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  • #Maroc. À #Nador, les morts sont africains, l’argent européen

    Le 24 juin 2022, au moins 23 migrants sont morts à la frontière entre le Maroc et l’Espagne, et il y a eu plus d’une centaine de blessés des deux côtés. L’ONU et l’Union africaine exigent une enquête indépendante. La coopération migratoire entre le Maroc et l’#Espagne est de nouveau pointée du doigt. Reportage à Nador.

    Il est 14 h à Nador, nous sommes le samedi 25 juin 2022, le lendemain des tragiques incidents sur la frontière entre le Maroc et #Melilla, enclave sous occupation espagnole. Un silence de mort règne dans cette ville rifaine. Chez les officiels locaux, l’omerta règne. Les portes sont closes. « Revenez lundi », nous dit-on sur place. Aucune information ne filtre sur le nombre exact des morts, des blessés et des personnes refoulées vers d’autres villes marocaines. Un homme s’active pour informer le monde sur ce qui se passe ; il s’appelle Omar Naji.

    L’odeur de la mort

    Ce militant de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) à Nador alerte l’opinion publique et les autorités sur ce drame écrit d’avance depuis une décennie. « Les acteurs de ce drame sont les politiques européennes d’#externalisation des frontières, le Maroc qui agit en tant qu’exécutant et des organisations internationales faiblement impliquées pour protéger les migrants et les réfugiés », accuse-t-il, sans détour. Faute d’une enquête judiciaire, Omar Naji tente dès les premières heures de la tragédie de récolter quelques pièces à conviction.

    Nous rencontrons Omar à la sortie de la morgue de Nador où se trouvent les corps des migrants morts sur la frontière. Ce militant sent l’odeur de la mort. « Les scènes que je viens de voir sont insoutenables. Des corps jonchent le sol depuis 24 heures. Les dépouilles baignent dans leur sang. Les installations de la morgue sont débordées », lâche-t-il, encore sous le coup de l’émotion.

    Deuxième étape dans cette quête d’indices pour reconstituer le puzzle de drame du 24 juin. À la permanence, les policiers ont passé une nuit blanche à réaliser les procès-verbaux des 68 migrants qui allaient être présentés le lundi 27 juin au parquet. La police a rassemblé les bâtons et les quelques objets tranchants utilisés par les migrants lors de la tentative de franchissement de la barrière. Pour la police judiciaire, ce sont les « pièces à conviction » qui ont permis au procureur de demander des poursuites judiciaires contre les migrants aujourd’hui en détention provisoire.

    Troisième étape dans cette contre-enquête de Omar Naji, la récolte de témoignages de personnes en migration. Nous nous rendons sur le mont Gourougou, où les migrants sont dans des campements de fortune. La voiture du militant démarre, nous sommes pris en filature par des membres de services de sécurité. Sur la route de la rocade méditerranéenne, nous passons devant les murs de Nador-Melilla. Ce dispositif est composé de 3 clôtures de 6 mètres de haut et 12 kilomètres de long. Les lames tranchantes, responsables de graves blessures parmi les migrants durant des années, ont été remplacées par des obstacles anti-grimpe et une haute technologie de surveillance, le tout financé par l’Union européenne (UE). « Le Maroc creuse une deuxième tranchée pour compliquer le passage des migrants. Le pays joue son rôle de gendarme, surtout depuis la reprise de la coopération sécuritaire et migratoire avec l’Espagne en mars 2022 », estime Naji. Une semaine avant les incidents, les ministères de l’intérieur des deux pays se sont engagés à « poursuivre leur #coopération_sécuritaire ». Le 6 mai dernier, le groupe migratoire mixte permanent maroco-espagnol avait fixé l’agenda sécuritaire de coopération entre les deux pays.

    Chasse aux migrants ou lutte contre « les réseaux » ?

    À #Barrio_Chino, point frontalier où s’est déroulée une partie des événements, des vêtements de migrants sont encore accrochés aux grillages. Canon à eau et forces d’intervention sont stationnés sur place pour faire face à de nouveaux assauts. Nous continuons notre chemin à la recherche de campements de migrants. Tout au long de l’année, les forces de l’ordre marocaines mènent des opérations pour chasser les migrants sous l’argument du « démantèlement de réseaux de trafic des êtres humains ». Pour Ali Zoubeidi, chercheur spécialiste en migrations, « il y a des réseaux de trafic présents dans d’autres endroits du Maroc, mais pas vers Melilla », observe-t-il, dans une déclaration à Infomigrants. La #Boza par Melilla est gratuite, c’est la route empruntée par les migrants sans moyens. Dans les faits, les #ratissages visent à disperser les migrants le plus loin possible de la frontière avec Melilla.

    Dans un communiqué, 102 organisations africaines et européennes dénoncent les violations systématiques des #droits_humains à Nador : « Depuis plus d’un an et demi, les personnes en migration sont privées d’accès aux médicaments, aux soins, voient leurs campements brûlés et leurs biens spoliés ».

    En 2021, l’AMDH Nador avait recensé 37 opérations de ratissage. Un chiffre en nette baisse en raison du Covid-19 et du confinement. En 2019, les opérations avaient atteint le chiffre record de 134 interventions. « Cette route a été réalisée spécialement pour permettre aux engins des forces de l’ordre d’accéder à la forêt », rappelle Naji, dont le téléphone ne cesse de recevoir des appels de journalistes d’un peu partout dans le monde. En pleine forêt, nous passons devant un campement des #Forces_auxiliaires, corps de sécurité géré directement par le ministère de l’intérieur. Ce camp, avec ses bâtisses en dur et plusieurs tentes, a été construit spécialement pour permettre des interventions rapides dans les #campements.

    Après une heure de route, Naji arrive à la conclusion suivante : « Les opérations menées par les forces de l’ordre ont poussé les migrants à fuir la forêt et toute la ville de Nador ». Nous quittons la forêt et nous croisons sur notre chemin les hauts responsables sécuritaires de la région, venus à bord de deux véhicules militaires, des #Humvee, pour inspecter les lieux. Les seuls migrants présents dans cette ville sont soit morts, soit à l’hôpital, soit emprisonnés. Les migrants ont été dispersés vers plusieurs villes du centre du Maroc (Béni Mellal et Kelaat Sraghna). Cette situation dramatique, au retentissement international, est la conséquence d’une #coopération_sécuritaire entre le Maroc et l’Espagne, avec un financement européen.

    L’UE, cynique bailleur de fonds

    Depuis 2007, l’UE a versé au Maroc 270 millions d’euros pour financer les différents volets sécuritaires de la politique migratoire marocaine. Ce financement se fait directement ou via des instances européennes et espagnoles (Fondation internationale et ibéro-américaine pour l’administration et les politiques publiques, International, Center for Migration Policy Development, etc.). Des montants que le Maroc considère « insuffisants au regard des efforts déployés par le pays pour la gestion des frontières ».

