Enquête | Mediacités

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  • L’audit qui dézingue la réorganisation des centres socio-culturels de Toulouse | Mediacités Dorian Cabrol
    https://www.mediacites.fr/enquete/toulouse/2021/06/28/laudit-qui-dezingue-la-reorganisation-de-la-direction-de-lanimation-socio

    Perte de sens, problèmes de managements récurrents, arrêts de travail en augmentation et ambiance de travail délétère, rien ne va plus à la direction de l’animation socioculturelle de la ville de Toulouse. « On n’a jamais connu une situation pareille », soupire un agent de longue date de ce service, à l’unisson de plusieurs fonctionnaires communaux. Rien que sur le centre socioculturel Alban Minville, cinq personnes - sur la trentaine d’agents - sont en arrêt maladie et deux sont partis en retraite de façon anticipée récemment.


    À l’origine de ces difficultés, la refonte en 2018 d’un service qui compte environ 300 fonctionnaires répartis sur 17 structures. La réorganisation a ajouté cinq « chefferies » correspondant à des secteurs géographiques de la ville au-dessus de ses 17 centres et de leurs responsables. Le territoire 1 « Toulouse Nord » est géré par Nathalie Cousin, le territoire 2 « Toulouse Est » par Manuela Standarovski, le 3 « Toulouse rive-droite » par Stéphanie Lemaire, le 4 « Toulouse Rive-gauche » par Sébastien Séraphin et enfin le territoire 5 « Toulouse Ouest » est dirigé par Michel Capmartin.

    « Un changement pouvait se justifier, car depuis 20 ans, cette direction avait un fonctionnement qui balbutiait, mais la politique de réorganisation du maire s’est faite brutalement et sans dialogue, estime Laurent Gotti, secrétaire général CGT à la mairie de Toulouse. Cette réorganisation s’inscrit dans le contexte plus global d’un plan d’économies dans les services décidé par Jean-Luc Moudenc à partir de juin 2015 et que le maire justifie par le contexte national de baisse des dotations de l’État ». Ce qui expliquerait, selon l’élu CGT, que les agents aient été peu associés à ce changement impulsé par la direction générale des services et piloté par Véronique Bascoul, directrice du service depuis 2015.

    Malgré une intersyndicale CGT-FO-SUD qui a contesté le projet, la direction du service serait passée en force. La seule réunion à avoir rassemblé tout le service à la salle de spectacle de la Brique Rouge à Empalot a eu lieu en début d’année 2018. Au lieu d’amorcer un dialogue, elle a servi à entériner la nouvelle organisation, selon une animatrice sur le secteur Toulouse Est. « Nous étions près de 300 agents réunis dans les tribunes avec en face nos futurs chefs de territoire. Le contexte était intimidant pour prendre la parole et on a eu l’impression d’être mis devant le fait accompli », estime-t-elle.

    Un audit préoccupant
    Trois ans après son application, la réorganisation présente un bilan très controversé. La situation est jugée particulièrement préoccupante dans le secteur 3, dit Rive droite, coiffé par le centre culturel de Bellegarde, selon un compte-rendu d’audit concernant les risques psychosociaux réalisé par le cabinet Ergotech . Dans ce document, les auditeurs s’appuient sur les témoignages de 39 personnes, recueillis au mois de février 2021. 35 travaillent encore dans ce service qui compte 45 salariés.

    « Les modalités d’intégration des managers et divergences de vues sur l’équipe managériale, associées à un processus de passation de pouvoir non optimal et à l’affectation et l’intégration délicate de nombreux agents, se sont traduites, sur Bellegarde et à un moindre niveau sur Brique Rouge (à Empalot, NDLR), par la création rapide d’une rupture entre le management et de nombreux agents en poste avant la réorganisation, et pour partie entre nouveaux et anciens agents présents sur site », notent pudiquement les auteurs de l’audit, dans un compte-rendu daté 3 avril. En langage moins jargonneux, la refonte du service a entraîné des problèmes de fonctionnement à tous les étages et une rupture entre les nouveaux responsables et les agents historiques du service.

    La situation au centre de Bellegarde est jugée « très dégradée ». « Les tensions et rigidifications des rapports inhérentes aux tensions ont indéniablement eu un coût important tant pour la santé des agents que pour le fonctionnement du centre », conclut le cabinet Ergotech, qui précise : « ce coût s’est inévitablement traduit par de l’absentéisme des agents et des managers (phénomènes de burn-out inhérents au contexte dégradé) et par des départs d’agents ».

    « Du jour au lendemain, certains se sont retrouvés sans affectation malgré plus de 20 ans de service ! »

    Les absences liées au climat délétère sont telles sur ce territoire que Véronique Bascoul a récemment décidé d’annuler certains événements. Dans une note de service du 17 juin, que Mediacités s’est procurée, la directrice du service constate « la situation très dégradée sur le territoire Toulouse Rive Droite, avec un taux d’absentéisme trop élevé pour maintenir des manifestations et évènements à la hauteur de la qualité de nos établissements ». Et de conclure : « L’heure, aujourd’hui, est à la reconstruction du territoire et au retour de la sérénité au travail pour que cette décision de ce jour (sic) ne se reproduise plus ».

    Ce bilan accablant ne semble pas l’apanage du secteur « Rive droite ». Le nouveau fonctionnement qui a permis, selon un ancien membre de la direction de la Dasc, de « mieux contrôler les responsables des centres socioculturels », a entraîné des évictions brutales. Poussé vers la sortie, un ancien cadre évoque un procédé brusque et vexatoire : « On nous a proposé de candidater à nouveau sur nos propres postes et fait refaire des entretiens comme si on venait d’arriver, alors qu’ils savaient qu’ils n’allaient pas nous reprendre. Du jour au lendemain, certains se sont retrouvés sans affectation malgré plus de 20 ans de service ! ».

    Une ambiance de travail jugée toxique
    Cette brutalité est également ressentie par des fonctionnaires municipaux qui font état de fortes pressions liées à ce chamboulement notamment sur les plus anciens du service. « On a par exemple enlevé petit à petit des prérogatives à des agents historiques de façon abrupte. L’ambiance est devenue tellement toxique qu’il y a eu forcément des conséquences en termes de souffrance au travail », confirme un agent intervenant dans le secteur Toulouse Ouest, à partir du centre socioculturel Alban Minville, à Bellefontaine.

