• Que faire des tonnes de débris de verres collectés à Beyrouth ?
    https://www.lecommercedulevant.com/article/30019-que-faire-des-tonnes-de-debris-de-verres-collectes-a-beyro

    Des milliers de vitres ont volé en éclats après la double explosion au port de Beyrouth. Combien exactement ? Difficile à dire à ce stade. L’ordre des ingénieurs et des architectes de Beyrouth et l’Organisation des Nations unies parlent pour le moment de 200 000 logements affectés. « Des milliers d’immeubles n’ont perdu que leurs vitres, sans autre dommage, souligne le secrétaire général du Forum arabe pour l’environnement et de développement, Najib Saad. Étant donné la nature de l’explosion, les dégâts sur les vitres ou façades en verre s’étendent sur un périmètre de 10 kilomètres, tandis que les dégâts au niveau des murs et des infrastructures sont limités à un périmètre de 2 ou 3 kilomètres. ». Interrogé par le Commerce du levant, le secrétaire général du Forum arabe pour l’environnement et le développement, Najib Saad, a estimé que 80.000 tonnes de verre avaient été soufflées pendant la double explosion du port de Beyrouth. 

    Or pour les militants écologistes, ce sont des déchets qu’il faut absolument valoriser. « Le verre n’a rien à faire en décharge ! » s’insurge Julien Jreissati, directeur de Greenpeace Liban, d’autant que ce verre, comme tous les gravats liés à l’explosion posent des risques sanitaires. « Ils peuvent être contaminés par du dioxyde d’azote, une substance toxique rejetée dans l’atmosphère au moment de la catastrophe, qui se transforme en particules. C’est d’ailleurs pour cela qu’il faut porter des masques N95 lorsqu’on déblaie », rappelle Julien Jreissati.

    Pour le moment, les gravats sont ramassés par la société al-Jihad Group for Commerce and Contracting (JCC) – qui gère par ailleurs la décharge de Costa Brava – et entreposés sur un terrain vague. Avant la catastrophe, le Liban croulait déjà sous les déchets ménagers, avec moins de 15 % de matières recyclées et des décharges saturées. Aujourd’hui, en l’absence d’une politique cohérente de gestion du secteur et d’une véritable filière de recyclage, les autorités sont totalement démunies.

    Lire aussi : Le recyclage du verre, encore au stade embryonnaire 

    Volume 0%
    Pour valoriser le verre, la municipalité de Beyrouth s’est donc tournée vers l’association Arcenciel. L’initiative est louable, mais limitée. L’association, qui n’est pas rétribuée pour cette mission, a collecté jusque-là 1 000 tonnes. « Nos camions effectuent de nombreux passages dans les quartiers touchés. Sans compter les particuliers ou les entreprises qui nous déposent ces déchets directement », explique le responsable du programme environnemental, Mario Ghorayeb. Pour l’heure, les débris sont stockés sur un terrain de 6 000 mètres carrés à la Quarantaine mis à sa disposition, en attendant d’être dépollués et analysés pour pouvoir être transformés. « On doit aussi y installer une unité de tri secondaire afin de séparer les différentes catégories de verre ». Arcenciel mise sur une technologie récente, développée par Deakin School of Engineering en Australie, qui permettrait de transformer les débris de verre en sable, réemployé dans la fabrication de béton ou dans la réhabilitation des carrières. Mais pour cela, elle a besoin de 700 000 dollars sur deux ans.

    De son côté, Cedar Environmental, une entreprise spécialisée dans la gestion des déchets, collecte également le verre, mais seulement celui qui est tombé à l’intérieur des maisons, afin d’éviter les risques de contamination liés à la présence de particules d’azote. « Les personnes nous contactent par WhatsApp et nous venons récupérer le verre à domicile », témoigne son PDG, Ziad Abi Chaker. Le verre est ensuite envoyé à Tripoli dans des ateliers de recyclage, qui le transforment en différents contenants. « Nous avons déjà envoyé un peu plus de dix tonnes de verre, créant quatre emplois pour des jeunes de Tripoli », se félicite-t-il. L’entrepreneur rachète ensuite la production de ces ateliers, pour la vendre dans des magasins partenaires.

    #recyclage

  • Dans les quartiers sinistrés de Beyrouth, l’immobilier suscite déjà l’intérêt des acheteurs
    https://www.lecommercedulevant.com/article/30006-dans-les-quartiers-sinistres-de-beyrouth-limmobilier-susci

    Alors qu’une partie de la ville est encore sous les décombres, des propriétaires ont été approchés pour céder leurs biens dans les régions sinistrées. Si de telles démarches étaient attendues, elles témoignent des risques d’une gentrification de la zone.

    Il aura à peine fallu une semaine pour que certains voient dans la double explosion qui a sinistré Beyrouth une opportunité commerciale. « J’ai reçu un premier appel masqué d’une femme qui se présentait comme employée d’une entreprise de sous-traitance proposant ses services pour la reconstruction de ma maison qui a subi de graves dégâts. J’ai décliné l’offre, et l’après-midi, je reçois un second appel, de la même personne, me demandant cette fois si j’étais intéressé par la vente, à un bon prix, de mon bien immobilier. Je sortais à peine de chirurgie, on avait à peine déblayé le sol : je n’en revenais pas qu’on puisse être si insensible à un moment si dramatique. Je n’ai aucune idée de comment ils ont pu obtenir ni mon nom, ni mon numéro », témoigne encore sous le choc, Nabil, un résident de Gemmayzé dont la maison a été soufflée par l’explosion.

    Selon un communiqué de l’UNESCO quelque 8 000 bâtiments, dont 640 bâtiments historiques, situés essentiellement dans les vieux quartiers de Gemayzé et Mar-Mikhaël, ont ainsi été touchés. 60 seraient même menacés d’effondrement.

    Sur les réseaux sociaux, les témoignages de propriétaires comme Nabil, dont les propriétés dévastées suscitent l’appétit de « vautours » se multiplient. « Il arrive souvent dans ce genre de tragédie que des intérêts opportunistes tentent de profiter de la situation pour acquérir des biens à des prix très décotés », explique Bruno Marot, docteur en politiques urbaines, chercheur associé à l’Institut français du Proche-Orient (IFPO).

    La nouvelle a rapidement suscité une vague d’indignation au sein de l’opinion public qui craint que les bâtiments endommagés ne soient remplacés par des immeubles plus modernes ou de grandes tours résidentielles, plus rentables que les petits immeubles qui y sont majoritaires, avec un risque de gentrification et une reconfiguration sociale, sur le modèle de la reconstruction d’après-guerre du centre-ville de Beyrouth entreprise par Solidere. Mais l’analogie avec l’après-guerre s’arrête là.

    « Solidere est une entreprise privée qui avait, à elle seule, un mandat sur 150 hectares au cœur de Beyrouth, alors qu’aujourd’hui, le risque vient surtout d’initiatives privées et fragmentées », nuance Mona Fawaz, professeure en urbanisme à l’Université américaine de Beyrouth. « La catastrophe pourrait en effet avoir attiré l’intérêt de simples particuliers, qui en pleine crise économique y aurait vu l’occasion d’investir leurs dépôts bloqués dans les banques », avance-t-elle.

    Les hypothèses vont bon train, mais pour l’instant, le mystère reste entier quant à l’origine de ce démarchage, « cela ne vient pas des membres de nos syndicats », assure Walid Moussa, le président du syndicat des agents et consultants immobiliers (REAL), qui représente 160 compagnies et individus, précisant qu’il n’est « pas illégal de s’enquérir des prix mais qu’il s’agit surtout d’une question d’éthique ».

    Des zones déjà convoitées

    L’intérêt des promoteurs immobiliers pour ces quartiers ne serait pas étonnant. « Ces régions abritent de nombreux bâtiments tombant sous le coup de la loi des ancien loyers – [NDLR, loi bloquant les contrats de location signés avant 1992]. Avant le drame, de nombreux propriétaires cherchaient déjà à se débarrasser de leurs biens qui, bien que situés sur des terrains très chers, leur rapportaient peu de revenus locatifs », explique Bruno Marot.