    Depuis 2013, cette coopération s’inscrit dans le cadre du #Partenariat_pour_la_mobilité. Le financement européen en matière d’immigration aussi passe par le #Fonds_fiduciaire_d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique ou des agences souvent espagnoles chargées d’acquérir des équipements sécuritaires pour le royaume chérifien (drones, radars, quads, bus, véhicules tout-terrain…). La Commission européenne (CE) présente ce financement avec des éléments de langage connus : « développer le système marocain de gestion des frontières, et de lutter de manière plus efficace contre le trafic d’êtres humains ». L’UE soutient aussi la #Stratégie_nationale_pour_l’immigration_et_l’asile adoptée par le Maroc en 2014. Cette politique est désormais en stand-by, avec un retour en force d’une vision sécuritaire.

    Dans ses négociations avec la CE, le Maroc compte un allié de taille, l’Espagne. Le royaume fait valoir de son côté « une reprise de la pression migratoire sur le Maroc », comme aime le rappeler #Khalid_Zerouali, directeur de l’immigration et de la surveillance des frontières au ministère de l’intérieur marocain, dans ses sorties médiatiques adressées à ses partenaires européens. Le Maroc se positionne comme partenaire fiable de l’UE et invite son partenaire européen à « la #responsabilité_partagée ». Les routes migratoires marocaines sont les premières portes d’entrée vers l’Europe depuis 2019. L’Intérieur brandit ses chiffres de 2021 : 63 121 migrants arrêtés, 256 réseaux criminels démantelés et 14 000 migrants secourus en mer, en majorité des Marocains.

    Chantages et pressions

    Dans ce contexte, un #chantage est exercé de part et d’autre. L’UE veut amener le Maroc à héberger des centres de débarquement de migrants (#hotspots) et signer avec le royaume un #accord_de_réadmission globale Maroc-UE. Sur ces deux sujets, Rabat continue d’afficher une fin de non-recevoir à ces demandes. Sur le plan bilatéral, la France fait un chantage aux #visas pour pousser le Maroc à rapatrier ses immigrants irréguliers. De son côté, le Maroc a fait de la gestion de l’immigration irrégulière une carte diplomatique, comme l’ont montré les évènements de Ceuta en mai 2021.

    La migration devient ainsi un moyen de pression pour obtenir des gains sur le dossier du Sahara. Un sujet sensible qui a été le cœur d’un gel diplomatique entre le Maroc et l’Espagne durant plus d’un an. La reprise des relations entre les deux pays en mars 2022 a réactivé la coopération sécuritaire entre les deux pays voisins. Pour les 102 organisations des deux continents, ce retour de la coopération est à la source du drame de Nador. « La mort de ces jeunes Africains sur les frontières alerte sur la nature mortifère de la coopération sécuritaire en matière d’immigration entre le Maroc et l’Espagne », peut-on lire dans ce document.

    Mehdi Alioua, sociologue et professeur à l’Université internationale de Rabat, accuse en premier l’UE et sa politique migratoire : « Ces frontières sont celles de la honte parce qu’elles sont totalement absurdes et hypocrites. Ces frontières sont incohérentes, elles sont là pour mettre en scène la “#frontiérisation”. […] La #responsabilité des Européens est directe. La responsabilité du Maroc de ce point de vue est indirecte », déclare-t-il dans une interview pour Medias24
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    Des migrants criminalisés et des corps à la morgue

    Nador, avec ses deux frontières maritime et terrestre avec l’Europe, est pris au piège de ces frontières. Les migrants payent le prix fort. L’an dernier 81 personnes sont mortes à Nador, noyées ou sur les grillages. Face au tollé mondial suscité par ces événements, le gouvernement marocain est sur la défensive. L’exécutif tente de présenter sa version des faits. Signe des temps, cette stratégie de damage control a été sous-traitée par des universitaires, des ONG ou des médias proches de l’État. Ils accusent tous… l’Algérie. Le chef du gouvernement espagnol accuse les “mafias” qui seraient responsables de ce drame tout en “saluant le Maroc pour son professionnalisme”.

    Loin de cette bataille des récits, les militants sur le terrain continuent à panser les blessures des migrants, rechercher les noms des disparus et leurs nationalités, tenter de mobiliser les avocats pour la défense des migrants poursuivis à Nador. Ce procès, qui a démarré le 27 juin, s’annonce comme le plus grand procès des personnes en migration au Maroc. Vingt-huit migrants sont poursuivis avec de lourdes charges pénales. Un deuxième groupe de 37 migrants, dont un mineur, est poursuivi pour des délits. Pendant ce temps, les corps des migrants morts sont toujours à la morgue, sans autopsie ni enquête judiciaire pour établir les circonstances de leurs décès.

    https://orientxxi.info/magazine/maroc-a-nador-les-morts-sont-africains-l-argent-europeen,5734
    #décès #morts #migrations #asile #réfugiés #mourir_en_Europe #frontières #mourir_aux_frontières

  • Élections américaines. Le lobby pro-israélien aux côtés des candidats trumpistes
    Sylvain Cypel > 28 juin 2022 - Orient XXI
    https://orientxxi.info/magazine/elections-americaines-le-lobby-pro-israelien-aux-cotes-des-candidats-tru

    Un changement inattendu est advenu ces derniers mois dans le comportement de l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac). Le 17 décembre 2021, cet organisme de défense des intérêts israéliens aux États-Unis s’est officiellement lancé dans la bataille des élections législatives du 8 novembre 2022 en annonçant la création d’un « comité d’action politique » (PAC) de très grande dimension. (...)

    • Aipac a décidé d’agir dans deux directions. La première a été d’apporter un soutien actif public aux amis d’Israël les plus sûrs. Et qui sont-ils, sinon les trumpistes les plus acharnés du parti républicain ? Aipac a décidé de s’attirer en priorité leurs faveurs. Dans un pays où « l’adhésion aux théories fumeuses de l’ancien président Trump sur le vote [présidentiel] de 2020 est devenue le prix d’entrée dans la plupart des primaires républicaines », comme l’a écrit le Washington Post, Aipac a donc commencé par financer… 109 des 147 élus républicains qui, au Congrès, ont refusé de valider l’élection de Joe Biden.

      […]

      Mais Aipac n’a pas seulement apporté son soutien massif à des candidats d’extrême droite. Le lobby a aussi longtemps refusé d’apporter son soutien à des républicains qui, même farouches supporters d’Israël, ne se rangent pas sous la bannière de Trump. Comme s’il ne fallait surtout pas froisser Donald, qui envisage

  • La Syrie coincée entre l’Iran et la Russie
    Alexandre Aoun > 27 juin 2022 - Alexandre Aoun > Orint XXI
    https://orientxxi.info/magazine/la-syrie-coincee-entre-l-iran-et-la-russie,5719

    L’aviation israélienne a frappé vendredi 10 juin 2022 l’aéroport international de Damas pour empêcher l’envoi d’armes iraniennes à destination du Hezbollah. Le tarmac a été endommagé et le hall en partie détruit, mais le site vient de rouvrir. Sous pression israélienne, le président syrien Bachar Al-Assad doit ménager ses soutiens russes et iraniens, tout en esquissant un rapprochement avec les pays du Golfe. (...)

