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  • La justice américaine contre Google, une enquête limitée, mais cruciale
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/20/la-justice-americaine-contre-google-une-enquete-limitee-mais-cruciale_605673

    Le gouvernement américain, auquel se sont joints onze Etats du pays, accuse l’entreprise d’avoir maintenu indûment son monopole dans la recherche en ligne, grâce à des accords rémunérés passés avec les fabricants de smartphones, dont Apple. Une des procédures les plus attendues aux Etats-Unis démarre enfin : après plus d’un an d’investigations, le département de la justice américain a ouvert, mardi 20 octobre, une enquête contre Google, pour abus de position dominante. Le gouvernement américain, auquel se (...)

    #Apple #Google #DoJ #procès #smartphone #domination #GAFAM #GoogleSearch

  • « La ville numérique a besoin d’une gouvernance publique des données, qui implique la population »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/13/la-ville-numerique-a-besoin-d-une-gouvernance-publique-des-donnees-qui-impli

    Teresa Scassa, spécialiste de la protection de la vie privée à l’université d’Ottawa (Canada), s’inquiète des risques que présente la ville numérique pour la gouvernance urbaine et la protection des libertés. Elle faisait partie du groupe d’experts chargé de conseiller Waterfront Toronto (l’autorité publique qui réunit le gouvernement canadien, la province de l’Ontario et la ville de Toronto) lors du projet controversé d’écoquartier mené par Sidewalk Labs, filiale de la maison mère de Google, Alphabet, (...)

    #Alphabet #Google #SidewalkLabs #législation #BigData #urbanisme

  • En Californie, la « gig economy » soumise à référendum
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/14/en-californie-la-gig-economy-soumise-a-referendum_6055954_3234.html

    Uber, Lyft et d’autres plates-formes soumettent au vote, le 3 novembre, la « proposition 22 » pour empêcher une « normalisation » du statut des chauffeurs et livreurs. Si l’issue du match Trump-Biden ne fait aucun doute en Californie, Etat majoritairement démocrate, le suspense est entier, en revanche, sur le sort de la « proposition 22 », le référendum sur le statut des travailleurs de l’économie à la carte qui doit être soumis aux électeurs mardi 3 novembre, en même temps que le scrutin présidentiel. (...)

    #DoorDash #Lyft #Uber #UberEATS #FoodTech #GigEconomy #travail

  • Comment, au printemps et malgré les restrictions de déplacements, de grands patrons ont voyagé en jets privés
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/14/comment-au-printemps-et-malgre-les-restrictions-de-deplacements-de-grands-pa

