• Nous vous avions récemment transmis l’information d’un scandaleux vol spécial prévu pour le #Soudan, à l’appui du communiqué de presse ci-joint.

    De nombreuses personnes (certain-e-s d’entre vous, du réseau des personnes concernées, etc) se sont mobilisées et ont écrit aux autorités et c’est important. Plusieurs organisations, très inquiètes (La ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International, l’Association contre la Torture, association soudanaise, etc), se sont renseignées, se sont mobilisées et ont pour certaines également écrit au SEM et aux autres autorités concernées en parallèle de démarches juridiques alertant à nouveau sur les risques en cas de retour. Un rassemblement de plus d’une centaine de personnes a eu lieu le dimanche précédent le vol à Lausanne et un rassemblement spontané le lundi lorsqu’A. devait être transféré dans les locaux de la police Cantonale.

    Rien y a fait. Mme Sommaruga et M. Gattiker (chef du Secrétariat d’etat aux Migrations) ont simplement dit que les conditions de sécurité avaient été vérifiées pour les déportés et que tout allait bien… ceux et celles qui lisent régulièrement des décisions du SEM savent à quel point cela relève du cynisme ! (A ce propos, voir le petit reportage sur ces renvois à haut risque au Sri Lanka avec mention du Soudan et la fabuleuse déclaration de la collaboratrice du SEM ! https://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/requerants-dasile-la-delicate-question-du-cas-tamoul?id=9475862&station=a9e76215 )

    Le Vol spécial est donc bien parti le mardi 10 avril. A bord, 5 soudanais dont A. (pour qui le recours n’a pas eu d’effet suspensif) et visiblement, un égyptien. Le voyage s’est évidemment très mal passé. La police est venue chercher A. à 4h30 du matin à la police cantonale pour l’emmener à l’aéroport où se trouvaient un nombre surréaliste de policiers pour les emmener dans l’avion (au moins une soixantaine). Ils étaient presque une vingtaine de policiers par personnes. A. a eu très peur de ce qui pourrait leur arriver… Ils ont été ligotés avec ce qu’il décrit comme des ceintures (2 par chevilles, par poignet, 1 aux hanches et du plastique pour les mains). Ils ont fait 8h dans l’avion, il n’a pas pu manger ni boire. Dans l’avion, les entraves ont été détachées mais chacun était entouré d’un nombre énorme de policiers. Pour aller aux toilettes, il y avait 3 policiers qui les accompagnaient et ils devaient laisser la porte ouverte. A l’aéroport, A. a observé qu’un des déportés s’agitait/protestait, il ne sait pas bien ce qui s’est passé mais une vingtaine de policiers se sont précipités sur lui et le médecin s’est également rendu vers lui puis il s’est calmé. Il a eu l’impression qu’on lui avait administré un médicament.

    Ce récit ressemble malheureusement à la plupart des récits des vols spéciaux, qui mettent en avant l’extrême absurdité des politiques de migration, l’extrême violence et l’acharnement que l’Etat met pour déporter et exclure des exilé-e-s.

    A. avait vécu 6 ans ici, avait une compagne et une procédure de mariage en cours et s’est engagé dans de nombreuses activités bénévoles de la ville à défaut d’avoir le droit de travailler. Sa demande de régularisation (dossier exemplaire avec promesse d’embauche) avait été refusée par le Canton (M. Leuba), comme c’est le cas presque systématiquement.

    Sur les conditions d’arrivée au Soudan, les versions différent sur le déroulement des interactions avec la police locale mais A. raconte qu’il a été interrogé à l’arrivée (pourquoi il a quitté le pays, pourquoi il n’avait pas de documents, qu’est-ce qu’il avait raconté en Suisse, ses motifs de fuite, etc). Il s’était préparé à l’avance avec des compatriotes pour éviter tout risque d’être associé à l’opposition et de s’exposer dans ses réponses. Une personne du réseau (bien placée) est également venue le chercher (ayant payé pour lui) et A. se trouve actuellement sous sa protection mais cette dernière a dû donner son identité et doit régulièrement s’annoncer au poste de Police, selon les dernières informations. Il semblerait que tout le monde a été libéré à l’arrivée mais leurs situations au vu de la situation est très incertaine.

