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  • L’audition calamiteuse du patron de Boeing devant le Sénat des Etats-Unis : « Vous êtes payé à quoi faire ? »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/06/19/au-senat-americain-l-audition-calamiteuse-du-patron-de-boeing_6241338_3234.h

    Dave Calhoun, PDG du constructeur depuis 2020, a été entendu par les sénateurs au sujet des nombreuses défaillances techniques du modèle 737 MAX, qui ont causé deux crashs en 2018 et 2019 et plusieurs incidents depuis.

    Par Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)
    Publié aujourd’hui à 10h14, modifié à 10h26

    Temps de Lecture 3 min.

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    Le PDG de Boeing, Dave Calhoun, témoigne lors d’une audition de la sous-commission d’enquête du Sénat sur la sécurité intérieure, au Capitole (Washington, Etats-Unis), le mardi 18 juin 2024.
    Le PDG de Boeing, Dave Calhoun, témoigne lors d’une audition de la sous-commission d’enquête du Sénat sur la sécurité intérieure, au Capitole (Washington, Etats-Unis), le mardi 18 juin 2024. MARIAM ZUHAIB / AP

    Espérait-il apaiser l’ardeur des sénateurs qui l’interrogeaient ? Toujours est-il que Dave Calhoun, le PDG de Boeing depuis 2020, a entamé son audition au Sénat, mardi 18 juin, en se tournant vers le public et en présentant ses excuses aux familles des victimes du double crash du modèle Boeing 737 MAX 8, sur un vol Lion Air en 2018 et un vol Ethiopian Airlines en 2019, qui brandissaient les photographies de leurs proches. « Je m’excuse pour la douleur que nous avons causée, et je veux que vous sachiez que nous sommes totalement mobilisés, en leur mémoire, à travailler et à nous concentrer sur la sécurité aussi longtemps » que nécessaire, a commencé M. Calhoun.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Boeing : après le grave incident d’Alaska Airlines, un rapport accable les processus de fabrication

    Puis, ce fut la descente aux enfers, d’autant qu’un lanceur d’alerte avait fait de nouvelles révélations sur des défaillances cachées aux régulateurs. Finalement, M. Calhoun a-t-il rencontré des lanceurs d’alerte ? Non. Les sénateurs lui suggèrent que ce serait une « bonne idée ». Combien de dirigeants ont été sanctionnés pour avoir traqué les lanceurs d’alerte ? Il ne le sait pas. Est-il un ingénieur, comme les lanceurs d’alerte ? « Je ne suis pas un ingénieur », répond le PDG. Les indemnités payées aux victimes ont-elles été déduites fiscalement ou payées par les assurances ? M. Calhoun n’en a pas le détail.

    Pendant toute l’audition, la première depuis l’incident d’Alaska Airlines, le président de Boeing a asséné des généralités, alors qu’aux problèmes de conception par les bureaux d’ingénieurs des 737 MAX s’est ajouté le problème de fabrication industrielle qui a conduit à l’arrachage, début janvier, d’une porte bouchon d’un 737 MAX 9 d’Alaska Airlines – les vis enlevées pour une réparation n’avaient pas été remises en place.
    Réponses lénifiantes

    Récemment, on a appris que du titane contrefait produit par un obscur sous-traitant chinois avait été utilisé dans le fuselage des avions Boeing et Airbus, mais Boeing n’en avait rien su, car le matériel était fourni par un fournisseur de fournisseur. « Notre culture est loin d’être parfaite, mais nous prenons des mesures et nous progressons », a répété M. Calhoun. « Vous et votre conseil d’administration avez un devoir envers vos actionnaires, mais ils seront profondément mal servis si vous ne parvenez pas à corriger le tir et à vous attaquer à la cause profonde de cette culture de sécurité défaillante », avait déclaré d’emblée le sénateur démocrate du Connecticut et président de l’audition, Richard Blumenthal.

    L’hallali a été donné par le sénateur républicain du Missouri Josh Hawley, qui a demandé à M. Calhoun s’il méritait sa rémunération de 32,8 millions de dollars (environ 30,6 millions d’euros). « Une hausse de 45 % », a rappelé M. Hawley. « Vous êtes payé à quoi faire ? », a demandé le sénateur, qui a énuméré ses griefs face aux réponses lénifiantes du PDG.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Boeing sous surveillance du « gendarme » américain de l’aviation

    « Vous faites l’objet d’une enquête pour falsification des rapports d’inspection du 787. Boeing fait l’objet d’une enquête criminelle pour le vol d’Alaska Airlines. Vous avez fait l’objet d’une enquête du ministère de la justice pour conspiration criminelle visant à frauder la FAA [Federal Aviation Administration]. Tout cela relève de votre mandat », a accusé le sénateur, qui a fini par expliquer ce à quoi était, selon lui, payé M. Calhoun.
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    « Vous vous concentrez sur ce pour quoi vous avez été embauché, c’est-à-dire que vous faites des économies. Vous éliminez les procédures de sécurité. Vous vous en prenez à vos employés. Vous supprimez des emplois parce que vous essayez de tirer le maximum de profit possible de cette entreprise. Vous exploitez Boeing jusqu’à la moelle », a accusé Hawley, qui a enfin demandé au patron pourquoi il n’avait pas démissionné.
    Les candidats ne se pressent pas

    « Sénateur, je m’en tiens à cela. Je suis fier d’avoir accepté ce poste. Je suis fier de notre bilan en matière de sécurité », a osé M. Calhoun. « Franchement, monsieur, je pense que c’est une mascarade que vous soyez toujours à votre poste », a jugé le sénateur.
    Lire aussi | Un Boeing 737-800 atterrit sans encombre en Nouvelle-Zélande après l’incendie d’un moteur

    La tension reste considérable alors que le ministère de la justice doit décider s’il lance des poursuites pénales contre l’entreprise. Pendant ce temps, Boeing cherche un successeur à M. Calhoun, censé quitter ses fonctions à la fin de l’année, mais les candidats ne se pressent pas. Le patron de General Electric, Larry Culp, qui a réussi à scinder en trois l’ancien conglomérat et en dirige la division de moteurs d’avion, a déclaré qu’il restait chez GE. David Gitlin, l’actuel PDG du fabricant Carrier Global et ancien de United Technologies, a demandé que son nom soit retiré de la liste des prétendants. En interne, Stephanie Pope, nouvelle directrice des opérations, n’est pas ingénieure. « La recherche d’un nouveau PDG chez Boeing rencontre des écueils », titrait pudiquement le Wall Street Journal.

    Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)

    #Boeing #Néolibéralisme #Patrons_voyous #Sécurité

  • L’audition calamiteuse du patron de Boeing devant le Sénat des Etats-Unis : « Vous êtes payé à quoi faire ? »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/06/19/au-senat-americain-l-audition-calamiteuse-du-patron-de-boeing_6241338_3234.h

    Pendant toute l’audition, la première depuis l’incident d’Alaska Airlines, le président de #Boeing a asséné des généralités, alors qu’aux problèmes de conception par les bureaux d’ingénieurs des 737 MAX s’est ajouté le problème de fabrication industrielle qui a conduit à l’arrachage, début janvier, d’une porte bouchon d’un 737 MAX 9 d’Alaska Airlines – les vis enlevées pour une réparation n’avaient pas été remises en place.

    Réponses lénifiantes

    Récemment, on a appris que du titane contrefait produit par un obscur sous-traitant chinois avait été utilisé dans le fuselage des avions Boeing et Airbus, mais Boeing n’en avait rien su, car le matériel était fourni par un fournisseur de fournisseur. « Notre culture est loin d’être parfaite, mais nous prenons des mesures et nous progressons », a répété M. Calhoun. « Vous et votre conseil d’administration avez un devoir envers vos actionnaires, mais ils seront profondément mal servis si vous ne parvenez pas à corriger le tir et à vous attaquer à la cause profonde de cette culture de sécurité défaillante », avait déclaré d’emblée le sénateur démocrate du Connecticut et président de l’audition, Richard Blumenthal.

