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  • L’Australie transfère à nouveau des demandeurs d’asile en rétention à Nauru
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    L’Australie transfère à nouveau des demandeurs d’asile en rétention à Nauru
    Par Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)
    Publié le 11 juin 2024 à 18h25
    Combien de demandeurs d’asile ont-ils été envoyés par l’Australie dans le micro-Etat de Nauru, dans le Pacifique Sud, depuis un an ? En juin 2023, il ne restait plus aucun réfugié sur l’îlot qui, depuis 2012, prend en charge des migrants illégaux sous-traités par Canberra dans le cadre de sa politique migratoire de rétention offshore. Mais dès le mois de septembre, et pour la première fois en neuf ans, l’Australie a transféré là-bas onze nouveaux clandestins suite à une « arrivée maritime non autorisée ». D’autres bateaux ont suivi, dont au moins trois en mai. Depuis, le cap des cent personnes aurait été franchi.
    Le nombre exact est gardé secret par les autorités australiennes « pour des raisons de sensibilité opérationnelle ». Le Asylum Seeker Resource Centre (ASRC), une organisation non gouvernementale qui offre un soutien et des services aux demandeurs d’asile et aux réfugiés, estimait, vendredi 7 juin, qu’ils seraient 101. « Il a été extrêmement difficile d’établir un contact avec eux. Le gouvernement a rendu cela très compliqué en leur fournissant des téléphones qui ne sont pas des smartphones. Mais nous avons finalement réussi à contacter beaucoup d’entre eux, et nous essayons de les aider », explique au Monde Ogy Simic, responsable du plaidoyer pour l’ASRC, qui s’alarme, comme toutes les ONG engagées dans le secteur, du « manque de transparence sans précédent » des autorités concernant à la fois l’identité de ces personnes, les lieux où elles sont envoyées et leurs conditions de détention.
    Arrivé au pouvoir en mai 2022, le premier ministre travailliste, Anthony Albanese, n’a pas renoncé à l’implacable mais populaire politique migratoire développée par les conservateurs en 2013, prévoyant que tout migrant illégal intercepté en mer soit expédié dans un centre de rétention offshore et se voie interdire, à vie, de la possibilité de s’établir sur l’île-continent. L’adoption de cette stratégie avait permis au pays de mettre un terme à l’arrivée de quelque 200 bateaux clandestins par an, en moyenne, entre 2010 et 2013, mais elle avait aussi envoyé en enfer 3 127 personnes originaires d’Afghanistan, du Sri Lanka ou encore du Moyen-Orient, abandonnées loin de tout pour une durée indéterminée. Le régime de traitement offshore de l’Australie constitue un « traitement cruel, inhumain ou dégradant » et viole « les règles fondamentales du droit international », avait ainsi déclaré, en février 2020, le bureau du procureur de la Cour pénale internationale.
    Au fil des ans, au moins douze personnes sont mortes dans ces centres, dont la moitié se seraient suicidées. Si Canberra a finalement réussi à les vider grâce à des accords d’accueil conclus avec des pays tiers, dont les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, cela lui a pris des années. Plusieurs centaines de migrants, rapatriés pour raisons sanitaires en Australie, sont toujours dans les limbes. « Nous sommes extrêmement déçus par le gouvernement travailliste qui, au lieu de s’engager fermement à mettre fin à la détention offshore, a renvoyé des nouveaux demandeurs d’asile à Nauru. Nous repartons à zéro. C’est un film d’horreur politique », se désole Ian Rintoul, porte-parole de la Refugee Action Coalition.
    Après les onze premières personnes transférées à Nauru en septembre, d’autres groupes ont suivi, pour atteindre 54 personnes en mars, puis 64 en mai, selon l’un des rares décomptes donnés par les autorités. Les ONG estiment qu’au moins trois bateaux seraient arrivés en Australie en mai et que la plupart de leurs passagers auraient également été transportés sur l’îlot, situé à 3 000 kilomètres au nord-est du continent austral. Là-bas, ils seraient enfermés dans le centre de rétention RPC1 qui, ces dernières années, avait essentiellement servi de petite clinique d’urgence, de centre administratif et de logement pour les gardes de sécurité, tandis que les réfugiés avaient été placés dans des centres ouverts, ce qui n’avait pas suffi à atténuer leur détresse psychologique.
    « Ces nouveaux demandeurs d’asile éprouvent également une anxiété considérable, témoigne Ogy Simic. Nous avons parlé avec des personnes souffrant de problèmes de santé mentale dont les difficultés sont minimisées. Certains d’entre eux ont également des pensées suicidaires. » Leur situation est d’autant plus préoccupante qu’ils ne sont pas compris dans les accords passés avec des pays tiers et qu’ils pourraient devoir attendre, à leur tour, des années avant qu’un Etat n’accepte de les accueillir.
    « Tout cela fait partie d’une politique de relations publiques conçue pour infliger une douleur maximale à des personnes innocentes, prétendument pour envoyer un message aux éventuels passeurs. Le gouvernement australien, qui refuse même aux parlementaires de visiter les centres de rétention, pratique une forme de cruauté performative », dénonce le sénateur David Shoebridge, responsable des questions migratoires au sein des Verts australiens, qui s’insurge également contre le coût exorbitant de cette politique, qu’il considère comme une « utilisation obscène de l’argent public ».
    Selon les derniers chiffres fournis par le gouvernement, début juin, la facture pour les neuf mois entre juillet 2023 et mars 2024 s’élève à 240 millions de dollars australiens (146 millions d’euros). Le maintien des installations, même vides, continuerait de coûter au moins 350 millions de dollars (213 millions d’euros) par an afin qu’elles restent opérationnelles, avaient indiqué les autorités en mai 2023. Depuis 2012, le coût total du régime de traitement offshore de l’Australie est estimé à près de 10 milliards de dollars (6 milliards d’euros).

    #Covid-19#migrant#migration#australie#asile#nauru#droit#sante#santementale#politiquemigratoire

  • Aux Pays-Bas, l’extrême droite de Geert Wilders sera chargée de l’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/12/aux-pays-bas-l-extreme-droite-de-geert-wilders-sera-chargee-de-l-immigration

    Aux Pays-Bas, l’extrême droite de Geert Wilders sera chargée de l’immigration
    Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)
    Pour la première fois, un gouvernement néerlandais va compter cinq ministres d’extrême droite : le Parti pour la liberté (PVV) du populiste Geert Wilders, vainqueur des élections de 2023, a conclu une nouvelle et longue négociation avec ses trois partenaires et révélé, mardi 11 juin, la composition du gouvernement « extraparlementaire » qu’il ne dirigera pas mais dont il entend bien dicter la ligne.
    (...) Le gouvernement que dirigera Dick Schoof, un haut fonctionnaire, ancien patron des services antiterroristes, comptera seize ministres et douze secrétaires d’Etat. L’un d’eux attire déjà l’attention : Gidi Markuszower, ministre de l’immigration, a été naguère inquiété pour port illégal d’arme et soupçonné par les services de renseignement néerlandais d’avoir livré des informations aux services secrets israéliens, le Mossad. Député depuis 2017, il a été rappelé à l’ordre par la présidente de l’Assemblée en 2021 pour avoir réclamé la constitution d’un tribunal appelé à juger les responsables chargés de la politique migratoire du royaume. « Un crime contre le peuple néerlandais », soutenait-il, critiquant « une politique des frontières ouvertes qui détruit le pays ».
    Le programme de la coalition évoque le « régime le plus strict » pour l’asile, avec une « loi d’urgence » censée assurer la suspension des demandes durant deux ans. La répartition des demandeurs dans toutes les municipalités, qui devait éviter l’encombrement des centres d’accueil, sera, elle, abrogée, même si elle avait été décidée par le parti libéral, désormais associé à M. Wilders.
    Le PVV gérera quatre autres départements : la santé publique, l’économie, les infrastructures et la coopération. Le budget de cette dernière devrait être réduit à 2,4 milliards d’euros. Il était de 3,6 milliards en 2023 et le gouvernement démissionnaire prévoyait de l’augmenter de 300 millions en 2024 et, structurellement, de 500 millions à partir de 2025.
    (...) Comme le parti d’extrême droite, les autres partenaires obtiennent des portefeuilles qui devraient leur permettre de concrétiser les points les plus saillants de leur programme. Le BBB de Caroline van der Plas, hostile aux mesures de restriction des émissions polluantes qui devaient être imposées aux agriculteurs, va les alléger, voire les abroger, même si la coalition affirme vouloir respecter les objectifs fixés par l’Union européenne. Le gouvernement sortant du libéral Mark Rutte entend imposer une limitation du cheptel et la fermeture de certaines exploitations. Le parti agrarien obtient aussi le portefeuille du logement, un problème-clé dans le pays, que le gouvernement Schoof entend résoudre avec un vaste programme de constructions.
    (...) Le VVD de Dilan Yesilgöz-Zegerius, qui a succédé à Mark Rutte à la tête de la formation libérale, voulait contrôler les dépenses envisagées par ses partenaires populistes, qui ont formulé de nombreuses promesses à caractère social. Il gérera donc les finances, ainsi que la justice et l’énergie, nouvelle dénomination, très symbolique, de l’ancien département « climat et énergie », qui avait pour mission, entre autres, d’imposer de lourdes taxes aux plus gros pollueurs industriels à partir de 2028. Le ministre de la défense sera également membre du parti libéral, très attaché à la poursuite de l’aide militaire et financière à l’Ukraine, un sujet sur lequel Geert Wilders cultive l’ambiguïté.
    Le Nouveau Contrat social, le parti de l’ancien député chrétien-démocrate Pieter Omtzigt, décroche pour sa part l’intérieur, l’enseignement supérieur, les affaires sociales et les affaires étrangères, pour lesquelles il a fait appel à Caspar Veldkamp, député et ancien ambassadeur, en Israël notamment. Le NSC, qui a prospéré en dénonçant « l’affaire des allocations », un scandale qui a ruiné des milliers de familles soupçonnées à tort de fraude au terme d’une enquête fondée sur un profilage racial, obtient également un secrétaire d’Etat qui sera spécifiquement chargé de ce dossier.
    La nouvelle équipe ministérielle, dont le nom de certains membres doit encore être révélé, comptera finalement peu de personnalités issues de la société civile. Elle a encore à franchir le cap du Parlement, où chaque ministre sera entendu avant son entrée en fonctions. L’opposition ne pourra leur poser, à chacun, qu’une seule question, ce qui ne devrait pas entraver la mise en place du gouvernement « le plus à droite de l’histoire du pays », comme l’appelle Geert Wilders. Un pays qu’il veut « rendre aux Néerlandais ».

