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  • Mac Tyer : « Je donne un kit à un gamin en lui rappelant que l’école est comme une mère » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/08/31/mac-tyer-je-donne-un-kit-a-un-gamin-en-lui-rappelant-que-l-ecole-est-comm

    A Aubervilliers ce samedi, le rappeur, qui déplore un recul de la culture dans les quartiers populaires, organise une distribution de fournitures scolaires à près de 800 enfants.

    Socrate Petteng, alias Mac Tyer, décrit « la ghettoïsation du ghetto français » et « l’ignorance » dans un local d’Aubervilliers. Et son raisonnement a logiquement les traits d’une plante carnivore : la paupérisation dans les #HLM et la ruée vers l’or facile ont progressivement dévoré la culture, au point de presque entrevoir ses os. Et puis, il y a les facteurs aggravants. Les modèles de réussite inspirants finissent souvent par s’en aller. Très loin.

    Sur une petite chaise, il dit : « Les jeunes sont de plus en plus vite absorbés par la rue. Quand ils terminent en prison, certains ne peuvent pas rédiger un courrier à leurs proches parce qu’ils ne savent ni lire ni écrire. » Et : « L’ignorance empêche de voir les espaces qui s’ouvrent. Les gens ici ont parfois un talent unique, mais l’inculture fait qu’ils ne s’en rendent même pas compte. Le contexte – les portes de sortie sont de plus en plus rares – fait qu’on ne peut plus se permettre de ne pas savoir. » Le local : un ex-espace dévolu aux deux-roues dans une tour du quartier des Fusains, transformé en studio d’enregistrement par Socrate Petteng, 39 ans, figure du secteur (il y a grandi, il y est resté), de la ville (plus de 80 000 habitants) et du rap français le plus dur, sous le pseudonyme de Mac Tyer (certaines de ses œuvres – le Général, D’où je viens – ont déjà leur place dans l’histoire). A l’entrée de l’immeuble, son portrait est placardé. Ce samedi, il participera, avec des bénévoles - et pour la quatrième fois - à une distribution de fournitures scolaires (cahiers, stylos, trousses…) ici, au pied des grands ensembles. L’événement a son petit nom : « Rentrée pour tous ». La première fois, il l’avait largement financé avec ses propres fonds. Ensuite, des associations et des marques ont apporté ou accentué leur soutien.

    Sorbonne

    Adolescent, « So » planque chez lui les disques d’un ami, fils de témoins de Jéhovah, interdit de #musique à la maison. Le sauveur, et donc complice du péché, met le nez dedans et se fabrique une culture musicale. Pour le reste : deux petits frères (dont un disparu récemment) qui l’ont toujours accompagné dans la musique, deux enfants et un parcours complexe à partir du lycée. Il largue l’école pour la rue en 1re S et devient bandit avec ce que cela implique, soit l’incarcération et la difficulté extrême de faire demi-tour. En parallèle des conneries, il se dégote, à la fin des années 90, un coin de soleil dans le rap français avec Mac Kregor, son compère d’Aubervilliers. Le groupe s’appelle Tandem et à l’époque, ce fut comme un shoot de bitume. Deux gars qui racontent « le ghetto » (sic) avec un sens du détail troublant, comme on décrirait la voisine d’en face qui se change les fenêtres grandes ouvertes – on jurerait qu’ils avaient vu la rue à poil. Dans l’un de leurs textes les plus célèbres, ils proposaient un scénar de fiction inépuisable pour les plus imaginatifs : et si la Sorbonne avait été installée à Aubervilliers ?

    « So », qui continue la musique en solo, dit à propos de l’écriture : « Il y avait de la bienveillance en dépit de la violence des thèmes. J’étais conscient d’écrire des choses en étant dans la peau d’un coupable alors que d’autres rappeurs étaient dans la démarche inverse. Ils entraient dans ce milieu pour s’encanailler. » Et là ? Il raconte une vie de repenti, qui a mangé un temps à la table du diable – vétéran du vice – et qui a par la suite tout vomi. Il y a toujours la musique (ses titres continuent de faire des centaines de milliers de vues), la mode (il a lancé sa nouvelle marque de vêtements « Ntuch », multiplie les shootings et collabore à l’occasion avec Nike) et donc, Aubervilliers (son fief depuis toujours). A propos de « Rentrée pour tous » : « Au départ, c’était anecdotique. Je donne un kit à un gamin en lui rappelant que l’école est comme une mère. Tu t’habitues à sa présence et au fil du temps, tu oublies que c’est une chance de l’avoir à tes côtés. Donc tu la négliges. Ensuite, tu regardes autour de toi : des parents ont vraiment besoin d’aide et un kit les soulage vraiment. Tu connais le prix d’un loyer dans un HLM d’Aubervilliers ? Certains foyers y laissent tout leur budget. »

    Venise

    La porte de son local reste ouverte toute la journée. Parfois, des voisins y passent et des gens d’ailleurs viennent le saluer ou lui demander conseil. Un drôle de lieu, à mi-chemin entre la permanence (le canapé) et le sanctuaire (dans le studio, il parle parfois à voix basse). Il souffle : « Une discussion peut changer une vie. » Il y a une dizaine d’années, il raconte qu’un type est venu interrompre son festin dans un kebab. Le quidam ne comprenait pas pourquoi l’artiste dégageait une image aussi dure. « Je n’y avais jamais pensé… Je ne crois pas que les choses arrivent par hasard. Alors, j’ai entamé ma thérapie du sourire, qui a petit à petit changé ma conception des choses. Il y a des gens qui me suivent, qui aujourd’hui, se déplacent jusqu’à #Aubervilliers pour acheter des vêtements. Au fond, c’est quoi ? Une forme d’amour. »

    Ce week-end, il est question de 800 kits à donner. Et de tout un système derrière : avec des associations, Socrate Petteng encourage des programmes de réinsertion et de réussite scolaire pour les jeunes de son coin. Il se souvient : « J’ai vrillé le jour où j’ai quitté l’école. » Et : « La culture n’a jamais été aussi démocratique comparée à d’autres espaces qui se referment. Et paradoxalement, les codes de banlieue n’ont jamais autant inspiré à l’extérieur. La musique, la mode, le sport… » A quelques mètres du local, à l’entrée des Fusains, des inconnus ont illuminé un mur gris à l’encre rouge et noire. Et résumé un pan de gamberge locale : « Naples partout, Venise nulle part. »
    Ramsès Kefi photo Roberto Frankenberg pour Libération

    #tandem #mac_tyer #rap #hiphop #cité #quartiers_populaires #école #éducation #rentrée_scolaire


  • #travert_de_porc
    Le plan bien-être animal de Stéphane Travert : une opération de com’ indigeste - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/08/31/le-plan-bien-etre-animal-de-stephane-travert-une-operation-de-com-indiges

    Les associations s’étranglent : « Lors de l’examen en première lecture de la loi alimentation, tous les amendements pour de vraies avancées sur le bien-être animal ont été bloqués », rappelle le CIWF.

    Broyage des poussins
    Retoquées, en effet, les propositions visant à rendre obligatoires les caméras de surveillance dans les abattoirs, ou à interdire le broyage des poussins mâles encore vivants. Repoussés aussi, les amendements souhaitant abolir l’élevage en cage des poules pondeuses, ou à proscrire la castration à vif des porcelets… « Le ministre s’est opposé à toutes ces avancées », tranche Ghislain Zuccolo.

    Quant à la question des lobbies, d’une brûlante actualité depuis le départ du ministre de la transition écologique, de nombreux militants l’ont en travers : ce serait en effet eux qui auraient « empêché de faire reculer les souffrances animales, alors même que le candidat Macron avait annoncé lors de la campagne présidentielle l’installation de la vidéo dans les abattoirs et l’interdiction de vendre des œufs de poules élevées en batterie d’ici 2022 », estime le Parti animaliste



  • Tennis : le président de la Fédération française « n’acceptera plus » la combinaison de Serena Williams, qui le défend face aux critiques

    https://www.francetvinfo.fr/sports/tennis/roland-garros/tennis-le-president-de-la-federation-francaise-n-acceptera-plus-la-comb

    Bernard Giudicelli justifie son point de vue par une volonté de défendre la beauté du sport. « Si je fais passer une émotion avec quelque chose qui est beau dans un endroit qui est beau, l’émotion est magnifiée », affirme-t-il.

    En enfilant cette combinaison noire, Serena Williams n’était toutefois pas uniquement préoccupée par son style : cette tenue, conçue par la marque Nike après deux ans de recherche et de design, permet à la championne américaine d’éviter les caillots sanguins. Depuis 2003, Serena Williams a en effet souffert de plusieurs embolies pulmonaires, dont une a failli lui coûter la vie après la naissance de sa fille Alexis Olympia Junior, le 1er septembre 2017.

    Certaines stars se sont également mobilisées pour défendre la tenue de Serena Williams. « Le besoin des hommes de contrôler les femmes atteint ici un niveau mesquin, a ajouté l’actrice américaine Elizabeth Banks sur Twitter. Serena Williams est la plus grande joueuse de tous les temps. C’est le jeu qui la respecte. » Et l’ancien tennisman Andy Rodick d’ajouter : « C’est tellement stupide et irréfléchi que ça fait mal. Parfois, ce serait sympa si le sport sortait de ses mauvaises habitudes. »

    Même l’équipementier de la championne et designer de la combinaison, Nike, a répondu à Bernard Giudicelli sur Twitter. « Vous pouvez enlever son costume à une super-héroïne, mais vous ne pourrez jamais lui enlever ses superpouvoirs. »

    • http://www.liberation.fr/france/2018/08/26/la-combi-de-serena-williams-a-roland-garros-le-bas-blesse_1674567

      Enfin une bonne nouvelle pour les partisans de l’ancien monde catastrophés par la vague #MeToo et le renouveau féministe collatéral : Bernard Giudicelli veille au grain. Dans un entretien accordé à Tennis Magazine, le président de la Fédération française de tennis (FFT) a annoncé que Serena Williams ne pourra plus jouer à Roland-Garros vêtue de la spectaculaire combinaison-pantalon noire, fuselée, qu’elle arborait en mai sur la terre battue. Argument de Giudicelli, qui entend instaurer un nouveau dress code dans le tournoi français à partir de 2020 : « Je crois qu’on est parfois allé trop loin. La combinaison de Serena cette année, par exemple, ça ne sera plus accepté. Il faut respecter le jeu et l’endroit. Tout le monde a envie de profiter de cet écrin. Si je fais passer une émotion avec quelque chose qui est beau dans un endroit qui est beau, l’émotion est magnifiée. » Concrètement : les joueuses doivent jouer en robe ou jupe, sinon c’est moche pour l’image de Roland-Garros et du tennis.

