programme TV, séries TV, films de la semaine, sorties sur Paris et toute l’actualité culturelle

https://www.telerama.fr

  • Ces petits faits anecdotiques qui écrivent l’histoire d’un effondrement des institutions soit disant démocratiques :

    Les cinémas ne savent plus à quel passe se vouer
    https://www.telerama.fr/cinema/les-cinemas-ne-savent-plus-a-quelle-passe-se-vouer-6931905.php

    Depuis ce mercredi matin, il faut présenter un passe sanitaire si on veut aller au cinéma, au théâtre ou dans un musée, mais on peut tomber le masque… du moins si la capacité d’accueil de la salle ou du lieu d’exposition concerné dépasse les 50 personnes. Dans le cas contraire, le passe sanitaire n’est pas demandé, mais le masque, lui, est obligatoire. Tout le monde suit ?

    #pandémie #covid_19 #cinéma #culture #pass_sanitaire

    • Pass sanitaire : les cinémas et théâtres ne pourront pas abaisser leur jauge à 50 | Le HuffPost
      https://www.huffingtonpost.fr/entry/les-cinemas-et-theatres-ne-pourront-pas-abaisser-leur-jauge-pour-evit

      Face aux contournements annoncés par certains lieux de culture, la Direction générale de la santé (DGS) a précisé le seuil d’application du pass sanitaire.

      Pas un mot sur l’obligation ou non du port du masque. Juste la concentration sur le pass.
      Et donc, au-delà de forcer le pass, la DGS impose l’absence de port du masque.

    • J’avais encore pas compris les consignes et je suis encore plus perdue. Est-ce que le pass sanitaire c’est uniquement appliqué pour le lieux de moins de 50 personnes sauf les resto et bars ? Ou c’est l’inverse, il faut un passe pour le lieux de plus de 50 personnes sauf les resto et les bars et l’assemblée nationale et les commissariat et les centres commerciaux de plus de 50.000 personnes ?

    • le passe sanitaire est radicalement liberticide et inapplicable mais il propose une incitation à la vaccination comme on les aime : pouvoir se démasquer en lieux clos
      @gforestier
      https://twitter.com/gforestier/status/1417593740806561792

      Premier ciné depuis 18 mois, merci @AAstierOff pour #KaamelottPremierVolet qui a ravi le fan de votre oeuvre que je suis. Par contre gardez bien vos #masques au ciné, CO2 à 2227 en fin de séance Pour rappel il faut viser ~700/800 max #COVIDisAirborne

      à 10 des vaccinés covidés ; avec des PCR- qui sont des faux négatifs en période d’incubation et donc de très haute contagiosité, ça prolifère et ça tue. mais en presse, à l’AN, rien de précis sur l’incohérence radicale de cette disposition.

      pas plus que n’est signalé le fait que la courbe des hospits suit bien dès maintenant celle de la prévalence

      dans notre nuit, en attendant une éclaircie, on partage le rêve de voir le sars-cov2 devenir bénin au fil des mutations. le présent a disparu dans le présentisme de l’économie et des loisirs. chaque jour apporte sont lot d’infos sidérantes. sacré malaise.

    • Moi non plus, j’y comprends plus rien. Face aux #bullshit gouvernemental, j’ai décidé de faire la grève des « loisirs » et de boycotter tous les lieux où sera exigé le pass sanitaire. Pas de temps à perdre avec leurs salades.

      NB : je suis vacciné (deux doses Pfizer depuis le 11/06) mais je ne serai en aucun cas complice de toute cette merde. En outre, je n’avais pas abandonné le masque sauf à l’extérieur quand la distanciation est possible et aussi avec des proches mais là,au vu de la cadence de contamination qui s’accélère, je me rends compte que je prends des risques.

      Leurs usines à gaz qu’ils veulent faire passer pour « la loi » sont tellement #ingérables qu’ils sont en train de s’auto-hacker et leurs doctrines capital-friendly avec eux.
      En fait, ils sont tellement mauvais, nos « premiers de cordée », qu’ils sont en train de tresser la corde qui risque de les pendre... politiquement, cela s’entend :-)) Enfin, je rigole, mais y a pas vraiment de quoi.

    • À nouveau, la seule logique explicative est celle de la lubie macroniste pour le nudge :
      https://seenthis.net/messages/923043#message923200

      Pas d’obligation formelle, parce que c’est has been (et ça ferait du régalien en plus pour un État qui a décidé que l’État ne devait plus avoir, dans le genre régalien, que le rôle de décider comment les femmes musulmanes s’habillent). À la place, des méthodes de comm’ foireuses pour juste « inciter » les gens à se vacciner.

      Donc comme incitation, après une heure de brainstorming de markéteux facturée 50 000 euros, c’était soit offrir des sucettes à l’entrée des centres commerciaux aux gens vaccinés, soit les autoriser à enlever le masque au cinéma. Mais les sucettes dans les centres commerciaux, les petits commerces allaient encore gueuler à la concurrence déloyale, alors…

    • Merci pour ces précisions.
      Les hôpitaux vont devoir aussi payé du personnel pour vérifié ce pass, et là je me demande où vont pouvoir se faire soigner les malades qui n’ont pas de pass si il faut un pass pour entrer à l’hôpital publique ?

    • il me semble que ça va au-delà, et autrement. le nudge il semble que ce soit de la manip du désir, le comportementalisme y est plus subtil, un conditionnement sans décharges d’électricité ou susucre https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_du_nudge, bien que par construction les disciples trahissent le plus souvent leurs maîtres en appauvrissant et rigidifiant la doctrine.
      ces militants de l’économie n’ont trouvé aucune autre matière de mettre en place un apprentissage expérimenté que de nous traiter comme des bipèdes parlants de laboratoire à l’échelle de la population entière.
      dans peu de temps, l’efficacité du vaccin va enfin être démontrée en grand avec les hospitalisations, réas, décès en hausse et on exhibera de lourdes données françaises à l’appui (la part infime des vaccinés dans le circuit hospitalier et même leur nombre). à ce moment, cobayes pensant que nous sommes, il sera clair qu’il fallait être macronistes, suivre les premiers de cordée, imiter bourgeois du XVIe et bien diplômés (cf carte des taux de vaccination IDF), et pas des paumés de la loose. ça se fait alors que le droit de se faire vacciner a été contingenté, que la possibilité de l’être n’est toujours pas assurée, qu’il n’y a pas de politique d’"aller vers" à destination des plus distants que locales, minoritaires, pas encouragées.
      comme avec les masques, les tests, la politique vaccinale habille une pénurie qui n’est pas importante. Tant que les premiers restent les premiers, on peut bien aller à Lourdes et faire mine de prier. Les autres auront mérité leur sort car c’est pécher que de ne pas obéir, pécher que de ne pas savoir « réussir ».

      Vivre, vivre bien. Non. Mieux vaut fabriquer ce qu’il faut d’enfer sur terre. C’est la guerre avait-il dit.

    • La DGS confirme que les salles de cinéma peuvent adopter une jauge de 49 personnes
      https://www.bfmtv.com/people/cinema/la-dgs-confirme-que-les-salles-de-cinema-peuvent-adopter-une-jauge-de-49-pers

      Le ministère de la Santé rappelle jeudi que le pass sanitaire s’applique dans une salle de cinéma « à partir du moment où cette salle contient 50 places et plus, même si seulement dix sièges sont occupés lors d’une séance ». Les dix spectateurs doivent avoir présenté un pass sanitaire valide, souligne-t-il.
      Sur le même sujet

      Mais si le cinéma met en vente moins de 50 billets pour une séance - et prévoit donc d’accueillir moins de 50 spectateurs -, le pass sanitaire n’est plus nécessaire, précise le ministère.

      Tralalalalalala... le délire continue.

      Je rigole. Sur Twitter, ça tire dans tous les sens. Et dans mon fil, ça tire à boulet rouge sur LFI dès que possible. Hier, c’était parce qu’à cause de LFI qui a fait le nécessaire pour limiter la durée de rétention de certaines données de santé, parait-il (SIDEP), les covidés ne pourront pas faire valoir qu’ils l’ont été pour ne se faire vacciner qu’une seule fois au delà de 3 mois de délai depuis leur détection. Et donc, les LFI, ils sont contre tout, qu’il se dit, et que vraiment, ils sont trop nuls.
      Le chaos. Plus de principe directeur. Tout le monde est contre tout le monde. Tout peut être contredit dans l’instant suivant, plus aucun principe n’a d’importance.
      Et le pass sanitaire est donc incompréhensible pour la plupart.
      Autour de nous, ça durcit les positions. Les « qui hésitaient » n’hésitent plus à passer du côté des « qui ne veulent pas ». La piscine du coin est parfaitement vide désormais. Et les inscriptions aux activités de la rentrée sont au point mort.
      Le chaos, donc. Au lieu de « la liberté retrouvée » en terrasse d’un café...
      Assurément, ça va se tasser. Mais bon. Quelle galère dans l’immédiat.

    • Je ne sais pas trop ce qui se dit sur Twitter à propos de LFI, vu que, malgré le fait que j’ai de nombreux comptes LFI dans mes abonnés (suiveurs et suivis), je ne lis pas trop les propos polémiques. Juste vu les interventions de JLM et de Mathilde Panot à l’AN hier. Et leurs propos tenaient plutôt la route concernant la description du merdier engendré par le pass sanitaire et des mesures à géométries variables prises comme s’il fallait se rattraper aux branches après la nième bouffée délirante d’autoritarisme du chef de l’état. C’est le fait du prince et tu as tous les autres qui rament pour remonter le courant de la cote de popularité de la macronie. Nous en sommes là et c’est affolant de voir tous ces amateurs en rajouter dans l’idiocratie trumpienne. Je sais pas toi, mais j’ai l’impression, vu le niveau de déni et d’aveuglement rapport aux délires du Maître, qu’on a affaire à une secte.

    • A propos de LFI qui se fait tirer dessus, ce sont en général des propos plus ou moins sortis de leur contexte, avec un refus plus ou moins empreint de mauvaise foi de la complexité inhérente aux sujets débattus. Ils te mettent une citation, et t’expliquent que chez LFI, ils sont antivaxxx et que chez LFI, ils rendent la gestion de la crise encore plus complexe, parfois sans hésiter à les mettre dans le même sac que Raoult ou Fouché. Il y a pas mal de mauvaise foi à ce sujet. Mais je le vois aussi comme une forme de succès, ou de conséquence, du chaos engendré par le présipotent et ses sbires.

    • C’est la technique du clivage que Sarko faisait fonctionner à plein. Pendant qu’on discute/dispute de ce pass infaisable et qu’on durcit les position autour de ca, on se concentre pas sur la casse des retraite, l’application de la réforme du chaumage, la destruction de l’éducation nationale...
      Cliver ca veux dire briser en morceaux impossibles à réparer, scinder, séparer, et le pass sanitaire c’est parfait pour semer la discord dans toutes les couches de la société.

      Par exemple leur ministre de la maltraitance des enfants et des enseignant·es alias Blanquer, clive sur l’épidémie de « woke » cette semaine et va crée un « laboratoire idéologique » car la santé c’est surfait et on a pas plus important et urgent que les laboratoires anti-woke à organisé en ce moment ;

      Après l’« islamo-gauchisme », vous prendrez bien un peu de « wokisme »

      Jean-Michel Blanquer annonce la création d’un « laboratoire républicain » pour lutter l’idéologie « woke » et la « cancel culture ».

      https://www.liberation.fr/idees-et-debats/apres-lislamo-gauchisme-vous-prendrez-bien-un-peu-de-wokisme-20210722_VYP

      C’est quand qu’il est poursuivit pour haute trahison et mise en danger de la vie d’autrui ainsi qu’appel à la haine et à la discrimination celui là ?

    • Je reste sans voix ... C’est pas comme si y avait pas un protocole sanitaire à établir pour dans un gros mois ... Mais c’est juste qu’il doit se dire que ce genre de taf n’est pas assez « noble » pour lui qui se flatte d’être comparé à « la jambe gauche de Macron ».

