https://orientxxi.info

  • La jeunesse algérienne, cœur vaillant du Hirak
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/La-jeunesse-algerienne-coeur-vaillant-du-Hirak

    En février 2019, la jeunesse algérienne est sortie dans la rue pour dire non au cinquième mandat puis, très vite, pour exiger un changement de système. Dans le documentaire, il est souvent question de « réappropriation », notamment de la rue, mais aussi de découverte de l’Autre. Des femmes défilent aux côtés d’islamistes en partageant le même objectif : faire dégager le pouvoir. Minée depuis longtemps par les clichés régionalistes savamment entretenus par le régime, les Algériens retissent soudain des liens entre eux, comme le dit un ingénieur oranais interviewé par l’auteur.

    https://www.liberation.fr/planete/2020/05/28/cris-de-haine-contre-le-documentaire-algerie-mon-amour_1789658

    Un documentaire télévisé qui provoque une crise diplomatique. « Ce n’est pas une fake news ni une blague », écrit Abdou Semmar, directeur du site d’information Algérie Part à propos de la décision d’Alger, mercredi soir, de rappeler « immédiatement » son ambassadeur à Paris pour consultations, après la diffusion mardi sur France 5 du film Algérie mon amour. Réalisé par le journaliste Mustapha Kessous, le documentaire présente le mouvement de protestation algérien inédit qui a débuté en février 2019 à travers les témoignages de cinq jeunes qui ont participé au Hirak.

    #Algérie #Hirak

  • COVID-19: A Dual Punishment for Palestinian and Arab Prisoners - Orient XXI

    En ce temps d’épidémie, la prison devient une double peine : à la privation de liberté et d’autres droits fondamentaux s’ajoute le risque de contamination par le très contagieux coronavirus. Les prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes et les prisonniers d’opinion dans le monde arabe vivent dans une promiscuité étroite, le plus souvent dans des conditions sanitaires désastreuses, avec un accès limité aux ressources qui permettraient de maintenir une hygiène minimale -sans même parler de l’arsenal prophylactique élémentaire. Dans tout le monde arabe, du Maroc à l’Irak en passant par l’Égypte (à l’exception peut-être de la Tunisie), des milliers de prisonniers politiques croupissent dans des conditions qui favorisent la contagion.

    Au début de l’année 2020, il y avait un peu plus de 5047 prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes, dont 431 en détention administrative, c’est-à-dire sans inculpation ni jugement. Parmi eux, on compte 194 mineurs, dont 30 âgés de moins de 16 ans, 43 femmes et 6 membres du Conseil législatif palestinien.

    Des prisonniers palestiniens malades ont adressé récemment un appel aux associations de droits humains et à tous les êtres humains libres de par le monde : « Nous réclamons que soit appliqué ce qui nous reste de nos droits, alors que la maladie menace chaque jour nos vies et qu’aucune mesure concrète ni procédures ne sont mises en place pour endiguer la propagation de l’épidémie. […] Ne nous laissez pas mourir sur nos lits de prisonniers, alors que l’épidémie se propage et que personne ne réagit pour nous protéger et éviter que nous périssions »..”

    #Covid-19#Israel#Palestine#Répression#Prisonniers#Enfants#Mineurs#migrant#migration

    https://orientxxi.info/covid-19-a-dual-punishment-for-palestinian-and-arab-prisoners,3888
    https://orientxxi.info/covid-19-la-double-peine-des-prisonniers-palestiniens-et-arabes,3887

  • Covid-19. La double peine des prisonniers palestiniens et arabes
    Plus de 160 personnalités du monde arabe appellent à la libération des prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes et des prisonniers d’opinion dans le monde arabe, Orient XXI, le 19 mai 2020
    https://orientxxi.info/magazine/covid-19-la-double-peine-des-prisonniers-palestiniens-et-arabes,3887

    Parmi les signataires de la tribune figurent les universitaires tunisien et marocain Yadh Ben Achour et Abdullah Hammoudi, les écrivains jordanien et égyptien Ibrahim Nasrallah et Ahmed Nagy, le compositeur et joueur de oud tunisien Anouar Brahem, la chanteuse libanaise Omaima El Khalil et l’acteur palestinien Saleh Bakri, les journalistes libanais et égyptien Pierre Abi Saab et Khaled Al-Balshi, les responsables politiques palestiniens Hanan Ashrawi et Nabil Shaath et les défenseurs des droits humains palestinien et tunisien Omar Barghouti et Mokhtar Trifi...

    En ce temps d’épidémie, la prison devient une double peine : à la privation de liberté et d’autres droits fondamentaux s’ajoute le risque de contamination par le très contagieux coronavirus. Les prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes et les prisonniers d’opinion dans le monde arabe vivent dans une promiscuité étroite, le plus souvent dans des conditions sanitaires désastreuses, avec un accès limité aux ressources qui permettraient de maintenir une hygiène minimale -sans même parler de l’arsenal prophylactique élémentaire. Dans tout le monde arabe, du Maroc à l’Irak en passant par l’Égypte (à l’exception peut-être de la Tunisie), des milliers de prisonniers politiques croupissent dans des conditions qui favorisent la contagion.

    #Palestine #Egypte #prison #Zyad_El-Elaimy #Ramy_Shaath #liberté_d'expression #pétition

  • Peut-on parler des juifs du monde arabe sans normaliser les relations avec Israël ? | Sarra Grira
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/peut-on-parler-des-juifs-du-monde-arabe-sans-normaliser-les-relations-av

    La série « Oum Haroun » · Le ramadan dans le monde arabe est synonyme d’une grande offre en matière de séries. Cette année, l’une d’entre elles, intitulée Oum Haroun (la mère d’Aron), fait particulièrement polémique. En revenant à l’époque où des communautés juives vivaient encore dans les pays du Golfe, les auteurs de la série se sont vu accuser de pousser vers une normalisation des relations avec Israël. Source : Orient XXI

    • Les spectacles du Ramadan favorisent une normalisation avec Israël
      Par Tamara Nassar, 4 mai 2020 | Traduction : BP pour l’Agence Média Palestine | Source : The Electronic Intifada
      https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/05/13/les-spectacles-du-ramadan-favorisent-une-normalisation-avec-isr

      Les Palestiniens appellent au boycott du réseau TV MBC car celui-ci a diffusé deux séries télévisées porteuses de messages faisant la promotion d’une normalisation avec Israël

      Umm Haroun et Exit 7 sont diffusées par la chaîne saoudienne pendant le Ramadan.

