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  • https://www.lexpress.fr/societe/un-crime-signe-ankara-et-des-silences-francais-lincroyable-affaire-du-tripl

    Ce 2 décembre 2025, face au juge d’instruction Vincent Raffray, la mémoire de Manuel Valls flanche sérieusement. Certes, l’affaire pour laquelle l’ancien premier ministre est entendu comme témoin date de 2013, mais quelle affaire ! L’exécution de trois militantes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), guérilla séparatiste et bête noire de l’Etat turc, en plein Paris… Au moment même où des négociations de paix commençaient, à 3 000 kilomètres de là, pour mettre fin à ce conflit vieux de trente ans. Au 147, rue La Fayette, à deux pas de la gare du Nord, un pistolet semi-automatique de calibre 7,65 millimètres a tiré dix balles. Aucune n’a loupé sa cible. Les victimes se nomment Sakine Cansiz, l’une des fondatrices du PKK réfugiée en France, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. Un triple assassinat sans meurtrier condamné, sans commanditaire inculpé, treize ans plus tard. Bref, un crime sans coupable. Le mystère tient en deux mots : raison d’Etat. Car nul n’ignore aujourd’hui les liens qui unissaient le principal suspect, Omar Güney et les services secrets turcs. A fortiori pas Manuel Valls, ministre de l’Intérieur à l’époque.

    Au juge Raffray, ce 2 décembre, Valls concède que ce crime était « une opération, comme ça l’a été démontré, des services de renseignement turcs », selon le procès-verbal d’audition, que L’Express a pu consulter. En revanche, l’ex-socialiste n’a aucun souvenir de son rendez-vous avec l’ambassadeur de Turquie à Paris le 21 janvier 2013. Soit onze jours seulement après la tuerie. « Je n’en ai aucune trace dans mon agenda, et mes deux collaborateurs ne se rappellent pas non plus cette entrevue » réitère Manuel Valls à L’Express. Le diplomate turc aurait pourtant envoyé à sa hiérarchie un compte rendu de cet entretien, d’après un document confidentiel obtenu par les avocats turcs des parties civiles. Ce jour-là, le ministre fait état à l’ambassadeur de l’avancée de l’enquête, évoque des meurtres « réalisés d’une manière très professionnelle », liste les éléments de preuve contre le suspect, désigné comme « le responsable de ces assassinats ». Et rassure son interlocuteur : « Nous allons continuer de combattre le PKK » - classé organisation terroriste par la Turquie comme par la France. « Ces propos attestent de la collaboration intime entre Paris et Ankara, s’étrangle l’un des avocats des parties civiles. Cela explique peut-être le laisser-faire des autorités françaises dans cette affaire. » Un diplomate français abonde : « La France s’est écrasée pour ne pas compromettre ses relations avec la Turquie. »

    Il faut retracer la chronologie de cet incroyable dossier, où s’empilent les éléments à charge contre Omar Güney, et à travers lui le service de renseignement turc du « Millî İstihbarat Teşkilatı », plus connu sous l’acronyme « MIT », pour saisir l’ampleur de ce scandale d’Etat et le poids des silences français. C’est bien simple : tout accuse Omar Güney. Ce trentenaire turc est le dernier à avoir vu vivantes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez le 9 janvier 2013. Il avait toute leur confiance, ayant approché depuis l’automne 2011 la communauté, en quête, disait-il, de ses racines kurdes. Les caméras de vidéosurveillance l’ont filmé entrant dans l’immeuble peu de temps avant les crimes. L’ADN de l’une des victimes a été retrouvé sur sa parka et des traces de poudre identifiées sur sa sacoche.

    Un « Loup gris » grimé en kurde

    L’enquête révèle rapidement le vrai visage du suspect, incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes : un ultranationaliste, membre des Loups gris, la milice affiliée au parti nationaliste turc MHP, vivier connu des services secrets pour leurs basses besognes. Des photos de la précédente vie de Güney en Allemagne le montrent arborant la moustache caractéristique des Loups gris, redescendant de part et d’autre de la bouche, tels deux crocs. Le téléphone portable de l’assassin présumé complète le portrait : les enquêteurs y trouvent, dans les fichiers supprimés, 329 photos des fiches d’adhérents de l’association kurde de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), dont il était membre. Clichés pris la veille du crime, entre 4h23 et 5h33 du matin et envoyés à un mystérieux correspondant. S’ajoutent à ce tableau une série d’allers-retours en Turquie dans les semaines précédant le triple assassinat, voyages dont Güney s’était bien gardé de parler à ses « amis kurdes ». Tout indique que Güney est un infiltré. Mais au service de qui ?

    Deux documents fracassants font bientôt basculer l’affaire. D’abord cet enregistrement diffusé sur YouTube le 12 janvier 2014. La conversation se déroule en turc entre trois hommes, supposément Omer Güney et deux membres du MIT, qui évoquent les cibles potentielles du tueur, plusieurs hauts dirigeants du PKK, et le plan pour s’en débarrasser sans se « faire attraper » (sic). L’audio n’a pas été formellement authentifié, mais plusieurs proches de Güney y reconnaissent sa voix et la police scientifique de Lyon a conclu à une très forte analogie entre les deux voix. Deux jours après cette fuite, un second document, plus accablant encore, est publié par le quotidien Sol, fervent opposant au gouvernement Erdogan. Présenté comme une note d’information des services secrets, il porte la mention « gizli » : « confidentiel ». Le rapport, daté du 18 novembre 2012, détaille par le menu le plan d’assassinat de Sakine Cansiz. Deux individus, désignés comme « la Source » et « le Légionnaire » en seront chargés. Le premier, dont le profil correspond a celui de Güney, a reçu la somme de « 6 000 euros », utilisable « pour mettre hors d’état de nuire » la cible.

    Plan d’évasion

    Au même moment, à Paris, le dossier d’instruction s’épaissit. La section antiterroriste vient de mettre la main sur une nouvelle pièce à conviction. Le 4 janvier 2014, Omer Güney reçoit une visite au parloir de Fresnes. La justice a donné son feu vert pour enregistrer la conversation du détenu avec son ami Ruhi Semen, un Turc d’Allemagne, ancien collègue d’usine de Güney. La pêche est bonne : le prisonnier charge son visiteur d’aller voir « Mutti » à Ankara ("maman", en allemand) pour lui apporter « des nouvelles de Paris » et lui glisse un mystérieux papier à transmettre. Le message est codé. Mutti désigne en fait le MIT. Ruhi Semen l’avouera lui-même à la police allemande trois semaines plus tard. L’analyse de son téléphone révèle la nature du document passé ce jour-là au parloir, sobrement intitulé : « plan d’évasion ». Il consiste à organiser la fuite de Günen lors d’une de ses hospitalisations, régulières, à l’hôpital de la Pitié-Salpètrière. Les lieux sont repérés, l’arsenal nécessaire détaillé. Le plan tombe finalement à l’eau.

    L’implication des services secrets turcs pointée

    Après deux ans et demi d’enquête, le parquet réclame le renvoi devant une cour d’assises d’Omer Güney, pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste. Fait inédit, il écrit noir sur blanc que « de nombreux éléments de la procédure permettent de suspecter l’implication du MIT dans l’instigation et la préparation des assassinats. » Une inconnue demeure : « Les investigations n’ont pas permis d’établir si ces agents du MIT ont participé à ces faits de façon officielle, avec l’aval de leur hiérarchie, ou s’ils l’ont fait à l’insu de leur service, afin de le discréditer ou de nuire au processus de paix. »

    Le doute est permis, vu les dissensions qui ébranlent l’Etat turc depuis le début des années 2010. Erdogan fait la chasse aux traîtres, dont les membres de la confrérie de l’influent prédicateur Fethullah Gülen, autrefois son allié. Les fuites en série dans l’affaire du triple assassinat du 147, rue La Fayette ont-elles à voir avec ces règlements de compte ? Possible. Le principal suspect ne saurait y répondre : il est mort en décembre 2016 d’un cancer du cerveau, à un mois de l’ouverture du procès. L’instruction court toutefois toujours, relancée par une nouvelle plainte de la défense contre X, pour poursuivre les commanditaires.

    Mais l’enquête piétine. Les rares documents déclassifiés, à la demande des avocats, arrivent sur leurs bureaux si caviardés qu’ils n’apportent aucune valeur ajoutée. A l’évidence, ni l’Etat français ni l’Etat turc n’ont intérêt à ce que la vérité soit dite. Aujourd’hui pas plus qu’il y a treize ans. « En 2013, les interrogations qui surgissent rapidement sur les liens entre Omer Güney et de possibles commanditaires au sein de l’Etat turc tombent en fait au plus mal dans l’agenda franco-turc », rappelle la journaliste Laure Marchand dans son livre-enquête Triple assassinat au 147, rue La Fayette. A l’époque, les années Sarkozy ont abîmé la relation entre Paris et Ankara. Le président français, très hostile à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, méprise au plus haut point les Turcs. Ces derniers n’ont pas digéré la visite express du président français, le 25 février 2011 : 300 minutes, pas une de plus. Le vote, en janvier 2012, de la loi pénalisant la négation du génocide arménien - finalement retoquée par le Conseil constitutionnel - n’a rien arrangé. En Turquie, les personnels d’ambassade voient la coopération se déliter. « On était clairement ostracisés, se souvient l’attaché de défense d’alors, Patrice Moyeuvre. Il y avait à l’époque à Ankara une centaine d’attachés de défense étrangers, j’étais le seul à ne pas être invité aux cérémonies officielles. »

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    Ce 2 décembre 2025, face au juge d’instruction Vincent Raffray, la mémoire de Manuel Valls flanche sérieusement. Certes, l’affaire pour laquelle l’ancien premier ministre est entendu comme témoin date de 2013, mais quelle affaire ! L’exécution de trois militantes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), guérilla séparatiste et bête noire de l’Etat turc, en plein Paris… Au moment même où des négociations de paix commençaient, à 3 000 kilomètres de là, pour mettre fin à ce conflit vieux de trente ans. Au 147, rue La Fayette, à deux pas de la gare du Nord, un pistolet semi-automatique de calibre 7,65 millimètres a tiré dix balles. Aucune n’a loupé sa cible. Les victimes se nomment Sakine Cansiz, l’une des fondatrices du PKK réfugiée en France, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. Un triple assassinat sans meurtrier condamné, sans commanditaire inculpé, treize ans plus tard. Bref, un crime sans coupable. Le mystère tient en deux mots : raison d’Etat. Car nul n’ignore aujourd’hui les liens qui unissaient le principal suspect, Omar Güney et les services secrets turcs. A fortiori pas Manuel Valls, ministre de l’Intérieur à l’époque.

