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  • « Vivre ensemble » avec le patronat : Roussel en campagne pour 2027
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    C’est désormais officiel : Fabien Roussel sera candidat à l’élection présidentielle de 2027. S’il vend un « projet de rupture » et prétend défendre les travailleurs, sa candidature s’inscrit dans la continuité de 2022, entre « valeur travail », conciliation avec le patronat et adaptation au régime.

    Le congrès du PCF de juillet avait acté le principe d’une candidature autonome et réélu Roussel à la tête du parti avec 70 % des voix. Ce dernier a confirmé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 dimanche soir sur TF1. Sous couvert d’« un projet de rupture », Roussel entend pourtant prolonger une orientation déjà largement éprouvée en 2022. Derrière cette rhétorique, sa stratégie repose sur une politique de réindustrialisation et de coopération avec les entreprises qui, plutôt que de remettre en cause les rapports de production capitalistes pour défendre les intérêts des travailleurs, conduit en réalité à rechercher un compromis avec le grand patronat.

    La « valeur travail » ou comment concilier avec le grand patronat

    Pour 2027, Fabien Roussel entend faire de la promesse de « pouvoir vivre dignement de son travail » l’axe central de sa campagne. Un projet annoncé dans son discours de clôture du congrès du PCF, où il promet de « redonner du pouvoir d’achat et respecter les travailleurs » et affirme que « la question centrale qui monte quand on parle de travail, c’est celle des salaires, celle de la reconnaissance et de la juste rémunération du travail, des travailleuses et des travailleurs ».

    Le discours est louable. Mais la manière dont Roussel entend satisfaire cette revendication salariale révèle une logique de conciliation avec le grand patronat. Il affirme ainsi : « C’est aussi le parti pris de la création de richesses pour financer les salaires et la protection sociale ». Autrement dit, il fait dépendre les hausses de salaires de la capacité du capitalisme français à produire davantage.

    La réindustrialisation devient ainsi la condition des revendications salariales : aux travailleurs de produire plus, au patronat de se développer et à l’État de soutenir l’appareil productif, dans l’espoir que les richesses supplémentaires soient redistribuées. La hausse des salaires n’est donc plus le produit d’un rapport de force contre le capital, mais la contrepartie espérée du développement du capitalisme français.

    Cette logique de compromis se retrouve dans sa promesse de « 2 millions d’emplois supplémentaires ». Ces emplois sont présentés comme le fruit du développement de l’appareil productif, dont il faut garantir les conditions de rentabilité pour les entreprises. Derrière la rhétorique de la « rupture » et de la « lutte des classes », Roussel propose ainsi aux travailleurs de miser sur le développement du capitalisme français pour améliorer leur condition, dans l’espoir d’en récupérer quelques miettes.

    Sous la « valeur travail », la ligne défendue par Roussel reste celle de la conciliation entre le monde du travail, l’État et les entreprises. À la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) du Medef, où il s’était déjà rendu en 2024, il résumait ainsi sa méthode : « Il va falloir qu’on travaille ensemble, c’est incontournable […] l’État, les entreprises. […] Dialoguons, travaillons ensemble ». Pour Roussel, au lieu d’être un ennemi de classe, le grand patronat est un partenaire, au moment même où il réclame une offensive austéritaire majeure avec des dizaines de milliards d’économies sur le dos des travailleurs et où il licencie en masse, attaque nos conditions de vie et nos salaires.

    Dialoguer avec les « fâchés pas fachos » en s’adaptant au discours réactionnaire

    Ce projet de conciliation de classe autour d’une « relance productive » éclaire aussi la manière dont Roussel entend reprendre à la droite et à l’extrême droite le terrain de la « valeur travail ». Sous le slogan « Vivre ! », décliné en « vivre ensemble, vivre mieux, vivre heureux, vivre en paix », il met au centre de sa campagne le travail, l’emploi, les salaires et la réindustrialisation, avec l’objectif affiché de reconquérir un électorat populaire.

    Mais derrière cette volonté de reconquête de l’électorat populaire se dessine une stratégie de reconquête des « fâchés pas fachos » en misant sur les préjugés réactionnaires. Comme lorsqu’il annonce vouloir supprimer le RSA, reprenant le refrain rance de celui qui « se crève la paillasse » face au voisin allocataire. Mais aussi sur les tendances racistes et islamophobes, comme lorsqu’il se déclarait sur CNews en mars 2025 favorable à l’interdiction du voile dans le sport tout en validant l’existence du « racisme anti-blanc », au lendemain d’une manifestation antiraciste de masse.

    Dans la même veine, Fabien Roussel a apporté son soutien au gouvernement et au régime dans toutes leurs campagnes islamophobes et autoritaire, de la condamnation des manifestants de Sainte-Soline, à l’ouverture à l’abstention sur la loi immigration, en passant par la réclamation des peines « les plus fermes » contre les centaines de jeunes interpellés après la victoire du PSG. En cherchant à dialoguer avec les secteurs ouvriers qui votent RN, en empruntant systématiquement ses thèmes, il ne fait que nourrir la confusion, se couche devant l’islamophobie d’État et participe à la division de notre classe : entre ceux qui travaillent et les prétendus « assistés », entre Français et immigrés.

    Ce n’est toutefois pas Fabien Roussel qui a inauguré la reprise des thèmes d’extrême droite par le PCF. Dès le début des années 1980, le parti alors dirigé par Georges Marchais multiplie les prises de position sur l’immigration, au nom de la défense de la classe ouvrière française. En janvier 1981, Marchais appelle ainsi à « stopper l’immigration officielle et clandestine », en la liant directement au chômage. Quelques semaines plus tôt, le PCF s’était illustré par l’attaque au bulldozer d’un foyer de travailleurs immigrés maliens à Vitry-sur-Seine, tandis que le maire communiste de Montigny-lès-Cormeilles, Robert Hue, organisait une manifestation contre une famille marocaine accusée de trafic de drogue. Marchais approuvait alors « sans réserve » l’action du maire de Vitry et son refus de voir augmenter le nombre de travailleurs immigrés dans sa commune.

    Ce projet n’est pas donc pas une dérive récente du PCF, mais bien le résultat de sa lente et profonde dégénérescence, qui s’est matérialisée par une intégration progressive au régime. Un parti qui se donne pour horizon de « diriger le pays », comme l’espère Roussel qui veut reconstruire une gauche de gouvernement, dans le cadre de la Ve République doit en permanence prouver qu’il est fréquentable, et cette preuve se paie toujours avec la peau des plus précaires. C’est ce que Fabien Roussel n’a cessé de faire ces dernières années, comme lorsqu’il appelle Macron au deuxième tour en 2022, au lendemain de son 2,28 %. On mesure alors ce que vaut la promesse d’une candidature de « rupture » : celle d’un parti qui, chaque fois que la crise s’ouvre, choisit la stabilité des institutions contre l’intervention des travailleurs.

    La position de Roussel sur le budget 2027, avec lequel Lecornu veut piquer 30 milliards d’euros dans les poches des travailleurs, illustre la même logique. Interrogé par Anne-Claire Coudray sur une potentielle censure du gouvernement, le secrétaire national du PCF résume sa stratégie en une phrase : « On se battra, on ira dialoguer avec le Premier ministre que je vais rencontrer prochainement ». Fabien Roussel tente ainsi un petit tour de magie : tendre la main au régime, au gouvernement et au patronat tout en prétendant défendre les intérêts des travailleurs.

    La lutte des places plutôt que la lutte des classes

    C’est cette logique qui explique le bilan quasi-nul du PCF de Fabien Roussel sur le terrain de la lutte des classes. Pendant le mouvement contre la réforme des retraites de 2023, le PCF s’en est tenu au suivisme vis-à-vis de l’intersyndicale. Quelques mois plus tard, après le meurtre de Nahel, il dénonçait les révoltes des quartiers populaires. Et lorsque la crise politique s’est ouverte pour de bon, le PCF s’est retrouvé en décembre 2024 puis en octobre 2025 à l’Élysée aux côtés du PS et des Écologistes, prêt à troquer l’abrogation de la réforme des retraites contre une « conférence sociale », pour aider Macron à stabiliser un régime en crise.

    Cette nouvelle investiture d’un apparatchik est l’illustration parfaite de ce qu’est devenu le PCF, une organisation entièrement centrée sur les échéances électorales, pour conserver les places de ses élus, professionnels de la politique. Sans autre projet que conserver ses positions, le PCF a ainsi multiplié les alliances électorales, jusqu’à rejoindre le wagon de la gauche bourgeoise, du PS à EELV. De la NUPES au NFP, qui ont permis au groupe parlementaire du PCF de se reconstituer [1], le parti a avant tout joué la partition de la lutte des places, plutôt que de la lutte des classes. Des accords électoraux qui n’ont pas empêché Fabien Roussel de perdre son poste de député en 2024, face à l’extrême droite. Sa candidature indépendante vise surtout à préserver les intérêts d’appareil d’un PCF en crise profonde, alors même que les dernières municipales ont confirmé l’érosion électorale du parti, sur son terrain de prédilection : les institutions.

    Avec cette nouvelle candidature, le PCF poursuit dans la même lignée que 2022, illustrant son adaptation complète au régime et au patronat et, au-delà, son intégration pleine et entière au maintien de l’ordre capitaliste. Une fuite en avant permanente, symbolisée par cette candidature « autonome » présentée avant tout pour espérer avoir sa part du gâteau en cas de futur gouvernement de « gauche » bourgeoise. De « communiste », cela fait longtemps que le PCF n’en a plus que le nom, Fabien Roussel le premier.

  • Procès du meurtre d’Aramburu. Le Priol et Bouvier, fascistes ultra-violents malgré eux
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    Le procès des assassins de l’ex-rugbyman Federico Martín Aramburu s’est ouvert cette semaine. Les deux accusés font tout pour dépolitiser leur histoire, et ce meurtre qui s’inscrit dans une longue série de violences meurtrières commises par l’extrême droite ces dernières années

    Ce lundi 7 septembre, le procès de l’assassinat de Federico Martín Aramburu s’est ouvert devant la cour d’assises de Paris. Les deux principaux accusés, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, anciens membres du groupuscule d’extrême droite GUD, sont jugés pour avoir criblé de balles l’ancien international argentin de rugby, abattu dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, sur le boulevard Saint-Germain à Paris. Quelques heures plus tôt, une dispute puis une bagarre avait éclaté entre les deux hommes et le rugbyman et son ami et ancien coéquipier Shaun Hegarty. En quittant les lieux à pied, les deux rugbymen ont été suivis puis pris à partie, avant que Bouvier puis Le Priol n’ouvrent le feu sur Aramburu, le touchant à plusieurs reprises.

