Affaire Benalla : à LREM, le sale air de la peur

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  • J’aime bien l’idée qu’il y a les médias à fake news d’un côté, et d’un autre nos grand médias mainstream, responsables et propres. Au point de vouloir un loi contre les « fake news », suite à l’odieuse rumeur de la présidentielle française, à propos de Macron, cette rumeur qu’on évoque sans en parler, juste un truc agité alors par les affidés de Poutine ou de Le Pen. Je trouve ça trop mignon.

    Et puis voilà l’affaire Benalla, et tu tombes tout de même sur de bien étranges tournures dans nos médias sérieux, fact checkés (et fact checkeurs des autres)…

    Le Figaro (20 juillet) reproduit cette question de Wauquiez qui, sans relance ou précision, relève de la diffamation ou du complotisme :
    http://www.lefigaro.fr/politique/2018/07/20/01002-20180720ARTFIG00269-laurent-wauquiez-sur-l-affaire-benalla-une-republ

    De quels secrets Benalla est-il le détenteur pour avoir été ainsi protégé ?

    (mais non, c’est pas de la diffamation ni du complotisme, puisque c’est juste une question avec un point d’interrogation à la fin).

    L’Express conclut sa passionnante enquête du 19 juillet, sur le thème Quand Benalla skiait avec Macron par ce paragraphe dans le plus pur style « je dis rien mais on se comprend » :
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/quand-benalla-skiait-avec-macron_2026561.html

    La relation d’Alexandre Benalla avec Emmanuel Macron a longtemps étonné à l’Elysée et ailleurs. « Dans leur comportement, explique un témoin privilégié de la vie au Palais, on constate une grande proximité ». En tout cas, suffisamment proche pour être le seul membre du cabinet élyséen présent lors du séjour au ski fin 2017, en plus de l’équipe de sécurité.

    Le Point, dans son portrait d’un « collaborateur au “sang chaud” », le même jour, termine exactement de la même manière, tout en basculant de la « grande proximité qui a longtemps étonné » au champ sémantique de la « relation particulière » :
    http://www.lepoint.fr/politique/alexandre-benalla-le-collaborateur-au-sang-chaud-de-macron-19-07-2018-223754

    Si l’Élysée protège autant Benalla, c’est que le président fonctionne aussi à l’affect. « Alexandre fait partie de son entourage depuis le début », explique un conseiller politique de la majorité. « Il y a une relation particulière qui s’est liée entre eux. Benalla vit avec le chef de l’État et sa femme, il est de tous les déplacements officiels comme privés. »

    Cette toute dernière citation est d’ailleurs la seule mise en exergue dans l’article.

    Et dans Libération, le 20 juillet, c’est même une sorte de compilation dans ce genre « les points d’interrogation pour éviter le procès en diffamation, mais je pose quand même ça là » :
    http://www.liberation.fr/france/2018/07/20/affaire-benalla-a-lrem-le-sale-air-de-la-peur_1667955

    En coulisse, les questions se bousculent. Pourquoi une telle mansuétude de la part d’un président qui se targue de n’avoir pas la main qui tremble quand il pousse à la démission le chef d’état-major des armées ? Cette question en appelle d’autres, dont beaucoup soupçonnent qu’elles peuvent toucher à l’intimité du couple présidentiel que Benalla accompagnait jusque dans ses lieux de villégiature. Aux premières loges, pendant la campagne, à l’heure du triomphe, et probablement aussi dans les moments difficiles, le jeune cerbère des Macron serait-il détenteur de secrets ?

    C’est exponentiel, toutes ces questions qui se bousculent et qui, en même temps, en appellent d’autres … Comme par exemple : d’un point de vue journalistique, c’est qui, exactement, ces « beaucoup » qui, « en coulisse », « soupçonnent qu’elles peuvent toucher à l’intimité du couple présidentiel » ? Parce qu’il y en a aussi « beaucoup » qui soupçonnent que la terre est plate, mais ça ne devient pas une phrase de conclusion d’un article dans Libération… Vraiment, c’est qui, ces anonymes « beaucoup » qui ont droit de citation dans le journal ?

    #je_sais_rien_mais_je_dirai_tout
    #nudge_nudge_say_no_more_say_no_more

    • On le sait que tous, ils ne font qu’agir en meute afin de suivre leur agenda, qui se trouve la plupart du temps être celui des élites, les fameux milliardaires et autres membres du CAC40... pour ce qui concerne la France.
      Alors, là, on respire, on se dit « chouette, le 4ème pouvoir est un contre-pouvoir », et à lire ce que tu mets en citation, on se dit « ça alors, ils disent pour ainsi dire la même chose que Sputnik - qui lui ne posait même pas les questions, il ne faisait que relayer les mots des autres ».

      Mais non. Ils ont tous les mêmes éléments de langage. Tous ensemble, en même temps. Et ça ne nous étonne même pas. On est tous épatés de voir Mmacron en difficultés.

      Il s’agirait alors d’une mise au pas de l’Elysée ? Je mets moi aussi le point d’interrogation. Comme d’autres ailleurs.

      Qui veut le mettre au pas ? Et pourquoi ?

      A moins que ces éléments de langage soient déjà en eux-même des contrefeux pour ne pas perdre le contrôle.

      On en devient chèvre à les lire, tous...

    • Sorry, je recommence. La presse ne semble pas vouloir relayer explicitement les rumeurs insistantes concernant la bisexualité de Macron, comme ce fut le cas pour l’existence de la fille adultérine de Mitterrand. Le « drame passionnel » voilà une « explication cachée » des faveurs dont jouissait Benalla qui permettra peut-être de mieux travestir le poisson le moment venu.

    • – Sur le fait de relayer ou non les rumeurs, ce n’est pas exactement ce qui me marque ici. C’est plus cette façon extrêmement faux-cul de laisser entendre qu’on saurait des choses mais qu’on ne le dit pas. Le « beaucoup soupçonnent que… l’intimité du couple… jeune cerbère… détenteur de secrets… » dans Libé, c’est vraiment une horreur dans le genre, mais pourtant quand le thème paranoïaque de la chasse anti-fake-news-russes va bien finir par nous arriver des États-Unis (c’est déjà a thing en Grande-Bretagne par exemple), on nous refera le coup des gentils médias fact-checkeurs et responsables face aux vilains médias pas sérieux pro-Poutine.

      Je veux dire : comment on concilie cette façon de tourner des phrases de manière aussi peu, hum, professionnelle, avec le fait de se prétendre le média de « Desintox » et de « Checknews » ?

      – Sur « travestir le poisson », à partir du moment où tout le monde fait mine de croire que ce qu’a fait ce « cowboy au sang chaud » serait contraire au travail ou aux « valeurs » des gentils policiers, gendarmes et CRS, dans leur gestion habituelle des manifs, c’est déjà largement achevé, non ?