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  • À cause des humains, l’#Amazonie émet plus de #gaz_à_effet_de_serre qu’elle n’en absorbe
    https://www.numerama.com/sciences/696775-a-cause-des-activites-humaines-lamazonie-contribue-au-changement-cl

    Jusqu’à maintenant, les recherches se concentraient surtout sur les émissions de dioxyde de #carbone (#CO2) et, en la matière, l’Amazonie semblait toujours absorber davantage qu’elle n’en rejetait. Mais ce nouveau travail publié mi-mars étend la recherche à d’autres gaz que le carbone, et plus particulièrement le #méthane (CH₄), ainsi que du protoxyde d’azote (N₂O). Résultat, l’équilibre actuel apparait bien plus fragile que ne le montraient de précédentes études.

    « Nous concluons que le réchauffement actuel dû aux agents non-CCO2 (en particulier le CH₄ et le N₂O) dans le bassin de l’Amazone contrebalance largement — et dépasse très probablement — le service climatique fourni par l’absorption du CO2 atmosphérique », estiment les auteurs de l’étude. Ce déséquilibre signifie non seulement que l’Amazonie ne peut plus aider à contrebalancer les émissions de gaz à effet de serre émises par les êtres humains ; mais qu’elle s’inscrit alors dans un cycle nourrissant le changement climatique.

    Qui plus est, le réchauffement du #climat accentue la boucle : « Des projections récentes suggèrent qu’une augmentation de la température de 4°C dans les zones humides tropicales d’Amérique du Sud pourrait doubler les émissions régionales de [méthane], déjà importantes », écrivent les auteurs. À mesure que le climat se réchauffe, l’Amazonie libère des gaz à effet de serre, qui contribuent à au réchauffement.

    LES ACTIVITÉS HUMAINES AU CŒUR DU PROBLÈME

    Le constat n’est pas vraiment une surprise, mais il se trouve les raisons de ce déséquilibre sont à trouver dans les activités humaines et comment elles dérèglent l’écosystème du bassin de l’Amazonie.

    Les auteurs citent de nombreux exemples, comme l’#inondation consécutive à la construction de #barrages : cela diminue les niveaux d’oxygène aquatique et augmente la décomposition anoxique de la matière organique, libérant des quantités importantes de méthane dans l’atmosphère. « Cet effet est potentiellement 10 fois plus fort dans les systèmes tropicaux que pour les barrages en milieux tempérés », écrivent les scientifiques.

    À cet exemple il faut ajouter les incendies causés par la #déforestation effrénée et souvent illégale : les feux libèrent des gaz à effet de serre ; mais toute cette surface qui part en fumée représente aussi au long terme de la biomasse en moins pour absorber le dioxyde de carbone contenu dans l’atmosphère. En résumé, à cause de l’impact humain, l’Amazonie génère toujours plus de gaz à effet de serre, mais peut de moins en moins en absorber.

    Victime de l’Homme, la forêt amazonienne aggraverait désormais le réchauffement climatique | National Geographic
    https://www.nationalgeographic.fr/environnement/victime-de-lhomme-la-foret-amazonienne-aggraverait-desormais-le-r

    Frontiers | Carbon and Beyond : The Biogeochemistry of Climate in a Rapidly Changing Amazon | Forests and Global Change
    https://www.frontiersin.org/article/10.3389/ffgc.2021.618401/full

  • « Le gouvernement a un plan pour que la justice bloque mieux les sites web » « Objectif : bloquer plus efficacement, en impliquant davantage d’intermédiaires techniques. » [par exemple les auteurs de logiciels, ou bien les gérants de magasins d’applications comme le Play Store ou l’App Store]

    https://www.numerama.com/politique/702015-le-gouvernement-a-un-plan-pour-que-la-justice-bloque-mieux-les-site

    #DoH #Firefox

  • QAnon, anti-vaccin : ils traduisent les théories du complot américaines en français
    https://www.numerama.com/politique/691165-qanon-anti-vaccin-ils-traduisent-les-theories-du-complot-americaine

    Cela fait presque deux ans que nous avons signalé ce phénomène, mais il se produit encore aujourd’hui. Les membres de la famille royale européenne organisent encore des parties de chasse à l‘homme où des adolescents sont violés et tués, et où les organes sexuels sont accrochés aux murs comme trophées. » La phrase d’accroche de la vidéo « Les Familles Royales Chassent Les Enfants Littéralement » résume crûment les 17 minutes de théories du complot qui vont suivre.

    Rumble, MeWe, Minds : bienvenue dans l’alt-tech, les réseaux sociaux de l’extrême droite et la complosphère
    https://www.numerama.com/politique/697839-rumble-mewe-minds-bienvenue-dans-lalt-tech-les-reseaux-sociaux-de-l

    La montée en puissance des discours d’extrême droite et des complotistes français est aidée par des #réseaux_sociaux d’un genre particulier : l’alt-tech. Sur ceux-ci, il n’y a pas de censure, ni de modération. Ils sont de plus en plus nombreux à les rejoindre, créant un #internet parallèle.

    C’est facile de se moquer par #Berth
    http://berth.canalblog.com/archives/2021/03/11/38849279.html


    #néonazis #Qanon #complotistes #suprémacistes

  • Cette nuit, un incendie a touché les centres de données d’#OVH à Strasbourg. Parmi les bâtiments présents sur ce site, SBG-2 est entièrement détruit, SBG-1 endommagé, et les autres bâtiments sont coupés du réseau pour une durée indéterminée. Il semble qu’il s’agisse d’un des plus graves accidents ayant touché un centre de données, une sorte de Fukushima du cloud (mais, heureusement, sans aucune victime humaine).

    À l’heure actuelle, il est trop tôt pour spéculer sur les causes exactes de l’incendie.