      « Elle a outrepassé la normalisation jusqu’à une totale traîtrise » a déclaré PACBI, la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël.

      PACBI appelle les téléspectateurs à boycotter la chaîne MBC durant le Ramadan à moins qu’elle ne cesse de diffuser ces séries, et les entreprises à ne pas faire de publicité sur ce réseau.

      La scène en question

      Une scène de Exit 7 a particulièrement suscité l’indignation parmi les téléspectateurs.

      Elle montre deux personnages, interprétés par les acteurs saoudiens Nasser al-Qasabi et Rashid al-Shamrani, en train de discuter de la façon de faire des affaires avec les Israéliens. (...)

  • Les croyances religieuses au défi du Covid-19 - Orient XXI
    Depuis plusieurs semaines, l’incompréhension domine quand on constate que certains groupes confessionnels ou communautaires renâclent à se plier aux règles sanitaires que la majorité des peuples considère comme indispensables pour enrayer la propagation du Covid-19. Comment l’expliquer ?


    Fermeture par la police d’une synagogue dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem, le 30 mars 2020.

    #Covid-19#Moyen-Orient#Religion#Israel#Islam#Confinement#Politique#Société_civile#migrant#migration

    https://orientxxi.info/magazine/les-croyances-religieuses-au-defi-du-covid-19,3791

  • Gaza, l’occupation et le Covid-19 – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2020/04/22/gaza-loccupation-et-le-covid-19

    Les Palestiniens se sont préparés à faire face à la pandémie du coronavirus avec leurs ressources limitées, en se basant sur les plans et protocoles d’urgence que conseille l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais l’occupation, comme la poursuite du siège de Gaza, constituent des obstacles majeurs.

    Gaza, 30 mars 2020. — Confection de gâteaux masqués
    Dès le premier cas signalé dans la ville de Bethléem en Cisjordanie début mars 2020, l’effort de l’Autorité palestinienne (AP) a porté sur l’isolement complet de la ville, et avec l’augmentation du nombre de cas, la restriction des déplacements des personnes s’est accrue. À Gaza, les deux premiers cas sont apparus plus tard, nous avons donc tiré profit de ce qui s’est passé à Bethléem et nous avons commencé à appliquer les mêmes règles. Nous avons observé des différences dans la propagation du virus entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, plus peuplée et assiégée.

    Au sein de l’AP, on a commencé par l’isolement des foyers, mais malheureusement, à Gaza, la population est moins mobilisée, alors que l’isolement obligatoire est appliqué pour le retour des Palestiniens par les deux points de contrôle de Rafah à la frontière égyptienne et d’Erez (Beit Hanoun) à la frontière israélienne.

    UNE GRAVE PÉNURIE D’ÉQUIPEMENTS
    La fermeture est obligatoire pour les écoles et les hôtels locaux. Comme dans d’autres pays, les groupes à risque sont les personnes âgées souffrant de maladies chroniques, en plus d’autres groupes à risque, notamment les travailleurs en Israël, qui représentent un risque majeur de transmission, et les milliers de prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes sont très exposés. Il existe d’excellentes équipes de santé, mais une grave pénurie d’équipements, d’installations de diagnostic et de matériel. L’OMS a aidé en nous fournissant un nombre — limité — de kits de laboratoire pour effectuer des tests.

    Face à un virus sans traitement spécifique et sans vaccin pour le prévenir, nous devons travailler dans deux directions. La première est l’hygiène personnelle et la protection de l’environnement, et la seconde est la distanciation sociale au sein de la population. À l’heure actuelle, il y a un petit hôpital qui permet d’isoler les cas positifs et il est prévu d’augmenter le nombre de lits en cas de besoin. L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) fait un excellent travail en matière de soins de santé primaires. L’organisation a mis en place une ligne téléphonique d’urgence pour le public afin de mener des consultations et permettre des traitements à domicile. Ils sont préparés à entrer en contact avec tous les patients atteints de maladies non transmissibles à domicile, en plus de fournir une assistance sociale dans leurs maisons pour éviter la surpopulation. Les épidémies antérieures et les urgences humanitaires ont souligné l’importance de maintenir les services de santé essentiels, tels que la vaccination, et d’impliquer efficacement les communautés dans la planification et la fourniture de services.

    LES TROIS COMPOSANTES DE L’ÉPIDÉMIE
    Il y a trente ans, lors de mon premier cours à l’université Johns-Hopkins de Baltimore (Maryland, États-Unis), le professeur et épidémiologiste Leon Gordis nous avait présenté ce qu’on appelle le « triangle épidémiologique » : les trois principales composantes de chaque épidémie sont l’agent, l’hôte et l’environnement, ce qui explique la variation de la réponse entre les différents pays du monde. Cela explique aussi les différences entre les épidémies gérées par l’Autorité palestinienne et celles d’Israël et d’autres pays.

    En ce qui concerne l’agent, ce nouveau virus est inédit, caractérisé par une forte propagation et une longue période d’incubation, ce qui fait que les porteurs présentent un risque invisible pour leur communauté. L’hôte est l’autre composante du triangle, et son comportement reflète les attitudes face à la maladie et leurs pratiques. Dans cette composante, il y a des variations notables entre pays qui méritent d’être soulignées : ainsi, la population palestinienne est relativement jeune, avec moins de 3% de personnes âgées, ce qui fait qu’elle est moins exposée que les populations des pays européens. Mais la différence la plus importante est l’environnement, tout ce qui entoure la population. Et dans la bande de Gaza, la densité de population est une des plus élevées au monde, avec 6 000 habitants au kilomètre carré, ce qui maintient la population à un haut risque de propagation rapide de l’infection.

    DES RESSOURCES CONFISQUÉES PAR ISRAËL
    Tout d’abord, les Palestiniens sont confrontés à un système de santé dégradé. Ces dernières années, il a été gravement affecté par plus d’un facteur, dont tout d’abord, quatorze années de siège de Gaza, qui prive la population de ses besoins fondamentaux. Ensuite, le gouvernement israélien empêche les Palestiniens d’utiliser leurs ressources pour faire fonctionner leur système en faisant saisir leurs recettes fiscales, ce qui entraîne des obstacles majeurs, notamment la réduction des salaires du personnel de santé qui ont continué à travailler avec des salaires minimums.