    ....Ils se partagent l’usage de cet hélicoptère à l’année avec une autre grande dynastie du CAC 40, les Pinault – François, le père et fondateur du groupe de luxe Kering, et François-Henri, le fils et actuel PDG du groupe –, afin de parcourir en une petite heure et loin des regards indiscrets la distance entre Paris et Dinard ou Saint-Malo. Les deux clans y possèdent des villas. Celle des Pinault, classée monument historique en 2019, surplombe depuis quatre-vingts ans la pointe de la Malouine à Dinard. (...)
    La demeure, flanquée d’une piscine d’une centaine de mètres carrés et de quatre pavillons pour chacun des enfants du patriarche, fait face à la plage du Havre de Rothéneuf, un site préservé où mouillent des bateaux de plaisance à l’abri du vent. Une échappée à l’air de l’océan pour Martin Bouygues, trois jours après sa reconduction à la tête du groupe familial ? Interrogé sur ces déplacements, ce dernier fait savoir, par l’intermédiaire de son directeur de la communication, que lui et son épouse – qui est présidente du Château Montrose, un domaine viticole du Médoc, à 390 kilomètres de là – « étaient à cette période dans la région de Dinard pour un motif d’ordre professionnel ». Le couple ne s’est-il pas rendu dans sa maison de vacances, demande Le Monde, conformément à ce que ses sources lui ont relaté ? Silence radio du côté de Bouygues.
    L’arrivée du couple à Dinard, malgré les restrictions, n’a en tout cas pas étonné les personnels de l’aéroport que nous avons interrogés. Car, si pour les voyageurs anonymes, la plupart des aéroports avaient fermé leurs portes – celui de Dinard ayant arrêté tout vol commercial du 24 mars au 3 juillet –, leurs pistes sont restées ouvertes aux évacuations sanitaires, au transport de matériel médical, au rapatriement de concitoyens bloqués à l’étranger… et aux vols privés. Un ballet de jets qui n’a été que peu entravé par l’obligation légale de justifier son voyage par un motif impérieux, fût-il professionnel ou personnel. Selon Eurocontrol, l’organisation chargée de la sécurité de l’espace aérien européen, l’aviation d’affaires française a bien moins souffert de la pandémie que le reste du secteur. Là où presque tous les vols commerciaux traditionnels et les vols low cost ont été annulés jusqu’en juin, opérant seulement entre 1 % et 9 % du trafic habituel à cette période, les vols privés ont rapidement retrouvé leur clientèle, opérant un quart de leurs vols habituels au 15 avril, en plein confinement, puis la moitié au 15 mai, alors que les restrictions de déplacement n’ont été levées que deux semaines plus tard.
    Dans le cadre d’un projet visant à documenter l’usage des jets privés, soutenu par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), Le Monde a eu accès aux données de vol de quelque 800 aéronefs ayant transité par 50 des principaux aéroports français d’affaires et une quinzaine d’équivalents étrangers entre le début du confinement, le 17 mars, et la fin des restrictions de déplacement, le 1er juin. Parmi ces vols, le caractère impérieux de certains déplacements interroge : y aurait-il eu un trou d’air dans le dispositif de contrôle des déplacements aériens ? A l’image de nombreux Français qui ont contourné les restrictions de déplacement au volant de leur voiture pour s’accorder quelques jours loin de leur lieu de résidence, de grands dirigeants ont fait de même pour rejoindre la côte. A ceci près que ces chefs d’entreprise ont fait usage des moyens qui sont les leurs – l’aviation privée, sa discrétion proverbiale et sa très grande flexibilité à l’égard des besoins du client. Liste de passagers tronquée, attestations professionnelles de complaisance…
    Jusqu’à la levée des restrictions, la vérification du motif des déplacements en jet privé était assurée par la gendarmerie des transports aériens (GTA), en lien avec les gendarmeries départementales, la police de l’air et des frontières et les douanes, selon les aéroports et la nationalité des passagers. « Si des vols peuvent passer sous les radars en temps normal, la période de confinement a facilité les contrôles et la surveillance au regard du désert ambiant », explique le général Jean-Pierre Gesnot (GTA), faisant référence à la chute drastique des vols commerciaux. Et de préciser : « Les contrôles ont été aussi systématiques que possible. Nous étions prévenus des mouvements grâce aux plans de vol déposés par les personnes souhaitant voler. Si les intéressés partaient d’un aéroport où nous étions implantés, nous effectuions le contrôle des motifs au départ. Sinon, comme dans le cas d’un vol parti de l’étranger, c’était fait à l’arrivée. »
    Des propos confirmés par des agents de terrain, qui nuancent cependant : « On fait surtout une vérification documentaire, c’est-à-dire que l’attestation de déplacement dérogatoire a bien été remplie et que les passagers ont un justificatif de leur employeur, s’il s’agit d’un déplacement professionnel, ou un certificat médical, s’il s’agit d’un déplacement personnel, explique un agent basé au Bourget qui a requis l’anonymat, craignant des sanctions. Mais on n’avait aucun moyen de vérifier que le déplacement était vraiment nécessaire, surtout s’il s’agit de patrons qui font faire des attestations par leur propre entreprise. »
    De fait, s’il y a bien eu quelques avions refoulés, « c’était des gens qui n’avaient fait aucun effort » pour dissimuler le caractère récréationnel de leur voyage, poursuit-il. Le 4 avril, les passagers d’un avion privé – sept hommes d’affaires originaires d’Europe de l’Est et du Sud, la quarantaine ou la cinquantaine, accompagnés de trois jeunes femmes – en ont fait l’amère expérience à leur arrivée à Marseille. Ils avaient prévu de passer le confinement dans une luxueuse villa cannoise, expliquant à certains interlocuteurs qu’il s’agissait d’un voyage d’affaires et à d’autres qu’il s’agissait d’un voyage en famille, avec nounou, cuisinier et agent de sécurité. Ces justifications ont peiné à convaincre les gendarmes et la police aux frontières sur place, qui ont estimé qu’il s’agissait d’escort-girls et de leurs riches clients. Quatre heures après leur atterrissage dans la cité phocéenne, c’est donc retour à la case départ – Londres – pour les passagers, sans toutefois avoir été verbalisés. Ils n’ont pas, d’un point de vue juridique, posé les pieds sur le sol français.
    Une source de la gendarmerie cite également une dizaine de cas en Corse, tous impliquant des étrangers. Parmi eux, une famille monégasque, vivant à Londres, et voulant « se mettre au chaud dans leur villa corse », mais aussi des Allemands venus d’Afrique pour rejoindre Porto-Vecchio, ses plages et sa marina appréciée des propriétaires de yachts. Eux ont été ravitaillés avant d’être refoulés, là où une Allemande venue d’Angleterre a pu rester à force de supplications, malgré les « sérieux doutes des douaniers sur place », relate un gendarme affecté sur l’île de Beauté. Certains patrons français, eux, ont pu aller vivre leur confinement sur la côte, avec la bénédiction de leur entreprise, qui a mis à leur disposition un jet pour retourner au bureau en cas de besoin. Un cadre dirigeant de LVMH, parti avec sa famille dans sa maison secondaire du Sud-Ouest, a ainsi effectué les 24, 26, 31 mars et 2 avril des allers-retours entre Biarritz et Paris à bord du jet du groupe de luxe. Interrogée par Le Monde, la compagnie confirme ces trajets « entre son lieu de confinement et le siège du groupe pour des raisons professionnelles impérieuses ». Le cadre a-t-il bénéficié de « contrôles très légers », lui permettant un « accès direct aux avions », ainsi qu’une source au Bourget nous l’a relaté ? A cette question, le groupe de luxe ne répond pas. Certains ont trouvé une astuce simple pour limiter les contrôles : figurer comme membre d’équipage de son jet, et non comme passager. Ancien industriel de la limonade Lorina, désormais président du Trot, l’association organisant les courses et la filière d’élevage équine, Jean-Pierre Barjon s’est rendu à Cannes le 20 mai depuis Paris. Sur les documents officiels, il figure comme pilote et son Embraer Legacy 450 voyage officiellement « à vide ». Au retour, trois jours plus tard, seule sa mère figure au manifeste passager. « Généralement, on considère que les vols sans passager sont des vols techniques, à la suite d’une maintenance, ou alors que ce sont des vols “taxi” destinés à aller chercher quelqu’un au point d’arrivée, donc on ne les contrôle pas en priorité », explique un agent des forces de l’ordre ayant dans son périmètre la cité du festival.
    L’homme d’affaires amateur de nautisme reviendra à Cannes le vendredi 29 mai. « Cette fois, c’était une vraie petite colonie de vacances, poursuit l’agent, évoquant la demi-douzaine de passagers ayant débarqué de l’avion de M. Barjon. Mais à quoi bon s’attirer des problèmes à quelques jours de la fin des restrictions… » Le 1er juin, la limite de déplacement des 100 kilomètres autour du domicile sans justification impérieuse allait être levée dans l’Hexagone. Jean-Pierre Barjon, lui, n’a pas souhaité répondre à nos questions. Outre l’attestation professionnelle dûment remplie, des forces de l’ordre ont décrit au Monde d’autres méthodes employées pour limiter les risques de contrôles en pleine pandémie : utiliser de petits aérodromes, là où les agents ne sont pas toujours présents, faire parvenir tardivement les plans de vol, ou en envoyer de multiples, vers diverses destinations pour brouiller les pistes… Une stratégie du leurre employée par un chef d’entreprise parisien mi-mai. A bord de son avion privé, immatriculé par le biais d’une structure opaque dans un paradis fiscal bien connu aux Etats-Unis – le Delaware –, cet amateur de tours de passe-passe a d’abord voyagé vers une destination compatible avec un motif professionnel – Perpignan –, avant de faire repartir une heure plus tard son avion, officiellement vide, vers une seconde plus riante : Ibiza

    #Covid-19#migration#migrant#france#sante#deplacement#economie#elite#jetprive#paradisfiscal

  • Les réformes de l’ISF et de la flat tax ont fait bondir les dividendes
    https://www.latribune.fr/economie/france/les-reformes-de-l-isf-et-de-la-flat-tax-ont-fait-bondir-les-dividendes-859

    Cette réforme voulue par Emmanuel Macron, tout comme la transformation, également en 2018, de l’impôt sur la fortune (ISF) en IFI (impôt sur la fortune immobilière), avait pour but affiché de stimuler l’activité en encourageant les contribuables les plus aisés à investir dans l’économie.

    Transformation de l’impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI), mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU ou « Flat tax »), baisse de l’impôt sur les sociétés... La diminution de la fiscalité sur le capital depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron a fait bondir la distribution de dividendes (+62%) entre 2017 et 2018 selon un rapport du comité d’évaluation rattaché à France Stratégie.
    La suppression de l’impôt sur la fortune et son remplacement par un impôt sur la fortune immobilière et l’introduction d’une flat tax avait suscité une vague de débats. La crise des gilets jaunes débutée en novembre 2018 avait été le point d’orgue de cette contestation. Ces choix fiscaux critiqués pour leur iniquité ont clairement marqué les premières années du quinquennat Macron. Près de trois ans après le vote de ces réformes à l’Assemblée nationale, le comité d’évaluation rattaché à France Stratégie a rendu public un avis documenté sur les possibles effets de ces mesures ce jeudi 8 octobre. Selon les premiers résultats communiqués, les dividendes distribués ont clairement bondi passant de 14,3 milliards d’euros en 2017 à 23,2 milliards d’euros en 2018, soit une hausse de 62%. « La hausse des dividendes déclarés par les foyers fiscaux ont augmenté très fortement (+9 milliards). En 2019, la hausse se poursuit selon les premières données fiscales. Les hauts revenus ont augmenté plus vite que les autres. La hausse des revenus s’explique principalement par une hausse des revenus financiers. La hausse des dividendes est très concentrée dans la population » a affirmé Fabrice Lenglart, président du Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital...

