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  • Covid-19 : à Nice, Christian Estrosi impose un pass sanitaire aux enfants pour aller au centre de loisirs (Leparisien.fr)
    https://www.crashdebug.fr/covid-19-a-nice-christian-estrosi-impose-un-pass-sanitaire-aux-enfants-po

    1... NICE :...Christian Estrosi impose un pass sanitaire aux enfants pour aller au centre de loisirs

    https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-a-nice-christian-estrosi-impose-un-pass-sanitaire-aux-enfants-po

    (NDLR. Christian Estrosi a pour ambition à terme d’avoir un système de vidéo-surveillance ’à la chinoise’ pour Nice)

    2... SENAT bracelet électronique aux non-vaccinés https://twitter.com/GaccioB/status/1418200458145849348

    3... 4e confinement ACTE https://twitter.com/BFMTV/status/1418670038865809410

    4... Gouvernement veut marginaliser les antivax https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/07/24/covid-19-le-gouvernement-veut-decredibiliser-les-antivax_6089377_823448.html (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises

  • Le problème c’est le flicage, la surveillance généralisée, le contrôle partout
    https://ricochets.cc/Le-probleme-c-est-le-flicage-la-surveillance-generalisee-le-controle-parto

    « Plusieurs réflexions sur les projets du gouvernement, avec appels à résistance : GRANDE BRADERIE AUTORITAIRE À L’ASSEMBLÉE Rafale de mesures « sanitaires » hallucinantes ce 21 juillet - Ce jeudi 21 juillet est une date importante en terme de reculs des libertés. Une batterie de mesures ultra-liberticides, sous couvert « d’état d’urgence sanitaire », est imposée à marche forcée à l’Assemblée Nationale. Des décisions gravissimes, inimaginables il y a quelques semaines encore, vont frapper nos vies : (...) #Les_Articles

    / Autoritarisme, régime policier, démocrature..., #Epidémies,_gestion_de_crise,_en_temps_de_catastrophe, Fichage et (...)

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature... #Fichage_et_surveillance
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/07/23/le-parlement-adopte-definitivement-le-projet-de-loi-contre-le-separatisme_60

  • Régionales : les ratés de la distribution de la propagande électorale sont un « scandale », selon un rapport du Sénat
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/07/22/regionales-un-rapport-du-senat-denonce-un-scandale-dans-les-rates-de-la-dist

    La mission d’information du Sénat sur les dysfonctionnements survenus lors des élections régionales et départementales a rendu son rapport, jeudi, qui met en cause la société privée de distribution Adrexo et le ministère de l’intérieur.

    « Le récit des semaines qui ont précédé les élections ressemble à ce qui a fini par donner son titre au rapport : la chronique d’un fiasco annoncé. » A peine installé, le président de la commission des lois du Sénat, François-Noël Buffet, a donné le ton. Sous son autorité, la commission d’enquête a rendu ses conclusions sur « ce qu’il convient d’appeler un scandale », à savoir les défaillances en série qui ont entaché la distribution de la propagande électorale des élections régionales et départementales.

    La société privée Adrexo, parvenue à ravir son monopole à La Poste pour la distribution du matériel électoral sur la moitié du territoire métropolitain, se trouvait au cœur du dossier. Sous le feu des critiques dès la semaine précédant le premier tour, l’entreprise s’était révélée incapable de satisfaire son engagement contractuel.

    La mission a d’abord posé le contexte, permettant ainsi d’y voir clair dans la bataille de chiffres qui avait opposé le ministère de l’intérieur et les élus locaux. Forte d’un sondage réalisé par le Cevipof, la commission a rétabli les faits, bien éloignés des 5 % à 7 % de non-distribution avancés par Adrexo. Au premier tour, un quart des Français n’a ainsi reçu aucun document de propagande ; au second, le matériel électoral n’est pas arrivé à destination dans respectivement 27 % des cas pour les départementales et 40 % pour les régionales, « ces chiffres montant à 80 % dans plusieurs départements ». Le tout « avec un écart très net entre les zones Adrexo et les zones La Poste ».

    « Défaillances en chaîne »
    Selon le rapport, une corrélation nette a pu être établie entre la non-réception de la propagande et la hausse de l’abstention par rapport aux régionales de 2015 : pour rappel, les élections de juin 2021 ont enregistré le plus fort taux d’abstention de l’histoire de la Ve République derrière le référendum de 2000. « Cela n’est évidemment pas le seul motif de l’abstention », a tenu à préciser M. Buffet.

    La Poste, bien qu’ayant connu elle-même des difficultés, sort relativement épargnée du rapport de la commission. Dans l’examen des « défaillances en chaîne » qui ont entravé la bonne tenue de l’élection, la responsabilité a ainsi été imputée de façon conjointe au ministère de l’intérieur et au prestataire privé.

    D’abord sur la question de l’appel d’offres : sélectionnée en décembre 2020 pour une durée de quatre ans dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, la proposition d’Adrexo n’a pas fait l’objet d’un examen suffisamment approfondi, qui aurait dû révéler dès le départ son incapacité à assurer la mission. Exemple parmi d’autres, « la société a déclaré que les services objets de l’accord-cadre représentaient 87,5 % de son chiffre d’affaires », alors que la part réelle était de 3 %.

  • Mobilisation exceptionnelle et exaspération généralisée contre le pass sanitaire, le fichage et la surveillance partout
    https://ricochets.cc/Mobilisation-exceptionnelle-et-exasperation-generalisee-contre-le-pass-san

    LES RENSEIGNEMENTS S’INQUIÈTENT D’UNE « MOBILISATION EXCEPTIONNELLE » ET D’UNE « EXASPÉRATION GÉNÉRALISÉE » Une note des services de renseignements à propos des mobilisations en cours contre le « Pass sanitaire », imposé à marche forcée par le gouvernement autoritaire de Macron, a fuité dans la presse : ➡ La police politique qui prend la température sociale s’inquiète d’une « exaspération de plus en plus généralisée face à des mesures considérées comme liberticides » et pointe un « risque de radicalisation » de la (...) #Les_Articles

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/07/20/covid-19-le-gouvernement-envisage-de-nouvelles-restrictions-locales-pour-fai
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/20/les-emissions-mondiales-de-co2-devraient-atteindre-un-niveau-jamais-vu-d-ici
    https://mars-infos.org/l-extreme-droite-n-a-rien-a-faire-5860

  • Allocution d’Emmanuel Macron en direct : le passe sanitaire va être étendu début août aux trains, cafés, restaurants, centres commerciaux…
    https://www.lemonde.fr/politique/live/2021/07/12/covid-19-l-allocution-d-emmanuel-macron-a-20-heures-en-direct_6088045_823448

    Le président a aussi annoncé que la réforme des retraites sera engagée « dès que les conditions sanitaires seront réunies ».

    Ah ben du coup je suppose que c’est le meilleur argument contre la vaccination, ça… (moi c’est trop tard, j’ai eu mes deux doses, mais p’têt que les autres gens pourraient faire un effort pour ainsi freiner ladite réforme… :-)

    • Il est question aussi d’imposé la réforme du chômage dès le 1er octobre alors qu’elle a ete jugé inégalitaire par le conseil d’etat, du coup je comprend pas comment c’est possible de l’imposer encore. Est-ce que le conseil d’état n’emmet qu’un avis consultatif dont on peu se passé ?
      Autre chose que je comprend pas vraiment, les test pcr seront payants dès octobre, or si le vaccin n’arrete pas les contamination, et encore moins celles du Delta, est-ce que rendre les tests payants ne serait pas contrproductif ?

    • Merci pour la précision @fil
      Je n’avais pas vu que ca s’appliquait seulement aux non assuré·es et non résident·es... ca sera surement idéal pour faire d’elleux les responsables des contaminations d’ici quelques mois et justifié des mesures encore plus hard contre ces groupes.

  • Elections départementales 2021 : avec le Val-de-Marne, les communistes perdent leur dernier bastion
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/06/29/elections-departementales-2021-avec-le-val-de-marne-les-communistes-perdent-

    Christian Favier fait ses cartons. Dimanche 27 juin, le dernier communiste à présider un département a vu s’écrouler le fragile espoir qu’il conservait d’effectuer un nouveau mandat, à 70 ans. Tout s’est effondré à la fois. Le Val-de-Marne, qu’il présidait depuis vingt ans, est passé à droite, et lui-même s’est fait battre à Champigny-sur-Marne, sa « ville de toujours ». Jeudi, pour l’installation du nouveau conseil, il laissera les clés du département à Olivier Capitanio, 52 ans, le maire Les Républicains (LR) de Maisons-Alfort.

    Le vote de dimanche constitue un basculement historique. Depuis quarante-cinq ans, le Val-de-Marne était contrôlé par le Parti communiste français (PCF). Avec 1,4 million d’habitants, 7 200 agents et un budget annuel de 1,8 milliard d’euros, ce département de la proche banlieue parisienne était devenu une pièce importante pour le parti. Le dernier point rouge sur sa carte des départements, après la perte de la Meurthe-et-Moselle et de l’Essonne en 1982, de la Seine-Saint-Denis en 2008, puis de l’Allier en 2015.

  • La statue Harley de Johnny Hallyday fait tousser les écologistes à Paris
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/06/25/la-statue-harley-de-johnny-hallyday-fait-tousser-les-ecologistes-a-paris_608

    Pour l’occasion, Bertrand Lavier a combiné deux emblèmes de l’« idole des jeunes » : une moto et une guitare électrique. Le monument qu’il a conçu est constitué d’un mât en acier de 4,75 mètres en forme de manche de guitare Gibson, fiché dans un socle bleuté. Au sommet du mât doit trôner une véritable Harley de couleur bleu métallisé, modèle Fat Boy. « Une greffe poétique », selon la présentation officielle. Le projet, qui peut paraître assez #kitsch, a été validé par Laeticia Hallyday, ravie de cette « action pour faire vivre la mémoire de Johnny ».

