https://www.nouvelobs.com

  • A l’Assemblée, des députés LFI « anti-républicains » ou « ultra-républicains » ?
    https://www.nouvelobs.com/idees/20240703.OBS90607/a-l-assemblee-des-deputes-lfi-anti-republicains-ou-ultra-republicains.htm

    par Xavier de La Porte

    Tout d’abord, est-il vrai que les députés LFI ne se comportent pas comme les autres à l’Assemblée nationale ? « Sur la forme, oui, on peut dire qu’ils cassent les codes », explique un vieil habitué de l’Assemblée. « Déjà, ils ont imposé l’abandon du costume cravate, détaille-t-il, ce qui change pas mal l’atmosphère du lieu, devenue soudainement beaucoup plus décontractée. Ensuite, quand ils ne sont pas d’accord, ils l’expriment de façon véhémente… » Une autre précise : « il y a un côté garnements du fond de la classe. Ils donnent l’air de ne pas écouter et d’attendre l’occasion de sortir le bon mot qui fera marrer les copains ».

    Le moment privilégié est celui des « questions au gouvernement » qui, concentrant l’attention médiatique, permet d’obtenir l’effet maximal : « certaines sorties sont visiblement calibrées pour faire une vidéo efficace sur Instagram ou sur TikTok ». Etienne Ollion, qui est sociologue au CNRS et étudie la vie parlementaire, objective ces observations : « LFI a prolongé en 2022 une stratégie de scandalisation inaugurée en 2017, qui était une réussite de leur point de vue car elle lui avait permis de trouver audience et visibilité, y compris à l’extérieur de l’Assemblée. » Mais en 2017, les députés LFI étaient au nombre de 17, ils sont 75 depuis 2022. Pour Etienne Ollion, cela change les choses : « L’Hémicycle est un petit espace. Quand on s’engueule, c’est parfois à cinq mètres, on se postillonne presque dessus. » Cela explique certains qualificatifs qu’on a beaucoup entendus pour décrire le comportement des députés de la LFI, depuis « puérils » jusqu’à « insultants ».

    Mais est-ce vraiment là le « jeu parlementaire » ? La stratégie de « bordélisation », du « bruit et de la fureur », de LFI en est-elle vraiment une dangereuse négation ?

    Les habitués précisent qu’elle est principalement réservée aux « questions au gouvernement », qui ne représentent qu’une toute partie du travail parlementaire, le plus spectaculaire sans doute, mais pas le plus important. Or, nous précise l’une d’entre eux, « si l’on considère que jouer le jeu de l’institution se manifeste dans la rédaction d’amendements, les motions de censure et l’usage de tous les outils à disposition des parlementaires, on devrait même considérer que les députés LFI sont plutôt ultra-républicains ». Et même, « quand ils utilisent le droit d’amendement pour faire de grand discours de politique générale, c’est pénible, mais cela manifeste surtout une idée assez haute du débat parlementaire ».
    Utiliser à plein la fonction tribunicienne de l’Assemblée

    Dans tout le travail plus invisible, en commission notamment, les députés LFI ne se démarquent pas des autres partis, ni par le sérieux ni par le respect des procédures. Ils sont même « beaucoup plus nombreux à s’exprimer dans les discussions d’amendement », que leurs adversaires d’extrême droite, nous préciser une autre, ce qui est le signe qu’ils sont « beaucoup plus nombreux à travailler ». « Côté RN, nous précise-t-on, on voit bien qu’un ou deux ont été désignés pour parler, les autres sont là pour voter. »

    #Assemblée_nationale #LFI #Xavier_de_La_Porte

  • Elle a osé le dire : « Le meilleur rempart contre le Nouveau Front Populaire, c’est pas le RN, c’est nous », déclare Aurore Bergé chez Hanouna. :blobugh :

    https://mastodon.social/@paul_denton/112672337026222146

    https://stockage.framapiaf.org/framapiaf/cache/media_attachments/files/112/672/337/276/940/308/original/b4843081ea225163.mp4

    Un jour, il faudra faire une psychanalyse collective, afin de comprendre comment on a réussi à laisser des champion·ne·s pareil·le·s nous représenter, parler en notre nom, avoir accès à la parole publique, etc.

    • j’imagine qu’ils visent les triangulaires ; ils se préparent à justifier leur maintient au 2nd tour et vont tenter de tordre le bras aux « macronistes fâchés mais pas fachos ».

      Après, si par un hasard extraordinaire y a un tir de barrage au 1er tour, des triangulaires avec macronie-inside, y’en aura peut-être moins que « prévu ».

    • Je ne sais toujours pas quelle audience il faut donner à ces personnes mais pour documenter ce nouveau barrage (on pourrait chercher un verlantonyme, ragebar* ou bagarre ?, de qui galvaude tous les mots) :

      #Aurore_Bergé, donc
      https://www.dailymotion.com/video/x90v2fa

      24/06 à 17:44
      Aurore Bergé affirme que « le meilleur rempart face au Front populaire, c’est pas le RN, c’est nous »

      La ministre de l’égalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé affirme sur Europe 1 que « le meilleur rempart, notamment face au Front populaire, c’est pas le RN, c’est nous », en l’occurrence le camp présidentiel.

      La ministre a aussi assuré que « oui », elle renvoie dos-à-dos « les extrêmes » comme le fait Emmanuel Macron et a refusé de donner une consigne de vote pour les seconds tours aux élections législatives, expliquant que les macronistes sont « les seuls à pouvoir gagner aux seconds tours » des triangulaires les opposant à la gauche et au RN.

      https://www.bfmtv.com/politique/elections/legislatives/direct-legislatives-la-campagne-entre-dans-sa-derniere-ligne-droite-apres-la-

      "Lundi, dans l’émission de propagande de l’extrême droite de Cyril Hanouna sur Europe 1, Aurore Bergé a clairement planté l’enjeu des législatives. « Le meilleur rempart, notamment face au Front populaire, c’est pas le RN, c’est nous », s’est vantée la ministre déléguée à l’Egalité entre les femmes et les hommes et à la Lutte contre les discriminations – c’est cocasse. Un propos dans la lignée de celui de sa collègue secrétaire d’Etat #Sarah_El_Haïry qui, la semaine dernière, s’était déjà promis de faire "barrage" à l’union de la gauche."

      Front républicain : les « valeurs » plus très actuelles d’Aurore Bergé
      https://www.liberation.fr/politique/front-republicain-les-valeurs-plus-tres-actuelles-daurore-berge-20240625_

      La ministre en charge du Renouveau démocratique #Prisca_Thévenot appelle à faire barrage au Nouveau Front populaire. (itw BFMTV)

      Jun 21, 2024
      https://mastodon.social/@Brevesdepresse/112654937510328575


      #Jean-Yves_Le_Drian

      "En cas de duel entre le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire au second tour des élections législatives, Jean-Yves Le Drian, ex-ministre des Affaires étrangères, ne votera « jamais LFI ». Il se justifie en évoquant, dans un entretien à Ouest-France, « l’histoire de ce mouvement et d’un désaccord profond sur les valeurs et les méthodes ». En revanche, si une telle hypothèse se produit, « je n’aurai aucune difficulté à voter pour un candidat socialiste, écologiste ou communiste pour repousser le RN », assure-t-il."

      22 juin
      https://www.lexpress.fr/politique/legislatives-la-prediction-de-hollande-le-parti-qui-naura-jamais-le-vote-de

      Il faut aussi écouter les mots de ce professeur de philosophie, Daniel Salvatore Schiffer, invité sur le plateau, et à l’origine d’une pétition contre le Nouveau Front populaire, qui réunit la fine fleur de notre intelligentsia (Bernard Kouchner, Luc Ferry, Alexandre Jardin, Michel Onfray, Eric Naulleau, Pierre-André Taguieff, et, plus surprenant, l’éditeur Antoine Gallimard). Au second tour des législatives, en cas de duel entre le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire, Salvatore Schiffer nous apprend que « beaucoup des signataires de cette tribune voteront évidemment, parfois à contrecœur, pour le RN, pour faire front, pour faire barrage à LFI et au NPA, qui sont de fieffés antisémites, des antirépublicains, des gens qui prônent la violence dans la rue, qui ne respectent pas les lois du Parlement…
      – Vous demandez leur dissolution alors ?, demande, faussement candide, l’inoxydable Elisabeth Lévy, directrice de “Causeur”.
      – Pourquoi pas, pourquoi pas, mais c’est pas le sujet. »

      Du côté de chez Bolloré…
      « Pierre Arditi, il pense que c’est Adolf Hitler qui arrive au pouvoir ? »
      David Le Bailly
      Publié le 25 juin 2024
      https://www.nouvelobs.com/medias/20240625.OBS90195/pierre-arditi-il-pense-que-c-est-adolf-hitler-qui-arrive-au-pouvoir.html

      Faudrait faire un autre fil avec ce qui lui est lié, le discours sur "les extrêmes".

      * comme une rage room où ça se défoule ? de quoi ?

