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  • Les voitures électriques déforestent et augmentent les émissions carbone en Indonésie

    Walhi, la plus influente ONG environnementale indonésienne, demande à #Tesla de suspendre son projet d’investissement dans l’extraction de #nickel, destiné aux batteries de ses voitures électriques. Elle explique dans “Tempo” pourquoi l’extraction de ce #minerai, très polluant, n’est pas l’avenir de l’#énergie_verte.

    "Notre préoccupation se fonde sur des conclusions d’études prouvant que l’industrie du nickel et sa chaîne d’approvisionnement ont causé des dommages environnementaux à grande échelle, ont marginalisé des #peuples_autochtones et ont violé la loi." Tel est le communiqué que l’ONG environnementale indonésienne Walhi a envoyé à Telsa et a fait suivre à l’hebdomadaire indonésien Tempo, début août.

    Le gouvernement indonésien a en effet annoncé que la société détenue par Elon Musk souhaite investir sur l’île de #Java dans l’extraction de nickel, minerai qui permet le stockage d’#énergie dans les #batteries_électriques, dont dépendent ses voitures.

    Ce #minerai semble porter l’avenir de l’#industrie_automobile, selon l’Agence internationale de l’énergie. « Dans le scénario des engagements zéro émission nette de carbone, 60 nouvelles mines de nickel seront requises d’ici à 2030 », indique le document cité par Tempo.

    Alors qu’une partie importante de l’exportation de nickel russe est bloquée par la guerre, les constructeurs automobiles mondiaux se ruent vers d’autres pays. Or l’Indonésie possède près de 40 % des réserves mondiales de nickel de classe II. Seulement, ce dernier, en plus de son #extraction, nécessite une #transformation lourde et coûteuse pour être exploitable dans les batteries.

    Rere Christianto, directeur de campagne de Walhi sur les questions minières et énergétiques, a déclaré au magazine que, "sur les 900 000 hectares de zones d’extraction du nickel, 673 000 sont situées dans des zones forestières de l’archipel".

    Le militant écologiste souligne aussi le problème des émissions carbone : l’industrie de traitement du nickel utilise encore le #charbon comme combustible dans les #fonderies. "Il faut recalculer si les émissions de gaz à effet de serre des véhicules électriques sont inférieures ou supérieures aux véhicules conventionnels lorsque les facteurs de déforestation ou d’utilisation d’énergie sale sont pris en compte." Il poursuit :

    "Ne laissons pas les efforts de #décarbonation de certains pays conduire à une augmentation des émissions de gaz à effet de serre en Indonésie et à la violation des droits des communautés autochtones sur leurs terres ancestrales." Voeu pieux

    Selon Tempo, le directeur exécutif de l’Institut pour la réforme des services essentiels, Fabby Tumiwa, reconnaît que l’extraction du nickel a un impact environnemental énorme. Mais de nombreux constructeurs automobiles ont déclaré qu’ils n’achèteraient que du nickel provenant d’exploitations minières durables.

    "L’#exploitation_minière_durable a été introduite depuis longtemps via l’association #Initiative_for_Responsible_Mining_Assurance. Ses membres sont des industriels, des consommateurs et des organisations de la société civile. Tesla s’est également joint à cette initiative", affirme-t-il.

    https://www.courrierinternational.com/article/pollution-les-voitures-electriques-deforestent-et-augmentent-

    #pollution #déforestation #forêt #voitures_électriques #CO2 #émissions #extractivisme #batteries

  • Au #Mali, des terres rendues incultivables par le “fléau chinois”

    Des populations rurales maliennes dénoncent l’#exploitation de #sites_aurifères par des sociétés chinoises qui dégradent leurs terres agricoles. Face au silence des autorités, ces populations s’organisent, rapporte le site “Sahélien”. Ce cas malien illustre un phénomène plus large en Afrique, celui de l’accaparement de #terres_arables par des entreprises internationales.

    Dans le champ de Bourama Konaté, c’est l’inquiétude qui se lit sur son visage. À peine après avoir mis en terre quelques semences de #coton, ce jeune cultivateur voit déjà une saison incertaine. “Nous avons commencé à semer le coton ici, mais cette année, nous ne sommes pas assez rassurés. Chaque année, nous travaillons dans la joie et la quiétude mais, cette fois-ci, c’est tout le contraire. Les Chinois sont venus et nos terres agricoles leur sont octroyées pour qu’ils les exploitent, et cela nous rend triste”, déplore-t-il.

    Dans cette commune située à plus de 80 kilomètres de Bamako, l’agriculture est la principale activité économique des habitants. Comme Bourama, Dramane Keita est au bout du désespoir.

    Même avec les premières pluies, il n’a rien semé dans le bas-fond en passe de devenir un site minier. “Nous les avons suppliés de ne pas creuser ces terres, car s’ils le font, […] nous ne pourrons même plus cultiver du #maïs sur ces parcelles parce que l’#eau va stagner et l’on ne pourra non plus cultiver du #riz ici. Déjà cette année, nous n’avons pas pu cultiver du riz. Jusqu’à présent, je n’ai rien fait dans mon champ, alors qu’on est bien dans l’hivernage. Regardez par ici, ce n’est pas encore labouré”, explique-t-il.

    Et de poursuivre : “C’est notre année qui est fichue comme ça. Que le gouvernement nous vienne en aide. Ça me fait tellement mal, je n’ai nulle part où me plaindre. Ils ont emprisonné mon grand frère et tout est gâché chez moi. […] On est trop fatigués.”

    Terres rendues incultivables

    Remontés contre les autorités communales, des jeunes venus des quatre villages touchés par ce qu’ils appellent le “#fléau_chinois” manifestent pour demander l’arrêt des activités minières sur leurs terres. “Nous, la jeunesse, sommes mobilisés et ne comptons plus nous arrêter. On veut qu’ils partent de notre commune, on n’aime pas leur travail. On ne veut pas de polémique ni rien. On ne souhaite pas faire de violences, mais s’ils poussent le bouchon un peu loin, on va rebondir”, affirme Bakary Keïta, un manifestant.

    Fatoumata Traoré, la représentante des femmes, abonde dans le même sens : “Que ce soit nos bas-fonds ou autres parcelles dédiées aux travaux des femmes, tout a été détruit. On n’a plus où cultiver. Ce qu’ils nous ont causé est invivable. Et nos âmes y resteront s’il le faut. Car le seul endroit qui nous reste est aussi dans leur viseur. Nos champs d’orangers, de manguiers ont tous été confisqués. Si tu veux tuer une famille, il faut lui retirer sa terre agricole.”

    Tout a commencé le 24 juillet 2021 lorsque la société [chinoise] #Yi_Yuan_Mines a signé un projet de convention avec le chef du village de #Naréna demandant l’autorisation d’exploiter certains sites en contrepartie de projets de développement dans la commune. “Je pense que c’est des oppositions gratuites. Les permis ont leur valeur. Ce sont des #permis qui sont en bonne et due forme. Il y a un modus vivendi entre les propriétaires terriens et les Chinois quand ils faisaient de la recherche. Ils étaient d’accord pour ça. […] J’ai les écrits des quatre propriétaires terriens et ceux du chef des conseils de Naréna, où tout le monde dit qu’il est d’accord. Alors, qu’est-ce que vous voulez que je fasse ?” répond Nambala Daouda Keita, maire de Naréna.

    À la tête de l’association #Sikida_Lakana, Broulaye Coulibaly indique avoir alerté les autorités locales face aux dangers de l’#exploitation_aurifère. “J’ai appris qu’ils ont commencé à creuser sur un site (#Djolibani) et je m’y suis rendu. Par la suite, j’ai informé le chef du village en lui disant d’y faire un tour pour constater les dégâts. Car, s’ils continuent cette activité, ils nous chasseront d’ici. Sans avoir une suite, j’ai entamé la même démarche chez le sous-préfet, à qui j’ai recommandé l’arrêt des activités pour qu’on discute entre nous d’abord. Ce dernier m’a fait savoir qu’il ne peut pas ordonner l’arrêt des travaux et que je pouvais également leur demander de l’argent s’il arrivait qu’ils aient besoin de mon champ.”

    Accords au sommet, désaccords à la base

    Pour la société Yi Yuan Mines, ce bras de fer ne devrait pas avoir lieu. “La réalité, c’est l’État malien qui a donné le permis à travers le #ministère_des_Mines. Il est dit que l’État est propriétaire de la terre. Alors que les villageois pensent tout à fait le contraire, ils estiment être les propriétaires de la terre. Il n’y a pas de paradoxe parce que ce n’est pas le #permis_de_recherche qu’on a mais un #permis_d’exploitation. Et ç’a été diffusé partout. Mais malgré tout, ils s’opposent”, affirme Boubacar Abdoulaye Diarra, représentant de l’entreprise chinoise.

    Pour ce qui concerne les dégâts causés sur la #biodiversité, Boubacar Abdoulaye Diarra répond : “Le plus souvent, les #orpailleurs traditionnels utilisent des ‘cracheurs’ sur le terrain. Ça, c’est pour broyer la matière. En le faisant, ils sont obligés d’apporter sur le terrain les produits qu’il faut, pour essayer de concentrer un peu l’or, et c’est là où il y a dégâts. Lorsqu’ils utilisent ces produits avec de l’eau, il y a toujours ruissellement, et puisque c’est un produit toxique, ça joue sur la nature. […] Mais les produits que nous utilisons ne vont pas dans la nature.”

