• Philippe Besson, écrivain lèche-majesté

    https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180830.OBS1585/philippe-besson-ecrivain-leche-majeste.html

    « Il n’y a chez moi aucun copinage pour service rendu. »

    Quelle ingratitude. Quand on pense à ce que Besson a fait pour lui. Quand on lit ce que Besson a fait pour lui : « Un personnage de roman », publié en septembre 2017, livre lèche-majesté qui, en 248 pages salivaires, relevait le défi périlleux de la flatterie totale. On n’avait jamais autant flagorné, du moins publiquement. Besson, Fosbury de la génuflexion, révolutionnait la discipline. Après lui, la servilité ne serait plus jamais la même. Il tombait à plat ventre devant Macron, cette divinité aztèque seule à même de sauver notre civilisation. Il se couchait sur toutes les flaques de boue, crotté et heureux. Pour s’entendre dire, un an plus tard, qu’il n’est pas digne d’un copinage ? Qu’il n’a pas rendu service ? Qu’il mérite d’être nommé consul, qu’il aurait pu le devenir sans se donner toute cette peine ? Dans la longue histoire de la courtisanerie, c’est du jamais-vu.

    #méchanceté

  • PMA pour les lesbiennes : la poétesse Marina Tsvetaeva la réclamait déjà en 1932 | Elisabeth Philippe
    https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180604.OBS7674/pma-pour-les-lesbiennes-la-poetesse-marina-tsvetaeva-la-reclamai

    Si elle était encore de ce monde, Marina Tsvetaeva aurait-elle été conviée par Emmanuel Macron à dîner à l’Elysée pour discuter de la PMA ? La poétesse russe, exilée en France après la Révolution bolchevique, y aurait en tout cas eu tout autant sa place que les seize personnes (dont quinze hommes) invitées par le président. Source : Bibliobs

  • Clémentine Mélois, l’artiste qui a épilé « l’Origine du monde »
    https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180208.OBS1937/clementine-melois-l-artiste-qui-a-epile-l-origine-du-monde.html

    Clémentine Mélois « n’aimerai[t] pas l’idée d’exposer uniquement en galerie ». Elle a pensé son travail en trois axes : outre les expositions, il y a « les livres, disponibles en librairie, dans lesquels on trouve un jeu sur le péritexte, et Facebook, où tout est gratuit et libre d’être repris. Ce n’est finalement pas très éloigné de mon expérience de la lithographie, basée sur le multiple et sur la diffusion. »

    En Facebook, elle voit « un endroit de contact ». Qui ne touche pas toujours les mêmes communautés. Quand elle imagine Michel Foucault vendre des sous-pulls en polyamide dans un catalogue type La Redoute, elle met en émoi le milieu académique.
    "Le philosophe Mathieu Potte-Bonneville m’a rapporté que Paul Rabinow, spécialiste américain de Foucault, lui a envoyé le détournement avec la mention : "Is this for real ?" (c’est pour de vrai ?) » "


    Une autre fois, elle se moque des émissions de survie en imaginant un kit « Ma bite et mon couteau » sponsorisée par le présentateur Bear Grylls. « Ça a beaucoup circulé chez les parachutistes… »

    Facebook lui a même permis de faire des rencontres, comme l’auteur de la couverture de « Vol de nuit » de Saint-Exupéry qu’elle a rebaptisé « Saint-Exaspéré ». « C’était une rencontre formidable, il m’a raconté comment il avait travaillé au feutre à alcool. » Elle boucle même la boucle en revoyant la dame de Gallimard qui lui a remis son prix à 9 ans. Sans oublier que c’est précisément grâce au réseau social qu’elle a été repérée par Charles Dantzig et publiée chez Grasset. Elle lui a rendu hommage en transformant « Dictionnaire égoïste de la littérature française » en « Dictionnaire égoïste de la variété française », de Charles Dancing.