    La catastrophe risquerait d’accélérer cette mutation en facilitant l’expulsion des locataires, d’autant que la destruction du bâtiment est un des rares cas dans lequel la loi autorise la résiliation du contrat. « Nombreux sont les locataires qui ont peur de ne pas pouvoir revenir chez eux », témoigne Mona Fawaz.

    (Tiens ! Un bon article dans L’Orient-Le Jour !!!) La suite de la sélection est intéressante également.

    #liban #beyrouth #reconstruction

  • Lebanese elites flee as banks come under attack - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/04/lebanese-elites-flee-as-banks-come-under-attack

    Lebanon’s central Banque du Liban began using “financial engineering” in 2016 to prop up the country’s longstanding dollar peg, offering steep interest rates for local currency accounts – in exchange for hard foreign currency.

    Some economists compared the practice to a #Ponzi scheme, dependent on a triangle of mutually assured destruction between BdL, the banking sector, and the political and business elite.

    Depuis hier des manifestants caillassent et/ou brûlent des banques, dont le siège sidonien de la BDL.

    #Liban « #élite » #banques #banksters #voleurs #criminels #mafieux

  • Covid-19 Liban : bras de fer entre les compagnies d’assurance et les hôpitaux privés-Le commerce du Levant
    Qui payera les frais médicaux des patients atteints du coronavirus admis dans les hôpitaux privés ? Incapable de supporter seul le coût de la crise sanitaire, l’État demande aux compagnies d’assurances de mettre la main au pot, et aux hôpitaux privés de faire des efforts. Mais les négociations piétinent et les deux parties se renvoient la responsabilité du blocage.
    #Covid19#Liban#Économie#Assurance#migration#migrant

    https://www.lecommercedulevant.com/article/29753-covid-19-bras-de-fer-entre-les-compagnies-dassurance-et-le

  • L’agriculture libanaise s’effondre
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29653-lagriculture-libanaise-seffondre

    La baisse du PIB agricole, combinée à la chute des importations, soulève la question de possibles pénuries. Les experts écartent toutefois le risque de crise alimentaire aiguë à court terme.

    #Liban #agriculture #crédit #banques #financiarisation

    • Dans son dernier rapport, le Centre de recherche et d’études agricoles libanais (Creal) n’y va pas par quatre chemins : la production agricole libanaise va s’effondrer en 2020, si rien n’est fait pour aider les agriculteurs à passer cette “annus horibilis”. Selon les projections de l’organisme privé, qui collecte des données sur le monde agricole, la baisse devrait avoisiner les 40 % du PIB agricole global, qui ne dépassera pas 1,2 milliard de dollars cette année.

      Sur certaines cultures, les chutes pourraient aller jusqu’à 70 % (en valeur) et plus de 50 % (en volume) par rapport aux récoltes de 2018. C’est le cas notamment de certains des aliments courants de la cuisine libanaise, comme la pomme de terre ou l’oignon, qui figurent parmi les cultures les plus affectées.

      La raison de cet arrêt aussi brutal que violent est connue. C’est la crise bancaire et financière qui met en danger les saisons agricoles de l’année en cours et, plus sûrement encore, celles à venir en 2021.

      Pour comprendre pourquoi l’agriculture est peut-être davantage affectée que d’autres secteurs, il faut savoir que depuis la fin de la guerre de 1975, ses principaux acteurs – grossistes et revendeurs régionaux, agriculteurs… – vivent à crédit. Même leur trésorerie courante est financée par les crédits que leur consentent les sociétés d’importations d’intrants, qui y voient un moyen de garantir la vente de leurs semences, engrais et autres produits phytosanitaires.

      « Rien n’a été fait pour le développement du secteur agroalimentaire. On a presque toujours favorisé le commerce à travers notamment la signature d’accords de libre-échange. Cela s’est fait au détriment de l’agriculture locale, dont les coûts la rendent peu compétitive face aux productions étrangères, qui sont toutes, de surcroît, subventionnées », explique Moussa Freiji, fondateur du groupe Tanmia et président du syndicat des éleveurs de volailles.

      La culture de la Pomme de terre pourrait baisser de 70 % en valeur

      Pour un secteur déjà moribond, le coup de grâce a été porté lorsque les banques ont imposé le gel des lignes de crédit. « Ceux qui n’avaient pas une gestion saine de leurs finances auront du mal à survivre, pronostique Riad Saadé, directeur du Creal. Il y aura des fermetures d’entreprises dont certaines pourraient toucher les plus grands noms du secteur. »

      Les dettes ne sont pourtant pas énormes à l’échelle de l’économie libanaise : selon le Creal, il s’agit de 140 millions de dollars d’impayés. Mais faute d’avoir été acquittées, elles prohibent l’importation de nouvelles semences, des engrais ainsi que des autres produits phytosanitaires de qualité.

      « Il faut en urgence décider d’un moratoire sur la dette agricole afin de permettre au secteur de redémarrer. Autrement, la catastrophe interviendra en 2021, prévient Riad Saadé. Là, nous n’aurons vraiment plus de moyens pour redémarrer. »

      Une crise alimentaire en vue ?

      Faute d’outils statistiques fiables, difficile de mesurer précisément l’impact qu’aura la chute de la production locale sur l’approvisionnement alimentaire du pays. « D’une manière générale, le Liban importe 80 % de ses besoins, qu’il s’agisse de produits agricoles ou agro-industriels », assure Maurice Saadé, représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Liban. Problème : les importations agricoles sont, elles aussi, en chute libre. Elles se sont effondrées de près de 32 % au mois de décembre 2019 – dernier chiffre disponible – par rapport à la même période en 2018, selon les douanes.

      Corrélées à la chute du PIB agricole, cette tendance soulève la question de possibles pénuries. Certains produits vont sans doute disparaître du marché, mais le scénario d’une crise aiguë est toutefois écarté dans l’immédiat. « Personne ne va mourir de faim au Liban », promet Maurice Saadé.

      D’abord, parce que si l’agriculture est en très mauvaise posture, l’agro-industrie, elle, se porte mieux. Une majorité de ces entreprises ont malgré tout accès à des devises pour payer leurs fournisseurs étrangers. C’est le cas notamment de la filière avicole, qui parvient encore à importer les aliments nécessaires aux élevages en se fournissant en devises auprès des changeurs. Mais « cela signifie un surenchérissement de nos coûts de l’ordre de 20 %, que nous avons répercuté sur nos prix de vente », précise Moussa Freiji.

      Cette situation va affecter les plus vulnérables, sachant que sur la période 2016-2018, 11 % des Libanais étaient déjà sous-alimentés, selon l’Université américaine de Beyrouth.L’impact inflationniste pourrait toutefois être atténué par les importations agricoles en provenance de Syrie, qui pénètrent, la plupart du temps, de manière illégale sur le territoire national. La dévaluation de la livre syrienne les rendant encore plus compétitifs dans le contexte de la crise économique libanaise.

      « À part le fait que les prix agricoles suivent très rarement l’inflation dans les mêmes proportions, ils sont continuellement soumis à la concurrence des produits syriens introduits dans leur grande majorité en contrebande et bradés sur le marché libanais de gros », précise Riad Saadé. Ce qui devrait in fine limiter l’inflation des prix à la consommation, voire même offrir une porte de sortie possible à certaines entreprises agro-industrielles, qui pourraient chercher certaines de leurs matières premières en Syrie.

      Davantage que le risque de pénuries alimentaires dans l’immédiat, le danger pourrait être social et se situer du côté des quelque 250 000 à 300 000 foyers qui vivent en tout ou en partie de l’agriculture. « L’agriculture et l’agro-industrie représentent 25 % des emplois du privé », rappelle Maurice Saadé.