    En août 2021, le procès-verbal de constat réalisé par un huissier ainsi qu’un autre rapport de la Direction nationale de l’assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances (DNACPN) indiquent que ces activités, sans études environnementales au préalable, nuisent à l’écosystème.

    Il a donc été recommandé à la sous-préfecture la suspension des travaux pour permettre à ces sociétés de se conformer aux normes requises à travers l’obtention d’un permis environnemental et social, d’un permis d’exploitation de l’or et le paiement des infractions commises.

    C’est le 7 avril 2022, soit un an après la signature du projet de convention d’exploitation, que la société Yi Yuan a obtenu le permis d’exploitation délivré par le ministère des Mines, de l’’Énergie et de l’Eau pour exploiter une superficie de 100 kilomètres. Un permis qui ravive les tensions et les craintes liées à l’#impact_environnemental.

    Sursaut de la société civile

    Face à la dégradation des terres et pour venir en aide aux habitants, une organisation non gouvernementale procède au remblai des fosses d’anciens sites miniers, au reboisement et au curage des rivières.

    Mais aujourd’hui la nouvelle situation n’arrange pas les choses. “Cela impacte également notre projet de #barrage prévu à Lankalen. Ce projet a été annulé à cause des travaux des Chinois. Car les lieux sont proches l’un de l’autre. Ce qui impacte les activités, précisément les cours d’eau. Lorsqu’on analyse, il était impossible de pêcher cette année dans ces rivières, ni d’entretenir les plantes à cause des eaux de ruissellement issues des sites”, souligne Moustapha Berthé, agent de l’ONG Azhar.

    Sur place, la tension était vive le mardi 14 juin 2022. Ce jour-là, une rencontre entre les autorités régionales, communales et coutumières a eu lieu à la mairie de Naréna pour un retour au calme. “Les autorités locales de Kangaba ne cessent de signaler une agitation sociale au niveau de Naréna, précisément dans le village de #Bayan, où une société chinoise du nom de #Yi_Yuan, en partenariat avec des Maliens, s’installe après l’obtention bien sûr d’un permis d’exploitation. Alors par suite de déficit communicationnel, les populations locales ont tenu à montrer leur mécontentement”, a déclaré le colonel Lamine Kapory Sanogo, gouverneur de la région de Koulikoro, à la fin de la rencontre.

    https://www.courrierinternational.com/article/enquete-au-mali-des-terres-rendues-incultivables-par-le-fleau

    #Chine #Chinafrique #accaparement_des_terres #terres #or #extractivisme #terres_agricoles #résistance #mine #mines #orpaillage

  • En Bretagne, « c’est devenu impossible de se loger, on nous pousse dehors »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/07/14/en-bretagne-c-est-devenu-impossible-de-se-loger-on-nous-pousse-dehors_613472


    LOUISE QUIGNON / HANS LUCAS POUR « LE MONDE »

    Hausse brutale des prix, augmentation des résidences secondaires et des locations de de type Airbnb : c’est le cocktail qui a plongé des locaux dans des situations de logement précaire, les obligeant parfois à partir.

    L’hiver, lorsque le calme revient sur Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), Audrey (le prénom a été changé) aime se balader de village en village. Sa voix s’enraye quand elle évoque « toutes ces maisons vides aux volets fermés », des résidences secondaires désertées par leurs propriétaires pendant la morne saison. Voilà quatre ans que cette habitante du Palais et son mari cherchent en vain un logement sur cette île bretonne de près de 5 500 habitants. « Je veux juste vivre où je suis née, alors je m’accroche comme une bernique », confie la jeune femme de 26 ans, contrainte de s’installer chez son beau-père, faute de logements abordables et disponibles.

    A Belle-Ile comme ailleurs en Bretagne, la crise sanitaire a accéléré celle de l’immobilier. En 2021, les prix ont augmenté de 15 % dans le Morbihan, département le plus touché de la région Bretagne. En cinq ans, ils ont flambé de 38 %, maisons et appartements neufs et anciens confondus, selon le baromètre de l’immobilier publié par Notaire et Breton, jeudi 7 juillet. « C’est le département de Bretagne qui a le plus de résidences secondaires, avec un taux de 18 % », souligne Nil Caouissin, professeur d’histoire-géographie, auteur du Manifeste pour un statut de résident en Bretagne (Presses populaires de Bretagne, 2021). A Belle-Ile, ce chiffre atteint les 60 % ; il frôle les 80 % à Arzon et dépasse les 70 % à Quiberon, ville de France la plus recherchée sur Airbnb.

    Conséquence, de nombreux locaux sont confrontés à des situations de logement précaire, voire insalubre, poussant certains à quitter leur territoire. « Pour des gens lambda, comme nous, c’est devenu impossible de se loger, on nous pousse dehors », résume Audrey, qui a recensé plus de 700 annonces sur Airbnb pour la saison estivale, « alors qu’on ne trouve rien à l’année ». En deux mois d’été, les propriétaires gagnent en moyenne deux fois plus que s’ils louaient à l’année.


    Elise, 30 ans, contractuelle dans la fonction publique devant son logement, à Pluneret (Morbihan), le 29 juin 2022.
    LOUISE QUIGNON / HANS LUCAS POUR « LE MONDE »

    « On n’a pas le pouvoir d’achat pour rivaliser avec les retraités qui veulent se mettre au vert et les télétravailleurs bien lotis », abonde Etienne, 26 ans, qui cumule trois heures de route par jour pour rejoindre son lieu de travail, dans le Finistère. Après des mois de recherche, Etienne et Elise ont dû repenser leur projet immobilier en Centre-Bretagne, « dans des endroits aujourd’hui saturés de demandes, considérés comme indésirables il y a quelques années », souligne la femme de 29 ans, vacataire dans la fonction publique, comme son compagnon.

    Elise reconnaît une forme d’« obsession » liée à cette recherche de logement. Sur son ordinateur, elle consigne « les annonces les plus indécentes » : « Un propriétaire qui loue son garage, un terrain non constructible à 45 000 euros l’hectare, le studio d’une vingtaine de mètres carrés à 640 euros. »

    #paywall

    • Et donc, plus possible de trouver de la main d’oeuvre, par exemple pour travailler dans les hôtels, les restaurants, les supermarchés . . . .
      Ca permettra aux journalistes de crier haro sur ces salarié.e.s qui ne veulent plus travailler.
      Ils ne peuvent plus travailler, tous simplement.

    • la suite :

      Si elle tente aujourd’hui d’en rire, la jeune femme décrit «  l’état de stress  » , «  les cauchemars  » et «  les pleurs  » . «  Mon boulot était en jeu, j’avais signé un contrat, j’ai dû annoncer la veille de la rentrée que je ne pourrai pas travailler avec eux, car nous n’avions pas trouvé de logement  » , se rappelle Elise.

      Tous les deux au smic, Elise et Etienne ont fini par trouver une maison délabrée à Saint-Barthélémy pour 140 000  euros. «  On récupère les rebuts, les ruines, les bords de route  » , poursuit la jeune femme. «  En plus des belles maisons, les personnes avec des moyens s’offrent un cadre de vie sain, quand nous, on risque de crever d’un cancer à 60 ans  » , ajoute Etienne, après avoir visité de nombreuses habitations «  au milieu des champs de monocultures pleins de pesticides  » .

      En arrivant à Belle-Ile, en 2017, après l’embauche de son compagnon, Oriane Pantani a vécu plusieurs mois dans un bungalow avec leurs trois enfants, dont un nouveau-né. Leur second logement, une maison louée 1 000 euros par mois, s’est révélé tout aussi précaire : «  Il pleuvait dans les chambres, et mon fils a fait de l’asthme à cause des champignons.  »

      Dix mois de l’année, Jimmy Faure, 47 ans, occupe une coquette maison ornée d’hortensias fuchsia dans la commune de Locmaria, à Belle-Ile. Durant l’été, l’entrepreneur dans le bâtiment est contraint de vivre au camping, laissant la place à sa propriétaire, de passage pour les vacances. «  J’organise ma vie pour tout déplacer  » , précise le père de famille séparé, posté devant son «  potager à roulettes  » , qu’il emporte avec lui au camping, où il accueille ses deux enfants l’été. Deux mois à 1 600  euros, sans eau, sans électricité.

      «  Mentalité de colons  »

      Vivant de gîte en gîte depuis des mois, Karène Lerner, 48 ans, a dû quitter son dernier logement fin juin. «  Je payais 620 euros par mois, c’est le prix auquel le gîte est désormais loué à la semaine  » , précise la mère de famille au chômage, installée en Bretagne depuis cet hiver, avec l’ambition d’ouvrir une écurie. Grâce à un article publié dans une gazette du coin, Karène s’est vue proposer un logement dans un local agricole, à Languidic. Une solution qu’elle espère temporaire  : «  Ma fille cadette s’installe avec moi à la rentrée.  » En attendant, elle stocke «  quarante-huit ans de vie dans un poulailler  » , gardant, dans sa voiture, les objets de première nécessité, alors que ses deux chevaux vivent sur un terrain prêté par une connaissance.