    Troisièmement, le monde entier a entendu parler de l’arrêt des programmes d’aide de l’USAID en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza. Je travaillais pour l’un de ces programmes, et nous avons passé plus d’un an à préparer des plans et à répondre aux règlements de l’USAID. Finalement, le programme a été arrêté par décision politique, sans que les activités prévues sur le terrain aient vu un commencement de mise en œuvre.

    Quatrièmement, il y a eu la réduction injuste du soutien américain aux services de santé de l’UNRWA, cette organisation internationale qui a pourtant été créée pour aider la population palestinienne. La zone la plus touchée par cette décision est la population de la bande de Gaza, où 75% de la population a le statut de réfugié et bénéficie de la gratuité de tous les services de soins de santé primaires. Ces restrictions ont ruiné le système de santé palestinien et l’ont privé de tout développement, empêchant même la fourniture de services de santé de base à la population.

    UN SIÈGE VIEUX DE QUATORZE ANS
    C’est dans ce contexte que la pandémie actuelle vient surcharger un système déjà très affaibli et fait avorter la réponse aux besoins de santé de la population. Le facteur économique est un élément majeur des disparités entre les pays. Israël a débloqué 10 milliards de shekels (2,58 milliards d’euros) pour contrôler la pandémie actuelle. Cette somme n’est pas seulement destinée aux traitements et aux médicaments ; elle couvre aussi les assurances sociales de ses habitants. L’Autorité palestinienne (AP) n’a pas les ressources nécessaires pour assurer le coût de la pandémie ni pour garantir l’assurance sociale. Le PIB par habitant en Israël est 15 fois supérieur à celui des territoires palestiniens. Ces différences économiques ont des répercussions dans les activités visant à contrôler la pandémie. À la fin du mois de mars, en Palestine, tous les échantillons de sang testés pour la détection précoce de la maladie étaient au nombre de 830, tandis qu’en Israël, les autorités sanitaires testent quotidiennement environ 4 000 échantillons de sang dans le cadre d’un essai de détection précoce des cas.

    Le Covid-19 est une pandémie grave. Les Palestiniens y sont confrontés alors qu’ils sont le seul pays occupé au monde, avec 2 millions d’habitants assiégés dans la bande de Gaza depuis 14 ans. L’occupation et le siège sont les deux principaux facteurs de risque pour la propagation de la maladie parmi la population palestinienne.

    Nous nous orientons vers un engagement de tous les Palestiniens et soutenons la coordination entre tous les prestataires de soins de santé du pays. Des mesures actives sont nécessaires pour renforcer la distance sociale en améliorant la sensibilisation du public et en renforçant la séparation entre les villes si nécessaire. Les organisations internationales peuvent aider et soutenir la population palestinienne en fournissant des équipements de diagnostic de laboratoire et des dispositifs de protection personnelle et en renforçant les unités de soins intensifs.

    YEHIA ABEDProfessor, Al Quds University.

    https://orientxxi.info/magazine/gaza-l-occupation-et-le-covid-19,3809

  • « Our Boys », une habile mystification télévisuelle israélienne
    Jean Stern > 3 avril 2020
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/ours-boys-une-habile-mystification-televisuelle-israelienne,3737

    série télévisée Our Boys disponible sur Canal+ en France
    (...) Cette série critique certes les monstres qu’Israël a produits, et qui sont ses enfants, « our boys ». Mais elle est aussi un enfumage télévisuel habile qui revient, in fine, à considérer qu’il y a finalement, grâce à l’obstination d’un « bon » flic, un peu de justice pour les Palestiniens. Or rien n’est plus faux. Si Our Boys est centrée sur le meurtre, le 2 juillet 2014, d’un jeune Palestinien de 16 ans du nom de Mohamed Abu Khdeir, la série finit par oublier que cet été 2014, l’opération « Bordure protectrice » a fait 1 843 victimes palestiniennes à Gaza. (...)

  • « Les Palestiniens n’ont jamais raté une occasion de rater une occasion » ?
    Alain Gresh > 16 mars 2020
    https://orientxxi.info/va-comprendre/les-palestiniens-n-ont-jamais-rate-une-occasion-de-rater-une-occasion,36

    La citation est ancienne, mais elle a été déformée pour servir une propagande qui fait porter aux Palestiniens l’échec de la paix au cours des dernières décennies. Nous étions après la guerre d’octobre 1973, et pour la première fois se tenait une conférence à Genève regroupant Israël, la Jordanie et l’Égypte. Le Caire, qui avait proposé d’inviter l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), sur le point d’être admise comme observateur aux Nations unies, se vit opposer un veto israélien. (...)

  • Lâchage par la France de ceux qui l’ont servie en Afghanistan
    Jean Stern > 14 mars 2020
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/lachage-par-la-france-de-ceux-qui-l-ont-servie-en-afghanistan,3696


    « Traducteurs afghans. Une trahison française », couv. de Pierre Thyss
    La Boîte à Bulles, 2020

    Deux journalistes indépendants, Brice Andlauer et Quentin Müller avaient dans Tarjuman. Enquête sur une trahison française (Bayard, 2019) raconté le destin de plusieurs de ces interprètes, et dressé le constat d’une « administration défaillante, méprisante, xénophobe et amateure ». La France souhaitait en rapatrier le moins possible. À ce jour, seuls 250 tarjuman (sur 800) et leurs familles ont obtenu l’asile en France. Ils ont voulu aller plus loin et avec le dessinateur Pierre Thyss ont présenté sous la forme d’un récit graphique les témoignages de ces hommes abandonnés, désespérés souvent, soumis à la vindicte du voisinage.

    #Afghanistan

  • « Lève-toi et tue le premier » : les secrets d’une machine à tuer

    Comment Israël a organisé des attentats terroristes au Liban à la fin des années 1970 pour provoquer l’OLP

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/13/leve-toi-et-tue-le-premier-les-secrets-d-une-machine-a-tuer_6032873_3232.htm

    On apprend aussi et surtout – c’est la révélation la plus problématique – comment, entre 1979 et 1983, le chef d’état-major israélien Rafael Eitan, avec la bénédiction du ministre de la défense Ariel Sharon, a orchestré, à l’insu du reste du gouvernement, une campagne d’attentats au Liban. Perpétrées par des collaborateurs locaux et revendiquées par une organisation fictive (le Front pour la libération du Liban des étrangers), ces explosions ont causé la mort de centaines de personnes, en grande partie des civils.

