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  • Covid-19, la course aux vaccins , de Catherine Gale (RU-EU, 2021, 91 min). Sur Arte.tv jusqu’au 17 septembre.

    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/07/20/covid-19-la-course-aux-vaccins-sur-arte-explique-comment-les-laboratoires-on

    Un documentaire, très pédagogique, suit cinq équipes de chercheurs, dans leurs laboratoires mais aussi chez eux, en Chine, aux Etats-Unis, en Europe et en Australie, pendant quinze mois.

    https://www.arte.tv/fr/videos/104055-000-A/covid-19-la-course-aux-vaccins

  • Quand l’armée engage des auteurs de science-fiction pour imaginer les menaces du futur
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/07/07/quand-l-armee-engage-des-auteurs-de-science-fiction-pour-imaginer-les-menace

    Le problème du "saut temporel, c’est qu’il fait fi des débats, pratiques, affrontement partiels qui accompagnent la création d’une situation donnée. Ce monde réel fait la différence avec la SF comme roman.
    Le scénario des « safe sphères » est une pale reproduction des articles anxiogènes sur les médias sociaux... sans tenir compte de l’effet des travaux universitaires contre les monopoles de la pensée numérique, tels qu’on les voit se déployer aujourd’hui après plusieurs années de dénonciation argumentée.
    Tirer des tendances fait de bons bouquins... mais pas forcément de la bonne futurologie dans un monde complexe. Et notre monde est complexe.

    Efficaces pour limiter les conflits entre communautés, puisque tout citoyen vit à l’abri de ce qui pourrait le heurter, ces « safe spheres » (littéralement, « sphères sûres ») ont fini par provoquer une fragmentation du corps social, encouragée par certaines puissances politiques. A commencer par la Grande Mongolie, issue d’une scission politique de la Chine et très portée sur la manipulation pour parvenir à dominer la planète. Tandis que la Grandislande se désagrège peu à peu, l’armée française décide d’exfiltrer ses ressortissants, ce qui n’est pas une mince affaire : 200 000 Français vivent dans ce pays très déréglementé, beaucoup d’entre eux soumis aux safe spheres et perméables à toutes sortes de « fake news », qui menacent de contaminer les militaires français eux-mêmes. Mais comment désactiver ces prisons cognitives, dans un Etat qui n’assure plus sa mission et où l’essentiel de la vie passe par ces bulles, y compris les données de santé ou administratives ?
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Se faire servir un cocktail par une pieuvre ou ouvrir un casino : le « métavers », univers virtuel de tous les possibles

    Réponse à partir du 8 juillet, sur le site Redteamdefense.org. Où l’on verra, bien sûr, que ce monde horrifique n’existe pas encore, même s’il est facile d’en distinguer quelques prémices dans le nôtre. Une fable, donc, mais pas sortie, comme on pourrait le croire, du cerveau d’un seul auteur de science-fiction (SF). Intitulé « Chronique d’une mort culturelle annoncée », ce scénario ne prétend d’ailleurs pas être une œuvre littéraire : il s’agit en fait d’une commande de l’armée française, mise en mots et en images par un groupe d’écrivains, scénaristes, illustrateurs et graphistes civils, dont certains bien connus dans leur domaine, comme Laurent Genefort, Xavier Mauméjean, DOA, le scénariste et coloriste Xavier Dorison ou le dessinateur et scénographe belge François Schuiten. La Red Team, c’est son nom, résulte d’une collaboration innovante entre le ministère des armées, l’université Paris sciences & lettres (PSL) et une grosse dizaine de créateurs – le chiffre exact n’est pas communiqué –, dont certains préfèrent garder l’anonymat.

    #Science_fiction #Red_Team #SF #Militarisme #Culture_numérique

  • Les éditions Gallimard rachètent les Éditions de Minuit
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/06/23/les-editions-gallimard-rachetent-les-editions-de-minuit_6085411_3246.html
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/06/24/en-rejoignant-gallimard-les-editions-de-minuit-choisissent-d-unir-deux-des-p

    Le rachat se traduit par l’arrivée de Thomas Simonnet, directeur de collection chez Gallimard, comme directeur éditorial de Minuit.

    Minuit, c’est fini donc. « Être édité aux Éditions de Minuit fait qu’un livre n’est pas tout à fait le même que s’il était paru chez Grasset ou au Seuil », disait Lindon. Il aurait pu rajouter Gallimard, ça n’aurait rien changé.

    #Éditions_de_Minuit #Minuit_dans_le_siècle

  • « Traumatisée », la chanteuse Britney Spears demande à la justice californienne de lever sa tutelle
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/06/24/traumatisee-la-chanteuse-britney-spears-demande-a-la-justice-de-lever-sa-tut

    Selon des documents judiciaires cités par le New York Times, Britney Spears a toutefois exprimé à plusieurs reprises une nette opposition aux conditions de son régime de tutelle. « Elle a déclaré qu’elle avait le sentiment que la tutelle était devenue un moyen de contrôle oppressant à son encontre », écrit dans un rapport daté de 2016 un enquêteur judiciaire chargé du dossier.

    #justice #tutelle #britney_spears #star #célébrité #people #trouble_bipolaire #santé #famille #traumatisme #freebritney

  • Je soupçonne lemonde.fr d’utiliser un générateur automatique de critiques laudatives de films français ...
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/06/16/seize-printemps-la-jeune-realisatrice-suzanne-lindon-porte-un-regard-gracieu

    Seize printemps n’en est pas moins – pour un film s’inscrivant dans le canon du film de formation adolescente – d’une simplicité d’action, d’une économie de mots, d’une grâce remarquables. Une histoire esquissée, élégante, chorégraphiée. Un prélèvement de sentiment plutôt qu’une histoire, peut-être. Celui d’une jeune fille farouche et néanmoins décidée, qui s’éveille à son propre désir, s’absente avec ses camarades de lycée, et trouve en ville, sur le chemin qui la mène à la maison, place Charles-Dullin, devant le Théâtre de l’Atelier, un bel acteur songeur (Arnaud Valois), qui double son âge et fait son affaire. Liane brune flottante, il y a déjà toute la force de la volonté dans cette jeune conquérante. L’attrait magnétique qu’elle ressent au premier regard pour cet homme, elle s’arrange, avec une maestria discrète, jour après jour, pour qu’il soit finalement partagé.

