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  • Elon Musk arrive à ses fins et rachète Twitter : Joe Biden inquiet du pouvoir des réseaux sociaux
    https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/elon-musk-arrive-a-ses-fins-et-rachete-twitter-joe-biden-inquiet-du-pouvoir-des-reseahttps://static.latribune.fr/full_width/1903228/elon-musk-twitter.jpgux-sociaux-915357.html

    C’est plié. Moins de deux semaines après avoir annoncé convoiter Twitter, Elon Musk a passé ce lundi un accord avec le conseil d’administration de l’entreprise pour racheter le réseau social au prix de 54,20 dollars l’action, soit 44 milliards de dollars environ. Objectif du milliardaire américain également le patron de Tesla et de SpaceX : défendre la liberté d’expression.

    « La liberté d’expression est le fondement d’une démocratie qui fonctionne, et Twitter est la place publique numérique où sont débattues les questions vitales pour l’avenir de l’humanité », a déclaré Elon Musk dans un communiqué.

    Ce changement de propriétaire est une étape décisive pour cette entreprise lancée il y a 16 ans et qui, forte de ses 83 millions d’utilisateurs, s’est imposée comme l’une des places publiques les plus influentes du monde. La transaction a été approuvée par le conseil d’administration qui était initialement contre un rachat par Elon Musk. Mais la menace d’une OPA hostile sans recours à un chevalier blanc les a convaincus de discuter avec le milliardaire.

    « Musk n’a pas seulement acheté un nouveau jouet très cher, mais une communauté mondiale qui comprend 330 millions d’utilisateurs réguliers. Contrôler une plateforme aussi importante donne des responsabilités tout aussi importantes », a commenté Jessica Gonzalez, co-directrice de l’ONG Free Press.

    Elle lui reproche notamment de se servir de Twitter pour attaquer les personnes qu’il n’aime pas, souvent de façon « infantile », encouragé et aidé par sa « meute de fans fidèles ».

    « J’espère que même mes pires critiques resteront sur Twitter, c’est ce que signifie la liberté d’expression », a tweeté lundi Elon Musk, avant l’annonce.

    « Je veux rendre Twitter meilleur que jamais en l’améliorant avec de nouvelles fonctionnalités, rendre les algorithmes open source pour augmenter la confiance, vaincre les robots qui font du spam et authentifier tous les humains » a indiqué Elon Musk dans le communiqué, précisant vouloir « débloquer le potentiel » du réseau en « travaillant avec l’entreprise et la communauté ».

    Ces dernières semaines, il a déjà suggéré l’ajout d’un bouton « modifier » pour corriger un tweet après publication et des changements dans la formule d’abonnement payante, Twitter Blue.

    #Twitter #Elon_Musk

  • Covid-19 : la commission des affaires sociales du Sénat appelle à supprimer rapidement le passe vaccinal
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/02/24/covid-19-la-commission-des-affaires-sociales-du-senat-appelle-a-supprimer-ra

    Dans un rapport rendu public jeudi, les élus critiquent cet outil mis en place il y a seulement un mois et qui n’a que partiellement atteint son principal objectif d’incitation à la vaccination.

    Fin de partie pour le passe vaccinal ? Alors que la cinquième vague de la pandémie de Covid-19 régresse et que le gouvernement poursuit son calendrier d’allègement des restrictions, la commission des affaires sociales du Sénat préconise, dans un rapport rendu public jeudi 24 février, « d’engager une levée rapide du passe vaccinal et appelle à renforcer la transparence dans la gestion de l’épidémie ».

    Les sénateurs ne sont pas tendres avec cet outil censé « réduire les tensions sur le système hospitalier » et « limiter les risques de contamination des non-vaccinés ». « C’est davantage l’évolution du virus, avec la perspective d’entrer dans une phase endémique, plus que le passe vaccinal, qui aura modifié le visage de la crise dans notre pays », a souligné Michelle Meunier, sénatrice (Parti socialiste) de Loire-Atlantique, l’une des rapporteurs de la commission d’enquête.

    Comme ils l’avaient anticipé, les sénateurs ont avancé très vite depuis le 20 janvier pour rendre leurs conclusions. Malgré ce « calendrier restreint » voulu par la présidente de la commission des affaires sociales, Catherine Deroche (Les Républicains, Maine-et-Loire), et qui a de fait présidé la commission d’enquête, ce rapport semble arriver un peu tard, presque à contretemps, tant le gouvernement a multiplié ces dernières semaines les annonces sur une possible levée du passe vaccinal dès mars. Un horizon encore confirmé devant la commission, mardi, par le ministre de la santé, Olivier Véran.

    Les sénateurs pointent d’ailleurs la rapidité avec laquelle l’exécutif a annoncé, dès le 20 janvier, la levée progressive de certaines mesures sanitaires, alors que le passe vaccinal n’entrait en vigueur qu’au 24 janvier.

    « La succession d’annonces parfois contradictoires, avant même que certains outils de gestion de l’épidémie soient applicables, a contribué à brouiller le message adressé à la population », soulignent les auteurs du rapport. Une communication qui, selon les sénateurs, « a certainement contribué à limiter le principal effet du passe vaccinal qui est d’inciter les personnes non vaccinées à entrer dans la vaccination ».

    La question des indicateurs est centrale

    En effet, contrairement au passe sanitaire cet été, le passe vaccinal a été présenté sans ambiguïté dès décembre 2021 comme un outil d’incitation à la vaccination. Un rebond de la primo-vaccination a d’ailleurs pu être observé à la suite de la conférence du premier ministre, Jean Castex, à la mi-décembre 2021, annonçant la mise en place prochaine du passe vaccinal. Résultat : 800 000 personnes ont reçu une première dose de vaccin entre le 20 décembre 2021 et le 23 janvier. Une progression qui semble bien insuffisante face aux cinq millions de personnes qui n’étaient toujours pas vaccinées à l’époque.

    • TousAntiCovid : une utilité "marginale" d’après l’étude d’impact. Le coût de la marginalité en 2022 ?
      https://www.latribune.fr/technos-medias/tousanticovid-une-utilite-marginale-d-apres-l-etude-d-impact-faut-il-l-arr
      Avec plus d’un an de retard, le ministère de la Santé a enfin publié le rapport d’impact de l’application TousAntiCovid, chargé d’étudier l’utilité et l’efficacité du dispositif dans la lutte contre la propagation de l’épidémie de Covid. Problème : les auteurs de cette évaluation se basent sur une étude de #KantarPublic qu’ils qualifient eux-mêmes de "non-représentative" pour juger de l’utilisation et de l’appréciation de l’app, et manquent de données cruciales pour correctement analyser le dispositif de #contact-tracing. L’utilité de TousAntiCovid dans la lutte contre la propagation du #Covid, sa mission première, est donc qualifiée de "marginale", et au mieux "complémentaire" des autres dispositifs au plus fort de la crise Omicron. Dans un contexte de polémiques depuis l’origine du projet au printemps 2020, de fin annoncée du #pass-vaccinal en mars prochain, de coûts qui explosent et d’une #étude-d'impact-inconsistante, faut-il arrêter TousAntiCovid ?

      Il était temps ! Alors que la Commission nationale informatique et liberté (#Cnil) avait demandé au gouvernement de fournir une étude d’impact analysant l’utilité de l’application #TousAntiCovid avant janvier 2021, celui-ci s’est enfin exécuté... avec plus d’un an de retard. En catimini, sans aucune communication ni information du public, le ministère de la Santé et le secrétariat d’Etat à la Transition numérique ont fini par publier, en début de semaine, le fameux rapport tant attendu.

      Pour le trouver, il faut vraiment le chercher. Sur le site dédié à TousAntiCovid, il faut d’abord cliquer sur la page "Ressources" située tout en bas de la page d’accueil, puis, sur cette nouvelle page, "scroller" à nouveau l’écran jusqu’en bas. Le Rapport 2020-2021, de 32 pages, apparaît enfin en-dessous des dossiers de presse, des kits de communication et de la vidéothèque. L’objectif affiché : "évaluer l’utilisation de l’application TousAntiCovid et son appropriation par les utilisateurs, mais également l’efficacité des fonctionnalités de contact tracing". Pour rappel, la Cnil avait conditionné son approbation du dispositif StopCovid (la première version de l’application du 2 juin 2020) et de TousAntiCovid (son successeur à partir du 22 octobre 2020) à la réalisation d’une étude d’impact devant prouver que l’outil, très intrusif car collectant les données de déplacement des Français, était utile et proportionné pour lutter contre la propagation de l’épidémie.

      Un rapport incomplet et biaisé

      Disons-le tout net : ce rapport d’activité est un #simulacre-d'évaluation. Les données sur lesquelles il se base sont incomplètes et biaisées, comme le rapport l’admet lui-même page 29 dans la section "Limites et biais de l’étude". Ainsi, le rapport déduit l’utilisation et l’appropriation de TousAntiCovid par les utilisateurs sur la base d’une étude qualitative réalisée par Kantar Public en octobre 2021.

      Problème :

      « Le panel interrogé est constitué d’utilisateurs assidus de l’application, ne pouvant pas constituer par conséquent un échantillon représentatif des comportements de l’ensemble de la population en termes d’utilisation et d’appréciation de l’application, s’agissant d’utilisateurs plutôt assidus et portant un regard globalement positif sur TousAntiCovid ».

      Autrement dit, le rapport d’activité de TousAntiCovid précise lui-même que les conclusions qu’il tire sur l’utilisation et l’appréciation de l’application par ses utilisateurs, se basent sur une étude non-représentative...

  • In-Q-Tel : quand la CIA investit dans des #start-up françaises -
    https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/in-q-tel-quand-la-cia-investit-dans-des-start-up-francaises_2167

    Même trois mois après, les responsables de Prophesee peinent encore à cacher une certaine forme de rancoeur. « On se serait bien passé de cette publicité-là », glisse l’un d’entre eux. En octobre dernier, la start-up parisienne qui a développé des technologies de vision avec des applications militaires (surveillance, détection...) s’est retrouvée au coeur de l’actualité après les révélations autour de l’identité de l’un de ses investisseurs : #In-Q-Tel. Si ce nom un brin compliqué à prononcer ne vous dit rien, son propriétaire vous parlera sûrement puisqu’il s’agit ni plus ni moins de l’agence centrale américaine de renseignement, la fameuse « #CIA ».

    Pendant plusieurs jours, élus et investisseurs sont montés au créneau pour s’inquiéter du possible rachat de la pépite tricolore. « On a parlé que de ça », se souvient un investisseur français. L’affaire a pris une telle ampleur qu’elle est remontée jusqu’à Bercy, qui n’a finalement pas donné suite. Il faut dire que In-Q-Tel n’a qu’une infime part du capital de la société. On parle d’un « ticket » d’à peine 200 000 euros, autant dire une broutille qui ne leur donne aucun pouvoir. « Ils ont juste un représentant au conseil qui est là comme observateur mais n’ont aucune influence sur la stratégie de la boîte », résume un proche de Prophesee qui compte à son capital des géants tels qu’Intel, Renault-Nissan ou le chinois Huawei.

    "Un système très malin"

    Mais alors pourquoi avoir mis des billes dans la pépite tricolore ? C’est justement là toute la subtilité et l’objectif du fonds de la CIA créé en 1999. Car In-Q-Tel, dont les mises peuvent atteindre quelques millions de dollars, n’est pas une structure comme les autres. Son but n’est pas de gagner beaucoup d’argent comme n’importe quel autre fonds d’investissement ni de prendre le contrôle des sociétés dans lesquelles il a investi, mais de repérer et de suivre les projets les plus prometteurs qui pourraient servir aux intérêts américains. Ils agissent comme des investisseurs dormants. « C’est un système très malin », souligne un proche du renseignement français. La NSA, connue pour avoir mis la planète sur écoute, a également son propre fonds... Si jamais une société développe une technologie intéressante pour la CIA ou un groupe comme Microsoft, In-Q-tel, va servir d’intermédiaire. « Ils vont les rapprocher et leur permettre de faire du business ensemble », explique un bon connaisseur. Et c’est l’objectif avec Prophesee.

    En un peu plus de vingt ans, le fonds dirigé par Chris Darby a réalisé 500 investissements dans le monde avec une enveloppe annuelle d’un peu plus de 100 millions de dollars. Jusqu’en 2010, ses prises de participation se sont quasi exclusivement limitées au territoire américain. Puis le fonds, composé essentiellement d’anciens membres du renseignement, a élargi son terrain de jeu avec l’Europe en ligne de mire.

    Si In-Q-tel ne communique pas à chaque fois sur ses prises de participation, on estime le nombre de ses investissements à plus de vingt sur le Vieux continent. Parmi ceux-ci, on retrouve le finlandais Iceye (microsatellites), l’espagnol CounterCraft (cybersécurité), ou encore l’allemand Toposens (capteurs de son 3D). « Ils sont présents un peu partout », explique un expert du renseignement français. En France, Prophesee est à l’heure actuelle, officiellement, la seule société tricolore dans laquelle la CIA a investi.

    Si In-Q-Tel n’est pas vu comme une menace, les Européens surveillent tout de même de près son activité. « Il ne faut pas être naïf. Quand on parle de sujets sensibles, il n’y a plus d’alliés », souligne un bon connaisseur du renseignement économique. D’autant plus que les technologies sont devenues l’un des principaux sujets de souveraineté. Et qu’à ce niveau-là, l’Europe part de loin. Conscient du problème, le gouvernement français a ainsi musclé ses dispositifs, notamment pour surveiller les entreprises dites stratégiques.

    En plus de sa vingtaine de délégués en région auprès des préfets pour surveiller les jeunes pousses, Bercy a mis en place en 2020 un dispositif d’alerte, en cas d’achats étrangers de start-up. Ces alertes remontent des ministères et du renseignement. En 2021, il y en a eu près de 500. « Dans ces cas-là, on regarde si la start-up est sur la liste des entreprises sensibles, on regarde qui est l’investisseur et combien il veut prendre. S’il n’y a pas de risque alors on ne s’y oppose pas », souligne-t-on du côté de Bercy.

    Des dispositifs encore très défensifs

    Les dispositifs financiers ont, eux aussi, été renforcés. Côté public, il y a notamment le fonds « French Tech Souveraineté » de Bpifrance. Lancé en 2020 et doté de 150 millions d’euros, ce véhicule est censé permettre d’investir dans toutes les start-up technologiques qui auraient besoin de fonds. Le privé est également de la partie avec des structures comme Tikehau, Ardian ou Eurazeo... « On a un vrai rôle à jouer », explique Marwan Lahoud, qui dirige le dernier fonds aéronautique pour Tikehau Ace Capital (750 millions d’euros), filiale de la société d’investissement Tikehau.

    Reste que ces dispositifs ne suffiront pas à inverser le rapport de force. « On a amélioré les dispositifs, mais on reste des nains », tacle le responsable d’un fonds français. L’Europe part en même temps de beaucoup plus loin que les Etats-Unis. « La France construit son dispositif petit à petit. Il y a maintenant des ponts entre le privé et le public. Avant, ces deux mondes ne se parlaient pas », explique un avocat, qui souligne la nécessité de passer à une phase plus offensive. Quels que soient les domaines, la meilleure défense reste encore l’attaque.

    • Dans les coulisses du Campus Cyber, la nouvelle vitrine de la cybersécurité française
      https://www.latribune.fr/technos-medias/innovation-et-start-up/on-a-visite-le-campus-cyber-la-nouvelle-vitrine-de-la-cybersecurite-franca

      Les locaux du Campus Cyber, à deux pas de l’esplanade de la Défense, grouillent d’ouvriers. Plus de 120 hommes s’activent à déballer des cartons, monter des meubles ou encore installer des routeurs internet. L’enjeu est grand : le bâtiment neuf de 26.000 mètres sur 13 étages doit devenir le lieu totem de la cybersécurité française. Autrement dit, il se positionne comme l’équivalent dans la cybersécurité à ce qu’est Station F pour le numérique, c’est-à-dire un mini-écosystème en pleine ville.

      Michel Van Den Berghe, ancien dirigeant d’Orange Cyberdéfense devenu président du Campus Cyber, essaie de ne pas s’attarder sur les travaux qui restent à faire alors que la date de l’inauguration approche. « Ils installent les enceintes, c’est bon signe », se rassure-t-il après un passage dans le futur auditorium. Le campus doit accueillir ses premiers locataires le 16 février. L’inauguration, elle, est prévue quelques jours avant, en présence -sauf imprévu- du président de la République Emmanuel Macron lui-même. Alors forcément, l’absence de moquette à certains étages et les bruits constants de perceuses ont de quoi angoisser le dirigeant. « Le but de ce lieu, ce n’est pas de faire un projet immobilier, c’est de préparer des offres communes, et de monter le niveau de la cybersécurité de la Nation », rappelle-t-il.

      Toute la cybersécurité française au rendez-vous

      Impulsé par l’exécutif à l’été 2019, le projet de Campus Cyber a émergé très rapidement. Commandité par le premier ministre, Michel Van Den Berghe a remis son rapport intitulé « Fédérer et faire rayonner l’écosystème de la cybersécurité » le 7 janvier 2020. Celui-ci conclut sur la volonté des entreprises du secteur, des grands groupes aux startups, de mieux collaborer les unes avec les autres. Ces résultats ont déclenché la mise en œuvre effective du projet, toujours confiée au même homme. En avril 2021, il quittait donc ses fonctions à la tête d’Orange Cyberdéfense, et 3 mois plus tard, le 21 juillet 2021, il signait le bail du bâtiment, peu après avoir créé la société Campus Cyber, dont l’Etat est actionnaire à hauteur de 44%. Les travaux d’aménagement des bureaux ont débuté au pas de course en septembre, pour donc accueillir les locataires à la fin du mois de février 2022.

      Pensé comme un « porte-avions » de la cybersécurité française, la Campus Cyber accueille toutes les strates de l’écosystème : des grands groupes (Thales, Atos...), la recherche publique (l’Inria, le CEA...), l’Etat (l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information -Anssi-, le ministère de l’Intérieur et celui des Armées), des PME, des startups, des écoles, des associations ou encore des fonds d’investissement. « Nous sommes le seul campus au monde où sont réunis des offreurs, l’Etat, les écoles, mais aussi des clients finaux : 40 sociétés du CAC40 ont placé des experts chez nous », promeut Michel Van Den Berghe. Autrement dit, des grands groupes dont l’activité principale n’est pas la cybersécurité se sont aussi greffés au projet. A titre d’exemple, un groupe interbancaire -avec des experts issus des 8 plus grosses banques françaises- va se réunir sur le campus pour créer des solutions communes.

      En tout, plus de 90 organisations vont s’installer dans le bâtiment, qui regroupera ainsi plus de 1.800 experts de la cybersécurité. « Il ne nous reste que 25 postes sur toutes les places que nous avons commercialisées », se réjouit Michel Van Den Berghe. Pour autant, le Campus ne serait pas encore victime de son succès. « Nous nous sommes arrangés pour que personne ne reste à la porte », rassure-t-il. Pour permettre cette mixité d’organisation, il a fallu s’adapter : le campus se loue à 750 euros du mètre carré, une somme élevée pour une petite entreprise, mais modérée pour le quartier de la Défense, dixit Michel Van Den Berghe. « Les grandes sociétés ont joué le jeu : elles paient leur loyer un petit peu plus cher pour que les petites sociétés paient un peu moins cher. Je trouve que c’est un bel exemple de solidarité. »

      Une vitrine pour la cybersécurité française

      L’architecture de l’immeuble se prête bien à cette cohabitation. Comme une fleur, chaque étage se divise en trois « pétales », accessibles depuis une même colonne centrale -la tige en quelque sorte- où se trouvent les ascenseurs. Les locataires s’installent soit sur un étage entier -c’est le cas d’Orange Cyberdéfense et de Capgemini-, soit sur une ou deux pétales -comme les ministères de l’Intérieur et des Armées-, soit sur des postes dans les espaces collaboratifs opérés par Campus Cyber. Dans le détail, 35% des espaces sont occupés par des grands groupes, 20% par l’Etat ou encore 10% par les écoles (Epita, Simplon...). Bien que le bâtiment serve à mettre en avant les expertises françaises et à créer des synergies entre elles, un des 13 étages est dédié à l’accueil d’entreprises étrangères. On y retrouve les incontournables Google, Amazon Web Services, Microsoft, IBM ou encore Cisco.

      « Quand j’ai signé le bail de l’immeuble, beaucoup de gens m’ont regardé en se disant que c’était un petit peu dingue. Il faut dire que lorsqu’on avait remis l’étude d’opportunité, on parlait de 10.000 à 12.000 mètres carrés », se souvient Michel Van Den Berghe. Finalement, l’immeuble de 26.000 mètres carrés est deux fois plus grand que prévu, ce qui permet à la société de proposer des espaces peu densifiés. Par exemple, le bureau de 8 postes de travail mesure environ 90 mètres carrés, et certains lieux sont dédiés aux échanges. Cette faible densité donne aussi un effet de prestige aux bureaux, essentiel aux yeux de Michel Van Den Berghe. « Notre état d’esprit, c’est de faire de ce lieu un lieu totem, un lieu extrêmement visitable, un lieu le plus ouvert possible pour susciter des vocations ».

      Le précédent Station F

      En France, dès qu’on parle de lieu totem, #StationF apparaît comme un exemple évident. « La #French-Tech est pour moi une réussite car c’est un mouvement qui fédère l’écosystème et crée des dynamiques. Station F c’est 30.000 mètres carrés pour tout le numérique, nous c’est 26.000 mètres carrés rien que pour la cyber, on peut être fiers de ça », fait remarquer le dirigeant du Campus Cyber. Pour endosser sa fonction de vitrine de l’écosystème, le nouveau bâtiment va pouvoir s’appuyer sur une salle de conférence, un auditorium, ou encore un « showroom » équipé en technologies -avec notamment une salle à 360° et des dispositifs de réalité virtuelle- où des démonstrateurs seront installés.

      Le campus intègre aussi une brasserie, un réfectoire sur le modèle des « food courts » américains, un espace de massage ou encore un espace de coiffure. L’objectif : rendre le lieu le plus attractif possible pour les employés des sociétés locataires.

      Délocalisations dans les autres régions

      En s’installant à cinq minutes de l’esplanade de La Défense, le Campus Cyber n’échappe pas aux critiques sur le parisiano-centrisme de la profession. « Le prérequis était que l’immeuble soit extrêmement bien desservi et accessible car sinon, les locataires n’auraient pas réussi à convaincre leurs experts cyber de venir », se défend Michel Van Berghe. D’après lui, le campus israélien Cyber Spark -modèle du genre- installé à Beer-Sheva, peine à faire venir les ingénieurs à cause de l’heure de route qui le sépare de Tel-Aviv.

      Pour autant, un groupe de travail est déjà en discussion avec dix des treize régions françaises pour créer des antennes régionales partout dans l’Hexagone. L’objectif : amener les expertises au plus près du terrain. Campus Cyber prend en charge le processus de labellisation et participera à l’animation du réseau, mais ce n’est pas lui qui gèrera ces autres campus. « C’est la région qui décide de l’implantation du campus et de son statut (GIP, société, association...) », précise Michel Van Den Berghe.

      Pour ce qui est du campus parisien, une extension est déjà prévue dans les Yvelines à l’horizon 2024, à un emplacement à déterminer sur le futur tronçon du RER E (baptisé Eole), qui passera à La Défense. L’ancien patron d’Orange Cyberdéfense projette « un campus à l’américaine, très vert, avec des terrains de sport et une piscine ». Cet espace, plus grand, permettra d’adresser les questions de cybersécurité industrielle -avec des démonstrateurs imposants- ou encore celle des drones -qui ne peuvent pas voler en ville. Mais chaque chose en son temps. « Mon rôle c’est déjà de faire que le projet initial tienne dans la durée », conclut Michel Van Den Berghe.

    • #CampusCyber, capitale de la cybersécurité
      https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/campus-cyber-capitale-de-la-cybersecurite-20220213

      Inauguré ce 15 février, ce lieu innovant doit permettre de renforcer le niveau de sécurité numérique en France.

      « Le porte-avions de la cybersécurité française », « le vaisseau amiral de l’écosystème cyber », « la caserne des casques bleus du réseau » … Les métaphores militaires ne manquent pas pour qualifier le Campus Cyber qui ouvrira ses portes mardi 15 février. Cette tour de 13 étages, située dans le quartier de la Défense, regroupera en un même lieu tout ce que compte l’écosystème cyber en France : les grands industriels privés, des services de l’État comme l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), des PME et des start-up spécialisées, des sociétés utilisatrices, des centres de recherche, des écoles de formation… Après plus de deux ans de gestation, le projet devient opérationnel. L’objectif : faire travailler ensemble acteurs privés et publics, pour développer l’écosystème français, être à la pointe technologique dans ce domaine hautement stratégique et former les compétences nécessaires. L’enjeu ? Élever in fine le niveau de sécurité informatique de la France.

  • Réseaux télécoms : les actes de vandalisme se multiplient La Tribune - Pierre Manière
    https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/reseaux-telecoms-les-actes-de-vandalisme-se-multiplient-892271.html

    Depuis environ un an, les dégradations et destructions visant des antennes de téléphonie mobile ou les réseaux Internet fixe grimpent en flèche, privant à chaque fois des milliers de foyers et d’entreprises de moyens de communiquer. Les opérateurs et le gouvernement se mobilisent pour enrayer ce fléau. Décryptage.

