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  • Égypte. Obama, ce « laquais » des Frères musulmans – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/20/egypte-obama-ce-laquais-des-freres-musulmans

    L’administration de Barack Obama s’est divisée face aux bouleversements qui, de manière inattendue, ont menacé l’ordre régional ancien à partir de l’hiver 2011-2012. La secrétaire d’État Hillary Clinton souhaitait soutenir jusqu’au bout le président Hosni Moubarak, alors qu’Obama, très isolé au sein de son gouvernement, pensait le contraire. Mais, au-delà de ces différences, la défense des intérêts américains était le point qui les rassemblait, et la démocratie n’était pas une préoccupation prioritaire. Comme l’explique à l’auteur un haut fonctionnaire du département d’État, « on a penché en faveur d’une transition dirigée par Moubarak. Quand ça n’a pas marché, on s’est prononcé pour Omar Suleiman1, et quand cette idée a été abandonnée, on s’est dit, “d’accord, travaillons avec le Conseil supérieur des forces armées2 ”. » L’objectif étant de garder le contact avec les autorités et surtout avec l’armée égyptienne, garante de la paix avec Israël.

    Que pensait le gouvernement américain des Frères musulmans ? Au printemps 2011, le département d’État ne connaissait personne dans ce qui allait devenir le bloc politique égyptien le plus influent ! Comme le raconte un membre du Conseil de sécurité nationale à l’auteur : « Nous ne savions rien ! Les conseillers de Mme Clinton au département d’État et le personnel du bureau égyptien au Conseil de sécurité nationale ont rédigé un câble demandant officiellement à l’ambassade du Caire d’entrer en contact avec les Frères musulmans. »Mais il fallut encore un mois pour que les diplomates obtempèrent.

    UN DOUBLE PARI DE WASHINGTON
    Ces premiers contacts ne furent pas très fructueux, et nombre de responsables politiques, militaires ou du renseignement américains craignaient l’élection de Mohamed Morsi. Le deuxième tour de l’élection en juin 2012 donna lieu à de virulentes discussions internes, d’autant que le très influent réseau saoudien et émirati à Washington était favorable à son adversaire Ahmed Chafik. « De nombreux membres de l’armée et des services de renseignement américains craignaient la perspective d’un président islamiste en Égypte, relate Kirkpatrick. Mais étant donné la piètre performance des généraux [depuis février 2011], une victoire truquée de Chafik ne semblait garantir qu’un chaos continu. » Il cite Ben Rhodes, un proche conseiller d’Obama qui assistait à une réunion du Conseil de sécurité nationale : « On pouvait voir que beaucoup de gens dans la salle penchaient pour Chafik. Mais même ces gens ne pouvaient pas accepter que nous agissions contre l’autre gars (Morsi) qui avait gagné une élection libre. »

    Le double pari de Washington — en tout cas celui de la Maison Blanche — était que les Frères musulmans, le plus puissant parti et le mieux organisé d’Égypte, pourraient engager les réformes économiques nécessaires et rétablir la stabilité ; le second était que le soutien de facto de Morsi aux accords de paix israélo-égyptiens renforcerait l’influence américaine. Si le second pari a été gagné, le premier a échoué.                                                                

    Un test grandeur nature vint après l’offensive d’Israël contre Gaza et le Hamas en novembre 2012. Obama entra directement en contact avec Morsi et ce dernier lui promit d’amener le Hamas à la table des négociations. Ben Rhodes se souvient : « Les pourparlers de cessez-le-feu étaient dans l’impasse avant que Morsi n’intervienne […] Et il a tenu ses engagements […] Il a respecté sa part du marché […] Il a surpris même les sceptiques. »

    « C’était un test décisif pour Morsi, et il l’a passé avec brio, se souvient Steven Simon du Conseil de sécurité nationale. […] Il était indispensable. » La récompense ne tarda pas, Hillary Clinton en personne se rendit au Caire le 21 novembre pour annoncer le cessez-le-feu et remercier Morsi « pour avoir assumé le leadership qui a longtemps fait de ce pays une pierre angulaire de la stabilité et de la paix dans la région ». Et quand le conseiller de politique étrangère de Morsi, Essam Al-Haddad se rendit à Washington quelques semaines plus tard, il fut surpris d’obtenir une audience impromptue avec le président Obama lui-même. Ces événements eurent une double conséquence : alimenter en Égypte une campagne sur le soi-disant soutien d’Obama aux Frères musulmans ; convaincre Morsi qu’il disposait du soutien de l’administration américaine qui empêcherait toute intervention de l’armée contre lui : la suite allait lui montrer son erreur.

    Car le pouvoir de Morsi, au-delà de sa propre incompétence, de ses erreurs et de son sectarisme, faisait face à une campagne régionale bien organisée, relayée par des cercles influents au sein de l’administration américaine. « En avril 2013, note Kirkpatrick, le réseau satellitaire basé aux Émirats — Sky News Arabia, Al Arabiya en Arabie saoudite et d’autres médias égyptiens liés aux Émirats dénonçaient un prétendu complot américain pour amener les Frères au pouvoir, avec l’ambassadrice Patterson comme chef de file […] [Ils] étaient pleins d’accusations selon lesquelles elle était un “laquais” des Frères, une “vieille sorcière” ou un “ogre”[…] Ils affirmaient que l’ambassadrice avait fait pression sur le gouvernement égyptien pour truquer l’élection présidentielle. » Le tout étant le résultat d’un « grand complot », au profit… d’Israël ! Comme le rappelle Rhodes à l’auteur, « les alliés des États-Unis ont financé une campagne de dénigrement contre l’ambassadrice des États-Unis dans un pays qui est l’un des plus grands bénéficiaires de l’aide des États-Unis pour renverser le gouvernement démocratiquement élu de ce pays ».

    PAS DE DIFFÉRENCE ENTRE AL-QAIDA ET LES FRÈRES MUSULMANS
    Mais cette campagne n’aurait pas eu un tel impact si elle n’avait pas disposé de relais influents à Washington, si elle n’avait pas été alimentée par les activités des ambassades saoudienne et émiratie. Au Pentagone, nombre de responsables ne cachaient pas leur haine de tout ce qui est musulman. Le général James Mattis, chef du Central Command, responsable de toutes les opérations au Proche-Orient, en Asie centrale et du Sud-Est (il deviendra secrétaire d’État à la défense du président Donald Trump) pensait que les Frères musulmans et Al-Qaida représentaient plus ou moins le même courant. Et Michael Flynn, directeur de l’agence du renseignement de la défense (DIA), qualifiait l’islam de « cancer » et avait développé des relations étroites avec celui qui n’était encore que le ministre de la défense, le général Abdel Fattah Al-Sissi. Flynn fut limogé par Obama en août 2014 et sera, brièvement, conseiller national à la sécurité de Trump.