    • Oh, une gamine de 16 ans qui, par « la force de la volonté », séduit « avec une maestria discrète » un homme de 30 ans, c’est vrai que ça manquait, comme scénario de film.

      Et, ah mais dis-donc, ça commence fort dans la flagornerie :

      Est-ce vraiment une bonne idée de se lancer dans le cinéma quand ses parents se nomment Sandrine Kiberlain et Vincent Lindon ? Suzanne Lindon a pensé que oui. Et elle a eu raison.

  • « Ce n’est pas avec ça que je vais pouvoir payer mon loyer » : la colère des illustrateurs contre le paiement « en visibilité »
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/05/05/la-fronde-des-illustrateurs-contre-le-paiement-en-visibilite_6079166_3246.ht

    « Indécent », « violent », « incroyable de désinvolture » : #Matthieu_Chedid est la cible de critiques depuis que le 15 avril, Labo-M, son site officiel, a offert aux fans du chanteur la possibilité d’illustrer son prochain songbook, un recueil de partitions et paroles de ses chansons. Pour ce faire il suffisait d’envoyer sa proposition, les lauréats étant sélectionnés par M lui-même. Mais les modalités de gratification des gagnants ont provoqué la colère des internautes, notamment les illustrateurs.

    Les personnes sélectionnées se voyaient en effet « offrir » le droit d’apparaître dans la section « trombinoscope » du songbook, en plus d’une réduction de 30 % pour acquérir le livre en question (hors frais de port). « Important. Il sera demandé à chaque participant dont la ou les œuvres seront publiées dans le songbook de signer un document stipulant que cette publication se fait à titre gracieux. (…) Le participant ne pourra prétendre à aucune rémunération ni autre avantage [ni droits d’auteur] », précisait le texte partagé par Labo-M.

    Quelques heures après le lancement du concours, l’équipe du chanteur a fait machine arrière. Dans un communiqué, elle assure que M « n’a pas eu connaissance du contenu du texte publié un peu hâtivement », avouant au passage un « cafouillage » qui a provoqué des « mécontentements et malentendus ». Le chanteur est, quant à lui, resté silencieux.

  • Nommé directeur musical de l’Opéra de Paris, Gustavo Dudamel ouvre une nouvelle ère
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/04/16/nomme-directeur-musical-de-l-opera-de-paris-gustavo-dudamel-ouvre-une-nouvel


    Gustavo Dudamel, le 15 avril, à l’Opéra Garnier, à Paris.
    JULIEN MIGNOT

    Le Vénézuélien est le premier chef d’orchestre d’Amérique latine à occuper le poste au sein de l’institution lyrique parisienne. A 40 ans, il succède jusqu’en 2027 à Philippe Jordan, parti à l’opéra de Vienne.

    Le bruit courait depuis l’arrivée d’Alexander Neef à la tête de l’Opéra de Paris : le nouveau directeur musical, qui succédera à Philippe Jordan, nommé en 2020 à l’Opéra de Vienne, est bien Gustavo Dudamel, a annoncé l’institution, vendredi 16 avril. Le Vénézuélien est nommé pour un mandat de six ans, jusqu’en 2027. Un coup de maître pour Paris.

    dans ce qui est accessible, il est bien fait mention de son maitre José Antonio Abreu, mais pas un mot sur el sistema dont Gustavo Dudamel est pourtant un pur produit.

    • Facebook
      https://www.facebook.com/GDudamel/posts/312246110259240

      ¡Hoy siento una tremenda emoción y un profundísimo honor al anunciar que me integraré a Opéra national de Paris como su nuevo Director Musical!⁣

      Desde el primer compás cuando interpreté con ellos ‘La Boheme’ en 2017, mi experiencia con los artistas de esta institución mundialmente famosa fue simplemente magnífica, y rápidamente fue clarísimo que compartimos sentimientos de confianza, conexión, musicalidad y visión.⁣

      La ópera ha jugado un papel fundamental en mi vida. Durante mi juventud, solía sentarme durante horas a los pies de mi Maestro José Antonio Abreu y de mis ídolos en Milán, Berlín y Viena, hasta hacer de esta forma artística un elemento integral de nuestra programación en Los Ángeles – y estoy sumamente feliz de haber encontrado en París mi hogar espiritual para la ópera.⁣

      Junto a mi constante compromiso con la LA Phil y a mis queridos músicos de El Sistema en Venezuela y alrededor del mundo, quiero dedicar toda mi energía a crear extraordinarios momentos musicales para todos los públicos, y a fortalecer aún más los lazos de la Ópera de París con el alma de la ciudad y el país que la rodea, con la inclusión y el acceso firmemente implantados en todo lo que hagamos juntos.⁣

      Espero ansioso lo que promete ser una época extraordinaria de exploración, de creación, de descubrimiento y colaboración.⁣

      Merci,⁣
      Gustavo⁣

  • Aux Tuileries, la future installation d’un Noé sauvant le monde de « l’existentialisme athée » interroge
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/04/10/aux-tuileries-la-future-installation-d-un-noe-sauvant-le-monde-de-l-existent

    Il y a encore peu de temps, Marcos Lozano Merchan était inconnu du monde de l’art vivant. Or, cet artiste, né à Madrid en 1990 et habitant à La Seyne-sur-Mer (Var), père de six enfants et « philosophe autodidacte », selon son site Internet, est censé dresser prochainement une sculpture monumentale dans l’un des lieux les plus en vue de la capitale : au centre du grand bassin octogonal des Tuileries, jardin géré par le Louvre. Une œuvre qui pourrait devenir embarrassante pour le directeur du musée, Jean-Luc Martinez, actuellement candidat à sa propre succession, et à l’origine de ce projet surprenant.