    C’est presque devenu monnaie courante. Pas une semaine ne se passe sans que les réseaux télécoms, mobiles et Internet fixe, essuient des sabotages, incendies volontaires, dégradations ou vols. Ce week-end, des habitants du Tarn en ont fait les frais. Dans la journée de samedi, une antenne-relais a été incendiée près d’Albi. Résultat : pas moins de 52.000 abonnés de Bouygues Telecom et de SFR se sont retrouvés, en un éclair, dépourvus de téléphonie mobile. S’il y a du mieux, « la situation n’est toujours pas totalement rétablie », explique à La Tribune ce lundi Arthur Dreyfuss, le secrétaire général de SFR et président de la Fédération française des télécoms (FFT), le lobby du secteur.


    Depuis la fin du mois d’août, les actes de vandalisme visant des antennes de téléphonie et infrastructures Internet fixe vont crescendo en Ile-de-France. « Plusieurs dizaines de sites ont déjà subi des dégradations », relève Arthur Dreyfuss, le président de la Fédération française des télécoms (FFT). (Crédits : Reuters)

    Le dirigeant précise que c’est un pylône de TDF qui a subi d’importants dégâts. « Or celui-ci irrigue des pylônes d’autres opérateurs, détaille-t-il. Au total, une soixantaine de sites mobiles ont été impactés. » Cette attaque n’a rien d’un cas isolé. Aux côtés de SFR et de Bouygues Telecom, Orange et Free voient régulièrement leurs installations vandalisées dans tout l’Hexagone. Tous sont confrontés à des dégradations d’antennes. « Chez Orange, en moyenne, environ une antenne par semaine est la cible de vandalisme, précise Cyril Luneau, le directeur des relations avec les collectivités locales de l’opérateur. Nous déplorons également des actes de malveillance sur le réseau fixe, dont des vols de câbles en cuivre [essentiels pour apporter la téléphonie et l’ADSL, Ndlr], à hauteur de dix actes par mois. » Il arrive aussi, chez tous les opérateurs, que les points de mutualisation, des installations critiques pour apporter l’Internet fixe à un grand nombre de foyers, soient attaqués.

    Des sabotages en forte hausse en Ile-de-France
    « C’est un fléau », alarme Arthur Dreyfuss. « Les réseaux télécoms sont très sensibles parce qu’ils permettent la connectivité des Français, des entreprises, mais aussi de l’ensemble des services d’urgence, rappelle-t-il. Cela fait dix à douze mois que nous constatons une multiplication des actes de vandalisme. » Le dirigeant précise que les territoires les plus touchés sont aussi, bien souvent, « ceux qui souffrent d’une couverture télécoms compliquée, ce qui est très dommageable pour les habitants et les entreprises ». Lesquels sont parfois extrêmement nombreux à en subir les conséquences. Arthur Dreyfuss se rappelle qu’en début d’année, l’incendie d’une antenne-relais près de Limoges a privé plus d’un million de personnes de télévision pendant plusieurs jours.

    Toutes les régions sont touchées. Mais depuis la fin du mois d’août, les actes de vandalisme vont crescendo en Ile-de-France. « Plusieurs dizaines de sites ont déjà subi des dégradations », relève le chef de file de la FFT. Qui sont, alors, les responsables de ces attaques ? Jusqu’à présent, les enquêteurs semblaient privilégier les pistes de l’ultra-gauche, des anarchistes ou des anti-5G. L’arrivée de la nouvelle génération de téléphonie mobile a notamment suscité une forte opposition et des débats électriques. A gauche et chez les écologistes, beaucoup craignent encore que cette technologie nuise à la planète, et certains redoutent l’impact des ondes sur la santé. Des thèses complotistes ont également circulé, comme celle d’une propagation du coronavirus par la 5G. En mars dernier, le tribunal correctionnel de Valence a ainsi condamné un résident de Pierrelatte (Drôme), opposé à la nouvelle génération de téléphonie mobile, à trois ans de prison - dont un an ferme -, a rapporté France Bleu https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/incendies-a-pierrelatte-un-anti-5g-condamne-a-trois-ans-de-prison-dont-un . En janvier et février, il avait incendié une antenne-relais et une chambre de télécommunications d’Orange. Cela dit, il apparaît bien difficile, aujourd’hui, de dresser des profils types.

    « La question d’un renforcement du dispositif pénal se pose »
    Face à ce vandalisme, les opérateurs et le gouvernement se mobilisent. Ce dimanche, Cédric O, le secrétaire d’Etat en charge du Numérique, a « [condamné] fermement » l’incendie du pylône de TDF dans le Tarn sur Twitter. « Avec Gérald Darmanin [le ministre de l’Intérieur, Ndlr], nous agissons aux côtés de l’ensemble des opérateurs pour mettre fin à ces actes inacceptables, dans le cadre de la convention nationale de lutte contre la malveillance visant les réseaux télécoms, qui met en danger des vies humaines », a-t-il insisté. Cette convention « a vocation à être déclinée localement par les préfectures », précise Arthur Dreyfuss. Elle vise à favoriser le partage d’informations entre les opérateurs, les gestionnaires de sites télécoms, la police, la gendarmerie et la justice. L’objectif est que tous puissent réagir au plus vite lorsque des installations sont vandalisées. Mais aussi d’agir de manière préventive. « Dans ce cadre, nous pouvons transmettre à la police et à la gendarmerie, à l’échelle départementale, des listes de sites sensibles, afin qu’une surveillance puisse, dans certains cas, être mise en place », explique le président de la FFT.

    A ses yeux, cette convention va « dans le bon sens ». Mais « la question d’un renforcement du dispositif pénal et des sanctions se pose lorsque les auteurs de ces faits extrêmement graves sont retrouvés », poursuit-il. Même son de cloche pour Cyril Luneau : « Nous militons notamment pour une politique pénale adaptée en cas de récidive », affirme-t-il. Le message a été bien reçu par le gouvernement. La balle est désormais dans son camp.

    #surveillance #télécoms #internet #orange #pouvoirs #arcep #free #fai #france #opérateurs #neutralité_des_réseaux #smartphone #bigdata #télécommunications #sfr #5g #FFT #numérique #Internet #réseaux #sabotages

    • Deux moines arrêtés pour avoir ciblé des antennes-relais 5G Le Figaro
      https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/deux-moines-arretes-pour-avoir-cible-des-antennes-relais-5g-20210920

      Les deux hommes, âgés de 39 et 40 ans, disent agir pour « prémunir la population des effets nuisibles » de la 5G.

      Deux moines d’un couvent catholique intégriste du Rhône ont été mis en examen, la semaine dernière, pour s’en être pris à des antennes-relais par hostilité au déploiement de la 5G, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

      Selon le parquet de Villefranche-sur-Saône, confirmant des informations du quotidien régional Le Progrès, les deux hommes, âgés de 39 et 40 ans, ont reconnu avoir mis le feu à un premier pylône téléphonique, dans la nuit du 14 au 15 septembre à Saint-Forgeux, au nord-ouest de Lyon. Les dégâts avaient été limités.


      ¨Deux antennes ont été visées par les deux moines. FABRICE COFFRINI / AFP _
      La nuit suivante, les deux moines, membres d’un couvent situé dans le Beaujolais, ont été interpellés en flagrant délit, par les gendarmes, tandis qu’ils tentaient d’incendier une antenne dans une autre commune, à Ancy.

      Mise en examen pour « association de malfaiteurs »
      Placés en garde à vue puis présentés à un juge d’instruction, ils ont reconnu les faits, expliquant avoir agi « pour prémunir la population des effets nuisibles » de la 5G, a précisé à l’AFP la procureure de Villefranche, Laëtitia Francart.

      Mis en examen pour « destruction et tentative de destruction par moyen incendiaire » et « association de malfaiteurs », les deux moines ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils font partie d’une communauté capucine basée au couvent Saint-François, à Villié-Morgon, rattaché au mouvement intégriste de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, selon son site internet.

      Selon Le Progrès, une porte-parole du couvent a évoqué « un acte isolé et une erreur de jeunesse ». « Les ondes sont très nocives à la santé et ils souhaitaient agir pour le bien-être de l’humanité », a-t-elle déclaré au journal.

  • L’ambition folle de Macron : dix géants européens de la tech d’ici à 2030
    https://www.latribune.fr/technos-medias/innovation-et-start-up/l-ambition-folle-de-macron-dix-geants-europeens-de-la-tech-d-ici-a-2030-88

    Après la « startup nation », la « scale-up Europe » ? Mardi 15 mai, à l’occasion du lancement du salon VivaTech, Emmanuel Macron a placé la tech comme l’une des priorités de la prochaine présidence française de l’Union européenne, au premier semestre 2022. A l’Elysée, face à un parterre d’une centaine d’investisseurs et d’entrepreneurs du numérique français et européens, ainsi qu’une dizaine de ministres européens, le président français a présenté des mesures proposées par le mouvement « Scale-Up Europe » (faire grandir l’Europe), lancé début mars à Station F dans le but de décliner des propositions pour guider la présidence française de l’UE.

    Voir : https://seenthis.net/messages/906641

    #technologisme #scale-up #technocrate #déréglement_climatique #catastrophe #macron #paywall

  • Rachat de Fitbit par Google : Bruxelles dit « oui »
    https://www.latribune.fr/technos-medias/rachat-de-fitbit-par-google-bruxelles-dit-oui-867504.html

    Après avoir obtenu des engagements de la part de Google, notamment sur la question des données personnelles, la Commission européenne a fini par donner ce jeudi son feu vert au rachat de Fitbit par ce dernier. La Commission européenne a autorisé ce jeudi le projet de rachat par Google de Fitbit, spécialiste des objets connectés pour le sport, un feu vert conditionné au respect par le géant américain d’engagements notamment sur l’utilisation des données personnelles. "Nous pouvons approuver le (...)

    #Fitbit #Google #domination #BigData #publicité #santé

    ##publicité ##santé

  • SPECTACLE DE LA CRISE ET CRISE DU SPECTACLE

    Cette note mystérieuse nous est parvenue par des voies secrètes. Toute personne en possession de la présente note peut (si elle le juge bon) diffuser les éléments qu’elle contient, à charge seulement d’en indiquer la provenance énigmatique…

    "Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées dans son sein. - Comment la bourgeoisie surmonte-t-elle ces crises ? D’un côté, en détruisant par la violence une masse de forces productives ; de l’autre, en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant plus à fond les anciens. A quoi cela aboutit-il ? A préparer des crises plus générales et plus formidables et à diminuer les moyens de les prévenir. " (Marx et Engels, Manifeste du parti Communiste)

    "Si le système du crédit apparaît comme le levier principal de la surproduction et de la sur-spéculation commerciale, c’est uniquement parce que le processus de reproduction, élastique par nature, est ici poussé jusqu’à l’extrême limite […] En même temps, le crédit accélère les manifestations violentes de cet antagonisme, c’est-à-dire les crises, et, par conséquent, les éléments de dissolution du mode capitaliste de production." (Karl Marx, Le Capital, livre III)

    "Chaque marchandise déterminée lutte pour elle-même, ne peut pas reconnaître les autres, prétend s’imposer partout comme si elle était seule. Le spectacle est alors le chant épique de cet affrontement, que la chute d’aucune illusion ne pourrait conclure. Le spectacle ne chante pas les hommes et leurs armes, mais leurs marchandises et leurs passions. C’est dans cette lutte aveugle que chaque marchandise, en suivant sa passion, réalise en fait dans l’inconscience quelque chose de plus élevé : le devenir-monde de la marchandise, qui est aussi bien le devenir-marchandise du monde. " (Guy Debord, La société du Spectacle)

    "On entend dire que la science est maintenant soumise à des impératifs de rentabilité économique ; cela a toujours été vrai. Ce qui est nouveau, c’est que l’économie en soit venue à faire ouvertement la guerre aux humains ; non plus seulement aux possibilités de leur vie, mais à celles de leur survie. C’est alors que la pensée scientifique a choisi, contre une grande part de son propre passé anti-esclavagiste, de servir la domination spectaculaire." (Guy Debord, Commentaires sur la société du Spectacle)

    "(…) même la plus objective des sciences n’échappe pas à la détermination de classe (…) l’idée d’une Science planant au-dessus de la société est loin de la réalité (…) le développement scientifique découle de nécessités sociales, et, dans la société bourgeoise, de l’inexorable nécessité d’accroître toujours plus le Capital (...) la science orientée par le Capital développe des branches qui ne sont intéressantes que pour le Capital, et néglige des secteurs essentiels pour l’homme (…) la science bourgeoise, loin de planer dans l’éther de la « connaissance pure », est déterminée par le Capital et complètement empêtrée dans les contradictions de la société capitaliste (…) elle est de plus une arme de la conservation bourgeoise." (Programme Communiste, janvier-juin 1969)

    "De gauche ou de droite, "parlementaire" ou "totalitaire", fasciste ou anti-fasciste, la démocratie n’est rien d’autre que la dictature du Capital !" (Le Communiste, décembre 1984)

    "La guerre c’est la paix. La liberté c’est l’esclavage. L’ignorance c’est la force." (George Orwell, 1984)

    "Les plus grands triomphes, en matière de propagande, ont été accomplis, non pas en faisant quelque chose, mais en s’abstenant de faire. Grande est la vérité, mais plus grand encore, du point de vue pratique, est le silence au sujet de la vérité." (Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes)

    LE SPECTACLE DE LA CRISE

    Le phénomène social mondial du Coronavirus, actualité paranoïaque instantanée qui paralyse l’économie-monde et le monde de l’économie, est présenté par les réseaux politiques et médiatiques occidentaux comme une pandémie destructrice. Partout en Occident, les populations sont assignées à domicile, les gouvernements sont investis des pleins pouvoirs sans autre fondement légal que « l’urgence sanitaire », les forces de l’ordre patrouillent pour maintenir à domicile des populations hagardes qui peuvent cependant continuer de s’agglutiner dans les supermarchés pour y acheter tout et n’importe quoi. Des normes sécuritaires et sanitaires draconiennes sont prises, des règles de distanciation sociale sont imposées partout par toutes les forces de propagande des gouvernements et des médias. Les populations doivent désormais montrer patte blanche pour sortir de chez elles, sans aucun vote ni consultation. Les États du monde de l’aliénation capitaliste tentent par ailleurs d’endiguer la crise économique due à l’arrêt économique global en organisant des plans d’urgence faramineux dont personne, cependant, dans les hautes sphères de l’économie politique, ne semble pouvoir chiffrer le coût ni estimer les chances de succès.

    Mais cette pandémie s’annonce surtout, pour chacun d’entre nous, comme une narration mondiale obligatoire imposée à l’ensemble des populations spectatrices par la mystification démocratique du Capital. Elle présente le Coronavirus comme une anomalie extérieure, un phénomène imprévisible et naturel dont l’origine serait identique à un phénomène climatique. Un homme, mangeant en Chine un animal, puis une propagation mondiale, puis une crise mondiale…

    Tout l’imaginaire morbide et inculte du spectacle hollywoodien s’y trouve projeté 1. Toute la mystification idéologique du Capital se confond avec cette même narration spectaculaire. Elle est bien sûr validée par l’ensemble des ergoteurs de l’Extrême Gauche à l’Extrême Droite du Capital, qui, comme en 19142, prônent l’union sacrée contre l’ennemi commun. Cette présentation des choses, c’est le spectacle du Coronavirus. Ce spectacle est ainsi produit comme tous les spectacles qui
    éloignent les hommes de la vie réellement vécue : le spectacle climatique, le spectacle terroriste, le spectacle politique, le spectacle publicitaire… Le spectacle pandémique, comme toute la production spectaculaire de l’aliénation marchande dominante, est l’inversion du réel qui substitue à notre regard les vrais rapports pour leur préférer une concentration unitaire d’images illusoires. Ce spectacle, aujourd’hui absolument concentré sur un seul et même objet, fournit un seul et même message aux populations, totalitairement imposé à travers les télécrans orwelliens de la servitude quotidienne. Ce message, hurlé aux masses par toutes les forces coalisées du spectacle des représentations mensongères du Capital peut se résumer en une proposition : « Votre gouvernement a décidé de vous placer en quarantaine pour diminuer le nombre de morts provoqué par un nouveau virus mortel ayant subitement muté depuis une chauve-souris ! »

    En face de cette vérité officielle, une contre-vérité officielle est également instaurée. Une contestation autorisée, une opposition contrôlée qui hurle partout que le gouvernement ne va pas « assez loin », est incohérent et incompétent dans sa lutte contre le virus destructeur, pour des raisons purement économiques… C’est le « complotisme » de Gauche et d’Extrême Gauche, grand recycleur des colères hystériques et contre-révolutionnaires. Cette contre-narration ne remettant, bien sûr, absolument pas en cause le fondement du spectacle, ne désignant jamais le mensonge déterminant et structurel du Capital… L’existence et la mortalité destructrice d’un virus naturel et extérieur au monde existant devient ainsi, comme certaines vérités historiques et versions officielles, un tabou interdit de débat, dont la simple évocation équivaut à l’hérésie, au blasphème, à la qualification de « fascisme », de « complotisme », de « bêtise », de « fake news », etc., diabolisants spectaculaires utilisés par tous les sbires du monde capitaliste et de la fausse conscience idéologique pour réduire au silence toute voix dissidente. Une censure est exercée par tout le champ médiatique pour interdire tout doute cartésien quant à cette narration imposée officiellement par le mensonge démocratique de la marchandise. Mention spéciale est attribuée à la merde gauchiste et antifasciste, déjà coresponsable du pourrissement interne du grand mouvement prolétarien et « gaulois réfractaire » des gilets jaunes, et qui continue de sévir, servant de nervis au pouvoir pour verrouiller la communication du Capital sur cette narration.

    Traquant une forme politique et capitaliste disparue depuis 1945 (« le fascisme »), nos bons imbéciles de la contemporaine Gauche du Capital sont structurellement incapables de comprendre que nous vivons actuellement sous le règne de la domination mystificatrice et démocratique du Capital... Merci à eux, encore une fois, d’être les idiots utiles si vils du pouvoir capitaliste mondial et de ses narrations spectaculaires obligatoires...

    Car la vérité de cette crise s’inscrit en négation complète de l’apparence spectaculaire de l’actuelle mystification démocratique du Capital.

    D’abord, nous le constatons aujourd’hui, les faits sont indéniables : ce virus, comme celui de 2009, n’est absolument pas la pandémie apocalyptique annoncée, et son taux de létalité est à peine supérieur à celui d’une grippe saisonnière. Nous constatons cependant que les gouvernements occidentaux attribuent à ce virus de nombreuses morts en réalité causées par la vieillesse du sujet et ses maladies préexistantes.

    Par exemple, aux USA, actuellement « l’épicentre de la pandémie », le Docteur Deborah BIRX, Coordinatrice de la « Task force » de la Maison Blanche, a reconnu dans une conférence de presse officielle que toute personne qui décède « porteuse du Covid » est automatiquement comptabilisée comme « morte du virus », ce qui est une aberration et un mensonge au plus haut niveau de l’État américain3.

    En Italie, chronologiquement second « épicentre de la pandémie », dans un entretien donné au journal The Telegraph, le responsable italien de la santé, Walter Riccardelli, précise même que seuls 12% des cas étaient des « morts directement du Covid 19, l’autre, 88%, d’un ensemble de facteurs4 ».

    Autre exemple, définitif, le cas Islandais, qui, avec 10% de sa population testée (soit 37 000 personnes) fournit ce genre de précieuses données complètement occultées lors de l’apogée de la campagne de terreur, et qui aujourd’hui commencent à percer à jour la réalité concrète de cette « pandémie »5. Sur ces 37 000 personnes, qui représentent donc 10% de la population islandaise, 1727 cas d’infection au Covid sont confirmés, soit un porteur sur 212 habitants, soit le plus haut taux mondial… en raison du plus haut taux de test par habitant au monde ! Si l’on appliquait ce taux islandais – posture minimale et irréaliste vu la géographie éclatée et l’absence de métropoles mondiales et de flux commercial international - la France compterait trois fois plus de cas confirmés qu’actuellement annoncé, 147 000 selon les autorités, ce qui aurait pour effet de diminuer par trois un taux de mortalité par ailleurs jamais calculé en France ! Car si l’on suit les chiffres officiels, il y aurait en France, au 15 avril, 147 863 cas pour 17 167 décès, soit un taux de mortalité suggéré aux populations de 11,61% ! Or, selon les statistiques islandaises, sur les 1700 infectés, seuls 34 ont été hospitalisés, 8 sont décédés. Soit un taux de mortalité de 0,4%, à peine supérieur à celui d’une grippe saisonnière sévère (qui se situe autour de 0,1% pour l’influenza6), comme l’annonce depuis le mois de janvier le professeur Raoult au-delà du débat ridicule sur son traitement.

    Ce virus très faiblement létal et insignifiant à l’échelle de l’histoire, apparaît ainsi comme la mauvaise conscience du Capital : il achève ceux qu’il avait déjà détruits. Ce n’est pas le virus qui fauche des vies. C’est la rencontre d’un virus nouveau avec des corps putréfiés, détruits, « zombifiés », affaiblis, portés comme des fardeaux par ces esprits démoralisés que le spectacle de la chosification marchande produit par millions. C’est le monde de la vie fausse et morose, le monde de la réification capitaliste accomplie, le monde de la valeur d’échange en guerre contre l’humanité, le monde de la survie augmentée, le monde de la consommation morbide de masse qui, en rendant les hommes si faibles et si vulnérables, en les rendant passifs et sédentaires, en les rendant si seuls, tue par l’intermédiaire d’un virus dont la seule spécificité est d’être inattendu. Ce qui tue, derrière les apparences spectaculaires de la « crise sanitaire », c’est l’obésité diabétique du sucre mortifère et ses ravages cardiaques et vasculaires ; c’est la destruction pulmonaire dont est responsable l’air vicié et pollué par le Capital, la chimie destructrice et le tabac gouvernemental ; c’est le délire hypocondriaque général au service de Big Pharma. Ce virus ne fait que le révéler. Le Coronavirus, derrière les apparences, révèle ainsi l’immense catastrophe pour les corps et les esprits que notre monstrueux monde capitaliste a historiquement produit . Il révèle la réalité du type d’être humain que ce monstre froid a anthropologiquement engendrée, et il élimine ces humains anonymement. Il choisit même les enfants comme porteurs les plus efficaces, dans une ironie impitoyable qui est le signe qu’envoie l’Histoire pour se rappeler aux hommes. Tous ceux qui dépendent de la production sociale sanitaire pour survivre sont en effet menacés de mort, car le Coronavirus est avant tout une crise de la production sociale sanitaire. Ce n’est pas le virus qui tue, c’est l’économie politique de la santé empoisonnée par la marchandise capitaliste, l’économie politique appliquée au secteur sanitaire, qui a déjà choisi de laisser mourir les inutiles surnuméraires en rentabilisant la santé comme n’importe quel champ de la production sociale. Le Coronavirus apparaît ainsi comme la justification paranoïaque et spectaculaire de ce choix déjà fait parmi les individus entre ceux que le Capital entend soigner, et les autres qu’il choisit de laisser mourir.

    Le spectacle du Coronavirus est ainsi « l’affirmation omniprésente du choix déjà fait dans la production, et sa consommation corollaire. » (Debord, La société du Spectacle)

    Un fait est cependant sans appel : il n’y a pas de modification globale de la mortalité hivernale en France depuis le début de cette « pandémie » de Covid197. Seule une volonté de terroriser les populations par des biais statistiques complètement ahurissants, permet d’expliquer les taux de mortalité de 3%, 5% voire 10% qui ont été donnés au début de cette narration 8. Ces taux, en l’absence de données sur le nombre réel de personnes infectées, ne peuvent être qu’un mensonge destiné à faire accepter la prise de contrôle autoritaire d’un pouvoir sanitaire d’exception, le pouvoir sanitaire du Capital et de la vie humaine marchandisée dont la santé doit être soumise à la valeur d’échange.

    Ensuite, sur l’origine de ce « mystérieux virus », des voix divergentes commencent à s’élever qui affirment qu’une partie de son génome pourrait avoir une origine artificielle (tiens donc !), un ajout d’un morceau de VIH issu de recherches sur le SIDA probablement menées dans le laboratoire P4 de collaboration franco-chinoise en biomédecine, ouvert à la suite du SARS de 20039. Or, celui qui répand aujourd’hui cette découverte, le professeur Luc Montagnier, est co-lauréat du Nobel de médecine en 2008 pour ses recherches sur le VIH avec… personne d’autre que la présidente du conseil scientifique d’Emmanuel Macron : Françoise Barré-Sinoussi… Virulente opposante à l’analyse du professeur Didier Raoult, et de son ancien collègue Luc Montagnier, elle combat depuis le début toutes les thèses divergentes à celle officiellement lancée par le gouvernement du spectacle mondial et l’OMS. Ce virus, possible fruit d’une manipulation génétique, possible accident biomédical, possible virus du Capital relâché d’un laboratoire pour « liquider » les populations excédentaires, dévoile en tout cas aujourd’hui une gigantesque guerre interne à ce monde de la vérité officielle médicale qui se révèle pour ce qu’il est. Un univers mesquin et inculte, complètement arraisonné aux nécessités du Capital, incapable de débat contradictoire véritable, et reproduisant toutes les religions du spectacle marchand. Un univers qui voit sans doute, en raison de ce dévoilement, ses dernières parcelles de crédibilité disparaître à jamais. Bon débarras !

    Mais l’essentiel, c’est que dès janvier 2020, ce « virus mystérieux » devient le support que des fractions capitalistes utilisent pour remplir des objectifs stratégiques dans le cadre d’une guerre concurrentielle mondiale.