      Parfois, le départ constitue la seule option. Originaire de Belle-Ile depuis des générations, Tatiana Féchant, 45 ans, a quitté le caillou en 2021, emmenant son père et sa fille cadette, Thaïs. «  Après des années en HLM,j’avais envie de devenir propriétaire, de laisser quelque chose à mes enfants  » , confie cette mère de trois filles. Les prix étant devenus inabordables pour son salaire d’aide-soignante, elle s’est installée à Guern, près de Pontivy.

      « En ayant vécu toute ma vie à Belle-Ile, je sais de quoi je la prive, mais l’évolution de l’île ne me convenait plus » , rapporte Mme  Féchant, évoquant l’arrivée massive de néoinsulaires. Elise décrit aussi «  la mentalité de colons  » de certains résidents secondaires  : «  En venant dépenser leur argent ici, ils pensent apporter leurs bienfaits, à nous, les ploucs.  » Cette crise du logement souligne avec acuité une reconfiguration sociale qui charrie son lot de tensions.

      Samedi 2 juillet, deux mondes se font face à Quiberon. A l’initiative du collectif Dispac’h, des tentes Quechua ont été installées sur l’immense plage de la station balnéaire, alors que l’artère principale déverse son flot de touristes. «  La Bretagne n’est pas à vendre  » , «  Camping pour locaux  », «  La Bretagne n’est pas une résidence secondaire  » , peut-on lire sur les pancartes du rassemblement.

      Déplorant «  un manque de courage politique  » et «  une inaction des élus  » , les différents collectifs réclament en urgence l’intégration de la Bretagne en «  zone tendue  » . Jusqu’ici réservée aux grandes agglomérations, cette catégorisation décidée par l’Etat permet notamment aux maires de plafonner les loyers ou d’augmenter la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Selon le collectif Dispac’h, si plusieurs communes se disent intéressées par ce dispositif, aucune n’en a fait la demande.

      Lors de la dernière session du conseil régional de Bretagne, le président de la région, Loïg Chesnais-Girard (divers gauche), a réclamé au nouveau gouvernement des outils pour mieux réguler les locations de courte durée. «  Nous voulons donner la capacité aux maires d’acquérir des biens pour ensuite loger leurs administrés  » , détaille M. Chesnais-Girard. Jimmy Pahun député (Ensemble  !) du Morbihan, défend, lui, le comblement des «  dents creuses  », des parcelles vides situées entre deux bâtiments construits dans un même hameau.

      «  Les seules mesures proposées consistent à construire de nouveaux logements, mais c’est une aberration écologique de défendre l’artificialisation des sols , selon Ewan Thébaud, porte-parole de Dispac’h.  Les élus ont tout à gagner en dynamisant leurs communes à l’année  » . Sinon, la pénurie de logements pourrait se transformer en pénurie de bras. «  Il ne faudra pas s’étonner quand l’île sera vide, que les bars seront fermés l’hiver, que les infirmières devront quitter l’hôpital  » , s’alarme Audrey, craignant que les volets fermés soient un jour aussi les siens.

      #logement #inégalités #précarité #pression_immobilière #propriété #résidences_secondaires #vacance

    • Nouveau défi quand on organise ses quelques vacances : en plus de ne pas trop polluer en voyageant (pas d’avion au max, train ou voiture bien remplie) : ne pas participer à la spéculation immobilière en arrêtant de prendre une semaine en AirBnb…

      Et là c’est bien compliqué car ya plus que ça d’abordable partout, une semaine en hotel ou chambre d’hôte c’est bien bien plus (d’autant plus pour 4).

      #immobilier #spéculation_immobilière #loyer #tourisme #Bretagne (mais partout pareil)

    • Oui et non, car le problème de AirBnb c’est pas juste l’intermédiaire, c’est que le système complet pousse (plus encore qu’avant) à utiliser des millions de logements uniquement pour faire de la location touristique, et non pas juste louer son propre logement où on habite quand on part soi-même ailleurs. Même pas juste pour les escrocs qui ne font que ça, même pour les gens qui ont hérité d’un autre logement unique en plus du leur, il est plus rentable de le transformer en AirBnb permanent plutôt qu’un location normale à un habitant.

      C’est ce point précisément qui fait qu’autant en Bretagne que dans les grandes villes Paris, Bordeaux et partout dans le monde, il y a des millions de logements jamais utilisables pour des vrais habitants (permanents ou étudiants), et qui fait que ça augmente encore la bulle immobilière.

      Le tourisme c’est quasi toujours la plaie à long terme pour les habitants d’un lieu, et il est très difficile d’imaginer du tourisme réellement « éco-citoyen-responsable ». Mais bon si déjà hotels, campings et chambres d’hôte étaient moins chers (les méthodes que les gens utilisaient avant AirBnb), ça permettrait de revenir un peu en arrière (tout en sanctionnant les logements AirBnb où on n’habite pas et qui devraient toujours être loués en priorité à des vrais habitants).

    • Airbnb. Quiberon dans le top 10 des destinations les plus recherchées de l’été
      https://www.ouest-france.fr/bretagne/auray-56400/quiberon-dans-le-top-10-des-destinations-les-plus-recherchees-de-l-ete-


      Selon le site Airbnb, Quiberon, dans le Morbihan, est la 6e destination la plus recherchée par les internautes pour cet été.

      Selon le site Airbnb, Quiberon, dans le Morbihan, est la 6e destination la plus recherchée par les internautes pour cet été.

      La Bretagne, ça vous gagne. Le slogan semble n’avoir jamais été si vrai. D’après Airbnb, plateforme de partage de logements, Quiberon (Morbihan) est en effet la 6e destination la plus « tendance » de l’été 2022, c’est-à-dire parmi les destinations estivales nationales les plus recherchées par les voyageurs français.

      Le littoral, premier lieu de vacances des internautes
      Selon cette étude menée du 1er janvier au 31 mars, le littoral et la montagne restent des incontournables de l’été en France sur Airbnb. Arrive en tête le village du Castellet, dans le Var, puis l’île Rousse, en Haute Corse.
      Les destinations côtières sont également prisées, avec Honfleur et Deauville dans le Calvados en 3e et 4e position, Clisson en Loire-Atlantique.

      Le festival de métal Hellfest juste au dessus de Quiberon
      La 5e place revient à une recherche liée au festival de métal Hellfest. Enfin, la Bretagne, avec Quiberon, se place donc dans le top des destinations les plus recherchées.

      100% d’accord avec @rastapopoulos
      d’autant plus vu ci-dessus,…

      je cherche à avoir des infos sur le poids actuel de la location de très courte durée dans le coin ; pas facile…
      subjectivement, j’ai l’impression que ça a explosé cette année.

      sinon, sur le tourisme, voir le manifeste de l’Office de l’anti-tourisme, https://seenthis.net/messages/967356 , dernier article de la revue Nunatak mise en ligne hier (et accessible…) par @cdb_77 (merci !)

    • Mon cas était celui d’un gîte dans les Cévennes :)

      Plusieurs villes serrent la vis sur ce sujet :

      La ville de Lisbonne part en guerre contre les appartements et maisons inoccupés

      Dans la capitale portugaise, les propriétaires des dizaines de milliers de logements vides vont être incités à mettre leur bien sur le marché de la location pour faire baisser les prix et répondre aux besoins les plus urgents, rapporte le “Diário de Notícias”.

      https://www.courrierinternational.com/article/le-chiffre-du-jour-la-ville-de-lisbonne-part-en-guerre-contre

    • En location, il ne peut pas non plus louer à plus de 833 €/mois.

      Imagine les mères isolées qui sont en plus *punies* par la CAF si elles louent en surpeuplement, sachant qu’elles doivent héberger des gosses avec des revenus inférieurs ou égaux au SMIC et qu’elles sont soumises aussi à la règle de 3 (percevoir au moins 3 fois le montant du loyer) et qu’avec les résidences alternées, le père peut carotter tout ou partie de l’ALS ET imposer une zone de résidence…

      #logement #crise

    • Le tourisme écolo n’existe pas

      Le tourisme, « vert » ou de masse, détruit territoires et rapports sociaux. Il transforme tout en marchandise, en produit à consommer, dénonce Henri Mora dans « Désastres touristiques ».

      [...]

      Mais, me direz-vous, ne serait-il pas possible d’imaginer un tourisme durable, compatible avec les désirs des habitants d’un territoire ? C’est là que la critique de Mora se fait la plus radicale. Pour l’auteur, le tourisme alternatif est une fable, car, intrinsèquement, cette industrie détruit un territoire et ses rapports sociaux.

      https://reporterre.net/Le-tourisme-ecolo-n-existe-pas

  • Manifestations, état d’urgence : que se passe-t-il en Équateur ?
    https://www.courrierinternational.com/article/decryptage-manifestations-etat-d-urgence-que-se-passe-t-il-en

    Ce vendredi 24 juin, le pays est entré dans sa douzième journée de protestations contre le gouvernement de Guillermo Lasso, à l’appel de la Confédération des nationalités indigènes, en raison de la hausse des prix. Face à un mouvement qui a déjà fait six morts et prend chaque jour plus d’ampleur, que peut faire le président ?

