https://www.humanite.fr

  • « On ne peut pas monter dans un bus sans savoir où il part » : la préfecture casse la grève du #Samu_social de #Paris et laisse des familles dans l’inconnu - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/social-et-economie/cgt/tous-les-problemes-vont-se-repeter-la-prefecture-casse-la-greve-du-samu-soc

    Plusieurs dizaines de policiers ont évacué de force, jeudi 13 août, le parvis du Samu social de Paris, où plusieurs centaines de travailleurs et famille non accompagnées ont entamé une #grève il y a plus d’un mois. « Il est hors de question d’expulser des familles et des personnes sans abri pour les remettre à la rue », dénonçait la CGT.

    [...]

    Pour rappel, les travailleurs sociaux du 115 en grève réclament des revalorisations salariales pour l’ensemble du personnel, comme des financements à la hauteur des besoins du terrain. De plus, ils exigent également l’arrêt immédiat des remises à la rue et demandent le respect strict du principe légal de continuité de l’accueil inscrit dans la loi DALO de 2007 : garantir qu’aucune personne ou enfant pris en charge ne puisse être remis à la rue sans solution adaptée.

    Et qui est aux commandes ?

    #hébergement_d'urgence #occupation #préfecture

    • Reportage « Ils envoient les forces de l’ordre face à une situation de détresse sociale » : 450 personnes évacuées du parvis du Samu social de Paris
      https://www.liberation.fr/societe/logement/ils-envoient-les-forces-de-lordre-face-a-une-situation-de-detresse-social

      Depuis un mois, rejoignant les grévistes du 115 et leurs collègues, des familles avec de nombreux enfants avaient monté un campement de fortune devant le siège du service chargé d’orienter les personnes sans abri vers l’hébergement d’urgence. Utopia 56 dénonce une dispersion sans solution de relogement.

      De l’avis général, le timing est assez particulier. Voire carrément cynique. « Invoquer la canicule pour expulser un jour où il fait 39°C… » s’étrangle Pauline Agazzi, salariée d’Utopia 56. Dans l’arrêté d’#évacuation signé par le préfet d’Ile-de-France, les fortes chaleurs et leurs impacts sur la santé étaient l’un des principaux motifs invoqués pour mettre fin au #campement de 450 personnes sans abri qui occupait depuis un mois le parvis du Samu social, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Mais la préfecture a attendu le pic caniculaire, ce jeudi 13 août, pour envoyer les gendarmes et CRS disperser aux aurores l’occupation, sans solution de relogement. Condamnant donc les familles – dont environ 150 mineurs et énormément d’enfants de moins de 5 ans – à l’errance dans un Paris brûlant.

      La veille, entre les barnums qui servaient d’abri de fortune, et les pancartes militantes – « La rue tue, le logement protège, hébergement pour tous·tes maintenant » –, l’angoisse montait mais les petits continuaient de jouer au foot, presque comme si de rien n’était. Depuis la mi-juillet, associations de lutte contre la précarité et familles sans abri avaient rejoint ici le piquet de grève des travailleurs du Samu social, en débrayage reconductible depuis le 23 juin, après que leur direction leur a annoncé la suppression de 861 nuitées d’hébergement quotidien dans les hôtels sociaux et a missionné les écoutants du 115 pour prévenir les familles hébergées qu’après des mois à l’abri, il leur fallait retourner dans la rue. La goutte d’eau pour ces travailleurs de l’ombre de l’hébergement d’urgence, déjà engagés dans des négociations compliquées pour demander l’amélioration de leurs conditions de travail et une revalorisation de leurs salaires, et dont le métier est normalement de trouver des solutions pour les personnes à la rue, pas de les y remettre.

      « Convergence des batailles »

      Avec la saturation de l’hébergement d’urgence en Ile-de-France, le #115 est de toute façon un « pansement sur une jambe de bois », selon Elena Sauterey, éducatrice en centre qui est en grève depuis juin. Parmi les familles, les historiques d’appels sont tous remplis de sollicitations du 115, et les mémoires de ces coups de fil incessants et infructueux, qui se coupent automatiquement au bout d’une heure d’attente et puis rebelote. « Depuis un mois, ça a décroché seulement deux fois, dit Rokia, son bébé dans les bras. Les deux fois ils m’ont dit : “Il n’y a plus de place, rappelez demain.” » Cette mère de trois petits enfants de 6, 3 ans et 8 mois, malienne d’origine en situation régulière, n’est pas considérée comme prioritaire vis-à-vis des critères de plus en plus restreints du Samu social. Pour être considéré comme « P1 » – l’indice maximum de priorité, « les seuls qui ont une chance d’obtenir une place », selon Pierre Kreins, juriste au sein de la structure et gréviste lui aussi –, il faut désormais être enceinte de plus de sept mois ou avoir un bébé de moins de 3 mois, ce qui veut dire que « les bébés de 3 mois et 2 jours ne sont plus considérés comme prioritaires », s’insurge Pauline Agazzi. Au début de l’occupation, une mère et son nourrisson de 3 semaines vivaient sur le campement.

      De l’aveu de Pauline Agazzi, la réunion des salariés du Samu social et des « usagers » du 115, soit « les écoutants qui doivent passer leur temps à dire non aux familles, et les familles, qui se réunissent », ça n’allait pas de soi. Mais cette inédite « convergence des deux batailles » était une manière de dire « même politique publique, même combat », selon les mots de Jordan Bernard, secrétaire général de la CGT au Samu social de Paris. Une manière aussi de se comprendre les uns les autres, de montrer que « ce numéro ne dysfonctionne pas à cause des collègues mais parce qu’il est pensé comme tel » ajoute Elena Sauterey.

      « Ils vont juste délocaliser tout le monde »

      « Ils envoient les forces de l’ordre face à une situation de détresse sociale, se désole Charlotte Kwantes, d’Utopia 56, qui se souvient de précédentes évacuations « très traumatisantes pour tout le monde », notamment en mars dernier à la Gaîté lyrique. Là, il va juste y avoir plus de 400 personnes sur le carreau. » Les termes de l’arrêté préfectoral – qui cite une « situation sanitaire particulièrement préoccupante », la présence sur le campement de maladies aggravées par « la promiscuité, l’absence de conditions de repos adaptées et des difficultés d’accès à une alimentation et une hydratation appropriées » et la canicule qui s’intensifie – ont aussi choqué. Pour Charlotte Kwantes, « c’est hallucinant de lire un tel niveau de mensonges et de mauvaise foi » : « La chaleur, les pathologies qui sont liées à la vie à la rue… Ce sont les choses sur lesquelles toutes les associations interpellent la préfecture, qui est en même temps en train de supprimer les places d’hébergement. »

      Comme le dénonçaient Utopia 56 et la CGT, les seules solutions proposées aux familles étaient des déplacements vers des #sas_régionaux d’accueil temporaire, loin de l’Ile-de-France. Loin aussi des emplois, des écoles où les enfants sont inscrits pour la rentrée, des rendez-vous médicaux ou des démarches administratives. « On méprise tellement les personnes sans abri qu’on considère qu’une solution de trois semaines loin des attaches scolaires, médicales et professionnelles, c’est acceptable », dit le cofondateur d’Utopia 56, Yann Manzi. « Toutes les personnes refusent parce que ça ne répond pas à leurs besoins. Ils vont juste délocaliser tout le monde, ajoute Charlotte Kwantes, qui redoute le retour de multiples campements dans Paris. On va avoir 20 mineurs non accompagnés qui vont retourner sous les ponts. Ce dont ils parlent dans l’arrêté, ça va juste continuer à exister ailleurs. »

      « Ces gens vont être dans la rue encore ce soir. Ils ne vont pas disparaître comme par magie », renchérit Yann Manzi, qui appelle les élus parisiens et des villes qui bordent la capitale à se substituer encore davantage à l’Etat pour mettre à l’abri les familles. Quitte à ensuite présenter la facture à qui de droit, comme l’a fait Strasbourg, qui a attaqué l’Etat en 2022 pour carence dans sa mission d’hébergement des sans-abri et a obtenu gain de cause (et une réparation de plus de 536 000 euros), il y a quelques jours.

      voir https://seenthis.net/messages/1185816

      Au Samu social, où une réunion de négociation destinée à sortir de la crise a été annulée mercredi après la publication de l’arrêté préfectoral, la grève se poursuit, mais l’occupation restera comme un tournant. « Ce ne sont plus seulement des personnes que j’accompagne, dit Elena Sauterey. C’est devenu des frères et sœurs de lutte. »

    • À Paris, le campement de 450 personnes installé dans l’enceinte du Samusocial a été évacué
      https://www.infomigrants.net/fr/post/73073/a-paris-le-campement-de-450-personnes-installe-dans-lenceinte-du-samus

      Jeudi matin, les personnes sans-abris – principalement étrangères, en situations régulière ou irrégulière – se sont vues proposer par la préfecture des places d’hébergement en CAES (centres d’accueil et d’examen de la situation) ou bien en SAS régionaux. Mais face à ces propositions, quelque 300 personnes, sur les 450 présentes, ont préféré quitter les lieux et retourner dans Paris.

    • OCCUPATION DEVANT LA MAIRIE DE PARIS CENTRE - rue Eugène Spuller 75003
      https://paris-luttes.info/appel-a-soutien-occupation-21041#maj74566

      Les familles et mineurs isolés expulsés ce matin après leur occupation pendant 1 mois du parvis du Samu Social ont relancé une action contre la Ville de Paris ! Venez rejoindre la mobilisation pour exiger des solutions d’hébergement dignes et adaptées pour toutes et tous ✊

      (il n’y avait pas d’autre choix raisonnable. à cette occasion on se souviendra de l’antique slogan "dispersion, trahison !")

  • Le RN, allié indispensable de la Macronie pour faire passer ses lois à l’Assemblée nationale
    https://www.humanite.fr/politique/assemblee-nationale/le-rn-allie-indispensable-de-la-macronie-pour-faire-passer-ses-lois-a-lasse

    Faute de majorité depuis 2024, les macronistes font adopter leurs lois anti-écologiques et sécuritaires grâce aux voix de l’extrême droite. Les deux blocs ne manquent jamais de se retrouver également pour faire barrage au travail d’amendement de la gauche.

    Être privé de majorité oblige à des compromis. Avec les macronistes, il s’agit davantage de compromissions. Depuis les élections législatives anticipées de 2024, le rapprochement à l’Assemblée nationale entre le camp présidentiel (Renaissance, Modem, Horizons), les conservateurs (« Les Républicains ») et les partis d’extrême droite se précise.

    De nombreux textes du « socle commun » – Macronie et LR – ont été adoptés grâce aux voix du Rassemblement national (RN) et de leurs alliés ciottistes de l’Union des droites pour la République (UDR). Un signe de leur convergence, notamment sur l’économie de marché et la politique de l’offre. Mais aussi du virage droitier d’une Macronie qui n’a jamais envisagé de gouverner sur sa gauche, même si le Nouveau Front populaire (NFP) est arrivé en tête des législatives.

