Pour Houria Bouteldja, lettre ouverte à Serge Halimi

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  • [infokiosques.net] - Bouteldja, « une sœur » qui vous veut du bien
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    J’ai écrit la majeure partie de ce texte il y a un an à la sortie du livre d’Houria Bouteldja Les Blancs, les Juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire. Je n’ai pas souhaité le rendre public pour ne pas servir la stratégie promotionnelle de son auteure : plus on en parle, plus elle existe médiatiquement. Ce qui me décide aujourd’hui à le faire, c’est la publication dans Le Monde (19 juin 2017) d’une tribune en soutien à Houria Bouteldja signée par vingt intellectuel.le.s qui saluent « son courage d’évoquer le combat quotidien des femmes racisées et la lutte des féministes décoloniales » et son « refus résolu et pour jamais de verser dans l’#essentialisme de l’homme indigène ». C’est justement tout le contraire que fait Houria Bouteldja dans son livre, en particulier dans le chapitre Nous les femmes indigènes. Pourtant, une critique féministe proposée par Mélusine dans un texte lumineux intitulé « Bouteldja, ses "sœurs" et nous » l’a déjà très bien démontré. Largement relayé et approuvé sur les réseaux sociaux, ce texte n’a pu leur échapper. Pourquoi les critiques de femmes racisées, comme celles de Mélusine, ont-elles été volontairement occultées ? En insinuant qu’Houria Bouteldja est féministe, cette tribune est une offense à toutes les femmes racisées qui luttent au quotidien contre les violences sexistes. C’est pour cette raison que j’ai souhaité partager mes notes de lecture critiques du chapitre Nous les femmes indigènes, pour rappeler que le projet de Bouteldja pour « ses sœurs » est sexiste et d’une violence inouïe et que, dans son livre, les hommes « indigènes » [1] sont essentialisés, leur subjectivité et leur complexité sont complètement annihilées.

    #féminisme #racisme