    L’hallali a été donné par le sénateur républicain du Missouri Josh Hawley, qui a demandé à M. Calhoun s’il méritait sa rémunération de 32,8 millions de dollars (environ 30,6 millions d’euros). « Une hausse de 45 % », a rappelé M. Hawley. « Vous êtes payé à quoi faire ? », a demandé le sénateur, qui a énuméré ses griefs face aux réponses lénifiantes du PDG.

    « Vous faites l’objet d’une enquête pour falsification des rapports d’inspection du 787. Boeing fait l’objet d’une enquête criminelle pour le vol d’Alaska Airlines. Vous avez fait l’objet d’une enquête du ministère de la justice pour conspiration criminelle visant à frauder la FAA [Federal Aviation Administration]. Tout cela relève de votre mandat », a accusé le sénateur, qui a fini par expliquer ce à quoi était, selon lui, payé M. Calhoun.

    « Vous vous concentrez sur ce pour quoi vous avez été embauché, c’est-à-dire que vous faites des économies. Vous éliminez les procédures de sécurité. Vous vous en prenez à vos employés. Vous supprimez des emplois parce que vous essayez de tirer le maximum de profit possible de cette entreprise. Vous exploitez Boeing jusqu’à la moelle », a accusé Hawley, qui a enfin demandé au patron pourquoi il n’avait pas démissionné.

    Les candidats ne se pressent pas

    « Sénateur, je m’en tiens à cela. Je suis fier d’avoir accepté ce poste. Je suis fier de notre bilan en matière de sécurité », a osé M. Calhoun. (...)

    • Etats-Unis : des familles de victimes de crashes de Boeing réclament une amende de près de 25 milliards de dollars
      https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/19/etats-unis-des-familles-de-victimes-de-crashes-de-boeing-reclament-une-amend

      Le patron de Boeing, Dave Calhoun, avait reconnu, la veille, la « gravité » de la situation concernant la qualité de la production du constructeur. Mais il avait également assuré, devant une commission d’enquête du sénat américain, que des progrès avaient d’ores et déjà été effectués. Présents dans le public lors de cette audition, des proches de victimes des crashes des Boeing 737 MAX 8, de la compagnie indonésienne Lion Air en 2018 et d’Ethiopan Airlines en 2019, brandissaient des photos des disparus. Ces deux accidents avaient causé la mort de 346 personnes au total.

      Paul Cassell, le représentant des familles des victimes, a justifié dans une lettre adressée au ministère américain de la justice, la somme demandée à Boeing. « Puisque le crime de Boeing est le crime le plus mortel d’une entreprise dans l’histoire des Etats-Unis, une amende maximale de plus de 24 milliards de dollars est légalement justifiée et clairement adéquate », a-t-il écrit, dans ce communiqué consulté par l’Agence France-Presse.
      Menace de poursuites pénales
      Longue de 32 pages, la lettre détaille les calculs effectués pour arriver à cette somme. Elle précise que « 14 à 22 milliards de dollars de l’amende pourraient être mises en sursis à la condition que Boeing dédie ces fonds à un contrôleur indépendant et à des améliorations liées aux programmes de conformité et de sécurité ». (...)

  • Emmanuel Roman, directeur général du premier fonds obligataire au monde : « Une politique économique qui n’a pas de sens est immédiatement punie par le marché »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/06/18/emmanuel-roman-directeur-general-du-premier-fonds-obligataire-au-monde-une-p

    Cet entretien pourrait être titré la beauté du capitalisme financier où les peuples n’ont qu’à bien se tenir...

    Aujourd’hui, l’extrême droite est aux portes du pouvoir. En tant que patron de l’une des plus grosses sociétés de gestion au monde, comment voyez-vous ça ?
    Nous assistons à une croissance des mouvements populistes dans le monde entier, en Amérique latine, aux Etats-Unis, avec une fracture totale du monde politique, en France aussi. D’un point de vue macroéconomique, les vrais problèmes en Europe sont le niveau élevé de la dette, et l’inflation. Donc, politique mise à part, le seul vrai sujet est de savoir quoi faire vis-à-vis de la dette publique : soit augmenter les taxes, soit couper les dépenses publiques. Pour avoir lu le programme du Rassemblement national et leurs vingt-deux points, je peux dire qu’il n’y a pas un seul élément de réponse aux vrais problèmes macroéconomiques.
    L’arrivée du RN au pouvoir risquerait-elle de provoquer une crise de la dette française ?
    Les marchés sont capables de regarder sur le plus long terme. Ils savent que l’Europe est passée par beaucoup de hauts et de bas et a pu gérer des situations compliquées, comme celle de la Grèce, par exemple. Cela dit, une politique économique qui n’a pas de sens est immédiatement punie par le marché.

    on vous puni, mais de toute façon il y a toujours du fric à se faire
    Donc, comment gérez-vous votre investissement face à ces incertitudes ?
    L’une des stratégies envisageables serait d’attendre que les choses se décantent et, en cas de dislocation des marchés, trouver les opportunités d’investissement. On parlait de l’Angleterre un peu plus tôt : il y a eu un « trade » [mouvement boursier] exceptionnel, dans un sens comme dans l’autre, en octobre 2022, parce que la politique n’avait aucun sens.

    La secousse sur les marchés provoquée par Liz Truss était donc une opportunité d’investissement. Est-ce que c’est aussi le cas pour les élections françaises ?
    C’est potentiellement une opportunité.

    Mais peut-on vraiment imaginer un dérapage de la dette américaine ?
    C’est très peu probable. Les Etats-Unis ont trois énormes avantages. Ils ont la devise mondiale de réserve. Par ailleurs, le dollar est le marché le plus liquide au monde, le seul vrai actif où l’on peut investir beaucoup d’argent. Enfin, la capacité à collecter des impôts aux Etats-Unis est grande : il n’y a pas de taxe à la consommation, pas de taxe énergétique, et de nombreux avantages fiscaux qui pourraient disparaître… Il est facile de trouver une série de mesures fiscales qui dégageraient 500 milliards de dollars par an.
    là le mec fait l’apologie de l’impôt, certes en grande partie sur la consommation sur les gens ordinaires, mais aussi sur les niches fiscales qui touchent les plus riches
    [...
    par contre là, c’est serrez les fesses parce que les Vietnamiens, les Bengalais et les Africains sont prêts à souffrir plus que vous, vous finirez plus pauvres, et c’est la beauté du capitalisme... ]
    Comprenez-vous la colère d’une partie de la population contre la mondialisation ?
    Il faut comprendre qu’il y a une partie du monde qui est prête à travailler beaucoup plus, qui est sortie de la pauvreté il n’y a pas si longtemps. Or, nous sommes dans un système économique compétitif mondial. Cela a une répercussion énorme sur le contrat social en Europe. Cette mondialisation des sphères économiques fait que l’inégalité au niveau mondial a été réduite par l’émergence d’immenses pays en Asie, qui ont un système de production extrêmement efficace et peut-être un droit du travail qui n’a rien à voir avec celui de la France, mais qui crée des déséquilibres énormes. Il faut donc y faire face.

    Ce que vous nous dites, c’est qu’en Europe on va être plus pauvres et que ça va être plus dur…
    De manière relative, oui, cela va être plus difficile.

    #dette #capitalisme_financier #punition #spéculation

  • Derrière l’IA, la déferlante des « data centers »

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/06/14/derriere-l-ia-la-deferlante-des-data-centers_6239694_3234.html

    https://justpaste.it/e7qi1

    Cette course à l’IA soulève de nombreuses questions, notamment énergétiques. (...) Et la soif d’énergie va croissant : il existe, aux Etats-Unis ou en Corée du Sud, des projets de campus d’une puissance de 1 GW, soit un réacteur de centrale nucléaire.

    (...)

