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  • Liban. Wajdi Mouawad et le boycott d’Israël, un cas d’école
    Marina Da Silva > 12 juillet 2024 - Orient XXI
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/liban-wajdi-mouawad-et-le-boycott-d-israel-un-cas-d-ecole,7481

    L’annulation sous la pression de la pièce de théâtre Journée de noces chez les Cromagnons que Wajdi Mouawad devait créer fin avril 2024 à Beyrouth, au théâtre Monnot, est révélatrice de la part du dramaturge d’une lecture eurocentrée du conflit israélo-arabe et de la guerre en cours contre Gaza. (...)

  • La mort sans importance d’un enfant palestinien - Sylvain Cypel
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/la-mort-sans-importance-d-un-enfant-palestinien,7369

    Comment un simple accident de bus se termine en catastrophe pour la famille Salama et la mort du fils, brûlé vif ? Journaliste américain, Nathan Thrall raconte le drame et ses conséquences pour les parents et les habitants de leur village, mêlant l’histoire singulière de ce jeune garçon, et la grande histoire du peuple palestinien. Un récit époustouflant de l’apartheid au quotidien. Passé sous silence par les médias français.

  • Alain Gresh revive/ravive Maxime Rodinson, un peu trop oublié.

    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/israel-fait-colonial-maxime-rodinson-met-ko-bernard-henri-levy,7337

    Les dirigeants sionistes surent, comme l’a démontré l’historien israélien Zeev Sternhell
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    , manipuler ces « vieilles passions communistes » pour créer des kibboutz très militarisés – « une main sur la charrue, l’autre sur le glaive » – dont l’objectif réel était le maillage du territoire palestinien, premier pas vers sa conquête.

    Marx écrivait qu’on ne juge pas un individu sur l’idée qu’il se fait de lui-même. On ne peut évaluer non plus un mouvement sur l’idée qu’il se fait de lui-même. Il ne s’agit pas de nier la sincérité de cette « passion communiste » qui animait (certains) émigrants juifs, mais d’analyser leur pratique politique réelle, nombre de massacres et de crimes se sont fait au nom du Bien et de « la civilisation ». Rodinson a bien mis en lumière le point aveugle de ces colons :

    La suprématie européenne avait implanté, jusque dans la conscience des plus défavorisés de ceux qui y participaient [à l’émigration en Palestine], l’idée que, en dehors de l’Europe, tout territoire était susceptible d’être occupé par un élément européen. Le cas de l’utopie sioniste n’était pas, de ce point de vue, différent de celui des utopies socialistes du type de l’Icarie de Cabet
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    . Il s’agit de trouver un territoire vide, vide non pas forcément par l’absence réelle d’habitants, mais une sorte de vide culturel. En dehors des frontières de la civilisation (…), on pouvait librement insérer, au milieu de populations plus ou moins arriérées et non contre elles, des « colonies » européennes qui ne pouvaient être, pour employer anachroniquement un terme récent, que des pôles de développement.

    Ce sentiment de supériorité n’était pas propre au seul mouvement sioniste, on le retrouve dans le mouvement ouvrier à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe siècle. Ainsi, les communards en Algérie qui se réclamaient de la Commune de Paris de 1871, saluaient la répression de l’insurrection des indigènes, qui embrasait alors le pays
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    . Les fédérations algériennes de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) votèrent massivement l’adhésion à l’Internationale communiste au congrès de Tours en 1920, tout en dénonçant le nationalisme indigène « rétrograde » et en prônant l’assimilation. Tous ces socialistes chantaient pourtant « L’Internationale », se réclamaient de « la dictature du prolétariat », appelaient au soulèvement des « damnés de la Terre » réduits aux seuls ouvriers européens. Il fallut la création de l’Internationale communiste pour que s’impose, non sans obstacles, le mot d’ordre « prolétaires de tous les pays et peuples opprimés unissez-vous », et pour rompre en paroles et parfois en actes avec les vieilles tendances coloniales de la social-démocratie.

  • Ce que la Palestine fait au monde
    Orient XXI > 2 mai 2024 - Alain Gresh
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/ce-que-la-palestine-fait-au-monde,7291

    L’offensive israélienne contre Gaza depuis le 7 octobre montre plus que jamais l’impunité totale d’Israël et un soutien inconditionnel apporté à Tel-Aviv par la majorité des pouvoirs occidentaux. En France, cette guerre a également joué un rôle d’accélérateur dans la rhétorique d’une confrontation civilisationnelle avec les « barbares ». Un narratif auquel Alain Gresh répond dans son dernier livre Palestine. Un peuple qui ne veut pas mourir qui sort en ce jeudi 2 mai. (...)

    • Alain Gresh, journaliste : « Israël veut rendre Gaza invivable »
      Publié le : 02/05/2024
      Il n’y a toujours pas d’accord sur une trêve dans la bande de Gaza. Mais est-il encore temps ?... Le gouvernement de Benjamin Netanyahu avait donné jusqu’à hier soir au Hamas pour se positionner sur la proposition de trêve. L’attente se poursuit pour les civils palestiniens, comme pour les otages israéliens détenus dans l’enclave. La diplomatie américaine, elle, ne relâche pas la pression. Une trêve éventuelle et après ?... On en parle avec le journaliste Alain Gresh, qui publie « Palestine : un peuple qui ne veut pas mourir » (Ed. Liens qui libèrent), et notre chroniqueur Gauthier Rybinski.

      https://www.youtube.com/watch?v=DlGhhQlUSY0

  • #Liban. Sur les #traces des #disparus de la #guerre_civile

    Comment filmer la #disparition ? Traduire par l’image ce qui n’est plus ? C’est un travail de #remémoration contre l’#amnésie_officielle et collective, et donc un travail pour l’histoire, que propose l’équipe du film The Soil and the Sea (« La terre et la mer »), qui sillonne le Liban sur les traces des #charniers de la guerre civile.