  • Melilla : au moins 23 migrants périssent dans des violences sans précédent - InfoMigrants
    http://www.infomigrants.net/fr/post/41486/melilla--au-moins-23-migrants-perissent-dans-des-violences-sans-preced

    Le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sánchez, a de son côté décrit ce drame comme un « assaut (...) violent et organisé de la part de mafias qui se livrent au trafic d’êtres humains, contre une ville qui est un territoire espagnol ».

    « Par conséquent, il s’est agi d’une attaque contre l’intégrité territoriale de notre pays », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Madrid.
    Au Maroc, des voix se sont élevées samedi pour réclamer une enquête « approfondie ». « Nous insistons sur l’ouverture d’une enquête approfondie pour élucider toutes les circonstances de ce drame », a plaidé samedi soir Omar Naji, chargé du dossier des migrants au sein de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) à Nador, ville limitrophe de Melilla (nord du Maroc).

  • Charles de Foucauld au service de la colonisation du Maroc - Omar Brouksy
    https://orientxxi.info/magazine/charles-de-foucauld-au-service-de-la-colonisation-du-maroc,5655

    « L’ermite du désert », « l’apôtre des Touaregs », « le saint bienheureux », « l’explorateur proclamé », « le militaire indiscipliné »… Les qualificatifs abondent dans la presse française pour décrire Charles de Foucauld, après sa canonisation le 15 mai 2022 par le pape François. Ces éloges ne devraient cependant pas faire oublier son rôle d’agent du colonialisme français, ni son antisémitisme.

    • Je sais bien que la mode chez les « gauches occidentales » est de s’expédier de longues missives expliquant que l’anti-impérialisme, l’anti-colonialisme, le non-alignement, caractéristiques historiquement essentielles des gauches internationalistes, c’est has been, naïf, voir complaisant avec les méchants…

      Mais la lecture des points de vues d’auteurs venus de pays qui ont été ou sont encore du mauvais côté de l’impérialisme, du colonialisme ou du post-colonialisme, c’est le rappel permanent que les grandes indignations morales et médiatiques de l’Occident sont systématiquement orientées et hypocrites.

    • Comparer avec l’article du Monde, qui évacue la question de l’antisémitisme d’une phrase incompréhensible :
      https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/11/13/charles-de-foucauld-un-marabout-au-sahara_709614_3208.html

      Foucauld manque de déraper dans l’antisémitisme avec l’un de ses meilleurs amis, le marquis italien de Morès, qui fréquente Edouard Drumont, l’auteur en 1886 de La France juive.

      (Ça veut dire quoi, « manquer de déraper dans l’antisémitisme » ?)

      Et de décréter qu’il n’était pas « un agent colonial », juste « C’est le langage de l’époque », avant de terminer par une citation d’époque pas du tout grotesque (mais c’est le langage de l’époque) :

      L’Illustration écrit : « Ils ont voulu détruire le grand marabout blanc en qui ils voyaient, superstitieusement mais justement, l’image vivante des Français » !

    • Je pense qu’on arrive ici encore aux contradictions des récentes « reconnaissances » de certains crimes occidentaux.

      Lorsqu’on a admis que l’esclavage était un crime contre l’humanité, on s’est retrouvés bien crétins avec Napoléon, qui l’a rétabli en 1802. Parce que la logique voudrait que quelqu’un qui rétablit un crime contre l’humanité est lui-même un criminel contre l’humanité. Et que célébrer un criminel contre l’humanité, ça fait mauvais genre.

      Alors on tente de « séparer l’Homme du criminel contre l’humanité », comme Macron l’a tenté avec le « grand soldat » Pétain, mais ça a un peu coincé. (Mais pour Napoléon, ça passe encore crème. Tiens sur ce coup, je trouve qu’on s’en cogne assez ouvertement de l’avis de nos amis européens : eux ça fait longtemps qu’ils trouvent indigne qu’on célèbre Napoléon.)

      Et depuis que Macron a proclamé que « la colonisation est un crime contre l’humanité », on se retrouve avec le même genre de problème pour tous ceux qui ont participé à la colonisation. Si Charles de Foucauld était un « agent du colonialisme français », alors même topo : est-il un criminel contre l’humanité. Comme canoniser un criminel contre l’humanité en présence du gouvernement françaouis, ça le foutrait mal, le plus simple encore de se dire que non, il n’était pas « un agent colonial ». Pas plus qu’il n’était antisémite, juste qu’il a « manqué de déraper ». Et puis c’était « le langage de l’époque ».

      Et ça te me pousse des cris de truie qu’on égorge quand on fait remarquer qu’on a des statues de tels criminels contre l’humanité, et on assure que non, « on ne déboulonne pas les statues », et que tout ça c’est l’horreur de la « cancel culture »…

  • Les accusations d’antisémitisme contre Jeremy Corbyn n’ont aucun fondement | Thierry Labica
    https://www.contretemps.eu/corbyn-labour-accusations-antisemitisme-simonnet-obono

    Danielle Simonnet et Danièle Obono sont depuis plusieurs jours la cible d’attaques politiques et médiatiques aussi convenues qu’ignobles, de la part de dirigeants socialistes (B. Cazeneuve, D. Assouline), de la candidate PS dans le 20e arrondissement de Paris Lamia El Aaraje, de Patrick Haddad, mais aussi de la LICRA ou encore de journaux comme le Canard enchaîné et le Figaro. La raison ? D. Simonnet et D. Obono ont reçu l’ancien dirigeant du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, venu en personne à Paris les soutenir dans le cadre de la campagne législative en cours. Source : Contretemps

  • Des thérapeutes palestiniens apaisent les victimes des colons
    Orient XXI > De notre envoyé spécial dans la région de Naplouse, Palestine occupée.
    > Jean Stern > 7 juin 2022❞
    https://orientxxi.info/magazine/des-therapeutes-palestiniens-apaisent-les-victimes-des-colons,5664

    La violence des colons israéliens contre les civils palestiniens a pris ces derniers mois une ampleur méconnue en Cisjordanie. Agressions physiques, saccages de maisons, insultes, vol de bétail, destruction d’oliviers, tout est bon pour imposer la terreur. Des psychologues palestiniens, soutenus par des ONG internationales, viennent en aide aux paysans et aux Bédouins confrontés à la peur au quotidien. (...)