    Car le virus n’est pas le sujet réel de la crise que nous traversons ; le virus c’est la forme spectaculaire, irréelle et paranoïaque, la nouvelle forme terroriste et spectaculaire que nous projette de force le Capital à travers ses larbins de la classe capitaliste pour détourner notre regard de l’essentiel. Car le sujet essentiel c’est la crise structurelle du mode de production capitaliste à l’échelle du monde, entraînant un combat à mort au sein des forces concurrentes du Capital , combat à mort que ce virus ne fait que masquer aux populations ahuries derrière une narration mystificatrice omniprésente de réécriture de la réalité...

    C’est pourquoi nous l’affirmons sans enrobage : en négatif des apparences, la vérité sur cette pandémie ce n’est pas que l’État décide de mettre les populations en quarantaine pour diminuer réellement le nombre de morts provoquées par un nouveau virus mortel.

    C’est au contraire (il faut renverser) que le pouvoir mystificateur de la démocratie du Capital grossit spectaculairement le nombre de morts attribué à ce nouveau virus pour mettre et maintenir en quarantaine les populations dans le cadre d’une guerre entre factions capitalistes concurrentes à l’échelle mondiale. C’est ce que l’histoire de ce phénomène permet de comprendre.

    LA CRISE DERRIÈRE LE SPECTACLE

    I – LA GÉOPOLITIQUE DE LA CRISE

    « La pandémie est la continuation, par d’autres moyens, de la lutte entre puissances. » (Jean-Yves Le Drian, 20 avril 2020)

    Il y a un an, les 22 et 23 mars 2019, le président chinois X Jinping se rendait en Italie. De cette visite d’État, 29 accords sectoriels portant de 7 à 20 milliards d’euros l’investissement chinois dans une Italie durement frappée par la crise. Le gouvernement italien ne put cependant aller plus loin dans son rapprochement avec Pékin en raison des « craintes émises par Bruxelles et Washington »10. L’événement fut loin d’être anodin car il marqua une rupture entre Luigi di Maio (promoteur de ce rapprochement) et Matteo Salvini. Notons que cet épisode manifesta aux yeux du monde entier la nature profondément relative de la souveraineté italienne puisque « compte tenu des réticences exprimées à Washington ou à Bruxelles », le gouvernement italien a été contraint de suspendre une vingtaine d’accords commerciaux avec Pékin11. Car l’action du gouvernement chinois ne visait pas seulement les ports de Gênes et de Trieste12, son ambition était plus vaste. Certains ont estimé que la Chine utilisait les Routes de la soie pour « porter un coup sérieux à l’unité européenne »13.

    Cependant, rares sont ceux qui oseraient, parmi ces commentateurs autorisés, souligner que le véritable coup mortel fut porté par les Américains au sortir de la Seconde Guerre Mondiale avec le plan Marshall14. L’offre chinoise peut ainsi être analysée comme une sorte de contre Plan Marshall ; elle fut d’ailleurs perçue comme telle par les Américains et par Bruxelles (émanation du plan Marshall15). Or le Plan Marshall est l’acte fondateur de la mise sous tutelle américaine des économies européennes. Officiellement accordé pour faciliter la reconstruction des pays détruits par le second conflit mondial et éviter ainsi que la misère des populations n’entraîne la subversion communiste, le plan Marshall peut s’analyser comme une « mise sous tutelle » de l’économie européenne et créant de toute pièce un immense marché captif. L’Histoire des soixante-quinze années qui s’écoulent de la fin de la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à la crise actuelle du Coronavirus fut donc, pour l’Europe, une longue période de perte de puissance et de soumission aux désidératas des États-Unis d’Amérique. On pourrait croire que l’Histoire est une farceuse car si c’est d’Italie qu’est partie l’action « libératrice » des Américains en Europe (Opération Husky, 10 juillet 1943), c’est aussi d’Italie qu’est parti le premier coup contre l’ordre américain en Europe. Toutefois, de la même manière que l’action américaine n’était pas pleinement désintéressée (loin s’en faut), la poignée de main de Xi Jinping est lourde de sous-entendus.

    Les « nouvelles routes de la soie » sont apparues dans le discours officiel chinois en 2013, année marquée par les premiers signes de ralentissement de la croissance chinoise16. Le but premier est de stabiliser l’excédent commercial chinois en favorisant l’écoulement des immenses capacités de production de la Chine ; le projet de Pékin s’inscrit pleinement dans une perspective mercantile-capitaliste car comme le note Michel de Gandi : « Et elle [la Chine] sait protéger ses intérêts. Les liaisons ferroviaires entre la Chine et l’Europe sont à ce titre riches d’enseignements. Les trains arrivent chargés de toutes sortes de marchandises en Europe, nettement moins dans l’autre sens. Cela pose par ricochet diverses questions, dont celle de l’accès au marché, fortement inégal »17. De la même manière que le Plan Marshall a permis aux Américains d’écouler leur surproduction marchande en Europe, facilitant ainsi la reconversion de l’économie de guerre américaine tout en retardant, dans certaines branches, le redémarrage des économies européennes de manière autonome, les « nouvelles routes de la soie » sont un instrument de guerre économique, pendant à la politique du « collier de perles » qui permet à la Chine de garantir ses principales voies d’approvisionnement maritime18.

    Revenons à notre virus et plus précisément à son lieu d’apparition : Wuhan. Dans une note précédente (voir ici : https://cerclemarx.com/communique-sur-le-coronavirus), nous observions que Wuhan n’est pas une petite capitale provinciale ordinaire. Elle est un centre industriel de première importance et l’une des extrémités des nouvelles routes de la soie déployées par le Capital mondial. Le 21 avril 2016, il y a donc quatre ans, un train parti de Wuhan dix-huit jours plus tôt arrivait en banlieue lyonnaise après un périple de 11.500 kilomètres à travers l’ancien espace soviétique, la Pologne et l’Allemagne. Bien plus, le 23 février 2017, le jour même où Bernard Cazeneuve prononçait un discours pour l’inauguration du laboratoire P419, fruit de la collaboration entre l’INSERM français et les scientifiques chinois, il a également assisté à l’arrivée d’un train en provenance de Lyon débarquant à Wuhan rempli d’une cargaison de bouteilles de Bordeaux et de pièces détachées pour les usines PSA. Le premier ministre y déclara : « Ce train est stratégique parce qu’il en renvoie à […] l’intensification des échanges entre le continent européen et la Chine dans le cadre d’une relation faite de réciprocité, d’équilibre et d’intérêt commun »20. Ainsi, initiée pour contrecarrer l’érosion de sa croissance, la stratégie des « nouvelles routes de la soie », politique mandarinale alliant souplesse et intransigeance, arrive cependant trop tard pour permettre à la Chine d’échapper au ralentissement de l’activité économique mondiale. Il suffit de collationner rapidement l’opinion de la presse capitaliste autorisée pour s’en convaincre : l’imminence d’une crise majeure était connue des acteurs dès la fin de l’année 201821.

    Dans ce contexte général de défiance des acteurs et des commentateurs économiques, l’attitude de la Chine peut surprendre. Les investissements massifs de Pékin et les multiples accords conclus par le gouvernement chinois avec des États tiers indiquent une volonté d’assurer à la Chine ses débouchés commerciaux : le développement du marché intérieur ne parait donc pas une réelle priorité pour Pékin car cela obligerait une reconversion partielle de son appareil industriel et augure également des risques d’instabilités. Les événements de Hong-Kong prouvent amplement que le développement d’une classe capitaliste citadine pourrait fragiliser l’autorité du Parti ; l’appétit libéral des classes aisées pourrait conduire à une occidentalisation du pays et à terme hypothéquer fortement son rôle de puissance émergente. Observons, tout d’abord, que la Chine agit discrètement à l’étranger depuis plusieurs années et prend, peu à peu, la place des vieilles puissances déclinantes. C’est notamment le cas en Afrique22 où la Chine a fait d’importants investissements depuis 2000. En dix ans, les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine ont été multipliés par dix, passant d’à peine dix milliards de dollars en 2000 à cent milliards en 2010 23 ; les échanges ont continué de s’intensifier pour atteindre 200 milliards en 201324. Notons dès à présent que les investissements chinois n’ont rien à voir avec les perspectives coloniales des anciennes métropoles européennes ; point question de « mission civilisatrice », il n’est question que de commerce. L’intervention chinoise en Afrique a entraîné une explosion de la dette des États africains25 ; ce phénomène n’est pas propre à ce continent et semble trahir la nature même des relations de la Chine avec ses débiteurs26. En outre, les Chinois se révèlent de redoutables colonisateurs. Confrontée à des difficultés de gestion de son surplus de main-d’œuvre, la Chine peut considérer l’Afrique comme une sorte « d’espace vital »27. La Chine subit donc une réelle crise de surproduction industrielle et la politique de l’enfant unique28 ne lui permet pas encore de faire face à l’exode rural conséquent qui continue à opérer, d’autant que les sanctions liées à la politique de contrôle de naissance « ne jouent guère en milieu rural » ; en Chine centrale et en Chine occidentale, en 2009, entre 25 et 40% seulement des ménages respectait la politique de l’enfant unique29. Recherchant des débouchés, la projection extérieure est devenue un enjeu majeur pour la Chine : les routes de la soie s’inscrivent pleinement dans cet objectif. Toutefois, le développement des pays traversés par les routes n’est pas l’ambition de la Chine qui préfère d’ailleurs utiliser sa propre main-d’œuvre plutôt que de faire appel aux populations autochtones ou aux sociétés des pays concernés30.

    L’arrivée de Donald Trump a vraisemblablement perturbé la politique chinoise en tapant du poing sur la table des échanges internationaux du Capital mondial. Conscient des limites de son modèle de développement, les Chinois cherchaient des échappatoires mais ils ne pensaient sans doute pas que les Américains, débiteurs insolvables de la Chine, se rebifferaient. Magnat de l’immobilier, Trump est par nécessité structurelle un « capitaliste national » et ne peut que regarder avec défiance l’effondrement de l’économie américaine31. Imposer des tarifs douaniers à une Chine fragilisée par l’érosion de sa croissance fut donc un acte de guerre dicté par l’état dramatique de la situation industrielle américaine. Dans son rapport au XIXe congrès du Parti Communiste Chinois, Xi Jinping insistait sur la nécessité de « promouvoir une nouvelle conjoncture d’ouverture tous azimuts. L’ouverture amène le progrès ; le repli sur soi conduit à la régression. La porte ouverte de la Chine ne se refermera pas, mais au contraire continuera à s’ouvrir encore davantage. Ayant comme priorité le projet ‘la Ceinture et la Route’, nous devons combiner au mieux les deux volets de la stratégie, à savoir ‘introduire de l’étranger’ et ‘sortir du pays’ ; suivre fidèlement le principe de ‘consultations réciproques, d’engagement commun et de partage des fruits’ ; et renforcer l’ouverture et la coopération en matière de capacités d’innovation, pour créer une situation caractérisée par une ouverture simultanée vers l’Est et l’Ouest aux interactions terre-mer »32.

    Alors qu’une partie des élites capitalistes américaines opère un revirement protectionniste , la Chine se dresse en championne du libre-échange en n’hésitant pas à faire sien le couplet « ouverture/fermeture » en vigueur chez tous les partisans d’une mondialisation inéluctable et nécessairement positive. Cette inversion des rôles se retrouve pleinement dans le rapport du Département américain de la Défense en date du 1er juin 2019 sur la stratégie indo-pacifique. Tout en notant que « l’investissement apporte souvent des avantages pour les pays bénéficiaires, y compris les États-Unis », le rapport souligne les nombreux cas de mise sous tutelle de fait des États bénéficiaires et indique sibyllin : « Les États-Unis ne s’opposent pas aux activités d’investissement de la Chine tant qu’elles respectent la souveraineté et la primauté du droit […]. Les États-Unis sont toutefois très préoccupés par la propension de la Chine à convertir le fardeau de la dette insoutenable de certains pays ou régions en accès stratégique et militaire ainsi que par la prise de possession de biens souverains comme garantie de paiement »33. Les investissements chinois à l’étranger – dont les « nouvelles routes de la soie » sont la manifestation la plus visible – sont donc clairement perçus par les États-Unis comme un danger économique et géopolitique ; ils créent une dépendance des États concernés vis-à-vis de Pékin et constituent une tentative de désencerclement de la Chine en privilégiant un axe terrestre à travers l’Eurasie par rapport aux voies maritimes.

    Comparaison n’est pas raison mais le projet chinois des « nouvelles routes de Soie » présente de curieuses analogies avec les désirs d’expansion de l’Allemagne wilhelmienne et de sa politique « Drang nach Osten ». Comme l’écrit Georges Prévélakis : « Le symbole de cette politique était le projet, élaboré à la fin du siècle, d’une ligne de chemin de fer Berlin-Bagdad qui suscita une grande inquiétude de la part de l’Angleterre et de la France. C’est notamment pour en empêcher la réalisation que les deux rivales de l’Allemagne auraient favorisé le déclenchement des guerres balkaniques (1912) »34 ; et Martin Motte de préciser : « Les Allemands savaient qu’en cas de guerre avec l’Angleterre, la Royal Navy interromprait leur commerce maritime : le Bagdadbahn pallierait les effets de ce blocus en permettant d’importer des vivres de l’Empire Ottoman. Il servirait aussi à envoyer une aide militaire aux Ottomans pour conquérir les gisements pétroliers du golfe Persique, qui approvisionnaient la Royal Navy. Enfin, étant raccordé au réseau ferré de Syrie-Palestine, il pourrait faciliter une offensive contre le canal de Suez, artère principale de l’Empire britannique »35.

    Dans ce contexte général de montée des tensions entre une Chine en crise de surproduction marchande et souhaitant, par nationalisme, contrôler plus étroitement ses voies d’approvisionnement et ses débouchés et une Amérique déclinante, sinistrée économiquement par le libre-échange, la crise spectaculaire du Coronavirus semble n’être qu’un événement sans grande importance ; les circonstances en ont fait une étincelle jetée dans une poudrière.

    Mais cette « pandémie » mystérieuse s’inscrit également dans une autre logique d’affrontement : celle des fractions capitalistes qui se partagent aujourd’hui la puissance américaine. En effet, depuis 2016, Donald Trump tente de renouer avec une politique de développement endogène . Cette perspective paraît dictée par les intérêts de la fraction nationale du capitalisme américain qu’il représente. Or, face à lui, se dresse les immenses puissances mondiales, groupées autour du parti démocrate, que sont les GAFA et la haute technologie américaine. Or, les rapports du président américain avec les GAFA sont très ambivalents, très ambigus (n’oublions méthodologiquement jamais que le secret hiéroglyphique de la valeur d’échange et du fétiche marchand gouverne ce monde structurellement renversé...). Nous connaissons tous son utilisation frénétique des réseaux sociaux, mais Donald Trump confesse lui-même agir ainsi par nécessité : « Je préférerais ne pas avoir à passer par eux, je préférerais avoir des journaux crédibles mais ce n’est pas le cas. […] Sans Twitter, je pense que nous serions perdus, nous ne ferions jamais sortir la vérité »36. Andrew Bosworth, cadre dirigeant de Facebook, dans une note interne divulguée par le New York Times, insistait sur le fait que l’élection de Trump ne résultait pas d’une désinformation russe ou du cabinet Cambridge analytica : « Il a été élu car il a mené la meilleure campagne de publicité sur internet que j’ai jamais vue. Point final »37. En revanche, les observateurs s’accordent à relever que « les GAFA ne sont pas les entreprises préférées du président américain, mais il est prêt à les protéger si elles sont attaquées, surtout quand cela vient de l’extérieur »38. On se souvient de la réaction fulgurante de Donald Trump lorsqu’Emmanuel Macron a soulevé l’opportunité d’une taxe sur les GAFA. Pour Trump, les grands conglomérats technologiques sont des instruments de la puissance américaine à l’extérieur, mais des adversaires internes de son projet de redéploiement industriel américain, ce qui explique la guerre entre Trump et les GAFA39. Cette ambivalence de Trump à l’égard des GAFA – utilisateur obligé, soutien indéfectible en cas d’attaque étrangère et adversaire en interne – trouve son expression paroxystique lorsqu’entrent dans la danse les BATX chinois et autres champions technologiques de l’Empire capitaliste du Milieu.

    Nous nous trouvons donc face à deux guerres sourdes au sein du Capital mondial : la première oppose la Chine aux États-Unis, la seconde oppose les GAFA américains aux entreprises chinoises. L’attitude de Trump en soutien critique des GAFA limite l’opposition frontale car il cherche avant tout à privilégier la réindustrialisation de son pays. Or, depuis quelques mois, les enjeux entourant l’équipement en technologie « 5G » ravivent les tensions entre les monopoles américains et les nouveaux venus chinois. Là encore, le parallèle avec la situation européenne d’avant la guerre de 1914 est éclairante. L’opposition entre l’équipement marchand Huawei et les entreprises américaines (dont Microsoft au premier chef) ressemble à s’y méprendre aux tensions nées de l’opposition entre la firme anglo-américaine Marconi et le consortium Telefunken créé à l’initiative de l’empereur Guillaume II. Nombreuses sont les critiques adressées à Huawei à propos de la collusion de fait qui existe entre cette société et le gouvernement chinois ; ces critiques sont identiques à celles formulées en France lorsque le gouvernement capitaliste français hésitait entre Telefunken et Marconi : « chaque station internationale sera une colonie allemande, une enclave allemande en pays étranger. Chaque station internationale construite aux frais de la France en particulier sera un petit « Gibraltar allemand » en territoire français »40. Remplacez « allemand » par « chinois » et vous verrez que Huawei joue le même rôle que Telefunken dans un monde dominé par Microsoft, comme le monde d’avant la guerre de 1914 était dominé par la Compagnie Marconi. La bataille autour de la 5G renvoie directement aux combats capitalistes féroces pour le contrôle géo-politique des transmissions sans fil entre l’Empire britannique, la puissance américaine montante et l’Empire allemand. Point besoin d’être « complotiste » (le diabolisant à la mode utilisé par le Spectacle pour étouffer toute contestation du règne mensonger de ses « vérités officielles ») et de gloser à l’envie sur les impacts sanitaires ou sur les conséquences liberticides d’une telle technologie : dans le monde actuel du fétiche marchand, l’enjeu stratégique véritable est de savoir qui de Microsoft ou de Huawei remportera la bataille capitaliste pour équiper l’Europe de ses marchandises.

    Ainsi, la crise du Coronavirus recouvre d’un voile mystificateur les tiraillements d’une Europe qui devient un enjeu de puissance entre la Chine et les États-Unis.

    Débouché naturel de la Chine, le continent européen est l’avenir de la Chine qui ne peut pas espérer maintenir son développement sans s’assurer de solides appuis en Europe. La stratégie des « nouvelles routes de la soie » résulte donc d’une volonté d’arrimer l’Europe et la Chine en élaborant des lignes logistiques indépendantes des relais maritimes contrôlés par les États- Unis. Quant à la 5G, elle occupe un rôle prépondérant dans cette stratégie chinoise : équiper l’Europe, la submerger de marchandises Huawei pour la rendre économiquement dépendante de Pékin car dans le monde contemporain du Spectacle de la marchandise, il sera très difficile de se départir d’une couverture numérique optimale. La crise du Coronavirus le révèle chaque jour : « Le confinement a eu pour effet d’augmenter de façon exponentielle les communications Internet et les visio-conférences. Les réseaux sont saturés. Les fournisseurs de contenus ont dû réduire la demande de la bande passante pour leurs contenus. […] le Covid-19, pourrait bien être l’étincelle qui donne une accélération aux projets de déploiements de la 5G »41. La Chine avait pris une avance considérable dans ce domaine et était en mesure de proposer rapidement un équipement peu coûteux. Mais les États-Unis sont encore en position dominante en Europe compte tenu du poids d’inertie de l’alliance atlantique et des nombreuses interactions entre les sociétés européennes et américaines. Deux équipementiers importants européens sont des rivaux directs de Huawei : le suédois Ericsson et le finlandais Nokia. Depuis novembre 2019, Nokia et Microsoft sont liés par un partenariat qui vise notamment à développer la 5G. Cette volonté américaine de contrer la Chine à partir d’entreprises américaines a été publiquement annoncée par Bill Barr, ministre de la justice des États-Unis. Elle procède d’une carence américaine qui ne dispose plus d’équipementier solide et qui du fait de l’externalisation de la production des GAFA vers la Chine est incapable de contrer Huawei en l’état actuel des choses42.
    La crise du Coronavirus montre ainsi l’extrême dépendance des différents acteurs les uns par rapport aux autres. Nul doute que la Chine connaissait ses faiblesses dès 2013 et recherche depuis cette époque à consolider son développement en cherchant à contrôler ses approvisionnements et à maitriser ses débouchés. L’Italie a d’ailleurs rejoint les routes de la soie par un accord conclu en mars 2019 et l’Espagne s’y intéresse grandement ; les deux principaux marchés de Huawei en Europe sont précisément l’Italie et l’Espagne43. Ces deux nations, exsangues en raison de l’arrimage de leur économie à l’euro, sont victimes de l’Europe élaborée après la Seconde Guerre Mondiale. Elles voient dans Pékin, une source de développement alternative aux États-Unis et lorgnent sans doute sur ce qu’elles estiment être un nouveau Plan Marshall . Le fait est que nous ne sommes plus dans le monde d’après la Seconde Guerre Mondiale ; la multipolarité et l’affaiblissement des États-Unis nous inscrivent dans un monde complexe de rivalités capitalistes inter-impérialistes, les mêmes qui présidèrent au déclenchement de la Première Guerre mondiale.

    En ce sens, si l’on déploie la sentence de Jean-Yves Le Drian :
    La pandémie est la forme supérieure de la lutte entre puissances, pour l’arraisonnement capitaliste peut-être « terminal » du marché européen. Une forme bioterroriste et spectaculaire qu’incarne parfaitement son principal laboratoire : l’OMS.

    II – LA PROCÉDURE DE LA CRISE : L’OMS, STRUCTURE MÉDICALE DU CAPITAL MONDIAL

    Pour comprendre, maintenant, la forme nouvelle que prend cette crise terroriste pandémique, il faut définir ce qu’est l’OMS au regard des structures capitalistes en crise, en scrutant le cadre économique, légal et politique dans lequel se situe son action.

    Le cadre de la lutte contre les pandémies s’inscrit, depuis 2005 et à la suite des errements attribués à la Chine lors du SARS de 2003, dans le cadre d’un Règlement Sanitaire International de 2005, entré en vigueur en 2007, qui place l’Organisation Mondiale de la Santé, filiale médicale de l’ONU, au centre de toute réaction internationale en cas de « pandémie ». En cas de pandémie mondiale, donc, c’est l’OMS qui est censée, depuis 2005, « chapoter » la procédure à échelle internationale, comme dans le cadre du règlement des différends classiques. Ainsi, l’article 2 du Règlement, signé par l’ensemble des pays du monde, énonce que : « L’objet et la portée du présent règlement consistent à prévenir la propagation internationale des maladies,
    à s’en protéger, à la maîtriser et à y réagir par une action de santé publique proportionnée et limitée aux risques qu’elle présente pour la santé publique, en évitant de créer des entraves inutiles au trafic et au commerce internationaux ».

    Deux obligations internationales donc. La première est de préparer les nations du Capital à d’éventuelles pandémies, tout en maintenant le cadre du commerce et du trafic international.

    Pour ce faire, deux types d’actions sont, en 2005, réclamés aux États-membres par l’OMS : d’un côté « acquérir, renforcer et maintenir », au plus tard dans les cinq ans la « capacité de réagir rapidement et efficacement en cas de risque pour la santé publique de portée internationale »44. Traduire : modifier sa législation pour « internationaliser » sa gestion de crise. La seconde est, en cas de problème sanitaire d’ampleur, de suivre la procédure et les recommandations de l’OMS. La procédure, exposée à l’article 6, est claire :

    « Chaque État partie évalue les événements qui surviennent sur son territoire au moyen de l’instrument de décision présenté à l’annexe 2. Chaque État partie notifie à l’OMS, par les moyens de communication les plus efficaces dont il dispose, par l’intermédiaire du point focal national RSI et dans les 24 heures suivant l’évaluation des informations de santé publique, tout événement survenu sur son territoire pouvant constituer une urgence de santé publique de portée internationale au regard de l’instrument de décision, ainsi que toute mesure sanitaire prise pour faire face à ces événements. »

    Une fois l’alerte donnée, l’OMS fournit alors ses recommandations, qui peuvent, selon l’article 18, inclure les conseils suivants quant aux personnes :
    Aucune mesure sanitaire spécifique n’est préconisée. Examiner les antécédents de voyages dans des zones affectées.
    Examiner la preuve qu’un examen médical et des analyses en laboratoire ont été effectués. Exiger des examens médicaux.
    Examiner la preuve des vaccinations ou autres mesures prophylactiques.
    Exiger une vaccination ou une mesure prophylactique.
    Placer les personnes suspectes en observation à des fins de santé publique.
    Placer en quarantaine les personnes suspectes ou leur appliquer d’autres mesures sanitaires. Isoler ou traiter si nécessaire les personnes affectées.
    Rechercher les contacts des personnes suspectes ou affectées. Refuser l’entrée des personnes suspectes et affectées.
    Refuser l’entrée de personnes non affectées dans des zones affectées ; et soumettre à un dépistage les personnes en provenance de zones affectées et/ou leur appliquer des restrictions de sortie.