    Image trouble, son étranglé, vagues menaçantes… The Soil and the Sea (« La terre et la mer ») commence littéralement à contre-courant, la caméra submergée dans une lutte contre les vagues, dont nous tire la voix de l’écrivain libanais Elias Khoury lisant en arabe son poème « La mer blanche ». Ce sauvetage n’est pourtant qu’une illusion : c’est bien une noyade longue d’un peu plus d’une heure qui commence avec le film réalisé par Daniele Rugo, véritable plongée cinématographique dans la violence de la guerre civile libanaise.

    Partant de la côte beyrouthine, le film nous fait entrer au Liban par le charnier méditerranéen qui le borde, cette mer dans laquelle la guerre a souvent dégurgité ses #cadavres. The Soil and the Sea interroge les disparitions, exhume les histoires des #victimes et de leurs familles, creuse les bas-fonds de près de quinze années de #guerre_civile.

    Un pays amnésique et imprégné de #violence

    Au Liban, 17 415 personnes auraient disparu de 1975 à 1990, pendant la guerre civile qui a opposé de très nombreuses factions locales et internationales, mais dont les victimes ont été en majorité libanaises, palestiniennes et syriennes. Ce chiffre est tiré de la recherche constituée par le Lebanon Memory Archive, un projet piloté par l’équipe du film qui met en lumière cinq sites libanais abritant des #fosses_communes datant de la guerre1. Massacres délibérés, emprisonnements, torture, enlèvements, assassinats arbitraires ou ciblés, des lieux tels que #Damour, #Chatila, #Beit_Mery, #Aita_Al-Foukhar ou #Tripoli, sont emblématiques de toutes les facettes de la violence devenue routinière dans le Liban des années 1980. Leurs noms seuls suffisent à réveiller le souvenir d’une opération militaire, d’une prison ou d’une hécatombe dont les histoires sont tues dans un pays qui s’est remis de la guerre civile en instaurant un fragile statu quo.

    Afin de saisir la force de The Soil and the Sea, il faut comprendre la portée politique du simple geste de prise de parole proposé par le film. Dans les années 1990, la principale barrière mise en place pour éviter de retomber dans les méandres d’un affrontement civil a été le #silence. Aucune #politique_mémorielle n’a été mise en place à l’échelle du pays, les programmes scolaires s’arrêtent notoirement à la veille de la guerre civile, et la guerre est un arrière-plan anecdotique dans les conversations des Libanais·es. Des organisations de la société civile plaident pourtant depuis longtemps en défense des familles des personnes disparu·es, et une loi de 2018 promettait même d’éclaircir leur sort, mais le silence reste de mise pour la majorité de la société libanaise. La faute en revient surtout à l’absence de politiques publiques et d’institutions dédiées : il n’existe pas au Liban d’histoire « objective » de la guerre, scientifiquement constituée, et admise par l’État et la population. The Soil and the Sea donne un exemple saisissant de cette #amnésie_collective avec l’anecdote d’une mère qui pose une plaque et plante un olivier en mémoire de son fils Maher, disparu devant la faculté des sciences dans la banlieue sud de la capitale. Alors que cette faculté relève du seul établissement supérieur public du pays - l’Université libanaise -, les étudiant·es et les professeur·es rencontré·es par la mère de Maher sont effaré·es d’apprendre qu’une fosse commune « de trente mètres de long » a été enfouie sous les dalles de leur campus à la suite d’une bataille entre des factions libanaises et l’armée israélienne pénétrant dans Beyrouth en 1982.

    Pour recomposer l’histoire d’un pays amnésique, The Soil and the Sea choisit d’enchaîner les #témoignages, comme celui de la mère de Maher. Les #récits sont racontés en « voix off », superposés à des images montrant les lieux banals, gris, bétonnés, où les Libanais·es foulent souvent sans s’en douter - ou sans y penser - les corps de centaines de leurs semblables. Les voix des proches ou des survivant·es qui témoignent sont anonymes. Seuls ces lieux du quotidien incarnent la violence. Le film offre l’image d’un Liban pâle et quasi désert, où l’immobilier aussi bien que la végétation ont recouvert les plaies mal cicatrisées de la guerre. Des silhouettes lointaines parcourent ruines antiques et bâtiments modernes, gravats et pousses verdoyantes, mais on ne verra jamais les visages des voix qui racontent, par-dessus des plans savamment composés, les disparitions des proches, l’angoisse des familles, parfois de précieuses retrouvailles, plus souvent des vies passées dans l’errance et la nostalgie. Filmant le présent pour illustrer les récits du passé, The Soil and the Sea met au défi l’expérience libanaise contemporaine en montrant des lieux imprégnés jusque dans leurs fondations par une violence rarement nommée, qui prend enfin corps à l’écran dans les récits des familles laissées pour compte. Le travail de mise en scène du témoignage oral est aussi soigné du point de vue de l’image que du son, les mots crus des proches étant délicatement accompagnés par les arrangements légers et angoissants de Yara Asmar au synthétiseur.

    Géographie de l’oubli

    Faut-il déterrer les cadavres ? Serait-ce rendre justice aux familles que de retourner aujourd’hui la terre, et risquer ainsi de raviver les blessures d’un pays jamais guéri de la violence ? Ces questions, posées par un survivant du massacre commis par les milices palestiniennes à Damour en 1976, reçoivent plus tard une réponse indirecte de la part de la mère de Maher : « S’ils exhument des restes, où est-ce que je les mettrais ? » Juxtaposant des témoignages qui se font écho, The Soil and the Sea devient un jeu de questions et réponses qui exprime le paradoxe de l’#amnésie libanaise. Aux dépens de nombreuses victimes et de leurs familles, l’oubli a été un geste d’amnistie qui a permis à la société libanaise de se reconstruire, d’élever des banques et de déployer des champs sur une terre ravagée par le conflit. Beaucoup de victimes ont aussi été acteur·rices de la violence, à commencer par Maher, mort au service d’une milice, dont le récit de la disparition entame et conclut le film. En exhumant leurs corps, on risquerait de raviver des colères enfouies avec eux. Au lieu de prendre un tel risque, et outre l’impossibilité matérielle et politique d’une telle entreprise, le documentaire et le projet de recherche auquel il s’adosse se contentent de recueillir des #souvenirs sans les commenter autrement que par des images du quotidien, familières à tous·tes les Libanais·es.