    Celui-ci prévoit que, à fleur d’eau, un socle de marbre porte un nu masculin de 5 mètres de haut en bronze, dans un parallélépipède de verre de 8 mètres de haut. Du plafond tomberont des gouttes. Ce nu sous la pluie, intitulé Storm Cube, incarne le patriarche Noé, qui, selon la Bible, sauva le monde du Déluge en construisant une arche. Les images promettent un colosse musculeux et viril de style strictement néoclassique, plus proche d’Arno Breker que d’Auguste Rodin. Fondu à Madrid, il serait installé en 2022 pour une durée « de plusieurs mois », selon son auteur.

    La postmodernité, ennemie de l’artiste

    Pourquoi Noé ? Selon Merchan, dans son dossier de présentation, il est « le signe parfait, le déluge universel, la mort, la technique, l’intelligence, la raison, avec un regard vers la transcendance. L’implacable pandémie [actuelle ébranle] les fondements de l’humanité ». Pour se sauver, celle-ci doit retrouver cette transcendance car, « gravée dans le cœur des hommes, il y a la certitude d’une vie future éternelle que la postmodernité et ses incertitudes veulent ôter avec violence ».

    La postmodernité est en effet l’ennemie de l’artiste. Selon lui, « l’homme postmoderne est condamné à se regarder soi-même, son propre bien-être ; il ne peut sortir de son égoïsme, de ses masturbations, de sa fadeur devant un monde plat et réductionniste. (…) Le trouble de base de l’art régnant dans le marché est dû au fait qu’il s’appuie (inconsciemment) sur l’existentialisme athée ». Aujourd’hui, « les “artistes” vomissent la première chose qui leur parvient au pharynx, et, une fois expulsé, ils laissent leur propre vomi “prendre la forme” d’une œuvre d’art (tout ceci arrosé avec de magnifiques discours). » Ce sont les mots habituels des adversaires de l’art moderne quand ils se réclament de la tradition et de la foi, pour l’accuser d’athéisme et d’abjection.

    • Wahoo ca pue le vieux zob malpropre ce projet ! Sur que Jupiter va adoré toutes ces références chretiennes à la pédérastie et au nazisme. Mais surtout Noé c’est non seulement le premier poivrot exhibitionniste incestueux de la bible, mais c’est surtout le premier raciste esclavagiste negrophobe.

  • Les Musées d’Orsay et de l’Orangerie rebaptisés en hommage à Valéry Giscard d’Estaing
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/03/29/les-musees-d-orsay-et-de-l-orangerie-rebaptises-en-hommage-a-valery-giscard-

    La ministre de la culture, Roselyne Bachelot, a fait savoir, lundi 29 mars, que le nom de l’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, serait accolé à celui du Musée d’Orsay et celui du Musée de l’Orangerie, à Paris.

    Une décision prise en accord avec l’actuel chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a-t-elle précisé, mais aussi la famille de l’ancien homme politique — mort en décembre 2020 à l’âge de 94 ans — et la présidente de l’établissement public, Laurence des Cars.

  • #Napoleon #esclavage

    L’exposition « Napoléon » à Paris écorne le mythe Bonaparte en présentant deux actes officiels sur l’esclavage
    A travers deux documents originaux de 1802, présentés pour la première fois, la grande exposition sur Napoléon reviendra sur le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe et son maintien dans les colonies par la France, qui l’avait pourtant aboli en 1794.
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/03/10/l-exposition-napoleon-a-la-villette-ecorne-le-mythe-bonaparte-en-presentant-

  • France 2 — Infrarouge — L’ordre à tout prix
    https://www.france.tv/france-2/infrarouge

    Le #maintien_de_l’ordre est une spécialité bien française. Ce que les citoyens n’arrivent pas à obtenir de l’État dans l’hémicycle, à eux de le gagner dans la rue. Quand la France gronde, la stratégie et la maîtrise de l’#ordre_public deviennent un enjeu politique crucial. Entre la protection des institutions et la garantie du droit de manifester : le juste équilibre est subtil.

    Décembre 2018. Au début du mouvement des Gilets jaunes, les principes du maintien de l’ordre « à la française » volent en éclat. Le saccage de l’Arc de Triomphe, les centaines de blessés parmi les manifestants et les forces de l’ordre… la #violence inouïe de ces images et leur puissance symbolique marquent profondément les esprits. La République s’est sentie menacée. Le gouvernement entérine une nouvelle ligne, plus dure, qui va ébranler les fondamentaux de l’ordre public. En retour, la défiance d’une partie de la population envers l’ordre et le pouvoir, déjà bien installée dans la rue depuis une dizaine d’années, se renforce au point que certains craignent de voir le droit de manifester remis en cause. Comment en est on arrivé-là ? Pour comprendre, le film prend le parti d’interroger les détenteurs de la force dite « légitime » et de les confronter aux images de ces affrontements.

    Ils sont #CRS, #gendarmes_mobiles, membre des #BRAV (Brigades de Répression de l’Action Violente) : en première ligne lors des manifestations, ils nous racontent la réalité de leur métier, la nécessité de la formation, l’évolution de leur rapport aux citoyens, leur perception des choix politiques… En regard, la hiérarchie, Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, les préfets de police, Michel Delpuech et Didier Lallement, expliquent, justifient leurs choix tactiques. Et politiques.