    Les noms des déportés ont circulé dans les médias ainsi que des rumeurs selon lesquels les déportés auraient commis de dangereux crimes en Suisse (on pourrait en effet penser que ces personnes sont de dangereux criminels lorsqu’on connaît les conditions de leurs renvois ?). Amnesty a vérifié que tout le monde avait été libéré ainsi que l’avocat de certains des déportés.

    Toutefois, A. reste extrêmement inquiet pour sa sécurité étant donné ses activités passées, l’apparition de son nom, de photos, de vidéos de lui, les rumeurs qui lui sont rapportées et le fait que les projecteurs risquent de se détourner d’eux. Des avocats, compatriotes et personnes de soutien tentent de rester en contact avec A. et d’autres personnes concernées. Pour A., d’autres procédures doivent être poursuivies (procédure de mariage) puisque sa fiancée se trouve toujours en Suisse.

    Actuellement, des démarches à la Cour Européenne des Droits de l’Homme sont envisagées et diverses organisations tentent d’interpeller les autorités sur les véritables vérifications effectuées et sur leurs agissements.

    A l’arrivée, s’ il n’y a pas eu trop de vagues (contrairement aux précédents renvois dénoncés en Europe), c’est peut-être un des impacts de notre mobilisation. La Suisse a certainement exigé des autorités soudanaises que cela se passe bien d’autant plus qu’il y a un enjeu politique pour le Soudan (qui était aussi invité à la rencontre suisse du groupe de la Méditerranée centrale et en lien avec le processus de Khartoum et ces collaborations avec la Suisse).

    L’autre importance de nos mobilisations, en plus d’avoir dénoncé et témoigné, est qu’un réseau important s’est coordonné spontanément, des personnes de soutien nouvelles, personnes et groupes, et que ces synergies qui évoluent sont capitales pour la suite de la lutte contre ces renvois immondes et pour la protection des personnes menacées.
    Entre temps, nous avons appris que la Suisse s’était joint à des Accords passés entre l’UE et les services de sécurité Ethiopiens (à nouveau, les principaux auteurs de violations des droits humains sur place) pour faciliter désormais aussi les renvois forcés des exilé-e-s éthiopiens. Nous avons rencontré des exilés éthiopiens inquiets pour leur sort, se joignant dans leur angoisse à nombre de personnes qui n’ont pas été entendues par les autorités qui refusent systématiquement d’entendre et de prendre en compte la réalité des personnes concernées ayant pour seul devise le soupçon généralisé et les menaçant de refoulement prochain.

    Nous continuerons à témoigner de ces réalités inquiétantes et trop dissimulées et de lutter contre ces renvois et nous vous remercions pour vos appuis.

    Avec nos meilleurs messages,

    Le Collectif R

    Message reçu via email le 23 avril 2018.

    #réfugiés #asile #migrations #Suisse #réfugiés_soudanais #vol_spécial #renvois #expulsions

  • ODAE roman | Un Sri lankais passe deux ans en prison après son renvoi : la CourEDH condamne la Suisse
    http://asile.ch/2017/03/14/odae-roman-sri-lankais-passe-deux-ans-prison-apres-renvoi-couredh-condamne-sui

    Dans un arrêt du 26 janvier 2017 (Cas X c. Suisse, requête n°16744/14), la Cour européenne des droits de l’Homme (CourEDH) a condamné la Suisse pour avoir renvoyé en 2013 un requérant d’asile débouté au Sri Lanka, où il a été arrêté et maltraité à son arrivée. La Suisse a ainsi violé l’art. 3 CEDH […]

    • «Grundsätzlich zumutbar»

      Ein Tamile sucht in der Schweiz Asyl. Unter Zwang wird er nach Sri Lanka zurückgeschafft, wo er sich seither verstecken muss. Die Geschichte von einem, der zwischen die Fronten der schweizerischen Asylpraxis und des sri-lankischen Überwachungssystems geraten ist.