      Or, ces fermiers pourraient préférer laisser leurs terres en jachère et se débarrasser de leur bétail plutôt que de vendre à prix coûtant ou à perte. « C’est déjà le cas chez de petits agriculteurs », s’inquiète Saïd Gédéon, directeur du département de l’agriculture au sein de la Chambre du commerce et de l’industrie de Zahlé et de la Békaa (CCIZ). « Si rien n’est fait, le phénomène va s’accélérer. Ces familles risquent d’aller gonfler les rangs des personnes en extrême précarité », ajoute-t-il.Malgré cette situation inquiétante, les autorités n’ont pour l’heure rien fait. « Le ministère n’a pas de solution, assène Moussa Freiji. Le ministre est totalement ignorant des problèmes de l’industrie agricole. »

      Le gouvernement a bien créé un Comité de sécurité alimentaire, sous la direction du nouveau ministère de l’Agriculture et de la Culture, mais celui-ci ne s’est encore jamais réuni. Le ministère a même vu son budget amputé de 11,4 % cette année pour atteindre une cinquantaine de millions de dollars. La baisse des financements portant principalement sur les trop rares subventions qu’il attribuait jusqu’ici aux petits agriculteurs.

      « Pourtant la crise pourrait être une opportunité », veut croire Moussa Freiji. « D’ici à trois ou quatre ans, cela pourrait créer une dynamique différente », espère également Maurice Saadé.

      La dévaluation de la livre libanaise va rendre, il est vrai, la production “Made in Lebanon” plus compétitive et les cessations d’activités de petits agriculteurs participer à une consolidation du secteur. « Le nombre d’exploitations pourrait diminuer, celles qui survivront devraient gagner en efficacité », contine Maurice Saadé. Un vœu pieux, dont l’expert se sert comme “message d’espoir” pour inciter les acteurs du secteur à tenir le coup, malgré tout.

  • Le #Liban menacé par une accélération de la fuite des cerveaux
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29732-le-liban-menace-par-une-acceleration-de-la-fuite-des-cerve

    Quelque 66 000 Libanais ont émigré en 2019, soit deux fois plus que l’année précédente. Si l’épidémie du coronavirus a momentanément freiné l’hémorragie, l’aggravation de la crise économique en l’absence de mesures spécifiques ne fera que renforcer la tendance.

    #émigration #crise #paywall je n’accède pas à la totalité de l’article

  • Crise, choix et priorités
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29579-crise-choix-et-priorites

    Par #Charbel_Nahas

    En arabe le mot crise, “azma”, signifie morsure violente, insupportable, et suggère l’impossibilité d’attendre et l’obligation de réagir. Dans les langues européennes, la crise est le moment du choix, qui conduit soit à la guérison, soit à la mort. Tout le monde semble convenir que le #Liban est en crise. Mais de quelle crise s’agit-il ?

    Il y a une crise dans la rue : l’explosion de la colère populaire est persistante depuis le 17 octobre. Il y a une crise financière qui s’amplifie tous les jours, les banques, sans l’avouer, ne peuvent plus honorer les échéances de leurs déposants, ni financer les importations et l’économie.

    Il y a une crise du système politique : les chefs communautaires ne peuvent plus constituer un gouvernement d’“union nationale” suivant les règles de leur jeu et ont dû se cacher derrière un soi-disant cabinet de technocrates, sans projet politique.

    Il y a aussi une crise du modèle social : le #communautarisme reste la règle, freinant la libération du débat politique et faisant peser la menace de la #violence.

    Ces quatre crises se manifestent toutes ensemble. Leur coïncidence serait-elle fortuite ? Ou bien y a-t-il des liens de causalité entre elles, qui imposent de hiérarchiser leur traitement conjoint ?

    Certains se sont appliqués à proposer des causalités aberrantes (comme si les manifestations avaient provoqué la crise financière) ou à invoquer des actions externes (comme s’il n’y avait jamais eu d’interventions extérieures).

    La réalité est plus simple, mais non moins inquiétante : les crises ne sont pas perçues au moment de leur occurrence effective, mais décalées, et se manifestent dans des télescopages, comme celui que nous vivons actuellement. Le décalage est d’autant plus long que les enjeux de la crise sont graves et ses causes profondes.

    Si le soulèvement populaire dure depuis trois mois, la crise financière était déjà là depuis au moins 2016, sans quoi les fameuses “ingénieries” n’auraient pas eu lieu. Le modèle politique instauré après la guerre était en échec depuis 1996-97 du fait de l’effondrement des paris sur le “processus de paix” et sur la reconstruction par la #dette qui le sous-tendaient ; sinon les chocs de 1998, de 2000 et de 2004 n’auraient pas eu lieu. Ce modèle politique est lui-même le produit des transformations sociales du tournant des années 1960-70 qui, n’ayant pas été prises en compte (se souvenir de la lettre de renonciation de Fouad Chéhab en 1970), ont occasionné la guerre civile et produit l’arrangement de Taëf.

    Sans aller jusqu’à exiger que “gouverner, ce soit prévoir”, les Libanais sont en droit d’attendre que ce soit, plus humblement, de constater et de reconnaître.

    La fameuse “#résilience

    La question centrale devient celle du temps, du rapport au temps. C’est cet effet de décalage que certains thuriféraires ont appelé “résilience” et ont rattaché à un prétendu “exceptionnalisme libanais”.

    Pour que les crises aient pu être esquivées, reportées, il a fallu un mélange de trois ingrédients : des faits du hasard, une habileté et une ruse certaines, et surtout un fatalisme de la société qui s’est laissé transformer en variable d’ajustement du système.

    Deux faits inespérés d’abord : l’annonce de l’invasion américaine de l’Irak en 2001-2002 qui a rassemblé dans la même crainte Français, Saoudiens et Syriens, et qui a permis la tenue de la conférence de Paris II ; puis, à partir de 2006, la montée des prix du pétrole qui a fait se déverser sur le Liban un flux de dollars considérable.

    La ruse et l’habileté, mais aussi l’appétit pour les gains à court terme ont conduit à ériger une gigantesque pyramide de Ponzi et à créer une illusion monétaire sophistiquée : le dollar libanais. Une devise qui n’a pas de cours vis-à-vis des autres devises, et qui tient au mirage longtemps entretenu qu’un dollar libanais est un dollar américain, qui n’a pas d’institut d’émission, mais qui peut être détenu en réserve nominale de valeur par la Banque centrale et par les déposants, et qui se multiplie par les effets de crédit.

    Enfin, ces #illusions n’auraient pas pu se déployer sans le fatalisme que la guerre, puis la domination des chefs de guerre ont imposé à l’ensemble de la population le sentiment de vivre en sursis. Dès lors le fait de repousser les échéances devient un objectif en soi.

    Prouesse ou tragédie

    Ces prouesses ont eu un coût effroyable. Un coût financier bien sûr. Les agrégats financiers ont atteint des niveaux inouis : les emplois domestiques des banques représentent cinq fois le PIB, les #intérêts perçus par les créanciers atteignent la moitié du PIB et la dette publique, incluant le passif net de la BDL, deux fois le PIB.

    Un coût économique aussi. Les prix domestiques ont augmenté de près de 200 % par rapport aux prix internationaux comparés à leurs niveaux historiques respectifs, les exportations de biens et de services se sont étiolées, le déficit des opérations courantes est devenu structurel, atteignant 25 % du PIB, le pays est devenu otage de l’attraction permanente de capitaux extérieurs.

    Un coût social surtout. L’émigration draine la moitié des effectifs de chaque cohorte d’âge, les travailleurs immigrés et les réfugiés représentent près de la moitié de la population active hors secteur public, les Libanais #pauvres se retrouvent aux mains des patrons clientélistes, les modes de comportement ont aussi été profondément affectés, la société est devenue anomique, prise entre #prédation et #ostentation, violence et #fatalisme.

    Face au séisme, le déni a d’abord prédominé. Il ne pouvait durer indéfiniment. Depuis quelques semaines, certains “politiques” se plaisent à jouer les opposants, essayant de fuir leurs responsabilités. D’autres se cachent derrière les “technocrates indépendants” du gouvernement de Hassane Diab, avec l’ambition de retarder l’effondrement inéluctable, non sans espérer un miracle.

    Dans ce jeu, les “technocrates” et “#experts” ne sont pas en reste. Ce sont en général ceux-là mêmes qui défendaient le système, restreignant leurs critiques à la dénonciation facile de la “#corruption”. Ils se reconfigurent habilement pour adapter leurs offres aux groupes d’intérêts en place ou, plus astucieusement, aux groupes d’intérêts dont l’entrée en scène est attendue (FMI, fonds d’investissement, repreneurs d’actifs divers, etc.). Ils ont en commun de restreindre leurs propositions au volet financier.

