et annoncé qu’il arrêterait en priorité, et d’ici à fin avril, Bugey 3 et 4, Cattenom 3, Chinon 3 et Flamanville 1 et 2.

    « Sans ce problème de fissuration qui pousse EDF à fermer une partie du parc, on aurait un réseau sans marges, mais pas à marge négative, comme c’est le cas actuellement », commente Nicolas Goldberg.

    Autrement dit, « l’avantage français du nucléaire se transforme en élément de faiblesse, et le restera tant que les réacteurs seront indisponibles, et le problème irrésolu », ajoute Jacques Percebois.

    Congestions aux frontières

    Ainsi, la France importera forcément de grandes quantités d’électricité pour satisfaire la demande cet hiver, affirme Jacques Percebois. Et notamment lors des pointes de consommation, celles-ci étant « habituellement plus fréquentes et fortes en France qu’ailleurs en Europe, étant donné que l’on se chauffe bien plus à l’électrique que nos voisins », précise l’économiste.

    Seulement voilà : les pays frontaliers risquent, eux aussi, de faire face à de fortes tensions d’approvisionnement, ou du moins de ne pas disposer de suffisamment de surplus pour satisfaire les besoins français. Pour s’en prémunir, l’Allemagne a notamment décidé de garder en activité près de 14 GW de centrales à charbon qui devaient fermer dès cette année. Mais même avec cette puissance supplémentaire, Berlin anticipe une pénurie dans le cas où la Russie décidait de réduire encore son offre de gaz, toujours essentielle pour alimenter ses centrales électriques.

    Surtout, les possibilités d’échange seront de toute façon restreintes par des freins techniques. « Il faut s’attendre à des goulots d’étranglement liés aux capacités d’interconnexion des réseaux, aujourd’hui limitées à 13 GW environ. C’est pour cela qu’en période de tension, il y a toujours des congestions aux frontières. Cela explique aussi que le prix de gros ne soit pas le même partout », note Jacques Percebois.

    Par conséquent, ce dernier devrait bien exploser en France, malgré la connexion du pays au marché européen de l’électricité. Reste à voir l’impact de ce phénomène sur les factures des consommateurs. En effet, l’Etat avait mis en place l’hiver dernier un bouclier tarifaire, aujourd’hui toujours en vigueur, afin de protéger les citoyens de la flambée des prix. Mais alors que la situation promet d’empirer, un tel dispositif pourrait peser lourd sur les finances publiques.

    « Pour limiter la hausse du tarif réglementé de vente à 4% plutôt que 40%, les pouvoirs publics sont déjà intervenus massivement, à tous les échelons. Ils ont mis sous perfusion les fournisseurs, tout en donnant des aides aux consommateurs, afin de faire en sorte que le marché tienne. C’est un interventionnisme extraordinaire, qui a coûté des fortunes aux contribuables », soulignait à La Tribune il y a quelques mois Xavier Pinon, cofondateur et dirigeant du courtier en énergie Selectra.

    Un manque criant de marges pilotables

    Dans ces conditions, le gouvernement n’a d’autre choix que de sonner le branle-bas de combat, soit pour accroître la production d’électricité nationale, soit pour diminuer la demande. Il a notamment annoncé son intention de rouvrir en urgence la centrale à charbon Emile Huchet, et d’engager un plan « sobriété », censé pousser l’Hexagone à économiser un maximum d’énergie sur le territoire.

    Mais en cas d’hiver froid, ces recours resteront largement insuffisants, tant le pays dispose de peu de marges de manœuvre pilotables en dehors du nucléaire.

    « Pendant de nombreuses années, nous n’avons plus construit de moyens de production pilotables [qui permettent de fournir de l’électricité sans variation liée aux conditions météorologiques ou géographiques, ndlr]. Nous en avons même fermé, en ne construisant que des éoliennes et des panneaux solaires à la place. Forcément, cela a déstabilisé le réseau, et accru le risque d’une non satisfaction de la demande », glissait à La Tribune André Merlin, le premier directeur de RTE, en avril dernier.

    Le gouvernement a notamment acté la fin de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace, définitivement mise à l’arrêt en 2020. « Celle-ci ne représentait qu’1,8 GW, son maintien n’aurait donc pas suffi, même s’il aurait apporté des marges bienvenues. Mais nous avons par ailleurs fermé plus de 10 GW d’énergies fossiles depuis 2012. Ce qui est bon pour le climat, mais aboutit logiquement à un manque significatif de pilotables. A cela s’ajoute notre retard sur l’efficacité énergétique, notamment dans les bâtiments, qui permettrait de réduire en parallèle la consommation », selon Nicolas Goldberg.

    D’autant que les rares projets mis en route pour compenser ces fermetures ont accumulé les déboires. Notamment la construction du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (1,6 GW), qui essuie plus de dix ans de retard, et n’est toujours pas raccordée au réseau. Mais aussi la centrale au gaz de Landivisiau, opérée par TotalEnergies et mise en service en avril dernier, après de très nombreux glissements du calendrier.

    Du côté des installations non pilotables, le bilan de la France s’avère également peu reluisant, puisque l’Hexagone ne compte qu’un seul parc éolien en mer, raccordé au réseau il y a quelques semaines seulement. De manière globale, la filière éolienne reste à la peine : au 31 mars 2022, la puissance installée s’élevait à un peu plus de 19 GW, soit près de deux fois moins que les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Et pour ce qui est de l’énergie solaire photovoltaïque, la France n’en produit que 2,2%, soit trois fois moins que l’Allemagne ou l’Italie.

    Une « conjonction de facteurs défavorables », résume Jacques Percebois, dont les conséquences pourraient être majeures. En cas de pénurie, « les consommateurs domestiques seront de toute façon prioritaires », rappelle-t-il. Autrement dit, les entreprises seront les premières à se voir rationner, notamment les plus énergivores, ce qui n’est pas arrivé depuis les années 1950. A tel point que certains industriels cherchent à prendre les devants, comme Stellantis qui cherche un partenaire pour produire sa propre énergie.

    En avril dernier, l’exécutif avait ainsi publié un décret prévoyant le délestage, autrement dit la réduction momentanée et planifiée de la consommation de gaz naturel par certains consommateurs en cas de pénurie. Seraient d’abord concernés les 5.000 sites qui brûlent plus de 5 GW/h par an, en dehors de ceux assurant des missions d’intérêt général (écoles, hôpitaux, Ehpad...). Ce qui pourrait peser lourd sur le tissu industriel français, déjà ébranlé par une explosion des prix qui n’en finit pas.

    #sources_d'énergie #marché_de_l'électricité #interconnexion #centrales_nucléaires

  • Macron, président minoritaire, la France menacée de paralysie politique – La Tribune
    https://www.latribune.fr/opinions/editos/macron-president-minoritaire-la-france-menacee-de-paralysie-politique-9224

    LÉGISLATIVES. Le second tour a amplifié, tout en la confirmant, la déconfiture électorale de la majorité présidentielle. Ensemble n’obtient qu’une majorité toute relative et face à la poussée de la Nupes et du RN, va devoir s’allier pour gouverner. Avec la droite républicaine ou avec la gauche de gouvernement ? Ou les deux selon les circonstances, comme Rocard entre 1988 et 1991 ? De la réponse dépendra le sort du gouvernement d’Elisabeth Borne, réélue dans le Calvados. Face au risque d’un blocage du pays, Emmanuel Macron entame son second mandat par un désaveu qui rend la situation politique très instable dans un moment où l’économie le sera tout autant.
    […]
    D’une certaine façon, nous avons donc peut-être assisté ce dimanche 19 mai à la fin de la Vème République telle que nous l’avons connue. Le régime, bousculé par la révolte des Gilets Jaunes au cours du premier quinquennat, bascule dans un parlementarisme qui reste à inventer dans un pays longtemps résigné à une pratique proche de la monarchie présidentielle. C’est à coup sûr la fin de l’hyper-présidence, l’exécutif étant contraint à une culture du compromis politique, ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour répondre à la crise démocratique.

    Pour Emmanuel Macron, le changement, c’est donc maintenant. Après une telle claque électorale, le président de la République va devoir prendre des décisions rapides : comme l’a dit Bruno Le Maire, « gouverner ne va pas être simple, il va falloir faire preuve de beaucoup d’imagination ». Macron pourra-t-il maintenir à Matignon Elisabeth Borne, certes réélue dans le Calvados, mais très fragilisée par la défaite de la majorité qu’elle était censée conduire à la victoire ? Elle a appelé dimanche soir à construire "une majorité d’action", un concept bien flou... Quel sera le sort de la réforme emblématique des retraites ? La droite se laissera-t-elle tentée comme le maire de Meaux Jean-François Copé par un "pacte de gouvernement" avec Ensemble ? Sur quelles bases ? Quel est enfin le risque de blocage du pays sous la pression d’un quatrième tour social dans la rue et d’un parlement rendu incandescent par la poussée de la Nupes ?

    Une chose est sûre, la stratégie d’ouverture à gauche en nommant Elisabeth Borne est un échec patent dont le président, qui a longtemps hésité à nommer Catherine Vautrin pour faire campagne à droite, devra tirer toutes les conclusions politiques. Quant à la possibilité d’une dissolution, le chef de l’Etat ne pourra pas en user avant dans un an, ce qui nous promet douze mois agités dans un contexte économique et géopolitique particulièrement incertain.

    • bah, il suffit qu’il négocie quelques dizaines de voix godillot avec LePen, moyennant finance [et ptet un ou deux ministres] et tout ira bien pour lui, non ? Il est pas si loin de sa majorité royale absolue playmobil, en réalité, s’il pousse la logique de collaboration avec le FN jusqu’au bout.

      aussi, le renouvellement démocratique commence par reconnaître officiellement que le peuple - dont des LR et des ENS - a voté pour et élu un peu moins de 100 fachos à l’Assemblée, alors faudrait voir à respecter ce nouvel ordre politique, non ? on passe pas un bloc de 15% des représentants de la nation comme ça sous le tapis juste pour faire croire qu’on est républicain, si ?

    • https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/06/20/emmanuel-macron-un-president-puni-a-la-tete-d-un-pays-en-territoire-inconnu-

      « Echec sévère », « défaite cuisante », « contre-performance »… La presse étrangère commente, lundi 20 juin, les résultats des élections législatives, qui ont vu le parti présidentiel et ses alliés récolter 246 sièges, perdant la majorité absolue, établie à 289 sièges sur 577. De l’Allemagne à l’Italie en passant par les Etats-Unis, les médias analysent pêle-mêle le taux d’abstention élevé, la nécessité pour Emmanuel Macron de trouver des alliances, la percée fulgurante de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) ainsi que le score historique du Rassemblement national (RN).

  • macron en Ukraine : la Russie coupe le gaz vers la France latribune.fr

    Le gestionnaire du réseau français de transport de gaz, GRTgaz, a annoncé vendredi ne plus recevoir de gaz russe par gazoduc depuis le 15 juin. La France compte sur la Russie pour environ 17% de ses exportations. Les exportations de gaz russe vers l’Europe sont en baisse constante depuis le début des sanctions contre la Russie.