  • La grande saignée des médecins algériens Orient XXI - Moussa Acherchour
    https://orientxxi.info/magazine/la-grande-saignee-des-medecins-algeriens,5653

    Plus de 1 200 médecins devraient s’expatrier en France en 2022. Dans un pays qui souffre d’une grave pénurie de praticiens et où la gestion chaotique de la pandémie de Covid-19 a mis a jour les failles du système de santé, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe.

    C’est une véritable bombe qu’a lancée en février 2022 le docteur Lyes Merabet, dirigeant d’un syndicat de praticiens de santé publique, sans probablement en mesurer sur le moment toutes les conséquences. Mille deux cents médecins algériens, issus de diverses spécialités (sur un total de 1 993 postes ouverts cette année) auraient été reçus avec succès, début février, à l’examen de vérification de connaissances (EVC) en France.


    Au-delà des doutes qui ont commencé à planer sur l’exactitude de ce chiffre, la nouvelle est tombée comme un couperet sur une opinion publique déjà fortement désabusée par un système de santé qui a montré ses limites pendant deux ans, avec la gestion de la pandémie du Covid-19 marquée par une succession de scandales. À commencer par la pénurie d’oxygène médical l’été 2020 https://orientxxi.info/magazine/tempete-sanitaire-sur-les-hopitaux-algeriens,4983 . Les commentaires outrés — et souvent sarcastiques — sur les réseaux sociaux mettent aussi en lumière l’étendue de la colère des Algériens, d’abord vis-à-vis de dirigeants qui sont à leurs yeux moralement responsables du dépérissement du système de santé.

    Le choc a été encore plus fort chez des personnels soignants à bout de nerfs et qui se sentent dévalorisés. Leurs réactions montrent le niveau de désillusion et de mécontentement dans le milieu hospitalier algérien, prélude à un nouveau bras de fer avec des autorités elles-mêmes dépassées par la crise. Dans un appel lancé au président Abdelmadjid Tebboune, une coordination des personnels de santé a qualifié ce départ de 1 200 médecins vers la France de « saignée dangereuse ». En craignant « une catastrophe imminente », le texte confirmait l’ampleur du malaise qui ronge le corps médical algérien.

    Le gouvernement s’en lave les mains
    Acculé et contraint de reconnaître les faits, le gouvernement a sur le coup tenté de relativiser. Seules justifications données par le ministre de la santé Abderrahmane Benbouzid qui, après avoir subi tant de revers, doit désormais avoir le cuir blindé : « Il y a trop de médecins arrivés à l’âge de la retraite qui ne veulent pas céder leurs places aux jeunes ». Et d’ajouter à propos du départ massif de médecins vers la France : « Cela ne se passe pas qu’en Algérie »…

    Incapable de trouver une explication rationnelle à ce phénomène qui n’est pas loin de rappeler en Algérie celui de la harga (émigration clandestine), le professeur Mehiaoui, qui siège à la très officielle Commission de surveillance du coronavirus, dit croire à « la bonne foi » des médecins qui choisissent l’exil pour avoir encadré 80 % d’entre eux. Leur décision relève, selon lui, d’« un choix personnel » que nul ne peut discuter. Dans un pays où d’anciens ministres n’ont aucune gêne à aller se faire soigner en France, la question n’est plus taboue depuis longtemps.

    Reste à mesurer les pertes pour le pays, avec le départ d’un nombre aussi important de médecins formés aux frais de l’État. D’après les chiffres fournis par la Banque mondiale, L’Algérie ne compte que
    1,7 médecin pour 1 000 habitants en 2018, contre 6,5 pour la France, 4,9 pour l’Union européenne et 3,8 pour l’ensemble des pays de l’OCDE1 venaient d’Algérie (47,64 % contre 41,73 % en 2017, dont plus de 50,8 % de femmes). Les Tunisiens pour leur part représentaient 19,2 % des inscrits en 2018 (21,11 % en 2017).

    L’économiste de la santé Ahcène Zehnati estime, dans une étude parue en 2021, que les médecins algériens « semblent afficher une forte disposition à l’expatriation ». Pourquoi le choix de la France ? Le chercheur l’explique par des raisons historiques et culturelles (un système de formation calqué sur le système français, l’existence de conventions interuniversitaires, etc.). Le phénomène migratoire est, selon le chercheur, multidimensionnel. « Seule une approche pluridisciplinaire basée sur des données individuelles permettrait une connaissance exhaustive des mobiles de l’émigration des médecins », soutient-il.

    Un chiffre difficilement vérifiable
    Interrogé par Orient XXI sur le scandale du départ annoncé de 1 200 médecins, Ahcène Zehnati relativise cependant le problème. « Ayant déjà utilisé les données de l’organisme français2 lors de mes différentes publications sur la thématique de l’émigration des médecins algériens, je trouve que le chiffre des 1 200 médecins est difficilement vérifiable », affirme-t-il. Et il enchaîne :

    Personnellement, j’ai contacté le CNG et le Syndicat national des praticiens à diplôme hors Union européenne (SNAPADHUE) pour confirmer le chiffre, aucune suite n’a été donnée à mes sollicitations. Quand on examine la liste des lauréats de l’EVC, la nationalité des candidats n’a jamais été précisée. Elle ne mentionne que le nom, le prénom et la date de naissance. La liste diffusée compte des médecins algériens, marocains, tunisiens, libanais, syriens, français et autres nationalités. Il est donc difficile de dénombrer les effectifs des médecins algériens à travers le seul nom de famille.

    Le chercheur explique aussi que la nationalité est précisée dans le bilan annuel de l’organisme. Or, le dernier bilan date, selon lui, de 2018. Du coup, il ne s’explique pas l’origine du chiffre des 1 200 médecins. Il précise que les lauréats ne sont pas nécessairement des médecins qui sont partis d’Algérie pour passer l’examen. Nombreux sont ceux qui sont déjà en France ou ailleurs.

    Le découragement des professionnels de la santé
    La polémique ravive surtout le découragement des professionnels de la santé. Des médecins ne se sentent plus gênés d’avouer leur désir de quitter le pays. Comme Soraya H., médecin depuis sept ans au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tizi Ouzou. Elle a postulé à cet examen, mais n’a pas pu le passer, faute de visa. Elle dit avoir eu l’occasion à trois reprises de faire un stage en France. Qu’est-ce qui pousse le médecin algérien à partir ? Réponse cinglante : « Je crois que vous n’avez pas besoin de poser cette question ! » Elle dit ne plus supporter d’évoluer dans un milieu où règne la médiocrité. Lutter pour changer ou réformer le système de santé algérien lui semble inutile, voire sans espoir. « Les résidents ont déjà essayé et ont été tabassés comme des chiens errants », rappelle-elle, faisant référence à la manifestation des médecins résidents à Alger https://orientxxi.info/magazine/algerie-une-capitale-interdite-de-manifestation,2216 , violemment réprimée en janvier 2018 par les forces de l’ordre.