  • Réforme de l’assurance-chômage : l’exécutif veut reprendre l’initiative
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/06/25/reforme-de-l-assurance-chomage-l-executif-veut-reprendre-l-initiative_608570

    (...) Les magistrats du Palais-Royal doivent maintenant procéder à un examen au fond du décret pour déterminer si celui-ci respecte le droit. Un passage au tamis programmé dans quelques mois – « avant la fin de l’année », assure une source bien placée.

    Mais l’exécutif ne veut pas attendre aussi longtemps, comme l’a clairement dit Mme Borne, jeudi. Dès lors, quels sont ses moyens d’agir ? L’entourage de la ministre ne souhaite, à ce stade, livrer aucun détail sur la « stratégie » en cours d’élaboration. Dans l’absolu, le gouvernement a la possibilité de « revenir devant la juge des référés pour lui demander, en invoquant des éléments nouveaux, de revoir sa décision de suspension », explique, de son côté, un fin connaisseur de la justice administrative. « Mais je doute qu’une telle démarche soit admise, complète cette même source, à moins d’une amélioration très très sensible de la situation économique. »

    Toutefois, on ne peut pas totalement exclure que cette piste trotte dans la tête de Mme Borne. Jeudi soir, sur BFM-TV, elle a beaucoup insisté sur le rebond actuel de l’économie : « On a battu les records de ces quinze dernières années sur le nombre d’embauches, a-t-elle observé. On va regarder comment on peut davantage rassurer le Conseil d’État sur (…) la situation du marché de l’emploi (…). » Dans cette optique, elle peut aussi se prévaloir de la baisse spectaculaire du nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité, en mai – 134 100 sur l’ensemble de la France (outre-mer compris, mais sans Mayotte), d’après les données rendues publiques vendredi.

    « Entêtement malvenu »

    Autre solution envisageable : elle consisterait à publier un nouveau décret, reprenant les dispositions gelées, avec une nouvelle date d’entrée en vigueur, par exemple le 1er octobre. Cette hypothèse tient aussi la corde, car le gouvernement s’apprête à prolonger jusqu’à la fin septembre les règles de calcul de l’indemnisation qui sont inscrites dans une convention signée en 2017 par les partenaires sociaux.

    Si le pouvoir en place suit cette voie, elle n’est pas dénuée de risques, car il est certain que les syndicats engageront, une fois de plus, un recours en référé – tout comme ils le firent, avec succès, pour le décret du 30 mars. « On dirait que le gouvernement veut passer en force face au Conseil d’État. Encore une “erreur manifeste d’appréciation” , ironise Denis Gravouil (CGT). Mais nous n’avons pas l’intention de laisser faire. » Le gouvernement fait preuve d’« un entêtement malvenu », renchérit Michel Beaugas (FO) : « Nous n’hésiterons pas attaquer , ajoute-t-il. La bonne attitude serait d’attendre la décision sur le fond et de laisser courir la convention de 2017. »

    L’exécutif n’est donc pas encore au bout de ses peines. Il doit, de surcroît, affronter les remous que ce dossier suscite en son sein et à l’intérieur de la majorité. Mercredi, en marge du conseil des ministres, Mme Borne a reproché à Barbara Pompili, la ministre de la transition écologique, que son mouvement En commun ait salué sur Twitter la « sage » décision du Conseil d’État. « C’était une petite remarque, elles ne se sont pas écharpées », affirme-t-on dans l’entourage de la ministre du travail, en démentant l’idée d’un accrochage entre les deux femmes. L’intervention d’En commun sur les réseaux sociaux semble également avoir déplu à Emmanuel Macron : c’est « inacceptable et déloyal » , aurait déclaré le président de la République lors du conseil des ministres de mercredi, d’après Le Figaro et Le Parisien, qui se fondent sur le témoignage de participants. Une information confirmée au Monde, sous le sceau de l’anonymat, par une source au sein de l’exécutif.

    Borne a été membre du C.A. d’un lobby de constructeurs quand elle était patronne de la RATP... et ne l’a pas mentionné dans sa déclaration d’intérêts.
    https://www.marianne.net/politique/declaration-d-interets-la-ministre-elisabeth-borne-omis-de-mentionner-son-

    la ministre a omis six participations aux organes dirigeants de divers organismes
    https://www.capital.fr/economie-politique/les-six-mandats-quelisabeth-borne-a-oublie-de-mentionner-dans-sa-declaration

    #chômage #droitauchômage

  • A #Marseille, l’école #Bugeaud bientôt rebaptisée du nom d’un tirailleur algérien

    « Une école peut porter le nom d’un #héros, pas d’un #bourreau », estime le maire socialiste Benoît Payan, qui a décidé de retirer le patronyme du conquérant de l’#Algérie au profit de celui d’#Ahmed_Litim, libérateur de Marseille.

    L’école primaire Bugeaud, dans le 3e arrondissement de Marseille, sera bientôt débaptisée pour porter le nom d’un soldat inconnu, Ahmed Litim, tirailleur algérien, libérateur de Marseille, mort à 24 ans le 25 août 1944 sous le feu des occupants nazis.

    La délibération qui doit officialiser cette décision sera présentée au conseil municipal vendredi 21 mai. Mais, pilotée de bout en bout par le maire socialiste Benoît Payan, leader du Printemps marseillais, elle devrait être largement soutenue par la majorité de gauche, écologiste et citoyenne qui dirige la ville.

    « Une école de la République peut porter le nom d’un héros, mais pas celui d’un bourreau », assure le maire de Marseille au Monde pour expliquer son choix. « Chaque matin, des enfants rentrent sous un fronton où sont inscrits à la fois la devise de la République – “Liberté, Egalité, Fraternité” – et le nom de Bugeaud, ce qui est totalement contradictoire », s’indigne-t-il. Maréchal de France, gouverneur général de l’Algérie dès 1840, Thomas Bugeaud (1784-1849) s’est d’abord illustré dans les campagnes napoléoniennes, réprimant férocement les rébellions, notamment en Espagne. Mais il reste dans l’histoire comme l’officier qui a soumis l’Algérie et forcé l’émir Abd El-Kader à déposer les armes, en 1847.

    Une victoire militaire obtenue par des méthodes dénoncées à l’époque jusque devant la Chambre des pairs, notamment la mise à mort de milliers de civils, enfumés dans les grottes où ils avaient trouvé refuge. « Bugeaud met aussi en place la politique de la terre brûlée, dont l’objectif est de dégoûter à jamais la population de toute résistance. Quand il débarque à Alger, il apporte avec lui des malles entières de médaillons portant l’inscription “arabe soumis” », rappelle l’historien Ahmed Bouyerdene, conseiller scientifique de l’exposition Abd El-Kader prévue au printemps 2022 au MuCEM, à Marseille.

    #paywall

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/11/a-marseille-l-ecole-bugeaud-debaptisee-pour-porter-le-nom-d-un-tirailleur-al
    #école #toponymie #toponymie_politique #tirailleurs #France

    ping @cede

  • Comment Bercy s’est converti dans la douleur à la dépense : 424 milliards d’euros depuis mars 2020 (Elsa Conesa, _Le Monde, 29 mai 2021)
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/29/comment-bercy-s-est-converti-dans-la-douleur-a-la-depense_6081957_823448.htm

    « Oups. » Dans les couloirs monochromes de Bercy, la réaction est restée policée. Mais les hauts fonctionnaires du puissant ministère de l’économie et des finances se souviendront longtemps de ce moment où Emmanuel Macron a lâché sa petite bombe, le soir de son allocution du 12 mars 2020. « Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies, quoi qu’il en coûte », l’ont-ils entendu dire, médusés. Crise oblige, nombre d’entre eux étaient encore dans leur bureau du bâtiment Colbert, un œil sur l’écran de télévision. Mais aucun n’avait été prévenu, pas même les directeurs, poids lourds du ministère. « Houston, on a un problème », a ironisé l’un d’eux.

    Bien sûr, il y a cette pandémie qui s’étend comme une marée noire sur l’Europe et contraint à fermer les économies les unes après les autres. Mais ce « quoi qu’il en coûte », il va falloir le financer. Le président n’est pas le seul à décider : l’appétit des investisseurs pour la dette française ne se décrète pas. Et, depuis quelques jours, a resurgi le spectre d’une crise de la dette, à l’image de celle qui avait failli faire éclater la zone euro en 2012. « Ce n’était pas du tout certain que les marchés suivraient, se souvient une figure de la maison. On n’aurait pas eu le plan de relance européen et la #BCE, on partait dans le décor… » (…)

    Une révolution culturelle pour une maison dont les grands commis sont biberonnés au contrôle des deniers publics. « On est passés du chauffage au climatiseur », ironise l’ancien ministre Eric Woerth, aujourd’hui président de la commission des finances à l’Assemblée. Les élus ont, de fait, rarement eu l’occasion d’auditionner un ministre du budget qui, comme Olivier Dussopt, s’applique à sommer des chiffres disparates pour afficher le niveau de dépenses le plus élevé face à la crise − 424 milliards d’euros depuis mars 2020

    (…)

    Sa grande angoisse ? Que les aides d’urgence se pérennisent et fassent exploser le déficit. L’administration n’aurait sans doute pas fait le « quoi qu’il en coûte » parce que c’est « un changement de cap politique majeur dont elle n’a pas l’initiative, rappelle Amélie Verdier, l’actuelle directrice du budget. _*L’administration ne fait pas la politique et c’était très politique de dire qu’on arrête de compter. Elle conseille avant et assure après la mise en œuvre des choix faits. »_ Sa préoccupation, ce ne sont pas les milliards décaissés dans l’urgence, dont personne ne conteste la nécessité. Le problème, « c’est plutôt l’après, la sortie de crise ».

