https://orientxxi.info

  • Le prisonnier Marwan Barghouti et les élections palestiniennes
    Abdelbari Atwan, le 1er avril 2021
    https://charleroi-pourlapalestine.be/index.php/2021/04/06/le-prisonnier-marwan-barghouti-et-les-elections-palestinie

    Le président palestinien Mahmoud Abbas pourrait regretter d’avoir convoqué des élections législatives palestiniennes pour le mois prochain. A la clôture des dépôts de listes, les choses ne se présentent pas bien pour son mouvement Fatah. 3 des 36 listes de candidats enregistrées auprès de la commission électorale – dont 13 ont été approuvées à ce jour – sont des listes rivales du Fatah :

    –La liste officielle du Fatah, dirigée par le numéro deux d’Abbas, Mohamed Al Aloul, et comprenant cinq autres membres du comité central du Fatah.

    –La liste « Liberté » constituée par le leader du Fatah emprisonné Marwan Barghouti et l’ancien diplomate Nasser Al Qidwa, neveu de feu Yaser Arafat.

    –La liste « Avenir » parrainée par Mohamed Dahlan, l’ancien chef de la sécurité de Gaza basé aux Émirats arabes unis, qui a ensuite été exclu du Fatah.

    Il s’agit d’un clivage sans précédent au sein du mouvement politique palestinien dominant, qui menace non seulement de le priver d’une majorité au sein du corps législatif, mais aussi de son rôle historique de leader et du contrôle de l’Autorité palestinienne (AP), de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et d’autres institutions palestiniennes telles que le Conseil national et le Conseil central.

    Et si les divisions du Fatah signifient que son vote sera fragmenté, son principal rival, le Hamas, a présenté une liste unique bénéficiant du soutien solide de sa base électorale en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

    Les derniers sondages d’opinion indiquent que la liste de Barghouti bénéficie du soutien de 28 % des électeurs, les listes pro-Abbas et du Hamas obtenant 22 % chacune. Cela signifie qu’une alliance entre Barghouti, le Hamas et d’autres factions, ce qui est probable, pourrait obtenir une majorité au sein de l’assemblée législative et former le prochain gouvernement. Le leader parlementaire de cette alliance deviendrait également président intérimaire de l’AP si le poste devenait vacant.

    Barghouti a résisté aux pressions et aux incitations des autres dirigeants du Fatah – transmises par Hussein Ech Cheikh qui a été envoyé le voir dans sa prison israélienne – et on s’attend maintenant à ce qu’il défie Abbas lors de l’élection présidentielle qui doit suivre le vote législatif. (...)

    • Élections en Palestine. On se remet à parler politique
      Israël/Palestine > Politiques > Samuel Forey > 7 avril 2021
      https://orientxxi.info/magazine/la-palestine-sort-de-l-hibernation-politique,4660

      Malgré le scepticisme initial, le processus électoral lancé le 15 janvier 2021 par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas suit son cours. Il devra franchir de nombreux obstacles pour parvenir à son terme. Mais la joute électorale relance le débat politique. Si le Hamas est le grand favori, le Fatah étale ses divisions.

    • Législatives palestiniennes : un grand pas vers les premières élections depuis 15 ans
      Publié le : 06/04/2021 , Avec notre correspondante à Ramallah, Alice Froussard
      https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20210406-l%C3%A9gislatives-palestiniennes-un-grand-pas-vers-les-premi%C3%A8res-%

      (...) Le Fatah, le parti de Mahmoud Abbas, sera mis à l’épreuve, concurrencé par plusieurs de ses anciens membres, qui ont choisi de présenter leur propre liste. C’est le cas de Naser al Qudwa, ancien diplomate, auparavant au comité central du parti et neveu de Yasser Arafat avec sa liste « Liberté », soutenue par un influent cadre du parti en prison depuis 19 ans, Marwan Barghouti. Cette liste, en plus de diviser le parti, pourrait aussi gagner plus de sièges et battre ainsi Fatah comme Hamas.

      Mais cette division n’est pas la seule. Salam Fayyad, l’ancien Premier ministre palestinien, a aussi déposé sa liste, tout comme Mohammad Dahlan, ex-proche et désormais rival d’Abbas, exilé aux Émirats arabes unis. Ainsi le parti finit écartelé entre 4 listes. Selon des analystes palestiniens, ces divisions ne sont pas nouvelles, mais elles explosent à l’approche des élections, car le Fatah ne peut regrouper autant de factions.

      D’ici aux élections, il y a encore de nombreux obstacles comme la question du vote à Jérusalem-Est, ou d’éventuelles arrestations ou empêchement de la part des Israéliens. (...)

  • Déconstruire les mythes fondateurs du « Grand Liban »

    L’intervention d’Emmanuel Macron dans la crise libanaise en septembre 2020 a ravivé le vieux mythe du « Grand Liban » et de la France protectrice des minorités. L’historien Charles Al-Hayek déconstruit ce fantasme dans une vidéo à succès.
    Doha Chams > Charles Al-Hayek > 1er avril 2021

    https://orientxxi.info/magazine/deconstruire-les-mythes-fondateurs-du-grand-liban,4647

    (...) Le chercheur distingue « deux courants dans le discours national sur l’histoire du pays : pour le premier, le Liban existerait depuis 7 000 ans et serait le prolongement de la civilisation phénicienne. Le second, moins radical, fait remonter l’histoire au père fondateur, le grand Fakhreddine Al-Maani (1572-1635) ». Selon Al-Hayek pourtant, « la documentation historique indique que le Liban n’avait pas d’existence avant 1920, c’est-à-dire avant la fondation de cette entité par le général français Henri Gouraud. L’identité libanaise a été fabriquée après 1920, voire après 1943 et l’indépendance, pour aboutir à une formule susceptible de rassembler les diverses composantes confessionnelles ». (...)

    #Liban

  • Comment Israël développe Scorpion, futur cœur de la défense francaise
    Orient XXI> Jean Stern > 30 mars 2021
    https://orientxxi.info/magazine/comment-israel-developpe-scorpion-futur-coeur-de-la-defense-francaise,46

    (...) Cette expertise qui facilite l’analyse fine d’un terrain donné, Israël l’a acquise grâce à ses drones déployés dans les territoires palestiniens occupés. « Israël a pris une longueur d’avance sur trois points-clés, ajoute l’ingénieure. D’abord l’effacement du bruit acoustico-moteur des drones. C’est un gros progrès, on est train d’arriver à l’invisibilité du bruit, sujet sur lequel on travaille aussi beaucoup en France ». Ensuite la miniaturisation des drones. Les drones-insectes qui nous amusent dans un James Bond sont déjà en service et testés par l’armée israélienne à Gaza. « Ils intégrent le dronique à la nature », précise la spécialiste. Enfin, l’effacement des traces numériques et le repérage des signaux « ennemis » stratégique, car le pilotage numérique est au cœur de Scorpion. « Il ne faut pas être capté, tout en captant l’autre. Les Israéliens savent masquer, localiser, interpréter, analyser, brouiller. L’idée, là encore, c’est d’être invisible et profondément silencieux, poursuit la même experte. Ce qui fonde nos partenariats avec Israël, c’est toutes ces inventions, simples, venues des meilleurs ingénieurs, qui ont acquis leur savoir-faire dans le contrôle et la répression dans les territoires palestiniens et à Gaza ». (...)