    Au juge Raffray, ce 2 décembre, Valls concède que ce crime était « une opération, comme ça l’a été démontré, des services de renseignement turcs », selon le procès-verbal d’audition, que L’Express a pu consulter. En revanche, l’ex-socialiste n’a aucun souvenir de son rendez-vous avec l’ambassadeur de Turquie à Paris le 21 janvier 2013. Soit onze jours seulement après la tuerie. « Je n’en ai aucune trace dans mon agenda, et mes deux collaborateurs ne se rappellent pas non plus cette entrevue » réitère Manuel Valls à L’Express. Le diplomate turc aurait pourtant envoyé à sa hiérarchie un compte rendu de cet entretien, d’après un document confidentiel obtenu par les avocats turcs des parties civiles. Ce jour-là, le ministre fait état à l’ambassadeur de l’avancée de l’enquête, évoque des meurtres « réalisés d’une manière très professionnelle », liste les éléments de preuve contre le suspect, désigné comme « le responsable de ces assassinats ». Et rassure son interlocuteur : « Nous allons continuer de combattre le PKK » - classé organisation terroriste par la Turquie comme par la France. « Ces propos attestent de la collaboration intime entre Paris et Ankara, s’étrangle l’un des avocats des parties civiles. Cela explique peut-être le laisser-faire des autorités françaises dans cette affaire. » Un diplomate français abonde : « La France s’est écrasée pour ne pas compromettre ses relations avec la Turquie. »
    LIRE AUSSI : Si Donald Trump claque la porte de l’Otan, Erdogan peut-il le remplacer ?

    Il faut retracer la chronologie de cet incroyable dossier, où s’empilent les éléments à charge contre Omar Güney, et à travers lui le service de renseignement turc du « Millî İstihbarat Teşkilatı », plus connu sous l’acronyme « MIT », pour saisir l’ampleur de ce scandale d’Etat et le poids des silences français. C’est bien simple : tout accuse Omar Güney. Ce trentenaire turc est le dernier à avoir vu vivantes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez le 9 janvier 2013. Il avait toute leur confiance, ayant approché depuis l’automne 2011 la communauté, en quête, disait-il, de ses racines kurdes. Les caméras de vidéosurveillance l’ont filmé entrant dans l’immeuble peu de temps avant les crimes. L’ADN de l’une des victimes a été retrouvé sur sa parka et des traces de poudre identifiées sur sa sacoche.
    Un « Loup gris » grimé en kurde

    L’enquête révèle rapidement le vrai visage du suspect, incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes : un ultranationaliste, membre des Loups gris, la milice affiliée au parti nationaliste turc MHP, vivier connu des services secrets pour leurs basses besognes. Des photos de la précédente vie de Güney en Allemagne le montrent arborant la moustache caractéristique des Loups gris, redescendant de part et d’autre de la bouche, tels deux crocs. Le téléphone portable de l’assassin présumé complète le portrait : les enquêteurs y trouvent, dans les fichiers supprimés, 329 photos des fiches d’adhérents de l’association kurde de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), dont il était membre. Clichés pris la veille du crime, entre 4h23 et 5h33 du matin et envoyés à un mystérieux correspondant. S’ajoutent à ce tableau une série d’allers-retours en Turquie dans les semaines précédant le triple assassinat, voyages dont Güney s’était bien gardé de parler à ses « amis kurdes ». Tout indique que Güney est un infiltré. Mais au service de qui ?
    LIRE AUSSI : Espions chinois à Paris : de la traque des dissidents au rapatriement des « vulnérables »

    Deux documents fracassants font bientôt basculer l’affaire. D’abord cet enregistrement diffusé sur YouTube le 12 janvier 2014. La conversation se déroule en turc entre trois hommes, supposément Omer Güney et deux membres du MIT, qui évoquent les cibles potentielles du tueur, plusieurs hauts dirigeants du PKK, et le plan pour s’en débarrasser sans se « faire attraper » (sic). L’audio n’a pas été formellement authentifié, mais plusieurs proches de Güney y reconnaissent sa voix et la police scientifique de Lyon a conclu à une très forte analogie entre les deux voix. Deux jours après cette fuite, un second document, plus accablant encore, est publié par le quotidien Sol, fervent opposant au gouvernement Erdogan. Présenté comme une note d’information des services secrets, il porte la mention « gizli » : « confidentiel ». Le rapport, daté du 18 novembre 2012, détaille par le menu le plan d’assassinat de Sakine Cansiz. Deux individus, désignés comme « la Source » et « le Légionnaire » en seront chargés. Le premier, dont le profil correspond a celui de Güney, a reçu la somme de « 6 000 euros », utilisable « pour mettre hors d’état de nuire » la cible.
    Plan d’évasion

    Au même moment, à Paris, le dossier d’instruction s’épaissit. La section antiterroriste vient de mettre la main sur une nouvelle pièce à conviction. Le 4 janvier 2014, Omer Güney reçoit une visite au parloir de Fresnes. La justice a donné son feu vert pour enregistrer la conversation du détenu avec son ami Ruhi Semen, un Turc d’Allemagne, ancien collègue d’usine de Güney. La pêche est bonne : le prisonnier charge son visiteur d’aller voir « Mutti » à Ankara ("maman", en allemand) pour lui apporter « des nouvelles de Paris » et lui glisse un mystérieux papier à transmettre. Le message est codé. Mutti désigne en fait le MIT. Ruhi Semen l’avouera lui-même à la police allemande trois semaines plus tard. L’analyse de son téléphone révèle la nature du document passé ce jour-là au parloir, sobrement intitulé : « plan d’évasion ». Il consiste à organiser la fuite de Günen lors d’une de ses hospitalisations, régulières, à l’hôpital de la Pitié-Salpètrière. Les lieux sont repérés, l’arsenal nécessaire détaillé. Le plan tombe finalement à l’eau.
    L’implication des services secrets turcs pointée

    Après deux ans et demi d’enquête, le parquet réclame le renvoi devant une cour d’assises d’Omer Güney, pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste. Fait inédit, il écrit noir sur blanc que « de nombreux éléments de la procédure permettent de suspecter l’implication du MIT dans l’instigation et la préparation des assassinats. » Une inconnue demeure : « Les investigations n’ont pas permis d’établir si ces agents du MIT ont participé à ces faits de façon officielle, avec l’aval de leur hiérarchie, ou s’ils l’ont fait à l’insu de leur service, afin de le discréditer ou de nuire au processus de paix. »

    Le doute est permis, vu les dissensions qui ébranlent l’Etat turc depuis le début des années 2010. Erdogan fait la chasse aux traîtres, dont les membres de la confrérie de l’influent prédicateur Fethullah Gülen, autrefois son allié. Les fuites en série dans l’affaire du triple assassinat du 147, rue La Fayette ont-elles à voir avec ces règlements de compte ? Possible. Le principal suspect ne saurait y répondre : il est mort en décembre 2016 d’un cancer du cerveau, à un mois de l’ouverture du procès. L’instruction court toutefois toujours, relancée par une nouvelle plainte de la défense contre X, pour poursuivre les commanditaires.
    LIRE AUSSI : Face à Recep Tayyip Erdogan, l’Europe ne doit pas trahir les démocrates turcs

    Mais l’enquête piétine. Les rares documents déclassifiés, à la demande des avocats, arrivent sur leurs bureaux si caviardés qu’ils n’apportent aucune valeur ajoutée. A l’évidence, ni l’Etat français ni l’Etat turc n’ont intérêt à ce que la vérité soit dite. Aujourd’hui pas plus qu’il y a treize ans. « En 2013, les interrogations qui surgissent rapidement sur les liens entre Omer Güney et de possibles commanditaires au sein de l’Etat turc tombent en fait au plus mal dans l’agenda franco-turc », rappelle la journaliste Laure Marchand dans son livre-enquête Triple assassinat au 147, rue La Fayette. A l’époque, les années Sarkozy ont abîmé la relation entre Paris et Ankara. Le président français, très hostile à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, méprise au plus haut point les Turcs. Ces derniers n’ont pas digéré la visite express du président français, le 25 février 2011 : 300 minutes, pas une de plus. Le vote, en janvier 2012, de la loi pénalisant la négation du génocide arménien - finalement retoquée par le Conseil constitutionnel - n’a rien arrangé. En Turquie, les personnels d’ambassade voient la coopération se déliter. « On était clairement ostracisés, se souvient l’attaché de défense d’alors, Patrice Moyeuvre. Il y avait à l’époque à Ankara une centaine d’attachés de défense étrangers, j’étais le seul à ne pas être invité aux cérémonies officielles. »

    L’homme du dégel s’appelle François Hollande. Il s’y attelle vite, d’autant que la France a grand besoin des services turcs pour interpeller les djihadistes français, de plus en plus nombreux, en 2013, à transiter par la Turquie pour rejoindre les rangs de l’Etat islamique en Syrie. « En échange de ces services, la France a-t-elle accepté de fermer les yeux sur l’affaire des militantes kurdes assassinées à Paris ? C’est une hypothèse », concède Didier Billion, directeur adjoint de l’Institut de relations internationales et stratégiques, auteur de La Turquie, un partenaire incontournable (Eyrolles, 2021).

    Treize ans plus tard, la Turquie d’Erdogan, plus répressive que jamais en interne, est devenue un poids lourd sur la scène géopolitique : allié militaire indispensable de l’UE, sponsorisé par elle pour lutter contre l’immigration irrégulière, pratiquant habilement la diplomatie du pendule entre la Russie et l’Ukraine. Elle est aussi un partenaire d’affaires pour la France, qui a vu ses échanges commerciaux bondir de 17,1 % en 2023 à 23,4 milliards d’euros, au-delà, de l’objectif des 20 milliards fixé en 2014 par François Hollande lors de la visite d’Etat en Turquie, une première depuis 22 ans. « La France n’a aucun intérêt à se fâcher définitivement avec la Turquie » résume une source diplomatique. Quitte à protéger des agents du MIT sur son sol ? Le cas de Zekeriya Çelikbilek, ancien militaire turc naturalisé français interroge pour le moins. En avril 2024, l’individu a été condamné en appel à cinq ans de prison par la justice belge pour sa participation à une organisation criminelle en vue de commettre des assassinats à Bruxelles… contre des cadres du PKK. Là encore, ses liens avec le sommet de l’Etat turc font peu de doutes. Çelikbilek a d’ailleurs été entendu dans l’affaire du triple assassinat de la rue La Fayette. Vingt mois après sa condamnation, la justice belge n’a toujours pas requis son arrestation en France, où il coule des jours paisibles à Reims. Le MIT peut dormir sur ses deux oreilles.