      Pour compléter Libé (sous #paywall) :

      En pleine relance de la crise sanitaire et après une année scolaire catastrophique Jean Michel Blanquer lance une nouvelle offensive réactionnaire en annonçant la création d’un « laboratoire républicain » réunissant un panel de personnalités réactionnaires pour lutter contre le "wokisme" et l’ensemble des études portant sur le racisme, le colonialisme ou encore le sexisme.

      https://www.revolutionpermanente.fr/Le-laboratoire-republicain-la-nouvelle-offensive-reactionnaire-

    • On m’a fait suivre qu’on aura besoin de pass pour allé voté mais ici on me dit que non

      Pass sanitaire : Non, les bureaux de vote ne sont pas concernés

      FAKE OFF Le rejet d’un amendement visant à exclure « les lieux d’exercice de la démocratie » du champ d’action du pass sanitaire a semé un vent de panique (infodée) sur les réseaux sociaux

      https://www.20minutes.fr/societe/3089703-20210723-pass-sanitaire-non-bureaux-vote-concernes

      Illes sont culotté sur 20minutes de dire que la panique est infondée, comme si les amendements étaient là pour faire chier sans raison.

      –—

      On parle aussi des licenciements pour non vaccination j’ai pas encore lu mais j’ai trouvé ce lien qui semble faire le point
      https://www.ladepeche.fr/2021/07/23/covid-19-ces-professions-qui-pourraient-licencier-leurs-employes-sils-ne-s

  • Sur France Culture, Mussolini ou le règne de la violence
    https://www.telerama.fr/radio/sur-france-culture-mussolini-ou-le-regne-de-la-violence-6928646.php


    https://www.franceculture.fr/emissions/benito-mussolini-grandes-traversees

    « Opportuniste », « sans conviction », il est aussi le « premier dictateur européen », explique sur France Culture la romancière Simonetta Greggio, qui produit cette Grande traversée sur #Benito_Mussolini. Né en 1883, le Duce est fusillé en avril 1945 par des antifascistes et pendu par les pieds sur la piazzale Loreto, à Milan. Selon l’historien Frédéric Le Moal, « Mussolini meurt comme il a vécu » : dans la violence. Fervent socialiste et antimilitariste dans sa jeunesse, il finit pourtant par célébrer une virilité guerrière. Avec une immense brutalité, il ne cesse de vouloir faire des Italiens un « peuple supérieur », jusqu’aux lois raciales et antisémites de 1938. Experts, écrivains et réalisatrices permettent de comprendre la naissance de la dictature avec la création du Parti national fasciste en 1921. Les discours mussoliniens, ponctués d’acclamations de la foule, témoignent de son ascension. Ses lettres, de sa déchéance. Si cette série aurait gagné à éviter quelques répétitions, elle est aussi instructive que passionnante.

  • Le groupe Facebook des films introuvables fermé
    https://www.liberation.fr/culture/cinema/films-introuvables-la-fin-dun-miracle-20210713_OXQEUYXT5BBLTCNQEL34MRBIZA

    Tandis que se déverse sur les écrans cannois le feu roulant des nouveautés, et qu’en marge du festival, une vingtaine de films dits de patrimoine sont eux aussi projetés dans des copies restaurées (cette année, par exemple, l’Etang du démon de Masahiro Shinoda ou Mulholland Drive de David Lynch), on apprenait lundi la mort discrète du groupe la Loupe, fermé sans préavis par Facebook. Née au cœur du premier confinement, sous l’impulsion notamment du cinéaste et collectionneur de raretés cinéphiles Frank Beauvais, qui s’en était ensuite éloigné, la Loupe a fédéré depuis des « amis » virtuels en cinémathèque alternative permettant d’avoir accès à des œuvres ne figurant en France dans aucune offre VOD légale ni, a fortiori, au format DVD ou Blu-ray. Il était possible de poser à la communauté aux yeux rougis la colle d’un incunable sri-lankais des années 80 réputé définitivement perdu ou d’un western queer vaguement évoqué dans une conversation avinée et, miracle ! souvent le fichier sortait des oubliettes et se trouvait versé, au fil des mises à disposition et téléchargements évidemment illégaux, et dans ce temps d’extrême disponibilité offert par la pandémie, à une utopie de programmation vertigineuse rassemblant plus de 18 000 abonnés.

    Libération, Télérama, le Monde rendirent compte du phénomène au début de l’été 2020 et le patron de Carlotta, Vincent Paul-Boncour, éditeur reconnu de films de patrimoines (il sort cet été la trilogie Musashi de Hiroshi Inagaki) s’était offusqué dans les colonnes du Film Français qu’on promeuve ainsi le piratage : « Il faut mettre fin à cette illusion que tout doive /puisse être accessible quelles qu’en soient les conséquences… » Eloge de la mesure et de la rareté difficilement soluble dans une voracité grandissante à proportion de la vitesse actuelle des échanges, de la taille des plateformes américaines et de leur politique d’épandage mondial de nouveautés. La lenteur, la prudence et la minutie de notaire qui préside au monde territorialement délimité et économiquement asphyxié de l’édition vintage laissent craindre une désaffection mémorielle inexorable.

    #propriété_intellectuelle (désolé @lucile).
    #incunables aussi

  • Départs à Europe 1 : l’hémorragie continue, CNews s’invite déjà sur les ondes
    https://www.telerama.fr/radio/departs-a-europe-1-lhemorragie-continue-cnews-sinvite-deja-sur-les-ondes-69

    Pendant ce temps, des passerelles avec les chaînes de télévision du groupe #Bolloré continuent de s’ériger. Avec les arrivées prévues à la rentrée de Laurence Ferrari, Dimitri Pavlenko, Laurie Cholewa, Mouloud Achour, Thomas Lequertier ou Romain Desarbres, venus de CNews ou Canal +. Mais aussi, de façon encore plus flagrante, avec un partage d’antenne imposé pour le défilé du 14 juillet : en milieu de matinée, les auditeurs d’Europe 1 ont entendu CNews faire irruption sur les ondes. « La codiffusion a débuté au beau milieu d’une phrase dite par une femme, qui ne s’est jamais présentée, décrit Olivier Samain, délégué du Syndicat national des journalistes à Europe 1 – qui quittera, lui aussi, prochainement sa station. Ensuite, il y a eu pendant deux heures cinquante de la non-radio, avec des conversations télévisées totalement insipides. On a entendu une minute vingt-deux de silence à peine interrompue par des moteurs d’avion , pendant que les téléspectateurs voyaient Emmanuel Macron s’installer en tribune et saluer des ministres. Et puis Marc Menant a évoqué, de façon incongrue, un certain Gwenn-Aël Bolloré – oncle de Vincent Bolloré –, qui a débarqué en Normandie en 1944. Quelle honte ! Cela révèle qu’Europe 1 est en train d’être piétinée, qu’elle devient une succursale de CNews qui se fout totalement d’elle. »

  • L’urbaniste Sylvain Grisot : “Nous bitumons l’équivalent de cinq stades de foot toutes les heures !”
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/lurbaniste-sylvain-grisot-nous-bitumons-lequivalent-de-cinq-stades-de-foot-

    Face à un étalement urbain fou et à ses nombreux dégâts, l’urbaniste Sylvain Grisot plaide pour une ville “circulaire” : frugale, moins consommatrice d’espace, de matière et d’énergie. L’urbanisme de demain ?

    Lotissements sans fin, zones commerciales et logistiques toujours plus vastes et disloquées… Va-t-on un jour arrêter de consommer du sol agricole et d’étendre l’urbain dans les campagnes ? Enfin conscient des dégâts sociaux et environnementaux engendrés par le choix économique de l’étalement, le pouvoir politique prétend vouloir y mettre un coup d’arrêt. Cependant les rares expériences de remaillage urbain, de reconstruction de la ville restent le fait de pionniers. L’urbaniste nantais Sylvain Grisot est à l’affût de chacune d’entre elles. Et il en est convaincu, ces pionniers inventent un « urbanisme circulaire », une ville frugale moins consommatrice d’espace, de matière et d’énergie. Le XXIe siècle sera-t-il propice au renforcement de cette nouvelle urbanité ?

    L’étalement urbain ne cesse de se poursuivre. À quel rythme ?
    Depuis un an, nous disposons de données cadastrales précises : tous les vingt ans est bitumée la surface équivalant à un département moyen. Ou, dit autrement, nous consommons l’équivalent de cinq stades de football toutes les heures. Certains objectent que la population citadine augmente, et qu’il est donc normal que la surface des villes suive la même pente. Sauf que la consommation de sol croît trois fois plus vite que la population. Et plus du quart de cette consommation se produit dans les communes qui perdent des habitants. L’explication est simple : dans les communes rurales, le droit ne permet des extensions urbaines que si la population décroît ; vous pouvez alors faire un lotissement à l’entrée du bourg. Cette dérive remonte à une cinquantaine d’années. Mais on ne bétonne pas tant que cela les sols consommés, on les bitume – près de 50 % sont réservés aux routes et aux stationnements. Étaler la ville, la distendre, a été rendu possible par un outil génial, qui permet de faire abstraction de la distance : la voiture individuelle…

    #Urbanisme #Automobile #Ecologie

    • Vous en faites la grande responsable de l’étalement urbain ?
      L’irruption de la voiture dans la ville est récente, à peine un siècle, et ne s’est pas faite simplement, même aux États-Unis. La première Ford T sort des usines en 1908. Jusqu’alors, le trottoir existait pour protéger le piéton du crottin de cheval, pas pour l’isoler. On avait le droit de traverser n’importe où et cela se passait relativement bien. L’arrivée de la voiture dans cet univers assez paisible a constitué un choc très violent, et a engendré des milliers de morts. Les législateurs ont imaginé l’interdire en ville. Le New York Times écrit en 1924 : « L’automobile est une mécanique beaucoup plus destructrice que la mitrailleuse. » Le lobby automobile a retourné la faute de l’accident contre le piéton dans une grande campagne de communication, en créant un personnage fictif, Mr Jay Walker, le péquenot qui ne sait pas se comporter en ville. Ce n’est plus la voiture qui tue, c’est le piéton insouciant qui cherche la mort. Et en 1925, Los Angeles édicte la première réglementation qui hiérarchise l’espace public et oblige Jay Walker à rester sur son bout de trottoir.

      Mais les villes restent denses ?
      La Seconde Guerre mondiale va tout bouleverser, avec la fabrication des baraquements pour l’armée américaine. À l’image de la Ford T, on va industrialiser le mode de production de l’habitat. C’est la naissance des lotissements Levitt, aux portes de New York. Faire du logement standard nécessite un foncier plat, rectangulaire, simple, qu’on ne trouve pas dans la ville existante. Donc, on sort de la ville, et le modèle du « suburb », de la banlieue à l’américaine, s’invente dans la campagne et se développe parce que l’État a créé un nouveau mode de financement, en garantissant les emprunts des anciens combattants. Cette innovation deviendra un modèle avec l’extension du réseau autoroutier dans les années 1950.

