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  • Migrants en Libye, les oubliés de l’exil

    Venus le plus souvent d’Érythrée, les migrants sont détenus dans des conditions lamentables, et souvent les victimes de milices qui les torturent et les rançonnent. Les Nations unies et l’Union européenne préfèrent détourner le regard. Témoignages.

    L’odeur d’excréments s’accentue à mesure que nous approchons de l’entrepôt qui constitue le bâtiment principal du centre de détention de #Dhar-El-Djebel, dans les montagnes du #djebel_Nefoussa. Un problème de plomberie, précise le directeur, confus.

    Il ouvre le portail métallique du hangar en béton, qui abrite environ 500 détenus, presque tous érythréens. Les demandeurs d’asile reposent sur des matelas gris à même le sol. Au bout d’une allée ouverte entre les matelas, des hommes font la queue pour uriner dans l’un des onze seaux prévus à cet effet.

    Personne dans cette pièce, m’avait expliqué un détenu lors de ma première visite en mai 2019, n’a vu la lumière du jour depuis septembre 2018, quand un millier de migrants détenus à Tripoli ont été évacués ici. #Zintan, la ville la plus proche, est éloignée des combats de la capitale libyenne, mais aussi des yeux des agences internationales. Les migrants disent avoir été oubliés.

    En Libye, quelque 5 000 migrants sont toujours détenus pour une durée indéterminée dans une dizaine de #centres_de_détention principaux, officiellement gérés par la #Direction_pour_combattre_la_migration_illégale (#Directorate_for_Combatting_Illegal_Migration, #DCIM) du gouvernement d’entente nationale (#GEN) reconnu internationalement. En réalité, depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye ne dispose pas d’un gouvernement stable, et ces centres sont souvent contrôlés par des #milices. En l’absence d’un gouvernement fonctionnel, les migrants en Libye sont régulièrement kidnappés, réduits en esclavage et torturés contre rançon.

    L’Europe finance les garde-côtes

    Depuis 2017, l’Union européenne (UE) finance les #garde-côtes_libyens pour empêcher les migrants d’atteindre les côtes européennes. Des forces libyennes, certaines équipées et entraînées par l’UE, capturent et enferment ainsi des migrants dans des centres de détention, dont certains se trouvent dans des zones de guerre, ou sont gardés par des milices connues pour vendre les migrants à des trafiquants.

    Contrairement à d’autres centres de détention que j’ai visités en Libye, celui de Dhar-El-Djebel ne ressemble pas à une prison. Avant 2011, cet ensemble de bâtiments en pleine campagne était, selon les termes officiels, un centre d’entraînement pour « les bourgeons, les lionceaux et les avant-bras du Grand Libérateur » — les enfants à qui l’on enseignait le Livre vert de Kadhafi. Quand le GEN, basé à Tripoli, a été formé en 2016, le centre a été placé sous l’autorité du DCIM.

    En avril, Médecins sans frontières (MSF) pour lequel je travaillais a commencé à faire des consultations à Dhar-El-Djebel. Le centre retenait alors 700 migrants. La plupart étaient enregistrés comme demandeurs d’asile par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), mais selon la loi libyenne, ce sont des migrants « illégaux » et ils peuvent être détenus pour une durée indéterminée.

    N’ayant que peu d’espoir de sortir, plusieurs ont tenté de se suicider au contact de fils électriques. D’autres avaient placé leur foi en Dieu, mais aussi dans les réseaux sociaux et leurs talents de bricoleurs. La plupart des détenus érythréens sont chrétiens : sur le mur face à la porte, ils ont construit une église orthodoxe abyssine au moyen de cartons colorés de nourriture et de matelas verts du HCR, avec des croix en cire de bougie. Sur d’autres matelas, ils ont écrit, avec du concentré de tomates et du piment rouge, des slogans tels que « Nous sommes victimes du HCR en Libye ». Avec leurs smartphones, ils ont posté des photos sur les réseaux sociaux, posant avec les bras croisés pour montrer qu’ils étaient prisonniers.

    Leurs efforts avaient attiré l’attention. Le 3 juin, le HCR évacuait 96 demandeurs d’asile à Tripoli. Une semaine plus tard, l’entrepôt bondé dans lequel j’avais d’abord rencontré les migrants était enfin vidé. Mais 450 Érythréens restaient enfermés dans le centre, entassés dans d’autres bâtiments, à plus de vingt dans une vingtaine de cellules, bien que de nombreux détenus préfèrent dormir dans les cours, sous des tentes de fortune faites de couvertures.

    « Ils nous appellent Dollars et Euros »

    La plupart des Érythréens de Dhar-El-Djebel racontent une histoire proche : avant d’être piégés dans le système de détention libyen, ils ont fui la dictature érythréenne, où le service militaire est obligatoire et tout aussi arbitraire. En 2017, Gebray, âgé d’un peu plus de 30 ans, a laissé sa femme et son fils dans un camp de réfugiés en Éthiopie et payé des passeurs 1 600 dollars (1 443 euros) pour traverser le désert soudanais vers la Libye avec des dizaines d’autres migrants. Mais les passeurs les ont vendus à des trafiquants libyens qui les ont détenus et torturés à l’électricité jusqu’à ce qu’ils téléphonent à leurs proches pour leur demander une #rançon. Après 10 mois en prison, la famille de Gebray avait envoyé près de 10 000 dollars (9 000 euros) pour sa libération : « Ma mère et mes sœurs ont dû vendre leurs bijoux. Je dois maintenant les rembourser. C’est très dur de parler de ça ».

    Les migrants érythréens sont particulièrement ciblés, car beaucoup de trafiquants libyens croient qu’ils peuvent compter sur l’aide d’une riche diaspora en Europe et en Amérique du Nord. « Nous sommes les plus pauvres, mais les Libyens pensent que nous sommes riches. Ils nous appellent Dollars et Euros », me raconte un autre migrant.

