• Sexism, racism, prejudice, and bias: a literature review and synthesis of research surrounding student evaluations of courses and teaching

    This paper analyses the current research regarding student evaluations of courses and teaching. The article argues that student evaluations are influenced by racist, sexist and homophobic prejudices, and are biased against discipline and subject area. This paper’s findings are relevant to policymakers and academics as student evaluations are undertaken in over 16,000 higher education institutions at the end of each teaching period. The article’s purpose is to demonstrate to the higher education sector that the data informing student surveys is flawed and prejudiced against those being assessed. Evaluations have been shown to be heavily influenced by student demographics, the teaching academic’s culture and identity, and other aspects not associated with course quality or teaching effectiveness. Evaluations also include increasingly abusive comments which are mostly directed towards women and those from marginalised groups, and subsequently make student surveys a growing cause of stress and anxiety for these academics. Yet, student evaluations are used as a measure of performance and play a role in hiring, firing and promotional decisions. Student evaluations are openly prejudiced against the sector’s most underrepresented academics and they contribute to further marginalising the same groups universities declare to protect, value and are aiming to increase in their workforces.

    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/02602938.2021.1888075?scroll=top&needAccess=true&journalCode=caeh20

    #sexisme #racisme #préjugés #évaluation #enseignement_supérieur #évaluation_des_étudiants #évaluation_des_cours #enseignement_universitaire #université #femmes #femmes_enseignantes #stress #anxiété #performance #marginalisation #évaluation_d'étudiants

    ping @_kg_

  • projection #Equal_Earth

    NDLR : la carte est réalisée à partir de la projection Equal Earth créée par une équipe scientifique en 2018 dans le cadre d’un projet en open data. Cette projection résulte d’un travail de recherche cartographique visant à décoloniser le regard sans perturber la perception du monde issue de la cartographie traditionnelle.

    Elle montre ainsi les continents et les pays à leur taille réelle les uns par rapport aux autres, dans une représentation qui se veut « plus neutre et consensuelle et qui « débouch[e] sur un ”monde en partage” ».

    #projections #projection #cartographie #décolonisation #visualisation

    ping @cede @fil

    • The Equal Earth map projection

      The Equal Earth map projection is a new equal-area pseudocylindrical projection for world maps. It is inspired by the widely used Robinson projection, but unlike the Robinson projection, retains the relative size of areas. The projection equations are simple to implement and fast to evaluate. Continental outlines are shown in a visually pleasing and balanced way.

      https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/13658816.2018.1504949?journalCode=tgis20

    • Disponible dans d3-geo ; première fois que je vois mentionner la « décolonisation du regard » pour cette projection. Je n’ai pas le souvenir que ça ait été mentionné comme un but. Le papier motive cette projection de la manière suivante

      Equal Earth is a possible solution for Boston Public Schools and other organizations wanting world maps that show all countries at their true relative sizes.

      As professional cartographers, though, we know that equal-area projections are not the panacea that these organizations might think. For example, continental shapes suffer. And there are the many compromise projections (such as the Robinson projection) that are not quite equal-area but still highly suitable for making world maps. Nevertheless, when an equalarea map must be used, we offer the Equal Earth projection as an alternative to the GallPeters and other cylindrical and pseudocylindrical equal-area projections. Its key features are its resemblance to the popular Robinson projection and continents with a visually pleasing appearance similar to those found on a globe.

  • Écriture inclusive : un premier bilan de la #controverse

    Le 18 septembre 2020, une tribune publiée dans Marianne (https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/une-ecriture-excluante-qui-s-impose-par-la-propagande-32-linguistes-listen) signée par 32 linguistes prenait clairement position contre l’écriture inclusive ou, plus exactement, contre l’utilisation des graphies abrégées (par exemple : les étudiant·e·s). Cette tribune se présentait comme une mise au point objective dénonçant une pratique qui, selon ses signataires, « s’affranchit des #faits_scientifiques ».

    Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le 25 septembre 2020, une tribune signée par 65 linguistes (https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/250920/au-dela-de-l-e-criture-inclusive-un-programme-de-travail-pour-la-lin) prenait le contre-pied de la première, alors que paraissaient en même temps un texte signé par Éliane Viennot et Raphaël Haddad et diverses analyses critiques (https://sysdiscours.hypotheses.org/155). Cette controverse pourrait paraître anecdotique. En réalité, on peut en tirer quelques enseignements intéressants sur les langues et leur fonctionnement, ainsi que sur l’utilisation du discours scientifique expert pour fonder des discours prescriptifs (« il faut… il ne faut pas… ») (https://information.tv5monde.com/video/l-ecriture-inclusive-pour-mettre-fin-l-invisibilisation-des-fe).

    Quelques jalons historiques

    Il y a 30 ans, en #France, un mouvement a conduit à la #féminisation des noms de fonctions, de métiers, de titres et de grades. Très vite relayé par les instances politiques, il visait à « apporter une légitimation des #fonctions_sociales et des #professions exercées par les #femmes » (Décret du 29 février 1984). Il a réussi à imposer, dans les usages et jusque sous la coupole de l’#Académie_française (déclaration du 28 février 2019), l’emploi de #formes_féminines qui ont été tantôt créées (une ingénieure, une sapeuse-pompière), tantôt réhabilitées (une autrice, une officière) ou tantôt simplement plus largement diffusées (la présidente, la sénatrice).

    Cette #prise_de_conscience a permis de faire évoluer la #langue_française de manière à répondre aux besoins des personnes qui s’expriment en #français. La difficulté à laquelle les francophones font face aujourd’hui concerne les (bonnes) manières d’utiliser ces #noms_féminins dans tous les domaines de la vie : administration, enseignement, politique, création artistique, entreprise, vie quotidienne, etc. L’écriture inclusive désigne non plus la féminisation, mais l’usage de ces noms féminins à côté des noms masculins dans les textes.