    L’été de toutes les compromissions

    Les votes du mois de juillet 2026 en sont une nouvelle parfaite illustration. Que ce soit la loi d’urgence agricole, qui réintroduit l’usage de deux pesticides prohibés, la loi sécuritaire dite « Ripost » ou celle sur la présomption de légitime défense des policiers (qui introduit un « permis de tuer », dénonce la gauche), ces textes soutenus par le gouvernement ont tous obtenu une majorité de circonstance grâce au concours des voix du RN et ...

    #abonné.e.s

  • Exclusive: EU Commission still seeking controversial police agreement with Israel, despite warnings - Statewatch
    https://statewatch.org/news/2026/july/exclusive-eu-commission-still-seeking-controversial-police-agreement-wit

    Statewatch has learned that not only could the agreement be in breach of international law, but that the Commission kept negotiating even during the ongoing genocide against the Palestinians. If adopted, the deal may allow for the exchange of sensitive personal data between the EU and Israel, which could be used in occupied territories. Experts warn this could lead to state-sanctioned human rights violations against both Palestinians and Israelis.

    Drawing on leaked documents and internal files, Statewatch has reconstructed what led to the standoff between the European governing bodies, what has happened since, and what the proposed agreement entails.

    ’...)

    The draft agreement’s breach of international law
    The exception outlined in the draft agreement marks a significant departure from the EU’s long-held position that its agreements with Israel should not apply to the territories occupied since the 1967 Six-Day War.

    According to the Legal Service’s assessment, the arrangement would therefore conflict with the Palestinian people’s right to self-determination under international law.3 It would also go against the principle of the Vienna Convention, which states that international treaties should not damage third parties. The proposed text would damage the Palestinian Authority’s capacity to negotiate similar agreements.

    Still, during internal meetings in October 2022, the Commission sought to justify the exception by invoking “Israel’s duty under international humanitarian law to restore and maintain public order and safety in the territories controlled by its forces.”

    The Council’s Legal Service rejected that argument, claiming:

    “Israel’s duty as occupying power to ensure public order and safety in the occupied territories does not imply that other States or international organisations would be allowed to assist it in the fulfilment of that duty, in violation of other principles of international law.”

    Ben Saul, the United Nations Special Rapporteur on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms while countering terrorism, added to this view. Speaking to Statewatch, he said the proposed derogation appeared to contravene “the duty of European states not to recognise situations arising from breaches of peremptory norms of international law.”

    Eitan Diamond, head of Diakonia‘s International Humanitarian Law Centre in Jerusalem, said the Legal Service’s reasoning was further reinforced by the International Court of Justice’s July 2024 advisory opinion. The court concluded that Israel must “end its unlawful presence in the Occupied Palestinian Territory as rapidly as possible” and that all states and international organisations must avoid actions that could help maintain that unlawful presence.

    • https://www.humanite.fr/monde/commission-europeenne/comment-la-commission-europeenne-tente-de-conclure-un-accord-policier-avec-

      Le site Statewatch vient de révéler comment la Commission européenne, présidée par Ursula von der Leyen, cherche toujours un accord controversé sur la police avec Israël, malgré les avertissements que ladite commission a reçus, notamment du Conseil européen. Ce dernier, composé des chefs d’État ou de gouvernement des États membres de l’UE, de son président et du président de la Commission européenne, est chargé de définir les orientations politiques générales de l’UE.

      En 2005, ce Conseil désigne Israël comme l’un des partenaires prioritaires d’Europol, l’agence de l’UE de police criminelle censée faciliter l’échange de renseignements entre polices nationales notamment en matière de stupéfiants, de terrorisme, de criminalité internationale au sein de l’Union européenne.

      Mais les négociations en vue d’un accord initial butent particulièrement sur le respect par Israël des normes de protection des données de l’UE et l’emplacement du quartier général...

    • Pour les soit-disant responsables politiques la défense d’intérêts privés l’emporte sur le droit international ; et pour qu’il n’y ait plus de discordance ils œuvrent pour que le droit international soit dirigé par de soit-disant juges qui défendent ces intérêts.

  • 200 000 personnes évacuées à cause des #incendies : un #exode_climatique, premier du genre en France

    Sous nos yeux se dessine brutalement, en cet été 2026, une préfiguration effrayante de notre avenir. Le #changement_climatique est passé des concepts des rapports du Giec à la réalité du quotidien.

    L’air au souffle infernal les jours interminables de #canicule, l’interruption du vol familier des insectes et des oiseaux, la #sécheresse qui rend arides les paysages et les inondations qui lui succèdent au gré de pluies et grêles diluviennes. Et, désormais, les #feux sans cesse plus monstrueux, dévastateurs, grands comme dix fois Paris cette année, et dont la fumée s’est répandue ce week-end du Var, des Landes et de la Gironde à plus de 500 kilomètres, jusqu’en Auvergne et dans le Val de Loire.

    Lueur d’espoir au milieu du désastre, le dévouement sans limite des pompiers et des gendarmes a permis l’évacuation de plus de 200 000 personnes en dépit des conditions dantesques. Ce mouvement de population, jamais vu en France depuis la défaite de 1940, a un nom : il s’agit d’un exode climatique, le premier du genre dans cette ampleur, avec ses colonnes de réfugiés sur les routes abandonnant tout derrière eux.

    Tout cela serait déjà grave et inquiétant si notre pays était prêt à affronter ces nouveaux périls. C’est peu de dire qu’il ne l’est pas. À part les masques FFP2, héritage de la dernière crise sanitaire, la France manque de tout, à commencer par les avions bombardiers d’eau et les effectifs de soldats du feu professionnels.

    Au-delà, où que les yeux se tournent, l’#inadaptation est globale, conséquence d’un #sous-investissement endémique. On ferme des lits d’hôpitaux ; les passoires thermiques restent le lot commun des logements, des écoles comme des Ehpad ; la climatisation des lieux publics est l’exception ; les villes étouffent, faute de moyens pour revoir l’#urbanisme ; le réseau ferré est hors d’âge ; l’électrification du parc automobile est repoussée.

    Si gouverner c’est prévoir, la #faute des gouvernants est inexcusable. N’importe quel travailleur convaincu d’une telle négligence serait renvoyé sur-le-champ. En 2027, le chantier sera titanesque et le besoin de changement immense. La gauche a neuf mois pour convaincre qu’elle est à la hauteur.

    https://www.humanite.fr/environnement/austerite/200-000-personnes-evacuees-a-cause-des-incendies-un-exode-climatique-premie
    #déplacés_internes #évacuation #incendie #feu #France #réfugiés #réfugiés_climatiques

  • #Ceuta : une soit disant crise migratoire bien instrumentalisée par l’internationale réactionnaire ?

    Ce post de Mr Mondialisation sur FB (je n’ai pas trouvé l’article correspondant sur leur site) et cet article de l’Huma (sous #paywall) :

    https://www.facebook.com/M.Mondialisation/posts/pfbid0fjHJR3QnKoeSdQQoZzfwUWKSxSsaYqXu6aZdvKehLBbBQuUtkQs2MUks77a1PLPsl

    Comprendre l’opération de déstabilisation de l’Espagne qui se joue depuis plusieurs jours par une guerre d’images parfaitement organisée.
    Pendant que certains médias parlent d’une simple « vague migratoire », les images racontent une autre histoire. De nombreuses vidéos montrent des camions et des autocars déposant des milliers de jeunes hommes en même temps, à proximité immédiate de Ceuta, avant leur ruée organisée vers la plage du Tarajal.
    Les vidéos montrent surtout que les autorités Marocaines aident à la logistique sur la route, sans les arrêter. Une logistique de cette ampleur n’a rien d’un déplacement spontané de candidats à l’exil. Nombre de ces jeunes arrivent en rigolant, avec des bouées et même des sticks pour filmer leur exploit et les publier en ligne parfois en direct. Plusieurs ont perdu la vie en sous estimant le risque de contourner ce simple bras de terre. Ces individus n’ont rien de migrants classiques en situation d’exil, ce qui devrait à minima alimenter des questions. Pourtant, tous les médias ont un narratif unique axée sur la peur : la vague migratoire est à nos portes. Ce n’est pas le cas.
    Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la technique est utilisée. En 2021 déjà, lors de la crise de Ceuta, le relâchement soudain et volontaire des contrôles frontaliers par Rabat avait été largement interprété comme un moyen de pression diplomatique sur Madrid dans le contexte du Sahara occidental. À la différence que cette fois, des dizaines de camions ont déversé ce flot humain sur les plages au même moment, poussant certains à la noyade.
    En résumé, des jeunes sont utilisés pour faire pression à la frontière de manière à générer un choc politique par l’image. La majorité d’entre eux sont rentrés chez eux le soir même, faute de nourriture, en passant la frontière dans l’autre sens.
    Une question demeure : comment des dizaines de milliers de personnes peuvent-elles se retrouver simultanément devant une frontière parmi les plus surveillées d’Afrique sans une organisation logistique ? Les vidéos montrant des véhicules transportant des groupes de jeunes méritent, à elles seules, une enquête approfondie. Les médias officiels restent pourtant discrets sur la question et ne publient pas ou peu ces images.
    Que chacun se fasse son opinion. Mais présenter ces événements comme un simple mouvement migratoire pour faire peur occulte les buts de l’opération : isoler l’Espagne de la scène internationale tout en alimentant la montée réactionnaire en Europe, favorable aux intérêts
    capitalistes. Par ailleurs, le contrôle du Détroit reste un enjeu économique majeur dans la région, y compris pour les Etats-Unis. Trump et Israël, alliés du Maroc, sabrent le champagne devant cette opération médiatique de grande envergure qui divise l’Europe.

    https://www.humanite.fr/monde/espagne/afflux-de-migrants-a-ceuta-le-gouvernement-espagnol-attaque-par-une-extreme

    L’arrivée de dizaines de milliers de jeunes Marocains dans l’enclave espagnole, la semaine dernière, même éphémère, a déchaîné les paniques racistes de l’extrême droite mondiale. Ce qu‘il s’est passé soulève des questions sur l’utilisation de l’immigration comme levier de déstabilisation mais aussi sur l’attitude des autorités marocaines.

    https://justpaste.it/e53bt

    • https://seenthis.net/messages/1184811

      La construction du récit de « l’invasion »

      Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

      Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

      Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    • https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/l-instrumentalisation-de-la-situation-a-ceuta-vire-a-la-caricature-de

      Plusieurs sources, dont l’AFP, laissent plutôt entendre que l’afflux massif de ces derniers jours résulte d’une nouvelle brouille diplomatique entre Madrid et Rabat, à l’heure où le Premier ministre espagnol essaie de se rapprocher de l’Algérie plutôt que du Maroc. Pedro Sanchez était à Alger il y a dix jours à peine pour essayer de tourner la page de quatre années difficiles. Dans ce contexte, un journaliste de l’agence de presse française affirme que des jeunes Marocains, rassemblés à la lisière de Ceuta, lui ont expliqué avoir entendu que « la frontière avait été ouverte ».