    Si l’article 43 permet aux États du Capital de prendre des mesures plus sévères que les recommandations, il requiert pour toute entrave à la circulation des biens et des marchandises que ces mesures ne soient « pas être plus restrictives pour le trafic international ni plus intrusives ou invasives pour les personnes que les autres mesures raisonnablement applicables qui permettraient d’assurer le niveau approprié de protection de la santé ». Le règlement impose donc aux États de la domination marchande, au moment donc, de fermer les frontières, de « fournir à l’OMS les raisons de sante publique et les informations scientifiques qui la justifient ». L’OMS communique alors « ces informations à d’autres États Parties et communique les informations concernant les mesures sanitaires appliquées ». Puis, « après avoir évalué les informations fournies en application des paragraphes 3 et 5 du présent article et les autres informations pertinentes, l’OMS peut demander à l’État Partie concerne de reexaminer l’opportunité d’appliquer les mesures ». Nous le voyons, au sein même de ce Règlement Sanitaire international, l’OMS prétend coordonner la lutte contre les pandémies et risques sanitaires mondiaux en articulant la gestion sanitaire mondiale et la gestion des flux marchands mondiaux.

    Le règlement de l’OMS se présente ainsi comme le règlement sanitaire des flux capitalistes mondiaux, et l’OMS comme le contrôleur sanitaire du commerce international, comme la structure médicale du capitalisme mondial, comme la structure médicale du totalitarisme marchand.

    Cette structure, en cas de crise, agit par l’intermédiaire d’un Comité d’Urgence nommé par le président de l’organisation sur notification d’un risque sanitaire par un État-membre. Ce Comité d’Urgence, qui s’est réuni à partir du 21 janvier 2020 pour le Coronavirus, doit se prononcer sur trois points :

    – Le fait de qualifier un événement d’urgence de santé publique internationale
    – Le fait de déterminer combien de temps dure la crise sanitaire
    – Le fait d’émettre des recommandations aux États-membres

    Ainsi, l’OMS, organisation internationale du totalitarisme du Capital, s’est vue confiée par ce règlement international la capacité juridique et politique de qualifier, définir, et établir la narration d’un événement sanitaire, et ce à échelle internationale. La figure de l’expert mandaté par la marchandise, du sachant de la valeur d’échange, de l’incontestable scientifique voulu par le Capital, du fétiche médical du Capital, prend ici désormais une forme universelle ; l’OMS, c’est la vérité médicale officielle qui impose au monde une narration conforme à son rôle de structure de domination capitaliste, c’est le capitalisme mondial qui réussit à disposer d’un organe politique de domination internationale par l’imposition spectaculaire d’une narration médicale universelle. Avec l’OMS, la valeur d’échange autonomisée accomplit ainsi sa domination politique universelle sur la vie humaine chosifiée, structurellement assujettie à la médecine empoisonneuse du Capital. Dans le monde de la réalité renversée, l’OMS, présentée officiellement comme « l’organisation mondiale de la santé » est ainsi en vérité « l’organisation mondiale de l’empoisonnement capitaliste de la santé et de la narration obligatoire qui l’accompagne ».

    Pourtant, une première expérience de pandémie mondiale a eu lieu, démontrant la réalité structurelle profonde de l’OMS : c’est l’extraordinaire affaire de la grippe H1N1, aujourd’hui semble-t-il rapidement oubliée et pardonnée par l’organisation sociale du silence… Or, cette « pandémie » H1N1 fut un véritable fiasco médiatique de l’OMS ayant entraîné une profonde grogne sociale, avec scandale financier sur les vaccinations et soupçons avérés de manipulation pharmaceutique. En effet, le 11 juin 2009, en pleine crise financière, l’état de pandémie est déclaré par l’OMS. Devant la menace d’une nouvelle grippe, les scénarios les plus fous sont déjà avancés, pour finalement une grippe au taux de létalité d’à peine 0,2/1000, soit moins qu’une grippe saisonnière… Tout cela n’a cependant pas empêché l’OMS, structure de domination capitaliste, de lancer une campagne spectaculaire de terreur mondiale et de vaccination obligatoire (une campagne spectaculaire-mensongère de terreur capitaliste-médicale dont Roselyne Bachelot a été en France l’agent politique avec les stocks de Tamiflu) . Rapidement dénoncée, l’OMS, le 26 janvier 2010, a dû s’expliquer devant le Conseil d’Europe, accusée « d’avoir exagéré la menace de la grippe sous la pression des laboratoires »45, lien étayé par de nombreuses enquêtes depuis46.

    Des accusations auxquelles répondra immédiatement Hollywood, par la sortie d’un film – probablement commandé - franchement mauvais mais au casting curieusement impressionnant pour un tel navet (Matt Damon, Marion Cotillard, Kate Winslet, Gwyneth Paltrow, Laurence Fishburn, Jude Law)… Un film où le monde du spectacle capitaliste – le même qui hurle en ce moment même de rester chez nous et qui donne à Bill Gates toute latitude pour lancer une campagne de vaccination – anticipe une pandémie grippale mondiale au taux de létalité de 25%, et qui dépeint tous les éléments de la narration actuellement imposée par le mensonge spectaculaire de la démocratie du Capital. Même la contre-narration anti-OMS y est dépeinte sous les traits d’un Jude LAW grimé et enlaidi pour jouer un « complotiste » délirant, et le film ira jusqu’à attribuer un prix Nobel à l’équipe de l’OMS qui découvre le vaccin miracle… Rarement Hollywood a été si gras et si visible dans son entreprise inconsciente de falsification spectaculaire de la réalité, moins d’un an après le scandale de la grippe H1N1.

    Cependant, rien ne semble avoir remis en cause la légitimité mondiale de l’OMS – ce qui prouve sa nature intrinsèquement géopolitique et capitaliste - puisque dans le cadre d’une « réponse internationale » contre les menaces pandémiques grippales, la « communauté internationale » parvient en 2011 à établir un « plan mondial de préparation à une épidémie de grippe » sous l’égide de l’OMS47. Un plan mondial qui, en 2011, est relayé en France par l’adoption d’un « plan national de prévention et de lutte contre la « pandémie grippale »48.

    Ainsi, depuis l’entrée de la Chine dans l’OMC en 2001, et à travers le SRAS de 2003, le RSI de 2005, malgré le fiasco de 2009 et par la contre-offensive médiatico-politique de 2011, l’OMS a capté et mis en place le cadre politique et juridique mondial de contrôle de la réaction internationale en cas de pandémie grippale. Comment l’expliquer ? Un coup d’œil jeté aux mécènes de cette organisation suffit à en comprendre les soubassements occultes.

    Car le financement de l’OMS est un sujet en soi. C’est une instance capitaliste à part entière. Le premier donateur est l’État américain, avec 400 millions de dollars, et les autres pays développés, ainsi que des entités comme la Commission européenne (80 millions annuels) et la Banque mondiale (145 millions). Cependant, cette instance internationale est financée à 80% par des financements privés, comme le montre le dernier rapport de financement annuel de l’organisation49. Ainsi, la fondation Bill and Melinda Gates, à elle-seule, a donné 324 millions de dollars à l’OMS, l’alliance GAVI pour la vaccination 133 millions de dollars, elle-même financée par la fondation Gates à hauteur de 22%50, tandis que le Rotary international, lui aussi largement financé par la fondation Gates, donne annuellement à l’organisation 62 millions de dollars51. On pourrait passer des heures à éplucher la très longue liste des généreux donateurs capitalistes de la philanthropie marchande de l’OMS…

    L’OMS, ainsi, apparaît comme une instance internationale médicale financée et contrôlée par la fraction « atlantique » du Capital mondial, aujourd’hui incarnée en la personne de Bill Gates et des structures « impérialistes-démocrates » américaines.

    Ainsi, à travers l’OMS, le capitalisme atlantique mondial a fondé et accéléré dans les années 2000, la mise en place d’une structure mondialisée de construction de réponse capitaliste à une « menace pandémique ». Derrière cette entité, les intérêts capitalistes et étatiques atlantiques sont mêlés à de la géopolitique de très haut niveau, qui instrumentalise médecins et experts mandatés de la marchandise mensongère… Tout cela implique une conclusion logique : l’OMS, c’est la structure médicale de cette fraction atlantique du Capital mondial qui s’est attribuée, malgré le fiasco de 2009, le pouvoir géopolitique de qualifier et créer le spectacle autour des virus en circulation dans l’espace économique mondial, afin de les articuler avec les intérêts capitalistes atlantiques qui la dirigent.

    L’articulation en trois temps : 1. crise financière/ 2. Spectacle pandémique/ 3. Programme de vaccination mondiale, véritable mode de production de l’économie pandémique atlantique en 2008-2009, apparaît ainsi comme une narration mondiale déjà présente dans les tuyaux structurels du monde du spectacle du fétichisme de la marchandise, comme le modèle imposé de gestion d’un virus circulant dans la sphère économique mondiale. Il n’est donc pas surprenant de la retrouver une décennie plus tard dans une forme bien supérieure, lorsque la crise ressurgit de manière cataclysmique et que les structures capitalistes atlantiques sont menacées de toute part…

    III – LA RÉALITÉ DE LA CRISE : UNE CONSTRUCTION SPECTACULAIRE DE PANDÉMIE TERRORISTE MONDIALE

    Le 17 novembre 2019, selon la narration officielle du mensonge capitaliste, est la date du premier cas vérifié de Coronavirus. Un premier homme de 55 ans infecté, en provenance de la province de Hubei, pour environ 300 cas recensés à la fin de l’année 2019. Ainsi commence le récit officiel de la naissance de l’épidémie de Coronavirus : de mystérieuses pneumonies à l’origine non- identifiées, qui font penser à une infection virale52. A ce stade, cela ne semble pas ébranler grand monde. C’est en Angleterre que commence la grande narration de la pandémie, par un article de la BBC, en date du 3 janvier 202053. Tout un univers mental anxiogène y est posé. On y parle d’une « mystérieuse infection virale » ayant infecté des dizaines de personnes à Wuhan, peut-être liée au SARS, avec un ratio étonnant de victimes par rapport aux infectés : « 44 cas ont été confirmés », affirme le journal, et « 11 ont été considérés sévères » ; début d’une ambiguïté sur la dangerosité du phénomène qui ne cessera plus... Mais aucun décès n’est recensé pour le moment. L’article évoque déjà la censure du gouvernement chinois, la sous-estimation du nombre de cas. Une véritable narration hollywoodienne, propre au médiatisme spectaculaire habituel. Rapidement écartée, la thèse d’un retour du SARS laisse la place à celle d’une « toute nouvelle pneumonie virale », comme l’explique alors un professeur de Hong Kong à la télévision américaine 54. De nombreux « journalistes citoyens », la plupart du temps liés aux protestations anti PCC de Hong-Kong, commencent à répandre la panique dans la population de Wuhan autour de ce mystérieux virus , que le Parti communiste chinois tente à tout prix d’éteindre en interne, par la censure et des arrestations55, notamment celle du docteur Li Wenliang, devenu une icône en Occident pour son rôle de « lanceur d’alerte » de la dangerosité du virus en décembre 201956. Un autre personnage « libéral » et anti PCC , juriste dissident bien connu, a été arrêté par le régime pour avoir critiqué le manque d’efficacité de la réaction de Xi Jinping57. On le voit, un certain nombre de « lanceurs d’alerte » relayés par les médias occidentaux, dont on sait leur soumission aux intérêts capitalistes atlantistes, notamment en France, relaient les alertes de dissidents politiques chinois sur la dangerosité du virus à Wuhan, menaçant de créer une panique sociale dans une région stratégique et de déstabiliser le pouvoir central.

    Pendant ce temps, l’OMS, le 5 janvier 2020, indique à ce stade qu’aucune preuve de la transmission entre humains n’existe alors. La narration mondiale commence quelques jours plus tard. Or selon le très officiel South China Morning Post58, le 5 janvier, c’est le jour où l’équipe du professeur Zhang Yongzhen, exerçant au sein du centre de recherche du « Shanghai Public Health Clinical Centre », réussit à séquencer le génome du mystérieux virus. C’est un « nouveau type de Coronavirus », ni un SARS, ni un Coronavirus oriental. Cette équipe transmet ce séquençage aux instances médicales chinoises, réclamant « des mesures de contrôle et de prévention dans les espaces publics » en raison de « symptômes sévères » affectant le patient sur lequel aurait été collecté l’échantillon. Réalisée sur les seuls patients malades, sans information sur le rapport essentiel : nombre de porteurs/nombre de personnes présentant des symptômes, cette alerte n’a pas ému les autorités chinoises qui semblent alors avoir décidé de ne pas suivre les recommandations de cet institut, et donc de « n’avoir pris aucune initiative pour prévenir le public au sujet de ce coronavirus ». C’est pourquoi les scientifiques de ce centre vont, le 11 janvier, contre l’avis des autorités chinoises, rendre publiques et accessibles aux autorités médicales du monde entier leur travail sur ce virus, à partir d’une plateforme internet ouverte, et ce indépendamment des autorités chinoises. Ce laboratoire habilité biosécurité de niveau 3, sera d’ailleurs fermé le lendemain, sans doute en raison de cette désobéissance, avant d’être rouvert durant le courant de janvier.

    Sur la base de ce rapport, l’OMS, dès le lendemain, 12 janvier, l’OMS produit un communiqué particulièrement rassurant59. Estimant certaine la « qualité des enquêtes en cours et des mesures de riposte appliquées dans la ville de Wuhan », elle dresse un bilan épidémiologique détendu : « aucune infection à déplorer parmi les agents de santé », « pas de preuve de transmission interhumaine », un seul décès sur 41 cas confirmés, mais un patient qui « présentait des affections sous-jacentes graves ». Les signes et symptômes cliniques rapportés sont : « la fièvre », des « infiltrats pulmonaires invasifs bilatéraux visibles sur les clichés radiographiques ». Quant à l’origine et le mode de transmission du virus, c’est depuis « un marché aux poissons de Huanan » qu’il semble que le virus soit parti. Suit l’évaluation du risque par l’organisation mondiale : « Wuhan est un grand centre de transport national et international. Aucun cas n’a été notifié à ce jour en dehors de cette ville » ; si bien que l’OMS « ne recommande aucune mesure sanitaire spécifique pour les voyageurs », tandis qu’en « cas de symptômes évocateurs d’une affection respiratoire pendant ou après un voyage, les voyageurs sont invités à consulter un médecin, à qui ils donneront toutes les informations relatives à leur voyage ». Ainsi, l’Organisation « déconseille toute restrictions des voyages et du commerce avec la Chine »60.

    Les choses s’accélèrent lorsque le 13 janvier, un premier cas hors de Chine, une pneumonie légère en Thaïlande, est attribuée au Coronavirus l’OMS elle-même61. Le 15 janvier, les autorités chinoises annoncent la possibilité d’une transmission entre humains. Mais c’est le 22 janvier qu’un nouveau tournant s’accomplit.
    Le 22 janvier, après 555 cas déclarés et 17 morts, la Chine place Wuhan en quarantaine62. « Plus aucun train ou avion ne doit en principe quitter la cité de 11 millions d’habitants, située en plein centre de la Chine ». La ville est coupée du monde, ses habitants empêchés de sortir sans une justification, et une prise de température. Première mesure du genre, elle constituera la norme moins de deux mois plus tard sur plus de la moitié du globe, alors qu’à ce moment, seules 17 personnes sont officiellement décédées en raison de ce virus… Le 24 janvier 2020, le président chinois, XI Jinping, s’exprime et impose le port du masque en public ; le même jour la transmission entre humains est officialisée par l’OMS63. Pourtant, l’organisation, déjà informée des nombreux cas un peu partout dans le monde, ne préconise aucune restriction de voyages, simplement des dépistages dans les aéroports. En France, trois premiers cas sont enregistrés le 24 janvier64, tandis que l’INSERM table sur une faible probabilité de contamination du territoire 65… Le 28 janvier, la Chine montre au monde entier la construction en un temps record d’un nouvel hôpital, que le gouvernement chinois a mis en scène de manière mondiale, diffusant l’intégralité de son établissement en temps réel66 pour montrer sa force de réaction à l’attaque.

    Avant même cette mise en scène chinoise de fin janvier, nous le savons aujourd’hui, le virus était déjà répandu sur l’ensemble de la planète67. En raison des préconisations libérales de l’OMS, du caractère international de la ville de Wuhan, de la grande viralité de ce Covid et de l’absence de mesures nationales, ce virus s’est largement répandu à travers le monde, si bien qu’une étude anglaise d’Oxford peut affirmer que la moitié de la population anglaise avait été infectée en mars68, tandis que les remontées de terrain indiquaient qu’en France le virus avait déjà atteint plusieurs centaines de milliers de personnes dès le mois de février69. Aucune mortalité particulière n’avait alors été détectée, en l’absence de tests massifs et de focalisation sanitaire particulière sur le virus. Les populations européennes ne se préoccupaient pas de ce virus, qui circulait en réalité déjà parmi elles depuis plusieurs semaines, se confondant avec les grippes et les pneumonies hivernales sans modifier la courbe de mortalité ni le fonctionnement, déjà chaotique depuis longtemps, des systèmes hospitaliers (le service public ayant été bien mis à mal par la politique Macron). L’explication de ce brusque retournement chinois peut sembler floue à celui qui ne regarde que ce qu’on lui montre70. Mais un mouvement social de panique commençait à agiter cette province stratégique, largement provoquée par des « lanceurs d’alerte » dissidents anti-PCC relayés par la presse étrangère71. Une panique sociale provoquée qui a poussé le gouvernement central à prendre des mesures spectaculaires pour reprendre le contrôle politique et social de la situation – un phénomène que l’on retrouvera un peu partout dans le monde, et contre lequel les gouvernements répliquent avec vigueur et répression 72. Car la panique sociale émergente en Chine, alimentée par le souvenir des ratés de la gestion du SRAS entretenu par l’OMS, menaçait de s’étendre et de menacer le pouvoir chinois affaibli par sa crise de surproduction73. Ainsi, en mettant en scène une quarantaine spectaculaire de Wuhan, la Chine montre sa force à sa population en prétendant limiter la propagation du virus à cette seule province, tout en montrant au monde le spectacle de sa puissance. Cette quarantaine autoritaire, est donc d’abord un message que le gouvernement central chinois envoie à sa province stratégique, dont le maire devra publiquement s’excuser de sa gestion de la crise, signe de la reprise en main de la narration par le gouvernement central chinois74. Cette gestion spectaculaire de la crise, ne remontera le long de la « nouvelle route de la soie » eurasiatique qui constitue son principal débouché que sous l’impulsion de l’OMS, parce que cet axe constitue une menace pour la frange concentrée du capitalisme atlantique…

    Le spectacle du Coronavirus, ce faisant, s’annonce immédiatement comme la justification hystérique d’une quarantaine capitaliste-dictatoriale nécessaire à la gestion d’une panique sociale. Il ne frappe, fin janvier, que Wuhan. Mais il s’apprête à débarquer en Europe, par l’action d’un des piliers du capitalisme atlantique : l’OMS.

    Il faut maintenant expliquer le brusque retournement de l’OMS qui, le 31 janvier, déclare l’état d’urgence sanitaire à échelle mondiale, et commence à susciter une agitation universelle. En effet, pendant tout ce temps, du 21 au 30 janvier, les comités de l’OMS hésitent sur l’orientation à donner à leur politique sanitaire. Le virus est déjà présent sur l’ensemble de la planète, et les courbes de mortalité n’ont pas été modifiées, les systèmes hospitaliers ne sont pas plus saturés que d’habitude : sans la création de l’objet spectaculaire coronavirus, la crise n’existe qu’en Chine intérieure. L’OMS, qui étudie ce phénomène depuis le début du mois de janvier, sait tout cela. Elle va cependant, après de longues semaines d’attentisme et de préconisations libérales, contribuer, comme en 2009, à partir de la fin de ce mois de janvier, à construire un objet spectaculaire universel : la pandémie du coronavirus. La Chine, déjà touchée en 2003 par le SRAS, d’une létalité bien plus forte mais moins contagieuse, a ainsi réagi avec toute la force qu’on lui connaît, mettant en scène une fausse politique d’endiguement d’un virus déjà présent dans le monde.

    Les conséquences de cette réponse chinoise, énormes, gigantesques, démesurées, le sont ainsi surtout en raison de l’importance symbolique, historique, et sociale de cette ville-monde de l’industrie et du transport chinois75. Wuhan, c’est la ville centrale de la « réforme économique chinoise »76 des années 1980 et de son ouverture au marché mondial. Mais c’est surtout une ville maîtresse dans le projet chinois de « nouvelle route de la soie » de liaison ferroviaire et routière entre la Chine et l’Europe à travers les pays d’Asie centrale77.

    Signe de la guerre capitaliste mondiale qui est l’objet profond cette pandémie , les trois pays européens aujourd’hui « ravagés » par le spectacle pandémique sont ceux qui s’étaient le plus avancés dans l’arraisonnement chinois, et qui représentent un enjeu imminent dans le cadre de la guerre économique entre les géants américains et chinois pour le contrôle des débouchés européens : l’Italie, l’Espagne, la France… L’Italie et l’Espagne ayant accepté l’implantation de Huawei en décembre 2019, la France s’étant positionnée favorablement en mars 2020, et l’Italie étant entrée dans le projet de routes de la soie en mars 2019…

    C’est ainsi dans un cadre stratégique du contrôle des flux internationaux, au cœur de la guerre pour les nouvelles routes de la soie entre une puissance atlantique déclinante et Eurasiatique potentielle, que survient cette pandémie, gérée de manière spectaculaire à laquelle le gouvernement chinois a répondu en tentant de montrer sa force. Comme en 2009, dans un cadre et dans une forme supérieure, l’apparition d’un virus nouveau épousa l’atmosphère concurrentielle d’un monde capitaliste déjà entré en récession, touché au cœur de sa production, de sa géopolitique et de sa production. Wuhan, en Chine, allait devenir la poudrière du monde capitaliste qui bascule dans sa crise mondiale. En 1914, l’assassinat du Duc François Ferdinand par un nationaliste serbe, événement mineur pris isolément, déclencha l’engrenage général de la guerre mondiale hystérique qui germait dans l’affrontement planétaire des Empires allemands et britanniques. En 2020, ce nouveau Coronavirus, grippe d’origine mystérieuse légèrement plus tenace qu’une grippe saisonnière, déclenche un immense cataclysme en chaîne qui révèle les contradictions internes du capitalisme mondial : sa crise structurelle et sa conflictualité stratégique.

    Ce que nous vivons, ce que l’apparition d’un probable artefact viral à Wuhan a déclenché, ce n’est rien de moins que la guerre mondiale nécessaire au Capital en crise universelle de restructuration… Une guerre cependant impossible en raison de l’interconnexion de l’ensemble des puissances. Une guerre qui, comme « tout ce qui était directement vécu » s’est éloignée « dans une représentation » d’un spectacle pandémique terroriste-capitaliste international.

    Ainsi, l’OMS, représentante de la fraction atlantique, pharmaceutique et impériale des GAFA et du complexe militaro-industriel américain, parfaitement servi à la tête des États-Unis par les dynasties Clinton, Bush puis Obama, lance son alerte mondiale le 31 janvier 2020 à travers son « Comité d’urgence » composé des représentants mondiaux du capitalisme médical. L’organisation, pour créer le spectacle hystérique de la pandémie, s’empresse de féliciter la Chine pour sa gestion autoritaire - la quarantaine générale - de la crise sanitaire. Elle fait enfler artificiellement ses prévisions, et en répandant des modèles délirants reprenant tous les biais statistiques évoqués plus haut. Celle de Neil Ferguson, de l’Imperial College – le nom est révélateur - va jusqu’à évoquer le chiffre ahurissant de 550 000 morts en Grande Bretagne et 1,2 millions aux États-Unis78…

    Ces chiffres, alarmistes, sont répandus partout et adressés comme des semonces aux gouvernements de France et d’Italie. Ces gouvernements, incapables politiquement, coincés entre les impératifs productifs, la guerre économique mondiale qui se joue autour de la liaison Chine- Europe, et des populations remuantes, finissent par céder aux injonctions terroristes. L’Italie, puis la France, plient devant les prédictions complètement fausses, mensongères et catastrophistes de l’Imperial Collège et de Neil Ferguson, et devant les recommandations de l’OMS qui, le 11 mars 2020, qualifie mondialement ce virus de « pandémie »…

    Ainsi, cette pandémie se présente comme une gigantesque opération terroriste mondiale, car elle repose sur la mise en place d’un spectacle de terreur mondiale qui devient le champ de bataille d’une immense guerre spectaculaire entre puissances capitalistes concurrentes. La sphère économique européenne de petites et moyennes entreprises désormais ravagée, en France, en Italie, en Espagne, peut dès lors, au moment où advient la grande crise du capitalisme mondialisé,
    être avalée par des géants transnationaux mondialistes, américains ou chinois, selon l’issue des combats. C’est ainsi tout le secteur de l’agro-alimentaire, du petit commerce, des loisirs et des services, qui s’apprête à être arraisonné de force aux intérêts des géants de ces secteurs, qui seuls survivront à ce cataclysme et entendent même en bénéficier.

    D’un côté, donc, cette pandémie se présente comme un bombardement stratégique et massif de l’ensemble des partenaires de cette « nouvelle route de la soie » et comme un arraisonnement terminal de leur tissu productif et commercial aux géants transnationaux du capitalisme mondial. Après la Chine industrielle, c’est donc l’Italie, puis la France qui sont donc, sur pression hystérique de l’OMS, mises en quarantaine pour répondre à cette pandémie soudainement dangereuse pour la survie de l’humanité… Mais recoupant également les conflits internes à la puissance américaine en implosion, la pandémie se présente en parallèle comme une attaque terroriste coordonnée en Amérique du Nord pour tenter de déstabiliser Trump en arrêtant l’économie américaine l’année de son élection. Entreprise à laquelle ce dernier tente en ce moment même de résister, en appelant les citoyens à se libérer des mesures de quarantaine imposées par les États fédérés79.