  • A cinq mois de la présidentielle américaine, Joe Biden contraint d’afficher sa fermeté sur l’immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/05/etats-unis-a-six-mois-de-la-presidentielle-joe-biden-contraint-d-afficher-sa

    A cinq mois de la présidentielle américaine, Joe Biden contraint d’afficher sa fermeté sur l’immigration
    Par Piotr Smolar (Washington, correspondant)
    On ferme. Tel est le message martial, à court terme et à visée électorale, que Joe Biden a choisi d’envoyer, mardi 4 juin, au sujet de la frontière avec le Mexique. Confronté à une crise migratoire de longue haleine, le président des Etats-Unis en a longtemps rejeté la responsabilité sur les élus républicains au Congrès. Mais cette stratégie l’exposait trop aux critiques.
    Par décret présidentiel, Joe Biden choisit de restreindre immédiatement le droit d’asile. La frontière avec le Mexique sera fermée dès lors que le nombre d’entrées illégales quotidiennes dépasse 2 500 personnes en moyenne pendant une semaine. Les migrants venus dans l’espoir de déposer une demande d’asile seront alors expulsés sans avoir pu déposer leur dossier. Un retour à la normale sera possible lorsque le nombre se stabilisera autour de 1 500.
    « La vérité simple, c’est qu’il existe une crise migratoire mondiale, a expliqué Joe Biden dans une allocution à la Maison Blanche, et si les Etats-Unis ne sécurisent pas leur frontière, il n’y a pas de limite au nombre de personnes qui pourraient tenter de venir ici. » Le président a affirmé qu’il prenait cette décision « non pas pour s’éloigner de qui nous sommes, en tant qu’Américains, mais pour s’assurer de la préservation de ce que nous sommes pour les générations futures ».La suspension, même temporaire, du droit d’asile marque pourtant un tournant politique pour le président américain et son propre camp. « Ne rien faire n’est pas une option », a dit Joe Biden. Son administration a attendu la tenue de l’élection présidentielle au Mexique, marquée par la victoire inédite de Claudia Sheinbaum, pour annoncer ce durcissement. Le président démocrate promet que les deux pays travailleront ensemble, en « partenaires égaux », et s’engage à ne pas pratiquer de séparations entre adultes et enfants, contrairement à son prédécesseur.
    « L’administration Trump a attaqué presque chaque aspect du système migratoire et l’a fait de façon honteuse et inhumaine », a affirmé un haut responsable à la presse. Le problème essentiel de l’administration Biden sur la question migratoire n’a pas été son laxisme, mais son caractère illisible, et parfois contradictoire. Selon l’Institut des migrations politiques (Migration Policy Institute, MPI), Joe Biden a été un président extrêmement actif, prenant, jusqu’à la mi-janvier, 535 mesures exécutives. Mais le sentiment d’une large majorité des Américains est celle d’une impuissance et d’une indécision, alors que l’immigration vient juste derrière l’inflation dans la liste de leurs préoccupations.
    A son arrivée à la Maison Blanche, le président démocrate avait présenté un projet pour réformer le système migratoire, en rupture avec l’ère des expédients trumpistes. Echec familier. Depuis près de trente ans, les administrations successives se contentent d’agir sur les dispositifs opérationnels, sans jamais refonder les paramètres fédéraux de traitement des migrants, ni revoir le droit d’asile. Pourtant, début février, un texte bipartisan a été présenté au Sénat, prévoyant de durcir la voie vers l’asile et d’accroître la sécurisation de la frontière et les capacités de rétention avant expulsion. Mais sur les instructions de Donald Trump, les élus républicains à la Chambre des représentants ont choisi de préserver la crise ouverte plutôt que d’offrir un compromis victorieux à Joe Biden, en année électorale.
    Ce dernier a dénoncé, mardi, un « coup politique extrêmement cynique ». En campagne, Donald Trump promet une militarisation de la politique migratoire et une vague d’expulsions sans précédent contre les plus de 10 millions de résidents illégaux sur le territoire. Il veut prendre pour modèle l’opération « Wetback », décidée par le président Dwight Eisenhower à l’été 1954 pour renvoyer massivement les migrants mexicains, dans un contexte chargé de racisme à leur égard. Une référence que Donald Trump citait déjà lors de sa première campagne en 2015, mais dont l’ampleur réelle il y a soixante-dix ans, au-delà des effets de manche répressifs, est pourtant contestée par les experts.
    Aujourd’hui, Joe Biden pare au plus pressé, alors qu’il doit affronter Donald Trump lors d’un premier débat présidentiel, le 27 juin, sur la chaîne CNN. Depuis 2021, à force de vouloir donner des gages à tout le monde, d’afficher une détermination contre l’immigration illégale tout en vantant l’apport et le mérite des immigrants, qui constituent la moelle épinière de l’Amérique depuis trois siècles, la Maison Blanche a brouillé son message.
    A cinq mois de l’élection présidentielle, il devenait urgent de corriger cette vulnérabilité politique, au risque calculé de mécontenter l’aile gauche du Parti démocrate et les associations d’aide aux réfugiés. L’organisation American Civil Liberties Union, qui avait attaqué l’administration Trump sur ce sujet devant les tribunaux en 2018, a annoncé son intention de saisir à nouveau la justice.
    Dans les faits, l’effet dissuasif et l’efficacité possible du décret présidentiel suscitent de nombreuses interrogations. Un expert de la politique migratoire, interrogé par Le Monde, estime ainsi que ce « changement de ton majeur par rapport au début de la présidence Biden » ne devrait pas avoir d’impact sur deux points : la détermination de dizaines de milliers de personnes à traverser la frontière illégalement et l’impossibilité de procéder à l’expulsion des ressortissants originaires de pays en dehors du continent américain. Un nombre croissant de Chinois par exemple (48 000 entre octobre 2023 et avril) ont ainsi été contrôlés à l’ensemble des points d’entrée sur le territoire américain.
    Les statistiques officielles indiquent une baisse récente, après des chiffres particulièrement élevés au mois de décembre 2023. En avril, la police aux frontières a intercepté 128 900 migrants sans papiers, soit 6 % de moins que le mois précédent. Au total, depuis mai 2023, 750 000 personnes ont été reconduites à la frontière, une accélération extrêmement spectaculaire. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis 2010, précise la Maison Blanche. La moyenne était de 233 000 par année sous la présidence Trump.
    Malgré cela, la tendance historique demeure claire : celle d’un afflux massif de millions de réfugiés à la frontière sud du pays. Entre octobre 2021 et avril 2024, selon les statistiques du service de protection des frontières et des douanes (CBP), 8,09 millions de personnes ont été contrôlées à leur arrivée en provenance du Mexique.
    Les causes sont variées : répressions politiques, catastrophes économiques et climatiques, etc. Cette pression a conduit à l’entrée d’un grand nombre de réfugiés aux Etats-Unis, qui se sont ensuite répartis sur le territoire après leur remise en liberté, en attendant une décision finale sur leur statut. Leur arrivée dans de grandes métropoles comme New York ou Chicago, contrôlées par des démocrates, a créé des problèmes financiers et mis en tension les capacités d’accueil et de soins. De nombreux élus démocrates de terrain ont réclamé des politiques plus restrictives, afin d’endiguer le phénomène.
    Mais le système est totalement engorgé, et la politique migratoire se réduit à de la gestion de crise, plutôt qu’à la résolution des problèmes à long terme. Selon la Maison Blanche, le système d’asile compte plus de 1 million de dossiers, dont plus de 300 000 ont été déposés avant 2021 et l’entrée en fonction de Joe Biden. Fin 2023, plus de 2,4 millions de cas faisaient l’objet d’une procédure devant les tribunaux spécialisés.
    En mai 2023, le « Title 42 », une législation d’urgence adoptée en janvier 2020 sous Donald Trump dans le cadre de la prévention du Covid-19, a pris fin. Il permettait d’expulser sur-le-champ les sans-papiers, sans même examiner la légitimité de leur demande d’asile.
    L’administration Biden a alors décidé de mettre en place des centres régionaux de traitement, en Colombie et au Guatemala pour commencer. En janvier 2023, une application, CBP One, a été lancée pour organiser une prise de rendez-vous aux points légaux de franchissement de la frontière afin de déposer une demande. Malgré la volonté d’accélérer et de fluidifier le traitement des dossiers, l’administration sait que les capacités judiciaires et policières sont débordées. « Franchement, j’aurais préféré traiter ce problème à travers une législation bipartisane, a expliqué Joe Biden mardi, parce que c’est la seule façon de réparer un système aujourd’hui cassé, de recruter plus de policiers aux frontières, plus d’officiers chargés de l’asile, plus de juges. Mais les républicains ne m’ont pas laissé de choix. »
    Les blocages parlementaires ne sont pas l’explication unique de cet embarras démocrate. La Maison Blanche a longtemps préféré détourner le regard de la frontière, offrant une autoroute aux républicains et aux médias conservateurs. D’estrade en estrade, Donald Trump décrit un pays envahi par des « violeurs » et des « assassins », qui « parlent des langues que personne ne comprend », échappés « d’asiles de fous ». Les réfugiés sont déshumanisés, présentés comme des termites.
    Joe Biden, lui, tout en dénonçant et en détricotant certains aspects de la politique de son prédécesseur, a donné l’impression de tergiverser. Mardi, lors de son allocution, le président semblait parler presque à regret, par défaut. « La statue de la Liberté n’est pas une relique quelconque dans l’histoire de l’Amérique, a-t-il assuré. Elle représente ce que nous sommes, en tant qu’Etats-Unis. Je ne diaboliserai donc jamais les immigrés. Je ne ferai jamais référence aux immigrés comme des personnes “empoisonnant le sang” d’un pays. » Une formule incendiaire de Donald Trump. La possibilité de requérir l’asile est inscrite dans le droit international, depuis la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée en 1948.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#mexique#chine#politiquemigratore#frontiere#droit#routemigratoire#sante

  • Au large du Yémen, au moins 49 migrants sont morts après le naufrage d’un bateau
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/11/au-large-du-yemen-au-moins-49-migrants-sont-morts-apres-le-naufrage-d-un-bat

    Au large du Yémen, au moins 49 migrants sont morts après le naufrage d’un bateau
    Le Monde avec AFP
    Une nouvelle catastrophe est survenue au large des côtes du Yémen, lundi 10 mai, après le naufrage d’un bateau transportant plus de 200 migrants. « Un bateau transportant 260 migrants a coulé hier. 39 morts, 150 disparus, 71 survivants », a déploré mardi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), sur son compte X, qui n’a pas précisé la nationalité des victimes. Ce bilan a ensuite été réévalué à 49 victimes.
    Chaque année, des dizaines de milliers de migrants de la Corne de l’Afrique empruntent la « route de l’Est », qui traverse la mer Rouge, pour tenter d’atteindre les pays du Golfe riches en pétrole, fuyant les conflits, les catastrophes naturelles et les perspectives économiques médiocres dans leur pays. Selon l’OIM, au moins 1 350 migrants sont morts sur la « route de l’Est » depuis 2014 et sans compter cette année.
    Les migrants qui parviennent à atteindre le Yémen sont souvent confrontés à d’autres menaces pour leur sécurité, étant donné que le pays le plus pauvre de la péninsule arabique est en proie à une guerre civile depuis près de dix ans. La plupart de ces exilés tentent de rejoindre l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe où ils peuvent trouver des emplois d’ouvrier ou d’employé de maison.
    En août, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé les gardes-frontières saoudiens d’avoir tué « des centaines » d’Ethiopiens qui tentaient de pénétrer dans le royaume du Golfe depuis le Yémen de mars 2022 à juin 2023. Ryad s’était défendu, en qualifiant d’« infondées » ces accusations. En avril, deux bateaux ont fait naufrage au large des côtes de Djibouti à deux semaines d’intervalle, faisant des dizaines de morts.