    Ce management autoritaire est confirmé par Laurent Gotti selon lequel « des gens se sont rendus compte du jour au lendemain qu’ils n’avaient plus de poste après la réorganisation ». Plus globalement certains fonctionnaires évoquent une volonté de se débarrasser des anciens du service jugés pas assez malléables aux yeux de la direction. « On a recruté des gens extérieurs de manière à pouvoir les contrôler plus facilement », affirme une animatrice toujours en poste dans l’est de la commune.

    Au-delà de la dégradation des conditions de travail, cette réorganisation se serait traduite aussi par une perte de liens avec les usagers. « On a enlevé de la liberté aux agents, estime une animatrice de Toulouse-ouest. Il faut faire des réunions pour tout et des fiches de 30 pages pour le moindre événement. On a beaucoup perdu le contact avec la population des quartiers, notamment avec le public adulte à qui l’on propose des activités ».

    Contactée dès le 20 avril, la mairie de Toulouse n’a pas donné suite à nos sollicitations, malgré plusieurs relances.

    Cette enquête s’appuie sur le témoignage d’une dizaine d’agents travaillant dans quatre des cinq secteurs de la DASC de Toulouse créés après sa réorganisation. Tous ont souhaité garder l’anonymat en raison de leur devoir de réserve et de peur de représailles. Si certains ont été réticents à s’exprimer du fait de difficultés à revenir sur des faits traumatisants, d’autres l’ont fait pour dénoncer une situation qu’ils jugent ingérable au quotidien.

     #travail #Toulouse #violence #domination #pouvoir#Surveillance #violences #dévalorisation

  • Au CHU de Toulouse, des soignants positifs au Covid obligés de travailler
    https://www.mediacites.fr/enquete/toulouse/2020/10/26/au-chu-de-toulouse-des-soignants-positifs-au-covid-obliges-de-travailler

    Selon des témoignages recueillis par Mediacités, des soignants de l’hôpital de Rangueil ont été amenés à travailler alors qu’ils étaient contaminés par le Covid 19. Des cas, encore marginaux, qui consternent les syndicats et gênent la direction du CHU de Toulouse, car ceux-ci pourraient se multiplier en cas de pic épidémique.

    "C’est incompréhensible ! », s’agace Jeanne, une infirmière de l’hôpital de Rangueil qui souhaite rester anonyme. Elle affirme que « plusieurs » professionnels de santé sont venus travailler alors qu’ils étaient positifs au coronavirus ces dernières semaines. Un témoignage que Mediacités a pu recouper et vérifier [voir encadré En coulisses en fin d’article]. Pour cette infirmière qui a passé 33 ans dans la profession, « les équipes sont épuisées et l’absentéisme est tel que certains cadres, avec l’assentiment de la direction, demande à certains soignants placés en quarantaine de revenir travailler. On retrouve ces personnes au chevet des patients qui sont parfois des sujets à risque. C’est un non-sens total », ne décolère pas la soignante.

    Comme a pu le vérifier Mediacités, au moins deux personnes du pôle cardiovasculaire et métabolique du CHU de Toulouse ont travaillé alors qu’elles étaient contaminées dans les dernières semaines. Une autre n’a pas été isolée alors qu’elle présentait des symptômes de la Covid19.

    La direction de la santé au travail du CHU reconnaît « pouvoir imaginer que de telles situations se soient produites » tout en dénonçant des pratiques « contraires à la politique mise en œuvre par le CHU ». Pour Julien Terrier, porte-parole de la CGT au CHU de Toulouse : « c’est scandaleux… même si on sait que l’on manque de personnels, comme d’ailleurs nous le dénoncions déjà avant la crise ».
    Un protocole sanitaire plus souple que pour la population générale

    Depuis le mois d’août, le CHU de Toulouse s’est doté d’un protocole strict pour encadrer les soignants présentant des symptômes de la Covid19. Une note de service, transmise par la direction du CHU à Mediacités détaille le protocole en place dans les établissements. En cas de test positif, le document ordonne une « éviction immédiate » du professionnel.

    Selon Jean-Marc Soulat, chef du pôle santé publique et médecine sociale du CHU qui dirige le service santé au travail de l’hôpital, « entre 10 et 30 professionnels » sont testés positifs quotidiennement au CHU de Toulouse. « Notre politique est très claire : si le test est positif à la Covid19, la personne est immédiatement renvoyée chez elle. De la même manière, si quelqu’un est malade, il ne vient pas travailler », assure-t-il aujourd’hui.

    En revanche, les professionnels de santé du CHU de Toulouse peuvent travailler lorsqu’ils sont seulement « cas contacts » ou asymptomatiques. Du moins, durant les 24 heures qui précèdent les résultats de leur test PCR. La direction s’appuyant, en partie, sur les recommandations du Haut conseil de santé public du 23 mai dernier .

    Ce protocole est plus souple que pour la population générale. Comme le recommande Santé publique France, « tout cas contact doit s’isoler immédiatement sans attendre le résultat des tests ».

    Ce délai de 24 heures augmente-t-il le risque de contaminations des patients et des soignants ? « Oui » pour Julien Terrier, de la CGT qui dénonce le « risque qui est pris pour assurer la continuité des soins ». Mais pas pour le professeur Soulat qui voit « une surprudence » dans les mesures de lutte contre le coronavirus dans les entreprises. « La plupart des contaminations ne se font plus en milieu professionnel, mais dans les cercles familiaux ou d’amis. À l’hôpital, les gestes barrières sont strictement respectés », estime-t-il.

    Une autre situation au sein de l’hôpital de Rangueil a attiré l’attention de Mediacités. Par téléphone, une infirmière, qui souhaite aussi rester anonyme et que son service ne soit pas cité [voir En coulisses], s’est retrouvée dans une situation qu’elle qualifie « d’étonnante ». « Mon conjoint est atteint du Covid19 et je n’ai plus de goût ni d’odorat depuis quelques jours. Mais mon test PCR s’est révélé négatif. On m’a donc demandé d’aller travailler » raconte-t-elle. « Pour moi, c’est sûr, mon test est un faux négatif » s’inquiète-t-elle. Par précaution, n’aurait-il pas fallu isoler cette infirmière ? « Ces symptômes évoquent la Covid mais ce n’est pas forcément ça. D’autres pathologies peuvent être responsables », rétorque Jean-Marc Soulat.