    Robinet coupé en Pologne, Bulgarie et Finlande, débit fortement réduit vers l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie, et maintenant, plus aucun mètre cube vers la France...Vendredi, le gestionnaire du réseau de transport, GRTgaz, a annoncé avoir constaté ne plus recevoir aucun gaz russe par gazoduc depuis le 15 juin. Ce gaz transitait par un unique point d’interconnexion avec l’Allemagne. La France comptait sur la Russie pour environ 17% de son gaz, qui peut arriver par gazoduc (la grande majorité) ou sous forme liquide par navires méthaniers. Les flux avaient déjà été considérablement réduits mais ils sont désormais tombés à zéro.
    . . . . . .
    La suite : https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/gaz-la-lente-asphyxie-de-l-europe-par-moscou-s-etend-a-l-hexagone-la-franc

  • Débit du Rhône : EDF a dû baisser la puissance d’un réacteur nucléaire
    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/debit-du-rhone-edf-du-baisser-la-puissance-dun-reacteur-nuc

    AFP parue le 06 juin 2022 - 20h32

    EDF a dû baisser la production sur l’un des réacteurs nucléaires de sa centrale de Saint-Alban (Isère) en raison d’un trop faible débit du Rhône, alors que la sécheresse menace la France, a-t-on appris lundi auprès de l’entreprise.

    (...)

    Début mai, en pleine vague de chaleur précoce, une baisse de puissance similaire avait été effectuée pour quelques heures sur un réacteur de la centrale du Blayais (Gironde), en bord de Garonne.

    (...)

    EDF en relativise la portée, soulignant qu’en France, les pertes de production pour cause de températures élevées de cours d’eau ont représenté 0,3% de la production nucléaire annuelle depuis 2000.

    • sur l’impact du réchauffement climatique sur la production d’électricité, cet article dans La Tribune du 11/05/2022

      (on appréciera la transition subtile qui de la question initiale conclue que les énergies éolienne et solaire, elles, ont des problèmes en période caniculaire…

      Le nucléaire est-il menacé par le réchauffement climatique ? – La Tribune
      (article du 11/05/2022)
      https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/le-nucleaire-est-il-menace-par-le-rechauffement-climatique-917479.html

      Dans la nuit de lundi à mardi, EDF a très légèrement baissé la production sur l’un des réacteurs nucléaires de sa centrale du Blayais (Gironde) en raison de la vague de chaleur qui touche actuellement la France. Immédiatement récupérée par plusieurs détracteurs de l’atome, cette mesure, inhabituelle à cette période de l’année, devrait néanmoins rester limitée, même en cas de forte hausse des températures du fait du changement climatique. Analyse.

      Le sort s’acharne sur EDF, à l’heure où l’exécutif entend relancer le nucléaire dans l’Hexagone. Et pour cause, tandis qu’un défaut de corrosion identifié dans plusieurs de ses centrales a obligé l’opérateur historique à mettre neuf réacteurs à l’arrêt, un autre événement survenu dans la nuit de lundi à mardi a donné du grain à moudre à de nombreux détracteurs de l’atome, Jean-Luc Mélenchon en tête.

      En effet, des prévisions de températures élevées de l’estuaire de la Gironde ont contraint l’énergéticien a réduire de 100 mégawatts (MW) la puissance mobilisée de la centrale du Blayais (Nouvelle-Aquitaine). Et plusieurs autres installations pourraient être concernées « jusqu’au dimanche 15 mai 2022 », a fait savoir EDF, au moment-même où la France souffre d’un manque de production du parc. De quoi pousser le chef de file de la France Insoumise à qualifier cette source d’énergie décarbonée d’ « intermittente ».

      De fait, un tel ralentissement est inhabituel à cette période de l’année. Surtout, la fréquence de ces incidents a bien tendance à croître : en juillet 2019, pas moins de sept réacteurs avaient subi une réduction de puissance « pour causes externes liées aux conditions climatiques ». Y compris en dehors de l’été, puisque Chooz 2 et Cattenom 4 avaient été stoppés au mois de septembre du fait d’un débit insuffisant des cours d’eau.

      « 2019 a été une année marquante, pas en termes de perte de production au total, mais en termes de puissance indisponible au même moment, puisqu’on a atteint près de 6 GW en moins à cause de la canicule ou de la sécheresse », souligne Tristan Kamin, ingénieur d’études de sûreté nucléaire.

      Et ce risque d’indisponibilité pour les réacteurs sensibles au climat devrait encore augmenter « d’un facteur deux à trois », selon le gestionnaire du réseau électrique national RTE.

      Cela signifie-t-il qu’un mix électrique reposant en partie sur l’atome sera inefficace d’ici à la fin du siècle, alors que les études compilées du Groupe international d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) modélisent une élévation des températures entre +1,5 et +5°C, avec un bouleversement du cycle de l’eau ?

      Des réacteurs plus ou moins concernés
      Dans les faits, les pertes de production nucléaire liées à ces arrêts pour canicule ou sécheresse sont très faibles. D’après RTE, elles s’élèvent en moyenne à 1,4 térawattheure (TWh) par an, sur les 400 TWh environ générés chaque année par l’atome civil en France - même si ce chiffre plafonnera à près de 300 TWh seulement en 2022 à cause notamment du défaut de corrosion. Depuis 2000, les pertes de production pour cause de températures élevées des cours d’eau ont ainsi représenté 0,3% de la production nucléaire annuelle, selon EDF.

      Si les centrales sont sensibles à la météo, c’est parce que les réacteurs et les piscines d’entreposage du combustible usé doivent être refroidis en permanence. Pour ce faire, les installations prélèvent de l’eau dans un estuaire, la mer ou un cours d’eau, et la rejettent plus chaude, tout en devant respecter des seuils de températures maximales pour ne pas nuire à la reproduction des poissons et éviter la prolifération des algues. Dans le cas du Blayais, EDF a ainsi pâti d’un effet de seuil, fait valoir l’énergéticien. Car avant la mi-mai, c’est la norme hivernale qui s’applique, avec un niveau maximal autorisé de 30°C de la Gironde, contre 36,5°C en été.

      « Les causes ne sont jamais liées à des critères de sûreté, mais à des contraintes fixées sur la température et le débit dans chaque cours d’eau », explique à la Tribune Tristan Kamin.

      Surtout, la sensibilité des réacteurs à la météo dépend fortement de leur situation géographique et de leur système de refroidissement. Les 30 qui fonctionnent en circuit fermé s’avèrent en effet moins concernés, puisque l’eau prélevée est faible (de 2 à 4 mètres cube par seconde) et s’évapore en partie via une tour aéroréfrigérante, plutôt que d’être rejetée à la source. A l’inverse, en circuit ouvert comme au Blayais, le volume d’eau prélevé est important (autour de 50 mètres cubes par seconde), et revient en quasi-totalité à la source avec une température plus chaude, sans passer par des tours d’évaporation. Ce sont donc celles-ci qui risquent d’avoir des rejets thermiques trop importants.

      « A cet égard, la centrale de Civaux (Vienne) est un élève modèle, puisqu’elle dispose de deux grosses tours aéroréfrigérante, et deux autres petites tours complémentaires dites « de purge », afin de refroidir une deuxième fois l’eau avant le rejet en rivière. Ce qui permet de supprimer tout échauffement dès que la température à Vienne atteint 25°C. Par conséquent, cette installation n’est jamais touchée par des arrêts pour sécheresse, alors que se situe sur l’un des plus petits cours d’eau », souligne Tristan Kamin.

      Choix des sites
      Afin d’y remédier, EDF a élaboré des modélisations sur différents scénarios climatiques à plusieurs échéances - sachant que les installations actuelles devraient de toute façon toutes être arrêtées d’ici à 2050. Concrètement, l’énergéticien doit estimer les pertes de capacité et de volumes production, en fonction des critères retenus. « C’est un sujet identifié, mais il n’y a aucun problème rédhibitoire, excessivement dangereux ou cher identifié », assure Tristan Kamin.

      Pour ce qui est des futurs réacteurs, dont Emmanuel Macron a annoncé la commande à la fin de l’année dernière, EDF devra tenir compte de cette problématique dans le choix des sites.

      « La modification du parc, la localisation des tranches actuelles qui resteraient en service et le choix des sites d’implantation des nouvelles installations sont autant de paramètres qui influeront sur la disponibilité du parc lors des phases de canicule ou de sécheresse », fait ainsi valoir RTE dans ses scénarios Futurs Energétiques 2050.

      Reste que la sélection sera surtout guidée par l’implantation dans les sites du parc existant. « Il y aura une préférence pour le bord de mer, mais EDF va privilégier les lieux où il y a déjà des centrales, pour des questions de coûts d’acceptabilité », analyse Tristan Kamin.

      Cependant, pour les éventuelles nouvelles installations nucléaires en bord de rivière ou de fleuve, le recours à un fonctionnement en circuit fermé avec tour aéroréfrigérante est devenu obligatoire depuis 2021.

      Tout le système électrique sera touché
      Surtout, au-delà de l’atome, la question de l’impact du réchauffement climatique porte sur le système électrique dans son ensemble. Et pour cause, toutes les installations seront concernées, des barrages aux panneaux solaires, en passant par les éoliennes.

      « Chaque infrastructure a des seuils de tolérance technique. Si on veut exclure une technologie au motif qu’elle est sensible au modèle climatique, autant exclure tout le modèle électrique », glisse Tristan Kamin.

      D’autant que la plus grosse vulnérabilité concernera les périodes froides, où la demande est forte, combinées à un manque de vent. Et pour cause, « le développement des énergies renouvelables variables apporte une sensibilité accrue du système aux aléas météorologiques (vent, rayonnement, température...) », prévient RTE dans son étude Futurs Energétiques 2050. Et d’affirmer que « la question des périodes sans vent devient en particulier centrale dans l’analyse des besoins de flexibilité du système ».

      Mais aussi, paradoxalement, celle des périodes caniculaires pour ce qui est des panneaux solaires, puisqu’au-delà d’une température extérieure de 25°C, leur rendement commence à chuter, à raison de 0,5% par degré.

      Marine Godelier

    • du coup, une petite recherche sur l’expert Tristan Kamin, ingénieur d’études de sûreté nucléaire, dont il n’est pas évident de trouver l’employeur, détail absent, p. ex. de sa bio sur LinkedIn, absent également dans la totalité de ses interventions médiatiques (nombreuses) où il reprend l’intitulé ci-dessus.

      On finit par la trouver sur la présentation de ce membre de la #Génération_Jancovici


      sur le site de la SFEN, Société française d’énergie nucléaire, association fondée en 1973, dont l’objet est de :

      développer les connaissances de toutes celles et ceux qui s’intéressent à l’énergie nucléaire.

      et la vision (à côté du logo) est :

      Permettre aux esprits curieux de partager de nouvelles idées sur l’énergie nucléaire

      dont le bureau rassemble le gratin du secteur


      https://www.sfen.org/qui-sommes-nous/gouvernance

      il fait partie de ces experts très impliqués sur les réseaux dont l’émergence est appréciée par cette même SFEN :

      4/10 – Nucléaire : du nouveau sur les réseaux sociaux - Sfen
      (article de septembre 2020, màj en septembre 2021)
      https://www.sfen.org/rgn/4-10-nucleaire-reseaux-sociaux

      Ils ne s’expriment pas au nom de leur entreprise, mais ne font pas mystère de leur rattachement à leur employeur. Comme ils se plaisent à le rappeler, ils ne font pas de communication, ne portent pas la parole officielle de leur entreprise, mais assument leurs messages à titre personnel. Ce sont ces « nouveaux citoyens », animés par le désir de partager leurs compétences sur les réseaux sociaux et de ne pas laisser passer les idées reçues et les fausses informations. Avec eux, quelque chose est en train de changer dans l’information du public sur le nucléaire. Un changement culturel indéniable, alors qu’apparaissent les signaux, de moins en moins faibles, d’une évolution dans le ton des conversations.

      voir p. ex. ses publications sur le site <l’EnerGEEK />, 6 articles entre août 2018 et octobre 2020
      https://lenergeek.com/author/tristan-kamin

      dont le titre du plus ancien est, justement :