    #Covid-19#migrant#migration#djibouti#yemen#ethiopie#arabiesaoudite#routemigratoire#OIM#corneafrique#mortalite#sante

  • La nouvelle diaspora russe en Europe, bien intégrée et partie pour rester
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/11/la-nouvelle-diaspora-russe-en-europe-bien-integree-et-partie-pour-rester_623

    La nouvelle diaspora russe en Europe, bien intégrée et partie pour rester
    Par Benoît Vitkine
    Combien sont-ils, ces Russes qui ont quitté leur pays dans les jours ou les mois suivant l’invasion de l’Ukraine, en février 2022 ? 700 000 ? Un million ? L’estimation est hasardeuse, et certains ont fini par rentrer au pays, après la fuite initiale. Reste que l’apparition d’une nouvelle diaspora russe, après plusieurs vagues successives au XXe siècle, est l’un des faits majeurs du conflit ukrainien, s’agissant du devenir de la Russie, mais aussi, dans une moindre mesure, de celui de l’Europe.
    Pour la première fois, une enquête sociologique d’ampleur s’intéresse à cette autre Russie. Celle-ci a d’ailleurs le mérite de placer cette émigration dans le temps plus long, en comparant cette dernière vague à celles arrivées dans les années 2000, mais aussi après 2014, véritable début du conflit ukrainien. Commandée par l’Institut français des relations internationales (IFRI) au Center for Analysis and Strategies in Europe (CASE), le nouveau think tank créé par des chercheurs russes en exil, l’étude est basée sur un sondage conduit par l’université de Nicosie. Trois mille deux cent trente-sept personnes installées en Allemagne, en France, en Pologne et à Chypre ont été sondées, en ligne ou en face à face. L’étude, dévoilée mardi 11 juin, est signée par deux économistes, Vladislav Inozemtsev et Dmitri Nekrasov, associés à l’ancien député de la Douma Dmitri Goudkov, tous aujourd’hui en exil.
    Les « relokanty » de l’après-2022 (littéralement les « relocalisés », le néologisme qui s’est imposé en Russie pour qualifier ces exilés) représentent 44 % du panel étudié (contre 35 % pour ceux partis entre 2014 et 2022). Sans surprise, ils sont majoritairement jeunes, masculins, éduqués et occupaient (ou occupent) des emplois qualifiés. Les auteurs mettent en garde sur l’attention excessive accordée ces dernières années aux opposants pourchassés par le régime de Vladimir Poutine, qui ne représentent qu’une poignée – quatre à cinq mille personnes seulement, selon leurs estimations. La masse des nouveaux exilés est plutôt constituée d’individus qui ne courent pas un danger immédiat (hormis pour ceux fuyant la menace d’une mobilisation dans l’armée), mais dont la vie, ou les perspectives d’avenir, ont été rendues impossibles dans une Russie tout entière livrée à l’autoritarisme et à sa confrontation avec l’Occident.
    Parmi les derniers arrivés, 65 % citent tout de même le « conflit russo-ukrainien » comme raison de leur départ de Russie, 44 % évoquant « d’autres raisons politiques », 33 % des motivations économiques et 8 % leur orientation sexuelle (plusieurs réponses étaient possibles). Sur l’ensemble du panel, 56 % des répondants disent « soutenir davantage l’Ukraine » dans la guerre lancée par le Kremlin, 11 % « davantage la Russie », et 17 % évoquent une « situation complexe dans laquelle les deux parties sont à blâmer ». Plus généralement, seulement 12 % des sondés disent « approuver » ou « plutôt approuver » les politiques du président Vladimir Poutine, quand 64 % les « désapprouvent totalement ».
    L’opposition au régime est inversement proportionnelle à l’ancienneté du départ. Autrement dit, les représentants des vagues d’émigrations antérieures à 2013 (21 % de l’échantillon total) sont plus enclins à soutenir le Kremlin. Toutes les générations d’exilés se retrouvent en revanche pour rejeter le concept de « responsabilité collective » des Russes dans les actions de leur pays.
    L’un des constats les plus frappants est que cette immigration récente s’inscrit probablement dans la durée. Seulement 11 % des sondés disent avoir l’intention de rentrer en Russie ; 37 % pourraient rentrer « si la situation change » ; et 34 % n’ont pas ce désir. Soixante-quinze pour cent ont d’ailleurs la volonté d’obtenir la nationalité du pays d’accueil, quand 20 % l’ont d’ores et déjà. L’adhésion aux valeurs démocratiques et libérales est aussi plébiscitée.
    L’intégration est également économique. Soixante-dix-neuf pour cent des sondés tirent leurs revenus de l’activité qu’ils exercent dans leur pays d’accueil. Et pour 62 % des sondés, ces revenus sont supérieurs à 3 000 euros mensuels. Le secteur des technologies de l’information domine largement, en employant 28,1 % du panel (chiffre qui tombe à 10,9 % en France). Cette intégration n’empêche pas le maintien d’un lien fort avec le pays d’origine : une grande partie des sondés continuent à s’engager dans la vie politique russe, par le biais de discussions sur ces sujets avec leurs proches restés en Russie (44 %), par des publications sur les réseaux sociaux (23 %), en participant à des rassemblements et manifestations (21 %) ou en participant à des associations (7 %). Les auteurs évoquent ainsi une « dualité » dans les attitudes et les identités multiples des émigrés, qui, contrairement à ceux des vagues d’émigration du XXe siècle, « ne se sentent pas exclus de la Russie ».
    Parmi ceux qui évoquent un possible retour, les « changements » attendus sont avant tout d’ordre politique : changement de régime en Russie (20 %), reprise des relations entre la Russie et les pays européens (20 %), fin des opérations militaires en Ukraine (18 %), absence de menace de persécutions politiques (13 %), absence de menace d’enrôlement dans l’armée (11 %)…
    Ceux installés en France sont les moins enclins à rester, sur les quatre pays étudiés. Dix-neuf pour cent excluent l’idée d’un retour en Russie, contre 38 % en Allemagne. Cette donnée rejoint une autre particularité française : les exilés russes y sont un peu moins éduqués et à l’aise que l’ensemble de l’échantillon, et surtout un peu moins politisés et attachés aux valeurs démocratiques. Le soutien affiché à l’Ukraine est de 46 % parmi les Russes installés en France contre 59 % en Allemagne ou 64 % à Chypre. Ces nuances se retrouvent également s’agissant de « l’approbation des politiques de Vladimir Poutine », légèrement plus élevée en France (18 %, contre 51 % de « désapprobation complète »).
    Cette enquête sociologique inédite sert de point de départ aux auteurs pour plaider en faveur d’une ouverture plus grande des pays européens à ces exilés, dont la plupart résident actuellement hors de l’Union européenne, et qui font face à de nombreux obstacles, administratifs en particulier. « Les “relokanty” pourraient être utilisés à la fois comme une ressource économique et sociale importante pour les pays européens, écrivent-ils en conclusion, mais aussi comme un instrument efficace pour affaiblir une Russie agressive. » En clair, la nouvelle diaspora russe, jeune, éduquée, professionnellement intégrée et qui partage les valeurs démocratiques des sociétés européennes ne présente pas un danger pour celles-ci. Son accueil plus massif constituerait au contraire une arme « aux effets comparables à ceux des sanctions prises contre Moscou » – politiquement mais surtout économiquement, à l’heure où le Kremlin lui-même reconnaît un déficit de main-d’œuvre qualifiée.

    #Covid-19#migrant#migration#russie#france#diaspora#exil#migrationqualifiee#economie#sante

  • En direct, guerre Israël-Hamas : Israël, ajouté à la « liste de la #honte » de l’#ONU sur les droits des #enfants lors de conflits, se dit « choqué »
    https://www.lemonde.fr/international/live/2024/06/07/en-direct-guerre-israel-hamas-israel-ajoute-a-la-liste-de-la-honte-de-l-onu-

    « Vous savez que l’armée israélienne est l’armée la plus morale du monde », a assuré Gilad Erdan.

    #délire_génocidaire #sionisme

  • Environ quatre-vingts migrants secourus dans la Manche par le Royaume-Uni
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/06/environ-quatre-vingts-migrants-secourus-dans-la-manche-par-le-royaume-uni_62

    Environ quatre-vingts migrants secourus dans la Manche par le Royaume-Uni
    Le Monde avec AP
    Environ 80 personnes migrantes ont été secourues en mer par les autorités britanniques jeudi 6 juin après que leur petite embarcation a rencontré des difficultés lors d’une traversée de la Manche depuis les côtes françaises. Les garde-côtes britanniques ont confirmé avoir mobilisé deux hélicoptères après l’incident tandis que la Royal National Lifeboat Institution, une organisation de secours, a déployé des canots de sauvetage. « Les recherches sont désormais terminées, personne ne manque à l’appel et tout le monde est de retour à terre », a précisé un porte-parole des garde-côtes.
    La question de savoir comment arrêter les migrants qui se lancent dans la dangereuse traversée de la Manche est l’une des plus discutées dans la campagne pour l’élection générale britannique, qui se tiendra le 4 juillet. Le gouvernement conservateur à Londres a affiché sa fermeté sur le sujet, mais le nombre de personnes qui tentent le passage par la mer augmente. Le ministère de l’intérieur britannique a fait savoir qu’un bateau de 34 personnes a accompli la traversée mercredi, portant à 10 779 le nombre de personnes migrantes ayant traversé depuis le début de l’année. C’est 42 % de plus que l’année dernière à la même date, et 8 % de plus qu’en 2022.
    Le premier ministre Rishi Sunak a promis d’« arrêter les bateaux » quand il est entré en fonction en octobre 2022. Il défend un arrangement controversé consistant à renvoyer au Rwanda les migrants qui arrivent au Royaume-Uni par bateau. Le premier ministre a fait valoir que ce plan a fonction de dissuasion, et précisé que les vols vers le Rwanda commenceraient en juillet. Keir Starmer, le dirigeant du Parti travailliste, la principale formation d’opposition, a déclaré qu’il abolirait ce dispositif s’il accédait au pouvoir.

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#manche#traversee#rwanda#sante#droit

  • Le futur centre de rétention pour migrants voulu par Meloni en Albanie soulève des critiques
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/06/le-futur-centre-de-retention-pour-migrants-voulu-par-meloni-en-albanie-soule