    Comme le note l’auteur, « les divisions au sein du gouvernement américain devenaient évidentes pour les diplomates et les militaires de la région. Obama et une partie de la Maison-Blanche espéraient que Morsi réussirait ; beaucoup au Pentagone, comme Mattis et Flynn, étaient d’accord avec leurs homologues égyptiens et émiratis que Morsi était un danger. La schizophrénie américaine était si visible que les généraux égyptiens s’en sont plaints auprès de leurs contacts au Pentagone ». Et ils ont compris qu’ils pourraient agir contre le pouvoir élu sans représailles américaines.

    En janvier 2013, Obama nomme Chuck Hagel, un sénateur républicain, au secrétariat d’État à la défense. Celui-ci se rend en Égypte avec comme instructions de prévenir Sissi que tout coup d’État provoquerait l’arrêt de l’aide militaire américaine. Mais, à la fois du fait de ses convictions, et des pressions saoudiennes, émiraties et israéliennes, Hagel n’en fit rien, si l’on en croit Kirkpatrick.

    Dès le printemps 2013, l’ensemble des organisations de renseignement américaines informèrent Washington qu’un coup d’État était en préparation, « mais personne au Pentagone, au département d’État, à la Maison Blanche ne dit à Sissi de s’arrêter ni n’expliqua à Morsi que Sissi s’était retourné contre lui »(étonnamment, presque jusqu’au bout Morsi fit confiance à son ministre de la défense).

    ISRAËL AVEC LES PUTSCHISTES
    Le 3 juillet 2013, l’armée égyptienne franchissait le Rubicon et Morsi était mis sous les verrous. Le lendemain, Obama convoquait une réunion du Conseil national de sécurité. À la surprise de ses conseillers, le président refusa de qualifier les événements de « coup d’État », ce qui aurait entraîné ipso facto la suspension de l’aide militaire américaine. John Kerry, secrétaire d’État depuis décembre 2012, abonda dans son sens. Il expliquera plus tard à l’auteur que « Sissi s’était incliné devant la volonté populaire et agissait pour sauver l’Égypte. Les généraux affirmaient qu’ils avaient destitué Morsi pour éviter une implosion et établir la primauté du droit, et non dans le but de gouverner. Ils prétendaient qu’ils allaient adopter une feuille de route permettant le recours aux élections ».

    Israël joua un rôle non négligeable dans ces choix, comme l’explique Hagel à Kirkpatrick : « (Les Israéliens) me disaient, c’est notre sécurité et [Sissi] garantit la meilleure relation que nous ayons jamais eue avec les Égyptiens. Et ils intervenaient auprès du Congrès ». Le sénateur Rand Paul, républicain du Kentucky, avait présenté un projet de loi visant à mettre fin à l’aide militaire à l’Égypte en raison du coup d’État. L’American Israel Public Affairs Committee — plus connu sous l’acronyme AIPAC — écrivit à tous les sénateurs en faisant valoir que toute réduction de l’aide « pourrait accroître l’instabilité en Égypte, miner d’importants intérêts américains et avoir un impact négatif sur notre allié israélien ». Le Sénat vota par 86 voix contre 13 la poursuite de l’aide.

    Cet appui d’Israël et du lobby pro-israélien au régime égyptien confirmait la fragilité et la dépendance du président Siss, malgré ses rodomontades ultra nationalistes, et diminuait le poids que pouvait avoir l’Égypte pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien. Comme le rapporte l’auteur, « le 21 février 2016, le secrétaire d’État Kerry a convoqué un sommet secret à Aqaba, en Jordanie, avec Sissi, le roi Abdallah de Jordanie et le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou. Une partie de l’ordre du jour était un accord régional pour que l’Égypte garantisse la sécurité d’Israël dans le cadre de la création d’un État palestinien. Nétanyahou tourna la proposition en ridicule. Qu’est-ce que Sissi pouvait offrir à Israël ? s’interrogea-t-il, selon deux Américains impliqués dans les pourparlers. Sissi dépendait d’Israël pour contrôler son propre territoire, pour sa propre survie. Sissi avait besoin de Nétanyahou ; Nétanyahou n’avait pas besoin de Sissi. » Nétanyahou savait que, loin d’apporter une solution au « terrorisme », le coup d’État du 3 juillet 2013 avait marqué le début d’une insurrection dans le Sinaï, sous la direction d’un groupe qui rallia en 2015 l’organisation de l’État islamique (OEI) ; l’armée égyptienne était incapable de la juguler et Israël dut intervenir plusieurs fois militairement pour aider les militaires égyptiens. On était loin des rodomontades ultranationalistes du Caire.

    Il fallut le massacre de près d’un millier de civils à Rabaa au mois d’août 2013 pour que les États-Unis réagissent. D’abord en reportant les manœuvres militaires conjointes américano-égyptiennes, ensuite, au mois d’octobre, en suspendant l’aide militaire de 1,3 milliard de dollars (1,58 milliards d’euros). Mais il était trop tard, d’autant que de puissantes forces se faisaient entendre à Washington contre ces orientations : le Pentagone ne désignait plus les conseillers du président que comme « les djihadistes de la Maison Blanche » ou « le caucus des Frères musulmans ». Rapidement, Obama rétablit l’aide militaire. Washington tirait un trait sur la démocratie en Égypte.

    Du livre se dégage le portrait finalement peu flatteur d’un président Obama velléitaire, incapable d’imposer ses choix à sa propre administration, et pour qui la démocratie n’est sûrement pas une composante majeure de la politique étrangère des États-Unis. Avec des conséquences graves. Comme l’explique Mohamad Soltan, un Égypto-Américain membre des Frères emprisonné par la junte avant d’être expulsé vers les États-Unis : « La seule chose qu’ont en commun tous ceux qui sont en prison — les gars de l’État islamique, les Frères musulmans, les libéraux, les gardes, les officiers — c’est qu’ils haïssent tous l’Amérique. » On se demande pourquoi…         

    ALAIN GRESH



  • Je suis très étonné par les nouveaux résultats de l’« audit » Lighthouse, disponible par exemple dans les outils développeur de Chrome. Ça me colle des scores pourris essentiellement pour une entrée spécifique :

    Has significant main thread work 13 160 ms

    Consider reducing the time spent parsing, compiling and executing JS. You may find delivering smaller JS payloads helps with this.

    Exemple :
    https://orientxxi.info/outils/la-lettre-d-information/archives/la-lettre,2766

    Ça me donne ceci (13 secondes ?) :

    Or c’est le format de la newsletter, c’est tout de même une page particulièrement simple. Et… qui ne contient pas une ligne de Javascript.

