• Izly, l’appli du Cnous qui géolocalise des étudiants et renseigne des sociétés publicitaires
    http://mobile.lemonde.fr/pixels/article/2017/10/20/izly-l-appli-du-cnous-qui-geolocalise-des-etudiants-et-renseigne-des-

    Quelles sont ces entreprises et que font-elles de ces données ? Pourquoi le Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires), établissement public, a-t-il décidé d’insérer dans une application qu’il fait utiliser à tous les étudiants un dispositif potentiellement très intrusif, dans lequel interviennent quatre sociétés privées ? Nous avons mené l’enquête sur ce service utile aux étudiants, et en partie financé avec leurs données personnelles, sans qu’ils en soient pleinement conscients et informés, révélateur d’un certain écosystème numérique contemporain.

    Ces données géographiques sont envoyées vers beaconforstore.com. Ce site appartient à Neerby, entreprise filiale de la société française Ezeeworld. Se présentant comme une « plate-forme de retargeting physique », elle promet aux entreprises de cibler leurs clients potentiels « en analysant leurs habitudes et leurs trajets » en s’appuyant justement sur des données collectées par des applications tierces. Neerby peut ainsi « connaître la fréquentation [du consommateur] (temps de présence, récurrence…) et ses lieux de vie (lieu d’habitation, de travail, loisirs…) », se vantait, au mois d’avril, le gérant d’Eezyworld, Patrick Chatanay, sur le site spécialisé Ecran Mobile. L’entreprise stocke-t-elle les données des centaines de milliers d’usagers de l’application Izly ? Les utilise-t-elle pour les proposer à ses clients ? Le gérant d’Ezeeworld a refusé à plusieurs reprises de répondre à nos questions, insistant sur le fait que sa société n’était qu’un intermédiaire technique entre l’application Izly, utilisée par les Crous, et une troisième entreprise, Take & Buy.

    « En échange, on leur a demandé de proposer un certain nombre d’opérations [publicitaires]. Ils l’ont accepté mais avec de gigantesques restrictions, qui éliminent quasiment tous les annonceurs : sur 103 opérations proposées, ils en ont accepté quatre », précise-t-il encore.

    L’intrusion publicitaire est limitée, mais qu’arrive-t-il à ces données ? M. Allocio nie formellement les stocker et explique qu’aussitôt qu’elles parviennent à Take & Buy, celle-ci vérifie si une entreprise cliente désire envoyer un message publicitaire à l’utilisateur. Si cette entreprise ne le désire pas, toujours selon M. Allocio, les données disparaissent. « Je ne vends pas de profils », assure M. Allocio, affirmant ne « jamais, jamais, jamais [sic] stocker l’ombre d’une information sur un utilisateur ». « Aucune donnée n’est stockée par Ezeeworld », confirme Olivier Tilloy, directeur général adjoint de S-money, l’entreprise qui édite l’application Izly pour le Cnous, ajoutant qu’en ayant « un droit d’audit sur Take & Buy, [S-money] peut à tout moment vérifier qu’il respecte bien le traitement des données ».

    Dans les spécifications du marché, le Cnous a prévu d’encadrer au maximum ces « prestations supplémentaires » : elles doivent en effet « être en adéquation à l’éthique de l’institution », « dans une démarche mesurée » et « être mises en œuvre avec l’accord préalable et explicite de l’ayant droit à chaque fois que des données personnelles sont utilisées ». Au Cnous, on fait ainsi remarquer que l’étudiant a donné son consentement pour activer la géolocalisation. Mais combien d’étudiants savaient-ils comment ces données étaient réellement utilisées et quelles étaient les entreprises qui les recevaient ?

    Si, sur le site officiel, il est indiqué qu’« Izly s’engage (…) sur la protection de vos données personnelles et de votre confidentialité », il n’y est fait nulle mention de l’envoi de données de localisation à des sociétés publicitaires. Il faut se pencher sur les quelques lignes d’une autre version des conditions d’utilisation du service, très loin d’être lues par la majorité des étudiants, pour savoir que les données personnelles de l’utilisateur sont recueillies par « S-money, le groupe BPCE, ainsi [que par] ses filiales directes et indirectes ou [par] ses partenaires commerciaux » et peuvent être utilisées pour de la « prospection et [de] l’animation commerciale ».

    Toujours selon ces conditions, les utilisateurs de l’application peuvent s’opposer à ce que leurs données soient utilisées de la sorte. Il faut pour cela contacter directement S-money. Par courrier postal.

    #surveillance #géolocalisation #CNOUS

  • Téléchargement illégal : #T411, des idéaux libertaires à la dérive crapuleuse ?
    Après la fermeture du site de téléchargement, certains anciens animateurs dénoncent un fonctionnement interne trouble et très lucratif pour quelques individus.
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/07/03/telechargement-illegal-t411-des-ideaux-libertaires-a-la-derive-crapuleuse_51

    L’édition débarrassée du site torrent T411, référence francophone d’ebooks
    https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/l-edition-debarrassee-du-site-torrent-t411-reference-francophone-d-ebooks/83578

    Lorsque le roman de Michel Houellebecq, Soumission, avait été piraté et mis en téléchargement 10 jours avant sa sortie en librairie, c’est évidemment sur T411 qu’on l’avait trouvé en premier lieu. Avec le temps, T411 était véritablement devenu un outil de référence pour mesurer et jauger l’impact de la contrefaçon du livre dans l’édition.

    Poursuivre des utilisateurs de T411 n’est « pas exclu », selon la Sacem

    Les autorités françaises et suédoises ont fait fermer dimanche cet important site de téléchargement. Une plainte de la #Sacem est à l’origine de cette enquête.
    http://mobile.lemonde.fr/pixels/article/2017/06/27/poursuivre-des-utilisateurs-de-t411-n-est-pas-exclu-selon-la-sacem_51
    #copyright #affaire_judiciaire