    L’absence de protagonistes à l’écran, le choix de filmer les lieux représentés à des moments où ils sont inhabituellement déserts, illustrent d’abord la #disparition, thème principal de l’œuvre. Nous, spectateurs et spectatrices, sommes invité·es dans ces espaces comme dans des arènes cinématographiques qui réverbèrent les récits de la violence et abattent le quatrième mur, nous mettant au centre d’un récit oral, musical et visuel. Nous qui foulons le sol libanais, nous qui partageons sa mer et contemplons ses espaces, sommes responsables de constater la violence gravée en eux, nous dit le film. Si on ne peut résoudre les disparitions sans raviver la violence qui les a causées, si on ne peut déterrer les cadavres sans risquer d’exhumer la guerre qui les a tués, on peut au moins admettre l’amnésie, s’en reconnaître responsable, et apaiser par des #actes_mémoriels la violence fantôme qui hante le Liban.

    The Soil and the Sea apporte sa pierre à l’édifice mémoriel par la constitution d’une #géographie qui relève un à un des #lieux de l’oubli libanais. Les récits qui permettent l’enquête ne sont jamais exhaustifs. Ils permettent d’incarner cette géographie, lui donnant le relief et la profondeur qui manquent aux images du quotidien libanais contemporain. Par des procédés fins et dépouillés, le film de #Daniele_Rugo nomme l’innommable, montre ce qui ne peut être montré, et parvient ainsi à nous remémorer notre #oubli.

    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/liban-sur-les-traces-des-disparus-de-la-guerre-civile,7167
    #film #documentaire #film_documentaire

  • Saint Levant, une nouvelle voix sort du rang pour Gaza
    Orient XXI > Meryem Belkaïd > 7 mars 2024
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/saint-levant-une-nouvelle-voix-sort-du-rang-pour-gaza,7120

    Le dernier clip de Marwan Abdelhamid, Saint Levant de son nom de scène, est sorti le 22 février. Il s’agit du morceau titre de son prochain album Deira, dont la sortie est prévue en avril. Les influences musicales et visuelles allient les deux principales identités de l’artiste, palestinienne et algérienne. L’occasion de revenir sur son parcours musical et ses engagements politiques. (...)

    https://www.youtube.com/watch?v=vRTtwtjNLdU&t=185s

  • « Telk Qadeya », l’hymne d’une rupture avec le monde occidental - Sarra Grira
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/telk-qadeya-l-hymne-d-une-rupture-avec-le-monde-occidental,7000

    La chanson « Telk Qadeya » (« Ceci est une cause ») du groupe égyptien Cairokee connaît un succès exceptionnel depuis sa sortie fin novembre 2023. En dénonçant l’indignation sélective du discours occidental qui se prétend à la pointe des combats progressistes mais n’a aucune considération pour le génocide en cours à Gaza, le titre traduit un ressentiment largement partagé dans le monde arabe.

    @gonzo

    • l’hypothèse officiellement privilégiée, l’EI plus qu’Israël
      https://www.lemonde.fr/international/article/2024/01/04/l-iran-frappe-par-l-attentat-le-plus-meurtrier-depuis-la-revolution-islamiqu

      Peu après le double attentat de Kerman, sur le réseau social X, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, la plus haute autorité du pays, a menacé les responsables des explosions d’une « réponse ferme ». Le président, Ebrahim Raïssi, a promis que les services de sécurité iraniens « identifieront et puniront bientôt les auteurs de cet acte lâche ». Aucun de ces deux dirigeants n’a pointé du doigt un pays étranger ou un groupe militaire en particulier. Jeudi matin, le ministère de renseignement iranien n’avait pas encore attribué la responsabilité des deux explosions.

      Esmail Qaani, le successeur de Ghassem Soleimani, a accusé « des éléments soutenus par les Etats-Unis et le régime sioniste [Israël, dans la phraséologie officielle iranienne] » d’être à l’origine des explosions à Kerman. Mais, à Téhéran, peu d’officiels ont mis en cause les Etats-Unis ou Israël , deux ennemis jurés du régime iranien. Mercredi, le département d’Etat américain a rejeté l’accusation de M. Qaani. « Nous n’avons aucune raison de croire qu’Israël a été impliqué dans cette explosion », a déclaré Matthew Miller, le porte-parole de la diplomatie américaine, lors d’un point de presse. « Cela ressemble à une attaque terroriste, du type de celles que l’#EI a commises par le passé, et, pour autant que nous le sachions, c’est en quelque sorte, je pense, notre hypothèse de départ à l’heure actuelle », a dit un haut responsable américain, dans des propos rapportés par l’agence Reuters.

      Beaucoup d’experts pointent, en revanche, du côté de l’EI. Pays majoritairement chiite et dirigé par une élite appartenant à la même obédience, l’#Iran a été touché, à de multiples reprises, par des attaques, dont plusieurs ont été attribuées à l’EI. En juin 2017, le groupe avait ainsi revendiqué, pour la première fois, des actions simultanées à Téhéran, l’une près du mausolée du fondateur de la République islamique, Ruhollah Khomeyni, et l’autre au Parlement iranien. Ce double attentat avait tué dix-sept personnes.
      Un an plus tard, lors d’un défilé militaire à Ahvaz, ville située dans le sud-ouest de l’Iran, des hommes armés ont tiré sur les soldats, tuant vingt-cinq personnes. La dernière attaque revendiquée par l’organisation Etat islamique a été menée en octobre 2022, au sanctuaire de Chah-Tcheragh, à Chiraz, ville du sud du pays, lorsqu’une fusillade a tué quinze personnes. L’EI avait ensuite menacé de mener d’autres attaques en Iran. De leur côté, les dirigeants iraniens annoncent très souvent le démantèlement des réseaux appartenant à cette organisation et l’arrestation de plusieurs de ses membres dans le pays.