    Le futur centre de rétention pour migrants voulu par Meloni en Albanie soulève des critiques
    Par Allan Kaval (Rome, correspondant)
    Pour conclure la campagne des élections européennes, la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, a choisi de se rendre en Albanie, alliée fidèle dans la mise en œuvre de la politique migratoire pensée par la dirigeante nationale-conservatrice. Dans le nord du pays, mercredi 5 juin, elle a visité avec son homologue italophone et italophile, Edi Rama, le lieu où doit sortir de terre l’un de ses grands desseins : l’installation en territoire albanais de structures de traitement des procédures d’asile, projet sur lequel elle a misé beaucoup politiquement. La cheffe de l’exécutif s’est ainsi rendue dans le futur centre d’identification du port de Shengjin et sur le chantier du centre de rétention de Gjadër, situé à 20 kilomètres à l’intérieur des terres, où doivent être retenus à l’avenir des migrants en attente de l’approbation de leurs demandes d’asile ou de leur expulsion.
    Le projet albanais de Mme Meloni a fait l’objet d’un protocole d’accord entre Rome et Tirana signé en novembre 2023 pour une durée de cinq ans. Le texte prévoit que des migrants secourus en mer par des navires italiens soient transférés vers l’Albanie, où ils verront leurs demandes d’asile étudiées. Pour la présidente du conseil, l’enjeu est de normaliser une logique d’externalisation de l’asile, qui gagne déjà en popularité au sein des exécutifs européens. Son projet voit d’ailleurs le jour au moment où, en dehors de l’Union européenne, le gouvernement conservateur britannique de Rishi Sunak s’apprête à mettre en œuvre un arrangement allant en ce sens avec le Rwanda.
    Mme Meloni, très proche du premier ministre britannique, a décrit mercredi son accord avec le gouvernement albanais comme ouvrant une « phase nouvelle » dans la gestion de la question migratoire. Selon elle, il « pourrait être reproduit dans de nombreux pays » et « pourrait devenir une partie de la solution structurelle de l’Union européenne ». De fait, dans une lettre adressée à la Commission fin avril, quinze États européens ont appelé à s’inspirer du protocole passé entre l’Italie et l’Albanie.
    Aussi séduisantes soient-elles pour les partisans d’un durcissement de la politique migratoire européenne, les apparences radicales de l’accord passé entre Rome et Tirana masquent une réalité complexe. Contrairement au protocole signé par le Royaume-Uni et le Rwanda, l’Italie ne prévoit nullement de céder à l’Albanie ses responsabilités en matière d’asile. Les sites de Shengjin et Gjadër seront des emprises italiennes, opérées et gardées par des fonctionnaires italiens et où s’appliquera le droit italien. Si leurs demandes d’asile sont retenues, les personnes qui y seront passées pourront se rendre en Italie. S’ils doivent être expulsés, les expulsions auront également lieu après un transfert par le territoire italien.
    En découlent des coûts considérables. Les audiences des demandeurs d’asile devront se faire à distance, ce qui implique des investissements techniques particuliers. Lorsque cela ne sera pas possible, il faudra payer le voyage aux avocats et interprètes. Les forces de l’ordre albanaises devront être dédommagées pour la surveillance externe, les policiers et les carabiniers italiens détachés sur place devront être indemnisés, logés, nourris. S’ajoute à cela, et entre autres dépenses, les coûts du transport naval entre la zone de sauvetage et l’Albanie, puis les allers-retours entre l’Albanie et l’Italie. Un rapport technique du ministère de l’économie datant de février prévoit un coût total de 650 millions d’euros pour les cinq années couvertes par le protocole.
    De nombreuses questions techniques restent par ailleurs en suspens. La procédure accélérée d’asile qui sera en vigueur dans les structures italiennes en Albanie ne concerne que des hommes adultes originaires de pays considérés comme sûrs par l’Italie. Cela implique qu’une sélection difficilement réalisable en mer soit faite avant le transbordement d’un bateau allant en Italie vers un autre allant en Albanie. En résulteront des risques en matière de sécurité, et la possibilité que des familles soient séparées. Par ailleurs, les personnes qui se seraient vues refuser leurs demandes d’asile et dont les pays d’origine n’ont pas d’accord d’expulsion avec l’Italie ne pourront pas rester indéfiniment en Albanie. Elles devront être orientées vers des centres de rétention en territoire italien et en sortiront libres une fois la durée maximale de séjour atteinte.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Quinze pays de l’Union européenne réclament l’externalisation des demandeurs d’asile
    Initialement prévue pour le 20 mai, l’ouverture des centres a été annoncée mercredi pour le 1er août par Mme Meloni. Le projet est cependant vivement critiqué par l’opposition italienne. « C’est une gabegie de fonds à seules fins de propagande », juge ainsi Lia Quartapelle, députée du Parti démocrate (PD, centre gauche). Côté albanais, le premier ministre socialiste Edi Rama a obtenu l’adoption de l’accord sans difficulté, même si ses alliés européens lui reprochent sa totale disponibilité vis-à-vis d’une dirigeante de droite radicale. Il conteste toujours l’existence d’une compensation financière italienne, présentant ce protocole un « accord du cœur », fruit de la simple reconnaissance de Tirana pour l’accueil qu’ont connu les milliers d’exilés albanais en Italie dans les années 1990. En février, Rome a toutefois subitement accepté de signer un accord pour reconnaître les droits à la retraite de plus de 500 000 Albanais travaillant en Italie.

    #Covid-19#migrant#migration#italie#albanie#asile#droit#sante#expulsion#externalisation

  • L’armée israélienne annonce la mort de quatre otages dans la bande de Gaza
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/04/l-armee-israelienne-annonce-la-mort-de-quatre-otages-dans-la-bande-de-gaza_6

    « Nous estimons que les quatre [otages] ont été tués alors qu’ils étaient ensemble dans une zone de Khan Younès [dans le sud de Gaza], lors de notre opération là-bas contre le Hamas », a précisé le contre-amiral Daniel Hagari, porte-parole de l’armée.

  • En Israël, la menace montante du boycott des universités
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/04/en-israel-la-menace-montante-du-boycott-des-universites_6237152_3210.html

    En Israël, la menace montante du boycott des universités
    Par Samuel Forey (Jérusalem, correspondance)

    Des établissements d’enseignement supérieur occidentaux commencent à suspendre leurs relations avec leurs homologues de l’Etat hébreu, au motif qu’ils contribuent au système d’occupation et de colonisation de la Palestine.

    Le 17 mai, en réaction aux massacres de civils en cours dans la bande de Gaza, le conseil d’administration de la Conférence des recteurs et rectrices des universités espagnoles s’est engagé, dans un communiqué, à « réviser et, le cas échéant, à suspendre les accords de collaboration avec les universités et centres de recherche israéliens qui n’ont pas exprimé un engagement ferme en faveur de la paix et du respect du droit international humanitaire ». L’organe espagnol rassemble cinquante universités publiques et vingt-six privées.

    A Jérusalem, Tamir Sheafer, recteur de l’Université hébraïque, s’inquiète : « Les menaces de boycott étaient latentes depuis le 7 octobre 2023. Mais, depuis deux semaines, c’est un tsunami. Par des lettres ou des informations que nous recevons, je ne compte plus les relations académiques qui sont suspendues, voire rompues. »

    Le coup est rude pour le secteur universitaire israélien, considéré comme l’un des joyaux de l’Etat hébreu. Les établissements d’enseignement supérieur du pays sont classés parmi les meilleurs au monde, tant pour les sciences dures que pour les sciences humaines et sociales. Ils contribuent à faire d’Israël l’une des économies les plus dynamiques de la planète.

    Fragilisation de programmes
    Les universités israéliennes pourraient peut-être se passer de coopérations avec leurs homologues espagnoles, en raison des liens étroits qu’elles entretiennent avec les institutions américaines, britanniques ou encore allemandes. Mais l’Espagne et Israël sont intégrés aux programmes de recherche et d’innovation européens les plus importants, comme Horizon 2020 et Horizon Europe. L’Etat hébreu participe à ces plates-formes depuis 1996, et a reçu 360 millions d’euros de plus que sa contribution pour Horizon 2020, sur la période 2014-2020. Il a rejoint le nouveau programme, Horizon Europe, qui devrait distribuer quelque 95 milliards d’euros sous forme de bourses de 2021 à 2027.

    Or, l’université de Grenade a annoncé suspendre ses relations avec ses homologues israéliennes, le 17 mai, aussi bien en bilatéral qu’au sein de ces programmes européens. L’université de Barcelone a pour sa part appelé à empêcher les établissements israéliens à participer à ces projets. D’autres institutions européennes ont elle aussi déclaré vouloir cesser leurs collaborations avec Israël, comme en Norvège. Si le monde académique européen, dans sa grande majorité, n’a pas annoncé de boycott, ces initiatives, même isolées, risquent de fragiliser ces programmes, ainsi que l’espace européen de la recherche, une sorte de marché commun scientifique à l’échelle du continent.

    Le forum des présidents d’université d’Israël a réagi, le 21 mai, dans une déclaration au ton ferme et inquiet. Il note l’engagement de ces établissements dans la lutte contre le projet de réforme judiciaire, engagé par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, et rappelle que selon l’Academic Freedom Index, le niveau de liberté académique israélien est considéré comme l’un des plus élevés au monde.

    Des recherches pour l’industrie militaire
    Reste que les universités d’Israël sont accusées de contribuer à l’occupation et à la colonisation de la Palestine. Maya Wind, anthropologue israélienne à l’université canadienne British Columbia, qui a écrit un ouvrage de référence sur la participation académique au « projet colonial israélien », Towers of Ivory and Steel (« Tours d’ivoire et d’acier », Verso Books, 288 pages, 23 euros, non traduit), a écrit dans le média d’extrême gauche américain Jacobin que « Rafael et Israeli Aerospace Industries, deux des plus grands producteurs d’armes israéliens, se sont développés à partir de l’infrastructure mise en place par l’Institut Weizmann et le Technion ». Ce dernier, le plus ancien établissement d’enseignement supérieur d’Israël, est considéré comme l’un des plus performants au monde en ce qui concerne la recherche sur l’intelligence artificielle, notamment utilisée par l’armée pour produire des banques de cibles en masse.

    « Bien sûr, toutes sortes d’idées sont développées dans les universités, et certaines sont utilisées par l’armée. Mais la science, c’est la science. On ne fait pas de politique. Nous tenons de façon très claire et très forte à notre liberté académique. Un boycott nuirait à Israël, mais nuirait aussi à la science globale et aux valeurs que nous partageons. Mettre de la pression sur les universités ne va pas mettre de la pression sur le monde politique », affirme Arie Zaban, président de l’université Bar-Ilan, considérée comme plutôt conservatrice, et directeur du forum des présidents d’université d’Israël.

    Le professeur Arie Zaban, président du forum des présidents d’université d’Israël et président de l’université Bar-Ilan, sur le campus de l’établissement, à Tel-Aviv, le 20 mai 2024. VIRGINIE NGUYEN HOANG/HUMA POUR « LE MONDE »
    En Europe, la British Society for Middle Eastern Studies (BriSMES), l’une des plus importantes associations académiques d’études du Moyen-Orient, a adopté, en 2019, une résolution pour soutenir l’appel au boycott des institutions universitaires israéliennes.

    Le juriste israélien Neve Gordon, vice-président du BriSMES, qui enseigne le droit international à l’université Queen-Mary de Londres, justifie l’initiative : « Des disciplines enseignées dans les universités, comme l’arabe et le farsi, sont par exemple utilisées pour le renseignement. Dans l’archéologie, des chercheurs se concentrent sur la recherche de traces de l’Israël biblique, ignorant des siècles de présence musulmane. Des juristes justifient le bombardement des bâtiments palestiniens, appartements, hôpitaux, écoles, universités. Il existe tout un appareil qui joue un rôle majeur dans le soutien à la colonisation, tandis que les sciences dures mènent des recherches pour l’industrie militaire. »

    « Des bastions de valeurs démocratiques »
    Ces arguments ont le don d’irriter Tamir Shaefer. « Boycotter l’académie est une erreur et un acte injuste, dit-il. Les universités sont indépendantes du gouvernement. Nous sommes des îlots de bon sens, des bastions de valeurs démocratiques. Parmi les 24 000 étudiants de l’Université hébraïque, il y a 16 % d’étudiants arabes, dont la moitié vient de Jérusalem-Est. On a des programmes préparatoires gratuits pour eux. Palestiniens et Juifs peuvent interagir sur ce campus. Ils vivent ensemble dans les dortoirs. Et même alors que la guerre faisait rage dehors, le campus était calme. »

    Neve Gordon tient à rappeler que le boycott universitaire est un outil au service d’une cause, pas une fin en soi : « Il faut l’utiliser pour qu’Israël change ses politiques abusives vis-à-vis des Palestiniens. Une fois que cela aura pris fin, le boycott prendra également fin. »

    Suspendre les relations universitaires avec Israël est une idée ancienne. Elle remonte au lancement de la campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel, en 2004. Elle a ouvert la voie à la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions, l’année suivante.