    Les auteurs des coups de feu sont deux anciens membres du Groupe Union Défense (GUD), le groupuscule étudiant d’extrême droite : Loïk Le Priol et Romain Bouvier. Le premier n’en était pas à son coup d’essai. Quelques années plus tôt, il avait participé, aux côtés de Bouvier et de trois autres militants d’extrême droite, dont le chef parisien du GUD, à une expédition punitive contre un ancien militant de leur organisation, roué de coups, menacé d’un couteau et humilié dans une vidéo où Le Priol se vantait d’avoir « buté plus d’un mec » durant son service de commando-marine. Placés en détention provisoire pour ces faits, les deux hommes avaient été libérés sous caution, un chèque de 25 000 euros réglé par une société contrôlée par le trésorier d’un micro-parti proche de Marine Le Pen.

    Au procès, deux accusés qui minimisent leur engagement militant

    Le procès, qui doit se tenir pendant trois semaines, ne porte pas sur la culpabilité des deux hommes, mais sur la qualification des faits et la peine à leur infliger. Loïk Le Priol, renvoyé pour assassinat et passible de la perpétuité, plaide la légitime défense et Romain Bouvier, jugé pour tentative d’assassinat, ne reconnaît que des « violences avec arme ». Mais l’audience consacrée à leur personnalité a surtout donné à voir deux hommes s’efforçant de dépolitiser leur parcours, en présentant leur engagement au sein du GUD comme un simple épisode de jeunesse sans portée idéologique.

    Une stratégie de défense qui se heurte à un passé difficile à travestir. L’expédition punitive de 2015 leur avait déjà valu une condamnation à trois et deux ans de prison ferme. Interrogé sur les propos tenus lors de cette agression, Le Priol s’est contenté de répondre : « J’étais dans un état lamentable, je faisais n’importe quoi ». Dans la même lignée, une interdiction judiciaire de se rencontrer, prononcée après ces mêmes faits, était toujours en vigueur le soir du meurtre d’Aramburu : les deux hommes l’ont violée pour aller, ensemble et armés, tuer le rugbyman. Comme le résume Libération, les deux accusés se présentent au tribunal comme des « militants d’extrême droite à l’insu de leur plein gré », brossant le portrait de jeunesses « lisses » et de familles « aisées », en passant sous silence ce qui a construit leur trajectoire commune : un engagement assumé dans un groupuscule ouvertement néo-nazi.

    Cette tentative de dépolitisation vole en éclats face à d’autres éléments révélés à l’audience. Chez Romain Bouvier, les enquêteurs ont retrouvé une édition très rare de Mein Kampf, que l’accusé a tenté de justifier par un simple « intérêt pour la politique », sans jamais s’expliquer sur la nature de cet objet précis. Loïk Le Priol, de son côté, a préféré tourner en dérision le code de déverrouillage de son téléphone, transmis à la juge, en le présentant comme « deux fois sa pointure de chaussure ». Il s’agit en réalité du code 1488, un symbole ouvertement néonazi : le nombre 14 renvoie aux « 14 mots », célèbre slogan suprémaciste blanc appelant à « assurer l’existence de notre peuple et un avenir pour les enfants blancs », tandis que le 88 est la déclinaison numérique de la double lettre H, abréviation classique du salut « Heil Hitler ». Un détail qui, loin d’être anodin, achève de démentir le récit de deux hommes prétendument éloignés de tout militantisme d’extrême droite.

    Un meurtre qui expose la violence de l’extrême droite

    Ce meurtre ne constitue pas un fait divers isolé, mais s’inscrit dans une série de violences meurtrières commises par l’extrême droite ces dernières décennies. Selon les travaux de la politologue Isabelle Sommier, sur les 53 meurtres à caractère idéologique recensés en France entre 1986 et 2021, 48 sont directement imputables à l’extrême droite. Une tendance qui ne faiblit pas : en décembre 2022, un homme déjà condamné pour une agression au sabre contre des migrants a ouvert le feu devant le Centre culturel kurde de Paris, tuant trois personnes. En août 2024, près de Dunkerque, un responsable du groupuscule paramilitaire Brigade française patriote a délibérément écrasé Djamel Bendjaballah à trois reprises, sous les yeux de sa fille de dix ans, sans que la préméditation ni le caractère raciste du crime ne soient retenus par la justice. En mai 2025, à Puget-sur-Argens, le coiffeur Hichem Miraoui a été abattu par un voisin qui avait publiquement appelé à « tirer sur la population maghrébine ».

    Cette violence meurtrière s’accompagne d’une multiplication d’agressions plus larges, qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui : attaque coordonnée de militants casqués et armés contre une soirée organisée par des associations de travailleurs immigrés turcs en février 2025, saccage à la croix gammée d’un local syndical à Antibes en octobre de la même année, agression d’étudiants à l’entrée de l’université Lyon III par des militants identitaires en février 2026.

    Une réalité qui contraste violemment avec le traitement médiatique et judiciaire accordé à l’extrême droite, y compris lorsqu’elle tue : au lendemain du meurtre d’Aramburu, en pleine séquence présidentielle, l’affaire n’avait suscité aucune réaction du monde politique, quand certains médias préféraient euphémiser le profil des tueurs en les qualifiant de « duo de bagarreurs ».
    Ce procès rappelle avec force que la violence d’extrême droite n’a rien d’un phénomène marginal. Alors que ses idées réactionnaires progressent partout dans le monde et nourrissent le passage à l’action de groupes toujours plus violents, le mouvement ouvrier et ses alliés doivent s’organiser à la base.

  • Bardella-Farage : l’alliance de l’extrême droite pour organiser la chasse aux migrants
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    Invité d’honneur du congrès de Reform UK, Jordan Bardella a signé un accord avec Nigel Farage pour coordonner la chasse aux migrants des deux côtés de la Manche. Une alliance de l’extrême droite qui se prépare déjà à gouverner.

    Vendredi dernier, la visite de Jordan Bardella à Nigel Farage n’était pas qu’une simple visite de courtoisie. Ce jour-là, le président du Rassemblement national était l’invité d’honneur de la conférence annuelle de Reform UK, le parti d’extrême droite ultra-raciste de Nigel Farage.

    Une invitation qui intervient en pleine crise du bipartisme britannique : conservateurs en chute libre, Labour discrédité par Starmer, désormais remplacé à Downing Street par Andy Burnham. Après sa débâcle aux élections locales, Starmer avait permis à Reform de réaliser une percée historique dans d’anciens bastions travaillistes et conservateurs.

    C’est dans ce contexte que Bardella et Farage ont exhibé devant les caméras un immense Memorandum, présenté comme une nouvelle Entente cordiale entre le Rassemblement national et Reform UK [1]. Dans une ambiance trumpiste, où la taille du pacte semble devoir compenser la finesse du propos, Bardella et Farage ont surtout mis en scène un accord aux mesures particulièrement brutales, mettant sur la place une chaîne organisée de détention et d’expulsion à travers la Manche. Ils s’engagent ainsi à refuser toute régularisation et à empêcher les départs depuis la France. Surtout, les bateaux interceptés dans les eaux britanniques seraient renvoyés vers la France, qui accepterait leurs occupants avant de les expulser vers leur pays d’origine.

    Mais c’est encore en dehors de ce pacte immonde que Reform réserve ses mesures les plus chocs : dans son projet baptisé, sans s’embarrasser de subtilité, Operation Fortress qui prévoit notamment l’intervention de la Royal Navy et les Royal Marines pour intercepter les embarcations de migrants. Pour les immigrés en « situation irrégulière » déjà présents sur le territoire britannique, Reform prévoit parallèlement de créer une nouvelle agence, véritable « commando de déportation », chargée de déporter jusqu’à 24 000 personnes par mois, soit près de 300 000 par an. Concernant les détenus immigrés, ceux-ci pourraient par ailleurs être déportés vers des prisons de pays comme le Salvador. Des projets qui rappellent fortement les méthodes de l’administration Trump et le rôle joué par l’ICE dans sa politique de déportation de masse.

    Cette politique s’inscrit aussi tout droit dans le durcissement européen des politiques migratoires : en juin, le Parlement européen a adopté le nouveau « règlement retour », massivement soutenu par l’extrême droite, qui prévoit notamment la possibilité de créer des « hubs de retours », c’est-à-dire des centres d’enfermement pour migrants dans des semi-colonies en vue de leur expulsion.

    L’image de Bardella et Farage n’est donc pas un simple coup de communication entre deux dirigeants d’extrême droite. Leur accord dessine déjà une politique commune pour le cas où leurs partis arriveraient simultanément au pouvoir : coordonner les contrôles aux frontières, les interceptions en mer, la détention et les expulsions des personnes étrangères.
    Des millions pour Reform, l’austérité pour les travailleurs

    Seulement voilà : Reform et Bardella se rêvent déjà au pouvoir, mais les scandales, eux, n’ont pas attendu. La veille de leur rencontre, une caméra cachée montrant deux hauts responsables de Reform - James Orr et Dan Jukes - discuter des dispositifs permettant de contourner les règles sur les financements étrangers tournait en boucle sur les plateaux télé. Tous deux ont dû quitter leurs fonctions, tandis que l’affaire est désormais examinée par la police britannique et la Commission électorale.

    Mais pendant que Farage courtise les grandes fortunes, son parti prépare un tout autre sort pour les travailleurs. À la tribune de la conférence, Robert Jenrick - porte-parole du parti pour les questions budgétaires - a annoncé vouloir sabrer 50 milliards de livres dans les dépenses sociales, tout en annonçant vouloir rassurer les marchés financiers sur leur politique économique.