      Depuis le 7 octobre 2023, Téhéran a exprimé son soutien au Hamas, tout en affirmant n’avoir joué aucun rôle dans l’organisation de l’attaque en Israël. Pour le moment, la République islamique d’Iran prend soin de ne pas s’engager dans une guerre ouverte avec Israël et son allié indéfectible, les Etats-Unis. Mais ses « proxys » (alliés) ne cessent de défier ces deux pays sur plusieurs fronts.

      Condamnations internationales
      Au Liban, les échanges de tirs entre le Hezbollah et l’Etat hébreu le long de la frontière israélo-libanaise, devenus quotidiens, se sont intensifiés depuis l’assassinat de Saleh Al-Arouri, le 2 janvier. En Syrie et en Irak, les forces américaines ont été prises pour cible plus de cent fois par des militants soutenus par l’Iran. Dans la mer Rouge, les rebelles yéménites houthistes attaquent des navires marchands qu’ils estiment « liés à Israël ». Le 1er janvier, la marine américaine est intervenue au sud-ouest d’Hodeïda (le premier port du Yémen, aux mains des houthistes) pour détruire trois des quatre embarcations utilisées par le mouvement rebelle qui cherchaient à attaquer un navire commercial.

      Par le passé, Israël aurait certes procédé à des assassinats en Iran, sans jamais les revendiquer, mais ils ont toujours été ciblés. En novembre 2020, Mohsen Fakhrizadeh, acteur-clé du programme nucléaire de Téhéran, a été tué en plein jour à Absard, une petite ville à l’est de Téhéran. Quelques mois plus tard, le quotidien américain New York Times a révélé que cet assassinat avait été mené par une mitrailleuse de haute technologie pilotée à distance et cachée dans un pick-up stationné au bord de la route. Avant lui, au moins quatre autres scientifiques nucléaires iraniens ont été tués à Téhéran : Massoud Ali Mohammadi et Majid Shahriari, en 2010, Darioush Rezaeinejad, en 2011, et Mostafa Ahmadi Roshan, en 2012.
      Les explosions de Kerman ont été condamnées unanimement par la communauté internationale. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé « les responsables à rendre des comptes ». Le chef de la diplomatie de l’Union européenne, Josep Borrell, a « condamné cette attaque terroriste dans les termes les plus forts » et « exprimé [sa] solidarité avec le peuple iranien ».
      Alors que les inquiétudes grandissent quant à une possible extension régionale de la guerre à Gaza, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, devait commencer jeudi une nouvelle tournée au Moyen-Orient, qui le conduira notamment en Israël, mais aussi dans des capitales arabes. Ce déplacement sera son quatrième dans la région depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas.
      Ghazal Golshiri

    • Quand Israël créait un groupe terroriste pour semer le chaos au Liban - Rémi Brulin
      https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/quand-israel-creait-un-groupe-terroriste-pour-semer-le-chaos-au-liban,24

      Dans les années 1979-1982, le gouvernement israélien a créé au Liban une organisation qui a commis de très nombreux attentats terroristes. Dans son livre Rise and Kill First : The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations, traduit en français sous le titre Lève-toi et tue le premier (Grasset, février 2020), le chroniqueur militaire israélien Ronen Bergman revient, entre autres, sur cet épisode qui reste largement occulté.

    • D’abord actes de vengeance aveugle, en réaction au massacre d’une famille israélienne de Nahariya par un commando palestinien, ces opérations ont eu pour objectif, après 1981, de pousser Yasser Arafat à attaquer Israël, en violation du cessez-le-feu négocié par les Etat-Unis, pour justifier une invasion militaire au Liban.

  • Ces juifs partisans d’une vision universaliste
    Orient XXI > Dominique Vidal > 16 décembre 2023
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/ces-juifs-partisans-d-une-vision-universaliste,6922

    Si vous avez prévu d’offrir un cadeau de Noël à Emmanuel Macron, voici une bonne idée : un excellent livre intitulé Antisionisme, une histoire juive (Syllepse, Paris, 2023). À peine élu à la présidence, il innova en effet, dans son discours pour le 75e anniversaire de la rafle du Vel’ d’Hiv’, le 16 juillet 2017, en assurant : « Nous ne cèderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » Sur cette lancée, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) exigea que cette phrase se transforme en une loi. La polémique qui s’ensuivit dura jusqu’à ce que, le 19 février 2019, le président renonce à cette législation.

    Si Macron dut rétropédaler, c’est, expliquai-je alors (1)
    , pour deux raisons principales. La première, sans doute décisive, est qu’une telle législation aurait introduit un délit d’opinion dans le droit français, qui n’en connaît pas. Ce qui fit tousser bien des juristes, y compris macronistes. La seconde choqua surtout les historiens : comment dénoncer comme « antisémite » l’« antisionisme » qui est, comme le titre joliment le livre en question, « une histoire juive » ?

    Qu’un Soral ou un Dieudonné aient parfois drapé leur antisémitisme dans un charabia antisioniste n’y change rien : c’est bien de l’opposition au projet d’« État des juifs » de Theodor Herzl qu’est né l’antisionisme, courant amplement majoritaire parmi les juifs jusqu’à la seconde guerre mondiale. Après la naissance d’Israël, les antisionistes se fixèrent progressivement pour but de le transformer en « État de tous ses citoyens », comme la plupart des États du monde…

    C’est de cette pensée et de ses cheminements que témoignent Béatrice Orès, Michèle Sibony et Sonia Fayman : elles ont choisi une cinquantaine d’extraits de textes d’auteurs juifs représentatifs de ce courant dans sa diversité, de Hannah Arendt à Ella Shohat, de Karl Kraus à Michel Warschawski, de Martin Buber à Abraham Serfaty, de Léon Trotski à Daniel Bensaïd…. (...)