    Sera-t-on un jour obligé de choisir entre débrancher des data centers, des chauffages d’immeubles, des usines ou des transports ? « On peut toujours jouer à se faire peur », relativisait début juin la secrétaire d’Etat chargée du numérique, Marina Ferrari, en rappelant que la France a « relancé le nucléaire » avec six projets de réacteurs EPR. Elle reconnaissait toutefois un besoin de « mailler le territoire » pour compenser la « très grande concentration de projets en Ile-de-France et à Marseille ». C’est aussi l’approche d’Etix Everywhere, qui projette des « data centers de proximité » à Lille, Toulouse ou Lyon, afin d’éviter la saturation redoutée à Paris et à Marseille.

    (...)

    Dans ce pays [l’Irlande], les centres de données devraient consommer un quart de l’électricité nationale en 2026, quasiment deux fois plus qu’en 2021. « Il existe un risque important pour la sécurité de l’approvisionnement en électricité », prévenait, fin 2021, EirGrid, le RTE irlandais. Depuis, les raccordements ne sont plus autorisés qu’au cas par cas. Les Pays-Bas ou l’Allemagne ont aussi encadré l’expansion des usines de données, de même que Singapour. A Taïwan, leur consommation d’eau pour le refroidissement a fait s’insurger les agriculteurs… Les centres de données vont-ils susciter des protestations, comme les entrepôts d’e-commerce ces dernières années ?

    #capitalisme-en-roue-libre

    • ChatGPT : « le talon d’Achille de l’intelligence artificielle, c’est sa consommation d’énergie »

      https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/05/31/chatgpt-le-talon-d-achille-de-l-intelligence-artificielle-c-est-sa-consommat

      (...)

      Depuis le début de l’année aux Etats-Unis, les grands producteurs d’électricité annoncent, les uns après les autres, le report de leurs projets de fermeture de centrales électriques au charbon. Le Financial Times en fait la liste. Au Wisconsin, Alliant Energy repousse de trois ans la conversion d’une centrale à charbon vers le gaz, FirstEnergy renvoie son objectif de sortie du charbon au-delà de 2030.

      (...)

      C’est au cœur des puces que se situe l’origine de cette panique électrique. Celles de Nvidia, le spécialiste du domaine, chauffent dix fois plus qu’un microprocesseur habituel. Autrement dit, ChatGPT consomme dix fois plus d’énergie que le moteur de recherche de Google. Or, les grands acteurs du numérique, Microsoft, Amazon ou Google, sont en train de déployer à coups de dizaines de milliards des centres de données adaptés à cette nouvelle technologie dans le monde entier.

      (...)

      Voilà qui est excellent pour les compagnies d’électricité dont les profits s’envolent, mais qui pose un défi de plus pour la transition énergétique. On avait prévu le basculement progressif des voitures vers l’électricité, mais pas que l’intelligence artificielle allait la devancer avec autant de vigueur. Créer autant de problèmes nouveaux que l’on voulait en résoudre, c’est cela aussi la malédiction de Prométhée.

  • Le ministre des transports autorise l’expérimentation de taxis volants à Paris pendant les Jeux olympiques
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/06/13/le-ministre-des-transports-autorise-l-experimentation-de-taxis-volants-a-par

    .... les VTOL de Volocopter n’ont pas encore obtenu de certification autorisant une exploitation commerciale. Il n’empêche, cette expérimentation est une petite victoire pour Groupe ADP et ses partenaires, en l’occurrence la RATP, la région Ile-de-France et la Direction générale de l’aviation civile.
    Les promoteurs de l’opération ont dû éviter nombre d’obstacles. Le moindre étant finalement celui placé par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA). Cette dernière a imposé aux VTOL des normes de certification aussi sévères que pour un avion de ligne. Un taxi volant développé par le constructeur américain Joby s’était il est vrai crashé en Californie, en février 2022. Il s’agissait toutefois d’un engin différent de ceux de Paris car sans navigateur, et piloté à distance.

    Outre les contraintes techniques, le projet taxis volants est finalement, grâce à l’autorisation ministérielle, passé à travers plusieurs censures administratives et politiques. En septembre 2023, l’Autorité environnementale avait rendu un avis défavorable à l’exploitation des taxis volants le temps des JO. Selon elle, l’étude d’impact du vertiport d’Austerlitz était « incomplète ». L’autorité jugeait les appareils pas assez sobres en termes de consommation électrique et trop bruyants pour décoller et atterrir sur une barge ancrée dans la capitale. La mairie de Paris, s’était aussi fortement opposée aux VTOL. Le Conseil de Paris avait, en novembre 2023, rendu un avis négatif qualifiant le projet « d’absurde » et « d’aberration écologique ».

    Une vitrine du savoir-faire français

    Nouveau coup dur, en février, le commissaire chargé de mener une enquête publique a estimé qu’installer un vertiport dans Paris générerait trop de #nuisances. A l’époque, il considérait que « les gains potentiellement apportés par le projet ne justifient pas les inconvénients qui seront supportés pendant l’expérimentation ». Toutefois, le dernier mot devant revenir au ministre des transports, ce dernier a finalement décidé de donner son aval aux taxis volants, considérés comme une vitrine du savoir-faire français à l’occasion des Jeux olympiques.

    In fine, au sortir des jeux, « les taxis devraient obtenir leur certification, attendue fin septembre, début octobre, pour voler au-dessus des zones habitées », annonce M. Arkwright. Une manière pour les promoteurs du programme de « démontrer le potentiel technique et commercial » des VTOL, explique le directeur général d’ADP. En effet, avec la certification les taxis pourront transporter un passager payant à chaque vol. Le prix de la course a été estimé autour de 110 euros.

    Enfin, avec le sésame de l’EASA en poche, Groupe ADP pourra aussi tester « des vols sanitaires avec l’Assistance publique, hôpitaux de Paris », ajoute M. Arkwright. Le vertiport d’Austerlitz n’a pas été choisi au hasard. Il est tout proche de l’hôpital de la Pité-Salpétrière. « Sans expérimentation, il est difficile de répondre aux interrogations légitimes liées au projet dont nous sommes convaincus de l’utilité, notamment en matière sanitaire », a conclu Augustin de Romanet, PDG de Groupe #ADP.

    #Paris

  • Espoirs et déboires de la construction en terre
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/06/11/espoirs-et-deboires-de-la-construction-en-terre_6238750_3234.html

    La déception est à la hauteur des espoirs soulevés lors de l’inauguration de l’atelier, en novembre 2021. Le bâtiment, dont les grandes baies donnent sur les arbres du parc voisin, est splendide. Il est surtout le navire amiral d’une communauté qui cherche des alternatives au tout #béton et voit dans la #terre_crue, matériau local, réutilisable à l’infini, universel – « avec l’eau, la terre est un des rares communs partagés par tous », rappelle M. Delon – une solution aux deux grands maux de la construction : l’émission de gaz à effet de serre et la production démesurée de déchets.

    L’idée est séduisante : avec les terres excavées du Grand Paris, on allait produire des briques, des enduits, des mortiers. Avec, on bâtirait des écoles, des médiathèques, des logements. La ressource ne manque pas. A lui seul, le nouveau métro, le Grand Paris Express, doit sortir 47 millions de tonnes de terre. Soit 27 centimètres de plus à étaler sur toute l’Ile-de-France.