    L’écriture inclusive, dite aussi #écriture_épicène (en Suisse et au Canada), #écriture_non_sexiste ou #écriture_égalitaire, représente un ensemble de #techniques qui visent à faire apparaître une #égalité, ou une #symétrie, entre les #femmes et les #hommes dans les textes et à adopter un langage non discriminant par rapport aux femmes. Nous choisissons ici de considérer l’écriture inclusive sans l’#écriture_non_genrée, dite aussi neutre ou #non_binaire, qui poursuit un objectif d’inclusion bien sûr, mais également très spécifique : ne pas choisir entre le féminin et le masculin et ne pas catégoriser les personnes selon leur genre.

    Les règles qui ne font (presque) pas polémique

    Certaines règles de l’écriture inclusive sont largement acceptées et figurent dans l’ensemble des guides. Il n’y a pratiquement pas de divergences concernant les éléments suivants :

    (1) Utiliser des noms féminins pour désigner des femmes dans leur fonction, métier, titre ou grade : dire « Madame la Présidente » et non « Madame le Président », « la chirurgienne » et non « le chirurgien », « l’officière de la Légion d’honneur » et non « l’officier de la Légion d’honneur ». Notons que certains noms, malgré des racines connues, ne sont pas encore accueillis sans retenue (par exemple : autrice ou professeuse).

    (2) Utiliser l’expression « les femmes » dès qu’on désigne un groupe de femmes et réserver l’expression « la femme » (ou « la Femme ») pour renvoyer à un stéréotype : dire « la journée internationale des droits des femmes » ou « la situation des femmes en Algérie » ; mais dire « cette actrice incarne la femme fatale ».

    (3) Utiliser « humain, humaine » plutôt que « homme » pour désigner une personne humaine, comme dans « les droits humains », « l’évolution humaine ».

    (4) Toujours utiliser le terme « Madame » lorsqu’on s’adresse à une femme (comme contrepartie féminine de « Monsieur » lorsqu’on s’adresse à un homme) et ne plus utiliser « #Mademoiselle », qui crée une asymétrie, puisque « #Mondamoiseau » est rarement utilisé.

    (5) Ne pas nommer une femme d’après la fonction ou le titre de son mari : dire « la femme de l’ambassadeur » et non « l’ambassadrice ».

    (6) Utiliser les noms propres des femmes comme on utilise ceux des hommes. Ne pas utiliser le prénom d’une femme lorsqu’on utilise le nom de famille d’un homme, par exemple dans un débat politique (ne pas dire « Ségolène contre Sarkozy », ni « Ségo contre Sarko »). Faire de même pour les noms communs (ne pas dire « les filles de la Fed Cup » et « les hommes de la Coupe Davis »).

    Les règles qui suscitent la polémique

    D’autres règles suscitent encore des polémiques (en France et en Belgique notamment), parce qu’elles créent des façons d’écrire ou de parler qui paraissent inhabituelles. Les arguments invoqués pour défendre ou pour refuser ces règles relèvent de l’histoire de la langue, de la linguistique, de la sociologie ou de la psychologie du langage, et parfois de l’idéologie. Les études actuelles (une bibliographie est disponible ici : https://osf.io/p648a/?view_only=a385a4820769497c93a9812d9ea34419) nous apportent pourtant un regard scientifique qui devrait nous aider à naviguer dans les méandres de ce sujet.

    (1) Utiliser le masculin pour désigner une personne dont on ne connaît pas le genre, comme dans une offre d’emploi : « recherche informaticien (H/F) ». Il est prouvé que cette règle ne favorise pas un traitement équitable des femmes et des hommes. De nombreuses études scientifiques ont montré que l’emploi de termes uniquement au masculin (« un mathématicien, un directeur commercial, un musicien ») engendrait des #représentations_mentales masculines chez les adultes d’une part, mais également chez les jeunes. Même si cet usage est permis par la grammaire française, il semble, par exemple, influencer les #aspirations_professionnelles des jeunes. Il a comme conséquence, notamment, de diminuer le degré de confiance des filles et leur sentiment d’auto-efficacité à entreprendre des études pour ces #métiers). Il donne également l’impression aux jeunes que les hommes ont plus de chances de réussir dans ces métiers : https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpsyg.2015.01437/full). Dans des secteurs où l’on cherche à créer plus de mixité, comme les sciences et technologies, ou les soins infirmiers, le masculin dit générique devrait être évité.

    (2) Utiliser le #masculin_pluriel pour désigner des groupes qui contiennent des femmes et des hommes, comme « les musiciens » pour désigner un groupe mixte. Il est prouvé que cette règle ne favorise pas une interprétation qui correspond à la réalité désignée. Des scientifiques ont montré de manière répétée (et dans plusieurs langues) que, même si la grammaire autorise une interprétation « générique » du masculin pluriel, cette interprétation n’est pas aussi accessible ou fréquente que l’interprétation spécifique (masculin = homme) (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0388000120300619?dgcid=author). Cette différence d’accessibilité a été expliquée par différents facteurs), comme l’apprentissage du genre grammatical, qui suit invariablement la même séquence : nous apprenons le sens spécifique du masculin (masculin = homme) avant son sens générique. En d’autres termes, quand on dit « les musiciens », la représentation mentale qui se forme le plus aisément est celle d’un groupe d’hommes, le sens spécifique du masculin étant beaucoup plus simple et rapide à activer. La représentation mentale d’un groupe de femmes et d’hommes est plus longue à former et plus difficile d’accès. Le #biais_masculin induit par la forme grammaticale masculine a été démontré dans différents contextes et différents pays (par exemple, en France : https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2008_num_108_2_30971 ; en Suisse : https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/20445911.2011.642858 ; et récemment au Québec). Fait assez rare en sciences, il n’existe, à notre connaissance, aucune donnée contredisant la dominance automatique du sens spécifique du masculin.