    • «  Confondre antisionisme et antisémitisme, c’est trahir ce qui était la majorité des juifs du monde d’avant la Deuxième Guerre mondiale »
      https://lanticapitaliste.org/actualite/antiracisme/confondre-antisionisme-et-antisemitisme-cest-trahir-ce-qui-etait-l

      Michèle Sibony, porte-parole de l’UJFP, l’Union juive française pour la paix, répond à nos questions sur l’actualité de l’antisémitisme, les moyens de lutter contre celui-ci et son instrumentalisation par les classes dominantes.

      L’Anticapitaliste : Tu as co-dirigé avec Béatrice Orès et Sonia Fayman, Antisionisme : une histoire juive , récemment paru chez Syllepse. S’agit-il d’un projet déjà ancien ? Y a-t-il un déclencheur particulier de cette initiative ?

      Michèle Sibony : Ce projet de livre a commencé à nous intéresser après la déclaration du président Macron lors de la commémoration de la rafle du Vel d’hiv, avec Israël comme invité d’honneur en la personne de son Premier ministre Benyamin Netanyahou. Cette déclaration a été le point culminant d’une campagne élaborée dès la deuxième Intifada, pour conjurer la critique de la politique israélienne qui s’exprimait de façon grandissante dans les opinions. Cette campagne a consisté à fusionner deux notions différentes. L’antisémitisme, une forme de racisme antijuif, et l’antisionisme idéologie politique critique du sionisme. Il s’agissait d’éteindre le feu des critiques, le vote de condamnation du Parlement européen réclamant des sanctions en 2002, l’avis de la Cour internationale de justice condamnant la construction du mur de séparation en 2004, les grandes manifestations de soutien à la Palestine qui voient pour la première fois une génération de jeunes arabes musulman·nes arriver en politique avec le sujet de la Palestine, l’enquête des diplomates européens commanditée en 2008 par l’UE et enterrée dès sa publication sur l’état de Jérusalem Est… Contre tout ceci l’amalgame est lancé qui servira à tout disqualifier. En 2003, le rapport Ruffin commandé par Nicolas Sarkozy créée une catégorie, un antisionisme radical, qui serait celui de l’extrême gauche et de l’altermondialisme. Le rapport propose déjà une loi qui sanctionnerait « ceux qui porteraient sans fondement à l’encontre de groupes, institutions ou États, des accusations de racisme, et utiliseraient à leur propos des comparaisons injustifiées avec l’apartheid ou le nazisme ».

      On retrouvera ces mêmes termes dans les exemples chargés d’illustrer la définition de l’antisémitisme produite en 2016 par l’IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste) et que les groupes sionistes s’emploient à faire voter État par État.

      La déclaration suivante du président Macron nous a violemment interpellés : « Nous ne céderons rien aux messages de haine, nous ne céderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Tout d’abord parce qu’elle constitue une négation de l’histoire, et de l’histoire juive : l’antisionisme est d’abord une histoire juive, celle de tous les juifs qui se sont opposés à une idéologie qui voulait changer leur destin. Et jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, il a concerné l’essentiel des juifs du monde. Confondre antisionisme et antisémitisme pour des raisons de basse politique, c’était trahir ce qui était la majorité des juifs du monde d’avant la Deuxième Guerre mondiale, et nier leur apport à une discussion devenue essentielle aujourd’hui.

    • Après plus d’un mois de bombardements et de ravages à Gaza et d’agressions coloniales mortifères quotidiennes en Cisjordanie, la réquisition du judaïsme et de la judéité par le sionisme semble atteindre des niveaux d’intensité inégalés, notamment pour attaquer la gauche en général dès lors que la question Israël-Palestine en trace une délimitation assez nette. Mais comment apprécies-tu cette situation, toi-même, pour commencer ?

      Effectivement la propagande israélienne a très vite mobilisé ses réseaux gouvernementaux médiatiques et autres autour de l’identification entre juifs et israéliens. Ramener ce qui s’était passé à un pogrom antisémite permettait d’effacer immédiatement, dans la conscience européenne, tout le contexte colonial qui a fabriqué cette explosion. C’était le but. Pourtant ce contexte colonial et impérialiste était clairement revendiqué par les premiers sionistes et il est évoqué dans notre ouvrage.

      Mais surtout, on doit se poser la question : est-ce vraiment ainsi qu’on « lutte contre l’antisémitisme » ? Il suffit de voir comment LFI a été attaquée en France, pour comprendre qu’il n’y avait aucune place autorisée à une quelconque analyse. C’est avec nous ou contre nous. Une colère s’exprime même dans la gauche israélienne contre la gauche internationale, celle du moins qui n’a pas marché dans l’identification et qui continue de dénoncer le siège de Gaza par exemple. Une grande partie de la gauche israélienne se disent « les déçus de la gauche », c’est devenu une expression, par le manque d’empathie rencontré dans cette catégorie.

      En te posant ces questions, on pense aussi à la manière dont circule une certaine imputation que la gauche aurait finalement un problème irrésolu avec l’antisémitisme ; par non-dit, par sous-estimation de la question, par complicité même. C’est un scénario que l’on a beaucoup vu outre-Manche durant les années Corbyn et qui a produit des dégâts assez considérables. Ce soupçon, qui peut virer à l’incrimination pure et simple, vient lui-même parfois de personnes, voire, de personnalités, situées à gauche. Alors plusieurs questions viennent à l’esprit. La première est de savoir ce que tu penses de ce débat et du crédit qu’il faut lui accorder, surtout dans le contexte actuel ?

      Une certaine mouvance se dessine récemment constituée de trois ou quatre petits groupes juifs qui se disent de gauche. Tout en se déclarant critiques d’Israël – mais en général ils demeurent silencieux sur ce point – l’objectif qu’ils se donnent est d’interpeller la gauche sur son manque de réactivité à l’antisémitisme ; cette mouvance revient activement à la charge en ce moment.