      Lien vers :
      "Le « barrage républicain » contre le RN s’effrite, la gauche principale repoussoir, selon notre baromètre Odoxa - Public Sénat" (25 juin)
      https://seenthis.net/messages/1059312

    • Par contraste ?
      Législatives 2024 : la sénatrice de l’Yonne Dominique Vérien (UDI) soutient le socialiste Nicolas Soret
      Mardi 25 juin 2024 à 12:42
      Coup de théâtre dans la 3e circonscription de l’Yonne (Sens, Joigny). La sénatrice Dominique Vérien, de l’UDI, annonce qu’elle soutient Nicolas Soret, le candidat socialiste du Nouveau Front Populaire, dans le but, dès le premier tour, de faire barrage au RN.
      https://www.francebleu.fr/infos/politique/legislatives-2024-dans-l-yonne-la-senatrice-udi-dominique-verien-soutient
      (circo de julien odoul)

    • Législatives : 57 % des Français « prêts à ce que l’extrême droite arrive au pouvoir », selon un sondage
      https://www.letelegramme.fr/elections/sondages/legislatives-57-des-francais-prets-a-ce-que-lextreme-droite-arrive-au-p

      Le « vote barrage » n’existe plus vraiment

      Alors qu’il avait été massif en 2002, puis encore très présent en 2017, le « vote de barrage » contre l’extrême droite n’existe plus vraiment, même pour ceux qui n’aiment pas le RN. Désormais, il joue même moins contre ce parti que contre les deux autres grandes forces rivales. Ainsi, la part de Français qui envisagent au-delà des autres raisons de leur vote, de voter pour « faire barrage au RN » (41 %) est moins importante que la part de ceux qui envisagent de « faire barrage » au Nouveau Front populaire (47 %) ou à la majorité présidentielle (44 %). Les sympathisants Renaissance sont, par exemple, plus nombreux à envisager de « faire barrage » au NFP qu’au RN (71 % contre 65 %).
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      (*) Sondage réalisé les 19 et 20 juin, auprès d’un échantillon de 1 002 personnes.

  • Nous voulons construire plus que des barrages
    https://www.latelierpaysan.org/Nous-voulons-construire-plus-que-des-barrages

    L’Atelier Paysan se situe naturellement plus volontiers du côté des mouvements sociaux que des rendez-vous électoraux. Pourtant, conscients du danger immense que représentent la poussée du RN et sa possible arrivée au pouvoir, nous apportons aujourd’hui clairement notre pierre aux fondations du nouveau front populaire. Entre les trois blocs - la macronie, l’extrême-droite et le front populaire - pas de tergiversations et nul besoin de mettre des conditions préalables : l’urgence est là. Partout, (...) Actualités

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/06/11/luc-rouban-politiste-la-generalisation-du-vote-rn-traduit-un-malaise-social-
    https://www.nouvelobs.com/economie/20230601.OBS74012/un-francais-sur-deux-saute-des-repas-d-autres-renoncent-a-aller-chez-le-c
    https://www.sciencespo.fr/cevipof/sites/sciencespo.fr.cevipof/files/Noteelectionseuropeennes_PHB%26FP_agriculteurseteuropeennes_mai2024_V2.pd
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/020324/sur-l-agriculture-les-lignes-erratiques-des-votes-du-rn

  • Pourquoi mépriser les électeurs RN est un vilain défaut
    https://www.nouvelobs.com/politique/20240616.OBS89835/pourquoi-mepriser-les-electeurs-rn-est-un-vilain-defaut.html

    Par Xavier de La Porte

    Analyse Le fossé entre l’électeur Rassemblement national et le « bobo » passe aussi par le diplôme et le rapport au savoir qu’il génère. S’y glisse une condescendance que la gauche peut dépasser en cessant d’être experte et en acceptant de rêver.

    Pourquoi tant de gens votent-ils pour le Rassemblement national ? Racisme, sentiment de déclassement et d’abandon, baisse du pouvoir d’achat, défiance envers les partis de gouvernement, attirance pour une nouveauté politique… ces mobiles s’accumulent et se combinent, et ils sont largement documentés. Il en est un autre dont on parle moins et qui surgit au détour d’une page de l’excellent livre du sociologue Félicien Faury « Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite » (Seuil, 2024). Ayant pendant cinq ans interrogé régulièrement et longuement des électeurs du parti d’extrême droite en région Paca, le chercheur écrit dans un chapitre consacré à la question scolaire : « Il faut rappeler ici que le niveau de diplômes est l’une des variables les plus prédictives du vote RN. Derrière ce résultat statistique, on retrouve chez ces électeurs des trajectoires scolaires souvent heurtées, relativement courtes, vécues difficilement. C’est un certain rapport à l’école, distant voire défiant, qui apparaît comme l’un des facteurs communs à une partie importante de cet électorat. »

    Pendant ce temps-là, on observait à gauche le phénomène inverse. En 2018, l’économiste Thomas Piketty publiait un article, développé ensuite dans le livre coécrit avec Julia Cagé « Capital et Idéologie » (Le Seuil, 2023), où il parlait de « gauche brahmane ». Il montrait que depuis les années 1970-1980, le vote de gauche s’était progressivement associé à un haut niveau d’éducation, la « gauche » dans son ensemble devenant donc le parti de l’élite intellectuelle (d’où la métaphore des « brahmanes », la caste supérieure en Inde). Ce constat se reflète aujourd’hui dans la répartition du vote aux élections européennes : mutatis mutandis, la gauche n’est majoritaire que dans les lieux où se concentre cette élite, à savoir les métropoles.

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    Les implications dépassent la géographie électorale et touchent au rapport au savoir. Lors du débat télévisé qui opposait Jordan Bardella à Gabriel Attal, les errements de la tête de liste RN ont été apparents. A plusieurs reprises, il s’est montré imprécis, n’ayant manifestement qu’une connaissance vague des sujets dont il était question. Pour autant, cela ne lui a manifestement porté aucun préjudice, comme toutes les erreurs ou mensonges qu’on a pu relever pendant la campagne.

    Bien sûr, il est évident que la morgue du Premier ministre a pu, même quand elle servait à révéler la faiblesse de son adversaire, le renforcer. Néanmoins, il y avait, pour qui appartient à la « gauche brahmane » constituée autour de la croyance en les vertus du savoir, une tentation : se demander comment « les gens » (= les électeurs du RN) pouvaient avoir envie de voter pour quelqu’un qui a l’air d’une machine répétant des éléments de langage qui se révèlent hors-sol dès qu’on les défait des oripeaux du bon sens. Pourquoi ces gens ne voient-ils pas que ce type ne sait pas vraiment de quoi il parle, que ses positions sont contradictoires, qu’il ne sait même pas très bien comment fonctionnent les institutions qu’il est censé fréquenter, etc ? Cette interrogation n’est pas complètement illégitime mais elle a un défaut terrible : y pointe une forme de mépris.

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    Aucun fact checking ne se révèle efficace

    Et ce mépris, en plus d’être une faute humaine et une erreur tactique, révèle une incompréhension sur la caractéristique du vote RN relevée par Félicien Faury. Car, derrière la question scolaire, se glisse un rapport à la connaissance, à l’intellectualité. Non que les électeurs du RN soient bêtes, incultes, ou même qu’ils n’aient pas réussi dans la vie. D’ailleurs, celles et ceux qu’a interrogés le sociologue appartiennent plutôt, en général, à la petite classe moyenne. Mais outre que ce rapport contrarié à l’école peut produire, malgré une vie pas si mauvaise, une fragilité due à l’absence de diplômes, elle peut engendrer une relation contrariée au savoir, à ceux qui le portent, à ceux qui le transmettent et à tous ceux qui s’en prévalent : les sur-diplômés, les intellectuels, les experts, les journalistes. Les gens interrogés par le chercheur partagent le sentiment d’être méprisés par les « élites » sachantes et un soupçon immédiat pour tout argument qu’elles portent.

    La conséquence est terrible : aucune correction, aucun fact checking, aucun « débunkage » du programme du RN ne sont efficaces. Au contraire même, puisque la parole de ceux qui se livrent à cet exercice est d’emblée démonétisée, voire suspecte. Elle devient alors contre-productive. C’est le drame vécu par les médias qui tentent de documenter les erreurs, mensonges et dangers du RN : les preuves qu’ils apportent ne sont pas discutées en elles-mêmes parce qu’elles sont immédiatement transformées en signes de leur complicité avec un système qu’il s’agit de dégager. On peut évidemment le déplorer. Notamment parce que, comme on l’observe aux Etats-Unis et partout où des leaders illibéraux et populistes sont puissants, cela rend très compliqué le débat public et fragilise les fondements de la démocratie. Si les faits et la connaissance n’ont plus d’importance, comment argumenter ?