      Tornade américaine

      Quelle fatigue. Il va donc falloir rappeler au moins deux choses à Bernard Giudicelli. 1/ Qu’une joueuse de tennis, comme toute femme, n’est pas une plante verte, un élément de décorum. 2/ Qu’un tournoi de tennis n’est pas une fashion week mais une compétition, et les sportifs ne sont pas des mannequins mais des athlètes dont on attend qu’ils atteignent la plus haute marche du podium en faisant la différence par leur force, leur vélocité, leur agilité, leur souplesse, leur précision, leur acuité, leur résistance. Des qualités que Serena Williams incarne depuis vingt ans, avec 39 titres de grand chelem dans sa besace, ce qui fait d’elle une des plus grandes joueuses de tous les temps. Sachant que Serena y met la manière : explosivité, fougue, panache, son jeu d’attaquante est un régal. Bilan, la tornade américaine a réconcilié plus d’un spectateur avec le tennis féminin lassé par les interminables échanges du fond du court. D’ailleurs, à la place de Serena Williams, on aurait illico répondu à Bernard Giudicelli : ok, alors ce sera sans moi. Car Roland-Garros sans Serena, c’est morne plaine, le tournoi a bien plus à perdre de son absence que l’inverse.

      « Super-pouvoirs »

      Mais non. Serena, en plus, a la classe. C’est Nike, son équipementier qui a d’abord répondu, avec humour, par un tweet figurant la joueuse (vêtue de la combinaison), avec ce message : « Vous pouvez retirer le costume du super-héros mais vous ne pourrez jamais lui enlever ses super-pouvoirs. » Et tandis que la polémique enflait et que Giudicelli en prenait logiquement plein la raquette sur les réseaux sociaux, la Queen des courts a habilement déclaré ceci : « Je ne sais pas exactement ce qu’il a semblé dire ou n’a pas semblé dire. Mais on en a déjà parlé. Nous avons une excellente relation. […] Je suis sûre qu’on va parvenir à un accord et que tout sera ok. Ce n’est pas quelque chose de grave, tout va bien. »

      Serena Williams aurait pourtant pu laminer Giudicelli avec un argument massue : la fameuse combinaison (que personnellement on trouve très réussie, seyante, et rock comparée aux sempiternelles jupettes de fifilles), favorise la circulation sanguine. Or, Serena Williams a souffert par le passé d’embolies pulmonaires liées à des caillots dans le sang. La naissance de sa fille, en septembre 2017, a d’ailleurs été compliquée par des « problèmes de caillots de sang ». Ce qui ne l’a pas empêchée de reprendre, à 36 ans, le chemin des courts quatre mois plus tard… Respect. A l’inverse, Bernard Giudicelli, qui n’est pas revenu sur ses propos à l’heure où on écrit ces lignes, s’avère bien « out » sur ce coup-là. Et c’est l’image de son fameux « écrin » qui en pâtit.
      Sabrina Champenois


  • Racisme dans le foot en Alsace : une audience, et toujours le statu quo - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/08/24/racisme-dans-le-foot-en-alsace-une-audience-et-toujours-le-statu-quo_1674

    Jeudi à Strasbourg, la ligue du Grand Est a réexaminé les conditions dans lesquelles le 6 mai, un joueur noir de Benfeld, club de D3, a été passé à tabac après un tombereau d’insultes racistes. Kerfalla Sissoko est ressorti de cette réunion conforté dans son sentiment d’injustice.

    Il est à nouveau convoqué par les instances du foot. Kerfalla Sissoko est là, comme les autres fois, silencieux et discret. Kerfalla Sissoko, c’est ce joueur noir de l’AS Benfeld, club alsacien de D3, qui, lors d’un match à Mackenheim le 6 mai, a été menacé d’un couteau de cuisine après avoir essuyé des injures racistes. Il a ensuite été passé à tabac jusqu’à perdre connaissance sur la pelouse, son visage en porte les séquelles. Pourtant, en première instance, fin mai, la commission de discipline du District d’Alsace de football l’a sanctionné, lui et son coéquipier noir Moudi #Laouali, victime également de coups. Dix matchs de suspension. Même tarif que pour deux agresseurs, joueurs de l’AS Mackenheim. Le président de la commission avait conclu : « Dans cette affaire, le racisme est accessoire. » Les sanctions avaient été confirmées en appel début juillet. Cette fois, le dossier est remonté au niveau régional. La ligue du Grand Est prend la main et va tout réexaminer.

    Car les deux clubs ont à nouveau fait appel. Le club de #Benfeld veut réhabiliter ses joueurs noirs. Quant au club de Mackenheim, il conteste la suspension de terrain pour quatre matchs. Le District a privé le club de Mackenheim de sa pelouse, ayant estimé qu’il y avait eu infraction à la police du terrain et aux règles de sécurité (envahissement de la pelouse par les spectateurs qui traquent les joueurs d’origine africaine avec des couteaux). Mackenheim doit disputer les quatre prochaines rencontres en dehors d’un rayon de 30 km, sans compter l’amende de 160 euros… Le Comité directeur lui-même a fait appel des décisions prises dans cette affaire. A première vue, on s’est dit que les autorités footballistiques ont senti qu’elles étaient peut-être passées à côté de quelque chose… D’autant qu’entre-temps Libé a consacré sa une à l’affaire, en détaillant la violence extraordinaire d’un racisme ordinaire qui gangrène le foot amateur dans les patelins.

    Cette fois, le débat à la ligue du Grand Est est public. Il a lieu à Strasbourg, sur le coup de 18 heures. Plusieurs représentants d’associations qui luttent contre l’exclusion et les discriminations sont venues épauler le club de Benfeld et ses joueurs : le collectif Ubuntu, La Maison des adolescents, D’ailleurs nous sommes d’ici… Tout le monde s’engouffre dans la salle, face aux six membres blancs de la commission d’appel régional présidée par Gérard #Baumann qui prévient : « C’est le dernier recours. »

    « L’arbitre n’a jamais sifflé »

    La parole est à l’AS Benfeld. Jean-Michel Dietrich, président du club, raconte la tension, ses trois joueurs noirs, et eux seulement, pris pour cible, les coups, l’arbitre qui siffle la fin à la 43e minute, Moudi Laouali piétiné, Kerfalla #Sissoko « qui se fait massacrer », qui convulse, le chaos, les spectateurs partout, sa secrétaire qui appelle les secours puisque personne ne sort son téléphone… Le lendemain, il sonde l’équipe. Les joueurs blancs, qui n’ont jamais été auditionnés en tant que témoins, décrivent, comme leur coéquipiers noirs, l’ambiance de la première mi-temps : « Retourne dans ta brousse », « Sale nègre », « On n’en pas encore fini avec vous » etc. Kerfalla Sissoko confirme : « Je me faisais traiter tout le match ». Question de la commission : « L’arbitre a-t-il entendu les propos racistes ? » L’arbitre n’est pas là. Donc, selon une logique qui nous échappe, on interroge Kerfalla Sissoko. « Non », répond-il. Il poursuit, explique qu’avant la curée finale, il avait déjà reçu des coups. Il est au sol, crie, l’arbitre est à côté, « il n’a jamais sifflé ». La commission ne bronche pas. Kerfalla Sissoko aurait dû se plaindre à son capitaine, qui aurait fait remonter à l’arbitre. Et qu’importe si le capitaine est gardien de but et ne peut déserter sa cage à l’envi.

    Une question revient en boucle. « Quel a été l’élément déclencheur ? » La commission veut comprendre « la raison des tensions », le « pourquoi », ce qui a fait « basculer ce match sans enjeu dans la violence », imagine que « quelque chose a dû se passer en amont » parce que « d’habitude, ça monte crescendo ». Ils s’interrogent sincèrement face à cette salle divisée en deux : quelques blancs d’un côté (Mackenheim), les noirs de l’autre (Benfeld et ses soutiens). Mais à aucun moment, il n’est question de couleur de peau. « Et côté gendarmerie ? » s’enquièrent les juges du foot. Aucune nouvelle des plaintes, aucune audition. Coup de théâtre, une vidéo a été versée au dossier par Mackenheim qui a fourni une clé USB. Un ado dans les tribunes a filmé. Ils visionnent, l’écran passe de main en main, ils tournent l’ordinateur, penchent la tête, n’écoutant plus que d’une oreille distraite les débats qui n’ont pas été interrompus, on entend un court brouhaha recommencé sans cesse, des rires. « Est-ce qu’on pourrait voir ? », finit par demander Kerfalla Sissoko. Réponse de la commisssion : « Inutile, on ne voit rien. » Si ce n’est qu’il y avait bien plus de quatre spectateurs à envahir le terrain comme le prétendait Mackenheim. L’ordinateur portable est replié.

    Carton rouge en pleine agonie

    Au tour de Mackenheim. La commission : « Et sur le propos raciste, vous n’avez rien entendu ? » La réponse est dans la question. « Et donc vous ne connaissez pas ceux qui sont venus avec des couteaux ? » Idem. Les dirigeants du club de Mackenheim affirment que Kerfalla Sissoko a donné le premier coup. « Je me suis défendu, ils étaient plusieurs sur moi », explique inlassablement le jeune homme. Les joueurs de Mackenheim mis en cause et convoqués ne sont pas présents. Bref, Sissoko a bel et bien porté un coup et « c’est pour ça qu’[il] a eu un carton rouge », lui explique la commission. Lui, il voudrait savoir si c’est bien légal d’avoir un carton rouge « quand on est en train de mourir ». Pas de réponse. Mackenheim rebondit, « Monsieur Sissoko n’a jamais été en danger de mort. » Ils le savent bien : un membre du club est infirmier. « Donc il est intervenu », suppose un membre de la ligue. « Non », dit Mackenheim. La commission se tourne vers Kerfalla Sissoko : « Combien de temps êtes-vous resté couché sur le terrain ? » « J’étais dans les pommes… », bredouille le jeune homme. Une heure déjà que l’audience a débuté. Un membre de la commission fait part de son appréciation à Kerfalla Sissoko : « Donc, vous vous êtes fait tabasser. » Triple fracture au visage, trauma crânien, dix jours d’ITT. Le certificat est dans le dossier.