    D’après la fiche de Lighthouse, ça simule le test sur un Nexus 5X. Une appareil de 2015, qui est encore vendu (si je ne me trompe pas de modèle) encore vachement cher (plusieurs centaines d’euros). C’est loin d’être un modèle bas de gamme même de nos jours.

    La même page s’affiche très bien (et plutôt rapidement) sur mon antédiluvien iPad première génération (2010… RAM notoirement insuffisante). La page s’affiche instantanément sur une petite tablette Nexus 7 de 2013. Et elle s’affiche également instantanément sur la tablette ultra-pourrie Logicom achetée 80 euros au supermarché (histoire justement de tester sur une toute petite config).

    Du coup, je ne pige pas ce que sont ces chiffres qui annoncent des 13 secondes de calculs sur du Javascript qui n’existe pas, des 10 secondes avant que la page soit interactive…


  • Ces divisions qui menacent l’avenir de la Palestine
    Nada Yafi > 8 novembre 2018
    https://orientxxi.info/magazine/ces-divisions-qui-menacent-l-avenir-de-la-palestine,2718

    Entretien avec Omar Shaban · Un effondrement de Gaza retentirait sur toute la question palestinienne, voire sur Israël. Omar Shaban, directeur de l’ONG palestinienne Pal-Think for Strategic Studies et politologue basé à Gaza tire la sonnette d’alarme : le blocus israélien, les séquelles des guerres successives, la réduction du budget de l’UNRWA représentent un péril immédiat, mais il en est de même des divisions au sein du mouvement palestinien.(...)

    #Gaza


  • DOCU AUTOCENSURÉ D’AL-JAZEERA SUR LE LOBBY PRO-ISRAÉLIEN : CE QU’IL RÉVÈLE VRAIMENT

    Arrêt sur images

    Le Qatar a fait taire sa télé emblématique pour éviter une catastrophe diplomatique. Arrêt sur Images a visionné deux épisodes de "The Lobby - USA", le documentaire interdit. On vous raconte.
    Une enquête filmée en caméra cachée, qui met au jour le poids et les pratiques des groupes de pression pro-israéliens aux Etats-Unis… C’est l’angle d’attaque de "The Lobby – USA", documentaire en quatre volets produit par la chaîne qatarie Al-Jazeera, qui promettait des révélations en cascade sur la stratégie d’influence du gouvernement Nethanyaou outre-Atlantique.

    Sauf que voilà, au début de l’année, après des mois d’expectative, le bras armé télévisé du Qatar a finalement décidé de remiser son film au placard. La raison ? En plein conflit larvé avec l’Arabie Saoudite, le petit émirat aurait préféré la jouer tactique. Soucieux de ne pas s’aliéner les puissants groupes de pressions israéliens, le Qatar a préféré geler la diffusion du reportage. Selon le site spécialisé sur le monde arabe, Orient XXI, Doha aurait accepté de déprogrammer le film "suite à un accord entre le gouvernement du Qatar et une partie du lobby pro-israélien qui a, en échange, accepté d’adopter une attitude neutre dans le conflit entre l’Arabie saoudite et le petit Emirat." Quelle histoire !

    "The Lobby - USA", une enquête sacrifiée sur l’autel des intérêts géostratégiques du Qatar… clap de fin pour un documentaire mort-né ? Non, car dès septembre, le Monde Diplomatique, sous la plume d’Alain Gresh, également directeur de publication du site Orient XXI, s’est procuré le film interdit, et en a divulgué les grandes lignes.

    Et voici que ce 2 novembre, Orient XXI, en partenariat avec le site pro-palestinien The Electronic Intifada (Etats-Unis) et le journal libanais Al-Akhbar ont rendu le documentaire public. Les deux premiers épisodes (sur quatre) ont pour l’instant été sous-titrés en français et mis en ligne par Orient XXI qui estime qu’"il y va du droit à l’information." Alors à quoi ressemble "The Lobby - USA" ? Que révèlent les premiers volets de l’enquête maintenue sous cloche par le Qatar ?

    INFILTRÉ

    "The Lobby - USA" se présente comme la suite d’un précédent documentaire de la chaîne déjà consacré aux lobbys pro-israéliens au Royaume-Uni. Diffusé début 2017, ce premier opus avait, comme nous vous le racontions à l’époque, déclenché un début de crise diplomatique entre Israël et la Grande-Bretagne. En cause : une séquence en caméra cachée dans laquelle un diplomate israélien conspirait avec un haut fonctionnaire pour faire « tomber » un ministre britannique aux positions jugées trop pro-palestiniennes. Cette fois, avec "The Lobby - USA", Al Jazeera reprend les mêmes ficelles pour mettre au jour le poids des groupes de pression pro-israéliens aux Etats-Unis.

    Pour les besoins de l’enquête, la chaîne a réussi à intégrer l’un de ses reporters dans les rangs des organisations pro-Israël aux Etat-Unis. James Anthony Leinfeld, dit "Tony", a infiltré durant cinq mois The Israël Projet (TIP) ou encore l’American Israël Public Affairs Comittee (AIPAC, le plus puissant lobby pro-israélien aux Etats-Unis). De cocktails en congrès, de conventions en stages de formation pour militants pro-israéliens, Tony a recueilli en caméra cachée les confidences de plusieurs membres et cadres de ces organisations qui poussent les intérêts israéliens sur le sol américain. "C’est une campagne psychologique impliquant espionnage et calomnies", commente la voix off dans les premières minutes du documentaire.
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    LE TEASER DU DOCUMENTAIRE

    "The Lobby – USA" - version sous-titrée - Orient XXI

    LE GOUVERNEMENT ISRAELIEN FINANCERAIT LE COMBAT ANTI-BDS AUX USA

    L’enquête d’Al-Jazeera montre l’obsession du pouvoir israélien pour le mouvement pro-palestinien BDS et ses partisans aux Etats-Unis. Lancée en 2005 par des ONG palestiniennes, la campagne BDS (pour Boycott, désinvestissement et sanctions) a gagné les facs américaines en appelant au boycott et à diverses pressions économiques à l’encontre d’Israël aussi longtemps que l’occupation des territoires palestiniens se poursuivra. Sous couverture, le reporter d’Al-Jazeera assiste à la conférence annuelle de l’Israeli American Council (IAC), dont le rôle est de mettre en relation les Juifs américains avec Israël. En caméra cachée, il a filmé l’événement : "Cette année, combattre BDS était le sujet central", explique la voix off.