    « La réalité, c’est que les hauts fonctionnaires de Bercy se sont fait marcher sur la tête par le politique, observe un ancien de la maison. Certains en étaient malades. » Valorisés pendant des années dans le rôle ingrat du défenseur de l’austérité, ces moines-soldats ont dû détruire ce qu’ils avaient mis des années à construire, presque du jour au lendemain. Un revirement décrit par certains comme « inhumain ». Ne dit-on pas qu’au budget il y a ce rêve d’être « le dernier qui éteindra les lumières » ? En clair, d’être celui qui, à force d’avoir ratiboisé la dépense, l’a fait… disparaître.

    *Bien sûr, l’urgence de la crise s’est imposée à ces cerveaux bien faits. Mais à la fierté réelle d’avoir contribué à sauver le pays s’ajoute, par moments, le sentiment désagréable de s’être fait avoir. Car dans le chaos provoqué par la pandémie, certains ministères en ont profité pour prendre leur revanche. Des dépenses retoquées dix fois parce qu’elles étaient jugées ineptes ont été validées sans autre forme de procès. (…)

    Dans la tempête, certains de ces gardiens du temple ont tenu bon, conservant un œil sur le déficit quand tous les repères sautaient. Et ont tenté d’alerter : la crise n’excuse pas tout, il faut du contradictoire. « Les premiers mois, on voyait la résistance des “vrais Bercy”, qui continuaient à tenir un discours de rigueur, raconte un fonctionnaire d’un ministère concurrent. On leur disait qu’ils étaient déconnectés de la réalité, mais rien à faire, la culture demeure. » Dans les boucles d’e-mails, les deux discours coexistent, trahissant des débats internes. (…)

    Pour autant, politiques, chefs d’entreprise, élus, tous le disent : la mobilisation du ministère a été exemplaire à tous les étages. Réquisitionnée pour distribuer, partout en France, les chèques du fonds de solidarité, l’administration fiscale a répondu comme un seul homme à des consignes pourtant très inhabituelles : dépenser, décaisser et cesser les contrôles. « Notre mission est plutôt de prélever que de donner, reconnaît Jérôme Fournel, directeur général des finances publiques (DGFIP). Mais il y avait un besoin de sécuriser les versements et la DGFIP a été en capacité de le faire dans des délais très courts. »

    Quitte à détourner le regard, par moments. Comme le raconte cet inspecteur en Rhône-Alpes qui a dû verser des aides à des entreprises qui n’avaient pas fait leurs déclarations depuis des années. « On aurait pu leur dire de régulariser leur situation avant de payer, bougonne-t-il. Mais les consignes, c’était de payer, qu’on verrait plus tard. » Dans le doute, il a fait un courrier de rappel aux entreprises concernées en pointant leurs obligations. « Même si ça ne sert à rien… C’est du jamais-vu qu’il n’y ait pas d’obligation pour lâcher l’argent, ça nous chatouille quand même un peu de voir ça… »

    (…) Même après quinze mois de crise, l’idée même de politique industrielle continue de nourrir des débats entre les différentes directions de Bercy, entre les ingénieurs de la direction des entreprises et les énarques du Trésor. Faut-il relocaliser les filières critiques ? Ou laisser faire le marché ? Quel degré d’implication pour l’Etat ? « La crise a confirmé notre diagnostic selon lequel le fonctionnement du marché crée des vulnérabilités, comme sur les semi-conducteurs ou le paracétamol », fait valoir Thomas Courbe, à la tête de la direction générale des entreprises, qui porte traditionnellement une vision plus interventionniste.

  • Retraites : la Cour des comptes soulève des « erreurs » dans le calcul des pensions
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/19/retraites-la-cour-des-comptes-souleve-des-erreurs-dans-le-calcul-des-pension

    Selon un rapport publié mardi, la part des dossiers entachés par une anomalie s’est accrue : un sur six en 2020 contre un sur neuf en 2016.

    La Cour des comptes porte un jugement sévère sur l’exercice financier, en 2020, du régime général de la Sécurité sociale. Dans un rapport publié mardi 18 mai, elle constate « une dégradation de la fiabilité des comptes » et se déclare « dans l’impossibilité de certifier » ceux qui portent sur « l’activité de recouvrement » – c’est-à-dire la collecte des contributions versées par les entreprises et les travailleurs.

    La Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV), tout comme les autres branches du régime, est la cible de plusieurs critiques, dont l’une concerne un thème particulièrement sensible : les « erreurs » ayant une « portée financière » sur les pensions « nouvellement attribuée[s] ou révisée[s] ». De telles anomalies, au détriment ou en faveur des personnes touchées, ne sont pas nouvelles, mais la situation a empiré : en 2020, elles concernaient un dossier sur six (16,4 %) contre « un sur neuf », il y a cinq ans, d’après les calculs de la Cour fondés sur un échantillon de près de 9 400 cas. Les trois quarts de ces dysfonctionnements pénalisent l’assuré. A la CNAV, on indique que le manque-à-gagner « médian » était de 123 euros par an en 2020, ce qui signifie que la moitié des individus lésés ont subi un préjudice égal ou supérieur à cette somme tandis que, pour l’autre moitié des assurés affectés, le montant non perçu est égal ou inférieur à 123 euros. Cette valeur médiane était plus importante en 2019, souligne-t-on à la CNAV : 139 euros.

    Le phénomène semble avoir une acuité plus grande pour certaines prestations, notamment l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ex-minimum vieillesse) où « la fréquence des erreurs atteint 23,8 % » , selon les magistrats de la rue Cambon. Autre point noir mis en exergue dans le communiqué qui accompagne la diffusion du rapport : « La correcte prise en compte des cotisations versées par les travailleurs indépendants pour le calcul de leurs retraites et la mesure des erreurs qui les affectent sont imparfaitement assurées. »

    Faire des « économies »

    Toutes ces carences « traduisent les faiblesses persistantes du dispositif de maîtrise des risques et font apparaître une situation particulièrement dégradée », aux yeux de la Cour. La CNAV, de son côté, invoque plusieurs facteurs explicatifs : difficultés à réunir toutes les pièces justificatives, en particulier pour les individus ayant eu des carrières heurtées, dont le nombre s’est accru au fil des années ; complexité de la réglementation.

    Pour Pierre Roger, représentant CFE-CGC au conseil d’administration de la CNAV, les montants en jeu sont faibles, de l’ordre de « quelques centimes ou quelques euros » par mois. « Mais ces erreurs existent et ce n’est pas normal », ajoute-t-il, en insistant sur « le doute que ça crée » : « Il faut que les gens aient la certitude que les sommes versées correspondent aux cotisations prélevées. » D’après lui, les anomalies sont « la conséquence de l’objectif des pouvoirs publics de réduire les coûts au détriment de la qualité » . Administrateur CGT, Christian Letellier abonde dans le même sens : étant jugée trop « dépensière » en moyens humains, la CNAV a été sommée de faire des « économies » tout en devant se mobiliser en faveur de publics fragiles et en se voyant confier de nouvelles missions (telles que l’intégration des travailleurs indépendants). Une somme de contraintes qui aboutit, selon lui, à détériorer certaines fonctions, par exemple celle consistant à déterminer les droits des assurés.

    Dans un communiqué, les membres du gouvernement chargés du dossier, Olivier Véran (santé), Olivier Dussopt (comptes publics) et Laurent Pietraszewski (retraites), ont assuré, mardi, qu’« une nette amélioration de la qualité de la liquidation des prestations versées, notamment une réduction de la fréquence des anomalies, est attendue dès 2021 ». Directeur de la Sécurité sociale, Franck Von Lennep explique que, pour remédier à cette dégradation « limitée mais réelle », un « plan d’actions » a été mis en œuvre par la CNAV et « fait l’objet d’un suivi attentif par la tutelle afin de réduire le taux d’erreur ». « Le redressement des indicateurs de qualité est donc un objectif prioritaire, cette année », affirme-t-il.

    #retraite #droits_sociaux

  • Manifestation de policiers : l’honneur de la gauche, c’est de ne pas y aller - regards.fr
    http://www.regards.fr/politique/article/manifestation-de-policiers-l-honneur-de-la-gauche-c-est-de-ne-pas-y-aller

    Il faut appeler un chat un chat : la pression des idées d’extrême droite est forte, si forte, que plus rien d’autre ne résonne dans la politique française. Il suffit de regarder ce qui a fait l’actualité ces derniers jours : la loi Séparatisme, des tribunes de militaires et de policiers se mettant, sans fard, à disposition des prochains putschistes du pays, une polémique autour de Sara Zemmahi, candidate LREM pour les départementales et... qui porte un voile (avouez que vous n’aviez jamais entendu son nom et ne la connaissiez que sous le pseudonyme de « la femme voilée »).

    Qui mène la danse, si ce n’est l’extrême droite ? Comment se dire étonné de ce récent sondage qui montre que 74% des policiers en activité voteraient Marine Le Pen ?

    Et voilà que, sans aucune surprise, le Rassemblement national annonce sa participation à la manifestation – habile, Marine Le Pen n’y sera que « par le cœur » et envoie sur place son homme de main Jordan Bardella. Plus surprenant, le ralliement du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, que l’on n’avait pas vu dans les rues depuis la Manif pour tous. Il n’est sûrement pas le « premier flic de France », mais il sera bel et bien le premier locataire de la place Beauvau à se rendre à une manifestation sur la voie publique à l’appel de policiers. Gérald Darmanin est et sera le bienvenu à cette manifestation, contrairement à son collègue du ministère de la Justice Éric Dupont-Moretti.