    #marchands_de_canons

    • Illegal missile sale to ’Asian Country’ could harm Israel-U.S. ties
      Amos Harel | Feb. 11, 2021 | 9:19 PM | Haaretz.com
      https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-illegal-deal-between-israelis-and-an-asian-country-could-harm-ties

      The criminal case revealed Thursday, involving more than 20 Israelis, some former defense officials, will mandate full transparency in Israel’s dealings with the already-suspicious Biden administration

      Investigations by the Shin Bet and police into the alleged sale of military technology to an unnamed Asian country may become one of the most serious security issues in recent memory. Defense officials are concerned that the case may have far-reaching consequences involving a large number of people and potential intelligence and technological fallout.

      The affair could also have implications for defense ties between Israel and the United States, just after President Joe Biden’s new administration, which already harbors suspicions toward Israel, has taken over. It will cast a wholly unnecessary pall over ties with Washington, which has been briefed on the affair.

      This mysterious Asian country, whose name has been placed under gag order, is not an enemy of Israel’s. It’s not Iran. But Israel’s economic ties with it have been loaded for years, whether for fear of angering other states or because of the risk that expertise passed to this country could fall into the wrong hands or be used for industrial espionage against Israel. This is one of the reasons that Israel has somehwat tightened its supervision on security deals companies make with countries in Asia.

      More than 20 Israelis have been interrogated so far in connection with this affair. It appears some of them are familiar to the police and Shin Bet from previous investigations.

      These civilians, among them former employees of defense sector employees, are suspected of conducting advanced experiments in developing loitering missiles, an attack weapon at the forefront of military technology.

      The investigators are troubled by several aspects of the affair. First, the technology smuggled illegally from Israel to the Asian country could make its way to enemy nations. Second, quite a few former defense employees are involved, including some who were in senior military positions. Third, these were apparently not naive individuals who had been led astray, but were rather well aware of the rules on defense exports and the fact that Israel had not authorized the deals. Fourth, large sums of money totaling millions of shekels had exchanged hands.

      Fifth, and perhaps most serious of all, numerous attempts at concealing the sales were allegedly made, using middlemen and intricate money transfers intended to bypass Israeli authorities.

      This isn’t the first time in recent years that similar suspicions have arisen. Only about a year ago, a similar matter involving defense export deals of a smaller scope, was investigated. There may, in fact, be a link between the incidents. The defense establishment, together with the justice system, will have to deal with the new suspicions thoroughly to find the truth and bring the perpetrators to justice.

      Perhaps more importantly, Israel will have to conduct itself with complete transparency vis-a-vis its partners in Washington. This will be required to prevent negative baggage from accumulating and clouding the defense ties between the countries, following similar past investigations that have angered previous American administrations.

      #IsralUSA #IsraelChine

  • Un porte-conteneurs s’échoue et bloque le canal de Suez - Nice-Matin
    https://www.nicematin.com/faits-divers/un-porte-conteneurs-sechoue-et-bloque-le-canal-de-suez-661220

    Un porte-conteneurs géant s’est échoué dans le canal de Suez après avoir été déporté par une rafale de vent, a annoncé mercredi la compagnie maritime qui l’opère, et le trafic maritime s’est arrêté sur l’une des routes commerciales les plus fréquentées du monde.

    • analyse de la situation de l’Ever Given

      https://threadreaderapp.com/thread/1374470486801838086.html

      Je reprends ici mes différentes réponses à ce tweet :
      #1 - Causes :
      J’ai pas d’info, mais d’expérience, une erreur humaine est très peu probable (rien ne l’indique ici). L’environnement ne peut pas créer ça tout seul. Il ne reste qu’un problème mécanique.
      Ça impliquerait que le contrôle de la manœuvre du navire soit perdue : soit avarie de barre, soit perte totale de la propulsion, soit un moteur (principal ou prop d’étrave) qui s’emballe de façon incontrôlée - rare).
      #2 - Dégâts au navire
      Ces bateaux sont costauds, et le bulbe (à l’avant) peut être écrasé sans couler le bateau. Les berges du canal ne sont pas rocheuses, d’ailleurs. Donc la coque va sûrement « pas trop mal » dans le sens où le bateau n’est pas coulé sur place.

      Par contre il est bien monté sur la berge (cf l’assiette, visible à la ligne de flottaison). Donc il est possible que certains apparaux de coque à l’avant soient touchés (prises d’eaux, etc). Si la réfrigération est bouchée par exemple, c’est vite la galère pour les moteurs.
      Plus grave : à la poupe, si les hélices ou le gouvernail se sont trop rapprochés de la berge ou du fond, ça pue. Notamment si on voile une ligne d’arbre ou une mèche. Ça peut signifier un passage au bassin rapidement après déchargement.
      #3 - situation des autres navires
      Le canal est fait pour gérer des zones d’attentes aux deux extrémités et le long de ses berges internes. Les bateaux vont donc accoster ou mouiller (et l’autorité du canal va donc facturer un max). Rien de bien inquiétant techniquement.
      #4 - évolution probables
      Il faut éviter à tout pris le déchargement sur place. D’abord parce que l’idée d’alléger le bateau pourrait le faire chavirer, et que ce n’est pas nécessaire. Ensuite parce qu’il n’y a pas d’infrastructures pour le faire.
      Il faudrait commencer par couler du béton armé sur les berges, puis faire venir d’immenses grues, et 10000 camions pour décharger. Ou tout faire par l’eau. Rien de simple.
      Le mieux est donc de contrôler l’étanchéité de la coque (par plongeurs et/ou de l’intérieur), de dégager le bulbe (coucou le ptit tractopelle), puis de procéder au déséchouage.

      Ce qui sera sûrement choisi, c’est une manœuvre ou l’on remorquera par le cul du navire, en tirant dessus avec un gros remorqueur, pendant que deux remorqueurs (minimum) seront en pousseurs sur l’avant de chaque bord, et un dernier en remorque inverse côté cul, pour freiner.

      Une fois déséchoué, j’imagine que le navire sera remorqué (avec ou sans aide de sa propre propulsion) vers l’extrémité du canal (Port Saïd).
      Là, des réparations et vérifications seront entreprises. Si besoin, des containers seront déchargés (si besoin d’une immobilisation longue)

      C’est sûrement le moment où la Suez Canal Authority procèdera à une très généreuse facturation (déjà qu’en temps normal, ça douille …). Le Canal est l’une des principales ressources du pays (surtout en ces temps de disette touristique).

      #5 - Plus grave ?
      Oui, toujours possible, même si rien ne l’indique encore. C’est déjà assez grave (et rare), mais ne sera pas un phénomène majeur pour le commerce mondial.
      Si le canal devait être bloqué plus d’une semaine par exemple, chacun d’entre nous devrait ressentir rapidement notre dépendance au canal (pétrole du Golfe et produits chinois en tout genre : tout passe par là !).
      Voilà. N’hésitez pas si vous avez d’autres questions !
      Ah et si vous voulez de l’accident plus grave, et plus débile (= impardonnable erreur humaine selon moi), n’hésitez pas à retrouver mon thread sur le Helge Ingstad ici :

    • À noter, en milieu d’après-midi, Le Monde (et d’autres médias) présentaient l’affaire comme étant en voie de règlement. On en trouve la trace dans la formulation initiale de l’adresse de l’article… (Le canal de Suez bloqué [plusieurs heures] à cause d’un cargo échoué en travers)
      et dans la formulation hybride du chapeau (_s’était retrouvé
      , plus que parfait)

      Le canal de Suez bloqué à cause d’un cargo échoué en travers
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/24/le-canal-de-suez-bloque-plusieurs-heures-a-cause-d-un-cargo-echoue-en-traver

      Le porte-conteneurs «  Ever Given  » s’était retrouvé en travers du canal reliant la mer Rouge à la Méditerranée, bloquant toute circulation. Le retour à la normale n’était pas acquis en milieu de journée.