    Aux Etats-Unis, la question a émergé dans la foulée de la guerre entre Israël et le Hamas, à l’été 2014. « C’est un point de rupture, dans le monde académique américain, même si le processus est graduel », explique Matthieu Rey, directeur des études contemporaines à l’Institut français du Proche-Orient. « Cette année-là, la Middle East Studies Association, qui regroupe 3 500 membres, vote une résolution contre le fait de s’en prendre à des universitaires qui soutiennent le boycott académique. Et, en 2022, elle approuve l’appel au boycott contre Israël. Avec les manifestations actuelles sur les campus aux Etats-Unis, c’est la première fois que la Palestine intègre l’histoire américaine, analyse-t-il. Plusieurs scénarios de boycott se posent aujourd’hui, entre ceux qui militent pour rompre avec les institutions et d’autres uniquement avec les individus. En Afrique du Sud, les militants anti-apartheid dans les grandes universités libérales appelaient à un boycott intégral. »

    Aux Etats-Unis, l’université d’Etat de Sonoma, en Californie, est la première – et la seule à ce stade – à avoir adopté ce type de sanction contre Israël. Le président de Sonoma a été aussitôt mis en congé par le conseil d’administration.

    « Des lieux de production critique »
    Le politiste israélien Denis Charbit, enseignant à l’Open University d’Israël, regrette l’absence de débat : « Entre le pour et le contre, on devrait admettre une position intermédiaire : le cas par cas. Que des projets de recherche franco-israéliens ayant des applications technologiques directes sur l’armement soient remis en cause, je peux le comprendre. Mais pourquoi décréter un boycott général d’institutions universitaires qui sont des lieux de production critique sur Israël ou le sionisme ? Personne ne conteste l’impact des nouveaux historiens sur la prise de conscience de la Nakba [« catastrophe » en arabe, en référence à l’exode forcé de 700 000 Palestiniens lors de la création d’Israël, en 1948]. Le boycott sélectif est audible du côté israélien, et ça donnerait l’occasion de débats sur les liens entre les sciences pures et les sciences appliquées… »

    Des étudiants en uniforme de l’armée israélienne sortant de cours et se dirigeant vers le jardin botanique du campus de l’Université hébraïque de Jérusalem, le 21 mai 2024. VIRGINIE NGUYEN HOANG/HUMA POUR « LE MONDE »
    Si le système universitaire israélien a pu participer à la construction idéologique du sionisme, il a pu aussi contribuer à le déconstruire, en formant des chercheurs parmi les plus en pointe sur les études postcoloniales. C’est à l’Université hébraïque que Yotam Rotfeld, étudiant en droit, a commencé à voir les Palestiniens autrement : « Regardez notre vie : à 18 ans, on fait l’armée. J’étais sniper chez les parachutistes. J’ai fait des choses terribles. Puis on voyage. Puis, on étudie, enfin. J’avais besoin de comprendre. Et l’université me donne ces outils de compréhension. Le boycott est un outil légitime. Mais, pour moi, il devrait être évité parce qu’il n’apporte pas les résultats attendus, c’est-à-dire la fin de l’occupation et de l’apartheid. »

    L’Université hébraïque, perchée sur un éperon rocheux dominant Jérusalem, le mont Scopus, semble loin de ces réflexions. Sur ce campus à l’américaine, à la fois vaste et sécurisant, ponctué d’espaces verts, les portraits des otages détenus par le Hamas sont partout. Des proches du personnel et des étudiants ont été tués dans l’attaque du 7 octobre 2023, puis à Gaza dans la guerre qui s’ensuit depuis.

    Pris en étau
    L’université a été prise dans une violente polémique concernant l’une de ses professeures, de renommée mondiale, Nadera Shalhoub-Kevorkian. Palestinienne de citoyenneté israélienne, originaire d’Haïfa, cette juriste féministe axe ses recherches sur le trauma, les crimes d’Etat et les études des génocides, et passait pour un modèle de réussite en Israël. Dès les jours qui ont suivi l’attaque du Hamas, elle a signé une pétition qui dénonçait un « génocide israélien soutenu par l’Occident à Gaza » et argué qu’Israël utilisait « les corps des femmes comme armes politiques ».

    Les sanctions infligées à la chercheuse, durement attaquée par sa hiérarchie, puis arrêtée par la police, ont abîmé la réputation de l’université, connue pour défendre jalousement sa liberté académique.

    Tamir Sheafer se défend : « [Mme Shalhoub-Kevorkian] n’a été suspendue que trois jours. Elle a clarifié sa position et a été réintégrée. Puis elle a été arrêtée par la police parce qu’on vit sous un gouvernement d’extrême droite ! » Mais le mal est fait. « Si l’université n’avait pas causé un tel esclandre, l’attention de la police n’aurait pas été attirée. Avec de tels agissements, nous ne devrions pas être surpris d’être boycottés », commente un membre de l’université requérant l’anonymat.

    Le monde académique israélien est lui aussi pris en étau entre les pressions internationales et le gouvernement ultranationaliste de Benyamin Nétanyahou, qui laisse les opinions les plus radicales s’exprimer. Quand, le 22 mai, 1 400 universitaires israéliens ont appelé, dans une pétition, à cesser la guerre et à assurer le retour des otages, le syndicat national des étudiants israéliens a immédiatement riposté. Il a proposé une loi qui obligerait les universités à licencier tous les universitaires s’exprimant contre « l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique », y compris les professeurs titulaires. Les établissements qui ne s’y conformeraient pas perdraient leur financement public. Le projet recueillerait la majorité des voix à la Knesset. Il n’a pas encore été déposé.

    #boycott #académique #Israël

    • L’université a été prise dans une violente polémique concernant l’une de ses professeures, de renommée mondiale, Nadera Shalhoub-Kevorkian. Palestinienne de citoyenneté israélienne, originaire d’Haïfa, cette juriste féministe axe ses recherches sur le trauma, les crimes d’Etat et les études des génocides, et passait pour un modèle de réussite en Israël. Dès les jours qui ont suivi l’attaque du Hamas, elle a signé une pétition qui dénonçait un « génocide israélien soutenu par l’Occident à Gaza » et argué qu’Israël utilisait « les corps des femmes comme armes politiques ».

      Les sanctions infligées à la chercheuse, durement attaquée par sa hiérarchie, puis arrêtée par la police, ont abîmé la réputation de l’université, connue pour défendre jalousement sa liberté académique.

      Tamir Sheafer se défend : « [Mme Shalhoub-Kevorkian] n’a été suspendue que trois jours. Elle a clarifié sa position et a été réintégrée. Puis elle a été arrêtée par la police parce qu’on vit sous un gouvernement d’extrême droite ! »

      Mais le mal est fait. « Si l’université n’avait pas causé un tel esclandre, l’attention de la police n’aurait pas été attirée. Avec de tels agissements, nous ne devrions pas être surpris d’être boycottés », commente un membre de l’université requérant l’anonymat.

  • L’initiative de Biden sur Gaza, jugée « positive » par le Hamas, place Nétanyahou face à ses contradictions https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/01/l-initiative-de-biden-sur-gaza-jugee-positive-par-le-hamas-place-netanyahou-

    Depuis des semaines, le premier ministre est « isolé » au sein de son propre gouvernement, affirmaient récemment plusieurs sources proches des négociateurs israéliens au Monde, sous le couvert de l’anonymat.

    Contraint par ses propres ministres à accepter des termes qu’il s’empresse par la suite de troubler, voire de contredire, M. Nétanyahou suscite le « désespoir » des négociateurs israéliens. Ceux-ci le jugent « accaparé par sa seule survie politique ». Ils le soupçonnent de « saboter » leurs efforts, afin de prolonger la guerre et de se maintenir au pouvoir, tout en laissant ses alliés d’extrême droite rêver d’un nettoyage ethnique de Gaza et de sa recolonisation.

    « La seule divergence entre Israël et le Hamas, c’est de savoir si une reconnaissance de la fin de la guerre doit être exprimée ou si elle doit simplement avoir lieu sans être dite », résumait l’une de ces sources. Cependant, le gouvernement a conscience, précise-t-elle, qu’un accord impliquerait « de cesser toutes les opérations militaires, éventuellement de retirer les troupes de Gaza, la libération d’un certain nombre de terroristes des prisons israéliennes et, au moins, une acceptation implicite du fait que le Hamas n’est pas tout à fait exclu de la gouvernance de Gaza, mais qu’il exercera une influence sur l’entité qui contrôlera l’enclave dans une phase de transition, et peut-être au-delà ».

    Reconnaître explicitement que le Hamas a survécu à huit mois de guerre demeure inenvisageable pour les élus israéliens. L’opinion ne leur pardonnerait pas ce constat des limites de la puissance de l’Etat hébreu, alors que le bilan de l’écroulement vertigineux des capacités de dissuasion israéliennes, le 7 octobre 2023, reste à faire. C’est pourquoi Joe Biden s’est adressé directement aux Israéliens, en leur assurant que « le Hamas n’est plus capable d’organiser un nouveau 7 octobre », contredisant le principal argument de la droite israélienne.

  • Royaume-Uni : plus de 10 000 migrants ont traversé la Manche depuis le début de l’année
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/05/25/royaume-uni-plus-de-10-000-migrants-ont-traverse-la-manche-depuis-le-debut-d

    Royaume-Uni : plus de 10 000 migrants ont traversé la Manche depuis le début de l’année
    Le Monde avec AFP
    Publié le 25 mai 2024 à 14h25
    Plus de 10 000 migrants sont arrivés au Royaume-Uni après avoir traversé la Manche depuis le début de l’année, selon des chiffres du ministère britannique de l’intérieur publiés samedi 25 mai. Il s’agit d’un record atteint en pleine campagne pour les élections législatives du 4 juillet dans le pays.
    Vendredi, cinq nouvelles embarcations ont accosté dans le sud de l’Angleterre, avec à leur bord 288 migrants, portant le total de personnes qui sont ainsi parvenues à traverser la Manche à 10 170. Beaucoup viennent d’Afghanistan, d’Iran et de Turquie. Cela représente une augmentation de plus de 35 % par rapport à l’an dernier.
    L’immigration clandestine est un sujet majeur dans la campagne qui a démarré officiellement mercredi, avec l’annonce de la date des élections par le premier ministre, Rishi Sunak. Ce dernier avait promis de mettre fin aux arrivées de migrants en situation irrégulière et en avait même fait une de ses priorités.
    Le gouvernement conservateur espérait dissuader les migrants de venir au Royaume-Uni avec sa loi visant à expulser des milliers de demandeurs d’asile vers le Rwanda.Jeudi, Rishi Sunak a reconnu que ce projet très controversé ne serait vraisemblablement pas appliqué avant le scrutin. Il a dit vouloir voir les premiers vols décoller après l’élection s’il la remporte. « Rishi Sunak prendra des mesures audacieuses pour arrêter les bateaux » de migrants, a martelé sur X le ministre de l’intérieur, James Cleverly, samedi.
    Les travaillistes, qui ont plus de vingt points d’avance dans les sondages sur les conservateurs, ont, eux, promis qu’ils abandonneraient la politique d’expulsion des migrants vers le Rwanda, critiquant un « gadget » coûteux et inefficace. « Le gouvernement a perdu le contrôle de nos frontières », a déclaré Keir Starmer, le chef de l’opposition et futur premier ministre si le Labour emporte les élections. Le Parti travailliste estime également que l’immigration est trop importante et a promis de déployer des moyens inspirés de la lutte antiterroriste pour lutter contre les gangs de passeurs.