  • Transparence de la vie publique : à Paris, un élu sur quatre hors des clous
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/12/transparence-a-paris-un-elu-sur-quatre-hors-des-clous_6079916_823448.html

    Contrairement à l’engagement qu’ils avaient signé en juillet 2020, 25 % des conseillers de la capitale refusent que leur déclaration d’intérêts soit publiée. Et 55 % ne remettent pas de déclaration de patrimoine ou en bloquent la diffusion.

  • Transparence de la vie publique : à Paris, un élu sur quatre hors des clous
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/12/transparence-a-paris-un-elu-sur-quatre-hors-des-clous_6079916_823448.html

    A Paris, les élus ont du mal à mettre en pratique les principes de transparence affichés par la Mairie. En juillet 2020, juste après les municipales, les 163 conseillers #élus ou réélus s’étaient tous engagés par écrit à remplir une déclaration d’intérêts destinée à être rendue publique. Un geste imposé depuis 2014 à la demande de la maire socialiste Anne Hidalgo. « Sur une base volontaire », il était en outre proposé aux élus de signer une déclaration de patrimoine.

    Neuf mois plus tard, le bilan est en décalage avec les bonnes intentions affichées. D’abord, certains élus ont tardé à fournir leur déclaration d’intérêts, attendue en principe avant la fin 2020. « La bonne nouvelle, c’est que nous avons enfin obtenu, il y a huit jours, la totalité des déclarations », se réjouit Yves Charpenel, le haut magistrat qui préside la commission de déontologie des élus du Conseil de Paris. Les conseillers municipaux y détaillent leurs activités professionnelles, les rémunérations associées, leurs mandats et participations dans des entreprises, ainsi que les activités de leurs conjoints. Quant aux déclarations de patrimoine, où sont précisés les avoirs de chacun (comptes bancaires, assurance-vie, immobilier, etc.), 68 % des élus ont accepté d’en remettre une, alors qu’ils n’étaient que 58 % lors de la précédente mandature.

    Les déclarations déjà en ligne permettent de savoir qu’Anne Hidalgo est propriétaire d’une maison de 118 m2 dans le 15e arrondissement, de découvrir les sommes touchées par Audrey Pulvar pour les cérémonies qu’elle a animées (jusqu’à 13 000 euros pour la remise du guide Michelin), d’anticiper d’éventuels conflits d’intérêts liés aux activités des conjoints…

    « Nous avons étudié de près toutes ces déclarations, et émis des avis comportant des réserves dans 12 % des cas, précise le président de la commission de déontologie. La plupart du temps, nos propositions ont permis de résoudre les problèmes. Nous avons par exemple incité certains élus qui travaillent dans le privé à préciser dans leur contrat qu’ils ne peuvent pas être mobilisés sur un sujet en lien avec la Ville de Paris. Il reste un ou deux dossiers à régler. »

    « Exhibition ou voyeurisme »

    Mais si les documents ont fini par arriver à l’hôtel de ville, et à y être passés au crible, tous ne seront pas mis en ligne, loin de là. Sur les 163 élus parisiens, quarante s’opposent en effet à ce que leurs déclarations d’intérêts soient publiées sur le site de la Mairie. Soit un élu sur quatre ! Lors de la précédente mandature, seuls trois refus avaient été enregistrés.

    « J’essaie de convaincre ceux qui rechignent, et j’espère que le nombre final des récalcitrants sera inférieur, indique Yves Charpenel. Je leur explique qu’ils se sont engagés, et n’ont aucun intérêt à se placer hors des clous, en contradiction avec eux-mêmes. Mieux vaut montrer qu’ils n’ont pas peur de la transparence. Après, c’est à eux de voir. » Aucune sanction n’est prévue.

    Les réticences se révèlent encore plus fortes pour les déclarations de patrimoine, pour lesquelles il n’existe aucune obligation : 55 % des élus parisiens n’ont pas remis cette déclaration ou en bloquent la diffusion.

    Qui sont les conseillers décidés à maintenir le voile sur leurs activités ? Ils se recrutent avant tout à droite. « Sans doute ne souhaitent-ils pas se montrer empressés sur un sujet qui compte beaucoup pour la maire de Paris », suppute Yves Charpenel.

    Sur les cinquante-cinq membres du groupe Changer Paris de Rachida Dati, trente et un ont refusé que leur déclaration d’intérêts soit mise en ligne, en dépit de la charte qu’ils avaient signée, et cinquante n’ont pas transmis de déclaration de patrimoine ou ont interdit sa communication. La maire (Les Républicains, LR) du 7e arrondissement a dit non dans les deux cas. Rudolph Granier, l’un de ses lieutenants, a fait de même. « Je me suis engagé à suivre la loi, et c’est tout, assume-t-il. J’ai transmis mes deux déclarations à la commission de déontologie, qui n’a rien trouvé à y redire. Qu’elle veille à ce qu’il n’y ait pas d’enrichissement anormal ou de conflit d’intérêts, c’est logique. Mais rendre tout cela public me semble peu utile au débat démocratique. Cela relève plutôt de l’exhibition ou du voyeurisme. »

    A gauche, comme à droite

    A gauche aussi, certains n’étaient guère pressés de se « déshabiller en public ». « A la demande insistante d’Anne Hidalgo, j’ai incité les adjoints hésitants à accepter au moins la publication de leur déclaration d’intérêts », raconte Patrick Bloche, l’adjoint socialiste chargé de l’organisation du Conseil.

    Mais, en dehors des adjoints, certains élus ont maintenu leur refus, comme le maire (PS) du 13e arrondissement Jérôme Coumet, qui ne veut pas s’exprimer sur le sujet, ou encore l’écologiste Aminata Niakaté. « J’ai remis mes deux déclarations, et je n’ai aucun conflit d’intérêts, mais cela me gêne que tout le monde puisse scruter mes revenus et mon patrimoine », confie-t-elle. C’est aussi le cas de #Christophe_Girard. « Après l’année horrible que j’ai vécue, ma famille ne veut plus donner prise à une chasse aux sorcières ou à une forme de maccarthysme », explique l’ex-adjoint à la culture, contraint de démissionner de ses fonctions sous la pression des féministes.
    Globalement, malgré les pressions d’Anne Hidalgo et de son équipe, 21 % des écologistes, 25 % des communistes, 39 % des socialistes et apparentés, et même sept adjoints sur trente-quatre ont fait en sorte que leur déclaration de #patrimoine ne soit pas diffusée.

    #ville_de_Paris #Paris

  • L’Elysée refuse de communiquer les bulletins de paie d’Emmanuel Macron
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/11/l-elysee-refuse-de-communiquer-les-bulletins-de-paie-d-emmanuel-macron_60798

    La Commission d’accès aux documents administratifs s’était pourtant exprimée en faveur de la communication de ces documents, pourvu que soient occultées en amont les informations relevant de la vie privée du chef de l’Etat.

    Il l’avait promis le 20 mars 2017 aux téléspectateurs de TF1, lors du premier débat entre présidentiables : en cas d’élection, Emmanuel Macron s’engagerait en faveur de la « moralisation de la vie publique », notamment en rendant « transparente la rémunération [des élus], en particulier des parlementaires ».

    Ses fiches de paie de président, en revanche, resteront secrètes. C’est le constat dressé par la chercheuse en droit Lucie Sponchiado, membre de l’équipe scientifique de l’Observatoire de l’éthique publique – un think tank, lancé en 2018 par l’ex-député socialiste de l’Aisne René Dosière avec des parlementaires de tout bord politique et des universitaires pour faire la transparence sur « les zones grises de la République ».

    Dans une note publiée mardi 11 mai, que Le Monde a pu consulter, la spécialiste de droit constitutionnel a détaillé ses démarches, entamées en septembre 2020, pour tenter d’obtenir les bulletins de paie du chef de l’Etat. « A l’origine de cette demande, il y a mon travail d’enseignant-chercheur : le régime indemnitaire du président de la République a été modifié en 2007, puis en 2012, et je souhaitais voir comment cela avait été concrètement mis en œuvre », explique-t-elle.

    Depuis le décret n° 2012-983 du 23 août 2012, la rémunération du président de la République est censée suivre le modèle suivant : un traitement brut « au plus égal au double de la moyenne du traitement le plus bas et du traitement le plus élevé » des fonctionnaires occupant les emplois de l’Etat classés « hors échelle », auquel s’ajoute une indemnité de résidence (égale à 3 % du traitement brut) et une indemnité de fonction (égale à 25 % de la somme du traitement brut et de l’indemnité de résidence). Une majoration de 5 % s’applique ensuite sur ce total. Une définition complexe qui permet d’estimer le revenu brut total du chef de l’Etat à un peu plus de 15 000 euros par mois.

    Une voie de recours
    A la demande de la chercheuse, l’Elysée oppose une fin de non-recevoir. « Cela ne cache pas, à mon avis, de secret d’Etat, mais c’est révélateur d’un mauvais réflexe, d’une mauvaise pudeur à ne pas être transparent sur l’argent public », analyse-t-elle.
    En octobre 2020, elle saisit la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), autorité chargée de veiller au respect de la liberté d’accès aux documents administratifs – un droit constitutionnellement garanti depuis avril 2020. Le 7 janvier 2021, elle obtient une réponse favorable à sa demande, pourvu que soient occultées avant l’envoi « les mentions relevant de la vie privée, en particulier celles liées à la situation familiale et personnelle et à la situation fiscale du président de la République ».

  • A la suite des violences du 1er-Mai, la CGT pourrait porter plainte contre le préfet Lallement
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/06/a-la-suite-des-violences-du-1er-mai-la-cgt-pourrait-porter-plainte-contre-le


    La tête de la manifestation à Paris, le 1er mai. BERTRAND GUAY / AFP

    L’union régionale du syndicat en Ile-de-France a estimé, lors d’une conférence de presse mercredi 5 mai, que le préfet de police a « délibérément mis en danger des centaines de personnes » et doit être « révoqué ».