    Les dirigeants de Reform, eux, ne risquent pas de souffrir de ces mêmes attaques, tant les milliardaires se chargent de remplir les caisses du parti. Rien que l’année dernière, le milliardaire Christopher Harborne, investisseur dans la cryptomonnaie, a versé à lui seul à Reform 12 millions de dollars.

    Et sur ce terrain aussi, Bardella et Farage ont de quoi s’entendre. Plus encore que Marine Le Pen, Bardella incarne au RN cette recherche de respectabilité auprès du patronat et des milieux d’affaires, multipliant les signaux destinés à rassurer ceux qui pourraient encore être dubitatifs de la servilité de Le Pen à la grande bourgeoisie. Une orientation parfaitement compatible avec Farage et l’héritage ultralibéral et libertarien de Reform. Derrière leur posture antisystème, les deux hommes regardent donc dans la même direction : coups de matraque pour les plus pauvres et les migrants, courbettes devant les plus riches. Décidément, ces deux-là sont bien faits pour s’entendre.
    Qui défendra le mieux les frontières ?

    De la droite à la gauche institutionnelle, les candidats à la présidentielle se sont empressés de dénoncer cet accord pour décrédibiliser le RN, en tête dans les sondages, et mieux vendre leur propre perspective chauvine de reprise en main made in France de la question migratoire.

    Pour Gabriel Attal notamment, un des architectes des pires offensives islamophobes sous la présidence de Macron, le président du groupe RN se serait « fait rouler dans la farine ». Sur un plateau de BFMTV, l’ancien premier ministre dit redouter que « la France [devienne] ce que le Royaume Uni avait voulu faire avec le Rwanda », faisant référence à l’accord xénophobe porté par le précédent gouvernement conservateur, prévoyant que les demandeurs d’asile arrivant sur le territoire britannique soient expulsés au Rwanda où leur demande d’asile serait étudiée.

    Même son de cloche chez Glucksmann. Pour le candidat Place Publique à la primaire de la gauche, ce pacte se ferait « au détriment des intérêts de la France » puisqu’il « déresponsabilise le Royaume Uni de question migratoire ». En fustigeant le RN pour sa « capitulation », Glucksmann en vient ainsi à se poser en meilleur défenseur des intérêts frontaliers français que Bardella lui-même.

    Des réactions qui occultent totalement la responsabilité des impérialismes français et britannique dans les guerres, le pillage et les régimes qu’ils soutiennent, qui poussent des millions de personnes à l’exil, en débattant de quel État doit avoir la charge de les repousser.
    Opposer notre internationalisme au leur

    Dans cette affaire, ce qu’il faut dénoncer, ce n’est pas que les migrants soient renvoyés du « mauvais » côté de la Manche. C’est le principe même de cette politique : qu’ils soient pourchassés, enfermés, refoulés et expulsés.

    C’est aussi tout l’enjeu de la candidature d’Anasse Kazib à la présidentielle de 2027 : faire entendre une voix de classe, antiraciste et internationaliste, qui refuse de céder le moindre terrain à l’extrême droite.
    Alors que celle-ci se radicalise, chaque concession sur l’immigration, les frontières ou la préférence nationale affaiblit la lutte antiraciste et divise notre classe.
    Il faut au contraire défendre sans ambiguïté la liberté de circulation et d’installation et l’ouverture des frontières, la régularisation de tous les sans-papiers, mais aussi la destruction des centres de rétention et la suppression de l’ensemble des lois sécuritaires et racistes qui visent en premier lieu les personnes étrangères et les quartiers populaires

    • Bardella - Farage : à raciste, raciste et demi

      Vendredi 4 septembre, Bardella a fait étape en Grande-Bretagne dans le cadre d’une tournée européenne destinée à cultiver son image de futur Premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027.

      Bardella a pris la parole au congrès du parti d’extrême droite probrexit Reform UK et s’est affiché aux côtés de son dirigeant, le britannique Nigel Farage. Les deux hommes ont en commun de spéculer sur la même haine des immigrés, utilisés auprès des électeurs comme des boucs émissaires, responsables de tous les maux. Mais la solidarité entre démagogues nationalistes a des limites, et Bardella en a fait les frais, roulé par plus malin que lui. En effet, le président du RN a signé avec Farage un « protocole d’accord » prévoyant notamment le renvoi vers la France de migrants interceptés dans les eaux britanniques. Alors que la campagne présidentielle est lancée en France, plusieurs concurrents du RN y ont vu immédiatement une occasion de doubler Bardella sur sa droite. Ainsi Edouard Phillipe et Gabriel Attal ont dénoncé pour l’un sa « soumission aux intérêts anglais », pour l’autre sa « faiblesse indigne ».

      Tout cela apparaît comme bien dérisoire, mais ne prête pas à rire. Quand ces bonimenteurs font mine de s’affronter sur le terrain de la « lutte contre l’immigration », chacun contribue à répandre dans la population le poison du racisme. Ils préparent ainsi le terrain pour aggraver les politiques répressives à l’encontre de milliers de femmes et d’hommes dont le seul tort est de vouloir fuir la misère et les guerres.
      Marc Rémy

      https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/bardella-farage-raciste-raciste-demi-196920.html

  • « J’ai vu la mort » : un couple et un lycéen victimes d’agressions racistes à Lyon
    https://www.revolutionpermanente.fr/J-ai-vu-la-mort-un-couple-et-un-lyceen-victimes-d-agressions-ra

    Aux alentours de 20h, un lycéen de 17 ans a été la cible d’un groupe de 10 personnes, sur le parvis du Groupama Stadium à Lyon. Le jeune homme et son groupe d’amis quittaient leur session de futsal quand ils se sont fait insulté avec des propos racistes : « bougnoules, négros, on va vous tuer ». Tandis que son groupe d’amis a réussi à s’extirper et à fuir, le jeune homme, lui, a été roué de coups. Certains de ses agresseurs étaient cagoulés et portaient des matraques. Le jeune homme a été transféré à l’hôpital Edouard Herriot. Il souffre d’un nez cassé, d’une mâchoire fracassée, de nombreuses ecchymoses et il a reçu 30 jours d’ITT. Le témoignage de la mère du jeune homme sur Facebook est glaçant : « ils ont failli tuer mon fils, ils l’ont massacré ». Celle-ci a déposé une plainte et une enquête a été ouverte.

    Quelques heures plus tard, vers minuit, Meriem Boucheda, une élue de Rillieux la Pape et son conjoint ont également été victimes d’une violente agression raciste, toujours sur le parvis du Groupama Stadium. Cette étudiante de 21 ans en droit public et son conjoint de 25 ans quittaient le stade après avoir assisté au match Le Havre – OL. Ils se font surprendre par un groupe de 6 supporters, sortant d’un bar, leur ont lancé des insultes racistes : « sales bougnoules ». Le couple ne réagit pas, puis le groupe de supporters insiste et le jeune homme se retourne interrogateur auprès de ses agresseurs. Meriem a témoigné auprès du média 20 minutes : [« On n’a même pas eu le temps de réagir qu’il a saisi la nuque de mon conjoint avec ses deux bras, lui bloquant le visage et le tirant directement vers le sol. Il a commencé à s’acharner sur lui, pendant que les autres le frappaient de coups de pied ou l’empêchaient de se relever ».

    https://www.revolutionpermanente.fr/IMG/logo/ol-leipzig_groupama_stadium_11.jpg

    #racisme

  • Arrêts maladie, chômage : les nouvelles mesures qui frappent les travailleurs au 1er septembre
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    Pour se justifier de ces attaques, le gouvernement ressort les vieilles fables du patronat et de la bourgeoisie sur la crise économique, la dette ou encore la montée des prix, qui seraient la faute des classes populaires. En réalité, ces nouvelles offensives anti-ouvrières ne sont que la continuité de 10 ans de politique ultra libérale et austéritaire d’un gouvernement au service des patrons qui tente tant bien que mal de détourner l’attention des véritables responsables de la crise et de la dette : les grands patrons qui se gavent d’aides publiques.

  • Crise climatique. Au moins 270 morts et 1300 disparus au Népal suite à l’effondrement d’un glacier
    https://www.revolutionpermanente.fr/Crise-climatique-Au-moins-270-morts-et-1300-disparus-au-Nepal-s

    Les images qui nous arrivent de la frontière du Népal et du Tibet sont presque apocalyptiques. Dans la matinée de ce mercredi 26 août, une vague de plusieurs mètres a submergé la vallée, détruisant les maisons, marchés, routes, ponts, infrastructures et provoquant au moins 270 morts et 1300 disparitions, selon un bilan provisoire de la police népalaise. Ces violentes coulées de boues, mélange d’eau, de terre et de débris emportés dans son sillage, ont littéralement enterré des dizaines d’immeubles de plusieurs étages, détruit pas moins de 27 ponts et gravement endommagé le site de construction d’une centrale hydroélectrique – les autorités ayant indiqué que le contact avait été perdu avec environ 60 ouvriers présents dans l’un des tunnels du projet au moment de l’impact.

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    #crise_climatique #réchauffement_climatique #climat #Népal #Tibet #glacier

  • 86 ans après sa mort : qui était Léon Trotsky ?
    https://www.revolutionpermanente.fr/86-ans-apres-sa-mort-qui-etait-Leon-Trotsky

    Il y a 86 ans, Léon Trotsky mourrait après avoir été mortellement atteint par un agent de Staline dans le cadre de la répression brutale menée par la bureaucratie stalinienne. A cette occasion, nous republions ce texte de Jean-Philippe Divès sur la trajectoire du révolutionnaire.

    On ne prétendra pas résumer ici la trajectoire de celui qui fut un grand dirigeant de la Révolution russe, la figure et le chef de file de l’opposition de gauche au stalinisme, puis le fondateur de la Quatrième Internationale. Les lecteurs pourront se référer pour cela à une série de biographies, dont la plus pertinente est certainement celle de Pierre Broué [1]. On tentera plutôt, dans les lignes qui suivent, de mettre en évidence quelques moments fondamentaux de la vie politique de Trotsky.