    #paywall #fiscalité #dividendes #riches #ISF #macronisme

    • Après la suppression de l’ISF, les revenus des 0,1 % les plus riches ont explosé en France
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/10/08/apres-la-suppression-de-l-isf-les-revenus-des-tres-aises-et-la-distribution-

      Un rapport sur les effets des réformes Macron sur le capital fait ce constat, alors que le gouvernement cherche à convaincre de l’intérêt de nouvelles mesures proentreprises.

      C’est un rapport hautement inflammable, à l’heure où l’épidémie de Covid-19 fait basculer de plus en plus de ménages modestes dans la pauvreté et où l’exécutif assume de donner la priorité à des mesures proentreprises dans son plan de relance pour doper l’économie et l’emploi. La suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et l’instauration de la « flat tax » au début du quinquennat ont eu pour effet de faire fortement augmenter les revenus des 0,1 % des Français les plus aisés, tandis que la distribution de dividendes, de plus en plus concentrée, a explosé.

      Ce sont les conclusions qui ressortent du deuxième rapport du comité d’évaluation des réformes de la fiscalité, publié jeudi 8 octobre. Réalisé sous l’égide de France Stratégie, l’organisme d’évaluation et de prospective rattaché à Matignon, ce travail d’économistes, de députés, de représentants de l’Insee, du Trésor, ou encore du Medef et de la CFDT est la suite d’un premier document, il y a un an.

      Celui-ci peinait à conclure sur l’efficacité des réformes-phares du quinquennat en matière de fiscalité du capital : la suppression, depuis le 1er janvier 2018, de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), transformé en impôt sur la fortune immobilière (IFI), et la création d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU, « flat tax ») de 30 % sur les revenus du capital. Deux mesures visant initialement à « favoriser la croissance de notre tissu d’entreprises, stimuler l’investissement et l’innovation », selon la lettre de mission de Matignon au comité, en décembre 2018.

      Hausse de 60 % des dividendes distribués

      Si ce deuxième rapport précise de nouveau qu’une évaluation complète des deux réformes reste impossible – il s’est appuyé principalement sur des données de l’année 2018 –, les informations qu’il fournit sont plus précises. Les dividendes distribués ont augmenté de plus de 60 % en 2018, passant de 14,3 milliards d’euros en 2017 à 23,2 milliards, « et la hausse se poursuit en 2019 » , expliquent les auteurs de l’étude.

      De plus, « l’augmentation des dividendes est de plus en plus concentrée dans la population » : en 2018, 0,1 % des foyers fiscaux (38 000 personnes environ) ont perçu les deux tiers des montants totaux, alors qu’ils n’en recevaient que la moitié en 2017. Et les ultrariches (0,01 % des foyers fiscaux, 3 800 personnes environ) qui en captaient un cinquième, en ont reçu le tiers.

      Toute la question est de savoir ce que ces Français très aisés ont fait et feront de cet argent : l’épargner, le dépenser, l’investir dans l’économie ?

      Si l’on s’intéresse aux revenus, « les 0,1 % de Français les plus aisés sont un quart de fois plus riches que les 0,1 % de 2017 » , souligne France Stratégie. « Plusieurs éléments laissent clairement penser que la forte hausse des dividendes reçus par les ménages en 2018 est en partie causée par la réforme du PFU » , insiste le rapport.
      Sur l’exil fiscal, que la réforme de 2018 cherchait à endiguer, le rapport livre des conclusions « prudentes » : certes, le nombre de départs hors de France des contribuables aisés a baissé dès 2017 et l’annonce des intentions du gouvernement, et le nombre de retours dans l’Hexagone a tendance à s’intensifier. Mais les comparaisons sont rendues délicates par le changement de périmètre (l’IFI a entre-temps remplacé l’ISF).

      Toute la question est de savoir ce que ces Français très aisés ont fait et feront de cet argent : l’épargner, le dépenser, l’investir dans l’économie ? Là encore, les données actuellement à la disposition du comité ne leur permettent pas de trancher. Mais ils ont, en parallèle, étudié une autre réforme de la fiscalité, plus ancienne et « inverse » : celle de 2013.

      A l’époque, la présidence de François Hollande avait impulsé le mouvement contraire : les revenus du capital avaient été alignés sur le barème de l’impôt sur le revenu, donc globalement, davantage taxés. « Pour l’heure, le comité est incapable de répondre par oui ou par non à la question de savoir si la réforme de 2018 a eu un impact positif sur l’économie. Mais en étudiant la réforme symétrique de 2013, on ne voit pas d’impact sur l’investissement des entreprises » , assène Fabrice Lenglart, le président du ­comité d’évaluation.

      Davantage de recettes fiscales

      Une sacrée pierre dans le jardin de Bercy et des tenants de la politique de l’offre, selon laquelle soutenir massivement les entreprises permet de doper in fine la croissance et l’emploi. Or, c’est précisément la ligne de conduite actuelle du gouvernement, qui a prévu dans son plan de relance de 100 milliards d’euros de baisser de 20 milliards les impôts de production des entreprises.

      « Ces réformes ont permis de rapprocher la taxation des revenus du capital des standards internationaux. Elles s’inscrivent bien dans l’action du gouvernement pour améliorer la compétitivité française et l’investissement » , soutient Bercy. « L’effet sur l’emploi prendra du temps à se matérialiser mais à moyen terme, il bénéficiera à l’ensemble de la population, en créant de l’investissement et de l’emploi » , assure le cabinet du ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire.

      Autre argument : « Les foyers les plus riches ont été concernés par la plus grande partie de la hausse des dividendes, mais auparavant ces derniers n’étaient tout simplement plus versés [car trop taxés]. Donc soit ils étaient thésaurisés dans des sociétés holding, soit ils induisaient des comportements d’optimisation » , argue-t-on à Bercy.

      Le rapport note en effet une hausse des consommations intermédiaires des entreprises, « ce qui correspond probablement à des frais des dirigeants échappant à tout impôt » , explique le ministère. La hausse des dividendes a ainsi permis davantage de recettes fiscales, si bien que sur un coût budgétaire attendu à 1,1 milliard d’euros, ce sont environ 500 millions qui sont finalement rentrés, par ricochet, dans les caisses de l’Etat.

      « La proposition de campagne de LRM [La République en marche] était d’inciter à l’investissement en France en sortant les biens productifs de l’ISF. Réintégrons les comptes bancaires et les assurances-vie (non investies directement en actions) dans l’assiette de l’IFI. Ce ne sont pas des biens productifs. Leur exonération n’incite en rien à l’investissement dans l’économie réelle » , a réagi la députée Ecologie Démocratie Solidarité (ex-LRM) de la Meuse Emilie Cariou, qui a déposé un amendement au budget en ce sens.