    Ce n’est pas la première fois dans l’Histoire que se pose cette question. Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, les chercheurs de l’école dite de Francfort (Theodor Adorno et consorts) se sont demandé comment le fascisme avait pu monter dans une grande partie de l’Europe, et pourquoi rien n’avait pu endiguer cette montée. Et ils avaient observé notamment que le camp antifasciste s’était évertué à contrer les élucubrations adverses avec des arguments posés, rationnels, chiffrés, et que, si cela s’était révélé inopérant, c’est parce que le combat ne se jouait pas sur le terrain de la vérité. Il ne s’agissait pas d’affronter une interprétation des faits, mais des émotions et des pulsions. La conclusion qu’ils en tiraient était que face à ce type de discours, il fallait quitter le terrain de la connaissance et de la rationalité, recourir aux mêmes outils que les adversaires et proposer de l’imaginaire et de l’utopie.
    Raviver les rêves

    Ce n’est pas la voie empruntée par les opposants au RN en France, gauche comprise. Pourquoi ? Les raisons sont multiples mais la principale est sans doute que la grande utopie de gauche, le communisme, a tellement failli qu’elle a rendu impossible le fait même de rêver à une autre société. Quant à l’idée de révolution, qui a longtemps habité l’imaginaire de gauche avec une grande puissance mobilisatrice, elle a été renvoyée au mieux au fantasme adolescent, au pire aux souvenirs de la Terreur, et a laissé place à l’obsession d’afficher le plus parfait pragmatisme.

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    Aujourd’hui qu’est en passe d’arriver au pouvoir un parti qui fait fi de tout pragmatisme, mais propose à ses électeurs une autre vie, il serait peut-être intéressant d’essayer de raviver à gauche les raisons de rêver. Car le rêve n’a pas seulement eu comme conséquence le désastre communiste, il a été le déclencheur de nombre de combats et de victoires dont la gauche n’a pas à rougir – et considérés comme des acquis parfois même au-delà de son camp : dans le droit du travail, dans l’égalité entre les hommes et les femmes, dans la redistribution, dans la protection des plus faibles, etc.

    Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais la gauche est sans doute la mieux placée pour ce travail. Et cela pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’il n’y a pas de rêve macroniste – ou il a tourné au cauchemar. Ensuite parce que ce mépris de classe qu’elle pourrait développer vis-à-vis des électeurs du RN, la gauche le connaît bien, elle l’identifie facilement, puisqu’elle en fut elle-même victime, longtemps, quand elle était populaire et ouvrière. Ainsi est-elle la mieux placée pour s’en défaire, pour comprendre ce que c’est de le ressentir, et apporter des réponses à celles et ceux qui l’éprouvent.

    Et puis, il y a un paradoxe à exploiter : les propositions défendues par le Nouveau Front populaire seraient, si elles étaient appliquées, beaucoup plus favorables économiquement et socialement aux électeurs du RN que les mesures prises par Jordan Bardella s’il était nommé Premier ministre. Enfin, il reste une base populaire importante à la gauche. C’est même une correction que Thomas Piketty et Julia Cagé avaient apportée à leur idée de « gauche brahmane » en constatant que cette assise était encore forte et qu’elle devait constituer une base sur laquelle travailler.

    Par Xavier de La Porte

    #Xavier_de_La_Porte #RN #Gauche_brahmane

    • Aujourd’hui qu’est en passe d’arriver au pouvoir un parti qui fait fi de tout pragmatisme, mais propose à ses électeurs une autre vie, il serait peut-être intéressant d’essayer de raviver à gauche les raisons de rêver.

      Alors c’est faux. Le programme du RN n’est pas de faire rêver et ne propose pas « une autre vie ». Le fondement du vote RN, c’est la croyance dans le fait que, justement, il n’y a pas d’alternative au creusement des inégalités et au rétrécissement des services publics. Les électeurs RN pensent qu’on ne peut pas changer le système, que c’est perdu d’avance, et donc la seule chose qu’on peut faire, c’est qu’il faudra continuer à se contenter d’un service public (école, santé, chômage, retraite…) qui se réduit comme peau de chagrin mais, selon la logique raciale du RN, récupérer une partie du peu qu’il reste à son profit en en privant une partie de la population (les immigrés). Puisqu’on ne croit pas pouvoir rééquilibrer entre riches et pauvres, on va exclure les arabes de la part des pauvres, ça nous en fera un peu plus quand même.

      Rien que la semaine dernière : finalement le RN ne reviendra pas sur la réforme des retraites. Juste on promet qu’on va réduire les pensions des arabes, ce qui devrait en laisser un peu plus pour les autres. (Pendant le mouvement contre la réforme, je me souviens que certains avaient prédit qu’en cas d’échec du mouvement social, ce serait une autoroute pour le RN. Justement parce que vote RN repose sur l’idée qu’on ne peut pas résister au néolibéralisme : juste virer les immigrés pour que le souchien améliore sa part du peu qu’il reste.)

      De fait, le programme de la gauche est exactement ce qui « change la vie », en termes de rééquilibrage de la distribution des richesses et de re-développement des services publics. Mais si on accepte l’idée que les électeurs RN sont rétifs à l’argumentation rationnelle, je vois pas bien quelle est la logique, et que ce n’est pas ça qui peut faire « rêver ».

      Par contre ce qu’on a vu, ce sont les innombrables trahisons de la gauche au pouvoir. C’est pas « le rêve » et les promesses qui ont manqué. C’est la trahison pure et simple par les socialistes au pouvoir qui, systématiquement, ont conduit à désespérer de pouvoir faire les choses autrement. Donc « il faut pas les mépriser, mais il faut leur vendre du rêve », (1) je ne vois pas pourquoi ça marcherait, (2) c’est en soi une forme de mépris (le passage où il décrit longuement les électeurs du RN comme un troupeau d’abrutis de la classe moyenne inférieure cons comme des briques, rétifs à tout argument rationnel, après avoir dit qu’ils ne sont ni bêtes ni incultes, ça vaut son pesant de cacahouètes).

    • Sinon c’est magnifique cette façon d’opposer « l’électeur Rassemblement national et le “bobo” », dès la première phrase qui suit le mot « Analyse ».

      Seine-Saint-Denis 2017, au premier tour :
      – Mélenchon 49% des votes exprimés
      – Le Pen 12%.

      À Saint-Denis même :
      – Mélenchon 61%
      – Le Pen 8%.

    • Sur le fond, @arno je pense que tu dis la même chose que Xavier de La Porte. Il y a une distance entre le « rêve » vendu est sur-vendu, et ce qui se fera vraiment. La question des retraites est significative.
      En revanche, je pense qu’il y a plein d’électeurs du RN qui le font pas seulement pour donner un coup de pied dans la fourmilière, mais parce qu’ils « rêvent » de la France nostalgique qui transparaît dans les discours non pas du RN, mais de tous les suppôts du RN (les médias Bolloré en number one).
      Que leur « rêve » ressemble à ton cauchemar, c’est certain... mais pour elles et eux ?

    • Au sein de la grande guerre qui vise à capter la force de travail d’autrui, je vois le « vote RN populaire » comme une sous-bataille pour engendrer une classe sociale inférieure (ayant moins de droits et sous-payée, logique de l’esclavage et de la colonisation, c’est déjà bien entamé pour qui veut bien regarder du côté de certaines plateformes de livraison à vélo, du secteur hôtelier, du bâtiment et certains pans de l’agriculture). Ceux qui votent RN espèrent tirer quelques subsides du sous-paiement de la classe inférieure ainsi créée. Je le vois comme un mouvement de recolonisation de l’intérieur où les classes populaires blanches espèrent devenir des sortes de pieds-noirs métropolitains pouvant à nouveau se payer du petit personnel ou au moins bénéficier d’un SMIC auquel les non-blancs ne pourront plus accéder.

    • @hlc Si tu as le temps, je te conseille l’entretien entre Félicien Faury et Stefano Palombarini, je trouve que c’est beaucoup plus pertinent. Ils décrivent les électeurs RN comme adhérant au « paradigme néolibéral », en ce sens qu’ils adoptent sa logique, savent qu’ils sont du mauvais côté du bâton, mais plutôt que de vouloir en sortir ou de le changer (position de gauche), ils considèrent qu’il n’y a pas de possibilité d’en sortir, et donc adoptent une grille de lecture ethno-raciale : ce qu’il reste pour notre classe sociale, on va en priver les immigrés.
      https://seenthis.net/messages/1057467

      Du coup, je pense pas qu’ils « rêvent » d’un retour à la France de la Guerre des boutons, façon clip de Zemmour : certes ils ont la nostalgie (plus ou moins fantasmée) d’une époque meilleure pour leur classe sociale, mais ils pensent fondamentalement qu’on est dans un monde désormais néolibéral, et qu’il faut faire avec. Ils ne rêvent pas d’un monde où il y aurait plus d’argent pour les petites gares de campagne, pour l’école, pour l’hôpital, pour les retraites, pour les protections sociales : ils adoptent l’idée que c’est fini et que maintenant il faut faire des économies pour soutenir l’économie, et pour cela on va arrêter de donner des sous aux arabes et autres.