      Un contexte qui rappelle inévitablement la précédente crise migratoire de 2021, lorsque des milliers de Marocains avaient traversé la frontière à la faveur d’un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un premier différend diplomatique avec l’Espagne. À l’époque, le Maroc avait reproché à Madrid l’accueil, pour y être soigné, du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario (soutenu par l’Algérie contre le Maroc).

      D’ailleurs, Pedro Sanchez - qui doit se rendre à Ceuta ce vendredi - a déjà expliqué que « des mesures pour le transfert » vers le Maroc seront prises pour « toutes les personnes qui sont entrées illégalement » dans l’enclave espagnole, après ce qu’il qualifie « d’attaque contre la souveraineté » de son pays. Du reste, nombre d’entre elles, 25.000 selon les premières évaluations, sont déjà retournées au Maroc, ce vendredi. Ce que ne disent pas les réactions françaises, promptes à qualifier ces migrants de danger imminent, quand bien même ils se trouvent actuellement sur un autre continent, dans une zone qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, à 1 000 kilomètres du territoire français, de l’autre côté de la Méditerranée.

      Qu’importe, la pression porte ses fruits. Laurent Nunez s’est empressé ce vendredi matin d’annoncer que la France allait immédiatement renforcer ses contrôles aux frontières, « en profondeur », avant d’être appuyé par Emmanuel Macron, qui a demandé à la mi-journée à ce que « toutes les dispositions soient prises pour renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne ». Quitte à donner le point aux nationalistes et à leurs raccourcis.

    • La menace ne vient pas des immigrés de Ceuta, mais de nos propres dirigeants !

      L’arrivée de plusieurs dizaines de milliers de jeunes Marocains à Ceuta, enclave espagnole sur le continent africain, a immédiatement provoqué un déchainement de mensonges. Non seulement la droite et l’extrême droite, mais aussi la plupart des gouvernants européens rejoints par Trump aux États-Unis, ont brandi la menace d’une « invasion » dont il faudrait se défendre.

      Le fait qu’il y ait eu une centaine de morts ne leur a pas tiré une larme. Pas plus le fait que les migrants soient restés dehors, avec les seuls vêtements qu’ils portaient pendant leur traversée, sans argent ni accès à un minimum d’hygiène, en butte aux violences des militaires et de certains habitants. « On croyait atteindre le paradis, et on s’est retrouvé en enfer », résumait l’un d’eux, avant de regagner le Maroc, comme l’ont fait la très grande majorité d’entre eux.

      Liberté de circulation pour tous les travailleurs !

      Ces jeunes, parmi eux de nombreux adolescents de moins de 15 ans, ont voulu fuir la pauvreté, le chômage, qui touche, au Maroc, près de la moitié de la jeunesse. Pouvoir travailler et réaliser ainsi leurs rêves était leur seul but, le même que tous les jeunes de leur âge dans le monde. La liberté de se déplacer et le droit de s’installer là où les travailleurs peuvent gagner leur vie devrait être un droit élémentaire. Que des jeunes soient obligés, pour cela, de risquer la mort est révoltant !

      Le Premier ministre espagnol Sanchez a annoncé l’envoi de policiers, de militaires et de blindés, évoquant « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Mais que dire de l’intégrité du territoire marocain, alors que les enclaves de Ceuta et Melilla constituent des vestiges du colonialisme espagnol !

      Tous les dirigeants européens savaient très bien que ces milliers de jeunes ne pouvaient pas se rendre en Espagne ni dans l’Union européenne. En effet, Ceuta est soumis à un statut dérogatoire tel que l’accès au reste de l’Europe est aussi difficile qu’à partir du Maroc. Mais Macron a tout de même multiplié par cinq le nombre de policiers et de gendarmes à la frontière franco-espagnole.

      Les mensonges des dirigeants européens

      La palme du cynisme revient à la Première ministre italienne d’extrême droite Meloni, qui a annoncé la suspension de la libre circulation de l’espace Schengen à l’Espagne, avec laquelle l’Italie ne partage pourtant aucune frontière. La quasi-totalité des autres dirigeants de l’Union européenne lui ont emboité le pas. Tous ont délibérément menti car ils sont d’accord pour faire comme si l’immigration était aujourd’hui le danger principal. C’est une diversion ignoble, mais aussi dangereuse, utilisée par l’extrême droite, championne du repli sur soi, et par bien des politiciens.

      Tous veulent faire croire aux travailleurs que les immigrés constitueraient une menace et que les frontières pourraient protéger du chômage et de la pauvreté. Mais le responsable du chômage, de la précarité et des bas salaires est d’abord le patronat, et le faire reculer dépend exclusivement des luttes que le monde du travail est capable de mener pour s’opposer à sa rapacité. Ceux qui répètent qu’on ne peut pas « accueillir toute la misère du monde » nous prêchent en réalité la résignation et veulent nous faire accepter, comme une fatalité qu’on ne pourrait pas changer, l’état catastrophique des hôpitaux et de tous les services publics les plus vitaux…

      Combattre les vrais responsables de la misère

      Les véritables responsables de la misère, en France comme dans les autres pays, ce sont les actionnaires des géants du CAC 40 dont les profits ont augmenté de plus de 44 % au premier semestre 2026, pour atteindre à 74,93 milliards d’euros. Une minorité de richissimes bourgeois, 153 familles milliardaires, accapare les richesses produites par des millions de travailleurs. Une minorité de capitalistes et les gouvernants à leur service organisent l’exploitation de tous les peuples et le pillage des ressources des pays pauvres. Avec leurs rivalités et leurs guerres, des régions entières du monde sont détruites et rendues invivables.

      C’est tout cela qu’on voudrait nous faire oublier avec l’épouvantail de l’immigration. Garantir à tous une vie à la hauteur des immenses possibilités que recèle la société ne sera possible qu’en renversant le capitalisme. Quelles que soient leur nationalité, leur origine et leur religion, les travailleurs doivent refuser les divisions pour pouvoir mener ce combat commun contre leurs exploiteurs.

      Nathalie ARTHAUD

      https://www.lutte-ouvriere.org/portail/editoriaux/menace-vient-immigres-ceuta-propres-dirigeants-196142.html

    • Issu de https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/01/comment-se-positionnent-les-pays-europeens-face-a-la-crise-de-ceuta

      La lettre en question  : «  Vingt-deux chefs d’État et de gouvernement ont cosigné une lettre initiée par l’Italie et le Danemark, exigeant une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur. Ces derniers se retrouveront en visioconférence mardi 4 août.

      Si l’exclusion de l’Espagne de la zone Schengen n’est plus évoquée, les 22 s’en prennent à la politique de régularisation massive menée par l’Espagne, qu’ils accusent d’avoir provoqué un appel d’air ayant concouru à cette intrusion.  »

      La France qui envoie sa police pourchasser des migrants aussi imaginaires que les dahuts dans les Pyrénées fait partie des états les plus compréhensifs vis-à-vis de l’Espagne. Mon petit doigt me dit que ça doit bien lui arracher la gueule à notre pauvre Macron de pas hurler avec les loups, mais dérouler 700km de barbelés n’étant pas envisageable dans l’immédiat, il a du prendre sur lui. J’espère quand même que l’on va lui ouvrir une cellule psychologique à l’Élysée pour le soutenir dans cette douloureuse épreuve.

    • Évidemment ce bon vieux Rudy s’est immédiatement fendu d’un article défendant Israël, mais il faut tout lire et ça donne des sources :
      https://www.conspiracywatch.info/ceuta-le-reflexe-complotiste.html

      Le raisonnement à l’œuvre est un condensé de logique complotiste : on part des bénéficiaires supposés de l’événement (le fameux « is fecit cui prodest ») pour remonter aux commanditaires, et l’on tient la satisfaction affichée par certains pour un aveu. Or, comme l’écrit le politologue américain Michael Shurkin, « la Schadenfreude [« joie malsaine » − ndlr] n’est pas une preuve de complicité ou de responsabilité ». Il poursuit : « Je trouve fascinant que tant de gens sautent à la conclusion que cela doit forcément concerner Israël. Comme si le Maroc et l’Espagne n’étaient pas capables d’avoir leurs propres différends sans rapport avec Israël, ou comme si le Maroc était incapable d’agir ainsi pour ses propres raisons. »

      Sans surprise, les réseaux prorusses se sont emparés de l’affaire. Le centre de recherche Cyfluence a documenté l’amplification de la thèse du complot « israélo-américain » par des comptes alignés sur Moscou ainsi que sa reprise par RT et par le réseau de sites « Pravda ». Un seul post a cumulé des millions de vues et plus de 4 400 retweets.

      À supposer même que cet afflux ait été téléguidé, le Maroc n’a besoin de personne pour « arsenaliser » les migrants − ainsi que l’ont déjà fait Moscou et Minsk contre la Pologne. En mai 2021, Rabat avait laissé plus de 8 000 personnes entrer à Ceuta en quarante-huit heures pour punir Madrid d’avoir discrètement hospitalisé le chef du Front Polisario (mouvement luttant pour l’autodétermination du Sahara occidental, soutenu par Alger). Ni Israël ni les États-Unis ne s’en étaient mêlés.

    • Crise de Ceuta : pourquoi les révolutionnaires défendent l’ouverture des frontières ? Billet d’Anasse Kazib
      https://www.revolutionpermanente.fr/Crise-de-Ceuta-pourquoi-les-revolutionnaires-defendent-l-ouvert

      Anasse Kazib, candidat à l’élection présidentielle de 2027, réagit aux questions d’électeurs de gauche depuis le début de la tragédie de Ceuta, où plus de 100 personnes ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’enclave espagnole depuis le Maroc. Il revient sur la nécessité de défendre l’ouverture des frontières, à rebours d’une gauche institutionnelle qui s’adapte aux politiques de l’Europe forteresse.

      Les frontières permettent de fabriquer une main-d’œuvre privée de droits, notamment les sans-papiers, que le patronat peut surexploiter avec des salaires plus bas, des horaires plus longs et la menace permanente de l’expulsion. Cette pression ne s’exerce pas seulement contre les travailleurs immigrés : elle tire aussi vers le bas les conditions de l’ensemble de la classe ouvrière.

      On nous répète sans cesse que les frontières sont là pour protéger les travailleurs. En réalité, elles protègent avant tout les intérêts des classes dirigeantes. Le capital, lui, ne connaît pas de frontières. Les multinationales déplacent leurs usines là où les salaires sont les plus bas, investissent où les profits sont les plus élevés, spéculent d’un continent à l’autre et pillent les ressources du monde entier sans passeport ni visa. Les marchandises et les capitaux circulent librement.