      Lors de sa conférence de presse post-grand débat national, le 25 avril 2019, Emmanuel Macron avait déclaré : « Cette réforme (…) sera évaluée en 2020 et, (…) si elle n’est pas efficace, nous la corrigerons. » Un an et demi et deux rapports d’évaluation plus tard, le discours a changé. « Il n’est pas question dans le contexte de crise actuelle de revenir à une instabilité fiscale nuisible ni d’augmenter les impôts, qui ont baissé de 45 milliards d’euros pour les ménages et les entreprises depuis le début du quinquennat » , répond Bercy.

    • Les deux tiers de l’épargne accumulée depuis le confinement sont détenus par les 20 % des Français les plus aisés
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/12/les-deux-tiers-de-l-epargne-accumulee-depuis-le-confinement-est-detenue-par-

      Selon une étude du Conseil d’analyse économique, les 20 % des ménages les plus modestes non seulement n’ont pas réussi à épargner plus que d’habitude entre mars et août, mais ils se sont même globalement endettés.

  • Droit voisin : Google et les médias français proches d’un accord
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/08/droit-voisin-google-et-les-medias-francais-proches-d-un-accord_6055229_3234.

    Après des mois de conflit, l’accord couvre le droit voisin réclamé par la presse, mais aussi des contenus pour Showcase, un nouvel espace lancé par le moteur de recherche. Le ton a changé. Après des mois, voire des années, d’épreuve de force et de déclarations martiales, Google et les représentants des médias français sont « proches d’un accord », comme ils l’ont annoncé dans un communiqué commun, mercredi 7 octobre au soir. « Ces dernières semaines ont permis de clarifier de nombreux points et de confirmer (...)

    #Google #Facebook #législation #copyright

  • Covid-19 : Boeing reste confiant dans l’avenir, malgré les difficultés financières des compagnies aériennes
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/07/covid-19-boeing-reste-confiant-dans-l-avenir-malgre-les-difficultes-financie

    Pour un peu, Boeing n’aurait pas vu passer la crise. A l’occasion de la publication de ses prévisions à dix ans, l’avionneur américain « évalue le marché de l’aviation commerciale et de la défense à 8 500 milliards de dollars [environ 7 222 milliards d’euros] d’ici à 2028. » Une prévision très proche de celle établie en 2019, avant la survenue de la pandémie de Covid-19, qui tablait sur un marché de 8 700 milliards de dollars pour la prochaine décennie.

    « Nous sommes convaincus que les secteurs de l’aviation commerciale et de la défense surmonteront ces défis immédiats, retrouveront leur stabilité et sortiront renforcés de cette épreuve », a déclaré, mardi 6 octobre, Marc Allen, directeur de la stratégie de Boeing.

    Toutefois, la pandémie aura quand même une incidence sur les ventes d’avions. Boeing prévoit que, pour les dix ans à venir, les compagnies n’auront besoin que de 18 350 appareils neufs, évalués à 2 900 milliards de dollars. Une baisse de 11 % par rapport aux prévisions établies en 2019. Les choses devraient rentrer dans l’ordre à plus long terme. D’ici à 2040, l’avionneur de Seattle envisage les besoins des compagnies à plus de 43 000 avions neufs. Il y a un an, il tablait sur 44 000 appareils d’ici à 2038…

    « 300 000 dollars par minute »

    L’optimisme de Boeing semble à l’opposé des difficultés, principalement financières, des compagnies aériennes, les clientes des avionneurs. Selon l’Association du transport aérien international (IATA), le pire pourrait rapidement survenir, à savoir les premières faillites. Car les caisses des compagnies vont rapidement être vides. En moyenne, leurs trésoreries ne leur permettront pas de tenir plus de 8,5 mois. A en croire la CGT, Air France « a de quoi tenir jusqu’au début du troisième trimestre 2021 ». Elles brûlent leur cash à grande vitesse : 77 milliards de dollars rien que pour le second semestre, estime IATA. Chaque mois, elles consomment 13 milliards de dollars, précise Alexandre de Juniac, directeur général de IATA. Soit « 300 000 dollars par minute », ajoute-t-il.

    Et ce n’est pas fini. L’année 2021 s’annonce meurtrière pour nombre de compagnies. Selon IATA, elles auront besoin de 60 milliards à 70 milliards de dollars, car la crise s’installe durablement. Le petit rebond observé au début de l’été a vécu. Dès la mi-août, l’activité a replongé. « Les réservations ne sont pas au niveau. La saison d’hiver, qui court d’octobre à mars 2021, ne sera pas bonne », a estimé, mercredi 7 octobre, le cabinet de conseil Archery Strategy Consulting. Selon lui, « aux Etats-Unis, certaines compagnies sont en train de mourir, faute d’argent ».

    Coupes dans les effectifs

    Pourtant, les autorités mettent la main à la poche, avec une nouvelle enveloppe globale de 25 milliards de dollars d’aides. Sept compagnies vont recevoir, chacune, un prêt de 7,5 milliards de dollars. Une manne qui pourrait pourtant être insuffisante pour éviter les licenciements massifs dans le transport aérien outre-Atlantique. Tant en Amérique du Nord qu’en Europe, les avions sont vides et le trafic passagers en repli de près de 70 % par rapport à 2019.

    Pour tenter de s’en sortir, les compagnies taillent dans leurs effectifs. American Airlines a annoncé la mise en chômage technique de 19 000 salariés. United Airlines veut se séparer de près de 13 500 de ses personnels. Delta Airlines a poussé vers la sortie près de 40 000 salariés à coups de plans de départs volontaires, de retraite anticipée ou de congés sans solde. Enfin, Southwest Airlines, qui compte désormais 27 % d’employés en moins, demande aux personnels d’accepter des baisses de salaires pour éviter de nouveaux plans de départs.

    Faute de passagers en nombre, les compagnies se reportent sur le fret, avec une grosse demande pour le transport du matériel médical, comme les masques ou les médicaments. Les avions-cargos des compagnies sont aussi utilisés pour répondre à l’essor du commerce en ligne depuis le début de la pandémie. Au départ de Roissy, Emirates devrait, par exemple, en 2020, faire mieux que « les 44 000 tonnes transportées sur une année normale », indique Cédric Renard, directeur général d’Emirates France, qui a ouvert « 122 destinations cargo » à partir de Roissy. Airbus propose, pour sa part, aux compagnies d’adapter, temporairement, leurs avions vides au transport de marchandises.