      Ils ne rêvent pas qu’on va leur redonner un truc d’avant. Juste qu’on en prive les allogènes pour qu’on évite de leur sucrer à eux. Le RN fonctionne sur l’absence d’espoir.

    • C’est vrai. On ne peut pas donner des étoiles aux commentaires seulement aux documents de départ. Qui se charge-t-il de programmer l’attribution de notes aux commentaires et des modes de tri rendus possibles par cette nouvelle fonctionnalité ;-)

    • Oui pour le « vote RN populaire », mais ce qui se passe sous nos yeux, c’est aussi le vote RN de membres des classes dirigeantes et de la petite bourgeoisie, y compris intellectuelle (les profs). C’est ce cumul de deux voies qui fait la force du vote. Ne recommençons pas l’erreur que nous avons faite en analysant le vote Trump comme celui des déclassés. Certes, ils y étaient, mais sa puissance provenait du ralliement des classes aisées.

    • Oui mais a priori, la logique de la gauche, c’est « comment reconquérir le vote populaire ? » et non « Comment conquérir le vote des classes aisées ? »

    • @hlc Le texte de Xavier de la Porte se focalise explicitement sur la base, « la petite classe moyenne » qui aurait eu un rapport compliqué à l’école et qui est totalement rétive aux arguments rationnels et hostile aux intellectuels.

      Du coup si à l’inverse tu veux discuter des classes dirigeantes, de la petite bourgeoisie et des classes intellectuelles, je veux bien, mais dans ce cas, je pense que le mépris le plus cinglant est parfaitement légitime (et même encouragé). :-))

      Pour les classes populaires, qu’on considère les déterminants sociologiques, c’est effectivement sans doute plus efficace que le simple mépris (qui peut tourner au mépris de classe – même si je pense que l’argument du mépris de classe est une grosse facilité au service du RN, parce que toutes les classes populaires ne virent pas fachotes).

      Par contre, pour les autres, on ne va pas se gêner.

    • sociologie électorale du RN résumée
      https://seenthis.net/messages/1057561

      Ces dernières années, l’expansion électorale du RN s’est réalisée en grande partie sur les segments de l’ancien électorat de la droite. En schématisant, le RN « normalisé » de Marine Le Pen a très largement prospéré au sein de la coalition électorale qui avait porté Nicolas Sarkozy au pouvoir, dans les classes moyennes, chez les retraités, dans les mondes ruraux. Parmi les électeurs qui avaient soutenu Nicolas Sarkozy en 2007 et ont voté le 9 juin, quatre sur dix l’ont ainsi fait en faveur de la liste conduite par Jordan Bardella.
      Cette évolution se vérifie dans toutes les enquêtes. Ce ne sont plus seulement les artisans, les commerçants, les ouvriers les moins qualifiés et les employées sans diplôme qui placent le RN en première position quand ils votent. Ce sont également les classes moyennes propriétaires de leur résidence principale en périphérie urbaine, les agriculteurs, les entrepreneurs et les retraités résidant dans les villes moyennes et à la campagne.

  • Le Covid remonte en France, avant les vacances et les JO
    https://www.nouvelobs.com/societe/20240616.OBS89846/le-covid-remonte-en-france-avant-les-vacances-et-les-jo.html

    « La remontée était prévisible », a jugé auprès de l’AFP Mircea Sofonea, épidémiologiste à l’université de Montpellier et au CHU de Nîmes. En cause : « un déclin immunitaire » de la population, mais aussi « un échappement immunitaire » des nouveaux sous-variants du virus, tous membres de la lignée Omicron JN.1, selon cet expert. La protéine Spike, qui permet au SARS-CoV-2 de pénétrer les cellules de l’hôte, semble connaître des mutations clefs dans ces variants.

    Ahah ! Déclin immunitaire : vu que de moins en moins de personnes avaient recours à la vaccination, cela voudrait-il dire que l’immunité de troupeau ne marche pas non plus ?

    https://seenthis.net/messages/1057995

  • On traitait déjà le #cancer en Egypte antique : ce qu’a révélé l’étude de deux crânes
    https://www.nouvelobs.com/sciences/20240529.OBS88998/on-traitait-deja-le-cancer-en-egypte-antique-ce-qu-a-revele-l-etude-de-de

    Impossible de savoir aujourd’hui si cette opération a eu lieu du vivant du patient, dans l’espoir de le traiter, ou si elle a eu lieu post-mortem afin d’essayer de mieux comprendre de quoi il souffrait. « L’Egypte ancienne était très sophistiquée et avancée. Comme on peut le voir sur l’un des crânes, ils étaient capables de détecter une fracture du crâne, soigner les infections et même soulager la douleur. Mais leurs connaissances médicales ne permettaient clairement pas de venir à bout du cancer. Un papyrus datant de 1600 avant J.-C., appelé le “papyrus Edwin Smith”, détaille 48 cas de cancer, dont un, le numéro 45, est un cancer du sein. Les auteurs du papyrus reconnaissent qu’il n’existe aucun traitement pour cette maladie et qu’elle est incurable. Ils avaient donc des connaissances mais savaient reconnaître leurs limites », étaye Edgard Camarós.

  • « Eloge du bug », l’essai de Marcello Vitali-Rosati qui fait des plantages informatiques une occasion de nous libérer
    https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20240514.OBS88362/les-bugs-informatiques-et-socrate-ont-quelque-chose-en-commun-mais-quoi.h

    Car derrière cette idée que nos outils informatiques doivent avant tout fonctionner, être simples et intuitifs, se cache un projet : nous éviter de réfléchir et nous rendre productifs. Le chercheur le montre en remontant l’histoire de certains services que nous utilisons chaque jour. Ainsi des logiciels de traitement de texte qui, parce qu’ils ont été créés pour la communication entrepreneuriale et administrative, portent en eux une idée très formatée, et très restreinte, de ce que c’est qu’écrire. Mais Vitali-Rosati a observé un basculement plus récent : quand, avec les confinements dus au Covid, nous nous sommes jetés sur des outils juste parce qu’ils marchaient bien, sans nous soucier de la manière dont ils obligeaient à reconfigurer des activités aussi centrales que la transmission du savoir.

    #Bug #Informatique_fonctionnelle

  • Les complotistes tissent leur toile en Bretagne | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/les-complotistes-tissent-leur-toile-en-bretagne-6572732.php


    Le couple de Landeleau a apposé à l’entrée de sa propriété, une plaque indiquant qu’il héberge le consulat de l’État vivant breton.
    Le Télégramme/Didier Déniel

    Conseil national de transition, État vivant breton, ou encore One Nation : les groupes de conspirationnistes, citoyens souverains, ont fleuri ces dernières années en France et en Bretagne. Une nébuleuse qui dit agir pour l’émancipation des individus et refuse l’autorité de la République.

    Ces dernières semaines, une vidéo montrant un couple qui refusait de se soumettre à un contrôle d’alcoolémie dans le Nord a fait le buzz sur la toile. L’homme et la femme contestaient l’autorité des forces de l’ordre, et plus globalement celle de la République, pour laquelle elles agissaient. Des illuminés, direz-vous. Pas seulement. Car derrière ces postures, ils se nourrissent d’un nouveau mode de pensée, mettant l’individu, et son bien-être, au-dessus des lois et de l’organisation sociétale. Ces groupes se mettent hors-cadre, veillant bien à ne jamais se rapprocher d’un parti politique, d’une institution ou d’une ONG. Un mouvement né dans le sillage des antivax les plus acharnés et de leurs théories conspirationnistes.

    En France, ce mouvement a pris une telle ampleur qu’elle fait l’objet d’une surveillance accrue des services de police et de gendarmerie. Le plus répandu serait le Conseil national de transition (CNT), dont le but ultime serait de renverser le gouvernement et de mettre à bas la cinquième République. Selon le CNT, le pouvoir serait entre les mains de politiciens corrompus d’une « cinquième République sans existence constitutionnelle » ayant mis en place des mesures sanitaires pour placer sous contrôle la population. Aujourd’hui le salut passerait par un pouvoir confié à des Français « tirés au sort, qui exerceraient la souveraineté nationale ».


    Le 13 février dernier, le calme du bourg de Landeleau a été troublé par une manifestation lors du conseil municipal.
    Le Télégramme/Didier Déniel

    « La République Française n’a aucune légitimité sur la Bretagne »
    Il n’aura fallu que quelques mois pour que naisse dans notre région, une déclinaison identitaire de ce mouvement baptisée « Conseil national de transition breton » ou encore « État vivant breton ». Selon les têtes pensantes de ces groupes, la France n’aurait aucune légitimité sur la Bretagne, étant donné que les clauses du contrat de mariage entre la duchesse Anne et Louis XII, et les engagements politiques y afférents, n’auraient pas été respectés. De fait, tout Breton serait donc un être indépendant et autonome qui ne serait pas soumis aux lois de la République.