    Peu importe, une fois ces quarantaines gigantesques opérées, que ces études premières qui prédisaient l’apocalypse soient révisées dans le sens d’une sérieuse grippe saisonnière 80 par les mêmes qui promettaient la fin du monde. Neil Ferguson peut même tranquillement avouer que 2/3 des personnes qui mourront du Covid19 seraient mortes cette année de toute manière 81, l’essentiel n’est plus là...

    La crise mondiale du COVID 19, avec ses milliards d’êtres humains en quarantaine, et la catastrophe économique et sociale mondiale qui en est la conséquence, c’est l’action sanitaire terroriste de la fraction atlantiste du capitalisme mondial dans le cadre d’une guerre économique pour l’arraisonnement marchand de l’Europe occidentale, dont les marchés visés sont l’Italie, l’Espagne et la France...

    L’autre partie de l’opération, évidemment, réside dans la sortie de crise ; la fraction atlantique de l’impérialisme américain de la marchandise cosmopolite tente donc aujourd’hui d’imposer ses conditions, dans un hold-up d’ampleur universelle et inédite.

    Cette fraction capitaliste atlantique, sous le visage de la FED et de la banque centrale européenne pour l’aspect économique, et sous celui de Bill Gates pour l’aspect sanitaire, se présente maintenant aux populations pour apporter le plan Marshall obligatoire de l’après crise… : un vaccin mondial couplé à un plan de relance mondial. Soit, un ré-arraisonnement de l’Europe au capitalisme transnational américain…

    Emmanuel Macron, larbin du Capital, l’a bien signalé : « Nous sommes en guerre ». Cependant, cette guerre, n’est pas celle du monde contre un virus. Sur la plan national, c’est la guerre capitaliste contre la contestation prolétarienne des gilets jaunes, sur le plan international, c’est la guerre d’une fraction épuisée du capitalisme mondial – l’impérialisme atlantique – contre les potentialités de restructurations eurasiatiques du capitalisme mondial, à travers une entreprise de terrorisme spectaculaire-mondial.

    Cette histoire se présente ainsi comme un vaste complot mondial, un vaste complot que tous les chiens de garde capitalistes de la diabolisation « anticomplotiste » fallacieuse du discours officiel de la réalité renversée ne pourront jamais comprendre. Il y a, il est vrai, un complot. Mais ce n’est pas ce complot qui fait l’Histoire, c’est l’Histoire de la domination capitaliste mondiale qui produit la nécessité structurelle et la réalité substantielle de ce complot. Mais sur le terrain d’une crise capitaliste mondiale, cette entité impérialiste a créé un monstre, golem gigantesque et irréel d’une crise sanitaire mondiale, qui commence à lui échapper, et qui risque de tout détruire sur son passage. En répandant partout la peur et l’hystérie pandémique comme en 2009, mais sur le terrain une crise mondiale d’une ampleur universelle, cette fraction capitaliste mondiale a répandu dans le monde entier les germes d’une révolte globale… Les « comploteurs », les « élites » (agents inconscients du Capital et personnifications involontaires du rapport social de la valeur d’échange) se trouvent face à un monstre qu’ils ont eux-mêmes créé, et qu’ils voient revenir vers eux sous la forme d’une « grande peur » irrationnelle à l’échelle du monde.

    Le Coronavirus, en ce sens, est un 11 septembre en train d’échouer…

    Nous subissons pour le moment cette quarantaine hystérique qui est la guerre capitaliste dans sa forme contemporaine-spectaculaire. Mais cette stupéfaction mystifiante des foules, aujourd’hui intense et paroxystique, ne fait qu’annoncer un grand retournement social... La colère prolétarienne des gilets jaunes des premiers temps et d’avant la falsification gauchiste et syndicaliste du Capital est là, et elle gronde...

    LA CRISE DU SPECTACLE

    La conséquence sociale du Spectacle de l’OMS et de la marchandise médicale mondiale – la pandémie du coronavirus – s’annonce partout comme une gigantesque crise du Spectacle. Elle se caractérise par une brusque montée des tensions, par une hystérie sociale gigantesque qui traverse tout le champ social. Inclus de force par l’OMS dans un conflit mondial pour le contrôle des flux internationaux, les gouvernements italiens, français, puis de l’immense majorité des pays développés ont été forcés d’agir pour endiguer cette « pandémie mondiale ». Le pouvoir français, pour prendre l’exemple politique que nous connaissons le mieux, s’est trouvé contraint par la puissance de l’opération mondiale de l’OMS de prendre des mesures drastiques contre « la pandémie ». Mais n’ayant aucun autre moyen matériel réel de lutter contre cette menace « invisible et permanente » déjà présente depuis presque deux mois sur son sol en raison de l’attitude de l’OMS. Le pouvoir ne pouvait qu’agir spectaculairement. Il se contenta d’appliquer bêtement l’une des recommandations de l’article 43 du RSI, copiant en cela les mesures prises par la Chine à Wuhan : « placer en quarantaine les personnes suspectes ou leur appliquer d’autres mesures sanitaires ». L’ensemble de la population étant traversée par ce virus depuis des semaines, c’est ainsi l’ensemble de la population qui se trouva « suspecte » et mise « en quarantaine ». Depuis lors, chacun d’entre nous est traité en « suspect », en « criminel potentiel », interdit de sortir de chez de soi sous peine d’une amende.
    En l’absence de ces moyens et face à un virus déjà présent sur tout le territoire, ce pouvoir ne pouvait finalement que symboliser ce combat par des MESURES SPECTACULAIRES – discours guerrier et quarantaine complète – INUTILES ET CRIMINELLES. Comme en Italie, pays dont les velléités de souveraineté sont anéanties depuis des décennies par l’ordre germano-américain de l’Euro, par l’OTAN et la CIA, le gouvernement français a donc été forcé de prendre une mesure à la fois inefficace et dangereuse contre un virus grippal, une mesure également ravageuse pour l’économie nationale. Or une fois prise, cette décision est politiquement irrévocable. Elle implique une fuite en avant d’abrutissement collectif, de mensonges d’État et de répressions collectives impossibles à arrêter… Sans doute décidée après de longues et intenses négociations internes, sur fond de prévisions catastrophistes de l’OMS et de rapports prévisionnels mensongers ayant aboli toute résistance rationnelle, les gouvernements de l’Italie puis de la France ont, par cette mise en quarantaine, signé leur arrêt de mort.

    Car cette crise vient révéler et faire franchir un saut qualitatif décisif à la montée des tensions dans l’ensemble du monde occidental entre les populations et les pouvoirs. Elle parachève et manifeste de manière inédite la guerre sociale que couvent nos sociétés depuis maintenant trop longtemps. Une guerre sociale qui s’est accentuée depuis l’entrée du monde, en 2001, dans l’ère du terrorisme global. Une séquence qui s’inaugura, en France, par les votes « Front national » de 2002 et anti- européen de 2005, votes auxquels les larbins politiques du Capital mondial répondirent par le coup d’État de Lisbonne en 2007. Une montée des tensions qui s’affirma par la crise financière de 2008 et la tournure autoritaire qu’elle fit prendre à l’économie politique mondiale, qui entraîna en Europe l’émergence d’une dissidence sociale et culturelle organisée de plus en plus lourdement réprimée. Un durcissement étatique général auquel répondirent partout les « populismes » politiques. Une montée des tensions qui s’incarna dans le coup d’État Macron de 2017, auquel répondit l’intrépide « gaulois réfractaire » par l’insurrection des gilets jaunes jusqu’aux portes de l’Élysée. Le Coronavirus n’apparaît ainsi que comme le phénomène révélateur qui vient déclencher concrètement, comme l’attentat de Sarajevo a déclenché la guerre de 1914, ce qui couvait depuis de nombreuses années : la guerre sociale ouverte et déclarée entre les pouvoirs de la domination capitalistes et les populations exploitées et aliénées.

    D’un côté, le pouvoir se radicalise en une puissance dictatoriale orwellienne qui interdit toute contestation et tout mouvement, et se dévoile ainsi, en négatif des apparences démocratiques du faux progrès de la marchandise libérale, comme une structure de domination totalitaire. Et en face, pour le moment, les populations se radicalisent en une masse hystérique potentiellement incontrôlable. Stupéfiées par le spectacle pandémique, les populations, par leur croyance religieuse dans la mortalité du virus, expriment en réalité leur terreur profonde de l’inconnu qui adviendra à la fin de cette quarantaine. L’hystérie collective que nous vivons, c’est la masse encore en état de choc qui compense pour le moment cette terreur par une surenchère hystérique, allant jusqu’à réclamer un enfermement plus dur pour ne jamais se réveiller. Dans La société du Spectacle, Debord définissait le Spectacle comme le « gardien du sommeil » de la société moderne qui ne veut jamais se réveiller, ce gardien est peut-être aujourd’hui en train de s’inquiéter du potentiel réveil subversif de cette même société...

    Ainsi, c’est désormais une situation inédite qui se présente aux pays européens. Désormais certains de l’absence de pandémie mortelle, les chiens de garde occidentaux du Capital mondial tentent partout de renvoyer les populations au travail. Mais c’est en France que la situation demeure la plus explosive... La sortie de quarantaine s’y heurte à cette hystérie maintenue qui refuse le déconfinement. C’est la grande grève de la peur qui menace la reprise du travail. En face, il y a un pouvoir qui comprend désormais que cette quarantaine nationale est le signe de sa chute si les activités ne reprennent pas. C’est la grande peur de la grève qui interdit le retour aux libertés civiles. Voilà donc le pouvoir français coincé, entre d’un côté un retour à la normale rendu impossible par l’hystérie collective qu’il a lui-même contribué à créer, et de l’autre, un aveu impossible de la réalité de cette crise, une vérité que le spectacle du pouvoir et de l’économie ne peut révéler sans peut-être s’abolir lui-même… Le système du mensonge spectaculaire est ainsi pris dans une superbe contradiction...

    Mais cette hystérie sociale et ce blocage politique ne sont peut-être que le prélude à un retournement radical de l’hystérie collective et de la colère insurrectionnelle. L’hystérie sociale n’est qu’un passage obligé, un sas de décompression qui amène lentement les populations à regarder le pouvoir comme leur ennemi, et le pouvoir à surveiller encore plus durement les populations en chemin d’insurrection… C’est la dialectique d’engendrement et de négation réciproque entre prolétariat et Capital, entre travail vivant et travail mort... Ce retournement dialectique a déjà commencé... Camarades ! Le temps joue désormais pour nous ! Chaque jour les mensonges officiels du Spectacle du capitalisme mondial s’effritent, et menacent déjà de s’effondrer sous le poids de leur énormité de plus en plus insoutenable... Ce qui s’annonce peut-être déjà camarades, c’est la crise structurelle du spectacle totalitaire de la marchandise et du fétichisme des catégories de la domination capitaliste par l’effondrement total de sa base matérielle, et l’émergence possible de la conscience vraie dans l’esprit des masses prolétariennes. Une crise générale de l’économie politique spectaculaire mondiale, déclenchée par la quarantaine mondiale, qui commence tout juste à atteindre les populations, mais qui déjà secoue partout les grandes tripes prolétariennes réfractaires...

    La négation de la négation visible de la vie devenue visible est peut-être en train de dialectiquement s’opérer camarades ! Nous sentons peut-être arriver l’effondrement ultime du mode de production capitaliste et de la puante société du Spectacle de la marchandise mensongère ! A moins que le Capital ne trouve encore une nouvelle manière de se restructurer de façon plus forte et plus oppressante encore ? Espérons que le Capital ne soit pas immortel (ce qui est impossible à déterminer objectivement a priori avec une absolue nécessité et une absolue certitude) et espérons qu’il ne puisse pas se restructurer encore trop longtemps... Nous ne pouvons hélas qu’anticiper dialectiquement la marche de l’Histoire, la baisse tendancielle du taux de profit supposée conduire à l’auto-invalidation du Capital n’est ni un dogme ni une vérité révélée, elle n’est pas non plus une connaissance objective a priori, seule l’Histoire future et les expériences imprévisibles à venir pourront infirmer ou confirmer que Marx avait raison jusqu’au bout lorsqu’il prophétisait l’auto-invalidation du Capital et sa mortalité structurelle... Il y a une domination capitaliste et une crise généralisée, c’est certain... Mais qui peut prétendre savoir dans l’absolu qu’il y aura une crise terminale ?

    L’auto-invalidation du Capital par la baisse tendancielle du taux de profit est une thèse de Marx à laquelle nous voulons tous croire, mais il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître : c’est une thèse qui ne pourra devenir une connaissance objective qu’à partir des expériences historiques révolutionnaires futures, c’est une position qui ne pourra acquérir de validité objective que sur la base de l’Histoire à venir. Seule l’Histoire future nous dira si Marx et Rosa Luxembourg avaient vraiment raison (et on peut supposer que c’est effectivement probable car une croissance illimitée dans un monde où les ressources sont limitées apparaît comme une impossibilité structurelle pour le Capital, sauf que « probabilité » ne signifie pas « connaissance certaine »), mais l’Histoire future qui s’annonce de façon imprévisible, personne, absolument personne (à moins de se prendre pour Dieu ou un prophète omniscient) ne peut prétendre la connaître a priori avec une absolue certitude et avec une absolue nécessité. Prétendre connaître avec certitude a priori le futur de l’Histoire et du Capital est une impossibilité structurelle de métaphysicien qui ne comprend pas qu’une telle question est par principe impossible à trancher a priori... Sur le plan de la connaissance objective, il est impossible de déterminer a priori que la baisse tendancielle du taux de profit soit bien une loi déterminant la nécessité structurelle de l’auto-abolition du Capital, tout cela reste, en dernière instance, en attente de validation par l’expérience à venir et dont on ne peut rien savoir par avance... L’absolu n’est peut-être pas un objet de connaissance possible... Il n’y a peut-être pas de science exacte a priori de l’Histoire... Il faut peut-être faire le deuil de certaines exigences de vérité... La finitude est peut-être ontologiquement le seul horizon réellement indépassable... Le point de vue de la totalité est peut-être inaccessible (contrairement à ce que pensent Hegel et Lukács)... Certes, sans la méthode dialectique l’intelligibilité de l’Histoire semble être perdue, mais l’idée d’une totalisation aboutie apparaît comme une tâche à toujours mettre en pratique, et non comme un point de vue qu’on pourrait achever... Le point de vue de la totalité n’est peut-être méthodologiquement qu’un horizon vers lequel on peut essayer de tendre sans jamais pouvoir structurellement l’atteindre définitivement... Comme nous le donne peut-être à penser un certain Emmanuel Kant, la totalité des expériences possibles n’est elle-même pas un objet d’expérience, or en dehors de notre expérience possible il n’y a peut-être pas d’objets, et ainsi peut-être pas de vérité possible :

    « La raison ne peut toutefois penser cette unité systématique autrement qu’en donnant à son Idée un objet, tel toutefois qu’il ne puisse être procuré par aucune expérience ; car l’expérience ne donne jamais un exemple d’une unité systématique parfaite. » (Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, dialectique transcendantale)

    Le système comme Tout achevé est une Idée de la Raison pure, la dialectique ne peut être ainsi qu’une méthode de critique et d’anticipation de l’Histoire, mais elle ne peut pas déboucher sur une connaissance totalement achevée de l’Histoire et de l’Être... Postuler que le déséquilibre et les contradictions internes observables du système économique capitaliste doivent mener nécessairement à son abolition et à un autre mode de production appelé « Communisme » c’est faire un pari de projection métaphysique, un pari que l’imprévisibilité de l’Histoire ne peut pas nous permettre de valider dans l’immédiat. Marx a beau génialement méthodologiquement déconstruire la métaphysique de l’économie-politique à travers l’historicisation des catégories du Capital et la critique du fétichisme, lui-même fait de la métaphysique lorsqu’il se projette dans le futur en présentant ses conclusions comme des nécessités scientifiques, et l’un des problèmes majeurs de l’œuvre de Marx est d’ailleurs là : dans la prétention de Marx à théoriser scientifiquement le devenir de l’Histoire... Interroger le statut du discours marxien dans sa prétention à la vérité de façon critique est méthodologiquement essentiel... Critiquer n’est d’ailleurs pas « jeter à la poubelle », critiquer c’est « tester la validité » de quelque chose, voir ce qui résiste à l’examen... C’est cela la démarche réellement anti-dogmatique : c’est interroger les positions depuis lesquelles on prétend parler et tenter de les justifier en montrant qu’elles résistent à la critique... Cette démarche est appelée par Marx lui-même :

    "À part ce qui regarde la forme de la valeur, la lecture de ce livre ne présentera pas de difficultés. Je suppose naturellement des lecteurs qui veulent apprendre quelque chose de neuf et par conséquent aussi penser par eux-mêmes. (…) Tout jugement inspiré par une critique vraiment scientifique est pour moi le bienvenu." (Marx, Préface de la première édition du Capital)

    Il y a vraisemblablement et logiquement (au moins) trois possibilités ouvertes. Soit l’Histoire future donne raison à Marx et Rosa Luxembourg (ce que nous souhaitons bien évidemment), le Capital s’invalide en raison de la baisse tendancielle du taux de profit et atteint la « crise terminale » pour laisser la place au Communisme universel (la meilleure perspective). Soit l’Histoire ne leur donne pas raison (il faut aussi l’envisager hélas) et le Capital réussit (par exemple) à s’immortaliser en paralysant définitivement l’Histoire et en mettant à mal la thèse marxienne de la baisse tendancielle du taux de profit tout en dépassant la contradiction travail vivant/travail mort, hypothèse que certains jugeront impossible de façon dogmatique mais qu’il est précisément impossible de trancher a priori, hypothèse évoquée et combattue par Rosa Luxembourg dans son ouvrage intitulé « L’accumulation du Capital » :

    « Il est clair que si l’on admet l’accumulation sans limite du Capital , on a aussi prouvé sa viabilité sans limites... Si le mode de production capitaliste est en état d’assurer sans limites l’accroissement des forces de production, le progrès économique, alors il est invincible. » (Rosa Luxembourg, L’Accumulation du Capital)

    Autre possibilité : Marx et Rosa Luxembourg ont partiellement raison, le Capital s’invalide mais pour une raison autre que celle de la baisse tendancielle du taux de profit parce que certaines variables de la complexité de la réalité leur ont échappé... Il convient ainsi d’être méthodologiquement prudent, de faire preuve de « pondération méthodologique » (la pondération c’est la prudence dans le jugement), parce que ce que certains appellent « la crise terminale du Capital » pourrait bien se révéler n’être au final qu’une manière pour le Capital de se restructurer, et peut-être même de se restructurer ultimement vers sa propre immortalisation (et le Capital a toujours jusqu’ici montré qu’il était très fort pour réussir à se sortir de situations difficiles afin de repartir). La domination réalisée du Capital sera peut-être (hélas) sa restructuration ultime vers sa propre immortalisation et vers la paralysie accomplie de l’Histoire...

    Espérons cependant qu’il n’en soit rien et que le prolétariat puisse enfin porter un coup de pieux décisif au cœur de ce « vampire » qu’est le Capital afin de le tuer définitivement... Espérons que le prolétariat puisse déployer une réelle praxis révolutionnaire mondiale, conscientisée et coordonnée afin d’en finir avec ce « vampire » qu’est le Capital, un vampire qui n’a pas cessé de martyriser l’humanité par la tyrannie de la valeur et la domination de ses catégories fétichisées... Au fond, que Dracula (le Capital) soit mortel ou immortel (ce que seule l’Histoire décidera et qu’on ne peut pas trancher de façon certaine a priori), il importe dans tous les cas de tenter le vaincre, c’est cela le plus essentiel... Il importe fondamentalement ne jamais renoncer à la lutte contre le Capital et l’ordre social existant du mensonge marchand, car comme nous le donne à penser le vieil Héraclite dans ses Fragments : « Le combat est le père de toutes choses. »

    Le renversement universel du Spectacle de la crise en crise du Spectacle annonce en tout cas des affrontements sociaux d’une ampleur historique encore inconnue, des affrontements porteurs d’un espoir révolutionnaire jusqu’ici inédit, des affrontements sociaux enfin situés sur le terrain de la conscience libérée de l’aliénation, des affrontements sociaux peut-être libérés du mensonge du pouvoir de l’économique politique en raison de sa crise universelle, les hommes verront bientôt peut-être s’ouvrir la fenêtre historique annoncée depuis deux siècles : celle qui conduira peut-être à leur émancipation des chaînes du Capital, ce vampire insupportable qui s’est depuis trop longtemps nourri du sang des hommes exploités et déshumanisés... Notre horizon nécessaire doit être celui du combat révolutionnaire contre le Capital, bien que l’issue ultime d’un tel horizon soit incertaine...

    Gauche du Capital, Droite du Capital, Extrême Gauche du Capital, Extrême droite du Capital, journalistes, racailles, syndicalistes, politiques, économistes, experts, etc., tous ces agents inconscients du mensonge universel du Capital et de la marchandise fétiche se sont ligués en une Sainte Alliance pour étouffer la révolte prolétarienne qui gronde partout...

    Mais la Vieille Taupe est là, elle creuse et creuse encore... Intelligente, la Vieille Taupe rit joyeusement de la grande dissolution généralisée qui arrive et qui est porteuse d’espoir…

    Prolétaires de tous les pays, unissons-nous contre le Capital et sa société du Spectacle !

    "Il serait évidemment fort commode de faire l’histoire si l’on ne devait engager la lutte qu’« avec des chances infailliblement favorables »." (Marx à Kugelmann, 17 avril 1871)

    Le 22 avril 2020
    www.cerclemarx.com

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    1 Le film hollywoodien « Contagion », sorti en 2011, fournira une bonne partie des ressorts scénaristiques à cette crise, dont l’essentiel de la narration y est déjà contenu.

    2 La période qui permet une comparaison de la crise que nous vivons est vraiment celle qui précède la guerre de 1914. On retrouve même le mythe du « Péril Jaune » : « Le péril jaune est signalé de toutes parts. Les Chinois sont quatre cents millions. Théoriquement, ils peuvent mettre trente millions d’hommes sur pied de guerre. Un beau matin, ils devraient envahir l’Europe, massacrer ses habitants et mettre fin à la civilisation occidentale. Cela paraissait un dogme inattaquable. Mais, on s’est aperçu dans ces derniers temps que les Chinois éprouvent une horreur insurmontable contre le service militaire. Depuis qu’ils se sont laissés battre par les Japonais, dix fois moins nombreux, les pessimistes ont fait volte-face. Le péril jaune n’est plus à craindre sous une forme militaire, du moins pour une période qui peut entrer dans nos préoccupations, le péril jaune vient surtout de l’ouvrier chinois qui se contente de cinq sous » (Jacques Novicow, Le péril jaune, Éditions V.Giard & E.Brière, Paris, 1897, p. 1.).

    3 https://www.realclearpolitics.com/video/2020/04/08/dr_birx_unlike_some_countries_if_someone_dies_with_covid- 19_we_are_counting_that_as_a_covid-19_death.html

    4 Plus précisément, voici cette déclaration du ministre italien à un journal étranger : « On re-evaluation by the National Institute of Health, only 12 per cent of death certificates have shown a direct causality from coronavirus, while 88 per cent of patients who have die at least one pre-morbidity – many had two or three »
    https://www.telegraph.co.uk/global- health/science-and-disease/have-many-coronavirus-patients-died-italy/

    5 https://www.covid.is/data

    6 https://optmq.org/wp-content/uploads/2012/10/sommaire_oct_2009.pdf

    7 Ainsi, le premier trimestre 2020, avec ses 157 371 décès, est le trimestre le moins meurtrier depuis 2014, puisqu’en 2015, de janvier à mars, 172 983 sont décédées. Au 1er trimestre 2016, 159 792. Au 1er trimestre 2017, 173 197. Au 1er trimestre 2018, 174 678. Au premier trimestre 2019, 171 918. Tous ces chiffres sont consultables dans le fichier des décès de l’INSEE, et permettent de remettre les chiffres martelés du coronavirus en perspective de la réalité de la mortalité hivernale habituelle : https://www.insee.fr/fr/information/4190491

    8 https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/recherche-science/un-taux-de-mortalite-lie-au-covid-19-plus- eleve-en-italie-pas-si-sur ;
    https://fr.statista.com/statistiques/1101676/mortalite-maladies-virus-bacteries

    9 https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-enquete-sur-le-p4-de-wuhan-ce-laboratoire-en- partie-finance-par-la-france-ou-a-ete-identifie-le-virus_3920783.html

    10 « L’Italie signe 29 accords avec la Chine et s’engage sur la route de la soie » (RFI, 23 mars 2019) : http://www.rfi.fr/fr/europe/20190323-italie-accords-chine-route-soie-jinping

    11 « L’Italie rejoint les ‘nouvelles routes de la soie’ de la Chine » (Le Monde, 23 mars 2019) :
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/03/23/malgre-l-inquietude-de-bruxelles-l-italie-rejoint-les-nouvelles- routes-de-la-soie-de-pekin_5440367_3234.html

    12 « Trieste, porte d’entrée de la Chine » (Le Point, 8 avril 2019) : https://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le- fol/trieste-porte-d-entree-de-la-chine-08-04-2019-2306347_1913.php

    13 « La Chine utilise les Routes de la Soie pour affaiblir l’Europe » (Les Échos, 7 mars 2019, en ligne).