    « Si on doit choisir entre sauver des vies ou fermer un service… on sauve des vie »

    Si, actuellement, le nombre de soignants amenés à travailler tout en étant positifs reste marginal (le CHU compte 16 000 employés), une évolution forte de l’épidémie pourrait multiplier les cas. Un risque déjà pris en compte par la direction du CHU qui s’appuie sur les recommandations du Haut conseil de la santé publique. Dans un avis daté du 23 mai dernier, l’instance précisait que « dans le cas où un personnel non remplaçable serait porteur du SARS-CoV-2 et asymptomatique, la possibilité […] d’un maintien en poste avec un renforcement des mesures de précaution et d’hygiène est envisageable afin que la balance bénéfice/risque ne soit pas défavorable ».

    Cette situation n’est pas spécifique au CHU de Toulouse. À Nice, Nantes ou dans l’Isère, des soignants ont aussi été amenés à travailler tout en étant positif au Covid19, révélait Le Parisien, le 14 octobre dernier. La stratégie est en tous cas assumée au CHU de Toulouse, notamment en cas de pic épidémique, comme le reconnaît, en substance, Jean-Marc Soulat. « Nous ne voulons pas de mort parce que des patients n’auraient pas pu être soignés, affirme le praticien. Donc si on doit choisir entre sauver des vies ou fermer un service [faute de personnels]. On sauve des vies. »

    La grande crainte pour la direction du CHU de Toulouse, c’est que des opérations urgentes ne puissent pas être assurées. « Nous faisons tout pour que cela n’arrive pas. C’est pour cela que nous organisons quatre cellules de crise par semaine pour gérer l’organisation des services » assure le médecin, conscient de la « lassitude » des professionnels de santé.

    Ce vendredi, chez nos confrères de France 3 Occitanie, le professeur Pierre Delobel, chef du service des maladies infectieuses du CHU expliquait que les hôpitaux du centre hospitalier de Toulouse étaient « en tension sur l’hospitalisation Covid en conventionnel avec une accélération forte du taux d’incidence à Toulouse qui dépasse la barre des 300 ». Un constat qui ne laisse guère de place à l’optimisme pour les prochaines semaines…

    Pour cet article, une vingtaine de coups de téléphone ont été passés par Mediacités entre le 21 et le 23 octobre 2020 suite à l’alerte d’une infirmière qui s’inquiétait de voir certains de ses collègues « travailler alors qu’ils sont positifs au Covid ». Des infirmières, des aides-soignantes, des chefs de services, et un cadre ont ainsi été contactés.

    La plupart d’entre eux nous ont confirmé que des soignants testés positifs travaillaient dans leur service mais tous ont refusé de s’exprimer publiquement par peur que leur témoignage puisse les identifier. « Si on apprend que j’ai parlé, ce sera la chasse aux sorcières » ; « surtout vous ne citez ni mon nom, ni mon service » a-t-on notamment pu entendre. Notre journaliste a tout de même pu s’entretenir une quinzaine de minutes par téléphone avec une professionnelle ayant travaillé tout en étant infectée par le Covid19. Au lendemain de cette discussion, cette dernière nous a fait savoir, par SMS, qu’elle ne souhaitait pas « apporter son témoignage, même de façon anonyme ».

    Enfin, un cadre de service, dans lequel aurait travaillé des soignants positifs à la Covid, a aussi été contacté, mais n’a ni infirmé ni confirmé nos informations, préférant nous « renvoyer vers la direction ». Chose faite, vendredi 23 octobre, lors d’un entretien de plus d’une heure avec Jean Marc Soulat et son adjoint Fabrice Herin.

    Malgré tout, Mediacités regrette que la pression – réelle ou ressentie- des professionnels de santé nuise à la transparence d’un sujet d’intérêt général.

    #covid #covid-19 #coronavirus #santé #surveillance #france #EnMarche #confinement #pandémie #vaccin #Toulouse

  • Indemnités des élus de Cholet : les « erreurs » de Florence Dabin, nouvelle présidente du département de Maine-et-Loire | Mediacités
    https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2021/07/08/indemnites-des-elus-de-cholet-les-%E2%80%AFerreurs%E2%80%AF-de-florence-d

    Les médecins appellent cela de la dyscalculie, l’équivalent pour les chiffres et le calcul de la dyslexie pour les lettres et la lecture. Ce trouble de l’apprentissage qui concerne 3 à 7 % des enfants français et près de 3 % des adultes, semble avoir frappé l’ensemble des élus de la majorité au conseil municipal de Cholet. Comme le rapportait la semaine dernière Mediacités, le procureur de la République d’Angers vient d’ouvrir une enquête visant le maire de la ville, Gilles Bourdouleix, ses adjoints et conseillers municipaux. L’association Anticor soupçonne en effet les élus de la majorité de s’être octroyés des indemnités supérieures au plafond autorisé. Les sommes s’élèverait à plus d’1,5 million d’euros sur l’ensemble du dernier mandat.

    Comme peut le dévoiler Mediacités, à ces soupçons d’irrégularités viennent s’ajouter aujourd’hui les «  erreurs  » commises par l’une des adjointes au maire de Cholet au moment de déclarer ses revenus et intérêts à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP). Et pas n’importe quelle adjointe, puisqu’il s’agit de Florence Dabin, tout juste élue présidente du conseil départemental du Maine-et-Loire, sous l’œil attentif de Gilles Bourdouleix.
    120 000 euros non déclarés en six ans

    A la lecture de la déclaration d’intérêt de Florence Dabin, déposée en 2015 auprès de la HATVP (en tant que vice-présidente du Département), trois montants ont tapé dans l’œil de Mediacités. Le premier concerne justement l’indemnité controversée perçue en tant qu’adjointe au maire de Cholet. Florence Dabin déclare 547 euros par mois. Problème : la délibération du conseil municipal du 4 avril 2014 indique que chaque adjoint (outre le premier d’entre eux) touche 1931 euros. Une différence de 1 384 euros par mois, soit près de 100 000 euros non déclarés à la HATVP sur l’ensemble du mandat 2014/2020.

  • Folle journée de Nantes : l’ancienne directrice aurait détourné 236 478 euros, au moins
    « L’art de la fugue », cette œuvre inachevée de Jean-Sébastien Bach, aurait eu toute sa place à l’ouverture de la 27e édition de la Folle Journée, le 28 mai prochain. La fugue, c’est celle des 236 478 euros détournés des comptes du festival et de son fonds de dotation. L’art, celui appliqué par l’ex-directrice, Joëlle Kérivin, pour faire disparaître de telles sommes au nez à la barbe de l’institution durant des années.