      https://www.woz.ch/1747/abgeschoben-nach-sri-lanka/grundsaetzlich-zumutbar
      #Sri-Lanka #aéroport #zone_de_transit

    • Communiqué de Droit de rester (Suisse), reçu par mail le 15.03.2018 :

      VOL SPÉCIAL VERS LE SRI LANKA QUI MET EN DANGER LES PERSONNES EXPULSÉES

      Mercredi 14 mars, la Suisse a renvoyé de force 21 Tamouls par #vol_spécial, accompagnés par la traditionnelle horde de policiers...comme des criminels. Leur crime ? Avoir demandé l’asile en Suisse, avoir cherché protection dans notre pays.

      Dans ce vol spécial se trouvaient 2 Tamouls qui résidaient dans le canton de Vaud depuis plusieurs années. Ce sont nos amis. Ils avaient fui le Sri Lanka pour sauver leur vie. Pour ne pas être arrêtés. Pour ne pas être torturés.

      Les autorités vaudoises ne les ont pas crus. Eux ils obéissent à Berne, la Berne sourde à toute mise en garde. Depuis octobre 2016, le Secrétariat d’Etat aux Migrations a changé sa pratique et considère « raisonnablement exigibles » les renvois des requérants d’asile sri lankais. La Suisse a signé un accord migratoire avec le gouvernement sri lankais pour faciliter la réadmission des déboutés de l’asile en provenance de ce pays. Mais la Suisse semble ignorer que la situation post-conflit dans ce pays n’est pas encore stabilisée et sûre pour tous les habitants du Sri Lanka.

      Pour la première fois depuis la fin de la guerre en 2009, l’État d’urgence a été instauré le 6 mars au Sri Lanka et les réseaux sociaux ont été bloqués suite à de graves violences intercommunautaires. Des foules bouddhistes ont mené des émeutes anti-musulmanes ayant fait au moins trois morts, plus d’une dizaine de blessés et détruits de nombreux bâtiments, commerces et mosquées. La chaîne Al Jazeera a également récemment diffusé un documentaire hallucinant sur les tortures et les mauvais traitements subis actuellement par des opposants tamouls au Sri Lanka.

      Qu’en est-il de nos amis maintenant ? Comment se sont passés ces renvois forcés et leur arrivée dans ce Sri Lanka troublé ? Nous craignons le pire et nous faisons tout ce qui est possible pour avoir de leurs nouvelles.

      Seront-ils eux aussi dédommagés par la Confédération suisse en raison de mauvais traitements subis suite à leur renvoi forcé par la Suisse ? En effet, deux Tamouls ont déjà été dédommagés par la Suisse après avoir été arrêtés et torturés après leur renvoi au Sri Lanka. La dernière décision en date vient d’ailleurs d’être rapportée ce dimanche 11 mars par la SonntagsZeitung et la Zentralschweiz Sonntag. Après un recours au Tribunal fédéral, un arrangement extrajudiciaire a été proposé à l’avocat du Tamoul torturé suite à son renvoi par le Département des finances. Combien de cas similaires la justice suisse devra-t-elle encore juger suite à ces nouveaux renvois forcés ?

      Nous accusons le SEM, mais aussi le Conseiller d’État Leuba et le SPOP de non-assistance à personne en danger. Expulser ces jeunes vers le Sri Lanka et ses dangers est aussi criminel que les agissements du gouvernement sri lankais.

      Nous exigeons l’arrêt immédiat de tout renvoi au Sri Lanka et l’octroi d’un permis stable à ses ressortissants qui luttent depuis longtemps pour plus de justice. Droit de rester pour tou.te.s appelle à manifester contre les renvois aux Sri Lanka mercredi prochain 21 mars à Lausanne. Un rassemblement aura lieu à 17h30 à la Place Chauderon. La manifestation traversera le centre ville avant de se terminer symboliquement devant le Tribunal fédéral.

      #réfugiés_tamouls #accords_de_réadmission #réfugiés_sri-lankais