      La classe ouvrière n’a pas d’intérêt à défendre les frontières de sa bourgeoisie. Son intérêt est de s’unir au-delà des nationalités et des origines pour combattre ceux qui vivent de son exploitation. Il faut refuser un monde où l’argent est libre de circuler, ou le patronat peut exploiter qui il veut ou il veut mais où les êtres humains sont enfermés derrière des barbelés. Il faut exactement l’inverse : lutter contre le capital, garantir à toutes et tous la liberté de circulation et d’installation, et construire l’unité internationale des travailleurs...

    • Ceuta : une frontière impériale devenue un tombeau

      Ceuta n’a jamais été une simple limite administrative. Elle est à la fois le produit d’une histoire impériale ancienne et le point de rencontre de décisions économiques beaucoup plus récentes. Ni l’une ni les autres ne peuvent être traitées uniquement avec des clôtures, des patrouilles et des procédures d’éloignement.

      Que faire ?

      D’abord, établir les faits. Chaque mort doit être identifiée. Chaque disparition doit être documentée. Chaque usage de la force doit pouvoir être examiné. Le contrôle d’une frontière ne suspend ni le droit à la vie ni l’obligation de rendre des comptes.

      Ensuite, reconstruire une véritable politique économique frontalière.

      L’Union européenne et l’Espagne ne peuvent demander au Maroc de contenir les départs tout en considérant la situation sociale de Fnideq comme une affaire exclusivement marocaine. Une coopération crédible devrait financer des emplois formels, des formations professionnelles, des infrastructures productives et des activités susceptibles de remplacer durablement l’ancienne économie de contrebande.

      Enfin, il faut donner une réalité aux voies régulières de mobilité.

      L’Espagne dispose déjà de programmes de gestion collective des recrutements dans les pays d’origine, le dispositif dit « GECCO ». En 2025, 25 767 travailleurs étrangers ont participé à ces dispositifs de migration circulaire dans dix-sept pays partenaires, en hausse de 25 % en un an. Ces programmes démontrent qu’une mobilité organisée, assortie d’un contrat de travail et d’un cadre public, est possible.

      Ils ne sont pas exempts de critiques. La dépendance envers l’employeur, les conditions d’hébergement et les risques d’exploitation, notamment dans l’agriculture, doivent être combattus. Mais la réponse à ces insuffisances n’est pas de renoncer aux voies légales. Elle consiste à les étendre, à les diversifier et à mieux protéger ceux qui les empruntent.

      Le travail, les études, la formation et la circulation temporaire ne supprimeront pas tous les départs irréguliers. Ils permettront au moins de retirer aux passeurs, aux rumeurs et aux crises diplomatiques le monopole du calendrier migratoire.

      L’Europe a progressivement délégué une partie de sa politique migratoire aux États chargés d’empêcher les départs. Ce modèle crée une dépendance dangereuse. Lorsque le contrôle se relâche, volontairement ou non, la frontière cesse en quelques heures d’apparaître comme une protection : elle devient un piège.

      L’histoire ne se répète pas. Elle lègue des lieux, des institutions et des frontières.

      En 1415, la conquête de Ceuta ouvrait l’expansion portugaise outre-mer. En 1578, Ksar el-Kébir en révéla les limites sanglantes. En 2026, la ville est devenue, pour une partie de la jeunesse marocaine, un horizon visible à l’œil nu et pourtant presque inaccessible.

      L’écho entre ces dates n’est pas celui d’une prétendue guerre de civilisations.

      Il est celui d’une géographie héritée de la puissance sur laquelle viennent aujourd’hui se briser les inégalités économiques et l’inégale liberté de circuler.

      Une Europe fidèle aux droits qu’elle proclame ne peut se contenter de mieux fermer cette frontière.

      Elle doit agir pour qu’aucun mur, aucune digue et aucun bras de mer ne redeviennent un tombeau.

      https://blogs.mediapart.fr/alexis-vessat/blog/070826/ceuta-une-frontiere-imperiale-devenue-un-tombeau

  • « C’est complet » : plages privées, clubs… Ces établissements de tourisme qui refusent les Noirs et les Arabes
    Par Thomas Poupeau, envoyé spécial à Nice (Alpes-Maritimes)
    Le 27 juillet 2026 - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/societe/cest-complet-plages-privees-clubs-ces-etablissements-de-tourisme-qui-refu
    https://www.leparisien.fr/resizer/ceoZXae3qnM7bYS2-QddVTREv_g=/1600x900/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/MJHDMU7SKVD55APVHY5KZWNJ2Q.jpg

    Deux heures du matin, ce samedi soir, on se presse à l’entrée d’un petit club, niché dans le Vieux-Nice (Alpes-Maritimes). « Quinze euros la conso, ça vous va ? » lance le physionomiste souriant à Clémentine, venue avec Lorik et Nathan, tous les trois sur leur 31. Le prix — modique — pour s’ambiancer sur les sons généralistes d’une piste de danse, partagée par la jeunesse niçoise et les touristes.

    L’endroit est loin d’être plein, mais quelques minutes plus tôt, Karidja, Kalifa et Grégory, eux aussi lookés comme un soir de fête, n’ont pas eu le même privilège. « Ce sera 200 euros et vous devez prendre une table, sinon ce ne sera pas possible… » Seule différence avec le groupe de Clémentine : la couleur de leur peau. Les trois copains sont Noirs. (...)

  • Immigration : l’Insee rétablit la vérité sur les flux migratoires et bat en brèche l’#intox de la « submersion migratoire »

    L’Institut national de la statistique a publié, jeudi 4 juin 2026, sa dernière étude sur les immigrés en France. Une parution d’utilité publique, face aux flux continus de désinformations sur le sujet.

    L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a levé le voile, jeudi 4 juin, sur sa dernière radiographie de l’immigration en France. À l’heure où des milliardaires comme Elon Musk relaient complaisamment sur leur réseau le fantasme xénophobe d’un « quadruplement » de la population étrangère en Europe, ces nouvelles données sonnent comme un rappel à l’ordre.

    En 2025, selon l’Insee, la France compte 8 millions d’immigrés, soit 11,6 % de sa population totale. Parmi ces 8 millions d’immigrés, un tiers, soit 2,6 millions, a déjà acquis la nationalité française et n’est donc plus comptabilisé comme étranger. Une précision importante à rappeler car souvent, l’extrême droite aime jeter le flou en semant la #confusion dans le #vocabulaire. Lorsque l’Insee emploie le terme « immigré », elle évoque une personne née étrangère à l’étranger, tandis que le terme « étranger » définit simplement le fait de ne pas posséder la #nationalité française.

    La « subversion migratoire » battue en brèche

    L’augmentation de la part d’immigrés dans la population est réelle depuis 1999, mais demeure très progressive. Surtout, loin des vagues de la « submersion migratoire » fantasmée, les flux sont en décélération. En 2024, 313 000 immigrés sont arrivés en France, un chiffre en net recul par rapport aux 347 000 entrées enregistrées en 2023.

    Les flux retrouvent ainsi leur niveau d’avant la crise sanitaire de 2020, absorbant le pic exceptionnel de 2022 – lié à l’accueil des réfugiés qui fuyaient la guerre en Ukraine. L’Insee précise par ailleurs que cette baisse de 10 % des arrivées en un an concerne des personnes originaires de toutes les régions du monde, qu’il s’agisse de l’Afrique, de l’Asie… ou de l’Europe.

    Balayant d’un revers de main les clichés, l’étude révèle la #surqualification de ces femmes, hommes et enfants qui rejoignent notre territoire. Plus de la moitié, 51 %, des immigrés de plus de 25 ans arrivés en 2024 sont diplômés de l’enseignement supérieur.

    Ce chiffre grimpe même à 54 % pour les personnes originaires du Maghreb. Ces personnes s’intègrent, en outre, presque immédiatement dans la vie sociale et économique. 55 % des nouveaux arrivants de plus de 15 ans sont en emploi ou en études dès le début de l’année 2025, indique le rapport de l’Insee.

    Le visage de cette immigration est aussi profondément féminin. Les #femmes représentent aujourd’hui 52 % des immigrés vivant en France et 53 % des arrivées enregistrées en 2024. Par ailleurs, 58 % des immigrés entrés en 2024 vivent en famille et près d’un quart des arrivants (22 %) sont des enfants qui, souvent, cherchent à rejoindre un parent déjà installé à l’issue de son parcours d’exil.

    Face au #vieillissement de la nation, l’Insee confirme que depuis 2022, l’immigration maintient le pays à flot sur le plan démographique, en compensant l’effondrement du #solde_naturel. Entre le 1er janvier 2022 et le 1er janvier 2023, la population résidant en France a crû de 322 000 personnes.

    Sur ce total, le #solde_migratoire a pesé pour 271 000 individus, sauvant littéralement un solde naturel (51 000 personnes) plombé par la hausse des décès. En somme, ces travailleuses et travailleurs, loin d’être la menace brandie sur les plateaux des chaînes Bolloré et dans les trends de la fachosphère, sont aujourd’hui les piliers stabilisateurs de notre société.

    https://www.humanite.fr/politique/immigration/immigration-linsee-retablit-la-verite-sur-les-flux-migratoires-et-bat-en-br
    #INSEE #France #migrations #statistiques #chiffres #fact-checking #désinformation #préjugés #idées-reçues #démographie #afflux #invasion
    ping @reka @karine4

    • L’essentiel sur... les immigrés et les étrangers

      1. Combien y a-t-il d’immigrés ou d’étrangers en France ?

      En 2025, 8,0 millions d’ immigrés vivent en France, soit 11,6 % de la population totale. 2,6 millions d’immigrés, soit 33 % d’entre eux, ont acquis la nationalité française.

      La population étrangère vivant en France s’élève à 6,3 millions de personnes, soit 9,1 % de la population totale. Elle se compose de 5,3 millions d’immigrés n’ayant pas acquis la nationalité française et de 1,0 million de personnes nées en France de nationalité étrangère.

      1,7 million de personnes sont nées de nationalité française à l’étranger. Avec les personnes immigrées (8,0 millions), au total 9,6 millions de personnes vivant en France sont nées à l’étranger, soit 14,0 % de la population.

      2. Comment évolue la population étrangère et immigrée en France ?

      En effectif et en pourcentage de la population totale, la population immigrée en France est plus élevée en 2025 qu’en 1946, 1975 ou 2010. L’évolution de la part des immigrés dans la population totale vivant en France n’est pas régulière. Après une diminution entre 1931 (6,6 %) et 1946 (5,0 %), elle a augmenté jusqu’en 1975 (7,4 %). Elle s’est ensuite stabilisée jusqu’à la fin des années 1990, notamment à la suite des chocs pétroliers et du ralentissement de l’immigration de travail. Depuis le début des années 2000, le nombre d’immigrés croît à nouveau plus rapidement que la population totale, du fait de l’augmentation de la population immigrée et de la baisse de la fécondité : la part d’immigrés passe ainsi de 7,3 % en 1999 à 11,6 % en 2025.