    Lundi, c’est par un communiqué d’une vingtaine de lignes que le conseil d’administration de la SAEM Folle Journée a dévoilé l’ampleur des dégâts, révélée par un audit commandé au cabinet KPMG en mars dernier. Du coup, la SAEM, qui avait déjà porté plainte, a décidé de se porter partie civile.

    A quoi correspondent ces 236 478 euros ? Le communiqué ne le dit pas. Les administrateurs non plus. Tous les membres du conseil d’administration (composé pour une grande part d’élus des collectivités locales) ont dû signer une clause de confidentialité. Les éléments ayant été transmis au Procureur de la République dans le cadre de l’enquête en cours, ils appartiennent à présent à la procédure judiciaire.

    Un bilan à compléter
    Interrogés par Mediacités, plusieurs administrateurs confirment néanmoins les détournements de fonds, les avances sur frais et salaire, ainsi que des frais d’habillement et de confort exorbitants.
    En bonne œuvre inachevée, « L’art de la fugue » pourrait réserver de nouvelles surprises. En effet, le cabinet KPMG n’a pas totalement épluché les comptes de la Folle journée pour déterminer le montant des sommes détournées. Il a utilisé le méthode des sondages : seul un échantillon des factures et notes de frais a été contrôlé et uniquement pour la période allant du 1er juillet 2017 au 15 mars 2021 alors que Joëlle Kérivin a été recrutée en septembre 2015. Les sommes détournées pourraient donc dépasser les 300 000 euros.

    La suite (payante) : https://www.mediacites.fr/breve/nantes/2021/05/20/folle-journee-de-nantes-lancienne-directrice-aurait-detourne-236-478-euro

    #Nantes #Joëlle_Kérivin #musique #Folle_journée #SAEM #culture

    • La culture «  à la nantaise  » rattrapée par les affaires

      La Folle journée, le Voyage à Nantes, les Machines de l’île, l’école des Beaux-Arts... Sale temps pour les grandes institutions culturelles nantaises. Déjà privées de public pour cause de Covid, les voilà qui suscitent l’intérêt des enquêteurs et des magistrats.

      Y-a-t-il quelque chose de pourri au royaume de la culture institutionnelle nantaise  ? Depuis quelques mois, certains des plus gros acteurs du secteur se retrouvent malgré eux sous les feux de la rampe, devant un public pour le moins inhabituel d’enquêteurs et de magistrats. Jusqu’à ce double coup de théâtre, vendredi 12 mars, avec l’annonce de la démission de la directrice générale de la Folle journée, suite à des mouvements financiers suspects ; et celle d’une perquisition menée par la police judiciaire au siège du Voyage à Nantes (VAN), visant notamment la gestion de l’une des Machines de l’île, le Carrousel des mondes marins.

      La Folle journée, le Voyage à Nantes, les Machines de l’île… Voilà donc les trois principaux piliers de décennies de politique culturelle «  à la nantaise  » frappés par un tremblement de terre. Trois institutions phares créées du temps où Jean-Marc Ayrault dirigeait Nantes et qui ont largement contribué à «  réveiller  » la ville, à transformer son image et à doper son attractivité. Trois monuments qui, au fil des ans, ont pris une place considérable dans le paysage culturel et vacillent aujourd’hui sur leurs bases.

      Irrégularités financières à la Folle journée
      Comme un paradoxe, c’est à la mairie de Nantes que se situe l’épicentre du premier séisme. Vendredi 12 mars, en début d’après-midi, la ville publie un communiqué annonçant la démission de Joëlle Kerivin, directrice de la société d’économie mixte (SAEM) pilotant la Folle journée.

      La suite (payante) : https://www.mediacites.fr/breve/nantes/2021/03/18/la-culture-%e2%80%afa-la-nantaise%e2%80%af-rattrapee-par-les-affaires

    • Folle journée de Nantes : après les malversations comptables, péril financier sur le fonds de dotation

      A sa création il y a dix ans, il était censé financer les actions sociales de la Folle Journée. Aujourd’hui, le "fonds de dotation pour le développement culturel" fait perdre de l’argent à la structure qui organise le festival de musique classique. Après "l’affaire Joëlle Kérivin", ce curieux paradoxe pousse la Ville à « remettre à plat tout le financement de la Folle Journée ».

      A la Folle Journée, l’hymne à la joie des vingt-cinq premières années de succès prend ces derniers mois des accents de requiem. Il y eut d’abord – crise sanitaire oblige - les reports successifs de l’édition 2021, qui devraient déboucher, fin mai, sur une programmation mezza-voce (une dizaine de concerts contre près de 300 en temps normal). Mi-mars, il y eut ensuite le séisme provoqué par la plainte déposée par la mairie de Nantes visant la directrice du festival de musique classique, Joëlle Kérivin, pour des «  mouvements de trésorerie très importants, liés à des avances de salaires et de frais de représentation  ».

      Si l’enquête est toujours en cours, les partenaires de la manifestation - publics comme privés - n’apprécient guère de la voir ainsi associée à des soupçons de malversations financières. Dans cet univers, on juge généralement que les petites histoires d’argent s’accordent mal à la grande musique des affaires culturelles. Et quand la justice vient se mêler de tout ça, la partition devient carrément dissonante.

      Voilà qui ne va pas arranger les affaires d’un satellite de la SAEM Folle Journée  : le fonds de dotation pour le développement culturel. Créé il y a 10 ans pour financer les actions solidaires de la Folle Journée, ce fonds enchaine depuis quelques années les déficits pour atteindre aujourd’hui une dette de plus de 344 000 euros. Une dette prise en charge par celle qu’il devait financer  : la SAEM Folle Journée. En clair  : le fonds de dotation devait rapporter de l’argent à la Folle Journée. Il lui en fait finalement dépenser.

      Pourtant, l’idée du fonds de dotation était novatrice et noble. Créé par une loi de 2008, cet organisme de mécénat devait engranger les dons des entreprises privées, afin de financer les initiatives solidaires de la Folle Journée en direction d’un public éloigné de la musique classique. Une bonne opération pour les finances publiques qui déléguaient ainsi les opérations solidaires aux mécènes. En retour de leurs dons financiers, ces derniers bénéficiaient d’une déduction d’impôt de 60 % du montant de leur don. Du "gagnant-gagnant", donc.