    Fouiller dans son compte Facebook, c’est un peu comme chercher dans une malle aux trésors : tout y est motif d’émerveillement parmi ces idées à la fois malines, drôles et familières. On s’incline par exemple devant « Foufoune tendance », roman-photo qui associe images issues de « Nous Deux » et dialogues originaux de « Barbie magazine ».

    En dehors de Facebook, Clémentine Mélois a une année chargée. Elle travaille à la fois sur un album pour enfants, un nouveau livre chez Grasset et un volume de La Petite Bédéthèque des Savoirs du Lombard sur le roman-photo, avec Jan Baetens. Depuis juin dernier, elle a été cooptée à l’Ouvroir de ­littérature potentielle (Oulipo), où elle a rencontré des gens avec lesquels elle se sent « en phase ».

    L’Oulipo : le cercle des poètes farfelus

    Pour entrer à l’Oulipo, il ne faut pas proposer sa candidature. Mais Mélois avait tout pour séduire ces farfelus du verbe, dont son dernier ouvrage, « Sinon j’oublie » (Grasset), une fantaisie autour de « l’infra-ordinaire » chère à Perec. Elle parvient à y faire émerger de la poésie de la liste de commissions. Se basant sur 99 listes issues de sa collection personnelle, elle imagine les confidences de leurs auteurs : celle qui s’inflige un régime à base de saucisses, celui qui drague dans les rayons de Mr. Bricolage, ou ce couple qui croule sous « sept crédits conso ». Un ensemble irrésistible.

    Pour mieux « stimuler la racontouze » (Perec, encore), la jeune femme s’est fixé des contraintes strictes. « Il fallait utiliser un élément de la liste de courses, une catégorie de population, et un sujet de préoccupation ordinaire ». Elle s’est inspirée d’un exercice appelé la Polygraphie du cavalier (Perec, toujours), dans lequel le cavalier doit parcourir tout l’échiquier sans passer deux fois par la même case. On s’étonne, on se gratte la tête, mais Clémentine Mélois nous rassure : « C’est vraiment un truc de tordu ! ».

    Amandine Schmitt

    Clémentine Mélois
    De deux choses l’une
    Du 8 février au 24 mars 2018
    Galerie Lara Vincy
    47 rue de Seine, 75006 Paris
    lara-vincy.com

  • Des voix s’élèvent contre la présence de Charles Maurras dans la liste des commémorations officielles 2018
    https://www.francetvinfo.fr/france/des-voix-s-elevent-contre-la-presence-de-charles-maurras-dans-la-liste-

    Elaboré par le Haut-Comité des commémorations nationales, sous la houlette du ministère de la Culture, le Recueil des commémorations nationales 2018 propose de commémorer la naissance, en 1868, de Charles Maurras, qui partie de la « centaine d’anniversaires susceptibles d’être célébrés au nom de la Nation ».

    Je me demande bien comment il a pu se retrouver dans ce document qui doit quand même être relu avant impression ...

    • La commission qui pond ce guide des commémorations est présidé par un académicien femelle. L’académie française est toujours resté fidèle à Maurras plus qu’a la république. Une fois que Maurras à été condamné pour collaboration avec les nazis et incarcéré, son siège est resté vacant en hommage au #grand_homme jusqu’à sa mort. En 2018 l’académie française exprime toujours son mépris pour la république et son amour inconditionnel pour les antisémites et le nazisme.
      Une raison de plus pour vendre l’académie française au Qatar.

      http://www.madmeg.org/p40/#6/0.821/0.101

      #royalisme #action_française #antisémitisme #Académie #historicisation

      Pour cette publication des 100 commémorations faschottes de la manif pour tous je vais voire si je trouve le nombre de femmes membres et commémorées car à mon avis c’est un bel exemple de machine à effacer les femmes de l’histoire.