      Il est urgent pour ces groupes qui ne remettent pas le sionisme en question, de verrouiller partout où c’est possible la parole de soutien au peuple palestinien. Il suffit pour cela de proclamer que la gauche est insensible à l’antisémitisme, voire serait antisémite, pour l’obliger à recentrer le débat, là où il ne peut y avoir de débat justement : le racisme, et lui faire abandonner le terrain politique où ses positions gênent Israël. Pourtant sur quelle base objective, quels faits quels textes s’appuie cette accusation ? Il s’agit plutôt d’un énoncé performatif, qui fait exister ce qu’il dit juste parce qu’il le dit.

      Des syndicats, des médias et des associations sont travaillés au corps, de l’intérieur, afin d’infléchir leurs positions sur la guerre d’Israël contre Gaza. Cela se traduit par des communiqués qui mettent en avant l’antisémitisme et relativisent la solidarité si nécessaire en ce moment avec les Palestiniens.

      Ceux qui accusent la gauche d’antisémitisme, premièrement veulent ignorer les ressorts du ressentiment antijuif lié à Israël, ainsi que l’instrumentalisation des juifs français qui alimente et cultive ce ressentiment. De fait, ils assument cette instrumentalisation, alors que la gauche tente de la refuser. Ils font en réalité le travail de l’État raciste à l’intérieur de la gauche. Ils contribuent à bâillonner ou réfréner la critique politique légitime de la gauche contre la politique israélienne.

      Ils sont au fond dans la même posture que tous ceux, plus à droite, qui continuent d’exiger une totale empathie pour les victimes du 7 octobre, sans jamais même évoquer les milliers de morts et le risque génocidaire encouru par la population gazaouie. Pire encore, ils exigent cette empathie pour bloquer toute empathie ultérieure sur les victimes de la vengeance revendiquée par le gouvernement israélien. Cette empathie revendiquée a un implicite : vous êtes avec nous ou contre nous.

      Une étude attentive des textes de ces groupes juifs de gauche qui investissent les syndicats partis médias, de cette question de l’insuffisante empathie pour les juifs, montre dans ses replis l’emprise sioniste sur ces débats. Il s’agit de ramener à plus de modération la critique d’Israël, et ça marche !

      Cela signifie-t-il qu’il ne faudrait pas parler d’antisémitisme ? Certainement pas, d’ailleurs cette question est très présente au sein des débats de l’UJFP. Le problème c’est comment on pose le cadre du débat et ses critères : soit l’antisémitisme est un racisme à part, qui mérite une distinction spéciale de toutes les autres formes du racisme, et on voit bien là l’héritage en France de la Seconde Guerre mondiale, mais cette hiérarchie favorise l’« unicité » de la question juive, sa mise au-dessus et toutes les autres formes du racisme agglomérées en un magma indistinct, son appréhension comme exception.

      Soit on acte que le racisme travaille les sociétés européennes depuis longtemps, non seulement sous sa forme antisémite, mais aussi sous sa forme coloniale, esclavagiste, impérialiste, et sa persistance dans nos sociétés (une persistance d’autant plus visible que les fils et filles des colonies et du sud sont aussi ici et françaisEs depuis la décolonisation. On voit bien que la question décoloniale a beaucoup divisé et divise toujours les syndicats, les partis les militants de gauche. La color-blindness assumée, la haine parfois de ceux qui ont osé se revendiquer indigènes, la dispute qui traverse les universités entre ce qu’ils appellent universalisme à la française et communautarisme, autant de questions qui rencontrent beaucoup de résistances. Cette seconde façon d’aborder et d’articuler le racisme dans ses différentes formes a le mérite de rechercher des convergences humanistes et politiques, alors que la première hiérarchise sépare, et isole les juifs.

      Y-a-t-il urgence à « former » les militantEs à gauche aux dangers de l’antisémitisme ?

      Il y a urgence à mobiliser les militants sur le racisme en général, sur les questions décoloniales, l’anti-impérialisme et l’internationalisme. Et l’antisémitisme fait intégralement partie de toutes ces questions, il n’est ni ailleurs ni au-dessus.

      Ou une meilleure connaissance de la tradition juive antisioniste ne serait-elle pas le meilleur préalable à toute discussion relative à ces questions ?

      La tradition juive antisioniste a eu le mérite dès son début d’alerter sur ce que le sionisme produirait dans cette région. Les antisionistes ont dès la première heure pris en compte la présence sur la terre sans peuple, d’un peuple autochtone qui ne supporterait pas d’être dépossédé.

      Puis avec la progression du peuplement juif du territoire, et l’installation d’une souveraineté juive sur ce même territoire, ils ont cherché et cherchent toujours des issues humanistes à l’affrontement inévitable. Ces pages sont en réalité à la fois d’une justesse profonde quant au diagnostic, et pleines d’espoir pour une possible guérison.

  • « Anxious in Beirut ». Liban, un pays, plusieurs crises
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/anxious-in-beirut-un-pays-plusieurs-crises,6844

    « Soit la tombe, soit l’avion ». Cette assertion glaçante, récurrente dans Anxious in Beirut, résume la trame du premier documentaire hybride de Zakaria Jaber. Déjà primé à quatre reprises dans des festivals, le film est interdit de distribution au Liban. Il sera projeté dimanche 19 novembre 2023 à 20h30 au festival du film franco-arabe de Noisy-le-Sec, dont Orient XXI est partenaire.

  • Comme un oiseau, toujours plus haut dans le ciel de Palestine - Jean Stern

    le dessinateur Mohammad Sabaaneh livre avec Je ne partirai pas un récit graphique impressionnant sur la Cisjordanie et la bande de Gaza explorées par un volatile bavard.

    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/comme-un-oiseau-toujours-plus-haut-dans-le-ciel-de-palestine,6801

    Utilisant le noir et blanc et la technique de la linogravure, qui est une forme d’impression en relief favorisant les contrastes, Sabaaneh se situe dans la lignée des illustrateurs expressionnistes du début du XXe siècle, en particulier du Belge Frans Masereel.

