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  • Un traitement expérimental éradique le cancer du rectum chez la totalité des patients
    https://trustmyscience.com/traitement-experimental-parvient-eradiquer-cancer-rectum-totalite-pa

    C’est une première en oncologie : une douzaine de patients atteints d’un adénocarcinome rectal de stade II ou III, traités par immunothérapie, ont tous vu leurs tumeurs disparaître après six mois de traitement. Aucune chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie complémentaire n’a été nécessaire. Non seulement l’approche est efficace, mais elle permet d’éliminer tous les effets secondaires liés aux traitements conventionnels, qui nuisent à la qualité de vie des patients.

    Le cancer du rectum localement avancé est généralement traité par chimiothérapie et radiothérapie, suivies d’une résection chirurgicale du rectum ; la plupart des patients souffrent ensuite de dysfonctionnements intestinaux et vésicaux, d’incontinence, d’infertilité et/ou de dysfonctionnements sexuels. Les traitements pré-chirurgie visent à réduire les tumeurs au maximum avant de les retirer. Une équipe du Memorial Sloan Kettering (MSK) Cancer Center, à New York, a entrepris d’utiliser l’immunothérapie pour faciliter davantage la chirurgie.

    Les chercheurs ont ciblé en particulier les tumeurs du rectum avec une constitution génétique spécifique connue sous le nom de « mismatch repair-deficient » (MMRd) ou « déficience du système de réparation des mésappariements des bases » — une mutation génétique qui concerne entre 5 et 10% des patients atteints d’un cancer du rectum. « Une tumeur MMRd développe un défaut dans sa capacité à réparer certains types de mutations qui se produisent dans les cellules. Lorsque ces mutations s’accumulent dans la tumeur, elles stimulent le système immunitaire, qui attaque les cellules cancéreuses porteuses de mutations », explique le Dr Luis Diaz, qui dirige la division Solid Tumor Oncology du MSK.
    Une nouvelle thérapie « immunoablative »

    Les cellules immunitaires sont cependant dotées d’un « point de contrôle », une protéine nommée PD1, qui les empêchent de s’attaquer aux cellules saines de l’organisme. Grâce à un ligand spécifique (PD-L1) exprimé à leur surface, les cellules cancéreuses ont la capacité de déclencher ces points de contrôle afin de pouvoir continuer à se développer tranquillement dans l’organisme. La liaison de la protéine PD1 au ligand tumoral bloque complètement l’action du système immunitaire.

    L’immunothérapie permet de lever cette barrière : plusieurs anticorps monoclonaux — appelés inhibiteurs de point de contrôle — permettent d’empêcher la liaison de PD-L1 au récepteur des cellules immunitaires, et stimulent l’action de ces dernières. « Lorsque les freins sont levés sur les cellules immunitaires, les cellules MMRd semblent particulièrement étranges, car elles ont beaucoup de mutations. Ainsi, les cellules immunitaires attaquent avec beaucoup plus de force », explique le Dr Andrea Cercek.

    L’un de ces anticorps monoclonaux, le dostarlimab, s’était déjà montré particulièrement efficace dans le cas de cancers colorectaux de type MMRd métastatiques. L’équipe du Dr Diaz a donc entrepris de traiter ce cancer au plus tôt, avant qu’il ne produise des métastases. Le dostarlimab en monothérapie a donc été administré toutes les 3 semaines pendant 6 mois chez des patients atteints d’un adénocarcinome rectal de stade II ou III de type MMRd. Le traitement devait être suivi d’une chimioradiothérapie et d’une chirurgie standard, à moins que le dostarlimab n’entraîne une réponse clinique complète.

    Parmi les 12 patients ayant terminé leur traitement, la totalité ne montrait plus aucun signe de tumeur. Aucun n’a eu besoin d’une chimioradiothérapie ni d’une intervention chirurgicale complémentaire — le Dr Diaz a d’ailleurs qualifié cette thérapie d’« immunoablative ». Malgré une surveillance attentive des patients (par IRM, endoscopie ou autres méthodes), aucun cas de progression ou de récidive n’a été rapporté dans les 6 à 25 mois après l’issue du traitement. Ces résultats exceptionnels ont même surpris les Drs Cercek et Diaz.
    Une approche qui pourrait être étendue à d’autres cancers

    « L’immunothérapie a réduit les tumeurs beaucoup plus rapidement que prévu. […] Les patients sont venus à mon cabinet après seulement deux ou trois traitements et m’ont dit : “C’est incroyable. Je me sens à nouveau normal” », se souvient le Dr Cercek. La spécialiste se réjouit par ailleurs que chaque patient n’ait finalement eu besoin que d’une immunothérapie. « Ils ont préservé leur fonction intestinale, leur fonction vésicale, leur fonction sexuelle, leur fertilité. Les femmes ont conservé leur utérus et leurs ovaires. C’est remarquable », souligne-t-elle.

    Sascha Roth, âgée de 38 ans, est la première patiente à avoir bénéficié du traitement par dostarlimab. Deux ans après le début de l’essai, elle ne montre aucun signe de récidive et continue de mener une vie normale. Un suivi plus long est toutefois nécessaire pour évaluer la durée de la réponse. À noter également que le dostarlimab est connu pour entraîner certains effets indésirables graves (l’une des raisons pour lesquelles la Haute autorité de santé a déclaré que cet anticorps n’avait pas sa place dans la stratégie thérapeutique). Cependant, dans cette étude, « aucun événement indésirable de grade 3 ou plus n’a été signalé », rapportent les chercheurs.