    (...)

    Guillermo Lasso est entré en fonctions à l’issue d’une décennie de tentatives ratées qui ont ouvert la voie à deux gouvernements de gauche, dirigés par Rafael Correa puis Lenin Moreno. Ces présidents ont surendetté le pays en voulant amorcer de grands projets sociaux et d’infrastructure qui, souvent, ont fini empêtrés dans la corruption, en raison de surcoûts et de pots-de-vin

    Quand un dirigeant de droite est en difficultés, qu’il tue et qu’il maltraite sa population, il est essentiel de rappeler que si tout va si mal, c’est à cause des prédécesseurs de gauche qui sont dépensiers et corrompus.

  • Le système alimentaire mondial menace de s’effondrer

    Aux mains de quelques #multinationales et très liée au secteur financier, l’#industrie_agroalimentaire fonctionne en #flux_tendu. Ce qui rend la #production mondiale très vulnérable aux #chocs politiques et climatiques, met en garde l’éditorialiste britannique George Monbiot.

    Depuis quelques années, les scientifiques s’évertuent à alerter les gouvernements, qui font la sourde oreille : le #système_alimentaire_mondial ressemble de plus en plus au système financier mondial à l’approche de 2008.

    Si l’#effondrement de la finance aurait été catastrophique pour le bien-être humain, les conséquences d’un effondrement du #système_alimentaire sont inimaginables. Or les signes inquiétants se multiplient rapidement. La flambée actuelle des #prix des #aliments a tout l’air du dernier indice en date de l’#instabilité_systémique.

    Une alimentation hors de #prix

    Nombreux sont ceux qui supposent que cette crise est la conséquence de la #pandémie, associée à l’#invasion de l’Ukraine. Ces deux facteurs sont cruciaux, mais ils aggravent un problème sous-jacent. Pendant des années, la #faim dans le monde a semblé en voie de disparition. Le nombre de personnes sous-alimentées a chuté de 811 millions en 2005 à 607 millions en 2014. Mais la tendance s’est inversée à partir de 2015, et depuis [selon l’ONU] la faim progresse : elle concernait 650 millions de personnes en 2019 et elle a de nouveau touché 811 millions de personnes en 2020. L’année 2022 s’annonce pire encore.

    Préparez-vous maintenant à une nouvelle bien plus terrible : ce phénomène s’inscrit dans une période de grande #abondance. La #production_alimentaire mondiale est en hausse régulière depuis plus de cinquante ans, à un rythme nettement plus soutenu que la #croissance_démographique. En 2021, la #récolte mondiale de #blé a battu des records. Contre toute attente, plus d’humains ont souffert de #sous-alimentation à mesure que les prix alimentaires mondiaux ont commencé à baisser. En 2014, quand le nombre de #mal_nourris était à son niveau le plus bas, l’indice des #prix_alimentaires [de la FAO] était à 115 points ; il est tombé à 93 en 2015 et il est resté en deçà de 100 jusqu’en 2021.

    Cet indice n’a connu un pic que ces deux dernières années. La flambée des prix alimentaires est maintenant l’un des principaux facteurs de l’#inflation, qui a atteint 9 % au Royaume-Uni en avril 2022 [5,4 % en France pour l’indice harmonisé]. L’alimentation devient hors de prix pour beaucoup d’habitants dans les pays riches ; l’impact dans les pays pauvres est beaucoup plus grave.

    L’#interdépendance rend le système fragile

    Alors, que se passe-t-il ? À l’échelle mondiale, l’alimentation, tout comme la finance, est un système complexe qui évolue spontanément en fonction de milliards d’interactions. Les systèmes complexes ont des fonctionnements contre-intuitifs. Ils tiennent bon dans certains contextes grâce à des caractéristiques d’auto-organisation qui les stabilisent. Mais à mesure que les pressions s’accentuent, ces mêmes caractéristiques infligent des chocs qui se propagent dans tout le réseau. Au bout d’un moment, une perturbation même modeste peut faire basculer l’ensemble au-delà du point de non-retour, provoquant un effondrement brutal et irrésistible.

    Les scientifiques représentent les #systèmes_complexes sous la forme d’un maillage de noeuds et de liens. Les noeuds ressemblent à ceux des filets de pêche ; les liens sont les fils qui les connectent les uns aux autres. Dans le système alimentaire, les noeuds sont les entreprises qui vendent et achètent des céréales, des semences, des produits chimiques agricoles, mais aussi les grands exportateurs et importateurs, et les ports par lesquels les aliments transitent. Les liens sont leurs relations commerciales et institutionnelles.

    Si certains noeuds deviennent prépondérants, fonctionnent tous pareil et sont étroitement liés, alors il est probable que le système soit fragile. À l’approche de la crise de 2008, les grandes banques concevaient les mêmes stratégies et géraient le risque de la même manière, car elles courraient après les mêmes sources de profit. Elles sont devenues extrêmement interdépendantes et les gendarmes financiers comprenaient mal ces liens. Quand [la banque d’affaires] Lehman Brothers a déposé le bilan, elle a failli entraîner tout le monde dans sa chute.

    Quatre groupes contrôlent 90 % du commerce céréalier

    Voici ce qui donne des sueurs froides aux analystes du système alimentaire mondial. Ces dernières années, tout comme dans la finance au début des années 2000, les principaux noeuds du système alimentaire ont gonflé, leurs liens se sont resserrés, les stratégies commerciales ont convergé et se sont synchronisées, et les facteurs susceptibles d’empêcher un #effondrement_systémique (la #redondance, la #modularité, les #disjoncteurs, les #systèmes_auxiliaires) ont été éliminés, ce qui expose le système à des #chocs pouvant entraîner une contagion mondiale.

    Selon une estimation, quatre grands groupes seulement contrôlent 90 % du #commerce_céréalier mondial [#Archer_Daniels_Midland (#ADM), #Bunge, #Cargill et #Louis_Dreyfus]. Ces mêmes entreprises investissent dans les secteurs des #semences, des #produits_chimiques, de la #transformation, du #conditionnement, de la #distribution et de la #vente au détail. Les pays se divisent maintenant en deux catégories : les #super-importateurs et les #super-exportateurs. L’essentiel de ce #commerce_international transite par des goulets d’étranglement vulnérables, comme les détroits turcs (aujourd’hui bloqués par l’invasion russe de l’Ukraine), les canaux de Suez et de Panama, et les détroits d’Ormuz, de Bab El-Mandeb et de Malacca.

    L’une des transitions culturelles les plus rapides dans l’histoire de l’humanité est la convergence vers un #régime_alimentaire standard mondial. Au niveau local, notre alimentation s’est diversifiée mais on peut faire un constat inverse au niveau mondial. Quatre plantes seulement - le #blé, le #riz, le #maïs et le #soja - correspondent à près de 60 % des calories cultivées sur les exploitations. La production est aujourd’hui extrêmement concentrée dans quelques pays, notamment la #Russie et l’#Ukraine. Ce #régime_alimentaire_standard_mondial est cultivé par la #ferme_mondiale_standard, avec les mêmes #semences, #engrais et #machines fournis par le même petit groupe d’entreprises, l’ensemble étant vulnérable aux mêmes chocs environnementaux.

    Des bouleversements environnementaux et politiques

    L’industrie agroalimentaire est étroitement associée au #secteur_financier, ce qui la rend d’autant plus sensible aux échecs en cascade. Partout dans le monde, les #barrières_commerciales ont été levées, les #routes et #ports modernisés, ce qui a optimisé l’ensemble du réseau mondial. On pourrait croire que ce système fluide améliore la #sécurité_alimentaire, mais il a permis aux entreprises d’éliminer des coûts liés aux #entrepôts et #stocks, et de passer à une logique de flux. Dans l’ensemble, cette stratégie du flux tendu fonctionne, mais si les livraisons sont interrompues ou s’il y a un pic soudain de la demande, les rayons peuvent se vider brusquement.

    Aujourd’hui, le système alimentaire mondial doit survive non seulement à ses fragilités inhérentes, mais aussi aux bouleversements environnementaux et politiques susceptibles de s’influencer les uns les autres. Prenons un exemple récent. À la mi-avril, le gouvernement indien a laissé entendre que son pays pourrait compenser la baisse des exportations alimentaires mondiales provoquée par l’invasion russe de l’Ukraine. Un mois plus tard, il interdisait les exportations de blé, car les récoltes avaient énormément souffert d’une #canicule dévastatrice.

    Nous devons de toute urgence diversifier la production alimentaire mondiale, sur le plan géographique mais aussi en matière de cultures et de #techniques_agricoles. Nous devons briser l’#emprise des #multinationales et des spéculateurs. Nous devons prévoir des plans B et produire notre #nourriture autrement. Nous devons donner de la marge à un système menacé par sa propre #efficacité.

    Si tant d’êtres humains ne mangent pas à leur faim dans une période d’abondance inédite, les conséquences de récoltes catastrophiques que pourrait entraîner l’effondrement environnemental dépassent l’entendement. C’est le système qu’il faut changer.

    https://www.courrierinternational.com/article/crise-le-systeme-alimentaire-mondial-menace-de-s-effondrer

    #alimentation #vulnérabilité #fragilité #diversification #globalisation #mondialisation #spéculation

  • Justin Trudeau positif au covid-19 pour la deuxième fois
    https://www.parismatch.com/Actu/International/Justin-Trudeau-positif-au-covid-19-pour-la-deuxieme-fois-1811777

    C’est la seconde fois en quelques mois que le Premier ministre canadien, 50 ans, est positif au Covid. Le 31 janvier dernier, au début de la crise des camionneurs, il avait dû être placé plusieurs jours à l’isolement après un test positif.