    • Le e-monde.fr publie une réponse de Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory, deux historiens membres du Haut Comité des commémorations nationales. L’accroche est ; « l’Etat doit rappeler les moments lumineux de notre histoire comme les périodes les plus sombres. »

      L’émotion qui entoure l’inscription de Charles Maurras dans le Livre des commémorations nationales pour 2018 exige une explication simple et claire. La mission confiée au Haut Comité aux commémorations nationales est de contribuer, au hasard des anniversaires, à une meilleure prise de conscience des épisodes majeurs du passé. Il en propose une liste à la ministre, à qui il revient de les agréer si elle le souhaite.

      Françoise Nyssen l’a fait d’abord, en l’occurrence, avant de changer d’avis. Sont concernés les personnalités et les événements dont notre pays peut s’honorer, mais pas eux seulement. Commémorer, ce n’est pas célébrer. C’est se souvenir ensemble d’un moment ou d’un destin. Distinction essentielle : on commémore la Saint-Barthélemy, on ne la célèbre pas. On commémore l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac, on ne le célèbre pas. On commémore la Grande Guerre, on ne la célèbre pas.

      http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/01/28/commemorer-ce-n-est-pas-celebrer_5248372_3232.html

      C’est rigolo d’apprendre que la naissance de Maurras est une date importante au point d’être comparée à la Saint-Barthélémy. Si c’était pour se souvenir des méfaits de cet homme et de son parti, alors il faudrait choisir une commémoration du 28 janvier 1945 date de sa condamnation à la réclusion à perpétuité et de son indignité nationale ou 1947, date de l’interdiction d’Action Française (qui n’est pourtant plus interdite à ce qu’il me semble).

      Commémorer la naissance de Maurras quel intérêt à part banaliser Action Française et faire un geste amical envers l’extrême droite catholique française de #sens_commun #manif_pour_tous et autres ami·es en marche de Blanquer ? Est-ce qu’on va commémoré la naissance de Laval et de Papon dans la foulée ?

      #action_française #extrême_droite #grand_homme

    • On ne peut que se réjouir de la décision de Françoise Nyssen de retirer Charles Maurras de la liste des commémorations nationales de l’année 2018. On espère que la ministre de la Culture procédera également au retrait du nom de Jacques Chardonne, qui fut comme Maurras un antisémite forcené et un complice actif de la Collaboration. Mais on aimerait surtout que les raisons du retrait soient comprises, retenues — remémorées à l’avenir — et ne soient pas recouvertes par d’étranges sophismes qui circulent et sont repris par des esprits dont on ne l’attendait pas.

      Il y a, bien sûr, ceux dont les réactions ne surprennent pas : les néo-maurrassiens. Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint du Figaro Magazine, n’a pas eu peur d’écrire sur Twitter que ceux qui ont dénoncé la présence de Maurras sur la liste des commémorations nationales ne l’ont pas lu. On lui suggérera une autre possibilité : qu’ils l’aient lu plus à fond que lui et qu’ils aient pris au sérieux ce qu’il disait lui-même de sa pensée, à savoir qu’elle était strictement indissociable de la haine des juifs, des protestants, des « métèques » et des francs-maçons. Il est inutile ici de dresser un florilège des textes les plus abjects de Maurras. Rappelons simplement qu’il prôna, jusqu’à la fin de sa vie, un « antisémitisme d’État » qui ramènerait les juifs français au rang de simples « campeurs » sur le territoire. Et qu’il fut un des responsables de l’assassinat de Pierre Worms, cible en tant que juif de la milice de Vichy.