    "The Lobby – USA"

    Mais comment remporter cette guerre d’influence contre un mouvement non violent ? "En utilisant notamment des outils cyber et Internet", expose lors de cet événement Sagi Balasha, membre de l’IAC, qui explique comment son organisation a mis en place "une unité civile de renseignement qui collecte, analyse, et agit contre les militants du mouvements BDS" aux Etats-Unis. L’enquête d’Al-Jazeera suggère que ce travail de surveillance des militants du BDS se fait avec le concours et le soutien opérationnel du gouvernement israélien. Filmée par Al Jazeera lors de ce congrès de lobbyiste, la ministre israélienne des affaires stratégiques invitée ce jour-là explique à la tribune de l’IAC que son ministère est partenaire de cette opération de renseignement. Elle explique : "Nous sommes un gouvernement qui travaille sur un territoire étranger et nous devons être très, très prudents." Une ministre d’un gouvernement étranger explique coordonner une campagne de surveillance sur le sol américain pour "cartographier" et "collecter du renseignement" sur les partisans du BDS. Une révélation d’importance.

    JULIA, L’ÉTUDIANTE-ESPIONNE QUI VEUT "CONTRÔLER LE RÉCIT"

    Sous couverture, Tony, le reporter d’Al-Jazeera, réussit à approcher une jeune Américaine qui lui en dit plus sur la façon dont le gouvernement israélien travaille avec ses relais diplomatiques aux Etats-Unis.
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    "IL S’AGIT PRINCIPALEMENT DE COLLECTE DE RENSEIGNEMENTS"

    Il s’agit de Julia Reifkind, alors employée à l’ambassade d’Israël à Washington, et membre de l’organisation pro-israélienne AIPAC. Filmée en caméra cachée dans un café de Washington, elle explique : "Personne ne sait ce qu’on fait. C’est essentiellement beaucoup de recherches, en surveillant les activités de BDS. Il s’agit principalement de collecte de renseignements que nous transmettons à Israël. C’est une grosse partie de mon travail. Renvoyer cela au ministère des affaires étrangères, et au ministère des affaires stratégiques."

    Al Jazeera nous explique qu’elle a dirigé un groupe pro-israélien affilié à l’AIPAC pendant qu’elle était à l’université de Davis, en Californie. Le documentaire ne dit pas si la jeune femme était déjà alors en poste à l’ambassade et si elle avait une double casquette d’agent diplomatique et de responsable étudiant. En revanche, le reportage s’attarde sur les facs américaines, et particulièrement sur celle de Davis en Californie, où des groupes de pression pro-israéliens tentent de discréditer le mouvement BDS et ses leaders étudiants.

    Face caméra, Julia Reifkind raconte comment, membre actif de l’AIPAC et leader étudiante pro-israélienne, elle a orchestré une campagne de dénigrement du BDS . Durant un débat, les étudiants pro-israéliens sont partis en signe de protestation, et ont mis en ligne des vidéos pour rendre publique leur protestation.
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    Le tout orchestré par l’AIPAC et Reifkind. "Notre volonté était de contrôler le récit", explique la jeune femme. Un activisme qui se double d’une stratégie de communication bien rôdée sur les réseaux sociaux. Reifkind raconte comment son groupe de pression a publié le jour-même des dizaines de tribunes, et inondé la presse de communiqués dénonçant le BDS, comme un "mouvement enraciné dans le mensonge et la haine". Elle raconte : "Quand les gens ouvraient leur Facebook, il ne voyaient pas les étudiants célébrant leur victoire mais il partageaient notre point de vue."

    L’AVOCAT QUI RACONTE LE FINANCEMENT DES CAMPAGNES ÉLECTORALES AMÉRICAINES

    DE L’ART DE BIEN ORIENTER UNE CAMPAGNE ÉLECTORALE

    Nouveau témoin filmé et enregistré à son insu, un "important avocat pro-israélien", David Ochs, compte inviter l’infiltré à une collecte de fonds. Dans un entretien téléphonique, il lui détaille le principe de ces collectes, pour lesquelles les donateurs pro-israéliens se réunissent au sein du "plus grand groupe de politique ad hoc, certainement le plus riche de Washington" D’après lui, le groupe soutient entre autre "Mark Lirk, sénateur de l’Illinois, Ted Deutch, de Floride, Barbara Comstock, députée de Virginie, Richard Burr de Caroline du Nord Kelly Ayotte [...] du comité des armements."
    David Ochs

    "TONY" A OBTENU LES CONFIDENCES DE DAVID OCHS

    Au téléphone, Ochs explique le déroulement des rencontres à Tony, sans que ce soit toujours très clair. Sauf ceci : "La seule manière de mettre la pression sur [les membres du congrès], c’est avec de l’argent". Pour cibler les candidats qu’ils feront bénéficier de leurs largesses, les membres du groupe de donateurs, qui semble piloté par l’AIPAC, “choisissent les candidats qui sont dans une course serrée”. On comprend qu’ils seront d’autant plus sensibles au “coup de pouce” de lobbys, et donc plus sensible à leur cause. Les donateurs viennent nombreux. Un militant anti-lobbys explique pourquoi à Al-Jazeera. "La limite de la contribution d’une personne à un candidat est de 2700 dollars."

    Donc, pour pouvoir amener beaucoup d’argent à un candidat sans enfreindre la loi, les particuliers se regroupent. "Ceci permet d’acheter le législateur", poursuit le militant. L’enjeu est aussi celui de la discrétion. En donnant en tant que particulier, et non en tant que groupe, “tout ce que nous verrons, sur les rapports financiers de campagne, ce sont les noms des particuliers qui ont contribué. Mais il n’y aura aucune trace, dans ces rapports, sur le fait qu’ils ont travaillé ensemble en tant que groupe”, conclut Holman. Quels sont les sujets sur lesquels les donateurs pilotés par l’Aipac souhaitent faire pression ? David Ochs répond crûment. “A New York (...) nous ne demandions rien sur ces putain de Palestiniens. Tu sais pourquoi ? Parce que c’est un petit problème, tout simplement. L’enjeu important, c’est l’Iran, nous voulons que tout soit concentré sur l’Iran.”

    INSINUATIONS AU PROGRAMME

    Ces pratiques semblent jouer avec la loi sans l’outrepasser vraiment. Mais l’avocat David Ochs sous-entend aussi que certains gros bienfaiteurs de la cause israélienne, pour dépasser la limite des 2700 dollars, transfèrent de l’argent à de plus petits donateurs pour qu’ils fassent des dons "à leur place". Une pratique "illégale" selon Holman, mais dont le documentaire peine à établir clairement la réalité, du moins dans les deux premiers épisodes.