      La population étrangère vivant en France représente 9,1 % de la population totale en 2025, contre 6,5 % en 1975 et 4,4 % en 1946.

      Entre le milieu des années 1940 et le milieu des années 1970, les flux d’immigration étaient majoritairement masculins, comblant les besoins de main-d’oeuvre nés de la reconstruction d’après-guerre, puis de la période des Trente Glorieuses. En 1974, dans un contexte économique dégradé, l’immigration de travail a été ralentie. Depuis cette date, la part des femmes parmi les flux d’immigration a crû que leurs arrivées soient dues au regroupement familial ou à d’autres motifs (suivre des études, trouver un emploi, etc...). En 2025, 52 % des immigrés vivant en France sont des femmes, contre 44 % en 1975 et 45 % en 1946.

      3. Où sont nés les immigrés vivant en France ?

      En 2025, près de la moitié des immigrés vivant en France sont nés en Afrique (49,2 %) et près du tiers en Europe (30,3 %). Les pays de naissance les plus fréquents des immigrés sont l’Algérie (12,6 %), le Maroc (11,7 %), le Portugal (7,2 %), la Tunisie (4,9 %), l’Italie (3,5 %), la Turquie (3,5 %) et l’Espagne (3,0 %). Près de la moitié des immigrés sont originaires d’un de ces sept pays (46,3 %).

      4. Où sont nés les immigrés arrivés en France en 2024 ?

      En 2024, 313 000 immigrés sont entrés en France, contre 347 000 en 2023. 45,9 % des immigrés arrivés en France en 2024 sont nés en Afrique, 26,6 % en Europe. Les pays de naissance les plus fréquents pour les immigrés entrés en France en 2024 sont l’Algérie (7,9 %), le Maroc (7,4 %) et la Tunisie (4,8 %). Les pays et continents d’origine les plus représentés parmi les immigrés vivant en France (stock) et arrivés récemment (flux) sont les mêmes, mais ils représentent une plus faible proportion du flux que du stock : les pays d’origine des immigrés tendent donc à se diversifier.

      Depuis 2006, les sorties d’immigrés sont relativement modestes au regard de leurs entrées. En moyenne entre 2006 et 2021, trois immigrés entrent sur le territoire tandis qu’un en sort, par exemple à la fin d’une expérience scolaire ou professionnelle en France, ou encore au moment de la retraite.

      https://www.insee.fr/fr/statistiques/3633212

  • « Une vieille proposition du Front national » : comment le gouvernement veut s’attaquer aux aides au logement dès la rentrée - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/societe/aide-au-logement/une-vieille-proposition-du-front-national-comment-le-gouvernement-veut-satt

    Après une première tentative de la droite saluée par le RN, le gouvernement remet sur la table un projet de loi qui créerait une exception au caractère incessible et insaisissable de certaines aides au logement et prestations familiales. Le collectif des associations pour le logement appelle à se mobiliser à la rentrée contre ce texte.

    Le Collectif associations logement, qui regroupe 40 associations dont Emmaüs, la Croix-rouge française ou la Fondation pour le logement, appelle à se mobiliser à la rentrée. En cause : le projet de loi relatif à la « réparation effective des dommages résultant de violences ou de dégradations commises dans l’espace public », qui pourrait créer une exception au caractère insaisissable des #APL et de certaines #allocations_familiales.

    La séquence politique s’inscrit dans la durée. Déposée en juin 2025, une proposition de loi du député Corentin Le Fur (Les Républicains) visait déjà à suspendre les droits aux prestations et aides publiques pour les personnes condamnées à la suite de rassemblements ou de manifestations.

    Les incendies font rage mais macroune va tout cramer avant de partir.

  • Ebola : le cap des 1 000 morts franchi selon l’OMS, un révélateur des défaillances de la solidarité internationale - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/monde/aide-au-developpement/ebola-le-cap-des-1-000-morts-franchi-selon-loms-un-revelateur-des-defaillan


    Des professionnels de santé enfilent des combinaisons de protection dans un centre de traitement d’Ebola à Bunia, capitale de la province de l’Ituri en République démocratique du Congo, le 6 juillet 2026.
    © Xin Huashefa/XINHUA-REA

    (note que l’agence fournissant la photo est Chine nouvelle)

    L’Organisation Mondiale de la Santé a annoncé mercredi que le seuil des 1 000 morts a été franchi dans l’épidémie d’Ebola qui touche la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Derrière le bilan humain dramatique, les ONG dénoncent une réponse internationale insuffisante et alertent sur les conséquences des conflits et du recul de l’aide au développement, qui fragilisent les systèmes de santé.

    Les craintes exprimées il y a une semaine par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et Médecins sans frontières (MSF) se confirment. L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda depuis la mi-mai a franchi un seuil symbolique : l’OMS a annoncé mercredi que le bilan dépassait désormais les 1 000 morts, pour 2 473 cas confirmés.

    L’épidémie est provoquée par le virus Bundibugyo, l’une des six espèces du virus Ebola, identifiée pour la première fois en 2007 dans le district ougandais dont elle porte le nom. Plus de dix ans après la grande épidémie qui avait ravagé l’Afrique de l’Ouest,...

  • L’action contre Barbara Butch était sûrement critiquable (moi même j’ai de gros doutes sur la pertinence du truc), mais je trouve assez cocasse que les personnes qui se disent de gauche (je ne parle pas des droitards qui sont déjà perdus pour l’humanité) et qui n’ont pas de mots assez durs pour qualifier cette action sont aussi les mêmes qui t’expliquent que le boycott ça sert à rien, les manifs non plus et que si tu veux qu’il se passe quelque chose, envoie une lettre à Macron (je n’invente rien, j’ai lu ça sur Mastodon, où ça se tire la bourre pour être le plus anti-LFI de la bande).

    • Tout est dit. Nous avons atteint aujourd’hui le plus bas. Peut-être le moment d’un réveil salutaire ? J’en doute... Quand on accepte de se signer un papier pour s’autoriser à sortir une heure, plus rien ne peut m’étonner.

    • La campagne présidentielle est lancée. Le FN/RN n’est pas antisémite ! La gauche et surtout LFI est antisémite.
      Nous allons atteindre un niveau de SALETE et FOLIE comme JAMAIS.

    • Tu as raison, mais ce n’est pas le fond du problème. Le fond du problème est en partie là :

      L’action contre Barbara Butch était sûrement critiquable (moi même j’ai de gros doutes sur la pertinence du truc)

       : alex est visiblement un gars de gauche et pourtant, image-t-on un mec au moment de l’apartheid, défendre le boycott de ce pays raciste et dénoncer la collaboration, et dire « je suis anti raciste mais les actions fortes de dénonciation, j’ai des doutes dessus... » ?

      Il NE FAUT PAS LES LAISSER nous entrainer dans leurs mensonges : dénoncer l’ignominie ne peut pas être impertinent, même si les formes ne correspondent pas aux canons qu’ils aimeraient qu’on adopte. Quand on va chanter à Sin City on N’EST PAS VICTIME, on encourage l’ignominie, Rod S. le savait et BB le sait, quoi qu’elle dise ou fasse aujourd’hui. On doit rester au dessus du flot de propagande car comme tu dis, ça va durer. Quand en plein génocide tu vas « jouer à l’artiste », tu ne peux pas être victime, même si pourtant toute la presse l’affirme. La vraie gauche doit rester en dehors, laissons les compromissions à toutes les serpillères. Par contre, ceux qui sont censés être des nôtres et qui crient avec la meute ... ne sont en fait pas des nôtres...

    • Je plussoie dix fois @butadai. Je me suis repris 150 fois depuis hier à essayer de répondre à certain·e·s sur mastodon, tout en effaçant mes réponses décidant que ça ne servait à rien de parler à des gens qui n’ont qu’une fenêtre de contexte de seulement 3 minutes dans leurs jugements surplombants.

      Il suffit de constater combien la victime est aujourd’hui reçue partout dans l’officialité, pour signifier combien elle est contre tous les racismes et que bon, dans de telles conditions, qui met en doute ses postures ne peut qu’être raciste... il suffit de constater les tribunes ouvertes et complaisantes pour comprendre de quoi il retourne.

    • Toute action militante est potentiellement critiquable, concernant celle-ci le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle était loin d’être consensuelle (je veux dire parmi les pro-palestinien, s’entend qu’on se fout pas mal de l’avis de celleux dont le sort de Gaza importe peu). Mais peu importe en fait, ce qui m’intéresse ce sont les arguments déployés pour critiquer l’action. J’ai oublié de parler du fait qu’il serait désormais inacceptable d’attenter à la liberté artistique, et là permettez-moi de rire, car commencer à mettre l’ART au dessus de tout, c’est vraiment un truc turbo-bourgeois. Donc s’il vous plaît, n’allez surtout pas perturber les prochains concerts de néo-nazi, et laissez Patrick Bruel tranquille (j’ai aussi vu sur Mastodon des gens disant qu’on n’embêtait jamais Michel Sardou alors pourquoi emmerder Butch... ah ah la bonne blague, quel manque de culture militante quand même, c’est affligeant).

    • « Où étiez-vous ? » : plus d’une centaine de personnalités interpellent les soutiens de Barbara Butch

      https://www.humanite.fr/politique/antisemitisme/ou-etiez-vous-plus-dune-centaine-de-personnalites-interpellent-les-soutiens

      Une tribune d’artistes et de chercheurs dénonce l’essentialisation de Barbara Butch à sa judéité et l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme de la part de ses soutiens. Parmi les signataires, Yoa, Adèle Haenel ou Habibitch.

      L’affaire Barbara Butch ne cesse de diviser les acteurs de la culture. Après la tribune initiée par Jonas Pardo, directeur de l’association Boussole antiraciste, publiée dans Libération et rassemblant près de 300 artistes et universitaires en soutien à la DJ, un autre texte recueillant plus d’une centaine de signatures lui répond.

      Il dénonce une initiative qui « essentialise Barbara Butch à sa judéité et à son lesbianisme » tout en « reprenant l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme, argument phare de la criminalisation du soutien à la Palestine ». Signé par Alain Chabat, Anne Roumanoff ou Romane Bohringer, le texte initial disait voir l’expression des « imaginaires antisémites et LGBTphobes dont l’histoire est ancienne » dans les protestations visant Barbara Butch.

      Des « partis pris conscients et réfléchis »

      Parmi les signataires de cette contre-tribune, figurent la chanteuse Yoa, l’actrice Adèle Haenel, les chorégraphes et danseuses Gisèle Vienne et Habibitch, les drag queens et drag kings Soa de Muse, Emily Tante et Minima Gasté, ainsi que plusieurs chercheurs et réalisateurs palestiniens, dont Rami Al Otaibi ou Nadine Naous.