    La politique et les priorités

    Or la crise et les choix auxquels le Liban est confronté sont éminemment politiques.

    Pour le pouvoir encore en place, les priorités se déclinent comme suit : pas de défaut de l’État sur sa dette en devises, pas de faillite formelle des banques, pas de décrochage “formel” (et factice) du taux de change et le maintien de l’approvisionnement minimal en denrées de base (blé, carburants et médicaments).

    Cette séquence répond au souci majeur de gagner un sursis et fait payer à la société un coût exorbitant.

    L’alternative que propose le mouvement “Citoyens et citoyennes dans un État” consiste à inverser les priorités : assurer la cohésion sociale et lutter contre l’émigration, conduire la transition économique, restructurer les créances et allouer les pertes, bien réelles, de la manière la plus juste possible.

    Il n’est pas vrai que tout le monde serait d’accord sur le “programme des réformes”, et cela pour une raison simple : parce qu’il ne s’agit pas de problèmes techniques. Tout projet politique exprime des choix de société. Veiller à ce qu’une émigration massive et qu’un effondrement des institutions et des entreprises susceptibles de générer des emplois ne handicapent la société pour plusieurs générations qui doit figurer en tête des objectifs. Dès lors, tous les aspects financiers ne relèvent que de considérations de moyens.

  • Relancer les capacités productives du Liban - Georges Corm
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29513-relancer-les-capacites-productives-du-liban

    Par ailleurs, alors qu’environ 50% des Libanais pourraient tomber sous le seuil de la pauvreté, il convient d’instituer un mécanisme pour les en préserver, d’autant que les prix intérieurs flambent. De même, il est urgent de protéger les avoirs (tous en livres libanaises) de la sécurité sociale du risque de dévaluation.

    Il faudra de plus qu’à l’avenir le ministère des Finances soit géré par un technicien des finances publiques ou du moins que le titulaire ministériel du poste s’appuie sur la compétence de la Direction générale des finances. La création de l’impôt général sur le revenu s’impose depuis longtemps pour augmenter les recettes fiscales.

    Enfin, il convient de restructurer notre dette publique qui a toutes les caractéristiques d’une “dette odieuse” – c’est-à-dire une dette qui a servi à financer des actions contre l’intérêt des citoyens et de l’État, et dont les créanciers avaient connaissance. Pour cela, l’une des options serait d’effacer une partie des intérêts qui ont pu être payés sur cette dette. Certes, ceci impactera la profitabilité des banques, dont une bonne partie venait de la gestion scandaleuse de la dette publique.

  • Lydia Assouad : « 3 000 individus gagnent autant que 50 % des Libanais les plus pauvres »
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29401-lydia-assouad-3-000-individus-gagnent-autant-que-50-des-li

    Quelles sont les causes de ces écarts considérables de richesse et de revenus ?

    L’économie de rente libanaise tire la plupart de ses revenus des services bancaires et du secteur immobilier. Or le système politique libanais, miné par la corruption et les pratiques clientélistes, a permis à l’élite politique au pouvoir de s’accaparer une large part de ces rentes.

    Le système fiscal a ensuite contribué à aggraver ces #inégalités. En principe, le système d’imposition libanais est progressif : l’impôt sur le revenu personnel augmente proportionnellement au revenu. Mais beaucoup d’exceptions le rendent inopérant. Ce système est cédulaire, autrement dit chaque source de revenus est imposable séparément, au lieu d’un impôt général sur l’ensemble des revenus, ce qui limite, en pratique, la progressivité. Par ailleurs, le taux d’imposition marginal sur les tranches de revenus les plus élevées plafonne à 20 % au #Liban, quand il grimpe à 37 % aux États-Unis et 45 % en France.

    La capacité de redistribution du système est, enfin, limitée du fait notamment de la faiblesse des revenus de l’État. Dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, ceux-ci représentent en moyenne 35 % du produit intérieur brut, contre seulement 16 % au Liban.

    #mafia

  • Le #Liban en crise : la fin d’une #illusion
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29486-la-fin-dune-illusion

    Bercés pendant plus de vingt ans par l’illusion d’une livre stable et d’un secteur bancaire florissant, en déconnexion totale avec les fondamentaux économiques, les Libanais réalisent, à leurs propres dépens, qu’ils ont été floués par des responsables qui ne le sont pas. Malgré les assurances officielles sur le maintien du taux de change et l’absence de contrôle de capitaux, leurs revenus en livres libanaises sont en train de perdre de la valeur, leurs économies en dollars ne sont plus accessibles et personne ne semble vouloir gérer les conséquences de cette crise.

    Les premiers signes d’un assèchement de liquidités en dollars sont pourtant apparus bien avant le soulèvement du 17 octobre et la démission du gouvernement. Dès fin août, les importateurs se sont vu refuser par leurs banques l’ouverture de lignes de crédit en devises pour payer leurs fournisseurs. Avec un contrôle des changes qui ne dit pas son nom, ils se sont tournés vers le marché parallèle, sur lequel la livre a commencé à se déprécier. Très vite, les entreprises ont été contraintes d’augmenter leur prix ou de réduire leurs importations, sans qu’un responsable ne prenne la peine d’expliquer ce qui se passe à des citoyens paniqués à l’idée de voir la livre à nouveau flotter.

    Ce n’est que le 29 septembre, après une grève des stations d’essence, que la Banque du Liban a émis une circulaire visant à fournir aux importateurs de carburant, de médicaments et de farine 85 % des devises nécessaires pour couvrir leur besoin, à charge pour eux, et pour les consommateurs, d’assumer le coût de la dépréciation de la livre sur les 15 % restants. Le Conseil des ministres, lui, était occupé à réfléchir à un moyen d’augmenter ses propres entrées de devises, trouvant la fameuse taxe WhatsApp, qui a mis le feu aux poudres.

    La gestion de la crise post-soulèvement a été aussi désastreuse qu’avant. Face à la ruée bancaire, les banques n’ont rien trouvé de mieux à faire que de fermer. Lorsqu’elles ont rouvert, deux semaines plus tard, les conditions avaient drastiquement changé. Abaissement des plafonds de crédit, gel des facilités, limites sur les retraits et, surtout, interdiction des transferts à l’étranger. L’étau s’est resserré, mais les exceptions restent possibles selon le niveau de liquidités de l’établissement et l’influence du client. Les banques sont ainsi devenues l’autorité de régulation de l’activité économique, décidant quelle entreprise pourra maintenir son activité et quelle autre devra fermer.

    Le pouvoir politique, plus que jamais aux abonnés absents, confie à #Riad_Salamé la tâche de rassurer la population. Sans succès. Niant l’existence d’un contrôle des capitaux de facto et minimisant l’importance du marché parallèle, il s’est contenté d’appeler les #banques à être moins “conservatrices” dans la gestion de leurs liquidités en dollars, qu’il a pourtant passé des années à aspirer.

    Dans un contexte marqué par la guerre en Syrie, les sanctions américaines contre le Hezbollah, les blocages politiques, la hausse des déficits publics, la détérioration de la notation souveraine, la Banque du Liban a réussi à stabiliser la livre et préserver le pouvoir d’achat des Libanais, s’est-il félicité alors que ces Libanais manifestaient au même moment devant la BDL pour dénoncer leurs conditions de vie. « La Banque centrale n’est pas celle qui dépense, c’est celle qui finance », s’est-il justifié. Comme si un créancier, qui finance à tout prix un agent qu’il sait insolvable, n’avait pas sa part de responsabilité. Surtout si cela s’est fait au détriment de la santé du secteur bancaire et de l’économie dans son ensemble.