    Si la multiplication des images amplifie la perception de la violence policière comme celle des manifestants, la situation est-elle réellement inédite ? La rue est-elle plus violente qu’hier ? Le maintien de l’ordre légitime-t-il certaines violences ? La protection des biens est-elle en concurrence avec celle des libertés fondamentales ? L’enjeu est de taille : comment concilier exigences politiques et gestion des nouvelles formes de contestation, tout en garantissant la possibilité de s’exprimer, socle de notre société démocratique ? Comment ne pas se laisser enfermer dans une logique de camp contre camp ? Alors que le climat social promet de nouvelles secousses à l’issue d’une crise sanitaire devenue économique et sociale, ce documentaire nous dévoile les dessous d’un art, celui qui consiste à protéger et contrôler les foules en colère.

    #formation #rgpd

    • https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/03/09/l-ordre-a-tout-prix-sur-france-2-comment-l-interieur-a-change-de-strategie-f

      Samedi 1er décembre 2018, acte III des manifestations des « gilets jaunes ». Autour de l’Arc de triomphe, à Paris, des forces de l’ordre débordées essuient les assauts de manifestants déterminés.

      Les pavés volent, un policier manque d’être lynché. Les images tournent en boucle sur les chaînes d’information en continu et décident le pouvoir politique à modifier de fond en comble, en moins d’une semaine, une tradition solidement ancrée du maintien de l’ordre à la française, qui avait fait ses preuves depuis plus d’un demi-siècle.

      Au triptyque « emploi de forces spécialisées-gradation de la riposte-maintien à distance » est désormais opposé l’ordre d’aller systématiquement « au contact » pour interpeller les manifestants les plus remuants, une tâche confiée à des effectifs novices en matière de maintien de l’ordre, comme les BAC (brigades anticriminalité). Promoteur de cette nouvelle stratégie, le ministre de l’intérieur de l’époque, Christophe Castaner, s’autocongratule sur les ondes de France Inter : « Entre le 1er et le 8 décembre, déclare-t-il, j’ai décidé de changer en profondeur notre doctrine d’emploi. »

  • Situation tendue au Théâtre de l’Odéon, occupé par des intermittents
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/03/08/situation-tendue-au-theatre-de-l-odeon-occupe-par-des-intermittents_6072368_

    L’occupation de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, à Paris, prend de l’ampleur. La cinquantaine de militants qui sont entrés dans le théâtre, jeudi 4 mars, à l’initiative de plusieurs syndicats menés par la CGT Spectacle, ont reçu la visite de Roselyne Bachelot, samedi 6 mars, autour de 22 heures. « C’était une surprise, et nous saluons le geste de la ministre de la culture, déclare Rémi Vander-Heym, le secrétaire général du Syndicat national des professionnels du théâtre et des activités culturelles. Au cours de la discussion, elle a répété ce qu’elle nous avait déjà dit lors d’échanges précédents, mais elle n’a rien annoncé de concret. » Les militants réclament des mesures d’accompagnement de la réouverture des salles, en particulier la prolongation de l’année blanche pour les droits des intermittents et la réunion du Conseil national des professions du spectacle, sous l’égide du premier ministre, Jean Castex.

    Ce conseil, mis en place en 1992 par Jack Lang pour instituer un dialogue entre les professions du spectacle et le ministère, est prévu pour le 22 mars. Il sera présidé par Roselyne Bachelot, mais la présence de Jean Castex n’est pas encore actée. « Elle est essentielle, parce que c’est lui fera l’arbitrage », précise Rémi Vander-Heym.

    Pour l’année blanche, une « mission de diagnostic » a été confiée à André Gauron, conseiller maître à la Cour des comptes. « Le ministère a demandé à André Gauron d’évaluer le nombre d’intermittents qui auront leurs heures au 31 août, et donc, par défaut, ceux qui ne les auront pas », explique l’acteur Samuel Churin, membre de la Coordination des intermittents et précaires. Selon la lettre de mission, ces derniers auront droit à une “clause de rattrapage” de six mois. C’est inacceptable, et on est loin de l’intention première, qui était de nommer un expert pour faire des propositions, dont celle de la prolongation de l’année blanche. Mais nous ne doutons pas du fait qu’André Gauron élargira sa mission. »

    Un lieu hautement symbolique
    Choisi parce que c’est un théâtre public, hautement symbolique depuis son occupation en Mai 68, l’Odéon-Théâtre de l’Europe vit, depuis le 4 mars, au rythme des assemblées générales. Un appel est lancé chaque jour à se réunir devant le théâtre à 14 heures – à 16 heures, lundi 8, en raison de la Journée internationale des droits des femmes.

    Dimanche 7, Robin Renucci y a exprimé son soutien entier à la mobilisation, au nom de l’Association des centres dramatiques nationaux, dont il est membre du conseil d’administration. La veille, samedi 6, Christophe Honoré a également apporté son soutien, dans un message écrit. Depuis mi-janvier, l’auteur-metteur en scène et réalisateur répète à l’Odéon son nouveau spectacle Le Ciel de Nantes, qui devait être créé du 19 mars au 18 avril, et ne le sera pas. « L’occupation de l’Odéon marque la vigilance et l’esprit de lutte qui seront nécessaires pour s’opposer aux décisions d’un gouvernement qui méconnaît notre milieu et cherche continuellement à fragiliser les plus précaires d’entre nous. »

  • A Paris, les amateurs d’art ont rendez-vous… dans les églises
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/02/05/a-paris-les-amateurs-d-art-ont-rendez-vous-dans-les-eglises_6068929_3246.htm

    En raison de la crise sanitaire, les musées et centres d’art demeurent fermés en France. Mais les églises gardent leurs portes ouvertes. Et beaucoup d’entre elles renferment des joyaux artistiques qui méritent d’être redécouverts. A Paris, un guide du patrimoine religieux, publié par Art, culture et foi, association créée en 1989 par le cardinal Lustiger, est édité chaque année. La 22e édition, publiée en janvier, revêt un intérêt tout particulier en cette période de pandémie galopante. Plus d’une centaine de lieux y sont recensés, où le visiteur pourra voir des toiles de Delacroix, du Tintoret ou de Rubens, des sculptures de Bouchardon, de Girardon ou de Pigalle, des orgues, des vitraux, du mobilier exceptionnel, dont un grand nombre de créations contemporaines.