    D’abord actes de vengeance aveugle, en réaction au massacre d’une famille israélienne de Nahariya par un commando palestinien, ces opérations ont eu pour objectif, après 1981, de pousser Yasser Arafat à attaquer Israël, en violation du cessez-le-feu négocié par les Etat-Unis, pour justifier une invasion militaire au Liban.

  • TRIBUNE. La fausse alternative : la radicalisation de l’islam ou l’islamisation de la radicalité - France 3 Occitanie

    A lire avec l’article publié par @orientxxi sur le livre de Bernard Rougier
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/idees-toutes-faites-sur-les-territoires-conquis-de-l-islamisme,3618

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/tribune-fausse-alternative-radicalisation-islam-islamis

    "Deux ouvrages ont récemment prétendu triomphalement avoir démontré la victoire de la thèse de Gilles Kepel sur celle d’Olivier Roy et des autres chercheurs qu’ils mettent sous sa coupe, à savoir, la radicalisation de l’islam (Gilles Kepel) sur l’islamisation de la radicalité (Olivier Roy). Dans cette campagne de presse rondement menée, Roy est autant salué comme « adversaire » que comme « victime » des conclusions auto-évaluées des auteurs (il n’a joué aucun rôle dans ce dernier épisode, au contraire de Kepel).

    Longtemps avant la parution de ces deux livres « phares » qualifiés de travail herculéen par leurs auteurs (Bernard Rougier et Hugo Micheron), une campagne de presse magistralement orchestrée a été menée avec l’assentiment complice de certains journalistes qui ont sans doute flairé un juteux branle-bas médiatique et ont donc promu ces deux ouvrages qui sont devenus, dans le domaine de l’islam radical, des références médiatiques en raison de leur succès dans les ventes. De même, les auteurs, promus grands chercheurs soit en herbe (Micheron) soit en acte (Rougier qui a publié l’ouvrage sous sa direction) se trouvent dotés désormais d’une légitimité médiatique élargie.

    • Gilles Kepel a soutenu des points de vue qui ont été en rupture avec celui de nombre de chercheurs qui ont travaillé dans ce domaine, construisant une vision idéologique pour confirmer expéditivement et fragilement ses thèses. Il en est ainsi de sa conception des mouvements de 2005 (les émeutes dans les banlieues) que la quasi-totalité des sociologues a qualifiée de non-religieux.

      En réalité, c’est immédiatement après Prophète et pharaon (son seul bon livre à mon avis) que Kepel a flairé la bonne affaire, avec Les banlieues de l’islam (1987), le tournant est déjà pris...

  • Idées toutes faites sur « les territoires conquis de l’islamisme »
    Laurent Bonnefoy > 10 février 2020
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/idees-toutes-faites-sur-les-territoires-conquis-de-l-islamisme,3618

    À propos d’un livre dirigé par Bernard Rougier · Montant en épingle des phénomènes marginaux, le livre dirigé par le politiste Bernard Rougier, Les territoires conquis de l’islamisme laisse croire qu’un rouleau compresseur islamiste a déferlé sur certains quartiers. Si quelques chapitres exploitent des enquêtes de terrain intéressantes, ils ne masquent pas les failles idéologiques et scientifiques d’un ouvrage nourri de préjugés. Il est dommage que la recherche soit mise au service d’une idéologie primaire.

  • En quête du « gène juif »
    par Sylvain Cypel

    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/en-quete-du-gene-juif,3600

    Derrière cette poussée d’adhésion aux thèses suprémacistes blanches, qui restent limitées en Israël aux cercles coloniaux les plus activistes, se profile un phénomène qui, lui, y est en forte expansion : l’idée de la préservation de la pureté raciale. Cette idée-là est évidemment connectée au désir profond de l’entre-soi, conçu comme un véritable idéal de vie. Le 9 février 2016, Netanyahou annonçait ainsi un « plan pluriannuel pour entourer Israël de clôtures sécuritaires ». Sachant que cette idée recevrait un accueil très favorable de l’opinion, il poursuivait : « En fin de compte, l’État d’Israël tel que je le vois sera entièrement clôturé. On va me dire : est-ce donc ce que vous voulez, protéger la villa ? La réponse est oui. Va-t-on entourer tout l’État d’Israël de barrières et de clôtures ? La réponse est oui. Dans l’environnement où nous vivons, nous devons nous défendre face à des bêtes sauvages
    1
    . » La métaphore de la « villa dans la jungle », d’un Israël seul État civilisé entouré d’animaux sauvages, avait déjà été émise, après l’échec des négociations de paix de Camp David à l’été 2000, par le premier ministre travailliste d’alors, Ehud Barak.
    Épouser une Norvégienne ?

    Cette conception est à la source du repli sur soi exclusif de la présence des autres. Elle peut déboucher sur des propensions racialistes puisées à d’autres motifs que le seul besoin de sécurité, et qui sont, la plupart du temps, d’inspiration religieuse et plus encore dérivées de l’intrication entre le mysticisme et le nationalisme. Dans la religion juive telle qu’elle est pratiquée en Israël, où un rabbinat très traditionaliste s’est vu octroyer par les pouvoirs publics la gestion de toute la vie familiale (naissance, mariage, divorce, décès, etc.) et où le mariage civil est légalement inconnu, les « mariages mixtes », c’est-à-dire les unions entre Juifs et non-Juifs, sont impossibles.

  • Migrants en Libye, les oubliés de l’exil

    Venus le plus souvent d’Érythrée, les migrants sont détenus dans des conditions lamentables, et souvent les victimes de milices qui les torturent et les rançonnent. Les Nations unies et l’Union européenne préfèrent détourner le regard. Témoignages.

    L’odeur d’excréments s’accentue à mesure que nous approchons de l’entrepôt qui constitue le bâtiment principal du centre de détention de #Dhar-El-Djebel, dans les montagnes du #djebel_Nefoussa. Un problème de plomberie, précise le directeur, confus.