      Nucléaire + canicule : associer deux mots clés pour en faire une polémique stérile (tribune)

      https://lenergeek.com/2018/08/14/nucleaire-canicule-polemique-tristan-kamin-tribune

      une de ses dernières interventions (11/2021) sur le site de la revue Progressistes, sous-titrée Science Travail et Environnement
      « L’énergie nucléaire peut se vanter d’une excellente maîtrise de son potentiel de danger », Tristan Kamin – Science, Travail & Environnement
      https://revue-progressistes.org/2021/11/16/lenergie-nucleaire-peut-se-vanter-dune-excellente-maitrise-de-s

      Pour finir, il a, bien sûr, été repéré par Reporterre

      Comment le nucléaire gagne la bataille des réseaux sociaux
      https://reporterre.net/Comment-le-nucleaire-gagne-la-bataille-des-reseaux-sociaux

      Cette promotion de l’industrie nucléaire se poursuit aussi sur Twitter. Cette fois... par des salariés eux-mêmes. Tristan Kamin, 27 ans, est ingénieur en sûreté nucléaire pour « un industriel privé ». Depuis 2018, il commente sur les réseaux sociaux les sujets d’actualité liés à l’énergie, et décrit certains aspects de son métier dans des séries de tweets. Surtout, il traque impitoyablement tous les contenus critiques du nucléaire, pour les « débunker » (c’est-à-dire montrer qu’ils sont faux).
      […]
      En 2018, l’association Voix du nucléaire a été créée. Elle réunit aujourd’hui près de trois cents adhérents — dont Tristan Kamin, qui fait partie du conseil d’administration — issus de l’industrie pour la plupart d’entre eux. Son but : diffuser, notamment grâce aux réseaux sociaux (Twitter et Linkedin en tête), un discours en faveur du nucléaire.
      […]
      Depuis quelques années, une nouvelle catégorie d’internautes semble d’ailleurs s’intéresser au discours pro-atome. Et, surprise... ils se revendiquent écologistes. Alors que le mouvement écolo français s’est fondé sur des racines profondément antinucléaires, on observe pourtant une augmentation du nombre de personnes estimant que l’énergie atomique, peu émettrice de gaz à effet de serre, pourrait être un atout dans la lutte contre le changement climatique.
      […]
      Cette position est incarnée par une personne : Jean-Marc Jancovici. Ce consultant et spécialiste de l’énergie, surnommé « JMJ » par sa communauté de fans, rencontre un franc succès sur les réseaux sociaux.

  • Une start up à deux doigts de réinventer le ... charbon de bois !

    Le biochar, ce nouvel or noir pour le climat qui fait rêver les industriels de la décarbonation
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/le-biochar-ce-nouvel-or-noir-pour-le-climat-qui-fait-rever-les-industriels

    Avez-vous déjà entendu parler du biochar ? Pour les spécialistes du climat, ce mot ne sonne pas comme une énigme... Dans le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), le vocable y est mentionné près de 200 fois. Le biochar, ou charbon végétal, est alors présenté comme une « negative emission technology », c’est-à-dire une solution de séquestration de carbone de long terme. Il est aussi présenté comme une substance permettant d’améliorer les propriétés physiques des sols. Encore à ses balbutiements, l’économie du biochar attire aujourd’hui jeunes pousses et grands groupes. En France, plusieurs acteurs comme Suez, Carbonloop ou encore NetZero se sont lancés sur ce marché qui s’apprête à exploser. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

    https://justpaste.it/9qzwj

    #carbon_business

    • « Ces résidus, non valorisés, sont chauffés à environ 500 degrés, en absence d’oxygène afin d’éviter leur combustion qui les réduirait en cendres. »

      Effectivement c’est du charbon de bois...

      La connerie disruptive a encore frappé...

    • « Ainsi l’utilisation du biochar comme amendement des sols serait beaucoup plus pertinente dans les contextes tropicaux, où les sols sont pauvres, que dans les régions tempérées, où les effets sur la fertilité sont beaucoup plus modestes. Si les atouts du biochar comme puits de carbone sont incontestables, une approche trop générique de son application dans les sols pourrait être néfaste »

    • https://www.econologie.com/gazogene

      Le gazogène est un procédé permettant de faire tourner n’importe quel moteur avec du bois ou un combustible solide contenant du carbone. Il est basé sur une précombustion incomplète du combustible aboutissant à un gaz riche en monoxyde de carbone CO pouvant être brulé dans un moteur à explosion.
      L’avantage principal est de pouvoir utiliser un combustible, solide, plus facilement disponible que les carburants classiques (c’est d’ailleurs pour cela qu’il a été inventé en période de pénurie en hydrocarbures liquides) et, de plus, pouvant être renouvelable (bois).
      Le principal inconvénient provient de son rendement machine assez faible et inférieur à 15% (un moteur diesel a un rendement pouvant dépasser les 40% aujourd’hui) sur les unités de gazéifications modernes (on ne parle plus de gazogène mais de gazéification, du bois par exemple). Un si faible rendement abouti à une consommation d’un camion alimenté par un gazogène consommait d’environ 100kg de bois au 100km.

      C’est le blog d’un ingénieur en énergétique, inventeur du concept d’#éconologie. https://www.econologie.com/qui-sommes-nous

      Ce qui est frappant, c’est qu’il y a encore une vingtaine d’années, on croyait pouvoir s’en sortir en bidouillant quelques vieilles recettes des siècles passés mais qui sont devenues complètement inadaptées à l’emballement actuel. Maintenant, je ne dis pas qu’il faut tout renier mais il nous faut être bien conscient que (aux mieux) ça ne fera pas de miracle.

  • Ukraine : La face cachée des choses (Deuxième partie) Vladimir Caller
    https://www.investigaction.net/fr/ukraine-la-face-cachee-des-choses-deuxieme-partie

    Le traitement de l’information de la guerre entre la Russie et l’Ukraine risque, par son immédiateté, de nous faire perdre de vue l’énormité de son importance, de sa signification politique et de ses conséquences prévisibles. A ce propos, il ne nous semble pas exagéré de dire que le moment historique que nous vivons est comparable à, par exemple, celui de la chute du mur de Berlin ou 11 septembre.


    Dans ce scénario, la diplomatie américaine s’est déployée en trois temps (en attendant un quatrième) : le retrait des forces américaines d’Afghanistan, la trame organisée pour entraîner l’intervention armée russe en Ukraine (voir la première partie de cet article) et le basculement d’alliances au Moyen Orient dont les Accords d’Abraham annoncent la tendance.([1])

    Des objectifs bien précis
    – Reprendre le contrôle hégémonique d’une Europe durablement affaiblie et ce, sur le plan de l’énergie, la défense, la finance internationale ; dans ce cadre faire de l’Allemagne et du germanisme anti slave, la nouvelle référence militaire européenne.

    – Affaiblir la Russie à l’extrême, organiser un « Afghanistan-bis » sur des terres ukrainiennes et, comme voie de conséquence, installer un « Eltsine-bis » au Kremlin

    – Renforcer très lourdement le négoce militaire et son association avec les médias (le nouveau complexe militaro-médiatique). ([2])

    – Tout ceci, en préalable de la cible chinoise (le quatrième temps).

    Si les grandes lignes de cette stratégie étaient dûment programmées, il nous semble que ses mentors ne s’attendaient pas à une riposte russe si brutale ; en tout cas, pas de cette dimension. Cette riposte a changé la donne et précipité le timing des plans américains. Le soutien à l’Ukraine, à son intégrité territoriale, à sa politique d’alliances, est devenu un sujet mineur. Le volet politico-diplomatique de la guerre elle-même est devenu obsolète. Lorsque Biden traite Poutine de « criminel de guerre » ou de « voyou » ce n’est pas une saute d’humeur ; c’est une fin de non-recevoir à toute négociation, à toute discussion. Que la Russie saigne, c’est la (seule) priorité.

    Dans un entretien, passé inaperçu, à la NPR, le principal réseau de radiodiffusion public des États-Unis le 16 Mars, le secrétaire d’état Antony Blinken précisait les objectifs de sa diplomatie. Pour lui, cette guerre était l’occasion de changements, de grands changements. « L’un de ces changements est que les Européens s’intéressent de très près, et non seulement s’intéressent, mais commencent à agir sur la sécurité énergétique et cessent de se nourrir du pétrole et du gaz russes. Ce serait un changement majeur » .([3])

    Ursula von der Leyen, Charles Michel, Emmanuel Macron, semblent avoir bien entendu l’injonction en signant sans tarder un accord avec les États-Unis, lors du sommet européen des 24 et 25 mars, pour la livraison de 15 milliards de mètres cube de gaz naturel liquéfié (GNL) avec la perspective d’arriver à 50 milliards pour la fin de la décennie. A noter que la satisfaction vis-à-vis de cet accord n’est pas venue des marchands du GNL mais des acheteurs : « J’aimerais dire au peuple américain la reconnaissance de l’Europe pour leur soutien indéfectible », a salué Ursula von der Leyen, qui a dit voir en cet accord « une garantie de la sécurité et de l’indépendance énergétique de l’UE ».([4]) De son côté, dans l’élan de cet accord, l’Allemagne a débloqué 1,5 milliards d’euros pour acheter du GNL ; notamment aux Etats-Unis.

    L’acquiescence de l’UE envers les directives de la Maison Blanche ne se limitent pas aux directives sur le gaz. Elle anticipe même les propositions punitives de Washington et, pour y parvenir, n’hésite pas à violer ses propres directives. Ainsi, l’UE sanctionnait la banque centrale russe gelant ses dépôts avant même les États-Unis et décidait l’envoi des armes à l’Ukraine en totale contradiction avec les propres dispositions du Conseil européen qui régissent le contrôle des exportations militaires ; règles dans lesquelles il est bien précisé que « Les États membres refusent l’autorisation d’exportation de technologie ou d’équipements militaires susceptibles de provoquer ou de prolonger des conflits armés ou d’aggraver des tensions ou des conflits existants dans le pays de destination finale. »([5])

    Concernant Moscou, Blinken assure que le changement est déjà en marche : « L’une des choses que nous faisons est de priver la Russie de la technologie dont elle a besoin pour moderniser son pays, pour moderniser les industries clés – défense et aérospatiale, son secteur de haute technologie, l’exploration énergétique. Toutes ces choses vont connaître des effets profonds et pas seulement immédiats. Ils vont augmenter et s’accroître au fil du temps […] Tout ce qui est fait est, en fait, irréversible ». Cette guerre multi-sectorielle a donc vocation à durer. Pour qu’il ne reste pas de doutes, le secrétaire d’État estimait nécessaire d’avouer que « …le simple fait d’arrêter l’invasion de l’Ukraine pourrait ne pas suffire pour annuler les sanctions contre la Russie ».