    L’AS #Mackenheim est assisté d’un avocat. L’homme parle bien, longtemps. C’est son job. La maîtrise du verbe. Il rappelle qu’une procédure juridique en diffamation est engagée contre ceux qui dénoncent le racisme, avec passage en correctionnelle le 22 octobre, et il construit sa plaidoirie en prenant le contre-pied de l’enquête de Libé. « Le racisme dans le foot amateur ne peut pas être illustré par le match du 6 mai 2018 », il faut distinguer « ce qui est avéré et ce qui est fantasmé » : personne n’a rien entendu du racisme. Il réclame l’indulgence de la ligue, les suspensions de terrain, c’est un coup dur pour le club de Mackenheim. La commission aimerait connaître les actions mises en place pour que les faits ne se reproduisent plus ? Ils vont « faire du relationnel avec les joueurs et supporters » (sic)…

    « Nous avons même un cimetière juif »

    Le maire de la commune, Jean-Claude Spielmann, s’est fait inviter. Le président du club de foot est son ami de trente ans. Deux jours qu’ils passent des coups de fil à d’autres communes pour trouver un terrain. Personne ne veut les accueillir, ils essuient des « réponses parfois très désobligeantes ». Et s’ils trouvent, il lui faudra emmener les équipements et les employés communaux là-bas, pour s’occuper de la préparation pelouse, et ça, ça va « peser sur les finances municipales », s’émeut-il. L’élu s’indigne, l’image de sa commune a pris un coup à cause de l’affaire, alors que « Mackenheim n’est pas un terreau de racistes ». La preuve, selon lui : « On est un des rares villages à accueillir une famille de Syriens et nous avons même un cimetière juif. » Puis il en profite pour rappeler à ligue qu’il a déposé une demande de financement pour refaire l’éclairage du club-house. Le président de la commission lui sourit d’un air entendu.

    La séance est levée, la décision sera rendue dans quelques jours. « Au moins, j’ai pu parler un peu plus », lâche Kerfalla Sissoko à la sortie. « Mais c’est toujours moi le fautif. » Sur le parvis de la ligue, les associations imaginent des actions conjointes pour faire reculer le racisme que l’on ne veut pas voir autour du ballon rond. Dimanche dernier, la saison a repris en Alsace. L’AS Mackenheim s’est déplacé à Ebersmunster et l’a emporté 4 à 3. Mais « l’arbitre sifflera la fin du match avant les arrêts de jeu, avant que ça ne dégénère », indique le FC Ebersmunster sur sa page web qui déplore le comportement agressif des visiteurs. L’équipe de Mackenheim, redoutée par les autres clubs pour les dérapages violents qui émaillent souvent les rencontres, a terminé la saison dernière quatrième du championnat. Et elle a obtenu de la ligue de monter en division supérieure.
    Noémie Rousseau

    Le 1er article se trouve ici : https://seenthis.net/messages/711327
    J’aimerais quand même qu’on m’explique pourquoi les assos anti racistes ne sont pas foutues de faire en sorte que Sissoko ait un avocat (comme la partie adverse) pour une convocation aussi importante que celle-ci.
    C’est bien beau de faire des petits badges contre le racisme pour faire beau sur les survêts mais ça fait avancer quoi ?
    Il est où le Lilian Thuram avec sa fondation là ? Il se la joue donneur de leçon en disant que Pelé n’a jamais rien fait par égoïsme (https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Lilian-thuram-critique-le-manque-d-engagement-de-pele-contre-le-racisme/881819) mais lui, à part passer à la télé il faut quoi purée !
    Et puis l’argument du cimetière juif, on dirait une blague de Desproges tellement c’est dingue !

    #football #violence #agression #racisme #Alsace #arbitrage


  • L’hôtellerie-restauration veut embaucher des exilés
    http://www.liberation.fr/france/2018/08/21/l-hotellerie-restauration-veut-embaucher-des-exiles_1673697

    Pour pallier la difficulté de recruter à laquelle fait face l’hôtellerie-restauration depuis plusieurs années, les professionnels du secteur ont déclaré qu’ils souhaitaient embaucher des demandeurs d’asile lors du conseil interministériel du tourisme le 19 juillet. « Il y a 100 000 postes à pourvoir, la moitié en CDI et l’autre en emploi saisonnier, principalement des postes de commis de cuisine », indique l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH). Le syndicat patronal explique qu’il « travaille actuellement sur un "plan emploi", dont cette idée fait partie, pour répondre à la pénurie d’employés ». Du côté du GNI-Synhorcat, on parle de « 150 000 à 180 000 postes à pourvoir, de tous types : cuisiniers, commis de cuisine, serveurs… ». Le président de la branche « cafés-bars-brasseries » du syndicat, Pascal Pelissier, juge que « ce n’est pas une équation parfaite, mais on a l’offre des emplois, et il y a de la demande chez les demandeurs d’asile ».

    Reste que les lourdeurs administratives compliquent l’emploi des exilés. Aujourd’hui, ils ne peuvent prétendre à une autorisation de travail qu’au bout de neuf mois après le dépôt de sa demande d’asile (qu’elle soit validée ou non). Le GNI-Synhorcat plaide pour « l’accélération des procédures ». Pascal Pelissier fait savoir qu’une « demande de discussions a été adressée, pour un rendez-vous à la rentrée avec le gouvernement ». Le député LREM Aurélien Taché, auteur d’un amendement voté dans le cadre de la loi asile et immigration réduisant le délai d’autorisation à six mois, voit cet appel des restaurateurs comme « une demande pertinente ». Il confirme que « des discussions se mettent en place. Au cours de l’été elles sont un peu ténues, mais tout cela va reprendre à la rentrée ».
    « Main-d’œuvre docile »

    Mais la question de l’emploi de demandeurs d’asile dans ce secteur souvent précaire, où subsistent le travail au noir et le recours illégal à des sans-papiers, est un sujet très polémique. « La demande du patronat est hypocrite. Il ne veut pas se préoccuper des mauvaises conditions de travail et des rémunérations trop basses », critique le responsable de la CGT-Hôtels de prestige et économiques (HPE), Claude Lévy. Pour être régularisé par le travail, un exilé qui n’a pas obtenu le statut de réfugié, doit résider depuis au moins cinq ans sur le territoire, et prouver une ancienneté d’activité professionnelle de huit mois sur les deux dernières années (ou de trente sur les cinq dernières). La préfecture régularise alors au cas par cas, délivrant un titre de séjour valable un an, pour un CDI. « Pour renouveler sa carte d’un an, le travailleur immigré ne doit pas perdre son emploi, ajoute Claude Lévy. On se retrouve donc avec une main-d’œuvre docile, qui accepte des conditions de travail que les autres travailleurs n’acceptent plus ! Ce petit jeu peut durer des années… » Son syndicat plaide pour que « dès que l’on régularise, ce soit pour un titre de dix ans, afin d’éviter cette mainmise du patron ».

    Début août, douze femmes de chambre et équipiers sans papiers employés au Campanile de Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne) se sont mis en grève, soutenus par la CGT-HPE. Ils ont obtenu dès le lendemain, de leur entreprise sous-traitante, qu’elle remplisse les documents nécessaires au dépôt de leurs demandes de titre de séjour. « Pour la première fois, les restaurateurs demandent cette régularisation, alors que jusque-là, certains, peu scrupuleux, se satisfaisaient des irrégularités : c’est positif ! » souligne Aurélien Taché. C’est que les restaurateurs sont de plus en plus sommés de se mettre aux normes. Depuis le 1er janvier, dans le cadre de la loi de finances, a été prévu un renforcement des effectifs de contrôleurs fiscaux et des moyens mis à la disposition des enquêteurs contre le travail au noir. Cette loi durcissant également les peines à la clé pour les auteurs de fraudes, les restaurateurs s’exposent de plus en plus à des contrôles de leur comptabilité, et de leur personnel.
    Insertion professionnelle

    « Il y a trente ans, des populations bengalies, sri-lankaises, indiennes sont arrivées en Europe de l’Ouest, dans nos cuisines, et cela se passe très bien, tient à rappeler Pascal Pelissier. Ce sont des métiers à ascension sociale : plongeur, ce n’est pas une destinée, c’est un début », reconnaît-il, tout en affirmant l’importance de collaborer avec des associations intervenant auprès des migrants. « En plus de l’exil, ces personnes vivent le déclassement, alors que nombre d’entre elles sont très qualifiées », ajoute Aurélien Taché. Il faudrait, selon lui, établir « une vraie dimension d’insertion professionnelle dès leur arrivée dans le pays : tester leur niveau de français pour suivre ensuite des cours, valoriser leurs compétences, leur faire découvrir la vie d’entreprise en France ».