    #Paris #remblais #construction_en_terre #BTP

  • « Moins de médicaments » : l’étonnante offensive des laboratoires pour réduire les prescriptions
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/06/05/moins-de-medicaments-l-etonnante-offensive-des-laboratoires-pour-reduire-les

    Les industriels pharmaceutiques lancent une campagne nationale visant à promouvoir la sobriété médicamenteuse auprès des patients de plus de 65 ans. Objectif : baisser le train des dépenses de l’Assurance-maladie.
    Par Zeliha Chaffin

    « Réduisons le volume. Moins de médicaments, c’est médicamieux. » Voilà un cheval de bataille que l’on n’imaginait pas venant des industriels pharmaceutiques, dont le modèle économique repose sur les ventes de médicaments. Le Leem, l’organisation professionnelle représentant les laboratoires, a pourtant dévoilé, mardi 4 juin, un plan d’action pour promouvoir la sobriété médicamenteuse.
    Lire aussi | Le risque de pénurie de médicaments a encore fortement augmenté en 2023

    Elaboré sur une durée de trois ans, ce dernier, qui sera décliné en trois volets, vise à sensibiliser les patients à leur consommation de médicaments. Car, si les Français ne sont plus, depuis 2018, les champions européens en la matière, ils restent encore en bonne position sur le podium, juste derrière l’Allemagne.
    Or ces prescriptions à rallonge ne sont pas toujours sans conséquences sur la santé, la prise simultanée de plusieurs médicaments amplifiant les risques d’interactions (perte d’efficacité, effets indésirables) entre les traitements. « Ainsi, pour chaque nouvelle spécialité ajoutée à une prescription, la probabilité qu’un patient souffre d’un effet indésirable lié au médicament augmente de 12 % à 28 % », note l’Assurance-maladie.

    Les patients âgés de plus de 65 ans, qui cumulent souvent plusieurs pathologies, sont particulièrement concernés. Près de la moitié d’entre eux prennent au moins cinq médicaments différents par jour, et 14 % en avalent même plus de dix quotidiennement. C’est justement auprès de cette population que le Leem démarre la première étape de son plan triennal. A partir du 9 juin, une campagne nationale de communication débutera dans les médias, sur les réseaux sociaux et, en septembre, sur les panneaux d’affichage publicitaires afin d’attirer l’attention sur les risques de la polymédication.

    2 millions d’euros déboursés

    En parallèle, des campagnes d’information et de formations seront déployées auprès des médecins généralistes. Un outil d’aide à la prescription sera également mis à leur disposition. Ce dernier les alertera au moment de la rédaction de l’ordonnance, lorsqu’un patient de plus de 65 ans dépasse le seuil de cinq médicaments, pour inviter le médecin à « réviser l’ordonnance ». Car, là aussi, les Français sont dans le peloton de tête : « 80 % des consultations de médecine générale donnent lieu à une prescription en France. Aux Pays-Bas, c’est 43 %, soit moins d’une consultation sur deux », observe Paul Frappé, président du Collège de la médecine générale.

    Au total, le Leem a déboursé 2 millions d’euros pour financer ce premier volet, qui sera suivi, dès 2025, de deux autres : l’un ciblant la consommation d’antibiotiques et l’autre visant à lutter contre le gaspillage de médicaments.

    Cette initiative des laboratoires pharmaceutiques n’est toutefois pas fortuite. Derrière l’enjeu de #santé_publique, elle répond aussi à l’engagement pris par les industriels auprès du gouvernement dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024. Afin de réduire le train des dépenses, l’Etat avait fixé aux laboratoires un objectif annuel d’économies de 300 millions d’euros par le biais des baisses de volumes de ventes de #médicaments.

    #industrie_pharmaceutique

  • Le Perceval de l’Élysée
    https://www.dedefensa.org/article/le-perceval-de-lelysee

    Le Perceval de l’Élysée

    2 juin 2024 (15H30) – Lisons ce qu’une plume italienne nous dit du président français. Elle s’en moque en quelques lignes et une multitude de faits évidents, – une sorte de synthèse assez facile à faire des infamies européennes mais qui doit être répétée de temps en temps pour nous rappeler précisément à qui nous avons affaire. Dans la constellation des dirigeants européens, Macron brille d’un éclat particulier, quelque part à équidistance de Jupiter, de Napoléon et de Louis XIV, c’est-à-dire le parfait Européen.

    Ce qui a arrêté l’auteur Ala de Granha, c’est la phrase de Macron, confiée à ‘The Economist’(ou le ‘Financial Times’, c’est blanc bonnet et bonnet blanc) selon laquelle c’est la survie même de l’Europe qui est en danger... Comme on vous le rapporte et comme il nous l’a dit :

    « Et puis (...)

  • Assurance-chômage : la réforme pourrait affecter jusqu’à un tiers des allocataires
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/05/18/assurance-chomage-la-reforme-pourrait-affecter-jusqu-a-un-tiers-des-allocata

    L’une des pistes privilégiées aujourd’hui par l’exécutif consisterait à accroître la « #durée_d’affiliation » – c’est-à-dire le temps de travail nécessaire pour être éligible à l’#assurance-chômage. A l’heure actuelle, il faut avoir exercé une activité de six mois sur une « #période_de_référence » de vingt-quatre mois pour être indemnisé.

    Le premier paramètre pourrait être modifié : s’il passait à sept mois, 11 % des allocataires seraient pénalisés (avec une entrée plus tardive dans le régime), ce qui engendrerait, à terme, une économie de 400 millions d’euros par an. S’il était relevé à douze mois, 31 % des personnes seraient touchées, tandis que l’Unédic, elle, verrait sa facture s’alléger de 2,3 milliards d’euros. Autre solution, aux effets encore plus puissants : raccourcir la « période de référence » en la ramenant de vingt-quatre à dix-huit mois. Dans cette éventualité, 32 % des allocataires seraient « impactés » et les économies atteindraient le montant colossal de 7,5 milliards d’euros par an.

    « Ramener de l’argent »

    Parmi les critères susceptibles d’évoluer figure également la durée pendant laquelle les demandeurs d’emploi sont couverts : si elle était fixée à douze mois (contre dix-huit, aujourd’hui, pour les personnes de moins de 53 ans), le régime économiserait environ 6 milliards d’euros.

    L’étude diffusée vendredi montre également que la réforme n’a pas les mêmes retombées suivant les curseurs qui sont actionnés. Une augmentation de la durée d’affiliation frappe particulièrement les moins de 25 ans ainsi que les individus s’inscrivant au chômage après un CDD ou une mission d’intérim. Les profils seraient très différents s’il était décidé de réduire la #durée_d’indemnisation : selon l’Unédic, il y aurait davantage de personnes d’au moins 25 ans ou ayant mis fin à leur contrat de travail après une rupture conventionnelle ; ceux qui perçoivent des allocations au-dessus de la moyenne seraient également plus nombreux.

    #chômeurs

    • Réforme de l’assurance-chômage : le gouvernement mise sur 3,6 milliards d’euros d’économies et la création de 90 000 emplois
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/05/22/reforme-de-l-assurance-chomage-le-gouvernement-mise-sur-3-6-milliards-d-euro

      L’exécutif espère atteindre ces objectifs en réformant les règles d’indemnisation des chômeurs par un #décret, dont les contours sont actuellement présentés par la ministre Catherine Vautrin aux partenaires sociaux.

      .... il faudra avoir travaillé huit mois dans les vingt derniers mois, au lieu de six mois dans les vingt-quatre derniers mois actuellement.

      #guerre_aux_pauvres #travail #société_punitive

    • Une des conceptrices de la réforme récompensée.

      Alexandra Roulet, lauréate du Prix du meilleur jeune économiste 2024 : « L’assurance-chômage comporte un aléa moral »


      Alexandra Roulet, lauréate du Prix du meilleur jeune économiste 2024, dans les locaux du « Monde », le 22 mai 2024. BRUNO LEVY POUR « LE MONDE »

      Alexandra Roulet est récompensée ce lundi 27 mai du Prix du meilleur jeune économiste 2024. Professeure d’économie à l’Insead, c’est une spécialiste du #travail, de l’assurance-chômage, des politiques de l’#emploi et des inégalités hommes-femmes.

      [...]