    Une leçon important : cloud ou pas cloud, il faut toujours faire des sauvegardes, et hors-site. Et tester qu’elles sont bien faites, et restaurables. TOUTE MACHINE PHYSIQUE PEUT TOMBER EN PANNE OU DISPARAITRE À TOUT MOMENT.

    Le ticket chez OVH : http://travaux.ovh.net/?do=details&id=49484

    L’article de Next Inpact : https://www.nextinpact.com/article/46373/ovhcloud-feu-se-declare-a-strasbourg-partie-site-detruit

    Celui des Dernièrees Nouvelles d’Alsace : https://www.dna.fr/faits-divers-justice/2021/03/10/strasbourg-important-incendie-dans-une-entreprise-situee-sur-un-site-seveso-au-p

    https://pbs.twimg.com/media/EwGnLzGWgAANwwT?format=jpg&name=large

  • Pôle emploi permet à n’importe qui d’obtenir les CV de Français beaucoup trop facilement
    Moran Kerinec 17 décembre 2020 - Société

    https://www.numerama.com/politique/676640-pole-emploi-permet-a-nimporte-qui-dobtenir-les-cv-de-francais-beauc

    Supposées épauler le retour à l’emploi, les petites annonces de Pôle emploi sont sclérosées d’annonces fallacieuses. Des escrocs exploitent la faible sécurisation de la plateforme pour récolter les données personnelles des candidats et leur proposer directement des emplois frauduleux. Notre enquête montre combien il est beaucoup trop facile pour n’importe qui d’avoir accès aux informations personnelles de nombreux demandeurs d’emploi en France.

    Furieuse, Fiona claque la porte d’un appartement lillois. La jeune femme pensait passer un entretien pour un poste d’hôtesse d’accueil dans un hôtel au Touquet. Elle s’est vu proposer une position d‘escort-girl. L’annonce à laquelle elle répondait provient pourtant du site de Pôle emploi, et possédait les caractéristiques d’une offre classique émise par une agence d’événementiel. Interloquée, Fiona en fait part à son conseiller Pôle emploi. « Il m’a dit que c’était trop compliqué de tout gérer, qu’ils ne peuvent pas forcément déceler les fausses annonces », se remémore la jeune femme avec dépit.

    L’expérience de Fiona n’est pas isolée : les offres frauduleuses abondent sur le site de Pôle emploi. Désormais, de nombreux « recruteurs » ne s’embarrassent plus de poster leurs offres sur la plateforme, et expédient directement des propositions douteuses dans les boîtes mails des demandeurs d’emploi. Au choix parmi les postes proposés : collecte de loyers impayés, mise sous pli d’enveloppe de publicités, chargé d’accueil en magasin ou chauffeurs d’un jour. Les offres varient, mais toutes sont des escroqueries. « Dans l’ensemble, les offres se ressemblent, outre les fautes d’orthographe : un travail simple et bien rémunéré », explique Mélanie, jeune femme inscrite sur la plateforme. « Quasiment tous les mois je recevais des mails comme ceux-ci, pour des ‘missions’ diverses et variées », abonde Edouard, dans la même situation.

    • Chômeurs et cibles des escrocs
      4 mars 2021 Par Cécile Hautefeuille

      Allocations chômage détournées. Offres d’emploi frauduleuses. Données personnelles pillées et chômeurs plumés : les arnaques visant les demandeurs d’emploi se multiplient depuis le début la crise. Enquête sur les méthodes des escrocs.

      Son espace personnel était toujours à son nom. C’était bien la seule chose qui lui appartenait encore. Laura, 24 ans, vient de se réinscrire à Pôle emploi, après un licenciement. En voulant réactiver son espace personnel, créé il y a quelques années, elle a eu une désagréable surprise. « Je n’y avais plus accès. Mon mot de passe ne fonctionnait plus. J’ai alerté mon agence et une conseillère a découvert que mon profil avait été piraté. Quelqu’un s’était installé à ma place ! », s’étonne la jeune femme.

      Presque toutes les informations personnelles de Laura ont été remplacées. Numéro de Sécurité sociale, coordonnées (à l’exception du numéro de téléphone portable), parcours professionnel et RIB, relevé d’identité bancaire. « Heureusement que je n’ai pas perçu d’allocations. Elles auraient été versées sur un autre compte en banque ! », soupire Laura. L’espace personnel de la jeune femme est désormais entre les mains de Pôle emploi qui doit « le nettoyer ». En attendant, elle est privée de ses allocations. Son dossier est bloqué. Elle attend depuis un mois et demi.

      Le détournement de RIB pour siphonner les allocations des chômeurs est un phénomène connu de Pôle emploi. Il semble s’intensifier depuis le début de la crise sanitaire, selon des courriels internes que Mediapart a pu consulter, dans différentes régions. Combien de personnes ont été escroquées ? Combien de RIB détournés ? Sollicité, Pôle emploi n’a pas souhaité confirmer cette information ni quantifier les dommages.

      Les usurpateurs utilisent des RIB de néo-banques du type Compte Nickel, So Shop ou encore Treezor. Des comptes simples et rapides à ouvrir chez un buraliste. Ils se gèrent en ligne et permettent d’obtenir un relevé d’identité bancaire en deux temps trois mouvements.

      Pour les substituer aux RIB des demandeurs d’emploi, les escrocs ont différentes techniques. Pirater l’espace personnel. Ou se faire passer pour le titulaire du profil et réclamer, par courrier ou au téléphone, la modification du RIB. Pôle emploi a renforcé sa vigilance et exige désormais que les demandeurs d’emploi se déplacent en agence, avec une pièce d’identité, pour toute demande de modification de RIB.