      La France s’inspirera du modèle avec vingt ans de retard ?
      Le modèle du pavillon individuel émerge chez nous dans les années 1960 avec les maisons Phénix. On passe d’un système où l’on finançait un opérateur social, pour produire du logement locatif – le modèle du grand ensemble –, au financement direct des ménages pour l’acquisition de logements individuels, produits par de grands opérateurs privés. La gauche et les lois de décentralisation de 1982-1983 donneront les clés du camion au maire : on se retrouve tout à coup avec trente-six mille urbanistes, autant que de communes ! L’État favorise l’acquisition avec le prêt à taux zéro ; quant aux maires, ils prennent leur revanche sur l’exode rural de l’après-guerre, et créent le sol nécessaire au retour d’une population travaillant à la ville, qui vient habiter dans les nouveaux lotissements. Le périurbain est un modèle de développement pensé, organisé, une façon de conserver l’école, la maternité, la poste, par l’apport de nouvelles populations. Le commerce lui aussi sort des villes, avec les zones commerciales. Il ne reste plus qu’à mettre Pôle emploi à côté du rond-point, et finalement un lycée dans les champs…

      Cette ville étalée ne convient-elle pas à une bonne partie de la population ?
      La réalité française aujourd’hui, c’est une ville très peu dense. Le rêve pavillonnaire est un modèle culturel savamment entretenu à coups de sondages biaisés, de terrains pas chers mais lointains, de maisons personnalisables mais standardisées, et surtout… d’absence d’alternative. Prôner des immeubles, des étages, de la contrainte, ce n’est pas un discours mobilisateur. Qu’on arrête de demander aux gens s’ils veulent habiter une maison individuelle ou une cage à lapin ! Lors d’une enquête nationale, on a interrogé les Français sur ce qu’ils recherchaient. Trois axes sont ressortis : du calme, une présence de nature, de la proximité. Ils constituent une bonne définition non pas de ce qu’est la ville, mais de ce qu’elle devrait être. Tous ceux qui habitent dans les grandes villes agitées ont vécu lors du premier confinement un calme souverain avec la réduction de la circulation automobile. Mais on a fermé les parcs, or le parc urbain est l’extension du logement. Quant à la proximité, c’est la définition même de ce qu’est la ville.

      Le périurbain offre calme et nature…
      Mais peu de proximité. Ce sont des espaces qui rendent dépendant de la voiture, très énergivores, donc il faut arrêter ! Pour de multiples raisons, à commencer par la consommation des terres agricoles : en cinquante ans, la surface agricole par habitant a été divisée par deux. Les espaces périurbains doivent se réinventer. Les zones commerciales, par exemple, se caractérisent par des phénomènes d’obsolescence très marqués ; plutôt que de les rénover, il va falloir penser à des formes de « renaturation ». En revanche, beaucoup de lotissements anciens sont considérés comme sous-occupés par l’Insee. Des gens qui y ont fondé leur vie se retrouvent souvent isolés en vieillissant. Il y a un vrai travail d’urbanisme à faire pour mailler, créer des cheminements, ramener du commerce, du service, transformer ces logements souvent inadaptés à la vie de senior…

      Vous citez l’expérience de Périgueux…
      La start-up d’urbanisme Villes vivantes met en œuvre un projet passionnant : les baby-boomers vieillissent, se retrouvent souvent seuls dans leurs pavillons de lotissement anciens, parfois dotés de grands jardins… Or, ce dont on manque dans la ville, ce sont les logements familiaux. Plutôt que de créer de nouveaux lotissements, l’idée est d’ajouter de la construction dans les jardins, et de le faire intelligemment, pas de façon brutale par des industriels de la construction, mais par un travail d’échange, de dialogue avec les voisins. Ce n’est pas l’initiative d’un seul, mais une politique publique. C’est aussi l’occasion de rénovations thermiques. À Périgueux, une centaine de logements ont ainsi été créés, apportant de la mixité générationnelle. Travailler sur la ville existante, c’est ne pas regarder ces lotissements avec dédain, mais au contraire avec envie.
      “Éviter de construire, éviter de déconstruire, éviter de s’étaler.”

      C’est cela, l’urbanisme circulaire que vous prônez ?
      Je suis peut-être un pionnier sur les termes, mais je n’ai rien inventé. Je donne de la lisibilité à des pratiques émergentes. Souvent, on réduit l’économie circulaire au recyclage, alors qu’elle cherche surtout des alternatives à la mise à la poubelle – comme la réparation. Comment transposer cela à l’urbanisme ? Le grand souci des villes étalées, ce sont les bâtiments à usage unique, et à obsolescence programmée. On construit un supermarché, et vingt ans après, la zone de chalandise s’étant déplacée, on laisse la friche et on construit à côté. L’urbanisme circulaire consiste à chercher des « boucles » alternatives à la consommation de sols. Trois boucles sont possibles : éviter de construire en intensifiant les usages ; éviter de déconstruire en construisant des bâtiments évolutifs – car la reconstruction crée beaucoup de déchets, le secteur du BTP représente 40 % des émissions mondiales de CO2 – ; enfin, éviter de s’étaler, à la fois en densifiant et en recyclant des espaces.

      Vous citez l’exemple de Plaine Commune, au nord de Paris, territoire qui se réorganise et se reconstruit sur lui-même…
      La réflexion y est engagée pour éviter les déconstructions et les déchets. Si vous ne prenez que des matériaux sur catalogue en jetant l’existant, ce que vous mettez à la poubelle est perdu ; le territoire perd l’essentiel de la valeur ajoutée, et vous ne créez pas d’emploi. Ce que j’appelle « le métabolisme urbain » consiste à compter les tonnes qui entrent et qui sortent d’un territoire. Comment conserver ce qui est déjà là ? Par une déconstruction sélective, en mettant par exemple de côté des fenêtres, des portes, du mobilier, afin de les récupérer pour leur fonction propre ou une fonction détournée. Un promoteur va déconstruire des matières qui vont servir à un autre promoteur qui construit en réutilisant ces matériaux.

      Les grands acteurs du BTP sont-ils prêts à cette révolution ?
      Faire du circulaire implique de se parler, de collaborer. Dépenser plus en matière grise et moins en béton. Évidemment, cela entre en contradiction avec les intérêts de beaucoup d’acteurs, parce qu’on construit moins, ou de façon plus frugale. Les deux tiers de la ville de 2050 existent déjà. Pour gagner la guerre, il faudra bien construire le dernier tiers, mais surtout travailler sur ceux qui sont déjà là. Parler d’urbanisme circulaire est une manière de rendre lisible cet enjeu : ce qui doit s’arrêter, et ce qu’il faut entreprendre.

      Sylvain Grisot en quatre dates
      1976 Naissance à Poissy (78).
      1998 Diplôme de Sciences Po Aix.
      2004 Master d’urbanisme.
      2015 Création de l’agence dixit.net

  • Cinquante ans avant la Convention pour le climat : l’incroyable histoire des quatre chercheurs qui avaient déjà tout prévu
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/cinquante-ans-avant-la-convention-pour-le-climat-lincroyable-histoire-des-q

    1972, Massachusetts. Quatre étudiants chercheurs sont chargés de réfléchir aux conséquences de la croissance sur la planète. En sortira le rapport Meadows, vendu à dix millions d’exemplaires. Avec enthousiasme, ils arpentent le monde pour convaincre les décideurs d’agir. Lesquels décident de ne rien faire. Ils nous racontent leur fantastique aventure.

    C’est l’histoire d’un rendez-vous manqué. Manqué en 1972, en 1992, en 2012. Et 2022 ne s’annonce pas bien. Un rendez-vous avec la planète, ou plus précisément avec ceux qui la dirigent et qui, décennie après décennie, sur l’environnement, écoutent sans entendre, font mine de s’inquiéter puis atermoient.

    En 1972, les Américains Dennis Meadows, son épouse Donella, Bill Behrens et le Norvégien Jørgen Randers ne forment encore qu’une bande de très jeunes étudiants chercheurs – 26 ans de moyenne d’âge – au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Cambridge (États-Unis). Quatre « mousquetaires » au pedigree varié : un peu baba pour les deux premiers, rentrés deux ans plus tôt d’un long road-trip en Asie ; moins cool pour Jørgen, « jeune homme suffisant et parfaitement représentatif des milieux favorisés d’Oslo, confesse aujourd’hui l’intéressé. J’étais ce garçon doué en maths qui découvre, en intégrant le MIT pour y faire son doctorat de physique, qu’il y a un monde au-delà de la Norvège ». Quant à Bill Behrens, il fêtait tout juste ses 22 ans. Son nom, comme celui des trois autres, apparaît sur la couverture de The Limits to Growth (Les Limites à la croissance), un petit livre de 125 pages décrivant sans fioritures, et sur un ton politique neutre, l’impact destructeur des activités humaines sur notre planète. Les ressources de la Terre ne sont pas infinies, prévenaient les auteurs ; passé un cap, la charge devient trop lourde et les effets cumulés d’une démographie galopante, d’une pollution excessive, d’une consommation sans frein pourraient provoquer un effondrement. Troublé dans sa tranquillité, le gratin politique et économique mondial a lu cette enquête minutieuse, traduite en trente langues et vendue à 10 millions d’exemplaires… puis a choisi de ne rien faire.

    L’organisation était méticuleuse : « Chacun de nous s’occupait d’un secteur, détaille Bill Behrens, 71 ans, contacté par Zoom dans sa maison du Maine. Jurgen se cognait la pollution, je m’occupais des ressources naturelles, Donella de la démographie mondiale… Mais en découvrant les premières projections, nous étions tellement secoués que nous nous sommes dit : “Ce n’est pas possible, on a dû se planter.” On a repris nos calculs, fait quelques modifs ici et là… mais les nouvelles n’étaient pas meilleures. » Ou bien le monde développé réduisait son empreinte écologique avant de crever le plafond, ou bien la nature se chargerait de faire redescendre l’humanité sur terre…

    Une des premières recensions du livre paraît dans The New York Times Book Review : trois économistes en vue tournent en ridicule les conclusions de l’irritant bouquin. Si quelques critiques se montrent plus ouvertes, la plupart des commentaires sont négatifs, voire agressifs. Mais les débats sont passionnants. Et les années qui suivent, euphorisantes pour le quatuor. « C’était une période dingue, se souvient Bill Behrens. J’étais invité dans des colloques aux quatre coins du monde pour débattre de nos conclusions. Des organismes nous payaient le billet d’avion, et nous rémunéraient 1 000 dollars pour parler d’une enquête qu’on avait non seulement adoré faire, mais dont on pensait qu’elle allait changer le cours du monde. » À la longue, pourtant, l’ironie des mandarins, les sempiternelles réserves et ce satané déni vont avoir raison de l’enthousiasme.

    Bill Behrens, comme les autres, avait rendez-vous… avec lui-même. Il a acheté une cabane sans électricité dans les bois, et s’est lancé dans l’agriculture bio, avec vaches et moutons. « Je ne faisais qu’appliquer l’enseignement numéro un des Limites : arrêter de traiter la Terre comme un être à qui on ne cesse de prendre, sans rien lui donner en échange. » Dennis Meadows, lui, continuera longtemps de sillonner le monde pour secouer ses dirigeants. En vain. « Les grandes réformes politiques sont confrontées à un problème de taille, rappelle-t-il, elles exigent que les gens fassent un sacrifice aujourd’hui pour des bénéfices qui ne tomberont que bien plus tard. Et elles exigent des plus riches qu’ils fassent des sacrifices dont d’autres – généralement les plus pauvres – bénéficieront ailleurs. Aucun système politique occidental n’est capable de faire ce choix. Je me souviens d’un dirigeant européen qui, dans les années 1970, m’avait lancé : “Bravo, professeur Meadows, vous nous avez convaincus. Maintenant, expliquez-nous par quel miracle nous pourrons être réélus si nous faisons ce que vous dites ?” »

    Devant l’inaction crasse des responsables politiques et économiques, Donella a insisté pour qu’on ajoute un dernier chapitre, légèrement ésotérique. Les auteurs y proposaient cinq « outils » pour la transition qu’ils appelaient de leurs vœux : l’inspiration, l’honnêteté, le travail en réseau, l’apprentissage et… l’amour. « Du pur Donella, sourit Jørgen Randers. Si j’étais un grand sceptique, elle était une idéaliste qui avait connu la vie communautaire. Ce chapitre sur l’amour, les 3 % de la population mondiale qui partageait ses idées l’ont sûrement adoré. Les 97 % autres considèrent sûrement que c’est de la foutaise. »