    Après avoir survécu à la #torture, beaucoup comme Gebray ont de nouveau payé pour traverser la mer, mais ont été interceptés par les garde-côtes libyens et enfermés en centre de détention. Certains compagnons de cellule de Gebray ont été détenus depuis plus de deux ans dans cinq centres successifs. Alors que la traversée de la Méditerranée devenait plus risquée, certains se sont rendus d’eux-mêmes dans des centres de détention dans l’espoir d’y être enregistrés par le HCR.

    Les ravages de la tuberculose

    Dans l’entrepôt de Dhar-El-Djebel, Gebray a retrouvé un ancien camarade d’école, Habtom, qui est devenu dentiste. Grâce à ses connaissances médicales, Habtom s’est rendu compte qu’il avait la tuberculose. Après quatre mois à tousser, il a été transféré de l’entrepôt dans un plus petit bâtiment pour les Érythréens les plus malades. Gebray, qui explique qu’à ce moment-là, il ne pouvait « plus marcher, même pour aller aux toilettes », l’y a rapidement suivi. Quand j’ai visité la « maison des malades », quelque 90 Érythréens, la plupart suspectés d’avoir la tuberculose, y étaient confinés et ne recevaient aucun traitement adapté.

    Autrefois peu répandue en Libye, la tuberculose s’est rapidement propagée parmi les migrants dans les prisons bondées. Tandis que je parlais à Gebray, il m’a conseillé de mettre un masque : « J’ai dormi et mangé avec des tuberculeux, y compris Habtom ».

    Habtom est mort en décembre 2018. « Si j’ai la chance d’arriver en Europe, j’aiderai sa famille, c’est mon devoir », promet Gebray. De septembre 2018 à mai 2019, au moins 22 détenus de Dhar-El-Djebel sont morts, principalement de la tuberculose. Des médecins étaient pourtant présents dans le centre de détention, certains de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), et d’autres d’#International_Medical_Corps (#IMC), une ONG américaine financée par le HCR et l’UE. Selon un responsable libyen, « nous les avons suppliés d’envoyer des détenus à l’hôpital, mais ils ont dit qu’ils n’avaient pas de budget pour ça ». Les transferts à l’hôpital ont été rares. En revanche, une quarantaine des détenus les plus malades, la plupart chrétiens, ont été transférés dans un autre centre de détention à Gharyan, plus proche d’un cimetière chrétien. « Ils ont été envoyés à Gharyan pour mourir », explique Gebray. Huit d’entre eux sont morts entre janvier et mai.

    Contrairement à Dhar-El-Djebel, #Gharyan ressemble à un centre de détention : une série de containers entourés de hauts grillages métalliques. Yemane a été transféré ici en janvier : « Le directeur de Dhar-El-Djebel et le personnel d’IMC nous ont dit qu’ils allaient nous conduire à l’hôpital à Tripoli. Ils n’ont pas parlé de Gharyan... Quand on est arrivés, on a été immédiatement enfermés dans un container ».
    Des migrants vendus et torturés

    Selon Yemane, une femme a tenté de se pendre quand elle a compris qu’elle était à Gharyan, et non dans un hôpital, comme le leur avaient promis les médecins d’IMC. Beaucoup gardaient de mauvais souvenirs de Gharyan : en 2018, des hommes armés masqués y ont kidnappé quelque 150 migrants détenus dans le centre et les ont vendus à des centres de torture. Le centre a alors brièvement fermé, puis rouvert, avec à sa tête un nouveau directeur, qui m’a expliqué que des trafiquants l’appelaient régulièrement pour tenter de lui acheter des migrants détenus.

    En avril 2019, des forces de Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est de la Libye, ont lancé une offensive contre les forces pro-GEN à Tripoli et se sont emparées de Gharyan. Les troupes d’Haftar se sont installées à proximité du centre de détention et les avions du GEN ont régulièrement bombardé la zone. Effrayés par les frappes aériennes autant que par les migrants tuberculeux, les gardes ont déserté. Chaque fois que je me suis rendu sur place, nous sommes allés chercher le directeur dans sa maison en ville, puis l’avons conduit jusqu’au portail du centre, où il appelait un migrant pour qu’il lui ouvre. Les détenus lui avaient demandé un cadenas pour pouvoir s’enfermer et se protéger des incursions. De fait, des forces pro-Haftar venaient demander aux migrants de travailler pour eux. Yemane indique qu’un jour, ils ont enlevé quinze hommes, dont on est sans nouvelles.

    MSF a demandé au HCR d’évacuer les détenus de Gharyan. L’agence de l’ONU a d’abord nié que Gharyan était en zone de guerre, avant de l’admettre et de suggérer le transfert des détenus au centre de détention #Al-Nasr, à #Zawiya, à l’ouest de Tripoli. Pourtant, le Conseil de sécurité de l’ONU a accusé les forces qui contrôlent ce centre de trafic de migrants, et placé deux de leurs dirigeants sous sanctions.

    « Si vous êtes malades, vous devez mourir ! »

    Les détenus étaient toujours à Gharyan quand, le 26 juin, les forces du GEN ont repris la zone. Le jour suivant, ils ont forcé le portail du centre de détention avec une voiture et demandé aux migrants de se battre à leurs côtés. Les détenus effrayés ont montré leurs médicaments contre la tuberculose en répétant des mots d’arabe que des employés du HCR leur avaient appris − kaha (#toux) et darn (#tuberculose). Les miliciens sont repartis, l’un d’eux lançant aux migrants : « Si vous êtes malades, on reviendra vous tuer. Vous devez mourir ! ».

    Le 4 juillet, le HCR a enfin évacué les détenus restants vers Tripoli. L’agence a donné à chacun d’eux 450 dinars (100 euros) pour qu’ils subvenir à leurs besoins dans une ville qu’ils ne connaissaient pas. L’abri où ils étaient censés loger s’avérant trop coûteux, ils ont déménagé vers un endroit moins cher, jadis une bergerie. « Le HCR dit qu’on sera en sécurité dans cette ville, mais pour nous, la Libye n’offre ni liberté ni sécurité », explique Yemane.