      « Notre système informatique a également été amélioré, précise N., directrice d’une agence. Dorénavant, il croise les RIB identiques déposés sur différents profils de demandeurs d’emploi. S’il ne s’agit pas d’un couple, on bloque. Et on vérifie. »

      Pôle emploi doit régulièrement s’adapter. « Les escrocs ont une imagination sans limite pour essayer d’arnaquer les demandeurs d’emploi », raconte un agent. Celui-ci s’interroge : « Dès que nous mettons à jour le système informatique, il est contourné en quelques heures. »

      Les escrocs semblent bien maîtriser le fonctionnement de Pôle emploi. Ils s’en servent pour se faire passer pour des agents et récupérer des informations personnelles de demandeurs d’emploi. Ils appellent le 3949 (numéro unique de Pôle emploi), le 3995 (numéro destiné aux recruteurs) voire directement des numéros de téléphone fixe dans les agences.

      Au bout du fil, le discours est généralement bien rodé et le débit rapide, pour feindre une demande à caractère urgent. Les personnes malveillantes ont une fine connaissance des outils et du jargon de Pôle emploi et peuvent se faire passer pour un agent du service fraude.

      Des mises en garde internes que Mediapart a pu consulter en 2020 et 2021 sensibilisent les agents de Pôle emploi sur ces appels douteux. « Parfois ils essaient juste de récupérer des identifiants ou des infos sur les demandeurs d’emploi, explique un agent. On pense aussi qu’ils agissent pour le compte d’organismes de crédits ou de banques pour vérifier la solvabilité des personnes ou leur situation familiale. »

      Offres d’emploi frauduleuses : les escrocs s’adaptent vite

      Là encore, le problème n’est pas nouveau. Il empoisonne Pôle emploi et les chômeurs depuis des années. Les offres d’emploi frauduleuses parviennent encore, malgré tous les boucliers érigés par l’établissement, à être diffusées sur son site internet. Essentiellement les soirs et les week-ends, quand les agents ne peuvent intervenir. Nous l’avons constaté en naviguant sur le site (voir l’onglet Prolonger).

      Le but de la manœuvre : entrer en contact avec des chômeurs, récupérer leurs données personnelles et des documents administratifs ou bancaires (pièces d’identité, RIB). Et dans le pire des cas, leur extorquer de l’argent.

      Ces offres sont souvent séduisantes : un travail en CDI, présenté comme facile, bien rémunéré et ne nécessitant pas d’expérience ou de qualification particulière. « Depuis le début de la crise, on voit aussi apparaître des offres proposant de travailler depuis son domicile, ce qui a tendance à rassurer, vu le contexte », détaille Jean-Jacques Latour, responsable de l’expertise cybersécurité sur le site gouvernemental d’assistance et prévention en sécurité numérique.

      Quand un demandeur d’emploi postule, il reçoit rapidement un mail du prétendu employeur flattant sa candidature et lui promettant une embauche.

      Éric en a fait l’amère expérience. Il a répondu à une offre d’agent de manutentionnaire. La réponse n’a pas traîné. Son interlocuteur lui proposait de le recruter et de lui envoyer un chèque de près de 2 000 euros : 450 euros d’avance de salaire et le reste, pour acheter du matériel auprès d’un « fournisseur particulier ».


      Le mail reçu par Eric après sa candidature © Capture d’écran Le mail reçu par Eric après sa candidature © Capture d’écran

      C’est la principale méthode des escrocs : adresser un chèque – qui va se révéler faux quelques jours après encaissement – et extorquer l’argent envoyé au prétendu fournisseur.

      Éric a flairé le mauvais coup et n’a pas donné suite. Après vérification, il s’est aperçu que l’employeur n’existait plus. La société avait été dissoute. Les escrocs ont utilisé le nom et le numéro de SIRET comme une façade pour poster une offre d’emploi.

      Éric est furieux. Contre les arnaqueurs « des fourbes qui s’en prennent à des précaires ». Et contre Pôle emploi « qui laisse passer ces annonces sans vérifier ». Il a d’ailleurs prévenu sa conseillère. « Sa seule réponse a été de m’envoyer promener ! Elle m’a dit que je ne devais pas lui écrire directement mais passer par mon espace personnel. Aucune réponse sur le fond, ils s’en foutent ! »

      Éric n’a jamais été recontacté par son agence à ce sujet. Pourtant, sur des documents internes de l’opérateur, il est stipulé dans la rubrique « éléments de langage » que « Pôle emploi contacte systématiquement les demandeurs d’emploi susceptibles d’avoir reçu une proposition frauduleuse ».

      L’autre méthode des escrocs consiste à entrer directement en contact avec les chômeurs qui déposent leur CV dans la base de données de Pôle emploi. Les demandeurs d’emploi sont d’ailleurs fortement incités à le faire pour prouver leur « recherche active » d’un travail.

      Les individus malveillants n’ont qu’à se servir. Des centaines de milliers de profils sont à leur disposition avec les noms, adresses, e-mails et numéros de téléphone. Le journaliste indépendant Moran Kerinec a récemment réalisé pour Numerama une enquête très fouillée sur le sujet. Il démontre la facilité déconcertante avec laquelle n’importe qui peut s’inscrire comme particulier employeur sur le site de Pôle emploi. Et naviguer au milieu d’un océan de CV et de données.

      Il est donc aisé d’hameçonner les e-mails et d’envoyer de fausses propositions d’emploi. Certaines sont bien connues des chômeurs, habitués à recevoir, dès la mise à jour de leur CV, des propositions farfelues. « Mise sous pli », « récupération de loyers », « chauffeur privé ». Ces offres, truffées de fautes d’orthographe, sont régulièrement partagées sur des sites d’entraide ou les réseaux sociaux. Pour que personne ne tombe dans le panneau.

      Mais les escrocs s’adaptent. Vite et bien. Ils envoient désormais des offres mieux rédigées. Et très personnalisées.