  • Mossad, les dessous de l’opération bipeurs du Hezbollah : les connexions françaises d’une mystérieuse intermédiaire

    https://www.lexpress.fr/monde/mossad-les-dessous-de-loperation-bipeurs-du-hezbollah-les-connexions-franca

    https://archive.ph/j0Iyz

    Enquête. Cristiana Barsony-Arcidiacono est accusée d’avoir facilité l’attaque meurtrière du 17 septembre 2024. Cette consultante italo-hongroise naviguait entre la recherche nucléaire et l’humanitaire, tout en conseillant un général français. Avant de disparaître.

  • Un an après son arrestation, le patron de Telegram Pavel Durov critique l’enquête française qui le vise – L’Express
    https://www.lexpress.fr/societe/justice/un-an-apres-son-arrestation-le-patron-de-telegram-pavel-durov-critique-lenq

    Par R.D. avec AFP - Publié le 25/08/2025

    Le 24 août 2024, son arrestation à l’aéroport du Bourget, près de Paris, faisait grand bruit. Un an plus tard, #Pavel_Durov, fondateur de #Telegram, a critiqué dans un message sur son canal officiel l’enquête française le visant, qui selon lui « peine toujours à établir une quelconque irrégularité ».

    (...)

    Après avoir obtenu un allégement de son contrôle judiciaire mi-juin, Pavel #Durov regrette de devoir « toujours revenir en France tous les 14 jours ». « Malheureusement, la seule conséquence de mon arrestation jusqu’ici a été un immense préjudice porté à l’image de la #France comme pays de liberté. Une chose est sûre, toutefois : nous continuerons de nous battre — et nous gagnerons », a-t-il encore dit.

    (...)

  • Donald Trump veut mettre fin aux programmes de sécurité européens axés sur la menace russe – L’Express
    https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-veut-mettre-fin-aux-programmes-de-securite-europeens-axes-sur-

    C’est encore un coup dur pour l’Europe, alors que les dirigeants européens attendent toujours que le président américain se positionne sur les garanties de sécurité en Ukraine. Selon un article du Washington Post publié jeudi, Donald Trump souhaite supprimer plusieurs de ses programmes d’aide à la sécurité en Europe, parmi lesquels l’initiative visant à fortifier le flanc oriental du continent contre une éventuelle attaque russe, avec la fourniture de fonds pour les infrastructures et la formation militaires de l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie.

    Dans un communiqué, la Maison-Blanche a expliqué que cette décision, qui aurait un impact sur des centaines de millions de dollars d’aide militaire dont dépendent ces membres les plus vulnérables de l’Otan, était « coordonnée » avec les Européens et conforme au décret présidentiel de Donald Trump publié plus tôt cette année, visant à réévaluer l’aide étrangère américaine, ainsi qu’à sa « volonté constante de garantir une plus grande responsabilité de l’Europe en matière de défense ». « Nous sommes satisfaits que les alliés européens prennent davantage d’initiatives en matière de défense », poursuit le texte, suscitant le désarroi chez certains de ses conseillers.

  • Ukraine : Flamingo, le nouveau missile de Kiev qui pourrait changer le cours de la guerre – L’Express
    https://www.lexpress.fr/monde/europe/ukraine-flamingo-le-nouveau-missile-de-kiev-qui-pourrait-changer-le-cours-d

    (...)

    Si la comparaison est juste, le missile ukrainien pourrait atteindre une vitesse maximale proche de 950 kilomètres-heure, voler au-delà de 5 000 mètres d’altitude et afficher une envergure de six mètres.

    (...)

    S’il s’agissait d’un missile iranien ou yéménite, on te dirait que le dome de fer n’en fera qu’une bouchée, mais que ma foi, ça donne une bonne raison de les bombarder préventivement. (note de ma part : 950 km/h, c’est pas hypersonique, et c’est même pas supersonique)

    Assurément, donc, en fonction de la guerre dont il s’agit, les mêmes armes ne changent pas le cours de la guerre de la même façon.

  • « Tout ça a fini par m’épuiser » : l’Isère, ce département où les démissions de maires explosent – L’Express
    https://www.lexpress.fr/societe/tout-ca-a-fini-par-mepuiser-lisere-ce-departement-ou-les-demissions-de-maires-explosent-CFGJGBHM5FCRZGEO7NAARBMZBA/?cmp_redirect=true

    Pendant quarante ans, Gérard Mathan a fièrement porté l’écharpe tricolore. En tant que maire de Belmont, dans l’Isère, il raconte avec satisfaction avoir enrayé la désertification de cette petite commune - passée de 200 à plus de 600 habitants en quatre décennies -, participé à la construction d’une école et d’une salle des fêtes, travaillé avec des dizaines d’adjoints. Mais en avril 2023, au milieu de son dernier mandat, l’édile a finalement décidé de présenter sa démission, « usé par les problèmes accumulés depuis des années ». Pêle-mêle, Gérard Mathan cite « les tensions qui se sont cristallisées au sein de son conseil municipal », les contestations « de plus en plus régulières » de ses décisions, les restrictions budgétaires, les relations avec la communauté de communes dans laquelle il a été « difficile de trouver sa place », ou encore « la défiance, voire la violence » de certains concitoyens.

    En 2020, le maire a ainsi été menacé par un habitant de « se faire rouler dessus » après avoir refusé des constructions dans un lotissement, dans le respect de la loi imposée par le code de l’urbanisme. Un autre est venu l’intimider directement devant son domicile, mécontent de la gestion d’un conflit de voisinage. « Tout ça m’a épuisé. J’ai préféré passer la main, et mon adjoint a repris le poste », souffle l’ancien maire, qui a même frôlé le burn-out en décembre 2020. Alors que son confrère isérois Gilles Dussault, maire de Villeneuve-de-Marc, a été victime d’une violente tentative de meurtre par l’un de ses administrés le 6 août dernier, Gérard Mathan témoigne de « la dégradation lente du métier d’élu », soumis chaque jour à la frustration de certains habitants, au poids de l’administratif et à la gestion délicate des équipes.

    S DEMARTHON

    Pendant quarante ans, Gérard Mathan a fièrement porté l’écharpe tricolore. En tant que maire de Belmont, dans l’Isère, il raconte avec satisfaction avoir enrayé la désertification de cette petite commune - passée de 200 à plus de 600 habitants en quatre décennies -, participé à la construction d’une école et d’une salle des fêtes, travaillé avec des dizaines d’adjoints. Mais en avril 2023, au milieu de son dernier mandat, l’édile a finalement décidé de présenter sa démission, « usé par les problèmes accumulés depuis des années ». Pêle-mêle, Gérard Mathan cite « les tensions qui se sont cristallisées au sein de son conseil municipal », les contestations « de plus en plus régulières » de ses décisions, les restrictions budgétaires, les relations avec la communauté de communes dans laquelle il a été « difficile de trouver sa place », ou encore « la défiance, voire la violence » de certains concitoyens.

    En 2020, le maire a ainsi été menacé par un habitant de « se faire rouler dessus » après avoir refusé des constructions dans un lotissement, dans le respect de la loi imposée par le code de l’urbanisme. Un autre est venu l’intimider directement devant son domicile, mécontent de la gestion d’un conflit de voisinage. « Tout ça m’a épuisé. J’ai préféré passer la main, et mon adjoint a repris le poste », souffle l’ancien maire, qui a même frôlé le burn-out en décembre 2020. Alors que son confrère isérois Gilles Dussault, maire de Villeneuve-de-Marc, a été victime d’une violente tentative de meurtre par l’un de ses administrés le 6 août dernier, Gérard Mathan témoigne de « la dégradation lente du métier d’élu », soumis chaque jour à la frustration de certains habitants, au poids de l’administratif et à la gestion délicate des équipes.

    « Pour faire ce métier, je vous garantis qu’il faut beaucoup d’énergie, et surtout beaucoup d’optimisme », estime-t-il. Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir craqué sous la pression : selon une étude du Cevipof et de l’Association des maires de France (AMF) publiée en juin dernier, le nombre de démissions volontaires de maires a été multiplié par quatre entre 2008 et 2025. Depuis le début du mandat en cours, plus de 2200 maires ont ainsi jeté l’éponge en France, la majorité d’entre eux (31 %) pour des raisons de « tensions politiques », des « passations de pouvoir convenues à l’avance » (14 %) ou des problèmes de santé (13 %).

    En Isère, département le plus touché par ce phénomène, la situation est d’autant plus préoccupante que la fréquence de démission est deux fois plus importante que celle observée dans les dix autres départements les plus touchés, comme le Pas-de-Calais, le Nord, la Saône-et-Loire ou la Haute-Garonne. Depuis mars 2020, 62 maires y ont ainsi démissionné, la plupart pour des « tensions au sein de leur conseil municipal ».

    Viennent ensuite les raisons de santé physique et mentale, les passations prévues en cours de mandats, ou des raisons « inconnues ou personnelles ». « Entre les baisses de budget, la lourdeur de la charge administrative et l’exigence des habitants, beaucoup n’arrivent plus à concilier vie professionnelle et personnelle », souligne Daniel Vitte, président de l’Association des maires de l’Isère (AMI). L’agression physique de cinq élus dans son département depuis 2020 - un record - n’arrange rien. « Généralement, les victimes ne démissionnent pas. Mais cela participe à une ambiance générale de lassitude : un maire m’a justement indiqué la semaine dernière, après l’agression de Gilles Dussault, qu’il ne souhaitait pas se représenter en mars prochain », regrette-t-il.
    « C’est devenu très compliqué »

    Comme ce fut le cas pour Gérard Mathan, la majorité des départs volontaires de maires en France touchent les petites communes : entre 2020 et 2025, 41,7 % des démissions avaient eu lieu dans des villages de moins de 500 habitants. Le phénomène touche également davantage les jeunes retraités, âgés de 65 à 74 ans, les professions intellectuelles et les cadres supérieurs.

    Mais cette vague de départ ne se restreint pas à ces seules catégories. Christian Coigné, ancien maire de la commune iséroise de Sassenage (12 000 habitants), n’a ainsi pas été épargné par les tensions politiques qui ont petit à petit abîmé son mandat. « Ce qui a été le plus compliqué, ce sont les relations avec la métropole de Grenoble, hautement politique et qui réunit des communes de différentes sensibilités. J’avais le sentiment de ne plus pouvoir décider de rien », résume l’élu, qui a démissionné en avril 2023 après plus de 15 ans de service.