    Comment en est-on arrivé là ?
    La politique de la BDL n’est pas la seule responsable de la crise actuelle. Mais en maintenant, à un prix très élevé, l’illusion d’une livre stable, elle a permis au Liban de vivre au-dessus de ses moyens, accumulant des dettes publiques et privées, qui représentent désormais plus de 365 % de son PIB (si on inclut la dette de la BDL envers les banques), et dont plus de la moitié est libellée en #dollars. Le problème n’est pas tant l’argent emprunté aux déposants que ce qui en a été fait. Au lieu d’investir dans des infrastructures ou des projets de développement pour renforcer l’économie, et doper les exportations pouvant générer les devises qu’il faudra un jour rembourser, l’État s’est endetté pour couvrir des dépenses courantes : les salaires de la fonction publique, devenue l’un des principaux canaux de recrutement clientéliste, le paiement des intérêts de la dette, bénéficiant aux déposants et à des banques dont 40 % sont affiliées à des hommes politiques , et le déficit de l’EDL, dont la pérennité ne peut que témoigner de l’#incompétence des pouvoirs publics.

    Quant aux crédits privés, ils ont financé essentiellement le secteur immobilier et la consommation, donc les importations.

    Pour faire simple, les politiques budgétaires et monétaires menées ces vingt dernières années ont consisté à s’endetter toujours plus, tout en se privant des moyens de les rembourser.

    L’objectif au départ était d’attirer les capitaux nécessaires pour financer la reconstruction et le redémarrage de l’économie après 15 ans de guerre civile.

    Au début des années 1990, le secteur bancaire s’est mis à financer le Trésor à des taux très élevés, leur permettant d’offrir des rémunérations attractives à leurs clients au Liban et à l’étranger. En collectant des dépôts en dollars, les banques renforçaient à leur tour les réserves de change de la BDL, lui donnant les moyens de défendre la livre. Mais le régime confessionnel mis en place après les accords de Taëf, basé sur le #clientélisme et la #corruption, a très vite montré ses limites. Les représentants des différentes communautés puisaient allègrement dans les caisses de l’État pour financer leurs intérêts tout en étant incapables de s’entendre sur la moindre politique économique, alors que le pays en avait grandement besoin, vu l’impact des taux d’intérêt élevés à la fois sur l’économie réelle et les finances publiques.

    Quelques années plus tard, alors que la dette publique commençait déjà à déraper, l’État s’est mis à s’endetter directement en dollars, avec l’aide de la BDL, qui s’est engagée à maintenir le taux de change autour de 1 500 livres pour un dollar. Cette stabilité permettait aux détenteurs de capitaux de générer des revenus substantiels, en jouant sur le différentiel de taux entre la livre et le dollar sans s’exposer au risque de change, et d’assurer un financement à moindre coût à l’Etat, au détriment de la compétitivité de l’économie et des secteurs productifs.

    L’accroissement des déficits de l’État et celui de la balance des biens et des services, année après année, témoignaient des déséquilibres structurels et de l’incapacité des pouvoirs publics à y faire face.

    À trois reprises, le Liban s’est retrouvé au bord du gouffre, en 2001, 2004 et 2007, et à chaque fois la communauté internationale a volé à son secours en échange de promesses de réformes structurelles, que la classe politique n’a jamais tenues. Ces bouffées d’oxygène permettaient néanmoins de restaurer la confiance et de relancer les entrées de capitaux.

    Tant que la balance des paiements était excédentaire, la BDL accumulait des réserves de change, la livre restait stable, et le Liban continuait à s’endetter. Le système était d’autant plus efficace que le chômage et la détérioration des conditions de vie poussaient les Libanais à émigrer, et donc envoyer des fonds de l’étranger.

    Mais l’abondance des flux dans la région est fondamentalement liée aux prix du #pétrole. La flambée du brut durant les années 2007-2010 s’est ainsi traduite par des afflux record de capitaux qui, faute d’avoir été canalisés vers les secteurs productifs, ont créé une bulle immobilière.

    À l’inverse, lorsque les prix du pétrole sont retombés, à partir de 2011, les flux vers le Liban ont commencé à se tarir, le marché immobilier s’est écroulé, malgré les tentatives de la BDL de soutenir la demande à travers des prêts subventionnés.

    La baisse des entrées de capitaux était d’autant plus problématique que l’économie libanaise subissait de plein fouet les conséquences de la guerre en Syrie, et l’afflux de plus d’un million de réfugiés. La classe politique, empêtrée dans ses contradictions et ses alignements géopolitiques, a été incapable d’amortir l’impact du choc, ni sur les finances publiques ni sur l’économie. La crise syrienne s’est traduite par une aggravation des déficits jumeaux, et donc des besoins de financements, au moment où les liquidités se faisaient plus rares. La balance des paiements a alors basculé dans le rouge, générant des pressions sur le taux de change.

    En l’absence d’une prise de conscience politique, en 2016, les réserves de change ont atteint un seuil critique, qui minait la confiance dans la livre et menaçait le modèle de financement. À ce stade, le coût social d’une dévaluation était déjà devenu trop lourd au vu de la dépendance du pays aux importations et la dollarisation de la dette privée.
    La BDL a alors accéléré la fuite en avant, avec sa fameuse #ingénierie_financière, qui lui a permis de doper ses réserves en offrant aux banques des rendements mirobolants en échange de leurs liquidités en dollars. Des rendements qui leur permettaient à leur tour d’attirer de nouveaux dépôts. Une partie des profits générés a aussi permis de renforcer la capitalisation du secteur dans un contexte économique de plus en plus difficile. Après la “démission” de Saad Hariri en 2017, ces ingénieries ont repris de plus belle, dans une course désespérée aux dollars, devenus d’autant plus nécessaires que l’État a été privé de son accès aux marchés internationaux suite à la dégradation de sa note souveraine. La BDL devant désormais puiser dans ses réserves, déjà sous pression, pour rembourser aussi les #eurobonds.

    En 2018, le Liban s’est encore tourné vers la #communauté_internationale, mais n’étant pas en mesure d’assurer les conditions politiques associées au soutien des pays du Golfe, les aides européennes et institutionnelles ont été promises sous forme de financement de projets d’infrastructures, conditionnées à des réformes ambitieuses. Mais encore une fois la classe politique a été incapable de tenir ses engagements. Au lieu de baisser le déficit public de 1 % du PIB comme promis, celui-ci est passé, élections obligent, de 9 à 11 % du PIB. Quant aux réformes structurelles, y compris les plus urgentes comme celles de l’#électricité, elles sont restées otages des #marchandages politiques et affairistes dont la classe politique s’est fait une spécialité.

    Le peu de confiance qui subsistait encore dans le système s’est évaporée et l’hémorragie a commencé, malgré les ingénieries persistantes et leurs promesses alléchantes. Sur les neuf premiers mois de l’année, les dépôts du secteur bancaire étaient déjà en baisse (intérêts compris) d’environ 4 milliards de dollars en rythme annuel, à 170,3 milliards de dollars à fin septembre, avec un taux de dollarisation de 72,9 %. Dans une étude publiée le 19 novembre, l’Association des grandes banques et institutions financières mondiales (Institute of International Finance, ou IIF en anglais) chiffre à 10 milliards de dollars les retraits de dépôts depuis août, dont 5 milliards auraient été transférés à l’étranger.

    Ayant placé quasiment toutes leurs liquidités auprès de la BDL, en gardant 9,8 milliards de dollars environ à l’étranger, les banques ont choisi de rationner les dollars, au cas par cas.

    Selon les estimations d’un rapport de Bank of America Merrill Lynch publié le 25 novembre, les banques détiennent 84,3 milliards de dollars auprès de la BDL, dont 19,8 milliards de réserves obligatoires rémunérées au taux Libor 3 mois, 22,7 milliards en certificats de dépôts rémunérés à 6,6 % et 41,8 milliards de dépôts à 5,94 % (ce qui représente une charge d’intérêts pour la BDL de 4,6 milliards de dollars par an). Mais ces placements ont des maturités plus longues que celle des dépôts bancaires en dollars, notamment ceux des non-résidents. Le prêteur de dernier recours, la Banque centrale, n’ayant elle-même que 30 milliards de dollars de réserves liquides leur a alors proposé des prêts en dollars à un taux de 20 %, à condition que l’argent ne sorte pas du Liban, instituant ainsi un contrôle des capitaux informel. Cette mesure, imposée de manière totalement discrétionnaire, permet aux banques et à la BDL de gagner du temps au prix d’une forte contraction de l’économie.