    14 Sur ce point capital : Gérard Bossuat, Les aides américaines économiques et militaires de la France (1938-1960), Institut de la gestion publique et du développement économique, 2011 et notamment les chapitres VI, VIII et X. Les américains opérèrent un contrôle brutal du gouvernement français comme l’indique ce mémorandum du 31 août 1948 : « Si l’administration française ne peut pas fournir un projet satisfaisant sur sa politique fiscale et budgétaire et ne peut pas nous présenter des plans destinés à réussir cette politique, nous devrions refuser de donner notre accord au déblocage de la contre- valeur » (chap. VI). Si la « contre-valeur du Plan Marshall nous a rapporté 645 milliards en trois ans » (Le Monde, 27 février
    1951), elle a placé la politique française dans un état de complète dépendance vis-à-vis du bailleur de fonds américain.

    15 « Personne ne peut contester que l’aide américaine a renforcé, sinon créé, le mouvement vers l’unité européenne : dans son discours du 5 juin, Marshall mettait, comme condition de l’aide, l’unité de l’Europe » (Gérard Bossuat, « Les grands commencements de l’Europe : Plan Marshall (1947) et aide à l’est européen (1990) », in : Vingtième Siècle – Revue d’Histoire, 1991, t. XXXI, p. 37).

    16 « L’économie chinoise en panne d’exportations » (Le Monde, 10 juin 2013) :
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2013/06/10/l-economie-chinoise-en-panne-d- exportations_3427045_3234.html
    « La croissance chinoise se stabilise à 7,7% en 2013 » (Le Figaro, 20 janvier 2014) :
    https://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/01/20/20002-20140120ARTFIG00312-la-croissance-chinoise-se-stabilise-a-77- en-2013.php

    17 « Nouvelles routes de la soie : le vrai plan de Xi Jinping » (Les Échos, 6 février 2018) : https://www.lesechos.fr/2018/02/nouvelles-routes-de-la-soie-le-vrai-plan-de-xi-jinping-983666

    18 « La stratégie des ‘nouvelles routes de la soie’ a été annoncée en 2013, bien après la mise en place de la stratégie du collier de perle en 2003, et le premier (sic) n’aurait jamais pu être mis en place sans le second » (Opinion - Les routes de la soie : à quelles difficultés la Chine va-t-elle devoir faire face ? Les Échos, 21 septembre 2018) : https://www.lesechos.fr/idees- debats/cercle/opinion-les-routes-de-la-soie-a-quelles-difficultes-la-chine-va-t-elle-devoir-faire-face-139679

    19 Cf. « Communiqué sur le Coronavirus » publié sur le site du Cercle Marx (www.cerclemarx.com) le 26 mars 2020.

    20 « Cazeneuve accueille en Chine un train de fret parti de Lyon » (La Croix, 23 février 2017) : https://www.la- croix.com/Monde/Cazeneuve-accueille-Chine-train-fret-parti-Lyon-2017-02-23-1300826945

    21 « La Crise de 2019, celle qui ridiculisera toutes les autres ? » (Capital, 29 novembre 2018) :
    https://www.capital.fr/entreprises-marches/la-crise-de-2019-celle-qui-ridiculisera-toutes-les-autres-1317882
    « Autre source d’inquiétude des investisseurs : la Chine, qui montre plusieurs signes d’affaiblissement ces derniers temps. Le PIB de la deuxième économie mondiale n’a progressé ‘que’ de 6,5% au troisième trimestre 2018, soit son plus bas niveau depuis 2019, rappellent Les Échos. Apple a donc dû réviser à la baisse ses prévisions de résultats pour le 4 e trimestre 2018, à cause notamment de l’activité chinoise moins dynamique. » (« Faut-il s’inquiéter d’une crise économique en 2019 ? », France Info, 12 janvier 2019) :
    https://www.francetvinfo.fr/economie/croissance/faut-il-s-inquieter-d-une-crise-economique-majeure-en-
    « Pourquoi l’Europe sera l’épicentre de la prochaine crise » (Le Figaro Vox, 14 février 2019).
    https://www.lefigaro.fr/vox/economie/2019/02/14/31007-20190214ARTFIG00207-pourquoi-l-europe-sera-l-epicentre- de-la-prochaine-crise.php
    « Dr Doom, l’économiste qui prédit un krach en 2020 » (L’Expansion, 5 octobre 2018) :
    https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/qui-est-cet-economiste-qui-predit-un-crash-economique-en-2020_20
    « ‘2019, la fin d’un monde ?’ : la crise est-elle inévitable ? » (Le Monde, 21 mars 2019) : https://www.lemonde.fr/economie/video/2019/03/21/2019-la-fin-d-un-monde-la-crise-est-elle- inevitable_5439436_3234.html

    22 « Volume des échanges Chine-Afrique multiplié par 13 en 15 ans ! » (Journal du Sénégal, 25 septembre 2019) :
    https://www.journaldusenegal.com/volume-des-echanges-chine-afrique-multiplie-par-13-en-15-ans-offic

    23 François Bart, « Chine et Afrique, une longue histoire, une nouvelle donne géographique », in : Les Cahiers d’Outre-Mer, 253-254, 2018, pp. 193-208.

    24 « Chine-Afrique : plus de 200 accords de coopération négociés à Pékin après le Focac » (Jeune Afrique, 25 juin 2019) : www.jeuneafrique.com/793953/economie/chine-afrique-plus-de-200-accords-de-cooperation-negocies-a-pekin-apres- le-focac/

    25 « Il n’empêche que les craintes de voir la Chine présenter la note un jour ou l’autre sont bien présentes. La dette publique en Afrique subsaharienne représentait 45% du PIB fin 2017, soit une hausse de 40% en trois ans. Sur ce total, l’Empire du Milieu apparaît comme le premier créancier. Et les exemples se multiplient en Afrique qui montre à quel point la Chine crée des dépendances » (« Chine – Afrique : la dette s’envole, c’est grave, docteur ? », Le Point, 4 janvier 2019) : https://www.lepoint.fr/economie/chine-afrique-la-dette-s-envole-c-est-grave-docteur-04-01-2019-2283323_28.ph

    26 « Pourtant, le phénomène est endémique : selon le centre de réflexion Center for Global Development, les Routes de la Soie accroissent ‘significativement’ les risques de dévissage de huit pays très endettés : Laos, Maldives, Monténégro, Pakistan, Djibouti, Tadjikistan et Kirghizistan. Le Pakistan, qui accueille un projet de liaison titanesque de 54 milliards de dollars entre la Chine et le port de Gwadar, est au bord de l’insolvabilité, renforçant l’éventualité d’une aide imminente du FMI » (« Nouvelles routes de la soie : le piège chinois de la dette pourrait se refermer sur de nombreux pays », in : Capital, 1er septembre 2018) : https://www.capital.fr/economie-politique/routes-de-la-soie-le-piege-de-la-dette-guette-les-amis-de-la-chine-1305177

    27 Sur ce point d’importance capitale : Michel Beuret et Serge Michel, « La Chine a-t-elle un plan pour l’Afrique ? », in : Afrique contemporaine, 2008, n°4, p. 57 sq.

    28 Le nouveau code civil chinois, applicable à compter de l’année 2020, est revenu sur le contrôle des naissances, sans doute pour faire face au vieillissement accéléré de la population chinoise.

    29 Yves Boquet, « La démographie chinoise en mutation », in : Espace, populations, sociétés, 2009, n°3, p. 551-568.

    30« Enfin, rien n’indique à ce stade que les étrangers pourront aisément participer aux projets développés par la Chine. Le corridor économique que Pékin construit au Pakistan pour quelque 50 milliards de dollars ressemble fort à une aide au développement liée. Aucune firme pakistanaise ne peut planter un coup de pioce dans ce qui est devenu une zone réservée aux entreprises chinoises. » (« Nouvelles routes de la soie : le vrai plan de Xi Jinping », loc. cit.).

    31 « En matière d’emploi, l’Administration Obama souhaitait un retour des emplois aux États-Unis, la nouvelle administration Trump veut aller beaucoup plus loin, il s’agit désormais ni plus ni moins que de restructurer l’ensemble des chaînes de production des grandes firmes internationales américaines hors de Chine, les décisions tarifaires vont dans ce sens » (Laurent Estachy,
    « Nouvelles routes de la soie et endiguement économique et financier de la Chine par les États-Unis », in : L’Europe en formation, 2019, n°1, p. 204-205).

    32 Xi Jinping, Rapport au XIXe congrès du PCC (18 octobre 2017), §V, n°6.

    33 The Department of Defense – Indo-Pacific strategy report : Preparedness, partnerships and promoting a networked region, 1er juin 2019, p. 9-10.

    34 Georges Prévélakis, Géopolitique de la Grèce, p. 13.

    35 Martin Motte, La Mesure de la force – Traité de stratégie de l’École de Guerre.

    36 Propos rapporté : « Trump : ’Vous êtes le n°1 sur Facebook’ a félicité Zuckerberg » (La Presse, 6 janvier 2020) : https://www.lapresse.ca/affaires/techno/202001/06/01-5255845-trump-vous-etes-le-n-1-sur-facebook-a-felicite- zuckerberg.php

    37 « La stratégie de Trump sur Facebook a contribué à son élection, selon un responsable du réseau social » (L’Union, 8 janvier 2020) :
    https://www.lunion.fr/id121514/article/2020-01-08/la-strategie-de-trump-sur-facebook-contribue-son-election-selon- un-responsable
    « Lord of the Rings, 2020 and Stuffed Oreos : Read the Andrew Bosworth Memo » (The New York Times, 7 janvier 2020) :
    https://www.nytimes.com/2020/01/07/technology/facebook-andrew-bosworth-memo.html

    38 « Donald Trump, utilisateur captif et critique des GAFA » (Les Échos, 18 janvier 2020) :
    https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/donald-trump-utilisateur-captif-et-critique-des-gafa-1164087

    39 « L’Amérique de Trump en guerre contre les GAFA » (Le Point, 17 juillet 2019) :
    https://www.lepoint.fr/high-tech-internet/l-amerique-de-trump-en-guerre-contre-les-gafa-17-07-2019-2325078_47.php

    40 Note Gautier « Avantage résultant pour l’Allemagne des résolutions de la conférence de Berlin » (ap. le 18 décembre 1906), cité par Léonard Laborie, L’Europe mise en réseaux : la France et la coopération internationale dans les postes et les télécommunications, p. 177.

    41 « Téléphonie : la 5G joue son avenir en pleine pandémie du Covid-19 » (Le Monde, 19 avril 2020, en ligne) :
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/19/telephonie-la-5g-joue-son-avenir-en-pleine-pandemie-de-covid-19_6037093_3234

    42 « 5G : pourquoi Washington s’intéresse à Nokia et Ercisson » (La Tribune, 7 février 2020) :
    https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/5g-pourquoi-washington-s-interesse-a-nokia-et-ericsson-839164.html

    43 « L’Espagne et la Chine, des relations encore à construire » (Revue Conflits, 29 février 2020) :
    https://www.revueconflits.com/chine-espagne-nouvelles-routes-de-la-soie-affaire-huawei-nicolas-klei

    44 Article 13 du RSI 2005.

    45 https://www.lemonde.fr/epidemie-grippe-a/article/2010/01/27/l-oms-sommee-de-s-expliquer-sur-la-grippe- a_1297307_1225408.html#ens_id=1185166

    46 http://www.leparisien.fr/archives/grippe-a-des-experts-sous-l-influence-des-laboratoires-26-01-2010-791648.

    47 https://www.who.int/influenza/fr

    48 https://www.gouvernement.fr/risques/plan-pandemie-grippale

    49 https://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA71/A71_INF2-fr.pdf

    50 https://www.gavi.org/fr/investissez-dans-gavi/financement/vue-densemble

    51 https://www.rts.ch/info/economie/8660012-les-genereux-donateurs-de-l-oms-orientent-ils-sa-politique-.html

    52 Voici un exemple d’article synthétique de magazine scientifique grand public sur la chronologie de l’apparition de ce mystérieux virus :
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/coronavirus-comment-rumeurs-et-theories-du-complot-se-sont-mises-en en-chine-une-chronologie-des-evenements_142502

    53 https://www.bbc.com/news/world-asia-china-50984025

    54 https://edition.cnn.com/2020/01/06/health/china-pneumonia-intl-hnk/index.html

    55 https://www.liberation.fr/planete/2020/01/27/la-presse-nationale-en-parlait-seul-wuhan-n-etait-pas-au- courant_1775633

    56 https://www.liberation.fr/planete/2020/01/27/la-presse-nationale-en-parlait-seul-wuhan-n-etait-pas-au-
    courant_1775633

    57 https://www.liberation.fr/planete/2020/01/27/la-presse-nationale-en-parlait-seul-wuhan-n-etait-pas-au- courant_1775633

    58 https://www.scmp.com/news/china/society/article/3052966/chinese-laboratory-first-shared-coronavirus-genome- world-ordered

    59 https://www.who.int/csr/don/12-january-2020-novel-coronavirus-china/fr

    60 https://www.who.int/csr/don/12-january-2020-novel-coronavirus-china/fr

    61 https://www.sciencesetavenir.fr/sante/nouveau-virus-chinois-un-premier-cas-importe-en-thailande_140419

    62 https://www.sciencesetavenir.fr/sante/la-chine-met-en-quarantaine-wuhan-au-coeur-de-la-mysterieuse- epidemie_140755

    63 https://www.who.int/news-room/articles-detail/updated-who-advice-for-international-traffic-in-relation-to-the- outbreak-of-the-novel-coronavirus-2019-ncov-24-jan

    64 https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/trois-cas-d-infection-par-le- coronavirus-2019-ncov-en-france-429100

    65 https://www.sciencesetavenir.fr/sante/coronavirus-des-chercheurs-estiment-le-risque-d-importation-de-l-ep en-europe_140850

    66 https://www.sciencesetavenir.fr/sante/virus-contre-la-montre-a-wuhan-pour-batir-un-hopital-en-10-jours_14

    67 https://www.liberation.fr/evenements-libe/2020/01/30/l-inquietude-decolle_1776342

    68 https://www.ft.com/content/5ff6469a-6dd8-11ea-89df-41bea055720b

    69 https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/coronavirus-on-devrait-etre-confine- semaine-coup-gueule-medecin-nantaise-1799980.html

    70 https://www.rtl.fr/actu/international/coronavirus-en-chine-que-s-est-il-passe-entre-le-14-et-le-20-janvier-six-jours- cles-7800409895

    71 Différents articles de la presse française faisaient écho, grâce à des contacts à Wuhan, de l’intense censure exercée par l’appareil d’État sur ce virus, pendant les semaines de décembre et janvier. L’une des raisons, c’est que les lanceurs d’alerte se trouvaient être des militants politiques anti-PCC et proches des mouvements libéraux pro Hong- Kong : https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-18-fevrier-2020 https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-28-janvier-2020 https://www.liberation.fr/planete/2020/01/27/la-presse-nationale-en-parlait-seul-wuhan-n-etait-pas-au- courant_1775633

    72 https://www.franceculture.fr/societe/covid-19-ces-lanceurs-dalerte-menaces-pour-avoir-dit-la-verite-sur-la- pandemie

    73 https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/ceci-pourrait-etre-mon-dernier-texte-pendant-l-epidemie- de-covid-19-les-lanceurs-d-alerte-disparaissent-les-uns-apresles-autres_3833885.html

    74 https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-28-janvier-2020

    75 http://www.slate.fr/story/187995/chine-wuhan-ville-coronavirus-histoire-soulevement-wuchang-guerre-resistance- seconde-liberation-musique-punk-cuisine-reganmian

    76 https://www.lefigaro.fr/international/2018/12/18/01003-20181218ARTFIG00252-chine-40-ans-de-changements- economiques-en-5-dates-cles.php

    77 https://www.leconomiste.eu/decryptage-economie/693-la-nouvelle-route-de-la-soie.html

    78 https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200409.OBS27280/10-choses-a-savoir-sur-neil-ferguson-l- epidemiologiste-que-tout-le-monde-ecoute-face-au-covid-19.html

    79 https://www.huffingtonpost.fr/entry/face-au-confinement-trump-appelle-les-habitants-a-liberer-leur- etat_fr_5e99e584c5b63639081e116a

    80 https://dailycaller.com/2020/03/26/neil-ferguson-coronavirus-imperial-college-doomsday

    81 https://www.telegraph.co.uk/news/2020/03/25/two-thirds-patients-die-coronavirus-would-have-died-year-anyway

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  • LUTTES DE POUVOIR AU SEIN DU PARTI TECHNOLOGISTE
     
    5G : avis aux opposants sur les luttes de pouvoir au sein du parti technologiste

    « La France est le pays des Lumières, le pays de l’innovation. J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. Je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine (1). » Emmanuel Macron, président, ex-cadre de Rothschild & Cie
    « Nous, avec le président, on n’est pas des technologistes […], on est des progressistes. Ça veut dire qu’on assume qu’on a besoin d’innovation, qu’on a besoin de progrès (2). » Amélie de Montchalin, ministre, ex-cadre de BNP-Paribas et d’Axa
    « [C’est du] mépris à l’égard d’un bon nombre de personnes qui malheureusement n’ont pas accès à la 4G (3). » Julien Bayou, diplômé de Sciences-Po et porte-parole EELV
    « Les formes rondes et rectangulaires des antennes 5G s’intègrent mal dans le tissu [urbain] existant (4). » Vincent Fristot, ingénieur et adjoint au maire EELV de Grenoble
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    Vous en savez déjà suffisamment. [Nous] aussi. Ce ne sont pas les informations qui nous font défaut. Ce qui nous manque, c’est le courage de comprendre ce que nous savons et d’en tirer les conséquences (5).
    Lors du mouvement contre les capteurs Linky, des centaines de collectifs, des journaux alternatifs, des individus politiques ont mené l’enquête critique pour mettre en pièces le premier objet connecté imposé, sous tous ses aspects : économique, sanitaire, législatif – et surtout politique. Comme il n’est pas de malheur qui ne soit bon à quelque chose, beaucoup de ces recherches et des échanges entre ceux qui les menaient, eurent lieu au sein du filet numérique que nous voulons briser. Outre les innombrables réunions, déplacements et manifestations en chair et en os, on s’informa électroniquement d’une ville, d’une région, d’un pays à l’autre (Allemagne, Belgique). Il y eut du déchet, des radotages, pinaillages et insanités dignes d’une assemblée générale de copropriétaires, des boursouflures histrioniques qui guignaient là un marchepied, et un sourd refus de transformer ce mouvement de base en organisation hiérarchisée. Bref, des Gilets jaunes avant les Gilets jaunes. Un vrai mouvement d’auto-éducation dont les membres, individuellement et mutuellement, se transformèrent en enquêteurs afin de fonder et creuser les raisons de leur opposition. Sauf erreur, ce mouvement d’enquête et d’auto-éducation n’a qu’un précédent, celui de 2005 à propos du référendum sur la constitution européenne, qui vit la technocratie dirigeante, contredite par les électeurs, réunir son congrès à Versailles en 2008 afin de passer outre leur refus. Précieuse leçon, la technocratie n’obéit à la démocratie que lorsque la démocratie lui obéit.
    Ce sont les réflexes et les méthodes de travail acquises lors du mouvement contre Linky que l’on a vus à l’œuvre sur la 5G. Alors que le mouvement s’épuisait au fur et à mesure de l’avancée d’Enedis et de la raréfaction des zones libres de boîtiers de commande et de surveillance à distance, ses participants non résignés tâchèrent de réfléchir afin de transformer leur retraite en offensive à venir. Il n’y avait que deux directions possibles : en avant ou en arrière. La seule issue radicale – en arrière - consistait à enquêter sur 150 ans de société électrique afin de revenir à la racine et d’esquisser « le noir bilan de la Houille blanche (6) ».
C’est-à-dire ce que nous coûte l’électrification du monde en termes de « contre-productivité (7) », de gaspillage des matières premières, de destruction des milieux et des paysages, de gaspillage en objets de consommation (Fnac-Darty, produits bruns, produits blancs), de perte d’autonomie locale en matière de production d’énergie et plus fondamentalement en matière de mode de vie et de liberté. Le réseau électrique unifié et piloté centralement, c’est déjà la Machine à gouverner dont la 5G représente la nouvelle version.
Quant à la voiture électronucléaire, il eut fallu, là aussi, remonter aux vieilles batailles, perdues, contre la nucléarisation du pays (8), et de là aux débuts de la société électrique, un siècle plus tôt. Faire le lien avec le centre d’enfouissement des déchets nucléaires en chantier à Bure, dépotoir final de la filière électrique. En bref, trop de travail d’enquête et de formulation pour affronter finalement le stupide conformisme collectif sur l’« innocuité » de l’électricité nucléaire et la « nécessité » de la voiture individuelle.
La difficulté étant d’entreprendre une enquête historique un peu longue et creusée, un peu pensée, et d’oser affronter les risées, le scandale et l’outrage au bon sens progressiste que constituait un plaidoyer pour « le retour à la bougie ».
    L’autre voie, que l’on pourrait dire suiviste, défensive - et facile - consistait donc, une fois de plus, à batailler contre la nouvelle nuisance - la 5G - et à défendre la précédente (la 4G), au nom du moindre mal contre le pire. Quant au mieux, ou simplement au bien, à la vie simple et tranquille, n’y compte pas lecteur, tu arrives trop tard dans un monde trop vieux. Tu défendras la prochaine fois la 5G contre la 6, la 6 contre la 7, et ainsi de suite, dans une perpétuelle guerre à reculons, jusqu’à ce que mort s’ensuive et la défaite finale.
    Nonobstant, qui a assisté aux laborieux cours de physique, lors du mouvement anti-nucléaire des années 70, ou de « sciences de la vie » lors du combat contre les chimères génétiques (OGM) des années 2000, ou qui a passé des années à plancher sur les nanotechnologies et à faire la promotion de l’enquête critique, ne peut que se réjouir de la vitesse à laquelle de multiples collectifs à Nantes, Lyon, Montpellier, Rodez, Hendaye, etc. se sont jetés sur la technologie 5G et l’ont déchiquetée dans tous ses aspects, tels une meute de piranhas sur un touriste en maillot de bain.
    L’enquête est complète, irréfutable le dossier d’accusation. Nul ne sera surpris par ses conclusions. La 5G est une opération techno-capitaliste impliquant les dirigeants de l’État et des grandes entreprises du numérique. Elle multiplie par x les ravages écologiques de l’industrie numérique, pillages de ressources naturelles et de matières premières, pollution des cieux par des milliers de satellites et de la terre par des milliers d’antennes, intensifiant le brouillard électromagnétique, ses effets cancérogènes et l’électro-sensibilité d’un nombre croissant d’individus. Jusque-là, dira-t-on, rien de nouveau. Si vous ne voulez pas des effets pervers de la société industrielle, supprimez la société industrielle qui envahit et détruit le monde depuis deux siècles.
Le pire - et l’avènement du pire - avec la 5G, c’est l’interconnexion généralisée de tout et de tous au sein d’un filet cybernétique universel, et la transformation du monde en machinerie générale automatisée, pilotée par son poste de commande central ; ce que le chroniqueur scientifique du Monde nommait en 1948, la « Machine à gouverner (9) ». Une Machine, contrôlant, surveillant et contraignant chacun de ses machins et machines (oui, c’est bien de vous que l’on parle), au moyen de leurs multiples connexions personnelles. Car gouverner, comme vous l’avez encore vu ces derniers temps, c’est contraindre ; et la Machine à gouverner est une Machine à contraindre. Mais on ne va pas radoter ce qu’on a répété depuis des décennies, et que nous savons tous parfaitement.
    Si les informations ne font pas défaut, elles ont jusqu’à ces derniers temps laissé indifférents les appareils rouges, roses ou Verts. Nul ne les a entendus réclamer un « débat public » quand la Commission européenne a lancé son plan d’action « La 5G pour l’Europe » en 2016, ni quand le Parlement européen a recommandé en 2017 un « dispositif de connectivité universelle » pour « innover dans le domaine de la robotique et de l’intelligence artificielle et intégrer ces technologies au cœur de l’économie et de la société (10) ». Cette année-là justement, Eric Piolle, maire-ingénieur EELV de Grenopolis, travaillait à cette intégration, inaugurant avec ferveur et enthousiasme le bâtiment de Schneider Electric dédié à la smart city et l’Internet des objets (11).
    Silence toujours en 2018, quand le gouvernement publie sa « feuille de route 5G (12) », détaillant objectifs, moyens et calendrier, et alors que les ingénieurs du CEA-Léti de Grenoble testent la 5G aux J.O de Séoul. Idem quand l’État annonce les enchères pour les fréquences à l’été 2019 - « 5G, ça démarre enfin (13) ! », lance Le Parisien. Cet été-là, les parlementaires votent la loi qui vise à sécuriser le déploiement de la 5G, avec le soutien de l’ensemble des groupes (14) au Sénat.
    François Ruffin ne réclame alors ni moratoire ni référendum, il fait juste son travail de député pour contribuer à cette sécurisation (15). Eric Piolle ne fustige pas « l’hypernumérisation », mais vante l’esprit d’innovation de sa ville : « […] de la révolution numérique aux recherches sur l’infiniment petit, à chaque fois Grenoble est en avance… c’est dans son ADN (16) ! »
    Sur le fond, les technologistes verts et rouges n’ont pas d’objection au déploiement de la 5G, ni à une machination plus performante de nos vies. Comme les technologistes libéraux, ils comptent sur la « planète intelligente » interconnectée pour rationaliser/rationner les ressources résiduelles. La France Insoumise promet de « développer la ville intelligente (Smart city) […] au service de la planification écologique » et la « e-démocratie » dans le cadre de sa « révolution numérique (17)  ». Le Vert Yannick Jadot se dit « convaincu qu’elle [la 5G] pourrait contribuer à la transition écologique dans certains secteurs (18) ». Tout comme la macronienne Amélie de Montchalin : « le progrès, notamment technologique, […] face aux défis écologiques et à la transition environnementale, doit pouvoir nous aider (19) ».