    En septembre dans le Monde Diplo, le directeur d’Orient XXI, Alain Gresh, expliquait avoir eu accès au film "grâce à un ami résidant dans les pays du Golfe". Il ajoutait : "Cet enfouissement d’un travail qui a duré plus d’une année a suscité des remous au sein de la chaîne. Certains ont souhaité que ces révélations ne sombrent pas dans les sables mouvants des compromis géopolitiques." Des remous au sein de la chaîne ? C’est peu dire. En mars 2018, le chef de la cellule investigation d’Al-Jazeera, Clayton Swisher, avait pris la parole pour expliquer qu’il regrettait cette déprogrammation. Quelques jours plus tard, en signe de défiance, il prenait un congé sabbatique. A-t-il fait fuiter le documentaire ? Mystère. Dans tous les cas, Orient XXI annonce que les deux derniers des quatre épisodes de l’enquête seront sous-titrés en français et mis en ligne "dans les semaines à venir".

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  • La #jeunesse oubliée du #Sahara_occidental
    https://orientxxi.info/magazine/la-jeunesse-oubliee-du-sahara-occidental,2729

    « Notre gouvernement écoute plus la communauté internationale que notre propre peuple. On se sent abandonnés », lance un jeune dans la rue. « Nous voulons une solution politique, pas seulement du pain et de l’eau », ajoute-t-il.

    À chaque congrès du #Front_Polisario, les jeunes réclament haut et fort la reprise des armes. « Ils refusent tout ! Même dans leur humeur ils sont agressifs », s’exclame Abda Ckej, membre du secrétariat national du Front Polisario. Le vieil homme se sent dépassé. « Les personnes qui ont fondé le Front Polisario sont maintenant une minorité. La majorité est composée de jeunes qui n’ont pas connu la guerre et qui ne connaissent pas la réalité », explique-t-il. « Ils nous mettent une grande pression. Ils nous demandent des armes, une formation militaire. On essaie de leur dire non et de les calmer, mais combien de temps tiendrons-nous encore ? Les procédés de paix ne donnent rien », ajoute Abda Ckej.

    « On accepte de mourir pour notre cause », affirme Mohamed, le jeune chargé des forces spéciales de la gendarmerie. S’il meurt en combattant pour l’indépendance du Sahara occidental, il sera honoré et considéré comme un martyr. « De toute façon, les gens comme nous, avec aucune ressource, ils sont déjà morts », ajoute-t-il.

    Rejoindre les forces de l’ordre, c’est aussi une manière de tromper l’ennui ou de répondre à des besoins économiques. Dans les camps, l’armée est l’un des seuls secteurs qui recrute.

    S’EXPATRIER POUR EXISTER
    De nombreux #Sahraouis font leurs études à l’étranger. Si leurs résultats sont satisfaisants, ils peuvent facilement obtenir des bourses pour étudier à Cuba, en Espagne ou en Algérie. Mais une fois de retour dans les camps, il leur est très difficile de trouver un emploi payé qui réponde à leurs qualifications.

    Salama, un ami de Saleh, fait partie des nombreux jeunes qui ont décidé de s’expatrier. Il passe ses vacances dans les camps de réfugiés pour rendre visite à sa mère. Pendant que la famille s’active pour honorer les règles de l’hospitalité sahraouie, le jeune homme se confie : « Je reçois des critiques parce que je pars à l’étranger. Il y a des gens qui pensent qu’il faut rester ici et faire pression », explique-t-il. Salama se sert de quelques dattes et d’un verre de lait de chamelle avant de préciser : « Mais la majorité d’entre nous pense qu’il vaut mieux partir parce que l’aide humanitaire ne suffit pas. C’est grâce aux gens qui partent en Espagne qu’on a de quoi vivre. Ils permettent à leur famille d’avoir des choses très essentielles ».



  • Un documentaire interdit sur le lobby pro-israélien aux États-Unis

    https://orientxxi.info/magazine/un-documentaire-interdit-sur-le-lobby-pro-israelien-aux-etats-unis,2715

    Au mois de septembre Alain Gresh écrit un article à propos d’une enquête réalisée par la chaîne #Al-Jazira, propriété du Qatar, sur l’action du lobby pro-israélien aux États-Unis.

    Orient XXI en a publié les versions arabe et anglaise. Ce documentaire, réalisé notamment grâce à un journaliste infiltré, devait être diffusé au début de l’année 2018. Il ne l’a finalement pas été, suite à un accord entre le gouvernement du Qatar et une partie du lobby pro-israélien qui a, en échange, accepté d’adopter une attitude neutre dans le conflit entre l’Arabie saoudite et le petit émirat. Ayant eu accès au documentaire, Orient XXI en avaient divulgué les éléments essentiels.

    Orient XXI a décidé, avec Electronic Intifada aux États-Unis et Al-Akhbar au Liban, de rendre public ce documentaire. Il y va du droit à l’information. Car cette enquête, après celle réalisée par la même chaîne sur le lobby au Royaume-Uni, pose des questions de fond : dans une démocratie, a-t-on le droit d’espionner les citoyens sur la base de leurs convictions ? Est-il normal que le gouvernement israélien participe et orchestre ces campagnes sur le sol de pays dits « alliés » ?

    #israël #états-unis #qatar #arabie_saoudite


  • Un documentaire interdit sur le lobby pro-israélien aux États-Unis

    https://orientxxi.info/magazine/un-documentaire-interdit-sur-le-lobby-pro-israelien-aux-etats-unis,2715

    Le Monde diplomatique a publié au mois de septembre un article à propos d’une enquête réalisée par la chaîne Al-Jazira, propriété du Qatar, sur l’action du lobby pro-israélien aux États-Unis. Orient XXI en a publié les versions arabe et anglaise. Ce documentaire, réalisé notamment grâce à un journaliste infiltré, devait être diffusé au début de l’année 2018. Il ne l’a finalement pas été, suite à un accord entre le gouvernement du Qatar et une partie du lobby pro-israélien qui a, en échange, accepté d’adopter une attitude neutre dans le conflit entre l’Arabie saoudite et le petit émirat. Ayant eu accès au documentaire, Le Monde diplomatique et Orient XXI en avaient divulgué les éléments essentiels.

    Orient XXI a décidé, avec Electronic Intifada aux États-Unis et Al-Akhbar au Liban, de rendre public ce documentaire. Il y va du droit à l’information. Car cette enquête, après celle réalisée par la même chaîne sur le lobby au Royaume-Uni, pose des questions de fond : dans une démocratie, a-t-on le droit d’espionner les citoyens sur la base de leurs convictions ? Est-il normal que le gouvernement israélien participe et orchestre ces campagnes sur le sol de pays dits « alliés » ?