    La plupart des 29 migrants évacués de Gharyan sont maintenant bloqués, et en danger, dans les rues de Tripoli, mais espèrent toujours obtenir l’asile en dehors de Libye. Les combats se poursuivant à Tripoli, des miliciens ont proposé à Yemane de s’enrôler pour 1 000 dollars (901 euros) par mois. « J’ai vu beaucoup de migrants qui ont été recrutés ainsi, puis blessés », m’a-t-il raconté récemment sur WhatsApp. Deux de ses colocataires ont été à nouveau emprisonnés par des milices, qui leur ont demandé 200 dollars (180 euros) chacun.

    Les migrants de Gharyan ont si peur dans les rues de Tripoli qu’ils ont demandé à retourner en détention ; l’un d’entre eux est même parvenu à entrer dans le centre de détention d’Abou Salim. Nombre d’entre eux ont la tuberculose. Fin octobre, Yemane lui-même a découvert qu’il en était porteur, mais n’a pas encore de traitement.
    « Ils nous ont donné de faux espoirs »

    Contrairement à Gharyan, Dhar-El-Djebel est loin des combats. Mais depuis avril, des migrants détenus à Tripoli refusent d’y être transférés car ils craignent d’être oubliés dans le djebel Nefoussa. Selon un responsable de la zone, « notre seul problème ici, c’est que le HCR ne fait pas son travail. Cela fait deux ans qu’ils font de fausses promesses à ces gens ». La plupart des détenus de Dhar-El-Djebel ont été enregistrés comme demandeurs d’asile par le HCR, et espèrent donc être relocalisés dans des pays d’accueil sûr. Gebray a été enregistré en octobre 2018 à Dhar-El-Djebel : « Depuis, je n’ai pas vu le HCR. Ils nous ont donné de faux espoirs en nous disant qu’ils allaient revenir bientôt pour nous interviewer et nous évacuer de Libye ».

    Les 96 Érythréens et Somaliens transférés en juin de Dhar-El-Djebel au « centre de rassemblement et de départ » du HCR à Tripoli étaient convaincus qu’ils feraient partie des chanceux prioritaires pour une évacuation vers l’Europe ou l’Amérique du Nord. Mais en octobre, le HCR aurait rejeté une soixantaine d’entre eux, dont 23 femmes et 6 enfants. Ils n’ont plus d’autre choix que de tenter de survivre dans les rues de Tripoli ou d’accepter un « retour volontaire » vers les pays dont ils ont fui la violence.

    Le rapport de la visite de l’ONU à Dhar-El-Djebel en juin, durant ce même transfert, avait prévenu que « le nombre de personnes que le HCR sera en mesure d’évacuer sera très faible par rapport à la population restante [à Dhar-El-Djebel] en raison du nombre de places limité offert la communauté internationale ».

    De fait, le HCR a enregistré près de 60 000 demandeurs d’asile en Libye, mais n’a pu en évacuer qu’environ 2 000 par an. La capacité de l’agence à évacuer des demandeurs d’asile de Libye dépend des offres des pays d’accueil, principalement européens. Les plus ouverts n’accueillent chaque année que quelques centaines des réfugiés bloqués en Libye. Les détenus de Dhar-El-Djebel le savent. Lors d’une de leurs manifestations, leurs slogans écrits à la sauce tomate visaient directement l’Europe : « Nous condamnons la politique de l’UE envers les réfugiés innocents détenus en Libye ».

    « L’Europe dit qu’elle nous renvoie en Libye pour notre propre sécurité, explique Gebray. Pourquoi ne nous laissent-ils pas mourir en mer, sans souffrance ? Cela vaut mieux que de nous laisser dépérir ici ».

    https://orientxxi.info/magazine/migrants-en-libye-les-oublies-de-l-exil,3460
    #Libye #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_érythréens #santé #maladie #externalisation

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    Et pour la liste de @sinehebdo, deux nouveaux #mots : #Dollars et #Euros

    Les migrants érythréens sont particulièrement ciblés, car beaucoup de trafiquants libyens croient qu’ils peuvent compter sur l’aide d’une riche diaspora en Europe et en Amérique du Nord. « Nous sommes les plus pauvres, mais les Libyens pensent que nous sommes riches. Ils nous appellent Dollars et Euros », me raconte un autre migrant.

    #terminologie #vocabulaire

  • La solitude palestinienne
    Jean Stern > 3 décembre 2019
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/la-solitude-palestinienne,3466

    Comme dans ses précédents films, l’identité palestinienne est au cœur du propos. Mais il lui donne un tour plus contemporain, s’interroge sur la question très sérieuse de la mondialisation de la sécurité. À Nazareth comme à Paris et à New York, les flics sont, au-delà du personnage principal, le fil rouge de ce film. Faussement débonnaires dans la ville majoritairement chrétienne de Galilée ; arpentant une capitale française déserte un jour de 14 juillet, à pied, en roll’in ou à vélo ; pourchassant un ange qui réclame « Free Palestine » dans Central Park, ils sont ridiculisés à l’écran, c’est le principe du film comique.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=RYSKzDiUGdk&feature=emb_logo

  • La guerre des appelés en Algérie | ARTE Radio
    https://www.arteradio.com/son/61660266/la_guerre_des_appeles_en_algerie


    https://seenthis.net/messages/731474

    A 20 ans, Rémi, Georges, Gilles et les autres se sont retrouvés soldats, appelés au cœur de la guerre d’Algérie. Une guerre sans nom et sans visage, avec son lot d’atrocités et de crimes. A leur retour en France, personne ne leur a posé de questions : ni leurs femmes, ni leurs parents. Comme beaucoup d’autres ils se sont tus.
    50 ans plus tard, c’est le déclic quand ils reçoivent leur pension d’ancien combattant. Impossible pour eux d’accepter cet argent pour des crimes qu’ils ont commis là-bas. Alors Rémi et ses amis, une bande de vieux paysans retraités du Tarn, fondent la 4ACG, Association des Anciens Appelés d’Algérie Contre la Guerre. Par ce biais, ils reversent leur maigre pension à des associations humanitaires en Algérie. Mais surtout, ils permettent à tout nouvel adhérent de raconter pour la première fois son histoire de la guerre d’Algérie. Des témoignages émouvants et pas militants, qui font la part des horreurs. Des récits durs et d’autant plus nécessaires pour lever les tabous sur une guerre qui n’a jamais dit son nom.