    La grande majorité des lieux répertoriés sont catholiques, trois sont des églises protestantes et une orthodoxe. Une application, Les pierres parlent, permet d’effectuer la visite avec son smartphone, en scannant le QR code accompagnant chaque lieu. « On peut même cliquer de chez soi, et ainsi faire une visite depuis son lit », s’amuse François Drouin, le président de l’association Art, culture et foi.

  • UNE OMERTA AU NOM DE L’ART « Tout le monde savait » : Claude Lévêque,
    Par Emmanuelle Lequeux (le Monde) / Suggestion Nicole Esterolle
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/01/15/tout-le-monde-savait-claude-leveque-une-omerta-au-nom-de-l-art_6066318_3246.

    Alors qu’une partie du milieu artistique est sidérée d’apprendre que le plasticien fait l’objet, depuis 2019, d’une enquête préliminaire pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs », d’autres semblent moins surpris…

    Au milieu des années 1980, une artiste – qui préfère rester anonyme – s’était aventurée à demander à un galeriste parisien qui exposait Claude Lévêque pourquoi il ne représentait aucune femme artiste :  « Je n’ai peut-être pas d’artiste femme, mais j’ai un pédophile » , s’était-elle entendu rétorquer. Plaisanterie tordue, aveu, provocation ?  « En tout cas, ça résume bien le contexte, raconte-t-elle aujourd’hui. Je m’étais tue, mais quand je visitais les expositions, je vous assure que je ne lâchais pas mon petit garçon de l’œil. »


    L’artiste plasticien français, Claude Lévêque, le 5 octobre, chez lui à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Photo Audoin Desforges

    « Comment une telle carrière est-elle possible, alors que depuis des années “ÇA SE SAVAIT ?” » , interroge la critique d’art Marie Chênel dans un Tweet très relayé https://twitter.com/MaChenel/status/1348523575687475200 . Il résume la sidération du milieu de l’art depuis les révélations du  Monde , le 10 janvier, concernant la plainte du plasticien Laurent Faulon contre l’artiste Claude Lévêque et l’enquête ouverte par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), en mai 2019, pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans ». M. Faulon, un sculpteur de 51 ans, dénonce des  « abus sexuels »  subis entre ses 10 et 17 ans de la part de M. Lévêque, assurant qu’il était, comme sa famille, sous son « emprise ». Le site d’information Mediapart a lui aussi publié une longue enquête, le 13 janvier, qui accable l’artiste https://www.mediapart.fr/journal/france/130121/pedocriminalite-plusieurs-temoins-accablent-l-artiste-claude-leveque?ongle .
    L’enquête judiciaire est en cours et la présomption d’innocence prévaut. Mais dans le milieu de l’art, où Claude Lévêque était si connu, chacun s’interroge. Qui n’a jamais aperçu l’artiste entouré d’adolescents plus ou moins jeunes, à un vernissage, un dîner de galerie ? Qui n’a jamais entendu de rumeurs ? 
    « C’était comme un nuage flottant autour de lui, reconnaît une conseillère de collectionneurs qui le connaît, et s’en méfie, depuis trente ans. Tout le monde savait qu’il aimait s’entourer de jeunes éphèbes, et un bon nombre craignait le pire. Mais comment agir contre un homme qui a une telle aura, quand on n’a que des rumeurs, et qu’on n’est pas témoin de ses manœuvres ? Contre un artiste qui exerce une telle fascination, car il a produit une œuvre incroyable ? » _

    Filleuls, neveux, assistants…
    Ces adolescents qui l’entourent, Claude Lévêque les présente comme ses filleuls, ses neveux, ses assistants, voir comme ses « fils ». Ces doudous et nounours qu’il trimballe autour du monde, qu’il sort en plein repas, qu’il déploie dans chaque recoin de ses deux maisons, ont été, selon l’artiste, dans ses interviews,  « donnés par des amis, souvenirs trop intimes pour en parler ».  Son obsession pour le monde de l’enfance est considérée comme une « sublimation artistique », la part de fantasme d’un adulte qui est bien plus à l’aise avec les enfants qu’avec le monde des grands.

    « QUAND J’AI COMPRIS QUE CES DOUDOUS ÉTAIENT SANS DOUTE CEUX DE SES VICTIMES, DES TROPHÉES, J’AI PRIS UNE ÉNORME CLAQUE », JONATHAN LOPPIN, ARTISTE.

    Et puis, comment condamner sur la base de « racontars » ?  « On lui aurait donné le bon Dieu sans confession » , admet l’artiste Jonathan Loppin, dont la compagne, Julie Faitot, a envoyé un signalement à la justice concernant Claude Lévêque en février 2019. Pendant les quinze ans que dura leur amitié, il avoue avoir été subjugué par cette star prête à défendre corps et âme le moindre squat, toujours disposée à prendre fait et cause pour la veuve et l’orphelin :  « Claude apparaît comme un nounours au charisme fort, et un vrai aimant à enfants. En fait, il sait les ferrer. Quand j’ai compris que ces doudous étaient sans doute ceux de ses victimes, des trophées, j’ai pris une énorme claque. »