    Alors que le cancer colorectal, et en particulier le cancer rectal, touche de plus en plus de jeunes personnes (de moins de 50 ans), l’équipe estime que cette immunothérapie pourrait constituer une option de traitement intéressante. En outre, cette approche s’avère plus efficace que les traitements conventionnels pour les personnes atteintes du syndrome de Lynch (une maladie génétique responsable d’une augmentation du risque de développer certains cancers).
    Le Dr Diaz et ses collègues espèrent que ce traitement pourra être appliqué à d’autres cancers, dont les tumeurs peuvent également porter la mutation MMRd. Ils recrutent ainsi des patients atteints de cancers gastriques, de la prostate et du pancréas — des cancers pour lesquels les traitements habituels occasionnent aussi des effets secondaires nuisant largement à la qualité de vie. Parallèlement, ils continuent leur essai clinique pour le traitement du cancer rectal.Source : A. Cercek et al., The New England Journal of Medicine

  • Une cité engloutie il y a 3400 ans émerge littéralement des eaux du Tigre
    https://trustmyscience.com/decouverte-ville-engloutie-dans-tigre-3400-ans-mittani

    Les vagues de chaleur se succèdent, établissant de nouveaux records de températures, toujours plus tôt dans l’année. Les niveaux d’eau potable à travers le monde baissent, alors même que nous craignons la montée du niveau des océans. Les sécheresses sévissent inexorablement. Dans ce contexte de crise climatique aiguë peuvent survenir des découvertes extraordinaires. Récemment, une équipe internationale de chercheurs a exhumé une ville entière vieille de 3400 ans en Irak, l’un des pays les plus impactés par ce manque d’eau. En effet, le niveau du Tigre a considérablement baissé dernièrement, et la ville a ainsi émergé des eaux du réservoir de Mossoul. Elle comprend un palais et plusieurs grands bâtiments. Cette découverte fortuite permettra d’étoffer les connaissances sur l’un des empires les moins étudiés du Proche-Orient ancien, le royaume Mittani.

    Comme en 2018, la sécheresse qui frappe cette année l’Irak est d’une extrême intensité : le bétail meurt de soif, les cultures sont plus que jamais sous pression hydrique. D’une part pour éviter une trop grande perte économique et d’autre part pour fournir de l’eau potable à la population, depuis décembre 2021, les autorités puisent dans le réservoir de Mossoul. Il s’agit du plus grand réservoir d’eau douce d’Irak.

    En conséquence, cette importante sollicitation a conduit à une baisse record du niveau du réservoir. Des archéologues allemands de l’université de Tübingen et de Fribourg, ainsi que de l’Organisation d’archéologie du Kurdistan, ont alors exhumé les ruines d’un palais de l’âge de bronze, situé à Kemune, sur les rives orientales du Tigre. Jusqu’à l’année dernière, le bâtiment était resté immergé. Selon les spécialistes, il date de l’époque de l’empire Mittani, ayant régné au nord de la Mésopotamie et sur une partie de la Syrie au XVIe et XIVe siècles av. J.-C.

    Un barrage bloquant l’accès

    Il faut préciser que cette ville a été submergée il y a des décennies sans aucune enquête archéologique préalable, à la suite de la construction d’un barrage, malgré l’occupation contemporaine de cette zone jusqu’en 1985. Ce barrage, construit à l’époque de Saddam Hussein (dans les années 1990), situé à environ 50 kilomètres de Mossoul, fournit de l’eau et de l’électricité à la majeure partie de la région. Pourtant, il est considéré par les Occidentaux comme le « barrage le plus dangereux du monde ». Bâtie sur des fondations instables, la structure nécessite des travaux de maintenance et représente un réel danger si elle venait à se rompre. Les experts estiment, dans le pire des scénarios, qu’une telle rupture pourrait libérer une vague de 20 mètres de haut sur la ville de Mossoul, avec des pertes humaines et des dégâts matériels considérables en quelques jours, voire en quelques heures. C’est d’ailleurs ce qui faillit arriver en 2016, avant des travaux de restauration à plus de 530 millions de dollars américains.

    Puis, à l’automne 2018, la décrue des eaux — dans un contexte climatique et météorologique similaire à aujourd’hui — dans le réservoir du barrage de Mossoul a révélé de manière inattendue les vestiges de l’ancienne ville de Zakhiku, dans la région du Kurdistan irakien, un site important de l’empire Mittani (vers 1550-1350 av. J.-C.). Récemment, le même phénomène s’est opéré, permettant un nouvel examen de la zone, et la révélation de connaissances précieuses sur cet ancien royaume.

    Des « fouilles de sauvetage » sous pression

    Certaines parties de cet imposant complexe urbain ont dû être exhumées et documentées le plus rapidement possible, avant qu’il ne soit de nouveau submergé. C’est pourquoi l’archéologue kurde Dr Hasan A. Qasim, directeur de l’Organisation d’archéologie du Kurdistan (KAO), accompagné des archéologues allemands Ivana Puljiz (Université de Fribourg) et Peter Pfälzner (Université de Tübingen), ont décidé d’entreprendre une fouille de sauvetage conjointe, entre janvier et février 2022, en coopération avec le Département des antiquités de Dohouk.

    En peu de temps, les chercheurs ont réussi à reconstituer en grande partie le plan de la ville. En plus d’un palais, consigné lors de la première campagne de fouilles en 2018, plusieurs autres grands bâtiments ont été découverts : une fortification massive avec un mur et des tours, un entrepôt monumental à plusieurs étages et un complexe industriel. Le palais se situe à seulement vingt mètres de la rive orientale du Tigre. Il est soutenu par des murs de briques de plus de deux mètres d’épaisseur et mesure jusqu’à sept mètres de haut.

    Face à cette structure urbaine tentaculaire, Ivana Puljiz explique dans un communiqué : « L’immense bâtiment de l’entrepôt revêt une importance particulière, car il devait contenir d’énormes quantités de marchandises qui provenaient probablement de toute la région ».
    Des vestiges très bien conservés et des indices sur l’empire Mittani

    Ce qui est particulièrement étonnant, c’est l’état de conservation des murs de ces bâtiments — de structures en pisé —, après des siècles sous le sable puis plus de 40 ans sous l’eau, selon l’équipe de recherche. La raison en est que la ville a été fondée vers 1350 avant notre ère, puis détruite lors d’un tremblement de terre. L’effondrement subséquent des parties supérieures des murs a enseveli les bâtiments, les protégeant des ravages du temps.