    Et maintenant on va où ?
    Toujours selon Bank of America Merrill Lynch, les réserves de la BDL ont fondu de 900 millions de dollars en seulement une semaine d’ouverture des banques en novembre. Même si ce rythme est réduit de moitié, avec un strict contrôle des capitaux, dans l’état actuel des choses, les réserves s’épuiseront durant l’année 2020. Si la demande de dollars se réduit de deux tiers, la BDL terminera l’année avec un peu plus de 7 milliards de dollars. Or ces réserves sont cruciales. Dans un scénario catastrophe, si rien n’est fait d’ici à quelques mois, l’évaporation des réserves provoquera non seulement une dévaluation socialement dévastatrice, mais aussi un défaut de paiement sur la dette en dollars de l’État et de la BDL. Étant donné la forte exposition des banques au secteur public, et particulièrement à la BDL, un taux de récupération de 20 % sur la valeur nominale de la dette en dollars induira un besoin de recapitalisation du secteur de 80 milliards de dollars, avec un haircut potentiel de 50 % sur tous les dépôts, ou près de 99 % si on ne vise que les dépôts de plus d’un million de dollars. Dans ce scénario il n’y aura pas d’arbitrages possibles.

    En refusant de réglementer le contrôle des capitaux, les acteurs du système continuent de vouloir penser que cette crise, comme les autres, passera avec quelques ingénieries, des réformes cosmétiques, un peu d’#austérité et des capitaux du Golfe, persistant à faire porter au Liban une politique dont il n’a pas les moyens. Certains préconisent de vendre les actifs de l’État, existants ou futurs (le gaz) qui, dans la configuration actuelle de crise et de corruption généralisée, risqueront d’être bradés au bénéfice de proches du pouvoir. La crise de confiance semble toutefois plus profonde, et il est peu probable que le secteur bancaire puisse à court terme de nouveau attirer les flux de dépôts nécessaires pour maintenir le pays à flots. Dans son rapport Bank of America Merrill Lynch estime que le Liban aura besoin d’au moins 8 milliards de dollars par an, sur les trois prochaines années, pour assurer ses besoins de financements.

    Un atterrissage en douceur est-il encore possible ? Difficile à dire tant l’opacité règne sur la situation financière réelle de l’État libanais et sa Banque centrale.

    Cela dépendra sans doute de la capacité du Liban à mobiliser des financements rapides, et les négocier au mieux. Que ce soit avec l’aide du Fonds monétaire international ou autres, un ajustement paraît incontournable, mais son coût doit être équitablement réparti, avec une approche économique et sociale, et pas seulement financière.

    La baisse des taux d’intérêt sur les dépôts décidée récemment par la Banque du Liban, par exemple, peut être considérée comme injuste pour les nombreux épargnants, notamment les retraités, qui vivent de ces revenus. Qui arbitre ? Sur quelle base ? Quel projet d’avenir pourrait justifier ces sacrifices ? Avec un gouvernement crédible, compétent et efficace, c’est-à-dire à l’opposé de ceux qu’on a connu ces trente dernières années, la chute serait certainement moins douloureuse.

    Mais pour le moment, la BDL est seule aux commandes, et son gouverneur a assuré qu’il n’y aura ni haircut sur les dépôts ni dévaluation, mais il a dit aussi que la livre était stable et qu’il n’y avait pas de contrôle de capitaux. On est donc en droit de douter.

  • Liban : « La stabilité du taux de change doit être défendue coûte que coûte » économiste avec l’économiste Albert Dagher
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29445-albert-dagher-la-stabilite-du-taux-de-change-doit-etre-def

    Pourquoi faut-il éviter à tout prix une dévaluation ? 

    Pour éviter des répercussions sociales d’une extrême violence, la stabilité du taux de change doit être défendue coûte que coûte, quitte à descendre dans la rue. Si on laisse la livre flotter, le dollar pourrait passer à 3000 livres libanaises selon certains scénarios. Le prix des biens importés augmenterait alors de 100 %. Celui des produits fabriqués localement suivrait car les industriels libanais répercuteraient eux aussi la hausse subie du coût des matières premières ou des produits intermédiaires. Avec la dépréciation du taux de change, interviendrait alors un phénomène d’hyper inflation – c’est-à-dire quand l’inflation approche ou dépasse les 100 % - laquelle se traduira directement par une chute du pouvoir d’achat, des salaires ou des autres revenus des Libanais d’au moins 50 %.

    #Liban #dévaluation

  • Sibylle Rizk : « L’Etat est en faillite, il est temps d’y faire face »
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29396-sibylle-rizk-letat-est-en-faillite-il-est-temps-dy-faire-f

    Comme toujours au #Liban, la #privatisation n’est envisagée que dans une logique de trésorerie à court terme. Or, quand on est dans une situation de faillite, comme c’est le cas aujourd’hui, la priorité est à une restructuration bien pensée. Il y a de très nombreuses questions à se poser avant de privatiser. Que la Middle East Airlines appartienne à la Banque centrale et donc à l’Etat est certes une bizarrerie. Mais si la MEA ne bénéficiait pas d’une situation de #monopole serait-elle aussi profitable qu’elle l’apparaît aujourd’hui ? Et comment dans ces conditions transférer cette rente de situation au secteur privé ? Concernant lesTélécoms, il faut donc être doublement attentif à toute idée de privatisation, sachant l’énorme collusion d’intérêt qui existe au Liban entre le secteur privé et la classe politique . Sans compter qu’une question fiscale s’impose : on ne peut pas privatiser des taxes. Or, l’essentiel du revenu généré par les services de téléphonie mobile est le fruit d’un prix fixé par l’État – les prix des télécoms sont notoirement très élevés au Liban –, ce qui est assimilable à une taxe. Sans compter que ces revenus sont libellés en devises.

  • 72 heures, et des #miracles
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29390-72-heures-et-un-miracle

    En 72 heures, les partis politiques au pouvoir ont fait un miracle : adopter un budget et l’envoyer au Parlement dans les délais constitutionnels ! Du jamais vu depuis au moins vingt ans. Comme quoi quand on veut, on peut.

    [...]

    Mais le principal signe d’un changement « total de mentalité » selon les termes du Premier ministre, c’est la substitution de tous les investissements publics par des investissements privés, surtout étrangers. Et c’est une très bonne nouvelle car c’est bien connu « les investisseurs étrangers n’acceptent pas le gaspillage et la corruption (sic) ». On est sauvé.

    #Liban #délire

  • Eden Bay à Ramlet el-Baïda : une seule solution, la démolition - Raja NOUJAIM - L’Orient-Le Jour

    https://www.lorientlejour.com/article/1121011/eden-bay-une-seule-solution-la-demolition.html

    Plus d’un an et demi après l’attribution par le mohafez de Beyrouth, Ziad Chbib, du permis de construire à la société Eden Bay Resort SAL sur la parcelle 3689 Moussaitbé, à Ramlet el-Baïda, le scandale perdure. Le promoteur est en passe d’achever l’hôtel et continue d’empiéter illicitement sur les biens publics en édifiant sur le sable un grand escalier fixe en béton et pierres ; en aménageant une route vers la plage pour ses véhicules ; et surtout en haussant graduellement le niveau du sol sableux tout le long de son projet, le polluant par le rajout de terre afin de créer des passages… Tout ceci afin de pouvoir réserver le bénéfice exclusif de la plage à l’ouest de son bâtiment à son profit et celui de ses clients éventuels !

    #beyrouth #liban #immobilier #scandale_immobilier #Ramlet_el_Bayda

    • A Ramlet el-Baïda, l’Eden Bay Resort inauguré sur fond de manifestations - Suzanne BAAKLINI - L’Orient-Le Jour
      https://www.lorientlejour.com/article/1122651/inauguration-de-leden-bay-resort-sur-fond-de-manifestations.html

      C’était une scène surréaliste hier à Ramlet el-Baïda (plage de sable de Beyrouth). D’un côté le très controversé projet d’Eden Bay Resort inauguré en grande pompe, et de l’autre les militants de plusieurs groupes de la société civile qui manifestaient contre ce complexe touristique construit à même la plage, qu’ils combattent depuis bientôt deux ans. Le groupe de protestataires s’avance très loin sur la plage pour mieux se faire entendre de la foule sur la terrasse, jusqu’à se heurter au « mur » d’agents de l’ordre qui l’empêche d’aller plus loin, malgré sa contestation du fait que la plage forme une continuité indivisible. Bien que les agents aient affirmé que la mesure était « exceptionnelle », en raison de la « célébration » en cours, Ali Darwiche, président de Green Line, assure que « des pêcheurs ont essayé de traverser devant le projet hier (dimanche) et en ont été empêchés par des vigiles sur place ».