      L’article expliquait que le navire avait été amarré parallèlement à la berge.

    • Suez Canal Block: How to Dislodge a 200,000 Ton Ship From a Canal Wall - Bloomberg
      https://www.bloomberg.com/news/articles/2021-03-24/how-to-dislodge-a-200-000-ton-ship-from-a-canal-wall

      When you can’t shift a ship that’s stuck fast into the wall of a canal that’s vital to world trade, there’s only one thing to do: call the salvage guys.

      The Ever Given container ship — a 200,000-ton behemoth — has been blocking what is arguably the world’s most important waterway, the Suez Canal, since Tuesday morning.

      The struggle to dislodge it is now turning the world’s attention to the work of SMIT Salvage, a legendary Dutch firm whose employees parachute themselves from one ship wreckage to the next, saving vessels often during violent storms. The company is synonymous with some of the most daring naval salvages, including lifting a sunken Russian nuclear submarine in 2001, and removing fuel from inside the Costa Concordia cruise ship after it ran aground in Italy in 2012.

      SMIT, a unit of Royal Boskalis Westminster NV, is one of the companies appointed by Ever Given’s owner to help move the vessel. The first job will be to work out exactly how entrenched in the wall the ship is, said Boskalis spokesman Martijn Schuttevaer.


      A digger clears the area around the bow of the stuck Ever Given container vessel in the Suez Canal on March 25.
      Source: Suez Canal Authority

      It will be critical to inspect the vessel and how deeply it is lodged in the embankment,” Schuttevaer said. “The question is how solidly she has been grounded.

      The answer to that question will dictate what comes next. The salvors could have to find a way to lighten the vessel’s enormous weight so that it can be pulled to a less obstructive position. At the moment, it’s blocking the path of more than 100 vessels.

      The canal handles something like 10% of seaborne trade, spanning everything from finished goods to oil, gas, and dry-bulk commodities. And those cargoes aren’t flowing while the Ever Given is stuck.

      The process of making the ship lighter means removing things like the ballast water, which helps keep ships steady when they’re at sea. Fuel will probably have to be unloaded too, Schuttavaer said.


      The stuck Ever Given container ship in the Suez Canal on March 25.
      Source: Suez Canal Authority

      In a worst-case scenario, it could be that some of the carrier’s containers — usually filled with everything from furniture to televisions — may have to be taken off. How long that process lasts would depend on how much equipment is around to do the heavy lifting. It can often involve flying in helicopters to remove the crates one by one.

      SMIT was due to fly an 8-person team in at dawn Thursday local time to board and inspect the vessel and the grounding. A big part of the initial underwater assessment is how much the banks slope at that point in the canal. Japan’s Nippon Salvage Co. has also been hired to assist in the re-floating, according to a person familiar with the matter.

      Such teams are usually led by a salvage master, often a former captain or someone with knowledge of the industry, but can also include divers, welders and crane operators, according to Joseph Farrell III, director of business development at Resolve Marine, another company that offers salvage services. He declined to comment specifically on the Ever Given.

      Stern Test
      Pictures now seen across the globe of the vessel spread fully across the canal, point to the first major hurdle. It ran aground both at the front and at the back, almost perpendicular to the canal walls. That’s leaving very little room to simply tow it away from either end, SMIT says.

      For now, the focus is on dredging around the vessel. The canal authority has dispatched two of its dredgers, the Mashor and the 10th of Ramadan, to remove sand from underwater before rescuers attempt to pull it. From the shore, excavators are also working around the vessel. Western shipping experts who analysed photos of the Ever Given calculated that her protruding bulb was as much as 5 meters buried into the canal wall.


      The container vessel MV Ever Given blocks the Suez Canal on March 24.
      Source: Planet Labs Inc. via AP Photo

      Not everything in the grounding has been bad news. One thing that’s likely to make the process easier is that the ship has gotten itself stuck in sand, rather than rock. More malleable material around the Ever Given should make for a slightly smoother escape.

      There are already tug boats around the ship working to help with its removal, but with such a giant vessel, bigger ones with more horsepower are usually needed. Crews are hoping that periods of higher tide over the next few days will be conducive to helping free the Ever Given.

      Until then, the world’s commodity and maritime markets — and the world trade they serve — will be left hanging, waiting on the professionals to help shift a 200,000-ton ship.

      There’s only a few companies in the world that do what we do,” said Farrell. “It’s a challenge, the container ships are always the biggest jobs.

    • Suez Canal could be blocked for weeks by ’beached whale’ ship | Reuters
      https://www.reuters.com/article/egypt-suezcanal-ship-int-idUSKBN2BH0BP

      A huge container ship blocking the Suez Canal like a “beached whale” may take weeks to free, the salvage company said, as officials stopped all ships entering the channel on Thursday in a new setback for global trade.

      The 400 metre Ever Given, almost as long as the Empire State Building is high, is blocking transit in both directions through one of the world’s busiest shipping channels for oil and refined fuels, grain and other trade linking Asia and Europe.

      Late on Thursday, dredgers were still working to remove thousands of tonnes of sand from around the ship’s bow.

      The Suez Canal Authority (SCA) said earlier that nine tugs were working to move the vessel, which got stuck diagonally across the single-lane southern stretch of the canal on Tuesday morning amid high winds and a dust storm.

      We can’t exclude it might take weeks, depending on the situation,” Peter Berdowski, CEO of Dutch company Boskalis, one of two rescue teams trying to free the ship, told the Dutch television programme “Nieuwsuur”.

      A total of 206 large container ships, tankers carrying oil and gas, and bulk vessels hauling grain have backed up at either end of the canal, according to tracking data, creating one of the worst shipping jams seen for years.

      The blockage comes on top of the disruption to world trade already caused in the past year by COVID-19, with trade volumes hit by high rates of ship cancellations, shortages of containers and slower handling speeds at ports.

      The world’s number one line A.P. Moller Maersk said it was considering diverting vessels around Africa’s Cape of Good Hope, adding five to six days to the journey between Asia and Europe. It said time-sensitive cargo could be sent on trains and airplanes, although no decisions had yet been made.

      “ENORMOUS WEIGHT”
      The SCA, which had allowed some vessels to enter the canal in the hope the blockage could be cleared, said it had temporarily suspended all traffic on Thursday. Maersk said in a customer advisory it had seven vessels affected.

      Berdowski said the ship’s bow and stern had been lifted up against either side of the canal.

      Explainer: How a giant container ship is blocking the Suez Canal
      It is like an enormous beached whale. It’s an enormous weight on the sand. We might have to work with a combination of reducing the weight by removing containers, oil and water from the ship, tug boats and dredging of sand.

      Dredging work to remove 15,000-20,000 cubic metres of sand surrounding the bow continued after dark on Thursday, in coordination with the team from Boskalis subsidiary Smit Salvage, the SCA said.

      The dredging work, which began on Wednesday evening and has involved two dredgers, aims to return the ship to a draft of 12-16 metres at which it could be refloated, the authority said.

      (Graphic: Suez blockade - )

      Japanese shipowner Shoei Kisen apologised for the incident and said work on freeing the ship, which was heading to Europe from China, “has been extremely difficult” and it was not clear when the vessel would float again.

