Invisibilisation et cooptation, les ressorts de l’exclusion des femmes et des minorités en politique | Slate.fr

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  • Discrimination vocale et sujets « féminins », le sexisme à la radio | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/158605/medias-sexisme-radio-discriminations-presentatrices-matinales-inegalites-salar

    C’est un constat qui revient depuis plusieurs années : la radio décroche régulièrement les plus mauvais scores pour la présence de femmes à l’antenne, par rapport à la presse écrite et à la télévision.

    Pour 2017, les chiffres du CSA recensent 38% de femmes, contre 42% à la télévision. L’an dernier, l’autorité indépendante notait déjà « un déséquilibre plus marqué à la radio qu’à la télévision », avec une présence globale de femmes à 36% pour la radio en 2016, contre 40% pour la télévision.

    « Lorsque le média ne comporte plus d’images mais seulement des voix, les présentatrices, en augmentation sur les écrans, disparaissent de l’antenne pour laisser place aux hommes », notait le rapport.

    Une question se pose : pourquoi la radio fait-elle moins parler les femmes que les autres médias ? Existe-t-il un sexisme bien spécifique aux ondes ?

    Minoritaires devant comme derrière le micro

    Précisons d’abord ce que l’on entend par « moins de femmes ». Ces dernières années, la catégorie « experts et expertes » a connu une légère amélioration. En 2015, le projet mondial de monitorage des médias (Global Media Monitoring Project, ou GMMP) notait que sur les huit stations de radio analysées, les femmes ne représentaient que 20% des personnalités expertes interrogées à la radio, contre 23% en presse écrite et 38% en télévision. Pour 2016, le rapport du CSA dénombrait quant à lui 29% d’expertes en radio, contre 32% pour la télévision. La situation s’améliore quelque peu en 2017 : la radio compte désormais davantage d’expertes que la télévision (37%, contre 33%).

    Les femmes sont la « source des nouvelles » –c’est-à-dire toutes les personnes interviewées, expertes, porte-parole ou lors de micro-trottoirs, qui ne sont pas le sujet principal du reportage– dans 23% des cas à la radio, contre 22% pour la presse et 38% pour la télévision, selon le GMMP. Le dernier rapport du CSA relève moins d’invitées politiques en radio qu’en télévision (29%, contre 25%) et moins de personnalités rangées dans la catégorie « autres intervenantes » (42%, contre 30% pour la radio).

    Dans la catégorie des présentateurs, reporters et autres journalistes, les femmes journalistes sont également minoritaires en radio, voire très minoritaires. L’étude du GMMP montrait qu’elles ne représentaient en 2015 que 28% des signatures, contre 48% pour la presse écrite et 44% pour la télévision.

    @mona

    #radio #sexisme #discrimination #invisibilité #silenciation

    • « Nos professeurs, tous masculins, ont tendance à privilégier les voix graves, et donc la plupart du temps masculines », lance une étudiante en radio. Un sentiment partagé par une dizaine de ses camarades. Une autre se plaint d’avoir entendu son professeur qualifier la voix d’une élève de « voix de sorcière ». « C’est plus dur si on a une voix aiguë. D’ailleurs, si vous écoutez la radio, personne n’a de voix aiguë », avance une journaliste radio du groupe Nextradio TV.

      #sorcieres

    • voire aussi sur les femmes et personnes racialisées en politique
      http://www.slate.fr/story/156787/politique-intrus-femmes-minorites-exclusion-invisibilisation-cooptation

      « Invisibilisation », donc, et entre-soi : les hommes blancs s’arrangent, le plus souvent inconsciemment, pour rester entre eux. Ou parfaitement consciemment : c’est ce que raconte l’ex-conseillère régionale et de Paris (UMP) Géraldine Poirault-Gauvin, qui était colistière de Philippe Goujon aux législatives, en 2007 : « Une fois qu’il a été élu, je n’ai plus eu accès aux réunions stratégiques du vendredi, que l’on m’a dit réservées aux hommes. Cela fait partie des choses pour lesquelles je ne suis plus en phase avec lui. Pour la conquête du pouvoir, on met des femmes. Pour son exercice, des hommes. »

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      Les journaux sont pleins d’exemples de ce « fratriarcat » blanc, comme l’appelle la sociologue Françoise Gaspard.

      #fratriarcat voila un mot qui manquait.