    Au bonheur des armuriers
    Nous disions ci-dessus que la réaction russe avait surpris les Occidentaux, par sa nature et son envergure, le quotidien Le Figaro rapportait que, soucieux de son budget, Boris Johnson avait prévu, peu avant le déclenchement du conflit, de tailler dans les effectifs et matériels destinés à la défense.([6]) En France, le président de la Cour de comptes Pierre Moscovici prévoyait « réduire la voilure » du budget des armées dans son rapport sur « La loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 et les capacités des armées ». « Il va devoir revoir sa copie car la guerre en Ukraine a balayé certaines convictions des rapporteurs »  ; estimait le journal français La Tribune. ([7]) Aux USA même, au début de l’année, une publication spécialisée dans le domaine de la défense commentait : « Le secteur est confronté à une période de stagnation ou de diminution des budgets du Pentagone, alors même que le ministère de la Défense s’efforce de faire face à des conditions difficiles dues à la montée de la Chine ».([8])

    Le cas le plus marquant fut, pourtant, celui de l’Allemagne. Le 12 février le ministre des Finances, Christian Lidner du Parti libéral démocrate, bien connu pour son attachement à la rigueur budgétaire, s’était adressé au Bundestag insistant sur l’urgence de réduire les dépenses militaires en dépit des pressions de l’OTAN pour qu’elles atteignent, au minimum, le 2 % du PIB du pays. Cela dit, le climat martial autour du dossier ukrainien, poussé par les écolos, était déjà bien animé, pendant que le premier ministre Olaf Scholz semblait résister à ces pressions. C’est alors que le magazine Der Spiegel , incité par l’intervention russe, titrait en une dans son édition du 26.02 : « Ayez honte Monsieur Scholz », l’accusant d’être trop mou et « d’empêcher l’Union européenne d’agir contre le régime de Poutine ».([9]) Le lendemain, Scholz décidait, devant le parlement, d’attribuer un montant de 100 000 milliards d’euros au budget de la défense. Pour le journal français Les Echos « La révolution copernicienne de l’Allemagne ne fait que commencer ».([10])

    Et elle prend de l’envol si l’on en juge par les décisions qui suivirent. Le 27 mars, la présidente de la commission de la défense au Bundestag, Andrea Schwarz, annonçait que son pays se proposait d’acheter le système de missiles israéliens « Arrow », plus connu sous le nom de « Dome de fer » lorsqu’il sert à se protéger des missiles venant du Hezbollah ou du Hamas. « Nous devons mieux nous protéger contre la menace russe. Pour cela, nous avons besoin rapidement d’un bouclier antimissiles à l’échelle de l’Allemagne« , expliqua-t-elle dans le Bild. Et d’ajouter, « Nous pouvons tendre le Dôme de fer au-dessus des pays voisins. Nous jouerions ainsi un rôle clé pour la sécurité de l’Europe » . Selon le journal, le système coûterait 2 milliards d’euros et pourrait être opérationnel dès 2025 depuis trois sites en Allemagne. ([11]) Jean Monnet en rêvait, l’alliance de gaullistes et de communistes l’avait empêché en 1954, le réarmement allemand est à l’ordre du jour. Et ce n’est que le commencement. Des F-35 furtifs sont déjà commandés en masse aux USA ; des drones armés à Israël et des projets, si chers à Emmanuel Macron, de chars et avions de chasse mutualisés sont plus que jamais d’actualité.

    L’autre guerre
    Une autre guerre non moins importante se joue dans la communication où excelle l’ancien comédien Zelinsky élu sur un programme de pacification et devenu faucon parmi les faucons du projet d’éterniser la guerre et, si possible, de l’étendre. Maître dans l’art de l’ambiguïté, un jour il propose, demande, des négociations et lorsqu’elles sont entamés, il exige la fermeture du ciel ukrainien par l’OTAN. Il suggère des concessions, y compris territoriales pour toute de suite accuser la Russie de génocide et son président d’être un criminel de guerre et ce en parfaite concertation avec Biden et les grandes corporations médiatiques mondiales. Sa campagne de communication est particulièrement efficace « Ils sont vraiment excellents en stratcom – médias, info ops, et aussi psy-ops, a déclaré un haut responsable de l’OTAN au  Washington Post. « J’espère que les pays occidentaux prendront exemple sur eux ». ([12]) La production, notamment vers l’extérieur, est assuré par l’agence Internews  financée conjointement par le gouvernement américain et diverses ONG’s dont la fondation Gates, The Open Society de George Soros et The National Endowment for Democracy.

    Nous sommes ainsi face à un climat « d’union sacrée » autour de Zelensky et son équipe. Impensable de toucher un mot à propos de ses nombreux faits de corruption aggravée révélées par les Pandora papers. Si vous osez le faire, vous devenez ipso-facto un « agent de Poutine ». Encore mieux : surtout ne pas parler de « nazification » puisque, c’est le « vox médiatique » qui sanctionne : Zelensky est lui-même juif. Comme si le fait d’être juif vaccinait contre des compromissions. Cette campagne est si efficace que l’idée s’est installée que des formations comme Pravy Sektor, Patriotes d’Ukraine et Azov seraient très marginales car leur dimension serait fort modeste. Concernant Azov, le plus engagé parmi ces groupes sur le plan militaire, les ‘spécialistes’ des moyens de communication avancent le fait qu’ils « ne seraient que 4 000 dans une population militaire de 200 000 membres » ; insignifiants, donc. Or ce chiffre semble tiré de Wikipédia de manière un peu désinvolte, nos commentateurs oubliant que nous sommes déjà en 2020. En effet, ce site précise que « Le bataillon d’Azov était composé d’environ 800 volontaires fin 2014, mais vit ses effectifs rapidement augmenter portant le nombre de combattants potentiels à plus de 4 000 à la fin de 2016 ».([13]) Si en 2 ans, (2014-16) Azov grandit de 500 % on peut estimer que « The International Institute for Strategic Studies », organisme américain spécialisé dans la chose militaire, n’exagère pas lorsqu’il estime que les forces paramilitaires ukrainiennes (dont Azov est, de loin, la plus importante) représentent 102 000 membres pour un effectif total de l’armée nationale ukrainienne de 145 000 membres.([14])

    D’autres commentateurs insistent sur leur prétendue insignifiance en raison du fait qu’ils n’ont pas d’élus au parlement. Or le problème n’est pas qu’ils soient ou non au parlement mais qu’ils sont parfaitement bien installés et dans les forces armées et dans le ministère de l’intérieur. Et là, c’est-à-dire au cœur de la guerre, ils sont en position d’orienter la ligne politique générale et ce, en parfaite concertation avec le Pentagone, l’OTAN (et la caution de l’UE) avec même des projections internationales. Dans une enquête très fouillée, le magazine américain TIME, très peu suspect de « complotisme gauchiste », rapporte les déclarations d’Ali Soufan, un ancien cadre de très haut niveau du FBI, expert en questions de terrorisme, à propos du mouvement Azov. Selon Soufan, « Azov occupe une place centrale dans un réseau de groupes extrémistes qui s’étend de la Californie à la Nouvelle-Zélande en passant par l’Europe ». Et faisant référence aux talents de recrutement de l’organisation, l’expert soutient que « plus de 17 000 combattants étrangers sont venus en Ukraine au cours des six dernières années en provenance de 50 pays. » . Intriguée, la rédaction du magazine est allée sur place à Kiev pour interroger Olena Semenyaka, la responsable de questions internationales du mouvement, à propos des objectifs de son organisation. Cette dernière a répondu : « la mission d’Azov était de former une coalition à travers le monde occidental, dans le but ultime de prendre le pouvoir dans toute l’Europe. » ([15]) TIME précise qu’en octobre 2019, 40 membres du Congrès avaient signé une lettre appelant, sans succès, le Département d’État américain à désigner Azov comme une organisation terroriste étrangère. 

    Plus récemment, le quotidien israélien Jerusalem Post, publiait un rapport de l’Institut d’études européennes, russes et eurasiennes (IERES) de l’Université George Washington qui révélait que « le Canada, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont contribué à la formation de membres des organisations d’extrême droite au sein des académies militaires ukrainiennes » . Le rapport soulignait la tolérance dont ces groupes bénéficiaient des directions de ces académies. Situation qui avait provoqué la colère des Amis du Centre Simon Wiesenthal (FSWC) du Canada qui faisait état de leur mécontentement dans un communiqué. « .. Il est inacceptable que nos forces armées encouragent les groupes néonazis en Ukraine par le biais de la formation de nos forces armées. »([16])

    Cette présence militaire, ce prosélytisme sans limites ni frontières du néofascisme kiévien ne se limite pas aux casernes. Dès le lendemain du coup d’état de 2014 parrainé par Laurent Fabius, Frank-Walter Steinmeier (actuel président de l’Allemagne) et Victoria Nuland, le poste du ministre de l’intérieur, le plus sensible et stratégique du nouveau gouvernement « démocratique et européiste » fut attribué à Arsen Avakov, le créateur d’Azov. Question d’urgence ? Pas d’autre choix pour le moment ? Désignation passagère ? Pas du tout ! Avakov resta ministre 8 ans jusqu’au mois de juillet 2021 dûment confirmé d’ailleurs, malgré de vives oppositions y compris du grand rabbin de Kiev, par monsieur Zelensky. Trop visible pour rester à côté du Monsieur propre Zelenzky, il dut quitter ce poste si visible pour devenir conseiller spécial du ministère de la défense.

    Les évidences, les démonstrations de la très large mainmise de l’extrême droite néonazie sur les forces militaires et paramilitaires du pays et sur une très large partie de l’opinion publique ukrainienne, notamment sur sa jeunesse sont incontestables Pourtant, dans un exercice pervers de manipulation de l’opinion, le système fait tout pour l’ignorer, pour le cacher. Ainsi, finalement ce n’est pas Poutine qui ‘dénazifie’ l’Ukraine mais bien l’UE, la Maison Blanche, les médias…

    En attendant le vrai morceau
    Dans cette guerre qui se joue (pour le moment) à trois : USA-Russie-UE (la Chine est, cette fois, en stay behind), on peut estimer que les gagnants seront les deux géants, les USA et la Chine avec comme perdants leurs partenaires mineurs, l’Europe et la Russie. Cela dit, les recompositions en cours avec l’entrain militaire de la Russie, sa disposition à « passer à l’acte » comme nouvelle donne, ajoutées à la fixation sur la Chine, ne peuvent que conforter plus que jamais le négoce militaire. Présentant le nouveau budget de la défense pour 2023 (Budget que l’administration Biden estime à 773 milliards de dollars soit le niveau le plus élevé de l’histoire américaine), la revue Foreign Policy, titrait ce 28 mars, « L’invasion de l’Ukraine par la Russie a obligé le Pentagone à revoir son approche centrée sur la Chine. »([17])

    De con côté, avec ce franc parler si américain, le Pentagone publiait une fiche informative de la NGS (National Defense Strategie) soulignant la permanence de la menace chinoise d’où le fait que ces efforts visent à « agir de toute urgence pour soutenir et renforcer la dissuasion, la République Populaire de Chine (RPC) étant notre concurrent stratégique le plus important et le défi majeur pour le département« . La fiche présente ainsi les priorités du Pentagone « La défense de la patrie, face à la menace multi-domaine croissante que représente la RPC.[…] Dissuader toute agression, en donnant la priorité au défi posé par la RPC dans la région indopacifique, puis au défi posé par la Russie en Europe. »([18])

    Cette agressivité langagière (et budgétaire) n’empêchait pas messieurs Blinken et Sullivan d’entreprendre moult tentatives pour essayer d’aligner la Chine contre la Russie dans le cadre des sanctions en cours. Ce fut une secrétaire d’un programme de TV chinois qui, en manière de réponse, résuma le mieux la démarche étasunienne : « Pourrais-tu m’aider à combattre ton ami pour que je puisse m’occuper de toi plus tard ? »[19]

    Post scriptum 09.04.2022
    Je viens de lire un long article du Wall Street Journal (ici en annexe) informant d’une proposition faite par l’allemand Scholz à Zelensky, « une dernière tentative », le 19 février, quelques jours avant l’entrée de troupes russes en Ukraine. L’Allemand aurait déclaré à Zelensky que l’Ukraine devrait renoncer à ses aspirations envers l’OTAN et déclarer sa neutralité dans le contexte d’une convention sur la sécurité européenne garantie conjointement par les Etats-Unis et la Russie. Demande que Zelensky aurait refusée arguant que l’on « ne peut pas faire confiance à Poutine et que la plupart des Ukrainiens souhaitent adhérer à l’OTAN ».([20])

    Cette révélation me semble précieuse pour évaluer la personnalité du président ukrainien, sa capacité à décider seul (contrairement à l’idée qu’il serait soumis à des influences…) et sa responsabilité dans le drame que vit son pays.
    Source : Le Drapeau Rouge https://www.ledrapeaurouge.be
    Voir la première partie de l’article. https://www.investigaction.net/fr/ukraine-la-face-cachee-des-choses-premiere-partie
    Photo : Manhhai (CC 2.0)

    Notes :
    [1] Accords officialisant la reconnaissance d’Israël par des pays arabes qui jusqu’ici s’y refusaient. Le dossier ukrainien, si riche et complexe, ne nous a laisse le temps de traiter ce sujet. Nous y reviendrons.