    Certains des murs du bâtiment de stockage de la période Mittani mesurent plusieurs mètres de haut. © Universités de Fribourg et de Tübingen, KAO

    De plus, l’une des principales découvertes est celle de cinq pots en céramique dans lesquels plus de 100 tablettes en écriture cunéiforme — la plus ancienne après les hiéroglyphes égyptiens — ont été conservées. Ces tablettes datent de la période médio-assyrienne, peu de temps après la catastrophe du tremblement de terre qui a frappé la ville. Certaines tablettes d’argile, considérées comme des lettres par les chercheurs, sont encore dans leurs enveloppes d’argile. Les archéologues espèrent que cette découverte fournira des informations importantes sur la fin de la ville de Zakhiku, ainsi que sur le début de la domination assyrienne dans cette région.


    Pot en céramique contenant les tablettes en écriture cunéiforme, dont une encore dans son enveloppe d’argile d’origine. © Universités de Fribourg et de Tübingen, KAO

    Effectivement, ces tablettes pourraient apporter un éclairage inestimable sur le fonctionnement de la société, l’économie et la politique de la civilisation Mittani. Sans compter que les informations sur les palais de cette période, jusqu’à présent, ne sont issues que de Tell Brak en Syrie et des villes de Nuzi et d’Alalakh, toutes deux situées à la périphérie de l’empire. Même la capitale de l’empire Mittani n’a toujours pas été identifiée avec certitude.

    Les archéologues s’accordent tout de même sur le fait que les rois mitanniens, aux noms indiens — le premier connu est Kirta (entre 1550 à 1530 av. J.-C.) —, furent tour à tour ennemis et alliés des pharaons, notamment Aménophis III et Akhénaton. Il est admis que les rois de Mittani ont donné leurs filles en mariage aux rois d’Égypte et ont correspondu avec eux. Leur empire, attaqué par les Hittites et les Assyriens, a fini par disparaître au XIIIe siècle avant notre ère.

    Peter Pfälzner déclare : « Le fait que les tablettes cunéiformes en argile non cuite aient survécu pendant tant de décennies sous l’eau relève du miracle ». Hasan Qasim conclut : « Les résultats des fouilles montrent que le site était un centre important de l’Empire Mittani ».


    La zone de fouille est recouverte sur une grande surface d’une bâche en plastique pour la protéger de la montée des eaux du réservoir de Mossoul. © Universités de Fribourg et de Tübingen, KAO

    Afin d’éviter des dégâts supplémentaires aux ruines, causés par l’eau du réservoir sur les murs en argile non cuite, les bâtiments fouillés ont été entièrement recouverts d’une bâche en plastique elle-même recouverte de graviers. Cette mesure de conservation est financée par la Fondation Gerda Henkel, cherchant à promouvoir la science dans les universités et les instituts de recherche. Actuellement, le site est à nouveau complètement inondé.

  • Selon des chercheurs chinois, être capable de détruire les satellites Starlink est une nécessité pour l’armée chinoise
    https://trustmyscience.com/selon-chercheurs-chinois-armee-chinoise-doit-etre-capable-detruire-s


    Lancement de satellites Starlink. | Flickr/SpaceX

    La Chine doit être capable de désactiver ou détruire les satellites Starlink de SpaceX s’ils devaient constituer une menace pour la sécurité nationale. C’est du moins l’opinion d’un groupe de chercheurs de l’armée chinoise, qui vient de publier dans une revue académique nationale, Modern Defense Technology, un document dans lequel ils proposent une série de contre-mesures visant à mettre à mal le réseau satellitaire américain.

    La constellation Starlink compte à ce jour près de 2400 satellites. Ce service d’accès à Internet à haut débit a connu une croissance exponentielle ces trois derniers mois et compte désormais plus de 400 000 utilisateurs à travers le monde. Mais ce succès ne semble pas réjouir Yuanzhen Ren, chercheur au Beijing Institute of Tracking and Telecommunications, qui vient de rédiger une étude présentant différents moyens de développer les capacités antisatellites de la Chine — une étude co-signée par plusieurs scientifiques de haut niveau de l’industrie de la défense chinoise.

    « Une combinaison de méthodes de destruction ‘douce’ et ‘dure’ devrait être adoptée pour faire perdre leurs fonctions à certains satellites Starlink et détruire le système d’exploitation de la constellation », écrivent-ils dans le document, selon le South China Morning Post. Ils évoquent notamment la mise en place d’un système de surveillance à grande échelle et à haute sensibilité pour suivre chacun des satellites Starlink. On ne sait pas à ce jour si ce document reflète ou non la position officielle de l’ensemble du gouvernement chinois.

  • C’est un gag où ils ont intriqué un tardigrade avec des qubits ?
    https://arxiv.org/pdf/2112.07978v1

    [Edit] Oh des jolies photos et un article en français sont arrivés depuis : https://trustmyscience.com/tardigrade-premier-organisme-multicellulaire-subir-intrication-quant

    Pour déterminer si l’état d’intrication avait été atteint entre le tardigrade et le qubit, les chercheurs ont mesuré la fréquence à laquelle la combinaison tardigrade-qubit vibrait. Résultat : les calculs (basés sur les mesures) n’avaient de sens que si les deux objets étaient considérés en état d’intrication quantique.

    Après avoir effectué leurs mesures, les chercheurs ont lentement dépressurisé et réchauffé le tardigrade, le faisant sortir de son état de relaxation et le ramenant à la vie. Mais les records établis par ce super tardigrade ne s’arrêtent pas là : la température en question (qui était à peine 0,01 °C au-dessus du zéro absolu) est la plus basse à laquelle un tardigrade ait jamais survécu.

    #sciencefiction #surrealisme #quantique #vivisection #recherche #ilssontfous #schroedinger #chatnoirchatblanc

  • Des #métaux_lourds présents dans le #cannabis peuvent affecter la #santé
    https://trustmyscience.com/metaux-lourds-cannabis-affectent-sante

    Les plants de cannabis (utilisés notamment dans la production de chanvre industriel, de la marijuana médicale et de l’huile de #cannabidiol) absorbent facilement les métaux lourds. Ce qui les rend utiles pour la #phytoremédiation, mais dangereux pour la santé des consommateurs, en particulier les patients atteints de cancer utilisant le cannabis à des fins thérapeutiques.