    Avec un bon entraînement, on doit parvenir à choper le Covid trois ou quatre fois par an… (mécépasgrave)

    (Noter que tous les articles qui te racontent que le Premier ministre du Canada vient d’être positif au Covid pour la seconde fois en quelques mois, s’empressent de conclure par le fait que le Covid « montre des signes de diminution de la transmission ». C’est bien de finir sur une note optimiste.)

    • Justin Bieber se confie sur sa maladie : pourquoi c’est un exemple positif
      https://www.courrierinternational.com/article/point-de-vue-justin-bieber-se-confie-sur-sa-maladie-pourquoi-

      Justin Bieber n’est pas le premier à faire le choix de s’ouvrir à ses fans de problèmes de santé. Le journal américain cite les exemples de l’actrice Selma Blair, qui a raconté son rapport à la sclérose en plaques dans ses récents Mémoires, de la chanteuse Halsey, qui a publié sur son compte Instagram une vidéo “au sujet de ses problèmes de santé après son accouchement et de son endométriose”, ou bien encore de Hailey Bieber, la femme du musicien, qui, en mars dernier a rassuré sur sa santé après une admission aux urgences pour un caillot sanguin.

      Tous ces gens qui montrent l’exemple positif, c’est beau. Notons que le covid n’est pas cité une fois dans l’article, alors que la plupart des symptômes décrits correspondent à des conséquences documentées du covid long.

  • La folle histoire de “God Save the Queen” des Sex Pistols
    https://www.courrierinternational.com/article/jubile-d-elisabeth-ii-la-folle-histoire-de-god-save-the-queen

    L’hymne punk des années 1970 a bénéficié d’une réédition fin mai pour coïncider avec le jubilé de platine d’Élisabeth II, célébré du 2 au 5 juin outre-Manche. À cette occasion, “The Daily Telegraph” retrace la genèse rocambolesque d’un des morceaux les plus célèbres du monde, source d’un scandale national au moment de sa sortie.

    The Daily Telegraph
    Traduit de l’anglais

    Le bassiste Sid Vicious, le chanteur Johnny Rotten, le guitariste Steve Jones et le batteur Paul Cook dans un centre commercial d’Atlanta, lors de la première tournée américaine des Sex Pistols outre-Atlantique, en janvier 1978. Photo / AFP-UPI

    Été 1977 : le single God Save the Queen des Sex Pistols, furieusement antiestablisment, se fait voler la première place du hit-parade par I Don’t Want to Talk About It, de Rod Stewart. Avec My Generation, des Who, et la double face A réunissant Penny Lane et Strawberry Fields Forever, des Beatles, ce disque est l’un des éternels seconds les plus célèbres de la pop music.

    Mais cela pourrait bientôt changer. God Save the Queen, dont la première sortie a coïncidé avec le jubilé d’argent d’Élisabeth II, a été réédité pour le jubilé de platine. Le 27 mai dernier, quarante-cinq ans exactement après sa première parution, il a fait son retour dans les bacs avec un nombre limité de 45 tours en deux versions ainsi qu’en format numérique, ce qui lui donne une chance réelle d’accomplir l’exploit dont il a été privé il y a presque un demi-siècle.

    À l’époque, ce God Save the Queen provoqua une panique morale générale. L’hymne national alternatif des Pistols, une déflagration de désillusions de trois minutes et dix-neuf secondes, explosa à la figure de l’ordre établi, fut censuré par la BBC (la rumeur veut qu’on ait délibérément empêché le titre d’atteindre le sommet des charts) et fit du chanteur des Sex Pistols, John Lydon, la cible de l’indignation nationale. Lydon était régulièrement agressé dans la rue par des Britanniques scandalisés : il s’est fait frapper au visage avec des bouteilles et a même reçu un coup de machette dans les genoux.
    Le punk dans sa forme la plus pure

    La réédition 2022 de God Save the Queen [a bénéficié] d’un contexte beaucoup plus favorable, en l’occurrence quelques jours avant la sortie, le 31 mai, d’une mini-série biographique en six épisodes sur les Sex Pistols signée par le réalisateur oscarisé Danny Boyle et financée par une chaîne de télévision américaine appartenant à Disney. Le monde a tellement changé que ce qui faisait trembler dans les chaumières dans les années 1970 est aujourd’hui un axe de marketing.

    Mais cela n’ôte rien à l’importance de God Save the Queen en tant qu’œuvre d’art. Ce morceau a annoncé le débarquement dans la société du mouvement de jeunesse le plus célèbre et le plus identifiable de notre pays : le punk. Et pour couronner le tout, le concert donné par le groupe sur un bateau qui a descendu la Tamise avec une halte devant le palais de Westminster, où siège le Parlement, est devenu l’un des coups de pub les plus mémorables de l’histoire de la musique. Les Pistols et le punk dans sa forme la plus pure n’ont pas survécu à l’enivrant été 1977, mais God Save the Queen, même avant cette réédition, a toujours tenu la route.
    Lire aussi Adieu. Les Daft Punk nous laissent face au “désir ardent de faire la fête”

    La chanson a été classée parmi les meilleures de tous les temps par Rolling Stone, et elle figure dans la liste des 500 titres qui ont influencé la musique rock du Rock and Roll Hall of Fame. La pochette du disque, conçue par l’artiste Jamie Reid et représentant la reine avec des caractères de journaux qui la bâillonnent et l’aveuglent, a été élue meilleure pochette de tous les temps par le magazine Q.
    Secouer la société depuis ses fondements

    Apparemment, les Pistols ont été les premiers surpris de la polémique autour de leur chanson. “C’est une chanson marrante, pour faire rire. Elle n’est pas sérieuse, a déclaré Lydon en 2002. God Save the Queen ? C’est de l’exagération, de l’outrance. Il est impensable qu’on puisse la prendre pour une déclaration de guerre civile.” En vrai punk, Lydon a fait appel à la justice l’année dernière pour essayer d’empêcher l’utilisation de certains titres des Sex Pistols dans la mini-série de Boyle. Il a perdu le procès.

    Comment est née God Save the Queen ? Pourquoi a-t-elle suscité une telle indignation ? Et dans quelle mesure le scandale a-t-il été alimenté par le roi de la manipulation et manager du groupe, Malcolm McLaren ?

    Pour faire court, le mouvement punk est apparu à la suite des échecs des gouvernements successifs à aider la jeune classe ouvrière dans les décennies d’après-guerre. Las des grèves et de leurs perspectives d’emploi limitées, dégoûtés par la façon “convenable” et rigide de faire les choses, les jeunes trouvèrent une voie en adoptant l’éthique DIY [Do it yourself, “Fais-le toi-même”] dans leurs vêtements et leur musique. Braillards, contestataires, iconoclastes et en colère, les punks voulaient secouer la société depuis ses fondements. C’est dans ce contexte que quatre jeunes Londoniens indociles, arrogants et grandes gueules, Steve Jones, Paul Cook, Glen Matlock [remplacé plus tard par Sid Vicious] et Lydon (qui se choisit Johnny Rotten [“Johnny Pourri”] comme nom de scène), formèrent les Sex Pistols, en 1975.

    Le groupe se révéla être un aimant à problèmes, faisant grimper aux rideaux les maisons de disques qui cherchaient à profiter de cette nouvelle tendance de la jeunesse. En octobre 1976, les Sex Pistols signèrent un contrat de deux ans et de 40 000 livres [275 000 euros actuels] chez le mastodonte du secteur, EMI. God Save the Queen allait choquer l’Angleterre l’été suivant, mais en attendant on n’allait pas s’ennuyer.

    “Sale vaurien de merde”

    Le 1er décembre 1976, Queen – le groupe de rock collègue des Pistols chez EMI – annula sa venue à Today, une émission de télévision en direct, parce que son chanteur, Freddie Mercury, avait mal aux dents. Désespérés, les représentants d’EMI convainquirent les Pistols, qui venaient de sortir leur premier single, Anarchy in the UK, de prendre la place de Queen.

    Provoqué par le présentateur Bill Grundy, le guitariste des Pistols, Steve Jones – qui avait abusé du vin offert dans la loge – traita Grundy de “sale connard” et de “sale vaurien de merde”. L’Angleterre fut horrifiée.

    Quelques jours après la diffusion de l’émission, le PDG d’EMI, Sir John Read, déclara à ses actionnaires outrés que son conseil d’administration – qui comprenait des membres respectables de l’establishment – allait revoir le contrat des Pistols. “Nous ferons tout notre possible pour contenir leur comportement en public, insista-t-il, bien que ce soit une chose sur laquelle nous n’avons pas vraiment de contrôle.”