    1905, président du premier soviet de Saint-Pétersbourg

    Au début du siècle dernier, Lev Davidovitch Bronstein, devenu Léon Trotsky, est très tôt un militant aguerri, reconnu dans les cercles révolutionnaires et qui, comme beaucoup d’autres à son époque, a fait l’expérience de l’action clandestine et connu la prison, la déportation et l’exil.

    Invité par Lénine, en 1902, à rejoindre la rédaction de l’Iskra (« L’Etincelle »), l’organe du POSDR (Parti ouvrier social-démocrate de Russie) publié depuis l’exil, Trotsky rompt avec lui après le congrès de 1903, théâtre de la scission entre bolcheviks et mencheviks. Après avoir dans un premier temps pris parti pour ces derniers, il adopte vite une position « intermédiaire », indépendante des deux fractions.

    Sa brochure « Nos tâches politiques », publiée en 1904, est un brûlot lancé contre le « jacobinisme » léniniste, accusé de mépriser l’autodétermination et les capacités transformatrices des travailleurs. On peut d’une certaine façon considérer que la réponse de Rosa Luxemburg, « Questions d’organisation de la social-démocratie russe », à l’ouvrage de Lénine « Un pas en avant, deux pas en arrière » (deux textes également de 1904), se situe alors, pour partie, dans la même veine. Mais certaines formulations de « Nos tâches politiques » sont si excessives que Lénine et ses proches en sont choqués. Beaucoup considèrent alors Trotsky comme un jeune marxiste certainement brillant, mais aussi un pédant insupportable.

    Léon Trotsky a 25 ans lorsque la révolution de 1905 éclate à Saint-Pétersbourg avec le « Dimanche sanglant » (22 janvier – 9 janvier dans l’ancien calendrier russe). Rentré clandestinement en Russie dès février 1905, il s’investit à fond dans le soviet ouvrier de Saint-Pétersbourg dès sa formation, fin octobre dans le cours de la grève générale, en tant qu’organe représentatif des masses en lutte. Il en devient immédiatement membre du comité exécutif, et un peu plus tard le président. Il en est incontestablement la figure et le dirigeant principal, démontrant – outre ses talents rédactionnels et oratoires – une fermeté inébranlable sur les principes associée à d’exceptionnelles capacités politiques et tactiques, toujours orientées vers le renforcement de la confiance des masses en leurs propres forces. Trotsky retrouvera la présidence de ce soviet (regroupant cette fois non seulement les travailleurs, mais aussi les soldats de la garnison) en septembre 1917, quelques semaines avant l’insurrection d’Octobre.

    Début décembre 1905, alors que le régime tsariste a dû reculer devant la révolution et promettre une série de concessions, Trotsky fait partie des responsables désignés par le soviet pour préparer une insurrection armée visant à renverser le régime. Le 3/16 décembre, lui et les autres dirigeants du soviet sont arrêtés et emprisonnés.

    Leur procès s’ouvre en octobre (septembre dans l’ancien calendrier) 1906. Trotsky en fait une tribune politique dans laquelle, sans provoquer outre mesure les juges, il ne cède rien quant à la légitimité du soviet et de son action. Devant le tribunal, il le décrit comme « l’organe du pouvoir autonome des masses révolutionnaires, l’organe (…) d’un nouveau pouvoir historique. » En réponse à l’accusation de complot armé, il affirme que « si l’organisation des forces sociales n’avait été entravée par aucune attaque de la contre-révolution armée, si elle avait continué dans la voie où elle était entrée sous la direction du soviet des députés ouvriers, l’ancien régime serait tombé sans qu’on eût besoin d’employer la moindre violence. » « Remarquez-le bien, Messieurs les juges, nous n’avons jamais ‘préparé’ l’insurrection, comme le dit le procureur, ‘nous nous sommes préparés à l’insurrection’. » Tant il est vrai que « le soulèvement armé était pour nous inévitable : il était et reste une nécessité historique dans la lutte du peuple contre un régime d’autorité militaire et policière. »

    Avec 14 de ses co-accusés, Trotsky est condamné au bannissement et à la déportation à vie. En février 1907, durant son transfert vers le nord de la Sibérie, il s’évade et rejoint à nouveau l’exil, d’où il continue son combat...

  • « En Gironde, l’indécence de La Poste éclate au grand jour. » Billet d’un facteur parisien
    https://www.revolutionpermanente.fr/En-Gironde-l-indecence-de-La-Poste-eclate-au-grand-jour-Billet-

    Après les incendies en Gironde, la Poste force ses salariés à récupérer les heures ratées. Une décision indécente, qui est seulement la pointe émergée de l’iceberg selon un facteur parisien.

    Depuis quelques jours, une nouvelle choque : La Poste veut faire rattraper les heures non travaillées à nos collègues de Gironde. Nos collègues qui n’ont pas pu travailler et dont beaucoup ont dû eux-mêmes être évacués se voient infliger une triple peine. Ta région brûle, tu écouleras ensuite le courrier non distribué, au détriment de ton dos et de tes conditions de travail – déjà bien attaquées –, et tu devras enfin rattraper les heures non travaillées. Alors même que le groupe La Poste fait des bénéfices annuels de plus d’un milliard et aurait pu mettre les postiers en autorisation spéciale d’absence sans aucun problème.

    Le groupe La Poste, ou l’indécence aux manettes

    Un management sans scrupules de la part d’une entreprise sans scrupules qui nous réorganise en permanence – quels que soient les métiers – pour supprimer des emplois et faire du profit. Ce même groupe La Poste organise aussi l’exploitation de sans-papiers dans ses entrepôts de colis et dans la sous-traitance pour les distribuer. Il est responsable de trop nombreux suicides de collègues, ainsi que de la mort de Seydou Bagaga livreur de colis décédé d’une noyade en 2013 en livrant un colis. N’oublions pas tous les contrats précaires utilisés comme variable d’ajustement lors des réorganisations et jetés de l’entreprise du jour au lendemain.

    Depuis l’annonce du traitement infligé aux postiers de Gironde, une séquence médiatique s’est ouverte : plusieurs médias (BFMTV, Franceinfo, ICI) ont évoqué le sujet. Le 20 heures de France 2, de mercredi, y a consacré un sujet. Ces reportages sont courts mais laissent une image peu flatteuse de l’entreprise et ne se bousculent pas pour défendre sa politique.

    Même dans les rédactions des médias bourgeois, imposer le rattrapage des heures non travaillées pendant les incendies a choqué. Cela a surtout dû choquer les millions d’usagers qui ont eu accès à cette information en allumant leurs téléviseurs ou leurs radios ! Pour une fois, la politique du pire de La Poste ne reste pas sous le tapis et prend un peu la lumière. Ce qui est intéressant aussi, c’est que La Poste assume son indécence et ne fait pas machine arrière, peu importe le coût pour son image.

    Pour mes collègues et moi, cette tyrannie n’est pas une surprise. Elle reflète ce qu’est le management au quotidien de La Poste, et c’est contre cela que nous nous battons tous les jours. Nos tournées de facteurs ne cessent de s’allonger, les guichetiers se voient imposer des plannings fait par l’IA, en plus de la fermeture de bureaux et des suppressions de postes... Nous subissons ça, alors que nous sommes payés avec des salaires de misère et sans aucun avantage.

    Je suis facteur depuis 10 ans et je n’ai jamais eu un timbre gratuit... juste le droit de gagner 1550 euros par mois. Tous les jours de l’année, en tant que syndicaliste, c’est la course aux impayés et pour faire face à des problèmes RH plus ridicules les uns que les autres. Une exploitation XXL au service du profit, le service public et le bien des usagers et usagères attendront ! Pourvu que l’oseille rentre dans la caisse.*

    Parce que du fric, il y en a pour La Poste. Plus de 6 milliards de bénéfices réalisés ces 5 dernières années... soit 3,39 millions d’euros de bénéfices par jour sur cette période ! Dimanche et jours fériés inclus, évidemment. La PDG en poste depuis quelques mois a d’ailleurs d’ores et déjà croqué dans la pomme, fruit de notre travail, à nous, la classe utile. Son mandat se termine en 2030 et, quand il se terminera, elle touchera 450 000 euros de parachute doré (soit un an de salaire d’un/une PDG de La Poste) et si elle est débauchée avant, ça sera 900 000 euros !

    De l’argent, il y en a toujours pour les dirigeants, leurs frais annexes (des luxueux bureaux jusqu’au café gratuit), mais quand des facteurs, factrices et guichetiers voient leur région littéralement brûlée, il faudrait surtout rattraper les heures pour pouvoir les payer.
    Ce n’est pas compliqué : avec le fric que fait La Poste, les collègues de Gironde pourraient être payés pendant six mois à ne rien faire que cela ne poserait aucun problème aux finances du groupe.

    Trop souvent, La Poste a bénéficié de l’isolement qui touche tous les services. Ainsi La Poste peut mettre ses casseroles sous le tapis, et surtout éviter des grèves et des convergences. Nous sommes 200 000, mais, force est de constater, que nous sommes repliés sur nous-mêmes, service par service.

    Je suis facteur, et je ne connais quasiment aucun guichetier de bureau de poste dans Paris. Ce n’est pas une faute individuelle, c’est le résultat d’une casse du collectif de travail bien pensée.
    Et c’est une réussite pour l’instant. C’est pour cela que La Poste avance aujourd’hui en confiance : réorganisations, horaires variables, retour des suicides, etc., le roulement compresseur continue sa marche.

    Mais cette dynamique n’a pas vocation à être éternelle, et pour rompre l’isolement, à l’intérieur de l’entreprise comme vers l’extérieur, on ne peut que se lier entre nous. Facteurs de différents centres de tri, de la région parisienne jusqu’à en Gironde, travailleurs en CDI et précaires, usagers et travailleurs, si nous unissons nos forces, on peut en finir avec ce système imposant un service public défaillant et des travailleurs en burn-out.

  • « Nous ne sommes pas des machines à sous » : une étudiante témoigne des conséquences de « Bienvenue en France »
    https://www.revolutionpermanente.fr/Nous-ne-sommes-pas-des-machines-a-sous-une-etudiante-temoigne-d

    Awa*, étudiante en biochimie moléculaire à l’Université de Toulouse, témoigne de la violence du décret « Bienvenue en France », qui risque de l’empêcher de continuer ses études alors qu’elle est déjà forcée de travailler pour les financer. Son témoignage s’inscrit dans le cadre de la campagne du Poing Levé visant à organiser une réponse massive face à cette attaque raciste de grande ampleur.