    D’autant que d’autres secteurs que l’hôtellerie-restauration sont intéressés, y compris pour des « postes plus qualifiés. J’ai rencontré de nombreuses entreprises qui recherchent ces profils de personnes migrantes, souvent diplômées, parlant plusieurs langues », explique Aurélien Taché, qui a remis en février un rapport de 72 propositions pour l’insertion des exilés. L’objectif du député ? « Que les secteurs où on a des besoins (la restauration, le bâtiment et le numérique) soient pourvus, et que les autres ne passent pas à côté des profils intéressants. »


  • Incendie à Aubervilliers : « Les marchands de sommeil, c’est de la délinquance économique »

    http://www.liberation.fr/france/2018/08/21/incendie-a-aubervilliers-les-marchands-de-sommeil-c-est-de-la-delinquance

    Sept personnes dont cinq enfants ont été grièvement blessés dans l’incendie d’un immeuble du centre d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) dimanche. La maire PCF de la commune, Meriem Derkaoui, a déclaré que l’édifice ne disposait d’aucune autorisation d’habitation. C’était un bâtiment bénéficiant juste d’un bail commercial. De nombreuses personnes d’une même famille y vivaient malgré tout. L’enquête devra notamment déterminer si ce bâtiment était aux mains d’un marchand de sommeil. Deux jours après le sinistre, Stéphane Peu, député PCF du département, très actif sur la question du logement, plaide pour que cette thématique soit déclarée « grande cause nationale ». Ce qu’il s’est passé à Aubervilliers est, selon lui, révélateur de la pénurie d’appartements en Ile-de-France.
    Concernant cet incendie, il apparaît que de nombreuses personnes d’une même famille cohabitaient dans un petit espace vétuste. S’agit-il d’un phénomène courant en Seine-Saint-Denis ?

    C’est l’un des phénomènes caractéristiques de l’habitat insalubre. Il y a d’une part des logements vétustes et insalubres, et d’autre part des locaux qui ne sont pas destinés à l’habitation mais qui sont utilisés comme tels. Il y a des gens qui vivent dans des caves d’immeuble, des réserves de commerces, des boxes de garage, des cabanes de jardin… Ce sont des locaux par définition dangereux. Evidemment, une cave ne remplit pas les critères de sécurité. Il y a beaucoup de décès à cause de ça, notamment en cas d’incendie. C’est la pénurie de logements qui est à l’origine de ces situations de mal-logement. Un bien de très grande médiocrité, voire dangereux, trouve toujours preneur, souvent à des prix exorbitants. Les locataires sont des personnes vulnérables, qui n’ont pas d’autre choix, comme les femmes victimes de violences, les personnes sans garanties. Ce sont les proies des marchands de sommeil. Ce qui est sûr dans le cas de l’immeuble qui a pris feu à Aubervilliers, c’est qu’il s’agissait d’une situation de mal-logement. L’enquête dira s’il y avait aussi une exploitation financière.
    En tant qu’élu de Seine-Saint-Denis, qu’avez-vous constaté dans les logements indignes ?
    Ce sont des logements dont l’électricité n’est pas aux normes, dont la peinture au plomb menace les enfants de saturnisme, avec des plafonds gorgés d’eau qui menacent de s’écrouler, des planchers qui s’effondrent, des taux d’humidité dangereux… Dans la petite couronne parisienne et dans certains quartiers des arrondissements populaires, on estime qu’il y a jusqu’à 40% de logements indignes dans le parc privé [la Seine-Saint-Denis est le département francilien le plus touché par l’habitat indigne, avec 7,5% du parc privé considéré comme tel, ndlr].
    La maire d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui, en appelle au gouvernement pour lutter contre les marchands de sommeil. Qui sont ces propriétaires sans scrupule ?

    Nombre d’entre eux font des placements dans l’immobilier insalubre ou vétuste à forte rentabilité, souvent avec la complicité passive de l’Etat, par exemple au cours de ventes aux enchères judiciaires. Ils achètent peu cher des biens immobiliers très dégradés et les louent ensuite très cher à des personnes acculées. C’est une délinquance économique. Bien souvent, ils se cachent derrière des sociétés. En Seine-Saint-Denis, le blanchiment de l’argent sale, l’argent de la drogue se fait beaucoup à travers les marchands de sommeil avides d’argent. Ils ont parfois pignon sur rue. J’ai connu le cas d’un avocat, par exemple. Récemment, un médecin parisien a été suspendu par l’ordre des médecins et condamné par la justice. Il y a aussi eu un professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine qui a été radié. Il avait un immeuble, à Saint-Denis, dans lequel cinq personnes sont mortes au cours d’un incendie en septembre 2012. Ces propriétaires profitent de la pénurie de logements, des 12 millions de mal-logés en France, ainsi que de la faiblesse de l’arsenal juridique français pour prospérer.

    Délinquance économique et aussi crime sexistes organisé avec complicité de l’état.


  • 500 millions d’euros en moins pour le social : le gouvernement répond (pour celleux qui sont pressés, il répond allez crevé bande de sales pauvres)
    http://www.liberation.fr/france/2018/08/20/500-millions-d-euros-en-moins-pour-le-social-le-gouvernement-repond_16735

    Un demi-milliard perdu en route pour la politique sociale : c’est ce que faisait apparaître un document budgétaire remis par l’Etat aux parlementaires en juillet, et évoqué dimanche par Libération. Dans cette annexe au rapport préparatoire au débat d’orientation des finances publiques, la mission « Solidarité, insertion et égalité des chances » se voyait créditer de 20,8 milliards d’euros pour 2019. Soit 1,3 milliard de plus qu’en 2018, mais… 530 millions de moins que ce qu’annonçait l’Etat fin 2017 dans la loi de programmation des finances publiques pour la période 2018-2022.

    La déperdition est notable, surtout pour cette mission sensible qui finance notamment la prime d’activité, l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et l’aide aux victimes de violences sexuelles. « Impossible de savoir à quoi correspond exactement », se plaignait début juillet le rapporteur général (LR) du budget au Sénat, Albéric de Montgolfier. Les sources gouvernementales interrogées ces derniers jours par Libération n’étaient pas en mesure de justifier cette évaporation budgétaire.

    Lundi, le ministère des Solidarités et de la Santé, principal intéressé, a finalement expliqué cette correction à Libération. Sur les quelque 500 millions d’euros manquants, 300 s’expliqueraient par le report d’un projet immobilier du ministère, qui devait en 2019 regrouper ses services sur deux sites contre quatre actuellement. Le chantier a finalement été reporté à 2025. Et 150 millions supplémentaires seraient liés à un « ajustement tendanciel » de la prime d’activité : le ministère estime que l’amélioration économique en 2019 diminuera le recours à cette prestation, réservée aux travailleurs pauvres.

    Bah oui en 2019 les pauvres seront obligé·es de se manger entre elleux, du coup il y en aura moins.


  • Contrebande : les coups fumeux des douanes - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/08/19/contrebande-les-coups-fumeux-des-douanes_1673435

    Pendant des années, il a permis à la douane de réaliser ses plus belles affaires. Surnommé tour à tour Alex, Carmen, Youri ou simplement « Z », Zoran P., 52 ans, est considéré comme un des meilleurs « aviseurs » (indicateurs) de l’histoire de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED). Grâce à lui, le service rattaché à Bercy a saisi des dizaines de tonnes de contrefaçons, médicaments, café, armes et surtout cigarettes, marché sur lequel « Z » exerçait une situation de quasi-monopole. Une quarantaine de dossiers pour lesquels il a été officiellement rémunéré 392 000 euros par l’administration.

    Mais l’indic ne se contentait pas de refiler des tuyaux aux douaniers pour leur permettre d’afficher de belles saisies, il importait lui-même la marchandise prohibée dont il gérait le stockage et le transport. En contrepartie, il était autorisé à faire passer ses propres cargaisons sans jamais être inquiété : pour un conteneur intercepté par les douanes, au moins un autre passait entre les mailles du filet, parfois deux ou trois. Un système couvert et encouragé par la plus haute hiérarchie du renseignement douanier, comme le montrent de nouveaux éléments révélés par Libération. « Nos investigations font ressortir, pour chaque affaire douanière, une implication incriminante de l’aviseur, et matérialisent une complicité du commandement de la Direction des opérations douanières dans les schémas d’importation de marchandise de fraude », notent les deux juges d’instruction Aude Buresi et Clément Herbo dans un rapport de synthèse d’octobre 2017, tout en soulignant « la participation active de Zoran P. à de multiples trafics ». Très loin, donc, des « dysfonctionnements localisés » avancés au début de l’enquête ouverte au pôle financier de Paris, à la suite d’une saisie particulièrement suspecte en juillet 2015. Dans le cadre de cette procédure, un document classé « secret défense » a même été caviardé pour dissimuler à la justice le véritable statut du trafiquant indicateur.

    voire aussi :
    https://seenthis.net/messages/622352



  • Hauts-de-Seine : son compagnon la bat, elle est expulsée à cause du bruit - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/la-garenne-colombes-92250/hauts-de-seine-son-compagnon-la-bat-elle-est-expulsee-a-cause-du-bruit-12


    ben non, c’est pas le gorafi !

    Le tribunal d’instance a ordonné l’expulsion d’une femme victime de violence conjugale. Motif : les cris et le bruit lors des accès de colère du compagnon violent dérangeaient le voisinage !

    C’est la double peine. Victime de violences conjugales, cette mère de famille est expulsée de son logement… à cause de la violence de son compagnon. Le lien est indubitable et le juge du tribunal d’instance de Colombes, qui a ordonné l’expulsion, l’écrit d’ailleurs très tranquillement : « la plainte déposée pour violence conjugale par Madame ne fait que corroborer les troubles ». « Troubles » abondamment signalés au bailleur social, le groupe 3 F, par des voisins exaspérés d’entendre des cris. Mais qui n’ont manifestement pas jugé bon de proposer leur aide à Elodie.

    #violences_conjugales #masculinisme #violence_d'état #femmes

    • On marche sur la tête, mais non, en fait c’est la justice qui lui marche sur la tête [ici « lui » veux dire « elle »], voire la piétine tout simplement et sans vergogne.

    • La femme battue expulsée de son logement après les plaintes des voisins bientôt relogée ?
      https://www.lci.fr/societe/violences-conjugales-hauts-de-seine-garenne-colombes-une-femme-battue-expulsee-d

      [le bailleur social, le groupe 3 F] assume sa démarche réalisée pour contenter le voisinage. Bien qu’il tente de rattraper la situation en indiquant entendre « qu’elle est victime de violence » et qu’il travaille « à une solution de relogement ». Une décision semble-t-il suivie d’un acte, puisque, selon Me Rosset, ledit bailleur a proposé une solution de relogement à sa cliente

      #logement #voisins #justice #expulsion

    • Ici :
      http://www.liberation.fr/france/2018/08/14/battue-par-son-mari-une-femme-recoit-un-avis-d-expulsion-en-raison-de-nui

      A La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), Elodie et ses enfants font l’objet d’une procédure d’expulsion de leur logement social à cause des cris signalés par les voisins. Face à la mobilisation, le bailleur 3F a finalement réagi, promettant de les reloger.