    Source :
    Cannabis may contain heavy metals and affect consumer health, study finds | Penn State University
    https://www.psu.edu/news/research/story/cannabis-may-contain-heavy-metals-and-affect-consumer-health-study-finds

  • Le cerveau peut se remémorer et réactiver des réponses immunitaires passées
    https://trustmyscience.com/cerveau-peut-rememorer-reactiver-reponses-immunitaires-passees

    De plus en plus de preuves indiquent que le cerveau régule l’immunité périphérique, mais on ne sait pas encore si, ni comment, le cerveau représente l’état du système immunitaire. Une équipe de chercheurs israéliens du Technion s’est penchée sur la question et rapporte dans une nouvelle étude que le cerveau est capable de stocker et de rappeler des réponses immunitaires spécifiques. Nos neurones pourraient-ils induire une sensation de maladie, voire une maladie réelle ?

    Les troubles psychosomatiques sont décrits comme des maladies émergentes sans cause biologique apparente, dont les symptômes physiques sont aggravés par un facteur émotionnel ou psychique. Ulcère de l’estomac, colopathie fonctionnelle, psoriasis, eczéma, sont tout autant d’exemples de troubles psychosomatiques, la plupart étant dus au stress ou à une émotion forte. Parce que ces troubles ont une composante psychique importante, des chercheurs ont entrepris d’explorer le potentiel du cerveau à provoquer lui-même ces symptômes.

    Ils se sont intéressés en particulier au cortex insulaire, aussi appelé insula, une région cérébrale associée aux fonctions limbiques (qui régissent les émotions), qui interviendrait notamment dans le dégoût, la dépendance ou encore la conscience. L’insula joue par ailleurs un rôle dans l’intéroception, autrement dit, la capacité du système nerveux à percevoir les modifications et signaux provenant des viscères (cela inclut la faim, la soif, la douleur, la fréquence cardiaque, etc.). Les chercheurs ont postulé que si un signalement d’inflammation devait être stocké dans le cerveau, cette zone serait probablement impliquée.
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    Une inflammation réactivée par un simple souvenir

    Cette connexion entre le corps et l’esprit ne date pas d’hier. En 1890, Ivan Pavlov mettait en évidence le réflexe conditionnel, via une expérience montrant que les chiens avaient tendance à saliver avant même d’entrer réellement en contact avec leur repas. Puis, dans les années 1970, après avoir administré à plusieurs reprises un médicament immunosuppresseur et de la saccharine à des rats, des scientifiques ont découvert qu’ils pouvaient réprimer l’activité immunitaire de ces animaux avec de la saccharine seule ! De la même manière, la simple odeur d’un aliment qui nous a rendus malades par le passé suffit parfois à nous donner la nausée.

    Pour vérifier leur hypothèse, les chercheurs ont tout d’abord induit une inflammation chez la souris (une inflammation du côlon), afin d’identifier (par marquage fluorescent) les groupes de neurones du cortex insulaire présentant une activité accrue au cours de l’inflammation. Quelques semaines plus tard, une fois les souris complètement rétablies, ils ont activé artificiellement ces neurones à l’aide d’un interrupteur moléculaire qu’ils avaient préalablement positionné sur les cellules de l’insula.
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    Chez la souris, l’activation des neurones de l’insula impliqués dans une inflammation passée a suffi à réactiver une réponse immunitaire ciblée au même endroit, alors qu’il n’y avait aucun signe d’infection. © T. Koren et al.

    Ils ont alors constaté que l’inflammation avait réapparu, exactement au même endroit que précédemment : le cortex insulaire a ordonné au système immunitaire de déclencher une réponse ciblée dans l’intestin, sur la zone de l’inflammation d’origine, alors qu’il n’y avait aucune infection ni lésion tissulaire ou d’agent pathogène à ce moment-là. Ils ont obtenu des résultats similaires chez d’autres souris chez lesquelles ils avaient induit une autre maladie inflammatoire dans la cavité abdominale (une péritonite).

    Conclusion : le simple souvenir de l’inflammation a suffi à la réactiver chez ces modèles murins. « Il s’agit d’un travail exceptionnel, qui établit que le concept classique de mémoire immunologique peut être représenté dans les neurones », souligne Kevin Tracey, neurochirurgien et président des Feinstein Institutes for Medical Research à Manhasset, qui n’a pas participé à l’étude.
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    Une nouvelle piste pour traiter les maladies inflammatoires chroniques

    Comme l’explique la neuro-immunologue Asya Rolls, qui a dirigé le groupe de recherche, cette capacité à déclencher une réponse immunitaire sur la base du souvenir d’une infection passée est aussi un avantage pour l’organisme. « Le corps doit réagir le plus rapidement possible à l’infection avant que les bactéries ou virus attaquants puissent se multiplier. […] Il y a un avantage à se préparer au combat lorsque l’on est sur le point de faire face à une infection déjà rencontrée », explique-t-elle. Un temps de réponse plus court permet au corps de vaincre l’infection plus rapidement et avec moins d’effort. Le problème est que ce mécanisme de défense peut devenir incontrôlable, au point de provoquer à lui seul des maladies.

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    Après avoir montré qu’une inflammation peut être à nouveau déclenchée par activation des neurones impliqués dans l’inflammation initiale, les chercheurs ont tenté de vérifier s’il était possible, sur ce même principe, d’enrayer une inflammation. Si le cerveau était capable de provoquer une maladie, peut-être était-il capable de la stopper ? Effectivement, lorsque l’équipe a inhibé l’ensemble initial des neurones activés, les symptômes de la maladie affichés par les souris n’étaient pas aussi graves. Pour Kevin Tracey, cette recherche montre clairement que le cerveau est inséparable du système immunitaire. Mais comment les deux communiquent-ils ?