    Les relations se tendent entre la CGT et la Préfecture de police de Paris, après les incidents survenus à la fin du défilé du 1er-Mai dans la capitale, où des militants cégétistes ont été violemment pris à partie par un groupe d’individus. La centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis) étudie « les possibilités de déposer une plainte contre le préfet de police », Didier Lallement, a déclaré, mercredi 5 mai, la responsable de l’union régionale CGT d’Ile-de-France, Valérie Lesage, lors d’une conférence de presse aux côtés de son secrétaire général, Philippe Martinez. La confédération syndicale va également demander « l’ouverture d’une enquête parlementaire afin de faire la clarté sur la gestion du maintien de l’ordre », a-t-elle ajouté.

    Pour Mme Lesage, le préfet de police a « délibérément mis en danger des centaines de personnes » et doit être « révoqué ». La CGT reproche notamment aux forces de l’ordre d’avoir empêché, place de la Nation, l’évacuation de certains de leurs militants et leurs camionnettes « comme cela était prévu », en bloquant la sortie définie en amont avec les services de M. Lallement et en transformant la place « en souricière ». La préfecture avait expliqué, dimanche, que plusieurs véhicules syndicaux s’étaient engagés « sur la mauvaise sortie ». Selon les organisateurs, pour quitter le défilé, il fallait emprunter le cours de Vincennes, comme précisé sur le récépissé de déclaration de manifestation. « Il y a eu – et ça nous a été confirmé par l’agent de liaison en fin de manifestation, mais nous étions déjà bloqués par les grilles – un changement d’ordre pendant la manifestation. Mais il n’a pas eu le temps de nous tenir informés », a assuré Mme Lesage.

    Dans un communiqué, la préfecture a répondu, mercredi, que les axes de sortie sont susceptibles « de varier en fonction de la physionomie de la manifestation ». Elle précise avoir annoncé sur son compte Twitter, à 17 h 38 – soit peu de temps avant les incidents de Nation –, que les sorties se feraient par l’avenue de Taillebourg et l’avenue de Bouvines. Pour elle, les faits qui se sont déroulés à Nation sont « clairs » – « ce sont des manifestants qui ont attaqué d’autres manifestants » – et « r_ejeter sur la Préfecture de police les raisons de cette violence n’est pas acceptable_ ».

    • « Ce qui est dramatique dans cette situation, c’est que ce sont surtout deux impuissances qui se sont foutues sur la gueule. »

      https://rebellyon.info/Du-rififi-dans-la-manif-du-1er-mai-23113

      D’un coté, la stratégie du mouvement social qui ne permet plus d’arracher grand-chose ni de stopper la politique gouvernementale (réforme des retraites, de l’assurance chômage, de la SNCF, loi sécurité globale, réforme des lycées et du bac, parcoursup, j’en passe et des meilleurs. Autant de défaites qui s’accumulent…). De l’autre coté, c’est pas forcément mieux. La stratégie du cortège de tête/gilets jaunes/ingouvernnable a du mal à se déployer, hors gros mouvement de fou (surtout quand on a déjà du mal à tenir tête à la police et à la déborder). Une option qui ne semble très sûre d’elle-même et propose à l’évidence peu de formulations politiques et d’objectifs clairs... Dans un cas, comme dans l’autre, c’est les mêmes impasses, la même merde, le même manque de perspectives… D’un coté comme de l’autre, il y a le sentiment d’être des boules de billards. En manif, balladées d’une bande à l’autre au gré des charges des CRS et du gaz lacrymogènes sans arriver à rien opposer ou à leur interdire d’entrer dans les cortèges. Dans le monde du travail, c’est la même difficulté à peser et à dire « non mais là ça va se passer comme ça » : la grève à General Electric à Villeurbanne n’a pas réussi à stopper le « plan social », le non-remplacement des personnels SNCF qui partent en retraite, les suppressions de lits à l’hôpital du Vinatier se poursuivent, La Poste enchaîne les réorganisations de tournées des facteurs, sans parler de la prochaine grande vague de réorganisation/ubérisation du travail dont les sans-papiers/livreurs Deliveroo sont un aperçu...

  • La pandémie de Covid-19 ravive les tensions au Pays basque et dans les Landes
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/04/29/la-pandemie-de-covid-19-ravive-les-tensions-au-pays-basque-et-dans-les-lande


    Sur la Grande Plage, à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), le 16 janvier 2021.
    GAIZKA IROZ / AFP

    La surfréquentation touristique et la hausse des prix de l’immobilier inquiètent les habitants du sud de la Nouvelle-Aquitaine.

    Plages bien occupées à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) ou Hossegor (Landes), succès également pour la montagne basque ou les vieilles rues de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques)… Comme les précédents, le semi-confinement du printemps 2021 n’a pas découragé les pérégrinations : celles d’habitants locaux avides de prendre l’air, également celles de touristes réfugiés des agglomérations. L’occasion pour les uns et les autres de scruter les vitrines, dont celles des agences immobilières, et d’arpenter, avec ou sans masque, villages et sentiers de randonnée.

    « Le bel été 2020 nous a amené une fréquentation qui a rattrapé le début de l’année, reconnaît Jérôme Etchebarne, restaurateur basque installé à Mendionde. Mais, cette saison, on ne sait pas trop où l’on va. Certains de mes confrères hôteliers envisagent carrément de changer de métier. » Et le collectif Ostalariak (« les aubergistes ») de pointer trop d’effets d’annonce : « Le Covid-19 est un ennemi invisible, quand le temps économique, celui des commerçants et entrepreneurs qui demandent la suspension des taxes, n’est pas celui, plus distendu, des politiques. »

    « Tourisme capital pour notre économie »
    Les Landes et les Pyrénées-Atlantiques comptent parmi les départements où la pandémie est faible : le taux d’incidence se maintient à moins de 100 pour 100 000 habitants, quand il dépasse les 300 dans l’Hexagone. Et, au 20 avril, alors que la vaccination va bon train, la proportion de tests positifs s’élevait à 3,5 % contre 9,35 % en France.

    De quoi pousser les élus à miser sur un déconfinement adapté au terrain. Les parlementaires des Pyrénées-Atlantiques, tel le député MoDem Vincent Bru, demandent au premier ministre « de tenir compte des réalités territoriales au moment de la réouverture des lieux de culture et des commerces ». Et de prôner « une expérimentation prudente dans deux ou trois des départements les moins impactés avec une ouverture plus ample » que dans le reste du pays. Pierre Froustey (Parti socialiste), président de la communauté landaise Maremne-Adour-Côte-Sud, mise ainsi sur la période estivale pour retrouver « un tourisme capital pour notre économie » et « un renouveau de la vie sociale et associative, notamment pour les jeunes ».

    Mais, à l’approche du déconfinement et des congés d’été, la surfréquentation touristique inquiète, notamment à Espelette, Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), Saint-Jean-de-Luz ou encore à Hossegor-Capbreton. Le maire de Sare (Pyrénées-Atlantiques), Battit Laborde, en appelle à « apprendre la montagne », tandis que Daniel Olçomendy, vice-président de la Communauté Pays basque, veut, en plus d’un étalement des visiteurs dans le temps et sur le territoire, « rappeler les écogestes, pas seulement aux touristes, mais aussi à tous les habitants ».

  • « Pour un retour de l’#honneur de nos gouvernants » : 20 #généraux appellent Macron à défendre le #patriotisme

    (attention : toxique)

    À l’initiative de #Jean-Pierre_Fabre-Bernadac, officier de carrière et responsable du site Place Armes, une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus d’un millier d’autres militaires ont signé un appel pour un retour de l’honneur et du #devoir au sein de la classe politique. Valeurs actuelles diffuse avec leur autorisation la lettre empreinte de conviction et d’engagement de ces hommes attachés à leur pays.

    Monsieur le Président,
    Mesdames, Messieurs du gouvernement,
    Mesdames, Messieurs les parlementaires,

    L’heure est grave, la #France est en #péril, plusieurs #dangers_mortels la menacent. Nous qui, même à la retraite, restons des soldats de France, ne pouvons, dans les circonstances actuelles, demeurer indifférents au sort de notre beau pays.

    Nos #drapeaux tricolores ne sont pas simplement un morceau d’étoffe, ils symbolisent la #tradition, à travers les âges, de ceux qui, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs confessions, ont servi la France et ont donné leur vie pour elle. Sur ces drapeaux, nous trouvons en lettres d’or les mots « #Honneur_et_Patrie ». Or, notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du #délitement qui frappe notre #patrie.

    – Délitement qui, à travers un certain #antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une #haine entre les communautés. Aujourd’hui, certains parlent de #racialisme, d’#indigénisme et de #théories_décoloniales, mais à travers ces termes c’est la #guerre_raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa #culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi s’en prennent-ils, par le biais de statues, à d’anciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles.

    – Délitement qui, avec l’#islamisme et les #hordes_de_banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des #dogmes contraires à notre #constitution. Or, chaque Français, quelle que soit sa croyance ou sa non-croyance, est partout chez lui dans l’Hexagone ; il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la #République ne s’appliquent pas.

    – Délitement, car la haine prend le pas sur la #fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les #forces_de_l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en #gilets_jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant, ces dernières ne font qu’appliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants.

    Les #périls montent, la #violence s’accroît de jour en jour. Qui aurait prédit il y a dix ans qu’un professeur serait un jour décapité à la sortie de son collège ? Or, nous, serviteurs de la #Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement – comme l’exigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs.

    Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’#éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos #silences coupables.

    Comme le disait le #cardinal_Mercier, primat de Belgique : « Quand la #prudence est partout, le #courage n’est nulle part. » Alors, Mesdames, Messieurs, assez d’atermoiements, l’heure est grave, le travail est colossal ; ne perdez pas de temps et sachez que nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la #sauvegarde_de_la_nation.