      Another official with knowledge of the operation said that was likely to take days. “If you end up in the scenario that you have to remove cargo then you are looking at a time consuming exercise,” he said, declining to be named.

      A higher tide due on Sunday may help the rescue efforts.

      However, the Egyptian meteorological authority is also warning of a “disruption of marine navigation” due to an expected sea storm on Saturday and Sunday, with winds forecast to reach up to 80 kph (50 mph) and waves up to 6 metres high along the Red Sea and the Gulf of Suez.

      Roughly 30% of the world’s shipping container volume transits through the 193 km (120 mile) Suez Canal daily, and about 12% of total global trade of all goods.

      Slideshow ( 5 images )

      Every port in Western Europe is going to feel this,” Leon Willems, a spokesman for Rotterdam Port, Europe’s largest, said. “We hope for both companies and consumers that it will be resolved soon.

      CONTAINER CRUNCH
      Consultancy Wood Mackenzie said the biggest impact was on container shipping, but there were also a total of 16 laden crude and product oil tankers due to sail through the canal and now delayed.

      The tankers were carrying 870,000 tonnes of crude and 670,000 tonnes of clean oil products such as gasoline, naphtha and diesel, it said.

      Russia and Saudi Arabia are the top two exporters of oil through the canal, while India and China are the main importers, oil analytics firm Vortexa said. Consultancy Kpler said the canal accounted for only 4.4% of total oil flows but a prolonged disruption would complicate flows of Russian and Caspian oil to Asia and oil from the Middle East into Europe.

      The impact on oil prices has been limited so far as the destination of most oil tankers is Europe, where demand is currently weaker due to a new round of lockdowns. [O/R]

      The deputy managing director of Germany’s BDI industry association, Holger Loesch, expressed concern, saying earlier shipping holdups were already affecting output, especially in industries depending on raw materials or construction supplies.

      About 16% of Germany’s chemicals imports arrive by ship via the Suez canal and the chief economist for the association of German chemicals and pharmaceuticals producers VCI, Henrik Meincke, said they would be affected with every day of blockage.

      The owner and insurers face claims totalling millions of dollars even if the ship is refloated quickly, industry sources said on Wednesday. Shoei Kisen said the hull insurer of the group is MS&AD Insurance Group while the liability insurer is UK P&I Club.

    • Canal de Suez : le navire débloqué ce samedi soir ? - Monde - Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/monde/canal-de-suez-le-navire-debloque-ce-samedi-soir-27-03-2021-12726032.php


      Le porte-conteneurs est bloqué depuis mardi dans le canal de Suez.
      Photo EPA

      Le navire qui empêche la navigation sur le canal de Suez depuis mardi pourrait être débloqué ce samedi soir, a déclaré son propriétaire.

      Yukito Higaki, le propriétaire du porte-conteneurs qui obstrue depuis mardi le canal de Suez, a dit avoir bon espoir que le navire soit débloqué dès ce samedi soir, alors que des jours voire des semaines étaient précédemment évoqués. « Nous sommes en train d’éliminer les sédiments, avec des outils de dragage supplémentaires », a déclaré vendredi Higaki, le président de la compagnie japonaise Shoei Kisen. Il a dit espérer un déblocage du Ever Given pour « demain (samedi) soir », c’est-à-dire dans la nuit de samedi à dimanche au Japon. « Le navire ne prend pas l’eau. Il n’y a aucun problème avec ses gouvernails et ses hélices. Une fois qu’il aura été renfloué, il devrait pouvoir fonctionner », a ajouté le dirigeant.

      10 % du commerce maritime international
      La société mandatée pour le « sauvetage » de l’Ever Given s’était auparavant montrée plus prudente, évoquant « des jours voire des semaines » pour assurer le déblocage du navire et la reprise du trafic sur le canal qui voit passer 10 % du commerce maritime international, selon des experts.

      Depuis mercredi, l’Autorité égyptienne du canal de Suez (SCA) tente de dégager ce navire de plus de 220 000 tonnes et d’une longueur équivalente à quatre terrains de football, coincé dans le sud du canal, à quelques kilomètres de la ville de Suez. Une opération menée vendredi par la SCA avec l’aide de remorqueurs « n’a pas réussi », a indiqué la Bernhard Schulte Shipmanagement (BSM), compagnie basée à Singapour qui assure la gestion technique du navire. « Deux remorqueurs (égyptiens) supplémentaires de 220 à 240 tonnes » doivent arriver d’ici dimanche pour une nouvelle tentative, selon cette société.

    • Mega-ship in Suez Canal moved ’80%’ in right direction
      https://news.yahoo.com/ever-given-ship-suez-canal-051538431.html

      The Ever Given was turned away from the bank of Suez Canal on Monday, raising hopes it could be soon be refloated

      la poupe a pu être dégagée, semble-t-il.
      il va falloir hâler fort en arrière pour dégager la proue (et le bulbe, bien planté…)

    • MV Ever Given Partially Refloated in Suez; Ship Still Blocking Canal – gCaptain
      https://gcaptain.com/mv-ever-given-partially-refloated-in-suez-ship-still-blocking-canal


      Screen shot shows the position of the MV Ever Given following reports that the ship had been refloated. Taken Mar 23, 04:17 UTC.
      Credit: VesselFinder.com

      The giant container ship blocking the Suez Canal has been at least partially refloated, the first step toward getting one of the world’s most important trade arteries moving again.

      The Ever Given was successfully refloated at about 4:30 a.m. local time in Egypt and the vessel is currently being secured, maritime services provider Inchcape Shipping Services said in an email. It followed a new attempt to dislodge the ship involving 10 tug boats, according to the Suez Canal Authority.

      There was no immediate clarity on the crucial question of when traffic in the canal will restart. The ship has a damaged hull and it’s not clear how soon it will be able to clear the way for other vessels to pass.

  • Ces Israéliens qui se battent aux côtés des Palestiniens
    Hassina Mechaï > 16 mars 2021
    https://orientxxi.info/magazine/ces-israeliens-qui-se-battent-aux-cotes-des-palestiniens,4560

    Alors que se préparent, pour le 23 mars 2021, des législatives israéliennes dominées par la compétition entre partis de droite extrême et d’extrême droite, quelques voix dissidentes se font entendre. Discussion avec l’une d’elle, Tali Shapiro.

    (...)T. S.— Participer aux manifestations dans les villages a été surtout un acte spontané. Je voulais rencontrer ces gens qui souffrent pour que, moi, je puisse vivre pleinement. Je voulais être vraiment là pour eux, d’une façon qui ait un sens pour eux. Je voulais aussi, de manière très viscérale, exprimer mon refus de participer à la destruction, mon refus face une cette mécanique d’effacement et de contrôle systémique qu’est l’occupation.

    Rejoindre le mouvement BDS s’est inscrit dans la logique de cet engagement. BDS ébranle le cœur même du système d’oppression israélien, par le biais d’une analyse économique, institutionnelle et culturelle. Nous mettons en évidence la manière complexe dont les entreprises, les institutions éducatives et culturelles, le gouvernement, l’armée et les colonies font lien avec l’oppression et la perpétuent. Nous exigeons la fin de cette complicité, en soulignant que les cadres juridiques, politiques et sociaux existants doivent être appliqués pour que cette situation cesse. (...)