    Rolls pense que les neurones de l’insula qui sont entrés en action lors de l’inflammation initiale ont un moyen de transmettre un message jusqu’au côlon ; elle pense que le cortex insulaire pourrait envoyer des signaux aux muqueuses du corps ou réguler les niveaux d’hormones pour aider à réactiver une réponse immunologique. Cependant, les chercheurs soulignent qu’ils ne peuvent pas encore dire si la mémoire de l’inflammation par les neurones de l’insula décrit la réponse immunitaire elle-même, ou s’il s’agit plutôt d’un enregistrement des sensations des tissus corporels enflammés — soit le souvenir de ce que l’on a ressenti en étant malade. Ils ajoutent que d’autres parties du cerveau pourraient être impliquées dans la mémorisation de la réponse immunitaire.
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    Bien qu’ils ne concernent que les souris, les résultats de cette étude ont de larges implications pour comprendre la façon dont l’esprit et le corps humains s’influencent mutuellement. Ils pourraient notamment ouvrir la voie à de nouveaux traitements pour soulager les symptômes des affections inflammatoires chroniques — telles que la maladie de Crohn, le psoriasis et d’autres affections auto-immunes — qui consisteraient à atténuer, voire effacer, leur trace mnésique dans le cerveau. Le laboratoire de Rolls a déjà commencé à concevoir des essais cliniques pour traiter l’inflammation chronique de l’intestin sur la base des découvertes de son équipe.

  • Transhumanisme : le MIT met en place une nouvelle initiative pour fusionner l’Homme à la machine
    https://trustmyscience.com/transhumanisme-mit-nouvelle-initiative-fusionner-homme-machine

    Le MIT annonce l’ouverture d’un nouveau centre de recherche interdisciplinaire visant à atténuer les handicaps physiques et neurologiques par le biais de technologies associant la physiologie humaine et l’électromécanique. Le K. Lisa Yang Center for Bionics étudiera comment « fusionner le corps humain aux technologies avancées », telles que les exosquelettes robotisés et les interfaces cerveau-ordinateur.

    Câblé.

  • Une femme accusée d’avoir volé des corps humains cryogénisés
    https://trustmyscience.com/femme-accusee-vol-corps-humains-cryogenises

    Cette histoire des plus étranges concerne l’entreprise de cryogénie russe KrioRus. Des corps humains vitrifiés auraient été volés par Valeri Udalova, PDG de la société, qui aurait tenté de transférer ces derniers à l’insu de l’entreprise.

    On a volé Ian Solo !

    • À la fin des années 1960 par exemple, un entrepreneur sous-qualifié a lancé une entreprise de cryogénie qui s’est terminée en catastrophe lorsque les corps ont été décongelés par erreur.

      Euh, « catastrophe », tout de suite les grands mots : y’a pas mort d’homme, non plus (vu qu’ils sont déjà morts).

      Au fait, quelqu’un sait où est la tête de Timothy Leary ?

  • Le MIT annonce une « avancée majeure » dans la fusion nucléaire
    https://trustmyscience.com/mit-annonce-avancee-majeure-fusion-nucleaire

    L’électroaimant de fusion supraconducteur à haute température (HTS) produit par les chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), en collaboration avec la société Commonwealth Fusion Systems (CFS), génère un champ magnétique de 20 teslas , ce qui, selon un communiqué de presse du MIT, fait de ce dernier le plus puissant électroaimant de ce type jamais construit .

    (...)

    Le dispositif de démonstration, appelé SPARC, devrait être achevé en 2025.

    Nucléaire : le réacteur Iter accueille l’aimant le plus puissant du monde
    https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/energie/nucleaire-le-reacteur-iter-accueille-l-aimant-le-plus-puissant-du-monde_AD-20

    Une fois assemblé, le « Central Solenoid » pèsera près de 1000 tonnes et mesurera 18 mètres de haut : « ce sera l’aimant le plus puissant au monde parce qu’il va générer au coeur un champ de 13 tesla , c’est 300.000 fois le champ magnétique terrestre », a expliqué à l’AFP Thierry Schild, responsable technique du solénoïde chez ITER.

    (...)

    La première production de plasma devrait intervenir en 2026 et Iter devrait atteindre sa pleine puissance en 2035.

    Les deux informations sont sorties le même jour.

  • L’incident du module russe de l’ISS jugé « bien plus grave » qu’annoncé
    https://trustmyscience.com/incident-module-russe-iss-juge-bien-plus-grave-annonce

    La semaine dernière, le 29 juillet, la Station spatiale internationale s’est retrouvée hors contrôle alors qu’un nouveau module — le Multipurpose Laboratory Module, baptisé Nauka — venait de s’y amarrer. Selon les premiers commentaires, le déclenchement inattendu des propulseurs de ce laboratoire spatial avait modifié l’orientation de la station de près de 45°. La NASA reconnaît aujourd’hui que ce décalage était en réalité bien plus important…

    Selon le directeur de vol de la mission, Zebulon Scoville, l’incident d’amarrage du module russe était plus grave que ce que laissaient entendre les premiers communiqués. Un rectificatif, publié hier sur le compte Twitter de la NASA, fait état d’un décalage d’attitude plus de dix fois plus élevé que celui annoncé : « Une analyse plus poussée a montré que le changement total d’attitude, avant de retrouver un contrôle d’attitude normal, était d’environ 540° ».

    L’incident aurait été « mal rapporté » dans les premières minutes qui ont suivi, selon Scoville. Il s’avère que suite au déclenchement impromptu des propulseurs du module Nauka, la station a en réalité effectué un tour et demi, soit 540°, puis a ensuite basculé de 180° vers l’avant pour revenir à son orientation initiale. Selon l’agence américaine, la station spatiale est désormais en bon état et fonctionne normalement.
    Un mode d’urgence déclaré pour la première fois

    Joel Montalbano, directeur du programme de la station spatiale, a souligné lors de la conférence de presse que l’équipage n’a jamais été dans une situation d’urgence immédiate. Une affirmation confirmée par Scoville dans un reportage du New York Times relatant les circonstances de l’incident. Toutefois, la perte de contrôle d’attitude — système indispensable à la bonne orientation de la station et de ses équipements — est un dysfonctionnement qui devait être corrigé rapidement. C’est la première fois, dans toute sa carrière au sein de la NASA, que Scoville a dû déclarer « une urgence de vaisseau spatial ».