    Par contre, si rien n’est entrepris, le #laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une #explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de #protection de nos #valeurs_civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.

    On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce #chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la #responsabilité, se compteront par milliers.

    Les généraux signataires :

    Général de Corps d’Armée (ER) Christian PIQUEMAL (Légion Étrangère), général de Corps d’Armée (2S) Gilles BARRIE (Infanterie), général de Division (2S) François GAUBERT ancien Gouverneur militaire de Lille, général de Division (2S) Emmanuel de RICHOUFFTZ (Infanterie), général de Division (2S) Michel JOSLIN DE NORAY (Troupes de Marine), général de Brigade (2S) André COUSTOU (Infanterie), général de Brigade (2S) Philippe DESROUSSEAUX de MEDRANO (Train), général de Brigade Aérienne (2S) Antoine MARTINEZ (Armée de l’air), général de Brigade Aérienne (2S) Daniel GROSMAIRE (Armée de l’air), général de Brigade (2S) Robert JEANNEROD (Cavalerie), général de Brigade (2S) Pierre Dominique AIGUEPERSE (Infanterie), général de Brigade (2S) Roland DUBOIS (Transmissions), général de Brigade (2S) Dominique DELAWARDE (Infanterie), général de Brigade (2S) Jean Claude GROLIER (Artillerie), général de Brigade (2S) Norbert de CACQUERAY (Direction Générale de l’Armement), général de Brigade (2S) Roger PRIGENT (ALAT), général de Brigade (2S) Alfred LEBRETON (CAT), médecin Général (2S) Guy DURAND (Service de Santé des Armées), contre-amiral (2S) Gérard BALASTRE (Marine Nationale).

    https://www.valeursactuelles.com/politique/pour-un-retour-de-lhonneur-de-nos-gouvernants-20-generaux-appellen

    La une :

    #appel #généraux #valeurs_actuelles #lettre #lettre_ouverte #armée #soldats

    ping @isskein @karine4

    • 2022 : « l’étrange défaite » qui vient

      Pour Marc Bloch, auteur de L’Étrange défaite, la cause de la débâcle de juin 1940 n’était pas seulement militaire mais d’abord politique. De la même façon, le désastre annoncé de printemps 2022 n’est pas seulement de nature électorale. La débâcle de la démocratie se construit depuis des mois par une sorte de capitulation rampante et générale face à l’extrême droite.

      « Un jour viendra, tôt ou tard, où la France verra de nouveau s’épanouir la liberté de pensée et de jugement. Alors les dossiers cachés s’ouvriront ; les brumes, qu’autour du plus atroce effondrement de notre histoire commencent, dès maintenant, à accumuler tantôt l’ignorance et tantôt la mauvaise foi, se lèveront peu à peu . »

      Ainsi s’ouvre L’Étrange défaite écrite par Marc Bloch au lendemain de la capitulation de l’armée française en juin 1940. « À qui la faute ? », se demande-t-il. Quels mécanismes politiques ont conduit à ce désastre et à l’effondrement d’une République ? Si les militaires, et surtout l’état-major, sont aux premières loges des accusés, nul n’échappe à l’implacable regard de l’historien : ni les classes dirigeantes qui ont « préféré Hitler au Front Populaire », ni la presse mensongère, ni le pacifisme munichois, ni la gauche qui n’a pas eu besoin de ses adversaires pour ensevelir ce Front populaire qui fit si peur aux bourgeois.

      Les « brumes », l’aveuglement et la soumission passive aux récits des futurs vainqueurs ont conduit inexorablement à une #capitulation_anticipée. Comment ne pas y reconnaître la logique des moments sombres que nous vivons sidérés.

      La banalisation de la menace factieuse

      Sidérés, nous le sommes à coup sûr quand il faut attendre six jours pour qu’une menace de sédition militaire (http://www.regards.fr/politique/societe/article/lettre-des-generaux-un-texte-seditieux-qui-menace-la-republique) signée le 21 avril 2021 par une vingtaine de généraux en retraite, mais aussi par de nombreux officiers, commence à faire un peu réagir.

      Sidérés, nous le sommes par la légèreté de la réponse gouvernementale. Un tweet de la ministre des Armées (https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/04/25/la-gauche-s-insurge-contre-une-tribune-de-militaires-dans-valeurs-actuelles-) ne parle que « d’#irresponsabilité » de « généraux en retraite ». Pour #Florence_Parly le soutien que leur apporte Marine Le Pen « reflète une méconnaissance grave de l’institution militaire, inquiétant pour quelqu’un qui veut devenir cheffe des armées ». N’y aurait-il à voir que de l’irresponsabilité militaire et de l’incompétence politique ?

      Il faut attendre le lundi 26 avril pour que Agnès Runacher secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances s’avise (https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/un-quarteron-de-generaux-en-charentaises-la-tribune-de-militaires-dans-v) que le texte a été publié jour pour jour 60 ans après l’appel des généraux d’Alger. En parlant de « quarteron de généraux en charentaises », elle semble considérer que la simple paraphrase d’une expression de l’allocution de De Gaulle, le 23 avril 1961 suffira à protéger la démocratie. Ce dernier, plus martial, en uniforme, parlait surtout de « putsch » et d’un « groupe d’officiers ambitieux et fanatiques ».

      Sidérés, nous le sommes par le #silence persistant, cinq jours après la publication du texte factieux, de l’essentiel les leaders de la droite, du centre, de la gauche et des écologistes.

      Sidérés, nous sommes encore de l’isolement de ceux qui appellent un chat un chat tels Éric Coquerel, Benoît Hamon ou Jean Luc Mélenchon. Ce dernier rappelle au passage que l’article 413-3 du code pénal prévoit cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende pour provocation à la désobéissance des militaires.

      Sidérés, nous le sommes enfin, pendant une semaine, de la #banalisation de l’événement par des médias pourtant prompts à se saisir du buzz des « polémiques ». Le 25 avril (https://rmc.bfmtv.com/emission/tribunes-de-militaires-les-gens-n-ont-pas-confiance-dans-les-politiques-m), RMC/BFM, dans les Grandes Gueules, n’hésite pas à présenter l’appel sur fond de Marseillaise, à moquer « la gauche indignée » en citant Jean Luc Mélenchon et Éric Coquerel, et à débattre longuement avec l’initiateur du texte, Jean-Pierre Fabre-Bernadac. Jack Dion, ancien journaliste de L’Humanité (1970-2004), n’hésite pas à écrire (https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/malgre-ses-relents-putschistes-la-tribune-des-ex-generaux-met-le-doigt-la-) dans Marianne le 28 avril : « Malgré ses relents putschistes, la tribune des ex généraux met le doigt là où ça fait mal. » Il faut croire donc que cet appel factieux et menaçant ne fait pas polémique après l’appel à l’insurrection de Philippe de Villiers dont on oublie qu’il est le frère aîné d’un autre général ambitieux, Pierre de son prénom, chef d’état-major des armées de 2010 à 2017.

      Qui sont donc les ennemis que ces militaires appellent à combattre pour sauver « la Patrie » ? Qui sont les agents du « délitement de la France » ? Le premier ennemi désigné reprend mot pour mot les termes de l’appel des universitaires publié le 1 novembre 2020 sous le titre de « #Manifeste_des_100 » (https://manifestedes90.wixsite.com/monsite) : « un certain antiracisme » qui veut « la guerre raciale » au travers du « racialisme », « l’indigénisme » et les « théories décoloniales ». Le second ennemi est « l’islamisme et les hordes de banlieue » qui veulent soumettre des territoires « à des dogmes contraires à notre constitution ». Le troisième ennemi est constitué par « ces individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre » dont ils veulent faire des « boucs émissaires ».

      Chacune et chacun reconnaîtra facilement les islamo-gauchistes, les séparatistes et les black blocs, ces épouvantails stigmatisés, dénoncés, combattus par le pouvoir comme par une partie de l’opposition. Ce texte a au moins une vertu : il identifie clairement la nature fascisante des diatribes de Jean-Michel Blanquer, Gérald Darmanin ou Frédérique Vidal. Il renvoie à leur responsabilité celles et ceux qui gardent le silence, organisent le débat public autour de ces thématiques sur la scène médiatique, s’abstiennent à l’Assemblée sur des textes de loi à la logique islamophobe – quand ils ne votent pas pour –, signent des tribunes universitaires pour réclamer une police de la pensée. Il renvoie à ses responsabilités le Bureau national du Parti socialiste qui, dans sa résolution du 27 avril (https://partisocialiste92.fr/2021/04/27/resolution-du-bureau-national-a-la-suite-dune-tribune-de-militaire), persiste à affirmer « qu’il serait absurde de chercher à nier ces sujets qui nous font face » comme « ces #minorités_agissantes » qui prônent la « #désaffiliation_républicaine ».

      Baromètre incontesté des dérives intellectuelles, l’omniprésent #Michel_Onfray, aujourd’hui obsédé par la décadence de la France, ne partage-t-il pas le diagnostic des factieux ? Sa sentence du 27 avril dans la matinale d’Europe 1 (https://www.europe1.fr/societe/sur-le-terrorisme-la-parole-presidentielle-est-totalement-devaluee-estime-on), « l’intérêt de l’#islamo-gauchisme est de détruire la nation, la souveraineté nationale, la France, l’histoire de France, tout ce qui constitue la France », est immédiatement reprise par Valeurs actuelles (https://www.valeursactuelles.com/politique/pour-michel-onfray-linteret-de-lislamo-gauchisme-est-de-detruire-l). Quelques jours plus tôt, dans une envolée digne de Gérald Darmanin, il assénait au Point (https://www.lepoint.fr/debats/michel-onfray-on-a-un-seul-probleme-en-france-c-est-que-la-loi-n-est-pas-res) : « On a un seul problème en France, c’est que la loi n’est pas respectée ». Mais de quelle loi parle Michel Onfray quand il ajoute, à propos du verdict en appel du procès des jeunes de Viry-Châtillon : « Il y a des gens à qui on dit : […] peut-être que vous faites partie de ceux qui auraient pu tuer, mais la preuve n’est pas faite, on est pas sûr que c’est vous, allez, vous pouvez rentrer chez vous. L’affaire est terminée pour vous. » Pour Michel Onfray, le scandale n’est pas la mise en accusation délibérée d’innocents par une police en quête désespérée de coupables mais un principe de droit : la présomption d’innocence elle-même !