    #BDS

  • France-Israël. Lobby or not lobby ? (7)
    Meyer Habib, le député qui tonne de la voix
    Jean Stern > 17 mars 2021
    https://orientxxi.info/magazine/meyer-habib-le-depute-qui-tonne-de-la-voix,4603

    « Vivre n’est pas se résigner. » Le 24 juin 2020, la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale décide de prendre de la hauteur en conviant l’essayiste Edgar Morin, qui publie Changeons de voie (Denoël, 2020) en collaboration avec Sabah Abouessalam, réflexion sur le monde en temps d’épidémie. L’œil malicieux, le phrasé précis, Morin, qui va avoir 100 ans en juillet, réfléchit depuis longtemps à la crise de la mondialisation marchande et à la nécessité d’un bouleversement écologique. La rencontre se déroule via une plateforme numérique ; l’analyse de Morin est aussi brillante qu’utile, aux yeux de la plupart des élus de la nation réunis pour ce moment, qui lui posent de nombreuses questions.

    Engagé de longue date sur Israël et la Palestine, l’auteur de Vidal et les siens est interrogé par Bruno Joncour sur « l’injustice et l’humiliation subies si fortement par le peuple palestinien ». Morin, pour qui « le pire n’est jamais sûr », lui répond qu’il est « préoccupé par une politique de force permanente d’un pouvoir là-bas qui correspond à ce qui est l’extrême droite ici ».

    C’est au tour du député Meyer Habib, lui aussi membre de la commission des affaires étrangères. Il se lance alors dans une diatribe tonitruante (« vous auriez dû le savoir, ironise plus tard une députée : Habib ne parle pas, il hurle ») contre Edgar Morin, « ennemi juré du sionisme qui a utilisé de multiples sophismes », à « la malveillance viscérale à l’égard d’Israël et du peuple juif », pour qui « les juifs ne sont tolérables qu’à condition de se renier eux-mêmes ». Le reste se perd dans le brouhaha des députés en ligne : « Meyer, tu vas trop loin », « Là c’est trop ! », « Assez ! », « Coupez-le ! » (...)

  • Décolonial, vous avez dit « décolonial » ? par Yann Moulier Boutang et Laugier Sandra
    https://www.multitudes.net/decolonial-vous-avez-dit-decolonial

    Contrairement au gloubi-boulga servi par quelques médias de droite, papiers, télévisuels ou numériques, ne mélangeons pas tout. Il n’en va pas du « #décolonial » comme de « #l’islamo-gauchisme ». Le premier, qui se dit en anglais subaltern ou post-colonial studies, est un véritable paradigme naissant de la pensée contemporaine, qui concerne les « minorités », femmes, queer, black, Amérindiens. Leurs concepts ont été forgés dans et par de nouveaux mouvements sociaux, exclus des anciennes analyses fondées sur les classes sociales, ou bien rabotés pour rentrer dans le lit de Procuste de l’orthodoxie politique de gauche comme de droite. Les sujets subjectifs de ces mouvements sortent de l’invisibilité et revendiquent une place, comme le fit le Tiers État. Le fait qu’ils deviennent des sujets de conversation, matières à débats ou à controverses scientifiques, n’implique pas de passer sous silence leur origine subjective. À la controverse qui accuse les recherches liées à ces mouvements d’être la trace d’un militantisme malséant, on a envie de répondre que c’est le jeu et la vie de la pensée. L’histoire des sciences, l’histoire tout court, la culture, la mémoire sont toujours un champ d’affrontements. Les débats que voudraient provoquer de façon récurrente les extrémistes de la République Une et Indivisible, face aux Démocrates anglo-saxons et aux multiculturalismes, sur l’usage du terme de race, de genre, d’#intersectionalité, en révèlent plus sur ceux qui les lancent que sur le sujet dont ils s’emparent. Il y a de tout dans cette querelle qui s’annonce, du symptomatique intéressant et sincère comme le dernier livre d’#Elisabeth_Roudinesco comme du prurit d’une intolérance maladive et ravageuse dans les multiples interventions médiatiques de Nathalie Heinich...

    [ Elisabeth Roudinesco, Soi-même comme un roi , Seuil, 2021.]

    ... L’universel est une exigence éthique et politique, toujours à construire, pas une rente de situation, ni l’attribution d’un strapontin tardif à ceux et celles que l’on a traités comme des domestiques pendant des siècles et que l’on continue d’exploiter dans d’autres formes de servitude.

    Voilà pourquoi #l’universel ne peut se satisfaire des vieilles catégories d’ « ouvrier », de « prolétaire », quand cela exclut les enfants (nombreux encore au travail dans le monde), les considérations de genre ou d’appartenance communautaire – qu’elle soit de couleur attribuée et assignée mais aussi vécue dans la chair -, de religion, de culture, de langue.

    Certes, il ne faut jamais perdre de vue les questions de classes sociales, de niveau économique, mais si les sociologues les plus avertis ont été contraints d’aborder les questions du racisme ou de la « racialisation », du genre (sous toutes ses formes, y compris donc la transsexualité), de l’ethnie, de la religion, des communautés et des langues, c’est parce qu’elles constituaient autant de biais délibérément utilisés comme instruments de division particulièrement efficaces ; c’est parce qu’une classe ouvrière unifiée par la grâce de la sociologie n’existe plus depuis belle lurette si tant est qu’elle ait jamais existé dans l’histoire. Si le chercheur en sciences sociales n’a pas recours à ces autres catégories à côté des vénérables distinguos de Marx et de Durkheim, il ne verra plus rien dans ses lunettes et en sera réduit à faire de la paléontologie de la classe ouvrière mâle, blanche, adulte, acculturée et assimilée, et bien plus subalternisée que le lumpen-prolétariat ou que la classe ouvrière des générations passées. Comme le disait très bien Rose-Marie Lagrave : « Le genre fait quelque chose à la classe sociale et la classe sociale fait quelque chose au genre, le souligner en ces temps délétères où l’intersectionnalité est mise en cause n’est pas un luxe ».

    C’est pourquoi le reproche que font Gérard Noiriel et Stéphane Beaud aux études de genre, de « race » et à l’intersectionnalité d’oublier la culture de classe tombe à plat. On ne peut en retenir qu’une seule vérité, reconnue de tous les chercheurs du champ : ériger en hypostases substantielles, indépendantes, le genre, la race, la religion, l’appartenance communautaire, c’est en fait pousser directement celles et ceux que cela intéresse au séparatisme qu’on leur reproche.

    « Un article d’actualité remarquable de Sandra Laugier et Yann Moulier, conte une vision rabougrie et trumpienne de la religion républicaine, soyons toutes et tous des "islamo-gauchistes décoloniaux et écoféministes transgenres » !


    • Le déboulonnage des statues au nom de la lutte contre le racisme déconcerte. La violence avec laquelle la détestation des hommes s’affiche au cœur du combat féministe interroge. Que s’est-il donc passé pour que les engagements émancipateurs d’autrefois, les luttes anticoloniales et féministes notamment, opèrent un tel repli sur soi ?
      Le phénomène d’« assignation identitaire » monte en puissance depuis une vingtaine d’années, au point d’impliquer la société tout entière. En témoignent l’évolution de la notion de genre et les métamorphoses de l’idée de race. Dans les deux cas, des instruments de pensée d’une formidable richesse – issus des œuvres de Sartre, Beauvoir, Lacan, Césaire, Said, Fanon, Foucault, Deleuze ou Derrida – ont été réinterprétés jusqu’à l’outrance afin de conforter les idéaux d’un nouveau conformisme dont on trouve la trace autant chez certains adeptes du transgenrisme queer que du côté des Indigènes de la République et autres mouvements immergés dans la quête d’une politique racisée.
      Mais parallèlement, la notion d’identité nationale a fait retour dans le discours des polémistes de l’extrême droite française, habités par la terreur du « grand remplacement » de soi par une altérité diabolisée : le migrant, le musulman, mai 68, etc. Ce discours valorise ce que les identitaires de l’autre bord récusent : l’identité blanche, masculine, virile, colonialiste, occidentale.