    #transport_aérien #logistique

  • Durant la « Golden Week », les Chinois restent raisonnables
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/06/durant-la-golden-week-les-chinois-restent-raisonnables_6054919_3234.html

    Des gares prises d’assaut, des centres commerciaux bondés… Les images de la « Golden Week » sont trompeuses. Alors que d’autres pays, notamment en Europe, limitent de nouveau les déplacements, la Chine, qui ne connaît quasiment plus de cas local de Covid-19 depuis mi-août, a rouvert les vannes du tourisme. On circule à nouveau à l’intérieur du pays sans restriction même si les contrôles de température restent systématiques dans les gares et les aéroports et encore fréquents à l’entrée des commerces. Malgré tout, les consommateurs chinois ne semblent pas avoir profité des huit jours de vacances qui leur ont été accordés – du 1er au 8 octobre − pour se lancer dans une consommation effrénée. Selon les chiffres publiés par le ministère de la culture et du tourisme dimanche 4 octobre, les Chinois ont été moins nombreux à partir : 425 millions contre 542 millions durant la même période de 2019, soit une baisse de 21,6 %. Selon les sites de réservation en ligne, les hôtels étaient loin d’afficher complet même à Pékin et Shanghai.
    Par ailleurs, la dépense par touriste a été inférieure de 12 %, selon les statistiques officielles. Résultat : le chiffre d’affaires global du tourisme a baissé de 31 % par rapport à 2019, pour atteindre environ 39 milliards d’euros durant la première moitié de la Golden Week. Des chiffres d’autant plus décevants qu’en raison des restrictions qui continuent de peser sur les voyages à l’étranger, les riches Chinois qui avaient pris l’habitude de quitter le pays quelques jours ont dû, cette année, y rester. A la fin d’un article vantant la reprise économique, le China Daily a malgré tout convenu, lundi 5 octobre, que les compagnies aériennes et les hôtels baissaient leurs prix pour les quatre derniers jours des vacances.
    Certes la situation est loin d’être désespérée et nombre de commerçants dans le monde aimeraient réaliser cette année un chiffre d’affaires comparable à celui de leurs homologues chinois. La Chine pourrait, selon l’OCDE, être le seul pays du G20 à afficher une croissance positive cette année. Mais, si la tendance se confirme, il semble bien que la consommation des Chinois, malgré les déclarations officielles, reste modérée. Parce qu’ils ont vu leurs revenus diminuer au premier trimestre ou parce qu’ils se méfient de ce que l’avenir leur réserve, les Chinois hésitent encore à dépenser. Si la croissance repart, c’est en grande partie dû aux dépenses publiques et à la relance des infrastructures. Dans tout le pays, les grues et les toupies à béton font des heures supplémentaires. Sur nombre de chantiers, les ouvriers n’ont d’ailleurs pas bénéficié de congés durant la Golden Week.

    #Covid-19#migrant#migration#chine#tourisme#sante#economie#deplacement#transport

  • « Avec la cotation en Bourse de Palantir, c’est la science-fiction qui entre à Wall Street »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/30/avec-la-cotation-en-bourse-de-palantir-c-est-la-science-fiction-qui-entre-a-

    Du fait de ses performances financières, de son éthique et de sa gouvernance, le spécialiste américain de l’analyse de données ne devrait pas se retrouver sur un marché public, estime Philippe Escande, éditorialiste économique du « Monde ». Pertes & profits. Dans le monde magique du Seigneur des anneaux, le palantir est un cristal qui permet de communiquer et de voir tous les événements, passés et futurs. La promesse de la société Palantir est la même : échanger, analyser et prévoir. Ses logiciels (...)

    #DGSI #In-Q-Tel #Palantir #CIA #ICE #GPS #géolocalisation #migration #fiscalité #écoutes #santé #SocialNetwork #surveillance #BigData #algorithme (...)

    ##fiscalité ##santé ##bénéfices

  • Subventions à des aéroports largement déficitaires, avions vers nulle part, la folie de la civilisation industrielle n’a pas de limites - Actions de résistance le 3 octobre
    https://ricochets.cc/Subventions-d-aeroports-largement-deficitaires-avions-vers-nulle-part-la-f

    Si nous vivons dans une petite planète « finie » aux ressources limitées, en revanche la folie de la civilisation industrielle est illimitée. Exemples avec la folie de l’aviation civile : Faut-il que l’on s’arrête de manger, de se chauffer et de se vêtir pour qu’une minorité de la population puisse continuer à prendre l’avion ? C’est la question que posent des organisations citoyennes mobilisées ce samedi 3 octobre contre les projets de construction, d’extension et d’aménagement des aéroports. Baptisé (...) #Les_Articles

    / #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle

    https://www.bastamag.net/Aeroports-vides-en-france-sans-passager-inutile-cher-millions-euros-subven
    https://lareleveetlapeste.fr/alerte-censure-tous-les-comptes-des-militants-climats-bloques-par-
    https://www.facebook.com/groups/439957359958141/permalink/670003883620153
    https://www.facebook.com/events/634107380535405
    https://www.liberation.fr/debats/2020/09/16/marchons-pour-reduire-le-trafic-aerien_1799545
    https://www.fr24news.com/fr/a/2020/09/le-vol-de-qantas-vers-nulle-part-se-vend-en-10-minutes.html
    https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-charline-vanhoenacker/le-billet-de-charline-vanhoenacker-28-septembre-2020
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/01/les-encheres-de-la-5g-rapportent-2-786-milliards-d-euros-a-l-etat-orange-obt
    https://www.monde-diplomatique.fr/2020/07/DESCAMPS/61986
    https://www.consoglobe.com/aviation-biocarburants-cg

  • Pourquoi le système électrique français est sous forte tension
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/25/electricite-le-systeme-francais-montre-ses-faiblesses_6053524_3234.html

    Même si la France est loin du risque de black-out, les difficultés combinées du nucléaire et de l’éolien illustrent les failles du réseau et suscitent des inquiétudes.

    Le système électrique français touche à ses limites. En pleine transformation, le réseau fait face à des vents contraires et à des difficultés croissantes. Dernier exemple en date : à la mi-septembre, alors que la consommation se trouvait à un niveau inférieur aux années précédentes, la France a dû importer massivement du courant de ses voisins, et, dans le même temps, redémarrer une partie de ses centrales à charbon pour faire face aux besoins. Une fin d’été inhabituellement difficile, qui présage d’un hiver tendu sur le front de l’approvisionnement en électricité.

    Plusieurs facteurs expliquent ce passage difficile : d’abord, la crise sanitaire et les mesures de confinement ont conduit EDF à décaler de nombreuses opérations de maintenance sur les réacteurs nucléaires, et nombre d’entre eux sont encore à l’arrêt. Ensuite, la vague de chaleur des dernières semaines a joué sur la température et le débit de certains cours d’eau, ce qui a obligé certaines centrales nucléaires à réduire leur production, voire à s’arrêter complètement. Ainsi, pour la première fois de son histoire, celle de Chooz (Ardennes) – l’une des plus récentes du pays – a été totalement mise à l’arrêt depuis début septembre, et ne devrait pas redémarrer avant début octobre.

    Une alerte sérieuse pour la filière nucléaire
    En parallèle, la présence d’un anticyclone sur l’Europe ces derniers jours a réduit l’apport de vent et limité fortement la production des éoliennes. « L’éolien ne pèse pas beaucoup en France [8,7 % de la production] mais en Europe, il compte beaucoup et les réseaux sont interconnectés les uns aux autres », explique Nicolas Goldberg, consultant chez Colombus Consulting.

    L’Hexagone se retrouve alors dans une situation qu’il ne connaît pas habituellement en cette saison : il doit s’approvisionner auprès de ses voisins. Or, cette électricité est plus émettrice de CO2 – notamment celle venant d’Allemagne. La France a dû également activer ses centrales à charbon. Résultat : l’électricité française, d’habitude largement décarbonée avec le nucléaire (70 % de la production) et les énergies renouvelables, se teinte de gris. Un comble pour un pays d’habitude largement exportateur, qui se félicite des très faibles émissions de gaz à effet de serre de son réseau.