    Qui sommes-nous ? Contacts. Adhésions - 4ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre)
    http://www.4acg.org/-Qui-sommes-nous-Contacts-Adhesions-

    Qui sommes-nous ? Contacts. Adhésions

    L’Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre (4ACG) est une association laïque, indépendante de toute institution politique, philosophique ou religieuse :

    – Elle se situe résolument en faveur du respect de la personne humaine, de sa dignité, de son intégrité et de ses droits.
    – Elle entend s’opposer à tout ce qui détruit ou mutile cette dignité, entrave le développement de tout l’Homme et de tous les hommes, à tout ce qui prive les peuples du droit à disposer d’eux-mêmes.
    – Elle refuse la violence et la guerre comme moyens de résolution des conflits, car générant toujours une spirale qui conduit fatalement à la barbarie.

    Pour contacter l’association 4ACG : secretariat@4acg.org

  • 1992 · Regards d’un enfant sur l’#Irak sous embargo
    https://orientxxi.info/magazine/1992-regards-d-un-enfant-sur-l-irak-sous-embargo,2661

    « Le Parfum d’Irak » de Feurat Alani · C’est un genre particulier de journalisme qu’a adopté Feurat Alani. Il a utilisé Twitter pour conter l’histoire de son pays, l’Irak, agrémentée de nombreux dessins. Dans le passage extrait du Parfum d’Irak qui paraît ce 3 octobre, il a 12 ans et, après un séjour en France, il rentre au pays. Il découvre l’Irak sous embargo, après la défaite de Saddam Hussein face à la coalition internationale qui le force à évacuer le Koweït en 1991.

    #guerre

  • « Pour Sama », chant d’amour à Alep
    Jean Stern > 21 octobre 2019
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/pour-sama-chant-d-amour-a-alep,3356

    Waad Al-Kateab a filmé entre 2012 et 2016 le siège d’Alep-Est, la rencontre avec son mari, médecin d’urgence, puis la naissance de leur fille Sama, à qui elle raconte dans ce documentaire le chaos de la guerre et la force de l’amour.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=99&v=WGp7C79Pvzg


    #Syrie

  • Liban. Ce soulèvement qu’on n’attendait plus contre un édifice vermoulu
    Doha Chams > 22 octobre 2019 > Traduit de l’arabe par Adan Badha.
    https://orientxxi.info/magazine/liban-un-soulevement-contre-les-dirigeants-et-le-systeme,3359

    Les premiers jeunes descendus spontanément dans la rue le 17 octobre pour protester contre le projet de nouvelles taxes, notamment sur les services WhatsApp n’auraient jamais imaginé que des milliers d’autres allaient suivre le mouvement avec une telle rapidité. Et déclencher la plus importante contestation du « système libanais » depuis plus de dix ans, que le discours du premier ministre Saad Hariri le lundi 21 octobre, avec ses promesses de réformes, ne semble pas en mesure de stopper. (...)

    #Liban

  • Islam, l’héritage colonial – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/10/19/islam-lheritage-colonial

    « La politique musulmane de la France » , par Jalila Sbaï · 

    Les nouvelles attaques contre les femmes musulmanes portant le foulard, la réaffirmation d’un islam perçu comme un problème lors des propos d’Henri Peña-Ruiz sur le « droit d’être islamophobe » révèlent combien le rapport à l’islam demeure héritier d’une perception faite de méfiance et de volonté d’encadrement. Le livre de Jalila Sbaï, La politique musulmane de la France. Un projet chrétien pour l’islam ? permet d’éclaircir ce rapport en sondant l’histoire coloniale.

    La Grande Mosquée de Paris (édifiée en 1926).
    Jean-Pierre Dalbera/Flickr
    Avec minutie, Jalila Sbaï, historienne et diplômée d’arabe nous livre le fruit de ses recherches sur la politique française menée au Maghreb et au Levant, où la religion fut au cœur de la méthodologie coloniale. Ce travail, issu de sa thèse soutenue en juin 2015 à l’École pratique des hautes études, sonne juste au point de faire écho aux politiques les plus récentes qui, en France, réduisent les Nord-Africains et leurs descendants français à leur seule dimension religieuse. Elle montre que la politique musulmane de la France prit très tôt la forme d’une instrumentalisation tout en se constituant comme un dispositif de contrôle des populations arabes.

    Sous la IIIe République, intellectuels et politiques français rêvaient encore de la construction d’un empire universel. C’était alors auprès de la politique ottomane menée par le sultan Abdülhamid II (1842-1918) qu’ils cherchaient l’inspiration. « La capacité de mobilisation, écrit Jalila Sbaï, au nom de l’islam des confréries musulmanes et la résistance dont elles ont fait preuve à la conquête française développe l’intérêt pour le fonctionnement des institutions religieuses ottomanes, que des hommes politiques songent même à reproduire dans l’empire français. »

    Une tradition centralisatrice commune à l’État républicain et à la hiérarchie ecclésiastique catholique traverse la politique française en la matière. Celle-ci s’est heurtée au caractère décentralisé de l’islam sunnite, qui permit à Paris d’envisager sa transformation. Jalila Sbaï rappelle que, dès 1902, le président du Conseil Émile Combes souhaitait définir une politique musulmane en adoptant « une ligne de conduite uniforme dans l’ensemble des territoires musulmans sous contrôle français et dans le reste du monde ». Une réforme de l’islam fut donc — déjà — envisagée par des personnalités occidentales et non musulmanes. Émile Combes n’hésita pas à préconiser la formation d’une Église musulmane dont les chefs spirituels constitueraient un clergé sous influence française.