    L’ancien maire raconte ainsi la litanie d’altercations avec la métropole ou ses administrés sur des sujets très concrets comme le ramassage des ordures ménagères, les horaires d’ouverture de la déchèterie ou les problèmes de voirie. « Il y a quinze ans, je pouvais réagir en 48 heures s’il y avait un trou dans un trottoir. Maintenant, il faut trois mois pour que ça remonte à la métropole, que le budget soit débloqué, que les travaux soient entrepris… Les habitants ne comprennent pas, et se retournent contre le maire », se désespère-t-il. Condamné à deux ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt en 2021 pour avoir renouvelé le bail d’un logement d’urgence pour sa fille, alors en instance de divorce, Christian Coigné évoque également l’ambiance politique devenue ingérable au fil des mois. « Evidemment, l’opposition a attaqué sur ce sujet. Au sein de la majorité comme de la minorité, il y avait des velléités, des équipes scindées en deux… C’est devenu très compliqué », retrace-t-il.

    Dans son étude pour le Cevipof, le chercheur Martial Foucault rappelle justement que la majorité du temps, « la décision des maires de quitter leur fonction fait suite à des différends, disputes, conflits ou autres désaccords au sein du conseil municipal, tantôt avec des élus de l’opposition, tantôt, et c’est le cas le plus fréquent, au sein de la majorité ». Alors que de nouvelles élections doivent être organisées dans un délai de trois mois lorsque le conseil municipal perd le tiers (ou plus) de ses membres, il n’est d’ailleurs « pas rare que le nombre de conseillers démissionnaires préfigure une stratégie de déstabilisation du maire en cas de désaccord », dans le but de convoquer de nouvelles élections municipales, rappelle le politologue.
    « Cocotte-minute »

    Selon lui, la pandémie de Covid n’aurait pas facilité ces relations complexes entre les élus, dont certains ont parfois « de grandes difficultés à faire vivre une communauté, déléguer ou accepter de changer leur vision de la gestion des affaires communales ». « Pendant des mois, les élus ne se sont pas retrouvés ensemble, n’ont pas appris à se connaître ou à se mettre d’accord sur des projets communs : je pense que cela a laissé des traces dans la dynamique d’installation des maires », explique Martial Foucault.

    Les conflits d’usage seraient ainsi devenus « très fréquents » durant la période, avec des citoyens « qui ont fait le deuil de l’intervention des élus nationaux pour changer leur cadre de vie, et n’ont que le maire comme point d’attache ». « Cette cocotte-minute s’est recentrée sur le local, et peut exploser au visage des maires », développe le chercheur. A Belmont, Gérard Mathan confirme : l’ancien élu a souvent été pris à partie durant la pandémie de Covid, notamment sur les règles strictes de confinement ou le retour à l’école des enfants. « Certains voulaient aller contre l’avis de l’État, mais le maire est tenu de faire respecter l’ordre… Il y a des gens qui ne tolèrent pas cela », soupire-t-il.

    Selon le Cevipof, le phénomène des « démissions organisées » n’est pas non plus à négliger pour expliquer cette augmentation du nombre de départs volontaires. « Beaucoup de maires, âgés, malades ou fatigués, n’avaient pas forcément envie de rempiler en 2020, mais l’ont fait faute de candidats, avec un contrat moral expliquant qu’ils démissionneraient à mi-mandat et qu’il faudrait préparer leur succession », rappelle Martial Foucault.

    C’est justement le cas de Gérard Mathan, à Belmont. Déjà éreinté par ses mandats précédents, l’édile avait ainsi prévenu ses adjoints qu’il risquerait d’abandonner sa place en cours de route. Idem pour Jean-Claude Sarter, ancien maire de la commune de Saint-Laurent-du-Pont (4600 habitants), qui a démissionné en avril 2024 pour des raisons de santé, mais a décidé de garder un poste au sein de l’équipe municipale. « Ma décision a été moins difficile à prendre parce que ma première adjointe était là, et prête à me succéder », témoigne l’élu auprès de L’Express.
    Nécessaire formation

    Comme l’avait fait son prédécesseur avec lui, Jean-Claude Sarter a néanmoins choisi de ne pas révéler tous les aléas liés à sa fonction à la future maire, de peur qu’elle ne recule à la dernière minute. « Peu de candidats ont conscience du nombre de sujets qu’il faudra assumer : vous passez de la maison de santé à l’alerte météo, sans oublier le code de l’urbanisme et les problématiques relatives à la station d’épuration… Le tout sans aucune formation, la plupart du temps », relève-t-il.

    Selon l’étude du Cevipof, les départs sont ainsi plus nombreux chez les nouveaux maires : 53 % des démissionnaires entre 2020 et 2025 étaient en train de réaliser leur premier mandat. « Cela soulève clairement la question de la formation des élus, qui est fondamentale dans le contexte de professionnalisation de la fonction, qui demande désormais des compétences très larges », souligne Martial Foucault.

    En conclusion de son étude, le politologue alerte sur cette multiplication des démissions, qui pose selon lui la question « du renouvellement ou de l’attractivité » du poste, qui apparaît désormais comme « ingrat, difficile, voire dangereux ». Dans une étude publiée en novembre 2024, les sociologues Didier Demazière et Jérôme Pélisse soulignaient que 83 % des maires jugeaient leur mandat « usant pour la santé », et 40 % d’entre eux déclaraient « travailler sous pression ».

    Observatoire de la démocratie de proximité AMF-CEVIPOF/SciencesPo
    Juin 2025 : Les démissions de maires : enquête sur un phénomène sans précédent. Martial Foucault, Professeur des universités à Sciences Po et chercheur au CEVIPOF
    https://medias.amf.asso.fr/docs/DOCUMENTS/12a0ebbdb67aeecfb8970131a858737a.pdf

    https://www.lexpress.fr/resizer/v2/FZM2BMTTGNA3JPKLCZN4XOJGCI.png?auth=483a04d97e06e49712e53e3903fd637a00996c4

    • Lorsque j’étais éducatrice dans la rue, il y a 30ans de ça j’ai découvert effarée la place du maire dans l’esprit des gens. A savoir celui qui peux, doit, sait, sauver le Monde entier : donner du travail, un logement, santé ...résoudre les problèmes de coeur...Du coup ça développait amour et haine. Une relation malsaine entretenue à l’insu du plein gré ou pas des maires. Je me suis dit que forcément ça allait partir en couille et devenir très dangereux tôt ou tard.

  • Pornographie, réseaux sociaux… Le fiasco britannique qui en dit long sur la difficulté à contrôler l’âge en ligne – L’Express
    https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/pornographie-reseaux-sociaux-le-fiasco-britannique-qui-en-dit-long-sur-la-difficulte-a-controler-ETUFBLV6D5E6NNKG644U2N4NFM/?cmp_redirect=true

    Le Royaume-Uni voulait être pionnier, il est devenu cobaye. Depuis fin juillet, avec l’entrée en vigueur de l’Online Safety Act, le pays impose des mécanismes de vérification de l’âge sur les sites pornographiques, les réseaux sociaux, et tout espace numérique susceptible d’exposer des mineurs à des contenus jugés « nocifs ». L’intention est louable. Des actions similaires sont d’ailleurs en cours partout dans le monde y compris dans l’Union européenne. L’accès à Internet se fait de plus en plus tôt — autour de 8 ans et demi en France pour l’inscription à un réseau social selon la CNIL, le gendarme des données personnelles. Et facilement : avec un simple smartphone dans la poche. L’exécution au Royaume-Uni s’avère cependant chaotique.

    Certains internautes l’avaient peut-être mal compris : impossible en ligne, comme chez le buraliste, de jauger la tête du client avant de lui réclamer une pièce d’identité. Sur Internet, pour interdire un accès aux moins de 18 ans, tout le monde doit être examiné. Alors, les tentatives de contournement explosent. Les inscriptions sur ProtonVPN, un fournisseur populaire de réseau privé virtuel, un outil permettant de faire croire que l’on se connecte depuis un autre pays, ont augmenté de 1400 % depuis l’entrée en vigueur de la loi au Royaume-Uni. Des députés eux-mêmes seraient clients, comme l’a rapporté Politico.

    Le Web regorge d’astuces, parfois artisanales, comme publier en guise de preuve de majorité la photo d’un héros du jeu Death Stranding. Une pétition réclamant l’abrogation de la loi et publiée sur le site du gouvernement, atteint 500 000 signatures. Inquiétant, sachant que dans le creux de l’été, au 31 juillet, seulement 26 % des Britanniques avaient été exposés à une demande de vérification d’âge, selon l’institut YouGov. Le soutien à la loi a déjà baissé de 11 points, passant de 80 % avant son implémentation à 69 %.
    Nouveau péage

    Deux problèmes se posent : les contrôles brassent large. Pornographie, suicide, automutilation, troubles de l’alimentation, mais aussi violence (y compris fictive) sur des personnes ou des animaux, cascades ou défis susceptibles d’entraîner des blessures, consommation de substances nocives, brimades… Le nombre de sites concernés pourrait être plus important qu’anticipé. Résultat : des communautés Reddit d’entraide sur le sevrage alcoolique ou la santé menstruelle se retrouvent inaccessibles sans preuve d’âge. Même l’encyclopédie Wikipédia craint d’être ciblée.

    Ce qui devait être une mesure d’inspection ponctuelle devient un nouveau péage du Web. Le service de streaming musical Spotify a mis en place un contrôle de l’âge. Les détenteurs de compte sur la console de jeux vidéo Xbox devront également passer par un processus de vérification d’âge. D’après le site spécialisé The Verge, un bon nombre d’espaces à première vue inoffensifs — un forum de propriétaires de véhicules électriques, des blogs sur la technologie — ont fermé leurs portes par précaution. Par crainte de devoir mettre en place un système coûteux de contrôle. Ou, si un contenu nocif était malencontreusement repéré, d’être exposés à une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires ou 20 millions d’euros. De quoi donner à la loi un aspect orwellien.
    L’Europe doit faire mieux

    L’autre problème réside dans la mise en œuvre technique de ces contrôles, largement privatisée. Le contrôle de l’âge est déjà un business exploité par des entreprises comme Yoti. Pour prouver sa majorité, il faut désormais partager à ces entités carte bancaire, photo, passeport, selfie biométrique… « Il n’y a aucun moyen pour les gens de savoir comment elles vont être conservées ou utilisées par cette société, y compris si elles seront vendues ou partagées avec encore plus de tiers comme les courtiers de données », pointe l’Electronic Frontier Foundation (EFF). Une forme de cauchemar pour la vie privée, et la cybersécurité.