    Si l’on souhaite activer l’image de groupes mixtes, il est préférable d’utiliser d’autres stratégies que le masculin, comme les doublons : « les chirurgiennes et les chirurgiens ». Malgré ces résultats, certaines personnes, parfois au travers de guides d’écriture, engagent à ne pas utiliser de doublons. Différentes raisons sont avancées, souvent sans réels fondements scientifiques. Par exemple, les #doublons entraveraient la lecture. À notre connaissance, aucune étude ne corrobore cette idée. Il existe une étude qui montre que même si à la première occurrence d’un doublon, la lecture est ralentie, dès la deuxième occurrence, la lecture redevient tout à fait normale (effet d’habituation : https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2007_num_107_2_30996)). L’idée que les personnes qui utilisent des doublons ne parviendraient pas à réaliser les accords grammaticaux dans les textes est également étonnante, surtout si l’on observe un retour de l’accord de proximité : https://journals-openedition-org.sid2nomade-2.grenet.fr/discours/9542), accord particulièrement adapté à l’utilisation des doublons.

    En revanche, des études scientifiques (https://doi.apa.org/doiLanding?doi=10.1037%2Fpspi0000094) montrent que l’#ordre choisi pour présenter chaque élément de la paire (« les boulangères et les boulangers » vs « les boulangers et les boulangères ») a un effet sur l’interprétation : l’élément présenté en premier est perçu comme plus central ou plus important : http://epubs.surrey.ac.uk/811895.

    (3) Certaines personnes engagent aussi à ne pas utiliser de #formes_abrégées qui permettent de présenter les doublons à l’écrit : « les étudiant·es », « les pharmacien-nes ». Les résultats actuels de la recherche scientifique sont trop limités pour se prononcer de manière définitive à ce sujet. Une étude : https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2007_num_107_2_30996) a mesuré l’effet des doublons sous forme abrégée sur la lecture. Elle concerne un public d’étudiantes et d’étudiants pour lesquels un léger ralentissement de la lecture était mesuré à la première apparition de ces formes, mais se normalisait ensuite. Pour autant, on ne peut pas conclure de cette étude que l’effet serait identique, ou différent, pour d’autres populations. Et les raisons de l’effet de ralentissement, comme de l’effet d’habituation, ne sont pas encore réellement connues.

    Il a également été montré que présenter des métiers sous une forme contractée (à l’époque avec une parenthèse) pouvait augmenter le degré de confiance des filles et le sentiment d’auto-efficacité à entreprendre des études pour ces métiers (https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2005_num_105_2_29694). La recherche doit néanmoins continuer de tester l’effet de ces #formes_abrégées : en fonction du signe typographique utilisé (tiret, point médian, etc.) ; en fonction des publics de différents âges, niveaux d’éducation, niveaux socio-économiques ; en fonction des types de textes. Seules des recherches complémentaires permettront de proposer des règles mieux informées pour réguler l’usage de ces formes, apparues principalement pour répondre aux limites de signes imposées dans différents domaines (journalisme, Internet…).

    (4) Enfin, certains guides recommandent plus de souplesse dans la gestion des #accords. À la règle établie de l’accord au masculin générique (« le frère et les sœurs sont arrivés »), ils suggèrent de laisser la possibilité d’appliquer l’#accord_de_proximité (avec le terme le plus proche : « le frère et les sœurs sont arrivées »), l’#accord_de_majorité (avec l’élément le plus important en nombre : « les sœurs et le frère sont arrivées »), ou un #accord_au_choix. L’argument historique est souvent invoqué, à juste titre : l’accord de proximité s’observe dans les textes anciens à hauteur de 45 % des cas (https://books.openedition.org/pusl/26517), mais il reste toujours moins fréquent que l’accord au masculin. L’argument historique ne permet ni de revendiquer un « retour » exclusif à l’accord de proximité, puisqu’il a toujours cohabité avec d’autres formes d’accords. Il ne permet pas non plus de l’exclure, puisqu’il a eu de l’importance. La recherche devrait montrer quels problèmes spécifiques, dans l’apprentissage, la rédaction ou la compréhension des textes, posent ces différents types d’accords.

    La guerre de l’écriture inclusive n’aura pas lieu

    Les connaissances scientifiques actuelles permettent de clarifier le #bien-fondé de certaines règles qui suscitent des #désaccords. Pour d’autres règles, pourtant défendues ou contestées de manière très assertive, il faut savoir reconnaître que les connaissances actuelles ne permettent pas encore de trancher. La recherche doit continuer à se faire afin d’apporter des arguments aux outils proposés.

    La #langue_française n’est pas seulement le domaine des scientifiques. En tant que scientifiques, nous pensons qu’il faut laisser les #usages se développer car ils répondent à des besoins communicatifs et sociaux fondamentaux. Tous les usages ne sont pas appropriés à tous les genres de l’écrit, mais la norme ne doit pas s’imposer de manière étouffante. Faisons confiance aussi aux francophones.

    https://theconversation.com/ecriture-inclusive-un-premier-bilan-de-la-controverse-147630

    #écriture_inclusive #choix #neutralité #catégorisation #masculin_générique

  • Your order, their labor : An exploration of algorithms and laboring on food delivery platforms in China
    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17544750.2019.1583676

    This study examines the use of “algorithms in everyday labor” to explore the labor conditions of three Chinese food delivery platforms : Baidu Deliveries, Eleme, and Meituan. In particular, it examines how delivery workers make sense of these algorithms through the parameters of temporality, affect, and gamification. The study also demonstrates that in working for food delivery platforms, couriers are not simply passive entities that are subjected to a digital “panopticon.” Instead, they (...)

    #Baidu #FoodTech #GigEconomy #travail #Eleme #Meituan

  • Anthropologists Are Talking – About Capitalism, Ecology, and Apocalypse
    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00141844.2018.1457703
    https://www.tandfonline.com/doi/cover-img/10.1080/retn20.v083.i03

    The ‘Plantationocene’ is therefore for me a more productive concept than the ‘Capitalocene’, as coined by Moore and others (Moore 2016) even though it was at some point a nice alternative to the Anthropocene. Plantationocene is productive because it refers to a certain, historically specific, way of appropriating the land, namely an appropriation of land as if land was not there. The Plantationocene is a historical ‘de-soilization’ of the Earth. And it is striking how much analytical work is now needed to re-localise, to re-territorialise and re-earth, to ‘re-ground’, basically, practice. What is needed, I think, is an inversion of materialism. For capitalism was supposed to be purely materialist but suddenly we read in it a completely idealistic idea of what the world is made of.