    Le 6 janvier 1977, EMI laissa tomber les Pistols. Le groupe se vengea dans la chanson EMI des “imbéciles inutiles” qui les avaient lâchés. Ce n’était pas la première fois que le label s’inféodait à l’indignation de l’Angleterre. Et l’année suivante, il retira son financement à La Vie de Brian, des Monty Python, quelques jours seulement avant le début du tournage, obligeant le Beatle George Harrison à apporter l’argent nécessaire pour sauver le projet [il signe même une brève apparition dans le film].

    « La saleté et la fureur ! », titre le Daily Mirror au lendemain de l’interview choc avec Bill Grundy.

    EMI et les journaux n’étaient pas les seuls à être choqués par les Pistols. Apparemment, leur comportement offensait tout le pays. Des universités et des mairies annulèrent leurs concerts. L’indignation était même partagée par les étudiants : à Leeds, la moitié du public quitta la salle lorsque les Sex Pistols montèrent sur scène [ils partageaient l’affiche avec d’autres groupes, dont les Clash].
    Un contrat signé devant le palais de Buckingham

    C’est dans ce contexte explosif que les Pistols commencèrent à enregistrer leur album Never Mind the Bollocks, Here’s the Sex Pistols. Il fut assemblé en plusieurs sessions entre la fin 1976 et l’été 1977 aux studios Wessex, une bâtisse victorienne qui avait eu une première vie en tant que salle paroissiale de l’église Saint-Augustin d’Highbury, à Londres.

    L’un des titres de cet album était God Save the Queen, une diatribe cinglante contre la monarchie. “God Save the Queen / She ain’t no human being / And there’s no future in England’s dreaming” [“Que Dieu sauve la reine / Elle n’est pas humaine / Et il n’y a pas d’avenir dans le rêve de l’Angleterre”], dégainait Rotten, pendant que la batterie martelait âprement le rythme et que la guitare faisait tourner un riff dément en trois accords.

    Le 10 mars 1977, les Pistols rejoignirent A&M Records, le label américain fondé par le trompettiste Herb Alpert avec Jerry Moss. La signature du contrat eut lieu à 8 heures du matin devant le palais de Buckingham, un doigt d’honneur à l’establishment. Le plan d’A&M était de publier God Save the Queen sans tarder, et 25 000 exemplaires du disque furent aussitôt mis sous presse.
    Contexte Contexte : 70 ans de règne pour Élisabeth II

    Un “bordel” fatal

    Après avoir paraphé leur contrat, les Pistols se rendirent dans les locaux du label pour marquer le coup. L’alcool coula à flots, et les choses échappèrent rapidement à tout contrôle. Selon les propres dires des Pistols, la fête se transforma en “bordel complet”. Sid Vicious se blessa au pied et répandit du sang partout. Une bagarre éclata, et, selon certaines personnes, Steve Jones emmena la secrétaire du patron dans la salle de bains privée de ce dernier. Le lavabo fut arraché du mur.

    Les Pistols filèrent ensuite directement aux studios Wessex, qui se trouvaient à côté d’une école. Lorsque les enfants commencèrent à escalader la clôture de la cour de récréation pour voir ces types qui sortaient d’une Bentley en semant des bouteilles de vodka derrière eux, la directrice appela la police.
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    Mis au courant, les dirigeants d’A&M rompirent avec les Pistols quelques jours plus tard. La quasi-totalité des 25 000 exemplaires de God Save the Queen fut détruite (ceux qui restent font aujourd’hui partie des disques les plus rares du monde).

    Les Pistols étaient à nouveau sans label. Mais quelques jours plus tard, le 18 mai, ils signaient avec Virgin. Le patron, Richard Branson, décida de publier en urgence God Save the Queen afin de coïncider avec les célébrations du jubilé de la reine. Lydon a juré qu’il ne savait même pas qu’il y avait un jubilé cet été-là. En tout cas, God Save the Queen atterrit dans les bacs le 27 mai, pendant que le pays préparait ses banderoles et ses festivités dans les rues. Il enregistra 150 000 ventes en un jour, puis 200 000 dans la première semaine.

    Anguille sous roche au sommet des charts

    Malgré ce succès, la BBC refusa de diffuser la chanson à cause de son contenu et de la pochette du disque. Le week-end suivant, elle resta bloquée en deuxième position du hit-parade derrière I Don’t Want to Talk About It, de Rod Stewart. Pour les Pistols et leur agent, McLaren, il y avait anguille sous roche : ils étaient persuadés que toute l’industrie du disque s’était liguée pour empêcher le titre d’atteindre la première place.

    Le 7 juin, le groupe fit sa “promenade concert” sur la Tamise et joua devant Westminster, deux jours avant que la reine ne fasse le même trajet dans le cadre des célébrations officielles. Lorsque le bateau accosta, la police arrêta tous les passagers malgré les protestations de Branson.

    L’Angleterre, encore une fois, se scandalisa. Les fans, eux, prirent leur pied. McLaren savait exactement ce qu’il faisait. Les Pistols étaient devenus des phénomènes de foire. Toute cette histoire n’était qu’un coup de pub brillamment orchestré. “C’était génial, a dit McLaren. On ne pouvait pas acheter le 45 tours, on ne pouvait pas l’écouter, on ne pouvait pas voir le groupe jouer, mais les Sex Pistols vendaient beaucoup plus de disques que Rod Stewart.”

    L’indignation du public était palpable, a déclaré Lydon un jour : “Si on nous avait pendus à la porte des Traîtres [de la Tour de Londres], 56 millions de personnes auraient applaudi… Nous avions sans le vouloir déclaré la guerre à l’Angleterre.”

    Le Royaume-Uni était très différent à cette époque. La société était extrêmement intolérante et la subversion encore loin d’être acceptée. Avec God Save the Queen, les Sex Pistols ont culbuté une fête nationale et changé la pop culture à jamais. Vont-ils aujourd’hui enfin décrocher cette place de “number one” que tant de gens pensent qu’ils méritent ?

    James Hall

    #Musique #Sex_pistols #Punk

  • Ligue des champions : après le “chaos”, la “malhonnêteté” des autorités françaises
    https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-l-etranger-ligue-des-champions-apres-le-chaos-la-malhon

    La presse étrangère critique unanimement l’organisation chaotique de la finale de la Ligue des champions, samedi 28 mai au soir. Elle déplore par ailleurs le manque d’honnêteté des autorités françaises, qui ont attribué à des fans de Liverpool “sans billet” la responsabilité des incidents.

  • #Langue. Quelques #helvétismes à connaître si vous partez en #Suisse

    Une #exposition sur les #expressions qui ne se disent qu’en Suisse s’est ouverte à Neuchâtel. Le quotidien Le Temps en profite pour mettre en avant plusieurs helvétismes utilisés au quotidien.

    En Suisse, on ne parle pas français, allemand ou italien comme ailleurs. Car les quatre langues officielles du pays (avec le romanche) s’inspirent les unes des autres, selon le journal suisse Le Temps. Pour s’intégrer, les expats doivent donc se pencher sur le parler local, émaillé d’expressions typiquement helvètes. Le quotidien précise :
    Tournures de phrases, emprunts lexicaux ou expressions, les helvétismes sont parfois employés à dessein, mais souvent de manière inconsciente [par la population].”

    La dernière exposition du Centre Dürrenmatt de Neuchâtel le montre, de nombreuses formules suisses sont difficilement compréhensibles par les expatriés. Peu de Français savent ce qu’est un bancomat (distributeur bancaire), un schlouc (une gorgée de liquide) ou encore un foehn (sèche-cheveux). Quant au Röstigraben (la différence de mentalités entre la Suisse romande et la partie alémanique du pays), il décrit une réalité essentiellement nationale, rappelle Le Temps.

    Les étrangers installés dans les parties non francophones du pays ne sont pas en reste, d’après le journal. Comme les expats de Romandie, ils doivent mémoriser des expressions idiomatiques que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Dans le canton italophone du Tessin, on utilise par exemple “bouillotte” et “classatore” (classeur), des mots issus du français qui n’existent pas en Italie. En allemand, les Suisses préféreront dire “Ferien” plutôt qu’“Urlaube” comme leurs voisins d’outre-Rhin pour désigner les vacances.

    Interrogée par Le Temps, l’une des organisatrices de l’exposition conclut :

    La force d’un pays comme le nôtre, ce sont nos différences. En ce sens, l’exposition donne un message à nos voisins.”

    https://www.courrierinternational.com/article/langue-quelques-helvetismes-connaitre-si-vous-partez-en-suiss

    ping @simplicissimus

  • La crise climatique aura un impact sur la sécurité mondiale, avertit Washington
    https://www.courrierinternational.com/article/rapports-la-crise-climatique-aura-un-impact-sur-la-securite-m

    De son côté, le #Pentagone a publié une évaluation des risques climatiques pour la défense, qui aborde la question “d’un point de vue militaire, en examinant la façon dont la Chine et d’autres acteurs pourraient tirer parti de la hausse du niveau des mers et de la fonte des glaciers, ainsi que les réponses possibles du Pentagone”.

    Enfin, la Maison-Blanche du président démocrate, Joe Biden, a produit un rapport sur les migrations, selon lequel “la sécheresse et d’autres épisodes météorologiques extrêmes pourraient provoquer des conflits et des déplacements forcés – et des pays comme la #Chine et la #Russie pourraient en tirer profit”.