    Peu considérés dans leur pays, les médecins algériens se plaignent aussi des faibles salaires qu’ils perçoivent, surtout dans le secteur public. Les salaires varient entre 80 000 dinars (505 euros), pour les généralistes, et 114 000 dinars (720 euros), pour les spécialistes. Ceux qui travaillent dans les cliniques privées sont mieux rémunérés : les médecins recrutés comme urgentistes gagnent 5 000 dinars (32 euros) la journée, les chirurgiens sont quant à eux payés au pourcentage. Ce qui explique en partie la forte propension de praticiens exerçant dans le secteur public à vouloir s’installer à l’étranger, bien qu’ils sachent pertinemment qu’ils y seront sous-payés par rapport aux praticiens autochtones, quand bien même ils obtiendraient l’équivalence de leurs diplômes. Ce qui prouve que le facteur salaire n’est pas toujours déterminant dans le choix des médecins.

    Viennent ensuite les conditions de travail et les perspectives d’évolution de carrière, qui achèvent de démotiver les professionnels de la santé dans ce pays. Les médecins du secteur public rencontrent d’innombrables embûches bureaucratiques et corporatistes pour trouver une place dans le privé ou travailler à leur compte.

    En outre, le manque d’équipements adéquats, l’absence d’espaces aménagés à l’intérieur des structures hospitalières, la surcharge qui pèse sur les médecins résidents souvent appelés à pallier l’absence de spécialistes préférant s’engager avec des cliniques privées, finissent par amoindrir le rendement des médecins et partant, de l’ensemble de la corporation.

    Autre facteur dont se plaignent les personnels médicaux en Algérie : la violence quotidienne à laquelle ils sont exposés dans les hôpitaux, et qui a pris des proportions alarmantes ces dernières années. Elle est souvent l’œuvre de citoyens outrés par la mauvaise prise en charge des patients.

    Plusieurs spécialités particulièrement concernées
    D’après un rapport de l’Insee, le taux d’émigration global des médecins algériens était, cette année-là, de 23,35 %. Ce chiffre englobe tous les médecins nés en Algérie, quel que soit leur lieu de formation (France ou Algérie), et exerçant en France, mais ne comptabilise pas ceux faisant fonction d’interne (FFI), ni les praticiens attachés associés (PAA), qui n’ont pas le plein exercice de la médecine en France et ne peuvent donc s’inscrire à l’Ordre des médecins.

    L’étude montre que certaines spécialités sont plus concernées que d’autres : la radiologie, la néphrologie et surtout la psychiatrie, d’où la grave pénurie dont souffre toujours l’Algérie. Les spécialistes de ces disciplines ont l’avantage d’être dispensés, en France, de toute demande d’équivalence de leur diplôme pour exercer. Les généralistes représentent pour leur part 37 % des médecins exilés. En 2017, le Conseil de l’ordre des médecins français avait évalué le nombre de médecins diplômés en Algérie installés en France à 4 404 personnes.

    #santé #médecine #Algérie #France #en_vedette #travail #santé_publique #hôpital #médecins #migrations

  • Israël-Russie. Antisémitisme et petits arrangements entre amis
    Sylvain Cypel > 17 mai 2022
    https://orientxxi.info/magazine/israel-russie-antisemitisme-et-petits-arrangements-entre-amis,5600

    Les propos du ministère des affaires étrangères russe affirmant que Hitler avait « du sang juif » comme le président ukrainien Volodymyr Zelensky ont provoqué une indignation en Israël. Pourtant, la crise entre Moscou et Tel-Aviv a été aussi inattendue que rapidement surmontée, confirmant la solidité des relations entre les deux capitales.
    (...)
    Mais malgré ces « colères » diplomatiques, Melman, citant d’anonymes « experts » de son pays, indique que Moscou « comprend et accepte la situation des Israéliens ». En d’autres termes, la Russie n’autorisera pas la Syrie à utiliser contre l’aviation israélienne les batteries de missiles anti-aériens S-300 et S-400 qu’elle lui a fournies. Mais, conclut-il, « de même que Washington et d’autres États européens ont manifesté leur frustration devant l’étonnante "neutralité israélienne", c’est maintenant aux Russes de le faire ». Le journaliste exprime la conviction montante en Israël, dans les milieux politico-sécuritaires, que si la guerre en Ukraine s’enfonce dans la durée, leur pays ne pourra pas éternellement préserver sa position de neutralité. (...)

  • Obscénités israéliennes, complicités occidentales et arabes
    https://orientxxi.info/magazine/obscenites-israeliennes-complicites-occidentales-et-arabes,5610

    […] ce que l’on sait déjà, c’est que la chaine des complicités est longue. Si elle prend sa source à Tel-Aviv, elle s’étire à Washington, se faufile à Abou Dhabi et à Rabat, se glisse à Paris et à Bruxelles. Le meurtre de Shirin Abou Akleh n’est pas un acte isolé, mais un crime collectif.

    • Israel’s brutal storm troopers should have never been at Abu Akleh’s funeral
      Gideon Levy | May 15, 2022 | 2:58 AM | Haaretz.com
      https://www.haaretz.com/opinion/.premium-israel-s-police-are-storm-troopers-1.10799650

      No Israeli should have slept well on Friday night. Our police are storm troopers. Palestinians have long known this, but Israelis now have to understand this as well: Israel’s police have shed all restraints.

      The blue-uniformed policemen and the green-uniformed Border Policemen have become storm troopers in the deepest and most loaded sense of this term; there is no other way of describing them. In a country that has a police force like this, every citizen should be concerned, even very frightened. It’s long been an issue that is not just for Palestinians to worry about; they have become inured to it and bear scars from it; now Israelis should be filled with anxiety too.

      Anyone behaving with such barbarity at the funeral of a popular heroine of this land will behave in the same manner under other circumstances as well. Two days ago at a Palestinian funeral, tomorrow at demonstrations or polling booths in Israel.

      It’s true that what drives police storm troopers is imperiousness, racism and the sense that Arabs are not human beings. But this trot down a slippery slope cannot be stopped. When there are no boundaries or anyone putting a stop to it – and there are none – everything will be breached much faster than one imagines. Ethiopians, the ultra-Orthodox and peace activists have already tasted some of this; it will soon spread to clubs, concerts and the home of everyone.

      The Israel Police have a minister in charge, but all Public Security Minister Omer Bar-Lev had to say on the weekend was reprimand Joint List MK Ofer Cassif for an unnecessary blow he delivered to a policeman blocking his way, accompanied by some rude comments as well. If this is a minister for public security and this is his party, the Labor Party, we’re better off having Kahanist lawmaker Itamar Ben-Gvir fill the role. It couldn’t get much worse, and Ben-Gvir will at least evoke some objections. On Friday night, the so-called government of change, incompetent and indifferent, evoked a yearning for its predecessor.