    Il ouvre le portail métallique du hangar en béton, qui abrite environ 500 détenus, presque tous érythréens. Les demandeurs d’asile reposent sur des matelas gris à même le sol. Au bout d’une allée ouverte entre les matelas, des hommes font la queue pour uriner dans l’un des onze seaux prévus à cet effet.

    Personne dans cette pièce, m’avait expliqué un détenu lors de ma première visite en mai 2019, n’a vu la lumière du jour depuis septembre 2018, quand un millier de migrants détenus à Tripoli ont été évacués ici. #Zintan, la ville la plus proche, est éloignée des combats de la capitale libyenne, mais aussi des yeux des agences internationales. Les migrants disent avoir été oubliés.

    En Libye, quelque 5 000 migrants sont toujours détenus pour une durée indéterminée dans une dizaine de #centres_de_détention principaux, officiellement gérés par la #Direction_pour_combattre_la_migration_illégale (#Directorate_for_Combatting_Illegal_Migration, #DCIM) du gouvernement d’entente nationale (#GEN) reconnu internationalement. En réalité, depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye ne dispose pas d’un gouvernement stable, et ces centres sont souvent contrôlés par des #milices. En l’absence d’un gouvernement fonctionnel, les migrants en Libye sont régulièrement kidnappés, réduits en esclavage et torturés contre rançon.

    L’Europe finance les garde-côtes

    Depuis 2017, l’Union européenne (UE) finance les #garde-côtes_libyens pour empêcher les migrants d’atteindre les côtes européennes. Des forces libyennes, certaines équipées et entraînées par l’UE, capturent et enferment ainsi des migrants dans des centres de détention, dont certains se trouvent dans des zones de guerre, ou sont gardés par des milices connues pour vendre les migrants à des trafiquants.

    Contrairement à d’autres centres de détention que j’ai visités en Libye, celui de Dhar-El-Djebel ne ressemble pas à une prison. Avant 2011, cet ensemble de bâtiments en pleine campagne était, selon les termes officiels, un centre d’entraînement pour « les bourgeons, les lionceaux et les avant-bras du Grand Libérateur » — les enfants à qui l’on enseignait le Livre vert de Kadhafi. Quand le GEN, basé à Tripoli, a été formé en 2016, le centre a été placé sous l’autorité du DCIM.

    En avril, Médecins sans frontières (MSF) pour lequel je travaillais a commencé à faire des consultations à Dhar-El-Djebel. Le centre retenait alors 700 migrants. La plupart étaient enregistrés comme demandeurs d’asile par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), mais selon la loi libyenne, ce sont des migrants « illégaux » et ils peuvent être détenus pour une durée indéterminée.

    N’ayant que peu d’espoir de sortir, plusieurs ont tenté de se suicider au contact de fils électriques. D’autres avaient placé leur foi en Dieu, mais aussi dans les réseaux sociaux et leurs talents de bricoleurs. La plupart des détenus érythréens sont chrétiens : sur le mur face à la porte, ils ont construit une église orthodoxe abyssine au moyen de cartons colorés de nourriture et de matelas verts du HCR, avec des croix en cire de bougie. Sur d’autres matelas, ils ont écrit, avec du concentré de tomates et du piment rouge, des slogans tels que « Nous sommes victimes du HCR en Libye ». Avec leurs smartphones, ils ont posté des photos sur les réseaux sociaux, posant avec les bras croisés pour montrer qu’ils étaient prisonniers.

    Leurs efforts avaient attiré l’attention. Le 3 juin, le HCR évacuait 96 demandeurs d’asile à Tripoli. Une semaine plus tard, l’entrepôt bondé dans lequel j’avais d’abord rencontré les migrants était enfin vidé. Mais 450 Érythréens restaient enfermés dans le centre, entassés dans d’autres bâtiments, à plus de vingt dans une vingtaine de cellules, bien que de nombreux détenus préfèrent dormir dans les cours, sous des tentes de fortune faites de couvertures.

    « Ils nous appellent Dollars et Euros »

    La plupart des Érythréens de Dhar-El-Djebel racontent une histoire proche : avant d’être piégés dans le système de détention libyen, ils ont fui la dictature érythréenne, où le service militaire est obligatoire et tout aussi arbitraire. En 2017, Gebray, âgé d’un peu plus de 30 ans, a laissé sa femme et son fils dans un camp de réfugiés en Éthiopie et payé des passeurs 1 600 dollars (1 443 euros) pour traverser le désert soudanais vers la Libye avec des dizaines d’autres migrants. Mais les passeurs les ont vendus à des trafiquants libyens qui les ont détenus et torturés à l’électricité jusqu’à ce qu’ils téléphonent à leurs proches pour leur demander une #rançon. Après 10 mois en prison, la famille de Gebray avait envoyé près de 10 000 dollars (9 000 euros) pour sa libération : « Ma mère et mes sœurs ont dû vendre leurs bijoux. Je dois maintenant les rembourser. C’est très dur de parler de ça ».

    Les migrants érythréens sont particulièrement ciblés, car beaucoup de trafiquants libyens croient qu’ils peuvent compter sur l’aide d’une riche diaspora en Europe et en Amérique du Nord. « Nous sommes les plus pauvres, mais les Libyens pensent que nous sommes riches. Ils nous appellent Dollars et Euros », me raconte un autre migrant.

    Après avoir survécu à la #torture, beaucoup comme Gebray ont de nouveau payé pour traverser la mer, mais ont été interceptés par les garde-côtes libyens et enfermés en centre de détention. Certains compagnons de cellule de Gebray ont été détenus depuis plus de deux ans dans cinq centres successifs. Alors que la traversée de la Méditerranée devenait plus risquée, certains se sont rendus d’eux-mêmes dans des centres de détention dans l’espoir d’y être enregistrés par le HCR.

    Les ravages de la tuberculose

    Dans l’entrepôt de Dhar-El-Djebel, Gebray a retrouvé un ancien camarade d’école, Habtom, qui est devenu dentiste. Grâce à ses connaissances médicales, Habtom s’est rendu compte qu’il avait la tuberculose. Après quatre mois à tousser, il a été transféré de l’entrepôt dans un plus petit bâtiment pour les Érythréens les plus malades. Gebray, qui explique qu’à ce moment-là, il ne pouvait « plus marcher, même pour aller aux toilettes », l’y a rapidement suivi. Quand j’ai visité la « maison des malades », quelque 90 Érythréens, la plupart suspectés d’avoir la tuberculose, y étaient confinés et ne recevaient aucun traitement adapté.