      Vous avez durant un an travaillé au plus près de la décision politique en étant conseillère économique à l’Elysée et à Matignon entre 2022 et 2023. Est-ce un avantage ou un handicap quand on revient à la recherche académique ?
      J’ai beaucoup aimé ce passage en cabinet et je recommande aux académiques de faire des expériences hors du champ universitaire. Cela m’a permis de toucher du doigt les contraintes du politique, y compris sur les sujets que l’on croit bien connaître. Par exemple dans le domaine du travail, j’ai été confrontée aux aspects juridiques et politiques de ce dossier. Cela m’a peut-être laissé une étiquette, mais j’ai eu peu de réactions hostiles et je garde le plaisir de dialoguer avec tout le monde, quelles que soient les orientations. J’espère que mes travaux ne seront pas jugés à travers ce filtre, mais pour ce qu’ils sont.

      https://justpaste.it/89aso

      #économie #économistes #sans_vergogne

  • La Cour des comptes pointe 5,5 milliards d’euros d’erreurs dans la branche famille de la Sécurité sociale
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/05/17/la-cour-des-comptes-pointe-5-5-milliards-d-euros-d-erreurs-dans-la-branche-f

    La Cour des comptes a épinglé de nouveau les comptes de la branche famille de la Sécurité sociale, vendredi, évaluant à 5,5 milliards d’euros « le montant des erreurs non corrigées par les actions de contrôle interne ». « 5,5 milliards d’euros de versements indus mais aussi de prestations non versées à tort ont été constatés à la fin 2023, qui ne seront jamais régularisés », a souligné la Cour dans un communiqué.
    « Les erreurs liées aux données prises en compte pour verser les prestations » représentent « 7,4 % du montant des prestations », indique le Cour dans son rapport annuel sur les comptes du régime général de la Sécurité sociale. Elles concernent notamment le #RSA, la #prime_d’activité et les aides au logement. « En particulier, un quart des montants versés au titre du RSA est entaché d’erreurs », souligne-t-elle.
    Elle se déclare donc « dans l’impossibilité de certifier » les comptes de la Caisse nationale d’allocations familiales (#Cnaf) pour 2023. L’an dernier la Cour avait été plus sévère encore, « refusant de certifier » les comptes de l’exercice 2022, en raison d’un « montant beaucoup trop élevé » d’erreurs, de 5,8 milliards d’euros.

    ... « La capacité de détection des erreurs par le réseau demeure très inférieure au risque induit par l’insuffisante fiabilité des données déclarées par les allocataires »

    .... La branche famille a procédé en 2023 à une évaluation de la #fraude, comme elle le fait tous les deux ans. Selon la Cour des comptes, la #fraude_potentielle « représente 4,9 % des prestations légales versées » par la Cnaf, soit 3,90 milliards d’euros, en hausse de 39 % par rapport à la précédente évaluation en 2021. « Le RSA, la prime d’activité, et les aides au logement » sont les « prestations les plus susceptibles de fraude », note-t-elle.

    #cafouille #CAF #APL

  • Éducation : le nouveau concours de recrutement des enseignants vire à la catastrophe - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/societe/education-nationale/education-le-nouveau-concours-de-recrutement-des-enseignants-vire-a-la-cata

    Bien loin du « choc d’attractivité » vanté par Gabriel Attal, les premiers résultats des concours de recrutement des professeurs sont catastrophiques. Ils annoncent, pour la rentrée, un manque d’enseignants au moins égal, si ce n’est supérieur, à celui des dernières années.

    Mais pour Romain Vignest, président de l’Association des professeurs de lettres, ce qui est « catastrophique », c’est que la plupart des futurs profs ne savent pas conjuguer un verbe au subjonctif.

    [Ce que je fustige], c’est la volonté de recruter des gens qui soient plus dociles que les professeurs qu’on a recrutés jusqu’à présent

    Merci à France Infox de nous rappeler, par la voix des des professeurs de lettres, les priorités du gouvernement.
    Hé oui, pour ce « recrutement », on a sûrement les priorités qu’on mérite ...

    https://www.francetvinfo.fr/societe/education/manque-de-candidats-dans-l-education-nationale-ils-ont-la-volonte-de-re

    • La #Chine en tête de course pour le prix de l’ #obsolescence absolue. Une voiture traditionnelle avec un entretien adéquat peut durer au dela de soixante ans (cf. le Cuba), les modèles plus récents à partir de 1995 posent de véritables problèmes aux garagistes indépendants et amateurs de véhicules de collection.

      Le #right_to_repair n’existant pas la courte durée de production des circuits intégrés rend obsolète chaque voiture « moderne » dès l’age de deux ans avec le premier problème sérieux. L’histoire des batteries chères et polluantes n’améliore pas la situation.
      Il est dommage que le parti communiste ne favorise pas le développement d’un système de transport commun gradué mais laisse libre cours à la compétition capitaliste et mise sur les marchés internationaux pour y imposer so pouvoir.

      Cerise sur le gateau les voitures américaines vendues au rabais alimentent le business #VTC ou #ride_hailing qui est une machine d’exploitation radicale en Chine aussi. Le capitalisme à la fois nu et encadré y pousse les foules de pauvres à s’endetter auprès des sociétés du type #Uber dans la poursuite du rêve d’entrepreneur indépendant. Le résultat est le même sinon pire que ce que Ken Loach a montré dans Sorry We Missed You .

      I plopped down in the front seat of the Buick Velite 6, the electric wagon I had seen everywhere in Shanghai. I’d find out later from four different on-the-ground sources, including Sundin, that the Velite 6 is highly discounted and sold en masse to Chinese rideshare drivers.

      It is a car that sells in numbers heavily to fleets because it is cheap and available, and less because it is desirable—not great for a brand that wants to retain its market share and raise its transaction prices.

      ...

      Some of the China-only cars I had read about and reported on before, I was finally seeing in person. “Oh wow, that’s a Buick Velite 6; I’ve been reading about those online, they’re everywhere, here in China. Or at least, everywhere in the passenger pickup area,” I said out loud, to no one in particular. For a split second, I wondered: were the reports overblown? Was China’s love affair with Western cars still strong?

      ...

      I’d later learn that the auto show had more than 100 new model debuts and concepts. That’s a far cry from the Detroit Auto Show last September, which only featured one fully new model. Two other models were refreshed versions of current cars already on sale. None were electric.

      ...

      Whatever the flavor, these models are superconnected, full of high-end processors and tech meant to woo discerning Chinese buyers.

      Just from what I saw, I understood why there were so many people at the Chinese domestic brands. Li Auto’s booth had a consistent queue to view L6 compact PHEV crossover, released at the show.

      ...

      Nobody Cares About Western Brands in China

      ...

      The first stand I stumbled upon was Buick’s. It unveiled two GM Ultium-based concepts, the Electra L and Electra LT. It had also unveiled a PHEV version of its popular GL8 van. But where the hell was everyone? It was barely 10 a.m., on the first day of the Beijing Auto show; two concepts were just revealed sometime earlier that morning, yet there were only a handful of spectators at the Buick stand.

      ...

      “Chinese people don’t really care about concepts here,” Will Sundin of the China Driven internet show told me. “They want something they can buy and drive right away.”

      ...

      Why isn’t the Equinox EV on sale?

      We explored the expo center more, but eventually made our way back to the Buick stand. I plopped down in the front seat of the Buick Velite 6, the electric wagon I had seen everywhere in Shanghai. I’d find out later from four different on-the-ground sources, including Sundin, that the Velite 6 is highly discounted and sold en masse to Chinese rideshare drivers.

      It is a car that sells in numbers heavily to fleets because it is cheap and available, and less because it is desirable—not great for a brand that wants to retain its market share and raise its transaction prices.

      Within five seconds of sitting behind the wheel of the Velite 6, I understood why. Sundin picked up on my disappointment.

      “It’s a bit shit, innit?” he said. He was right. I couldn’t ignore what I was seeing. The Velite 6 felt like an electric version of a generation-old Chevy Malibu.

      The delta of quality, connectedness, and value between the Velite 6 and any of the equivalent of the mid-tier Chinese EV vehicles I had experienced that day, was startling. By comparison, the Velite 6’s small screens and grey plastic interior were downright depressing to the full-width, super brilliant screens in any given Chinese EV.