      Sandrine, 21 ans, a ainsi été approchée il y a quelques semaines. Elle est illustratrice et inscrite à Pôle emploi. Son CV est en ligne. Elle a reçu par mail une proposition « d’un soit-disant notaire qui voulait passer commande pour la réalisation d’affiches. Son mail était très long et précis, raconte la jeune femme. Tout correspondait bien à mes compétences. J’ai dit que j’étais partante ».

      En retour, le correspondant lui réclame un RIB, pour la rémunérer. Sandrine s’exécute. Moins d’une heure plus tard, le pseudo-notaire lui renvoie un mail. « Il m’explique s’être trompé et avoir envoyé 3 500 euros au lieu de 350. Il me demande de lui rembourser la différence. À partir de là, je n’ai plus répondu. » Bien sûr, l’argent n’est jamais arrivé. Et le RIB de Sandrine est désormais dans la nature.

      Pôle emploi a bien conscience du phénomène. En 2017, l’opérateur communiquait sur le sujet et annonçait avoir débusqué 11 000 offres frauduleuses, l’année précédente, sur son site. Des chiffres officiels très en deçà de la réalité ?

      Mediapart a pu consulter des documents internes, émanant du service de prévention des fraudes. Entre juin 2017 et mars 2018, plus de 85 000 offres d’emploi avaient été « diffusées puis annulées » en raison de leur caractère suspect. Soit 4 % des offres diffusées à cette époque.

      En 2018, toujours selon des documents internes, 140 356 offres frauduleuses avaient été diffusées puis supprimées. Combien en 2019 ? En 2020 ? Nous n’avons pas pu accéder à ces chiffres et Pôle emploi ne les communique pas.
      Document interne de Pôle emploi donnant les chiffres de 2018


      © capture d’écran Document interne de Pôle emploi donnant les chiffres de 2018 © capture d’écran

      Dans son rapport d’activité 2019, le service prévention des fraudes détaillait les « adaptations constantes des paramètres » visant à détecter ces offres frauduleuses et en déplorait le contournement systématique et rapide.

      Les boucliers sont sans cesse renforcés et Pôle emploi assure aujourd’hui à Mediapart que les offres sont « toutes contrôlées automatiquement par des algorithmes qui évoluent en permanence, afin de détecter les offres suspectes » et « diminuer significativement le nombre d’offres et de contacts suspects sur le site ».

      Quant au hameçonnage des données, il est reconnu comme « l’un des grands phénomènes contre lequel lutte Pôle emploi ». L’opérateur sécurise autant que possible les espaces recruteurs via des processus de « certification », mais ne souhaite pas les rendre publics pour éviter qu’ils ne soient contournés.

      Enfin, en 2019, un partenariat a été noué avec le site gouvernemental de lutte contre la cyber-malveillance. L’année dernière, 800 signalements de « fraudes à l’emploi » y ont été recensés.

      « Nous voyons bien que ces arnaques sont en hausse depuis le début de la crise, précise Jean-Jacques Latour, responsable de l’expertise cybersécurité sur le site cybermalveillance.gouv.fr . ll y a davantage de demandeurs d’emploi. Davantage de fragilités à exploiter. Les escrocs appuient sur la tête des gens qui se noient. »

    • J’ai reçu beaucoup, vraiment beaucoup de réponses après l’article sur le patriarcat patronymique et ça m’a donné envie de faire une suite. Il y a eu des témoignages sur les situations absurdes qui ont encore lieu. Rappelons que, officiellement, la loi dit que les époux peuvent conserver leur nom de naissance comme nom d’usage, ou alors utiliser le nom de l’époux ou de l’épouse, ou les deux noms. Ça, c’est la théorie.

      Dans les faits, les entreprises et administrations ont décidé qu’une femme mariée devait utiliser le nom de son mari et qu’un homme marié devait conserver son nom de naissance. (J’ai d’ailleurs appris que cela avait un nom : la subordination patronymique.)

      Et les maris qui souhaitent utiliser le nom de leur épouse ? Ils sont mal barrés. Les couples qui veulent être égalitaires rencontrent des obstacles. Ainsi, une lectrice me raconte qu’avec son mari ils ont décidé d’avoir chacun les deux noms de famille pour faire un nom composé. Mais pour lui, ça n’a pas été simple. « Après notre mariage civil, mon mari a souhaité qu’au sein de son entreprise il soit désigné par notre nom d’usage commun (le nom composé), ce à quoi les RH lui ont répondu que ce n’était pas possible (!), puis qu’il nous fallait faire la preuve d’un jugement administratif (ce qui n’est bien sûr pas vrai non plus). À force d’insistance, mon mari a eu gain de cause et a donc rempli un formulaire de demande de changement de nom d’usage auprès de l’entreprise… formulaire exclusivement pensé pour des femmes puisqu’il fallait indiquer son “nom de jeune fille” ! Le formulaire n’était absolument pas prévu pour une demande qui pourrait venir d’un “jeune homme” maintenant marié. »

      Autre exemple de complexification : « Mon collègue n’est pas marié et a eu un enfant. Ils ont décidé de donner les deux noms à leur enfant, celui de la mère en premier. En théorie là aussi tout à fait faisable. Il a eu un mal fou avec la mairie. L’employé ayant notamment exigé d’avoir une attestation précisant qu’elle était d’accord pour ne pas être reléguée au second plan ! » Ces problèmes de nom peuvent vous pourrir la vie, y compris en vacances : « J’ai le souvenir de ma mère qui ne pouvait pas utiliser sa carte bleue en Espagne puisqu’elle ne pouvait pas prouver que c’était bien la sienne avec sa carte d’identité. »