    Si cette rentrée est exceptionnelle à cause de la crise sanitaire qui a contraint la filière de l’atome à revoir son calendrier d’arrêts pour maintenance, elle représente une alerte sérieuse sur la capacité des centrales nucléaires à résister au changement climatique. « Plus la planète va se réchauffer, plus il y a des risques que la température des fleuves soit trop élevée pour refroidir les réacteurs, et donc on risque d’avoir de plus en plus ce type de situation », note Thibault Laconde, ingénieur spécialisé dans les risques climatiques.

    #paywall

    • La France fait déjà fonctionner ses centrales à charbon | Les Echos
      (article du 17/09/2020)
      https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/la-france-fait-deja-fonctionner-ses-centrales-a-charbon-1243601

      Faute de production d’électricité nucléaire et éolienne suffisante, l’Hexagone a commencé à faire tourner ses centrales à charbon ces dernières semaines. En cause : le manque de vent et de nouvelles avaries techniques chez EDF, qui pâtit par ailleurs d’un encombrement d’opérations de maintenance et d’un décalage de son planning de travaux lié au Covid-19.

      Si la crise du coronavirus, et surtout les mesures de confinement, ont provoqué une chute drastique des émissions de CO2 au printemps, d’autres effets viennent aujourd’hui nettement contrebalancer ces bonnes nouvelles pour le climat . Selon les données publiées par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE, la France a allumé ses centrales à charbon ces dernières semaines. Selon les données publiées par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE, la France a allumé ses centrales à charbon ces dernières semaines. Ce jeudi 17 septembre, elles fournissaient 2 % du mix électrique national, soit 824 mégawatts, à la mi-journée.

      Certes, ce chiffre est modeste en proportion de la consommation française mais il n’en reste pas moins marquant, en plein mois de septembre, alors que les températures sont anormalement élevées et que les radiateurs ne sont pas encore allumés. En effet, ces centrales - dont le nombre se limite à quatre en France - sont le plus souvent mobilisées au coeur de l’hiver pour faire face aux pics de consommation d’électricité.

      Des prix de l’électricité orientés à la hausse
      Surtout, ce recours précoce au charbon ne semble pas suffisant pour répondre aux besoins en électricité du pays. Selon RTE, des mesures « d’effacements » - c’est-à-dire le report de consommations d’entreprises qui acceptent de les différer ou de les modérer moyennant rémunération - ont été utilisées ces derniers jours pour faire baisser la consommation.

      La France a, par ailleurs, été globalement importatrice d’électricité ces derniers jours. Ces importations proviennent en grande partie d’Allemagne où la production d’électricité génère plus d’émissions de CO2 qu’en France. Un contexte qui tire les prix de l’électricité à la hausse : lundi 14 septembre, ils atteignaient un pic de 120,62 euros, en France, en fin de journée.

      De nouvelles avaries techniques
      En cause : la très faible disponibilité du parc de réacteurs nucléaires d’EDF. Sur ses 56 réacteurs, 24 sont actuellement à l’arrêt. Les causes sont multiples, et dépassent largement la fermeture de Fessenheim.

      A Chooz (Ardennes), les deux réacteurs d’EDF sont maintenus à l’arrêt à cause de leur impact potentiel sur le débit de la Meuse, déjà limité du fait de la météo. A Cattenom, à Penly, à Blayais, à Flamanville, au Bugey et à Paluel, les programmes de maintenance ont été prolongés sur un ou plusieurs réacteurs à cause de nouvelles avaries techniques. Enfin, deux réacteurs sont visés par des mesures d’économies de combustibles destinées à faire face à un hiver tendu du fait du décalage des travaux de maintenance en pleine crise sanitaire.

      Des vents très faibles en Europe
      « La concomitance de ce contexte avec le grand carénage [le programme qui vise à prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires d’EDF, NDLR] crée un embouteillage d’opérations de maintenance », confirme EDF. A cela vient s’ajouter la fermeture de la centrale Fessenheim. Achevée en juin, celle-ci a mécaniquement retiré deux réacteurs du réseau électrique français.

      Le nucléaire n’est toutefois pas le seul responsable de ce phénomène. En Europe, la météo joue aussi en défaveur des énergies vertes et en particulier de l’éolien. « Un anticyclone s’est déployé sur l’Europe et entraîne des vents très faibles », précise RTE. La semaine passée l’éolien a ainsi fourni 2% du mix électrique français.

      (compléments sans doute proche du contenu au-delà de la barrière de péage de l’article du Monde, avec 8 jours de décalage…)

  • « Entre lampe à huile et chemins de fer, une histoire des techniques falsifiée a la cote au gouvernement » - Jean-Baptiste Fressoz
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/23/entre-lampe-a-huile-et-chemins-de-fer-une-histoire-des-techniques-falsifiee-

    La peur que le train aurait suscitée à ses débuts, argument utilisé pour dénigrer les craintes actuelles sur la 5G, est un mythe entretenu depuis un siècle et demi, rapporte dans sa chronique l’historien Jean-Baptiste Fressoz.

    Chronique. On pourrait croire que la sortie d’Emmanuel Macron sur la 5G, les amish et la lampe à huile n’était qu’un propos en l’air, une bêtise prononcée sans trop y penser. Il faut voir le discours en entier pour se convaincre du contraire : il s’agit en fait de sa « punchline » , inscrite dans ses notes et destinée à provoquer des applaudissements que le président prend le temps de savourer. C’est le seul élément que la presse a retenu de cette longue autocongratulation sur l’innovation, la French Tech, et « l’écosystème régulatoire ».

    Au sein du gouvernement, des ministres partagent cette pensée peu complexe. Ainsi, le secrétaire d’Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari – un ancien pilote de jet privé qui promouvait, il y a peu, le développement des lignes interrégionales – attribue le refus de l’innovation à une sorte d’atavisme. Au début des chemins de fer, expliquait-il à la télévision, les Français auraient été effrayés que le train ne rende « sourd et aveugle » .

    Bêtisier médical

    Cette histoire est un mythe. On trouve certes dans les manuels d’obstétrique de brefs passages sur les dangers des longs voyages (en voiture comme en train) et des trépidations pour les femmes proches du terme de leur grossesse. De même, des médecins conseillaient aux lecteurs de reposer leur vue, mais cela n’avait rien de spécifique aux chemins de fer.

    En 1863, Louis Figuier (1819-1894), le grand vulgarisateur des sciences du XIXe siècle, en profite pour composer un petit bêtisier médical. Il mentionne, sans donner de référence, des accusations proférées par de doctes médecins : les chemins de fer causeraient des avortements et des troubles nerveux. La construction du mythe se poursuit en Allemagne.

    En 1889, l’historien allemand Heinrich von Treitschke (1834-1896) mentionne, sans plus de références, un rapport de 1835 du collège médical de Bavière qui conseillerait d’interdire les chemins de fer car leur vitesse faramineuse pourrait causer un « delirium furiosum » aux passagers. Cette anecdote connaît un succès extraordinaire. On la retrouve, par exemple, reprise par Hitler dans Mein Kampf ainsi que dans différents travaux historiques sur la révolution industrielle, à chaque fois mentionnée à propos des « résistances au progrès ».