      #vtc #transport #voitures_électriques

    • @klaus j’ai regardé un peu les photos de l’article : des voitures blindées d’écrans (quasiment plus un seul bouton physique alors qu’il est prouvé que c’est largement plus efficace et du reste ça va être un critère de sécurité pour le NCAP) qui ressemblent à des gros jouets. C’est le même modèle que Tesla, produire un truc qui brille mais vite fait et mal fait, irréparable, au coût écologique désastreux et obsolète en quelques années. Ou l’on comprend (si on en doutait encore) qu’une bonne partie de l’humanité n’a toujours pas compris vers quel désastre on allait, et à grande vitesse (mais en électrique donc ça va !).

    • @alexcorp Mon point de vue pratique est que je veux une voiture dans la quelle je prends place, où j’ai compteur de vitesse, accélérateur, frein et volant et, pour les bagnoles sans boîte à vitesse automatique un compte-tours et pédale d’embrayage.
      Les vitres et rétroviseurs électriques sont sympas, mais enfin ce n’est pas indispensable si les conducteurs ne changent pas tout le temps.

      Les bagnoles modernes des services de location par contre sont toutes équipées de systèmes qui font que tu devrais passer une journée ou plus pour lire le manuel si tu veux les conduire sans mauvaises surprises. Avant de démarrer je passe toujours un long moment désagréable à la recherche du « bouton » pour baisser le volume ou éteindre le système multimédia qui me fait chier avec la musique à la c... de l’utilisateur précédent.

      D’ailleurs il ne faudrait autoriser l’utilisation d’engins aussi dangereux qu’une voiture qu’aux conducteurs professionnels et aux handicapés qui n’ont pas d’autre possibilité de se déplacer.

      Je suis pour l’abolition de ce « marché » qui ne fait que contribuer à la destruction de la terre. Mais c’est une tâche qui occupera encore les générations à venir.

  • Non à la navette sans chauffeurs Beti à #Crest & en Vallée de la Drôme, suite
    https://ricochets.cc/Non-a-la-navette-sans-chauffeurs-Beti-a-Crest-en-Vallee-de-la-Drome-suite-

    Le cap des 100 signatures pour la pétition a été franchi, direction les 200 ! Merci pour vos signatures. Notre pétition a été publiée dans les pages tribunes du journal Le Crestois le 26 avril. Ce qui permet de toucher d’autres publics que sur internet. Sinon, pour l’instant aucune nouvelle de ce projet de navette robotique du côté de la majorité municipale de Crest. Sans doute qu’ils en reparleront une fois qu’ils auront tout ficelé entre eux, avec les financeurs et entreprises (...) #Les_Articles

    / Crest, #Vallée_de_la_Drôme

    https://agir.greenvoice.fr/p/navette
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/11/21/mobilite-le-flop-des-navettes-autonomes-desservies-par-les-problemes-techniq
    https://www.lemonde.fr/blog/transports/2022/11/27/les-navettes-autonomes-dechec-en-echec
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/superfail/la-navette-autonome-qui-n-avance-pas-3151699

  • La Roumanie fait venir des travailleurs asiatiques pour remplacer ses émigrés
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/05/04/la-roumanie-fait-venir-des-travailleurs-asiatiques-pour-remplacer-ses-emigre

    La Roumanie fait venir des travailleurs asiatiques pour remplacer ses émigrés
    Par Jean-Baptiste Chastand (Bucarest, Envoyé spécial)
    Avec ses 1 100 lits répartis sur trois bâtiments, le foyer de travailleurs Komitat Bucarest-Sud est un vrai bouillon de cultures. Népalais, Indiens, Bangladais, Sri-Lankais… Les immigrés venus d’Asie entrent et sortent en continu, en cette mi-mars, des dortoirs avec caméras et service d’ordre, installés dans un faubourg résidentiel de la capitale roumaine. « Je suis arrivé il y a six mois pour travailler pour [le livreur à vélo] Glovo », raconte Naresh Chaudhary, Népalais de 38 ans, entre deux coups de fil à sa mère restée au pays, depuis la chambre qu’il partage avec trois autres Népalais. Ce père de famille assure gagner deux fois plus qu’au Népal pour livrer des plats chauds aux Bucarestois, qui ont progressivement pris l’habitude de ces livreurs qui ne parlent pas un mot de roumain. « C’est la première fois que je viens ici », explique ainsi M. Chaudhary, passé auparavant par la Malaisie et l’Arabie saoudite. Comme tous ses voisins, il a atterri « grâce à un cabinet de recrutement » dans ce pays d’Europe de l’Est qui fait face à un manque de main-d’œuvre criant, en raison du départ de millions de ses propres habitants vers l’Europe de l’Ouest depuis son accession à l’Union européenne, en 2007.
    « Ils devraient passer davantage de temps dans le centre-ville pour recevoir plus de commandes », avance Valeriu Nicolae, le directeur du foyer, pour justifier ces complaintes qui seraient « des cas isolés » au sein des plus de 120 000 étrangers non européens qui résident désormais en Roumanie. Cet ancien diplomate a eu le nez creux en fondant, en 2016, sa société de dortoirs privée, qui propose aux entreprises roumaines d’héberger leurs travailleurs pour seulement 6 euros par nuit. Komitat assure désormais l’hébergement de plus de 4 000 travailleurs, en grande partie asiatiques, qui travaillent notamment « dans les Hôtels Marriott, chez McDonald’s ou dans les supermarchés Delhaize ».
    Longtemps totalement hermétique à toute forme d’immigration, la Roumanie, comme la plupart des autres pays d’Europe centrale et orientale, s’est en effet ouverte depuis quelques années aux étrangers, sous la pression d’un patronat se plaignant de difficultés de recrutement historiques, encore plus depuis le rebond économique post-Covid-19. « Avec 6 millions de Roumains qui travaillent à l’étranger et une natalité qui baisse, nous avons un grave problème de population active pour notre économie », rappelle Romulus Badea, associé de Soter, un cabinet fiscal qui a développé une foisonnante activité de recrutement international pour répondre à leurs besoins.
    Ce juriste parcourt constamment l’Asie à la recherche de travailleurs « réputés pour leur flexibilité et pour comprendre [leur] culture de travail » et qui peuvent espérer gagner quatre à cinq fois plus en émigrant dans son pays – même si le salaire minimum local ne dépasse pas 660 euros brut. « La crise du recrutement est telle que j’ai même fait venir trois Népalais prêts à travailler comme bergers pour surveiller des troupeaux de moutons », raconte-t-il. « On entre dans un processus qui a eu lieu en Europe de l’Ouest il y a plusieurs décennies », assume aussi Sorin-Mihai Grindeanu, vice-président du Parti social-démocrate au pouvoir et ministre des transports, qui estime que « les entreprises de construction sont pour la plupart très contentes » de cette main-d’œuvre.
    Même si le pays ne comptait jusqu’ici quasiment aucun étranger extra-européen sur son sol, le sujet de l’immigration ne fait d’ailleurs pas trop de vagues dans la société, au-delà de quelques actes de racisme isolés. « Dans les grandes villes, les Roumains sont prêts », estime le ministre. Porte-parole du parti de droite nationaliste Alliance pour l’unité des Roumains, le député Dan Tanasa dénonce certes auprès du Monde « l’immigration incontrôlée qui arrive en Roumanie ». Mais le rejet des immigrés est loin d’être le principal message de campagne de ce parti en vue des élections européennes du 9 juin.
    Derrière les messages de façade appelant les Roumains de la diaspora à rentrer, la plupart de la classe politique semble en effet s’être faite à l’idée que cela ne se produira jamais. « Quand j’ai rencontré des Roumains habitant en Italie, je leur ai demandé pourquoi ils ne revenaient pas, alors que les salaires sont désormais quasiment les mêmes entre nos deux pays dans le secteur de la construction. Ils m’ont répondu qu’ils étaient partis il y a vingt ans, et que leurs enfants étaient désormais devenus des petits Italiens », raconte M. Grindeanu, qui n’exclut pas que le même processus se produise, un jour, pour les Sri-Lankais et les Népalais fraîchement arrivés.
    Cette immigration nouvelle a d’ailleurs subitement permis au pays de renouer, en 2022, avec la croissance démographique pour la première fois depuis la fin du communisme. Pour l’instant, très peu d’Asiatiques osent toutefois s’installer vraiment, en faisant par exemple venir leur famille. Une partie non négligeable d’entre eux rêvent par ailleurs ouvertement de pousser un peu plus loin vers l’ouest. « On a perdu beaucoup de Sri-Lankais et de Vietnamiens, qui ont préféré partir illégalement, notamment au Portugal », déplore ainsi Radu Dimitrescu, patron d’un groupe de restaurants de luxe de la capitale, qui n’emploie plus qu’une vingtaine d’étrangers, car beaucoup d’entre eux ont fini par s’évaporer dans la nature pour aller travailler au noir ailleurs dans l’Union européenne. L’entrée de la Roumanie dans l’espace Schengen, le 31 mars, pourrait encore renforcer cette tendance, en supprimant tous les contrôles aux frontières.
    Mais, malgré toutes ces limites, une petite communauté d’Asiatiques est bel et bien en train de s’installer durablement. Sam Fernando, par exemple, est arrivé du Sri Lanka en 2019 pour travailler comme barman, avant de se reconvertir dans la mécanique automobile en raison de la crise liée au Covid-19. Désormais employé d’un garage, ce jovial mécano gagne jusqu’à 4 000 lei (800 euros) par mois, et a pris l’habitude « de participer aux parties de pêche » avec ses collègues roumains, une langue qu’il commence à bien maîtriser. « Bien sûr, il y a des pays où l’on gagne mieux sa vie, mais j’aime bien celui-ci », défend le trentenaire, qui a même convaincu deux autres concitoyens de le suivre. L’un de ceux-ci pratique la musique sur son temps libre. En septembre 2023, son groupe, nommé « RO94 » – pour « Roumanie » et le code téléphonique du Sri Lanka (+94) –, a joué le premier concert de musique sri-lankaise de toute l’histoire de la Roumanie, dans une salle de Bucarest bondée de compatriotes.