    Il y a au moins deux morales à cette histoire. L’une, très sombre, l’autre lumineuse. Et les deux viennent de la bouche de Dennis Meadows, cueillies au tout petit matin – il se lève à 5 heures – alors qu’il faisait encore nuit noire dans le New Hamsphire : « J’ai passé cinquante ans à tenter d’expliquer aux dirigeants d’une cinquantaine de pays les enjeux des Limites à la croissance. Il est trop tard. Cognez-vous la tête contre un mur de pierre, ça fait mal au crâne mais ça n’a aucun effet sur le mur. Donc j’arrête. Et je me replie sur l’action locale, en utilisant la dynamique des systèmes sur les ressources naturelles, et en m’intéressant aux problèmes d’urbanisme de ma ville, Durham. » Des regrets ? « Très peu. Si vous faites dépendre votre bonheur de votre capacité à changer le monde, vous ne serez jamais heureux, car vous avez trop peu de chances de gagner. Quand des jeunes gens s’adressent à moi aujourd’hui, je leur dis les choses suivantes : “Apprenez la résilience, car les décennies qui viennent vont être semées de crises sévères ; apprenez des choses pratiques comme le jardinage ou la plomberie, car elles vous seront très utiles ; et lisez de l’histoire longue, celle des Phéniciens, des Romains, ou de la dynastie Qing.” Ces civilisations ont grandi, elles ont décliné, elles ont disparu. Imaginer que la nôtre pourrait suivre un autre destin me paraît un doux fantasme. Mais j’ajoute toujours ceci : “N’oubliez jamais qu’il existe deux façons de toucher au bonheur. La première est d’obtenir plus – c’est celle après laquelle notre civilisation a couru à perdre haleine –, et la seconde, de vouloir moins.” Philosophiquement, et de manière très pragmatique, je privilégierais le deuxième chemin. »

    #Rapport_Meadows #Club_de_rome #Ecologie #Climat #Histoire_contemporaine

  • Siri, l’assistant vocal d’Apple ? C’est une taupe !
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/siri-lassistant-vocal-dapple-cest-une-taupe-6822626.php

    En Irlande, des sous-traitants d’Apple sont chargés de retranscrire nos conversations privées via l’assistant vocal Siri, implantée dans nos téléphones. Et tout cela, en toute impunité. L’une de ces “petites oreilles”, Thomas Le Bonniec, lance l’alerte.

    Le son existe-t-il sans oreilles pour l’entendre ? Au troisième millénaire, nous parlons de plus en plus à nos appareils quotidiens. Pour leur dicter, d’une injonction de la voix, une liste de courses ou pour leur demander la météo du jour. Où s’agglomèrent ces petites grappes de mots, s’il n’y a pas d’ouïe pour recevoir notre parole ? Thomas Le Bonniec le sait : pendant quelques mois, il a été à l’autre bout du fil, chargé de prêter attention à la vie des autres. « Je ne suis pas la Stasi, jure-t-il. Apple, en revanche… » Très officiellement, Siri, l’assistant vocal maison, est « une entité non humaine dont le rôle est d’aider les individus à accomplir des tâches avec aisance, efficacité et plaisir ». Plus prosaïquement, c’est une intelligence artificielle, perfectible, qu’il faut nourrir et entraîner. Manuellement. Grâce à des individus dotés d’un libre arbitre, capables de dire non. Comme Thomas Le Bonniec

    #Intelligence_artificielle #Vie_privée #transcription #Assistant_vocal #Siri #surveillance

  • Derrière la belle vitrine Louie Media, un management qui fait des dégâts
    https://www.telerama.fr/radio/derriere-la-belle-vitrine-louie-media-un-management-qui-fait-des-degats-692

    Studio de podcasts réputé, Louie Media défend sur le papier de belles valeurs : féminisme, diversité, liberté de parole… Mais en interne, des salariées témoignent de souffrance au travail, d’humiliations, et à l’arrivée, de burn-out. Les deux fondatrices s’en défendent. Enquête.

    #paywall dommage

  • Une manifestation dénonce les agissements de Picasso envers les femmes
    https://arts.konbini.com/peinture/une-manifestation-denonce-les-agissements-de-picasso-envers-les-femmes


    L’action silencieuse a eu lieu au Musée Picasso de Barcelone, dans le cadre d’un cours sur l’art féministe.

    « Picasso, agresseur de femmes » ; « Picasso, l’ombre de Dora Maar » ou encore « Picasso, Barbe bleue ». C’est avec ces inscriptions sur le dos qu’un groupe d’élèves en école d’art s’est rendu au Musée Picasso de Barcelone en compagnie de leur professeure, l’artiste Maria Llopis.

    Dans le cadre de son cours sur l’art féministe, la professeure a mis en place une action silencieuse visant « à s’exprimer. À parler de ce qui s’est vraiment passé. À dire la vérité à propos des nombreuses artistes femmes qui ne peuvent pas développer leur créativité », telle qu’elle l’a expliqué à Artnet.

    L’action silencieuse menée par les élèves de Maria Llopis, le 27 mai 2021 au Musée Picasso de Barcelone. (© Ismael Llopis)

    Le groupe a ainsi rappelé ce qui est souvent occulté lorsqu’on parle du « monstre sacré » qu’est devenu Pablo Picasso dans l’histoire de l’art : son attitude détestable envers les femmes et son ombre envahissante au-dessus de celles qui finissaient par être considérées comme de simples « muses ». Sa petite-fille écrivait qu’il « vidait les femmes de leur essence » avant « de les jeter ».

    C’est pour cela que le nom de Dora Maar revient sur les T-shirts du groupe manifestant. Photographe et peintre surréaliste de talent, l’artiste a longtemps vu son nom accolé à celui de Picasso (son compagnon pendant huit ans – sur 89 ans de vie, pas de quoi fouetter un chat en somme) sans que son travail ne soit reconnu. Ce n’est qu’en 2019 qu’une première grande rétrospective est enfin organisée en son honneur, au Centre Pompidou de Paris.

    L’action silencieuse menée par les élèves de Maria Llopis, le 27 mai 2021 au Musée Picasso de Barcelone. (© Ismael Llopis)
    Pas d’égalité au musée

    Le chemin vers l’égalité de la représentativité des artistes femmes (mais pas des modèles féminins, notamment nus) dans les collections muséales demeure cependant très lent. En 2018, l’exposition « Les femmes artistes sortent de leur réserve » détaillait les chiffres suivants concernant la France : « Sur un total de 464 329 notices, de près de 35 000 artistes, les [artistes femmes] sont au nombre de 2 082, avec 19 651 œuvres. Elles représentent donc 5,9 % des artistes de la base de données, avec 4,2 % du nombre d’œuvres. »

    « Les femmes doivent-elles être nues pour entrer au Met Museum ? Moins de 4 % des artistes des sections d’art moderne sont des femmes, mais 76 % des nus représentent des femmes. » 2012 (© Guerilla Girls)

    Maria Llopis déclare vouloir « encourager le Musée Picasso à regarder en face cette réalité et mettre en place des expositions sur le sujet ». Le directeur du Musée Picasso, Emmanuel Guigon, a quant à lui affirmé à Artnet trouver « génial que les gens s’expriment au musée. [C’est là] où les débats devraient avoir lieu ».

    L’équipe du musée a également indiqué qu’une conférence sur le thème « Picasso vu depuis une perspective de genre » devrait bientôt voir le jour. Les seuls éléments concrets qui ressortent donc pour l’instant de cette action sont les menaces de mort reçues par Maria Llopis, ainsi que la désactivation de son compte par Instagram.

    #picasso #misogynie #violences_sexuelles #violences_physiques #harcelement #haine #invisibilisation #femmes #historicisation #art #féminisme

    • Sur le Devoir c’est la quadrature du cercle :

      Un Picasso à la fois machiste et « woke » au MNBAQ

      https://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/611784/arts-visuels-un-picasso-a-la-fois-machiste-et-i-woke-i-au-mnbaq

      Voici une exposition qui parle du rapport de Picasso au corps, mais qui oscille entre une vision négative et une vision positive de l’artiste. Fut-il un monstre qui a autant voulu violenter le corps des femmes dans la vie que dans ses œuvres — adéquation très simpliste —, ou bien un visionnaire d’un monde à changer ? Car c’est aussi cela qu’on pourra conclure en visitant la même expo. Un exemple : après avoir vu les œuvres de Picasso, le visiteur aboutit dans une deuxième exposition — intitulée Ouvrir le dialogue sur la diversité corporelle (voir l’encadré) —, volet où l’on présente l’artiste espagnol comme ayant eu « une grande ténacité à déconstruire les canons esthétiques ». Ce qui est vrai.

      L’œuvre de Picasso a défié les canons de la représentation académique du nu féminin et masculin. On se demandera d’ailleurs pourquoi les commissaires de l’expo n’ont pas montré des exemples de tableaux de nus académiques de la fin du XIXe siècle afin de souligner la contestation majeure de ce modèle par la démarche de Picasso. Celui-ci a favorisé l’esthétique de l’art primitif — dans un sens positif du terme —, celui des arts ibérique, africain ou océanien, arts purs n’ayant pas été contaminés par les valeurs occidentales. Mais ce n’est pas tout. Le catalogue — bien mieux que l’expo — souligne l’intérêt de la démarche de Picasso pour des figures androgynes, sujets peu discutés à ce jour. Même le tableau Les demoiselles d’Avignon (1907), exhibant des prostituées, n’incarnerait plus les codes de la féminité fragile et soumise, mais d’une certaine manière des figures fortes aux allures masculines.

      Voici que les violeurs et les féminicides deviennent des visionnaires qui montrent ce que la société devrait changé. C’est ce que raconte « Landru, précurseur du féminisme » un livre parodique contrairement à cet article pondu par un couillon de phallophore alias Nicolas Mavrikakis. Nicolas Mavrikakis qui pique le boulot de centaines de milliers de femmes plus pértinnantes que lui et qui voudraient bien être payés et publiées.
      Et le fait que Picasso montrait des femmes « fortes » n’a rien de féministe ni de progressiste et je compte pas les misogynes qui parlent de la force des femmes qui dominent la société. Le fait de dire que la force rend les femmes viriles c’est aussi un beau renforcement de clichés misogynes et le faire avec un pseudo discours féministe c’est le comble du cynisme.

  • Régionales : des éditorialistes clairvoyants pour des abstentionnistes bêtes et méchants | Samuel Gontier
    https://www.telerama.fr/ecrans/regionales-des-editorialistes-clairvoyants-pour-des-abstentionnistes-betes-

    Dimanche soir, pour expliquer l’abstention record aux régionales et aux départementales, les experts de toutes les chaînes avancent de nombreuses hypothèses : le soleil, le Covid, la Fête des pères, CNews, les vacances, la “giletjaunisation”… Mais, surtout, une mauvaise volonté coupable et une incompréhension de ces scrutins. Pour lesquels, coïncidence, les éditorialistes eux-mêmes affichent un souverain mépris tant ils sont obnubilés par la présidentielle. Source : Ma vie au poste

  • Crise à Europe 1 : censurée pour une blague sur Zemmour, Christine Berrou claque la porte : « C’est gravissime ! »

    https://www.telerama.fr/radio/crise-a-europe-1-censuree-pour-une-blague-sur-zemmour-christine-berrou-claq

    Une censure d’autant plus alarmante que plusieurs voix pressenties sur la future grille de rentrée officient sur CNews...où elles côtoient Eric Zemmour. Notamment Dimitri Pavlenko, annoncé par Le Parisien comme potentiel futur matinalier d’Europe 1. Eric Zemmour serait-il d’ores et déjà intouchable sur Europe 1 ?
    […]
    Le matin, j’ai enregistré une chronique sur la fête des pères, qui imaginait un enseignant en classe, proposant aux élèves de préparer le traditionnel cadeau : “on va faire des colliers de nouilles ! Non, mon papa il est allergique au gluten ! Bon alors on va faire des porte-clefs en cuir ! Non mon papa il est vegan, il ne porte pas de cuir ! Bon alors on va dessiner des bonhommes qui sourient ! Non mon papa c’est Eric Zemmour, il aime pas les gens heureux.”