    « Je l’ai toujours vu bouleversé par la beauté des jeunes garçons, elle le secouait, et il l’assumait, ses premières œuvres en témoignent »,  souligne un habitant de Nevers (Nièvre), proche des Faulon. Enfant, il a connu Lévêque comme moniteur de centre aéré dans les années 1970, sans jamais entendre de rumeurs pouvant l’incriminer. Depuis quelques jours, il fouille dans sa mémoire.  « J’essaie d’analyser le phénomène d’emprise, détaille-t-il. En abordant l’environnement de cet adulte entouré de jeunes hommes, on avait d’abord un sentiment de malaise, mais la situation était ensuite validée par les proches ; familles, amis, tous semblaient acter ce qui se passait. Le trouble ressenti était alors étouffé par cette validation collective. En outre, j’en ai été témoin à deux reprises, Claude entretient aussi une relation très forte avec les mères des enfants, dont je ne sais comment elle s’articule, une relation presque amoureuse. Mécanique qu’il semble, hélas, avoir affinée avec le temps. »

    Collectionneurs, experts, galeristes, conservateurs, critiques, artistes : cette validation a été tout aussi collective dans le milieu de l’art, même si certains tenaient scrupuleusement leurs distances.  « Les institutions lui ont fait confiance, à cause de la fascination qu’exerce son œuvre, mais aussi de son engagement pour les causes sociales, politiques, analyse une directrice de musée. Tout cela était-il un écran de fumée ? Tout comme ces références à l’enfance, sans cesse convoquée, sacralisée, sanctuarisée : elles faisaient la beauté et la pureté de son travail ; désormais, elles peuvent ressembler à un sacrifice. »

    La suite, sans subir les demandes d’enregistrement, les cookies . . . . de le monde  : https://levadrouilleururbain.wordpress.com/2021/01/17/une-omerta-au-nom-de-lart-par-emmanuelle-lequeux-le-

    #Art #pédophilie #culture_du_viol #viol #france #enfants #justice #viols #violences_sexuelles #pédocriminalité #pedocriminalité #grand_homme #impunité

  • « Tout le monde savait » : Claude Lévêque, une omerta au nom de l’art
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/01/15/tout-le-monde-savait-claude-leveque-une-omerta-au-nom-de-l-art_6066318_3246.

    Qui n’a jamais aperçu l’artiste entouré d’adolescents plus ou moins jeunes, à un vernissage, un dîner de galerie ? Qui n’a jamais entendu de rumeurs ? « C’était comme un nuage flottant autour de lui, reconnaît une conseillère de collectionneurs qui le connaît, et s’en méfie, depuis trente ans. Tout le monde savait qu’il aimait s’entourer de jeunes éphèbes, et un bon nombre craignait le pire. Mais comment agir contre un homme qui a une telle aura, quand on n’a que des rumeurs, et qu’on n’est pas témoin de ses manœuvres ? Contre un artiste qui exerce une telle fascination, car il a produit une œuvre incroyable ? »

    • Claude Lévêque, une omerta au nom de l’#art

      Alors qu’une partie du milieu est sidérée d’apprendre que le plasticien fait l’objet, depuis 2019, d’une enquête préliminaire pour « #viols et #agressions_sexuelles sur mineurs », d’autres semblent moins surpris.

      Alors qu’une partie du milieu est sidérée d’apprendre que le plasticien fait l’objet, depuis 2019, d’une enquête préliminaire pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs », d’autres semblent moins surpris.

      Au milieu des années 1980, une artiste qui préfère rester anonyme s’était aventurée à demander à un galeriste parisien qui exposait Claude Lévêque pourquoi il ne représentait aucune femme artiste : « Je n’ai peut-être pas d’artiste femme, mais j’ai un pédophile », s’était-elle entendu rétorquer. Plaisanterie tordue, aveu, provocation ? « En tout cas, ça résume bien le contexte, raconte-t-elle aujourd’hui. Je m’étais tue, mais, quand je visitais les expositions, je vous assure que je ne lâchais pas mon petit garçon de l’oeil. »

      « Comment une telle carrière est-elle possible, alors que depuis des années "ÇA SE SAVAIT ?" », interroge la critique d’art Marie Chênel dans un Tweet très relayé. Il résume la sidération du milieu de l’art depuis les révélations du Monde, le 10 janvier, concernant la plainte du plasticien Laurent Faulon contre l’artiste Claude Lévêque et l’enquête ouverte par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), en mai 2019, pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans . M. Faulon, un sculpteur de 51 ans, dénonce des « abus sexuels » subis entre ses 10 et 17 ans de la part de M. Lévêque, assurant qu’il était, comme sa famille, sous son « emprise . Le journal en ligne Mediapart a lui aussi publié une longue enquête, le 13 janvier, qui accable l’artiste.

      L’enquête judiciaire est en cours, et la présomption d’innocence prévaut. Mais dans le milieu de l’art, où Claude Lévêque était si connu, chacun s’interroge. Qui n’a jamais aperçu l’artiste entouré d’adolescents plus ou moins jeunes, à un vernissage, un dîner de galerie ? Qui n’a jamais entendu de rumeurs ? « C’était comme un nuage flottant autour de lui, reconnaît une conseillère de collectionneurs qui le connaît, et s’en méfie, depuis trente ans. Tout le monde savait qu’il aimait s’entourer de jeunes éphèbes, et un bon nombre craignait le pire. Mais comment agir contre un homme qui a une telle aura, quand on n’a que des rumeurs, et qu’on n’est pas témoin de ses manoeuvres ? Contre un artiste qui exerce une telle fascination, car il a produit une oeuvre incroyable ? »

      Filleuls, neveux, assistants...

      Ces adolescents qui l’entourent, Claude Lévêque les présente comme ses filleuls, ses neveux, ses assistants, voir comme ses « fils . Ces doudous et nounours qu’il trimballe autour du monde, qu’il sort en plein repas, qu’il déploie dans chaque recoin de ses deux maisons, ont été, selon l’artiste, dans ses interviews, « donnés par des amis, souvenirs trop intimes pour en parler . Son obsession pour le monde de l’enfance est considérée comme une « sublimation artistique », la part de fantasme d’un adulte qui est bien plus à l’aise avec les enfants qu’avec le monde des grands.