      Identité contre identité, donc.
      Un point commun entre toutes ces dérives : l’essentialisation de la différence et de l’universel. Élisabeth Roudinesco propose, en conclusion, quelques pistes pour échapper à cet enfer.

  • « En thérapie ». La malédiction du policier Adel Chibane | Hassina Mechaï
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/en-therapie-la-malediction-du-policier-adel-chibane,4526

    Un psychanalyste parisien suit cinq patients au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, entre traumas individuels et choc collectif. Adel Chibane, l’un des personnages de la série En thérapie, est un policier qui est intervenu au Bataclan. Sa différence crève l’écran, et pose quelques questions. Source : Orient XXI

    • Excellent ! L’article ; la série aussi.

      C’est sans doute le personnage du policier qui traduit le mieux cette irruption du « réel qui cogne ». Dès le premier plan, le ton est donné par Adel Chibane, magistralement porté par Réda Kateb. C’est lui qui mène un entretien qui tourne vite à l’interrogatoire. « Y’a des règles ? » ; « Pardon ? » ; « Un protocole d’action ? ». Chibane s’impose, prend possession de l’espace en cuir noir, lunettes tout aussi noires, démarche chaloupée, regard scrutateur, tout en corporalité qui s’impose face au psy recroquevillé dans son fauteuil. Chibane est ainsi ramené à l’organique, l’épidermique, la fonctionnalité, l’irrationnel. Le « ça » dirait un psy, là où les autres patients sont en quête d’un moi et Dayan tout entier contenu et policé dans son sur-moi. D’où cet échange :

      je vous vois venir, y’a malentendu […], mais je fais pas ça, moi.
      — Ça ?
      — Vous raconter des trucs, ma petite enfance, le tralala...

      Puis suit un dialogue où Chibane demande à Dayan de « deviner » son métier. Face au mutisme du psy, il explose : « J’suis flic, putain ! ». Chibane est policier de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI). Et il entend être reconnu comme tel. Par son langage, ses vêtements, son oscillation entre impassibilité et agressivité, il aurait pu tout aussi bien être de « l’autre bord », voyou et délinquant. Pire, il aurait pu être confondu avec ceux qui viennent d’endeuiller la France. C’est donc dans le regard de Dayan qu’il demande à ne pas être vu pour ce qu’il n’est pas et à être adoubé pour ce qu’il veut être : flic et héros. Adel guette et quête dans le regard des autres sa place. Il est l’être conditionné jusqu’au bout...

  • Le printemps israélien de la députée Aurore Bergé
    https://orientxxi.info/magazine/le-printemps-israelien-de-la-deputee-aurore-berge,4502

    Et côté « gauche », une autre candidate potentielle à la présidence, Anne Hildago, elle aussi très pro-israélienne sans s’être jamais déclarée proche du Printemps républicain « a un côté républicain sincère, elle est très anti-communautariste sauf avec les juifs. Mais elle ne peut pas avoir un positionnement tranché pour une raison simple : elle gouverne avec une alliance de forces politiques différentes » dont le Parti communiste (PCF) et les Verts, explique l’un de ses adjoints. Cependant sa précédente majorité comptait deux élues cofondatrices du Printemps républicain, la maire du 20e arrondissement de Paris, Frédérique Calandra, et Catherine Vieu-Charrier, rare personnalité du PCF à se rallier à ce mouvement. Adjointe au maire chargée de la mémoire, l’élue a été à l’origine de la création d’une place de Jérusalem dans le 17e arrondissement. Elle a été inaugurée en juin 2019 en présence du maire de Jérusalem, Moshe Leon, un proche de Nétanyahou, ce qui causa un certain embarras chez ses camarades communistes, mais n’a pas dérangé Hidalgo. Mais si « beaucoup d’élus socialistes pouvaient se dire un moment plus ou moins proches du Printemps républicain sur la laïcité, ils ont très vite mal supporté l’obsession islamophobe et l’hystérisation du débat. Pour quelqu’un comme Emmanuel Grégoire, l’actuel premier adjoint de la maire, tout ça c’est too much », dit une adjointe Europe Écologie Les Verts (EELV). « Avec Frédérique Calandra, qui était à fond dans le Printemps républicain, ils ont fait des dégâts, ils ont radicalisé pas mal de gens, ajoute la communiste Raphaëlle Primet, conseillère de Paris et elle aussi élue du 20e arrondissement. Maintenant, je le les trouve moins virulents, moins présents ».

    #Anne_Hidalgo #Israël

  • « Irak, destruction d’une nation » : la série documentaire événement à voir en avant-première sur Mediapart | Documentaires | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/studio/documentaires/international/irak-destruction-d-une-nation-la-serie-documentaire-evenement-voir-en-avan

    Des premiers jours de la guerre Iran-Irak, en 1980, à la défaite de l’État islamique, en 2017, quatre documentaires exceptionnels racontent quarante ans de conflits qui ont conduit le pays au chaos et ont changé le monde.

    Des premiers jours de la guerre Iran-Irak, en 1980, à la défaite de l’État islamique, en 2017, cette série documentaire de Jean-Pierre Canet, diffusée dimanche 31 janvier sur France 5 et à voir en avant-première sur Mediapart, raconte quarante ans de conflits qui ont conduit l’Irak au chaos.

    Une histoire irakienne autant qu’américaine et française où se mêlent intérêts diplomatiques, économiques et militaires, racontée par ceux qui l’ont vécue, à Washington, Paris ou en Irak. Une plongée sur 40 ans qui ont changé le monde.

    Épisode 1 – L’allié

    Aux premiers jours de 1980, Saddam Hussein, alors perçu comme un moderniste par les nations occidentales, s’engage dans une guerre totale contre son voisin iranien. L’Europe et les États-Unis voient le raïs comme un bouclier contre l’obscurantisme islamiste des mollahs.

    Épisode 2 – L’adversaire

    Persuadé que les grandes puissances le laisseront faire, Saddam Hussein envahit le #Koweït le 2 août 1990. Américains, Britanniques et Français s’accordent pour punir l’Irak, sans vraiment chercher de solution diplomatique. La guerre du Golfe enclenchée en janvier 1991 est aussi rapide que dévastatrice : les Irakiens sous un déluge de feu voient leurs infrastructures rasées. 100 000 soldats et au moins 60 000 civils meurent. S’ensuit un embargo long de douze ans, qui va faire payer au peuple irakien la mégalomanie de son président.

    Épisode 3 – Le condamné

    Pour une partie de la classe politique américaine, faire chuter le dictateur irakien est une obsession. Les attentats du 11 septembre 2001 leur offrent une opportunité unique d’y parvenir. Pour justifier la guerre à venir, Washington ment et accuse Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive et d’avoir soutenu les terroristes d’Al-Qaïda. Après une guerre éclair, la Maison Blanche administre le pays dans l’improvisation. Le chaos s’installe. D’un statut de libérateurs, les soldats américains deviennent des envahisseurs aux yeux des Irakiens.