    #censure #europe1 #cnews #démission #chronique #humour #christine_berrou #ericzemmour #blague #sketch #télérama #presse #actualité #média #fête

  • “Rare Photographs Reveal British Soldiers Manning Anti-Aircraft Guns in Full Drag in World War II” "This set of photographs, taken by John Topham while working in RAF intelligence, was censored by the British Ministry of Information when they were taken during the Second World War. The images were captured during a visit to the base of the Royal Artillery Coastal Defence Battery at Shornemead Fort, near Gravesend, in Kent."

    https://www.vintag.es/2020/01/soldiers-in-drag.html

    #fashion #clothing #world_war_II #transvestite

    • Pourquoi est-ce que c’est progressiste ou sympathique d’exhibé des dominant·es qui se déguisent en dominé·es ? Pour les #blackface il n’y a plus grand monde pour trouvé cela amusant de voire des blancs se fendre la poire à tourné en ridicule des noirs. Pourquoi c’est si bien vu que des soldats se déguisent en danseuse de revue ? Les soldats s’appellent aussi parfois entre eux « les filles », faut il y voire une remise en cause des normes de genre ?

      #misogynie #sexisme #racisme #drag

      Ici un article qui essaye de répondre à cette comparaison sans que je trouve les réponses convaincantes
      https://contreculturemagazine.wordpress.com/2018/02/16/les-drag-queens-sont-elles-sexistes

      L’argument : Les drag queens seraient des voleuses. Du voguing jusqu’à une supposée culture féminine noire ces dernières s’approprieraient des cultures qui ne leur appartiennent pas. Cet argument considère en effet qu’avant d’être des performeuses qui questionnent leur genre les drag queens sont des hommes majoritairement blancs et cisgenres. L’Union des étudiants anglais a ainsi fait passer une règle interdisant aux hommes gays blancs de s’approprier les « manières, tics de langage et les phrases souvent attribuées aux femmes noires« . Jouissant de ce double privilège d’être à la fois hommes et blancs ils ne pourraient donc pas se revendiquer, ou s’inspirer, d’une culture dont ils sont exclus par leur position de domination.

      La critique : Les cultures sont issues d’hybridations, d’échanges, et il peut vite s’avérer dangereux d’assigner une population à une culture supposée. Le principe même d’appropriation nie la possibilité pour quiconque d’élargir ses horizons culturels. Le débat est ici différent de celui qui entoure le blackface. Non, les drag queens ne font pas de girlface. Il y a ici, derrière les performances, de réels questionnements sur l’identité de genre, sa fluidité, et la manière dont elle s’articule avec une fibre artistique. Ce qui n’est pas le cas pour les auteurs du blackface. Lorsque certains prêtent des caractéristiques outrancières aux personnes noires, les drag queens, elles, se jouent de la normativité du genre et non pas des femmes.

      ...
      Je pense qu’une personne déguisée avec une blackface pourra soutenir aussi qu’elle se joue de la normativité raciale et non pas des noirs. Elle ajouterait qu’elle a un ami noir aussi probablement mais ca rendrait pas son argument recevable. Si une femme blanche se maquillait en Josephine Baker pour se produire en spectacle burlesque, est ce qu’elle ferait du dragqueen subversif ou du blackface raciste ? Cette femme pourrait dire qu’elle rend hommage à Josephine Baker et que c’est une performance des stéréotypes culturels de genre et de race. Ca resterait problématique à mon avis vu que cette femme blanche porterait une blackface quand même. Pour le blackface les mentalitées ont évoluées et il est difficile de donner un contexte qui ne soit pas jugé immédiatement raciste pour ce maquillage aujourd’hui. On a compris que ce type de performance n’était pas capable de renversé les stéréotype, au contraire ca les valide.

      Le travestissement des dominants en dominés est une vieille tradition raciste et sexiste qui remonte à l’antiquité. En Grèce les femmes n’avaient pas le droit de faire de théatre et j’imagine qu’il y avait des blackface et de whitwashing aussi. Il n’y avait rien de progressiste à ce que des hommes se déguisent en femmes pour le divertissement. Par contre il y a des critiques pour dire que les danseurs d’opéra japonais sont plus féminins que les femmes, et là aussi il n’y a rien de progressiste à dire que même en féminité les femmes sont inférieurs aux hommes.

      Marcel Duchamps s’est travesti pour démontré que les femmes sont privilégiées par leur sexe dans le milieu littéraire. C’est de la performance de genre aussi, mais c’est parfaitement misogyne.

      Le cadre d’un spectacle de cabaret, sexualisé et comique qui est celui du drag, autant que l’était le blackface, n’est pas un milieu étranger à la misogynie et au racisme non plus. J’aurais plutot tendance à dire l’inverse vu qu’il est propice à la prostitution et dévoué entièrement au bon plaisir des gros bourgeois et des grands hommes qui viennent dépensé leur argent loin de leurs épouses.
      Je ne sais pas quelles femmes ni quelles filles, les drag queen ont libérés grâce à leurs performance de la « vrai féminité » ou de « féminité ultime » à base de 50 kg de cosmétiques montées sur 30 cm de talons aiguilles mais cela m’étonnerait qu’il y en ait tant que ca.

      Je trouve aussi assez culotté le fait de dénié aux femmes noir américaines l’invention de voging, ou de faire comme si OSEF de l’origine d’un truc si ca fait plaisir à des Trans. Je ne savais pas que le voging venait des femmes noires, et le fait que les drag queen soient en majorité des hommes blancs cis hétéros (ce que dit cet article mais moi j’en sais rien) ne peu pas être balayé aussi facilement d’un revers de main.

      En bref, si on peut aisément comprendre les questionnements qui habitent certains courants féministes, si on peut s’émouvoir de la sensibilité de certains et certaines transgenres, il nous faut éviter de nous aventurer trop loin du sens commun. En effet, il semblerait impensable pour une grande majorité de personnes que des hommes en talons pourraient nuire d’une manière ou d’une autre à la cause féminine . C’est bien du genre, et non des femmes, dont les drag queens se jouent.

      Alors oui, des hommes, en talon ou pas peuvent nuire d’une manière ou d’une autre à la cause des femmes... Et
      si l’intention première était de « pérformer les stérotypes de genre pour renverser les dominations » il devrait y avoir beaucoup plus de dragkings et les dragqueen seraient plutot rares.

      Une performance de genre ca peu aussi renforcer les stéréotypes, la performance en soi ca dit rien sur le message et je croi pas qu’un cabaret, destiné à un publique essentiellement masculin, bourgeois et blanc consommateur de prostitution et proche des mafias diverses qui est le contexte du spectacle des dragqueen, soit vraiment profondément intéressé par le bien être des femmes. Et je croi pas que ce milieu le reconnaitrait.

      Comment est ce que des performances destinées à un tel public pourrait avoir un intérêt à faire un spectacle qui ne les ferait pas rire ? Ils sont là pour se moquer de leurs bourgeoises restées à la maison, des femmes trop quelque chose qui leurs sont inaccessibles, des prostitué·es qu’ils vont s’offrir et des femmes toujours trop hystérique, trop maquillées, trop superficielles, trop vénales, trop puissantes, trop cruelles, trop effrayantes, trop monstrueuses dont le drag queen est l’image parfaite.

      Des hommes qui se préforment en femmes pour se divertir, c’est aussi vieux que des blancs qui se préforment en noir·es pour se divertir. Aucun des deux n’est une remise en cause des stéréotypes racistes ou sexistes. La plus part des gens n’acceptent plus de s’amuser des blackfaces quelque soit l’intention des artistes derrière le costume. Je pense que l’idée que les noirs sont là pour servir au plaisir des blancs n’est plus aussi ouvertement assumé, même si le chemin poir l’égalité est toujours à faire dans les mentalités. Il serait temps que la plus part des gens n’acceptent plus de s’amuser des girlfaces. Je sais que l’idée que les femmes sont la pour servir au plaisir des hommes est encore profondément dans les mentalités, mais j’espère qu’on arrivera à comprendre le problème. Je dit pas que le drag n’est plus possible, mais il serait temps que ces performeureuses si talentueuseux et si avide de changer les normes de genre nous offre le spectacles hilarant des caricatures de la masculinités qui sont encore presque universellement inédites, des drag de ces masculinités trop viriles, trop tyranniques, trop stupide, trop prétentieuses, trop cupides, trop égoïstes, trop polluantes, trop ridicules, trop envahissantes, trop agressive, trop visible, trop confiante ...

      #appropriation_culturelle #girlface

    • https://www.telerama.fr/sortir/a-paris,-les-drag-queens-repolitisent-les-fetes-lgbt,n6613111.php

      Créé à l’initiative des trois drag Minima Gesté, Poulette Zhava-Kiki et Clémence Trü, le collectif est officiellement lancé en janvier 2020. Pagaille dévoile son manifeste, qui dénonce des soirées « LGBT+ » pensées uniquement pour un public d’hommes blancs et aisés ; où la misogynie, la transphobie et la putophobie sont monnaie courant . Des discriminations qui persistent, malgré un renouvellement de façade où les étiquettes « trans-pédé-gouines » et « queer », issues du militantisme, s’affichent de plus en plus fièrement. « La fête est un moment où l’on s’échappe de ses oppressions quotidiennes. Évitons d’y reproduire celles que subissent les femmes, les personnes racisées, trans, neuro-atypiques... », souligne Clémence Trü.

  • #Raoul_Peck, auteur de “Exterminate All the Brutes”, sur le suprémacisme blanc : “Je mets sur la table la vraie histoire”
    https://www.telerama.fr/ecrans/raoul-peck-auteur-de-exterminate-all-the-brutes-sur-le-supremacisme-blanc-j

    Salué par la critique américaine après sa diffusion sur #HBO début avril, le documentaire choc “Exterminate All the Brutes” de Raoul Peck s’attaque sans détour aux fondements racistes du suprémacisme blanc en Europe et aux États-Unis. Le cinéaste haïtien nous dévoile en avant-première la genèse de cette œuvre personnelle et universelle, à découvrir cet automne sur Arte.

    C’est certainement l’une des œuvres les plus ambitieuses de Raoul Peck. Son nouveau documentaire Exterminate All the Brutes, dont la diffusion sur la chaîne HBO les 7 et 8 avril a été saluée par la critique aux États-Unis, porte un regard cru et sans détour sur les racines du #suprémacisme_blanc européen et ses ravages à travers les siècles et les continents.

    https://blogs.mediapart.fr/jean-jacques-birge/blog/130421/exterminate-all-brutes-nouveau-chef-doeuvre-de-raoul-peck

    • (Suite de l’article de Télérama)

      Salué par la critique américaine après sa diffusion sur HBO début avril, le documentaire choc “Exterminate All the Brutes” de Raoul Peck s’attaque sans détour aux fondements racistes du suprémacisme blanc en Europe et aux États-Unis. Le cinéaste haïtien nous dévoile en avant-première la genèse de cette œuvre personnelle et universelle, à découvrir cet automne sur Arte.

      C’est certainement l’une des œuvres les plus ambitieuses de Raoul Peck. Son nouveau documentaire Exterminate All the Brutes, dont la diffusion sur la chaîne HBO les 7 et 8 avril a été saluée par la critique aux États-Unis, porte un regard cru et sans détour sur les racines du suprémacisme blanc européen et ses ravages à travers les siècles et les continents. Mettant en relation l’esclavage, le génocide amérindien et la Shoah, le cinéaste haïtien (Je ne suis pas votre nègre, Lumumba) s’attaque aux mythes raciaux nés sur le Vieux Continent.

      Le film, qui mêle graphiques, animations, images d’archives et scènes de fiction, déconstruit en quatre épisodes l’Histoire, telle qu’elle a été écrite par les « vainqueurs » – des stéréotypes sur les Amérindiens dans Alamo (1960) de John Wayne à la révolution haïtienne de 1804. Soit la première révolte d’esclaves réussie de l’ère moderne, pourtant largement ignorée dans les manuels occidentaux. En avant-première pour Télérama, Raoul Peck se confie sur cette nouvelle œuvre à la fois personnelle et universelle, qui devrait être diffusée en France sur Arte en septembre ou en octobre prochain.