    Autrefois peu répandue en Libye, la tuberculose s’est rapidement propagée parmi les migrants dans les prisons bondées. Tandis que je parlais à Gebray, il m’a conseillé de mettre un masque : « J’ai dormi et mangé avec des tuberculeux, y compris Habtom ».

    Habtom est mort en décembre 2018. « Si j’ai la chance d’arriver en Europe, j’aiderai sa famille, c’est mon devoir », promet Gebray. De septembre 2018 à mai 2019, au moins 22 détenus de Dhar-El-Djebel sont morts, principalement de la tuberculose. Des médecins étaient pourtant présents dans le centre de détention, certains de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), et d’autres d’#International_Medical_Corps (#IMC), une ONG américaine financée par le HCR et l’UE. Selon un responsable libyen, « nous les avons suppliés d’envoyer des détenus à l’hôpital, mais ils ont dit qu’ils n’avaient pas de budget pour ça ». Les transferts à l’hôpital ont été rares. En revanche, une quarantaine des détenus les plus malades, la plupart chrétiens, ont été transférés dans un autre centre de détention à Gharyan, plus proche d’un cimetière chrétien. « Ils ont été envoyés à Gharyan pour mourir », explique Gebray. Huit d’entre eux sont morts entre janvier et mai.

    Contrairement à Dhar-El-Djebel, #Gharyan ressemble à un centre de détention : une série de containers entourés de hauts grillages métalliques. Yemane a été transféré ici en janvier : « Le directeur de Dhar-El-Djebel et le personnel d’IMC nous ont dit qu’ils allaient nous conduire à l’hôpital à Tripoli. Ils n’ont pas parlé de Gharyan... Quand on est arrivés, on a été immédiatement enfermés dans un container ».
    Des migrants vendus et torturés

    Selon Yemane, une femme a tenté de se pendre quand elle a compris qu’elle était à Gharyan, et non dans un hôpital, comme le leur avaient promis les médecins d’IMC. Beaucoup gardaient de mauvais souvenirs de Gharyan : en 2018, des hommes armés masqués y ont kidnappé quelque 150 migrants détenus dans le centre et les ont vendus à des centres de torture. Le centre a alors brièvement fermé, puis rouvert, avec à sa tête un nouveau directeur, qui m’a expliqué que des trafiquants l’appelaient régulièrement pour tenter de lui acheter des migrants détenus.

    En avril 2019, des forces de Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est de la Libye, ont lancé une offensive contre les forces pro-GEN à Tripoli et se sont emparées de Gharyan. Les troupes d’Haftar se sont installées à proximité du centre de détention et les avions du GEN ont régulièrement bombardé la zone. Effrayés par les frappes aériennes autant que par les migrants tuberculeux, les gardes ont déserté. Chaque fois que je me suis rendu sur place, nous sommes allés chercher le directeur dans sa maison en ville, puis l’avons conduit jusqu’au portail du centre, où il appelait un migrant pour qu’il lui ouvre. Les détenus lui avaient demandé un cadenas pour pouvoir s’enfermer et se protéger des incursions. De fait, des forces pro-Haftar venaient demander aux migrants de travailler pour eux. Yemane indique qu’un jour, ils ont enlevé quinze hommes, dont on est sans nouvelles.

    MSF a demandé au HCR d’évacuer les détenus de Gharyan. L’agence de l’ONU a d’abord nié que Gharyan était en zone de guerre, avant de l’admettre et de suggérer le transfert des détenus au centre de détention #Al-Nasr, à #Zawiya, à l’ouest de Tripoli. Pourtant, le Conseil de sécurité de l’ONU a accusé les forces qui contrôlent ce centre de trafic de migrants, et placé deux de leurs dirigeants sous sanctions.

    « Si vous êtes malades, vous devez mourir ! »

    Les détenus étaient toujours à Gharyan quand, le 26 juin, les forces du GEN ont repris la zone. Le jour suivant, ils ont forcé le portail du centre de détention avec une voiture et demandé aux migrants de se battre à leurs côtés. Les détenus effrayés ont montré leurs médicaments contre la tuberculose en répétant des mots d’arabe que des employés du HCR leur avaient appris − kaha (#toux) et darn (#tuberculose). Les miliciens sont repartis, l’un d’eux lançant aux migrants : « Si vous êtes malades, on reviendra vous tuer. Vous devez mourir ! ».

    Le 4 juillet, le HCR a enfin évacué les détenus restants vers Tripoli. L’agence a donné à chacun d’eux 450 dinars (100 euros) pour qu’ils subvenir à leurs besoins dans une ville qu’ils ne connaissaient pas. L’abri où ils étaient censés loger s’avérant trop coûteux, ils ont déménagé vers un endroit moins cher, jadis une bergerie. « Le HCR dit qu’on sera en sécurité dans cette ville, mais pour nous, la Libye n’offre ni liberté ni sécurité », explique Yemane.

    La plupart des 29 migrants évacués de Gharyan sont maintenant bloqués, et en danger, dans les rues de Tripoli, mais espèrent toujours obtenir l’asile en dehors de Libye. Les combats se poursuivant à Tripoli, des miliciens ont proposé à Yemane de s’enrôler pour 1 000 dollars (901 euros) par mois. « J’ai vu beaucoup de migrants qui ont été recrutés ainsi, puis blessés », m’a-t-il raconté récemment sur WhatsApp. Deux de ses colocataires ont été à nouveau emprisonnés par des milices, qui leur ont demandé 200 dollars (180 euros) chacun.

    Les migrants de Gharyan ont si peur dans les rues de Tripoli qu’ils ont demandé à retourner en détention ; l’un d’entre eux est même parvenu à entrer dans le centre de détention d’Abou Salim. Nombre d’entre eux ont la tuberculose. Fin octobre, Yemane lui-même a découvert qu’il en était porteur, mais n’a pas encore de traitement.
    « Ils nous ont donné de faux espoirs »

    Contrairement à Gharyan, Dhar-El-Djebel est loin des combats. Mais depuis avril, des migrants détenus à Tripoli refusent d’y être transférés car ils craignent d’être oubliés dans le djebel Nefoussa. Selon un responsable de la zone, « notre seul problème ici, c’est que le HCR ne fait pas son travail. Cela fait deux ans qu’ils font de fausses promesses à ces gens ». La plupart des détenus de Dhar-El-Djebel ont été enregistrés comme demandeurs d’asile par le HCR, et espèrent donc être relocalisés dans des pays d’accueil sûr. Gebray a été enregistré en octobre 2018 à Dhar-El-Djebel : « Depuis, je n’ai pas vu le HCR. Ils nous ont donné de faux espoirs en nous disant qu’ils allaient revenir bientôt pour nous interviewer et nous évacuer de Libye ».