  • L’impérialisme espagnol dans une période de désordre mondial
    https://www.revolutionpermanente.fr/L-imperialisme-espagnol-dans-une-periode-de-desordre-mondial

    Alors qu’une partie de la gauche espagnole et française voit dans l’État Espagnol une sorte de puissance « progressiste », ce texte revient sur les différentes phases de développement de cet impérialisme « de second rang » durant les dernières décennies, et sur la réalité derrière la vitrine pro-Palestine du gouvernement socialiste.

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    Ce texte de mai 2025 a été rédigé par le Courant révolutionnaire des travailleurs (CRT) à l’occasion de son 3ème Congrès. Nous en publions la traduction.

    Dans le document portant sur la situation internationale, nous affirmons que l’élément le plus significatif de cette nouvelle époque de crises, de guerres et de révolutions est le saut dans l’affrontement entre grandes puissances depuis le déclenchement de la guerre d’Ukraine en 2022.

    Le nouveau gouvernement de Trump rend la situation encore plus imprévisible et instable et accroît la possibilité de sauts abrupts. C’est ce que démontrent, depuis quelques semaines, la crise de la relation transatlantique et les négociations entre les États-Unis et l’Union européenne au sujet du conflit ukrainien (et le partage du butin de la guerre et de ses ressources). En réponse, l’impérialisme européen a adopté un plan de réarmement de 800 milliards d’euros.

    L’État espagnol est la quatrième puissance impérialiste de l’Union européenne en termes de PIB, et la cinquième en termes de dépenses militaires. Avec 23 milliards d’euros par an, il se place derrière la Pologne (31 milliards), l’Italie (35 milliards), la France (61 milliards) et l’Allemagne (66 milliards).

    Au XXème siècle, le développement spécifique du capitalisme espagnol et son intégration tardive aux organisations impérialistes (comme l’Union européenne et l’OTAN) en ont fait une puissance de second rang. Elle s’est retrouvée dans une position de subordination à l’égard de l’impérialisme étasunien et des deux principales puissances européennes, la France et l’Allemagne.

    Les effets de la crise de 2008 ont participé à dégrader la place de l’Etat espagnol dans la hiérarchie des puissances, où elle occupe le rang d’une puissance moyenne ou subordonnée. En un an, l’économie espagnole est alors passée de la huitième à la douzième place mondiale. Elle est aujourd’hui à quatorzième place, bien qu’elle ait retrouvé son rythme de croissance économique et sa dynamique d’expansion mondiale. Malgré un taux de croissance élevé, son PIB annuel se maintient à 1580 milliards d’euros ; bien en-deçà du niveau pré-2008, où son PIB représentait 1630 milliards.

    Cet impérialisme de second rang continue de se trouver dans une position d’équilibre entre les deux pôles auxquels il est historiquement subordonné : les États-Unis et l’axe franco-allemand. La perspective d’un affrontement plus intense entre ces deux pôles et les fissures qui pourraient apparaître au sein de l’Union européenne, ainsi que les effets des politiques dirigées vers d’autres puissances comme la Chine, pourraient nourrir des dissensions au sein de la bourgeoisie espagnole qui heurteraient de plein fouet la fragile restauration du régime opérée au cours de ces six dernières années...

    • Quel état occidental n’est pas impérialiste ?

      L’Espagne a pour elle sa croissance économique, bien soutenue par sa stratégie remarquable de développement des énergies renouvelables, son accueil des migrants (qui soutient aussi sa croissance économique), sa position en faveur de la Palestine très claire, et son courage face à l’agressivité de Trump.

      Dans une Union Européenne tirée par l’Allemagne vers le racisme et le fascisme et qui soutient financièrement Israël et son génocide ...

      Vive l’Espagne de Sanchez !

      Même si la perfection n’est pas de ce monde, il a une colonne vertébrale (qui fait défaut à presque tous les politiciens européens).

    • La « fausse amitié » de l’impérialisme espagnol à l’égard de la Palestine

      En ce qui concerne le génocide en Palestine, le gouvernement PSOE-Sumar a maintenu la position traditionnelle de l’impérialisme espagnol : un soutien symbolique au peuple palestinien. Il est allé jusqu’à reconnaître l’État palestinien dans le cadre réactionnaire de la solution à deux États, mais n’a rompu aucun lien de collaboration commerciale, diplomatique ou militaire avec l’État colonial : commerce d’armes et de technologies, contrats de collaboration ou soutien à des opérations auxiliaires comme la coalition contre les Houthis au Yémen. [ NdT. En septembre 2025, le gouvernement a cependant décidé de mettre en œuvre un embargo sur les exportations et les importations de matériel de défense. Cependant, cet embargo demeure partiel, la loi indiquant que des exceptions sont possibles lorsque « l’embargo contrevient aux intérêts de la sécurité nationale ».]

      La politique étrangère espagnole est adepte de ce double discours, qu’elle a historiquement utilisé pour tenter d’établir un statut qui lui est propre, en particulier dans le monde arabe. L’État d’Israël n’a été officiellement reconnu qu’en 1986, alors qu’Arafat avait déjà été accueilli par les gouvernements Suárez et González. Cette position a été utile à l’État espagnol en lui permettant de faciliter les discussions diplomatiques lorsque certains de ses principaux partenaires le demandaient, comme cela a été le cas en 1991, en parrainant la conférence de paix israélo-arabe de Madrid, qui a débouché deux ans plus tard sur les accords d’Oslo. D’ailleurs, cette « fausse amitié » lui permet d’entretenir des relations privilégiées avec les monarchies arabes qui jouent un jeu similaire.

      D’autre part, le soutien populaire historique à la cause palestinienne réduit la marge de manœuvre du gouvernement espagnol pour mener une politique ouvertement pro-israélienne, ce qui aurait suscité une contestation sociale importante. C’est pourquoi, en parallèle de ce soutien, la politique de la « fausse amitié » de Sánchez a agi comme un élément modérateur des tendances à l’expansion et à la radicalisation du mouvement de soutien à la Palestine bien que dans les secteurs les plus avant-gardistes, comme le mouvement des campements dans les universités ou les secteurs de la communauté palestinienne, il y a eu une remise en question significative de la politique du gouvernement central.

      Notre dénonciation du cynisme du « progressisme » espagnol face au génocide, illustré par le décalage entre les paroles et les actes du gouvernement, doit s’accompagner d’une critique de sa position réactionnaire en faveur de la solution à deux États, au profit d’une alternative : une Palestine unique, ouvrière et socialiste. Celle-ci résiste à l’instrumentalisation de la cause palestinienne par l’État – comme dans le cas de la cause sahraouie – qui espère en tirer des avantages politiques ou s’en servir dans les négociations avec certains de ses principaux partenaires, comme que les États-Unis, l’Allemagne et la France, pleinement impliqués dans le soutien au génocide et à l’État colonial d’Israël.

      Enfin, le génocide et les mobilisations en Europe contre les massacres à Gaza et la complicité des gouvernements ont entraîné une intensification des politiques répressives et des persécutions : interdictions de manifestations, dissolutions de collectifs, poursuites judiciaires, etc. En Espagne, cependant, les procédures engagées ont été classées sans suite, et le niveau de répression y est resté relativement faible.

  • #Ceuta : une soit disant crise migratoire bien instrumentalisée par l’internationale réactionnaire ?

    Ce post de Mr Mondialisation sur FB (je n’ai pas trouvé l’article correspondant sur leur site) et cet article de l’Huma (sous #paywall) :

    https://www.facebook.com/M.Mondialisation/posts/pfbid0fjHJR3QnKoeSdQQoZzfwUWKSxSsaYqXu6aZdvKehLBbBQuUtkQs2MUks77a1PLPsl

    Comprendre l’opération de déstabilisation de l’Espagne qui se joue depuis plusieurs jours par une guerre d’images parfaitement organisée.
    Pendant que certains médias parlent d’une simple « vague migratoire », les images racontent une autre histoire. De nombreuses vidéos montrent des camions et des autocars déposant des milliers de jeunes hommes en même temps, à proximité immédiate de Ceuta, avant leur ruée organisée vers la plage du Tarajal.
    Les vidéos montrent surtout que les autorités Marocaines aident à la logistique sur la route, sans les arrêter. Une logistique de cette ampleur n’a rien d’un déplacement spontané de candidats à l’exil. Nombre de ces jeunes arrivent en rigolant, avec des bouées et même des sticks pour filmer leur exploit et les publier en ligne parfois en direct. Plusieurs ont perdu la vie en sous estimant le risque de contourner ce simple bras de terre. Ces individus n’ont rien de migrants classiques en situation d’exil, ce qui devrait à minima alimenter des questions. Pourtant, tous les médias ont un narratif unique axée sur la peur : la vague migratoire est à nos portes. Ce n’est pas le cas.
    Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la technique est utilisée. En 2021 déjà, lors de la crise de Ceuta, le relâchement soudain et volontaire des contrôles frontaliers par Rabat avait été largement interprété comme un moyen de pression diplomatique sur Madrid dans le contexte du Sahara occidental. À la différence que cette fois, des dizaines de camions ont déversé ce flot humain sur les plages au même moment, poussant certains à la noyade.
    En résumé, des jeunes sont utilisés pour faire pression à la frontière de manière à générer un choc politique par l’image. La majorité d’entre eux sont rentrés chez eux le soir même, faute de nourriture, en passant la frontière dans l’autre sens.
    Une question demeure : comment des dizaines de milliers de personnes peuvent-elles se retrouver simultanément devant une frontière parmi les plus surveillées d’Afrique sans une organisation logistique ? Les vidéos montrant des véhicules transportant des groupes de jeunes méritent, à elles seules, une enquête approfondie. Les médias officiels restent pourtant discrets sur la question et ne publient pas ou peu ces images.
    Que chacun se fasse son opinion. Mais présenter ces événements comme un simple mouvement migratoire pour faire peur occulte les buts de l’opération : isoler l’Espagne de la scène internationale tout en alimentant la montée réactionnaire en Europe, favorable aux intérêts
    capitalistes. Par ailleurs, le contrôle du Détroit reste un enjeu économique majeur dans la région, y compris pour les Etats-Unis. Trump et Israël, alliés du Maroc, sabrent le champagne devant cette opération médiatique de grande envergure qui divise l’Europe.