      Il y a ceux qui, tel Yann Moix, oubliant toute décence en même temps que leurs amitiés anciennes, n’hésitent pas à qualifier le refus de commémorer la naissance de Maurras de « révisionnisme » (sic) qui trahirait une volonté d’effacer ou de dissimuler le passé. Comme si le refus d’une commémoration nationale de l’anniversaire d’un homme condamné en 1945 à la dégradation nationale était la même chose que la volonté de passer son importance sous silence.
      « Commémorer, c’est se souvenir »

      Il y a enfin les membres du Haut Comité aux Commémorations nationales qui s’obstinent à justifier leur choix, comme le font Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory dans une tribune publiée par Le Monde, en affirmant que « commémorer n’est pas célébrer ». Commémorer la Saint-Barthélemy ou l’assassinat d’Henri IV, nous disent-ils, ce n’est pas célébrer. C’est « se souvenir ». Cette dernière affirmation est juste et la distinction, pour le coup, n’est pas fallacieuse ; elle est parfaitement légitime en certains contextes. Mais, dans le contexte présent, elle est honteusement sophistique.

      Tout d’abord, parce que « commémorer la naissance de Maurras » ne peut pas avoir le sens de « commémorer un massacre ». Il ne s’agit pas ici de commémorer la naissance de Maurras comme une tragédie, ni de commémorer sa dégradation nationale en 1945. Ce qu’on commémore, c’est quelqu’un qu’on tient pour une figure importante parce qu’on lui reconnaît, comme à Chardonne, des qualités d’écrivain ou d’intellectuel. « Commémorer » ici a inévitablement le sens d’une reconnaissance de grandeur qu’on met en balance avec des méfaits qui se trouvent ipso facto minimisés. La preuve : inscrirait-on Marcel Déat, Jacques Doriot, Pierre Laval, Philippe Henriot sur la liste des commémorations nationales ? Bien sûr que non. Pourtant ils ont la même importance historique que Maurras ou Chardonne. Mais leur nom choquerait davantage, parce qu’on ne peut pas voir en eux le « grand écrivain ». Il suffit de se reporter aux présentations euphémisantes du site des Commémorations nationales pour constater que Maurras et Chardonne y sont traités avec déférence.

      On est loin de l’affirmation avancée par les membres du comité, de vouloir « évoquer officiellement les pages noires de [notre] Histoire ». Car en la matière, de pages noires il n’y a pas dans la brochure éditée. Rien, en ce qui concerne Chardonne, sur son œuvre collaborationniste et ses escapades en Allemagne à l’invitation de Joseph Goebbels. Chardonne qui écrivait en juin 1943 dans un livre hagiographique sur les SS : « Si l’on peut découvrir les secrets de la valeur et vraiment éduquer les êtres, les méthodes du national-socialisme sont incomparables », ou encore : « Quand Israël est roi, un pays est perdu » (Le Ciel de Nieflheim).

      Quant à Charles Maurras, la « page noire » tient en à peine deux phrases. Ce qui fait bien peu concernant un homme dont la pensée a irrigué la « Révolution nationale » et qui dîna régulièrement avec Philippe Pétain, chef de l’État. En revanche, l’une de ces deux phrases nous apprend que Maurras fut « antinazi », rien de moins. De fait, il y aurait là toutes les raisons de commémorer Maurras, bombardé « antinazi ». Antinazi de type particulier certes, lui qui dans les années 1930 dénonçait le « bellicisme juif » face aux tensions croissantes avec l’Allemagne. Un « antinazi » dont le journal n’a cessé de paraître jusqu’à la Libération en ayant comme voisin d’immeuble la Milice française, fondée par des maurrassiens dont bon nombre prêtèrent serment d’allégeance à Adolf Hitler et rallièrent la SS. Curieusement, cette Milice, qui traqua sans relâche les Résistants, ne pensa jamais à inquiéter cet « antinazi ». Il est vrai qu’en matière d’antinazisme, on a connu à l’époque plus engagé, à commencer par De Gaulle, et quelques milliers d’autres qui en juin 1940 ralliaient Londres ou jetaient les bases de la Résistance intérieure.
      Célébrer cette page noire ?