    Épisode 4 – Le fantôme

    En 2007, en pleine guerre civile, le fantôme de #SaddamHussein, exécuté un an plus tôt pour crimes contre l’humanité, plane sur l’#Irak. Le raïs était un dictateur, mais il avait réussi à tenir le peuple irakien composé de sunnites, de chiites, et de minorités ethniques et religieuses. Les Américains, eux, sont dépassés par la violence qui déchire le pays où le terrorisme islamiste prospère. À coups de millions de dollars, ils financent les tribus sunnites pour combattre #Al-Qaïda et soutenir le nouveau régime. Mais #BarackObama décide le retrait des troupes américaines d’Irak en 2011 et laisse ainsi le champ libre au voisin iranien qui impose son influence. Une seconde guerre civile éclate.

  • B’Tselem. Un #apartheid « sur tout le territoire sous l’autorité de l’État d’Israël »
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/b-tselem-un-apartheid-sur-tout-le-territoire-sous-l-autorite-de-l-etat-d

    B’Tselem, l’organisation israélienne de défense des #droits_humains la plus représentative, a publié le 12 janvier 2021 Un régime de suprématie juive entre le Jourdain et la mer Méditerranée, c’est un apartheid, un rapport qui constitue un véritable basculement dans l’histoire de cette organisation fondée en 1989, en pleine première intifada palestinienne.

    #israël #palestine #colonisation

  • Elnet. Découvrez Israël, ses colonies, ses technologies de surveillance... Jean Stern > 26 janvier 2021
    https://orientxxi.info/magazine/elnet-decouvrez-israel-ses-colonies-ses-technologies-de-surveillance,445

    Une organisation incarne le lobby pro-israélien dans l’Hexagone, au nom très neutre : Elnet, soit European Leadership Network, et affiche ainsi son ambition : « Œuvrer au renforcement des relations bilatérales entre Israël et la France ». Son discret président, Pierre Darras, un lobbyiste installé en Suisse, se trouve au cœur d’une nébuleuse de fondations branchées sur les « jeunes leaders », et le « dialogue stratégique » dont Elnet fait partie. La principale d’entre elles, The House of the rising stars (La Maison des étoiles montantes, on est chez les premiers de cordées), basée à Genève, entretient elle-même de nombreuses accointances, notamment avec l’Institut des hautes études de défense nationale en France. On le sait, les militaires français ont toujours eu un faible pour Israël...

    Avec des bureaux à Paris, Bruxelles, Londres, Berlin, Madrid et Varsovie, Elnet se veut très européenne et dispose également d’une association d’amis, Friends of Elnet, basée pour sa part à New York et à Los Angeles et qui se charge de lever des fonds aux États-Unis. Son gala virtuel organisé le 15 novembre 2020 pour « renforcer les liens euro-israéliens » et collecter de l’argent dans ce but a réuni des philanthropes pro-israéliens autour du président Reuven Rivlin, du ministre des affaires étrangères Gabi Askhenazi et de Yair Lapid, un ex-ministre de « centre gauche » qui se voit en leader de l’opposition. C’est aussi le seul politicien israélien que le président Emmanuel Macron aime fréquenter. Ancien journaliste et auteur de romans policiers, Lapid avait été chaleureusement reçu à l’Élysée par le président en avril 2019, à la veille d’un énième round électoral en Israël.

    Parmi ces leaders que soigne Elnet, Bruno Tertrais, éminent représentant de la recherche privée française. Directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique et senior fellow associé à l’Institut Montaigne, spécialiste des questions de défense passé par l’OTAN et la Rand Corporation, Tertrais a été un temps au Parti socialiste et à la fondation Terra Nova, avant de conseiller Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle sur les questions « stratégiques ». Autant dire, pour parler familièrement, qu’il n’est pas un perdreau de l’année. Au cours d’un web-séminaire en juin 2020, Tertrais « rend hommage à Elnet qui m’a permis de connaître toutes les facettes et toutes les réalités de la société israélienne ». Collaborateur de L’Express, intervenant régulier dans d’autres médias écrits ou audiovisuels, il a curieusement besoin d’un lobby qui n’en fait pas mystère pour se faire une idée sur la société israélienne. (...)

    #Elnet #Bruno_Tertrais

  • Maroc-Israël. On ne pourra pas brouiller sans fin la conscience du peuple
    Hicham Mansouri > Sion Assidon > 11 janvier 2021
    https://orientxxi.info/magazine/maroc-israel-on-ne-pourra-pas-brouiller-sans-fin-la-conscience-du-peuple

    (...) H. M. — Certains défenseurs de la normalisation font référence à la communauté des Marocains juifs comme composante identitaire de laquelle il s’agit de ne pas se couper. Que pensez-vous de cet argument ?

    S. A. — Les médias officiels et les thuriféraires habituels du régime font écho à la communication téléphonique de Mohamed VI avec Benyamin Nétanyahou, au cours de laquelle il lui a fait part de son attachement à ses sujets juifs résidant en Israël. La dernière mode est en effet de justifier l’ignominie de la normalisation par les liens historiques du Maroc avec les colons d’origine marocaine. C’est une erreur grave qui encourage le racisme par la confusion entre judaïsme et sionisme. Et cela n’effacera pas le double crime commis par les services sionistes avec la complicité du Maroc officiel d’avoir arraché de sa terre une partie du peuple marocain (les Marocains juifs) pour faire du jour au lendemain de la plupart de ces migrants des soldats sionistes de l’occupation.

    S’aveugler en faisant semblant de ne pas voir cette transformation de Marocains juifs en occupants sionistes — comme si c’était la même chose — n’est pas innocent. C’est d’abord vouloir se laver du crime d’avoir contribué à l’organisation de leur migration. Et c’est vouloir présenter l’ignominie de la normalisation comme une simple récupération d’une partie des « sujets »… qui se trouvent avoir été littéralement vendus à 50 dollars (41 euros) par personne par le précédent monarque 1.
    Mais le plus grave reste, dans le contexte marocain de sympathie à la cause palestinienne, d’encourager la haine. En affirmant que colons sionistes et sujets marocains juifs c’est la même chose, on ouvre en grand la porte à la judéophobie. (...)

    #IsraelMaroc

  • Une omerta qui remonte à loin
    https://orientxxi.info/magazine/une-omerta-qui-remonte-a-loin,4406
    Jean Stern > 12 janvier 2021

    France-Israël. Lobby or not lobby ? (1) · Comme marqué au fer rouge par l’expression « lobby juif » venue de l’extrême droite antisémite, l’usage du mot fait débat. Si certains préfèrent évoquer des « cercles d’influence », des réseaux formels et informels, tout le monde s’accorde pour estimer que depuis une vingtaine d’années, la pression des influenceurs pro-israéliens s’est accentuée, avec la volonté de délégitimer les partisans de la Palestine. (...)

    • France-Israël. Lobby or not lobby ?
      Jean Stern > 12 janvier 2021
      https://orientxxi.info/magazine/france-israel-lobby-or-not-lobby,4404

      Israël est-il en train de gagner la bataille de l’influence en France ? On pourrait le croire, et c’est pourquoi Orient XXI va y consacrer une enquête au long cours publiée en plusieurs épisodes dans les prochaines semaines. Avant la crise sanitaire, les élus défilaient à Jérusalem saluer « la seule démocratie du Proche-Orient », puis faisaient un tour dans les colonies. Les patrons s’enthousiasmaient pour des promesses de high tech d’origine le plus souvent militaire. Artistes, intellectuels, journalistes affluaient pour des voyages de découverte, des festivals, des rencontres, des productions de séries télévisées. Tous semblent convaincus que la défense d’Israël est désormais essentielle dans un monde menacé. (...)