      C’est une voix sereine, quoique un peu timide, à l’autre bout du fil. « La mobilisation a servi, ça a fait bouger les choses », dit Elodie, 37 ans. Cette mère de deux enfants, battue par son conjoint, fait l’objet d’une procédure d’expulsion de son logement social à La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), en raison de « nuisances sonores ». Nuisances qui n’étaient autres que ses cris.

      Une décision prononcée par le tribunal d’instance de Colombes, le 29 juin, à la suite d’une démarche de son bailleur, sollicité par des voisins excédés. Très vite, la presse et les réseaux sociaux se sont emparés de l’histoire d’Elodie. Sur Twitter, nombre d’internautes ont interpellé lundi la société immobilière 3F.

      Grâce à ces multiples soutiens (et à ce « bad buzz » pour le bailleur social), la mère de famille – qui avait formulé en vain une demande de relogement depuis le printemps – a finalement obtenu des avancées : « Les 3F m’ont appelée [lundi]. J’ai rendez-vous jeudi à 15 heures pour visiter un logement, a-t-elle confié à Libération, soulagée. Quand j’ai reçu le jugement, j’étais perdue. Je ne pensais pas qu’on pouvait faire ça : me mettre dehors avec mes enfants à cause du bruit ! »

      « Une décision hallucinante »

      Le 29 juin, Elodie s’était vu notifier la résiliation de son bail (au nom du couple) et l’expulsion de son logement. Dans le jugement civil que Libération a pu consulter, on peut lire qu’il est notamment reproché des « cris tous les jours » et des « hurlements » de femme et d’enfants, des « disputes » récurrentes… Des « nuisances sonores » qui ont visiblement importuné les voisins de la mère de famille, plutôt que de les alerter. Le juge d’instance écrit aussi que « la plainte déposée pour violences conjugales par Madame X ne fait que corroborer les troubles évoqués » ou encore que « Monsieur X est parti des lieux loués, ce qui va pacifier l’occupation du logement ».

      « C’est une décision hallucinante, sidérante. Le juge prend acte des faits de violences conjugales. On n’est pas dans du "on-dit", on est dans quelque chose de réel », commente Me Migueline Rosset, avocate d’Elodie, pourtant habituée depuis des années à traiter du droit immobilier. « Il aurait pu agir avec humanité et renvoyer l’affaire, par exemple, le temps de vérifier que monsieur était bien parti du logement », poursuit le conseil, qui note en passant que le magistrat en question est une femme. Lors de l’audience, en mai, le couple en séparation avait déclaré que le père des enfants ne résidait désormais plus au domicile. Mais « il importe peu que soit évoqué le départ de Monsieur X », estime encore le juge d’instance dans sa décision.

      « Personne n’est venu »

      Le couple s’était installé en 2016 dans cette résidence HLM de La Garenne-Colombes. Elodie raconte avoir été violemment frappée par son compagnon, qui lui avait confisqué son téléphone portable en mars.

      « Il m’a donné des coups sur le visage, m’a maintenu si fort les bras que j’en ai eu des hématomes, aussi derrière les cuisses », se souvient-elle. Ce soir-là, il plus de 4 heures du matin. Leurs filles de 4 et 6 ans dorment. « Avant, c’était des insultes. Il me parlait mal, me criait dessus. Il me rabaissait. Il me disait que j’étais une folle, une feignante, que je ne savais pas m’occuper de mes enfants. C’était tout le temps, décrit-elle. Il m’a même menacée de mort. »

      Cette femme battue dit aussi l’indifférence des riverains : « J’ai appelé au secours, mais personne n’est venu. » Des voisins qui, pour certains, n’ont pas hésité à faire remonter leur mécontentement au bailleur de l’immeuble, évoquant pêle-mêle des bruits d’enfants courant sur le sol, des hurlements, des insultes ou des jets d’objets.

      Le 30 mars, la trentenaire dépose plainte au commissariat. Les violences sont constatées, la mère de famille écope de deux jours d’incapacité temporaire de travail (ITT). Début mai, son conjoint est cette fois placé en garde à vue après de nouvelles violences. A bout, décidée à trouver une solution, Elodie écrit au bailleur 3F en demandant à être relogée, « ne pouvant plus vivre dans la peur et la violence » avec ses enfants. En vain. La procédure est lancée, et selon le jugement rendu, la mère et ses enfants devraient quitter leur appartement d’ici au 12 septembre.
      « Une situation prioritaire »

      Me Rosset, qui a fait appel de la décision du tribunal d’instance et a saisi le juge d’exécution, s’est réjoui sur son compte Twitter du fait qu’Elodie allait être enfin relogée avec ses enfants. Même si, prudente, elle attend « de voir le bail ». Contactée par Libération, la société immobilière, à l’origine de la procédure d’expulsion, assure désormais : « Cette locataire est toujours dans son logement. Elle n’est pas à la rue, et ne le sera pas le 12 septembre. Sa situation est prioritaire. Nous travaillons avec elle à une solution de relogement. »
      Chloé Pilorget-Rezzouk

      Donc il y a eu dépôt de plaintes, demande de relogement mais le seul truc que le bailleur soit disant social décide c’est de l’expulser en utilisant les preuves que cette femme est battue pour soutenir cette décision. Pas de nouvelle de ses plaintes contre l’homme violent par contre qui sera traitée dans 1 an si tout va bien et classée sans suite ou fera l’objet d’un simple rappel à la loi bien sûr. Et les voisins : ils n’interviennent pas, n’appellent pas non plus la police, ne vont pas la voir après et en plus ils vont se plaindre du bruit.
      Tout va bien en France et Marlène est là pour veiller sur nous il paraît : quelle bouffonne celle-là !

    • Malgré ce retournement du bâilleur sous pression médiatique qui lui cherche un nouveau logement à son nom à elle seule, elle a encore beaucoup de chemin à faire, pour trouver de l’aide pour se sortir de la merde où ce mec l’a mise. (Et elle a déjà fait beaucoup de chemin, à se rendre compte que ce n’est pas elle qui est de la merde mais son mec qui lui parle comme ça.) Si ces mecs représentaient le même danger sur une autre personne, a fortiori un homme, ils seraient mis hors d’état de nuire assez vite. Mais c’est leur meuf, alors on leur passe presque tout.

    • D’autant que cette femme était au départ présentée comme seule, mais en fait non, elle a carrément la responsabilité de deux enfants ! Essaye donc de trouver un logement avec des marmots. Mon expérience rien qu’avec un seul enfant à charge m’a appris que les bailleurs se méfient des mères célibataires. Comme les banquiers qui te refusent les prêts parce que sur ta feuille d’impôt c’est marqué que tu as une #bouche_à_nourrir, ils savent très bien que ça coûte cher d’élever un enfant, que ça prend du temps où tu peux pas bosser, que le cercle de tes latitudes est restreint donc ils invoquent n’importe quoi pour ne pas te loger, au point que je cachais avoir un enfant.
      Et même si tu fais appel aux aides sociales ça ne couvre jamais ce que coûte réellement un enfant : le nourrir, le loger, l’habiller, lui permettre quelques loisirs et continuer de faire croire que tout va bien quand chaque rencontre avec les services sociaux est une nouvelle humiliation.
      #guerre_aux_femmes



  • Calais : des associations dénoncent « une volonté d’intimidation des bénévoles » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/08/08/calais-des-associations-denoncent-une-volonte-d-intimidation-des-benevole

    Dans un rapport publié mercredi matin, quatre associations d’aide aux migrants présentes sur le terrain font état d’une surveillance constante de leurs membres par la police.

    Surveillance constante, violences physiques et verbales, tracas administratifs et contraventions multiples : ce matin, quatre associations d’aide aux migrants viennent de rendre public un rapport qui détaille le harcèlement policier dont elles se disent victimes à #Calais. L’Auberge des migrants, Utopia 56, Help Refugees et Refugee Infobus, présentes sur le terrain tous les jours, ont décidé de documenter cette pression, qui, si elle ne date pas d’aujourd’hui, s’est visiblement accentuée. « Ces mesures reflètent une volonté d’intimidation des bénévoles agissant dans le nord de la France », affirment-elles. Les éléments rapportés s’échelonnent entre le 1er novembre 2017 et le 1er juillet 2018.

    Contraventions et palpations

    On connaissait la pratique des contraventions, fréquentes quand on se gare près d’un campement de migrants à Calais. Motif le plus courant : « Stationnement très gênant. » Les camionnettes ou les voitures personnelles peuvent avoir deux roues à cheval sur un trottoir, reconnaissent les associations, mais ce sont des coins plutôt isolées, terrains vagues ou zone industrielle. « Il est également arrivé que le même véhicule reçoive deux amendes pour stationnement très gênant à quatre minutes d’intervalle », pointe le rapport, en reproduisant les contraventions. En tout, l’Auberge des migrants a payé à l’Etat 2 719 euros pour 22 amendes, en huit mois. S’y ajoutent une surveillance constante lors des distributions de nourriture et les contrôles policiers, en augmentation : 205 depuis le 1er novembre, mais 66 rien qu’au mois de mai. Les associations ont sorti une statistique, marque pour elles d’une pratique discriminatoire : les palpations de sécurité ont concerné quatorze femmes et deux hommes. Pourtant, les femmes ne sont pas beaucoup plus contrôlées que les bénévoles masculins.

    La pression sur les bénévoles peut aussi passer par des convocations au poste de police : c’est ce qu’ont vécu deux membres de l’Auberge des Migrants. Ils distribuaient des tentes et des sacs de couchage après une expulsion d’un campement, et ont dû comparaître pour une audition libre, pour « avoir été les instigateurs d’une installation sur une propriété privée », explique le rapport. Rien n’a été finalement retenu contre eux.