      It couldn’t get much worse than the brutal clubbing of people carrying a coffin in which a revered journalist is lying, in the course of a national event. The fact that policemen did this in view of the world’s cameras only illustrates to what extent this is the only language they know, of which they’re not even ashamed. Forget for a moment these police thugs, who are heroes when confronting the weak in their hour of mourning. But what about their commanders? After all, senior officers participated in this revolting club-fest as well. No, this was not an “image disaster,” as some sanctimonious people claimed, it was a mega-disaster, a moral and political one. With such a police force in our capital, we don’t have a democracy.

      They shouldn’t have been there in the first place. The minister should have instructed them to that effect, and the commissioner should have executed the order. But Police Commissioner Kobi Shabtai has returned to being a commander of the Border Police, the sick and violent occupation force, allowing his policemen to strike out as wildly as they saw fit. They came there already with reinforcements, precisely so they could do what they did. Why are reinforcements needed at a funeral? Why have the police there anyway? Bar-Lev should have stopped it in advance, or at least stopped it as it was unfolding. But Bar-Lev is absent and the commissioner opted for this.

      Nothing would have happened had the Palestinians been allowed to mourn their heroine in their city, as free people, even if only for a moment. She was someone the IDF had apparently killed, as they’ve killed other journalists in the past. Is there any point in noting that no Israeli journalist was ever killed by Palestinians in the occupied territories?

      After this disgraceful funeral, it’s no longer important who shot Shireen. You may have killed her? The least you could do is let her people accompany her on her last journey. But no. As noted by MSNBC correspondent Ayman Mohyeldin, Israel not only doesn’t allow Palestinians to live as Palestinians, it also doesn’t allow them to die as Palestinians. Actually, it doesn’t allow them to die as human beings. It snatches and barters their corpses, and now its policemen knock down coffins from the shoulders of people carrying them. You couldn’t get a more morbid snuff act.

      Storm troopers is a derogatory term for cruel occupier forces. This makes Israel’s police force storm troopers. Coming soon to your neighborhood.

      #Shireen_Abu_Akleh

    • Israeli police violence at Al Jazeera journalist’s funeral reveals a deeper problem
      Nir Hasson | May 14, 2022 | Haaretz.com
      https://www.haaretz.com/israel-news/.premium.HIGHLIGHT-israe-police-violence-at-al-jazeera-journalist-s-funeral

      Israeli police violence at Al Jazeera journalist’s funeral reveals a
      The decisions of Israeli police at events like journalist Shireen Abu Akleh’s funeral display their inability to see the humanity and pain of the Palestinian people

      Police, dressed in black, wearing helmets and protective gear, using their batons to assault people carrying a coffin at a funeral procession. They strike their legs until the coffin slips, almost hitting the ground. This is what most of the world saw – and this is what most of the world will remember from the funeral of Al Jazeera journalist Shireen Abu Akleh, which took place in Jerusalem on Friday.

      Many have spoken in Israel over the last 24 hours. The situation is problematic, they’re saying, so much so that it nearly constitutes a public relations disaster. But the real problem lies not in the way this incident is perceived by the world, but in the unjustified use of violence by the police. This was one of the most extreme visual expressions of the occupation and the humiliation the Palestinian people experience: A senior Palestinian journalist, well-known around the Arab world, has covered the violence and wrongdoings of the Israeli occupation for decades. She dies in an exchange of gunfire, and Israeli soldiers are considered the main suspects. Upon her death, she is a Palestinian icon, her funeral a national event. Precisely at this moment – at the height of mourning – club wielding Israeli police officers arrive at the scene.

      The police rushed to publish a video clip recorded from a drone at the funeral showing two young men throwing what appears to be a water bottle at the police officers, before they charge at him. Yet this is a flimsy excuse for such conduct, at an event that should have been managed with the utmost sensitivity. Police Commissioner Kobi Shabtai has ordered an investigation into police conduct at the funeral. Though this incident is just one of many in which Israeli police behaved unacceptably, thereby exacerbating the situation at hand and deepening the humiliation of the victims.

      On the day Abu Akleh died, police officers went to her grieving family and asked them to remove the Palestinian flags flying outside their home, evacuate the street, and lower the music playing outside. On the day of the funeral, shortly after the procession, the police were documented tearing Palestinian flags off cars. We’ll never know what was going through the minds of whoever sent policemen to the family’s home, or those who tore down the flags. How did they think the grieving family or funeral attendees would react?

      If that weren’t enough, a young Palestinian, Walid a-Sharif – who threw stones at police on the Temple Mount three weeks ago and sustained grave head injuries – died at Hadassah Medical Center on Saturday morning. The police claimed his injuries were caused by a fall, but provided no evidence for their claim. It’s hard to believe the cosmic coincidence that a 21-year-old man dies from falling and hitting his head at precisely the same moment sponge-tipped bullets are being fired at him. Upon his death, a-Sharif became an “Al-Aqsa martyr,” the first fatality at the Temple Mount since 2017, when two armed terrorists were killed after shooting and killing two police officers. This time it was a young man throwing stones. From a Palestinian perspective, this is a much graver case.

      Here too, the problem lies not in the way Palestinians or the world perceive the event, or in the risk that his death or funeral will spark a new wave of terror in Jerusalem or the West Bank – but in the death itself. The idea that a stone can in fact kill may be true when referring to a stone thrown at an unprotected car on the highway – but the chance that a policeman wearing a helmet and protective vest will die from a stone is miniscule. The police were not at risk of dying when a-Sharif threw stones at them, and shooting at his upper body was an unjustified breach of the rules of engagement.

      A-Sharif was hit by a black sponge-tipped bullet. This 40 mm bullet is meant to cause intense pain, and is the main non-lethal weapon used by the police. But since 2014, when the police switched from blue, lighter weight bullets to black, heavier ones – the instances in which this ’non-lethal’ weapon has caused serious injuries and even death has increased. In East Jerusalem, there are dozens of young men, children, and adults who are suffering as a result of injuries sustained from these bullets, some of them having lost an eye or gone completely blind. At least in one prior instance, a young man named Mohammed Sinokrot was killed after a sponge-tipped bullet hit in him in the temple.

      In the early hours of Saturday, a new crisis unfolded. The police refused to transfer a-Sharif’s body to his family for burial, despite the fact that he wasn’t under arrest while he was hospitalized over the last three weeks. The Jerusalem’s Magistrate’s Court was expected to handle the police request to carry out a postmortem on Saturday evening.

      The Israeli police were recently praised for their handling of the Muslim holy month of Ramadan in Jerusalem in comparison to previous years. This time around, in an effort to provide Palestinians with freedom of worship and a festive atmosphere, police refrained from erecting barriers at Damascus Gate and minimized the use of crowd dispersal methods – such as the “skunk” water cannon, stun grenades, and tear gas – all of which constitute collective punishment.