    Ce vendredi 2 novembre, les deux premiers épisodes du documentaire (sur les quatre) sont accessibles avec des sous-titres français. Les prochains épisodes suivront dans les semaines à venir.


  • Un si mystérieux ministère israélien des affaires stratégiques
    Eyal Hareuveni > 29 octobre 2018 > Traduit de l’anglais par Pierre Prier.
    https://orientxxi.info/magazine/un-si-mysterieux-ministere-israelien-des-affaires-strategiques,2707

    Inquiet de la montée du mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS) de solidarité avec les Palestiniens, le gouvernement israélien tente d’organiser la riposte, n’hésitant pas à espionner des citoyens dans des pays étrangers, comme aux États-Unis. Il a créé un discret ministère des affaires stratégiques à cette fin, dont le bilan est pour le moins mitigé.

    C’est le plus discret des ministères israéliens. On ne peut trouver aucune information sur le ministère des affaires stratégiques sur le portail en ligne du gouvernement israélien ni dans le budget annuel du ministère des finances pour cette année ou pour l’année 2019. Le ministère n’a pas de site web dédié, contrairement à toutes les autres agences gouvernementales israéliennes — dont le Mossad, le Shin Bet (les services de sécurité extérieure et intérieure) et l’Agence atomique d’Israël. Ni les numéros de téléphone ni l’adresse du ministère ne figurent dans l’annuaire téléphonique d’Israël : il prétend que la loi israélienne sur la liberté d’informer ne s’applique ni à son action ni ses dépenses. Et sa directrice, Sima Vaknin-Gil, ancienne cheffe de la censure militaire refuse de fournir la moindre information significative sur son institution à la Commission de la transparence du Parlement. (...)


  • Nouvelles révélations sur les massacres de Sabra et Chatila
    26 octobre 2018
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/nouvelles-revelations-sur-les-massacres-de-sabra-et-chatila,2688

    Dans un livre sur la diplomatie américaine au Proche-Orient, le chercheur Seth Anziska revient sur les massacres de Sabra et Chatila (1982). Il apporte des éléments nouveaux sur l’implication du gouvernement israélien. Analyse de l’ouvrage et entretien avec l’auteur par Sylvain Cypel.
    (...)
    Orient XXI. — Sur la période que vous étudiez, il ressort de votre livre qu’empêcher la création d’un État palestinien a été l’objectif prioritaire constant des gouvernements israéliens, quels qu’ils soient.

    Seth Anzizka.— Absolument. Jusqu’aux années 1970, l’idée de souveraineté ou d’autodétermination palestinienne est totalement absente de la réflexion politique israélienne. Cela change lorsque le président américain Jimmy Carter parle d’une « patrie » (homeland) pour les Palestiniens. L’accord de Camp David entre l’Égypte et Israël en 1977 évoque une future « autonomie », pas un État. Mais à partir de là, les Israéliens font tout pour contrer la possibilité d’une autodétermination palestinienne. Même Yitzhak Rabin, contrairement à l’image bâtie après sa mort, était farouchement opposé à la création d’un État palestinien, y compris après Oslo. Son dernier discours à la Knesset est très clair : il ne veut pas d’un véritable État palestinien. Shimon Pérès y était encore plus hostile. Dans leur esprit, il ne pouvait s’agir que d’une vague autonomie sous contrôle israélien. Il en va de même aujourd’hui avec Benyamin Nétanyahou.


  • Quand la fécondité repart à la hausse

    https://orientxxi.info/magazine/quand-la-fecondite-repart-a-la-hausse,1889

    Quand la fécondité repart à la hausse

    De l’#Égypte à la Jordanie · La transition démographique dans la plupart des pays arabes semblait acquise. Le nombre d’enfants par femme diminuait régulièrement. Or voici qu’il repart à la hausse, un phénomène rare quelles que soient les sociétés. Les raisons sont multiples, complexes et bouleversent les idées reçues.

    Françoise de Bel-Air > 6 juin 2017

    #démographie #égypte


  • Affaire Jamal #Khashoggi : trois questions à Stéphane Lacroix

    https://orientxxi.info/magazine/affaire-jamal-khashoggi-trois-questions-a-stephane-lacroix,2696

    C’est très intéressant mais chez @orientxxi cc @alaingresh vous devriez peut-être demander quelques conseils éclairés à un éclairagiste :)

    Affaire Jamal Khashoggi : trois questions à Stéphane Lacroix

    #arabie_saoudite


  • Ces intellectuels qui critiquent tous les pouvoirs autoritaires… sauf le marocain | Omar Brousky
    https://orientxxi.info/magazine/contre-toutes-les-tyrannies-sauf-la-marocaine,2685

    Leïla Slimani, Tahar Ben Jelloun, Rachid Benzine · À la Une du Nouveau Magazine littéraire de mai 2018 affichée sur les kiosques parisiens, on pouvait lire : « Libres. Leïla Slimani-Esli Erdoğan : contre toutes les tyrannies. » Toutes les tyrannies ? Pas sûr. Qu’ils s’appellent Tahar Ben Jelloun, Rachid Benzine ou Leïla Slimani, pour ces intellectuels franco-marocains, l’aspiration à la démocratie s’arrête, brusquement, aux portes du palais royal. Source : Orient XXI



  • Official documents prove: Israel bans young Americans based on Canary Mission website - Israel News - Haaretz.com

    Some Americans detained upon arrival in Israel reported being questioned about their political activity based on ’profiles’ on the controversial website Canary Mission. Documents obtained by Haaretz now clearly show that is indeed a source of information for decisions to bar entry

    Noa Landau SendSend me email alerts
    Oct 04, 2018

    https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-official-documents-prove-israel-bans-young-americans-based-on-cana

    The Strategic Affairs and Public Diplomacy Ministry is using simple Google searches, mainly the controversial American right-wing website Canary Mission, to bar political activists from entering Israel, according to documents obtained by Haaretz.
    >>Israeli court rejects American visa-holding student’s appeal; to be deported for backing BDS
    The internal documents, some of which were submitted to the appeals tribunal in the appeal against the deportation of American student Lara Alqasem, show that officials briefly interviewed Alqasem, 22, at Ben-Gurion International Airport on her arrival Tuesday night, then passed her name on for “continued handling” by the ministry because of “suspicion of boycott activity.” Israel recently passed a law banning the entry of foreign nationals who engage in such activity.