    Aucune condamnation

    Plus grave, les militants associatifs sont régulièrement molestés, affirment-ils, lorsqu’ils sont témoins d’une expulsion d’un campement de migrants. Le rapport recense 37 cas. Les CRS prennent souvent mal toute tentative de les filmer. Charlotte Head, bénévole anglaise à Help Refugees en témoigne : son téléphone lui a été arraché et jeté à terre. Elle va le récupérer, le #CRS lui dit de « se casser ». Elle poursuit : « Un autre policier, placé dans mon dos, m’a attrapée au niveau de la gorge avec son bras et m’a violemment jetée à terre. »

    La préfecture du Pas-de-Calais parle d’« accusations qui ne sont pas nouvelles », et rappelle : « Force est de constater que les rares plaintes déposées ou les signalements auprès de l’IGPN n’ont conduit jusqu’à présent à aucune condamnation. »
    Stéphanie Maurice correspondante à Lille

    #migrants #police #harcèlement_policier #IGPN #bénévoles


  • L’infertilité met hommes et femmes à égalité
    http://www.liberation.fr/france/2018/08/09/l-infertilite-met-hommes-et-femmes-a-egalite_1671847

    Il y a d’abord les chiffres, révélateurs. Aujourd’hui, l’âge de la première maternité se situe à 28 ans et cinq mois contre 24 ans dans les années 70 - sachant que le pic de fertilité est à 22 ans et que celle-ci baisse drastiquement à partir de 35 ans. Et en cinquante ans, la concentration moyenne de spermatozoïdes dans un éjaculat a diminué de moitié. Chez un homme de 35 ans, leur nombre est passé de 113 millions/ml à 49,9 millions/ml en moyenne. En France, un couple sur six consulte pour des problèmes de fécondité durant sa vie, contre un couple sur sept il y a six ans. Et 24 % d’entre eux ne parviennent pas à concevoir après un an sans contraception (8 % au bout de vingt-quatre mois). D’où cette question : sommes-nous en train de devenir une génération d’infertiles ?
    « La détérioration de la santé reproductive masculine est très probable en France. En revanche, on ne dispose malheureusement pas d’études d’ampleur qui permettraient de savoir précisément s’il y a une détérioration de la santé reproductive féminine [mesure de la réserve ovocytaire et des marqueurs hormonaux par exemple, ndlr] et de la fertilité des couples au cours du temps », avance Rémy Slama, épidémiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). « L’ampleur de la dégradation de la santé reproductive masculine n’est pas suffisante à elle seule pour faire aujourd’hui baisser la fécondité en France [qui est de l’ordre de deux enfants par couple]. En revanche, elle pourrait être suffisante pour avoir entraîné une augmentation du nombre de couples ayant recours à l’assistance médicale à la procréation. »

    Si la chute libre de la fertilité n’est donc pas totalement confirmée, certaines causes de l’infertilité sont, elles, déjà actées. « On a identifié plusieurs facteurs pouvant influencer la santé reproductive masculine, féminine ou celle du couple à partir d’études chez l’animal et l’humain. » Lesquelles ? « Des facteurs généraux, tels que le surpoids et l’obésité, qui sont de plus en plus présents dans notre société, développe le chercheur, également président du conseil scientifique du Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE). La consommation de tabac et d’alcool. Et puis il y a aussi des facteurs liés à l’environnement. Les perturbateurs endocriniens en particulier. Il y a très peu de chances qu’un unique facteur soit à l’origine de cette détérioration probable. »
    Double cause

    Ces changements n’épargnent personne. Ni les femmes ni les hommes. Une enquête réalisée par Patrick Thonneau - alors responsable de l’équipe Epidémiologie de la fertilité à l’Inserm - montre d’ailleurs que l’inaptitude biologique à procréer semble « équitablement répartie entre les hommes et les femmes ». Dans ces travaux, une altération de la fertilité féminine a été constatée pour plus de sept couples inféconds sur dix et une altération de la fertilité masculine pour près de six couples sur dix. Pour quatre couples inféconds sur dix, une double cause - féminine et masculine - est diagnostiquée. Une « coresponsabilité loin des clichés » selon Elise de la Rochebrochard, directrice de recherche à l’Institut national d’études démographiques.

    En dehors du coté nataliste que je n’apprécie pas, ce texte est plein de sexisme.
    On met à équivalence le choix des femmes de « laisser passé leur pic de fécondité » avec la diminution de la concentration des spermatozoides dans le sperm. Quel est l’équivalence ou l’égalité entre un choix politique (contraception, IVG... ) et une maladie des couilles ? Si c’est une maladie et pas un bienfait d’ailleurs.
    L’article indique que femmes et hommes sont co-responsables et égal·aux dans le fait qu’on deviendrait une « génération d’infertiles ». Mais les femmes ne sont pas infertiles, elles choisissent de ne pas enfanter. C’est d’ailleurs assez paradoxale, car si la natalité baisse c’est que les femmes le veulent et on fait comme si c’était une forme de maladie de l’espèce, ou un effet de la pollution. Tandis que pour les hommes ce sont des raisons extérieurs à eux qui sont pointées (et scientifiquement étudiées). On ne leur parle pas du ratage de leur pic de fécondité, ni de leur choix de rester le cul sur une chaise alors qu’ils pourraient faire la vaisselle ou nettoyer les chiottes ce qui leur rafraichirait les bourses, augmenterait leur fécondité et motiverait peut être les femmes à refaire des enfants si toute la charge de travail n’était plus sur elles.

    Il y a aussi le lien fait entre couple hétéro et natalité tout le long de ce texte. Comme si les mères célibataires n’existaient tout simplement pas. Pas la peine de parler des femmes qui utilisent les #PMA puisqu’elles sont hors-la-loi en France à cause de la misogynie et de l’homophobie des catholiques.

    #natalisme #sexisme #androcentrisme #sexisme_scientifique #sexisme_médicale #étude_à_la_con #femmes #contraception



  • Chômage, formation : la nouvelle loi chamboule tout
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/15041-chomage-formation-la-nouvelle-loi-chamboule-tout

    ARTICLE DU JOUR :...la nouvelle loi chômage chamboule tout + essor des ruptures conventionnelles collectives

    1... La nouvelle loi va justifier les radiations en masse et baisser les indemnités pour imposer une baisse artificielle des chiffres du chômage et forcer à accepter les mini-jobs à 500€.

    2... Il faut bien avoir conscience que la mort du modèle social aggravé par la prochaine banqueroute mondiale va créer une misère voulue qui ne peut que conduire à la Révolution prophétisée.

    http://www.liberation.fr/france/2018/08/03/rupture-conventionnelle-collective-sans-projet-solide-tu-te-retrouves-vit

    Contributeur Anonyme

    Philippe à l’Assemblée nationale en septembre 2017. (c) Reuters

    Le gouvernement a réussi à boucler en un temps record une vaste réforme, qui va (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises


  • En Alsace, le football amateur en flagrant déni - Libération
    http://www.liberation.fr/sports/2018/07/27/en-alsace-le-football-amateur-en-flagrant-deni_1669395

    Victime de graves violences pendant un match, le joueur d’origine africaine Kerfalla Sissoko a pourtant été suspendu par une commission qui dément tout acte raciste. « Libération » a enquêté.

    « Si Kerfalla était mort, ils auraient donné son nom à un tournoi. » Cette phrase, terrible, est de l’entraîneur de Kerfalla #Sissoko. A mesure qu’on s’immergeait dans le contexte, elle devenait une ritournelle lancinante. Le contexte ? Sympathique, a priori : le foot des patelins, le foot à la bonne franquette. Quand le village se retrouve le dimanche au match, assis sur des chaises en plastique dépareillées, à prendre des nouvelles des voisins, de la famille, du boulot. Kerfalla Sissoko, joueur amateur de l’équipe de #Benfeld, a failli y laisser sa peau début mai. Sa peau noire, sur le terrain de #Mackenheim, village alsacien de 800 habitants, qui a placé Marine Le Pen en tête au second tour de la présidentielle avec 54 % des suffrages. C’est l’histoire d’un racisme ordinaire, d’une violence extraordinaire. Un #racisme qui se murmure, qui se banalise, qui s’institutionnalise. Kerfalla Sissoko a été coursé avec un couteau de cuisine, roué de coups… puis suspendu par les instances du football.

    Coups de crampons

    Fin mai, sur le parvis du District de football d’Alsace à Strasbourg, Kerfalla Sissoko, 25 ans, est silencieux. Il est convoqué en commission de discipline. Lui et son coéquipier Moudi Laouali, aussi victime de coups et d’injures racistes, ont été suspendus à titre conservatoire. A leurs côtés, les membres de leur club, l’AS Benfeld, petite ville de 6 000 habitants située à 30 kilomètres au sud de Strasbourg, sont plutôt confiants. Là, ils vont avoir l’opportunité de refaire ce match chaotique à tête reposée. En attendant leur tour, ils nous livrent le récit de ce dimanche 6 mai.