    Les 96 Érythréens et Somaliens transférés en juin de Dhar-El-Djebel au « centre de rassemblement et de départ » du HCR à Tripoli étaient convaincus qu’ils feraient partie des chanceux prioritaires pour une évacuation vers l’Europe ou l’Amérique du Nord. Mais en octobre, le HCR aurait rejeté une soixantaine d’entre eux, dont 23 femmes et 6 enfants. Ils n’ont plus d’autre choix que de tenter de survivre dans les rues de Tripoli ou d’accepter un « retour volontaire » vers les pays dont ils ont fui la violence.

    Le rapport de la visite de l’ONU à Dhar-El-Djebel en juin, durant ce même transfert, avait prévenu que « le nombre de personnes que le HCR sera en mesure d’évacuer sera très faible par rapport à la population restante [à Dhar-El-Djebel] en raison du nombre de places limité offert la communauté internationale ».

    De fait, le HCR a enregistré près de 60 000 demandeurs d’asile en Libye, mais n’a pu en évacuer qu’environ 2 000 par an. La capacité de l’agence à évacuer des demandeurs d’asile de Libye dépend des offres des pays d’accueil, principalement européens. Les plus ouverts n’accueillent chaque année que quelques centaines des réfugiés bloqués en Libye. Les détenus de Dhar-El-Djebel le savent. Lors d’une de leurs manifestations, leurs slogans écrits à la sauce tomate visaient directement l’Europe : « Nous condamnons la politique de l’UE envers les réfugiés innocents détenus en Libye ».

    « L’Europe dit qu’elle nous renvoie en Libye pour notre propre sécurité, explique Gebray. Pourquoi ne nous laissent-ils pas mourir en mer, sans souffrance ? Cela vaut mieux que de nous laisser dépérir ici ».

    https://orientxxi.info/magazine/migrants-en-libye-les-oublies-de-l-exil,3460
    #Libye #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_érythréens #santé #maladie #externalisation

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    Et pour la liste de @sinehebdo, deux nouveaux #mots : #Dollars et #Euros

    Les migrants érythréens sont particulièrement ciblés, car beaucoup de trafiquants libyens croient qu’ils peuvent compter sur l’aide d’une riche diaspora en Europe et en Amérique du Nord. « Nous sommes les plus pauvres, mais les Libyens pensent que nous sommes riches. Ils nous appellent Dollars et Euros », me raconte un autre migrant.

    #terminologie #vocabulaire

    • Libye : que se passe-t-il dans le « #centre_d’investigations » de #Tripoli ?

      La semaine dernière, environ 300 migrants interceptés en mer par les garde-côtes libyens ont été transférés dans le centre de #Sharah_Zawiya, au sud de la capitale libyenne. Ouvert depuis au moins un an – avec une fermeture de quelques mois fin 2019 – le lieu est depuis peu contrôlé par le #DCIM et accessible à l’Organisation internationale des migrations (#OIM).

      #Centre_de_détention « caché », #centre_de_transit ou centre « d’investigations » ? Le centre de Sharah Zawiya, dans le sud de Tripoli, est l’objet d’interrogations pour nombre d’observateurs des questions migratoires en Libye.

      Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), contactée par InfoMigrants, le lieu est supposé être un centre de transit : les migrants interceptés en mer sont envoyés dans cette structure afin d’y subir un interrogatoire avant leur transfert vers un centre de détention officiel.

      « Théoriquement, ils [les migrants] ne restent pas plus de 48 heures à Sharah Zawiya », précise l’OIM.

      « Je suis resté au moins trois mois dans ce centre »

      Or plusieurs migrants, avec qui InfoMigrants est en contact et qui sont passés par ce centre, affirment avoir été enfermés plus que deux jours et disent n’avoir jamais été interrogés. « Je suis resté au moins trois mois là-bas l’été dernier, avant de réussir à m’en échapper », indique Ali, un Guinéen de 18 ans qui vit toujours en Libye. « Durant toute cette période, on ne m’a posé aucune question ».

      Ce dernier explique qu’à leur arrivée, les gardiens dépouillent les migrants. « Ils prennent tout ce qu’on a, le plus souvent nos téléphones et de l’argent ». Ibrahim, un Guinéen de 17 ans qui a – lui aussi - réussi à s’échapper du centre ce week-end après avoir été intercepté en mer, raconte la même histoire. « Ils m’ont forcé à leur donner mon téléphone et les 100 euros que j’avais sur moi », soupire-t-il.

      Ali assure également que les Libyens demandent une #rançon pour sortir du centre, avoisinant les 3 000 dinars libyens (environ 1 950 euros). « Un monsieur, un Africain, nous amenait des téléphones pour qu’on contacte nos familles et qu’on leur demande de l’argent. Un autre, un Arabe, récupérait la somme due ». Il détaille également les #coups portés sur les migrants « sans aucune raison » et le #rationnement_de_la_nourriture – « un morceau de pain pour trois personnes le matin, et un plat de pâtes pour six le soir ».

      D’après des informations recueillies et vérifiées par InfoMigrants, le centre est ouvert depuis au moins un an et a fermé quelques mois fin 2019 avant de rouvrir la semaine dernière avec l’arrivée d’environ 300 migrants. Un changement de chefferie à la tête du centre serait à l’origine de cette fermeture temporaire.

      Changement d’organisation ?

      Ce changement de responsable a-t-il été accompagné d’un changement de fonctionnement ? Ali explique qu’il s’est enfui vers le mois d’octobre, après trois mois de détention, avec l’aide de l’ancienne équipe. « Les Libyens qui contrôlaient le centre nous ont dit de partir car un nouveau chef devait arriver. L’ancien et le nouveau responsable n’étaient d’ailleurs pas d’accord entre eux, à tel point que leurs équipes ont tirés les uns sur les autres pendant que nous prenions la fuite ».
      L’OIM signale de son côté n’avoir reçu l’autorisation d’entrer dans le centre que depuis la semaine dernière. « Avant, le lieu était géré par le ministère de l’Intérieur, mais depuis quelques jours c’est le DCIM [le département de lutte contre la migration illégale, NDLR] qui a repris le contrôle », explique l’agence onusienne à InfoMigrants.