      Vous avez décrit ce documentaire comme l’un de vos plus grands défis de cinéaste. Pourquoi ?
      En présentant mon film Je ne nuis pas votre nègre, sur l’auteur afro-américain James Baldwin, dans plusieurs pays, je me suis rendu compte qu’il y avait une grande propension au déni en Europe, et notamment en France, où le suprémacisme blanc était vu comme un problème américain. Je me suis également aperçu d’une certaine « tribalisation » des combats au sein des communautés de la diversité qui ont du mal à trouver un discours commun et créer un front uni, laissant trop de place aux amalgames « souverainistes » et racistes.
      À travers ce documentaire, j’ai donc voulu remonter aux origines du racisme, du privilège blanc et de l’euro-centricité de l’Histoire en mettant en relation éléments historiques, moments personnels et travaux d’universitaires. Ce n’est pas une mince entreprise que de s’attaquer à une déconstruction de plus de sept cents ans d’histoire européenne dans un seul film ! Raconter et mettre ainsi en relation le génocide amérindien, l’esclavage, la Shoah et d’autres crimes collectifs, représente une approche unique au cinéma. Cette communauté humaine porte les blessures d’une histoire commune qui s’est répétée d’un continent à l’autre à des époques différentes.

      HBO vous a donné carte blanche, c’est rare pour une chaîne américaine…
      Ce film est un miracle. C’est en partie le résultat de ma relation personnelle avec Richard Plepler, l’ancien PDG de HBO. Après Je ne suis pas votre nègre, il m’avait gentiment houspillé pendant dix minutes pour ne pas avoir fait le film avec HBO. Il avait fini par me demander ce qu’il en était de mon prochain projet. À l’époque, je n’en savais encore rien. Je lui ai répondu que j’avais besoin de temps, de moyens pour des recherches, de lire et surtout de beaucoup de liberté. Il a dit oui à chacun de ces points.
      Le projet a vraiment pris corps quand j’ai découvert le livre de l’auteur suédois Sven Lindqvist, Exterminez toutes ces brutes !, sur la reconstruction du processus génocidaire, que m’avait passé Laurent Beccaria, éditeur des Arènes. Ça a été un déclic. Tout était là. Puis j’ai complété cette base avec les livres de Roxanne Dunbar-Ortiz sur l’Amérique des peuples indigènes, et de Michel-Rolph Trouillot sur la réécriture de l’Histoire par l’Occident. Avec ces ouvrages, je possédais désormais une solide structure historique. Ajoutez à cela trois ans de travail avec une formidable équipe… et quarante-cinq années de vécu personnel entre Haïti, l’Allemagne, le Congo, la France et les États-Unis.

      Entre les images de votre famille, votre voix off et le récit de vos expériences, vous faites partie intégrante du documentaire. D’ailleurs, vous dites dans le premier épisode que “la neutralité n’est plus une option”. Comment en êtes-vous arrivé là ?
      Cela fait quarante ans que je fais des films dits « engagés », mais je ne peux pas dire qu’ils ont changé le monde. Encore récemment, l’ancien sénateur américain Rick Santorum déclarait qu’il n’y avait personne aux États-Unis avant l’arrivée des colons. Cet homme est collaborateur de la chaîne CNN ! On se demande comment rester diplomate et pédagogue quand d’autres tiennent des propos aussi ostensiblement négationnistes. Il faut arrêter d’être « gentil » et commencer à dire les choses crûment s’il le faut. C’est une question de vie ou de mort, pour l’avenir de tous.

      Le documentaire s’appuie sur des images très variées : graphiques, animations, archives de films, scènes de fiction avec l’acteur Josh Hartnett, qui joue le rôle d’un raciste blanc générique qu’on retrouve dans différents siècles, lieux… Pourquoi recourir à une telle palette ?
      Ma doctrine sur ce plan, c’est celle de Malcolm X : « Par tous les moyens nécessaires. » Je n’ai pas d’autre choix. Compte tenu de mes origines, je n’ai malheureusement pas le privilège de posséder ma propre banque d’archives historiques. Si je veux raconter mon histoire, je suis condamné à utiliser ce qui existe déjà, à déconstruire les archives et à en « fabriquer » lorsqu’elles n’existent pas.
      Comment faire sentir la douleur et la promiscuité d’esclaves dans une cale de bateau ? Comment représenter les dizaines de milliers de cadavres de victimes de la traite négrière reposant au fond des océans ? Il faut inventer ces images, car il n’y en a pas. Mon travail consiste aussi à déconstruire les images existantes, même lorsqu’elles se trahissent elles-mêmes, comme pour la comédie musicale Un jour à New York, de Stanley Donen, avec Frank Sinatra, où les protagonistes dansant dans un musée imitent des personnages africains et amérindiens sur une chanson intitulée Prehistoric Man (« homme préhistorique »). Il y a aussi des images délicates à utiliser, notamment de femmes abusées par les colons. Il fallait faire attention à ne pas les victimiser une nouvelle fois.

      Ce documentaire s’adresse-t-il avant tout aux Blancs ?
      Sur ce plan, je suis proche d’un James Baldwin : il n’a jamais écrit contre les Blancs ou pour les Noirs... Il décrivait l’état des lieux et mettait le doigt là où ça blessait, en déconstruisant comme un psychanalyste ce regard euro-centré. L’extermination n’est pas une affaire de Blancs, de Noirs, de Jaunes ou de Rouges. C’est l’Europe impérialiste qui l’a définie ainsi et mise en action. Mon récit n’est ni une demande de comptes, ni une agression gratuite. Je mets simplement sur la table la vraie histoire, une fois pour toutes, pour ceux qui veulent s’en saisir. Comme l’écrit Sven Lindqvist : « Ce ne sont pas les connaissances qui nous manquent. Ce qui manque, c’est le courage de comprendre ce que nous savons et d’en tirer les conclusions. »

      Après les années Trump et le meurtre de George Floyd en mai dernier par un officier de police blanc, les États-Unis sont-ils plus avancés que l’Europe dans la reconnaissance du suprémacisme blanc ?
      L’Europe et l’Amérique sont profondément ancrées dans le déni, chacune à sa manière. Les États-Unis sont une continuité historique de l’Europe : les Anglais, les Espagnols et les Portugais ont colonisé l’Amérique et ont été les premiers génocidaires. La plus grande puissance au monde a été bâtie sur deux génocides : les Indiens d’Amérique et les Noirs qu’on a transportés comme esclaves. Tant que l’on n’accepte pas les conséquences de ces deux crimes, on ne pourra pas s’entendre. Ce n’est certainement pas une question de dirigeants politiques. On a bien eu Obama… et il a mené à Trump.

  • #CNews, première chaîne d’#intox de France… avec le soutien de l’Élysée

    La semaine dernière, CNews a pour la première fois dépassé #BFMTV en audience. Récompense suprême pour la chaîne qui propage des #fake_news sur des #controverses montées de toutes pièces : documentaire censuré à Orléans, #écriture_inclusive imposée à l’école, #Blanche-Neige victime de la “#cancel_culture”… Plus courageux encore, #Pascal_Praud désigne à la vindicte de la #fachosphère des responsables de services publics. Une action civique qui vaut à l’animateur d’être chouchouté par l’Élysée.

    « Merci à vous tous, chers téléspectateurs, salue #Sonia_Mabrouk mardi dernier. Vous avez placé hier CNews leader des chaînes d’information de France. » Devant BFMTV, et sans que cette dernière perde de part d’audience. La chaîne de #Bolloré a donc su attirer un nouveau public. « C’est une confiance qui nous honore, merci encore. » Une confiance de laquelle Sonia Mabrouk sait se rendre digne. « La guerre contre l’écriture inclusive menée par #Jean-Michel_Blanquer qui veut l’interdire à l’école, annonce-t-elle au sommaire de Midi news. L’écriture inclusive, une attaque contre notre langue et derrière, une idéologie. » Rappelons que Sonia Mabrouk, elle, est dépourvue d’idéologie. « Et puis nous parlerons de tags anti-police et donc anti-France d’une violence inouïe. » Ils ont causé des dizaines de blessés parmi les forces de l’ordre.

    « J’ai remercié les téléspectateurs qui ont placé hier CNews comme la chaîne leader des chaînes d’information, rappelle Sonia Mabrouk après le journal. Je remercie également les invités. De tous bords, c’est très important, chaque jour il y a la diversité des sujets et surtout des tendances. » De la droite extrême à l’extrême droite en passant par la gauche d’extrême droite, comme nous allons le vérifier. « Le ministre de l’Éducation a dit : Ça suffit ! Stop l’écriture inclusive à l’école !, relaie la présentatrice. — Il faut savoir l’enfer qu’on vit dans beaucoup de collectivités, gémit #Rudolph_Granier conseiller LR de Paris. À Grenoble, ils ont décidé de la rendre obligatoire dans les délibérations, c’est déjà le cas à la mairie de Paris. » Il faudrait mettre en place une cellule de soutien psychologique pour Rudolph Granier et ses collègues. « Moi, je pense aux personnes qui sont dyslexiques, qui sont aveugles. » Les aveugles ? Ils n’ont pas grand-chose à voir dans cette histoire.

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    « Ça concerne les universités, Sciences Po, l’EHESS, Normale Sup, énumère Élisabeth Lévy. La triade des sciences humaines s’adonne à ça. Et si des profs ne mettent pas leurs demandes de financement en écriture inclusive, ils ont toutes les chances de se faire retoquer. » Information inventée de source sûre. « On est encore l’otage de groupuscules. » Terroristes. Le seul invité de tous bords de gauche prend la parole. « Autant je suis pour qu’on dise “madame la ministre”, revendique #Philippe_Doucet, du PS, mais je suis contre cette histoire d’écriture inclusive. » Ouf, les « socialistes » ne cèdent pas à la pression des preneurs d’otages. « Mais pourquoi le ministre de l’Éducation fait cela ? » s’auto-interroge Sonia Mabrouk pour mieux s’auto-répondre : « L’écriture inclusive et la théorie du #genre ont pris le dessus par exemple au #CNRS, c’est ce que vise le ministre. » Philippe Doucet fait assaut de bonne volonté : « Je suis contre la #culture_woke et pour la République. » Rappelons que l’écriture inclusive menace la République, ses partisans étant notoirement friands de dictature militaire.

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    Sonia Mabrouk psalmodie : « Écriture inclusive, #femellisme, disent certains, mais aussi discours décoloniaux… » Sans oublier l’#islamo-gauchisme racialiste. « Il y a des militants, il faut les appeler ainsi, qui pensent tordre le cou au réel et changer la cité en corrigeant les #mots. » Rappelons que Sonia Mabrouk, elle, n’est pas militante. « Ces révolutionnaires de salon me font sourire, commente #Ludovic_Mendes, de LREM. Quand on dit à un gamin de CP qui a des difficultés parce qu’il est en apprentissage de la lecture qu’on va lui rajouter l’écriture inclusive… » Information fantasmée de source sûre : partout en France, les élèves de CP sont contraints par les professeurs des écoles d’apprendre l’écriture inclusive.

    Sonia Mabrouk résume : « En gros, vous êtes tous d’accord. » Magie de la « diversité des tendances » des « invités de tous bords ». « L’écriture inclusive, vous dites : absurdité et non-sens linguistique. Mais je voudrais vous pousser plus loin. » Un peu plus à droite, si c’est possible. Élisabeth Lévy ne se fait pas prier. « La question, c’est : de quelle minorité sommes-nous otages ? Y compris chez les socialistes, chez les Verts, dans toute l’extrême gauche 3décolonialo-indigéno-je-ne-sais-quoi. On est #otages de gens qui représentent des #groupuscules. — Oui mais parfois les #minorités font l’histoire, alerte Sonia Mabrouk. Quand vous êtes à des postes très élevés, ça peut ruisseler. — Ça peut infuser », confirme Philippe Doucet. C’est d’autant plus dangereux que, selon Élisabeth Lévy, « le combat de la place des femmes dans la société, il est gagné ». L’emploi de l’écriture inclusive conduirait tout droit à une #dictature_féminazie.