    [2]La formule complexe militaro-industriel devenant un peu obsolète ; outre que pour ce qui est des USA l’importance de la composante industrielle n’est plus la même que du temps du Général Eisenhower,
    auteur de la formule, le facteur médiatique est, par contre, devenu incontournable pour la gestion de guerres.

    [3]Blinken, https://www.npr.org/transcripts/1086835380?t=1648549050349 March 16, 2022 

    [4]https://lechiffredaffaires.dz/15-milliards-de-m3-de-gnl-americain-pour-leurope

    [5]Actes pris en application du traité UE ; position commune 2008/944/PESC du 8.12.2008 https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32008E0944&from=FR

    [6]https://www.lefigaro.fr/international/royaume-uni-a-l-heure-du-global-britain-boris-johnson-somme-d-en-faire-enco

    [7]https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/armees-la-cour-des-comptes-propose-de-reduire-la-voilure-dans-un-contexte-

    [8]National security for insiders by insiders https://warontherocks.com/2021/01/13the-u-s-defense-industry-in-a-new-era

    [9]https://www.spiegel.de/ausland/deutschlands-halbherzige-sanktionspolitik-schaemen-sie-sich-herr-scholz-komm 

    [10]https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/la-revolution-copernicienne-de-lallemagne-ne-fait-que-commencer-1393884

    [11]https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/l-allemagne-envisage-de-se-doter-d-un-bouclier-antimissiles-%C3%A0-2-milliards-d-euros/ar-AAVxQvZ?ocid=winp1taskbar

    [12]https://www.washingtonpost.com/national-security/2022/03/16/ukraine-zelensky-information-war Les sigles « Ops » et « Psy-ops » correspondent aux opérations de propagande et publicité dans le premier cas et à celles visant à manipuler les informations ; susciter compassion du public, etc. dans le second.

    [13]https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9giment_Azov

    [14]Ukraine’s military strength https://graphics.reuters.com/RUSSIA-UKRAINE/dwpkrkwkgvm 26.1.22

    [15]« Like, Share, Recruit : How a White-Supremacist Militia Uses Facebook to Radicalize and Train New Members” https://time.com/5926750/azov-far-right-movement-facebook January, 7,2021

    [16]By Jerusalem Post staff ; October 19, 2021 https://www.jpost.com/diaspora/western-countries-training-far-right-extremists-in-ukraine-report-682411

    [17]https://foreignpolicy.com/2022/03/28/pentagon-defense-strategy-russia-ukraine-war.

    [18] US Department of Defense Fact Sheet : 2022 National Defense Strategy https://media.defense.gov/2022/Mar/28/2002964702/-1/-1/1/NDS-FACT-SHEET.PDF

    [19] China Global Television Network — CGTN LIU Xin 刘欣 (LiuXininBeijing) March 19, 2022

    [20] https://www.wsj.com/articles/vladimir-putins-20-year-march-to-war-in-ukraineand-how-the-west-mishandled-it-1 

    #otan #usa #etats-unis #ukraine #azov #néonazis #néofascisme #ue #union_européenne #Russie #guerre #crimée #otan #réfugiés #énergie #géopolitique #france #politique #poutine #allemagne

  • Eolien : les coûts de construction explosent, le modèle européen ne tient plus face à la concurrence chinoise
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/eolien-les-couts-de-construction-explosent-le-modele-europeen-ne-tient-plu

    A l’heure où Bruxelles compte mettre les bouchées doubles sur le déploiement des énergies renouvelables, afin de permettre aux Vingt-Sept de s’affranchir des hydrocarbures russes et de sécuriser leurs approvisionnements, les constructeurs européens d’éoliennes tirent la sonnette d’alarme : face aux bouleversements sur la chaîne logistique et à l’explosion des coûts des matières premières, leur modèle ne tient plus. De quoi faire planer le risque de prises stratégiques par leurs concurrents étrangers, et même menacer l’avenir des sites de production sur le continent.

    Quand ce n’est pas la main d’œuvre qui est trop chère, ce sont les matières premières... Y-a toujours une bonne raison pour dire que ça ne fonctionnera jamais.

  • Le risque d’un défaut de paiement de la Russie s’amplifie, Washington interdit à Moscou de payer sa dette en dollars
    https://www.latribune.fr/economie/international/washington-interdit-a-moscou-de-payer-sa-dette-en-dollars-et-precipite-la-

    Les Etats-Unis ont décidé de mettre fin, à partir de 00H01 mercredi heure de Washington, à une exemption permettant à Moscou de payer ses dettes en dollars, a annoncé mardi le Trésor américain, une décision qui pourrait précipiter le pays dans le défaut de paiement

    « Vous devez rembourser les dollars, mais pas en dollars ».
    « Na ».

  • La Russie veut interdire aux étrangers de recourir à ses mères porteuses La Tribune - Reuters
    https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN2NA1U7/la-russie-veut-interdire-aux-etrangers-de-recourir-a-ses-meres-porteuses.h

    Les députés russes ont approuvé mardi en première lecture un texte de loi visant à interdire aux étrangers de recourir aux mères porteuses en Russie, un projet visant implicitement les Occidentaux sur fond de guerre en Ukraine.

    Le recours à des mères porteuses rémunérées est légal en Russie même si cette pratique est critiquée par des organisations religieuses qui la considèrent comme une commercialisation de la procréation.

    L’un des rédacteurs du texte, adopté à la quasi-unanimité en première lecture, a déclaré qu’une telle législation était nécessaire pour mettre les enfants nés en Russie à l’abri du danger.


    (Crédits photo : Pavel Mikheyev)
    Elu de Russie unie, le parti majoritaire soutenant le président Vladimir Poutine, Vassili Piskariov a déclaré qu’en l’état actuel de la loi, « nous ne pouvons pas suivre le destin d’un seul bébé ».

    « Nous ne savons pas qui sont leurs parents, leurs prétendus ’père’ et ’mère’ ni pourquoi ils achètent un bébé », a déclaré l’élu à la Douma, estimant qu’environ 40.000 enfants nés en Russie de mères porteuses avaient quitté le pays pour être élevés par des étrangers.

    « Pourquoi devrions-nous dépenser notre argent pour résoudre les problèmes démographiques d’autres pays ? » a-t-il ajouté, proposant que les bébés nés de mères porteuses en Russie obtiennent automatiquement la nationalité russe « afin de pouvoir connaître leur destin ».

    Pour entrer en vigueur, le texte doit encore être adopté à l’issue de deux autres lectures à la Douma, puis être examiné par le Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, et être promulgué par Vladimir Poutine.

     #gpa #fric #pma #femmes #reproduction #critique_techno #marchandisation #nécrotechnologies #gestation_pour_autrui #libéralisme #maternité #exploitation #marchandise

  • Gaz russe : Poutine accentue les coupures vers l’Europe, Berlin s’insurge contre cette « arme énergétique » latribune.fr
    https://www.latribune.fr/economie/international/gaz-russe-poutine-accentue-les-coupures-vers-l-europe-berlin-s-insurge-con

    La situation s’envenime sur le front du gaz russe. Alors que depuis mardi, Kiev et Moscou se renvoient la balle pour justifier la diminution du volume du gaz qui transite par l’Ukraine vers l’Europe, la Russie vient de franchir une nouvelle étape ce jeudi. Gazprom a annoncé cesser d’utiliser un gazoduc clé pour le transport de l’hydrocarbure à l’Europe via la Pologne. L’adoption des contre-sanctions russes  "signifie une interdiction d’utiliser un gazoduc appartenant à EuRoPol GAZ (qui exploite la partie polonaise du gazoduc Yamal-Europe) pour transporter du gaz russe à travers la Pologne", a justifié Gazprom dans un communiqué sur Telegram.


    Cette décision fait en effet suite à l’adoption, mercredi, de sanctions par la Russie contre plus de 30 sociétés de l’Union européenne, des États-Unis et de Singapour, en représailles contre les sanctions dont elle est frappée pour son offensive militaire contre l’Ukraine. La liste des sociétés sanctionnées comprend 31 compagnies, dont EuRoPol GAZ S.A., le propriétaire de la partie polonaise du gazoduc Yamal-Europe, axe gazier majeur qui achemine du gaz russe à travers la Biélorussie et la Pologne jusqu’en Allemagne. Gazprom ajoute qu’avant cela  "la partie polonaise a violé à plusieurs reprises les droits de Gazprom en tant qu’actionnaire d’EuRoPol GAZ et, le 26 avril 2022, a inscrit Gazprom sur la liste des sanctions, bloquant la possibilité pour l’entreprise d’exercer des droits sur les actions et autres titres d’EuRoPol GAZ, et recevoir des dividendes". Une grande partie des autres sociétés sanctionnées appartiennent à Gazprom Germania, la filiale allemande du géant gazier russe, que l’État allemand a placé sous son contrôle en raison de son importance stratégique. Gazprom a de son côté annoncé début avril son "retrait" de cette filiale, sans en dire davantage. Ces sanctions incluent une interdiction de transactions et de l’entrée dans les ports russes de navires liés aux sociétés concernées.

    Fin avril, Gazprom avait déjà annoncé suspendre toutes ses livraisons de gaz à la Bulgarie et la Pologne, avec pour justification le refus des deux pays membres de l’Union européenne de régler leurs factures en roubles.

    Baisse de 25% de l’approvisionnement en Allemagne
    Jeudi, Vladimir Poutine a fustigé l’attitude des Occidentaux, auteurs des sanctions, qui  "guidés par leurs ambitions gonflées et aveugles et par la russophobie, portent un coup beaucoup plus dur à leurs propres intérêts nationaux, à leurs propres économies et à la prospérité de leurs propres citoyens". Selon le président russe qui s’exprimait lors d’une réunion consacrée aux questions économiques, l’Occident souffre davantage que la Russie des sanctions imposées à Moscou en raison de l’offensive en Ukraine, se vantant d’une grande résistance de l’économie russe face aux "défis extérieurs".

    La Russie accroît en effet la pression sur l’Europe, dépendante de son gaz. Plus tôt dans la journée, Gazprom a indiqué que le transit du gaz russe vers le Vieux Continent via l’Ukraine allait connaître une baisse de près du tiers jeudi par rapport à la veille. Quelque 50,6 millions de m3 doivent transiter via la Station de Soudja jeudi contre 72 millions la veille, selon Gazprom, cité par les agences russes, soit une baisse de près de 30% après les 18% de chute enregistrés mercredi. Les volumes affichés par l’opérateur ukrainien des gazoducs OGTSOU sont légèrement différents, mais du même ordre, évoquant lui sur son site 53 millions de m3 jeudi contre 73 la veille.

    Pour la deuxième journée consécutive, les approvisionnements sont affectés. Mercredi, c’est l’Allemagne qui a, la première, vu son approvisionnement chuter. L’arrivée de gaz russe via l’Ukraine (par le gazoduc Megal) dans la première économie européenne a baissé de quelque 40% en deux jours, selon les données des opérateurs. Le gazoduc Megal est l’un des principaux gazoducs transitant par l’Ukraine.  "La situation s’aggrave car l’énergie est désormais utilisée comme une arme de plusieurs manières", a réagi le ministre allemand de l’Energie Robert Habeck lors d’une conférence de presse, ce jeudi.  "Les stocks doivent être pleins avant l’été, sinon nous serons dans une situation où il est facile de nous faire du chantage", a-t-il ajouté. La veille, l’agence gouvernementale s’était toutefois voulue rassurante assurant que l’approvisionnement était  "stable". "Ces volumes (sont) actuellement compensés par des flux plus importants, notamment en provenance de Norvège et des Pays-Bas",  a-t-elle précisé. L’Allemagne a également assuré être à la rechercher d’approvisionnements de substitution.