      La suite payante : https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2021/05/06/folle-journee-de-nantes-apres-les-malversations-comptables-peril-financie

  • Dans l’Est lyonnais, le « tramway Aulas » roule à vide Par Brianne Cousin - 27 avril 2021 - mediacites

    Dix passagers en moyenne dans des rames qui pourraient en accueillir 200… Inauguré en février dernier, le tramway T7 qui dessert l’OL Vallée peine à démontrer son utilité et celle de son investissement à 1,6 million d’euros.


    En service depuis trois mois, le tramway dessert « le pôle économique et de loisirs » développé par Jean-Michel Aulas toutes les 15 minutes. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

    Il arpente l’Est lyonnais depuis le 1er février dernier. Le nouveau tramway T7 relie en dix minutes les arrêts « Vaulx-en-Velin La Soie » et « Décines OL Vallée ». Soit quatre stations (avec « Décines Centre » et « Décines Grand Large ») pour un départ toutes les quinze minutes. De quoi désengorger, aux heures de pointe, le tram T3, dont il emprunte en grande partie l’itinéraire. C’est en tout cas . . . .

    La suite payante  : https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2021/04/27/dans-lest-lyonnais-le-tramway-aulas-roule-a-vide

    #Lyon #tramway #Transports #des_grands_projets..._inutiles_ #infos_locales

  • Pesticides en Loire-Atlantique : colère, honte et oubli, la triple peine des victimes | Mediacités
    https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2021/01/28/pesticides-en-loire-atlantique-colere-honte-et-oubli-la-triple-peine-des-

    Cinquième et dernier épisode de notre grande enquête sur les pesticides en Loire-Atlantique. Où l’on s’intéresse aux victimes des #pesticides et notamment aux premières d’entre elles : les #agriculteurs. Plus fréquemment touchés que le reste de la population par certaines pathologies (maladie de #Parkinson, #lymphomes, #cancers de la prostate), ils doivent batailler pied à pied pour les faire reconnaître comme #maladies_professionnelles. Mais aussi, entre fidélité au métier et culpabilité, lutter contre le silence qui pèse encore sur le sujet au sein de la profession.

    #paywall

  • Un général accusé d’avoir couvert des actes de torture brigue la présidence d’Interpol | Mediacités

    Inspecteur général de la police des #ÉmiratsArabesUnis, #AhmedNasserAl-Raisi est, pour le moment, le seul candidat connu à la tête de l’agence mondiale basée à #Lyon. Deux britanniques, dont l’un a accepté de témoigner pour #Mediacités, l’accusent d’avoir fermé les yeux sur des actes de torture dont ils disent avoir été victimes.

    https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2020/11/10/un-general-accuse-davoir-couvert-des-actes-de-torture-brigue-la-presidenc

    #interpol #police

  • L’offensive de dernière minute des maires anti-5G du Grand Lyon
    https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2020/09/15/loffensive-de-derniere-minute-des-maires-anti-5g-du-grand-lyon

    Grégory Doucet à Lyon, Cédric Van Styvendael à Villeurbanne, mais aussi Julien Vuillemard à Vernaison, s’opposent au passage à la nouvelle génération de téléphonie mobile sans « débat démocratique décentralisé ». Un vœu pieu ? L’État allouera les fréquences nécessaires à cette technologie dès la fin du mois et une vingtaine d’antennes 5G quadrillent déjà l’agglomération, comme Mediacités l’a cartographié. 29 juin – 29 septembre : simple coïncidence ou pied de nez au débat démocratique ? Les enchères de la 5G - en (...)

    #5G #écologie #technologisme

  • Crise de nerfs à Sciences Po Lille autour d’un « poste à moustache »
    https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2020/07/17/crise-de-nerfs-a-sciences-po-lille-autour-dun-poste-a-moustache

    Le recrutement d’un maître de conférence sur lequel pèse des soupçons de favoritisme a fait l’objet d’un recours en annulation au tribunal administratif et d’un signalement au procureur, générant des tensions au sein de l’établissement nordiste. L’affaire met en lumière l’existence de postes d’enseignants faussement ouverts au concours, dits « postes à moustache » dans le milieu universitaire.

    Cette affaire a déchiré le vivre-ensemble à l’école. Elle a créé un conflit qui a forcé tout le monde à choisir qui soutenir. » Pour ce professeur vétéran de Sciences Po Lille, qui s’exprime sous couvert d’anonymat (voir l’encadré En Coulisses), il n’y a pas de doute : le recrutement controversé d’un enseignant-chercheur voilà deux ans a provoqué un traumatisme au sein de la grande école lilloise.

    En février 2018, l’IEP de Lille décide d’ouvrir un poste de maître de conférences en « sociologie financière et fiscale ». Quatre candidats postulent. Un est retenu. Jusque-là, hormis l’intitulé plutôt original du poste, rien que de très banal. Sauf que les trois candidats recalés décident de déposer un recours en annulation du concours au tribunal administratif. Plus étonnant encore, des enseignants, membres de la commission scientifique, adressent un signalement en mai de la même année auprès du procureur de la République pour faux et usage de faux.

    « L’affaire » commence lorsqu’un des candidats non retenus désire prendre connaissance de son dossier. Comme il réside à l’étranger, sa candidature doit faire l’objet d’un examen préalable du conseil scientifique. Et de fait, un procès verbal atteste de la tenue d’une réunion. Problème, trois enseignants de Sciences Po, sur les neuf membres de ce comité, affirment ne pas avoir été présents ce jour-là. Et se disent « choqués » d’avoir vu leur signature apposée sur le procès verbal. Ils décident donc de le signaler au Procureur.


    Fausses signatures
    
Dans ces signalements, que Mediacités a pu consulter, les enseignants s’émeuvent de l’usurpation de leur signature. « Je n’ai reçu aucune convocation à cette réunion, aucun ordre du jour, aucune pièce préparatoire, et je doute fortement qu’elle ait eu lieu » ; « ces documents me paraissent être des faux et sont de nature à me causer un grave préjudice professionnel et moral », peut-on notamment y lire.