      Un point qui revient souvent chez les femmes qui ont décidé de ne pas céder et de faire respecter leur droit : on leur a répondu que c’était un problème de logiciel. Les logiciels ont été créés pour entretenir la subordination patronymique. Le nom d’épouse l’emporte toujours. Si le sujet vous intéresse, on m’a transmis cette interview très instructive d’une femme qui a été chargée de refaire les formulaires en ligne. Elle raconte les blocages auxquels elle a dû faire face pour effacer la case « nom de jeune fille ». Cela permet également de comprendre comment les choses se passent réellement (et en quoi cela résulte d’un manque de connaissance). « Les formulaires ne sont pas forcément faits en interne mais confiés à des prestataires qui répondent à des appels d’offre et qui eux-mêmes ne sont pas très informés. J’ai eu un coup de bol d’avoir été vigilante sur ce sujet et d’avoir tenu aux bons intitulés. »

      En attendant, le meilleur conseil, que je vous donnais déjà dans le précédent article sur le sujet : « On m’a donné une astuce à la mairie pour éviter qu’on me colle un nom qui n’est pas le mien : ne le notez nulle part, ne le mettez dans aucun papier, laisser “nom d’époux” vide partout... pour l’instant la seule admin qui m’a mis le nom du mari je lui ai fait rectifier direct. »

      Mais sommes-nous maudites ? Éternellement condamnées à ce bordel ?
      Eh bien non. La solution serait en vérité assez simple. Pour la trouver, il suffit de regarder chez nos voisins. Parce que le patriarcat patronymique, c’est un truc très français. Chez nos voisins, il est beaucoup moins marqué : « En Italie, en Belgique et au Luxembourg, la pratique du nom double par les femmes mariées est majoritaire. » En Espagne, on a imposé le double nom pour les enfants : « L’enfant a deux noms : le premier des noms de son père suivi du premier des noms de sa mère. Cependant depuis une réforme récente l’ordre des noms peut être inversé soit par les parents d’un commun accord, soit par l’enfant lui-même à sa majorité. »

      En réalité, nous sommes super en retard. Eliane Viennot m’avait conseillé d’aller regarder comment ça se passait en Grèce. Figurez-vous que la Grèce a adopté une loi en 1983 qui oblige les femmes mariées à conserver leur nom de naissance. Elles n’ont pas le choix. On ne change pas de nom en se mariant. Comme l’explique le Guardian : « Depuis trente ans, la Grèce est un pays test sur ce qui se passe si les femmes mariées ne changent pas leur nom. » Alors ? Comment se conclut ce test grandeur nature ? Deux problèmes se sont posés. Pour les profs des enfants qui ne savent pas comment appeler madame si elle n’a pas le même nom de famille que ses enfants. Ok, rien de grave. Et pour les couples grecs qui voyagent dans des pays du Moyen-Orient où il faut être marié pour partager une chambre. Leur nom étant différent sur les passeports, il arrive qu’on les soupçonne de mentir sur le fait qu’ils sont vraiment mariés.

      Voilà.

      C’est tout.

      (En 2008, un gouvernement conservateur est un peu revenu sur cette loi grecque, maintenant les femmes mariées peuvent utiliser le nom de leur mari ou les deux noms si elles le veulent mais la démarche est complexe et coûte beaucoup de temps et d’argent.)

      L’autre exemple dont nous pourrions nous inspirer, c’est celui du Québec. En 1980, le nouveau Code civil a imposé la non-modification du nom des époux (« Chacun des époux conserve en mariage ses nom et prénom »). Chacune et chacun conserve son nom de naissance. Point barre. Quant aux noms des enfants, comme en Grèce, aux parents de choisir (qu’ils soient mariés ou pas) s’ils donnent le nom du père, de la mère ou un nom composé. Et ils ne sont pas obligés de donner le même nom à tous leurs enfants. « Concernant les enfants, qui auparavant recevaient toujours le nom du père, les travaux de Louis Duchesne révèlent que des changements se sont rapidement produits. Lorsque le nom double est choisi, le nom de la mère vient en premier trois fois sur quatre. » Une lectrice m’avait signalé qu’avant cette modification du Code civil, garder leur nom de naissance était un combat continuel pour les femmes mariées. Donc, en gros, la situation des femmes françaises actuelles. On a seulement quarante ans de retard…

      Et le pire c’est qu’en France, tout le monde s’en fout. Les femmes galèrent avec ces histoires de noms et il n’y a pas un organisme vers lequel se tourner qui punirait les entreprises ou administrations qui imposent la subordination patronymique. (Oui, j’adore cette expression.) On ne peut même pas les signaler.

      Reste encore un souci : le nom des enfants. Nombreuses sont les femmes à regretter de ne pas avoir imposé que leur enfant porte leur nom en plus du nom du père. Certaines ont tenté de corriger la situation : « Je suis passée en mairie pour savoir comment ajouter mon nom à l’état civil de mon fils. Pensant accomplir une simple formalité. Il s’avère qu’il faudrait qu’un juge statue, et que j’ai pour cela des raisons valables. L’employée m’a bien fait comprendre VA-LA-BLE (grave). Porter le même nom que ses enfants ne semble donc pas valable en soi. Donc voilà, mon fils ne porte pas mon nom. Mais en fait personne ne vérifie jamais les papiers d’identité, alors je déclare partout mon fils avec les deux noms et voilà ! »

      Après recherche, on ne peut pas changer le nom de naissance, mais on peut ajouter en nom d’usage les noms des deux parents. Ça me semble la solution la plus simple. Le site du Service public le dit exactement : « Toute personne peut utiliser un double nom composé de son nom de naissance et du nom du parent qui ne lui a pas transmis son nom à la naissance. Il suffit que l’acte de naissance fasse apparaître la double filiation (indication du nom des deux parents). Ce nom sera un nom d’usage. Vous pouvez demander qu’il figure sur vos documents d’identité et qu’il soit utilisé par les administrations. » Pour une personne mineure, « le choix d’un nom d’usage doit être fait avec l’accord des parents. Il faut fournir une autorisation de l’autre parent quand vous refaites les papiers d’identité ». (S’il n’est pas d’accord, c’est direction juge des affaires familiales.)