      Sans doute est-ce pour commémorer cette « page noire » que le délégué aux Commémorations nationales et Conservateur général du patrimoine s’est également rendu sur Radio courtoisie afin d’évoquer le sujet, sur les ondes d’une radio qui se déclare ouvertement Action française et dont la présidente est la petite-nièce de Charles Maurras ? Car, contrairement à ce qui est désormais affirmé, il ne s’agit pas de commémorer pour rappeler les pages noires de notre histoire. Qu’on aille lire, sur le site des éditions du patrimoine, la présentation du livre des Commémorations nationales 2018. Celle-ci s’ouvre par cette phrase : « Chaque année, le Haut Comité des commémorations nationales sélectionne et propose à l’agrément du ministre de la Culture et de la Communication une centaine d’anniversaires susceptibles d’être célébrés au nom de la Nation. »

      « Célébrer au nom de la Nation » : est-il possible d’être plus clair ? Les commémorations ne concernent pas seulement le passé, elles engagent aussi le présent. Aujourd’hui, ce serait Maurras et Chardonne qu’on pourrait célébrer avec les réserves d’usage, comme on apprécie un alcool avec modération. Il y a quelques semaines, de nombreuses voix, dont celles du Premier ministre, affirmaient qu’une réédition grand public des pamphlets racistes et antisémites de Céline ne posait aucun problème dès lors qu’elle était pourvue de notes de bas de page. Que la compréhension du présent exige la connaissance du passé, et que celle-ci puisse requérir l’édition scientifique de textes criminels ou répugnants, personne ne le conteste. Mais cela ne peut pas signifier qu’il faille encourager les éditeurs à faire de l’argent en commercialisant les crachats que lancèrent des écrivains célèbres sur ceux que les nazis s’apprêtaient à exterminer sous leurs applaudissements. L’étude historique n’a pas besoin que ces crachats sanglants, enrobés sous une couverture prestigieuse, soient vendus comme des pralines offertes à la dégustation de pseudo-esthètes.

      Il n’y a pas un an, la victoire de l’extrême droite était une possibilité concrète dans ce pays, comme ailleurs en Europe où elle parvient par endroits au pouvoir. Prétendre la combattre en banalisant ses maîtres à penser les plus radicaux, ou en les célébrant officiellement, est une contradiction difficilement tenable pour ceux qui ont été élus contre cette menace.

      Une réflexion de fond est désormais urgente quant à la définition de la mission du Haut Comité et quant aux possibles dysfonctionnements qui l’ont conduit à inviter à « célébrer au nom de la Nation » la naissance de deux de ses ennemis les plus féroces — ennemis non seulement de la République, mais de l’idée même d’une humanité commune.

      Les signataires : Tal Bruttmann, historien ; Catherine Coquio, professeure de littérature à l’université Paris-Diderot ; Frédérik Detue, enseignant-chercheur en littérature, Université de Poitiers ; Antoine Germa, scénariste ; Antonin Grégoire, sociologue ; François Heilbronn, Professeur des universités associé à Sciences-Po ; Charlotte Lacoste, enseignante-chercheuse en littérature, Université de Lorraine ; Nadia Méziane, militante antiraciste ; Marie Peltier, historienne ; Jean-Yves Pranchère, professeur de théorie politique à l’Université libre de Bruxelles (ULB) ; Christophe Tarricone, historien.

      http://www.liberation.fr/debats/2018/02/01/maurras-commemorer-n-est-pas-celebrer-un-insupportable-sophisme_1626536

    • https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180125.OBS1238/la-france-doit-elle-celebrer-charles-maurras-en-2018.html

      Commémorer Mai-68, pourquoi pas, mais il y a d’autres anniversaires dans la vie. Le détail semble avoir pour l’instant échappé à 99,99% de nos compatriotes, mais 2018 pourrait bien être aussi l’année Charles Maurras (1868-1952). La preuve, le fameux théoricien du « nationalisme intégral » figure, en même temps que Paul Claudel et le philosophe Alain, dans le très officiel « Recueil des Commémorations nationales 2018 », dûment préfacé ici par notre ministre de la Culture :