    Kiev et Moscou se renvoient la balle
    Du côté de l’Ukraine comme de la Russie, on se renvoie la balle. Le directeur de l’opérateur GTSOU a assuré, jeudi, que l’Ukraine ne rouvrira pas la route de transit du gaz de Sokhranivka, de la Russie vers l’Europe, tant que Kiev n’aura pas obtenu le contrôle total de son réseau de gazoducs. Deux jours plus tôt, la société a déclaré un cas de force majeure en raison de vols de gaz commis par des séparatistes soutenus par la Russie et a interrompu les flux via Sokhranivka, qui représentent près d’un tiers du gaz que la Russie envoie en Europe via l’Ukraine. Le gazoduc traverse la région ukrainienne de Lougansk, dont une partie est sous le contrôle des séparatistes soutenus par la Russie depuis 2014.  "Nous n’ouvrirons pas. Jusqu’au contrôle total de l’actif",  a déclaré le patron de GTSOU, Sergiy Makogon, dans des commentaires écrits. Selon lui, le producteur public de gaz russe Gazprom n’était pas au courant que les séparatistes avaient commencé à voler du gaz transitant par l’Ukraine.

    Pour pallier la fermeture de cette route, OGTSOU a demandé à Gazprom d’accroître les volumes sur un autre site, Soudja, qui se trouve dans les territoires contrôlés par Kiev. Mais Moscou affirme que le transit peut parfaitement se faire via Sokhranivka, alors que réorienter le flot vers Soudja serait impossible pour des  "raisons technologiques", comme l’a assuré Gazprom mardi. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a seulement déclaré que  "la Russie a toujours honoré ses obligations contractuelles et va continuer de le faire". "C’est un jeu politique de leur côté", a estimé la conseillère de Ioury Vitrenko (patron de Naftogaz), Svitlana Zalichtchouk : "Ils vont tenter de nous présenter comme irresponsables, mais c’est exactement le contraire. Ils ont occupé nos territoires, nous n’avons plus d’accès à nos infrastructures".

    L’UE veut réduire sa dépendance à la Russie
    Malgré le conflit et les combats, Kiev comme Moscou ont, jusqu’à présent, continué de permettre l’acheminement de l’hydrocarbure jusqu’à l’Europe, la Russie insistant notamment sur le fait qu’elle était malgré les sanctions un partenaire énergétique fiable. La manne des hydrocarbures est essentielle à son économie. Pour autant, l’Union européenne s’efforce de se préparer à une rupture de ses approvisionnements depuis que Vladimir Poutine a ordonné le paiement des livraisons en roubles - une modification contractuelle que l’UE juge inacceptable.

    Elle ambitionne également de se défaire de sa dépendance aux hydrocarbures russes sans être parvenu, pour l’instant, à s’accorder sur un embargo sur les importations de pétrole russe. Mais plusieurs Etats-membres freinent des quatre fers avec en tête la Hongrie, très dépendante à l’or noir russe.  "Nous avons clairement indiqué depuis le début qu’il y avait une ligne rouge que nous ne pourrions pas franchir : l’embargo énergétique", a encore asséné le Premier ministre Viktor Orban alors que les négociations se poursuivent.

    De son côté, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a réclamé que l’Europe mette un terme définitif à sa dépendance envers le gaz russe, alors qu’il était en déplacement en Allemagne.  »Il faut couper cet oxygène énergétique pour la Russie, et c’est particulièrement important pour l’Europe" , a-t-il souligné lors d’une conférence de presse avec Robert Habeck. _ "La Russie a montré (...) qu’elle n’était pas un partenaire fiable, et l’Europe ne peut pas se permettre" dans ces conditions de continuer à traiter avec Moscou, a fait valoir Dmytro Kouleba.
    –----------
    ZOOM- Pour Poutine, l’Occident souffre des sanctions plus que Moscou *
    Alors que l’approvisionnement en gaz russe de l’Europe est fortement perturbé ces deux derniers jours, une première depuis le début du conflit, Vladimir Poutine a assuré jeudi que l’Occident souffrait davantage que la Russie des sanctions imposées à Moscou en raison de l’offensive en Ukraine, se vantant d’une grande résistance de l’économie russe face aux  "défis extérieurs" . Les auteurs des sanctions,  "guidés par leurs ambitions gonflées et aveugles et par la russophobie, portent un coup beaucoup plus dur à leurs propres intérêts nationaux, à leurs propres économies et à la prospérité de leurs propres citoyens", a déclaré le président russe lors d’une réunion consacrée aux questions économiques.  "Nous le voyons avant tout en regardant une forte hausse de l’inflation en Europe, qui frôle 20% dans certains pays", a-t-il affirmé. Selon Vladimir Poutine,  » il est évident que (...) la poursuite de l’obsession des sanctions va aboutir inévitablement aux conséquences les plus difficiles pour l’Union européenne, pour ses citoyens".

    "Pour sa part, la Russie réussit avec assurance à faire face aux défis extérieurs grâce à sa politique macroéconomique responsable de ces dernières années, ainsi que grâce aux décisions systémiques visant à renforcer sa souveraineté économique et sa sécurité technologique et alimentaire", a-t-il assuré.

    Et de se féliciter du ralentissement  "progressif"  de l’inflation après son envolée à 16,7% en mars, ainsi que du renforcement de la devise russe qui a fait preuve jeudi d’une remontée en puissance record depuis le début de l’année 2020, en atteignant à 12H00 GMT 67,7 roubles pour un euro et 65,2 roubles pour un dollar. Début 2022, le taux du rouble était autour de 85 roubles pour un euro et 75 roubles pour un dollar. Appuyé par des mesures de contrôle monétaire draconiennes prises par la Banque centrale,  "le rouble fait preuve probablement de la meilleure dynamique parmi les devises internationales", a estimé Vladimir Poutine.

  • Les réseaux sociaux affaiblissent les démocraties, déplore Barack Obama
    https://www.latribune.fr/economie/international/les-reseaux-sociaux-affaiblissent-les-democraties-deplore-barack-obama-915

    Il sait qu’il n’aurait pas été élu sans les réseaux sociaux, mais il a appelé jeudi à les réguler : l’ancien président américain Barack Obama a prononcé jeudi un discours où il a accusé les grandes plateformes d’avoir largement amplifié « les pires instincts de l’humanité ».

    « L’une des causes majeures de l’affaiblissement des démocraties tient au profond changement dans nos façons de communiquer et de nous informer », a-t-il déclaré devant des étudiants de Stanford, l’université au cœur de la Silicon Valley, en Californie.

    Le leader démocrate a reconnu qu’il n’aurait « peut-être pas été élu » sans des sites comme MySpace ou Facebook, et a évoqué le travail bénéfique de sensibilisation et de mobilisation réalisé par des militants dans le monde entier, via les réseaux.

    Mais il a surtout détaillé le revers du succès de Facebook ou YouTube, dont le modèle économique - la publicité ciblée à grande échelle - repose sur l’économie de l’attention. « Malheureusement, ce sont les contenus inflammatoires, polarisants qui attirent l’attention et encouragent la participation » des utilisateurs, a-t-il noté.

    Désinformation

    L’ex chef d’Etat (2009-2017) s’est aussi étendu sur le phénomène de la désinformation, et s’est reproché de ne pas avoir suffisamment réalisé « à quel point nous étions devenus réceptifs aux mensonges et aux théories du complot » avant l’élection de Donald Trump, qui lui a succédé.

    « Poutine n’a pas fait ça. Il n’a pas eu besoin. Nous nous le sommes fait à nous-mêmes », a-t-il ajouté, évoquant les campagnes de manipulation des électeurs orchestrées depuis la Russie.

    « Nous venons de voir un président en exercice nier des résultats électoraux clairs et aider à inciter une insurrection violente contre la capitale de la nation », a-t-il assené, en référence à Donald Trump, qui n’a pas reconnu la victoire de Joe Biden fin 2020, et a encouragé ses partisans avant l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, qui a fait plusieurs morts.

    « Ce doit être notre sonnette d’alarme pour réagir ».

    Barack Obama a donc appelé à une réforme des lois qui gouvernent les réseaux sociaux, pour qu’ils soient plus responsables et plus transparents, expliquant que le problème au cœur de la désinformation était moins « ce que les gens publient » que « les contenus que ces plateformes promeuvent ».

    La preuve selon lui qu’elles ne sont pas « neutres » et que les algorithmes devraient être soumis à des contrôles de sécurité par une autorité de régulation, au même titre que les voitures, aliments et autres produits de consommation.

    Il a ensuite détaillé une série de valeurs qui devraient à son avis guider la modération des contenus, comme le renforcement de la démocratie et le respect des différences.

    « Les outils ne nous contrôlent pas. Nous pouvons les contrôler », a-t-il conclu.

    #Médias_sociaux #Barack_Obama #Complotisme #Démocratie

  • Elon Musk arrive à ses fins et rachète Twitter : Joe Biden inquiet du pouvoir des réseaux sociaux
    https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/elon-musk-arrive-a-ses-fins-et-rachete-twitter-joe-biden-inquiet-du-pouvoir-des-reseahttps://static.latribune.fr/full_width/1903228/elon-musk-twitter.jpgux-sociaux-915357.html

    C’est plié. Moins de deux semaines après avoir annoncé convoiter Twitter, Elon Musk a passé ce lundi un accord avec le conseil d’administration de l’entreprise pour racheter le réseau social au prix de 54,20 dollars l’action, soit 44 milliards de dollars environ. Objectif du milliardaire américain également le patron de Tesla et de SpaceX : défendre la liberté d’expression.

    « La liberté d’expression est le fondement d’une démocratie qui fonctionne, et Twitter est la place publique numérique où sont débattues les questions vitales pour l’avenir de l’humanité », a déclaré Elon Musk dans un communiqué.

    Ce changement de propriétaire est une étape décisive pour cette entreprise lancée il y a 16 ans et qui, forte de ses 83 millions d’utilisateurs, s’est imposée comme l’une des places publiques les plus influentes du monde. La transaction a été approuvée par le conseil d’administration qui était initialement contre un rachat par Elon Musk. Mais la menace d’une OPA hostile sans recours à un chevalier blanc les a convaincus de discuter avec le milliardaire.

    « Musk n’a pas seulement acheté un nouveau jouet très cher, mais une communauté mondiale qui comprend 330 millions d’utilisateurs réguliers. Contrôler une plateforme aussi importante donne des responsabilités tout aussi importantes », a commenté Jessica Gonzalez, co-directrice de l’ONG Free Press.

    Elle lui reproche notamment de se servir de Twitter pour attaquer les personnes qu’il n’aime pas, souvent de façon « infantile », encouragé et aidé par sa « meute de fans fidèles ».

    « J’espère que même mes pires critiques resteront sur Twitter, c’est ce que signifie la liberté d’expression », a tweeté lundi Elon Musk, avant l’annonce.

    « Je veux rendre Twitter meilleur que jamais en l’améliorant avec de nouvelles fonctionnalités, rendre les algorithmes open source pour augmenter la confiance, vaincre les robots qui font du spam et authentifier tous les humains » a indiqué Elon Musk dans le communiqué, précisant vouloir « débloquer le potentiel » du réseau en « travaillant avec l’entreprise et la communauté ».