      Si peu de temps et tellement de combats à mener. Mais c’est un combat qui mérite d’être mené, il ne faut pas le minimiser. Surtout quand j’ai lu la souffrance derrière certains messages : « J’ai pris le nom de mon mari parce qu’on m’avait dit que “pour les enfants c’était mieux”. Depuis, je regrette, je ressens comme une perte d’identité. Je ne me sens proche ni de mon nouveau nom, ni de l’ancien » ou « Une autre chose terrible avec les noms c’est qu’une veuve doit avoir sur ses papiers (passeport, etc.) “nom de jeune fille, veuve nom du mari”. Ma mère veuve à 59 ans doit garder cette douleur jusque dans ses papiers d’identité, son identité officielle c’est d’être veuve de l’amour de sa vie. Je lis que cette question a été abordée au Sénat en 2006 comme discrimination mais pour les papiers qu’on a dû faire il y a deux ans il lui a été exigé cette formule. » Derrière nos noms, il y a toute une histoire.

    • Pour la france historiquement c’est la princesse Claude de Chirac de notre bon président de droite cocaïnoman et proessainucléaire d’avant qui a permis que les deux noms des parents puissent être utilisés pour leur enfant. Ma fille est arrivée trop tôt, à la petite mairie la secrétaire a refusé, on avait pourtant décidé avec son père qu’elle porterait mon nom d’autant que le grand-père avait abandonné ses enfants, peine perdue, ils l’ont inscrit au #nom_du_père.
      J’étais furieuse, j’ai modifié les papiers avec mon crayon et elle a toujours porté quand c’était possible mon nom, sinon nos deux noms, au pire, le nom de son père comme obligée par la mairie.
      Dans ce forcing masculiniste il y a un soutien de la psychanalyse à la subordination patriarcale qu’il faut retrouver sur la nécessité symbolique du père, de l’allégeance à son phallus et donc de l’obligation de se soumettre à son nom le restant de ses jours et pour tous ses descendant·es.
      Bref, pour le passeport de ma fille maintenant majeure, le nom de sa mère est inscrit en nom d’usage, long gain de cause qui ne résoud pas grand chose du problème.

      je crois qu’ il y a un fil de discussion seenthis ouvert il y a longtemps sur ce problème et comment changer de nom.

  • Clearview AI envisage la création d’une effrayante app de reconnaissance faciale grand public
    https://www.numerama.com/tech/688886-clearview-ai-envisage-la-creation-dune-effrayante-app-de-reconnaiss

    Clearview a déposé un brevet dans lequel il projette toutes sortes d’usages plus inquiétants les uns que les autres pour sa technologie de reconnaissance faciale. Ce n’est qu’un brevet déposé au bureau américain de la propriété intellectuelle, mais il en dit long sur les ambitions inquiétantes de Clearview AI. Souvenez-vous de cette entreprise, exposée sous les projecteurs par le New York Times en janvier 2020. Elle se vantait d’avoir aspiré plus de 3 milliards de photos sur le web et de s’en servir (...)

    #Clearview #algorithme #biométrie #facial #reconnaissance #brevet

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  • Covid-19 : pourquoi la rave-party de Lieuron n’a-t-elle pas créé de cluster ?
    https://www.numerama.com/sciences/687401-covid-19-pourquoi-la-rave-party-de-lieuron-na-t-elle-pas-cree-de-cl

    En décembre dernier, les politiques et une partie du corps médical ont jeté l’opprobre sur les teufeurs d’une rave party organisée pour la St Sylvestre en Ille-et-Vilaine. Pour autant, il ne semble pas que cette fête interdite ait occasionné de cluster ni d’augmentation du nombre de cas en région. Que sait-on aujourd’hui de cette rave, et est-il possible d’extrapoler un retour des festivités malgré le contexte sanitaire ?

    • « 3 000 personnes qui se croisent les unes les autres, parfois plusieurs heures d’affilée, regroupées dans des lieux clos, partageant des repas et des boissons sans masque… Il y a des gens qui font ça tous les jours depuis septembre, et on les appelle ‘des élèves’ », souligne-t-il. « Ceux qui sont prompts à jeter l’opprobre sur cette fête (de façon générale, à raison, même si individuellement il y a des gens qui ont pris le risque uniquement individuel) devraient vérifier qu’ils n’ont pas normalisé des situations quasi équivalentes de façon quotidienne. »

  • Instagram censure #lesbians mais pas #lesbian : bienvenue en Absurdistan
    https://www.numerama.com/politique/686032-instagram-censure-lesbians-mais-pas-lesbian-bienvenue-en-absurdista

    Le réseau social masque actuellement le hashtag #lesbians. Ce fait révèle à quel point l’algorithme de modération d’Instagram fonctionne de manière arbitraire, se basant sur des règles de modération qui s’expliquent théoriquement, tout en restant sont discriminantes sur le fond. « Ce hashtag est masqué », peut-on lire sur la photo. « Les publications ont été limitées car la communauté Instagram a signalé du contenu susceptible de ne pas respecter ses règles ». Habituellement, sur Instagram, cliquer sur un (...)