      La capitulation rampante

      Voilà où nous en sommes. Voilà pourquoi il est pour beaucoup si difficile de se scandaliser d’un appel factieux quand les ennemis désignés sont ceux-là même qui sont désignés à longueur d’antenne et de déclaration politique dans ce désastreux consensus « républicain » réunissant l’extrême droite, la droite et une partie de la gauche.

      Chacune et chacun y va de sa surenchère. #Anne_Hidalgo (https://www.nouvelobs.com/edito/20201125.OBS36577/derriere-la-gueguerre-entre-hidalgo-et-les-ecolos-la-pomme-de-discorde-de) enjoint les Verts « d’être au clair avec la République » à propos de la laïcité alors même que #Yannick_Jadot (https://www.lepoint.fr/politique/loi-contre-le-separatisme-la-gauche-denonce-un-texte-qui-ne-regle-rien-07-02) demande de « sortir de toute naïveté et de toute complaisance », pour « combattre l’islam politique », proposant de « contrôler les financements des associations » et de « renforcer tous les dispositifs sur le contrôle des réseaux sociaux ».

      La discussion et le vote de la loi sur le « séparatisme », puis les débats hallucinants sur l’organisation de « réunions non mixtes » au sein du syndicat étudiant Unef nous en a fourni un florilège. Pour le communiste #Stéphane_Peu (http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2021/02/separatisme-une-loi-equilibree-se-serait-attachee-a-renforc) comme pour le socialiste #Olivier_Faure (https://www.europe1.fr/politique/projet-de-loi-contre-les-separatismes-olivier-faure-craint-une-surenchere-40), la question n’est pas de combattre sur le fond la notion de « #séparatisme » mais de rester dans une « loi équilibrée » qui « renforce la #République » (Peu) et d’éviter « la surenchère » (Faure). L’un comme l’autre et comme nombre de députés de leurs groupes, s’abstiendront lors du vote à l’Assemblée nationale. Seule La France insoumise a sauvé l’honneur et dénoncé, notamment par la voix de #Clémentine_Autain (https://www.lepoint.fr/politique/loi-contre-le-separatisme-la-gauche-denonce-un-texte-qui-ne-regle-rien-07-02) dès le 16 février, une loi qui « ouvre la boîte de Pandore pour des idées qui stigmatisent et chassent les musulmans » et « nous tire vers l’agenda de l’extrême droite ».

      Si le débat parlementaire gomme un peu les aspérités, l’affaire des réunions « non mixtes » au sein de l’Unef est l’occasion d’un déferlement de sincérité imbécile. On n’en attendait pas moins de #Manuel_Valls (https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-22-mars-2021) qui s’empresse de poser l’argument clef de la curée : « Les réunions "racialisées" légitiment le concept de race ». Le lendemain #Marine_Le_Pen (https://www.francetvinfo.fr/politique/marine-le-pen/video-il-faut-poursuivre-l-unef-un-syndicat-qui-commet-des-actes-racist) le prend au mot et réclame des poursuites contre ces actes racistes. Anne Hidalgo (https://www.europe1.fr/politique/reunions-non-mixtes-a-lunef-cest-tres-dangereux-juge-anne-hidalgo-4032954) apporte sa voix contre une pratique qu’elle considère comme « très dangereuse » au nom de « ses convictions républicaines ». Olivier Faure (https://www.youtube.com/watch?v=rifRSrm7lpU

      ), moins « équilibré » que sur la loi contre le « séparatisme » renchérit comme « une dérive incroyable ».

      Quelle « dérive » ? Tout simplement « l’idée que sont légitimes à parler du racisme les seules personnes qui en sont victimes », alors que « c’est l’inverse qu’il faut chercher ». Dominés restez à votre place, nous parlerons pour vous ! Aimé Césaire dans sa lettre à Maurice Thorez (https://lmsi.net/Lettre-a-Maurice-Thorez), dénonçait ce qu’il nommait le « #fraternalisme » : « Un grand frère qui, imbu de sa supériorité et sûr de son expérience, vous prend la main pour vous conduire sur la route où il sait se trouver la Raison et le Progrès. » Or, ajoutait-il, « c’est très exactement ce dont nous ne voulons plus » car « nous ne (pouvons) donner à personne délégation pour penser pour nous. »

      Olivier Faure revendique un « #universalisme » que ne renierait pas le candidat communiste à la présidentielle, #Fabien_Roussel pour qui « les réunions segmentées selon la couleur de sa peau, sa religion ou son sexe, ça divise le combat ». Le PCF (https://www.pcf.fr/actualite_derri_re_les_attaques_contre_l_unef_une_d_rive_autoritaire_et_antid_mo) n’hésite pas à défendre en théorie l’Unef tout en se joignant cœur réactionnaire des condamnations de ses pratiques.

      #Audrey_Pulvar (https://www.lci.fr/politique/demander-a-une-personne-blanche-de-se-taire-dans-une-reunion-non-mixte-pulvar-cr) cherchant peut-être un compromis dans la présence maintenue mais silencieuse d’un blanc dans une réunion de personnes racisées, se prend une volée de bois vert du chœur des bonnes âmes universalistes. La « dilution dans l’universel » est bien « une façon de se perdre » comme l’écrivait encore Aimé Césaire en 1956.

      Ce chœur hystérisé, rien ne le fera taire, ni le rappel élémentaire d’#Eric_Coquerel (https://www.facebook.com/watch/?v=773978356575699) que les #groupes_de_parole sont « vieux comme le monde, comme le mouvement féministe, comme les alcooliques anonymes », ni la prise du conscience de l’énormité morale, politique et juridique des positions prises ainsi dans une émotion révélatrice.

      Refuser de comprendre que la parole des dominées et dominés a besoin de se constituer à l’abri des dominants, c’est nier, de fait, la #domination. Ce déni de la domination, et de sa #violence, est une violence supplémentaire infligée à celles et ceux qui la subissent.

      Au passage, une partie de la gauche a par ailleurs perdu un repère simple en matière de liberté : la liberté de réunion est la liberté de réunion. Elle n’est plus une liberté si elle est sous condition de surveillance par une présence « hétérogène ». À quand les réunions de salariés avec présence obligatoire du patron ? Les réunions de femmes avec présence obligatoire d’un homme ? Les réunions d’étudiants avec présence obligatoire d’un professeur ? Les réunions de locataires avec présence obligatoire du bailleur ? Les réunions d’antiracistes avec présence obligatoire d’un raciste ?

      Ces héritiers et héritières d’une longue tradition politique liée aux luttes sociales révèle ainsi leur déconnexion avec les mobilisation d’aujourd’hui, celles qui de #MeToo à Black Lives Matter ébranlent le monde et nous interrogent sur quelle humanité nous voulons être au moment où notre survie est officiellement en question. Ces mouvements de fond martèlent, 74 ans après Aimé Césaire, que « l’heure de nous-mêmes a sonné. »

      Nul doute, hélas, que ce qui fait ainsi dériver des femmes et des hommes issus de la #gauche, c’est le poids pas toujours avoué, mais prégnant et souvent irrationnel, de l’#islamophobie. Cette adhésion générale à un complotisme d’État (https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/041220/l-etat-t-il-le-monopole-du-complotisme-legitime) touche plus fortement les espaces partisans, voire universitaires, que le monde associatif. On a pu le constater lors de la dissolution du #Collectif_contre_l’islamophobie_en_France (#CCIF) fin 2020 quand la fermeté les protestations de la Ligue des droits de l’Homme (https://blogs.mediapart.fr/gabas/blog/031220/ldh-dissolution-politique-du-ccif) ou d’Amnesty international (https://www.amnesty.fr/presse/france-la-fermeture-dune-association-antiraciste-e) n’a eu d’égale que la discrétion de la gauche politique. La palme du mois d’avril revient sans conteste à #Caroline_Fourest (https://twitter.com/i/status/1384567288922259467) qui lors du lancement des États Généraux de la Laïcité a pu déclarer sans frémir que « ce mot islamophobie a tué les dessinateurs de Charlie Hebdo et il a tué le professeur Samuel Paty ».

      Oui voilà ou nous en sommes. La menace d’une victoire du #Rassemblement_national ne se lit pas que dans les sondages. Elle se lit dans les #renoncements. Elle s’enracine dans la banalisation voire le partage de ses thématiques disciplinaires, de ses émotions islamophobes, de son vocabulaire même.

      L’évitement politique du réel

      Il faut vraiment vivre dans une bulle, au rythme de réseaux sociaux hégémonisés par l’extrême droite, loin des réalités des quartiers populaires, pour considérer que l’islam et les réunions non mixtes sont les causes premières du délitement des relations collectives et politiques dans ce pays.

      Quelle République, quelle démocratie, quelle liberté défend-on ici avec ces passions tristes ? Depuis plus d’un an, la réponse gouvernementale à l’épreuve sanitaire les a réduites à l’état de fantômes. L’#état_d’urgence sanitaire est reconduit de vague en vague de contamination. Notre vie est bornée par des contrôles, des interdictions et des attestations. Les décisions qui la règlent sont prises par quelques-uns dans le secret délibératif d’un Conseil de défense. Nous vivons suspendus aux annonces du président et de quelques ministres et, de plus de plus en plus, du président seul, autoproclamé expert omniscient en gestion de pandémie. Nous n’avons plus prise sur notre vie sociale, sur nos horaires, sur notre agenda, sur notre avenir même très proche. Nous n’avons plus de lieu de délibération, ces lieux qui des clubs révolutionnaires de 1789 aux ronds-points des gilets jaunes, en passant par la Place Tahrir et la Puerta Del Sol en 2011 sont l’ADN de la #démocratie.