      This policy proved to be fruitful: compared to last year, violent clashes were limited to the southern part of the Temple Mount and did not spread to Damascus Gate and other Palestinian neighborhoods. Most Jerusalemites, Israelis and Palestinians alike, celebrated their holidays undisturbed, and hospitals were not filled with those injured in clashes. The police’s Jerusalem District Commander, Maj. Gen. Doron Turgeman, who before Ramadan said, “This is not a war, but a holy month,” proved that indeed, things could be different.

      Nevertheless, the devil is in the details, and when it comes to the police, their failure lies in the actions of officers on the ground, their commanders, and their decisions. From using police batons on funeral attendees carrying a coffin, to sending policemen to the home of a grieving family to tear down flags, to raising the barrel of a gun towards someone’s upper body. There is evidently a problem within the police force. Perhaps one could claim it lies with command and control issues, or in police training and recruitment methods. But in reality, it runs much deeper than that. It lies in the fact that police officers do not view the Palestinians they face as human beings, nor do they feel a need to respect them or their pain. This is a terrible truth – and not just for the Palestinians.

  • Des réseaux d’influence pro-israéliens et émiratis cultivent l’art du non-dit sur les accords d’Abraham
    Orient XXI > Sophie Pommier > 12 mai 2022
    https://orientxxi.info/magazine/des-reseaux-d-influence-pro-israeliens-et-emiratis-cultivent-l-art-du-no

    Un « colloque » avait lieu au Sénat le 2 mai 2022 sous le titre : « Les accords d’Abraham : une promesse de paix pour le monde ». Le choix de la date lui-même en disait déjà long : en pleine célébration de l’Aïd Al-Fitr qui marque la fin du ramadan, elle faisait fi des contraintes de la partie musulmane, cette fête étant généralement célébrée en famille, avec plusieurs jours fériés. Et de fait, la participation arabe était réduite à la portion congrue, dans un exercice largement dominé par la partie israélienne ou pro-israélienne, qui se trouvait à l’origine de l’événement, co-organisé par Elnet (European Leadership Network) et le campus francophone du Collège académique de Nétanya (Israël). (...)

  • Armes, logiciels espions, technologies agricoles, ou comment Israël achète de l’influence en Afrique
    Orient XXI > Zwelivelile Mandela > 5 mai 2022
    https://orientxxi.info/magazine/armes-logiciels-espions-technologies-agricoles-ou-comment-israel-achete-

    La première conférence panafricaine de solidarité avec la Palestine s’est réunie début mars 2022 à à Dakar. Dans la lignée de son grand-père Nelson Mandela qui avait déclaré : « Notre libération ne sera pas totale tant que la Palestine ne sera pas libérée », le député Zwelivelile Mandela y a dénoncé l’influence grandissante d’Israël en Afrique. (...)

  • Mohamed V a-t-il protégé les juifs du Maroc ?
    Omar Brouksy > 2 mai 2022
    https://orientxxi.info/magazine/mohamed-v-a-t-il-protege-les-juifs-du-maroc,5563

    Décrit par l’historiographie du royaume comme le « père de la nation », le « libérateur du pays », le « héros de l’indépendance », Sidi Mohamed Ben Youssef (1909-1961), sultan de l’empire chérifien puis roi sous le nom de Mohamed V a beaucoup fait fantasmer. Il aurait notamment sauvé les juifs du Maroc lorsque ce pays dépendait du régime de Vichy, entre 1940 et 1942. (...)

    #Maroc

  • L’embarras du « camp de la paix » sur l’apartheid israélien
    Orint XXI - Grégory Mauzé > 25 avril 2022
    https://orientxxi.info/magazine/l-embarras-du-camp-de-la-paix-sur-l-apartheid-israelien,5516

    « Nous avons de nombreux problèmes à résoudre. Mais entre “un pays à problèmes”, et définir Israël comme un État d’apartheid, il y a un grand écart ». Cette réaction au rapport publié le 1er février 2022 par Amnesty International qui accuse à son tour Israël de pratiquer l’apartheid ne provient pas du chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid, mais de Issawi Frej, ministre arabe de la coopération régionale appartenant au Meretz (gauche sioniste). Il estime en outre qu’une telle allégation est incohérente avec sa propre présence au gouvernement.

    Ce positionnement d’un membre de l’aile gauche de la coalition actuellement au pouvoir la plus sensible, en principe, au sort des Palestiniens ne saurait s’expliquer par la seule solidarité gouvernementale. Il est révélateur de la forte aversion que suscite le cadre analytique de l’apartheid pour décrire la réalité israélo-palestinienne au sein de que l’on nomme couramment le « camp de la paix » israélien. Si plusieurs personnalités et organisations ont apporté leur soutien à Amnesty, d’autres réactions ont mis en évidence l’ampleur du fossé qui sépare une frange « progressiste » du consensus qui se dessine de façon croissante chez les défenseurs des droits humains au sujet de l’apartheid israélien. (...)

    #apartheid

  • Au #Yémen, la fin de la guerre paraît enfin en vue
    https://orientxxi.info/magazine/au-yemen-la-fin-de-la-guerre-parait-enfin-en-vue,5536

    À Shabwa [« où se trouvent les infrastructures d’exportation du gaz, la principale ressource économique du pays. »], l’arrivée de forces soutenues par les EAU a permis de repousser les houthistes et de briser leur encerclement de Marib. Il est probable que ce basculement, ainsi que la perte de milliers de soldats, a persuadé les leaders houthistes qu’il leur serait impossible de prendre Marib. Dès lors, ils ne pouvaient plus compter sur une victoire militaire pour arriver en position de force à des négociations. Pour la première fois, le temps jouait contre eux.

    D’autre part, les attaques de plus en plus fréquentes et efficaces contre les installations pétrolières en Arabie saoudite, et les premières contre les EAU en janvier 2022 ont prouvé l’amélioration des capacités balistiques des houthistes, à travers leurs missiles ou leurs drones armés. Cette situation a probablement persuadé les Émiratis qu’il était urgent de mettre fin au conflit. Il semble que les dirigeants tant saoudiens qu’émiratis ont perdu patience, constatant combien, en sept ans, leurs alliés yéménites n’ont fait que se diviser, tout en leur coûtant des fortunes en soutien financier et militaire. Bien que la corruption soit un phénomène inhérent aux relations clientélistes dans la région, leurs contributions aux factions yéménites, notoirement enrichies grâce à la guerre, n’ont en effet pas été décisives sur le terrain militaire.

  • Une diplomatie sans diplomates ? Le Quai d’Orsay supprimé par émmanuel macron Orient XXI

    Les diplomates sont inquiets face au sort que semble leur réserver la réforme de la haute fonction publique. Réflexe corporatiste, diront certains. Pourtant, les critiques exprimées dans diverses tribunes font état de sincères interrogations sur les conséquences d’une standardisation des savoir-faire, et redoutent une perte d’influence de la France sur un échiquier international en pleine recomposition.