    Le cas britannique est en tout cas intéressant pour l’UE, où la question de l’âge en ligne devient aussi centrale. Pour le moment, une autre approche centrée sur les risques est privilégiée, à la fois plus flexible, et axée sur la pornographie et les jeux de hasard. Ne pas s’éparpiller semble être une règle avisée. Ne pas laisser l’outil de contrôle à n’importe qui, une autre. L’Europe a annoncé début juillet le test d’un système reposant sur le double anonymat. L’internaute prouve son âge grâce à une identité en ligne, qui ignore pourquoi elle est convoquée. Le site cible, un site pornographique par exemple, n’obtient ni l’âge ni l’identité de la personne. Un standard crédible, encore à peaufiner.

  • J’avais raté ça  (11 juin)  : Eric Dénécé retrouvé mort dans sa voiture, l’enquête s’oriente vers un suicide.

    https://www.lexpress.fr/societe/copains-russes-enquete-sur-sa-mort-eric-denece-les-mysteres-dune-figure-cli
    Archivé ici  : https://archive.is/6MWIb#selection-1375.662-1375.687

    Amis, famille… La majorité des proches d’Eric Denécé contactés par L’Express refusent de croire qu’il ait pu se donner la mort, malgré des difficultés financières réelles. « Il traversait une mauvaise passe financière, mais on aurait pu l’aider. Je ne crois absolument pas à un suicide », s’emporte un collaborateur. « C’est une exécution », assure un membre de la famille. Même un élu comme Jacques Myard, maire Les Républicains de Maisons-Laffitte (Yvelines), ex-député, croit un assassinat possible : « Il sortait des papiers qui ne plaisaient pas, c’est tout. »
    [...]
    Critique des médias, Eric Denécé se tourne vers des publications classées à l’extrême droite ou dans la galaxie prorusse, comme Omerta. Il côtoie également Caroline Galactéros, une géopolitologue française connue pour ses positions russophiles, et pour avoir été la proche conseillère diplomatique d’Eric Zemmour, lors de l’élection présidentielle de 2022.
    [...]
    En raison de ses « opinions controversées sur la Russie », Eric Denécé perdait « beaucoup de contrats », croit savoir un de ses proches : « Il avait bien conscience que ses prises de position pouvaient lui nuire », assure-t-on. Le CF2R vivait une mauvaise passe financière : son bilan déficitaire et ses pertes faisaient craindre un possible arrêt de ses activités. Depuis le décès d’Eric Denécé, le site Internet du CF2R est en maintenance. Son contenu n’est plus accessible.

  • La natalité au Japon à un plus bas historique : « L’eugénisme est une cause sous-estimée de cette chute » – L’Express
    https://www.lexpress.fr/monde/asie/la-natalite-au-japon-a-un-plus-bas-historique-leugenisme-est-une-cause-sous-estimee-de-cette-chute-TBRQR33RQVCEPBSHQTAK32C55Q/?cmp_redirect=true

    Le seuil symbolique est franchi. Pour la première fois depuis le début des statistiques à la fin du XIXe siècle, le Japon est passé sous la barre des 700 000 naissances en 2024. L’annonce, faite le 4 juin dernier par le gouvernement, entérine un recul pour la neuvième année consécutive, sur fond de vieillissement de la population. Le Premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, a qualifié la situation d’"urgence silencieuse" et a promis des mesures favorables aux familles, comme une plus grande flexibilité des horaires de travail, afin d’inverser la tendance.

    Les données publiées mercredi par le ministère de la Santé révèlent également que le taux de fécondité —soit le nombre moyen d’enfants qu’une femme est censée avoir au cours de sa vie— est tombé à un niveau record de 1,15. Le ministère a précisé que le nombre de décès (1,6 million) a, quant à lui, atteint plus du double de celui des naissances, augmentant de 1,9% par rapport à 2023. Isabelle Konuma, professeure à l’Inalco, chercheuse au laboratoire Ifrae (Institut français de recherche sur l’Asie de l’Est) et spécialiste du #Japon, analyse les conséquences de cette situation pour l’avenir d’un pays où, dans plus de 20 000 territoires, la majorité des habitants sont âgés de 65 ans et plus.

    L’Express : Le Japon est confronté à une grave crise de la natalité depuis une décennie. Pourquoi ce pays précisément est-il si impacté par une chute vertigineuse des naissances ? Est-ce lié à des causes culturelles, économiques, sociétales ou tout cela confondu ?

    Isabelle Konuma : J’ai publié en 2024 un ouvrage sur l’eugénisme au Japon*. Il s’agit selon moi d’une des causes de la dénatalité au sein de ce pays. A la suite de la Seconde Guerre mondiale, le Japon adopte une loi « relative à la protection eugénique » en 1948. A cette période, la maîtrise de la #démographie devient vitale, suite notamment au baby-boom (1947-1949) et au rapatriement des colons et militaires dû à la restitution des colonies. Dans ce contexte, il fallait à tout prix diminuer les naissances et reconstruire un peuple « de qualité ».

    Très souvent la baisse de la #fécondité est expliquée en se référant à la scolarisation et le travail des filles, la précarisation de l’emploi notamment chez les hommes, l’importance du mariage avant la reproduction, ou le modèle de séparation sexuelle des tâches. Or, ces différentes études ne vont pas toujours jusqu’à interroger la raison d’être d’un tel modèle qui pourtant dicte le comportement marital et reproductif des générations en âge de procréer. En rappelant l’existence d’un régime eugéniste d’après-guerre, qui prône non seulement l’amélioration de la descendance d’un point de vue génétique mais aussi l’amélioration des conditions de vie des enfants (modèle conjugal, ouverture au néo-malthusianisme, dépénalisation de l’avortement, « mythe de l’amour maternel », etc.), on observe que la dénatalité au Japon est le fruit d’une politique entreprise activement en s’appuyant sur une méthodologie eugéniste.

    D’autres pays asiatiques, mais aussi occidentaux, sont également confrontés à une baisse de la natalité. Le Japon fait-il figure de cas particulier par rapport à d’autres États comme la Corée du Sud en Asie, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie ou la France en Europe ? Et pourquoi ?

    En 2024, le Japon a certes enregistré l’indice de fécondité le plus bas depuis le début des mesures, soit 1,15 enfant par femme. Cependant, ce niveau a déjà été atteint par l’Espagne en 2022 (1,16), suivie de près par l’Italie (1,24) ou encore la Grèce ou la Finlande (1,32), et l’Allemagne (1,39). De ce point de vue, le Japon n’est pas le seul pays impacté par une chute de la natalité. Sans compter l’Asie de l’Est où son voisin direct, la Corée du Sud, a enregistré en 2024 une fécondité de 0,75 ! De ce point de vue, il n’est pas possible d’expliquer la dénatalité au Japon comme une situation particulière, unique ; la #dénatalité japonaise est l’expression d’une situation qui touche mondialement beaucoup de pays.

    Sans nier l’importance de cette chute et des études qui cherchent à élucider son processus et ses causes, il serait également intéressant d’étudier les raisons pour lesquelles le Japon est pris comme l’un des premiers exemples de la dénatalité qui touche un très grand nombre d’Etats.

    En 2024, le Japon compte quasiment deux fois plus de décès que de naissances. Et dans une grande partie des territoires, la population est âgée de plus de 65 ans en moyenne. Quelles mesures le gouvernement devrait-il prendre pour endiguer cette situation ? Le Japon sera-t-il bientôt un pays de séniors ?

    En effet selon une estimation, en 2070, la population japonaise baisserait de 120 million (2023) à 87 million, avec 1 sur 2,6 personnes âgée de plus de 65 ans. Pour répondre à cette situation transitoire, le Japon cherche à recourir à la main d’oeuvre féminine (mesures d’égalité de genre dans le travail et dans l’éducation) mais aussi à la main d’oeuvre étrangère, avec la possibilité depuis 2019 de recruter des étrangers dans 14 domaines en sous-effectif dans le but de les garder (titre de résidence dit à « compétence spéciale »), et non de les « former » avant de les renvoyer dans leur pays, comme cela fut le cas sous le régime d’"apprenti technicien" mis en place en 1993. Cette « ouverture » progressive vers une main d’oeuvre étrangère, jusque-là rejetée car « non qualifiée », est couplée avec des mesures dites de coexistence multiculturelle qui tendent à faciliter son intégration dans la société japonaise.

    Faut-il faire un lien entre baisse de la #natalité et baisse de la fécondité au Japon ? Et dans d’autres pays asiatiques ?

    Nous pouvons en effet identifier une augmentation des mesures d’accompagnement (technique et financière) de l’aide médicale à la procréation au Japon. Cette focalisation sur le traitement de l’infécondité est l’expression de la politique de lutte contre la dénatalité qui cherche à s’appuyer sur les couples avec un projet d’enfant, car l’envie de fonder une famille est présente. Pour autant, il serait difficile d’en déduire que les Japonais deviennent davantage inféconds que d’autres.

    Au début de l’année, une étude du célèbre démographe japonais Hiroshi Yoshida se concluait par ces mots : « le Japon pourrait être le premier à disparaître ». Les autorités prennent-elles réellement la menace au sérieux ? Et, selon vous, d’autres pays sont-ils menacés de disparition d’ici deux ou trois siècles ?

    N’étant pas démographe, je ne pourrai pas répondre à ces questions qui pourtant alimentent beaucoup le fantasme autour du déclin démographique du Japon... Ce dont nous pouvons être certains, c’est que les courbes démographiques ne maintiennent pas constamment le même taux d’augmentation ou de diminution, la dénatalité actuelle en est la preuve. Les politiques démographiques japonaises ont connu un revirement important après-guerre afin de passer d’une politique nataliste à une politique néo-malthusienne, en dépénalisant partiellement l’avortement et la stérilisation. Ce revirement a eu à l’époque un impact immédiat sur l’indice de fécondité qui est passé de 4,54 (1947) à 2,04 (1957).

    Enfin, certains spécialistes prédisent une baisse de la population mondiale à partir de la fin du siècle. Seule certaines zones, comme l’Afrique, devraient continuer de voir leur population croître avant un futur déclin naturel. A quoi ressemblera, selon vous, le monde en 2100, en 2200 et en 2300 ?