    NOUS EN SAVONS DÉJÀ SUFFISAMMENT

    Quelque chose change durant l’été 2020. L’enquête menée par nombre de collectifs et d’individus a nourri la révolte contre la pose à marche forcée des capteurs Linky (20). L’ampleur, l’endurance, la pugnacité et la qualité critique de ce mouvement attirent l’inquiétude et la convoitise des recycleurs roses, rouges, Verts. Leur succès aux municipales échauffe les ambitions des technocrates Verts - Piolle et Jadot en tête. Vont-ils enfin supplanter les socialistes roses comme centre de futures « coalitions plurielles » ? Quant aux récupérateurs rouges – type Ruffin, Politis, France Insoumise – les voilà prêts à sauter sur un nouveau dada, en attendant qu’une fermeture d’usine les ramène à la défense du pneu connecté français. Macron, lui, champion saint-simonien des technocrates libéraux et de la Start-up nation, est parfaitement « dans son rôle » lorsqu’il vole à la défense d’une nouvelle technologie de direction, plus rapide, plus puissante, de la Machine à gouverner. Quitte à recycler (décidément) la tirade du général de Gaulle, il y a soixante ans de cela :
« Il est tout à fait naturel qu’on ressente la nostalgie de ce qui était l’Empire, tout comme on peut regretter la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages. Mais quoi ? Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités. » (14 juin 1960).
Les réalités ? La bombe et les centrales nucléaires, les plans d’aménagement et de développement chers à Bayrou et Mélenchon, les autoroutes, les cités HLM et les centres commerciaux. Tous les fléaux du « progrès » techno-industriel, du chaos climatique, des épouvantes virales et des destructions naturelles que « les générations futures », c’est-à-dire nous, devons aujourd’hui combattre envers et contre nos gouvernements « réalistes ». Il n’y a pas plus obtus que les technolâtres du « progrès ».
    Les Verts ont d’ailleurs parfaitement raison de protester contre l’amalgame de Macron qui leur attribue fielleusement nos idées, celles de la critique radicale et anti-industrielle. Ils ne soutiennent pas moins la fuite en avant technologique que Macron. Simplement leur posture de défense des citoyens consommateurs les contraint à des simagrées de pure forme, afin de s’imposer comme les plus vigilants gardiens de leur « qualité de vie », et à s’assurer ainsi une rente électorale dont la croissance est indexée sur l’agonie de nos conditions de vie. Jusqu’au moment ultime où toute la caste politique verdie, convertie aux green technologies et réunie dans un même parti de l’état d’urgence vert, obtiendra l’approbation unanime des sondages et des réseaux sociaux pour abolir toute autre liberté que celles d’obéir aux contraintes réclamées par les citoyens connectés, et contrôlées grâce aux applications obligatoires et téléchargées.
En attendant, les Verts sont toujours prêts à faire durer l’agonie afin de conserver à la vie, au monde et à leurs électeurs-trices, les élu-e-s qu’ils méritent. Et c’est ainsi qu’ils se retrouvent avec leurs rivaux rouges/roses dans un même mouvement de soutien à la 4G et à la numérisation durable de nos existences.
    En quelques semaines, tous les courants technologistes - libéraux, socialos, écolos - tentent de tirer parti d’un sujet qu’ils avaient jusqu’ici méprisé. La mise en scène d’un pseudo clivage entre « progressistes » et « Amish » n’ayant d’autre objet que la valorisation mutuelle des factions en lutte pour le pouvoir au sein du parti technologiste.
Qui des ingénieurs EELV, des saint-simoniens macroniens ou des saint-simoniens communistes, programmera les algorithmes de la « transition écologique » et de la « Machine à gouverner » ?
    S’ils ont tiré les leçons des échecs précédents, les opposants sincères à la 5G et à la déshumanisation refuseront de brader leur légitimité « historique » et « de terrain » à leurs ennemis technologistes, contre un plat de lentilles médiatique. Les écolo-socialistes, rouges-verts, les Piolle & Ruffin si vous voulez, y gagneraient la direction publicitaire et flatteuse d’un mouvement qu’ils dévoieraient vers les sables mouvants des « moratoires » et des « conférences citoyennes », en attendant de les rabattre vers les urnes aux prochaines élections. Quel intérêt auraient ceux qui tirent à la fois leurs carrières, leur légitimité et leurs postes du système technicien à poser en termes véridiques la question de sa survie ?
    Cependant, le moment est savoureux pour les lanceurs d’idées que nous tâchons d’être. Écoutons François Ruffin, le défenseur de l’emploi industriel (21) : « Pendant longtemps, il y a eu une relation entre progrès technologique et humain. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout évident. On peut avoir le sentiment que parfois le progrès technologique se retourne contre l’humain. C’est une des raisons pour laquelle il faut de la démocratie lors de la mise en œuvre de nouvelles technologies (22). »
    Eric Piolle, maire d’une smart city pilote : « C’est du délire total, cette course en avant moi ça me scandalise. C’est un modèle de société aussi, c’est ce qui permet de basculer dans cette smart city où on est plein de capteurs bourrés de partout (23). » Appelons cela l’hommage du vice à la vertu et souvenons-nous que le plagiat est la forme la plus sincère d’hommage. Quant au socialiste Olivier Faure, dont le parti nous traitait d’obscurantistes il y a peu d’années, le voici en pleine repentance : « Le progrès technologique n’est pas forcément un progrès pour l’Homme (24) ».
    On ne peut qu’être frappés de retrouver les idées et les mots de la critique anti-industrielle dans les propos approximatifs de ces politiciens. Même la ministre Amélie de Montchalin reprend notre opposition entre technologistes et écologistes. Ni elle, ni Olivier Faure ne connaissent Pièces et main d’œuvre – à la différence de Piolle et Ruffin. Mais ces mots et ces idées ayant voyagé depuis des décennies, finissent par devenir des évidences. Ces échos à nos propres écrits répondent à ceux qui depuis l’automne 2000 nous demandent « quoi faire », et à qui nous avions écrit en première page de notre site :
« Nul à ce jour n’a trouvé d’autre moyen de transformer les idées en force matérielle, et la critique en actes, que la conviction du plus grand nombre. Nous soutenons que les idées sont décisives. Les idées ont des ailes et des conséquences. Une idée qui vole de cervelle en cervelle devient une force d’action irrésistible et transforme la réalité. C’est d’abord une bataille d’idées que nous, sans-pouvoir, livrons au pouvoir, aussi devons-nous être d’abord des producteurs d’idées (25). Pour produire des idées, nous nous appuyons d’abord sur l’enquête critique, aliment et condition première, quoiqu’insuffisante à toute action. »
    Nos idées sont virales, et nous assistons à une épidémie. Nos idées : celles que nous avons produites depuis vingt ans et celles que vingt générations de penseurs et d’enquêteurs ont produites avant nous, afin que nous soyons mieux capables de vivre contre notre temps. Voyez « Notre Bibliothèque Verte (26) ».

    COMPRENDRE CE QUE NOUS SAVONS

    Certes, la contamination reste bénigne et les technocrates immunisés. Toute la revendication des Verts et Insoumis se borne au développement de la 4G et de la fibre à la place de la 5G et à la résorption « des zones blanches où les professionnels n’ont pas accès à des réseaux corrects (27) ». « Alors que tant de Français n’ont accès ni à la fibre, ni à la 4G, ni même à la 3G, l’effort doit-il se porter sur l’accès à un nouveau réseau ? », s’indigne Clémentine Autain (députée FI). Et du réseau, il en faut pour regarder les vidéos Youtube, Twitch et TikTok des Mélenchon, Autain, Ruffin et consorts.
    Que l’humanité mute en amas cellulaires sur canapé, dotés de moignons résiduels pour glisser sur leur smartphone - et acquiesce à ce saut évolutif, révolte moins ces technologistes que la fracture numérique. Égalité oblige, tout le monde doit devenir ce machin avachi et dépossédé qu’est l’homme-téléphone. Sans réseau, plus de vie. Sans batterie, pas d’autonomie. Quel progrès pour les bavards de l’émancipation.
    Technologistes verts et rouges demandent des garanties sur l’innocuité sanitaire des nouveaux réseaux, flattant ainsi les associations et pétitionnaires d’abord soucieux de leur santé. On a vu la même verdaille bureaucratique et associative exiger des chimères génétiques « sûres » dans les années 1990 et des nanotechnologies « encadrées » dans les années 2000. Aujourd’hui comme alors, ils ne combattent pas les causes des catastrophes, mais mégotent sur leurs modalités. Un « moratoire », ce n’est qu’un délai avant exécution. C’est ce qu’on demande pour gagner du temps et enterrer une contestation tout en se donnant l’air de la soutenir. Les « évaluations sanitaires et écologiques », on en connaît les résultats d’avance. Confiées à des laboratoires et à des institutions financées par l’État et les entreprises, dont les experts ont les mêmes intérêts matériels et idéologiques que ceux de leurs commanditaires, leurs études concluent invariablement qu’on ne peut établir un lien de cause à effet entre les activités criminelles des techno-industries mises en cause et les pathologies accablant leurs victimes. Voyez les précédents de l’amiante, du tabac, des pesticides, des pollutions radioactives et toute la kyrielle des « maladies de civilisation », du cancer aux maladies cardiovasculaires.
Ce que réclament les technologistes Verts/rouges, c’est précisément ce que l’État technologiste est prêt à leur accorder ; ce qu’il leur demande, dans un jeu de rôles bien réparti et mis en scène, de lui demander, afin qu’il puisse passer pour raisonnable et capable de concessions, cependant qu’ils passeront eux pour des opposants utiles et efficaces. Révision des seuils d’exposition (permis de polluer), encadrement, traçabilité, expertise pseudo- indépendante. Bref, une gestion technocratique des nuisances, « [en nourrissant] le débat politique de données scientifiques (28) » (Clémentine Autain). « Pas de données scientifiques, pas de 5G (29) », radote la députée européenne EELV Michèle Rivasi. Elle aura ses données scientifiques et la 5G.
    La connexion obligatoire, oui, mais safe. D’après les perturbateurs d’une allocution de Cédric Villani à Albi, ce monde de l’intelligence artificielle serait « inacceptable pour une raison simple : il s’appuie sur le réseau 5G qui, plus encore que les précédents, menace directement notre santé (30) ». Et donc, approuve Michèle Rivasi, « [développons] d’abord la 4G, mais aussi la fibre optique, qui n’émet pas d’ondes, plutôt que la 5G (31) ». Reconnaissons-lui du moins de la suite dans son inconséquence. L’Encyclopédie des Nuisances ironisait déjà en 1990, à son propos :
« Ainsi un "laboratoire indépendant" comme la CRII-RAD, fondé après Tchernobyl – indépendant de l’Etat mais pas des institutions locales et régionales -, s’était donné pour seul but de "défendre les consommateurs" en comptabilisant leurs becquerels. Une telle "défense" néo-syndicale du métier de consommateur – le dernier des métiers – revient à Ne pas attaquer la dépossession qui, privant les individus de tout pouvoir de décision sur la production de leurs conditions d’existence, garantit qu’ils devront continuer à supporter ce qui a été choisi par d’autres, et à dépendre de spécialistes incontrôlables pour en connaître, ou non, la nocivité. C’est donc sans surprise que l’on apprend maintenant la nomination de la présidente de la CRII-RAD, Michèle Rivasi, à l’Agence nationale pour la qualité de l’air, ou son indépendance pourra s’accomplir au service de celle de l’État (32). »
    L’humain – ou plutôt le machin - standard façonné par un siècle de turbo-progrès n’a plus que sa santé à défendre. Les technocrates l’ont bien compris, qui retournent l’argument sanitaire contre tout risque de contestation. « La santé, c’est incontestable. Lorsque vous avez des oppositions à certaines technologies et que vous faites témoigner des associations de malades, tout le monde adhère (33) », disait Geneviève Fioraso. Et les promoteurs de la vie virtuelle de vanter les futures prouesses médicales de la 5G, après celles du nucléaire, des OGM et des nanotechnologies. Bientôt les robots-chirurgiens pourront opérer à distance les cancers dus à l’empoisonnement industriel de notre biotope. Qui veut éliminer les nuisances industrielles doit supprimer l’industrie. Ou s’en remettre à elle totalement, en mendiant quelques gouttes de remèdes aux laboratoires à poisons.
    Quant à sa liberté de penser, de choisir et d’agir, à son autonomie dans la conduite de sa vie, l’humain 3.0 (le machin) s’en est délesté au profit de la Mère-Machine, de la planification bienveillante et automatisée qui le prend en charge et le protège de toute surprise. Et pour ça, la 4G suffit bien, plaide Stop 5G en Suisse : « La 4G est suffisante pour lire des vidéos en ligne […]. Il n’y a pas besoin de 5G pour les communications machine-machine, ni pour la télémédecine, les réseaux existants suffisent. Beaucoup d’applications prévues pour la 5G sont en fait des applications fixes et non mobiles. Les voitures autonomes peuvent fonctionner sans réseau ultrarapide, sur la base de leurs capteurs de bord (34). »
    Rassurons ces connectés anxieux : les composants électroniques gravés en moins de 10 nanomètres grâce aux nanotechnologies, qui rendent vos smartphones si performants, ne contiennent pas de nanoparticules. Votre laisse électronique n’est pas toxique. Soulagement de l’association Robin des Toits, qui s’est donné « pour mission de confirmer que la téléphonie mobile (2G) peut être compatible avec la santé publique (35). »
    Tous veulent donc des évaluations scientifiques. La « convention citoyenne pour le climat » demande un moratoire « en attendant les résultats de l’évaluation sur la santé et le climat. » Des députés Les Républicains demandent une commission d’enquête, inquiets de « l’absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels dans les bandes de fréquence considérées. » De leur côté, 70 élus EELV, PS, PC, FI, croient dans l’intervention de l’Anses (l’agence nationale de sécurité sanitaire). « Il nous semble indispensable d’attendre ses conclusions avant de déployer la 5G (36) », écrivent-ils dans une tribune exigeant un moratoire. Comme si l’Anses (ex-Afsse) en bonne agence de l’État, avait jamais fait preuve d’indépendance. Quels arguments leur restera-t-il quand elle aura garanti l’innocuité des réseaux ? Mais ils n’invoquent ce pseudo argument de santé que dans la certitude d’être promptement rassurés et de pouvoir ainsi soutenir l’imposition de la 5G, tout en feignant de se soucier davantage des électeurs anxieux que leurs rivaux macronistes d’En Marche.
    À réduire les questions politiques et anthropologiques à des problèmes techniques, on se condamne à laisser trancher les spécialistes. Une aubaine pour les Verts, prétendus meilleurs ingénieurs du système, qui recyclent leur expertise dans une contestation d’ajustement. Quant à ceux qui n’ont pas les compétences, ils n’ont pas leur mot à dire. Écoutons une technologiste de droite, pour changer :
« Comment voulez-vous faire un référendum ? Les Français sont scientifiques ? [À propos du référendum sur la constitution européenne] ça n’a rien à voir, c’est comment on veut être gouvernés. On a le droit d’avoir un avis sur comment on veut être gouvernés (37). »
    Mais si, Valérie Pécresse, la « planète intelligente » et ses réseaux communicants, c’est « comment on veut être gouvernés », justement. C’est même l’un des rouages de la « Machine à gouverner » que construisaient les cybernéticiens d’après-guerre. Voulons-nous être gouvernés et nous gouverner par nous-mêmes, animaux politiques délibérant, ou confier l’organisation sociale de nos vies aux algorithmes gavés des datas collectées par la 5G ? Enfin une question sérieuse pour un référendum.

    TIRER DES CONSÉQUENCES

    « Peu d’hommes sont des hommes, dit le poète Novalis. C’est pourquoi les Droits de l’homme, extrêmement indécents, sont élaborés comme s’ils existaient réellement. Soyez des hommes et les Droits de l’homme vous reviendront d’eux-mêmes. »
    Machines, Machins, encore un effort pour être des humains.
    La validation des spécialistes est inutile à ceux qui pensent par eux-mêmes contre le techno-
totalitarisme. Comme toutes les technologies, la 5G demande : comment voulons-nous vivre ? Les experts en la matière, c’est nous, les vivants, et nulle étude scientifique ne peut ni ne doit y répondre à notre place.
    Quant à nous, naturiens, anti-industriels, écologistes conséquents, qui ne confondons pas l’écologisme et le technologisme, non seulement nous ne voulons pas de la 5G, mais nous refusons la 4G, la 3G, la 2G, les smartphones, les réseaux sociaux et toute la machinerie cybernétique, même garantie sans danger pour la santé et l’environnement.
    La défense de la nature et celle de la liberté sont indissociables et se conjuguent dans notre refus du monde-machine. Voilà pourquoi nous avons d’emblée combattu le téléphone portable, gadget de destruction massive de notre environnement naturel et social, de nos facultés intellectuelles et de notre sensibilité, de notre liberté et de notre autonomie (38).
Il n’y a jamais eu de « bons usages » du téléphone portable, pas plus que du smartphone. Le premier a bouleversé nos vies, le monde, nos rapports aux autres, au temps, à l’espace, à nous-mêmes, et ouvert la voie au second, conformément au projet des ingénieurs d’IBM, Motorola, STMicroelectronics, du CEA, etc., de nous fourguer un couteau suisse électronique, qui s’est révélé l’interface obligatoire pour survivre sur la smart planet.
    Si les électrosensibles se plaignent d’être partout prisonniers du filet électromagnétique, tous, nous sommes prisonniers du filet cybernétique, sans ces zones blanches de paix et de liberté qui subsistaient au sein du monde industriel. Nous voici devenus des Smartiens dépendants de notre connexion à la Machinerie générale. Des passagers de nos propres vies comme de nos futures voitures. Qui tient le volant ?
Les algorithmes et les robots organisent désormais notre survie rationnelle, dans le dépotoir
planétaire issu d’un siècle d’« innovation techno-industrielle ». Ce que ni Macron, ni ses pareils technolâtres, ne peuvent dire, c’est d’où viennent ces « défis écologiques » qu’ils prétendent relever par de nouvelles innovations, après tant d’innovations accumulées depuis la lampe à huile.
    La 5G ou la lampe à huile, jamais nous n’aurons un tel choix. On ne reviendra pas à la bougie parce que les ingénieurs de l’innovation et leur tactique de la terre brûlée ont rageusement détruit le monde de la bougie, interdisant tout retour en arrière. Un siècle de progrès sans merci a produit ce que ce fat prétentieux de Macron nomme en novlangue technocratique « la complexité des problèmes contemporains ».
    Mais qu’un choix pareil, dans un univers parallèle, nous échoie par quelque faille spatio-temporelle, nous ferons le saut sans hésiter. La 5G sera bientôt dépassée par la 6G, après avoir suscité de « nouveaux usages » comme disent les sociologues et les marketeurs, qui auront comprimé toujours plus nos marges de respiration. Alors, les Verts demanderont qu’on en reste à la 5G et les Insoumis que tout le monde y ait accès. Et ainsi de suite, sans que rien ne change à la contrainte d’une vie sous état d’urgence écologique, ni à l’aliénation de masses amputées du goût de l’effort pour la liberté et dépossédées de toute personnalité. Sans nous.
    Quoi qu’en disent les techno-fanatiques et les esclaves de la-vie-avec-son-temps, nul de ces maux ne menaçait nos aïeux du temps où ils se levaient et se couchaient avec le soleil. Ils n’avaient ni le confort, ni la facilité des machines électriques, la vie était rude et l’effort constant. Leurs souffrances valaient les nôtres. Mais le cours de leurs vies s’écoulait à son rythme naturel. Leur ciel était étoilé, respirable leur air et leurs arbres oiselés. Ils ignoraient le travail de nuit, le stress (le mot est contemporain du déploiement de l’électricité) et le burn out (sous-produit du téléphone portable). Leurs saisons et leurs gestes avaient du sens, et l’entraide n’était pas le nom d’un service municipal. Ils mouraient plus jeunes mais finissaient leurs jours à leur place, parmi les leurs, et non remisés dans des établissements aseptisés.
Leur monde était à leur mesure d’homme, et leur offrait l’espoir de pouvoir quelque chose. Leur horizon n’était ni le chaos climatique et démographique, ni le silence de la nature morte. Accessoirement, ils ont inventé la philosophie, la poésie et les mathématiques, fait la révolution, bâti les cathédrales, peint les toiles, écrit les livres et les partitions dont nous jouissons des siècles plus tard – à la lueur des lampes à huile.
    Les marchands d’innovations prétendent que nos aïeux ont désiré l’électricité. C’est faux. Pas plus que nous n’avons demandé le téléphone portable et Internet, ils n’ont souhaité la force électrique. Il a fallu des campagnes de propagande, des incitations tarifaires, des expositions universelles opposant « villages nègres et alpins » et « maisons et fermes modernes » - et bien sûr des installations à marche forcée (barrages, lignes, etc.) accompagnées de discours sur le progrès (39) des décennies durant, avant que l’électricité ne leur devienne indispensable. On ne peut vivre sans électricité dans un monde électrifié. Sauf à se faire ermite. On peut vivre sans téléphone portable, comme nous, mais dans le monde de l’homme-téléphone, on commence à faire bizarre. Tel est le vrai visage de la technologie : un totalitarisme qui nous élimine sans douleur.
    Bon, on va s’arrêter là pour aujourd’hui.


    Pièces et main d’œuvre

    Grenoble, septembre 2020
     
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1357
    https://chimpanzesdufutur.wordpress.com/category/analyses

    --
    1. 14/09/20
    2. France Info, 15/09/20
    3. France Info, 16/09/20
    4. Place Grenet, 22/07/20
    5. Sven Lindqvist, Exterminez toutes ces brutes, 1992
    6. Cf. « Et si on revenait à la bougie ? (Le noir bilan de la "Houille blanche"), Pièces et main d’œuvre,
19/04/19
    7. Cf. Ivan Illich, La convivialité (1973), Energie et Equité (1973)
    8. Cf. Memento Malville. Une histoire des années soixante-dix, Pièces et main d’œuvre (2005)
www.piecesetmaindoeuvre.com et Pièce détachée n°14
    9. P. Dubarle, « Vers la machine à gouverner… » in Le Monde, 28/12/1948
    10. Résolution du 16 février 2017.
    11. Cf. « 5G : quand Piolle, maire technologiste de Grenopolis, nous vole des éléments de langage », Pièces et main d’œuvre, 15/07/20
    12. « 5G, une feuille de route ambitieuse pour la France », gouvernement et Arcep, 16/07/18
    13. Le Parisien, 16/07/19
    14. https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/securite-des-reseaux-5g-le-parlement-adopte-la- proposition-de-loi-824476.html
    15. Dépôt d’un amendement (rejeté) sur le choix des fournisseurs de logiciels dans les appels d’offres publics. Cf. http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/1832/AN/11
    16. Présences, 11 mars 2019
    17. https://avenirencommun.fr/livrets-thematiques/notre-revolution-numerique
    18. France Info, 14/09/20
    19. France Info, 15/09/20
    20. Cf. « Dans les filets de Linky » ; « Linky, objet pédagogique pour une leçon politique » et autres textes réunis dans la Pièce détachée n°79, Pièces et main d’œuvre (2013-2018)
    21. Cf. « Réindustrialisons : quand Là-bas si j’y suis défend le cancer français » (2012), « Cancer français, la récidive » (2016), Pièces et main d’œuvre
    22. Le Figaro, 3/09/20
    23. « 5G : quand Piolle, maire technologiste de Grenopolis, nous vole des éléments de langage », art. cit.
    24. AFP 15/09/20
    25. « Pour l’enquête critique », Pièces et main d’œuvre, oct. 2005
    26. http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1320
    27. Vincent Fristot, ingénieur élu EELV à Grenoble, in Place Grenet, 22/07/20
    28. Assemblée nationale, 15/09/20
    29. La Provence, 31/08/20
    30. Lettre à Cédric Villani, par « Un cloud d’opposant.es à la Start-up Nation » (juin 2019).
    31. La Provence, 31/08/20
    32. Encyclopédie des Nuisances, Adresse à tous ceux qui ne veulent pas gérer les nuisances mais les supprimer, juin 1990
    33. France Inter, 27/06/12
    34. www.stop5G.ch
    35. L’association Robin des Toits, https://www.robindestoits.org
    36. « 5G, numérique : nous voulons un débat démocratique », tribune de 70 élus, art. cit.
    37. Valérie Pécresse, France Info 17/09/20
    38. Cf. Le téléphone portable, gadget de destruction massive. Pièce détachée n°93 et en ligne sur www.piecesetmaindoeuvre.com
    --

  • Ils ont fini par commercialiser du Soylent en référence à soleil vert .

    Soylent, la panacée alimentaire qui empêche de penser - Par Alain Korkos | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/articles/soylent-la-panacee-alimentaire-qui-empeche-de-penser

    Le produit est né dans la Silicon Valley et la firme n’a pas l’intention de s’arrêter là :
    https://www.businessinsider.fr/us/soylent-is-attempting-to-go-mainstream-2016-8

    La France n’est pas à la traine : les gros bonnets mettent la main à la poche pour coloniser ce nouveau marché auto-baptisé « smart food ».