    #Palestine #Mohammad_Sabaaneh

  • Ni Mediapart, ni le Monde, ni Libération, ni le Le Nouvel Obs, n’ont rendu compte, ni publié, la lettre du Directeur du bureau de New York du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, qui a démissioné en protestant contre la si faible action de l’ONU pour faire respecter les Droits de l’Homme à Gaza.

    Dans une lettre à son supérieur, rendue publique, il dit, entre autres :

    "Il s’agit d’un cas d’école de génocide. Le projet colonial européen, ethno-nationaliste, de colonisation en Palestine est entré dans sa phase finale, vers la destruction accélérée des derniers vestiges de la vie palestinienne indigène. en Palestine ."
    ...

    "Les USA, le Royaume-Uni et la majorité de l’Europe sont complices de l’agression horrible.

    Non seulement ces gouvernements refusent de remplir leurs obligations de faire respecter les Conventions de Genève, mais ils arment activement Israël, lui procurent un soutien économique et de renseignement, et donnent une couverture politique et diplomatique aux atrocités commises par Israël."

    https://twitter.com/Raminho/status/1719385390086271164?s=20

    https://www.nydailynews.com/2023/10/31/un-official-resigns-genocide-palestine-israel

    La TV française est israélienne-CRIF-Netanyahu mais les journaux, même de gauche, en France me posent question.

    #Israel #USA #UE #France #Grande-Bretagne #Allemagne #Genocide #Gaza #Palestiniens #Armes #VentesArmes #Corruption #Lobby #Racisme #Suprémacisme #Colonialisme #Massacres #AssassinatsEnfants #AssassinatsCivils #Medias #Mediapart #LeMonde #Deshumanisation #Arabes

    • La partialité systématique des #médias_occidentaux trouve un écho dans la réaction symétrique du #monde_arabe et d’une bonne partie des pays du #Sud, où le soutien de l’#Occident à la résistance de l’Ukraine contre l’agression russe, alors qu’il refuse de reconnaître l’agression d’Israël contre les #Palestiniens sous #occupation, a déjà suscité des accusations d’hypocrisie (une division qui rappelle les fractures de 1956, lorsque les peuples des « pays en voie de développement » étaient solidaires de la lutte de l’Algérie pour l’autodétermination, tandis que les pays occidentaux soutenaient la résistance de la Hongrie à l’invasion soviétique).

      ... Les fantasmes ethno-tribalistes de la #gauche_décoloniale, avec ses invocations rituelles de Fanon et son exaltation des guérilleros en parapente du Hamas, sont en effet pervers. Comme l’écrivait l’écrivain palestinien Karim Kattan dans un essai émouvant publié par le journal Le Monde6, il semble être devenu impossible à certains amis autoproclamés de la Palestine de dire tout à la fois que « les massacres comme ceux qui ont eu lieu à la rave party du festival Tribe of Nova sont une horreur indigne » et qu’« Israël est une puissance coloniale féroce, coupable de crimes contre l’humanité ».

      ... Quant aux habitants de #Gaza, ils sont non seulement contraints de payer pour les actions du Hamas, mais aussi, une fois de plus, pour les crimes d’Hitler. Et l’impératif d’invoquer la Shoah est devenu le véritable « dôme de fer » idéologique d’Israël, son bouclier contre toute critique de ses actions.

      ... La vérité incontournable, c’est qu’Israël ne peut pas plus étouffer la résistance palestinienne par la violence que les Palestiniens ne peuvent vaincre dans une guerre de libération de type algérien : juifs israéliens et Arabes palestiniens sont « coincés » dans une relation inextricable — à moins qu’Israël, de loin le plus fort des deux adversaires, ne pousse les Palestiniens à l’exil pour de bon. La seule chose qui puisse sauver les peuples d’Israël et de Palestine et empêcher une nouvelle Nakba — laquelle est devenue une possibilité réelle, alors qu’une nouvelle Shoah n’est qu’une hallucination d’origine traumatique — est une solution politique qui accorde aux deux peuples un égal droit de citoyenneté et leur permette de vivre en paix et en liberté, que ce soit dans un unique État démocratique, dans deux États ou dans une fédération. Tant que la quête de cette solution sera refoulée, la dégradation continue de la situation est pratiquement garantie, et avec elle la certitude d’une catastrophe encore plus terrible.

      https://seenthis.net/messages/1023747
      https://seenthis.net/messages/1022464

      #Israël #Palestine ##Franz_Fanon #vengeance #luttes_de_libération_nationale #extermination_des_juifs_par_les_Nazis #dôme_de_fer_idéologique_d’Israël #pathologie_de_la_vengeance #culte_de_la_force #crimes_de_guerre #crimes_contre_l’humanité

  • Israël-Palestine. Le roman d’un « présent-absent »
    Orient XXI> Elias Khoury > 4 octobre 2023
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/israel-palestine-le-roman-d-un-present-absent,6752

    Auteur entre autres de La Porte du soleil, l’écrivain libanais Elias Khoury signe son dernier opus chez Actes Sud, L’Étoile de la mer, dont Orient XXI propose ici un extrait. L’ouvrage met en scène Adam, un Palestinien d’Israël, né et grandi à Lod (ex-Lydda), dans la banlieue de Tel-Aviv, où les Israéliens tuèrent des centaines de civils en 1948. Hanté par les spectres du passé, il a choisi, encore adolescent, de quitter le foyer maternel pour se forger de nouvelles vies.
    (...)

  • Le mot apartheid sort de l’ombre en Israël
    OrinetXXI > Jean Stern
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/le-mot-apartheid-sort-de-l-ombre-en-israel,6740

    Charles Enderlin, qui décrit depuis des décennies le durcissement de la répression israélienne à l’égard des Palestiniens, dresse le bilan d’une année de mobilisation dans le pays contre l’extrême droite suprémaciste et religieuse. Péril démocratique ? À l’heure où l’usage du mot « apartheid » se répand pour qualifier la politique de ségrégation menée par Israël, le journaliste en analyse la portée à ses yeux.