    La réforme de la fonction publique est en France un vieux serpent de mer. Très attachés à leur service public, les Français ont pourtant l’image d’une administration globalement sclérosée et inefficace. À l’avant-veille de l’élection présidentielle d’avril 2022, le président Emmanuel Macron a lancé l’offensive en visant directement la tête, à savoir la haute fonction publique. Il a annoncé fin 2021 la création d’un Institut national du service public (INSP) qui a d’ores et déjà absorbé l’École nationale d’administration (ENA) et dans lequel sont voués à se fondre les hauts corps de l’État, à l’exception du Conseil d’État et de la Cour des comptes, soit 12 000 fonctionnaires qui seront désormais uniformément des « administrateurs de l’État ». Le but affiché est d’assurer une plus grande diversité des recrutements, davantage de polyvalence et de mobilité, de gagner en efficacité et d’en finir avec le corporatisme.

    Directement concerné, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères compte 13 600 agents, dont 1 800 diplomates. En bas de l’échelle, les « petites mains » qui contribuent largement à « faire tourner la boutique », sont les quelque 900 secrétaires des affaires étrangères. Ceux-là iront grossir les rangs du futur INSP. Au-dessus d’eux, les 800 conseillers des affaires étrangères et la centaine de ministres plénipotentiaires, parmi lesquels se recrutent les ambassadeurs, pourront mener leur carrière à terme, mais après une dernière édition du concours en 2022, ces deux corps seront clos et voués à disparaître.

    Le système qui prévaut aujourd’hui au Quai d’Orsay offre deux modes d’accession à la carrière, si l’on excepte quelques cas marginaux d’agents contractuels aux profils atypiques ou de personnels détachés d’autres ministères. Les deux voies « normales » étaient jusqu’à présent, soit le très sélectif concours d’Orient1 (18 postes de secrétaire en 2020 et 7 postes de conseiller), soit une sortie de l’ENA dans le premier tiers (5 postes en 2020). Dans le premier cas, les critères de sélection impliquent des compétences linguistiques et une excellente connaissance des pays de la zone de spécialisation : les postulants sont souvent issus de Sciences Po, mais on trouve également des profils de chercheurs. Après une dernière édition du concours de conseiller en 2022, celui de la dernière chance pour les secrétaires, les modalités de recrutement devraient être révisées au sein du nouvel INSP.

    Une institution qui bouge dans un monde qui bouge
    Cette reconfiguration drastique vient bouleverser une institution déjà troublée par la combinaison de différents phénomènes. Dans la période récente, le ministère a dû diversifier les missions et les savoir-faire. En 1998, il a absorbé le ministère de la coopération, devenu en son sein la Direction générale de la mondialisation (DGM). En 2012, Laurent Fabius alors à la tête du « Quai », arrache à « Bercy » (le ministère de l’économie) la conduite de la diplomatie économique. L’actuel titulaire du portefeuille, Jean-Yves Le Drian, y souscrira sans réserve en capitalisant sur ses compétences et contacts en qualité d’ex-ministre de la défense pour décrocher en particulier d’importants contrats d’armements.

    Le monde aussi a changé. Avec la mondialisation, les rapports de force et les règles du jeu international se sont modifiés. La Chine dispute aux États-Unis la place de numéro 1 mondial, et la France s’éloigne du peloton de tête. Comme beaucoup de leurs compatriotes, les diplomates peuvent ressentir une perte d’influence, voire un déclin français, et redouter que le pays ne soit plus à la hauteur de ses ambitions. Des acteurs importants — Chine et Russie notamment — contestent l’ordre mondial et le cadre de référence qui prévalent depuis plusieurs décennies. Au cœur même du bloc occidental, les engagements n’ont plus leur fiabilité d’antan. Non seulement le trublion Donald Trump est revenu sur l’Accord de Vienne avec l’Iran (nucléaire), ceux de Paris (climat), s’est retiré de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a coupé les crédits américains à l’Unesco, à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East, UNRWA) et contribué ainsi à affaiblir une ONU déjà mal en point, mais le très bien élevé Joe Biden n’a pas ménagé un proche allié en raflant la mise sur un juteux contrat australien de vente de sous-marins promis aux Français.

    Les conflits sont extrêmement complexes et difficiles à lire, avec à la fois une multiplication des acteurs locaux, souvent en lutte les uns contre les autres, et le jeu des ingérences étrangères, comme l’illustrent très bien les drames syrien et libyen. Sans parler des crises à dimension transnationale, voire internationale, telles que les vagues migratoires, le terrorisme, le réchauffement climatique et maintenant la pandémie de la Covid-19. Les diplomates ont dû s’adapter, faire évoluer à la fois leurs connaissances et leurs techniques d’intervention.
    Féminisation et diversification
    La suite : https://orientxxi.info/magazine/une-diplomatie-sans-diplomates-la-reforme-contestee-du-quai-d-orsay,5322

  • La Turquie de Recep Tayyip Erdoğan s’enfonce dans l’inconnu
    https://orientxxi.info/magazine/la-turquie-de-recep-tayyip-erdogan-s-enfonce-dans-l-inconnu,5519

    Alors que de nombreux Turcs peinent à subvenir à leurs besoins, ils observent de près le contexte international brûlant, notamment en Ukraine. Avec en ligne de mire les élections présidentielle et législatives prévues dans un peu plus d’un an, qui pourraient voir Recep Tayyip Erdoğan en grande difficulté.

    #Turquie

  • Peter Beinart. « Un quart des juifs américains considère Israël comme un État d’apartheid »
    Sylvain Cypel > Sarra Grira > Peter Beinart > 11 avril 2022
    https://orientxxi.info/magazine/peter-beinart-un-quart-des-juifs-americains-considere-israel-comme-un-et

    À l’occasion du Forum de Doha (26-27 mars 2021), nous avons rencontré Peter Beinart, directeur de la revue progressiste juive Jewish Currents pour évoquer avec lui l’évolution de l’opinion aux États-Unis et de celle de la communauté juive à l’égard d’Israël.

    #Israël/Palestine

  • La gauche divisée sur l’apartheid israélien
    Jean Stern > 5 avril 2022 > Orient XXI
    https://orientxxi.info/magazine/la-gauche-divisee-sur-l-apartheid-israelien,5491

    La guerre en Ukraine et la situation économique et environnementale sont au centre des campagnes des trois principaux candidats de gauche, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel et Yannick Jadot. Mais l’engagement récent de plusieurs ONG décrivant un apartheid en Israël comme dans les territoires occupés fait bouger les lignes à gauche. Dernier épisode de notre enquête sur la présidentielle, Israël et la Palestine. (...)