    >> Are you next? Know your rights if detained at Israel’s border

    Links to Canary Mission and Facebook posts are seen on an official Ministry of Strategic Affairs document.
    The ministry then sent the officials at the airport an official report classified “sensitive” about Alqasem’s supposed political activities, which included information from five links – four from Facebook and one, the main source, from the Canary Mission site, which follows pro-Palestinian activists on U.S. campuses.
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    A decision on Alqasem’s appeal against her deportation was expected Thursday afternoon.
    Canary Mission, now the subject of major controversy in the American Jewish community, has been collecting information since 2015 about BDS activists at universities, and sends the information to potential employers. Pro-Israel students have also criticized their activities.

    Lara Alqasem.
    This week, the American Jewish news site The Forward reported that at least $100,000 of Canary Mission’s budget had been contributed through the San Francisco Jewish Federation and the Helen Diller Family Foundation, which donates to Jewish education. The donation was handed to a group registered in Beit Shemesh called Megamot Shalom, specifically stating that it was for Canary Mission. A few hours after the report was published, the federation announced that it would no longer fund the group.
    Over the past few months some of the Americans who have been detained for questioning upon arrival in Israel have reported that they were questioned about their political activity based on “profiles” about them published on Canary Mission. The documents obtained by Haaretz now show clearly that the site is indeed the No. 1 source of information for the decision to bar entry to Alqasem.
    According to the links that were the basis for the decision to suspend the student visa that Alqasem had been granted by the Israeli Consulate in Miami, she was president of the Florida chapter of a group called Students for Justice in Palestine, information quoted directly from the Canary Mission. The national arm of that organization, National Students for Justice in Palestine, is indeed on the list of 20 groups that the Strategic Affairs Ministry compiled as criteria to invoke the anti-boycott law. However, Alqasem was not a member at the national level, but rather a local activist. She told the appeals tribunal that the local chapter had only a few members.

    Canary Mission’s profile of Lara Alqasem.
    The ministry also cited as a reason for barring Alqasem’s entry to Israel a Facebook post showing that “In April 2016 [her] chapter conducted an ongoing campaign calling for the boycott of Sabra hummus, the American version of Hummus Tzabar, because Strauss, which owns Tzabar, funds the Golani Brigade.” Alqasem told the tribunal that she had not taken an active part in this campaign. Another link was about a writers’ petition calling on a cultural center to refuse sponsorship by Israel for its activities. Yet another post, by the local Students for Justice in Palestine, praised the fact that an international security company had stopped operations in Israel. None of these links quoted Alqasem.
    She told the tribunal that she is not currently a member of any pro-boycott group and would not come to study for her M.A. in Israel if she were.
    The Strategic Affairs Ministry report on Alqasem is so meager that its writers mentioned it themselves: “It should be noted that in this case we rely on a relatively small number of sources found on the Internet.” Over the past few months Haaretz has been following up reports of this nature that have been the basis for denying entry to activists, and found that in many other cases the material consisted of superficial Google searches and that the ministry, by admission of its own senior officials, does not collect information from non-public sources.
    skip - Facebook post calling for the boycott of Sabra hummus

    The ministry’s criteria for invoking the anti-boycott law state clearly that in order to bar entry to political activists, they must “hold senior or significant positions in the organizations,” including “official senior roles in prominent groups (such as board members).”
    But the report on Alqasem does not indicate that she met the criterion of “senior” official in the national movement, nor was this the case for other young people questioned recently at the airport. In some cases it was the Shin Bet security service that questioned people due to past participation in activities such as demonstrations in the territories, and not BDS activities.
    “Key activists,” according to the ministry’s criteria, also means people who “consistently take part in promoting BDS in the framework of prominent delegitimization groups or independently, and not, for example, an activist who comes as part of a delegation.” In Alqasem’s case, however, her visa was issued after she was accepted for study at Hebrew University.


  • Regards d’un enfant sur l’Irak sous embargo

    https://orientxxi.info/magazine/parfum-d-irak-de-feurat-alani,2661

    C’est très beau.

    Regards d’un enfant sur l’Irak sous embargo

    « Le Parfum d’Irak » de Feurat Alani · C’est un genre particulier de journalisme qu’a adopté Feurat Alani. Il a utilisé Twitter pour conter l’histoire de son pays, l’Irak, agrémentée de nombreux dessins. Dans le passage extrait du Parfum d’Irak qui paraît ce 3 octobre, il a 12 ans et, après un séjour en France, il rentre au pays. Il découvre l’Irak sous embargo, après la défaite de Saddam Hussein face à la coalition internationale qui le force à évacuer le Koweït en 1991.
    Feurat Alani > 3 octobre 2018


  • Les yeux doux de Benyamin Nétanyahou à l’extrême droite européenne
    https://orientxxi.info/magazine/les-liaisons-dangereuses-de-benyamin-netanyahou,2651

    « Qu’importe qu’ils soient antisémites pourvu qu’ils soient sionistes » : tel pourrait être le fil rouge de la « drague » ostensible, voire ostentatoire, à laquelle se livre le premier ministre israélien dans les milieux populistes et néofascistes européens. Mais on aurait tort de réduire ces manœuvres à l’expression d’une simple realpolitik. Car elles relèvent aussi de sa génétique personnelle et politique. Personnelle, car son père, Benzion Nétanyahou, a toujours milité aux côtés du leader révisionniste Zeev Jabotinsky dont il fut même, un temps, l’assistant. Politique, car les ancêtres du Likoud, l’Irgoun, le Betar et le Lehi fricotèrent avec le fascisme et le nazisme.

    À force de rabâcher que le mufti de Jérusalem, Amin Al-Husseini, a rejoint (seul) Berlin et créé deux légions SS (bosniaques), on finirait par oublier que le Lehi, en tant que tel, proposa en 1941 une alliance au IIIe Reich. Et que le Betar, puis l’Irgoun, dès les années 1920, bénéficièrent du soutien politique et matériel de Benito Mussolini, qui appréciait Jabotinsky : « Pour que le sionisme réussisse, estimait le Duce, il vous faut un État juif, avec un drapeau juif et une langue juive. La personne qui comprend vraiment cela, c’est votre fasciste, Jabotinsky »


  • Lancement aujourd’hui de la nouvelle maquette d’Orient XXI (@orientxxi, #shameless_autopromo donc) :
    https://orientxxi.info

    Évidemment c’est du pur #SPIP, et un aspect était d’assurer la continuité sans douleur avec les 2000 articles déjà publiés sur ce magazine. Boulot graphique affiné avec @diala. Travail sur la structure éditoriale avec Michel Raffoul.

    Notre premier axe a été de travailler la lisibilité des pages d’articles. Les articles d’Orient XXI étant longs, c’est l’aspect primordial de la maquette. J’ai choisi la police Lora, que je trouve très lisible à l’écran, avec une certaine légèreté dans le gris typographique :
    https://fonts.google.com/specimen/Lora
    Avec un critère important : une italique joliment dessinée, clairement différenciée, et très lisible.