    Bension Nétanyahou, mort à 102 ans en 2012, fut le référent idéologique de son fils Benyamin, et plus largement l’un des inspirateurs de la revendication suprémaciste de l’identité juive comme facteur numéro un de la colonisation. Charles Enderlin, en préambule à son court essai d’actualité Israël. L’agonie d’une démocratie publié ce 29 septembre 2023 relance le match des citations entre la philosophe Hanna Arendt, qui pensa et dénonça le totalitarisme, et Bension Nétanyahou, partisan d’un état autocratique et de ce fait autoritaire. Le second est pour l’instant le vainqueur incontesté de ce match, ce qui évidemment revient à se demander comment parler du pire. (...)

  • Sabra et Chatila. Genet « enjambait les morts comme on franchit des gouffres » - Françoise Feugas
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/sabra-et-chatila-genet-enjambait-les-morts-comme-on-franchit-des-gouffre

    Quatre heures à Chatila est le texte écrit par Jean Genet qui a vu, le 19 septembre 1982, le camp de Chatila après le massacre de sa population. Publié pour la première fois en janvier 1983, ce texte inclassable, ni témoignage ni reportage, demeure quarante ans plus tard un hommage littéraire rendu au combat des Palestiniens.

  • « Alam », les quatre cent coups en Palestine
    > Jean Stern > 30 août 2023 > Orient XXI
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/alam-les-quatre-cent-coups-en-palestine,6671

    (...) On pourrait croire au début qu’Alam, le premier long-métrage du cinéaste palestinien Firas Khoury, a l’indolence des garçons adolescents qui en sont les protagonistes. Pourtant ce film palestinien traitant du nationalisme et de son symbole le plus commun, le drapeau, celui qui opprime comme celui qui libère ou qui est supposé le faire, a une profondeur qui le rend tout sauf apathique. Au-delà d’un amusant scénario et de dialogues bien sentis, son véritable sujet porte sur l’Histoire, celle que l’on vit comme celle que l’on enseigne, avec son lot de dissimulations et de mensonges. (...)

    #cinéma_palestinien

  • Salah Hammouri, prisonnier de Jérusalem, coupable de résister
    Armelle Laborie-Sivan > 1er septembre 2023 > Orient XXI
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/salah-hammouri-israel-veut-detruire-psychologiquement-les-prisonniers,66

    En juin 2023, Salah Hammouri a passé quelques jours à Marseille pour que nous relisions ensemble le manuscrit de ce livre.

    À cette occasion, une association de réinsertion de détenus qui intervient à la prison des Baumettes l’a invité à venir assister à la projection d’un film palestinien et à rencontrer un petit groupe de prisonniers en fin de peine, âgés pour la plupart de moins de 25 ans. La première question de ces jeunes détenus, formulée avec la participation active d’un surveillant, portait sur l’influence supposée des Juifs qui domineraient les cercles du pouvoir en Occident. Selon eux, cela expliquerait l’indulgence de la communauté internationale vis-à-vis de la politique israélienne. La réponse de Salah Hammouri a été claire et forte. En rappelant, entre autres, que les Palestiniens musulmans, juifs et chrétiens vivaient en bonne entente avant la colonisation britannique, il a démontré qu’aucun propos antisémite n’est acceptable et que la problématique est et doit rester politique.

    Il s’est pourtant trouvé une poignée d’individus se prétendant représentatifs des Français juifs, pour l’accuser de « transposer la haine d’Israël sur notre sol » et de « menacer la communauté juive ».

    #Salah_Hamouri

  • « Néfertiti veut rentrer chez elle » | Alain Gresh
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/nefertiti-veut-rentrer-chez-elle,6648

    L’un des plus fascinants artefact de la période pharaonique est sans conteste le buste de la reine Néfertiti. Il fait partie d’une série d’objets découverts en 1912 et dont l’exposition à Berlin l’année suivante provoqua un tremblement de terre. Demeura, lancinante, la question de la propriété d’objets arrachés à des pays sous domination étrangère. Source : Orient XXI

  • Avi Shlaim, la mémoire à vif d’un juif arabe déraciné de Bagdad
    Avi Shlaim > 18 juillet 2023
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/avi-shlaim-la-memoire-a-vif-d-un-juif-arabe-deracine-de-bagdad,6621

    Avi Shlaim a quitté Bagdad avec sa famille en 1950, à l’âge de 5 ans, pour Tel-Aviv. De ce déclassement identitaire et social, de la violence de son second pays contre les Palestiniens, cet historien du conflit israélo-arabe a tiré un récit de vie. Extraits – traduits en français par Orient XXI — de la première partie de Three Worlds. Memoir of an Arab-Jew, publié en juin.


    Avi Shlaim, deux ans (à gauche), avec sa mère, son père et sa sœur à Bagdad, en 1947

    • Ma famille n’a pas quitté l’Irak pour Israël en raison d’un choc des cultures, ni d’une intolérance religieuse. Notre univers ne s’est pas effondré parce que nous ne pouvions pas nous entendre avec nos voisins musulmans. Le moteur de notre déplacement était politique, et non religieux ou culturel. Nous avons été mêlés au conflit entre le sionisme et le nationalisme arabe, deux idéologies laïques rivales. Nous avons également été pris dans le feu croisé du conflit entre juifs et Arabes à propos de la Palestine. Ce conflit s’est développé au lendemain de la première guerre mondiale et s’est intensifié à la suite de la seconde guerre mondiale. En 1948, l’armée irakienne a participé à la guerre arabe contre l’État d’Israël nouvellement proclamé. La défaite arabe a entraîné une réaction brutale contre les juifs dans l’ensemble du monde arabe. Le sionisme a été l’une des principales causes de cette réaction. Il a donné aux juifs une base territoriale pour la première fois depuis plus de deux mille ans. Les fondamentalistes musulmans et les ultranationalistes arabes ont ainsi pu plus facilement identifier les juifs de leurs pays à l’ennemi sioniste détesté, et réclamer leur expulsion. Ce qui avait été un pilier de la société irakienne était de plus en plus perçu comme une sinistre cinquième colonne.