    • Les critiques d’Israël étouffées par la loi du silence
      Jean Stern > 12 janvier 2021
      https://orientxxi.info/magazine/les-critiques-d-israel-etouffees-par-la-loi-du-silence,4411

      France-Israël. Lobby or not lobby ? (2) · Aujourd’hui, critiquer Israël en France tient de la mission dangereuse, et c’est, en apparence du moins, un grand succès pour tous ceux qui s’activent à délégitimer l’expression même de toutes les interrogations sur la politique du gouvernement israélien. Le ton est donné : faire oublier le sort de la Palestine au profit de relations politiques et économiques en plein renouveau. Et pourtant l’opinion publique française n’est pas au diapason. (...)

    • France-Israël. Lobby or not lobby ?
      https://orientxxi.info/magazine/france-israel-lobby-or-not-lobby,4404

      Nulle armée de lobbyistes appointés à Paris comme on en trouve à Washington : les pro-israéliens sont des personnalités variées, de droite, de gauche et du centre, des visages de la scène médiatique qui avancent en maniant avec habilité les faux-semblants du débat sur l’antisionisme et l’antisémitisme pour tenter de disqualifier ceux qui continuent, peu écoutés mais pas muets, à ne pas soutenir la politique de la droite israélienne au pouvoir.

      Du point de vue du non-respect du droit international les différences entre « droite » et « gauche » sionistes sont ténues.

  • Palestine. Machinations contre un diplomate suisse de l’UNRWA | Baudouin Loos
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/palestine-machinations-contre-un-diplomate-suisse-de-l-unrwa,4396

    La carrière de Pierre Krähenbühl à la tête de l’agence onusienne pour l’aide aux réfugiés palestiniens s’est brutalement interrompue en 2019. En cause, des accusations qui se sont révélées largement infondées, comme vient de le démontrer un documentaire de la télévision suisse. L’UNRWA est en réalité dans la ligne de mire de l’administration Trump et du gouvernement Nétanyahou. Source : Orient XXI

  • 1925, guerre du Rif. L’alliance entre Pétain et Franco contre les insurgés marocains | Alain Ruscio
    https://orientxxi.info/magazine/1925-guerre-du-rif-l-alliance-entre-petain-et-franco-contre-les-insurges

    Dans un entretien donné à L’Express le 23 décembre 2020, Emmanuel Macron a expliqué : « Je me suis construit dans la haine, dans le rejet de l’esprit de défaite et de l’antisémitisme de Pétain, mais je ne peux nier qu’il fut le héros de 1917 et un grand militaire ». Le président français aurait pu pourtant rappeler sa contribution à l’écrasement des insurgés dans le Rif marocain en 1925. Avec tous les moyens de la barbarie « civilisée » et en alliance avec celui qui allait devenir le dictateur de l’Espagne : Francisco Franco. Source : Orient XXI

  • Un poème méconnu de Victor Hugo comme antidote à l’islamophobie
    Louis Blin > 16 décembre 2020
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/un-poeme-meconnu-de-victor-hugo-comme-antidote-a-l-islamophobie,4370

    Avec « Le Cèdre », un poème méconnu de La Légende des siècles, Victor Hugo se dresse contre le tumulte médiatique qui suit l’assassinat, le 15 juin 1858, des consuls français et britannique dans la ville de Djeddah, alors sous domination ottomane. En faisant dialoguer le calife Omar et saint Jean l’Évangéliste, il inscrit résolument l’islam dans une perspective humaniste universelle. (...)

    #islamophobie

  • Boycott d’Israël. La France cherche à contourner les décisions de la justice européenne
    14 décembre 2020 par François Dubuisson ( Professeur de droit international à l’Université libre de Bruxelles (ULB )
    https://orientxxi.info/magazine/boycott-d-israel-la-france-cherche-a-contourner-les-decisions-de-la-just

    Dans un arrêt récent, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France et confirmé la légalité des appels au boycott des produits israéliens. Au lieu de se plier à cette décision, Paris tente de la contourner, au mépris du droit.
    (...)
    Après cet arrêt, on se serait attendu à ce que les autorités françaises abrogent les circulaires recommandant de poursuivre les actions de boycott et indiquent, au contraire, qu’en leur principe elles sont protégées par la liberté d’expression. C’est le droit commun applicable à tout discours politique qui aurait ainsi été de mise : seul le constat de propos spécifiques dégénérant en antisémitisme pourrait donner lieu à l’entame d’une procédure pénale.

    Pourtant, une autre voie a été privilégiée, qui donne le sentiment que la France entend minorer l’arrêt de la Cour et préserver, au moins en apparence, le principe d’une incrimination de l’appel au boycott des produits israéliens. En effet, le 20 octobre 2020, le ministre français de la justice Éric Dupond-Moretti a fait publier une nouvelle circulaire (une « dépêche ») « relative à la répression des appels discriminatoires au boycott des produits israéliens » par laquelle le fondement légal des poursuites est réaffirmé, simplement accompagné d’une exigence plus stricte de « motivation des décisions de condamnation ». De manière très sinueuse, cette circulaire explique que des poursuites ne devront être engagées que si « les faits, considérés in concreto, caractérisent un appel à la haine ou à la discrimination », en vérifiant en quoi la « teneur » de l’appel au boycott en cause, ses « motifs » et ses « circonstances » en révèlent une nature délictueuse. Elle précise encore que le « caractère antisémite de l’appel au boycott » peut découler non seulement de « paroles, gestes et écrits » qui l’accompagnent, mais peut également se « déduire du contexte ». (...)

    #BDS

    • Rassurez-vous : la Campagne BDS est bien légale !
      Communiqué de la campagne BDS France, le 26 novembre 2020
      https://www.bdsfrance.org/rassurez-vous-la-campagne-bds-est-bien-legale

      La dépêche insiste sur le « renforcement de l’exigence de motivation des décisions de condamnation » et sur le fait que « la CEDH n’a pas invalidé la possibilité de poursuites des appels au boycott » mais ne remet pas en question l’arrêt de la CEDH, puisqu’elle reconnait que la décision de la CEDH « s’avère protectrice de la liberté d’expression militante en ce qu’elle autorise l’appel au boycott politique », et il ne pourrait y avoir de poursuites que si « les faits caractérisaient un appel à la haine ou à la discrimination et non une simple action politique. »

      La campagne BDS reste donc parfaitement protégée par l’arrêt de la CEDH puisque c’est un mouvement antiraciste, pour l’égalité complète des droits, pour la fin des discriminations que subit le peuple palestinien, pour le respect du droit international et des droits humains universels.

      Nous voyons donc dans cette dépêche, destinée essentiellement à répondre aux demandes des relais d’Israël en France, une dernière tentative désespérée de montrer la possibilité de poursuites pour appel au boycott des produits israéliens, et cerise sur le gâteau, un manque du sens de la pédagogie quand le ministère de la Justice « oublie » d’inclure dans ses stages de citoyenneté, l’historique des boycotts, le rappel de la colonisation comme crime de guerre ainsi qu’un cours de droit international qui rappellerait que la résistance au colonialisme est légale et que les notions de crimes d’apartheid et de crimes contre l’Humanité s’appliquent aussi à Israël.

      #Palestine #France #Europe #CEDH #boycott #criminalisation_des_militants #victoire (pour une fois qu’on en a une)