      La violence de la menace létale mondiale que font peser sur nous le Covid et ses variants successifs nous fait espérer que cette épreuve prendra fin, que la parenthèse se refermera. Comme dans une période de guerre (https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/070221/stephane-audoin-rouzeau-nous-traversons-l-experience-la-plus-tragique-depu), cet espoir toujours déçu se renouvelle sans fin à chaque annonce moins pessimiste, à chaque communication gouvernementale sur les terrasses jusqu’à la déception suivante. Cette #précarité sans fin est un obstacle collectif à la #résistance_démocratique, à la critique sociale, idéologique et opératoire de cette période qui s’ouvre et sera sans doute durable. C’est bien dans ce manque politique douloureux que s’engouffrent tous les complotismes de Q-Anon à l’islamophobie d’État.

      Depuis le printemps 2020 (www.regards.fr/politique/societe/article/covid-19-un-an-deja-chronique-d-une-democratie-desarticulee), les partis d’opposition ont cessé d’être dans l’élaboration et la proposition politique en lien avec la situation sanitaire. Le monologue du pouvoir ne provoque plus sporadiquement que des réactions, jamais d’alternative stratégique ni sur la réponse hospitalière, ni sur la stratégie vaccinale, ni sur l’agenda des restrictions sociales. Même l’absence de publication, des semaines durant début 2021, des avis du Conseil scientifique n’émeut pas des politiques beaucoup plus préoccupés par les réunions non mixtes à l’Unef.

      Attac (https://france.attac.org/spip.php?page=recherche&recherche=covid) n’est pas beaucoup plus proactif malgré la publication sur son site en novembre 2020 d’un texte tout à fait pertinent de Jacques Testard sur la #démocratie_sanitaire. En général les think tanks sont plutôt discrets. L’Institut Montaigne est silencieux sur la stratégie sanitaire tout comme la Fondation Copernic qui n’y voit pas l’occasion de « mettre à l’endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers ». Si le think tank Économie Santé des Échos déplore le manque de vision stratégique sanitaire, seule Terra Nova semble avoir engagé un véritable travail : une cinquantaine de contributions (https://tnova.fr/ckeditor_assets/attachments/218/terra-nova_dossier-de-presse_cycle-coronavirus-regards-sur-une-crise_2020.pdf), des propositions (https://tnova.fr/revues/covid-19-le-think-tank-terra-nova-fait-des-propositions-pour-limiter-les-conta) sur l’organisation de la rentrée scolaire du 26 avril 2021, des propositions sur la stratégie vaccinale…

      Pourquoi cette #inertie_collective sur les choix stratégiques ? Ce ne sont pas les sujets qui manquent tant la stratégie gouvernementale ressemble à tout sauf à une stratégie sanitaire. Sur le fond, aucun débat n’est ouvert sur le choix entre stratégie de cohabitation avec la maladie ou d’éradication virale. Ce débat aurait eu le mérite d’éclairer les incohérences gouvernementales comme la communication sur le « tester/tracer/isoler » de 2020 qui n’a été suivie d’aucun moyen opérationnel et humain nécessaire à sa mise en œuvre. Il aurait permis de discuter une stratégie vaccinale entièrement fondée sur l’âge (et donc la pression hospitalière) et non sur la circulation active du virus et la protection des métiers à risque. Cette stratégie a fait battre des records vaccinaux dans des territoires aux risques faibles et laissé à l’abandon les territoires les plus touchés par la surmortalité comme la Seine-Saint-Denis.

      Pourquoi cette inertie collective sur la démocratie sanitaire ? Les appels dans ce sens n’ont pourtant pas manqué à commencé par les recommandations du Conseil Scientifique dès mars 2020 : le texte de Jacques Testard (https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-25-automne-2020/debats/article/la-covid-la-science-et-le-citoyen), un article de The Conversation (https://theconversation.com/debat-quelles-lecons-de-democratie-tirer-de-la-pandemie-140157) au mois de juin 2020, l’excellent « tract » de #Barbara_Stiegler, De la démocratie en pandémie, paru chez Gallimard en janvier 2021 et assez bien relayé. Des propositions, voire des expérimentations, en termes de délibération et de construction collective des mesures sanitaires territorialisées, des contre expertises nationales basées sur des avis scientifiques et une mobilisation populaire auraient sans doute mobilisé de façon positive la polyphonie des exaspérations. On a préféré laisser réprimer la mobilisation lycéenne (https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/181120/sommes-nous-aux-portes-de-la-nuit) pour de vraies mesures sanitaires en novembre 2020.

      Bref la construction de masse d’une alternative à l’incapacité autoritaire du pouvoir aurait pu, pourrait encore donner corps et usage à la démocratie, aujourd’hui désarticulée (https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/160321/covid-un-deja-chronique-d-une-democratie-desarticulee), qu’il nous faut essayer de défendre, pourrait incarner la République dans des exigences sociales et une puissance populaire sans lesquelles elle risque toujours de n’être qu’un discours de domination.

      Une autre élection est-elle encore possible ?

      Entre cet étouffement démocratique de masse et l’immensité des choix de société suggérés au quotidien par la crise sanitaire, le grain à moudre ne manque pas pour des courants politiques héritiers d’une tradition émancipatrice. Leur responsabilité est immense quand l’humanité est mise au pied du mur de sa survie et de l’idée qu’elle se fait d’elle-même. Mais ces partis préfèrent eux aussi considérer la situation sanitaire comme une simple parenthèse à refermer, se projetant sur les échéances de 2022 comme pour oublier 2020 et 2021. Il est ahurissant de penser que, après 14 mois de pandémie, la politique sanitaire ne soit pas au centre des élections territoriales de ce printemps, sinon pour une question d’agenda.

      En « rêvant d’une autre élection » comme d’autres ont rêvé d’un autre monde, la gauche permet tout simplement au président en exercice de s’exonérer de son bilan dramatique : un système de santé et des soignantes et soignants mis en surchauffe des mois durant, une mise en suspens de milliers de soins parfois urgents, des dizaines de milliers de Covid longs, plus de 100.000 morts, des territoires et des populations délibérément sacrifiés, des inégalités devant la mort et la maladie largement calquées sur les inégalités sociales et les discriminations, une vie sociale dévastée, une démocratie en miettes, une faillite biopolitique structurelle.

      Comment lui en faire porter la responsabilité si on ne peut lui opposer aucune alternative ? Le pouvoir s’en réjouit d’avance et, renversant la charge de la preuve, semaine après semaine, somme chacune et chacun de présenter un bilan sur l’agenda qu’il déroule sans rencontrer beaucoup de résistance : les politiques sécuritaires et l’islamophobie d’État. Or, ce concours électoraliste du prix de la « laïcité », de la condamnation de l’islamisme, de la condamnation des formes contemporaines de lutte contre les discriminations, nous savons qui en sera la championne incontestée : elle en maîtrise à merveille les thématiques, le vocabulaire comme la véhémence.

      Voici ce que les sondages, jour après jour, mesurent et nous rappellent. Dans ces conditions, l’absence de dynamique unitaire à gauche n’est pas la cause de la défaite annoncée, elle est déjà le résultat d’une perte majoritaire de boussole politique, le résultat d’une sorte d’évitement du réel, le résultat d’un abandon.

      « L’étrange défaite » de juin 1940 a pris racine dans le ralliement des classes dirigeantes à la nécessité d’un pouvoir policier et discriminatoire. Nous y sommes. « L’étrange défaite » s’est nourrie de la pusillanimité d’une gauche désertant les vrais combats pour la démocratie, de la défense de l’Espagne républicaine au barrage contre un racisme aussi déchaîné qu’expiatoire. Nous y sommes sur les enjeux de notre temps. « L’étrange défaite » a été la fille du consensus munichois et de la capitulation anticipée. Nous y sommes. « L’étrange défaite » a été suivie de la mort d’une République. L’appel militaire du 21 avril en fait planer la menace.

      À l’exceptionnalité de la période traumatique qui bouleverse depuis 14 mois en profondeur nos repères politiques, sociaux et vitaux, s’ajoute l’exceptionnalité de l’échéance institutionnelle du printemps 2022. Il est dérisoire d’y voir la énième occasion de porter un message minoritaire, dérisoire de donner le spectacle d’une querelle d’egos, dérisoire de jouer à qui sera responsable de la défaite. Le salut ne sera pas dans un compromis défensif sans principe mais dans un sursaut collectif d’ambition.

      Il est temps de prendre la mesure du temps que nous vivons, car il est toujours temps de résister. Comme concluait Marc Bloch en septembre 1940, « peut-être est-ce une bonne chose d’être ainsi contraints de travailler dans la rage », car « est-ce à des soldats qu’il faut, sur un champ de bataille, conseiller la peur de l’aventure ? » Il ajoutait que « notre peuple mérite qu’on se fie à lui et qu’on le mette dans la confidence ».

      http://www.regards.fr/idees-culture/article/2022-l-etrange-defaite-qui-vient
      #non-mixité

  • Il m’a semblé voir passer il y a quelques jours une déclaration hallucinante de Blanquer, comme quoi vu que ça ne baisse pas malgré la fermeture des écoles, c’est bien la preuve que les écoles n’ont pas un rôle important dans la diffusion du virus.

    Mais je ne la retrouve pas. Dis Seenthis, tu serais capable de mettre la main dessus ?