      Tous défendent le droit de dénoncer les « choix politiques » et les « partis pris idéologiques conscients et réfléchis » de l’artiste, dont le concert a été interrompu à Grenoble le 18 juillet face aux protestations de manifestants lui reprochant la signature d’une tribune en soutien à la loi Yadan, « sans jamais aucun lien avec sa confession religieuse ou son orientation sexuelle », peut-on lire dans cette tribune. « Contrairement à l’extrême droite, en revanche, qui harcèle Barbara Butch depuis sa prestation aux Jeux Olympiques de Paris, que nous avons d’ailleurs soutenue sans relâche face à cette violence - et face à votre silence », poursuivent les signataires.

      Sur le même thème Habibitch, l’artiste queer, racisée... « un peu rien et tout à la fois »

      Ils interpellent d’autre part les signataires de la tribune de Libération concernant leur soutien à la liberté d’expression, un engagement qu’ils jugent à géométrie variable. « C’est bien au nom de cette dernière que la metteuse en scène Tamara Al Saadi, que les musicien.ne.s et artistes Habibitch, Médine, Adam Laloum, Yung Yude, Akim Omiri, les cinéastes dissidents du FID, la comédienne Blanche Gardin, la philosophe Judith Butler et tant d’autres, ont affronté seul.e.s la censure. (...) Où étiez-vous alors ? », s’interrogent-ils. Et de demander : « Auriez-vous signé cette tribune si Barbara Butch (...) défendait à son tour le peuple palestinien ? »

      La tribune  :
      https://framaforms.org/votre-indifference-ne-sauvera-pas-la-palestine-1785246711

  • ’Contre la #présomption de #légitime_défense pour les forces de l’ordre’ : l’Assemblée classe la pétition, qui ne sera donc pas débattue
    https://lcp.fr/actualites/contre-la-presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-l-ordre-l-assemblee

    La commission des lois de l’#Assemblée_nationale qui se penchait, ce mardi 21 juillet au soir, sur la suite à donner à la #pétition « Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » a décidé de la classer, considérant qu’elle n’avait pas vocation à faire l’objet d’un débat dans l’hémicycle. Elle avait recueilli plus de 720.000 signatures sur la plateforme du Palais-Bourbon dédiée aux pétitions citoyennes.

    #pan

    https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334

    Tu te disais à une époque qu’une pétition à 500K signatures, tout de même, ça avait de la gueule. Ça permettait de se compter. Et puis quoi, le Parlement n’allait pas s’asseoir dessus. On allait pouvoir avoir un vrai débat, puis-qu’apparemment, il n’avait pas pu avoir lieu. Et puis... Voilà, même à 2 millions de signatures, tes pétitions, elles sont classées, sans autre effet qu’une réunion en commission.

    https://seenthis.net/messages/1182904#message1182911

  • Pour les insomniaques mais pas qu’elleux. Avec la canicule je m’endors pas avant 7 heure du mat’ et ça tombe bien, c’est l’heure où s’arrête les nuits de france-culture .Une sélection d’archives pour mieux comprendre ce que fut la Guerre d’Espagne (1936-1939). Il y a 90 ans, le 17 juillet 1936, éclatait la Guerre d’Espagne. deuxième partie cette nuit.
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-guerre-d-espagne-1-2
    Les Brigades internationales : une lutte pour la liberté, la démocratie et la paix
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/les-brigades-internationales-une-lutte-pour-la-liberte-la-democratie-et-

    Le 17 juillet 1936, l’Espagne bascule dans la guerre civile après le coup d’État du général Franco. Hommes et femmes venus du monde entier convergent alors vers la péninsule ibérique pour combattre le fascisme. C’est ce que nous raconte « L’histoire en direct » en 1993.

    L’Humanité, 5 portraits de combattantes espagnole républicaine .
    https://www.humanite.fr/serie/combattantes-de-lespagne-republicaine
    Dolores Ibarruri, Lina Odenna, Juana Capdevielle, Lise London, Clara Campoamor
    #Espagne #guerre_d'Espagne #Brigades_internationales

  • Depuis quelques décennies, nous vivons une dystopie politique mais un journaliste du Monde impacté par un biais de mémoire à court terme préfère évoquer une "dystopie climatique".

    « Nous sommes coincés dans une dystopie climatique, un scénario de comédie noire, où le grotesque le dispute à la farce orwellienne »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/12/nous-sommes-coinces-dans-une-dystopie-climatique-un-scenario-de-comedie-noir

    Florilège :

    Le gouvernement Lecornu dépose, le 24 juin, un projet de loi qui doit remettre 700 000 passoires thermiques sur le marché locatif.

    Une semaine plus tard, Matignon dissout le groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains, chargé de piloter plus de 200 projets de recherche destinés à adapter le bâti et les territoires au climat de demain.

    En région, ce sont les conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement, chargés d’aider les particuliers et les collectivités à relever les défis climatiques et environnementaux, qui sont menacés par une réforme de leur financement. Deux d’entre eux ont déjà été liquidés. Quant au fonds vert, destiné à financer l’adaptation des collectivités territoriales, il est amputé des deux tiers.

    Réponse : planter plus d’arbres, bien sûr ! Mais le plan d’Emmanuel Macron pour le renouvellement forestier, lancé en 2022 (« Planter 1 milliard d’arbres en dix ans »), subventionne les coupes rases sur de vieilles forêts diversifiées, et leur remplacement par des quasi-monocultures de résineux, hautement inflammables. Un peu partout en France, de l’argent public contribue à vulnérabiliser les territoires au risque d’incendie.

    On le sait aussi, la complexité des paysages et le bocage sont des puits de carbone en même temps que des éléments de résilience climatique. Sur ce point, l’action de l’exécutif a été couronnée par un doublement du rythme de destruction des haies depuis 2017, avec plus de 20 000 kilomètres de linéaire qui disparaissent chaque année, comme le note le Haut Conseil pour le climat dans son dernier rapport, publié en juillet. La réponse à ce qui est unanimement considéré comme un échec est un décret entré en vigueur en juin : simplifier les autorisations de destruction du bocage.

    Les élevages hors-sol enregistrent des surmortalités parfois considérables depuis le début de la canicule, au point que, dans le Grand Ouest, les équarrisseurs ne peuvent plus faire face. Les lois agricoles successives favorisent depuis deux ans l’ultraconcentration de la production animale, et renforcent non seulement ses émissions mais aussi sa vulnérabilité aux chocs

    Il existe ainsi un large consensus pour dire que l’agroécologie est l’un des leviers d’adaptation de l’agriculture au réchauffement. Or, non seulement l’agriculture biologique n’a pas augmenté ces dernières années, contrairement aux ambitions de la stratégie nationale bas carbone, mais la France est le seul grand pays agricole européen à avoir perdu des surfaces conduites en agriculture biologique. L’Hexagone était le premier pays de l’Union européenne pour ce qui est du nombre d’hectares bio ; il a été devancé par l’Espagne en 2023.

    Devant son incapacité à atteindre les objectifs de la stratégie nationale bas carbone (désormais hors d’atteinte), le gouvernement tient le cap : à Bruxelles, Paris s’oppose à la Commission européenne pour que les aides à l’agriculture biologique ne soient pas inscrites dans la prochaine politique agricole commune. « La stratégie française de développement de la bio n’a pas fonctionné, mais la France semble vouloir y entraîner toute l’Europe », résume la Fédération nationale d’agriculture biologique.L’exécutif n’est, au demeurant, pas isolé dans ce déni de facto du risque climatique. Le Sénat tient la corde. Devant le constat d’une pénurie rampante de la ressource hydrique, ses élus ont ainsi voté sans trembler, le 3 juillet, la destruction pure et simple des principes qui fondent les instances de la démocratie locale de l’eau, au bénéfice de quelques irrigants.

    "Qui aurait pu prédire ?"

    • Je vois pas trop l’allusion entre comédie noire et farce orwellienne mais l’article de S. Foucart est excellent et sa recension fout la trouille surtout quand tu sais qui est aux manettes.

      On voit aujourd’hui la clientèle de certains supermarchés en venir aux mains pour emporter les derniers ventilateurs en rayon : que se passera-t-il quand c’est l’eau qui viendra à manquer ? Il se trouvera alors, sans doute, quelqu’un pour demander : « Qui aurait pu prédire ? » Or l’avenir n’est pas seulement prévisible ; il est en train d’être écrit.

      Après la défaite des fascismes historiques, Orwell prédisait : "Lorsque les fascistes reviendront, ils auront le parapluie bien roulé sous le bras et le chapeau melon" . En ces temps de fascisme climatique, c’est des bob cochonou pour tout le monde et le parapluie n’est que pour les nantis et t’avise pas d’essayer de te glisser dessous. Les mêmes ont voté une loi qui autorise les flics à tirer à vue et il faudra que tu prouves que t’as pas essayé de piquer le parapluie pour obtenir réparation si t’es pas mort. J’arrête par là car je sens que c’est moi qui vais partir dans la fable dystopique.
      https://seenthis.net/messages/1181673
      avec le lieng d’aurelieng en voilà un autre qui est aussi dans l’article de Foucart :
      http://archive.today/2026.07.05-215644/https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/03/projet-de-loi-d-urgence-agricole-le-durcissement-par-le-senat-des-article

    • ¿Quién podría haberlo previsto?
      https://www.elsaltodiario.com/almeria/mayor-incendio-andalucia-deja-momento-once-fallecidos-gallardos-almer

      El devastador incendio forestal declarado en la tarde del jueves en Los Gallardos ha provocado al menos 12 víctimas mortales, varios heridos y cientos de personas desalojadas. Mientras, el Infoca sigue denunciando falta de efectivos y la Junta de Andalucía deja sin utilizar 120 millones de euros para prevenir incendios forestales.

    • « Farce orwellienne » c’est pour le gouvernement qui passe son temps à prétendre qu’il agit, que c’est sa priorité alors qu’il fait tout le contraire et sabote même le peu qui existe. Très bon article, je trouve ça un peu mesquin de prétendre que Foucart ne verrait pas le problème politique alors qu’il ne parle que de cela.

    • Pour les vacances, un conseil lecture :
      Octavia Butler, La parabole du semeur (https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Parabole_du_semeur) et sa suite, La parabole des talents

      Résumé
      En 2024, la société américaine s’est en grande partie effondrée en raison du changement climatique, de l’inégalité croissante des richesses et de la cupidité des entreprises. Lauren Oya Olamina est une adolescente noire de quinze ans atteinte d’hyperempathie, qui a la capacité de ressentir les sensations d’autrui quand elle en est le témoin. Alors qu’elle grandit près de Los Angeles dans les vestiges d’une communauté protégée de la violence et de la sauvagerie par un mur d’enceinte entourant plusieurs maisons, elle commence à développer un nouveau système de croyances, qu’elle appelle « Semence de la Terre ». Anticipant un destin funeste pour elle et ses proches, elle se prépare à survivre toute seule, cherchant à apprendre tout ce qui pourrait plus tard l’aider.