    #Instagram #algorithme #pornographie #censure #modération #LGBT

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  • Robinhood : tout comprendre à l’app de trading au cœur de la polémique entre Reddit et Wall Street
    https://www.numerama.com/business/685643-robinhood-tout-comprendre-a-lapp-de-trading-au-coeur-de-la-polemiqu

    Alors que l’affaire entre Reddit, GameStop et Wall Street se répand sur la place publique, une application mobile fait l’objet de vives critiques, car elle est partie prenante de la controverse. Cette application, c’est Robinhood. C’est une affaire dans l’affaire. Ces derniers jours, il a beaucoup été question du cours de l’action de GameStop, une chaîne américaine de magasins de jeux vidéo, semblable à Micromania en France. Alors qu’il devrait refléter normalement les difficultés de la société face à (...)

    #algorithme #manipulation #bénéfices #finance #Robinhood

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  • Twitter a beau admettre une erreur, il suspend encore des comptes féministes
    https://www.numerama.com/politique/685231-twitter-a-beau-admettre-une-erreur-il-suspend-encore-des-comptes-fe

    De nouveaux comptes de militantes féministes ont été suspendus sur Twitter. Le réseau social avait reconnu lundi une « erreur » dans son algorithme de modération. Certains comptes Twitter sont encore suspendus, ce 27 janvier, après avoir posé la question « Comment fait-on pour que les hommes arrêtent de violer ». Numerama a été informé que les comptes des écrivaines Chloé Delaume et Pauline Harmange ont été suspendus pour avoir partagé la fameuse question, qui a fait beaucoup de bruit le week-end dernier (...)

    #Twitter #algorithme #censure #féminisme #modération #harcèlement

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  • Transfert de données vers Facebook : WhatsApp est menacé par une amende record en Europe
    https://www.numerama.com/tech/684351-transfert-de-donnees-vers-facebook-whatsapp-est-menace-par-une-amen

    Une amende importante pourrait être infligée à Facebook et WhatsApp en Europe, à cause d’un manque de transparence concernant le partage de données entre le réseau social et la messagerie instantanée. La sanction pourrait atteindre des sommets. Détenu par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), qui l’a infligée à Google pour des infractions commises avec Android, le record de l’amende la plus élevée prononcée au nom du Règlement général sur la protection des données (RGPD) (...)

    #Facebook #Instagram #WhatsApp #consentement #BigData #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #CNIL (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##domination
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  • Wikipédia fête les 20 ans d’une belle et exigeante utopie
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/01/14/wikipedia-fete-les-20-ans-d-une-belle-et-exigeante-utopie_6066271_4408996.ht

    La relative neutralité de l’encyclopédie en ligne écrite par les internautes doit beaucoup au tout petit noyau de ses contributeurs les plus actifs, dominés par des hommes attirés par le savoir.

    A cette époque, le dictionnaire était encore roi, et Internet encore en voie de démocratisation. Le 15 janvier 2001, une curieuse encyclopédie apparaît en ligne. Créée aux Etats-Unis par l’homme d’affaires Jimmy Wales et un jeune diplômé en philosophie, Larry Sanger, elle est accessible gratuitement et écrite par des bénévoles. On y trouve à ses débuts des articles sur l’histoire de la Bible, le naturalisme éthique, ou les Backstreet Boys.

    Wikipédia est accueillie fraîchement. « Beaucoup de gens pensaient qu’il était déraisonnable de confier son écriture à n’importe qui », se souvient Dominique Cardon, directeur du médialab de Sciences Po. Le cofondateur de Wikipédia partage cet avis lorsqu’il quitte le navire, au début de 2003 : Larry Sanger se dit fatigué par les « trolls » et les « anarchistes » qui y sévissent. Il part fonder Citizendium, une encyclopédie contributive pilotée par des experts.

    Wikipédia est désormais le quatrième site le plus visité en France

    Vingt ans plus tard, Citizendium est moribonde, mais Wikipédia est désormais le quatrième site le plus visité en France, non loin derrière Google, Facebook et YouTube. Grâce aux smartphones, l’encyclopédie est accessible partout, à tout moment : l’utopie californienne, qui autorise n’importe qui à contribuer au savoir, et fonctionne sans actionnaires, est toujours debout.

    Son corpus d’articles est devenu presque cent fois plus fourni que celui de l’Encyclopædia Universalis. Pour Dominique Cardon, Wikipédia a « élargi le domaine du savoir, touchant des thèmes auparavant négligés, comme les personnages de Pokémon. Les regards ont énormément changé. Il y a toujours des poches de résistance, mais Wikipédia est désormais accepté jusque dans l’éducation nationale, où il est devenu un outil pédagogique ».

    #Wikipédia #Communs

  • 3 000 déchets excavés d’un site archéologique, le désastreux symbole de « l’ère du plastique »
    https://www.numerama.com/sciences/680547-3-000-dechets-excaves-dun-site-archeologique-le-desastreux-symbole-

    Situé dans le parc national du Pembrokeshire, au Pays-de-Galles, le site de Castell Henllys abritait autrefois un village — une riche famille ainsi qu’une communauté d’une centaine de personnes. Ce village prenait place en ces lieux vers la fin de l’âge de fer, il y a un peu moins de 2 000 avant aujourd’hui. Les fouilles archéologiques ont permis de déterminer à quoi pouvait bien ressembler ce village, comment il était bâti. Alors, sur la base de ces découvertes, les archéologues ont construit, sur place, au début des années 1980, des reconstitutions des maisons rondes de ce village disparu, en se reposant sur les mêmes techniques et matériaux utilisés à l’époque.

    Le site est resté ouvert au public toutes ces années, à la fois aux touristes et aux visites scolaires. C’est une sorte d’expérience, dont le but scientifique peut se définir ainsi : observer et évaluer comment les matériaux de ces maisons se dégradent à travers le temps dans le sol, en raison des éléments de l’environnement, mais aussi par l’usage, le passage de nombreuses personnes.