      "À vous qui aimez l’histoire de France, à vous qui aimez la voir reprendre vie, je conseille chaleureusement la lecture du Livre des Commémorations nationales de 2018. II vous apportera, j’en suis sûre, un grand plaisir et de belles émotions ! »"

      Quand on se souvient un peu du barouf qu’avait déclenché l’inscription de Louis-Ferdinand Céline, en 2011, dans le même calendrier, il y a pourtant de quoi redouter que tout le monde ne partage pas ce joyeux enthousiasme ministériel. Et se demander si Françoise Nyssen avait vraiment en tête la liste des cent et quelques anniversaires répertoriés par ses services avant de signer son petit texte.

      https://francearchives.fr/commemo/recueil-2018

      Avant-propos

      L’intérêt grandissant pour l’histoire, le besoin d’explorer sa mémoire et le goût de la fête expliquent le succès des anniversaires et des commémorations. Cependant, les Commémorations nationales ont ceci de particulier qu’elles ne s’adressent pas uniquement à quelques personnes, initiées et privilégiées, mais à tous ; et chacun est invité ! Pour illustrer la mémoire collective, les événements qui la jalonnent et les personnages qui l’animent, les Commémorations nationales ont fait appel, au titre de 2018, à plus de cent spécialistes enthousiastes. Ils vous entraînent à la découverte de Mai 68, de Roland Garros, de Gounod, de Couperin, de Chateaubriand, de l’hôtel d’Évreux (aujourd’hui palais de l’Élysée) et de bien d’autres ! Je salue le travail réalisé pour cette 31e édition des Commémorations nationales, qui évoluent pour s’adapter à leurs publics. Parallèlement à l’ouvrage, les supports de diffusion se diversifient grâce à l’informatique et au numérique, qu’il s’agisse des tweets quotidiens sur @FranceArchives ou des recueils des années 1999 à 2017, qui sont également disponibles et consultables sur le portail FranceArchives. Ce site Internet assure un rôle de relais et de veille grâce aux « liens » qui renvoient directement aux ressources documentaires et aux manifestations organisées partout en France (théâtre, expositions, concerts, colloques). À vous qui aimez l’histoire de France, à vous qui aimez la voir reprendre vie, je conseille chaleureusement la lecture du Livre des Commémorations nationales de 2018. II vous apportera, j’en suis sûre, un grand plaisir et de belles émotions !

      Françoise Nyssen
      ministre de la Culture

  • Francophonie, langue française : lettre ouverte à Emmanuel Macron
    https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180115.OBS0631/francophonie-langue-francaise-lettre-ouverte-a-emmanuel-macron.h

    Par Alain Mabanckou

    Qu’est-ce qui a changé de nos jours ? La Francophonie est malheureusement encore perçue comme la continuation de la politique étrangère de la France dans ses anciennes colonies. Repenser la Francophonie ce n’est pas seulement « protéger » la langue française qui, du reste n’est pas du tout menacée comme on a tendance à le proclamer dans un élan d’auto-flagellation propre à la France. La culture et la langue françaises gardent leur prestige sur le plan mondial.

    Les meilleurs spécialistes de la littérature française du Moyen-Âge sont américains. Les étudiants d’Amérique du Nord sont plus sensibilisés aux lettres francophones que leurs camarades français. La plupart des universités américaines créent et financent sans l’aide de la France des départements de littérature française et d’études francophones. Les écrivains qui ne sont pas nés en France et qui écrivent en français sont pour la plupart traduits en anglais : Ahmadou Kourouma, Anna Moï, Boualem Sansal, Tierno Monénembo, Abdourahman Waberi, Ken Bugul, Véronique Tadjo, Tahar Ben Jelloun, Aminata Sow Fall, Mariama Bâ, etc. La littérature française ne peut plus se contenter de la définition étriquée qui, à la longue, a fini par la marginaliser alors même que ses tentacules ne cessent de croître grâce à l’émergence d’un imaginaire-monde en français.