    • Le très contesté Lancaster Eden Bay vise un taux d’occupation de plus de 55% cet été

      https://www.lecommercedulevant.com/article/28492-le-tres-conteste-lancaster-eden-bay-vise-un-taux-doccupati

      Inauguré fin juin, l’établissement cinq étoiles bénéficie d’un accès direct à la plage de Ramlet el-Baïda, une localisation, sur l’une des dernières étendues publiques de Beyrouth, qui lui vaut d’être au cœur d’une vaste polémique.

    • Jad Tabet : 80 % de la côte libanaise a été privatisée
      https://www.lecommercedulevant.com/article/28384-jad-tabet-80-de-la-cote-libanaise-a-ete-privatisee

      Plusieurs affaires récentes sont venues rappeler l’appétit des promoteurs immobiliers pour le littoral. Trois projets de développement dans la région de Zouk Mosbeh, Zouk el-Kharab et Damour ont ainsi été approuvés par le Conseil des ministres, malgré leur rejet par le Conseil supérieur de l’urbanisme. En parallèle, à Enfé, l’évêché orthodoxe de Tripoli a lui aussi demandé l’autorisation d’utiliser le domaine public maritime, ranimant les craintes d’un projet de “village touristique” dans l’une des dernières régions préservées du pays. Entretien avec le président de l’ordre des ingénieurs et des architectes de Beyrouth, Jad Tabet, qui suit de près ces dossiers.

    • Itani: Some in municipality culpable in Ramlet al-Baida flooding | News , Lebanon News | THE DAILY STAR
      http://www.dailystar.com.lb//News/Lebanon-News/2018/Nov-17/469462-itani-some-in-municipality-culpable-in-ramlet-al-baida-flooding

      The Daily Star

      BEIRUT: Beirut Mayor Jamal Itani Saturday vowed to hold accountable some in the municipality who he said knew that a major sewer and storm drain had been blocked with concrete, but had remained silent about it.

      “There are people who knew and remained silent, or gave permission, and it’s true that nobody could have [poured this concrete] without someone seeing,” Itani said in a live interview on local news channel LBCI Saturday. The mayor Friday had called for an investigation into the matter after the blocked drain caused the main road at Beirut’s Ramlet al-Baida to flood following heavy rainfall.

    • The untouchable hotel | Executive Magazine
      https://www.executive-magazine.com/real-estate-2/the-untouchable-hotel

      While it is widely assumed that Lebanon’s real estate business is rife with unethical dealings, only a few detailed examples of wrongdoing actually come to light. In the case of Eden Bay, a resort situated along Ramlet al-Baida—Beirut’s last public beach—evidence of violations and fraud piled up throughout 2017.

      The disclosures culminated in the form of a report compiled mid-2017 by the president of the Beirut Order of Engineers and Architects (OEA), Jad Tabet. The report alleges eight violations related to Eden Bay and is informed by building documents released by the Municipality of Beirut. The report’s allegations range from the infringement of public property to the forgery of permit application material. As a whole, Tabet’s report portrays a development project for which legal obstacles were fudged or ignored entirely to deliver the lucrative seafront hotel. Public pressure from media coverage, a unified civil society movement, and even lawsuits initiated by NGOs and the environment ministry have not prevented the completion of the hotel.

    • Beirut’s last public beach: residents fear privatisation of Ramlet al-Baida | Cities | The Guardian

      https://www.theguardian.com/cities/2017/feb/02/beiruts-public-space-last-beach-residents-fear-privatisation-ramlet-al-

      A private development close to Beirut’s last remaining public beach is sparking anger among residents who fear companies will leave nothing for the poor and middle classes – encroaching further into a city that already lacks public space
      Cities is supported by
      Rockefeller Foundation
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      Alex Dziadosz in Beirut

      Thu 2 Feb 2017 07.15 GMT
      Last modified on Fri 11 May 2018 13.08 BST

      Take a stroll down the golden sands of Ramlet al-Baida, Beirut’s last public beach, and you’ll see families fishing and smoking shisha in ramshackle palm frond cabanas, boys kicking footballs under battered lamp-posts, and children building sandcastles in the waves. It is a rare outlet in a city where public spaces are few and far between. But at the beach’s southern end, the scene abruptly gives way to looming cranes and men in hard hats driving rebars into a rising edifice of concrete.

    • Beirut Destroys the City’s Last Public Beach
      https://www.oroom.org/forum/threads/beirut-destroys-the-city%E2%80%99s-last-public-beach.51610

      The controversy over the ownership of Ramlet El Bayda first made news headlinesback in 2012,and has since been at the center of a tug-of-war between activists, on the one hand, and real estate developers and officials, on the other.

      InJune 2016, government officials denied any speculation about the closure of the beach for real-estate-development purposes, after some of the installations were destroyed by excavators.

      Ziad Chebib, the governor of Beirut, hadsaid:

      The Ramlet El Bayda public beach will not be closed and any form of restricting citizens from accessing the shores, be it for constructional purposes or by erecting fences to close off the area is strictly prohibited.

      In this case, activists have the law on their side. Indeed,“Article 2 of Order 144,” the lawregulating coastalproperties in Lebanon since 1925, stipulates that the seashore until the farthest area reached by the waves during winter as well as sand and rocky shores are considered public property.

      But despite this law,decree changes and loopholeshave allowed more and more development to happen on the Lebanese coast.

      This is not the first case of coastal development in Lebanon happening at the expense of public property. Just recently, activists heldprotestsagainst the government’s plans to transformKfarabida’s rocky beachin the Batroun district in Northern Lebanon to yet another Yacht Club.

      The legality of this project has also been the subject of much controversy, as many rules are being bent by using ministerial decrees to get the project approved. Six months earlier, the issue of theAdlounbeach in South Lebanon was raised by local media outlets. It was reported that the natural coast was being destroyed in order to be replaced by a port worth26.6 million USDand erasing, in the process, a Phoenician port site of high cultural and archeological value. The excavations began with no proper environmental impact assessment prompting a conflict between the Ministry of Public Works and the Ministries of Environment and Culture.

    • No One Wants to Take the Blame for Friday’s Sewage floods | Blog Baladi
      https://blogbaladi.com/no-one-wants-to-take-the-blame-for-fridays-sewage-floods

      Every time it rains in Lebanon, sewer lines are blocked causing floods all over the road but what happened on Friday was a different story. Ramlet el Baida and Bliss streets were flooded by sewage because the main sewer and wastewater drain lines were blocked illegally.

      Beirut Gov. Ziad Chebib rushed to blame Eden Bay and the Ghobeiri municipality but a daily star article revealed that the governor had stopped works to unblock the sewer line a day before. Moreover, almost everyone in Lebanon is aware that this resort has blocked a sewer line for months now yet no actions were taken. Weirdly enough, Beirut Mayor Jamal Itani wasn’t aware of that blockage and had called for an investigation which will probably be forgotten sometime soon.

    • Legal Agenda
      http://legal-agenda.com/en/article.php?id=3647
      http://legal-agenda.com/uploads/1493812554-Page 5 - ruines-achouriennes.png

      Editor’s note: The following article was written prior to the recent ruling on April 11, 2017, in which the State Shura Council reversed its earlier decision that suspended the construction permit of the Eden Bay resort.

      The Eden Bay resort project (commonly known as the Eden Rock resort), situated at the southern tip of Beirut, has been a major topic of interest for public opinion and the Lebanese media. This is certainly due to several factors, namely that it is one of the few cases related to the protection of maritime public property with a positive, even if initial, outcome. Having issued three successive rulings, the judiciary has asserted itself as a weapon of public action against powerful companies and financiers. Not only has the investing company’s ongoing construction work in defiance of judicial orders infuriated many citizens. It has led to significant implications at the judicial level: because of these actions, the case now is not just one about the environment and protecting a beach, but also about the judiciary’s independence and the fight against corruption.