      Ibrahim assure, lui, qu’aucune somme d’argent n’a été demandée par les gardiens pour quitter le centre. Les personnes interceptées en mer, mardi 18 février, ont en revanche été transférées samedi vers le centre de détention de #Zaouia, où une rançon de 2 000 dinars (environ 1 300 euros) leur a été réclamée pour pouvoir en sortir.
      Ce genre de centre n’est pas une exception en Libye, prévient une source qui souhaite garder l’anonymat. « Il existe d’autres centres de ce type en Libye où on ne sait pas vraiment ce qu’il s’y passe. Et de toute façon, #centre_d’investigation, de transit ou de détention c’est pareil. Les migrants y sont toujours détenus de manière arbitraire pour une période indéfinie ».

      https://www.infomigrants.net/fr/post/22991/libye-que-se-passe-t-il-dans-le-centre-d-investigations-de-tripoli
      #Zawiya #IOM #détention

  • La solitude palestinienne
    Jean Stern > 3 décembre 2019
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/la-solitude-palestinienne,3466

    Comme dans ses précédents films, l’identité palestinienne est au cœur du propos. Mais il lui donne un tour plus contemporain, s’interroge sur la question très sérieuse de la mondialisation de la sécurité. À Nazareth comme à Paris et à New York, les flics sont, au-delà du personnage principal, le fil rouge de ce film. Faussement débonnaires dans la ville majoritairement chrétienne de Galilée ; arpentant une capitale française déserte un jour de 14 juillet, à pied, en roll’in ou à vélo ; pourchassant un ange qui réclame « Free Palestine » dans Central Park, ils sont ridiculisés à l’écran, c’est le principe du film comique.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=RYSKzDiUGdk&feature=emb_logo

  • La guerre des appelés en Algérie | ARTE Radio
    https://www.arteradio.com/son/61660266/la_guerre_des_appeles_en_algerie


    https://seenthis.net/messages/731474

    A 20 ans, Rémi, Georges, Gilles et les autres se sont retrouvés soldats, appelés au cœur de la guerre d’Algérie. Une guerre sans nom et sans visage, avec son lot d’atrocités et de crimes. A leur retour en France, personne ne leur a posé de questions : ni leurs femmes, ni leurs parents. Comme beaucoup d’autres ils se sont tus.
    50 ans plus tard, c’est le déclic quand ils reçoivent leur pension d’ancien combattant. Impossible pour eux d’accepter cet argent pour des crimes qu’ils ont commis là-bas. Alors Rémi et ses amis, une bande de vieux paysans retraités du Tarn, fondent la 4ACG, Association des Anciens Appelés d’Algérie Contre la Guerre. Par ce biais, ils reversent leur maigre pension à des associations humanitaires en Algérie. Mais surtout, ils permettent à tout nouvel adhérent de raconter pour la première fois son histoire de la guerre d’Algérie. Des témoignages émouvants et pas militants, qui font la part des horreurs. Des récits durs et d’autant plus nécessaires pour lever les tabous sur une guerre qui n’a jamais dit son nom.

    Qui sommes-nous ? Contacts. Adhésions - 4ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre)
    http://www.4acg.org/-Qui-sommes-nous-Contacts-Adhesions-

    Qui sommes-nous ? Contacts. Adhésions

    L’Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre (4ACG) est une association laïque, indépendante de toute institution politique, philosophique ou religieuse :

    – Elle se situe résolument en faveur du respect de la personne humaine, de sa dignité, de son intégrité et de ses droits.
    – Elle entend s’opposer à tout ce qui détruit ou mutile cette dignité, entrave le développement de tout l’Homme et de tous les hommes, à tout ce qui prive les peuples du droit à disposer d’eux-mêmes.
    – Elle refuse la violence et la guerre comme moyens de résolution des conflits, car générant toujours une spirale qui conduit fatalement à la barbarie.

    Pour contacter l’association 4ACG : secretariat@4acg.org

  • 1992 · Regards d’un enfant sur l’#Irak sous embargo
    https://orientxxi.info/magazine/1992-regards-d-un-enfant-sur-l-irak-sous-embargo,2661

    « Le Parfum d’Irak » de Feurat Alani · C’est un genre particulier de journalisme qu’a adopté Feurat Alani. Il a utilisé Twitter pour conter l’histoire de son pays, l’Irak, agrémentée de nombreux dessins. Dans le passage extrait du Parfum d’Irak qui paraît ce 3 octobre, il a 12 ans et, après un séjour en France, il rentre au pays. Il découvre l’Irak sous embargo, après la défaite de Saddam Hussein face à la coalition internationale qui le force à évacuer le Koweït en 1991.

    #guerre

  • « Pour Sama », chant d’amour à Alep
    Jean Stern > 21 octobre 2019
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/pour-sama-chant-d-amour-a-alep,3356

    Waad Al-Kateab a filmé entre 2012 et 2016 le siège d’Alep-Est, la rencontre avec son mari, médecin d’urgence, puis la naissance de leur fille Sama, à qui elle raconte dans ce documentaire le chaos de la guerre et la force de l’amour.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=99&v=WGp7C79Pvzg


    #Syrie

  • Liban. Ce soulèvement qu’on n’attendait plus contre un édifice vermoulu
    Doha Chams > 22 octobre 2019 > Traduit de l’arabe par Adan Badha.
    https://orientxxi.info/magazine/liban-un-soulevement-contre-les-dirigeants-et-le-systeme,3359

    Les premiers jeunes descendus spontanément dans la rue le 17 octobre pour protester contre le projet de nouvelles taxes, notamment sur les services WhatsApp n’auraient jamais imaginé que des milliers d’autres allaient suivre le mouvement avec une telle rapidité. Et déclencher la plus importante contestation du « système libanais » depuis plus de dix ans, que le discours du premier ministre Saad Hariri le lundi 21 octobre, avec ses promesses de réformes, ne semble pas en mesure de stopper. (...)

    #Liban