    Tous les deux, nous avions eu à cet effet un échange à la Foire du livre de Francfort en octobre dernier, et je vous avais signifié publiquement mon désaccord quant à votre discours d’ouverture dans lequel vous n’aviez cité aucun auteur d’expression française venu d’ailleurs, vous contentant de porter au pinacle Goethe et Gérard de Nerval et d’affirmer que « l’Allemagne accueillait la France et la Francophonie », comme si la France n’était pas un pays francophone !

    #Francophonie #Alain_Mabanckou

  • #Francophonie, #langue_française : #lettre ouverte à Emmanuel Macron
    https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180115.OBS0631/francophonie-langue-francaise-lettre-ouverte-a-emmanuel-macron.h

    Onésime Reclus

    Il est certes louable de faire un discours à #Ouagadougou à la jeunesse africaine, mais il serait utile, Monsieur le #Président, que vous prouviez à ces jeunes gens que vous êtes d’une autre génération, que vous avez tourné la page et qu’ils ont droit, ici et maintenant, à ce que la langue française couve de plus beau, de plus noble et d’inaliénable : la liberté.

    Par conséquent, et en raison de ces tares que charrie la Francophonie actuelle – en particulier les accointances avec les dirigeants des #républiques_bananières qui décapitent les rêves de la jeunesse africaine –, j’ai le regret, tout en vous priant d’agréer l’expression de ma haute considération, de vous signifier, Monsieur le Président, que je ne participerai pas à ce projet.

  • Francophonie, langue française : lettre ouverte à Emmanuel Macron
    https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180115.OBS0631/francophonie-langue-francaise-lettre-ouverte-a-emmanuel-macron.h


    Le président de la République a proposé à Alain Mabanckou de contribuer aux « travaux de réflexion » qu’il souhaite « engager autour de la langue française et de la Francophonie ». L’auteur de « Verre cassé » lui répond.

    Il est certes louable de faire un discours à Ouagadougou à la jeunesse africaine, mais il serait utile, Monsieur le Président, que vous prouviez à ces jeunes gens que vous êtes d’une autre génération, que vous avez tourné la page et qu’ils ont droit, ici et maintenant, à ce que la langue française couve de plus beau, de plus noble et d’inaliénable : la liberté.
    Par conséquent, et en raison de ces tares que charrie la Francophonie actuelle – en particulier les accointances avec les dirigeants des républiques bananières qui décapitent les rêves de la jeunesse africaine –, j’ai le regret, tout en vous priant d’agréer l’expression de ma haute considération, de vous signifier, Monsieur le Président, que je ne participerai pas à ce projet.

    #francophonie #macronisme #françafrique

  • Les pamphlets antisémites de Céline, Gallimard, l’antisémitisme. Un post FB de Tal Bruttmann, historien qui s’est opposé à cette publication à laquelle l’éditeur a fini par renoncer
    https://www.facebook.com/tal.bruttmann/posts/1409574769170126