    En France, elle est colportée par le comte de Villedeuil (1831-1906) dans sa monumentale Bibliographie des chemins de fer (1906), où il ajoute, parmi les conséquences du voyage en train, « la danse de Saint-Guy » produite par les trépidations. Il évoque aussi la cécité – les chemins de fer « enflammeraient la rétine » –, toujours sans donner de référence… malgré les 826 pages que compte ce recueil bibliographique.

    Ridiculiser tout débat

    En 1957, un article de L’Express , à l’occasion des cent vingt ans de l’inauguration de la ligne Paris-Saint-Germain, expliquait que, dans les années 1840, des « pythies sinistres » annonçaient que les chemins de fer « provoqueraient des maladies nerveuses, voire l’épilepsie et la danse de Saint-Guy » , qu’ils « enflammeraient la rétine et feraient avorter les femmes enceintes » . L’auteur ajoute : « Ce ne sont pas là les marmonnements de rebouteux, mais des prophéties communiquées publiquement à l’Académie de médecine. » Les historiens n’ont évidemment trouvé aucun rapport dans les archives, ni en Bavière ni à l’Académie de médecine…

    Notons pour conclure qu’en 1860, alors que naissait la rumeur d’une crainte liant folie et chemins de fer, les tribunaux commençaient à indemniser les traumatismes nerveux causés par les accidents ferroviaires, ce qui n’avait rien à voir avec la danse de Saint-Guy. En fait, les innombrables plaintes, procès et pétitions ne s’opposaient pas aux chemins de fer mais aux accidents qu’ils provoquaient et aux compagnies soupçonnées de faire des économies au détriment de la sécurité des voyageurs. La sécurité actuelle des systèmes ferroviaires est l’heureuse héritière de ces contestations.

    Entre la lampe à huile et les chemins de fer, l’histoire des techniques a décidément la cote au gouvernement, mais c’est une histoire falsifiée servant à ridiculiser tout débat. Car peu importe si les applications de la 5G sont encore floues, si les émissions de CO2 liées au numérique (déjà 4 % du total mondial) pourraient doubler d’ici à 2025, ou si les seuils de pollution électromagnétique sont définis par des experts financés par l’industrie des télécoms.

    La 5G doit se faire car, comme le dit notre président, « c’est le tournant de l’innovation » . Et puisqu’il appelle à un débat de « citoyens éclairés » sur la 5G, peut-être pourrait-il commencer par éviter les clichés technophiles les plus éculés.

  • un concentré de #bullshit en hommage à David Graeber :

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/23/avec-une-levee-de-fonds-de-300-millions-de-dollars-mirakl-devient-une-licorn

    Valorisée désormais à 1,5 milliard de dollars, la start-up française de « solutions logicielles de marketplaces » a vu son volume d’activité bondir durant le confinement.

    Tu t’en fous ? Moi aussi.

    #marchandisation #valorisation_de_la_crétinerie #obsession_mercantile #peignes_cul

    • complètement et en plus, j’en ai marre d’accepter leur protocole de merde au Monde.

      Le Monde et des tiers selectionnés, notamment des partenaires publicitaires, utilisent des cookies ou des technologies similaires. Les cookies nous permettent d’accéder à, d’analyser et de stocker des informations telles que les caractéristiques de votre terminal ainsi que certaines données personnelles (par exemple : adresses IP, données de navigation, d’utilisation ou de géolocalisation, identifiants uniques).

      va fanculo ! le monde

    • La « marketplace » de Darty et la Fnac, est-ce qu’il y a des articles qui se demandent si vraiment c’est une bonne idée ?

      L’année dernière, le porte-filtre de mon percolateur, acheté chez Darty, pète. Je vais donc au service après-vente, ou le gentil monsieur m’informe que c’est pas couvert par la garantie (j’ignore pourquoi une poignée de porte-filtre mal branlée et qui pète quand on l’utilise, n’est pas couverte par la garantie, mais c’est pas la question).

      Donc faut que j’en achète une nouvelle. Et le monsieur m’annonce d’un air désolé que c’est pas donné : de mémoire, dans les 40 euros chez Darty.

      Mais, me dit-il en tapotant sur un ordinateur, ça doit être moins cher sur la marketplace de Darty.fr. Hé oui dis-donc : 25 euros ! Moi, comme un con, je demande pourquoi Darty vend les choses moins chères sur son site que dans le magasin : « ah mais non c’est pas Darty, là, qui vend le porte-filtre sur le site de Darty… ».

      Donc j’ai pas acheté chez Darty, parce que chez Darty on m’a dit que c’était moins cher sur l’internet-by-Darty.

      Alors je rentre chez moi, et tant qu’à faire, je découvre que c’est encore moins cher sur l’internet-by-Amazon. Parce que le port est gratuit, et en plus ça sera livré chez moi hier.

      Alors je veux bien la licorne française qui rend nos journalistes si fiers de vivre dans une startup nation, mais je dois avouer que comme stratégie commerciale, pour Darty et la Fnac, ces « marketplaces » qui vendent leur propre concurrence, j’aurais tendance à les classer dans la catégorie « balle dans le pied ».

    • Alors je rentre chez moi, et tant qu’à faire, je découvre que c’est encore moins cher sur l’internet-by-Amazon. Parce que le port est gratuit, et en plus ça sera livré chez moi hier.
      dans un colis préparé avant-hier ?
      _De la publicité comme contre-propagande_Lignes de force
      https://lignesdeforce.wordpress.com/2020/09/24/de-la-publicite-comme-contre-propagande
      https://www.youtube.com/watch?v=RzjeLcP0Iek&feature=emb_logo

      N’en voulons pas à ce comédien (ou à ce travailleur convaincu de jouer son propre rôle) : il faut bien vivre . Mais observons qu’Amazon, « géant de la vente en ligne », outre l’effet de sidération déjà évoqué, montre simplement sa force.

      Je répondrai à Claude Guillon (anarchiste en retraite) : plutôt crever !

  • La loi autorise la privatisation de kilomètres de nationales
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/18/la-loi-autorise-la-privatisation-de-kilometres-de-nationales_6052701_3234.ht

    Un décret, publié au « Journal officiel » le 15 août, établit les conditions auxquelles des sections de routes nationales pourront être cédées au privé. Certains y voient un nouveau cadeau aux sociétés concessionnaires.

    #privatisation

    • #Petits_arrangements_entre_amis : les concessionnaires proposent d’acquérir des portions de route pour en assurer l’entretien, en échange, ils négocient de prolonger la durée des concessions mais

      Prolonger la durée des concessions reviendrait à priver l’Etat de nouvelles recettes, estime un fin connaisseur du dossier. « Car plus une concession est vieille, plus elle est rentable », explique-t-il.