    Je suis incapable de répondre à cette question aimerais peut-être insister sur le fait que la décroissance démographique d’aujourd’hui intervient après une période de croissance (si ce n’est d’explosion) démographique, comme ce fut le cas au Japon : le pays avait déjà connu une légère augmentation démographique au XVIIe siècle, puis une accélération considérable dès la fin du XIXe siècle avant de connaître une baisse démographique à partir de 2005. Nous nous focalisons aujourd’hui sur ce déclin, comme s’il sortait de nulle part. Or, cette baisse avait été organisée, prévue voire attendue au moment de l’introduction de la politique néo-malthusienne. Elle intervient après une très forte augmentation démographique qui avait beaucoup alarmé les autorités d’après-guerre.

    *#Eugénisme au Japon - Politiques et droit de 1868 à 1996, par Isabelle Konuma. Paris, Ined Editions, 2024)

  • Après des mois de déni, Horvilleur, Sinclair et Sfar ouvrent les yeux sur les massacres à Gaza et déclenchent la polémique
    Pauline Graulle | 10 mai 2025 à 19h30 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/100525/apres-des-mois-de-deni-horvilleur-sinclair-et-sfar-ouvrent-les-yeux-sur-le

    (...)Soulignant que c’est par « amour d’Israël » qu’elle appelle désormais ce pays à un « sursaut de conscience » au nom du « refus absolu de l’annihilation d’un autre peuple », elle critique en creux la « déroute politique et [la] faillite morale » du gouvernement Nétanyahou – jamais nommé dans le texte. Et exhorte à « soutenir ceux qui savent que, sans avenir pour le peuple palestinien, il n’y en a aucun pour le peuple israélien ».

    Le lendemain, vendredi 9 mai, Anne Sinclair a publié un texte d’une teneur similaire. « La légitimité de cette guerre après le 7-Octobre n’est pas à remettre en cause […]. Mais la forme des actions que mène l’armée israélienne à Gaza à la demande du gouvernement de Nétanyahou est indéfendable », juge-t-elle. Dans Le Point, le 5 mars, la journaliste dénonçait déjà le « gouvernement extrémiste de Benyamin Nétanyahou » : « Le calvaire des mères ou des vieillards, la mort et la mutilation des enfants ne peuvent nous laisser, nous, juifs, indifférents et silencieux. Il est temps que cela s’arrête. Rien au monde ne peut venger les atrocités du 7-Octobre, et en tout cas pas l’écrasement et la famine d’une population civile », avait-elle martelé.

    Son texte, comme celui de Delphine Horvilleur, a été relayé, ce même vendredi 9 mai, par le dessinateur Joann Sfar, qui s’est lui aussi livré à un exercice de contrition. « Delphine Horvilleur a eu le courage de prendre la parole et nous devons être nombreux à prendre la parole contre la fuite en avant à laquelle nous assistons », écrit-il sur les réseaux sociaux, publiant dans la foulée plusieurs planches, dessinées ou non, sur lesquelles il estime par exemple « qu’il est contraire à la morale humaine et à l’éthique juive de se taire […] face au nettoyage ethnique ». (...)

    #retournement_de_veste

  • En Israël, un début de prise de conscience dans l’armée alarme le pouvoir 12 avril 2025 | Par Antoine Perraud
    https://www.mediapart.fr/journal/international/120425/en-israel-un-debut-de-prise-de-conscience-dans-l-armee-alarme-le-pouvoir

    Alors que le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, au nom de la guerre menée contre le Hamas, annonce étendre son offensive meurtrière contre Gaza, l’armée israélienne donne des signes de regimbement. Parti de pilotes réservistes, le mouvement se répand.

  • Comment Le Monde réécrit l’histoire, alors que le génocide à Gaza devient chaque jour de plus en plus évident

    Je rebondis sur un article ajouté en commentaire hier (https://seenthis.net/messages/1108853) :

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/04/10/yael-braun-pivet-dit-avoir-eu-tort-de-choisir-le-terme-de-soutien-inconditio

    Trois jours après l’attaque terroriste du Hamas, la présidente de l’Assemblée nationale avait assuré depuis le perchoir une « totale solidarité » et un « soutien inconditionnel », « au nom de la représentation nationale » française, provoquant un tollé à gauche.

    (et pareil dans cet article de l’Express : https://www.lexpress.fr/societe/soutien-inconditionnel-a-israel-braun-pivet-reconnait-avoir-eu-tort-de-choi )

    Non, ça n’a pas provoqué de tollé à gauche, à part chez certains députés LFI. Tous les autres partis, de gauche et les autres, ont copieusement soutenu ces déclarations. C’est précisément décrit dans le compte rendu de l’AN :

    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/comptes-rendus/seance/session-ordinaire-de-2023-2024/premiere-seance-du-mardi-10-octobre-2023

    Face à cette barbarie, je veux redire ici qu’Israël est un pays ami, à qui je réaffirme, au nom de la représentation nationale, notre totale solidarité et notre soutien inconditionnel. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes RE, RN, LR, Dem, SOC, HOR, Écolo-NUPES, GDR-NUPES et LIOT, ainsi que sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES. –⁠ De nombreux députés des groupes RN et LR huent leurs collègues qui n’applaudissent pas. –⁠ Tous les députés se lèvent. –⁠ Les députés des groupes RE, RN, LR, Dem, SOC, HOR, Écolo-NUPES, GDR-NUPES et LIOT applaudissent longuement.)

    La séquence sera d’ailleurs manipulée par certains journalistes :
    https://x.com/ADelafontaineE1/status/1711730309442523405

    Et le seul tollé de la journée, c’est le discours de Panot :

    La parole est à Mme Mathilde Panot. (Les députés du groupe LR quittent l’hémicycle.)
    [...]
    (Les députés du groupe Dem et de nombreux députés des groupes RE et LIOT quittent l’hémicycle, ainsi que quelques députés non inscrits)

    Tollé qui sera même critiqué à gauche :
    https://www.cnews.fr/france/2023-10-10/attaques-contre-israel-des-deputes-quittent-lassemblee-nationale-lors-du-disco

    Les élus du Parti socialiste ont vivement dénoncé les réactions de La France insoumise. Le député de l’Essonne Jérôme Guedj a de son côté confié que « la question » de quitter l’alliance de gauche « se posait » désormais.
    D’autres députés de gauche, non ralliés à la Nupes, ont invité les élus choqués par les propos de La France insoumise à quitter cette union.

    Il est clair que ça arracherait la gueule à la quasi-totalité des journalistes, politiques, et autres commentateurs de reconnaître que les députés LFI sont les seuls à avoir su agir avec un minimum de dignité ce jour là.

  • Pourquoi les juifs seraient victimes d’un rapprochement entre Israël et l’extrême droite,
    par Marc Knobel – L’Express- Publié le 01/03/2025
    https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/pourquoi-les-juifs-seraient-victimes-dun-rapprochement-entre-israel-et-lextreme-droite-par-marc-G6R2N7EYTRDLBAPZJ4UYEAP7GA/?cmp_redirect=true
    https://www.lexpress.fr/resizer/v2/TNRSRED7UJBSNIVWOF7IBDEOIM.jpg?auth=e8e81bc72df8e97c133b32a0c47bde9299e216f

    L ors d’une rencontre en Belgique, Gideon Saar, ministre israélien des Affaires étrangères, a annoncé l’établissement de relations formelles avec trois partis d’extrême droite européens : le Rassemblement national (France), Vox (Espagne) et les Démocrates de Suède. Cette décision marque un tournant dans la politique étrangère israélienne. Saar a expliqué que son ministère évalue chaque parti selon leur attitude envers Israël, leur soutien au pays et leurs positions sur l’antisémitisme. Bien que reconnaissant leurs origines controversées, le ministre a insisté sur l’importance d’évaluer leurs actions actuelles. (...)

    #IsraelRN

    • Israel breaks silence, engages with ’right-wing’ European parties, Foreign Ministry reveals
      The parties are the National Rally (France), the Sweden Democrats, and Vox (Spain).
      By AMICHAI STEIN, WALLA! - FEBRUARY 24, 2025 10:34 - Updated: FEBRUARY 25, 2025 14:52
      https://www.jpost.com/breaking-news/article-843496

      Israel breaks silence, engages with ’right-wing’ European parties, Foreign Ministry reveals
      The parties are the National Rally (France), the Sweden Democrats, and Vox (Spain).
      The Foreign Ministry will engage in dialogue with the three main far-right parties in France, Sweden, and Spain, Foreign Minister Gideon Sa’ar said on Monday.

      The three parties are France’s National Rally, led by Marine Le Pen, the Sweden Democrats, and the Spanish Vox party.

      The decision was made following a series of ministerial discussions, during which it was determined that these parties do not have antisemitic or anti-Israel elements. However, Israel will still refrain from engaging with parties tainted by antisemitism, such as the Austrian Freedom Party. (...)

  • Un coup d’État libertarien ? Comment Elon Musk, appuyé par Trump, a mis la main sur le département du Trésor américain | Le Grand Continent
    https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/03/un-coup-detat-libertarien-comment-elon-musk-appuye-par-trump-a-mis-

    Pendant le week-end, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a donné accès aux systèmes informatiques du Trésor américain à Elon Musk et certains de ses proches.

    L’homme le plus riche du monde aurait désormais à sa disposition les données financières de millions d’Américains et semble en mesure de contrôler les dépenses de l’État fédéral en bloquant ou redirigeant des paiements préalablement autorisés par les agences et départements.

    Selon le prix Nobel Paul Krugman : « les Américains ont peut-être déjà vécu ce qui s’apparente à un coup d’État du XXIe siècle. Il n’y a peut-être pas de chars dans les rues, mais le contrôle effectif du gouvernement pourrait déjà avoir échappé aux mains des élus ».

    Scott Bessent, le secrétaire au Trésor de Trump, a octroyé ce samedi au DOGE (Department of Government Efficiency), piloté par Elon Musk, l’accès aux systèmes de paiement du département du Trésor.
    • Le « Department of Government Efficiency » (les guillemets sont utilisés dans le décret), contrairement à ce que son nom semble indiquer, n’est ni un département ni une agence fédérale mais une entité ad hoc rattachée au bureau du président. La structure n’est par ailleurs pas nouvelle, mais correspond au U.S. Digital Service créé par Barack Obama en 2014, qui a simplement été renommé par un décret de Trump le 20 janvier.
    • En qualité de directeur du DOGE, Elon Musk ne dispose d’aucune autorité vis-à-vis d’autres branches de l’exécutif fédéral. Contrairement aux responsables des départements, le milliardaire n’a pas été confirmé par le Congrès et s’était vu refuser en décembre, avant l’investiture de Trump, une habilitation défense en raison de sa consommation de drogue.
    • Comme le souligne le sénateur démocrate et membre de la Commission des Finances Ron Wyden, dans un courrier adressé à Bessent, les activités conduites par Musk en Chine via Tesla seraient susceptibles de constituer un conflit d’intérêt. En accédant à d’importantes quantités de données de millions d’Américains et de données ayant trait aux paiements réalisés par le gouvernement, Musk pourrait constituer « un risque pour la sécurité nationale ».