    Ces dernières semaines, il a déjà suggéré l’ajout d’un bouton « modifier » pour corriger un tweet après publication et des changements dans la formule d’abonnement payante, Twitter Blue.

    #Twitter #Elon_Musk

  • Dans les quartiers populaires de Marseille, l’islamophobie de la campagne a dopé le vote pour Jean-Luc Mélenchon

    Les discours radicaux des candidats d’extrême droite ont contribué à mobiliser des électeurs déjà attirés par le candidat de La France insoumise.

    Il est 20 heures, dimanche 10 avril et, alors que les premières estimations présidentielles tombent dans les QG de campagne, une soixantaine d’électeurs attendent encore de voter à l’école de La Solidarité (15e), imposante cité tout au nord de Marseille. Hedi Ramdane, le président du bureau 1 587, adjoint municipal à la jeunesse, vient de verrouiller les grilles et pousse à l’intérieur les derniers arrivés. Tous voteront avant que le bureau ne ferme, à 20 h 44.

    Dans ce quartier populaire, où les Marseillais de confession musulmane sont majoritaires et le ramadan très suivi, cette affluence tardive surprend même l’élu, originaire de la « Soli » et habitué du bureau. « Pour que ces gens restent là alors qu’ils devraient rompre le jeûne, c’est qu’ils sont très motivés », glisse-t-il, en tentant d’accélérer les votes. Dans la file d’attente, femmes, hommes, jeunes adultes, affichent des motivations claires. « On ne va pas se mentir, il y a des racistes qui se présentent. Si Zemmour n’était pas candidat, je ne serais pas là », assure Karim Rhali, grand gaillard de 18 ans qui vote pour la première fois. Son copain Malek Seddi, 21 ans, ne s’est pas déplacé aux régionales de 2021. Aujourd’hui, comme Karim, il vient voter Mélenchon. « C’est le seul qui est avec les plus pauvres. Le seul qui nous a défendus quand Zemmour et Le Pen ont attaqué les musulmans », assure-t-il.

    « Dans cette campagne, il y a eu des mots très violents dits contre notre religion, nos pratiques, nos origines », se livre d’une voix douce Soraya Chachoua, 43 ans, agente dans les écoles. Venue plusieurs fois dans la journée, elle a reculé devant l’attente. Mais à 19 h 30, elle est restée. Et patiente depuis une heure. « Je n’ai pas le choix, il faut que je vote », insiste-t-elle.

    « Un agrégat de raisons »

    En 2017 à La Solidarité, Jean-Luc Mélenchon était arrivé en tête avec 29 % des voix. Ce dimanche soir, il dépasse les 66 %. Un score qui aurait même pu être plus élevé. Derrière le bureau où sont assis les assesseurs, une pile d’enveloppes est remisée. « Ce sont les votes de gens venus spontanément, sans savoir qu’ils devaient d’abord s’inscrire sur les listes électorales », explique Hedi Ramdane. Il ouvre une enveloppe au hasard. Un bulletin Mélenchon apparaît.

    Leader sur l’ensemble de Marseille, avec 17 576 voix de plus qu’en 2017, le candidat « insoumis » a su mobiliser toutes les strates de son électorat. Mais c’est dans les quartiers populaires qu’il explose littéralement ses plafonds électoraux, malgré une participation en baisse . 63 % à Air-Bel (11e), 79,83 % à Saint-Mauront au pied de la cité Felix-Pyat (3e) dont les bureaux ont aussi fermé tardivement, 84,24 % à Font-Vert (14e). Cités du nord et de l’est comme zones paupérisées de l’hypercentre dont il est député, ont plébiscité Jean-Luc Mélenchon.

    « On sentait des signes ostentatoires d’adhésion », ironise Mohamed Bensaada, membre du « parlement » de l’Union populaire, qui, trois semaines plus tôt, prédisait déjà un succès à Marseille. Ce militant acharné des quartiers défavorisés refuse qu’on réduise l’adhésion à son candidat dans ces territoires à « un réflexe communautaire ». « Ici comme ailleurs, le vote Mélenchon est un agrégat de raisons : sa personnalité, son programme écologiste, sa fibre sociale, sa campagne remarquable, la meilleure de tous les candidats », enchaîne-t-il. Les « insoumis », rappelle-t-il également, ont mené un travail de fond pour inscrire des jeunes sur les listes électorales. « Combien ? Difficile à dire. Mais sur les 20 000 électeurs supplémentaires à Marseille, beaucoup sont venus grâce à nous », estime-t-il.

    « Une question de dignité »

    S’il le relativise, Mohamed Bensaada n’élude pas l’électrochoc provoqué par l’irruption d’Eric Zemmour, chez les électeurs issus des immigrations de la fin du XXe siècle. Qu’ils soient musulmans pratiquants ou non. « Il a tellement fait péter tous les tabous que ça a troublés beaucoup d’entre nous. Et face aux stigmatisations, Mélenchon a été le seul à dire : “laissez ces Français tranquilles” », affirme-t-il.

    « Un élément commun du vote Mélenchon dans nos quartiers, c’est la peur créée par la parole islamophobe de Zemmour et Le Pen », confirme la sociologue Karima Berriche, ancienne directrice du centre social de la cité de la Busserine (14e). Pour preuve de cette émotion, elle évoque un appel qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux avant le vote. Un texte dont l’origine reste inconnue mais qui, intitulé « communiqué des imams et prédicateurs », appelle « les citoyens français de confession musulmane à voter pour le moins pire des candidats : Jean-Luc Mélenchon. Le seul à avoir abordé la question de la liberté des musulmans (…) ».

    « J’ai reçu moi aussi ce communiqué, mais personne ne sait qui en est à l’origine », sourit presque l’imam marseillais Abdessalem Souiki. Lui assure n’avoir donné aucune consigne, mais estime que le vote Mélenchon a été « une question de dignité » pour les musulmans marseillais. « C’est le seul candidat à ne pas les avoir stigmatisés », observe-t-il. « Certaines mosquées ont donné des indications claires », confie, sans vouloir les citer, Nassurdine Haidari, imam originaire de la cité Felix-Pyat. « A l’heure où l’extrême droite fait 30 % et la loi sur le séparatisme met les musulmans dans une position très inconfortable, Mélenchon est apparu aux yeux de la communauté comme le seul candidat dont le discours républicain pouvait la défendre », conclut-il.

    Gilles Rof

    https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2022/04/12/dans-les-quartiers-populaires-de-marseille-l-islamophobie-de-la-campagne-dop

    #racisme #vote

    • catéchisme réconfortant. les pros LFI qui attribuent la responsabilité des voix manquantes au Printemps républicain viandard de Roussel s’évitent toute auto-analyse de l’orientation politique et des pratiques de l’ « union populaire ». la performativité de l’appellation reste plus que limitée. c’est qu’ils ont de drôle d’idées sur « le peuple » (la touche antiraciste a été de dernière minute, le fétiche de l’emploi c’est leur ADN, même si usé jusqu’à la corde et pas archi payant, etc.).
      taper sur Roussel, ça distrait et conforte pour pas cher. personne d’autre que les stratèges du sommet n’est supposé lire la situation politique et déterminer les axes mis en avant. si ce n’est que d’aucuns réclament que l’organisation ne parachute pas ses candidats aux législatives, ce qui n’est pas facile à faire valoir dans un courant aussi centraliste, et qui les coupe de multiples réalités sociales, forcément locales.
      tout arrive ? le temps de rares descentes sur terre, JLM a peut-être appris quelque chose de la ville arabe (et populaire) où il s’était parachuté, lui qui propriétaire vit depuis un temps infini dans le confort accordé aux rentiers de la république.

      comme pour MLP, la candidature Z., lui aura servi de faire valoir, que serait-il arrivé à la LFI sans cela ?

    • Oui et non.

      Sur l’antiracisme en particulier, je ne crois pas qu’il soit « de dernière minute ». Mélenchon a des discours clairs sur le sujet, depuis plusieurs années. Pour les événements qui ont « marqué » l’opinion (et notamment les français arabes), tu as eu la participation à la marche contre l’islamophobie (qui lui a été beaucoup reprochée, donc très médiatisée, et sans doute perçue favorablement dans les quartiers), et aussi le refus de participer à la marche pour les flics (ce qui lui a aussi été très reproché).

      Sur l’effet Zemmour, je suis d’accord, ça a certainement beaucoup joué. À l’école, mes petits (dont leurs copains sont largement des enfants de l’immigration arabe) ont focalisé à fond sur l’idée qu’on allait leur faire changer de prénoms. C’est réducteur, mais c’est à ce moment-là que les gamins de l’école ont commencé à systématiquement verbaliser leur peur des discours racistes. Avant, c’était plus diffus je suppose.

      Ce que je veux dire, c’est que possiblement, oui, on a un peut-être un effet de mobilisation des quartiers, ou de « vote utile », par réaction à la sur-médiatisation des horreurs de Zemmour. Mais dans le même temps, cette mobilisation en faveur de LFI ne me semble pas illégitime (sur ce thème-là), les discours de Méluche sur le sujet ne me semblant pas « de dernière minute ».

      À la rigueur, la relative constance de LFI (sauf quand Ruffin fait bruyamment savoir qu’il préfère aller au foot) sur le sujet, ça a même été un aspect des attaques systématiques de leurs adversaires (ie. l’islamo-gauchisme supposé des insoumis), qui ont ainsi, sur ce sujet, contribué à la légitimation de la LFI comme premier parti antiraciste depuis des années.

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      Après, plus généralement, c’est toujours difficile de savoir pourquoi les gens votent ou ne votent pas pour eux. Par exemple, de notre côté on serait plutôt pour penser que leur jeu de con à la marge du complotisme anti-vax (je suis gentil) les a desservis. Mais p’têt que c’est exactement le contraire (le déroulement de la campagne des différents candidats suggérant que le populisme pas-trop-vax a le vent en poupe dans l’opinion).

    • Oui, pour le populisme pas-trop-vax, la confusion est totale, on sait à qui on le doit, ça vient de très très haut (géopolitiquement parlant, j’entends), et sincèrement, le discours de protection n’est pas du tout audible, dans toutes les franges de la population, me semble-t-il, j’en suis quotidiennement consterné dans ma banlieue bourgeoise. Alors en faire des tonnes sur le sujet, c’est un coup à se prendre une shitstorm pour pas un rond, alors même qu’on n’y peut pas grand chose tant l’état a décidé de s’en contrefoutre.
      « On » dégoisait sur les LFI qui distribuent des FFP2 dans les meetings, en expliquant que c’était pas assez, trop tard, pas assez longtemps, et j’en passe. Mais n’empêche qu’ils furent les seuls. Tout comme Mélenchon avec son FFP2 a été un des seuls à s’affubler de ce type de masque pour ainsi dire.
      Je comprends qu’on puisse souhaiter un candidat idéal, avec des idées idéales, entouré de gens qui jamais ne se plantent quand ils doivent répondre aux questions pièges et/ou nulles qu’on leur pose. Mais dans la vraie vie, on se plante tous, on n’est jamais au courant de tout, et au quotidien, on n’a jamais le niveau d’écoute nécessaire de la part des autres pour pouvoir se permettre de tenir un discours complexe. Je ne dis pas qu’il faut être indulgent. Je dis que bordel, dans la période qu’on vit, avec le nivellement intello à tous niveaux, faut s’accrocher pour attirer les suffrages sur la durée.