    La startup francilienne « Feed » a ainsi reçu 3 millions d’euros auprès de Kima Ventures (fonds de Xavier Niel), Otium Capital ou encore Senseii Ventures.
    https://www.latribune.fr/technos-medias/feed-leve-15-millions-d-euros-pour-exporter-ses-plats-express-781033.html

    #malbouffe #soylent-green #fast_food #smart_food

  • Covid-19 : Apple et Google intègrent le traçage directement dans les smartphones
    https://www.latribune.fr/technos-medias/covid-19-apple-et-google-integrent-le-tracage-directement-dans-les-smartph

    Google et Apple vont intégrer directement dans leurs smartphones la solution de traçage des contacts qu’ils proposent pour suivre au mieux la progression du Covid-19, éliminant ainsi le besoin de concevoir et télécharger une application dédiée.[...]

    Cette évolution était prévue dès le départ.

  • Anonymat sur les réseaux sociaux : les contre-vérités de Jean Castex et Eric Dupond-Moretti
    https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/anonymat-sur-les-reseaux-sociaux-les-contre-verites-de-jean-castex-et-eric

    Le Premier ministre, Jean Castex, et son ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, sont tous deux hostiles à l’anonymat sur les réseaux sociaux, qu’ils souhaitent interdire pour "lever l’impunité en ligne". Mais les deux ministres confondent le pseudonymat et l’anonymat, oublient que des lois existent déjà pour punir les propos illicites sur Internet, et ignorent qu’il est tout à fait possible, et assez facile, de retrouver leurs auteurs. Le vrai problème est le temps de la réponse judiciaire, ce qui soulève la question des moyens mis à sa disposition. Explications.

    Le remaniement d’Emmanuel Macron est-il synonyme de retour en arrière sur les sujets numériques ? Au-delà du fait que le chef de l’Etat n’ait pas jugé bon de créer un véritable ministère du Numérique, les positions du nouveau Premier ministre, Jean Castex, et de son ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, sur les réseaux sociaux et l’anonymat en ligne, montrent que leur maîtrise de ce sujet est très approximative.

    Pour Jean Castex, l’anonymat sur les réseaux sociaux est « quelque chose de choquant ", " un sujet dont il va falloir qu’on s’empare ", a-t-il déclaré mi-juillet au Parisien. N’hésitant pas à basculer directement dans le point Godwin -une comparaison avec le nazisme-, le Premier ministre estime que " si on se cache, les conditions du débat sont faussées. [...]. On peut vous traiter de tous les noms, de tous les vices, en se cachant derrière des pseudonymes. Dans ces conditions, les réseaux sociaux, c’est le régime de Vichy : personne ne sait qui c’est ! ", s’est-il enflammé. Quelques jours plus tard, rebelote de la part, cette fois, du nouveau ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti. Lors de son audition devant l’Assemblée nationale, le 20 juillet, le Garde des Sceaux a révélé l’étendue de son ignorance sur le sujet. " Est-ce que technologiquement on peut intervenir pour interdire l’anonymat sur les réseaux sociaux ? Si vous pouvez m’aider à résoudre cette question, je suis preneur ", a-t-il demandé, après avoir fait part de son expérience avec un cyber-harceleur qui serait prétendument protégé par son anonymat. Eric Dupond-Moretti n’en est pas à sa première sortie sur…

    #paywall

  • L’application #StopCovid, un ratage spectaculaire
    https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/l-application-stopcovid-un-ratage-spectaculaire-850914.html

    Inefficace car pas assez téléchargée, inopérable avec les autres applications européennes, beaucoup plus gourmande en données personnelles qu’annoncé -ce qui fragilise son socle juridique-, et entachée d’un « soupçon de favoritisme » par l’association anti-corruption Anticor qui a alerté le Parquet national financier... Très controversée, l’application de traçage numérique des contacts StopCovid enchaîne les déconvenues depuis son lancement le 2 juin. Faut-il arrêter le massacre ?

  • Au Qatar, « énorme » faille dans l’appli de pistage anti-COVID, selon Amnesty
    https://www.latribune.fr/technos-medias/au-qatar-enorme-faille-dans-l-appli-de-pistage-anti-covid-selon-amnesty-84

    Les données personnelles de plus de 1 million d’utilisateurs ont été rendues vulnérables, dont le numéro de leur carte d’identité, leur géolocalisation ainsi que leur statut médical (malade, sain, ou autre) par rapport au nouveau coronavirus. Une faille de sécurité dans l’application qatarie de traçage des personnes infectées par le nouveau coronavirus, dont l’utilisation est obligatoire dans ce petit émirat gazier, a exposé les données personnelles de plus d’un million d’utilisateurs aux cyberattaques, (...)

    #COVID-19 #BigData #algorithme #consentement #technologisme #contactTracing #smartphone #QRcode #hacking #santé #bug #géolocalisation (...)

    ##santé ##Amnesty

  • Altice dit « au revoir » à Libé
    https://www.latribune.fr/technos-medias/medias/altice-dit-au-revoir-a-libe-847819.html


    Patrick Drahi avait acquis Libération en 2014, pour 14 millions d’euros.
    Crédits : Reuters

    Altice France a décidé de se séparer du quotidien de gauche. Dans un mail interne, le groupe de Patrick Drahi annonce que le journal sera transféré dans une structure à but non lucratif censée garantir « l’indépendance » du titre.

    Altice et Libé, c’est fini. Dans un mail interne diffusé par Altice France, ce jeudi, le groupe de Patrick Drahi et maison-mère de l’opérateur SFR, annonce que le quotidien de gauche sera transféré dans un nouveau « Fonds de dotation pour une presse indépendante ». Une filiale de cette structure, baptisée « Presse Indépendante SAS », va acquérir le journal, sa régie et sa société de développement technologique. Patrick Drahi a ainsi décidé de se séparer de ce titre qu’il avait racheté en 2014, avant de le « vendre », deux ans plus tard, à son propre opérateur.

    Dans sa missive, Altice France précise qu’il « dotera substanciellement » ce nouveau fonds pour éponger les dettes du journal, qui avoisineraient les 45 à 50 millions d’euros, « mais aussi [pour] lui donner, progressivement, les moyens nécessaires au financement de son exploitation future, et ainsi garantir son indépendance sur le long terme ». Ainsi, Libération « deviendra la propriété d’une structure non cessible et non capitaliste à but non lucratif ». Altice France précise que « tout mécène pourra abonder le Fonds de dotation à des fins non lucratives ». Patrick Drahi, lit-on, « continuera personnellement d’accompagner... 

    #paywall

    • Le transfert du quotidien « Libération » à une fondation suscite des réserves, Sandrine Cassini
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/05/15/le-transfert-du-quotidien-liberation-a-une-fondation-suscite-des-reserves_60

      Altice Médias, le groupe du milliardaire Patrick Drahi, a annoncé que le journal, dont il est propriétaire depuis 2014, allait être placé dans un « fonds de dotation pour une presse indépendante ».

      A l’heure où tous les journaux rêvent d’indépendance capitalistique, difficile de critiquer l’annonce faite par Altice Médias. Le groupe du milliardaire Patrick Drahi a annoncé, jeudi 14 mai, que Libération, dont il est propriétaire depuis 2014, allait être placé dans un « fonds de dotation pour une presse indépendante ». Le quotidien, créé par Jean-Paul Sartre et Serge July en 1973, sortira du giron d’Altice. Il ne dépendra plus d’un industriel, ne pourra plus être cédé et appartiendra à une structure à but non lucratif. « Moralement, éthiquement et journalistiquement, c’est un progrès », se félicite Laurent Joffrin, directeur de la publication, qui va rejoindre le conseil d’administration du fonds.

      Altice France, qui possède SFR, BFM-TV et RMC, assure qu’il « dotera substantiellement » la structure, et continuera à éponger les pertes du quotidien « tant que cela sera nécessaire », promet M. Joffrin. En 2018, le journal perdait encore 8,9 millions d’euros. De son côté, M. Drahi « continuera d’accompagner Libération », indique un courriel adressé aux salariés.

      Cette annonce soudaine a créé un sentiment contrasté au sein du journal. « L’équipe de Libération salue le projet, [mais] regrette que cette décision, d’une importance fondamentale dans l’histoire et pour l’avenir de Libération, ait été annoncée de façon inattendue et non concertée », se sont émus les salariés dans un communiqué.
      M. Drahi a-t-il l’indépendance de la presse chevillée au corps, ou sort-il à bon compte d’un quotidien encore fragile, malgré une hausse de ses ventes en 2019 et alors que la crise due au Covid-19 frappe durement la presse ? « S’il avait voulu s’en sortir facilement, il aurait pu tout vendre », rétorque M. Joffrin. « On a eu des propositions d’achat régulières depuis deux ans », assure-t-on au niveau interne.

      Demande de « garanties juridiques, financières et sociales »
      Mais quel prix aurait pu tirer le magnat des télécoms d’un journal fortement endetté ? Sûrement pas grand-chose. En revanche, le montage financier lié à cette fondation pourrait lui permettre de bénéficier d’un avantage fiscal important.
      En effet, Altice Médias ne cède pas pour 1 euro symbolique Libération à la fondation, mais le vend pour un « montant équivalent à la dotation faite au fonds », explique-t-on au sein du titre. Le montant du don atteindra au moins de quoi éponger la dette de Libération, comprise entre 45 millions et 50 millions d’euros, résultat de plusieurs années de déficits cumulés. Or ce don pourra bénéficier d’une réduction d’impôt de 60 %. Altice France pourrait ainsi récupérer une partie des sommes investies.

      Dans l’entourage de la direction, on fait valoir que la sortie de Libération d’Altice est la suite logique des désengagements successifs dans la presse. Le dernier titre cédé était L’Express, repris puis relancé par Alain Weill, par ailleurs PDG d’Altice Europe. L’expérience qu’a connue l’hebdomadaire n’est pas pour rassurer les journalistes. « On suit le même chemin. Il va y avoir une clause de cession pour réduire les coûts et on va déménager. On disparaît complètement des yeux d’Altice, alors qu’on était là et qu’on ne gênait personne », s’inquiète l’un d’eux. Le quotidien, installé dans le 15e arrondissement de Paris, avec SFR, BFM ou RMC, devrait regagner le cœur de la capitale d’ici la fin de 2020. Au sein du quotidien, on justifie ce déménagement en expliquant que Libération supportait des coûts de structure trop élevés par rapport à sa taille.

      Comment s’assurer que M. Drahi, tenu aujourd’hui de payer les factures du journal, restera bien au chevet de Libération ? « Il m’a toujours dit qu’il avait un faible pour Libération, et qu’il avait promis de l’aider, affirme M. Joffrin. Depuis, il a tenu parole. Et le laisser tomber ne serait pas bon pour son image. »
      Les salariés, eux, demandent « des garanties juridiques, financières et sociales, notamment en matière de dotation et d’effectifs », et souhaitent être associés à la gouvernance. « Des discussions vont s’ouvrir », promet-on à la direction. Seule certitude, Patrick Drahi vient d’amorcer un plan de réorganisation chez Altice Médias (BFM-TV, RMC…), faisant craindre de nouvelles coupes dans les effectifs.

      #fondation #fiscalité #presse #Libération #Patrick_Drahi

  • « Le #confinement, un puissant révélateur des inégalités d’accès à #Internet »

    « Le maire ne se fait pas d’illusions : la période de confinement, qui oblige les habitants à rester chez-eux pour ne pas propager le coronavirus, sera d’autant plus difficile à vivre avec un accès à Internet de piètre qualité. "En temps normal, on sait que certains lycéens éprouvent des difficultés à accéder à Internet pour étudier...", dit-il. »

    https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/le-confinement-un-puissant-revelateur-des-inegalites-d-acces-a-internet-84

    #fracture_numérique

  • Arnaud Lagardère, menacé par Amber Capital, recrute Sarkozy et Pepy pour le protéger
    https://www.latribune.fr/technos-medias/medias/arnaud-lagardere-menace-par-amber-capital-recrute-sarkozy-et-pepy-pour-le-


    Crédits : Philippe Wojazer

    La gouvernance du « gérant commandité » Arnaud Lagardère (3e actionnaire avec 7,33% des actions et 10% des droits de vote) est critiquée par le fonds activiste Amber Capital, désormais 2e actionnaire avec 10,58% des parts, qui cherche à le chasser du conseil de surveillance. La nomination de Guillaume Pepy mais surtout de Nicolas Sarkozy très proche du Qatar (aujourd’hui 13% des parts et 20% des droits de vote) et intime d’Arnaud Lagardère, vise à sauver la tête de ce dernier.
    […]
    Selon une source proche du dossier, la nomination de Nicolas Sarkozy, intime d’Arnaud Lagardère et très proche du Qatar (aujourd’hui 13% des parts et 20% des droits de vote), et de Guillaume Pepy, également très impliqué dans les relations économiques avec l’État de la péninsule arabique, vise à resserrer les rangs autour du fils unique de Jean-Luc Lagardère avant l’assemblée générale.

    Bataille autour des comptes de LC&M
    En plus des critiques sur les cessions « à la casse » des actifs du groupe, Amber a obtenu en octobre du tribunal de commerce de Paris la publication des comptes de la holding Lagardère Capital & Management (LC&M), qui détient la participation personnelle d’Arnaud Lagardère dans le groupe. Il souhaite notamment vérifier son niveau d’endettement, alors qu’un associé commandité est responsable indéfiniment des dettes de l’entreprise sur ses biens propres, et s’interroge sur l’utilisation et la destination des fonds versés par le groupe Lagardère à LC&M.

    *Arnaud Lagardère n’a pas obtempéré, ne montrant ses comptes qu’à un journaliste du$ Point lors d’un entretien en janvier, et a fait appel de la décision. Une audience est prévue en mars. Il a également immédiatement contre-attaqué, accusant le fonds activiste de mener une « campagne de déstabilisation » et lui réclamant 84 millions d’euros en guise de réparation.

  • Câbles sous-marins : Orange et Telxius s’associent
    https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/cables-sous-marins-orange-et-telxius-s-associent-840041.html


    Dunant fait 6.600 km de long et relie la France aux Etats-Unis. Il doit être mis en service cette année.
    Crédits : capture d’écran du site Telegeography – DR

    Dans le cadre de la mise en service du câble sous-marin transatlantique Dunant de Google, l’opérateur historique et la filiale de son homologue espagnol Telefonica vont se fournir mutuellement des liaisons terrestres en fibre optique en France et aux États-Unis.

    Sur le papier, c’est un deal gagnant-gagnant, où chacun profite des infrastructures de l’autre. Orange et Telxius, une filiale de l’opérateur historique espagnol Telefonica, ont annoncé ce mardi leur association en vue de la mise en service d’un nouveau câble sous-marin transatlantique. Il s’agit de Dunant, qui appartient à Google, et reliera courant 2020 la France à la côte est des États-Unis. Orange et Telxius disposeront respectivement de deux et une paires de fibre sur les douze que compte le câble. En France, Orange pourra compter sur ses câbles terrestres pour se connecter à Dunant. Mais l’opérateur historique ne dispose pas d’infrastructures aux États-Unis. C’est pourquoi il s’est associé à Telxius, qui possède des liaisons en fibre optique au pays de l’Oncle Sam. La problématique est, en miroir, exactement la même pour la filiale de Telefonica.

    Plus concrètement, Orange et Telxius « offriront et exploiteront des services de colocalisation dans leurs stations d’atterrissement respectives [là où Dunant retrouve la terre ferme, Ndlr] », à Saint-Hilaire-de-Riez (sur la côte ouest de la France) et à Virigina Beach (sur la côte est des États-Unis), précisent les deux groupes dans un communiqué commun. Telxius fournira aussi à Orange une liaison de sa station d’atterrissement à Ashburn, en Virginie. L’endroit est des plus stratégiques. « Il s’agit de la plus grosse concentration de data centers au monde, nous explique un bon connaisseur du dossier. C’est pourquoi on l’appelle la ’data centers valley’. » En clin d’œil à la Silicon Valley. En retour, en France, Telxius bénéficiera des liaisons d’Orange vers Paris et les principales villes de l’Hexagone.

    Explosion du trafic entre l’Europe et les États-Unis
    Cet accord permettra à Orange de disposer de davantage de capacité entre l’Europe et les États-Unis. Aux yeux de l’opérateur historique, il s’agit d’un impératif pour faire face à l’explosion du trafic de données entre le Vieux Continent et le pays de l’Oncle Sam. « Nous exploiterons deux paires de fibre optique d’une capacité de plus de 30 térabits par seconde entre la France et les États-Unis », détaille Jérôme Barré, le PDG d’Orange Wholesale et des réseaux internationaux du groupe, dans le communiqué. Pour le leader français des télécoms, Dunant constitue un investissement conséquent, lequel s’élève, selon nos informations, à plusieurs dizaines de millions d’euros. Sachant que le déploiement de ce câble coûte autour de 250 millions d’euros.

    Dans le cadre de cette entreprise, Orange collabore aussi avec Google pour lui fournir des liaisons en fibre optique terrestres en France. Cela permet au géant Mountain View de connecter ses data centers des deux côtés de l’Atlantique. A l’instar des opérateurs télécoms, Google voit dans les câbles sous-marins un moyen de faire face à l’essor du trafic de données. Ces dernières années, il a investi dans une dizaine de ces artères qui reposent au fond des mers, et sont si essentielles au bon fonctionnement d’Internet.

  • Télécoms : l’Arcep veut corriger ses cartes de couverture mobile
    https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/telecoms-l-arcep-veut-corriger-ses-cartes-de-couverture-mobile-838448.html


    La couverture 4G d’Orange en Côte-d’Or (Bourgogne), au nord de Beaune, d’après le site « Mon réseau mobile » de l’Arcep.
    DR

    Le régulateur des télécoms a lancé une consultation publique visant à améliorer et affiner les cartes de couverture en 2G, 3G et 4G qu’il met à disposition des Français.

    L’autorité n’a pas traîné ! L’Arcep a annoncé, ce mercredi, une campagne visant à améliorer significativement ses cartes de couverture mobile. Ces outils, qui sont disponibles via le site « Mon réseau mobile », permettent aux Français et aux pouvoirs publics de visualiser les territoires effectivement couverts en 2G, en 3G et en 4G par les opérateurs télécoms. Ces informations sont particulièrement utiles aux particuliers dans les territoires ruraux, où les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ne sont pas présents partout. Ces cartes, qui ont vu le jour en 2017, servent également aux collectivités, aujourd’hui très impliquées dans la couverture des zones dites « blanches » ou « grises », où le mobile ne passe pas, ou très mal.

    Problème : les informations fournies par l’Arcep font depuis longtemps l’objet de critiques. Beaucoup estiment que ces cartes ne sont pas suffisamment fiables. Et, en clair, que des territoires censés être correctement couverts sur le papier, ne le sont, en réalité, pas du tout. Dans un rapport récent sur la couverture numérique du territoire, les députés Laure de la Raudière (Agir) et Eric Bothorel (LREM), s’en sont fait l’écho. Il existe, déplorent les parlementaires, « un décalage préoccupant entre les cartes de couverture et la réalité perçue sur le terrain ».

    « Un décalage entre la couverture mesurée et celle ressentie »
    « En dépit des progrès réalisés, il existe aujourd’hui un décalage notable entre la couverture mobile mesurée par l’Arcep et la couverture ressentie par les citoyens, détaillent Laure de la Raudière et Eric Bothorel. Cet écart explique d’ailleurs le recours croissant, de la part des collectivités, à des outils leur permettant de réaliser leurs propres cartes de couverture. »

    Des critiques dont l’Arcep a pris bonne note. « Vous nous dites que nos cartes sont fausses => nous les changeons ! (Ou : quand c’est compliqué, il faut savoir avancer en mode essai/erreur, sinon on ne bouge jamais) », a affirmé Sébastien Soriano, le président du régulateur des télécoms, ce mercredi sur Twitter. Dans un communiqué, l’Arcep affirme vouloir améliorer la fiabilité de ses cartes. « Jusqu’à présent, une carte est considérée comme fiable par l’Arcep si son taux de fiabilité est supérieur ou égal à 95%, précise l’institution. L’autorité souhaite fixer ce seuil à 98%, et lance ce jour une consultation publique sur un projet de décision en ce sens. »

    L’amélioration des cartes prendra du temps
    Dans son appel à consultation publique, l’Arcep rappelle la manière dont sont élaborées ses cartes. Jusqu’à présent, les opérateurs transmettent à l’autorité, chaque trimestre, des cartes « réalisées par simulation informatique » précisant la disponibilité de leurs services 2G, 3G et 4G. L’Arcep vérifie ensuite leur fiabilité grâce à des campagnes de mesure sur le terrain. Celles-ci sont réalisées « soit sur l’intégralité des zones déclarées couvertes par les opérateurs, soit une partie de celles-ci, sélectionnées par échantillonnage ».

    Les nouvelles cartes de l’Arcep ne seront, quoi qu’il en soit, pas disponible tout de suite. La consultation publique est ouverte jusqu’au 6 mars. Et il faudra, ensuite, du temps au régulateur pour analyser les avis reçus, et mettre en place de nouvelles manières d’améliorer les cartes.

    « Nous voulons stimuler les opérateurs »
    Aux yeux de Sébastien Soriano, ces cartes n’ont rien d’un gadget. Elles constituent un élément important de sa politique de « régulation par la data ». En braquant les projecteurs sur les zones les moins bien couvertes par les opérateurs, l’institution espère inciter les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free à y investir et à y déployer des antennes. « Nous voulons stimuler les opérateurs », affirmait Sébastien Soriano en septembre 2017, lors de la présentation du site « Mon réseau mobile ». Avec ses cartes, le chef de file du régulateur espère donner un coup de fouet à la concurrence par la qualité des réseaux, en plus de celle, déjà vive, sur les prix.

  • Amazon mis en cause par ses propres employés, notamment pour son empreinte carbone
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/01/27/amazon-mis-en-cause-publiquement-par-ses-propres-employes_6027316_4408996.ht

    Plus de 300 employés d’Amazon ont signé de leur nom dimanche 26 janvier des critiques contre la grande entreprise américaine spécialiste de la distribution, notamment sa politique environnementale, en guise de défiance du règlement intérieur qui suppose une autorisation préalable de la hiérarchie. La publication de ces témoignages sur le site Medium a été organisée par le groupe Amazon Employees for Climate Justice (AECJ), qui pousse l’entreprise à aller plus loin dans son plan de mitigation annoncé à (...)

    #Amazon #écologie #conditions #travailleurs #AmazonEmployeesforClimateJustice-AECJ #AWS

    • Plus de 350 employés Amazon critiquent sa politique environnementale
      https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/plus-de-350-employes-amazon-critiquent-sa-politique-environnementale-83806

      Plus de 350 salariés Amazon ont signé dimanche une liste de critiques à l’encontre du géant de l’e-commerce, notamment à l’égard de sa politique environnementale. Un règlement récemment adopté au sein de l’entreprise interdit aux employés de s’exprimer publiquement sur les activités du groupe.

      Protestation chez Amazon. Plus de 350 salariés du géant de l’e-commerce ont signé dimanche des critiques contre leur employeur, notamment à l’égard de sa politique environnementale. Détail qui n’en est pas un : tous ont signé de leur propre nom, en guise de défiance du règlement intérieur qui suppose une autorisation préalable de la hiérarchie.
      […]
      Le 19 septembre, Jeff Bezos, fondateur de l’entreprise et accessoirement l’homme le plus riche du monde, a pris des engagements publiquement en matière d’environnement promettant notamment qu’Amazon atteindra la neutralité carbone en 2040. C’est insuffisant selon l’AECJ, qui réclame d’y arriver dès 2030.

      Mark Hiew, directeur marketing chez Amazon juge que « ce n’est pas le moment de réduire des gens au silence. Nous avons besoin de règles qui encouragent un discours plus ouvert, plus de solutions et une action plus déterminée et concertée sur le changement climatique et ses causes ».

      Amazon n’a pas répondu à une demande de réaction de l’AFP mais, un article du Washington Post (propriété de Jeff Bezos et qui se fait beaucoup l’écho de l’AECJ) cite un porte-parole Drew Herdener, qui explique qu’Amazon encourage les employés à s’exprimer mais en interne par le biais de différentes plateformes à leur disposition.

  • Comment les USA asservissent les autres pays, notamment la France et l’Europe ? Série d’articles dans la Tribune :

    Souveraineté : la France en état d’urgence absolue (1/11)
    https://www.latribune.fr/economie/france/souverainete-la-france-en-etat-d-urgence-absolue-1-13-836790.html

    Souveraineté juridique : la soumission de la France aux lois américaines (2/11)
    https://www.latribune.fr/economie/france/souverainete-juridique-la-soumission-de-la-france-aux-lois-americaines-2-1

    Washington a organisé un pillage des données des entreprises françaises" Raphaël Gauvain (3/11)
    https://www.latribune.fr/economie/france/washington-a-organise-un-pillage-de-donnees-des-entreprises-francaises-rap

    Souveraineté numérique : les nuages noirs s’amoncellent (4/11)
    https://www.latribune.fr/technos-medias/souverainete-numerique-les-nuages-noirs-s-amoncellent-4-13-836810.html

    Les sanctions, reflets de la suprématie américaine
    https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/les-sanctions-reflets-de-la-suprematie-americaine-837050.html

    Les articles 5 à 11 ne sont pas encore parus.

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