    Pour faire le contraste, les éléments de navigation du site utilisent la police Raleway de The League of Movable Type :
    https://www.theleagueofmoveabletype.com/raleway
    utilisée en capitales, et en jouant sur une opposition marquée entre une version très grasse (black) et une version plutôt maigre (regular).

    Pour la maquette du texte, le choix désormais classique d’une colonne unique, au maximum 700 pixels de large, et un corps de texte courant assez massif (environ 21px sur grand écran). L’idée étant, encore une fois, de privilégier le confort de lecture de textes longs. (Références : Medium.com, le mode « Lecteur » de Safari, et lecture Zen du Monde.)

    Parmi les petites astuces dans les articles :
    – les notes de bas de page s’affichent en colonne de droite quand on clique sur le numéro d’appel de note,
    – un calcul un peu rigolo pour insérer à l’intérieur du corps du texte un bandeau d’inscription à la newsletter,
    – les liens hypertexte vers l’extérieur ont un graphisme plus nettement différencié des liens internes,
    – la maquette des intitulés des images, en dehors de la colonne de texte (parfois à côté de l’image, parfois sous l’image quand elle-même dépasse de la colonne de texte).

    Autre aspect important sur les pages d’article : l’entrée de page est travaillée pour introduire rapidement la lecture : titre, chapeau, chemin de fer, boutons de partage, tout ça massif mais « above the fold ».

    L’idée est de donner une impression de magazine, et non de quotidien. Ce qui donne des choix graphiques et tygraphiques forcément différents.

    Pour le bandeau de navigation de haut de page :
    – refonte du logo (l’emblème rond n’est pas de moi),
    – petit jeu du menu qui se « décroche » en version plus compacte, et qui redevient visible quand on scroll vers le haut (désormais classique, mais efficace je trouve),
    – menu de navigation dont deux éléments ont un sous-menu. Ce menu passe dans le hamburger sur petit écran et sur système qui ne gère pas le survol).

    Au niveau de la structuration du site, très gros changement : la structure par rubriques est remplacée par une structure thématique et par pays. Cela repose certes sur les mots-clés de SPIP, mais les « thèmes » et les « continents » ne sont ni des mots-clés SPIP ni des groupes de mots-clés :
    https://orientxxi.info/outils/selections/les-pays/pays-du-levant,2316
    Ce qui permet à la fois des thémes qui se croisent, et une sorte de fil d’ariane sur les mots-clés un peu plus profond qu’avec l’outil classique de SPIP (par exemple : Pays > Pays du Golfe > Bahreïn) tout en réutilisant la thématisation manuelle des 2000 articles déjà publiés :
    https://orientxxi.info/fr/bahrein

    La page d’accueil essaie de mettre en avant plus de contenu, avec des calculs un peu sympas pour savoir quels grands thèmes mettre en avant en fonction de l’actualité des publications.

    Systématisation de l’utilisation de mon plugin « Centre d’intérêt d’images » :
    https://www.paris-beyrouth.org/Plugin-centre_image
    qui permet d’indiquer directement dans l’espace privé le point « central » d’une image et de faire plein de recadrages différents sans couper n’importe comment.

    Toujours sur la page d’accueil, une sorte de « player vidéo » qui présente toutes les vidéos directement là, sans changer de page. Assez rigolo à faire.

    Travail sur les pages d’auteurs, avec autant que possible utilisation de photos des auteurs :
    https://orientxxi.info/fr/auteur/alain-gresh

    La récupération du flux Seenthis d’@OrientXXI est toujours là :
    https://orientxxi.info/au-fil-du-web
    qui permet de publier un suivi d’actualité de manière vraiment simple.

    On conserve également mon outil qui permet d’animer simplement des illustrations :
    https://orientxxi.info/va-comprendre/pourquoi-les-etats-unis-cessent-ils-de-financer-l-agence-des-nations-uni

    Converser également cette possibilité, largement utilisée sur les articles historiques du site, d’installer de grandes images en haut de page, avec un jeu de dégradé, ce qui donne un aspect très « magazine » :
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/le-canal-de-suez-un-enjeu-toujours-actuel,2557


  • Il y aurait tout un dossier à faire sur Canada Park / Parc Canada, construit sur le site chrétien historique d’Emmaus (devenu Imwas), dans les territoires occupés depuis 1967, et dénoncé par l’organisation #Zochrot :
    https://en.wikipedia.org/wiki/Canada_Park

    75% of visitors to Canada Park believe it’s located inside the Green Line
    Eitan Bronstein Aparicio, Zochrot, mai 2014
    https://www.zochrot.org/en/article/56204

    Dont le #FNJ (#JNF #KKL) efface la mémoire palestinienne :

    The Palestinian Past of Canada Park is Forgotten in JNF Signs
    Yuval Yoaz, Zochrot, le 31 mai 2005
    https://zochrot.org/en/press/51031

    Canada Park and Israeli “memoricide”
    Jonathan Cook, The Electronic Intifada, le 10 mars 2009
    https://electronicintifada.net/content/canada-park-and-israeli-memoricide/8126

    Canada Plays A Part In Sustaining Israel’s Military Occupation
    Tyler Levitan, Huffington Post, le 6 juin 2017
    https://www.huffingtonpost.ca/tyler-levitan/candian-taxes-israel_b_16957458.html

    Israël-Palestine, des arbres qui cachent la colonisation
    Adèle Ribuot et Nadav Joffe, Orient XXI, le 19 septembre 2018
    https://orientxxi.info/magazine/israel-palestine-des-arbres-au-service-de-la-colonisation,2637

    A relier à la problématique plus générale des destructions de #forêts en Palestine :
    https://seenthis.net/messages/317236

    #Palestine #Canada #Canada_Park #Parc_Canada

    • Emwas : Restoring memories
      Documentaire de Dima Abu Ghoush (Palestine, 2016)
      https://seenthis.net/messages/738832

      Dima est née à Emwas, mais elle a été forcée d’en partir à l’âge de 2 ans, comme tous les autres villageois, le second jour de la guerre de 1967. Toute sa vie elle a entendu des histoires à propos d’Emwas, mais elle ne connaît ce lieu qu’en tant que parc public, car c’est ainsi qu’Israël a transformé le village, quelques années après l’avoir démoli. En 2009, Dima décide de reconstruire Emwas sous la forme d’une maquette, avec l’aide de sa famille et de ses amis. Le film réussit à redonner vie à la bourgade disparue à travers la mémoire de ceux qui y ont habité, et soulève des questions sur le futur d’Emwas, et de ses anciens habitants qui rêvent encore d’y retourner.

      #Emmaus #Emwas #Imwas