    https://www.humanite.fr/monde/espagne/afflux-de-migrants-a-ceuta-le-gouvernement-espagnol-attaque-par-une-extreme

    L’arrivée de dizaines de milliers de jeunes Marocains dans l’enclave espagnole, la semaine dernière, même éphémère, a déchaîné les paniques racistes de l’extrême droite mondiale. Ce qu‘il s’est passé soulève des questions sur l’utilisation de l’immigration comme levier de déstabilisation mais aussi sur l’attitude des autorités marocaines.

    https://justpaste.it/e53bt

    • https://seenthis.net/messages/1184811

      La construction du récit de « l’invasion »

      Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

      Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

      Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    • https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/l-instrumentalisation-de-la-situation-a-ceuta-vire-a-la-caricature-de

      Plusieurs sources, dont l’AFP, laissent plutôt entendre que l’afflux massif de ces derniers jours résulte d’une nouvelle brouille diplomatique entre Madrid et Rabat, à l’heure où le Premier ministre espagnol essaie de se rapprocher de l’Algérie plutôt que du Maroc. Pedro Sanchez était à Alger il y a dix jours à peine pour essayer de tourner la page de quatre années difficiles. Dans ce contexte, un journaliste de l’agence de presse française affirme que des jeunes Marocains, rassemblés à la lisière de Ceuta, lui ont expliqué avoir entendu que « la frontière avait été ouverte ».

      Un contexte qui rappelle inévitablement la précédente crise migratoire de 2021, lorsque des milliers de Marocains avaient traversé la frontière à la faveur d’un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un premier différend diplomatique avec l’Espagne. À l’époque, le Maroc avait reproché à Madrid l’accueil, pour y être soigné, du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario (soutenu par l’Algérie contre le Maroc).

      D’ailleurs, Pedro Sanchez - qui doit se rendre à Ceuta ce vendredi - a déjà expliqué que « des mesures pour le transfert » vers le Maroc seront prises pour « toutes les personnes qui sont entrées illégalement » dans l’enclave espagnole, après ce qu’il qualifie « d’attaque contre la souveraineté » de son pays. Du reste, nombre d’entre elles, 25.000 selon les premières évaluations, sont déjà retournées au Maroc, ce vendredi. Ce que ne disent pas les réactions françaises, promptes à qualifier ces migrants de danger imminent, quand bien même ils se trouvent actuellement sur un autre continent, dans une zone qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, à 1 000 kilomètres du territoire français, de l’autre côté de la Méditerranée.

      Qu’importe, la pression porte ses fruits. Laurent Nunez s’est empressé ce vendredi matin d’annoncer que la France allait immédiatement renforcer ses contrôles aux frontières, « en profondeur », avant d’être appuyé par Emmanuel Macron, qui a demandé à la mi-journée à ce que « toutes les dispositions soient prises pour renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne ». Quitte à donner le point aux nationalistes et à leurs raccourcis.

    • La menace ne vient pas des immigrés de Ceuta, mais de nos propres dirigeants !

      L’arrivée de plusieurs dizaines de milliers de jeunes Marocains à Ceuta, enclave espagnole sur le continent africain, a immédiatement provoqué un déchainement de mensonges. Non seulement la droite et l’extrême droite, mais aussi la plupart des gouvernants européens rejoints par Trump aux États-Unis, ont brandi la menace d’une « invasion » dont il faudrait se défendre.

      Le fait qu’il y ait eu une centaine de morts ne leur a pas tiré une larme. Pas plus le fait que les migrants soient restés dehors, avec les seuls vêtements qu’ils portaient pendant leur traversée, sans argent ni accès à un minimum d’hygiène, en butte aux violences des militaires et de certains habitants. « On croyait atteindre le paradis, et on s’est retrouvé en enfer », résumait l’un d’eux, avant de regagner le Maroc, comme l’ont fait la très grande majorité d’entre eux.

      Liberté de circulation pour tous les travailleurs !

      Ces jeunes, parmi eux de nombreux adolescents de moins de 15 ans, ont voulu fuir la pauvreté, le chômage, qui touche, au Maroc, près de la moitié de la jeunesse. Pouvoir travailler et réaliser ainsi leurs rêves était leur seul but, le même que tous les jeunes de leur âge dans le monde. La liberté de se déplacer et le droit de s’installer là où les travailleurs peuvent gagner leur vie devrait être un droit élémentaire. Que des jeunes soient obligés, pour cela, de risquer la mort est révoltant !

      Le Premier ministre espagnol Sanchez a annoncé l’envoi de policiers, de militaires et de blindés, évoquant « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Mais que dire de l’intégrité du territoire marocain, alors que les enclaves de Ceuta et Melilla constituent des vestiges du colonialisme espagnol !

      Tous les dirigeants européens savaient très bien que ces milliers de jeunes ne pouvaient pas se rendre en Espagne ni dans l’Union européenne. En effet, Ceuta est soumis à un statut dérogatoire tel que l’accès au reste de l’Europe est aussi difficile qu’à partir du Maroc. Mais Macron a tout de même multiplié par cinq le nombre de policiers et de gendarmes à la frontière franco-espagnole.

      Les mensonges des dirigeants européens

      La palme du cynisme revient à la Première ministre italienne d’extrême droite Meloni, qui a annoncé la suspension de la libre circulation de l’espace Schengen à l’Espagne, avec laquelle l’Italie ne partage pourtant aucune frontière. La quasi-totalité des autres dirigeants de l’Union européenne lui ont emboité le pas. Tous ont délibérément menti car ils sont d’accord pour faire comme si l’immigration était aujourd’hui le danger principal. C’est une diversion ignoble, mais aussi dangereuse, utilisée par l’extrême droite, championne du repli sur soi, et par bien des politiciens.

      Tous veulent faire croire aux travailleurs que les immigrés constitueraient une menace et que les frontières pourraient protéger du chômage et de la pauvreté. Mais le responsable du chômage, de la précarité et des bas salaires est d’abord le patronat, et le faire reculer dépend exclusivement des luttes que le monde du travail est capable de mener pour s’opposer à sa rapacité. Ceux qui répètent qu’on ne peut pas « accueillir toute la misère du monde » nous prêchent en réalité la résignation et veulent nous faire accepter, comme une fatalité qu’on ne pourrait pas changer, l’état catastrophique des hôpitaux et de tous les services publics les plus vitaux…

      Combattre les vrais responsables de la misère

      Les véritables responsables de la misère, en France comme dans les autres pays, ce sont les actionnaires des géants du CAC 40 dont les profits ont augmenté de plus de 44 % au premier semestre 2026, pour atteindre à 74,93 milliards d’euros. Une minorité de richissimes bourgeois, 153 familles milliardaires, accapare les richesses produites par des millions de travailleurs. Une minorité de capitalistes et les gouvernants à leur service organisent l’exploitation de tous les peuples et le pillage des ressources des pays pauvres. Avec leurs rivalités et leurs guerres, des régions entières du monde sont détruites et rendues invivables.

      C’est tout cela qu’on voudrait nous faire oublier avec l’épouvantail de l’immigration. Garantir à tous une vie à la hauteur des immenses possibilités que recèle la société ne sera possible qu’en renversant le capitalisme. Quelles que soient leur nationalité, leur origine et leur religion, les travailleurs doivent refuser les divisions pour pouvoir mener ce combat commun contre leurs exploiteurs.

      Nathalie ARTHAUD

      https://www.lutte-ouvriere.org/portail/editoriaux/menace-vient-immigres-ceuta-propres-dirigeants-196142.html

    • Issu de https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/01/comment-se-positionnent-les-pays-europeens-face-a-la-crise-de-ceuta

      La lettre en question  : «  Vingt-deux chefs d’État et de gouvernement ont cosigné une lettre initiée par l’Italie et le Danemark, exigeant une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur. Ces derniers se retrouveront en visioconférence mardi 4 août.

      Si l’exclusion de l’Espagne de la zone Schengen n’est plus évoquée, les 22 s’en prennent à la politique de régularisation massive menée par l’Espagne, qu’ils accusent d’avoir provoqué un appel d’air ayant concouru à cette intrusion.  »

      La France qui envoie sa police pourchasser des migrants aussi imaginaires que les dahuts dans les Pyrénées fait partie des états les plus compréhensifs vis-à-vis de l’Espagne. Mon petit doigt me dit que ça doit bien lui arracher la gueule à notre pauvre Macron de pas hurler avec les loups, mais dérouler 700km de barbelés n’étant pas envisageable dans l’immédiat, il a du prendre sur lui. J’espère quand même que l’on va lui ouvrir une cellule psychologique à l’Élysée pour le soutenir dans cette douloureuse épreuve.

    • Évidemment ce bon vieux Rudy s’est immédiatement fendu d’un article défendant Israël, mais il faut tout lire et ça donne des sources :
      https://www.conspiracywatch.info/ceuta-le-reflexe-complotiste.html

      Le raisonnement à l’œuvre est un condensé de logique complotiste : on part des bénéficiaires supposés de l’événement (le fameux « is fecit cui prodest ») pour remonter aux commanditaires, et l’on tient la satisfaction affichée par certains pour un aveu. Or, comme l’écrit le politologue américain Michael Shurkin, « la Schadenfreude [« joie malsaine » − ndlr] n’est pas une preuve de complicité ou de responsabilité ». Il poursuit : « Je trouve fascinant que tant de gens sautent à la conclusion que cela doit forcément concerner Israël. Comme si le Maroc et l’Espagne n’étaient pas capables d’avoir leurs propres différends sans rapport avec Israël, ou comme si le Maroc était incapable d’agir ainsi pour ses propres raisons. »

      Sans surprise, les réseaux prorusses se sont emparés de l’affaire. Le centre de recherche Cyfluence a documenté l’amplification de la thèse du complot « israélo-américain » par des comptes alignés sur Moscou ainsi que sa reprise par RT et par le réseau de sites « Pravda ». Un seul post a cumulé des millions de vues et plus de 4 400 retweets.