    CONTRE L’UNIFICATION DU MAGHREB
    S’appuyant sur une riche collection d’archives, dûment analysées, dont certaines intégralement reproduites en annexe, le livre de Jalila Sbaï est un excellent outil permettant de mesurer le rapport qu’une France placée sous le régime de la séparation des Églises et de l’État depuis 1905 a entretenu avec le religieux, et singulièrement avec l’usage politique d’un islam vu au prisme d’un regard chrétien, dominant chez les hommes en charge de l’administration coloniale. Elle révèle qu’entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, les décideurs français rejetèrent une unification du Maghreb sous la houlette de l’Algérie, de crainte de voir cette région lui échapper comme ce fut le cas pour l’Angleterre en Afrique du Sud avec les Boers.

    Elle nous apprend que le Code de l’indigénat et surtout le statut de « protégés » des travailleurs maghrébins installés à Paris et dans le département de la Seine pendant l’entre-deux-guerres, dérivent du corpus juridique de la dhimma1. Au début des années 1930, « (…) c’est le conseil municipal de Paris, dont le président est un fervent défenseur de la politique française en Algérie, qui impose le statut de dhimmi, à défaut du Code de l’indigénat, aux travailleurs maghrébins qui s’installent à Paris et dans le département de la Seine durant l’entre-deux-guerres ; statut de dhimmi, dans la mesure où les Français musulmans (sujets et protégés) ont un statut juridique et fiscal différent de celui des autres travailleurs de métropoles. » Les autorités françaises appliquèrent ainsi un statut apparenté à celui de dhimmi en métropole et sur des territoires sous souveraineté française qui ne l’adoptaient plus, voire ne l’avaient jamais mis en pratique, avant la conquête coloniale.

    « UN PAPE MUSULMAN »
    En juin 1911 fut créée la Commission interministérielle des affaires musulmanes (CIAM), en charge de la centralisation des informations sur le monde islamique et de l’élaboration d’une politique d’administration et de contrôle de l’empire musulman.

    La CIAM fut très tôt confrontée à l’enjeu de l’assimilation-association. Le débat fut tranché en faveur de l’assimilation, en particulier en Algérie, défendue par Octave Depont, inspecteur général des communes mixtes : « L’assimilation que défend Octave Depont vise la destruction de la structure organique du mode de vie à la fois des Kabyles dans les campagnes et des arabophones/turcophones dans les villes, afin de lui substituer celle des communes françaises à usage exclusif des colons dont les indigènes seraient bénéficiaires par incidence », écrit l’autrice. Dans l’esprit des membres de la CIAM, note-t-elle, « l’assimilation passe par la destruction de l’identité composite des Kabyles (berbéro-musulmane), en lui refusant l’accès à l’arabe et à la culture religieuse musulmane pour restaurer son identité originelle, c’est-à-dire romaine et chrétienne. » Six ans après l’adoption de la loi de séparation des églises et de l’État de 1905, l’assimilation passa donc par une tentative de « réintégration » de populations indigènes jugées superficiellement islamisées dans une « civilisation chrétienne ».

    En 1915, le maréchal Hubert Lyautey, catholique et opposé à la loi de 1905 soumit à la CIAM le projet de création d’un « califat occidental ». Le sultan du Maroc Moulay Youssef était le candidat désigné par la France, « pape » musulman opposable à un chérif de La Mecque échappant à l’influence française. S’appuyant sur les déclarations des chancelleries, Jalila Sbaï montre un contexte de compétitions des empires d’où émergent les inquiétudes françaises autour de la reconnaissance du chérif de La Mecque comme calife par les Anglais.

    LA GRANDE MOSQUÉE DE PARIS, UNE VITRINE
    Abandonnée pour cause de situation de guerre, la constitution d’un islam d’Occident laissa la place au projet d’un islam de France à la solde du pouvoir, et employant des personnalités musulmanes issues de l’empire, appelées à intervenir dans les relations diplomatiques avec la partie du monde musulman qui échappait à l’influence française. L’idée se concrétisa en 1916 avec l’envoi au Hedjaz d’une mission chargée d’assurer au chérif de La Mecque le soutien de la France dans sa lutte contre la domination ottomane, dans un contexte toujours marqué par la compétition entre Français et Britanniques. Cette mission était composée de personnalités musulmanes d’Afrique du Nord et d’Afrique occidentale et fut dirigée par Si Kaddour Ben Ghabrit. L’autrice retrace le parcours de cet homme formé à l’école arabo-française et à la médersa de Tlemcen, ancien consul général honoraire à Fès et directeur du protocole du sultan du Maroc. Choisi pour ses qualités de négociateur, celui qui fut surnommé « notre passe-partout » devint l’homme de la politique musulmane, autour duquel se développa l’idée de la fondation de la Mosquée de Paris.

    Dès 1846 la commission des débats de la Société orientale posait la question d’un tel projet en des termes considérant l’assimilation et la civilisation des indigènes comme conditionnées par l’identité religieuse : « La reconnaissance de l’« autre » (plus tard algérien, tunisien, ou marocain, sénégalais, turc …) ne peut passer que par la reconnaissance de son identité religieuse qui, en retour, devient un obstacle à son intégration », écrit Jalila Sbaï . En 1919, Lyautey exprima limpidement un des enjeux de la construction de la Mosquée de Paris : « Je ne crois pas au danger d’une mosquée à Paris. Ce sera un édifice public facile à surveiller. »

    Après que Si Kaddour Ben Ghabrit se fut chargé du recueil de fonds en Afrique du Nord, la Mosquée de Paris fut inaugurée le 15 juillet 1926 par le sultan Moulay Youssef et par Gaston Doumergue : « La Mosquée de Paris devient une vitrine de l’islam, avec son édifice religieux réservé à l’élite musulmane de passage à Paris, sa bibliothèque, son hammam, son hôtellerie, et l’Institut musulman. Elle symbolise une ambassade de l’islam de France, dont Ben Ghabrit est dorénavant l’ambassadeur. »