    #capitalisme #écologie #apocalypse #bruno_latour #isabelle_stengers #anna_tsing #plantationocene

  • Doing hair, doing race: the influence of hairstyle on racial perception across the US: Ethnic and Racial Studies: Vol 43, No 12
    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/01419870.2019.1700296
    https://www.tandfonline.com/doi/cover-img/10.1080/rers20.v043.i12

    Hair is an easily changeable “racial marker” feature. Although growing interdisciplinary research suggests that hairstyle influences how one is racially perceived, extant methodological practices in racial perception research reduce external validity. This study introduces new experimental and analytical procedures to test the effect of hairstyle on racial perception across racial contexts. Over 1,000 participants from primarily white, black and multiracial test sites racially categorized a diverse group of women from matched pairs of pictures in which the women have different hairstyles. Results from multilevel regression show that altering hairstyle significantly alters how participants perceive mixed-race women, Latinas, most black and some white women and that this varies by racial context with perceptions of race being less swayed by hairstyle in the multiracial context. Our research thus demonstrates that doing hair is a context-dependent part of “doing race” that has theoretical, methodological, and legal implications.
    KEYWORDS: Racial perception, racialization, doing race, physical appearance, hair, experiments

  • Radical Hope in asylum seeking: political agency beyond linear temporality: Journal of Ethnic and Migration Studies: Vol 0, No 0

    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/1369183X.2020.1764344

    Political agency of refugees and asylum seekers is usually recognised as different forms of activism, focusing on rights claiming or protesting on inferior living conditions. While these activities are vitally important in the struggle over refugee rights and policies, they are not the only ways in which asylum seekers and refugees act politically. Perhaps paradoxically, the publicly visible activities may hide from the view other forms of effective and critical agency. Based on research with asylum seekers in precarious situations, this paper discusses their subtle forms of agency seldom identified as political – least by those enacting them. Many asylum seekers and refugees have little faith in exerting change though public protest and explicitly dissociate themselves from politics. With focus on mundane critical attitudes and activities, this paper suggests that thin political possibilities open through agency motivated by ‘radical hope’. The radically hopeful agencies in hopeless asylum situations, and their political dimensions, are identified through a non-linear understanding of temporality that challenges the received notion of refugeeness as generated in the past, struggled for in the present, and orienting towards a desired-for future.

    #frontières #migrations #asile

  • Colour-blind diversity: how the “Diversity Label” reshaped anti-discrimination policies in three French local governments: Ethnic and Racial Studies: Vol 0, No 0

    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/01419870.2020.1738523

    Drawing on the qualitative study of three French local governments (Paris, Nantes and the Seine-Saint-Denis department), this article examines the implementation of local anti-discrimination policy during the 2010s. To what extent have these local governments, particularly eager to assert “diversity” values, renegotiated the dominant, colour-blind perspective prevailing at the national level? To address this question, we examined how they used a policy instrument called the “Diversity Label”. We found that in the three cases, the commitment to the label reinforced both the institutionalization and the managerialization of anti-discrimination policy. Yet, in Nantes and Paris, it also led to a deracialization of anti-discrimination policy – i.e. to the obliteration of its ethno-racial dimension. The Seine-Saint-Denis department, where the majority group tends to become a minority, appears as a contrasting case, as ethno-racial concerns have remained central. This study reveals the unlikely conditions under which French local governments differ from national colour-blindness.

    #diversité #discrimination #racisme #renaud_epstein

  • Full article: Desire for parenthood at the time of COVID-19 pandemic: an insight into the Italian situation
    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/0167482X.2020.1759545

    #COVID-19 et #confinement : Baby-boom ou baisse de la #natalité ? | santé log
    https://www.santelog.com/actualites/covid-19-et-confinement-baby-boom-ou-baisse-de-la-natalite

    Cette période de confinement mondial, liée à l’épidémie COVID-19, va-t-elle entraîner, d’ici quelques mois, un phénomène tout aussi mondial de « baby-boom » ? Probablement pas, suggère cette étude qui a interrogé, en ligne, 1.482 participants, hommes et femmes en âge de concevoir. Les résultats, présentés dans le Journal of Psychosomatic Obstetrics & Gynecology, confirment un niveau d’inquiétude élevé lié aux conséquences possibles de l’infection à #SARS-CoV-2 sur la grossesse et aux difficultés économiques probables à l’issue de la #crise.

  • ‘We are the people’: Framing the notion of the people in the Egyptian revolutionary context: Mediterranean Politics: Vol 0, No 0

    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/13629395.2019.1673405
    https://www.tandfonline.com/doi/cover-img/10.1080/13629395.2019.1673405

    he long dismissed notion of the people has recently generated much interest in academic literature. Understood as an “emotional community”, the people has been returned to centre stage physically and symbolically by the emblematic slogan “The people want the fall of the regime”, during the Arab Spring. This themed issue investigates not only the heuristic interest of the notion of the people but also its multifaceted development in the revolutionary Egypt. Specifically, the authors explore the construction of the people’s legitimacy through revolutionary slogans, the emergence of the political subjectivity of child martyrs, and the way in which political actors used this notion during the 2011 elections.

  • Habasha
    En discutant hier soir avec un réfugiés érythréen, et en parlant de sa sortie du pays pour aller au Soudan... il m’a dit :

    "Au #Soudan, tout le monde nous appelle « #habasha ». Habasha sont les personnes d’Érythrée et d’Ethiopie. Si la police t’identifie comme un Habasha, il te demande de l’argent en te menaçant de te renvoyer en Erythrée si tu ne paies pas. Habasha sont les personnes qui ne parlent pas arabe. Tu as donc intérêt, dès que tu arrives au Soudan à apprendre l’arabe, si tu ne le sait pas".