    L’irruption de Musk dans le logiciel interne du département du Trésor, responsable du déboursement de plusieurs milliards de dollars par jour, a été précédée au cours des dernières semaines par un déploiement de plusieurs de ses proches au sein d’autres agences de l’exécutif — et la mise à la porte de hauts-fonctionnaires de carrière.
    • David Lebryk, Fiscal Assistant Secretary depuis 11 ans au sein du département du Trésor (soit le plus haut poste auquel un fonctionnaire de carrière puisse prétendre) et nommé secrétaire par intérim par Trump, en l’attente de la confirmation de Bessent, a été poussé à la porte par l’administration après avoir refusé à Musk d’accéder au système de paiement.

    Dès le mois de décembre, soit avant l’investiture de Trump, des proches de Musk qui intégreront par la suite le DOGE avaient demandé à Lebryk des informations sur le « code source » du système, officiellement pour examiner les « paiements inappropriés ».
    • Parmi les personnes ayant rencontré Lebryk à ce moment figurent Baris Akis, un allié de Musk et venture capitalist fondateur de Human Capital ainsi que Tom Krause, PDG de Cloud Software Group, une entreprise de la Silicon Valley spécialisée dans l’utilisation de données pour accélérer et améliorer le processus de prise de décision.
    • Plusieurs sources ont confié à CNN avoir vu Akis et d’autres personnes affiliées à DOGE « se promener en meute » dans les bâtiments du département du Trésor ces derniers jours.

    Musk a placé au sein d’autres agences fédérales — toujours sous l’étiquette du DOGE —, notamment au Office of Personnel Management, chargé des relations humaines, et de la General Services Administration, qui gère notamment le parc immobilier de l’exécutif, des jeunes diplômés et anciens stagiaires passés par ses entreprises.
    • Le magazine WIRED a identifié six de ces jeunes hommes, âgés de 19 à 24 ans, qui ne disposent d’aucune expérience au sein du gouvernement et, pour certains, d’aucune expérience professionnelle : Akash Bobba, Edward Coristine, Luke Farritor, Gautier Cole Killian, Gavin Kliger et Ethan Shaotran.
    • Coristine, qui a récemment obtenu son baccalauréat, a effectué un stage de trois mois cet été chez Neuralink, fondé par Musk, avant de rejoindre DOGE. Farritor a quant à lui fait un stage chez SpaceX puis a obtenu au printemps 2024 une bourse de la Thiel Foundation.
    • La plupart des membres du DOGE disposeraient aujourd’hui d’une adresse mail gouvernementale et d’un accès à des informations classifiées qu’ils ne sont pas autorisés à consulter. Il semblerait qu’ils aient principalement été recrutés par Musk pour leurs compétences techniques, Killian allant jusqu’à supposément travailler en tant que « bénévole ».

    Selon une source diplomatique qui s’est confiée à la revue, l’accès au système de paiement du Trésor aurait été donné pendant le week-end afin d’éviter toute possibilité de blocage par un juge et en limitant également la réaction législative.

    Cette opération soulève de graves inquiétudes d’ordre démocratique. On pourrait avoir assisté pendant le week-end à une prise de contrôle par l’homme le plus riche du monde du système des paiements fédéraux.
    • L’infrastructure des paiements du Trésor repose sur des technologies vieillissantes comme ACL et COBOL . Toute intervention mal maîtrisée pourrait la déstabiliser, menaçant la capacité du gouvernement fédéral à assurer ses paiements.
    • Wyden a confirmé que le secrétaire au Trésor Scott Bessent avait consenti à DOGE un « accès total » au système de paiement 8. Il a également dénoncé la possibilité d’interférences politiques dans les paiements de la sécurité sociale, de Medicare et des contrats publics.
    • Comme l’a révélé Nathan Tankus : « Scott Bessent avait été informé que ce que Donald Trump attendait d’un secrétaire au Trésor était une personne qui aurait la crédibilité que Steve Mnuchin avait auprès de Wall Street, mais qui serait surtout loyale envers le président avant toute autre considération, selon deux sources familières du dossier. Cela incluait d’accepter inconditionnellement de travailler avec quiconque Trump enverrait au département du Trésor et d’aider à poursuivre les ennemis de Donald Trump. À la lumière des actions de Bessent cette semaine, et de ce qu’Elon Musk et le DOGE attendent du Bureau du service fiscal, ces engagements prennent une nouvelle signification — particulièrement sombre ».
    • Plusieurs experts ont noté que cela pourrait permettre au gouvernement de bloquer ou de rediriger des paiements en fonction de considérations politiques, en transformant matériellement le fonctionnement démocratique de l’État fédéral .

    Cette crise ne se limite pas au contrôle du budget fédéral. Par le DOGE, même en « lecture seule » et sans capacité d’intervention sur les paiements, l’homme le plus riche du monde a désormais accès à des données extrêmement sensibles (numéros de sécurité sociale, informations bancaires). Le respect du droit, du processus démocratique et des règles de confidentialité des paiements gouvernementaux est en jeu.
    • Elon Musk a affirmé qu’il annulait unilatéralement des centaines de millions de dollars de subventions publiques après avoir obtenu l’accès au système de paiements du Trésor américain.
    • Dans un post sur X, il a déclaré que son équipe aurait annulé des « paiements illégaux » après avoir partagé une liste de subventions à des organisations luthériennes, justifiant cette action en accusant le Trésor d’approuver aveuglément tous les paiements, y compris à des groupes frauduleux ou terroristes.

    The @DOGE team is rapidly shutting down these illegal payments https://t.co/GabhBL7gxf_
    — Elon Musk (@elonmusk) February 2, 2025_

    Depuis hier des adversaires républicains de Donald Trump sont exposés sur X.
    • Bill Kristol, qui a posté d’une manière polémique : « l’État profond est préférable à l’État Trump » s’est vu répondre par un compte anonyme qu’il profite de l’État profond en tant que président de l’organisation « Defending Democracy », financée par l’USAID via les Rockefeller Philanthropy Advisors.
    • La capture d’écran jointe illustre un graphique montrant des subventions publiques totalisant plus de 45 millions de dollars, attribuées à divers bénéficiaires dans le cadre d’initiatives soutenues par l’USAID.

    Hello Mr. Kristol,

    For you, the deep state is preferable because you are listed as the President of Defending Democracy (EIN 831567380) which is an indirect beneficiary of USAID through Rockefeller Philanthropy Advisors.
    You are exposed.
    Hat tip to @DannyCampsalot… pic.twitter.com/sihSufjcaB
    — DataRepublican (small r) (@DataRepublican) February 2, 2025

    • Selon le prix Nobel de l’économie Paul Krugman, les États-Unis ont « peut-être déjà vécu ce qui s’apparente à un coup d’État du XXIe siècle. Il n’y a peut-être pas de chars dans les rues, mais le contrôle effectif du gouvernement pourrait déjà avoir échappé aux mains des élus ».
    • Il appelle à une action immédiate pour rétablir le contrôle des fonctionnaires et bloquer toute interférence des milliardaires.

    Le logiciel du Bureau of Fiscal Service auquel Musk a obtenu l’accès agit au bout de la chaîne des paiements, dont les ordres sont communiqués par les agences et départements. En bloquant le déboursement à ce stade, Elon Musk nie l’autorité du Congrès mais transforme également l’exécutif en structure bicéphale capable d’autoriser des paiements puis de les annuler elle-même, selon la volonté d’un individu non-élu extérieur au gouvernement.

    • Musk, le coup de force au coeur de l’Etat américain – L’Express
      https://www.lexpress.fr/monde/musk-le-coup-de-force-au-coeur-de-letat-americain-RN6Z4IKV2NFMBJGZR6WSZL54P

      Washington - C’est une entreprise inédite dans l’histoire des Etats-Unis et peut-être des démocraties occidentales : Elon Musk, soutenu par Donald Trump, bouleverse le fonctionnement de l’Etat fédéral américain, sans mandat électoral, sans portefeuille de ministre, et sans autre supervision que celle du président américain.

      L’homme le plus riche du monde ne peut pas et ne pourra pas faire quoi que ce soit sans notre accord, a assuré lundi Donald Trump, interrogé sur le rôle du patron de Tesla, SpaceX et X, à la tête d’une commission pour l’efficacité gouvernementale, le Department of government efficiency (DOGE).

      Un journaliste lui a ensuite demandé s’il approuvait la méthode très interventionniste de son allié, qui a pris le contrôle de certains leviers administratifs très sensibles, comme le système de paiements du Trésor, et le président n’a guère laissé de place au doute.

      Pour l’essentiel, oui. S’il faisait quoi que ce soit qui n’a pas mon accord, je vous le ferais savoir très vite, a-t-il ajouté.

      Dans la nuit de dimanche à lundi, c’est Elon Musk lui-même qui a annoncé le démantèlement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), dotée d’un budget annuel de 40 milliards de dollars.

      Nous la fermons, a-t-il dit sur son réseau X. J’en ai parlé en détail (avec Donald Trump) et il est d’accord.

      Un test
      Personne n’a élu Elon Musk, s’est indignée la sénatrice démocrate Elizabeth Warren sur le réseau Bluesky.

      Musk et ses employés privés essaient de fermer une agence créée et financée par le Congrès. (...) C’est un test. Le Congrès doit utiliser ses pouvoirs, ou perdre ses pouvoirs, a averti un autre élu démocrate, Jason Crow, sur X.

      Le rôle du multimilliardaire, lui-même bénéficiaire de gros contrats fédéraux, échappe au fonctionnement institutionnel habituel.

      Les présidents ont souvent eu des conseillers informels du monde des affaires mais le rôle quasi-officiel d’Elon Musk et ses affirmations selon lesquelles il agit au nom de (Donald Trump) pour prendre des décisions (...) est, à ma connaissance, sans précédent, a déclaré à l’AFP Jeffrey Lubbers, professeur de droit à la American University.

      Malgré son nom de department, désignant les ministères fédéraux, DOGE est en réalité un organisme de conseil externe placé sous l’autorité directe de Donald Trump et à durée limitée - il doit cesser d’exister le 4 juillet 2026.