    CONTRÔLER, SURVEILLER, PUNIR
    La surveillance des musulmans via des institutions religieuses se doubla de celle exercée par les structures administratives. Jalila Sbaï détaille la constitution des Services des affaires indigènes nord-africaines (Saina), créés dans quelques villes françaises, puis généralisées à l’ensemble du territoire métropolitain en 1934. Les Saina eurent un rôle d’assistance et de recrutement de la main d’œuvre nord-africaine et s’insérèrent dans les affaires juridiques et religieuses, organisant le pèlerinage à La Mecque. Ils eurent surtout un rôle de contrôle, identifiant les conscrits rebelles, surveillant les cafés maures, délivrant des papiers d’identité et expulsant les indésirables hors des foyers. Jalila Sbaï montre que les écoles enseignant l’arabe firent, notamment en Algérie, l’objet d’une surveillance attentive, la langue arabe étant perçue comme un véhicule d’infiltration politique et religieuse. L’orientaliste catholique Louis Massignon n’en défendit pas moins un enseignement élitiste de l’arabe classique « dans le même esprit – précise l’autrice – qu’en ce qui concerne le grec ou le latin, c’est-à-dire un enseignement arabe destiné à l’élite musulmane bourgeoise occidentalisée, et non à la ‘‘plèbe’’. » Ainsi était favorisé l’inaccessibilité des masses à une langue classique permettant la circulation des idées d’un bout à l’autre du monde arabophone.

    LE RÔLE CENTRAL DE ROBERT MONTAGNE
    Jalila Sbaï insiste sur le rôle des personnalités catholiques dans la mise en œuvre d’un islam de France. Elle fait de Robert Montagne la figure la plus importante. Cet ancien officier de marine remarqué par Lyautey fut un brillant ethnologue arabisant et berbérisant ainsi qu’un énergique administrateur colonial : officier des affaires indigènes au Maroc, directeur de l’Institut français de Damas, membre du bureau politique de l’état-major en Afrique du Nord au début de la seconde guerre mondiale. Catholique, il fut un infatigable artisan de la politique musulmane française dans le monde arabe, jusqu’à sa mort en 1954.

    Jalila Sbaï indique que les structures d’encadrement des Nord-Africains que Montagne mit en place en métropole avec Louis Massignon étaient fondées sur la doctrine sociale de l’Église. Tous deux participèrent à la fondation des Équipes sociales nord-africaines (ESNA), financées par des fonds privés catholiques et qui, à partir de 1933, s’appuyèrent sur des structures religieuses musulmanes, notamment les confréries, contre les oulémas réformistes et les nationalistes. La première ESNA fut fondée dans la banlieue de Lyon par Émile Janier, jeune catholique protégé de Montagne et familier des zaouias de Petite Kabylie. A une période où se développaient les mouvements nationalistes dans le monde arabo- musulman, Jalila Sbaï remarque que c’est toujours en termes religieux que furent interprétés les mouvements de résistance à la domination européenne en Afrique du Nord et au Levant, plus souvent identifiés au panislamisme qu’au nationalisme arabe.

    Montagne fut le principal inspirateur et animateur du Centre des hautes études d’administration musulmane (Cheam) institué en 1936 afin de donner aux fonctionnaires se destinant à une carrière dans les colonies une formation standardisée sur le monde musulman. Rédacteur de multiples rapports sur l’état du monde arabe et musulman, il supervisa à partir de 1937 une enquête sur les grands courants d’opinion dans l’islam nord-africain et levantin. Il constitua enfin pendant la seconde guerre mondiale un dense réseau d’informateurs chargés de fournir des renseignements sur les nationalistes et les ulémas réformistes.

    Le livre de Jalila Sbaï ouvre une multitude de questions nouvelles interrogeant le rapport de la France avec le monde arabo-musulman. C’est en enquêtrice du passé qu’elle analyse ce rapport, mais son mérite tient aussi au lien qu’elle permet d’établir avec le présent. Sans jamais sombrer dans l’anachronisme, elle laisse apparaître les empreintes que la dialectique religieuse coloniale a laissé sur le rapport avec l’islam et les musulmans, jusqu’à nos jours.

    JULIEN LACASSAGNE

    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/islam-l-heritage-colonial,3271

  • Le projet CARTE est la deuxième production propre à l’archive de la Mémoire Créative de la #révolution_syrienne. La #géographie ici n’est pas le but mais c’est le voyage proposé pour traverser vers “la mémoire de l’évènement et de l’homme”

    C’est un outil puissant et complexe lié à notre moteur de recherche substantiel et performant. le projet #CARTE relie notre #archive constitué de milliers de documents avec leurs emplacements géographiques dans toute la Syrie – environ 200 points entre les provinces, les villes, les banlieues, les quartiers, les rues, etc. et aussi avec les dates, les catégories, les mots-clés ou les auteurs. Il permet au lecteur de tracer les zones dans lesquelles les mouvements révolutionnaires pacifiques ont commencé, en plus de leurs expansions, leurs formes et leurs transformations dans chaque région, sur la base des initiatives et des activités de chaque région.

    C’est un voyage virtuel en #Syrie, au cours duquel les lecteurs peuvent facilement voyager et découvrir les syriens, leurs paroles, leurs rêves et leurs espoirs mais aussi leurs souffrances et leurs tragédies, et surtout la réalité à travers leurs écrits et productions.