    #terminologie #vocabulaire #mots #migrations #asile #réfugiés
    ping @sinehebdo @reka

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    #Habesha peoples

    Habesha peoples: Ge’ez: ሐበሻ /Habesha/ or /Abesha/ ((rarely Habeshat: Ge’ez: ሐበሻይት), or rarely used exonyms like “Abyssinian people,” "Aithiops: Greek: Αἰθίοψ," “Cushites: Hebrew: כאשיטאס‎, [not the be confused with the larger group — Cushitic Peoples — that includes but is not limited to Habeshas],” or "al-Ḥabaš (al-Habash): Mehri-Arabic: الهباش‎/al-Ḥabaši (al-Habashi): Mehri-Arabic: الحبشي‎ ~ ‘incense gatherers’ ~”. Habesha (Ge’ez: ሐበሻ) ) is a common term used to refer to both Ethiopians and Eritreans as a whole [24][25]. Certain definitions considered the Ethiosemitic-speaking and Agwa-speaking Cushitic peoples inhabiting the highlands of Ethiopia and Eritrea as the core ethnic groups that historically constituted the pan-ethnic group Habesha peoples, while this notion is only partially accepted.[26] They historically include a linguistically, culturally and ancestrally related ethnic groups, conservatively-speaking mostly from the Ethiopian Highlands[27] Members’ cultural, linguistic, and in certain cases, ancestral origins trace back to the Kingdom of Dʿmt, the Kingdom of Aksum, among other kingdoms that preceded or made up the Ethiopian Empire in the Horn of Africa.[28] Some Scholars have classified the Tigrayans and the Amhara as Abyssinians proper under an ultra-neo-conservative theory postulated by a few scholars and political parties but not widely accepted by the general public or by most indigenous scholars of the region.[29][24][30][31][32]

    https://en.wikipedia.org/wiki/Habesha_peoples
    #Abyssinie #Abyssins

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    Not black, but Habasha : Ethiopian and Eritrean immigrants in American society

    In this article, I examine the identity choices of Ethiopian and Eritrean immigrants of Amhara, Tigrayan and Tigrinya ethnicity within the context of the larger debate on how non-white immigrants are being incorporated into American society. I argue that these immigrants resist racialization even while their actions and attitudes potentially reinforce America’s racial divide. They implicitly challenge American racial categories by thinking of themselves as Habasha, which they view as a separate non-black ethno-racial category that emphasizes their Semitic origins. Meanwhile, they often distance themselves from American blacks through pursuing transnational connections, producing Habasha spaces, displaying the attributes of a ‘model minority’ and preserving Habasha beauty through endogamy. By remaining relatively isolated within their ethnic communities in Washington, DC, which is the focus of this study, they may succeed in differentiating themselves from American blacks, but they are not likely to join the American mainstream on a par with whites.

    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/01419870.2011.598232

  • Crash du MH-17 : trois Russes et un Ukrainien sont poursuivis pour meurtre par le parquet néerlandais
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/19/vol-mh17-les-pays-bas-vont-juger-trois-russes-et-un-ukrainien-pour-meurtre_5


    Les débris de l’avion de la Malaysia Airlines en Ukraine, en juillet 2014.
    MAXIM ZMEYEV / REUTERS

    Les suspects russes, liés aux services secrets, risquent de ne pas être extradés pour le procès prévu en mars 2020.

    Ils seraient attendus le 9 mars 2020, à 10 heures précises, devant le tribunal hautement sécurisé de Schiphol : trois Russes et un Ukranien sont, selon l’équipe d’enquête internationale (JIT) conduite par les Pays-Bas, les responsables du tir de missile qui, le 17 juillet 2014, a entraîné le crash du vol MH-17 et causé la mort des 298 passagers et membres d’équipage. Le Boeing de la Malaysia Airlines devait relier Amsterdam à Kuala Lumpur.

    Lors d’une conférence de presse à Nieuwegein, les enquêteurs néerlandais, australien, malaisien, belge et ukrainien qui continueront à mener de longues et complexes investigations ont livré, mercredi 19 juin, les noms des Russes Igor Guirkine, Sergueï Doubinski et Oleg Poulatov, ainsi que de l’Ukrainien Leonid Karchenko. Tous les quatre sont poursuivis pour meurtre par le parquet néerlandais, qui ne se fait toutefois guère d’illusion : ces quatre suspects ne seront très probablement pas présents l’an prochain.

    D’autant moins que la Russie n’extrade pas ses citoyens et que les autorités ukrainiennes ignorent où séjourne leur ressortissant. Un traité prévoyant que le procès des responsables présumés se tiendrait aux Pays-Bas a été signé l’an dernier par La Haye et Kiev – qui n’extrade pas non plus, en principe.

    •  :-P

      We are not calling for a ban on P values. Nor are we saying they cannot be used as a decision criterion in certain specialized applications (such as determining whether a manufacturing process meets some quality-control standard). And we are also not advocating for an anything-goes situation, in which weak evidence suddenly becomes credible. Rather, and in line with many others over the decades, we are calling for a stop to the use of P values in the conventional, dichotomous way — to decide whether a result refutes or supports a scientific hypothesis.

      #p-value
      en français on essaye de promouvoir
      #probabilité_associée ( sous-entendu , au rejet de l’hypothèse nulle)

    • résumé de l’article (qui est payant) de The American Statistician

      Why are p-Values Controversial?: The American Statistician: Vol 73, No 1
      https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00031305.2016.1277161

      ABSTRACT
      While it is often argued that a p-value is a probability; see Wasserstein and Lazar, we argue that a p-value is not defined as a probability. A p-value is a bijection of the sufficient statistic for a given test which maps to the same scale as the Type I error probability. As such, the use of p-values in a test should be no more a source of controversy than the use of a sufficient statistic. It is demonstrated that there is, in fact, no ambiguity about what a p-value is, contrary to what has been claimed in recent public debates in the applied statistics community. We give a simple example to illustrate that rejecting the use of p-values in testing for a normal mean parameter is conceptually no different from rejecting the use of a sample mean. The p-value is innocent; the problem arises from its misuse and misinterpretation. The way that p-values have been informally defined and interpreted appears to have led to tremendous confusion and controversy regarding their place in statistical analysis.