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    « Avant de parler de beaucoup d’informations sur la violence qui règne dans nos villes, annonce Pascal Praud la veille au soir, l’écriture inclusive. Vous savez qu’on essaye de mener modestement ce débat. » Cette #croisade. « Dans une interview au JDD, Jean-Michel Blanquer a rappelé l’existence de la circulaire d’Édouard Philippe qui en 2017 interdisait l’usage administratif de l’écriture dite “#épicène”. » Épicène, vraiment ? L’adjectif désigne un mot qui s’écrit au masculin comme au féminin. Blanquer va donc interdire l’emploi du mot « élève », un comble pour un ministre de l’Éducation… Mais puisque c’est une information vérifiée par Pascal Praud… « Et il demande que l’écriture inclusive ne soit pas utilisée à l’école. J’ai envie de dire : Enfin ! Enfin, il se réveille ! » Il a dû regarder CNews, où Pascal Praud mène un combat quotidien contre l’écriture inclusive.

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    L’animateur relaie scrupuleusement les arguments du ministre : « Mettre des points au milieu des mots est un barrage à la transmission de notre langue pour tous, par exemple pour les élèves dyslexiques. » En revanche, apprendre à écrire « du cidre et des crêpes bretons » est une facilité pour les élèves dyslexiques. « Je rappelle que la mairie de Paris fait ses communiqués en écriture inclusive. Je rappelle que le site de France 2 est en écriture inclusive. — L’université est en écriture inclusive, chouine #Ivan_Rioufol. — L’université, quand t’écris pas ta thèse en écriture inclusive, t’es mis dehors ! » Information inventée de source sûre.

    « Vous êtes injuste, proteste toutefois Ivan Rioufol, il me semble avoir entendu Blanquer le dire plusieurs fois. — Y a que nous qui le disons ! À l’université, c’est un scandale ! Tu peux prendre des sanctions, quand même ! » Condamner les profs à des peines de prison. « Pourquoi le président de la République n’a rien dit sur ce coup-là ?, s’étonne #Jean-Claude_Dassier — Il dit rien, le ministre de la Culture non plus… Tous les thèmes qui fâchent, de toute façon ! » À peine s’ils dénoncent l’islamo-gauchisme. « Je crois savoir que c’est assez marginal, tente l’avocate Sophie Obadia. — C’est pas du tout marginal à l’université, réplique Pascal Praud. — En #sciences_sociales, précise Ivan Rioufol. — C’est la terreur ! » Selon des témoignages fabriqués de source sûre.

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    Sophie Obadia se range à la diversité des tendances des invités de tous bords : « Que ce soit enseigné, malheureusement, oui. Mais les étudiants n’y parviennent pas. C’est d’une complexité effarante. — C’est moralement illisible, ajoute Ivan Rioufol. — Sur le plan cognitif, c’est improbable, insiste l’avocate. — Ça devrait être considéré comme nul et non avenu, tranche Jean-Claude Dassier. — Le féminin d’entraîneur, c’est quoi ?, demande Jean-Louis Burgat. — Entraîneuse, répond Jean-Claude Dassier. — Vous voyez, y a des choses qui sont impraticables. — Ce qui est très inquiétant, geint Ivan Rioufol, c’est de voir à quel point une #moutonnerie peut amener à un #conformisme. » Les participants à L’heure des pros, eux, sont aussi anticonformistes que Jean-Michel Blanquer. « En sciences sociales, dans les universités, si vous ne faites pas de thèse en écriture inclusive, vous n’êtes pas lu ou vous avez deux points. » Information fabulée de source sûre. Pascal Praud en ajoute une : « Y a des profs qui ne répondent pas aux mails des étudiants quand ils ne sont pas en écriture inclusive. — Et Mme Vidal ne dit rien, peste Jean-Claude Dassier. — C’est peut-être pas la priorité, tente Sophie Obadia. — Mais c’est la priorité !, rage Pascal Praud. — Ah ben si, c’est la priorité ! », appuie Ivan Rioufol.

    La priorité de mercredi est tout aussi anticonformiste. « Est-ce que dans Blanche-Neige, vous vous souvenez de la fameuse scène du baiser, quand le prince charmant se penche sur Blanche-Neige pour la réveiller ?, demande Sonia Mabrouk. Est-ce que vous y avez vu un baiser non consenti ? » #Olivier_Dartigolles réagit : « La polémique est ridicule » Tellement ridicule qu’elle a été montée de toutes pièces par la fachosphère et relayée par #FoxNews à partir d’un obscur blog qui faisait la promotion d’une nouvelle attraction de Disneyland. Mais, pour Sonia Mabrouk, « ça va loin. Parce que Disney se demande que faire de cette scène, est-ce qu’il ne faut pas la couper ». Information supputée de source sûre. « Évidemment on crie tout de suite à la cancel culture. » Sur CNews.

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    « Qu’est-ce que vous en pensez, #Laurent_Jacobelli ? — Je pense que c’est ridicule », répond le porte-parole du RN. Qui suggère illico la prochaine fake news susceptible de provoquer de passionnants débats ridicules : « En plus, dans le nom Blanche-Neige, il y a “blanche” donc on va nous demander de le changer. Est-ce qu’on doit ridiculiser le débat, l’amoindrir à ce niveau au point de chercher le mal partout ? » Sur CNews, oui, c’est même un credo. « Arrêtons avec cette #censure permanente. » Voyez comme les bobards des journalistes de CNews sont affreusement censurés. « La moindre image, le moindre mot donne lieu à un procès. » Sans parler des terribles remontrances du CSA.

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    « Mais jusqu’où on va aller ?, insiste Sonia Mabrouk Jusqu’où cet activisme peut aller pour effacer… parce qu’il y a de véritables pressions… » À son tour, la journaliste imagine une fake news susceptible de provoquer de passionnants débats ridicules : « Peut-être que la prochaine étape, c’est de dire que les sept nains, c’est un gang bang… » Et Bambi une victime du lobby de la chasse. « Faut-il voir derrière les tenants de l’idéologie intersectionnelle, de la cancel culture, etc. ? » Sur CNews, oui. « Ou est-ce que vous dites : on prête trop d’attention à ces minorités ? » Sur CNews, c’est certain. « Il y a un véritable engagement politique derrière cela. » De l’extrême gauche décolonialo-indigéno-je-ne-sais-quoi, a démontré Élisabeth Lévy.

    #Kevin_Bossuet, enseignant et coqueluche de la fachosphère, s’insurge, absence de preuves à l’appui : « On veut tout dénaturer, tout détruire, tout ce qui constitue le socle de notre identité et de notre civilisation. » Selon nos informations forgées de toutes pièces. « On pointe l’œuvre du #patriarcat partout, c’est profondément ridicule et dangereux. » Il faut sauver le patriarcat. « Le débat sur l’écriture inclusive, c’est exactement le même processus. » Effectivement : on monte en épingle une menace imaginaire pour pouvoir propager des idées réactionnaires. « Vous avez des manuels scolaires, des enseignants qui utilisent de l’écriture inclusive … » Information rêvée de source sûre. « On peut se poser des questions sur l’#idéologie de ces personnes. » En revanche, pas la peine de se poser des questions sur l’idéologie de toutes tendances des invités de tous bords de CNews.

    « On est en train de recréer la censure, se désespère Laurent Jacobelli, de restreindre la possibilité d’exprimer une opinion, on le voit sur les plateaux télé. » Surtout sur CNews. « Il faut arrêter qu’une toute petite minorité impose sa #dictature_intellectuelle à une grande majorité. » D’invités de CNews. L’avocat Carbon de Sèze conclut « C’est pas à des amateurs de révision des œuvres artistiques d’imposer les thèmes de discussion. » Non, c’est à des amateurs de révisionnisme de les imposer sur le fondement de fausses informations.

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    Le 30 avril, Pascal Praud impose un autre « débat » sur un nouveau scandale fantasmé, « l’#affaire_d’Orléans. L’histoire extravagante du programme financé par la mairie qui devait passer sur France 3 Centre-Val-de-Loire et qui finalement est censuré. — Oui, il est censuré », confirme #Serge_Grouard, maire LR d’Orléans et habitué de L’heure des pros. Le bandeau le clame, « France 3 censure un programme sur #Jeanne_d’Arc ». En réalité, comme l’a très bien raconté cet article d’Arrêt sur images, France 3 a renoncé à programmer un #documentaire sur les « #fêtes_johanniques » (qu’elle ne s’était jamais engagée à diffuser) quand elle s’est aperçue qu’il s’agissait d’un film promotionnel réalisé par la municipalité et commenté par la voix de #Charlotte_d’Ornellas, journaliste de Valeurs actuelles, figure de la fachosphère abonnée aux plateaux de CNews.

    Pascal Praud, comme Sonia Mabrouk, préfère « crier à la cancel culture » d’inspiration soviétique : « Qu’il y ait des petits commissaires du peuple dans le service public d’information et notamment à France 3 n’étonnera personne. Ça s’appelle des petits commissaires du peuple, insiste-t-il. Dans le service public, ce sont les rois. » L’animateur s’adonne alors à l’une de ses méthodes favorites : désigner le nom du coupable à la vindicte de centaines de milliers de téléspectateurs nourris de fausses informations.

    « On est en train d’essayer d’appeler M. Basier, il veut pas répondre. » Le lâche. « Jean-Jacques Basier, je vais donner son nom plusieurs fois. Jean-Jacques Basier, directeur régional de France 3 Centre-Val-de-Loire. » Son adresse et son numéro de téléphone, peut-être ? « C’est une police de la pensée, s’insurge Serge Grouard. — Ils ont des mentalités d’épurateurs, ajoute Ivan Rioufol. — Exactement, c’est les mêmes qui auraient tondu à la Libération. » Puisque Rioufol et Praud me tendent la perche du point Godwin, qu’il me soit permis de subodorer que ces Praud et Rioufol sont les mêmes qui auraient dénoncé des juifs sous l’Occupation. Quoiqu’il en soit, leur lynchage public a des effets dans la vie réelle : le directeur régional de France 3 est l’objet d’une campagne de #harcèlement sur les réseaux sociaux mais aussi sur sa propre messagerie vocale. Avec d’explicites #menaces_de_mort, rapporte un communiqué syndical.

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    Une autre affaire montre que ce goût pour la #délation peut avoir de graves conséquences sur les personnes désignées à la furie de la fachosphère.. Jeudi soir, l’émission À l’air libre, réalisée par Mediapart, reçoit #Anne-Laure_Amilhat_Szary, directrice à Grenoble du laboratoire Pacte du CNRS. Je conseille vivement de regarder son témoignage (en accès libre) pour prendre la mesure de la gravité des agissements de M. Pascal Praud. Ce dernier a mis en cause l’universitaire lors de l’affichage des noms de deux professeurs de Sciences Po Grenoble accusés d’islamophobie. Affichage que l’intéressée a toujours vigoureusement condamné. Affichage consécutif à une controverse entre un prof militant et une chercheuse de son laboratoire qu’Anne-Laure Amilhat-Szary a défendue dans un communiqué ensuite falsifié par #Klaus_Kinzler, le prof en question.

    Pascal Praud s’est empressé d’inviter ce professeur, qui déclare alors : « Un grand chercheur directeur de laboratoire de recherche se met en dehors de la science. Il ne comprend même pas, c’est une femme d’ailleurs, elle ne comprend même pas ce que c’est, la science. — Ce laboratoire, Pacte, avec cette dame…, rebondit Pascal Praud. Je vais citer son nom, Anne-Laure Amilhat-Sza… Szaa… Szary. » La délation est un métier. « Cette dame-là, c’est la directrice du laboratoire mais cette dame, c’est une militante. — C’est une militante. C’est des gens qui ne réfléchissent même pas. — Oui mais qui se croient tout permis et qui avancent avec le sentiment d’impunité. C’est très révélateur, on voit le #terrorisme_intellectuel qui existe dans l’université à travers leur exemple. »

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    Sur le plateau de Mediapart, Anne-Laure Amilhat-Szary raconte la suite. « La ministre de l’Enseignement supérieur dit que c’est insensé de livrer des noms d’enseignants-chercheurs à la vindicte des réseaux sociaux, or ça a été mon cas. J’ai fait l’objet d’une campagne diffamatoire avec menaces de mort nombreuses et répétées. » Au point de devoir porter plainte pour « #cyber-harcèlement et menaces de mort ». « Comment vous avez vécu tout ça ?, demande Mathieu Magnaudeix. — Mal. Et comme la preuve que l’intersectionnalité est une bonne grille d’analyse puisque j’ai fait l’objet d’insultes islamophobes, antisémites, sexistes, avec une critique de mon physique avec mon portrait transformé… Je vous laisse imaginer le pire. » Le pire sciemment provoqué par Pascal Praud.