    Le match oppose deux équipes de D3, la plus basse division en football amateur. L’enjeu pour Benfeld est quasi nul. Tout ce qu’ils peuvent décrocher, c’est le titre du fair-play : ils n’ont reçu aucun carton rouge de la saison. Dès le coup d’envoi, la tension est palpable. « Nos trois joueurs d’origine africaine sont tout de suite pris pour cible par l’équipe adverse, qui les avait repérés au match aller, et leur a réservé un traitement de faveur au retour », raconte l’entraîneur Gérald Cimolaï. Sur le terrain, les contacts sont de plus en plus violents, assortis d’insultes et de menaces chuchotées : « On en a encore pour toi », « ça ne fait que commencer ». L’autorité de l’arbitre est continuellement mise à l’épreuve. « Ça pouvait dégénérer à tout moment. Et il a suffi d’une toute petite étincelle », ajoute le coach. Elle se produit à la 43e minute. Alors que Mackenheim mène 1 à 0, Kerfalla Sissoko, milieu défensif, est sifflé. Faute, carton jaune. Le jeu reprend jusqu’au choc entre Moudi Laouali et un joueur de Mackenheim. Immédiatement, les supporteurs descendent des gradins, envahissent le terrain pour se ruer sur les joueurs noirs. Kerfalla Sissoko et Loïc Huinan, le troisième joueur d’origine africaine, dégagent Moudi, qui s’en sort avec des blessures superficielles. Ils essuient des coups, s’échappent en courant. Tentant de fuir vers les vestiaires, au pied de la tribune, Kerfalla Sissoko se retrouve nez à nez avec un grand couteau de cuisine. Le supporteur armé le prend en chasse, ainsi que Moudi Laouali qui parviendra finalement à se réfugier au vestiaire. Kerfalla Sissoko, lui, fait demi-tour, traverse le terrain dans l’autre sens. Mais un autre groupe l’attend, mêlant joueurs et supporteurs. Là aussi, il y a un couteau. Traqué, piégé, Sissoko retourne au centre. Il est frappé au visage. Il s’effondre et reçoit encore des coups de crampons dans le dos et les côtes. « Ils sont à quatre ou cinq sur lui », se souvient le coach, qui se précipite à son secours avec le capitaine, Guillaume Paris. Sissoko convulse. Paris plonge ses mains dans la bouche du joueur qui est en train d’avaler sa langue. Il le met en position latérale de sécurité. C’est « le seul moment » où il s’est « senti en danger », « parce qu’agenouillé à côté de Kerfalla », dit-il. L’arbitre distribue les cartons, deux pour Benfeld, deux pour Mackenheim. Sissoko, inconscient, reçoit le premier carton rouge de sa vie de footballeur. A la 45e minute, la fin du match est sifflée. « Les gars en face enlevaient leurs maillots pour ne pas être reconnus », se souvient Gérald Cimolaï, qui les fait reculer en dégainant son portable pour filmer.

    Le président du club, Jean-Michel Dietrich, accourt sur le rond central, demande que quelqu’un appelle les secours. Personne ne bouge au club-house. C’est la secrétaire de l’AS Benfeld, venue assister à la rencontre, qui passera l’appel depuis son portable. Quand les secours arrivent, « les supporteurs s’évaporent dans la nature tandis que le staff de Mackenheim discute avec l’arbitre », observe le coach, aussitôt entraîné à l’écart par trois hommes. Encerclé, il doit montrer son téléphone. « J’ai dû effacer toutes les vidéos devant eux, sinon je ne repartais pas », dit-il. Les gendarmes, arrivés avec les pompiers, n’embarquent personne. Kerfalla Sissoko est évacué en urgence. Il a une fracture ouverte de la tempe, trois autres au niveau de la pommette, un traumatisme crânien, la mâchoire déplacée, des hématomes dans le dos, sur les côtés… Le lendemain, le président de l’AS Benfeld publie sur son compte Facebook une lettre adressée au District d’Alsace de football, « pour le mettre face à ses responsabilités ». Les médias relaient. Kerfalla Sissoko et ses deux coéquipiers noirs ont déposé plainte à la gendarmerie de Marckolsheim pour violences et injures racistes.

    Le dimanche suivant, Jean-Michel Dietrich est convoqué à la gendarmerie. Pour témoigner, pense-t-il. Il emmène son fils, cela ne devrait pas être long. Finalement, il y passera la matinée. Le club de Mackenheim, qui n’a jamais formulé d’excuses ni pris des nouvelles des joueurs blessés, l’attaque pour diffamation. En cause, une menace de mort. Pas sur le terrain de foot. Non, dans un commentaire sur Facebook. Jean-Michel Dietrich doit retirer le texte, se plier au relevé d’empreintes, aux photos. Pendant qu’il est fiché, un gendarme promène le fils, histoire de faire diversion. « Je me suis senti humilié », dit-il. Il a « honte », envie de tout arrêter.

    « Reste dans ta brousse »

    A Strasbourg, le jour décline. Une petite agitation sur le parvis du siège du District indique que notre présence dérange. Kerfalla Sissoko, convoqué par la commission de discipline, est appelé à se présenter. Le groupe s’engouffre dans le bâtiment. Nous nous sommes procuré un enregistrement sonore de l’audience. Le président ouvre la séance en affirmant que le dossier est vide, qu’il n’y a aucun élément concret. L’avocate de Sissoko produit les plaintes, les certificats médicaux, les dix jours d’ITT. Le capitaine de l’équipe de Mackenheim, récidiviste, déjà suspendu pour violences, reconnaît avoir porté des coups mais parle de légitime défense et nie les propos racistes. Comment pourraient-ils être racistes puisqu’eux-mêmes ont des joueurs d’origine étrangère ? Les membres du district se penchent sur la liste de noms, ils n’ont pas que des consonances alsaciennes, effectivement. L’argument semble convaincre. L’arbitre a vu le couteau de cuisine dans la main d’un homme à capuche. Mackenheim ne sait pas de qui il s’agit. Mais sait que ce n’est pas un licencié. Sissoko tente d’expliquer sa version des faits. On lui coupe la parole. Idem pour le témoignage de la secrétaire du club qui a entendu une dame marteler : « Mettez les Noirs dehors, ils n’ont rien à faire sur le terrain. »

    Du racisme, l’arbitre n’a rien entendu. Kerfalla Sissoko explique que ce sont des insultes qui fusent dans un contact ou quand l’arbitre tourne le dos. « Reste dans ta brousse, c’est chez toi », lui lance-t-on, par exemple, alors qu’il va chercher un ballon sorti du terrain. Sissoko aurait dû aller se plaindre à l’arbitre, lui dit-on. Il objecte que s’il allait se plaindre à chaque fois, il ne toucherait plus le ballon… Parce que « c’est tout le temps ». Et puis, seul le capitaine est en droit de s’adresser à l’arbitre et le capitaine de Benfeld est gardien de but… Qu’importe. Kerfalla Sissoko est sommé de s’expliquer. Parce que les insultes, finalement, il n’y a « que lui qui les a entendues », résume le président de la commission de discipline, qui balance : « Le racisme est devenu accessoire dans cette affaire. » A la sortie, une heure plus tard, les membres de l’AS Benfeld sont sidérés par tant de « légèreté ». « Ce sont des juges qui décident de tout, même de ce qu’ils veulent entendre, s’étrangle Gérald Cimolaï. Et c’est à nous de prouver le racisme. Si on ne peut pas, c’est que cela n’existe pas. » C’est alors que l’entraîneur prononce cette phrase terrible, mais plausible : « Si Kerfalla était mort, ils auraient donné son nom à un tournoi. » Kerfalla Sissoko, lui, paraît hagard, sonné par ce « racisme accessoire ». « Comme si le racisme, on pouvait le porter sur soi, l’enlever, selon les jours… » se désole-t-il.

    On le retrouve début juin, au bord du terrain, à Benfeld (ses copains disputent le ballon aux joueurs d’Hipsheim). L’équipe est convalescente. Kerfalla Sissoko ne les regarde pas vraiment. Il explique être sans cesse assailli par les images de son agression, ce moment où il s’est vu mourir. Il n’arrive pas à rechausser les crampons. De toute façon, il a interdiction de jouer. Le District vient de rendre son verdict. Kerfalla Sissoko a été sanctionné, comme son coéquipier Moudi Laouali, comme les deux joueurs de Mackenheim. Même tarif, pour tous : dix matchs de suspension, pour le banal motif de « brutalité à l’égard d’un joueur ». Tout le monde au piquet, en somme comme pour une chamaillerie de cour d’école. Le club de Mackenheim a été condamné pour l’envahissement du terrain : « menace avec arme de la part d’un spectateur ». Il devra payer une amende de 60 euros. Jean-Marie Dietrich a fait appel, pour « sortir du déni de racisme », pour réhabiliter ses joueurs. Peine perdue. Le 5 juillet, le District a maintenu les sanctions contre eux, se fondant sur « les conclusions de l’instructeur », un membre du District, envoyé enquêter sur place. Elles « permettent d’écarter la notion de comportement collectif systématique à caractère raciste ou discriminatoire de la part du club de l’AS Mackenheim », et si « des propos de cette nature ont pu être tenus, ils l’ont été par des personnes isolées », indique le PV de la commission. Quant à « l’agression subie par le Kerfalla Sissoko »,elle trouve « son explication dans le comportement violent de ce dernier qui asséné le premier un coup-de-poing ». Mot pour mot les arguments de l’AS Mackenheim, inlassablement démentis par l’AS Benfeld. Le traumatisme crânien, les multiples fractures au visage ne sont que les séquelles d’une légitime défense. Affaire classée. Circulez, il n’y a rien à voir. Seul changement, pour manquement à la sécurité, l’AS Mackenheim est suspendue de terrain pour quatre matchs, son amende relevée à 100 euros… « Ils ne veulent pas parler de racisme de peur que cela les salisse », estime Jean-Michel Dietrich. L’essentiel des débats s’est d’ailleurs concentré sur lui, le District estimant « particulièrement regrettable » qu’il « se permette de dénoncer médiatiquement » les faits. Assigné en justice pour diffamation, le président de l’AS Benfeld passera en correctionnelle le 31 juillet.

    « Le foot c’est un système féodal, c’est de la politique, des discours, des réunions organisées par des carriéristes avides de pouvoir qui nous ridiculisent, méprisent la réalité, déplore Jean-Michel Dietrich. Ce sport doit se poser des questions, avoir le courage de sanctionner une équipe pour son comportement, même si elle gagne. » Pour Gérald Cimolaï, il y a deux poids, deux mesures, entre foot des villes et foot des champs : « Ils crachent sur les clubs des quartiers, mais dans les villages, rien n’est grave. »

    Le « foot des champs », c’est pourtant là que se concentrent désormais les problèmes, assure un ancien arbitre. « Longtemps, les clubs des quartiers faisaient peur quand ils venaient jouer dans les patelins. Maintenant, c’est l’inverse. Ce sont ces clubs qui ont peur d’aller à la campagne, parce qu’ils vont être provoqués, poussés à bout, jusqu’au basculement dans la violence. »Du coup, « les noms de villages chauds circulent », ceux où l’ambiance autour des matchs est connue pour être raciste, indique un entraîneur d’origine africaine. « Des villages où soit tu te bats, soit tu pleures », résume un joueur. Zone urbaine ou rurale, le racisme est partout, d’après Jean-Marie Dietrich. Mais il a différents visages : « En ville, le foot est un prétexte pour un affrontement entre communautés. On se mesure, on se fait peur. A l’écart, c’est la xénophobie, la peur de l’autre qui s’exprime. Le foot des campagnes, c’est la guerre des clochers. Ne pas être du village, c’est déjà compliqué… »

    Equipes monochromes

    Outre le contexte de chaque village, sa coloration plus ou moins frontiste, pourquoi l’ambiance sur les terrains est-elle devenue si délétère ces dernières années ? « Les joueurs qui posent problème dans les grands clubs saturés des villes sont virés. Ils échouent dans les basses divisions qu’ils gangrènent », explique le président du FC Hipsheim, Nicolas Smargiassi. Malgré leur comportement agressif, comme ils ont plutôt un bon niveau et la peau plutôt claire, ils atterrissent là où on veut bien d’eux, là où on est même parfois prêt à les rémunérer, souvent dans les petits villages qui peinent à trouver suffisamment de jeunes pour constituer une équipe. Des clubs ruraux qui ne sont pas trop regardants, puisqu’il en va de leur survie même. D’autres clubs, pourtant confrontés au même déficit de jeunes, ont une autre réponse : ils fusionnent avec le club voisin, choisissent la mixité… A la campagne, il y a donc les équipes monochromes, et les autres. Quand elles se rencontrent, ce ne sont pas seulement des profils de joueurs différents qui se font face, mais deux visions du foot qui s’affrontent.