    • Ce que j’aime bien dans l’article de Nature, c’est que plus que se débarrasser d’un outil mal-adapté et fétichisé, c’est surtout un appel à la nuance et à la mise en contexte.

      Mais le véritable pouvoir de changement se trouve surtout du côté des éditeurs et des relecteurs ; si les scientifiques doivent danser la gigue de la p-valeur, c’est parce que le système de publication les y oblige, pas parce qu’ils y sont spécialement attachés.
      Il n’y a qu’à voir l’édito dans le même numéro de Nature pour voir que c’est pas gagné :

      There are reasonable viewpoints on all sides; Nature is not seeking to change how it considers statistical analysis in evaluation of papers at this time, but we encourage readers to share their views.

      https://www.nature.com/articles/d41586-019-00874-8

      –-

      A p-value is a bijection of the sufficient statistic for a given test which maps to the same scale as the Type I error probability.

      Ah ben dit comme ça, c’est tout de suite plus clair ! :)

  • Deep Routeing and the Making of ‘Maritime Motorways’: Beyond Surficial Geographies of Connection for Governing Global Shipping

    Geography has turned to towards the seas and oceans with much attention being paid to ‘water worlds’ through socio-cultural, political and environmental lenses. Geo-economic analysis, in particular, has considered the role of containerisation, the port, and logistics global flows central to the contemporary shipping industry. However, where routeing enters discussion these debates remain ‘surficial’ with a focus on the rationale of lines of connection which are mapped onto the sea (rather than into the sea, as a liquid, three-dimensional, motionful space). This paper challenges considerations of ship routeing that only skim the surface. This paper adds depth to the discussion. It is argued that ship routeing is not a purely surficial exercise of charting a voyage across seas and oceans. Routes have a geo-politics predicted at times on the water’s depth, the topography of the ocean floor and seabed and marine resources. Drawing on a variety of examples, notably the traffic routeing scheme – or ‘maritime motorway’ – governing the flows of shipping in the Dover Strait, UK, this paper brings a ‘wet ontology’ and three-dimensional analysis to ship routeing. It is contended that such a recognition and discussion of deep routeing is necessary to shed light upon the often invisible processes sea that underscore the global logistics flows vital to society and the economy.

    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/14650045.2019.1567499?journalCode=fgeo20
    #transport_maritime
    ping @reka @simplicissimus

  • This is the border between italy and Switzerland... Far up at the horizon you can see france, if i do not mistake. From this perspective, the natural landscape unfolds underneath me in an unstructured manner. In fact, the borders are just human creation, socialy and materially constructed lines that cut into the continuety of landscapes. That cut around national ideas of belonging, inherently cutting out ’others’. In fact, borders are more about people than that they have ever been about land. They are situated not only at the actual border, but as well at airports, migration offices, police station... In trainstations, busstops, public parks and squares.... In databases for visa application, in surveillance technologies, in border/wapen industries... and finaly in the foodsteps, fingertops and facial features of people on the move who through all these bordering agents become (il)legalized migrants. Because “without borders there would be no migrants, only mobility” (de Genova). However, the movement of people came first, and will always continue to be. Mobility is as normal to humanity as eating and sleeping, and no xenofobic reactions of bordering will ever stop that. Europe can only make the roads harder and ever more dangerous and deathly, which is exactly what we are doing now. Is this the europe we want to be?


    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1996093227177932&set=p.1996093227177932&type=3&theater

    #frontières #frontière_naturelle #mobilité #migrations #Etats-nation #Alpes #montagne #France #frontière_sud-alpine #Italie #frontière_mobile #paysage #géographie_politique #altérité #identité
    ping @reka @_kg_

  • Un « principe d’innovation » porté par l’industrie chimique pourrait entrer dans le droit européen
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/12/10/un-principe-d-innovation-porte-par-l-industrie-chimique-pourrait-entrer-dans

    Instaurer un « principe d’innovation ». L’idée sonne comme une belle promesse, innocente comme le bon sens. Elle pourrait pourtant gravement saper la protection de l’environnement et de la santé publique. Car ce concept qui s’apprête à faire une entrée officielle dans la législation européenne n’a pas été élaboré par des responsables publics. Il a été imaginé par des industriels soumis à des réglementations très strictes : tabac, pesticides, substances chimiques ou pétrole.

    Ce « #principe_d’innovation » figure en effet en préambule du texte établissant le prochain programme de recherche de l’UE qui distribuera près de 100 milliards d’euros en six ans. Appelé « Horizon Europe », il doit être discuté et mis au vote mercredi 12 décembre au Parlement européen en séance plénière. Que dit ce « principe » ? En des termes très généraux, que « l’impact sur l’#innovation devrait être pleinement évalué et pris en compte » à l’occasion de chaque initiative législative.

    « Aucune personne sensée ne pourrait s’y opposer. C’est le génie de cette opération de lobbying », décrypte Kathleen Garnett, une chercheuse indépendante, coauteure d’un article sur le sujet dans une revue académique de droit. Mais ce que ce concept, flou et consensuel en apparence, cible en réalité, explique-t-elle, ce sont les réglementations environnementales de l’UE, et en particulier celles qui encadrent l’usage des produits chimiques – comme le règlement Reach –, des #pesticides, des #OGM ou encore des nano et biotechnologies. Intégré à la loi, le « principe d’innovation » permettrait de faire contrepoids à ce que ces industriels estiment être un obstacle majeur à leurs affaires : le principe de précaution.

    et #paywall

    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17579961.2018.1455023?journalCode=rlit20

    • Un « principe d’innovation » porté par l’industrie chimique pourrait entrer dans le droit européen

      En apparence anodin, le concept a été imaginé pour neutraliser le principe de précaution par un think tank issu de la pétrochimie et du tabac.

      Instaurer un « principe d’innovation ». L’idée sonne comme une belle promesse, innocente comme le bon sens. Elle pourrait pourtant gravement saper la protection de l’environnement et de la santé publique. Car ce concept qui s’apprête à faire une entrée officielle dans la législation européenne n’a pas été élaboré par des responsables publics. Il a été imaginé par des industriels soumis à des réglementations très strictes : tabac, pesticides, substances chimiques ou pétrole.