    Dans cette mouvance, un groupe localisé près de Brocéliande est particulièrement actif depuis quelque temps. Selon plusieurs sources, il est intervenu en février dernier dans la commune de Landeleau (29) pour soutenir un couple qui a construit des habitats légers sur son vaste terrain, sans autorisation aucune. L’homme et la femme, installés depuis la crise sanitaire, ont été condamnés à 3 000 euros d’amende et à déconstruire ces habitations avant le 16 avril. Le tout assorti d’une astreinte de 200 euros quotidienne si la décision de justice n’est pas respectée. À ce jour, les constructions sont toujours en place.

    « Le 13 février, une douzaine de personnes qui n’étaient pas de la commune ont perturbé le conseil municipal, raconte le maire, Yvon Coquil. Ils étaient venus contester la décision de justice. Je les ai invités à assister au conseil sans prendre la parole. Ils ont refusé. C’était assez tendu. J’ai dû appeler la gendarmerie. Je ne connaissais pas ces gens. En tout cas, ils étaient extérieurs à la commune. »

    « Parfois des profils inquiétants »
    Soutenu dans un premier temps par des membres du CNT, le couple semble avoir pris fait et cause pour ce mouvement, comme le prouvent certains de ses écrits postés sur les réseaux sociaux. « Nous sommes de l’État vivant breton depuis de nombreux mois déjà. Nous ne sommes plus concernés par le droit et les décisions de la République française Présidence (…) Nous sommes redevenus mandataires de nos personnes juridiques et vivantes. »

    Ces postures inquiètent un spécialiste de ces mouvements interrogé par nos soins « Ces personnes se lavent le cerveau entre elles. Elles sont tellement déconnectées de la réalité qu’elles en ignorent la présence d’autres entités qui relaient les mêmes discours. Elles perdent tout sens critique. Souvent, on a affaire à des idéalistes non-violents. Mais parfois certains profils sont plus inquiétants ».

    • Complotisme : plusieurs affaires devant la justice en Bretagne | Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/complotisme-plusieurs-affaires-devant-la-justice-en-bretagne-6572736.ph

      Le mouvement complotiste et des « Êtres souverains », dont les racines se trouvent aux États-Unis, a pris de l’essor ces dernières années. La Bretagne n’échappe pas à ce phénomène, comme le démontrent ces deux affaires judiciaires.

      La cofondatrice de One Nation condamnée à Saint-Brieuc
      Un des principaux groupes, One Nation, semble avoir de solides liens avec la Bretagne. En effet, il est écrit sur son manifeste, acte fondateur d’une nouvelle nation, que ce texte a été finalisé, le 29 février 2020, « quelque part en Armorique ». On peut y lire que « les gouvernements échouent dans leur mission » et « ne prennent pas soin ni des êtres humains ni de la terre ». La philosophie de ce mouvement vise à bâtir un nouveau monde, en dehors des codes politiques et sociaux habituels. L’être humain « cellule unique et individualisée » est placé au centre de cette démarche. « Il l’emporte sur l’entité légale créée après ma naissance » peut-on lire plus loin.

      One Nation a été cofondée par Alice Martin Pascual, alias Alice Pazalmar. Une jeune femme, vidéaste et créatrice de bijoux, qui vit dans le Lot. En mai 2023, elle a été condamnée par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc à 1 000 euros d’amende pour diffamation. Ses propos, diffusés sur la toile, visaient l’ex-président du conseil départemental des Côtes-d’Armor, Alain Cadec, et la responsable du service enfance du Département, qu’elle accusait de maltraitance sur enfants. Déjà incarcérée pour une série d’infractions routières, la prévenue avait regretté ses propos, évoquant une période troublée de sa vie durant laquelle elle contestait toute autorité.

      La dérive « sectaire » d’une famille
      Un couple originaire de la région de Concarneau a été condamné le 15 février à Quimper. Il avait déscolarisé son enfant, âgé d’une dizaine d’années, pendant trois ans, à partir de mars 2020. Sans suivi par l’Éducation nationale. Le couple de quinquagénaires, ayant refusé d’être défendu par un avocat, avait tenu des propos déroutants sur l’existence administrative des êtres humains. Selon lui, l’Éducation nationale, qui « formate les esprits », était une entreprise privée qui faisait des bénéfices sur le dos des écoliers. À ce titre, et selon sa logique, il demandait que l’EN soit affiliée au registre du commerce et des sociétés ! Le couple a été condamné à six mois de prison avec sursis et à 200 euros d’amende. Leur fils a été confié aux services sociaux. Le ministère public avait parlé « de dérive sectaire ».

    • Ce n’est pas loin de ...
      https://www.eff.org/cyberspace-independence

      We have no elected government, nor are we likely to have one, so I address you with no greater authority than that with which liberty itself always speaks. I declare the global social space we are building to be naturally independent of the tyrannies you seek to impose on us. You have no moral right to rule us nor do you possess any methods of enforcement we have true reason to fear.

      Merci @arno de nous avoir rappellé dans
      http://www.uzine.net/article60.html
      qu’il n’y a pas que la liberté libertaire individualiste des John Perry Barlow (pourtant je me sens parfois assez Deadhead ...)
      par exemple hhttps://archive.org/details/gd1978-04-16.sbd.cantor.motb.81457.sbeok.flac16/gd1978-04-16d1t12.MOTB.flac

      Chez nous on a les Reichsbürger pour nous amuser.
      https://de.m.wikipedia.org/wiki/Reichsb%C3%BCrgerbewegung
      Wikipedia nous informe que ..

      Reichsbürgerbewegung ist ein Sammelbegriff für eine organisatorisch und ideologisch sehr heterogene Szene aus meist Einzelpersonen, seltener teilweise sektenartigen Klein- und Kleinstgruppen. Gemeinsam ist ihnen, dass sie die Existenz der Bundesrepublik Deutschland als legitimer und souveräner Staat bestreiten sowie seine Repräsentanten und die gesamte deutsche Rechtsordnung fundamental ablehnen. Zu den von sogenannten Reichsbürgern vertretenen Ideologien gehören oft die Ablehnung der Demokratie, Ideologieelemente des Monarchismus, Rechtsextremismus, Geschichtsrevisionismus und teilweise Antisemitismus, Esoterik bzw. Rechtsesoterik oder die Leugnung des Holocausts. Sie teilen eine Haltung der Ablehnung einer offenen und pluralistischen Gesellschaft und weigern sich, unter anderem Steuern und Bußgelder zu zahlen oder Gerichtsbeschlüsse und Verwaltungsentscheidungen zu befolgen.

      C’est assez drôle et ressemble un peu au « Front Populaire de Judée » dans La vie de Brian mais dans un esprit de droite. Comme quoi parfois les crypto-nazis sont assez marrants à cause leur esprit étroit. On n’a pas besoin de grand chose pour s’amuser, pas vrai.

      Dabei berufen sich „klassische“ Reichsbürger darauf, dass ihrer Meinung nach das Deutsche Reich statt der Bundesrepublik weiterhin fortbestehe, entsprechend ihrer Ideologie entweder in den Grenzen des Deutschen Kaiserreichs oder in denen von 1937. Dieses Deutsche Reich werde als Organisation durch eine „kommissarische Reichsregierung“ (KRR) oder Ähnliches vertreten, deren Befugnisse die oft miteinander konkurrierenden Gruppen jeweils für sich beanspruchen.

      L’histoire devient sérieusement drôle quand l’état impérialiste post-nazi arrête les participants d’un complot qui devait rétablir le Deutsches Reich et restituer le droit au seuil allemand aux vrais allemands ariens comme moi. Manque de peau on a perdu notre attestation d’arien d’avant 1945 et pire encore on n’en veut plus rien savoir.

      De toute manière si un jour l’envie me prend de devenir arien officiel, j’irai en Iran ou en Inde après Modi où je me joindrai aux vrais des vrais de n’importe quoi.

      Au Japon aussi il y a des nazis partout ;-)

      Ship of fools
      https://genius.com/The-grateful-dead-ship-of-fools-lyrics
      I won’t slave for beggar’s pay, likewise gold and jewels
      But I would slave to learn the way to sink your ship of fools

      #wtf #nazis

    • Extrait d’un article de l’Obs

      • Qui sont les « citoyens souverains » ?

      Les phrases utilisées par le couple renvoient à l’argumentaire du mouvement antisystème des « citoyens souverains », apparu aux Etats-Unis dans les années 1970. Une mouvance qui s’est exportée dans le monde anglo-saxon et en France, où elle s’est manifestée à travers le mouvement One Nation, cofondé par Alice Pazalmar, explique à l’AFP le spécialiste de l’extrémisme en ligne Tristan Mendès France, qui évoque aussi une « hybridation avec le mouvement covido-complotiste ».

      https://www.nouvelobs.com/societe/20240410.OBS86926/on-ne-contracte-pas-nombre-de-membres-ideologie-qui-sont-les-citoyens-sou

      https://justpaste.it/e0re6

      De là à prétendre que ce genre d’acte de résistance est « payant » ^^

      L’homme sera jugé le 1er octobre à Dunkerque pour refus de se soumettre aux vérifications du véhicule et du conducteur, au contrôle d’alcoolémie et de l’usage de stupéfiants, défaut d’assurance et violences volontaires sur un militaire de la gendarmerie sans incapacité. Pour ces délits, il encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

  • Le controversé projet de loi pour « sécuriser » internet définitivement voté
    https://www.nouvelobs.com/politique/20240410.OBS86943/le-controverse-projet-de-loi-pour-securiser-internet-definitivement-vote.