      Pendant la campagne, Elon Musk avait assuré pouvoir réduire la dépense publique fédérale de 2.000 milliards de dollars. Il a depuis revu ses intentions à la baisse et parle de 1.000 milliards de dollars, une somme qui reste absolument colossale.

      Le grand patron, qui n’a pas de mandat électoral, devra-t-il rendre des comptes au Congrès, détenteur du pouvoir budgétaire ? Est-il soumis à de quelconques règles déontologiques, au même titre qu’un ministre ou d’autres grands commis de l’Etat ? Rien n’est moins sûr.

      Cette opacité suscite une vive discussion sur de potentiels conflits d’intérêt, puisqu’il pourrait faire des recommandations ayant un impact direct sur ses entreprises, de l’automobile au numérique en passant par l’espace.

      La presse américaine fait état de tentatives, plus ou moins brutales, de jeunes employés de DOGE pour forcer l’entrée de certains bureaux ou systèmes informatiques d’agences fédérales.

      Paiements
      Selon plusieurs médias, le haut fonctionnaire du Trésor en charge des paiements de tout l’Etat fédéral, qui supervise le versement de milliards de dollars en prestations sociales, salaires et autres règlements de factures, a été écarté parce qu’il s’opposait aux lieutenants d’Elon Musk.

      Lequel a finalement obtenu l’accès à ce système et ainsi aux données personnelles et financières de centaines de millions d’Américains.

      Le seul moyen d’arrêter la fraude et le gaspillage de l’argent des contribuables est de suivre les circuits de paiement et de suspendre les transactions douteuses. C’est évident, a-t-il justifié sur X.

      Les fonctionnaires fédéraux sont la cible d’une mesure après l’autre depuis le 20 janvier, chacune portant la patte de l’homme d’affaires de 53 ans : fin du télétravail sous peine de licenciement, plan de départs volontaires, fin des politiques de diversité.

      Dans une tribune publiée le 20 novembre dernier par le Wall Street Journal, Elon Musk avait dit qu’il travaillerait comme un entrepreneur.

      Le patron de Tesla a raconté qu’il dormait à l’usine pendant des périodes chargées pour le constructeur automobile. Selon le site Wired, il a confié à des amis faire la même chose désormais au siège de DOGE, dans un imposant bâtiment administratif jouxtant la Maison Blanche.

    • Un court extrait de chaque article mis en lien ci-avant :

      https://www.techdirt.com/2025/02/03/a-coup-is-in-progress-in-america

      A coup is underway in the United States, and we must stop pretending otherwise. The signs are unmistakable and accelerating: in just the past 48 hours, Elon Musk’s DOGE commission has seized control of Treasury payment systems and gained unauthorized access to classified USAID materials, while security officials who followed protocols were removed.

      https://www.wired.com/story/elon-musk-government-young-engineers

      Elon Musk’s takeover of federal government infrastructure is ongoing, and at the center of things is a coterie of engineers who are barely out of—and in at least one case, purportedly still in—college.

  • Contre-sommet de l’IA : pourquoi et comment résister à la dictature algorithmique
    https://ricochets.cc/Contre-sommet-de-l-IA-pourquoi-et-comment-resister-a-la-dictature-algorith

    Les IA sont déjà une catastrophe, et les perspectives sont pires encore, mais Etats, technocrates et capitalistes font tout pour nous vanter leur nouveau joujou, rassurer, faire passer la pilule, notamment les 10-11 février à Paris. Car la civilisation industrielle a besoin des IA pour se maintenir et tenter de poursuivre sa Croissance folle. Mais nous pouvons/devons résister, dénoncer, perturber cette nouvelle innovation nécro-technologique antisociale et antiécologique qui veut doper (...) #Les_Articles

    https://www.antitechresistance.org/campagne/intelligence-artificielle-dictature-universelle
    https://www.elysee.fr/sommet-pour-l-action-sur-l-ia/programme-sommet-pour-laction-sur-lintelligence-artificielle
    https://www.economie.gouv.fr/actualites/sommet-pour-laction-sur-lia-une-journee-dediee-aux-acteurs-economiques
    https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/aux-etats-unis-la-consommation-electrique-semballe-et-le-pire-est-a-venir-5

  • A Marseille, l’armateur CMA CGM se pose en acteur incontournable de la lutte contre la précarité
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/12/06/a-marseille-l-armateur-cma-cgm-se-pose-en-acteur-incontournable-de-la-lutte-


    Brigitte Macron et Tanya Saadé Zeenny visitent l’entrepôt solidaire de la Fondation CMA CGM, à #Marseille, le 6 décembre 2024. NICOLAS VALLAURI/LA PROVENCE/MAXPPP

    La fondation du groupe met à disposition de cinq grandes associations un hangar portuaire flambant neuf, inauguré vendredi, pour aider à la distribution de denrées alimentaires. De quoi marquer un peu plus encore sa forte empreinte sur la ville.
    Par Gilles Rof (Marseille, correspondant)

    On peut afficher plus de 1 milliard d’euros de bénéfices au premier semestre 2024, être régulièrement cité en exemple des entreprises réalisant des superprofits et faire l’événement en matière de lutte contre la précarité. Vendredi 6 décembre, dans le quartier d’Arenc, à Marseille, c’est en présence de Brigitte Macron, du préfet de région Christophe Mirmand, de grands élus locaux et du chanteur Soprano que la Fondation CMA CGM, branche caritative de l’armateur, a inauguré son « entrepôt solidaire » : 5 000 mètres carrés de hangar portuaire rénové, posés à quelques dizaines de mètres du siège mondial du groupe, capables de stocker 3 200 tonnes de denrées alimentaires. Un projet imposant avec lequel le groupe se substitue aux compétences des pouvoirs publics.

    Ce paquebot de la solidarité, unique en France, va permettre à cinq associations majeures de lutte contre la précarité alimentaire de métamorphoser leurs conditions de travail dans les Bouches-du-Rhône. Et, grâce à une mutualisation de leurs charges, de réorienter une partie de leur budget, jusqu’alors dépensée en loyers et en logistique, vers la distribution de denrées aux populations qui en ont besoin.

    « Nous passons d’un entrepôt devenu exigu et en mauvais état à une surface plus importante, plus pratique, équipée d’engins spécialisés et mieux sécurisée », énumère, ravi, le président départemental des Restaurants du cœur, Alain Evezard. Sa structure, qui distribue chaque année près de 5 millions de repas dans le département, a investi en octobre la moitié des volumes de l’entrepôt solidaire. Elle y implantera son antenne locale, tout comme la Croix-Rouge, destinataire, elle, d’un quart de la surface. Le Secours populaire (15 % du site), le Secours catholique et le réseau des épiceries solidaires Andes (Groupe SOS) complètent cette colocation d’un nouveau genre.

    Raz de marée de demandes

    Dans une ville où plus de 200 000 personnes vivent sous le seuil de #pauvreté, selon le « Rapport sur la pauvreté en France » de l’Observatoire des inégalités publié mardi 3 décembre, chacune de ces associations témoigne d’un raz de marée de demandes. Pour elles, la proposition de la CMA CGM n’était pas de celles que l’on refuse. « Même en mettant tous nos moyens en commun, nous n’aurions pas pu bénéficier d’un entrepôt comme celui-là », constate Alain Evezard.

    [...]

    A la Fondation CMA CGM, on pense déjà à dupliquer l’initiative en France et à l’international.

    https://justpaste.it/hdcox

    #précarité #caritatifs #philanthropie #fiscalité

  • Martin Clavey : « Une belle interview (non) de P… » - Mastodon
    https://piaille.fr/@mart1oeil/113328013892136543

    Une belle interview (non) de Patrick Pouyanné, PDG de Total, qui se réclame de la Science™ pour balayer les critiques contre Total et le fait que le groupe investisse encore très majoritairement dans « le fossile ». Celle-ci est menée par le service éco et la rédaction en chef du média. Pas par le service sciences. #astuce

    https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/patrick-pouyanne-croire-au-grand-soir-en-arretant-les-fossiles-cest-dangere

    Il en profite pour poser tranquillement son climato-relativisme comme une position « raisonnable » et « rationnelle ».

    Les gens qui pointent les investissements de Total dans les énergies fossiles seraient un « retour à une forme d’obscurantisme ».

    Bref, le retour des amishs, comme l’avait dit Emmanuel Macron.

    • (...) nous devons trouver un chemin raisonnable de transition, sans invoquer à tout bout de champ « la fin du monde » que constituerait une planète à +3 ou +4 °C. Etre rationnel. (...)

      Un type de plus qui te dit que +3 ou +4°C, c’est en quelque sorte acté, et que ça va bien se passer. (Le précédent dans ma liste, c’était Béchu, le type qui touchait un salaire payé sur nos impôts avec le titre de ministre de l’écologie)

      C’est oublier que ces degrés de plus, ils ont pour conséquence très concrète ce qu’on voit ces jours-ci, à savoir des inondations centenales tous les 3 ans, avec comme conséquence suivante, l’abandon de ces zones par les assureurs, avec comme conséquence suivante de la précarisation à venir de zones géographiques entières...

      Mais apparemment, ces gens, en même temps qu’ils te disent que ça va bien se passer, ils te disent qu’il ne faut pas les matraquer d’impôts, et qu’il ne faut pas leur demander de participer à atténuer les effets de ces 3 ou 4 degrés, parce que eux, ils bossent à l’avenir, le vrai, celui qui apparemment n’a aucun rapport avec ces degrés supplémentaires.

      Ces gens sont d’une prétention consternante (je me répète, je sais...).

  • C’est une page de l’Express mais le journaliste Victor Garcia a l’air plutôt sérieux.
    https://www.lexpress.fr/auteur/garcia-victor
    Donc :

    Patrick Hetzel, un ministre bien peu scientifique : enquête sur le discret nettoyage de sa page Wikipédia – L’Express
    https://www.lexpress.fr/sciences-sante/patrick-hetzel-un-ministre-bien-peu-scientifique-enquete-sur-le-discret-net

    Mais qui se cache donc derrière le compte Sj87420 ? C’est la question qui a agité les modérateurs de l’encyclopédie libre Wikipédia pendant plusieurs jours. Tout commence le vendredi 27 septembre 2024, jour de la création du fameux compte. Immédiatement après, Sj87420 multiplie les tentatives de modification de la page Wikipédia de Patrick Hetzel, le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il tente de supprimer des passages détaillant comment Patrick Hetzel a eu « des prises de position éloignées de la rationalité scientifique ».

    https://justpaste.it/i2qu3

    #santé_public #caviardage #encyclopédie_libre #Wikipedia #modération (du Web) #salut_public