      Et puis, comment condamner sur la base de « racontars » ? « On lui aurait donné le bon Dieu sans confession », admet l’artiste Jonathan Loppin, dont la compagne, Julie Faitot, a envoyé un signalement à la justice concernant Claude Lévêque en février 2019. Pendant les quinze ans que dura leur amitié, il avoue avoir été subjugué par cette star prête à défendre corps et âme le moindre squat, toujours disposée à prendre fait et cause pour la veuve et l’orphelin : « Claude apparaît comme un nounours au charisme fort, et un vrai aimant à enfants. En fait, il sait les ferrer. Quand j’ai compris que ces doudous étaient sans doute ceux de ses victimes, des trophées, j’ai pris une énorme claque. »

      « Je l’ai toujours vu bouleversé par la beauté des jeunes garçons, elle le secouait, et il l’assumait, ses premières oeuvres en témoignent », souligne un habitant de Nevers (Nièvre), proche des Faulon. Enfant, il a connu Lévêque comme moniteur de centre aéré dans les années 1970, sans jamais entendre de rumeurs pouvant l’incriminer. Depuis quelques jours, il fouille dans sa mémoire. « J’essaie d’analyser le phénomène d’emprise, détaille-t-il. En abordant l’environnement de cet adulte entouré de jeunes hommes, on avait d’abord un sentiment de malaise, mais la situation était ensuite validée par les proches ; familles, amis, tous semblaient acter ce qui se passait. Le trouble ressenti était alors étouffé par cette validation collective. En outre, j’en ai été témoin à deux reprises, Claude entretient aussi une relation très forte avec les mères des enfants, dont je ne sais comment elle s’articule, une relation presque amoureuse. Mécanique qu’il semble, hélas, avoir affinée avec le temps. »

      Collectionneurs, experts, galeristes, conservateurs, critiques, artistes : cette validation a été tout aussi collective dans le milieu de l’art, même si certains tenaient scrupuleusement leurs distances. « Les institutions lui ont fait confiance, à cause de la fascination qu’exerce son oeuvre, mais aussi de son engagement pour les causes sociales, politiques, analyse une directrice de musée. Tout cela était-il un écran de fumée ? Tout comme ces références à l’enfance, sans cesse convoquée, sacralisée, sanctuarisée : elles faisaient la beauté et la pureté de son travail ; désormais, elles peuvent ressembler à un sacrifice. »

      « Si c’est vrai, c’est un séisme, auquel je peine à me résoudre, glisse un autre conservateur. Ses oeuvres des années 2000, pleines d’un danger punk qui fascine, ont été un choc esthétique pour toute une génération. Nous nous sommes construits en partie avec elles. » Un artiste éperdu d’admiration pour Claude Lévêque, « bouleversé par le témoignage de Laurent Faulon », s’avoue tout autant « blessé, et en colère » : « J’ai la sensation d’avoir été manipulé, comme tout le monde de l’art l’a été. J’ai aujourd’hui l’impression que, avec toutes ces oeuvres mettant en scène l’enfance, il nous disait : "Regardez, je vous mets ça sous le nez, et vous ne voyez rien !" »

      Qu’il mette la même énergie à préparer la Biennale de Venise (2009) qu’à exposer à l’école élémentaire Pierre-Budin, à la Goutte d’Or (Paris 18e), lors d’une résidence artistique en 2012 ? Cela relevait de son engagement social. Qu’il peigne de noir les fenêtres de l’appartement mis à disposition par l’école, juste au-dessus des salles de classe ? On y voyait sa marque punk. Qu’il se déclare, un an après, toujours ami avec l’un des bambins de 8 ou 9 ans qui collabora au projet, le plus curieux, le plus créatif ? On l’admirait alors pour n’avoir pas pris la grosse tête. Tout cela peut aujourd’hui faire frémir.

      Dans les archives du Quotidien de l’art, nous avons retrouvé les paroles de l’enfant que nous avions rencontré au sein de l’école pendant la préparation de leur exposition « Seasons in the Abyss . Il interpellait ainsi l’artiste : « Je t’ai amené mon nounours, parce que je lui ai percé le cerveau. Avant, il bougeait dans son Jacuzzi, il faisait très chaud, c’était le feu, et je lui ai percé la tête ... « Le trou dans la tête », c’est aussi une phrase gravée par Lévêque sur un lit tout rouillé d’enfant, dans une oeuvre de 1986.

      #Aveuglement_collectif

      Pour comprendre aujourd’hui ce qui a pu relever d’un aveuglement collectif, les témoignages affluent, chacun s’employant à replacer une pièce dans un puzzle qui, trop longtemps, n’a pas fait sens. L’un se rappelle cette chambre d’enfant, dans la maison de Montreuil (Seine-Saint-Denis) de #Lévêque, « avec ses petites bagnoles sur les étagères », qu’il disait destinée « aux amis qui venaient avec leurs petits . L’autre, ces manèges abandonnés dans sa maison de campagne. Une troisième, l’aveu de cette mère « manifestement perdue, dans un monde parallèle, qui me racontait que Claude Lévêque dormait dans la chambre de son fils de 15 ans, et qui semblait comme flattée qu’il ait été "choisi". J’ai pris mes distances, désespérée qu’il soit impossible de lui faire comprendre que son môme était en danger .