    Cyberharcèlement, arnaques sur internet, accessibilité des sites pornographiques aux mineurs… autant de fléaux auxquels le texte tente de répondre. Plusieurs députés se sont inquiétés de la menace qu’il fera, selon eux, peser sur les libertés publiques.

    Enfin, Internet va devenir un lieu de non-droit. Non-droit de s’exprimer, non-droit de lire, non-droit de partager, non-droit de rigoler, non-droit de faire de la politique.

    • Ce délit d’outrage en ligne permettra de sanctionner le fait de « diffuser en ligne tout contenu qui soit porte atteinte à la dignité d’une personne ou présente à son égard un caractère injurieux, dégradant ou humiliant, soit crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ». Un « délit flou » qui « déroge […] à la loi de 1881 », s’alarme l’association de défense des libertés numériques La Quadrature du net.

      on va enfin pouvoir punir les auteurs de lèse-majesté en ligne !

  • Alain Bentolila : entre science et pensée magique, il a choisi ? - Le français va très bien, merci
    https://www.tract-linguistes.org/alain-bentolila-entre-science-et-pensee-magique-il-a-choisi

    Ancien professeur de linguistique à l’Université Paris-Descartes, Alain Bentolila atterre les linguistes (et pas qu’eux) en diffusant depuis 2005, de manière insistante et délibérée, un mensonge. À partir d’un entretien qu’il a accordé au journal Le Monde “Vivre avec 400 mots”, M. Bentolila martèle des chiffres fantaisistes sur la taille du vocabulaire des jeunes des milieux défavorisés. Or, 400 mots c’est la taille moyenne du vocabulaire actif d’un enfant de deux ans ; le vocabulaire passif à deux ans est déjà plus grand. M. Bentolila ne peut pas ignorer cela. Tout en publiant par ailleurs lui-même un rapport où il évoque les milliers de mots des enfants à l’école primaire, il n’a cessé de parler de 400 mots (parfois 250, parfois 500, selon les jours) dans les médias. Très longtemps, les médias ne prenaient pas la peine de vérifier ou de lui demander une source. En 2019, cela a changé : TV5, par exemple, a publié un billet de désintox et les journalistes ont commencé à se rendre compte que 400 mots tiennent sur une feuille A4 et que les affirmations de ce linguiste étaient infondées. Mais c’est cette intox maintes fois répétée qui lui a sans doute permis de se voir confier un « rapport sur l’acquisition du vocabulaire à l’école élémentaire » par le gouvernement français en 2007.

  • On a parlé science-fiction, technologies et rapport au vivant en randonnée avec Alain Damasio
    https://www.nouvelobs.com/idees/20240407.OBS86782/on-a-parle-science-fiction-technologies-et-rapport-au-vivant-en-randonnee

    L’auteur culte de science-fiction publie un essai inspiré d’un séjour dans la Silicon Valley. Pour en parler, il nous a reçus chez lui, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

    Par Xavier de La Porte
    Publié le 7 avril 2024 à 8h30, mis à jour le 8 avril 2024 à 10h18

    Alain Damasio marche au pas de course dans les sous-bois d’une colline du Luberon, et disserte en haletant : « Le numérique a tout dématérialisé… Tout est devenu information et flux… Même les voitures d’aujourd’hui sont moins des machines de tôle que des réceptacles à données personnelles… On en conçoit une forme de nostalgie pour la matière qu’on constate jusque dans la SF… les auteurs passent leur temps à décrire avec mélancolie des usines et des… » Damasio se fige avant la fin de sa phrase. Il passe la main sur le tronc d’un arbre où apparaissent des formes qu’on dirait gravées par un artiste : « Tu vois ça ? Ces traces sont laissées par des vers qu’on appelle typographes. Avec Vinciane Despret, on s’amuse à confronter nos interprétations de ces écritures. C’est très marrant. » On a à peine le temps de jeter un coup d’œil au tronc qu’il reprend la marche encore plus vite.

    A l’origine, l’idée était juste de discuter avec Alain Damasio d’un essai qu’il publie ces jours-ci, « Vallée du silicium », fruit d’un voyage dans la Silicon Valley effectué en sortie de confinement. En soi, c’était déjà intrigant : lui, l’auteur de trois romans de science-fiction devenus des classiques, dont le dernier, « les Furtifs », peut se lire comme une critique en règle des technologies de surveillance, lui, le militant connu pour ses engagements politiques très à gauche, lui, à l’aura intellectuelle puissante mais très européenne, qui se promène dans l’épicentre mondial de la tech et du capitalisme numérique, cela attise la curiosité. Mais s’est ajoutée une autre dimension quand il a fixé le lieu du rendez-vous : la Zeste (zone d’expérimentation sociale terrestre et enchantée) qu’il a cocréée dans les Alpes-de-Haute-Provence.

    #Silicon_Valley #Alain_Damasio #Xavier_de_La_Porte

  • #MeToo, climat… Pourquoi les jeunes femmes votent massivement plus à gauche que les hommes ?
    https://www.nouvelobs.com/idees/20240322.OBS86073/les-jeunes-femmes-votent-massivement-plus-a-gauche-que-les-hommes-et-on-n

    Les jeunes électrices votent de plus en plus pour les partis progressistes. Ce phénomène, constaté dans le monde entier, intrigue sondeurs et chercheurs en sciences politiques. Les explications sont multiples. Parmi elles, l’impact du mouvement #MeToo et les préoccupations environnementales.

    Je vais les aider : le patriarcat est-il de gauche ?

  • C’est pour cette Une que Saadé a mis à pied le directeur de la rédaction de La Provence.
    Ce serait dommage que tout le monde la voit…

    Des nouvelles de la France de Vladimir Macron :

    Mardi, face à ses nouvelles troupes de BFM TV et RMC, Rodolphe Saadé affirmait « ne pas intervenir » dans ses médias. Il a pourtant choisi de mettre à pied le directeur de la rédaction de la Provence, Aurélien Viers, pour une Une jugée trop anti-Macron. (source Libération)

    https://twitter.com/realmarcel1/status/1771187928493965790

  • « Vous me dites que le gouvernement a créé un site qui permet de montrer que ce sont des gros cons ? »
    https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20240313.OBS85701/vous-me-dites-que-le-gouvernement-a-cree-un-site-qui-permet-de-montrer-qu

    J’AI LU ÇA (#58). Vous faites un métier compliqué. Il faut le raconter en 3 minutes à un chauffeur de taxi. Comment s’y prendre ?
    Par Xavier de La Porte
    · Publié le 13 mars 2024 à 19h00 · Mis à jour le 14 mars 2024 à 10h25
    Temps de lecture 2 min

    Samuel Goëta est chercheur en sociologie. Voilà qui est déjà compliqué, parce que tout le monde ne comprend pas pourquoi on paie des gens à « chercher », surtout dans une discipline où il y a peu de chances de découvrir un vaccin ou une étoile. Mais en sus, son champ de recherche est « l’open data », soit l’ouverture des données, un truc assez obscur pour les personnes qui ne s’intéressent pas au numérique.

    Or, dans l’introduction d’un livre qu’il vient de publier aux éditions C & F, « les Données de la démocratie. Open data, pouvoirs et contre-pouvoirs », Samuel Goëta raconte comment il explique à la fois son sujet et l’intérêt social – et politique – qu’il représente. Voici l’histoire.
    "« Il m’arrive aussi souvent d’évoquer le passage aux 80 km/h sur les routes départementales pour expliquer l’ouverture des données. C’était le cas il y a quelques années lors d’une discussion à Marseille avec un chauffeur de taxi curieux de mon métier. En 2011, le ministère de l’Intérieur a publié sur data.gouv.fr (le portail national des données publiques) la base de données des accidents corporels de la circulation. Celle-ci décrit les véhicules impliqués, les conditions de circulation, les conséquences et la localisation précise pour chaque accident de la route reporté aux services de secours. Alors qu’en 2018, le Premier ministre Edouard Philippe avait justifié le passage aux 80 km/h par les résultats prétendument positifs d’une expérimentation sur trois tronçons test, les données diffusées sur data.gouv.fr ont été utilisées par l’association 40 millions d’automobilistes pour vérifier la baisse de l’accidentologie. Elle n’a constaté aucune baisse sur les trois tronçons et a alors diffusé l’idée que cette mesure n’avait pas le fondement objectif avancé par le gouvernement pour justifier sa décision. Bavard et sans réserve, le chauffeur de taxi s’est alors exclamé : “donc en fait, vous me dites que le gouvernement a créé un site qui permet de montrer que ce sont des gros cons ?” »"