      In this article, I shall reflect on some lessons that the activist community might be able to draw on from this experience.

      Lesson 1: Access to Information is an Essential Part of the Battle to Annul Administrative Decisions

    • Ramlet el Baida : débordement du Privé sur le domaine public maritime - Cynthia BOU AOUN
      https://libnanews.com/ramlet-el-baida-debordement-prive-domaine-public-maritime-cynthia-bou-aou

      Depuis quelques semaines, les travaux d’excavation défigurent la plage de Ramlet el Baida sur la partie à l’extrême sud de la dernière plage publique restante à Beyrouth en vue de la construction d’un autre complexe touristique, l’ « Eden Bay Resort », ce qui suscita une mobilisation des ONG et de la société civile qui considèrent que le site fait partie du domaine public maritime. Le chantier a démarré après que le gouverneur de Beyrouth Ziad Chbib a libéré les parcelles appartenant à la « Société foncière touristique Eden Rock s.a.l » [3689 – 3690 – 3691 – 3692] en juin 2016, qui justifie cette décision hâtive en affirmant qu’il s’agit de « parcelles privées car à l’origine, elles étaient de nature rocheuse mais le sable les a envahit suite à l’interruption des travaux ». Cette décision s’accompagne de la signature du propriétaire d’un engagement à limiter la construction sur 2 bien-fonds [3691 – 3692] à « 1m maximum au-dessus du terrain naturel » [en d’autres termes à ce que la loi de construction permet pour les sous-sols] et à modifier en conséquence le permis de construire de sorte à relocaliser le projet sur la partie nord de la parcelle [3689 – 2390]. Bizarrement, ce permis à été approuvé sur base de cet engagement, avant même de présenter un nouveau dossier de permis modifié !

    • Development of public beaches sparks outrage in Lebanon
      https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2018/07/lebanon-public-beach-violations-hotel-tourism.html

      BEIRUT — Lancaster Eden Bay Hotel opened June 25 on Ramlet al-Baida seashore in Beirut, despite all the legal conflicts that occurred with the construction of the project. It had an invalid building permit, and the municipality of Beirut did not grant the hotel an occupancy permit. However, project owner Wissam Achour insisted on opening the hotel as a fait accompli.

      On May 9, Nahnoo — an NGO founded in 2009 that works to protect public property and cultural heritage in Lebanon — published a report b

    • http://lcps-lebanon.org/featuredArticle.php?id=111

      In a public statement last January, Beirut’s mayor reiterated his electoral promise to protect and harness the city’s coast as its most important resource. Yet, nine months after he assumed office, Mr. Itani has yet to make an announcement about how he will address forty illegal buildings that distort and privatize the city’s seafront.[1] In fact, Beirut’s municipal council has so far been publicly unresponsive to activists’ demands, namely that it intervene to stop encroaching development along the coast (and elsewhere). More alarming, the council and its president have remained mute about the Eden Rock/Eden Bay resort saga, the blatantly illegal seven-floor touristic development that was the subject of two decisions from the higher court council (Majlis al-Shura) before the city’s governor—ironically once a judge on the council himself—issued a statement ordering the developer to stop construction.

    • The last public beach in Beirut | 1843
      https://www.1843magazine.com/dispatches/dispatches/the-last-public-beach-in-beirut

      It’s one of the only spaces in Lebanon’s capital where people can mingle for free. But the shadow of private development looms large
      Ellie Violet Bramley | February 4th 2019

      On the afternoon I visit Ramlet al-Bayda beach, a young bride and groom are having their photograph taken. She holds her white dress up carefully, the voluminous skirt hovering a few inches above the sand like a frilly spaceship. Their friends and relatives buzz around them excitedly, playing music from their phones. Other beach-goers sit on plastic chairs close to the water’s edge, chatting, smoking argileh (the Lebanese word for shisha) and taking in the scene. Nearby, children are making the most of a seesaw and swings.

    • Beirut Municipality Removing Violations on #Ramlet_el_Bayda Beach | Blog Baladi
      https://blogbaladi.com/beirut-municipality-removing-violations-on-ramlet-el-bayda-beach

      It’s hard to mention violations on Ramlet el Bayda’s beach without the Eden Bay coming to mind, but it’s no longer a priority apparently or maybe they’re legit now (because Lebanon right?). Remember the sewage floods too last winter? Also forgotten.

      What seems to be a priority to the Beirut Municipality is removing a bunch of illegal bamboo beach bars and benches, set up on a beach infested by sewage waters and garbage, and surrounded by violating restaurants and cafes. Yes we’re all for removing violations but what’s the point of doing so when the beach poses serious health risks to all those swimming or sun-bathing?

      Now one can argue that it is not the municipality’s job to remove other violations, but what about the sidewalks? What about the garbage lying around? What about providing clean and free public beaches and green spaces to its residents? What about clean air? noise pollution? What about bicycle paths and safe pedestrian side walks? Where are we from all that?

      #liban #beyrouth #privatisation #côtes #plage

  • Charbel Nahas : Le Liban est déjà dans une dynamique de crise
    https://www.lecommercedulevant.com/article/28763-charbel-nahas-le-liban-est-deja-dans-une-dynamique-de-cris

    Le mouvement “Citoyens et citoyennes dans l’État” est l’une des rares formations politiques à s’aventurer actuellement sur le terrain économique. Son chef, l’économiste et ancien ministre Charbel Nahas, évoque ouvertement le scénario d’une crise et appelle à enclencher un processus de correction volontaire, avant qu’il ne soit trop tard.

    Mais l’entretien ne détaille pas les mesures proposées pour répartir les pertes.

  • Charbel Nahas : Le #Liban est déjà dans une dynamique de #crise
    https://www.lecommercedulevant.com/article/28763-charbel-nahas-le-liban-est-deja-dans-une-dynamique-de-cris

    Quels sont pour vous les signes de l’imminence d’une crise ?

    Il y a une série d’indicateurs, depuis quelques mois, qu’il convient de mettre en relation. Le premier est l’arrêt des prêts au logement subventionnés par la BDL. Ces prêts ne s’inscrivaient pas dans le cadre d’une politique de logement, ils avaient pour objectifs de maintenir un niveau de valorisation foncière et immobilière élevé pour attirer des devises, et soutenir les crédits bancaires adossés à ces actifs. Mais dans une économie peu compétitive comme celle du Liban, qui ne produit quasiment rien et qui importe tout, les crédits en monnaie nationale induisent mécaniquement une sortie de devises. L’arrêt de ces crédits, malgré les risques de solvabilité pour les banques, témoigne donc de l’urgence de contenir la demande sur le dollar. Le plafonnement des crédits bancaires en livres va dans le même sens.

    Parmi les autres signaux négatifs, il y a la baisse de la valorisation des eurobonds qui a nécessité une intervention rapide de la BDL ; l’attitude agressive des banques qui ont fortement augmenté leurs taux pour stabiliser les dépôts et en allonger les maturités ; et, enfin, l’accumulation des retards de paiements de l’État à la CNSS.

    Tout cela nous fait penser que nous sommes déjà dans une dynamique de crise.

  • Carlos Ghosn, investisseur immobilier au Liban
    Sandra Abou Nader : « Cedrar va dynamiser la région des Cèdres »
    https://www.lecommercedulevant.com/article/27775-sandra-abou-nader-cedrar-va-dynamiser-la-region-des-cedres


    Le flambant patron de Renault-Nissan a effectué plusieurs investissements immobiliers et touristique, dont celui de Cedrar, "ouvert à tous les Libanais" soi-disant...

    Quelle clientèle visez-vous ?
    C’est un projet ouvert à tous les Libanais. Cedrar veut devenir une destination toute l’année, été comme hiver. Les Tripolitains y sont à moins d’une heure, comme les gens du Koura et de Batroun. Pour contourner les embouteillages à la sortie de Beyrouth, nous avons un héliport qui pourra favoriser l’accessibilité du site. Les permis nécessaires sont en cours.

    #Liban #Ghosn #immobilier