      Ce « principe d’innovation » figure en effet en préambule du texte établissant le prochain programme de recherche de l’UE qui distribuera près de 100 milliards d’euros en six ans. Appelé « Horizon Europe », il doit être discuté et mis au vote mercredi 12 décembre au Parlement européen en séance plénière. Que dit ce « principe » ? En des termes très généraux, que « l’impact sur l’innovation devrait être pleinement évalué et pris en compte » à l’occasion de chaque initiative législative.

      « Aucune personne sensée ne pourrait s’y opposer. C’est le génie de cette opération de lobbying », décrypte Kathleen Garnett, une chercheuse indépendante, coauteure d’un article sur le sujet dans une revue académique de droit. Mais ce que ce concept, flou et consensuel en apparence, cible en réalité, explique-t-elle, ce sont les réglementations environnementales de l’UE, et en particulier celles qui encadrent l’usage des produits chimiques – comme le règlement Reach –, des pesticides, des OGM ou encore des nano et biotechnologies. Intégré à la loi, le « principe d’innovation » permettrait de faire contrepoids à ce que ces industriels estiment être un obstacle majeur à leurs affaires : le principe de précaution.
      « Porte dérobée »

      Pour Geert Van Calster, professeur de droit à l’Université de Louvain (Belgique) et coauteur de l’article, « il est tout simplement extraordinaire de voir les institutions européennes se faire complètement avoir par un lobby de l’industrie pour introduire cela dans le droit communautaire ». A ce jour, ce « principe d’innovation » n’est rien qu’un slogan de lobbying : contrairement au principe de précaution, inscrit, lui, dans les traités européens, il n’a aucune existence légale. Or son entrée dans un texte officiel « par une porte dérobée » le « légitimerait ». « Et c’est là le véritable danger : si, en tant que fait accompli, il acquiert le statut de principe, il sera alors très difficile de revenir en arrière », déplore M. Van Calster.

      Le « cerveau » de cet outil d’influence est un think tank bruxellois au fonctionnement opaque, l’European Risk Forum. Créé en 1996 par British American Tobacco (Lucky Strike, Dunhill…), il avait pour objectif initial d’entraver la mise en place de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, en intervenant sur la conception des politiques de gestion des risques par l’UE. La science documentait alors la nocivité du tabagisme passif. En 2010, le minutieux travail d’enquête d’une équipe de politologues de l’université de Bath (Grande-Bretagne) avait montré comment le cigarettier s’était entouré d’autres industriels, alliés naturels dans la vente de produits dangereux, en particulier le secteur chimique.

      Article réservé à nos abonnés Lire aussi Comment le lobby des implants médicaux a fait plier la Commission européenne
      Au début de l’année, le Risk Forum comptait une vingtaine de membres, comme le numéro un mondial de la chimie, BASF, Bayer (qui vient de racheter Monsanto), le fabricant de détergents Henkel, Philip Morris ou encore les organisations de lobbying des secteurs des énergies fossiles et du plastique. A ses membres, le Forum propose de « contribuer à l’élaboration des règles et procédures utilisées par les institutions de l’UE pour déterminer comment les décisions réglementaires sont prises », en ciblant « les leaders d’opinion et les décideurs » au sein des institutions, ainsi que l’indique son site.

      « Aversion au risque »

      L’histoire publique du « principe d’innovation » a commencé en octobre 2013, quand, à l’initiative du Risk Forum, une vingtaine de PDG de grandes firmes adressaient une lettre aux présidents de la Commission, du Parlement et du Conseil européen. Bruxelles était alors le théâtre d’une offensive de grande ampleur menée par les lobbys des pesticides et de la chimie contre la réglementation des perturbateurs endocriniens. Offensive à laquelle le think tank avait participé.
      Dans ses rapports et livrets publiés au fil des années, les mots du Risk Forum ne trompent pas. Il s’agit bien de systématiquement « soumettre le principe de précaution à une étude d’impact », expliquait-il en 2011. La manière de procéder en Europe actuellement, précisait-il quatre ans plus tard, est « empreinte d’une aversion au risque » et aurait empêché le développement de « la locomotives à vapeur, du four à micro-ondes, du téléphone mobile et de la radiographie ».
      Depuis 2013, le Risk Forum a multiplié les actions de lobbying pour imposer son idée dans les cercles du pouvoir européen. C’est ce que montre un rapport de recherche publié lundi 10 décembre par l’ONG Corporate Europe Observatory. Par le biais d’une demande d’accès aux documents administratifs à la Commission, cette ONG spécialisée dans la surveillance du lobbying à Bruxelles s’est procuré de nombreux documents que Le Monde a pu consulter. « Cet exemple montre bien de quelle manière les intérêts des firmes essaient de capturer les processus de décision européens, analyse Nina Holland, auteure de ce travail. Il fait ressortir un niveau exceptionnel d’accès privilégié » auprès des décideurs.

      « Evangéliste de l’innovation bien encadrée »

      Les courriels et notes internes ont permis à la chercheuse-militante de retracer précisément le parcours du « principe » : essentiellement des rendez-vous et interactions avec les hauts fonctionnaires de plusieurs directions générales (DG) de la Commission (recherche, industrie et santé). En juin 2015, la démarche était soutenue par Carlos Moedas, le commissaire à la recherche, et en février 2017 une « Task Force » dédiée était créée au sein de la DG recherche. Le Risk Forum a également ciblé les Etats membres ayant assumé la présidence de l’UE comme Malte, la Bulgarie ou les Pays-Bas. En janvier 2016, la présidence néerlandaise a même coorganisé une conférence sur le sujet avec le Risk Forum et les deux principales organisations industrielles, BusinessEurope et European Roundtable of Industrialists.