    La conclusion du chauffeur de taxi est un peu excessive, mais elle met le doigt sur un des problèmes fondamentaux de l’ouverture des données : pourquoi l’Etat (ou une entreprise) donnerait-il le bâton pour se faire battre ? Car l’étude menée par 40 millions d’automobilistes a alimenté l’opposition à la réduction de vitesse sur les départementales, qui fut souvent brandie par les « gilets jaunes » pour montrer le mépris des technocrates pour la France rurale et périurbaine. Quand on se souvient à quel point ces mouvements ont marqué notre pays, on se demande comment Samuel Goëta pouvait mieux expliquer l’importance de son champ de recherche.
    La suite après la publicité

    L’intérêt de ce livre est de démontrer que, si l’impératif de transparence a cru ces dernières années dans le fonctionnement de l’Etat, il se heurte à bien des limites. Il y a bien sûr des obstacles techniques : ces données, il faut les recueillir, les rassembler, les mettre à disposition dans des formats exploitables, assurer leur pérennité etc. C’est déjà un défi, tant une donnée est une construction instable, conjoncturelle, sujette à discussion. Mais il y a un obstacle plus profond : la réticence des administrations à ouvrir au public des chiffres qui pourraient montrer leur inefficacité et les « trous dans la raquette », voire qui pourraient contredire des décisions politiques. Et encore, on parle là de données publiques. Mais qu’en est-il des données qui sont produites et possédées par des entreprises privées ? La loi pour la République numérique, votée à la fin du mandat de François Hollande, a avancé la notion de « données d’intérêt général » pour celles des entreprises privées qui devraient être ouvertes. Une fois qu’on a dit ça, on n’a pas dit grand-chose des contours de cet « intérêt général » et de la manière dont on peut imposer leur publication.

    L’autre intérêt du livre de Samuel Goëta est d’inscrire l’open data dans une histoire longue de la « transparence ». Dans cette affaire, entrent des mobiles comme la fameuse « modernisation » de l’Etat, des controverses autour de la liberté d’informer, des théories de la technologie comme la cybernétique. Samuel Goëta arrive à mêler tout cela dans un ouvrage qui est aussi plaisant à lire et évident que l’était sa démonstration dans un taxi de Marseille. Tout à coup, tout est justifié – la recherche, la sociologie, le sujet – et c’est heureux.
    « Les Données de la démocratie. Open data, pouvoirs et contre-pouvoirs », Samuel Goëta, C & F Editions.
    « Les Données de la démocratie. Open data, pouvoirs et contre-pouvoirs », Samuel Goëta, C & F Editions.

    #Samuel_Goeta #Données_démocratie

  • Vous êtes au courant des projets du 1er ministre concernant l’assurance chômage et la protection sociale au sens large ?

    Interviewé par le JDD au cours de son déplacement en Charentes-Maritimes pendant un déjeuner à Royan :

    Attal : On est passé de 24 à 18 mois de durée d’indemnisation, on peut encore la réduire. On peut aussi accentuer la dégressivité des allocations, cela fera partie des discussions.
    Le JDD : Vous prenez le risque de réveiller la colère sociale.
    Réponse du ministre : Oui, et ?

    https://contre-attaque.net/2024/02/26/attal-depouille-les-chomeurs-et-il-sen-vante

    L’article de l’Obs :
    https://www.nouvelobs.com/politique/20240225.OBS84920/une-nouvelle-baisse-des-allocations-gabriel-attal-veut-encore-reformer-l-

    Celui du JDD :
    https://justpaste.it/2d383

    On comprend que tout est ouvert.

    (tu m’étonnes)

  • « J’avais 16 ans et lui 52 » : l’actrice Sarah Grappin raconte l’emprise du réalisateur Alain Corneau
    https://www.nouvelobs.com/cinema/20240213.OBS84434/j-avais-16-ans-et-lui-52-l-actrice-sarah-grappin-raconte-l-emprise-du-rea


    Faudrait qu’on se fasse un petit « wall of shame ».

    « L’indication de jeu, c’était de lui bouffer ses amygdales, nous dit la comédienne Sarah Grappin, dans un café à Montreuil. Et c’est exactement ce qu’il venait de me faire. »

    Il, c’est le grand cinéaste Alain Corneau. Trente ans plus tard, Sarah Grappin nous parle de lui, dans ce café, parce que Judith Godrèche vient de dénoncer publiquement la relation qu’

    elle a vécue avec Benoît Jacquot, elle, 14 ans, lui, 39 ans. Depuis deux semaines, l’actrice entend et lit des phrases qui auraient pu être les siennes, à la virgule près. Elle aussi a été la muse-enfant d’un réalisateur né dans les années 1940. Comme Benoît Jacquot ou Jacques Doillon, Corneau était un cinéaste respecté. En 1992, son film « Tous les matins du monde » a remporté le césar du meilleur film. Sa mort en 2010 a réduit Sarah Grappin au silence, mais Judith Godrèche, en parlant, a ouvert des trappes pour les mots des autres. Pour justifier leur relation, Alain Corneau disait à Sarah Grappin : « Tu n’es pas la seule à vivre ça, c’est arrivé à Judith Godrèche. »

  • Le gouvernement refuse de subventionner les associations féministes « ambiguës » sur le massacre du 7 octobre
    https://www.nouvelobs.com/societe/20240211.OBS84352/le-gouvernement-refuse-de-subventionner-les-associations-feministes-ambig


    Doc, tu n’es plus sanctionné sur tes réactions ou tes propos, mais sur ton absence de réaction.
    Tu as ordre d’affirmer que tu penses comme le gouvernement.
    #Police_de_la_pensée #dystopie

    Depuis l’attaque sanglante lancée par le Hamas contre Israël le 7 octobre et les représailles israéliennes, le collectif Nous toutes, et plus largement les associations et figures féministes en France s’étaient vus reprocher un « silence » sur les informations et témoignages faisant état de viols commis par des hommes du Hamas.

  • Piratage d’opérateurs de tiers payant : 33 millions de Français concernés par un vol de données | Actu
    https://actu.fr/societe/piratage-d-operateurs-de-tiers-payant-33-millions-de-francais-concernes-par-un-

    Piratage d’opérateurs de tiers payant : 33 millions de Français concernés par un vol de données

    Viamedis et Almerys, sous-traitants s’occupant du tiers payant des mutuelles, ont été frappés par des cyberattaques ces derniers jours.

    Pour savoir si des informations vous concernant sont potentiellement dans la nature, vous pouvez consulter ce tableau sur resopharma.fr pour savoir si votre assurance santé est gérée par l’un de ces deux opérateurs de tiers payant.

    https://www.resopharma.fr/organismesconventionnes.php?g=7c

    • @rod1001 : exact et pourtant c’était visible hier. Ces petits salopards ont donc dépublié l’information.

      Information importante concernant la communication autour des cyberattaques contre Almerys et Viamedis et vos données personnelles
      Après les cyberattaques dont ont été victime Viamédis et Almerys, certains médias ont relayés une fausse information sur le fait qu’il était possible de vérifier sur le site internet de Résopharma si votre assurance santé est gérée par l’un de ces deux acteurs, afin de savoir si vos données à caractère personnel ont été dérobées.
      La société R+ n’a pas accès à ces informations. R+ est une société offrant des services exclusivement aux professionnels de santé et à leurs partenaires.

      Par conséquent, nous vous invitons à vérifier sur votre carte complémentaire d’assuré s’il est fait mention de l’un des deux acteurs ci-dessus, ou à vous rapprocher directement de votre mutuelle afin d’avoir un état des lieux précis de l’utilisation de vos données à caractère personnel.

      Et donc, ils mentent éhontément.

      Je n’ai pas pensé à faire une copie d’écran. C’est ballot.

    • Des données réexploitables par les pirates

      Selon la Cnil, « les données concernées sont, pour les assurés et leur famille, l’état civil, la date de naissance et le numéro de sécurité sociale, le nom de l’assureur santé ainsi que les garanties du contrat souscrit ». Mais elles ne contiennent pas a priori les informations cruciales pour des pirates comme les informations bancaires, données médicales, remboursements santé, coordonnées postales, numéros de téléphone, courriels…

      Par ailleurs, les données volées ne permettent pas à elles seules de monter des attaques et n’ont quasiment pas de valeur en tant que telles sur le marché noir de la donnée. Si elles sont croisées avec d’autres fichiers par des pirates disposant d’un bon niveau d’organisation, elles permettent toutefois de monter des attaques de hameçonnage (phishing). Le pirate aura à sa disposition des informations lui permettant d’asseoir sa crédibilité aux yeux de sa victime.

      https://www.nouvelobs.com/societe/20240209.OBS84303/cyberattaque-contre-viamedis-et-almerys-enquete-apres-le-vol-des-donnees-

      En fait, je me suis fait la réflexion suivante : la « dématérialisation », c’est le pendant « cyber » de la crise climatique : on attend la grosse catastrophe pour se dire que, bah c’est trop tard, on peut plus rien faire, va falloir « s’adapter » ...