      À supposer même que cet afflux ait été téléguidé, le Maroc n’a besoin de personne pour « arsenaliser » les migrants − ainsi que l’ont déjà fait Moscou et Minsk contre la Pologne. En mai 2021, Rabat avait laissé plus de 8 000 personnes entrer à Ceuta en quarante-huit heures pour punir Madrid d’avoir discrètement hospitalisé le chef du Front Polisario (mouvement luttant pour l’autodétermination du Sahara occidental, soutenu par Alger). Ni Israël ni les États-Unis ne s’en étaient mêlés.

    • Crise de Ceuta : pourquoi les révolutionnaires défendent l’ouverture des frontières ? Billet d’Anasse Kazib
      https://www.revolutionpermanente.fr/Crise-de-Ceuta-pourquoi-les-revolutionnaires-defendent-l-ouvert

      Anasse Kazib, candidat à l’élection présidentielle de 2027, réagit aux questions d’électeurs de gauche depuis le début de la tragédie de Ceuta, où plus de 100 personnes ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’enclave espagnole depuis le Maroc. Il revient sur la nécessité de défendre l’ouverture des frontières, à rebours d’une gauche institutionnelle qui s’adapte aux politiques de l’Europe forteresse.

      Les frontières permettent de fabriquer une main-d’œuvre privée de droits, notamment les sans-papiers, que le patronat peut surexploiter avec des salaires plus bas, des horaires plus longs et la menace permanente de l’expulsion. Cette pression ne s’exerce pas seulement contre les travailleurs immigrés : elle tire aussi vers le bas les conditions de l’ensemble de la classe ouvrière.

      On nous répète sans cesse que les frontières sont là pour protéger les travailleurs. En réalité, elles protègent avant tout les intérêts des classes dirigeantes. Le capital, lui, ne connaît pas de frontières. Les multinationales déplacent leurs usines là où les salaires sont les plus bas, investissent où les profits sont les plus élevés, spéculent d’un continent à l’autre et pillent les ressources du monde entier sans passeport ni visa. Les marchandises et les capitaux circulent librement.

      La classe ouvrière n’a pas d’intérêt à défendre les frontières de sa bourgeoisie. Son intérêt est de s’unir au-delà des nationalités et des origines pour combattre ceux qui vivent de son exploitation. Il faut refuser un monde où l’argent est libre de circuler, ou le patronat peut exploiter qui il veut ou il veut mais où les êtres humains sont enfermés derrière des barbelés. Il faut exactement l’inverse : lutter contre le capital, garantir à toutes et tous la liberté de circulation et d’installation, et construire l’unité internationale des travailleurs...

    • Ceuta : une frontière impériale devenue un tombeau

      Ceuta n’a jamais été une simple limite administrative. Elle est à la fois le produit d’une histoire impériale ancienne et le point de rencontre de décisions économiques beaucoup plus récentes. Ni l’une ni les autres ne peuvent être traitées uniquement avec des clôtures, des patrouilles et des procédures d’éloignement.

      Que faire ?

      D’abord, établir les faits. Chaque mort doit être identifiée. Chaque disparition doit être documentée. Chaque usage de la force doit pouvoir être examiné. Le contrôle d’une frontière ne suspend ni le droit à la vie ni l’obligation de rendre des comptes.

      Ensuite, reconstruire une véritable politique économique frontalière.

      L’Union européenne et l’Espagne ne peuvent demander au Maroc de contenir les départs tout en considérant la situation sociale de Fnideq comme une affaire exclusivement marocaine. Une coopération crédible devrait financer des emplois formels, des formations professionnelles, des infrastructures productives et des activités susceptibles de remplacer durablement l’ancienne économie de contrebande.

      Enfin, il faut donner une réalité aux voies régulières de mobilité.

      L’Espagne dispose déjà de programmes de gestion collective des recrutements dans les pays d’origine, le dispositif dit « GECCO ». En 2025, 25 767 travailleurs étrangers ont participé à ces dispositifs de migration circulaire dans dix-sept pays partenaires, en hausse de 25 % en un an. Ces programmes démontrent qu’une mobilité organisée, assortie d’un contrat de travail et d’un cadre public, est possible.

      Ils ne sont pas exempts de critiques. La dépendance envers l’employeur, les conditions d’hébergement et les risques d’exploitation, notamment dans l’agriculture, doivent être combattus. Mais la réponse à ces insuffisances n’est pas de renoncer aux voies légales. Elle consiste à les étendre, à les diversifier et à mieux protéger ceux qui les empruntent.

      Le travail, les études, la formation et la circulation temporaire ne supprimeront pas tous les départs irréguliers. Ils permettront au moins de retirer aux passeurs, aux rumeurs et aux crises diplomatiques le monopole du calendrier migratoire.

      L’Europe a progressivement délégué une partie de sa politique migratoire aux États chargés d’empêcher les départs. Ce modèle crée une dépendance dangereuse. Lorsque le contrôle se relâche, volontairement ou non, la frontière cesse en quelques heures d’apparaître comme une protection : elle devient un piège.

      L’histoire ne se répète pas. Elle lègue des lieux, des institutions et des frontières.

      En 1415, la conquête de Ceuta ouvrait l’expansion portugaise outre-mer. En 1578, Ksar el-Kébir en révéla les limites sanglantes. En 2026, la ville est devenue, pour une partie de la jeunesse marocaine, un horizon visible à l’œil nu et pourtant presque inaccessible.

      L’écho entre ces dates n’est pas celui d’une prétendue guerre de civilisations.

      Il est celui d’une géographie héritée de la puissance sur laquelle viennent aujourd’hui se briser les inégalités économiques et l’inégale liberté de circuler.

      Une Europe fidèle aux droits qu’elle proclame ne peut se contenter de mieux fermer cette frontière.

      Elle doit agir pour qu’aucun mur, aucune digue et aucun bras de mer ne redeviennent un tombeau.

      https://blogs.mediapart.fr/alexis-vessat/blog/070826/ceuta-une-frontiere-imperiale-devenue-un-tombeau

  • Méga-feux en Gironde : Derrière Thomas Cazenave, la responsabilité accablante des artisans de l’austérité
    https://www.revolutionpermanente.fr/Mega-feux-en-Gironde-Derriere-Thomas-Cazenave-la-responsabilite

    Tandis que les incendies commencent à être stabilisés grâce à la mobilisation des pompiers et à un immense élan de solidarité, la question des responsables se pose. De Thomas Cazenave à ses anciens collègues du gouvernement, les artisans de l’austérité budgétaire portent une responsabilité écrasante dans l’ampleur du désastre.

  • Morbihan : des policiers tirent à balle réelle pour réprimer une free party
    https://www.revolutionpermanente.fr/Morbihan-des-policiers-tirent-a-balle-reelle-lors-pour-reprimer

    Une free party a été violemment évacuée par la police dans le Morbihan, avec des tirs à balles réelles qui ont semé la panique et blessé un chien. Dans un contexte de criminalisation croissante des free parties et alors que la loi « permis de tuer » a été adoptée à l’Assemblée nationale, il faut faire front contre la répression.

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    #free-party #violences_policières

  • Les soignants à l’épreuve de la canicule : entre système D et scènes d’horreurs
    https://www.revolutionpermanente.fr/Entre-systeme-D-et-scenes-d-horreurs-temoignages-de-soignants-a

    Un quotidien entre « Système D » et scènes d’horreur : le récit des soignants

    Les témoignages du terrain décrivent une réalité insoutenable où la chaleur transforme nos lieux de soin en de véritables fournaises.
    Il y a quelques jours, un étudiant infirmier rapportait dans nos colonnes que la température dans les chambres atteignait régulièrement 35 °C.
    Dans de telles conditions, les soignants sont contraints de pratiquer une forme de « tri » par manque de moyens : faute de brumisateurs en nombre suffisant, ils doivent choisir quels patients, parmi les plus fragiles, en bénéficieront : « Presque tous les patients présentent une élévation de leur température. Mais nous sommes souvent incapables de déterminer si elle est due à la chaleur insupportable dans les chambres, au début d’une infection ou à une mauvaise réaction à un traitement ».

    Une autre soignante du Havre dénonce : « Le problème aussi c’est la difficulté d’avoir des lits d’hospitalisation, cela augmente le temps passé aux urgences. On se sentait désarmé. Malgré la présence de spray, de bouteilles ou d’une organisation de renforts de soignants, du personnel ayant des contrats à temps partiel […] C’était dur. On n’était pas préparé à cette canicule ».

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    #hôpital #santé #infirmières #canicule

  • Noisy-Le-Grand. Des jeunes témoignent de violences sexuelles répétées par la BAC
    https://www.revolutionpermanente.fr/Noisy-Le-Grand-Des-jeunes-temoignent-de-violences-sexuelles-rep

    Dans une vidéo publiée le 8 Juillet sur tiktok, Sayf raconte et dénonce des faits de violences sexuelles et d’intimidations policières lors de contrôles par la Brigade anti-criminalité (BAC) de Noisy-Le-Grand (93). La vidéo dénonce le dernier contrôle qu’il a subi, lors duquel un de ces agents va retirer sans consentement le short de Sayf puis lui toucher les parties génitales. Commise rue Charles Panard, près du groupe scolaire Jules Ferry, cette violence n’est pas la première que Sayf a subi de la part de la BAC, et démontre la volonté d’humiliation et de domination de la part de l’institution policière sur les jeunes racisés dans les quartiers populaires. Le jeune explique que, malgré la présence de personnes aux alentours et ses demandes répétées de stopper ces gestes, les agents ont continué : « T’as pas intérêt à bouger parce que si tu bouges encore une fois tu vas bouffer le sol ».