    Le directeur de vol a expliqué au New York Times qu’il a dû reprendre le contrôle de la mission immédiatement après l’amarrage (pour l’anecdote, il se trouve qu’il était ce jour-là en congé, mais se trouvait tout de même sur place, en tant que simple observateur, pour vérifier le bon déroulement de la procédure qu’il avait contribué à mettre en place). L’incident n’a pas tardé à se déclarer : « Nous avons eu deux messages — juste deux lignes de code — disant que quelque chose n’allait pas », relate-t-il. Ces messages traduisaient une perte de contrôle d’attitude.

    Considéré tout d’abord comme une erreur, le problème était bien réel : les propulseurs du module Nauka s’étaient déclenchés de façon impromptue et tentaient d’écarter le module de la station alors qu’il venait de s’y amarrer ! Or, il s’avère que le module en question était configuré de manière à ne pouvoir recevoir de commandes directes que depuis une station terrestre russe, au-dessus de laquelle l’ISS ne se trouverait pas avant 70 minutes…
    Un incident qui survient dans un contexte politique tendu

    En temps normal, la station spatiale est stabilisée par quatre grands gyroscopes tournant à 6000 tours par minute. Comme l’expliquent les représentants de la NASA, le changement d’attitude occasionné par l’incident est passé inaperçu pour les sept astronautes qui se trouvent actuellement à bord de l’ISS : « la vitesse maximale à laquelle le changement s’est produit était suffisamment lente pour passer inaperçue par les membres d’équipage à bord ». Le taux de rotation maximal était en effet de 0,56° par seconde. En outre, tous les autres systèmes de la station ont fonctionné de façon nominale pendant toute la durée de l’incident.

    Les contrôleurs de mission ont donc rapidement informé les astronautes de la situation, afin de leur donner des instructions. Pour remédier au problème, l’équipage et les équipes au sol ont entrepris de contrer la force exercée par les propulseurs de Nauka via les propulseurs d’une autre module, nommé Zvezda, et du cargo russe Progress, actuellement amarré à la station. Parallèlement, les propulseurs de Nauka se sont spontanément arrêtés au bout de 15 minutes (pour une raison inexpliquée).

  • Trois scénarios possibles pour la fin de la « civilisation industrielle » :

    La prédiction du MIT sur l’effondrement de la civilisation semble être en phase avec la réalité
    https://trustmyscience.com/prediction-mit-effondrement-civilisation-en-phase-avec-realite

    Ces dernières décennies sont marquées par la crainte d’un déclin de notre civilisation telle que nous la connaissons, alors même que les progrès technologiques et industriels semblent exponentiels. La surpopulation et la surconsommation placent les générations actuelles dans une véritable impasse. En 1972, une équipe de scientifiques du MIT a publié une étude prédisant la fin de ce que l’on appelle la « civilisation industrielle » au cours du 21e siècle, et ces prédictions semblent aujourd’hui totalement en phase avec la réalité, selon une nouvelle étude.
    Actuellement, d’autres chercheurs tentent toujours d’établir des scénarios prédictifs afin d’aider les acteurs au pouvoir à prendre des décisions, qui détermineront en quelques sortes l’avenir de l’humanité. Si l’étude a été critiquée à l’époque, de nouvelles recherches montrent que ces prédictions se sont révélées étrangement exactes jusqu’à présent.
    Une nouvelle étude publiée dans le Yale Journal of Industrial Ecology et menée par Gaya Herrington, responsable de la durabilité et de l’analyse des systèmes dynamiques au sein du cabinet comptable KPMG, a examiné l’évolution de la situation depuis le rapport initial de 1972 et a conclu que nous pourrions effectivement assister à l’effondrement de la civilisation (telle que nous la connaissons) dès 2040.
    Mais cela ne se produira que si nous poursuivons notre approche actuelle de l’extraction et de la surexploitation des ressources, ce qui suggère qu’il y a de l’espoir, bien qu’il soit difficile de le croire. Nous précisons que cette étude a été réalisée de manière indépendante — et exclut le cabinet KPMG, dans le cadre de la thèse de maîtrise à Harvard de Gaya Herrington.

    A propos de Gaya Herrigton :

    https://www.kpmg.us/bios/b/branderhorst-gaya.html?marketingTactic=C-00099130

    Director Advisory, Internal Audit & Entrprse Risk
    KPMG US

    Gaya is the Sustainability and Dynamic System Analysis Lead in North and South America, as part of a global “Center of Excellence." She works to provide large corporate clients and KPMG partners in the Americas with long term risk management and/or business strategy advice.

    https://advisory.kpmg.us/articles/2021/limits-to-growth.html

    Gaya is responsible for development and implementation of the KPMG Dynamic Assessment (DA) method; a new analytic and holistic technique based on interconnectivity - a triple bottom line (economic, social, and environmental). DA has been applied in modelling climate change risks, business strategy integration of the UN Sustainable Development Goals, as well as other applications in the financial sector, manufacturing, energy, technology, agriculture, and communication.
    Gaya presents and trains on thse topics regularly, including at the United Nations (UN) annual Public Service Day, at the UN Department of Economic & Social Affairs, at a U.S. department of Commerce event, and as a recurring speaker at the Victoria University of Wellington.
    Given the unappealing prospect of collapse, I was curious to see which scenarios were aligning most closely with empirical data today. After all, the book that featured this world model was a bestseller in the 70s, and by now we’d have several decades of empirical data which would make a comparison meaningful. But to my surprise I could not find recent attempts for this. So I decided to do it myself.