    Quand on aura un peu de recul sur l’histoire (entendu comme telle, ses étapes et sa chronologie) sur le projet de réédition des pamphlets de Céline, il fait peu de doutes que pas mal de choses s’en dégageront. Notamment le fait qu’un éditeur majeur estime normal, anodin, de préparer la réédition sans guère de précautions, de textes symboliques d’une période dont on pensait être débarrassé. Mais aussi sur la manière dont l’antisémitisme est analysé par certains, dont l’un des arguments lors de la polémique vient d’être repris par Antoine Gallimard himself, et que l’on peut admirer dans le dernier papier consacré par Le Monde au sujet : « Aujourd’hui, l’antisémitisme n’est plus du côté des chrétiens mais des musulmans, et ils ne vont pas lire les textes de Céline ».
    Rien que ça. Passons sur le fait que si si, les musulmans (les Arabes ?) savent lire, et même que certains lisent des auteurs français, y compris du Céline. Oui parce que les musulmans (les arabes ?) sont français, depuis des générations (des fois ca remonte jusqu’à 1830). Et que dans nombre de pays arabes, où les régimes ont depuis des décennies promus l’antisémitisme élevé parfois en politique d’Etat, c’est aussi en publiant à tour de bras la magnifique production européenne, de Mein Kampf en passant par les Protocoles, en célébrant les « professeurs » Garaudy et Faurisson, inspirateurs d’immenses « penseurs » tels que le général Tlass, ministère de la Défense d’Assad et par ailleurs plumitif de l’antisémitisme.
    L’antisémitisme d’aujourd’hui ne serait donc que le propre des musulmans. Un antisémitisme d’ailleurs sans aucune influence intellectuelle, d’instinct donc et pourquoi pas atavique, après tout.
    En matière d’oeillères racistes, ca se pose là. A ma connaissance, ni Alain Soral, ni Dieudonné M’bala (X2) ne sont musulmans, et pourtant ils constituent les têtes d’affiches d’un antisémitisme qui se porte à merveille. Oui, en effet dans leur auditoire il se trouve des musulmans (des arabes, mais y’a aussi des gens d’origine turque et d’autres). Mais pas que. Et surtout pas une majorité. Parce que le public de Soral et M’Bala (X2) c’est aussi des braves petits gars (et filles) du Poitou ou des Ardennes.
    Oui, des Juifs ont été assassinés par des djihadistes en France récemment. Et certains des djihadistes français, qui ont oeuvré ici ou au Moyen-Orient, n’ont pas été formé dans les Madrassa du Pakistan, mais biberonnés ici, par des discours véhiculés par des Soral and Co. et pas uniquement par un Islam radical qui sait aussi fort bien construire un discours antisémite s’abreuvant à toutes ces sources. Penser que cet antisémitisme là serait déconnecté de l’ensemble de la production antisémite, c’est ne rien connaître à cette histoire. Qui se rappelle aujourd’hui que le site suédois RadioIslam fut un précurseur sur le net de la jonction entre Islam, nazisme, négationnisme tout ceci au service d’un antisémitisme moteur ? On pouvait y trouver là tout les textes antisémites occidentaux que l’on voulait.
    Et oui l’antisémitisme « traditionnel » n’a pas fait de mort ces dernières années. En tout cas pour l’heure.
    Et ? Il n’en est pas moins tout aussi existant. Ce n’est pas « l’antisémitisme des musulmans », c’est l’antisémitisme tout court qu’il s’agit de combattre. Et certainement pas de le réduire à une catégorie de population, qui seule en aurait l’apanage. Parce que rééditer de manière normalisée des pamphlets antisémites en 2018, c’est pas un coup des Musulmans qui savent pas lire.

    Céline, Gallimard, et le choix de l’antisémitisme, Alya Aglan, Tal Bruttman, Eric Fournier, André Loez
    https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180104.OBS0154/celine-gallimard-et-le-choix-de-l-antisemitisme.html

    Dans la France de 2018, où l’antisémitisme n’est pas qu’un mauvais souvenir mais une réalité meurtrière, où la confusion idéologique, qui gangrène souvent le débat public, favorise la propagation de cette haine au delà des groupes antisémites patentés, on aurait pu penser qu’un accord minimal se ferait, entre éditeurs, responsables politiques, savants et citoyens, pour juger néfaste la réédition sous une couverture prestigieuse des plus monstrueux textes de haine antijuive publiés dans les années 1930 et 1940 : « Bagatelles pour un massacre », « Les Beaux draps », « L’Ecole des cadavres ».

    Et pourtant, depuis l’annonce d’une telle démarche aux éditions Gallimard, parée des atours du « grand écrivain » Céline, les prises de position se multiplient pour défendre ou valider ce projet, qui ne relève pourtant d’aucune évidence ou nécessité. Autant d’arguments dont nous voulons ici montrer l’inconsistance ou l’hypocrisie. (...)