    Ce projet a été lancé en Juin 2018
    https://creativememory.org/fr/map


    source : https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/chroniques-de-la-revolte-syrienne,3081

  • La guérilla obstinée du CRIF contre l’antisionisme | Dominique Vidal
    https://orientxxi.info/magazine/la-guerilla-obstinee-du-crif-contre-l-antisionisme,3254

    Auteur de Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron (Libertalia, 2018), un livre remarqué, Dominique Vidal revient sur la campagne lancée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et son président Francis Khalifat pour tenter de criminaliser l’antisionisme. Source : Orient XXI

  • Un incendiaire dans la poudrière du Cachemire indien
    Jean Michel Morel > Christophe Jaffrelot > 30 septembre 2019
    https://orientxxi.info/magazine/un-incendiaire-dans-la-poudriere-du-cachemire-indien,3293

    Ancien État princier, inclus dans l’Empire britannique des Indes, le Cachemire est une vaste région montagneuse située au cœur de l’Himalaya. Il est bordé à l’ouest par le Pakistan, à l’est par la Chine et au sud par l’Inde. La partie indienne du Cachemire, l’État du Jammu-et-Cachemire s’étend sur 92 437 km2, et compte près de 12,5 millions d’habitants, soit un centième de la population indienne. La partie pakistanaise, composée de l’Azad Cachemire (le « Cachemire libre ») et le Gilgit-Baltistan (anciens « Territoires du Nord »), s’étend quant à elle sur plus de 86 000 km² avec près de 6,4 millions d’habitants. En 1963, le Pakistan a cédé à la Chine une portion de ces Territoires du Nord encore aujourd’hui revendiqués par l’Inde. Quant à la Chine qui a conquis l’Aksai Chin et la vallée de Shaksgam lors de la guerre sino-indienne de 1962, elle souhaite récupérer un morceau du nord-est du Cachemire indien de langue tibétaine et de religion bouddhiste (Voir la carte ci-dessous). (...)

    #cachemire

  • À l’ONU, la France muette sur les droits de l’homme en Arabie saoudite
    Par Clothilde Mraffko - Vendredi 27 septembre 2019 | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/en-bref/lonu-la-france-muette-sur-les-droits-de-lhomme-en-arabie-saoudite

    Le 23 septembre, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a publié une déclaration qui s’inquiète des violations des droits humains dans le royaume saoudien. La plupart des grands pays européens l’ont signée, mais pas la France (...)

    #France_ArabieSaoudite

  • Georges Corm, itinéraire d’un intellectuel libanais
    https://orientxxi.info/magazine/georges-corm-itineraire-d-un-intellectuel-libanais,3287

    Né en 1940, juriste, politologue et économiste, ancien ministre de l’économie du Liban, Georges Corm a traversé les décennies turbulentes du Proche-Orient. Il a produit une riche littérature sur l’histoire de la région et les nombreux conflits qui ont déchiré la région. Entretien.

    Oui, un long entretien avec Georges Corm sur Orient XXI.

  • Georges Corm, itinéraire d’un intellectuel libanais
    Georges Corm > Sylvain Mercadier > 25 septembre 2019
    https://orientxxi.info/magazine/georges-corm-itineraire-d-un-intellectuel-libanais,3287

    Né en 1940, juriste, politologue et économiste, ancien ministre de l’économie du Liban, Georges Corm a traversé les décennies turbulentes du Proche-Orient. Il a produit une riche littérature sur l’histoire de la région et les nombreux conflits qui ont déchiré la région. Entretien.(...)

  • La main du Qatar sur l’islam de France ?
    Sarah Osman > 24 septembre 2019
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/la-main-du-qatar-sur-l-islam-de-france,3305

    À propos d’un documentaire d’Arte · Cinq mois après la parution de leur livre Qatar Papers censé dévoiler le « prosélytisme en France et en Europe mené par Qatar Charity » en faveur de l’idéologie des Frères musulmans, les deux journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot signent un documentaire sur la même thématique, diffusé ce 24 septembre 2019 sur Arte. Mais le projet annoncé ne tient pas ses promesses. (...)

  • Maroc. L’affaire Hajar Raissouni

    Dans son édition daté du 24 septembre, Le Monde a publié un appel de 400 Marocains et Marocaines contre la répression sexuelle. Ce texte, publié à l’occasion de l’affaire Hajar Raissouni pose deux problèmes :
    – il occulte la dimension politique de la mise en cause de Raissouni, cad le fait qu’elle était visée pour ses engagements et son travail de journaliste ;
    – il occulte la responsabilité du Palais qui est derrière toutes ces attaques et qui les orchestre

    Dans ces conditions, le fait que la pétition ait été signée par des personnes qui n’arrêtent pas de tisser des louanges au régime et au roi ne devrait pas surprendre.

    https://orientxxi.info/magazine/maroc-l-affaire-hajar-raissouni,3298

    Offensive contre les derniers journalistes indépendants · Ce lundi 23 septembre reprendra le procès de la journaliste marocaine Hajar Raissouni. Arrêtée le 31 août, elle a été accusée d’avortement illégal et de relations sexuelles hors mariage, attaques relayées par des médias aux ordres. Une nouvelle fois, les autorités utilisent des soi-disant affaires de mœurs pour faire taire les opposants les plus courageux.

    La police et la justice marocaines se sont-elles évertuées à appliquer la loi ou ont-elles mené une opération de répression politique à l’encontre d’une journaliste ? Les enjeux de cette question dépassent le cadre du simple fait divers. Si, comme l’affirment les détracteurs du régime, son arrestation et le traitement qui lui a été réservé sont politiquement motivés, le régime aura confirmé, ce que beaucoup pensent déjà : que la Constitution de 2011 n’a rien changé. La police et la justice demeurent des institutions prétoriennes au service exclusif de la monarchie et de ses élites. Il aura aussi démontré que les droits des femmes ne constituent guère une priorité. On n’hésite pas à les violer lorsqu’il s’agit de faire taire les voix dissidentes.

  • Comment peut-on être Syrien ?
    Pierre Prier > 19 septembre 2019
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/comment-peut-on-etre-syrien,3273

    En 2011 éclatait en Syrie une insurrection populaire contre le régime. Huit ans plus tard, le pays est détruit, et même si le régime a consolidé ses positions, l’instabilité demeure. Avec, en arrière-fond, une interrogation sur l’identité même de la Syrie à laquelle trois livres nous aident à répondre.