  • « On prend tout parce qu’on n’a pas le choix » : l’angoisse des chauffeurs VTC
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/21/on-prend-tout-parce-qu-on-n-a-pas-le-choix-l-angoisse-des-chauffeurs-vtc_605

    Cela fait maintenant deux ans que Karim, 45 ans, est conducteur de véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC). A ses débuts, il gagnait environ 2 000 euros net par mois pour soixante-dix à quatre-vingt-dix heures de connexion par semaine et environ 150 courses hebdomadaires. Depuis le confinement et la pandémie liée au Covid-19, il parvient péniblement à 800 euros.

    En tant qu’indépendant, il ne bénéficie pas des filets de protection sociale des salariés, comme le chômage ou l’activité partielle. « C’est la catastrophe », lâche-t-il. Sur son application Uber, son récapitulatif pour la semaine du 6 au 12 juillet en atteste : 610 euros de revenus pour 45 courses et quatre-vingt-dix-sept heures en ligne. Soit 13,50 euros la course, en moyenne, pour quatorze heures de connexion par jour.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi La crise due au coronavirus relance le débat sur la protection des travailleurs ubérisés

    « Ça chiffre pas », répète Karim. Avant de se lancer, il vendait des vêtements pour enfants sur les marchés, ce qui lui a permis de mettre de l’argent de côté. Aujourd’hui, il « pioche dedans, petit à petit ». Comme Karim, les chauffeurs que Le Monde a interrogés font tous état d’une chute massive de leurs revenus pendant le confinement.
    « Je perds de l’argent à travailler »

    Et, depuis la fin de celui-ci, leur activité est loin d’avoir retrouvé le niveau d’avant-crise. Le patron d’une entreprise de VTC avec sept véhicules, qui préfère rester anonyme, a observé, sur les mois d’été, une chute de moitié de son activité, par rapport à 2019. Interrogés, tant Heetch qu’Uber refusent de révéler la perte de revenus de leurs chauffeurs.

    Les touristes se sont évaporés, les cadres ne se déplacent plus, les fêtards se font discrets et, en bout de chaîne, les chauffeurs VTC accusent le coup.

    « Beaucoup de chauffeurs en grande difficulté sont à bout. Ils ne savent pas comment faire face aux échéances financières », explique Brahim Ben Ali, l’un des principaux porte-parole des chauffeurs VTC. Après deux années dans le métier, Karim, qui estime y avoir « perdu du temps », a décidé de jeter l’éponge : d’ici à fin janvier, le chauffeur retournera dans le commerce et fermera son compte Uber.

    #Uber #Paris

  • Face à la concurrence, CNews fait le pari d’une parole décomplexée
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/11/face-a-la-concurrence-cnews-fait-le-pari-d-une-parole-decomplexee_6051735_32

    La chaîne d’information de Vivendi, deuxième en audience derrière BFM-TV, n’hésite pas à miser sur la provocation. Une stratégie qui contraint ses rivales, et notamment LCI, à avancer sur une ligne de crête pour attirer les téléspectateurs.

    Pourquoi ça écrit « décomplexé » à la place de « raciste » ?

  • Entre le Covid-19 et le Brexit, les Français de Londres en plein doute
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/09/entre-le-covid-19-et-le-brexit-les-francais-de-londres-en-plein-doute_605160

    Cette rentrée scolaire 2020 respire presque la normalité dans le plus français des quartiers de la capitale britannique et ce, en dépit de l’épidémie de Covid-19, qui rôde toujours, et des nombreuses boutiques encore fermées. Pourtant, nombre de résidents français de Londres, qui sont loin de tous loger à South Kensington, se posent moult questions. Quel est leur avenir dans cette capitale-monde de presque neuf millions d’habitants, poumon économique du pays – elle génère près du quart du produit intérieur brut (PIB) britannique –, et jusqu’alors réputée pour ses opportunités professionnelles, son multiculturalisme, sa vibrante scène artistique ainsi que ses superbes espaces verts ?
    Le Brexit a eu lieu le 31 janvier 2020 et ses effets devraient vraiment se faire sentir au 1er janvier 2021, au terme de la période de transition, avec l’entrée en vigueur d’une politique migratoire nettement plus restrictive. Quant à la récession liée au Covid-19, elle risque d’être l’une des plus violentes d’Europe, avec une chute du PIB comprise entre 11,5 % et 14 % en 2020, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En raison des mesures sanitaires [les personnes revenant de France doivent s’isoler quatorze jours], « beaucoup de compatriotes ont dû renoncer à leurs vacances d’été, ce qui n’a pas été très bon pour le moral », souligne Olivier Bertin. A 52 ans, ce conseiller consulaire, qui a bâti sa vie professionnelle à Londres, ne se voit pas tout plaquer pour rentrer en France.

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#france#sante#education#economie#mesuresanitaire#retour

  • Avec « Mulan », « non seulement Disney s’affranchit de la sortie en salle, mais il fait payer le prix fort à ses fans »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/08/avec-mulan-non-seulement-disney-s-affranchit-de-la-sortie-en-salle-mais-il-f

    Ce film-phare de l’année pour Disney, dont la production a coûté près de 200 millions de dollars, est sorti en effet uniquement sur le site de visionnage en ligne (streaming) Disney+. Un pari d’autant plus audacieux que la société a décidé de faire payer le film 30 dollars, en surcroît de l’abonnement au site de sept dollars par mois. Il est aussi en vente sur les plates-formes Apple, Google, Roku et Amazon.
    Une stratégie originale

    Non seulement le créateur de Mickey s’affranchit de la sortie en salle, mais il fait payer le prix fort à ses fans. Même si, en contrepartie, il promet l’accès libre sur le site dès le mois de décembre, date de la sortie en France. Le film finira par sortir également en salle, notamment en Chine, le 11 septembre, et dans les autres pays où Disney+ n’est pas accessible. Cette stratégie originale bouscule l’ordonnancement bien réglé qui voulait qu’un film fasse des premières armes sur le grand écran avant de connaître plus tard une nouvelle carrière en vidéo et à la télévision. En France, cette traditionnelle « chronologie des médias » fait même l’objet d’une loi. Tout cela vole en éclats et la crise sanitaire a accéléré le basculement.

    #Mulan #Disney #Culture #Mouvements_sociaux #Hashtag

    • 30 dollars en plus de l’abonnement qui te promettait, justement, l’accès au catalogue Disney et Star Wars ?

      On peut déjà prévoir que, début 2021, Disney lancera une grande campagne pour dénoncer l’échange de films sur BitTorrent et les méchants pirates de l’internet.

  • Les GAFA répercutent sur leurs clients les taxes sur le numérique
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/04/les-gafa-repercutent-sur-leurs-clients-les-taxes-sur-le-numerique_6050928_32

    Apple, Google et Amazon ont annoncé des hausses de prix de leurs services dans plusieurs pays, dont la France, en réaction aux changements de fiscalité du numérique. Visés par de nouvelles taxes, les géants du numérique ont choisi de les répercuter sur leurs partenaires. Apple, Google et Amazon ont, ces derniers jours, annoncé des hausses des prix facturés pour certains de leurs services dans plusieurs pays, dont la France. Alors que le débat sur la fiscalité du numérique fait rage et que des Etats (...)

    #Apple #Google #Amazon #fiscalité #bénéfices #publicité

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