    #Covid-19#migrant#migration#roumanie#srilanka#nepal#asie#immigration#emigration#economie#maindoeuvre#natalie#italie#sante

  • A France Inter, journalistes et producteurs s’inquiètent pour leur liberté d’expression
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/05/03/a-france-inter-journalistes-et-producteurs-s-inquietent-pour-leur-liberte-d-

    Alors que plusieurs journalistes travaillant pour les programmes voient leurs collaborations diminuées ou supprimées, la direction de la station amirale de Radio France défend des décisions inspirées, pour certaines, par la nécessité de faire des économies. En interne, l’argument ne convainc pas.

    Par Aude Dassonville

    La directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, dans son bureau de Radio France, à Paris, le 26 septembre 2023. JOEL SAGET / AFP
    Guillaume Meurice serait-il l’arbre qui cache la forêt ? Alors que l’humoriste a révélé, jeudi 2 mai sur X, être convoqué à « un entretien préalable en vue d’une éventuelle sanction disciplinaire » − qui aura lieu jeudi 16 mai − pouvant aller jusqu’à son licenciement, plusieurs voix de France Inter ont été convoquées, ces derniers jours, pour apprendre que leurs émissions ou chroniques étaient supprimées.

    L’inquiétude et la colère sont telles que la Société des « producteurices » de France Inter (SDPI), officiellement recréée depuis un peu plus d’un mois, et la Société des journalistes (SDJ) de la station se sont réunies en urgence, vendredi 3 mai, en fin de matinée. Entre la rédaction et les programmes, « c’est une union inédite », souligne un participant, qui n’exclut pas une « immense mobilisation ».

    « Nous refusons ce qui nous apparaît comme une atteinte grave au pluralisme de l’antenne de France Inter », revendique notamment leur très long communiqué commun, envoyé vendredi après-midi en interne. La liste des griefs commence par « le signe très inquiétant pour la liberté d’expression » envoyé par la direction avec la convocation de Guillaume Meurice.

    Elle fait suite à l’émission « Le Grand Dimanche Soir » du dimanche 28 avril, dans laquelle l’humoriste avait répété sa boutade polémique sur le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou (qualifié de « sorte de nazi, mais sans prépuce ») ; il avait alors ironisé sur ce qu’il appelait « la première blague autorisée par la loi française ».

    « L’effet d’un coup de massue »
    Sa consœur, Charline Vanhoenacker, présidente de la SDPI, « ne comprend pas comment une telle décision a pu être prise », alors que les plaintes qui avaient été déposées contre M. Meurice viennent d’être classées sans suite par la justice, indique un proche. Selon lui, elle serait « très remontée », mais aussi « inquiète pour le métier de journaliste et de l’humour politique », et même « pour l’avenir des médias en France ».

    « La convocation de Guillaume nous a d’autant plus fait l’effet d’un coup de massue que les modifications de la grille pour [2025], qui nous arrivaient au fil de l’eau depuis quelques jours, nous inquiétaient déjà beaucoup », raconte la productrice d’une émission récurrente. A la rentrée, en effet, les auditeurs n’entendront plus les portraits que Charlotte Perry dressait chaque samedi (à 23 h 50) dans « Des Vies françaises », pas plus que les reportages sur l’actualité des luttes et mobilisations sociales « C’est bientôt demain », d’Antoine Chao (diffusés le dimanche à 14 h 40), les chroniques « Le Jour où », qu’Anaëlle Verzaux délivrait chaque vendredi dans l’émission « La Terre au carré » (elle conserve sa collaboration d’« On n’arrête pas l’éco », émission du samedi matin), ou encore les grands formats mensuels de Giv Anquetil pour l’émission de Mathieu Vidard.

    S’ils se sont entendu notifier la fin de ces collaborations pour des raisons économiques, la direction de la station préfère évoquer un « souci de lisibilité de la grille », pour les deux premiers formats notamment. « Tous ces rendez-vous constituent pour nous l’identité de France Inter, reprennent la SDPI et la SDJ. Ils portent les valeurs du service public, de liberté d’expression, de pluralisme auxquels nous sommes toutes et tous très attaché.e.s, et répondent à la mission d’une radio d’offre, qualitative et exigeante ».

    Les quatre journalistes ont en commun d’avoir été formés à l’école du reportage radiophonique qu’était « Là-bas si j’y suis », l’emblématique émission des luttes sociales présentée, vingt-cinq ans durant, par Daniel Mermet. « Depuis la fin de Là-bas, en 2014, ces voix, plutôt de gauche, ont été progressivement invisibilisées, fragilisées, regrette un producteur sous couvert d’anonymat. Cette fois, c’est le coup de grâce. »

    « Gommer les aspérités »
    A la direction de France Inter, on admet une « concomitance » et « un effet de sens », mais aucune volonté de solder un quelconque héritage. « Avec eux, c’est une culture du son radiophonique qui va disparaître », insiste pourtant l’un de leurs collègues, tandis qu’un troisième, fier de ces reportages qui donnent « une voix aux sans-voix », fustige une volonté « de gommer les aspérités, ce retour au réel pas suffisamment en ligne avec les interviews de ministres » diffusées ailleurs sur l’antenne.

    C’est Adèle Van Reeth, la directrice de France Inter, qui leur a signifié la fin de ces collaborations, alors que le directeur des programmes depuis 2017, Yann Chouquet, venait de rejoindre France Bleu et que son successeur, Jonathan Curiel, recruté chez M6 en mars, n’était pas encore entré en fonctions. Le droit du travail impose en effet de signifier la fin des collaborations deux mois en amont, soit, en l’occurrence, avant le 30 avril.