    #Syrie

  • Comment Ben Ali a pillé la Tunisie en toute légalité | Jean-Pierre Séréni
    https://orientxxi.info/magazine/comment-ben-ali-a-pille-la-tunisie-en-toute-legalite,0562

    Sans doute prise de remords au souvenir de sa complaisance passée, la Banque mondiale a commandé une étude sur la façon dont l’ex-président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali s’y est pris pour s’enrichir scandaleusement, lui et sa famille. Le capitalisme de copinage dénoncé par les auteurs n’est pas une exclusivité tunisienne et il n’a pas disparu avec la chute du dictateur. Avant la chute de l’ex-président Zine El-Abidine Ben Ali en janvier 2011, des rumeurs — sinon des soupçons — circulaient à Tunis sur (...) Source : Orient XXI, avril 2014

  • Benyamin Nétanyahou. Le « dégager » ou non ?
    Sylvain Cypel > 16 septembre 2019
    https://orientxxi.info/magazine/benyamin-netanyahou-le-degager-ou-non,3289

    Peu de divergences séparent le Likoud de ses adversaires du parti Bleu et blanc sur la plupart des questions. Mais le véritable — le seul ? — enjeu des élections israéliennes est l’avenir du premier ministre Benyamin Nétanyahou.

    #Élections

    • Poutine et les élections en Israël
      septembre 8, 2019 Bianca Anton
      http://actuarabe.com/poutine-et-les-elections-en-israel

      (...) D’après les sondages, dans les prochaines élections législatives du 17 septembre, le parti « Israël est notre Maison » de Lieberman obtiendra au moins 12 mandats dans le parlement israélien de 120 sièges. Ce chiffre est considérable compte tenu du système parlementaire d’Israël où les petits partis s’imposent et sont parfois même plus dominants que les grands partis. Cette montée du parti Israël Beytenou renforcera encore plus la position de la Russie en Israël. Dans ce cas, la formation d’une coalition des partis de la Droite dépendra encore de la décision de Lieberman, qui n’agit pas sans être sûr du feu vert de Poutine. En effet, Lieberman, l’ex-ministre de la défense, a exprimé à plusieurs reprises une forte sympathie vis-à-vis la personne de Poutine. Certaines ressources le présentent même en tant qu’espion du SVR en Israël ; bien que le fait ne soit jamais attesté juridiquement. Nous constatons donc que l’influence des russophones et leur structure politique en Israël est beaucoup plus déterminante que celle des Démocrates ou Républicains américains dans ce pays. (...)

  • L’Irak assoiffé par la folie humaine
    https://orientxxi.info/magazine/l-irak-assoiffe-par-la-folie-humaine,3279

    ❝L’Irak, en tant que pays, est né d’une abondance d’eau. Son ancien nom, Mésopotamie, signifie littéralement « entre les fleuves », et quels fleuves ! Le puissant Euphrate, qui surgit des hautes terres d’Anatolie orientale et coule à travers le désert de Syrie, flirte bientôt avec l’élégant Tigre, qui court au pied des monts Zagros, le long de la frontière occidentale de l’Iran. Ils s’unissent pour former une plaine plate et fertile qui a changé le destin de l’humanité : c’est là que nous avons appris, des centaines de millénaires après avoir maîtrisé le feu, à mettre l’eau à notre service.

    Aujourd’hui, cette profusion est une relique du passé. L’approvisionnement en eau de l’Irak devient de plus en plus précaire, et pourtant le pays continue à consommer et à polluer, comme s’il n’y avait pas de lendemain. Cet abus de la ressource la plus précieuse du pays implique tous les échelons de l’État et de la société, et menace l’existence même des populations, de la sécurité alimentaire et de la santé publique à la géopolitique et même à l’extraction pétrolière.
    « L’insurrection de la nature »

    En Irak, l’environnement contre-attaque. Des pluies de plus en plus violentes et des crues soudaines inondent les villes et dévastent les zones rurales. Les tempêtes de sable se multiplient, soulevant des nuages de poussière ocre qui recouvrent les bâtiments. Les sécheresses saisonnières se prolongent, parfois sur deux ou trois années consécutives : les dernières en date ont laissé de vastes étendues de terres agricoles desséchées, où survit un bétail sous-alimenté.

    Un jeune homme de Bagdad qui a grandi au milieu de toutes les formes de destruction causées par l’homme résume la vulnérabilité du pays aux changements climatiques : « Et maintenant vient l’insurrection de la nature. »

    Alors que l’Irak engloutit son eau, les Irakiens ont tendance à expliquer les pénuries d’une façon fausse et apaisante : ils accusent leurs voisins de confisquer « l’or bleu », qu’ils considèrent comme une sorte de droit d’aînesse. « Nous ne devrions même pas importer de produits alimentaires de Turquie, de Syrie ou d’Iran », se plaint un haut fonctionnaire du ministère irakien des affaires étrangères qui a longtemps travaillé sur le dossier de l’eau. « Ces fruits et légumes sont cultivés avec l’eau qu’on nous prend, et que nous finissons par racheter. »
    Ankara pourrait fermer les robinets

    L’Euphrate et le Tigre dépendent en effet fortement des contributions d’autres États, principalement la Turquie et l’Iran, qui siphonnent les fleuves en amont. Dans les années 1970, Ankara, comme Bagdad pendant la même période a investi massivement dans la construction de barrages. Six des 22 barrages prévus par la Turquie n’ont pas encore été achevés. À la fin du processus, le débit de l’Euphrate pourrait être réduit à un quart de son volume initial. La capacité totale de stockage de l’eau en Turquie dépasse déjà le débit annuel combiné des deux fleuves. Ainsi, Ankara pourrait, si elle le voulait, fermer les robinets en Irak pendant une année entière. À la fin des années 1990, l’inauguration de grands barrages en Turquie a réduit le Tigre à un pauvre ruisseau que les habitants de Bagdad pouvaient traverser à pied.

  • Vie et destruction d’Alep vues par ses habitants même
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/vie-et-destruction-d-alep-par-ses-habitants-meme,3181

    Comment, avec quels mots, parler de la chronique à nulle autre pareille d’une ville vivante, mais qui se meurt sous nos yeux, d’une guerre désespérée, d’amours frustrés et ensevelis sous les décombres, de batailles contre les barbares, d’une cité millénaire lâchée par les hommes et les dieux ? Source : Orient XXI