    #prédictions #effondrement #civilisation #MIT #Dennis_Meadows #the_limits_to_growth

  • Le réacteur à fusion chinois atteint un nouveau record du monde !
    https://trustmyscience.com/reacteur-fusion-chinois-atteint-une-temperature-10-fois-plus-elevee-

    C’est un nouveau record du monde : la Chine a maintenu la température de son réacteur à fusion, l’Experimental Advanced Superconducting Tokamak (EAST), à 120 millions de degrés Celsius pendant 101 secondes ! Le réacteur a par ailleurs atteint une température de 160 millions de degrés Celsius pendant 20 secondes.

    Pendant ce temps là, en France, on conçoit des tramways à deux places.

    • 160 millions de degrés Celsius j’ai quand même du mal à me faire une idée, par rapport à la météo prévue demain

    • Rien que ça pour faire bouillir de l’eau ... Et moi, comme un crétin, de m’interroger :
      « Mais quels matériaux sont susceptibles de résister à ça ? ... »

      Parce qu’il a bien fallu qu’il eût un contenant, ce plasma, non ?

    • Et, à terme, c’est sensé avoir un semblant de rentabilité ce genre de bouzin ? Je me souviens qu’en 1977, à Creys-Malville dans l’Isère, on nous avait déjà promis la Lune (non, pas encore Soleil) avec un surgénérateur sensé produire plus de plutonium qu’il n’en consommait avec (accessoirement) production d’électricité. Faudrait que je plonge (en scaphandre antiradiations) dans les entrailles du ouèbe pour retrouver ce qui avait merdé, hormis la baston avec la flicaille de l’époque. Enfin, c’est un autre débat.

    • Je reviens à nos moutons nucléaires. Le problème avec la littérature de vulgarisation scientifique est que, la plupart du temps, ça envoie du rêve, ça joue sur les vieilles cordes nationales-patriotes et avec les docteurs es sciences, la probabilité est forte que le rêve finisse par tourner au cauchemar.

      Avec le #tokamak, on entend parler de « confinement » et de « disruption ». Là, déjà, on est en droit de se méfier (naaan, j’déconne, hein, c’est très pointu ces questions).
      Ensuite, il est question de « bilan énergétique » ou « facteur Q », la partie qui doit (en principe) intéresser le quidam : plus ce facteur Q s’élève plus on approche du Saint-Graal, le moment où les réactions de fusions nucléaires pourront s’auto-entretenir sans avoir à maintenir le plasma à très haute température en s’obligeant, pour ce faire, à cramer un max de Mégajoules. Et là, ça confine à l’orgasme car on est enfin parvenu à produire plus d’énergie qu’on en consomme et c’est pas trop tôt car on est parti de loin pour en arriver à cette phase et on aura dû en balancer des mégatonnes de cette précieuse énergie avant que tout ce bordel ne devienne rentable. Mais fi de cette vulgarisation réductrice ;
      Je vous laisse méditer toute la difficulté d’arriver au « grand œuvre » grâce à cette (mal)saine lecture :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Tokamak

  • La calotte glaciaire du #Groenland libère d’énormes quantités de #mercure dans les #rivières voisines
    https://trustmyscience.com/calotte-glaciaire-groenland-libere-enormes-quantites-mercure-dans-ri

    Les scientifiques savent depuis longtemps que lorsque les glaciers glissent sur leur terrain, ils broient les roches sous-jacentes, libérant potentiellement du mercure dans leur eau de fonte. Jon Hawkings, de l’université d’État de Floride, et ses collègues, ont donc voulu savoir si cela était le cas au Groenland. Pour cela, ils ont analysé les eaux de fonte s’écoulant de la limite sud-ouest de la calotte glaciaire du Groenland.

    « Les concentrations de mercure dans cette région sont au moins 10 fois plus élevées que celles d’une rivière moyenne », explique Hawkings. Cela signifie que l’eau de fonte est aussi riche en mercure que certaines rivières très polluées. Sauf que dans ce cas, le mercure n’a pas été introduit dans l’eau directement par les humains… « Bien que ce mercure ne soit pas introduit par l’Homme, la calotte glaciaire fond beaucoup plus rapidement en raison du changement climatique », explique Hawkings.

    [...]

    Ces concentrations de mercure sont parmi les plus élevées jamais enregistrées dans la littérature scientifique pour des eaux naturelles non contaminées par l’activité humaine.

    Source : Large subglacial source of mercury from the southwestern margin of the Greenland Ice Sheet | Nature Geoscience
    https://www.nature.com/articles/s41561-021-00753-w

    #climat

  • Des chercheurs montrent comment le #LSD libère et étend notre perception
    https://trustmyscience.com/chercheurs-montrent-comment-lsd-etend-perception

    « Tout le processus de développement et d’éducation de l’enfant consiste à prendre votre cerveau, qui est extrêmement malléable, et à le forcer à ressembler à celui de tout le monde. Sous les #psychédéliques, vous revenez à un état où des zones du cerveau qui n’ont pas communiqué depuis que vous êtes bébé peuvent le faire à nouveau. Et c’est cette connectivité accrue qui permet aux gens d’obtenir de nouvelles informations sur d’anciens problèmes ».

    La capacité du LSD à libérer l’activité cérébrale peut expliquer pourquoi les psychédéliques peuvent aider les personnes souffrant de dépression, d’anxiété et d’autres troubles de santé mentale tels que le trouble de stress post-traumatique. « Dans la #dépression, les gens sont enfermés dans une façon de penser qui est répétitive et ruminative. C’est comme la pensée jalonnée. Les psychédéliques perturbent ce genre de processus afin qu’ils puissent y échapper », conclut Nutt.

    Source : https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2021.05.14.444193v2

  • Vos doigts permettent de sentir le changement d’un seul atome dans un matériau
    https://trustmyscience.com/doigt-peut-sentir-changement-un-seul-atome-materiau

    Nos doigts possèdent un très grand nombre de terminaisons nerveuses, nous conférant un toucher sensible, précis et efficace. C’est d’ailleurs pour cette raison que la moindre coupure sur le bout des doigts (les phalanges distales) est douloureuse. Mais à quel point sommes-nous sensibles ? Une étude récente révèle que nos doigts nous permettent de différencier des matériaux sur la base d’infimes différences chimiques, même lorsqu’il s’agit de la substitution d’un seul atome.