      Peu avant ses dix-huit ans, en juillet 2027, son quartier est attaqué, les maisons sont incendiées, sa famille et quasiment tous les membres de sa communauté sont sauvagement assassinés. Lauren parvient à échapper au massacre et elle rencontre peu après deux survivants, un jeune homme blanc de son âge, ami d’enfance, ainsi qu’une femme noire. En leur compagnie, elle voyage vers le nord, cherchant une terre d’accueil propice à la survie. Lauren pense que le destin de l’humanité est de voyager au-delà de la Terre et de vivre sur d’autres planètes. « Semence de la Terre » est pour elle un moyen de fédérer des personnes afin de se préparer à ce destin. Au fur et à mesure de son voyage, elle rassemble autour d’elle une dizaine d’adeptes et, une fois arrivée le 26 septembre 2027 dans le nord de la Californie, elle fonde la première communauté « Semence de la Terre » dans un endroit qu’ils décident tous d’appeler « Espoir ».

    • un peu dans le même sens que ton conseil de lecture @rumor quoi que je n’ai pas encore pris le temps de regarder ce documentaire en entier. Le monde a besoin de plus de magiciens
      sur Arte.tv.fr | duré 1h30
      https://www.arte.tv/fr/videos/114224-000-A/le-monde-a-besoin-de-plus-de-magiciens

      S’extrayant d’une voiture après un accident, une fillette, étrangement sereine, ramasse une tortue et lui explique avec placidité l’origine et la marche du monde. Voici Moon, 9 ans, petite aventurière à la bouille chiffonnée et à la vive curiosité. Entreprenant une longue errance, elle croise sur son chemin, entre territoires arides, forêts et bâtiments en ruine, d’autres enfants savants et polyglottes, comme cette jeune érudite et son interprète, réfugiées dans une cabane de montagne. S’exprimant avec la sagesse de mille vies, ils se désolent de l’état de la planète dont ils ont hérité. Porteurs de la mémoire d’un passé disparu, ils semblent, avec de rares animaux, les seuls survivants d’un événement apocalyptique lié au changement climatique, qui a détruit les terres mais enrichi leur vision intérieure. Une gravité percée d’insouciance.

      Adaptant librement la pièce Le mot pour dire neige de l’écrivain américain Don DeLillo, le cinéaste expérimental anglais Ben Rivers mêle fiction et documentaire pour signer un poème cinématographique onirique sur la nature de l’existence et la fin du monde. Découpée en chapitres – que la jeune Moon inscrit à la craie sur un tableau –, et alternant la couleur et le noir et blanc, cette fable futuriste à l’énigmatique beauté, réflexion sur le désastre écologique en cours, dégage un charme hypnotique autour de sa communauté d’enfants, vieilles âmes en quête de sens à l’enveloppante douceur.

      Sinon un auteur classique de la SF : James Graham Ballard
      https://fr.wikipedia.org/wiki/J._G._Ballard
      #science_fiction

  • Enfants réunionnais exilés de force dans la Creuse : la loi de réparation (enfin) adoptée par le Parlement - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/politique/assemblee-nationale/enfants-reunionnais-exiles-de-force-dans-la-creuse-la-loi-de-reparation-enf

    Une profonde injustice enfin reconnue. Le Parlement a définitivement adopté, mardi 16 juin avec un dernier vote de l’Assemblée nationale, la proposition de loi de la députée du groupe GDR (communistes et ultramarins), Karine Lebon, de réparation au bénéfice des plus de 2000 mineurs réunionnais arrachés à leurs terres et déplacés vers l’Hexagone entre 1962 et 1984.

    Plus d’un demi-siècle plus tard, c’est en présence d’une délégation de rescapés et d’associations les défendant que le texte de l’élue réunionnaise a été approuvé. Il prévoit notamment la création d’une commission pour la mémoire, l’institution d’une journée nationale d’hommage le 18 février et l’ouverture d’un droit à réparation sous forme d’allocation forfaitaire versée par un fonds mis en place par l’État.

    « Le choix d’ouvrir un droit à réparation n’est pas une consolation mais une reconnaissance nationale, avait expliqué Karine Lebon, lors d’un premier vote en début d’année. Réparer ne signifie pas tourner la page, mais rendre ce qui peut l’être. »

  • « Non au délit de Palestine » : plus de 200 personnalités apportent leur soutien à Rima Hassan, jugée pour apologie du terrorisme - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/en-debat/democratie/non-au-delit-de-palestine-plus-de-200-personnalites-apportent-leur-soutien-

    Le 7 juillet, l’une des voix les plus emblématiques du mouvement de solidarité avec la Palestine, députée européenne d’opposition, comparaîtra devant la justice pour « apologie du terrorisme ». Son crime ? Avoir publié sur le réseau social X une citation rappelant un principe pourtant inscrit au cœur du droit international : le droit des peuples à résister à la colonisation et à l’occupation de leur territoire par une armée étrangère.Au moment même où Gaza est dévastée sous les yeux du monde, où des familles entières sont ensevelies sous les décombres, où la famine est utilisée comme arme de guerre, où les organisations internationales alertent sans relâche sur l’ampleur des crimes commis contre la population civile, un renversement des responsabilités s’est installé dans le débat public.

    #Palestine

  • « Non au délit de Palestine » : plus de 200 personnalités apportent leur soutien à Rima Hassan, jugée pour apologie du terrorisme
    https://www.humanite.fr/en-debat/democratie/non-au-delit-de-palestine-plus-de-200-personnalites-apportent-leur-soutien-

    Le 7 juillet, l’une des voix les plus emblématiques du mouvement de solidarité avec la Palestine, députée européenne d’opposition, comparaîtra devant la justice pour « apologie du terrorisme ». Son crime ? Avoir publié sur le réseau social X une citation rappelant un principe pourtant inscrit au cœur du droit international : le droit des peuples à résister à la colonisation et à l’occupation de leur territoire par une armée étrangère.

    Au moment même où Gaza est dévastée sous les yeux du monde, où des familles entières sont ensevelies sous les décombres, où la famine est utilisée comme arme de guerre, où les organisations internationales alertent sans relâche sur l’ampleur des crimes commis contre la population civile, un renversement des responsabilités s’est installé dans le débat public.

    Ce ne sont ni les auteurs de ces violences ni ceux qui les justifient qui se retrouvent aujourd’hui mis en cause, mais celles et ceux qui élèvent la voix pour demander que cessent les massacres et que soient enfin appliqués les principes les plus élémentaires du droit international.

    Depuis le début du génocide toujours en cours à Gaza, les expressions de solidarité avec le peuple palestinien font l’objet d’une répression croissante : les procédures judiciaires se sont multipliées, les campagnes de dénigrement ont gagné en intensité, des conférences ont été interdites par voie administrative, tandis que des pressions croissantes s’exercent sur les institutions culturelles, universitaires et associatives. Ce qui pouvait d’abord apparaître comme une série d’événements isolés dessine désormais une tendance plus générale.

    D’un bout à l’autre du pays, des milliers de citoyens, d’universitaires, d’artistes, de syndicalistes, de militants ou de simples témoins se heurtent à des formes diverses d’intimidation, de disqualification ou de répression. L’un des signes les plus alarmants de cette dérive apparaît dans le déplacement progressif de législations d’exception, élaborées pour répondre à la menace terroriste, vers le contrôle de paroles et d’engagements qui relèvent pourtant du débat politique, de l’engagement militant ou de la simple conscience civique.

    La finalité de telles procédures ne réside pas seulement dans la sanction d’individus déterminés. Il s’agit également de produire un effet plus durable sur l’ensemble du corps social. En faisant peser sur certaines prises de parole la menace de poursuites judiciaires, ces méthodes contribuent à installer un régime de dissuasion où chacun est invité à mesurer le coût d’un engagement, à anticiper les conséquences d’une solidarité affichée, et parfois à préférer le silence à l’exercice de sa liberté de conscience.

    Le traitement judiciaire, politique et médiatique réservé aujourd’hui à l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan constitue l’une des manifestations les plus significatives de cette dérive. Qu’une élue de la République puisse faire l’objet d’une telle mise en cause pour avoir exprimé des positions politiques relatives à une question internationale majeure révèle l’état de nos libertés publiques. À travers son cas, c’est notre capacité collective à débattre librement, à contester l’ordre établi, à exprimer notre solidarité avec les peuples opprimés et à défendre les principes universels du droit qui se trouve aujourd’hui piétinée.

    La question qui nous est posée dépasse donc largement le cadre de cette procédure et touche à la conception même que nous nous faisons de la démocratie. Voulons-nous d’une société où les désaccords se confrontent dans le cadre du débat contradictoire et de la délibération démocratique ? Ou d’une société où l’arène judiciaire se substitue à l’espace politique pour déterminer quelles opinions peuvent encore être exprimées ?

    Rappelons-le : les libertés publiques n’ont pas été conçues pour protéger les opinions dominantes mais pour garantir le droit d’exprimer des positions contestées, minoritaires ou dérangeantes. Cela constitue la sève même de la démocratie : aucune opinion ne doit être disqualifiée par la contrainte lorsqu’elle peut être combattue par l’argument. Chaque fois qu’une société renonce à cette exigence, elle altère silencieusement les conditions mêmes de sa liberté.

    Cette évolution est d’autant plus alarmante qu’elle intervient dans un moment de bascule historique. Partout en Europe, les forces d’extrême droite poursuivent leur ascension ; en France, leur accession au pouvoir n’apparaît plus comme une hypothèse lointaine mais comme une menace désormais tangible.

    L’histoire nous enseigne que les libertés ne disparaissent jamais d’un seul coup mais s’effacent progressivement, au fil des renoncements accumulés. Les voix qui s’élèvent pour la Palestine en font actuellement l’expérience. Mais qui peut sérieusement croire que cette dynamique s’arrêtera là ?

    Rien ne garantit que, demain, d’autres engagements, d’autres solidarités et d’autres contestations ne soient pas à leur tour frappés du même soupçon. Les projets de durcissement législatif déjà annoncés, à commencer par la loi Yadan, ne font que confirmer cette trajectoire.

    Face à cela, notre responsabilité est à la fois politique et historique. De Paris à Londres, de Gênes aux campus américains, partout se lèvent de nouvelles générations qui, en exprimant leur solidarité avec la Palestine, ravivent le flambeau d’une longue histoire de combats pour la justice, la liberté et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’histoire n’est pas façonnée seulement par la force des puissants mais aussi par la persévérance de celles et ceux qui, contre les vents contraires de leur époque, ont su maintenir vivante l’exigence de justice et de dignité.