    Tous leurs collègues ne partagent pas cet émoi. « C’est secondaire, c’est du détail, tente d’expliquer un enseignant-chercheur qui ne siège pas dans cette commission scientifique. Il aurait mieux valu régler ça en interne plutôt que d’entacher la réputation de l’institution. Il y a certes des informalités. Mais il nous arrive de signer des PV a posteriori, notamment pour des jurys sans délibération. » Sauf que dans ce cas précis, les membres en question s’insurgent qu’on puisse utiliser leur signature sans leur consentement. « C’est clairement un faux en écriture alors que . . . . . .

    #sciences_po #SciencesPo #Sciences-Popo #faux #usage_de_faux #faux_en_écriture #procès_verbal #lille #france #IEP #conseil_scientifique

  • L’élection des présidents dans les métropoles : la démocratie confisquée par les élus
    https://www.mediacites.fr/tribune/national/2020/07/13/lelection-des-presidents-dans-les-metropoles-la-democratie-confisquee-par-les-elus/?mc_cid=e250c5812d&mc_eid=6eb9734654

    Les désignations à huis-clos des présidents des intercommunalités ont consacré les mécanismes de confiscation de la démocratie locale par les élus à un point jamais atteint, estime Fabien Desage, maître de conférence en sciences politiques à l’Université de Lille.

    l y a près de 10 ans, avec David Guéranger, nous publiions un ouvrage consacré à l’histoire et au fonctionnement des intercommunalités en France, avec un titre volontairement interpellant : « La politique confisquée ». Loin d’être polémique, ce dernier soulignait, sur la base de recherches rigoureuses menées durant de nombreuses années selon les canons scientifiques en vigueur, combien les pouvoirs métropolitains en France s’étaient développés à l’abri des regards des citoyens, donnant lieu à des compromis entre élus locaux, à bonne distance des procédures démocratiques https://www.mediacites.fr/decryptage/lille/2018/06/29/les-intercommunalites-sont-des-prisons-dorees-pour-les-elus . Nous montrions que loin d’être provisoires, ces « consensus métropolitains » faisaient désormais partie de l’ADN de ces structures, partout en France, et qu’ils étaient souhaités si ce n’est désirés par des élus locaux s’accommodant fort bien de cette distance avec le peuple.

    Ces « consensus communautaires » ne sont pas le résultat d’accords sur les objectifs de l’action publique ou de la volonté de dépasser les « logiques politiciennes », mais en sont au contraire l’expression la plus pure. Ils traduisent l’autonomisation croissante des logiques d’action des représentations par rapport à l’élection. Au sein des intercommunalités, les élus municipaux à peine élu.es scellent ainsi des « pactes de non-agression » avec leurs adversaires d’hier, qui n’ont pour seule fin que de préserver leur pré-carré communaux et de leur permettre de négocier la répartition des ressources intercommunales à l’abri des regards.

    Une logique de consensus paralysante
    Ces ressources intercommunales sont pourtant colossales. Aujourd’hui, disons le sans ambages, les établissements intercommunaux concentrent l’essentiel des moyens d’investissement au niveau local, indispensables pour faire face aux défis de l’avenir, sur les plans social, sanitaire, économique et climatique. Mais les consensus entre élus, loin d’augmenter la capacité d’agir de ces instances, ont pour effet de les paralyser, de les empêcher de faire des choix qui soient autre chose que des plus petits dénominateurs communs. Des « non choix » en somme, à un moment où les arbitrages sont essentiels.

    Tout cela est fort bien démontré par tous les chercheurs qui s’intéressent à ces structures. Ainsi, aucune métropole, en dépit des nombreuses réformes de la loi NOTRe en passant par la loi MAPTAM , n’est parvenue à freiner la consommation des terres agricoles, à lutter contre la hausse de la pollution atmosphérique ou contre les logiques ségrégatives croissante au sein des espaces urbains. Autant de maux, qui menacent nos villes de grands périls. 

    Les désignations à huis-clos des présidents des métropoles cette dernière semaine ont consacré les mécanismes de confiscation de la démocratie locale par les élus, à un point jamais atteint. Jusqu’à l’indécent, dans un contexte où chacun se sentait obligé de proclamer qu’il ou elle avait tiré les leçons des échecs du « monde d’avant »…

    Farce tragique
    Ainsi de Martine Vassal ou de Patrick Ollier, réélus président.es de leurs métropoles respectives d’Aix-Marseille-Provence et du Grand-Paris, en dépit des évolutions électorales et, surtout, de leur délégitimation électorale évidente. Défaite à Marseille, Martine Vassal, la mal nommée, continue d’être « primus inter pares ». Pour être réélu.es, ces sortants ont noué des accords partisans incompréhensibles pour le quidam, qui contribueront, outre les accusations de collusion, à favoriser l’immobilisme de ces structures et leur incapacité à faire face aux défis essentiels de gouvernement des villes.

    Au sein de la métropole européenne de Lille, La 4ème du pays en importance, qui compte 1,2 million d’habitant.es, l’élection du président a tourné à la farce https://www.mediacites.fr/reportage/lille/2020/07/10/election-a-la-metropole-de-lille-on-prend-les-memes-et-on-recommence . Une farce tragique pour cette agglomération, la plus inégalitaire de France après… les agglomérations parisienne et marseillaise ! (d’après les travaux du collectif Degeyter https://www.mediacites.fr/interview/lille/2017/05/25/lille-une-agglomeration-toujours-plus-inegalitaire ). En dépit de sa mise en examen pour « trafic d’influence passif » et « complicité de favoritisme » dans l’affaire du grand stade, d’enquêtes en cours relatives à des abus de biens sociaux, le président sortant, maire de droite d’une petite commune de la MEL – a en effet été largement et facilement réélu à la tête de l’institution, avec le soutien du groupe des socialistes et apparentés (avec Martine Aubry à la manoeuvre https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2020/07/06/presidence-de-la-mel-aubry-choisit-castelain-malgre-tout ), de plusieurs élus LR (dont le maire de Marcq-en-Baroeul https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2020/06/30/apres-les-municipales-damien-castelain-en-pole-position-pour-la-metropole ) et le cortège des maires « sans étiquette » des communes périurbaines.

