PhiloLog » L’Ange de l’Histoire. Walter Benjamin. » Print

/print

  • LesInrocks - A Beaubourg, l’“Angelus novus” de Klee devenu icône de Walter Benjamin
    https://www.lesinrocks.com/2016/04/17/arts/a-beaubourg-langelus-novus-de-klee-devenu-icone-de-walter-benjamin-11819

    A l’exposition Klee du Centre Pompidou, ne manquez pas l’“Angelus Novus”. Cette petite aquarelle exposée en France pour la première fois est devenue grâce à son possesseur Walter Benjamin une œuvre clé du XXe siècle.

    Il est rare que la renommée d’une œuvre d’art soit davantage due à son possesseur qu’à son propre créateur. C’est pourtant le cas de l’#Angelus_Novus de Paul Klee, dont la notoriété s’est accrue à mesure que son propriétaire, le philosophe Walter Benjamin, passait au fil des décennies de l’obscurité la plus totale à la reconnaissance, au point que cette petite aquarelle est devenue une sorte de portrait ou de symbole de Benjamin lui-même.

    En 1920, Klee peint un étrange personnage aux bras levés, à la fois inquiétant et enfantin, dont la bouche esquisse ce qui pourrait être aussi bien un sourire qu’un rictus d’effroi. Un bel exemple de cette ironie qui infiltre tout l’œuvre de l’artiste allemand, et que met en avant l’expo de Beaubourg, intitulée L’Ironie à l’œuvre.

    #paul_klee #art

    • « Il existe un tableau de Klee qui s’intitule « Angelus Novus ». Il représente un ange qui semble sur le point de s’éloigner de quelque chose qu’il fixe du regard. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte ses ailes déployées. C’est à cela que doit ressembler l’Ange de l’Histoire. Son visage est tourné vers le passé. Là où nous apparaît une chaîne d’événements, il ne voit, lui, qu’une seule et unique catastrophe, qui sans cesse amoncelle ruines sur ruines et les précipite à ses pieds. Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler ce qui a été démembré. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si violemment que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse irrésistiblement vers l’avenir auquel il tourne le dos, tandis que le monceau de ruines devant lui s’élève jusqu’au ciel. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès. »

      Walter Benjamin. Sur le concept d’histoire, IX , 1940. Gallimard, Folio/Essais, 2000, p. 434.

      http://www.philolog.fr/lange-de-lhistoire-walter-benjamin/print