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#france#traversee#frontiere#expulsion#rwanda#politiquemigratoire#droit#sante

  • At least 30 Palestinians killed by Israeli strikes at camp for displaced in Gaza’s Rafah
    26 May 2024 21:25 BST | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/least-20-palestinians-killed-israeli-strikes-displaced-area-gazas-raf

    At least 30 Palestinians were killed and dozens of others wounded after a number of Israeli air strikes hit a camp for the displaced in Gaza’s Rafah which set their tents on fire, a civil emergency official told Reuters.

    The strike took place in Tel al-Sultan neighbourhood in western Rafah, where thousands of people were taking shelter after many fled the eastern areas of the city where Israeli forces began a ground offensive over two weeks ago.

    The strikes “led to the death of 30 martyrs and dozens of injured”, the Hamas-run government media office in Gaza said in a statement late on Sunday, with Gaza’s civil defence agency also confirming Israeli strikes on the area, where it said 100,000 displaced people live.

    The civil defence agency said at least 50 people had been killed and wounded in the strikes.

    Senior Hamas official Sami Abu Zuhri described the attack in Rafah as a “massacre”, holding the United States responsible for aiding Israel with weapons and money.

    “The air strikes burnt the tents, the tents are melting and the people’s bodies are also melting,” said one of the residents who arrived at the Kuwaiti hospital in Rafah.

    The International Committee of the Red Cross said its field hospital in Rafah was receiving an influx of casualties, and that other hospitals also were taking in a large number of patients.

    A final death toll at Tal al-Sultan camp is still being determined, another medic said, adding that dozens were injured by the fire that ensued after the strikes, which residents are still trying to put out.

    #Génocide

    • Le ministère de la Santé du Hamas annonce un nouveau bilan de 45 morts dans la frappe à Rafah
      Par La Provence (avec AFP) Publié le 27/05/24 à 13:51
      https://www.laprovence.com/article/france-monde/33005649359071/le-ministere-de-la-sante-du-hamas-annonce-un-nouveau-bilan-de-45-morts-d

      Des Palestiniens rassemblé sur le site d’une attaque israélienne contre un camp de personnes déplacées à Rafah, le 27 mai 2024. | PHOTO AFP / Eyad BABA

      Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé lundi un nouveau bilan de 45 personnes tuées dans la frappe israélienne la veille sur un camp de déplacés palestiniens à Rafah.

      Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé lundi un nouveau bilan de 45 personnes tuées dans la frappe israélienne la veille sur un camp de déplacés palestiniens à Rafah.

      « Le massacre à Rafah hier a provoqué la mort de 45 +martyrs+, dont 23 femmes, enfants et personnes âgées. Il y a 249 personnes qui ont été blessées », précise le ministère dans un communiqué, revoyant à la hausse le bilan communiqué plus tôt par la Défense civile palestinienne.

    • [...] ce que montre l’analyse détaillée des images du bombardement israélien d’un camp de déplacés à Rafah
      https://www.lemonde.fr/international/article/2024/05/30/bombardement-d-un-camp-de-deplaces-a-rafah-ce-que-montre-l-analyse-detaillee

      L’armée israélienne dit que sa frappe n’est pas directement responsable de l’incendie qui a tué au moins 45 personnes, dans la nuit du 26 au 27 mai, et laisse entendre que des armes ou munitions palestiniennes ont pu le déclencher. Les images analysées par « Le Monde » éclairent d’autres hypothèses, comme la présence de bouteilles de gaz de cuisson.

      [...]

      Ce 30 mai, aucune des images consultées par Le Monde ne permet pourtant de constater la présence d’armes dans la zone bombardée. Les vidéos recensées dans ce périmètre après l’incendie montrent en revanche la présence de sept bouteilles de gaz, susceptibles d’avoir déclenché l’incendie. Deux d’entre elles, visiblement éventrées, se situent justement au cœur de la zone d’explosion, entourées de boîtes de conserve, de casseroles et d’ustensiles de cuisine.

      Une séquence particulièrement brève (une seconde) filmée pendant l’incendie montre par ailleurs des étincelles au-dessus du brasier. Selon deux spécialistes en armements et engins explosifs, à qui Le Monde a montré la séquence, ce phénomène pourrait correspondre à la présence « de munitions légères qui brûlent ». Une image qu’ils jugent par ailleurs insuffisante pour prouver la présence d’un dépôt important de munitions ou d’armes dans le camp.

      Vue depuis le sol, l’installation ressemble bien à des lanceurs de roquettes enterrés, déjà observés à #Gaza, sans qu’il soit possible d’en déterminer le calibre, ni le modèle.

      [...]

      Deux jours après les faits, l’armée israélienne a publié une image satellite où apparaît ce qu’elle dit être un lance-roquettes du Hamas, à environ 45 mètres des premières structures du camp. Cette image prouve, selon elle, que le Hamas « opère depuis cette zone », depuis le 7 octobre.

      Ces tubes métalliques étaient en réalité présents bien avant l’installation du camp de déplacés, en janvier 2024. Sur les images satellites que nous avons pu consulter, ils sont visibles, au même endroit, dès le 15 octobre 2023. L’armée israélienne affirme que ces lance-roquettes ont été utilisés lors de l’attaque du 7 octobre, sans préciser s’ils l’ont été depuis.

      Malgré leur présence à proximité du camp, l’armée israélienne ne les a pas frappés. Sur toutes les images capturées avant et après la frappe contre le camp « Al-Salam 1 », les lance-roquettes demeurent intacts.

      Le 26 mai, c’est bien l’intérieur du camp qu’a bombardé #Israël. D’après les déclarations de l’armée israélienne, elle admet ne pas avoir mesuré si ce qui se trouve dans la zone ciblée était susceptible de déclencher un incendie massif. Elle a pourtant décidé de frapper. Une décision qui a provoqué la mort de plusieurs dizaines de civils : hommes, femmes et enfants, déplacés depuis plus de cinq mois.

      Le titre s’ouvre sur le sempiternel : « Guerre Israël-Hamas »

  • Espace Schengen : l’Union européenne adopte de nouvelles règles pour les contrôles aux frontières
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/05/24/espace-schengen-l-union-europeenne-adopte-de-nouvelles-regles-pour-les-contr

    Espace Schengen : l’Union européenne adopte de nouvelles règles pour les contrôles aux frontières
    Publié le 24 mai 2024 à 19h58, modifié le 24 mai 2024 à 19h59
    L’Union européenne a adopté, vendredi 24 mai, une réforme du code Schengen, destinée notamment à clarifier le cadre prévu pour la réintroduction des contrôles aux frontières intérieures de l’espace de libre circulation, et à harmoniser les restrictions en cas d’urgence sanitaire. La réforme, sur laquelle les négociateurs avaient trouvé un accord en février, vise aussi à contrôler les mouvements migratoires au sein de l’espace Schengen et à répondre aux situations d’instrumentalisation des migrants par des pays tiers.
    Elle permet à un Etat membre de « transférer les ressortissants de pays tiers appréhendés dans la zone frontalière et séjournant illégalement sur son territoire vers l’Etat membre d’où ils sont directement arrivés ». « L’arrestation devra avoir lieu dans un cadre de coopération bilatérale », précise dans un communiqué le Conseil de l’UE représentant les Vingt-Sept.
    Afin de lutter contre les tentatives de pays tiers d’orchestrer l’arrivée de migrants dans le bloc, comme la Biélorussie et la Russie ont été accusées de le faire à des fins de déstabilisation, les nouvelles règles permettront notamment aux Etats membres de limiter le nombre de points de passage aux frontières. Elles permettent aussi de prendre des mesures contraignantes au niveau européen pour restreindre l’accès de ressortissants de pays tiers au bloc en cas d’urgence sanitaire de grande ampleur. Pendant la pandémie de Covid-19, Bruxelles n’avait pu émettre que des recommandations non contraignantes à l’intention des Etats membres pour tenter d’harmoniser les restrictions imposées aux voyageurs entrant dans l’UE. La réforme du code Schengen a été proposée en décembre 2021 par la Commission européenne pour tirer les leçons de la crise du Covid-19, qui avait donné lieu à des restrictions en pagaille. Selon les nouvelles règles, le Conseil de l’UE pourra aussi imposer des tests et des mesures de quarantaine.
    Au sein de l’espace Schengen, qui regroupe 27 pays – dont 23 Etats membres de l’UE plus l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse –, plus de 400 millions de personnes peuvent en principe circuler sans être soumises à des contrôles. Depuis mars, deux autres pays, la Bulgarie et la Roumanie, ont partiellement rejoint ce groupe.
    Mais depuis 2015, invoquant la pression migratoire ou la menace terroriste, un certain nombre de pays ont réintroduit des contrôles d’identité à leurs frontières. Ils sont actuellement huit à le faire (la Slovénie, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la France, la Norvège, le Danemark, la Suède). Ces contrôles sont autorisés par le code Schengen à titre exceptionnel, en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure d’un Etat, mais de manière provisoire. La Cour de justice de l’UE avait rappelé en avril 2022 qu’ils ne devaient pas excéder six mois.
    La réforme prévoit qu’en cas de menace grave à sa sécurité un Etat peut autoriser des contrôles à ses frontières pour une durée maximale de deux ans, avec une prolongation possible d’un an. Ces Etats devront évaluer la nécessité et la proportionnalité de ces contrôles et déterminer si les objectifs poursuivis ne peuvent être atteints par des mesures alternatives.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#espaceschengen#pressionmigratoire#securite#terrorisme#frontiereinterieure#droit#sante

  • La Cour suprême des Etats-Unis voit sa crédibilité un peu plus mise à mal par la découverte des drapeaux trumpistes chez l’un de ses juges
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/05/24/etats-unis-la-cour-supreme-voit-son-image-un-peu-plus-mise-a-mal-par-la-deco

    Le « New York Times » a révélé que des bannières utilisées par les partisans de Donald Trump lors de l’assaut du Capitole du 6-Janvier avaient été hissées sur deux propriétés du juge conservateur Samuel Alito.

    Une façade de maison en briques. Une voiture grise devant la porte du garage. Une palissade. Banalité absolue d’un quartier cossu à Alexandria, ville de l’Etat de Virginie située près de Washington. Mais un détail au milieu de la photo écrase cet environnement paisible. Un drapeau des Etats-Unis est hissé à l’envers sur un mât, planté dans la pelouse.

    Le cliché a été pris le 17 janvier 2021, à trois jours de la prestation de serment du nouveau président, Joe Biden. La maison est celle de Samuel Alito, juge conservateur à la Cour suprême des Etats-Unis. Onze jours plus tôt, les partisans de Donald Trump donnaient l’assaut contre le Capitole, menaçant d’interrompre la transition pacifique du pouvoir. Le drapeau national à l’envers, autrefois synonyme d’appel de détresse chez les militaires, est devenu l’un des symboles prisés du mouvement « Stop the Steal ! », prétendant dénoncer des fraudes imaginaires lors de l’élection présidentielle de novembre 2020.

    La révélation récente de cette photo par le New York Times a provoqué, sans surprise, un torrent de commentaires. Ce soutien à une cause non seulement partisane mais insurrectionnelle, de la part de l’un des neuf plus hauts magistrats du pays, au sein d’une institution à la crédibilité très entamée, a contraint chaque camp à se positionner, pour ou contre Samuel Alito.