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    #violences_policières #bac

  • Crise dans l’édition indépendante : menace sur la diffusion de la pensée marxiste
    https://www.revolutionpermanente.fr/Crise-dans-l-edition-independante-menace-sur-la-diffusion-de-la

    « Nous appelons à un soutien massif, sans lequel beaucoup de maisons d’éditions indépendantes risquent de mourir d’ici à la fin de l’été ». Depuis début juillet, les communiqués de maisons d’éditions indépendantes qui alertent sur un risque de faillite se multiplient. En cause, la situation financière du distributeur Makassar. Fondé en 1995, ce distributeur indépendant, d’abord spécialisé dans la bande dessinée, est devenu, grâce à son partenariat de diffusion avec Hobo, un acteur important pour l’édition critique et radicale. Il gérait jusqu’à aujourd’hui près de 400 maisons d’édition, de taille et de poids divers. Dans un communiqué commun, les éditeurs alertent : « à l’heure où nous écrivons ces mots, nous n’avons pas touché les recettes des ventes de nos livres en librairies depuis six mois, voire davantage, à cause des retards de paiement de factures qui risque de n’être jamais honorées. Pour les petites structures indépendantes à la trésorerie fragile que nous sommes, ce serait un coup de grâce. »

    Lectrices et lecteurs l’ignorent souvent, mais, comme le rappelle Frantz Olivié, éditeur d’Anacharsis et auteur d’un récent ouvrage chez Anamosa, Édition, la distribution est « au centre du paysage éditorial ». « Elle est le point de convergence non seulement de la circulation des flux physiques des ouvrages, mais aussi des flux financiers qui accompagnent ces mouvements, poursuit-t-il, autrement dit, elle maîtrise une part massive, décisive, du système de facturation de l’édition ». L’effondrement d’un distributeur est donc une catastrophe pour les petits éditeurs indépendants, dont les modèles sont souvent fragiles face aux grands groupes du secteur.

    https://www.revolutionpermanente.fr/local/cache-vignettes/L880xH495/a752a0b9b59f0c4c6b2b417dd79e25-6f521.jpg?1783765315

    #livres #édition #librairies

  • Au procès d’Anasse Kazib, une première victoire contre les procès-bâillons des soutiens de la Palestine
    Marine Rammard 25 juin - Révolution Permanente
    https://www.revolutionpermanente.fr/Au-proces-d-Anasse-Kazib-une-premiere-victoire-contre-les-proce
    https://www.revolutionpermanente.fr/IMG/logo/hlrgmgnw0aa-aip.jpg

    A l’issue du rassemblement, le procès s’est finalement ouvert. Dans la salle d’audience, avant que le tribunal n’aborde le fond du dossier, la défense a mené la bataille en soulevant deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) [1] concernant la répression des soutiens de la Palestine. Dans ce cadre, les avocates de la défense - Elsa Marcel, Romane Bartoli, Prisca Ancion, Julie Gonidec et Selma Benkhelfia - ont contesté directement certains dispositifs juridiques qui permettent aujourd’hui de criminaliser le mouvement de solidarité.

    La première QPC portait sur l’inscription automatique au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes (FIJAIT) des personnes condamnées pour apologie du terrorisme. Cette infraction occupe une place très importante dans la criminalisation, depuis qu’en 2014, sous le Parti socialiste, elle a été sortie du régime des délits de presse pour être intégrée au droit commun pénal, autrement plus répressif. Dans ce cadre, une loi d’août 2021 a supprimé l’exception dont bénéficiaient jusque-là les personnes condamnées pour cette infraction : rendant leur inscription au FIJAIT automatique, sauf décision spécialement motivée du tribunal.
    (...)
    Cependant, c’est la deuxième question de constitutionnalité que le tribunal a finalement décidé de transmettre à la Cour de Cassation. Celle-ci portait sur la place des parties civiles dans ce type de procès et sur les conséquences très concrètes de leur participation. En effet, une organisation ne peut normalement pas se constituer partie civile dans n’importe quelle affaire : elle doit remplir plusieurs conditions fixées par la loi, notamment celle d’avoir été constituée depuis plus de cinq ans. Or, dans ce dossier, l’une des parties civiles, par ailleurs à l’origine de la plainte, la Jeunesse française juive (JFJ), ne remplit pas ces conditions, mais bénéficie du fait que la recevabilité des parties civiles soient évaluées à la fin du procès.

    Une aberration juridique, qui permet à une organisation d’extrême-droite pro-Israël de bénéficier de droits très importants tout au long de la procédure : assister à l’intégralité des débats, interroger les accusés, consulter le dossier pénal, accéder à des informations personnelles sur les personnes poursuivies et, globalement, appuyer l’accusation. Comme l’a résumé l’avocate Julie Gonidec : « ici, dans ce dossier, c’est l’identité des enfants, l’adresse personnelle, l’intégralité du pedigree politique et syndical des prévenus qui sont communiqués à des organisations qui pourtant n’ont aucune qualité pour être là. »

    Après près de 2h30 de délibéré, le tribunal a estimé que cette question de constitutionnalité était suffisamment sérieuse pour être transmise à la Cour de cassation, considérant que le fait de n’examiner la capacité d’une partie civile à agir qu’après qu’elle a déjà exercé ses droits est « susceptible de porter atteinte à l’égalité des armes ainsi qu’au droit au respect de la vie privée et familiale ». Une première victoire importante, comme l’ont souligné Elsa Marcel et Julie Gonidec à la sortie du tribunal : « notre question de constitutionnalité a été transmise, c’est une décision importante qui permet de remettre en cause l’intervention d’organisations d’extrême-droite comme la Jeunesse Française Juive, qui compare le drapeau palestinien au drapeau nazi, dans des procès de militants pour la Palestine ! » (...)

  • À Montpellier, les collectifs LGBTQIA+ dénoncent l’institutionnalisation de la Pride
    https://www.revolutionpermanente.fr/A-Montpellier-les-collectifs-LGBTQIA-denoncent-l-institutionnal

    À l’échelle nationale comme locale, la dénonciation du pinkwashing et de l’instrumentalisation des revendications LGBTI à des fins racistes et colonialistes s’est fortement développée ces dernières années. À Montpellier, cela se traduit par une présence plus importante du Pink Bloc, des cortèges de soutien à la Palestine et contre l’islamophobie ainsi que par des interventions d’artistes locaux sur la scène officielle de la Queer Night, comme le déploiement du drapeau palestinien l’année dernière.

    Comme le laisse entendre le communiqué concernant une artiste de Support Your Local Girls Gang, blacklistée pour avoir participé au Pink Bloc, la « reprise en main brutale » de Fierté Montpellier dans la programmation pourrait ne pas relever uniquement du choix d’un directeur artistique jugé trop autoritaire, mais aussi d’une réaction politique face à une frange du mouvement LGBTI de plus en plus visible dans sa dénonciation du pinkwashing et son soutien à la Palestine.

    Cette polémique n’est pas sans rappeler celle de la Pride de Paris l’année dernière autour de la publication de son affiche représentant un drapeau palestinien et une femme voilée, qui avait conduit Valérie Pécresse à retirer les subventions publiques de la région Île-de-France à l’Inter-LGBT. Cette affaire, qui avait entraîné la suppression de 75 000 euros de financements publics et privés à l’association, rappelle brutalement le véritable visage des politiques institutionnelles. Toute expression jugée trop politique tend à être neutralisée par des mécanismes de contrôle, quand ce n’est pas directement la répression qui prend le relais : à Montpellier, les militants du Pink Bloc subissent une pression systématique des policiers municipaux, et deux d’entre eux avaient été mis en garde-à-vue il y a deux ans en marge de la manifestation. C’est ce que souligne Gwen Fauchois, la militante historique d’Act Up Paris : « On voit une évolution du pinkwashing : on est toléré à certaines conditions. Si vous refusez de mettre vos luttes au service de leurs politiques, alors on exerce des pressions, on menace les subventions, et on cherche à domestiquer les manifestations. »

  • #Répression en #Bolivie : cinq dirigeants de la #COB enlevés en pleine rue par la #police de #Paz
    https://www.revolutionpermanente.fr/Repression-en-Bolivie-cinq-dirigeants-de-la-COB-enleves-en-plei

    Cinq dirigeants de la COB ont été arrêtés en pleine rue par les forces de police de Paz. Le gouvernement durcit la répression pour faire plier le mouvement. Solidarité avec les dirigeants arrêtés et avec le peuple bolivien contre la répression féroce qui s’intensifie !

    "Et si on leur faisait un baptême d’hélicoptère au dessus de l’Océan Pacifique ?"

  • Un mineur de 13 ans éborgné par la police lors de la finale du PSG - Les autorités veulent un pays sans peuple
    https://ricochets.cc/Un-mineur-de-13-ans-eborgne-par-la-police-lors-de-la-finale-du-PSG-Les-aut

    Le régime policier rend impossible l’existence de moments collectifs échappant aux logiques de marchandisation Pour les pouvoirs, les peuples sont par définition dangereux, indisciplinés, non éduqués, inaptes à la démocratie réelle. Alors quand des classes populaires veulent faire la fête, surtout quand elles sont jeunes et racisées, elles sont impitoyablement réprimées, verbalement, policièrement et judiciairement. Un jeune de 13 ans s’est fait éborgner par un flic (voir plus bas), son (...) #Les_Articles

    / #Procès,_justice,_répression_policière_ou_judiciaire, Autoritarisme, régime policier, démocrature...

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature...
    https://contre-attaque.net/2026/04/01/ripost-artistes-pas-terroristes
    https://contre-attaque.net/2022/05/29/welcome-in-france-la-presse-anglaise-choquee-par-la-police-francaise
    https://www.revolutionpermanente.fr/Violences-policieres-un-adolescent-de-13-ans-eborgne-par-un-tir
    https://lundi.am/Victoire-du-PSG-liesse-populaire-et-joie-emeutiere
    https://www.liberation.fr/societe/police-justice/sacre-du-psg-a-paris-un-policier-hors-service-condamne-a-14-mois-de-priso
    https://www.humanite.fr/societe/football/interpelle-frappe-et-menace-un-jeune-de-14-ans-denonce-des-violences-polici
    https://contre-attaque.net/2026/05/29/dechainement-repressif-contre-une-free-party-en-bretagne-les-gendarm
    https://contre-attaque.net/2026/05/30/neuf-jours-apres-la-descente-neonazie-au-coeur-de-paris-toujours-auc