  • #Productivisme et destruction de l’#environnement : #FNSEA et #gouvernement marchent sur la tête

    Répondre à la #détresse des #agriculteurs et agricultrices est compatible avec le respect de l’environnement et de la #santé_publique, expliquent, dans cette tribune à « l’Obs », les Scientifiques en rébellion, à condition de rejeter les mesures productivistes et rétrogrades du duo FNSEA-gouvernement.

    La #crise de l’agriculture brasse croyances, savoirs, opinions, émotions. Elle ne peut laisser quiconque insensible tant elle renvoie à l’un de nos #besoins_fondamentaux – se nourrir – et témoigne du #désarroi profond d’une partie de nos concitoyen·nes qui travaillent pour satisfaire ce besoin. Reconnaître la #souffrance et le désarroi du #monde_agricole n’empêche pas d’examiner les faits et de tenter de démêler les #responsabilités dans la situation actuelle. Une partie de son #traitement_médiatique tend à faire croire que les agriculteurs et agricultrices parleraient d’une seule voix, celle du président agro-businessman de la FNSEA #Arnaud_Rousseau. Ce directeur de multinationale, administrateur de holding, partage-t-il vraiment la vie de celles et ceux qui ne parviennent plus à gagner la leur par le travail de la terre ? Est-ce que les agriculteur·ices formeraient un corps uniforme, qui valoriserait le productivisme au mépris des #enjeux_environnementaux qu’ils et elles ne comprendraient soi-disant pas ? Tout cela est difficile à croire.

    Ce que la science documente et analyse invariablement, en complément des savoirs et des observations de nombre d’agriculteur·ices, c’est que le #modèle_agricole industriel et productiviste conduit à une #catastrophe sociale et environnementale. Que ce modèle concurrence dangereusement les #alternatives écologiquement et socialement viables. Que cette agriculture ne s’adaptera pas indéfiniment à un environnement profondément dégradé. Qu’elle ne s’adaptera pas à un #réchauffement_climatique de +4 °C pour la France et une ressource en #eau fortement diminuée, pas plus qu’à une disparition des #insectes_pollinisateurs.

    Actuellement, comme le rappelle le Haut Conseil pour le Climat (HCC), l’agriculture représente le deuxième secteur d’émissions de #gaz_à_effet_de_serre, avec 18 % du total français, derrière les transports. La moitié de ces émissions agricoles (en équivalent CO2) provient de l’#élevage_bovin à cause du #méthane produit par leur digestion, 14 % des #engrais_minéraux qui libèrent du #protoxyde_d’azote et 13 % de l’ensemble des #moteurs, #engins et #chaudières_agricoles. Le HCC rappelle aussi que la France s’est engagée lors de la COP26 à baisser de 30 % ses émissions de méthane d’ici à 2030, pour limiter le réchauffement climatique. L’agriculture, bien que répondant à un besoin fondamental, doit aussi revoir son modèle dominant pour répondre aux enjeux climatiques. De ce point de vue, ce qu’indique la science, c’est que, si l’on souhaite faire notre part dans le respect de l’accord de Paris, la consommation de #viande et de #produits_laitiers doit diminuer en France. Mais la solidarité avec nos agriculteur.ices ainsi que l’objectif légitime de souveraineté et #résilience_alimentaire nous indiquent que ce sont les importations et les élevages intensifs de ruminants qui devraient diminuer en premier.

    Côté #biodiversité, la littérature scientifique montre que l’usage des #pesticides est la deuxième cause de l’effondrement des populations d’#insectes, qui atteint 80 % dans certaines régions françaises. Les #oiseaux sont en déclin global de 25 % en quarante ans, mais ce chiffre bondit à 60 % en milieux agricoles intensifs : le printemps est devenu particulièrement silencieux dans certains champs…

    D’autres voies sont possibles

    Le paradoxe est que ces bouleversements environnementaux menacent particulièrement les agriculteur·ices, pour au moins trois raisons bien identifiées. Tout d’abord environnementale, à cause du manque d’eau, de la dégradation des sols, des événements météorologiques extrêmes (incendies ou grêles), ou du déclin des insectes pollinisateurs, qui se traduisent par une baisse de production. Sanitaires, ensuite : par leur exposition aux #produits_phytosanitaires, ils et elles ont plus de risque de développer des #cancers (myélome multiple, lymphome) et des #maladies_dégénératives. Financière enfin, avec l’interminable fuite en avant du #surendettement, provoqué par la nécessité d’actualiser un équipement toujours plus performant et d’acheter des #intrants pour pallier les baisses de production engendrées par la dégradation environnementale.

    Depuis des décennies, les #traités_de_libre-échange et la compétition intra-européenne ont privé la grande majorité des agriculteur·ices de leur #autonomie, dans un cercle vicieux aux répercussions sociales tragiques pouvant mener au #suicide. Si la FNSEA, les #JA, ou la #Coordination_rurale réclament une forme de #protectionnisme_agricole, d’autres de leurs revendications portent en revanche sur une baisse des #contraintes_environnementales et sanitaires qui font porter le risque de la poursuite d’un modèle délétère sur le long terme. Ce sont justement ces revendications que le gouvernement a satisfaites avec, en particulier, la « suspension » du #plan_Ecophyto, accueilli par un satisfecit de ces trois organisations syndicales rappelant immédiatement « leurs » agriculteurs à la ferme. Seule la #Confédération_paysanne refuse ce compromis construit au détriment de l’#écologie.

    Pourtant, des pratiques et des modèles alternatifs existent, réduisant significativement les émissions de gaz à effet de serre et préservant la biodiversité ; ils sont déjà mis en œuvre par des agriculteur·ices qui prouvent chaque jour que d’autres voies sont possibles. Mais ces alternatives ont besoin d’une réorientation des #politiques_publiques (qui contribuent aujourd’hui pour 80 % au #revenu_agricole). Des propositions cohérentes de politiques publiques répondant à des enjeux clés (#rémunération digne des agriculteur·ices non soumis aux trusts’de la grande distribution, souveraineté alimentaire, considérations climatiques et protection de la biodiversité) existent, comme les propositions relevant de l’#agroécologie, qu’elles émanent du Haut Conseil pour le Climat, de la fédération associative Pour une autre PAC, de l’IDDRI, ou encore de la prospective INRAE de 2023 : baisse de l’#élevage_industriel et du cheptel notamment bovin avec soutien à l’#élevage_extensif à l’herbe, généralisation des pratiques agro-écologiques et biologiques basées sur la valorisation de la biodiversité (cultures associées, #agro-foresterie, restauration des #haies favorisant la maîtrise des bio-agresseurs) et arrêt des #pesticides_chimiques_de_synthèse. Ces changements de pratiques doivent être accompagnés de mesures économiques et politiques permettant d’assurer le #revenu des agriculteur·ices, leur #accès_à_la_terre et leur #formation, en cohérence avec ce que proposent des syndicats, des associations ou des réseaux (Confédération paysanne, Atelier paysan, Terre de liens, Fédérations nationale et régionales d’Agriculture biologique, Réseau salariat, …).

    Nous savons donc que les politiques qui maintiennent le #modèle_agro-industriel sous perfusion ne font qu’empirer les choses et qu’une réorientation complète est nécessaire et possible pour la #survie, la #dignité, la #santé et l’#emploi des agriculteur·ices. Nombre d’enquêtes sociologiques indiquent qu’une bonne partie d’entre elles et eux le savent très bien, et que leur détresse témoigne aussi de ce #conflit_interne entre le modèle productiviste qui les emprisonne et la nécessité de préserver l’environnement.

    Une #convention_citoyenne

    Si le gouvernement convient que « les premières victimes du dérèglement climatique sont les agriculteurs », les mesures prises démontrent que la priorité gouvernementale est de sanctuariser le modèle agro-industriel. La remise en cause du plan Ecophyto, et la reprise en main de l’#Anses notamment, sont en totale contradiction avec l’urgence de s’attaquer à la dégradation environnementale couplée à celle des #conditions_de_vie et de travail des agriculteur·ices. Nous appelons les citoyen·nes et les agriculteur·rices à soutenir les changements de politique qui iraient réellement dans l’intérêt général, du climat, de la biodiversité. Nous rappelons que le sujet de l’agriculture et de l’#alimentation est d’une redoutable complexité, et qu’identifier les mesures les plus pertinentes devrait être réalisé collectivement et démocratiquement. Ces mesures devraient privilégier l’intérêt général et à long-terme, par exemple dans le cadre de conventions citoyennes dont les conclusions seraient réellement traduites dans la législation, a contrario a contrario de la précédente convention citoyenne pour le climat.

    https://www.nouvelobs.com/opinions/20240203.OBS84041/tribune-productivisme-et-destruction-de-l-environnement-fnsea-et-gouverne
    #tribune #scientifiques_en_rébellion #agriculture #souveraineté_alimentaire #industrie_agro-alimentaire