    C’est de cette fidélité que nous nous réclamons aujourd’hui. La fidélité aux libertés et aux principes démocratiques que d’autres ont conquis avant nous et dont nous disposons aujourd’hui. Notre responsabilité est désormais de nous montrer dignes de cet héritage et de le transmettre intact à celles et ceux qui viendront après nous.

    • 🇵🇸 Tribune : le délit de Palestine

      « Plus de 210 personnalités issues du monde de la culture, de la politique et de la société civile, en France et à l’international, m’apportent leur soutien à la veille de mon procès, ce mardi 7 juillet. Il s’agit de la 22ᵉ procédure engagée contre moi en raison de mes opinions et positions politiques en lien avec mon mandat d’élue.

      Ensemble, elles dénoncent la répression de la solidarité avec la Palestine en France et alertent sur le glissement de l’État de droit et le rétrécissement de nos libertés fondamentales.

      Parmi elles figurent notamment Christiane Taubira, Xavier Dolan, Annie Ernaux, Virginie Despentes, Guillaume Meurice, Ilhan Omar, Camille Étienne, Judith Butler, Roger Waters, Benjamin Biolay, Anna Mouglalis, Mohammed El-Kurd, Yanis Varoufakis, Pomme ou encore Rokhaya Diallo. » Rima Hassan

      https://x.com/RimaHas/status/2073797593730072698

  • Deux nouvelles plaintes déposées contre Patrick Bruel pour viols et une troisième pour agression sexuelle sur mineure, révèle Mediapart - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/societe/agressions-sexuelles/deux-nouvelles-plaintes-deposees-contre-patrick-bruel-pour-viols-et-une-tro

    Les témoignages continuent d’affluer contre Patrick Bruel. Selon les informations de Mediapart, trois nouvelles plaintes ont été déposées les 25 juin et 1er juillet contre le chanteur auprès du doyen des juges d’instruction de Nanterre (Hauts-de-Seine) et du 1er district de police judiciaire de Paris.

    Les plaignantes dénoncent, pour deux d’entre elles, des viols qui auraient eu lieu en 2000 et 2014, et, pour la troisième, une agression sexuelle alors qu’elle était mineure, en 1992.
    Patrick Bruel continue de nier

    En 2014, Stéphanie (le prénom a été modifié) aurait été violée en marge d’un événement international de poker. Patrick Bruel – grand joueur de poker – lui aurait proposé de venir « assister comme spectatrice à une partie privée ». Maja (le prénom a été modifié) dénonce, elle, une agression sexuelle alors qu’elle était mineure. Elle a été auditionnée le 5 juin, puis a décidé de porter plainte le 1er juillet.

    À la fin d’un match de tennis, l’artiste serait venu engager la conversation et lui aurait demandé son âge. « Il me répond : Ah, t’as 15 ans, j’ai jamais fait ça avec une fille de 15 ans, a-t-elle affirmé à Mediapart. Là, j’hallucine. Je n’avais encore jamais embrassé de garçon. Mais je suis intimidée, je ne dis rien. »

    La troisième plaignante, Jeanne (le prénom a été modifié), dénonce un viol puis une tentative de viol qui auraient eu lieu durant les années 2000. Grande fan du chanteur, elle avait fait sa connaissance en 1991, alors qu’elle avait 15 ans, aux Victoires de la musique, où elle était en sortie scolaire. Elle dénonce « un viol » qui serait survenu chez lui, alors qu’elle assure avoir exprimé qu’elle n’avait « pas du tout envie » ; puis, à une autre occasion, « une tentative de viol ».

    Sollicité jeudi 2 juillet par les journalistes de Mediapart, le chanteur a fait savoir, par l’intermédiaire de ses avocats, Fanny Colin, Céline Lasek et Christophe Ingrain, qu’il répondrait à ces « accusations fausses » dans « le seul cadre pertinent et adapté : la justice si elle est saisie de ces faits ». « Seule l’autorité judiciaire est aujourd’hui à même d’établir les faits, dans une affaire constamment polluée par le bruit médiatique », estiment ses conseils.

  • Colonisation israélienne : un nouveau rapport révèle des violences sexuelles « systématisées » contre les Palestiniens
    Publié le 30 juin 2026 – Elisabeth Fleury - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/feminisme/7-octobre-un-an-apres/colonisation-israelienne-un-nouveau-rapport-revele-des-violences-sexuelles-

    La prison de Sde Teiman est réputée pour les tortures et les violences sexuelles infligées aux détenus palestiniens.
    © Lucien Lung / Riva Press

    Un travail de recherche de plusieurs mois, conduit entre décembre 2025 et avril 2026, mené conjointement par un collectif de femmes palestiniennes (Palestinian Feminist Collective) et l’ONG Progressive International. À partir de témoignages difficiles à obtenir, de données israéliennes déclassifiées, de vidéos tournées par les soldats eux-mêmes. Mais aussi de travaux d’ONG et de rapports d’experts internationaux.

    À la fin, un rapport de 180 pages intitulé « Un État prédateur », qu’on parcourt en apnée, en retenant ses larmes et sa colère. L’illustration, documentée et détaillée, d’une des composantes maîtresses de la colonisation israélienne depuis 1948 : « La systématisation des crimes sexuels dans le but de détruire le peuple palestinien », résume le rapport. En l’attaquant au plus profond de son intimité. (...)

  • Effets des éoliennes en mer sur la biodiversité : ce qu’en pensent les scientifiques | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/effets-des-eoliennes-en-mer-sur-la-biodiversite-ce-quen-pensent-les-sci

    L’Ifremer et le CNRS publient les résultats d’une expertise scientifique menée pendant plus de deux ans autour des éoliennes en mer et de leur impact sur l’écosystème marin.

    1. 411 articles scientifiques étudiés à la loupe
    Quelles conséquences le développement de l’éolien en mer, qui compte de nombreux parcs installés et à venir sur les côtes bretonnes, a-t-il sur la biodiversité marine ? Le sujet suscite bien souvent la polémique et ce n’est pas près de s’arrêter alors qu’une cinquantaine de parcs seront érigés d’ici à 2050, couvrant 20% de la consommation électrique française, rappelle François Houllier, p-dg de l’Ifremer. Afin d’éclairer la décision publique, le gouvernement a commandé une étude fouillée. Conduite par l’Ifremer et le CNRS, l’expertise scientifique a été réalisée entre janvier 2024 et aujourd’hui par un collectif pluridisciplinaire de chercheurs issus de 13 établissements publics de recherche français et belges. Il s’agit de la première analyse aussi détaillée au monde. Ces derniers ont identifié plus de 4 500 publications scientifiques et retenu 411 articles. Rendue publique ce lundi 29 juin dans une forme synthétique (le rapport de référence sera publié à la rentrée prochaine), l’étude analyse dix pressions exercées par les parcs éoliens en mer susceptibles d’affecter la biodiversité. « Il ne s’agit pas de recommandations mais d’éclairages scientifiques », souligne Thierry Dauxois, p-dg du CNRS, rappelant que l’objectif de ce travail n’est pas de donner un avis.

    2. Mortelles migrations nocturnes pour les oiseaux
    Les éoliennes en mer constituent un obstacle physique au déplacement d’espèces mobiles, en particulier les oiseaux marins, les oiseaux migrateurs terrestres et certaines chauves-souris. Certaines d’entre elles modifient ainsi leurs trajectoires pour éviter les parcs, ce qui rallonge leurs déplacements ou réduit l’accès à certaines zones d’alimentation ou de repos, relèvent les chercheurs. Autre risque : la collision avec les pales, qui entraîne leur mortalité, notamment chez les goélands.

    3. Nouveaux habitats et chaîne alimentaire modifiée
    Avec l’implantation d’éoliennes en mer, les fondations et les enrochements créent de nouveaux habitats sous-marins susceptibles de favoriser l’installation de certaines espèces. C’est ce qu’on appelle l’effet « récif ». Les structures immergées sont notamment colonisées en forte densité par des moules, des balanes ou des petits crustacés. La présence d’organismes sur ces structures artificielles entraîne des changements dans les chaînes alimentaires. Plusieurs études rapportent une augmentation locale de l’abondance et parfois de la taille moyenne des cabillauds ou des plies.

    *4. Pertes auditives chez les marsouins communs.
    Lors de la construction des parcs, les opérations de battage de pieux menées pour installer des fondations produisent des sons de forte intensité, se propageant sur plusieurs dizaines de kilomètres sous l’eau. Les études portent particulièrement sur le marsouin commun avec des comportements d’évitement à grande distance des zones de travaux, ainsi que des phénomènes de masquage acoustique et des pertes auditives temporaires. Chez les poissons, les études décrivent surtout des réactions de stress ou des modifications temporaires du comportement. Des tentatives d’atténuation des effets sont parfois opérées : rideaux de bulle pour atténuer la propagation du son sous l’eau, montée progressive de la puissance sonore, arrêt temporaire des turbines pendant certaines périodes de migration…

    *5. Des études à approfondir.
    Si les études sont nombreuses, ce travail scientifique présente des lacunes, avec des effets peu étudiés sur les émissions chimiques, la lumière artificielle ou l’introduction d’espèces non indigènes. « La littérature scientifique présente trois limites », indique Cédric Bacher. Le co-pilote de l’expertise pour l’Ifremer liste les effets cumulés lorsque les pressions interagissent entre elles, le manque de connaissances au-delà des modèles d’éoliennes posés en Mer du Nord (différents de ceux installés en France), et les conséquences lors des phases de démantèlement des parcs (seuls trois exemples dans le monde). « Il est aussi important de dépasser les frontières des groupes biologiques et aller voir au-delà des parcs, avec les autres activités en mer », ajoute son homologue au CNRS Nathalie Niquil. Autant de pistes à approfondir pour de nouveaux travaux scientifiques.

  • « Avec cette loi, on fait passer un message aux policiers qui pouvaient douter au moment de tirer : on leur dit qu’il n’y a plus à hésiter » - FLAGRANT DENI
    https://www.flagrant-deni.fr/avec-cette-loi-on-fait-passer-un-message-aux-policiers-qui-pouvaient-d

    Au milieu de l’agenda parlementaire discuté ces derniers mois, une proposition de loi voulait instaurer une présomption de légitime défense pour les policiers. Récemment retoquée, elle risque de revenir à l’agenda parlementaire dans les prochains mois. Les défenseurs des droits humains alertent sur les effets catastrophiques d’un blanc-seing donné aux forces de l’ordre.

    La police dispose-t-elle d’un permis de tuer grâce à la loi ? Flagrant Déni livre dans ce dossier des éléments nouveaux, avec la publication d’une instruction tenue secrète, et donne la parole aux collectifs qui dénoncent un « racisme institutionnalisé ».

    https://www.flagrant-deni.fr/l435-1-permis-de-tuer
    https://basta.media/49-personnes-tuees-pintervention-police-en-2025-violences-policieres
    #flagrant_déni #permis_de_tuer #assemblée_nationale_française #lois_répressives #police