    Le juge lui-même a réagi d’une façon si maladroite qu’il a alimenté la polémique. Dans un communiqué adressé au quotidien, Samuel Alito a expliqué qu’il n’avait rien à voir avec l’installation de ce drapeau : « Il a été brièvement installé par Mme Alito en réponse à l’usage par un voisin d’un langage très critiquable et personnellement insultant, sur des pancartes. » Martha-Ann Alito, visiblement très susceptible, aurait agi ainsi en réaction à un écriteau insultant Donald Trump. La faiblesse de cet argument est criante. Samuel Alito aurait pu demander sur-le-champ à son épouse de descendre ce drapeau américain renversé. Il l’a ignoré, et l’a donc validé.

    Les républicains volent au secours de Samuel Alito
    Quelques jours après le premier article, le New York Times en a publié un second, cette fois consacré à la maison des Alito à Long Beach Island, dans l’Etat du New Jersey. Un autre drapeau très débattu, montrant un pin, y a été repéré entre juillet et septembre 2023 ; surnommé « appel aux cieux », ses origines remontent à la révolution américaine. Mais à l’époque contemporaine, les spécialistes en soulignent l’appropriation par le mouvement nationaliste chrétien. Et ce drapeau était lui aussi visible aux abords du Capitole, lors du funeste 6-Janvier.

  • Johann Soufi - X :
    https://x.com/jsoufi/status/1794000830779236381

    🚨BREAKING : La CIJ_ICJ ordonne à Israël de cesser immédiatement son offensive à Rafah, considérée comme susceptible d’imposer des conditions de vie à la population palestinienne de Gaza pouvant entraîner sa destruction physique ! 🇿🇦⚖️🇮🇱 🧵Je vous explique brièvement 👇

    2. L’Afrique du Sud demandait des mesures conservatoires supplémentaires considérant que l’attaque de Rafah constituait une nouvelle circonstance qui aggravait le « risque de génocide ». Israël s’y opposait.

    3. À 13 voix contre 2 (juges Sebutinde et Barak ), la Cour considère que l’attaque israélienne sur Rafah accroît le « risque de préjudice irréparable aux droits des palestiniens d’être protégés contre un génocide » et qu’Israël doit stopper immédiatement son offensive !

    (4 pages de l’arrêt)

    4. Les juges ordonnent aussi à Israël de maintenir le point de passage de #Rafah ouvert pour faciliter la fourniture d’aide humanitaire requise de toute urgence !

    5. Enfin les juges ordonnent à Israël de garantir l’accès, sans entrave, à toutes les commissions d’enquête ou organismes chargés par l’ONU d’enquêter sur les allégations de génocide ! 🔍🇺🇳

    6. Une victoire judiciaire importante de l’Afrique du Sud, et une décision courageuse de la @CIJ_ICJ.👏
    https://pbs.twimg.com/media/GOWYXfAWMAAHBLW?format=jpg&name=medium#.
    La décision (déjà dispo en 🇫🇷) comme toutes celles de la Cour, est OBLIGATOIRE. Les États doivent s’assurer qu’Israël la respecte et la mette en œuvre !

    https://www.icj-cij.org/sites/default/files/case-related/192/192-20240524-ord-01-00-fr.pdf

    7. Bien évidemment la Cour renouvelle ses appels précédents à la libération immédiate et inconditionnelle des otages détenus par le Hamas.

    Il faut espérer que cette décision soit respectée et contribue à un cessez le feu et à la paix et la justice ! 🇮🇱⚖️🇵🇸

  • Les poubelles de l’histoire se remplissent à vitesse grand V : Joe Biden juge « scandaleux » le mandat d’arrêt requis contre Benyamin Nétanyahou par le procureur de la Cour pénale internationale
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/05/20/joe-biden-juge-scandaleux-le-mandat-d-arret-requis-contre-benyamin-netanyaho

    Le président américain, Joe Biden, a jugé « scandaleux » le mandat d’arrêt requis contre Benyamin Nétanyahou par le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan. Celui-ci a déclaré, lundi 20 mai, avoir soumis une requête pour la délivrance d’un mandat d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et son ministre de la défense, Yoav Gallant, pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés commis dans la bande de Gaza.

    « Je vais être clair : quoi qu’insinue le procureur, il n’y a pas d’équivalence entre Israël et le Hamas, il n’y en a aucune », a affirmé Joe Biden. « Nous nous tiendrons toujours aux côtés d’Israël face aux menaces qui pèsent contre sa sécurité », a souligné le président américain. « Nous rejetons l’équivalence établie par le procureur entre Israël et le Hamas. C’est une honte », a appuyé son chef de la diplomatie, Antony Blinken, ajoutant par ailleurs que la CPI n’avait « pas de compétence juridique » sur Israël.

  • ICC prosecutor seeks arrest warrants for Israeli, Hamas
    20 May 2024 12:18 BST | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/icc-prosecutor-seeks-arrest-warrants-israeli-hamas

    The International Criminal Court (ICC) on Monday announced that it has applied for arrest warrant against Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu and Israeli Defence Minister Yoav Gallant for alleged war crimes.

    In addition to them the ICC has applied for arrest warrants for three Hamas leaders they include Yahya Sinwar, as well as two other top Hamas leaders - Mohammed Diab Ibrahim al-Masri, the leader of the Al Qassem Brigades and better known as Mohammed Deif, and Ismail Haniyeh, Hamas’ political leader.

    What are the ICC charges against Israel and Hamas?
    20 May 2024 12:26 BST
    https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/what-are-icc-charges-against-israel-and-hamas?nid=363631&topic=Israel

    The court’s chief prosecutor Karim Khan laid out the charges to CNN’s Christiane Amanpour in an exclusive interview on Monday.
    20 May 2024 12:26 BST
    https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/what-are-icc-charges-against-israel-and-hamas?nid=363631&topic=Israel

    A panel of ICC judges will now consider Khan’s application for the arrest warrants.

    Khan said the charges against Sinwar, Haniyeh and al-Masri include “extermination, murder, taking of hostages, rape and sexual assault in detention.”

    The charges against Netanyahu and Gallant include “causing extermination, causing starvation as a method of war, including the denial of humanitarian relief supplies, deliberately targeting civilians in conflict,” Khan told Amanpour.

    CPI

    • Déclaration du Procureur de la CPI, Karim A.A. Khan KC : dépôt de requêtes aux fins de délivrance de mandats d’arrêt concernant la situation dans l’État de Palestine
      https://www.icc-cpi.int/fr/news/declaration-du-procureur-de-la-cpi-karim-aa-khan-kc-depot-de-requetes-aux-f

      Aujourd’hui, je vais déposer des requêtes auprès de la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale aux fins de délivrance de mandats d’arrêt concernant la situation dans l’État de Palestine.
      Yahya Sinwar, Mohammed Diab Ibrahim Al-Masri (Deif), Ismail Haniyeh

      Compte tenu des éléments de preuve recueillis et examinés par mon Bureau, j’ai de bonnes raisons de penser que la responsabilité pénale de Yahya SINWAR (chef du Mouvement de résistance islamique [« Hamas] dans la bande de Gaza), Mohammed Diab Ibrahim AL-MASRI, plus connu sous le nom DEIF (commandant en chef de la branche armée du Hamas, communément appelée « les brigades Al-Qassam ») et Ismail HANIYEH (chef de la branche politique du Hamas) est engagée pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ci-après commis sur le territoire d’Israël et dans l’État de Palestine (dans la bande de Gaza) depuis le 7 octobre 2023 au moins :

      L’extermination en tant que crime contre l’humanité, en violation de l’article 7‑1‑b du Statut ;
      Le meurtre en tant que crime contre l’humanité, en violation de l’article 7‑1‑a et en tant que crime de guerre, en violation de l’article 8‑2‑c‑i ;
      La prise d’otages en tant que crime de guerre, en violation de l’article 8‑2‑c‑iii ;
      Le viol et autres formes de violence sexuelle en tant que crime contre l’humanité, en violation de l’article 7‑1‑g et également en tant que crime de guerre, en violation de l’article 8‑2‑e‑vi dans le contexte de la captivité ;
      La torture en tant que crime contre l’humanité, visé à l’article 7‑1‑f et en tant que crime de guerre, en violation de l’article 8‑2‑c‑i, dans le contexte de la captivité ;
      D’autres actes inhumains en tant que crime contre l’humanité, en violation de l’article 7‑l‑k, dans le contexte de la captivité ;
      Les traitements cruels en tant que crime de guerre en violation de l’article 8‑2‑c‑i, dans le contexte de la captivité ; et
      Atteintes à la dignité de la personne en tant que crime de guerre, en violation de l’article 8‑2‑c‑ii, dans le contexte de la captivité.
      2023 :

      (...)

      Je tiens à remercier les victimes ayant survécu aux attaques du 7 octobre ainsi que leurs familles pour le courage qu’elles ont affiché en acceptant de faire le récit de leur expérience aux membres de mon Bureau.

      Nous nous efforçons d’approfondir notre enquête concernant tous les crimes commis lors de ces attaques et continueront de travailler avec l’ensemble de nos partenaires afin que justice puisse être rendue.

      Je réitère mon appel en faveur de la libération immédiate de tous les otages enlevés en Israël et de leur retour, sains et saufs, auprès de leurs familles. C’est une exigence fondamentale du droit international humanitaire qui doit être respectée.

      Benjamin Netanyahu, Yoav Gallant

      Compte tenu des preuves recueillies et examinées par mon Bureau, j’ai de bonnes raisons de penser que la responsabilité pénale de Benjamin NETANYAHU, le Premier Ministre d’Israël, et de Yoav GALLANT, Ministre de la défense d’Israël, est engagée pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ci-après commis sur le territoire de l’État de Palestine (dans la bande de Gaza) à compter du 8 octobre 2023 au moins :

      Le fait d’affamer délibérément des civils comme méthode de guerre en tant que crime de guerre, en violation de l’article 8‑2‑b‑xxv du Statut ;
      Le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter gravement atteinte à l’intégrité physique ou à la santé, en violation de l’article 8‑2‑a‑iii ou les traitements cruels en tant que crime de guerre, en violation de l’article 8‑2‑c‑i ;
      L’homicide intentionnel, en violation de l’article 8‑2‑a‑i ou le meurtre en tant que crime de guerre, en violation de l’article 8‑2‑c‑i ;
      Le fait de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile en tant que crime de guerre en violation des articles 8‑2‑b‑i ou 8‑2‑e‑i ;
      L’extermination et/ou le meurtre en tant que crime contre l’humanité, en violation des articles 7‑1‑b et 7‑1‑a, y compris en lien avec le fait d’affamer des civils ayant entraîné la mort, en tant que crime contre l’humanité ;
      La persécution en tant que crime contre l’humanité, en violation de l’article 7‑1‑h ;
      D’autres actes inhumains en tant que crime contre l’humanité, en violation de l’article 7‑l‑k.

      (...)

      Aujourd’hui, nous réaffirmons qu’aucun État ne peut se soustraire aux normes prévues par le droit international et le droit des conflits armés. Aucun soldat, aucun commandant, aucun dirigeant civil, nul ne peut agir en toute impunité. Rien ne peut justifier de priver délibérément des êtres humains, dont tant de femmes et d’enfants, de biens indispensables à leur survie. Rien ne peut justifier des prises d’otages ni de prendre délibérément pour cibles des civils.

      Les juges indépendants de la Cour pénale internationale sont les seuls à pouvoir déterminer si les conditions sont réunies pour délivrer des mandats d’arrêt. S’ils font droit à mes requêtes et délivrent les mandats d’arrêt, je travaillerai en étroite collaboration avec le Greffier pour appréhender les individus concernés. Je demande à tous les États, notamment les États parties au Statut de Rome, de considérer ces requêtes ainsi que la décision judiciaire ultérieure qui s’ensuivra avec autant de sérieux qu’ils l’ont fait à l’égard des autres situations, conformément aux obligations qui leur sont faites dans le Statut. Je suis également prêt à travailler avec des États non parties afin d’atteindre notre objectif commun visant à établir les responsabilités des auteurs de crimes internationaux.