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    « Je n’ai pas de protection judiciaire, regrette Anne-Laure Amilhat-Szary. Elle a été demandée et on n’en a plus jamais entendu parler. La ministre a défendu des personnes qui ont effectivement été mises en danger par des affichages criminels et moi, je me débrouille toute seule. » Comme se débrouillent toutes seules les journalistes #Morgan_Large et #Nadiya_Lazzouni, respectivement victimes d’#intimidations (dont un sabotage de voiture) et de menaces de mort, sans qu’elles obtiennent la #protection_policière demandée — et soutenues par de nombreuses organisations de journalistes.

    En revanche, Emmanuel Macron n’hésite pas à téléphoner à #Eric_Zemmour, quand il est agressé dans la rue, pour l’assurer de son soutien. De même, #Christine_Kelly, la faire-valoir de #Zemmour, est promptement reçue à l’Élysée quand elle reçoit des menaces de mort (évidemment inadmissibles, quoiqu’on pense de son travail).

    Quant à Pascal Praud… Non seulement ses délits de « mise en danger de la vie d’autrui par diffusion d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle » (que le gouvernement se vante d’avoir inclus dans la loi Séparatisme) n’entraînent aucune poursuite, mais ils lui valent le soutien enamouré du pouvoir. Dans un article du Monde, Ariane Chemin raconte comment le journaliste de CNews est reçu avec les honneurs à Matignon, à la questure de l’Assemblée (où le reçoit le député Florian Bachelier, habitué de ses émissions) et même à l’Élysée. Emmanuel Macron et son conseiller #Bruno_Roger-Petit entretiennent des contacts réguliers avec Pascal Praud, allant jusqu’à lui livrer des infos en direct. Ariane Chemin explique que Bruno Roger-Petit, « le “M. Triangulation” de l’Élysée, scrute depuis longtemps CNews, qui relaie souvent les obsessions de l’extrême droite et a pour lui le même avantage que Valeurs actuelles : cliver l’opinion en deux camps sans laisser beaucoup de place à d’autres courants de pensée ».

    Ainsi, le pouvoir actuel, et jusqu’à son plus haut sommet, utilise et protège un délinquant d’extrême droite propagateur de fausses nouvelles. La campagne pour la présidentielle s’annonce terrifian… pardon, passionnante.

    https://www.telerama.fr/ecrans/cnews-premiere-chaine-dintox-de-france...-avec-le-soutien-de-lelysee-687576

    #infox

    –—

    ajouté au fil de discussion sur l’#affaire_de_Grenoble :
    https://seenthis.net/messages/905509

    ping @isskein @karine4

    signalé ici aussi :
    https://seenthis.net/messages/915057

  • CNews, première chaîne d’intox de France… avec le soutien de l’Élysée | Samuel Gontier
    https://www.telerama.fr/ecrans/cnews-premiere-chaine-dintox-de-france...-avec-le-soutien-de-lelysee-687576

    La semaine dernière, CNews a pour la première fois dépassé BFMTV en audience. Récompense suprême pour la chaîne qui propage des fake news sur des controverses montées de toutes pièces : documentaire censuré à Orléans, écriture inclusive imposée à l’école, Blanche-Neige victime de la “cancel culture”… Plus courageux encore, Pascal Praud désigne à la vindicte de la fachosphère des responsables de services publics. Une action civique qui vaut à l’animateur d’être chouchouté par l’Élysée. Source : Ma vie au poste

  • Intelligence artificielle : l’Europe face aux apprentis sorciers
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/intelligence-artificielle-leurope-face-aux-apprentis-sorciers-6865602.php

    Alors que l’intelligence artificielle ne cesse de se développer, la Commission européenne vient de présenter son projet pour réguler les technologies numériques dans “le respect de l’humain”. Mais cette volonté d’encadrement est-elle tenable face aux appétits des géants chinois et américains ?

    Évoquant l’équilibre, Julien Gracq disait qu’« il suffit d’un souffle pour tout faire bouger ». Dans le rôle du funambule, la Commission européenne vient de publier son projet de règlement sur l’intelligence artificielle (IA). Alors que celle-ci s’insinue partout, charriant son lot de promesses – parfois intenables – et de prophéties autoréalisatrices, l’Europe prend l’initiative, selon la commissaire Margrethe Vestager, d’« élaborer de nouvelles normes qui garantiront une IA sûre, tournée vers le progrès et centrée sur l’humain ». Privilégiant une approche fondée sur le risque, Bruxelles cherche une ligne de crête qui permettrait d’encadrer ce nouvel eldorado sans l’interdire, de respecter les libertés sans hypothéquer l’innovation. Mission impossible ?

    Le sandwich sino-américain

    Trois ans après l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD), régulièrement salué comme une avancée dans le champ du respect de la vie privée, l’Europe veut remettre le couvert et se positionner comme le champion de la régulation technologique. Le couloir de nage est néanmoins étroit : coincée entre un modèle américain prédateur des données personnelles et un paradigme chinois fondé sur le contrôle social dopé aux algorithmes, l’Union européenne connaît une impuissance relative. Pas facile d’être un gendarme en 2 CV quand les go fast roulent en Maserati.

    Thierry Breton, le commissaire au marché intérieur, a beau répéter que « l’UE doit organiser l’univers numérique pour les vingt prochaines années », en matière d’intelligence artificielle, le futur s’écrit pour l’heure à Shenzhen ou en Californie plutôt qu’à Bruxelles. Il suffit par exemple de jeter un œil curieux sur une présentation déclassifiée de la Commission de sécurité nationale sur l’intelligence artificielle (NSCAI), qui conseille le Congrès et oriente la politique technologique des États-Unis. L’organe, présidé par Eric Schmidt, ancien patron de Google, y déplore l’avance du rival chinois dans des domaines aussi variés que « les véhicules autonomes, les villes intelligentes, les services de transport ou les échanges dématérialisés ». Et affirme sans détours dans une diapositive : « La surveillance est le meilleur client pour l’intelligence artificielle. »

    De quoi mettre à mal les bonnes volontés européennes, pourtant bien réelles. Si la Chine – qui vise une économie de l’IA valorisée à 150 milliards de dollars d’ici à 2030 – n’est pas nommée dans le document de la Commission, son fameux « crédit social », au nom duquel chaque individu se voit attribuer une note modulée en fonction de ses actions quotidiennes, est agité comme un repoussoir absolu : l’Europe suggère ainsi d’interdire ces outils, qui portent « un préjudice systémique à certains individus ou groupes de personnes ».

    Exceptions sécuritaires…

    Autre point saillant : l’identification en temps réel dans l’espace public, qui serait également proscrite. La recommandation a de quoi surprendre quand on sait qu’en janvier 2020 l’Union européenne a renoncé à un moratoire de cinq ans sur la reconnaissance faciale. Mais le diable se niche dans les détails : primo, la biométrie intrusive resterait possible a posteriori ; deuxio, le texte prévoit plusieurs exceptions qui permettraient aux autorités de recourir à ces technologies. Si une première version du texte (ayant fuité la semaine dernière) se contentait d’une grossière dérogation sécuritaire, le projet final réduit les cas d’usage à trois situations : la recherche de victimes et d’enfants disparus, la prévention d’actes terroristes imminents et la localisation de personnes recherchées par la police pour des crimes punis d’au moins trois ans de prison.

    Le projet de règlement mentionne également les intelligences artificielles utilisées aux limites de l’espace communautaire, susceptibles d’« affecter des personnes en situation vulnérable ». Ces outils seraient considérés comme « à risque » et donc assujettis à des contrôles particuliers, sans pour autant être bannis. Ce n’est pas neutre : sous l’égide de Frontex, l’agence européenne de gardes-frontières, l’Europe mobilise drones, caméras thermiques et autres détecteurs de fréquence cardiaque pour refouler – illégalement – les migrants. Or, comme le rappelait le collectif Border Violence Monitoring Network dans un rapport récent, ces technologies répressives contribuent à les déshumaniser, légitimant les violences commises à leur encontre par la police.

    … et péril pseudoscientifique

    Plus surprenant, le projet de règlement reste particulièrement flou au sujet des « systèmes de catégorisation biométriques », autorisant et mettant sur le même plan des IA capables de classer les individus en fonction de leur couleur de cheveux et d’autres qui prétendent les ordonner suivant leur origine ethnique ou leur orientation sexuelle. Inacceptable pour une quarantaine d’eurodéputés. Dans un courrier adressé à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ils réclament l’interdiction pure et simple de telles pratiques, « qui réduisent la complexité de l’existence humaine à une série de cases binaires, risquant de perpétuer de nombreuses formes de discrimination ». Le péril n’est pas seulement théorique : il y a quelques mois, un chercheur américain, déjà à l’origine d’un « gaydar » dopé à l’intelligence artificielle, publiait un article scientifique dans la revue Nature, affirmant qu’on peut inférer les opinions politiques d’un individu grâce à la reconnaissance faciale.

    En l’état, cet angle mort du texte européen pourrait contribuer à ressusciter les pseudosciences racistes du XIXe siècle, au premier rang desquelles la physiognomonie, qui prétend examiner le langage animal du corps et déduire la personnalité d’un individu sur la foi des traits de son visage. Largement utilisée par les eugénistes pour soutenir leurs thèses, cette discipline dangereuse revit aujourd’hui sur un marché émergent de la détection des émotions, boosté par la pandémie. La physiognomonie est par exemple à l’origine de la start-up Clearview AI, l’épouvantail de la reconnaissance faciale, aujourd’hui poursuivie aux États-Unis pour avoir illégalement bâti une base de données de 3 milliards de visages. Appelant récemment à une régulation drastique de l’identification des affects, la chercheuse australienne Kate Crawford évoquait la nécessité de résister à « la pulsion phrénologique », un autre charlatanisme selon lequel nos caractères dépendent de la forme de notre crâne : « Nous devons rejeter la mythologie selon laquelle nos états d’âme sont un jeu de données qu’on pourrait extraire de nos visages. » Le pays moteur dans ce secteur infréquentable ? La Chine.

    #Frontex #algorithme #CCTV #drone #biométrie #migration #température #données #facial #législation #reconnaissance #vidéo-surveillance #BigData #surveillance (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_

  • Derek Chauvin coupable : une évidence en France, pays où l’impunité policière n’existe pas | Samuel Gontier
    https://www.telerama.fr/ecrans/derek-chauvin-coupable-une-evidence-en-france-pays-ou-limpunite-policiere-n

    Pour Abnousse Shalmani, chroniqueuse sur LCI, le meurtre de George Floyd n’a rien à voir avec un quelconque racisme. Quant à la reconnaissance de la culpabilité de Derek Chauvin, si elle a surpris aux États-Unis, c’est que la police y jouit d’une impunité inimaginable en France. David Pujadas approuve. Source : Télérama.fr

  • Morgan Large, journaliste victime de malveillance : “Je casse le roman agricole breton” | Louis Borel
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/morgan-large-journaliste-victime-de-malveillance-je-casse-le-roman-agricole

    Journaliste à Radio Kreizh Breizh, Morgan Large a subi insultes, menaces et sabotage : des tentatives d’intimidations pour avoir dénoncé les dérives de l’agriculture intensive en Bretagne. Aujourd’hui, la journaliste souhaite porter plainte. Et compte poursuivre ses enquêtes. Source : Télérama.fr