    En 2018 puis en 2019, deux des maisons ont dû être reconstruites pour des raisons de sécurité. Ce fut l’occasion de faire des fouilles terrestres, comme un bilan d’étape de l’expérience archéologique. Au cours des excavations, les archéologues ont pu analyser comment les matériaux de construction s’étaient sédimentés dans le sol, et quel a été l’impact des nombreux passages. Mais ils ont aussi, voire surtout, découvert « une quantité inattendue de détritus en plastique » ayant perduré dans le sol, bien au-delà des prévisions, « indiquant comment, même dans des contextes bien gérés, le plastique pénètre dans les dépôts terrestres ».
    Pourquoi est-ce un signe de l’Anthropocène ?

    Le site est situé sur une colline relativement reculée, dans la campagne galloise, et les maisons sont régulièrement nettoyées après les visites touristiques et scolaires. Raisons pour lesquelles l’excavation d’une telle quantité de plastique était d’autant moins prévisible. La découverte met en exergue une forme de pollution persistante, cependant discrète pour l’œil humain de prime abord. « Dans un contexte de sensibilisation croissante au rôle du plastique dans la pollution marine, cette étude démontre son omniprésence terrestre », écrivent les auteurs de l’étude parue dans Antiquity.

  • Fichage politique et religieux : 7 questions sur l’extension des fichiers de renseignement
    https://www.numerama.com/politique/679906-fichage-politique-et-religieux-7-questions-sur-lextension-des-fichi

    Début décembre étaient publiés au Journal officiel trois décrets organisant l’élargissement de fichiers de renseignement. Début janvier, le Conseil d’État a validé cette extension. Retour sur cette évolution en sept grandes questions. Quels sont ces fichiers ? Le gouvernement a fait publier au Journal officiel du 4 décembre 2020 trois décrets qui élargissent la liste des données pouvant être recueillies dans trois fichiers de police qui ont maintenant quelques années, puisqu’ils ont été créés pendant la (...)

    #données #religion #profiling #surveillance #syndicat

    //c1.lestechnophiles.com/www.numerama.com/wp-content/uploads/2021/01/fichier-dossier-fichage.jpg

  • Trump termine son mandat avec une loi désastreuse pour l’environnement et la santé
    https://www.numerama.com/sciences/680164-trump-termine-son-mandat-avec-une-loi-desastreuse-pour-lenvironneme

    En apparence, elle contribue à la transparence, comme le défend l’actuel directeur de l’agence dans le Wall Street Journal. L’objectif : pour que des recherches scientifiques (en santé publique principalement) soient prises en compte dans l’élaboration d’une politique environnementale, il faut que les scientifiques diffusent les données de leurs travaux, mais toutes les données, y compris les dossiers médicaux privés contenant des éléments parfaitement confidentiels.

    Le projet de réglementation fait polémique dans le milieu scientifique depuis qu’il a été envisagé en 2018, car cette rupture du secret médical, n’étant pas éthique, devient un frein conséquent pour l’évolution des politiques dédiées à l’impact de la pollution sur la santé.

    Les conséquences désastreuses de la pollution sur la santé humaine font en effet partie des principaux leviers législatifs pour prendre des mesures d’assainissement environnemental. Une étude de mars 2020 publiée dans Cardiovascular Research (Oxford) montrait que la pollution de l’air provoque 8,8 millions de décès par an dans le monde, réduisant l’espérance de vie mondiale de 3 ans en moyenne.

    Face à l’imminence de son adoption, début décembre 2019, les plus grandes revues scientifiques du monde — Nature, Science, PNAS, The Lancet et bien d’autres — ont été jusqu’à publier une tribune commune faisant part de leur inquiétude.

    Pour ces revues scientifiques majeures, il ne faisait pas de doute que derrière une façade de transparence, la réglementation voulue par l’administration repose sur « un mécanisme permettant de supprimer l’utilisation de preuves scientifiques pertinentes dans l’élaboration des politiques, y compris pour les règles de santé publique ». En clair : ces données, privées, ne peuvent pas être éthiquement partagées. Or, elles apportent pour autant des informations pertinentes dans leur portée. In fine, la nécessité de rompre le secret médical risque d’empêcher la prise en compte des informations apportées par ces études.

  • La reconstruction du télescope Arecibo à Porto Rico se profile
    https://www.numerama.com/sciences/679466-la-reconstruction-du-telescope-arecibo-a-porto-rico-se-profile.html


    sharkhats, Flickr

    L’effondrement du bloc d’instruments suspendu au-dessus du radiotélescope Arecibo a marqué les esprits. À Porto Rico, les autorités souhaitent le reconstruire.

    Le célèbre télescope Arecibo, qui s’est effondré au début du mois de décembre alors que sa structure était grandement fragilisée par la rupture de câbles qui maintenaient en l’air le récepteur au-dessus de l’antenne, sera reconstruit. C’est en tout cas le souhait de Porto Rico, dont la gouverneure, Wanda Vázquez Garced, a promis une enveloppe de 8 millions de dollars le 28 décembre.

    L’effort financier consenti par l’île sera appuyé par d’autres aides, Wanda Vázquez Garced évoquant le concours des États-Unis ainsi que du secteur privé. À la suite de la perte du radiotélescope, l’un des plus grands jamais construits et l’un des plus iconiques, une pétition contenant 100 000 signatures a été adressée au Congrès des États-Unis après la catastrophe, en faveur de sa reconstruction.
    […]
    Spectaculaire, l’effondrement d’Arecibo n’a toutefois pas particulièrement précipité la fin du radiotélescope. En novembre, il avait été décidé de mettre l’installation hors service et de planifier sa démolition à cause de dommages trop importants. L’accès à l’installation avait alors été interdit et des drones avaient été placés dans les parages pour inspecter son état — ce qui a permis par hasard de filmer sa chute.