    #climat #guerres

  • Guerre en Ukraine : le temps de l’hégémonie américaine est révolu
    Source : Renmin Ribao Traduit du chinois Publié le 8 mai 2022
    https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-chine-guerre-en-ukraine-le-temps-de-l-hegemonie-america

    Dans un éditorial virulent et implacable, la presse officielle du Parti communiste chinois accuse les États-Unis de tous les maux : ils colportent des mensonges sur la Chine, sont de mauvais conseillers de l’Europe dans le conflit en Ukraine et de vrais fauteurs de troubles et d’atteinte aux droits humains.
    (...)
    Si certains politiciens américains aiment à parler d’un “ordre international fondé sur des règles”, c’est pour s’en présenter comme les défenseurs. Or, ce qu’ils désignent comme “règles” ne sont en réalité que celles liant entre eux les membres de leur propre clan, pour leur plus grand bénéfice. Leur “ordre international” ne concerne en réalité que le “petit cercle” et leur propre groupe politique. Ce qu’ils cherchent à défendre, c’est leur propre hégémonie, ignorant l’évolution du monde et la réalité des relations internationales. (...)

  • Les voix des Français musulmans, un atout indispensable pour Macron
    Publié le 08 avril 2022
    https://www.courrierinternational.com/article/vu-d-israel-les-voix-des-francais-musulmans-un-atout-indispen

    Plus de deux millions de Français musulmans avaient voté pour le candidat En marche en 2017 selon un sondage OpinionWay. Son quinquennat, considéré comme strict sur les questions liées à l’islam, ne lui garantit pas un tel succès cette année, estime le journal israélien “Ha’Aretz”.

  • Il faudrait un million d’années aux #lichens pour s’adapter à 1 °C de plus
    https://www.courrierinternational.com/article/rechauffement-il-faudrait-un-million-dannees-aux-lichens-pour

    (Février 2022)

    L’augmentation d’un seul degré de la température de l’atmosphère menacerait le plus important partenariat symbiotique du monde vivant.

    “Les lichens, organismes composites faits de cyanobactéries ou d’algues associées à un champignon, pourraient disparaître à cause du changement climatique du fait de la lenteur à laquelle évolue leur composant algal”, annonce le New Scientist.

    L’hebdomadaire se fait l’écho d’une étude parue ce 15 février dans Frontiers in Microbiology, pour laquelle des chercheurs se sont focalisés sur Trebouxia, un genre d’algue verte unicellulaire associé à un champignon dans plus de 7 000 espèces de lichens. En collectant des données sur de nombreux spécimens à travers le monde, puis en utilisant des informations génétiques lui permettant de constituer un “arbre généalogique” de cette algue, l’équipe a estimé le temps qu’il a fallu à Trebouxia et donc aux lichens pour s’adapter aux changements climatiques qui se sont produits par le passé.

    Les chercheurs ont ainsi découvert que cette algue était particulièrement lente à s’adapter, modifiant ses préférences de température de moins de 1 °C tous les millions d’années. “Ce rythme est nettement plus faible que les 1 à 4 °C de hausse des températures mondiales prévue pour les quatre-vingts prochaines années”, fait remarquer Matthew Nelsen, du Field Museum de Chicago, premier auteur de l’étude.

    Selon lui, des lichens dépendant de Trebouxia pourraient migrer vers des lieux où la température et l’humidité seraient plus acceptables pour eux, mais la plupart disparaîtront des endroits où on les trouve actuellement. “Tout cela pourrait avoir des conséquences écologiques d’une grande ampleur”, déplore le New Scientist.

    55-year study reveals an overlooked but critical desert symbiote is disappearing
    https://www.inverse.com/science/climate-change-and-lichen

    Avril 2022

    #climat

  • Au Pérou, le président Castillo pris à la gorge (sic) par les manifestants (qu’il fait tuer par la police)
    https://www.courrierinternational.com/article/crise-au-perou-le-president-castillo-pris-a-la-gorge-par-les-

    Les protestations contre la hausse des prix, notamment des carburants, continuaient au Pérou, ce jeudi 7 avril. Le bilan des affrontements avec la police atteint désormais six morts. La presse s’interroge : le président de gauche Pedro Castillo peut-il rester encore longtemps au pouvoir ?

    Le jeudi 7 avril, de nombreuses routes du Pérou, parmi lesquelles certains grands axes, étaient toujours bloquées par les manifestants, mobilisés depuis plusieurs jours pour protester contre la hausse des prix, notamment des carburants et des produits alimentaires.
    La grève, décrétée à l’origine par les syndicats de transporteurs, est désormais suivie par les puissants syndicats des secteurs de l’agriculture et de l’éducation.

    À Ica, dans le sud du pays, où les manifestants bloquent la route panaméricaine, qui traverse le continent du nord au sud, des affrontements avec les forces de l’ordre ont fait un mort et plus d’une dizaine de blessés (dont douze policiers). Ce qui porte le bilan total à six morts depuis le début du mouvement.

  • Sur Reddit. “r/Place”, une fresque collective comme seul Internet en produit
    https://www.courrierinternational.com/article/sur-reddit-r-place-une-fresque-collective-comme-seul-internet

    “Si Place nous apprend quelque chose sur Internet, c’est bien l’émergence du pouvoir des communautés en ligne. Depuis la dernière fois, les plateformes numériques se sont grandement fragmentées.” Ce qui explique la multitude de très petits espaces revendiqués au moyen d’une image en pixel art par tel ou tel groupe de fans.

    #SNT #NSI #Informatique #Internet #Groupe #Art

  • L’ONU suspend la Russie de son Conseil des droits de l’homme
    https://www.courrierinternational.com/article/guerre-en-ukraine-l-onu-suspend-la-russie-de-son-conseil-des-

    Le plus extraordinaire c’est l’argument supposé béton, qui ne cite aucun des alliés des régimes occidentaux comme l’Arabie Saoudite et bien entendu encore moins les régimes occidentaux criminels eux-mêmes.

    Mais le quotidien bruxellois relativise aussi la portée de la sanction elle-même : “En coulisses, au siège new-yorkais de l’ONU, la question se posait de la pertinence de la manœuvre, dans la mesure où la Chine, le Venezuela, l’Érythrée, le Soudan font eux aussi partie du Conseil des droits de l’homme et présentent un bilan accablant en matière de droits de l’homme ;”

  • Dans la ville libérée de Boutcha, l’horreur
    https://www.courrierinternational.com/article/guerre-en-ukraine-dans-la-ville-liberee-de-boutcha-l-horreur

    La construction de « vérités alternatives » est présente partout. Le refus des faits, arguant de la manipulation des images va devenir un élément majeur du conspirationnisme international. D’autant que les outils sont effectivement là pour truquer toutes les images. Pandore a ouvert la boîte.

    Le Kremlin nie toute participation

    La litanie des horreurs de Boutcha se répète dans d’autres localités nouvellement libérées autour de Kiev. D’après certains témoignages, des mères auraient été violées sous les yeux de leurs enfants, des familles en fuite auraient été assassinées dans leur voiture, des hommes en âge de combattre auraient été exécutés. Le ministère de la Défense russe nie toute participation aux atrocités de Boutcha. Il affirme que les photos et les vidéos de ces scènes sont “une nouvelle mise en scène du régime de Kiev à destination des médias occidentaux, comme cela a été le cas avec la maternité de Marioupol et dans d’autres villes”.

    Le ministère juge notamment suspect que les corps, sur ces séquences, ne soient pas devenus rigides, qu’ils ne présentent pas la décoloration de la peau typique de celle des cadavres et que du “sang non coagulé [apparaisse] dans les blessures”. Il soutient par ailleurs que les forces russes ont quitté la zone le 30 mars, ajoutant qu’Anatoly Fedorouk, le maire, avait confirmé le départ des Russes dans une vidéo du 31 mars, sans évoquer la moindre exécution.

    “Pour cette raison, il n’est pas étonnant que les prétendues preuves des crimes de Boutcha n’aient fait surface que quatre jours après l’arrivée d’officiers du SBU [service de renseignement ukrainien] et de membres de la télévision ukrainienne, poursuit le ministère. Pas un seul habitant n’a été victime d’agression pendant que la ville était sous le contrôle des forces armées russes.”

    #Fake_News #Post_truth #Vérités_alternatives

    • “C’étaient des jeunes et ils nous ont laissés tranquilles au début. Ensuite, ils ont commencé à venir frapper aux portes pour nous demander : ‘où sont les nazis ?’”

      Ce qui renvoie à l’entretien avec Greg Yudin signalé par @fil :
      https://www.akweb.de/politik/putin-war-in-ukraine-a-fascist-regime-looms-in-russia

      Finally, the most alarming element of this new potentially totalitarian setup is the ideological turn Putin has taken since the first days of war: his new narrative of the »denazification« of Ukraine. The accusation that the Ukrainian authorities are supporting the extreme right has been pervasive in Russian official discourse for some time – and not entirely unfounded. In February, however, it turned into purely essentialist rhetoric, implying that Ukrainian essence, which is allegedly Russian by nature, has been contaminated by some Nazi element. Therefore, it is the task of the Russian army to purge Ukraine from this Nazi element. The Russian Ministry of Defense is already talking about setting up »filtration« procedures in the occupied territories. And since Ukrainians are resisting stubbornly, the only possible explanation is that they were even more »nazified« than expected, which could easily lead to the conclusion that they deserve to be wiped out. The same »purity« narrative was used by Putin just a few days ago when he spoke of to the »enemy within«, the so-called »nation-traitors« who should be »spit out like a moth« by the Russian society in order to preserve its health.