    Mais le couperet ne s’arrête pas là. « Je confirme que ma chronique quotidienne dans La Terre au carré disparaît, et que cette décision n’est pas mon choix », reconnaît Camille Crosnier, l’adjointe au producteur Mathieu Vidard – par ailleurs présentatrice des « P’tits Bateaux », chaque jour à 20 h 05. Ce rendez-vous, consacré à l’actualité de la planète, va d’ailleurs être complètement remodelé, jusqu’à probablement changer de nom.

    « Comment justifier une telle décision à un moment où les préoccupations environnementales n’ont jamais été si importantes », s’insurgent les deux sociétés de personnels. « Mathieu Vidard souhaite faire évoluer son émission vers davantage de récits écologiques et scientifiques », assure un porte-parole de France Inter, pour qui il devenait nécessaire de mettre un terme à l’« éco-anxiété » dont souffriraient plusieurs personnes de l’équipe. Contacté, le producteur préfère garder le silence.

    « Sentiment de gâchis »
    Cependant, pour l’un de ses confrères et soutiens, l’émission « paie sa liberté d’expression et son engagement ». Les directions de France Inter et de Radio France, condamne-t-il, « tremblent devant les posts de @MediasCitoyens », le compte X anonyme qui a fait de la station publique, jugée trop critique envers le gouvernement, l’une de ses cibles préférées et de « La Terre au carré », qualifiée « d’extrême gauche », son bouc émissaire.

    « Ils ont un pouvoir phénoménal, alors qu’une maison aussi solide que la nôtre ne devrait pas s’en préoccuper, s’emporte-t-il. Parce que des populistes aboient, on envoie le reportage de terrain, l’écologie, et la satire avec Guillaume Meurice, à la poubelle. On fragilise le service public de l’intérieur ». « Le sentiment de gâchis » serait tellement partagé en interne, selon un producteur, qu’une réunion de tous les personnels de la station pourrait se tenir la semaine du 6 mai pour en parler.

    Il pourrait y être question de cette quête d’économies qui touche aussi « Le Grand Dimanche Soir », l’émission accordée à Charline Vanhoenacker et son équipe lorsque, à la même époque en 2023, on apprenait la suppression de « Jusqu’ici tout va bien ». Son budget va être réduit d’un tiers. « L’émission nous coûte l’équivalent de trois quotidiennes, nous indique-t-on à France Inter. Il s’agit de changer quelques séquences qui coûtent particulièrement cher. Mais il y a une vraie volonté pour que l’émission continue. »

    « Supprimer les sketches collectifs de l’émission, c’est la priver de son essence même », s’émeuvent les auteurs du communiqué. « La librairie francophone » d’Emmanuel Kherad, l’émission littéraire où dialoguent, chaque samedi après-midi, auteurs et libraires suisses, belges, canadiens et français, est, elle, bel et bien supprimée. Un autre rendez-vous consacré à la francophonie, porté par une nouvelle voix, pourrait lui être substitué.

    Aude Dassonville

  • Ukraine : l’avenir sombre du pétrole russe, et la fin de son ère indienne ? - Geo.fr
    https://www.geo.fr/geopolitique/ukraine-petrole-russe-avenir-sombre-inde-banques-exportations-raffineries-chine-

    Publié le 02/05/2024

    (...)

    Le temps ou la Russie réussissait à tirer son épingle du jeu de la réorganisation du commerce mondial provoquée par sa propre guerre en Ukraine est-il en train de passer ? C’est du moins ce qu’explique Valérie Mignon de l’Université Paris Nanterre à La Tribune, dans une analyse du renversement progressif des fortunes de Moscou.

    Je vous mets juste la conclusion. Qui est interrogative. Plus de prudence, donc, qu’au tout début, où un Lemaire fanfaronnait en expliquant que l’économie Russe serait détruite en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

    J’ajoute à la suite, parce que je suis cruel, cet article, du jour lui aussi.

    Sevrée du gaz russe, l’Europe dans le piège de l’énergie chère
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/05/02/sevree-du-gaz-russe-l-europe-dans-le-piege-de-l-energie-chere_6231076_3234.h

    Publié le 02/05/2024

    Si le Vieux Continent est parvenu à réduire sa dépendance au gaz russe, il paye encore son énergie très cher face aux Etats-Unis ou à la Chine. Au risque de perdre la bataille de la réindustrialisation et des technologies propres.

  • Droits voisins : « Mediapart » annonce refuser l’argent de #Google
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/04/28/droits-voisins-mediapart-annonce-refuser-l-argent-de-google_6230449_3234.htm

    « #Mediapart considère que le principe de cette compensation financière (…) est juste », mais « une condition incontournable pour notre journal n’a pu être arrachée : la transparence sur le contrat signé et ses modalités d’application », relève Carine Fouteau dans un article publié sur le site.

    #droits_voisins

  • Gaz et électricité : les interventions pour factures impayées ont dépassé le million en France en 2023
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/04/26/gaz-et-electricite-les-interventions-pour-factures-impayees-ont-depasse-le-m

    C’est le niveau le plus élevé depuis 2015, année depuis laquelle le Médiateur national de l’énergie les recense. Plus du quart de ces interventions ont donné lieu à des coupures.

    Le cap du million d’interventions pour impayés de factures d’énergie (gaz, électricité) a été franchi en France en 2023, a fait savoir, vendredi 25 avril, le Médiateur national de l’énergie. C’est le niveau le plus élevé depuis 2015, année depuis laquelle l’autorité publique indépendante les recense. Le nombre d’interventions est en hausse de 3 % par rapport à 2022, et de 49 % par rapport à 2019.

    De plus en plus, les fournisseurs recourent à des limitations de puissance électrique plutôt qu’à des coupures fermes, du fait d’un changement de pratiques de certains d’entre eux mais aussi de réglementation. Pour autant ces 1 000 908 interventions l’an dernier ont encore donné lieu à 178 000 coupures d’#électricité et à près de 87 300 #coupures de #gaz, relève le médiateur, Olivier Challan Belval, dans son communiqué, soit plus du quart.

  • Les ports de Belgique débordent de voitures électriques chinoises : « On en a désormais qui stationnent ici pendant un an, un an et demi parfois »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/04/26/les-ports-de-belgique-debordent-de-voitures-electriques-chinoises-on-en-a-de
    Et aussi, le même jour, un autre article :
    « Victime de surcapacité, l’industrie chinoise du photovoltaïque licencie »
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-reportage-de-la-redaction/le-photovoltaique-chinois-la-fin-du-succes-1072970

  • Menaces sur l’emploi : moins d’embauches et moins de CDI en 2024, prévoit France Travail
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/04/25/france-travail-prevoit-moins-d-embauches-et-moins-de-cdi-en-2024_6229752_323


    Mais l’urgence, c’est de serrer le kiki des chômeurs.

    « Le mouvement de recul général touche toutes les tailles d’entreprise », précise Stéphane Ducatez, directeur général adjoint chargé du réseau de France Travail. La baisse du nombre de projets varie de 6,7 % à 9,6 % dans les établissements de moins de 200 salariés selon leur effectif et dépasse les 10 % dans les plus grandes entreprises. Hormis les activités financières et d’assurance qui sont les seules à augmenter leur volume d’embauches de 6,4 %, quasiment tous les secteurs envisagent d’embaucher moins. Le recul le plus marqué étant dans la construction (– 18,1 %) et le commerce (– 12,7 %).
    Ces nouvelles ne tombent pas au meilleur moment pour un gouvernement qui veut mettre en place une réforme de l’assurance-chômage durcissant les conditions d’indemnisation pour les demandeurs d’emploi, en la justifiant par un marché du travail très allant et des problèmes de recrutement pour les entreprises. Mais, lors de la présentation, Paul Bazin, directeur général délégué de France Travail, et M. Ducatez ont relativisé la mauvaise pente de ces chiffres. « Avec 2,8 millions d’intentions d’embauches en 2024, on est un peu en retrait [par rapport à 2023], a précisé M. Ducatez. Mais le marché se maintient à un haut niveau. » En 2019, avant la pandémie liée au Covid-19, les employeurs avaient envisagé 2,69 millions de projets.