    • Bien sûr qu’à l’exception de NPA LO, c’est LFI qui tient lieu de parti antiraciste. Oui, il y a mémoire des moments que tu cites (je retrouverais peut-être le dernier accent donné de ce côté durant la campagne), dont l’hommage, contraint à la grosse manif anti raciste appelée l’an dernier par le comité Adama, hommage destiné à faire oublier Ruffin, ou les sorties de JLM sur les Ouighours, les Tchétchènes, et aussi à propos de diverses escarmouches plus ou mois sanglantes ici entre des "jeunes quartiers" et la police (qu’il aime, non sans finir par promettre une réforme de l’IGPN, etc). Et la scène de la perquise a pour certains joué en sa faveur (il proteste et "résiste").

      Mais tout le monde sait, sur place, que ce parti dont le leader ne cesse de répéter que leur capacité à réformer une fois au pouvoir sera tributaire des mobilisations populaires, n’agit pas comme ça actuellement. Ce machin ne s’appuie pas sur les pratiques sociales, au mieux, il cherche à les récupérer.

      Février 2022 :

      Dans une tribune publiée dans Libération, qui ne fait pas mention de la présidentielle, Assa Traoré écrit ainsi : « Les cinq prochaines années sont les vôtres, les cinq prochaines années sont les nôtres. »
      Interrogée par Mediapart à ce sujet, elle développe : « Les années à venir vont être difficiles, mais ce n’est pas parce qu’on n’est pas à l’Élysée qu’on n’a pas de pouvoir. On occupera encore plus l’espace et on prendra encore plus la parole. »

      Sur le vote du 10 avril en lui-même, en revanche, un brin de scepticisme semble avoir gagné les rangs du noyau dur du comité.

      Youcef Brakni, qui fait campagne à titre individuel pour le candidat de Révolution permanente (scission du NPA), Anasse Kazib, regrette que la gauche ne se soit « pas donnée à fond pour relayer massivement » l’appel à manifester du 12 février. C’est la raison pour laquelle, selon lui, la population manifestante est « éloignée des organisations politiques ».
      « La présidentielle est finie, estime-t-il même. Il reste 60 jours, aucun candidat ne s’est montré prêt à mettre le racisme au centre du débat. Le meilleur, c’est sans doute Jean-Luc Mélenchon, mais ça reste très fragile, malgré les bonnes volontés. On se prépare donc à résister, à faire de la structuration politique sur le long terme. Cette marche n’est que le début. »
      https://www.mediapart.fr/journal/france/120222/notre-parole-ne-sera-pas-muselee-l-appel-du-comite-adama

      Les mouvements sociaux peuvent-ils porter Mélenchon jusqu’au second tour ?
      https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/les-mouvements-sociaux-peuvent-ils-porter-melenchon-jusqu-au-second-tour-9

      À ce jour, le Parlement de l’Union Populaire n’a pas le pouvoir d’infléchir significativement la campagne de Jean‑Luc Mélenchon, il l’alimente en propositions et prête main-forte sur le terrain, mais c’est bien l’entourage proche du candidat qui tranche les questions stratégiques. Si alliance entre parti et mouvements il y a, elle reste asymétrique et à l’avantage du premier.

      Lorsqu’il salue des images « impressionnantes de calme " à propos de la manif de juin dernier, Mélenchon rappel sans détour le genre de flic qu’il est, toujours prêt à dénoncer les "faux manifestants qui sont des casseurs" (cf. ZAD, Tesquet). quant à ceux qui n’ont pas pour eux la qualité de militants ou de politique, cela peut-être pire encore. Et, faut pas prendre les gens pour des couillons, le coups de ripolin ne remplace pas une orientation claire que pour qui éprouve le besoin d’être complaisant.

      Si l’antiracisme, ou l’antifasciste avait été plus consistant, la baisse de la participation signalée parmi ceux pour qui ces enjeux ont un caractère immédiatement vital, aurait-elle eu lieu ? Je ne crois pas.

      L’autocrate est pas juste mal conseillé. Il est tributaire du moule SFIO (la grande France coloniale, "présente dans tous les océans", comme il dit), OCI (manipulations politiques anti ouvrières), Mitterrandisme (pas de politique sans Prince) et républicain (toujours être prêt à faire donner la police pour maintenir l’ordre social contre l’autonomie). Il y a des séquelles qui ne passent pas.

      –------

      Bien sûr que c’est aussi un calcul électoral que de ne rien clarifier sur la réduction des risques, et le vaccin ("On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment" disait l’autre). Et il a été payant, (cf, le vote en Guadeloupe). Un scientisme en carton contre le savoir collectif. Or si on veut contribuer à construire un peuple "populaire", comme il y eu un peuple "communiste", une politisation critique de la gestion de la pandémie aurait du s’imposer (avec moments d’"éducation populaire", floraisons d’initiatives de base), mais le parti a une toute autre fonction, fondamentalement verticale, quoi qu’ils en disent, électorale, donc opportuniste, sans capacité à prendre l’initiative autrement que pour faire mousser la boutique. Alors ça court après la volatilité électorale et la confusion.

      S’agit en rien d’espérer un candidat idéal, il s’agit de savoir à quel point on peut se servir d’un candidat. L’imaginaire est une une chose, mais face à la violence sociale, c’est avant tout de force qu’il est question. C’est ce que la modalité autocratique hypothèque. Donc le calculs et le pari politique est complexe pour chacun selon ses coordonnées (liens, expériences). Voilà ce que la LFI n’a pas su simplifier, or c’est le rôle de la politique, non pas de dénaturer, de nier la complexité, mais de rendre lisible et clair ce qui permet d’agir.

      LFi n’est qu’à la marge une machine d’empowerment, pour l’essentiel c’est une forme de délégation qui exige un degré de passivité élevé (demandez à une partie des militants à quel point l’intelligence collective est bridée, le débat interne relégué, les décisions tombent du ciel).

      #pestilentielle #LFI

    • @olaf : parution des 5 et 6 février derniers. C’est une dynamique très « verticale », si ça réponds à ta question.

      https://lafranceinsoumise.fr/2022/02/18/elections-legislatives-2022-les-premiers-200-binomes-de-chefs-de-f

      À cette étape, nous rappelons que notre mouvement désigne des chef·fes de file, avec les missions mentionnées ci-dessus, et non des candidat·es aux élections législatives. Par conséquent, aucune personne ne peut se déclarer publiquement candidat·e, notamment par voie de presse.
      Conformément au texte d’orientation, « Une majorité de l’Union populaire pour réaliser l’Avenir en commun », adopté par la Coordination des espaces, les investitures définitives de nos candidat·es aux élections législatives interviendront à l’issue d’une Convention législative qui sera organisée au lendemain de l’élection présidentielle.
      Dans la perspective de la constitution d’une majorité de l’Union populaire, nous pourrons alors ouvrir nos investitures au-delà de nos rangs à celles et ceux qui auront fait le choix de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon et le programme l’Avenir en commun.

    • oki donc faut voir la convention législative LFI à venir pour avoir une idée de la dynamique réelle et de la capacité à présenter des listes efficaces à gagner - sans les traîtres verts, PS et coco, sans doute. Déjà, de base, dans la publi du 18.02.2022, y a une liste de 222 binomes (2 personnes / circo) ; ça présente a priori pas dans toutes les circo, mais quand même, 444 personnes.

      y a aussi leur doc de présentation générale « législatives » sur le site LFI, qui indique qu’ils calculent depuis [au moins] novembre :
      https://lafranceinsoumise.fr/elections-legislatives-2022

      la dernière fois, en 2017, je crois qu’il y avait une partie des candidats (?) tirés au sort ; là, ça parle plutôt du commité de sélection, partiellement tiré au sort.

    • oublier LFI : j’ai, par exception, voté LFI en passant outre de très profonds désaccords, et je ne pratique aucun sport, surtout pas national.
      ce n’est pas « dans le vide » que l’on juge des rapports de pouvoir dont un parti est porteur et de ses orientations, bien avant qu’il tienne le manche.

      attendre ce qui ne viendra pas « pour voir », ça évite juste de prendre position, sous couvert de générosité ou d’humilité.

      les 5 ans de casse (MLP ou Macron) ce sera pas en silence mais, et le quinquennat Hollande en donnait déjà une idée, dans une ambiance de guerre civile plus ou moins larvée et de violence sociale.

      si MLP était élue, ce qui est ennuyeux pour le RN c’est que cette victoire devrait se traduire par une embuche institutionnelle de taille, avec il me semble la nécessité d’un gouvernement de cohabitation (le gang de Z. a commencé le marchandage en annonçant ne pas rejoindre cette majorité potentielle).
      je les vois pas obtenir assez de députés pour arriver à une alliance avec des bouts de LR et je sais pas quoi qui leur donne une majorité à l’A.N. en outre, je crains en que pas mal d’électeurs tiennent compte de cette hypothèse pour exprimer un vote de classe (MLP) qui ne soit pas un blanc-seing au RN (une marche après le vote protestataire, mais pas encore le gouffre, peut-on espérer).
      innovation, ce serait la première cohabitation post-bipartisme. un pire bordel pour la Veme, et peut-être une voie vers une VIe, arrivant non pas gentiment comme la réalisation d’un programme mais comme voie de sortie d’une crise sans précédent.

      Si c’est Macron, il trouvera une combinaison, les conditions sont réunies, même en cas de baffe aux législatives pour ses divers paltoquets.

      Edit @arno @olaf je ne vois que maintenant votre échange supprimé... mes excuses @olaf je pensais que tes remarques concernaient ce que je disais, et c’est pas vraiment le cas, il me semble.

    • pfff... j’essaie de piger en quoi le risque d’un renfort suffisant à Le Pen est possible, à quel point qui a subi les avatars du PS jusqu’à Macron peut se trouver conduit à ce choix pour tenter de sortir de la souricière, de quels raisonnements pourraient s’étayer ceux qui viendraient ainsi finir de casser toutes les représentations politiques. je te prie de croire que ça ne m’amuse pas du tout cette carence générale de toute perpective.

      j’ai voté LFI sans jamais pouvoir inciter quiconque à le faire car sans gros bâtons populaires, on a du mal faire obéir les chefs et que dans ce cas il est logique de leur conférer le moins de légitimé possible, car l’expérience de 81 a bien montré que l’exemple de 36 un gouvernement qui doit la^cher du lest bien adula de ce qu’il avait conçu. mais il y a diverses sortes d’ennemis et j’ai rien à voir avec la politique du pire qui consisterait à voter RN.

      on verra le 25 combien d’électeurs LFI auront voté RN, malgré la belle insistance de JLM dimanche dernier pour n’en rien faire, par exemple.

      #vote_de_classe

  • Nouvelle PAC : la Commission européenne demande à la France de revoir sa copie
    https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/nouvelle-pac-la-commission-europeenne-demande-a-la-france-de-revoir-sa-cop

    Voilà qui va venir apporter de l’eau au moulin des désaccords apparus en 2021, au sujet du Plan Stratégique National (PSN), la déclinaison française de la future PAC pour 2023-2027. Alors que plusieurs organisations ont reproché à l’époque au gouvernement Macron de ne pas proposer une réforme plus ambitieuse en matière de protection de l’environnement, au travers de l’agriculture, la Commission européenne emboîte le pas de ces critiques et demande à la France de revoir sa copie, selon une lettre obtenue par le site Contexte, reprenant des critiques formulées par certaines organisations paysannes et citoyennes.

    A quatre jour de l’élection présidentielle française, et alors que le bilan du président Macron se révèle incomplet en matière de transition énergétique, l’appel du pied de la Commission vient jeter un pavé sur un texte adopté au Parlement européen en novembre dernier.

    Dans ce document de 34 pages daté du 31 mars, Bruxelles invite la France à rehausser ses ambitions environnementales, estimant que son plan ne permettait « d’accompagner que partiellement la transition écologique des secteurs agricole et forestier ».

    « La Commission est préoccupée par la conception globale de l’éco-régime ainsi que par le faible niveau d’ambition environnementale et climatique proposé », écrit-elle.

    #pac