      Il est crucial, à l’heure qu’il est, que mon Bureau et tous les organes de la Cour y compris ses juges indépendants, puissent accomplir leur travail en toute indépendance et en toute impartialité. Je demande instamment que cessent immédiatement les tentatives d’obstruction, d’intimidation ou d’influence indue des fonctionnaires de la Cour. Mon Bureau n’hésitera pas à prendre les mesures qui s’imposent en vertu de l’article 70 du Statut de Rome si de tels comportements persistent.(...)

    • Les médias français dans leur professionnalisme : les articles qui reprennent l’AFP indiquent que :
      https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/israel-palestine/guerre-entre-israel-et-le-hamas-la-cour-penale-internationale-emet-un-m

      la Cour pénale internationale émet un mandat d’arrêt contre Benyamin Nétanyahou pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza

      alors qu’on n’en est qu’à l’étape :
      https://www.lemonde.fr/international/article/2024/05/20/le-procureur-de-la-cour-penale-internationale-requiert-l-emission-d-un-manda

      Le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a déclaré lundi 20 mai avoir soumis une requête pour la délivrance d’un mandat d’arrêt contre le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son ministre de la défense pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés commis dans la bande de Gaza.

      […]

      Il appartient désormais aux juges de la Cour pénale internationale de déterminer si les conditions sont réunies pour délivrer ces mandats d’arrêt réclamés par le procureur général.

      Ça ne fait jamais que deux ou trois semaines qu’on annonce ces possibles mandats d’arrêt, mais là évidemment nos médias ne sont pas prêts et se mélangent les pinceaux, et personne ne semble savoir pour l’instant combien de temps il faut pour que les juges se prononcent, ni si les demandes du procureur sont habituellement suivies, ou s’il y a des risques que sa demande soit retoquée.

      –----

      Alors hop : « rectificatif »

      Contrairement à ce que nous avions écrit par erreur dans un premier temps, la Cour pénale internationale n’a pas émis de mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, son ministre de la Défense Yoav Gallant et trois hauts dirigeants du Hamas. Il s’agit de réquisitions du procureur général de la CPI, dont les juges doivent désormais se prononcer sur la question. Nous présentons nos excuses à nos lecteurs.

    • ICC prosecutor ‘equates the victim with the executioner’: Hamas
      20 May 2024 13:02 BST
      https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/icc-prosecutor-equates-victim-executioner-hamas?nid=363631&topic=Isra

      Hamas reacting to the the decision by the ICC prosecutor to seek arrest warrants for three of its leaders said that it effecitvely “equates the victim with the executioner”, reported the Reuters news agency.

      ’Moral blindness’: Israeli reactions to ICC arrest warrants
      https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/moral-blindness-israeli-reactions-icc-arrest-warrants?nid=363631&topi

      Sharp words Benny Gantz.

      “Placing the leaders of a country that went into battle to protect its citizens, in the same line with bloodthirsty terrorists - is moral blindness,” wrote the former Israeli Defence Minister Benny Gantz in a post on X. “Accepting the position of the prosecutor would be a historical crime,” he added.

      The Israeli opposition leader, Yair Lapid, condemned the nnouncement of the ICC a as a “disaster”, Reuters reported.

      Lapid voiced hope that the US Congress would intervent and condemn the ICC measures.

    • Craig Mokhiber
      @CraigMokhiber
      3:18 PM · 20 mai 2024
      https://twitter.com/CraigMokhiber/status/1792545465663095101

      ICC action against Israeli perpetrators Netanyahu & Gallant for war crimes & crimes against humanity (starvation, imposing suffering, killing, murder, civilian attacks, extermination, persecution & “other inhumane acts as crimes against humanity”) is a good start. THREAD:

      But it is incomplete under the Rome Statute. The prosecutor says that further investigations and additional charges may follow.
      As it progresses, it should be supplemented to include additional charges against Netanyahu, Gallant and other Israeli Perpetrators for the Rome Statute crimes of:

      genocide, forcible transfer, unlawful imprisonment, torture as a crime against humanity, sexual violence, disappearance, apartheid,
      genocide, forcible transfer, unlawful imprisonment, torture as a crime against humanity, sexual violence, extensive destruction & appropriation, hostage taking, attacks on civilian objects & humanitarians,
      population transfer, deportation, attacking protected buildings, mutilation, denial of quarter, pillaging, poisoning, gassing, prohibited weapons, outrages on dignity, and human shielding, inter alia.

      Nevertheless, this is another historic crack in the 76-year wall of impunity that the west has built for Israel’s crimes. This time, the world will not accept impunity. International institutions will do their job, or they will fade away into an irrelevant footnote in history.

    • Le procureur de la CPI demande des mandats d’arrêt contre Netanyahou et des dirigeants du Hamas
      Par MEE et agences | Lundi 20 mai 2024
      https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/le-procureur-de-la-cpi-demande-des-mandats-darret-contre-netanyahou-e

      Cette annonce représente le revers diplomatique le plus significatif pour Israël depuis des décennies et survient alors qu’il tente désespérément de protéger sa réputation internationale au milieu de sa guerre dévastatrice à Gaza

  • Eugénie Mérieau, chercheuse : « On assiste à une convergence des régimes autoritaires et démocratiques dans une zone grise »

    En partant de l’exemple de Singapour, la chercheuse Eugénie Mérieau explique, dans un entretien au « Monde », que le modèle démocratique illibéral de la cité-Etat asiatique fait des émules. Plutôt qu’une étape précédant la démocratie libérale, celui-ci pourrait en être un avenir possible.

    C’est un Etat de droit, mais le droit a été mis au service du PAP pour dissuader les voix critiques ou les rendre inaudibles avec les lois contre la désinformation, contre l’incitation à la haine raciale ou religieuse, ou sur la diffamation. Les opposants attaqués en diffamation se voient condamnés à payer des dommages et intérêts très élevés, entraînant des situations d’endettement et des faillites personnelles – les rendant inéligibles, selon la loi. Cette méthode a souvent été utilisée dans les années 1980-1990. Entrée en vigueur en 2019, la loi sur les fake news, dite « de protection contre les faussetés et les manipulations en ligne », autorise le gouvernement à apporter une correction aux blogs trop critiques. Tout cela favorise l’autocensure. Ces instruments – le contrôle des fake news, la lutte contre la haine raciale et la discrimination – sont ceux qu’utilisent les démocraties libérales, mais ici ils sont au service de l’illibéralisme (...) Singapour devient alors un modèle pour sa politique duale – très bien maîtrisée – de restriction des libertés publiques et d’élections libres. C’est à Singapour que Deng Xiaoping, alors vice-premier ministre mais déjà nouvel homme fort de Chine, effectue sa première visite à l’étranger, en 1978. Le pays va incarner un système qui fonctionne, avec un développement économique équivalent à celui de l’Occident, mais sans le libéralisme politique associé au multipartisme. Ce dualisme se retrouve dans le rôle que joue le capitalisme d’Etat (avec un fonds souverain, une politique du logement…) dans l’économie et dans l’ouverture néolibérale du secteur bancaire et de la finance.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/05/18/on-assiste-a-une-convergence-des-regimes-autoritaires-et-democratiques-dans-

  • Guerre en Ukraine : Kiev pousse Washington à l’autoriser à frapper le sol russe avec des armes américaines
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/05/16/guerre-en-ukraine-washington-n-exclut-plus-que-ses-armes-puissent-servir-a-f

    À l’origine, avant la déclaration du département d’Etat, le titre était : « guerre en ukraine : washington n’exclut plus que ses armes puissent servir à frapper le sol russe »

    Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a laissé entendre, mercredi, que les forces ukrainiennes pourraient bombarder la Russie avec du matériel fourni par les Etats-Unis. Un changement de posture nuancé le lendemain par le Département d’Etat.

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    L’offensive lancée le 10 mai par Moscou dans la région de Kharkiv pourrait changer la donne.

    […]

    Signe d’un changement de posture occidental réfléchi, l’évolution américaine avait été précédée de quelques jours par une première inflexion britannique. Lors d’un déplacement à Kiev, le 3 mai, le ministre des affaires étrangères, David Cameron, s’était dit prêt à autoriser des frappes sur le sol russe avec des armes livrées par Londres. « La Russie cible le territoire ukrainien et il est compréhensible que l’Ukraine ressente le besoin de se protéger », avait justifié l’ex-premier ministre.

    Ces déclarations avaient valu à l’ambassadeur du Royaume-Uni en Russie, Nigel Casey, d’être convoqué. « M. Casey a été prévenu que n’importe quelle installation militaire ou équipement britannique, en Ukraine et au-delà de ses frontières, pourraient être pris pour cible en riposte à des frappes ukrainiennes avec des armes britanniques sur le territoire russe », avait indiqué le ministère russe des affaires étrangères dans un communiqué publié le 6 mai. Une menace d’expansion du conflit inédite depuis le lancement de l’« opération militaire spéciale » russe.

    Depuis ses premières livraisons à l’Ukraine, la France a pris soin, elle aussi, que ses armes ne soient pas utilisées sur le sol russe. Les cibles et les trajectoires des missiles Scalp fournis aux Ukrainiens sont systématiquement validées par Paris.

    A défaut de modifier sa position, en tout cas pour le moment, la France examinerait la possibilité de déployer de petites unités de militaires pour garder la frontière séparant l’Ukraine de la Biélorussie, afin de soulager les forces de Kiev. Le recours à la Force de gendarmerie européenne (EuroGendFor), un outil regroupant les forces de sécurité de sept pays européens (France, Italie, Espagne, Portugal, Pays-Bas, Roumanie et Pologne), a été aussi envisagé, avant d’être abandonné. « Les militaires ont estimé que le risque d’une confrontation directe était trop important », explique une source diplomatique.

    • Zlatti71 sur X : https://x.com/Zlatti_71/status/1791530829270655052?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E17915308

      Medvedev :

      “Nevertheless, the somewhat foolish NATO strategists sincerely want almost all of Ukraine to fall under Russian control. This is precisely why they are providing the Banderite authorities with increasingly long-range weapons. President Putin has repeatedly stated that for our country to live peacefully, we will need to establish a buffer zone within which the neo-Nazi regime will not have the capability to strike targets on Russian territory (including, of course, all lands that have returned to our state). It is easy to calculate that if the Kyiv regime uses Storm Shadow/SCALP-EG missiles with a range of no less than 550 km, and considering the distance between Belgorod and Kyiv is 429 km, practically all central and a significant part of the western territories of former Ukraine fall within such a buffer zone. In other words, Russia should be present everywhere within that range (550 km plus an additional 70-100 km for assurance).

      Otherwise, the safety of our cities and towns cannot be ensured. Even if we imagine some document is signed with Kyiv (or rather, with Washington), any new Banderite halfwit with missiles could easily violate it. The consequences would be obvious.

      If this continues, the guaranteed buffer zone will be somewhere on the border with Poland. Or even within Poland itself. And that is very dangerous. Especially since our country has announced exercises with non-strategic nuclear weapons, a very broad concept. Such weapons (tactical or non-strategic), as everyone knows, include nuclear charges significantly more powerful than Little Boy and Fat Man.

      So, carefully calculate the range of what you are providing to the Nazis, gentlemen.”