      On signale également que RIA Novosti (l’agence de presse officielle russe) a publié un éditorial particulièrement violent et extrémiste :
      https://ria.ru/20220403/ukraina-1781469605.html

      Un article en français commente ce texte délirant aux tonalités génocidaires : Un analyste pro-Poutine détaille son plan brutal pour la « dénazification » de l’Ukraine - Infobae
      https://www.infobae.com/fr/2022/04/04/un-analyste-pro-poutine-detaille-son-plan-brutal-pour-la-denazification-de-

      Sergeitsev appelle les forces russes à éliminer les prétendus nazis au pouvoir en Ukraine et appelle à une punition exemplaire et brutale pour eux.

      « Il doit y avoir un nettoyage total. Toute organisation associée à la pratique du nazisme doit être liquidée et interdite », déclare Sergeitsev.

      Sergueïtsev, avec de fausses allégations sans aucun soutien et ne faisant qu’étendre la propagande russe absurde pour justifier son invasion, souligne qu’une proportion importante d’Ukrainiens sont des nazis passifs, et qu’eux aussi sont coupables de soutenir le « gouvernement nazi ».

      « La poursuite de la dénazification de cette masse de la population consiste en une rééducation, qui est réalisée grâce à la répression idéologique (suppression) des attitudes nazies et à une censure stricte, non seulement dans le domaine politique, mais aussi nécessairement dans le domaine de la culture et de l’éducation. C’est grâce à la culture et à l’éducation qu’une profonde nazification massive de la population a été préparée et réalisée, assurée par la promesse de dividendes de la victoire du régime nazi sur la Russie, de la propagande nazie, de la violence interne et de la terreur », écrit l’analyste russe.

    • Assad aux Emirats, étape-clé dans la normalisation du régime syrien
      https://www.lemonde.fr/international/article/2022/03/19/assad-aux-emirats-etape-cle-dans-la-normalisation-du-regime-syrien_6118230_3


      Rencontre entre le président syrien, Bachar Al-Assad, et le vice-premier ministre des Emirats arabes unis, le cheikh Mansour Ben Zayed Al Nahyane à Abou Dhabi, le 18 mars 2022. Photo fournie par la présidence syrienne.
      HASSAN AL MENHALI / PRESIDENCE SYRIENNE / AFP

      La venue à Abou Dhabi du maître de Damas constitue sa première visite dans un pays arabe depuis le début du soulèvement en Syrie en mars 2011.

      C’est sa première visite dans un pays arabe depuis le déclenchement en 2011 du soulèvement qui a bien failli lui coûter son siège : le président syrien, Bachar Al-Assad, s’est rendu vendredi 18 mars aux Emirats arabes unis (EAU), où il s’est entretenu avec le dirigeant de fait de cette pétromonarchie, le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed Ben Zayed. Ce déplacement constitue un pas important dans le sens d’une réintégration du maître de Damas sur la scène diplomatique arabe.

      Traité comme un paria par la grande majorité des chancelleries de la planète, qui lui impute la destruction de son pays et la responsabilité de centaines de milliers de morts, Bachar Al-Assad n’était jusque-là sorti de Syrie, depuis 2011, que pour de brèves visites en Russie et en Iran, ses deux principaux alliés, dont l’aide militaire a été cruciale dans l’écrasement de la révolution. Coïncidence amère pour les opposants syriens, le voyage aux Emirats de leur bourreau est intervenu deux jours après la célébration du onzième anniversaire du début de la révolte, le 15 mars 2011.

      Washington, dont les relations avec les Emirats se sont singulièrement refroidies ces derniers mois, en raison de divergences marquées sur la guerre au Yémen et sur le dossier nucléaire iranien, a critiqué ce déplacement en des termes inhabituellement vifs. Le porte-parole du département d’Etat, Ned Price, a déclaré que les Etats-Unis étaient « profondément déçus et troublés par cette tentative apparente de légitimer » Bachar Al-Assad. « Nous exhortons les Etats envisageant un rapprochement avec le régime Assad de réfléchir attentivement aux atrocités commises par ce régime contre les Syriens au cours de la dernière décennie », a-t-il dit.

    • “Assad aux Émirats, c’est la solidarité entre dictateurs”, commente Kristyan Benedict d’Amnesty International, cité par Middle East Eye, qui ajoute :

      Les Émirats, un des pays qui donnent le ton dans la région, ont été à la pointe des efforts pour réhabiliter le gouvernement de Damas. Le ministre émirati des Affaires étrangères avait déjà fait le voyage en Syrie en novembre dernier.”

      https://www.courrierinternational.com/article/rehabilitation-les-emirats-arabes-unis-deroulent-le-tapis-rou

    • The world we live in is changing, and the Russian intervention in Ukraine will not be confined to Ukraine, or even to Europe. The U.S. is learning that the world is slipping from its hands. It won’t tolerate it.

      It will resort to force in its attempt to maintain its grip over humanity. Violent conflicts are very likely to now dominate our world.

    • C’est la lutte entre les tenants de la théorie de l’Empire qui refuse de lâcher l’affaire, et les autres, de gauche, mais non-occidentaux, qui te disent que bon, les US ne sont pas le centre du monde, et que Poutine et Xi sont les deux faces d’un même enfer sur terre, coupables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, et de génocides.

      On sent qu’on est à un moment de bascule, celui où les nécrologies ne peuvent plus faire de référence à l’histoire sans que certains ne se sentent l’obligation d’édulcorer, pour éviter ce qu’ils croient être des amalgames déplacés.
      https://seenthis.net/messages/953559

    • Je vois plus l’opposition entre l’anti-impérialisme, basé sur l’idée que les événements géopolitiques sont essentiellement motivés par des chocs des impérialismes (européens au XIXe, américains et russes pendant la guerre froide, essentiellement américain évidemment à l’effondrement de l’URSS, puis montée plus récente de la Chine et la Russie), et des « analyses » qui prétendent à chaque fois que cette fois c’est pas du tout pareil et ça n’a rien à voir et tu n’as rien compris et tu es juste un idiot utile des génocidaires si tu ne veux pas bombarder mon pays.

    • Euh non, des analyses qui te rappellent que les USA ne sont pas le SEUL impérialisme et que oui la Russie actuelle et la Chine le sont aussi et ont des velléités d’impérialisme tout aussi fortes et auto-suffisantes, sans que ce soit obligatoirement une réaction face aux US. Et que donc l’impérialisme US seul ne permet pas de comprendre le monde (truisme s’il en est mais qu’il faut apparemment rappeler).

    • Je persiste à penser que ces textes ne dépassent que rarement le stade du sophisme de l’homme de paille : l’anti-impérialisme est bien au courant qu’il n’y a pas qu’un seul impérialisme. Tous ces textes qui font comme si les analyses anti-impérialistes étaient monoexplicatives, pfff.

      Sinon, il y a une difficulté aussi à évoquer des « velléités d’impérialisme » pour dire qu’elles sont « aussi fortes ». Ou alors on oublie l’invasion de l’Irak. On ne regarde pas les bases militaires installées dans des pays étrangers. Et on ne compare surtout pas les montants des budgets militaires (en 2019, le budget militaire US est de 732 milliards de dollars ; le budget russe de 65 milliards, le budget de l’Arabie saoudite de 61 milliards…). Le terme « vélléités » masque les différences d’échelle des moyens des impérialismes : Poutine a sans aucune doute des velléités énormes, mais il a des moyens de nain.

      Quand à l’« auto-suffisance » des impérialismes, je n’y crois pas. Même dans le cas de l’impérialisme US. Sinon ce n’est plus de la géopolitique.

    • Alors puisque Chomsky est une cible usuelle de cette littérature qui prétend que la gauche occidentale anti-impérialiste réduit tout au seul impérialisme US, je note que sa récente interview à propos de l’Ukraine commence comme ceci :
      https://www.courrierinternational.com/article/interview-noam-chomsky-il-est-imperatif-de-menager-une-porte-

      Rappelons d’abord quelques faits incontestables. Le premier, c’est que l’invasion russe de l’Ukraine est un crime de guerre de la plus haute gravité, comparable à l’invasion américaine de l’Irak et à l’invasion de la Pologne par Hitler et Staline en septembre 1939, pour ne citer que ces deux exemples marquants. Il est toujours bon de chercher des explications, mais il convient de ne rien justifier ni minimiser.

      Et en version originale : Noam Chomsky : US Military Escalation Against Russia Would Have No Victors
      https://truthout.org/articles/noam-chomsky-us-military-escalation-against-russia-would-have-no-victors

      Noam Chomsky: Before turning to the question, we should settle a few facts that are uncontestable. The most crucial one is that the Russian invasion of Ukraine is a major war crime, ranking alongside the U.S. invasion of Iraq and the Hitler-Stalin invasion of Poland in September 1939, to take only two salient examples. It always makes sense to seek explanations, but there is no justification, no extenuation.