• Les écarts de richesse se creusent entre les propriétaires et les locataires, Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/06/06/les-ecarts-de-richesse-se-creusent-entre-les-proprietaires-et-les-locataires

    Entre 1998 et 2015, l’envolée des prix de la pierre a gonflé de 133 % le patrimoine des détenteurs d’un bien immobilier.

    Dans son état des lieux annuel sur les niveaux de vie et le patrimoine des Français, publié mardi 5 juin, l’Insee observe un léger accroissement des revenus mais l’écart de fortune grandit entre ceux qui possèdent un bien immobilier et les autres.

    Le niveau de vie médian des Français atteint, en 2015, 1 692 euros par mois, soit un très léger mieux par rapport à 2014 (+ 0,4 %) sans toutefois retrouver le pouvoir d’achat d’avant-crise. Par niveau de vie, on entend le revenu disponible après impôts et prestations sociales par personne composant le ménage, ou plus précisément par unité de consommation : le premier adulte compte pour une unité, puis 0,5 par personne supplémentaire et 0,3 par enfant de moins de 14 ans. Ainsi, ces 1 692 euros signifient un pouvoir d’achat de 2 538 euros pour un couple sans enfant et de 3 553 euros pour une famille de quatre personnes avec deux enfants de moins de 14 ans.

    Après une baisse continue depuis 2011, les 10 % des ménages les plus aisés ont vu leur pouvoir d’achat repartir à la hausse en 2015 avec au moins 3 125 euros par personne et par mois, soit 1,7 % de mieux. Les 10 % les plus modestes, qui disposent de 905 euros en moyenne par mois, n’engrangent qu’un modeste gain de 0,3 %.

    #richesse #inégalités #revenu #patrimoine


  • Lycéen éborgné par un « super flash-ball » : la condamnation de l’Etat en passe d’être alourdie

    http://www.liberation.fr/france/2018/06/05/lyceen-eborgne-par-un-super-flash-ball-la-condamnation-de-l-etat-en-passe

    En attendant, le rapporteur public – dont les avis sont souvent suivis – a estimé que la « faute » de l’Etat « ne fait aucun doute » dans cette affaire : le lanceur de balles de défense (LBD) 40x46 mm était à l’époque une arme « expérimentale », et la formation de l’auteur du tir était « insuffisante ». « Il ne s’est entraîné que sur des cibles statiques, alors qu’en manifestation les cibles mouvantes sont fréquentes », a déclaré le magistrat. « M. Douillard n’était d’ailleurs pas la personne initialement visée par le tir. »

    L’usage d’une telle arme était par ailleurs « disproportionné » dans la mesure où les manifestants étaient « des lycéens très jeunes », et que la sécurité des policiers n’était « pas gravement menacée » par les jets de projectiles qu’ils recevaient. Il n’est au passage « pas établi » que Pierre Douillard ait lui-même jeté l’un de ces projectiles sur les forces de l’ordre.

    Une partie des dommages doit toutefois rester à sa charge dans la mesure où il est « resté en première ligne » de la manifestation et qu’il « ne s’est pas désolidarisé » des fauteurs de troubles, considère le rapporteur public. Pierre Douillard réclamait en première instance un peu plus de 170 000 euros : décrit comme « brillant » à l’audience, cet élève n’avait pas pu faire la classe préparatoire littéraire qu’il envisageait. Il ne peut en outre « plus suivre ses cours de dessin aux Beaux-Arts », ni s’adonner au cyclisme.

    Agé aujourd’hui de 27 ans, le jeune homme a cofondé depuis à Nantes l’Assemblée des blessé-es par la police, qui regroupe les différents manifestants blessés par les forces de l’ordre lors des mouvements sociaux. Cette « Assemblée » s’est ainsi emparée, récemment, du cas de l’étudiant lillois qui a eu la main arrachée par une grenade des gendarmes sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).