    Vous savez déjà que vos doigts vous permettent de ressentir le moindre changement de surface et de température, mais qu’en est-il de différencier des matériaux identiques en surface ? Jusqu’à quel point notre sens du toucher peut-il nous surprendre ? Charles Dhong, de l’université du Delaware et ses collègues, ont cherché à savoir s’il était possible de ressentir une différence chimique dans laquelle les structures moléculaires internes de deux matériaux varient légèrement, sans que leurs surfaces diffèrent. Pour cela, ils ont effectué des tests avec des combinaisons de matériaux/composés dont la surface était conçue pour être identique au toucher. Les résultats ont été publiés dans la revue Soft Matter.

    Les chercheurs ont choisi comme base une tranche de silicium et y ont fixé une couche d’un composé simple, d’une seule molécule d’épaisseur. Ils ont testé plusieurs composés, tous légèrement différents les uns des autres. Sur six paires de composés, des testeurs (humains) ont pu en distinguer trois. Dans le cas d’une paire, où l’équipe n’a remplacé qu’un seul atome de carbone par un atome d’azote, les testeurs ont pu distinguer les deux paires avec une précision de 68%.

    « Lorsque nous fabriquons nos échantillons, physiquement ils sont presque identiques, les différences se situent à une échelle sub-nanométrique », explique Dhong. « Mais lorsque les sujets des tests les ont sentis, certains ont dit que certains avaient une sensation un peu granuleuse et d’autres étaient plus agréables et veloutés ».

    La différence chimique entre les deux composés que les testeurs ont pu le mieux distinguer était une légère modification du degré de friction qu’ils ont ressenti en passant un doigt dessus. Cette altération n’était pas due à des différences de surface, mais plutôt à la façon dont leurs molécules s’emboîtent.

    Selon Dhong, ces résultats pourraient être utiles pour créer des textures à sensation réalistes dans des environnements de réalité virtuelle. « Si l’on veut créer une texture qui donne l’impression de passer la main sur un beau papier, un velours doux ou une table en bois, comment le faire avec un écran ? Cela nous donne beaucoup plus d’options pour vraiment élargir cette boîte à outils », explique Dhong.

  • Extinction de masse en approche : les espèces marines fuient les eaux de l’équateur
    https://trustmyscience.com/especes-marines-fuient-eaux-equateur-devenues-trop-chaudes

    Sur ce graphique représentant le nombre d’espèces en fonction de la latitude, on peut observer une légère baisse de la richesse totale des espèces au niveau de l’équateur sur la période 1955-1974 (en vert). Cette baisse s’approfondit considérablement au cours des décennies suivantes. © C. Chaudhary et al.

  • Des chercheurs créent une #cellule_synthétique simple qui croît et se divise comme une #cellule naturelle
    https://trustmyscience.com/chercheurs-creent-cellule-synthetique-simple-qui-croit-divise-comme-

    Cette réalisation, donnant lieu à une forme de vie similaire à une bactérie, porte le nom de JCVI-syn3A. C’est le résultat de décennies de séquençage et d’analyse génomique, après avoir exploré les rôles que jouent les #gènes individuels dans les organismes cellulaires (les êtres vivants, par extension). Les résultats ont été publiés dans la revue Cell*.

    « Notre objectif est de connaître la fonction de chaque gène afin de pouvoir développer un modèle complet du fonctionnement d’une cellule », explique le biophysicien James Pelletier du MIT et du National Institute of Standards and Technology (NIST).

    L’origine de ces travaux remonte aux années 1990, mais les avancées les plus récentes ont eu lieu au cours de ce siècle.

    Malgré les nombreuses années de travail qui ont permis d’obtenir ce résultat, ces gènes restent très mystérieux. Par exemple, alors que JCVI-syn3A comporte 19 nouveaux gènes supplémentaires, seuls 7 de ces derniers sont censés jouer un rôle dans le déroulement plus régulier de ses processus de division cellulaire. Et sur ces sept, seuls deux gènes (appelés ftsZ et sepF) ont vu leurs fonctions identifiées…

    On ignore encore comment les cinq autres contribuent nécessairement à la cohérence morphologique de JCVI-syn3A, mais une chose est sûre : ce minuscule génome représente désormais la nouvelle norme d’expérimentation, qui pourrait aider les chercheurs à caractériser l’action de ces gènes au sein des organismes.

    * Genetic requirements for cell division in a genomically minimal cell : Cell
    https://www.cell.com/cell/abstract/S0092-8674(21)00293-2

  • La France veut développer des « soldats augmentés »
    https://trustmyscience.com/france-veut-developper-des-soldats-augmentes

    Plusieurs moyens permettant d’augmenter les capacités ont été pris en compte dans le cadre de cette étude. Des substances chimiques à action curative ou préventive tout d’abord, telles que des substances permettant de lutter contre la fatigue, le stress et la douleur, ou encore des substances qui facilitent la récupération ou accroissent la vigilance ; à noter que toutes sont déjà utilisées par les forces armées.

    Parmi les moyens d’augmentation non utilisés par les soldats à ce jour sont également évoqués des produits permettant de couper la sensation de faim ou de soif (utiles en situation de survie) ou qui améliorent la résistance psychologique suite à la capture par l’ennemi. Le Comité a également imaginé un mode d’augmentation sensorielle : une opération des oreilles permettant d’entendre des fréquences situées hors des capacités standards de l’oreille humaine.

    Le rapport mentionne par ailleurs plusieurs types d’implants, notamment des dispositifs qui pourraient « améliorer les capacités cérébrales par stimulation cérébrale profonde » ou aider les soldats à « géolocaliser des combattants amis », ou encore permettre de prendre le contrôle d’un système d’armes. D’autres modèles d’implants pourraient également permettre aux commandants de lire à distances les signes vitaux des membres de leur unité (et ainsi d’intervenir plus rapidement si nécessaire).