      Galeriste et commissaire d’exposition, Stéphane Corréard dénonce aujourd’hui ce qu’il considère comme une omerta. « Beaucoup savaient, tout le monde pouvait se douter, personne n’est surpris, résume-t-il. Alors pourquoi avons-nous toléré, abrité, protégé, pendant des décennies, un supposé prédateur sexuel, un pédocriminel récidiviste ? Parce que, dans notre milieu, personne ne dit rien, jamais. La parole est cadenassée, le fonctionnement clanique. »

      Comment l’expliquer ? « La tolérance de notre milieu pour la transgression, y compris sexuelle, y est pour beaucoup », suggère-t-il. Un artiste pourrait donc franchir toutes les lignes rouges ? Laurent Faulon se souvient en tout cas très bien « des commissaires et artistes qui venaient dîner à la maison : avec Lévêque, on était comme un couple recevant des invités. Sauf que j’avais 15-16 ans. Tous découvraient les bricolages que j’avais faits dans l’atelier, et me disaient : "Tu as une oeuvre incroyable, ne t’embête pas à faire les Beaux-Arts, tu sais déjà tout !" . C’est ainsi que Laurent Faulon s’est retrouvé exposé à la Fondation Cartier de Jouy-en-Josas (Yvelines) ou au Magasin de Grenoble, à pas même 18 ans. Sans plus de questions, juste pour la reconnaissance de son talent naissant.

      Poursuivant son analyse, Stéphane Corréard évoque aussi le « souvenir de l’époque glorieuse où l’avant-garde était menacée de toute part, notamment par les réactionnaires et l’extrême droite. Nous avons alors pris le pli d’une opposition facile entre "pro" et "anti" art contemporain qui est devenue factice, mais qui continue de structurer largement le fonctionnement de notre monde de l’art . Impossible de dénoncer sur la foi de racontars, certes. « Mais ces directeurs de musée, qui racontent de façon anonyme avoir refusé que Lévêque partage une chambre d’hôtel avec un ado, n’avaient-ils pas obligation, en tant que fonctionnaires, de dénoncer des crimes dont ils avaient eu connaissance dans le cadre de leurs fonctions ? »

      Comme tous, il en est cependant conscient : la mécanique à l’oeuvre est complexe à déconstruire. Qu’un artiste puissant s’écroule, et tout un système s’effondre : ceux qui le collectionnent, le louent, l’honorent, le capitalisent. « Les relations entre les acteurs organisent la valeur de l’oeuvre en mettant l’artiste sur un piédestal, dans une relation romantique à l’art, explique ainsi un directeur d’institution. Les jeux de pouvoir sont réels, et pas seulement financiers, à tous les maillons de la chaîne, on ne peut se permettre que l’image de l’auteur soit entachée. Les liens d’interdépendance et les rapports de domination organisent le silence, à quoi s’ajoute la peur d’être blacklisté du milieu. Ils neutralisent toute possibilité de prise de parole. L’autocensure est forte, jusqu’à se frapper soi-même de cécité. La structure protège son capital. »

      Averti de la plainte de Laurent Faulon peu après son dépôt, le Mamco de Genève a pris position dès 2020, en faisant disparaître de son site toute mention de Claude Lévêque, qui y a exposé en 2003. Il est, pour l’instant, le seul. « Avec l’équipe de conservation, nous avons décidé un moratoire immédiat sur la présence de ses oeuvres en nos murs, explicite Lionel Bovier, son actuel directeur. Je n’ai jamais travaillé avec cet artiste, ni avec ses oeuvres d’ailleurs. Mais, de mon point de vue, le discrédit qui est aujourd’hui jeté sur son travail sera absolument irrémédiable si les accusations se révèlent fondées. Il ne m’appartient pas de me prononcer sur les conséquences légales des actes qui sont relatés, mais je peux témoigner de cela : je ne pourrai plus jamais regarder ce travail sans y trouver des indices des crimes qui lui sont reprochés. Par conséquent, le musée que je dirige ne montrera ni ne diffusera son travail dans le futur. »

      #pédophilie #pédocriminalité #Laurent_Faulon #abus_sexuels #emprise #rumeurs #fantasme #validation_collective #enfance #omerta #silence #impunité #transgression #domination #pouvoir #autocensure #cécité

    • Affaire Claude Lévêque : collectionneurs et musées s’accrochent aux œuvres devenues embarrassantes

      https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/01/15/affaire-claude-leveque-collectionneurs-et-musees-s-accrochent-aux-uvres-deve

      https://www.lalsace.fr/culture-loisirs/2021/01/16/l-embarrassant-claude-leveque

      #censure #appel_à_la_censure

      Je tiens à rappeler que Springora n’ a jamais exigé la disparition des livres de Matzneff, c’est Gallimard qui s’achète une conscience en le faisant.

      Par ailleurs, le type doit répondre des ses actes, et il mériterait surtout des soins et une gigantesque psychothérapie (plutôt que la taule et la censure), mais il me semble au contraire très important de pouvoir continuer à voir ses oeuvres, même et surtout les pires, en sachant ce que l’on savait déjà, certes plus ou moins, mais en sachant au moins que le type n’était pas là pour rigoler et qu’il nous parlait bien de choses sombres et dégueulasses.

    • Dager je déteste et je comprend pas pk on le voie dans toutes les expos d’art brut. Sinon par rapport à la censure de Matzneff et Leveque le plus ahurissant c’est qu’on accusera les victimes d’etre #cancel_culture alors que ce sont les liberaux qui en sont les instigateurs dans un geste revisionniste.

  • Covid-19 : pas de réouverture des théâtres, cinémas et musées le 7 janvier
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/01/01/culture-pas-de-reouverture-des-theatres-cinemas-et-musees-le-7-janvier_60649

    C’est désormais acquis : il ne se passera rien le 7 janvier. Lors de sa conférence de presse du 10 décembre, Jean Castex avait fixé à cette date la possible réouverture des lieux de culture (théâtres, cinémas, musées, etc.), fermés depuis le 30 octobre pour enrayer la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19. Mais un peu plus de trois semaines après l’annonce du premier ministre, le nombre de personnes infectées reste trop élevé pour lâcher la bride, estime-t-on au sommet de l’Etat. « Ce ne sera pas possible de rouvrir les établissements culturels au 7 janvier parce que le virus circule encore très fortement dans notre pays », a confirmé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, vendredi 1er janvier sur TF1, provoquant une nouvelle désillusion parmi les professionnels de la culture.