    Plus encore sans doute, c’est l’absence totale de débat https://www.mediacites.fr/tribune/national/2020/07/13/lelection-des-presidents-dans-les-metropoles-la-democratie-confisquee-par-les-elus/?mc_cid=e250c5812d&mc_eid=6eb9734654#annexe-1 lors de la campagne autour de la position pourtant préparée de longue date de Martine Aubry et des élus de son groupe qui interpelle et éclaire la vraie nature des compromis faustiens métropolitains. Certains observateurs se rassurent – à tort – en voyant dans le soutien des maires de Tourcoing et de Roubaix à un autre candidat le signe de la « fin du consensus ». C’est bien mal connaître le fonctionnement de ces instances que de le croire. 

    Faut-il rappeler que ces maires de droite de Tourcoing et de Roubaix ont été des soutiens directs du président Castelain et de la MEL durant le précédent mandat ? Qu’ils ont voté le choix de la location de longue durée du nouveau siège – le “Biotope” – récemment étrillé par la Chambre régionale des comptes, comme la quasi-unanimité des conseillers communautaires, avant de se rétracter pour une partie d’entre eux quand il était trop tard.

    Défaut de politique redistributive
    Comme toujours, dans cet espace en permanence « confiné » que constitue le conseil métropolitain, les opposants d’aujourd’hui seront les soutiens discrets de demain. Si d’aventure le président Castelain devait quitter ses fonctions forcé à le faire par la justice https://www.mediacites.fr/complement-denquete/lille/2017/08/01/damien-castelain-nechappera-pas-au-tribunal-pour-trafic-dinfluence-passif ce qui n’est pas improbable, on peut parier que les « contestataires » rentreront dans le rang et soutiendront la formation d’un exécutif consensuel élargi, qui leur permettrait de réassurer leur position, au détriment des intérêts des habitants de leurs communes.

    Parce qu’il faut le rappeler avec force : si les maires des grandes villes trouvent opportun de rallier la majorité de la MEL pour défendre le soutien de cette dernière à leurs « grands projets » contestés (à l’image de Saint-Sauveur pour Martine Aubry à Lille), c’est au détriment des intérêts d’une grande partie de leur population. Majoritairement peuplées par les classes populaires, Lille, Roubaix et Tourcoing sont les territoires dont les habitants perdent le plus à des compromis avec les élus des communes périurbaines et/ou privilégiées, qui empêchent toute politique réellement redistributive à l’échelle intercommunale qui tiendrait compte de ces inégalités et tenterait de les résorber.

    De la sorte, ces maires de grandes villes déjà si mal élus (moins de 15% des inscrits) nourrissent l’indifférence voire la défiance des citoyens à leur égard, à l’égard des institutions politiques, et creusent un peu plus la tombe de la démocratie locale, en même temps que la leur et que la nôtre…

    #Démocratie #Démocratie_locale #Farce #Communes #Métropoles #intercommunalités #consensus #ségrégation #terres_agricoles #pollution_atmosphérique #martine_aubry #Lille #Roubaix #Tourcoing #grands_projets #Saint-Sauveur #Loi_NOTRe #Loi_MAPTAM #Fabien_Desage

    Loies NOTRe et MAPTAM
    Les lois NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République, août 2015) et MAPTAM (Modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles, janvier 2014) ont pour but de redéfinir et clarifier les compétences entre les différentes collectivités territoriales. Elles renforcent notamment le pouvoir des régions et des métropoles. 

    • 10 000 « esclaves » dans les usines de Leicester
      http://www.lessentiel.lu/fr/news/europe/story/10-000-esclaves-dans-les-usines-de-leicester-28304438

      La pandémie de coronavirus a mis en lumière les conditions de travail dans les ateliers textiles de Leicester, ville d’Angleterre. Une enquête va être ouverte.

      Jusqu’à 10 000 personnes sont employées dans des conditions proches de l’esclavage, dans les ateliers textiles de Leicester, une ville du centre de l’Angleterre, a affirmé lundi un député local. La ministre de l’Intérieur, Priti Patel, s’en est émue devant le Parlement lundi, dénonçant « ce fléau moderne » et son ministère a annoncé l’ouverture d’une enquête sur ces allégations par l’Agence nationale contre la criminalité (NCA), alors que, depuis quelques jours, les dénonciations publiques de la situation dans les usines de Leicester se multiplient.

      Une flambée de cas de coronavirus a poussé les autorités, fin juin, à prolonger d’au moins deux semaines le confinement dans cette ville industrielle des Midlands. Les ateliers de confection ont continué à fonctionner pendant le confinement et ils sont soupçonnés d’avoir joué un rôle dans la deuxième vague de contaminations. Ce qui a braqué les projecteurs sur les pratiques dans ces usines.

      Boohoo montrée du doigt
      Selon le député conservateur Andrew Brigden, interrogé par l’AFP, jusqu’à 10 000 personnes pourraient être employées pour un salaire de misère de 2 livres sterling de l’heure (environ 2,2 euros). Les victimes de ces pratiques sont « un mélange de gens du cru et de travailleurs immigrés, dont certains seraient en situation illégale, raison pour laquelle ils sont réduits en esclavage », a ajouté Andew Brigden. Labour Behind the Label, un groupe de défense des droits des travailleurs, a assuré dans un rapport que certaines usines fonctionnaient à plein régime pendant la crise, même quand un salarié avait été testé positif, alors qu’il était « inconcevable » qu’elles puissent respecter les mesures préconisées contre le virus, comme les gestes barrière.

      « Cela fait des années que circulent les allégations d’abus dans bon nombre de sociétés de Leicester », a souligné Dominique Muller, de Labour Behind the Label. Selon un récent rapport parlementaire, Leicester, une ville à forte diversité ethnique, compte un bon millier d’ateliers textiles. Labour Behind The Label accuse les marques comme Boohoo, spécialiste de la « Fast Fashion », de piétiner le droit du travail.

      #esclavage en #Angleterre #migrants #textile #Fast Fashion #confinement #covid-19 #coronavirus #contamination #travail #MissPap #PrettyLittleThing #Nasty_Gal

  • Hébergement des jeunes migrants : les débuts chaotiques du sous‐traitant de la Métropole de Lyon | Mediacités

    https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2020/05/05/hebergement-des-jeunes-migrants-les-debuts-chaotiques-du-sous%E2%80%90tra

    L’un fait le ménage, son voisin termine la vaisselle, les autres discutent de leur journée en apprentissage. Plomberie, BTP, restauration… Les jeunes hommes – des mineurs ayant fui leurs pays d’origine en Afrique – travaillent dur la journée. « Le soir, ils peuvent rentrer chez eux, partager un repas. Et nous venons nous assurer que tout va bien », détaille Pierre‐Antoine Lepage, directeur général du groupement d’associations qui gère les lieux, RelYance Terrami(e)s.