      Tous ces efforts d’influence ont également bénéficié de la bienveillance d’un homme-clé. Robert Madelin a exercé plusieurs fois la fonction de directeur général, poste parmi les plus importants dans la hiérarchie administrative de la Commission, avant de devenir conseiller spécial pour l’innovation du président Juncker en 2015. Le Britannique produisait l’année suivante une « note stratégique » faisant la promotion d’un « principe d’innovation ». Trois mois après sa publication, il basculait vers une activité de lobbyiste : M. Madelin est désormais consultant pour Fipra, un cabinet influent dont il est aussi président et qui est également… membre du Risk Forum. « Je suis un évangéliste de l’innovation bien encadrée, explique Robert Madelin, interrogé par Le Monde. Alors je pense que ce serait tragique d’oublier qu’on doit la soutenir en Europe à cause de l’historique d’un think tank. »

  • How Migrant Movements Radically Transform Borders

    Humans — as long as we have walked, we have moved and explored. We spread to cover the whole world, and then mixed among each other. We continue to do that. Our movement expresses so many elements of our being: our curiosity, our vulnerability, our arrogance. We have generally been the main limit to our own movements in all that time. As humans, we have mobility in common. It is a core part of who we are. And yet it is perhaps precisely that mobility that has often made us afraid of others and controlling over them.


    https://truthout.org/articles/how-migrant-movements-radically-transform-borders

    Un très bon texte sur #migrations et #frontières...

    ping @reka @_kg_
    –-> je vous conseille de le lire...

    • Un très bon texte, #merci @cdb_77

      What this means is that there is an additional challenge for — and an additional border within — the social movement for free mobility. It is the way we perceive what is political and important about this struggle. These everyday acts of escape are often less valued than the more expressly “political” parts of this movement. They often go unrecognized as resistance by the movement itself, and by those who view and comment on it. This weakens the movement.

      Behind all the headline-grabbing actions are all those numerous micro-resistances and everyday, even mundane, subversions. We need to better recognize that struggles for the freedom of movement take place at the everyday level of life-making, as well as in the “big-P” political actions of demonstrations and press statements.

    • A mettre en lien avec cet autre article, scientifique cette fois-ci, d’une jeune chercheuse que j’aime beaucoup :

      Containment through mobility : migrants’ spatial disobediences and the reshaping of control through the hotspot system

      This article deals with the modes of (contested) control that are at play at the Mediterranean frontier for containing, dividing and discipling unruly mobility. Building on ethnographic research conducted on the island of Lesvos and of Lampedusa, it focuses on the implementation and the functioning of the Hotspot System in Greece and in Italy, analysing beyond the fences of detention centres and by looking at the broader logistics of channels, infrastructures and governmental measures deployed for regaining control over migration movements. The article argues that more than control in terms of surveillance and tracking, the Hotspot System contributes to enforce forms of containment through mobility that consists in controlling migration by obstructing, decelerating and troubling migrants’ geographies – more than in fully blocking them. The article takes into account migrants’ refusals of being fingerprinted, showing how migrants radically unsettle the association between seeking refuge and lack of choice, enacting their right to choose where to go and claim asylum.

      https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/1369183X.2017.1401514

  • Favelas and the divided city: mapping silences and calculations in Rio de Janeiro’s journalistic cartography

    This article aims to challenge the widespread consensus that Rio de Janeiro is a divided city by deploying two concepts in critical cartography: cartographic silences and cartographic calculations. As a kind of unconquered territory, a terrae incognitae, favelas were silenced on many of Rio de Janerio’s maps over the last century. When these places began to be mapped, and converted to terrae cognitae, power relations often become even more apparent because of the intention to make it legible for purposes of intervention. By analyzing maps published in the mainstream Brazilian press throughout the last century, this article explores how national press often portrays Rio de Janeiro as a city divided between formal neighborhoods, where the state apparatus can ensure the rule of law, and favelas, where parallel politics enforce local forms of governance. In order to disseminate this image of the city, maps can play an important role, locating different urban zones and reinforcing old stereotypes. Despite many studies that focused on both material and embodied forms of state presence within favelas, maps can be an important source of information to understand persistant representations of favelas as excluded and divided places.


    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/14649365.2013.872285
    #cartographie #pacification #Rio_de_Janeiro #Brésil #favélas #favelas #villes #urban_matter #divided_cities #cartographie_critique #silences_cartographiques #terra_incognita #invisibilité #invisibilisation #in/visibilité #bidonvilles #pouvoir #relations_de_pouvoir #médias #presse #journalisme #représentations #image #stéréotypes #google #google_maps
    ping @reka @fil

  • #Brexit. Entre les deux #Irlandes, les fantômes de la frontière

    Le Brexit fait craindre le retour d’une délimitation physique entre les deux Irlandes. Si cette hypothèse venait à se concrétiser, les efforts importants fournis depuis vingt ans par les frontaliers pour vivre en harmonie pourraient avoir été vains, avertit cet auteur.


    https://www.courrierinternational.com/article/brexit-entre-les-deux-irlandes-les-fantomes-de-la-frontiere
    #frontières #Irlande_du_nord #frontaliers #Irlande #UK #Angleterre

  • Counter-mapping: cartography that lets the powerless speak | Science | The Guardian

    https://www.theguardian.com/science/blog/2018/mar/06/counter-mapping-cartography-that-lets-the-powerless-speak

    Sara is a 32-year-old mother of four from Honduras. After leaving her children in the care of relatives, she travelled across three state borders on her way to the US, where she hoped to find work and send money home to her family. She was kidnapped in Mexico and held captive for three months, and was finally released when her family paid a ransom of $190.

    Her story is not uncommon. The UN estimates that there are 258 million migrants in the world. In Mexico alone, 1,600 migrants are thought to be kidnapped every month. What is unusual is that Sara’s story has been documented in a recent academic paper that includes a map of her journey that she herself drew. Her map appears alongside four others – also drawn by migrants. These maps include legends and scales not found on orthodox maps – unnamed river crossings, locations of kidnapping and places of refuge such as a “casa de emigrante” where officials cannot enter. Since 2011, such shelters have been identified by Mexican law as “spaces of exception”.

    #cartographie_participative #contre-cartographie #cartographie_critique #cartoexperiment