    L’organisme est chargé de l’hébergement et de l’accompagnement de jeunes migrants, scolarisés le plus souvent en alternance dans des métiers en tension. Pour notre venue, ce jeudi 12 mars au soir, le responsable, assisté de deux éducateurs, a concocté une visite digne d’un voyage de presse. « Ici, c’est une colocation qui se passe bien », précisent‐ils, un peu tendus par cet exercice de communication. Au même moment, le président de la République annonce la fermeture des écoles, prémices du confinement général qui suivra quelques jours plus tard [lire ci‐dessous l’encadré En coulisses].
    Belle vitrine
    Cinq jeunes migrants d’origine africaine, reconnus mineurs par les services de la Métropole de Lyon, habitent dans cette petite rue calme du 3e arrondissement. L’appartement est haut de plafond, rafraîchi, meublé sans harmonie mais de manière confortable. L’ambiance est sereine. « Nous accueillons ainsi 165 jeunes migrants dans des appartements un peu partout dans toute la Métropole, poursuit Pierre‐Antoine Lepage. Et ce, en quelques semaines seulement d’existence. »

    La vitrine est belle. Des jeunes autonomes dans des appartements bien tenus. Un accompagnement social de qualité. Aux antipodes de la situation documentée par Mediacités dès 2017, quand les services du Grand Lyon dépassés se montraient incapables de remplir leur mission de protection de l’enfance, qui concerne les mineurs non‐accompagnés (MNA), ces jeunes migrants arrivés seuls sur le territoire français. A l’époque, la collectivité est régulièrement accusée de se montrer très sélective avant de leur reconnaître le statut de mineur, laissant bon nombre de jeunes à la rue, sans solution d’hébergement

  • Coronavirus : derrière la pénurie de masques, une répartition opaque sur le territoire

    Alors que la polémique persiste sur le manque de #masques pour les personnels médicaux confrontés au #Covid-19, Mediacités dévoile un document interne au ministère de la Santé qui pose question : les équipements de protection sont répartis en toute opacité sur le territoire français.

    https://www.mediacites.fr/enquete/national/2020/03/30/coronavirus-derriere-la-penurie-de-masques-une-repartition-opaque-sur-le-
    #paywall
    #inégalités #opacité #distribution #répartition #France

  • #TousSurveillés : dans le #GrandLyon, vidéosurveillance partout, efficacité toujours à démontrer | #Mediacités

    D’après le décompte effectué par Mediacités, 51 des 59 communes de la Métropole se sont équipées de caméras de surveillance, y compris la réfractaire #Villeurbanne. Alors même que leur efficacité est sujette à controverse voire à une certaine opacité comme nous l’avons découvert au sujet d’une étude commandée par la ville de #Lyon.

    https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2020/02/10/toussurveilles-dans-le-grand-lyon-videosurveillance-partout-efficacite

    #surveillance

  • #TousSurveillés : Petit à petit, les caméras de vidéosurveillance maillent la métropole toulousaine | Mediacités
    https://www.mediacites.fr/enquete/toulouse/2020/02/10/toussurveilles-petit-a-petit-les-cameras-de-videosurveillance-maillent-la

    En passant de 21 à 400 caméras installées à Toulouse, Jean-Luc Moudenc a fait de la vidéosurveillance un marqueur fort de son mandat. Instaurant dans la métropole un standard sécuritaire qui ravit les polices municipales et gagne peu à peu l’ensemble des communes. Ça ne durera peut-être pas très longtemps mais la métropole toulousaine n’est pas encore submergée de caméras. Sur les 37 communes qui la composent, 21 sont aujourd’hui dotées d’un système de vidéoprotection et/ou de vidéosurveillance . Ce (...)

    #CCTV #police #vidéo-surveillance #surveillance

  • #TousSurveillés : À Nantes, la vidéosurveillance flirte avec les limites de la légalité | Mediacités
    https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2020/02/10/toussurveilles-a-nantes-la-videosurveillance-flirte-avec-les-limites-de-l

    Drôle de paradoxe. Alors que Johanna Rolland est largement attaquée sur son bilan sécuritaire, son mandat a vu Nantes se doter d’un large réseau de caméras de surveillance. La ville demande même aux agents qui scrutent les images de jouer « un rôle actif » qui pose question. Qui les remarque encore ? Depuis deux ans, des mâts de vidéosurveillance se sont incrustés dans le paysage nantais. La ville compte 134 caméras selon le décompte communiqué par la municipalité à Mediacités. Cette implantation (...)

    #CCTV #drone #police #vidéo-surveillance #surveillance

  • #TousSurveillés : la Métropole de Lille, VRP de la vidéosurveillance | Mediacités
    https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2020/02/10/toussurveilles-la-metropole-de-lille-vrp-de-la-videosurveillance

    Longtemps réticente aux caméras, Martine Aubry a jusqu’à présent empêché le développement de la vidéosurveillance à Lille. Mais autour, la MEL a initié une politique (très) incitative qui a converti des dizaines de communes et fait les bonnes affaires du groupe Eiffage. Ce samedi 1er février, Martine Aubry dévoile son programme et au chapitre de la lutte contre « les incivilités et les désordres urbains », on peut lire : « Recours accru à la vidéoprotection avec des caméras fixes (…) et des caméras (...)

    #CCTV #police #vidéo-surveillance #surveillance #Eiffage

  • #TousSurveillés : dans le Grand Lyon, vidéosurveillance partout, efficacité toujours à démontrer | Mediacités
    https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2020/02/10/toussurveilles-dans-le-grand-lyon-videosurveillance-partout-efficacite

    D’après le décompte effectué par Mediacités, 51 des 59 communes de la Métropole se sont équipées de caméras de surveillance, y compris la réfractaire Villeurbanne. Alors même que leur efficacité est sujette à controverse voire à une certaine opacité comme nous l’avons découvert au sujet d’une étude commandée par la ville de Lyon. La mairie en revendique 558 quand la préfecture n’en comptabilise que 455. Une chose est sûre : les caméras de vidéosurveillance prolifèrent sur les berges du Rhône et de la Saône, et (...)

    #CCTV #police #vidéo-surveillance #surveillance