    A Benfeld, « le ménage a été fait », affirment plusieurs dirigeants de club du même groupe (G de la troisième division). Quand Jean-Michel Dietrich a repris le club voilà deux ans, il avait mauvaise réputation. « Un petit groupe de jeunes du coin se l’accaparait, les autres ne pouvaient pas évoluer », assure-t-il. Il monte alors un nouveau projet, qui prône la diversité, l’acceptation de l’autre, va chercher des joueurs de toutes origines, crée une équipe féminine. Ceux qui ne voulaient pas se mélanger ont été invités à prendre une licence ailleurs. Voilà pourquoi Kerfalla Sissoko, technicien d’usinage à Strasbourg, est prêt à quitter le quartier populaire de Cronenbourg, où il vit avec ses parents, et à faire trente minutes de voiture pour venir s’entraîner le soir. A Benfeld, il s’est senti « bien accueilli ». Aujourd’hui, le club fait corps autour de lui, monte au créneau pour le défendre.

    Dans les clubs urbains, saturés, les places sont plus chères. « En ville, ça devient le business », confirme un autre joueur noir. A la campagne, ce n’est pourtant pas toujours la panacée. Certains clubs de village ont des équipes colorées mais cela résulte davantage d’une mixité concédée, non encouragée. « Mal classées, les équipes sont boudées par les jeunes blancs du village qui préfèrent jouer ailleurs, alors elles prennent des joueurs noirs par défaut. Ils ont besoin de nous pour constituer une équipe mais, en même temps, on les dérange », remarque un entraîneur.

    Seul joueur noir dans un club rural, Francis Mante dit des autres joueurs et des habitants du village qu’il « croyai[t] qu’ils [l]’aimaient ». Jusqu’au jour où, ayant changé de formation, il est revenu dans le village disputer un match sous d’autres couleurs : « A chaque coin du terrain, des supporteurs sifflaient et m’insultaient… » Dans sa nouvelle équipe, il est de nouveau le seul noir. Un coéquipier l’a traité de « sale singe » lors d’un match, devant l’entraîneur et le président. Francis Mante a déposé plainte, le club lui a demandé de la retirer, sans quoi ils ne pouvaient pas le garder. « Je l’ai retirée et je me suis fait jeter », assure-t-il. Il a arrêté le foot.

    Aujourd’hui, la parole des joueurs, entraîneurs, arbitres noirs se libère si on garantit leur anonymat. Autour et sur le terrain, « sale nègre » et sa variante « sale noir », demeurent des grands classiques avec « sale bougnoule ». On entend parfois des « Elsass frei » (« Alsace libre », slogan autonomiste régulièrement repris par l’extrême droite identitaire), ou « retournez chez vous, ici c’est le FN ». Un joueur d’un club de la banlieue de Strasbourg raconte qu’un jour, son équipe a été accueillie par « la musique de Hitler », le Horst Wessel Lied, l’hymne officiel nazi. C’était il y a dix ans. Aucun des joueurs de cette équipe métissée n’a oublié.

    « Le racisme, c’est courant », soupire un arbitre d’origine somalienne, habitant de Strasbourg, qui a officié sur des matchs amateurs dans tout le Bas-Rhin pendant sept ans. L’histoire de Kerfalla Sissoko l’épouvante. Lui-même craint de se retrouver face à un semblable déchaînement de violences, sans personne pour le défendre, sans vestiaire pour se replier… L’arbitre est seul. Et quand il est noir, il se retrouve souvent soupçonné d’incompétence : « C’est la première fois que vous arbitrez ? » « Vous êtes sûr que vous en êtes capable ? » entend-t-il souvent. Ou, venant des supporteurs : « Vous êtes chez nous », quand ce n’est pas juste des « bananes » qui fusent. Il a fini par raccrocher, « par lassitude ». Même son fils ne fait plus de foot. Sa mère l’a inscrit au karaté, « là où on apprend le respect », a-t-elle dit.

    Raccrocher les crampons, Francis Mante aussi l’a fait, voilà deux ans. Devenu arbitre, il s’est fait alpaguer à la fin d’un match début mai par une dame lui reprochant d’avoir mal sifflé. Le mari de celle-ci surenchérit et balance « va manger ta banane ». L’arbitre lui demande de répéter. L’homme blanc le fait, devant tout le monde. Francis Mante le gifle. Deux joueurs s’en mêlent, l’insultent et lui donnent un coup. « C’est la première fois que j’en venais aux mains… Hélas, mais il faut un acte, sinon c’est parole contre parole, improuvable. » Francis Mante apprendra plus tard que l’homme giflé s’avère être le président du club, qui avait appelé le District d’Alsace pour demander qu’on ne lui envoie plus d’arbitres noirs. Après l’incident, il porte plainte contre Francis Mante, qui est suspendu. Devant la commission de discipline, l’homme tutoie Francis Mante (le PV l’atteste), reconnaît ses propos mais ne voit pas le problème. « Je rigolais », a-t-il déclaré, faisait « de l’humour ». La Commission l’a suspendu dix mois de ses fonctions. Les joueurs qui s’en sont pris à Francis ont, eux, été privés de quelques matchs.

    Vent de révolte

    Un dimanche de juin, on a rendez-vous pour une rencontre dans un patelin figurant sur la fameuse « liste des villages chauds ». L’entraîneur est noir, une bonne partie de l’équipe aussi. Il les a « briefés » toute la semaine. Il leur a répété de « faire profil bas », quoi qu’il arrive. L’entraîneur de l’équipe adverse les avait traités de « négros » au match aller. Ambiance. Alors ils ont rempli des voitures de supporteurs. Les gens du village sont venus encourager leurs joueurs et empêcher tout dérapage. Du système D, qui fonctionne. « Des délégués représentant le district assistent parfois aux matchs, explique le coach, mais ils ne réagissent jamais aux insultes racistes. Ils s’assurent juste que les arbitres sont payés, les cotisations à jour. Dans le foot pro, il y a un peu plus de réactions, parce qu’il y a beaucoup d’argent en jeu. Si un club est connoté raciste, il vendra moins de maillots. Nous, on peut crever. »

    Un vent de révolte souffle contre le district. « On va prendre les mesures qui s’imposent puisqu’ils ne font rien », lâche le président du FC Hipsheim, Nicolas Smargiassi. Plusieurs clubs du groupe ont décidé de boycotter Mackenheim. Ils lui donneront leurs points, mais n’iront plus. Les joueurs d’Hipsheim ne veulent plus y mettre les pieds de toute façon, tant le match aller fut houleux : insultes et crachats. Le président a écrit au district pour dénoncer le climat d’insécurité. Lettre morte. Pour son match retour face à Mackenheim, le club de Duppigheim n’a pas hésité à payer deux juges de touche supplémentaires, pour protéger ses joueurs. Plusieurs dirigeants de club s’indignent : « Le District aurait dû rayer Mackenheim de la carte. »

    Le président du District d’Alsace, René Marbach, le plus grand de France avec 80 000 licenciés, est bien embêté avec cette affaire : « Cela défraye la chronique parce que c’est croustillant. Mais cela fout en l’air tout le travail ! » Ce qui l’ennuie surtout, c’est « le buzz ». Alors qu’il y a « 2 000 matchs chaque week-end en Alsace, et [que] tout va bien », même si « ce printemps a été le plus chaud qu’[il] ait connu », admet-il. « Il n’y a pas que des blessés physiques dans cette affaire. Il faut penser aussi à tous ces blessés moraux, ces milliers de bénévoles, d’éducateurs, qui œuvrent et se battent pour des valeurs », poursuit-il, dépité. Rayer des clubs de la carte semble impensable alors que le foot amateur est en voie d’extinction dans les campagnes. René Marbach pronostique « la disparition de 200 clubs sur les 600 que compte l’Alsace d’ici cinq ans ». « Voilà le vrai problème », d’après lui.

    Concernant les incidents du 6 mai, « les sanctions n’ont été prononcées que pour les choses avérées », insiste René Marbach. Le racisme n’en fait pas partie. De son côté, la gendarmerie de Marckolsheim, chargée de l’enquête préliminaire suite aux plaintes des joueurs noirs, renvoie vers la compagnie de Sélestat, qui gère la communication pour le secteur. Au bout du fil, un gendarme soupire. L’enquête sera bientôt bouclée. Les principaux intéressés, les joueurs, n’ont toujours pas été entendus. Le gendarme nous prévient que « quand tout sera fini, va falloir débriefer avec les journalistes, parce qu’il y a eu de l’emballement ». Quand l’avocate de Kerfalla Sissoko a tenté d’obtenir des nouvelles, le son de cloche a été similaire : « Ça se dégonfle comme un soufflé cette affaire », aurait lâché un gendarme. Me Caroline Bolla s’inquiète que l’enquête de la gendarmerie, comme l’instruction conduite par le district, repose entièrement sur le rapport d’arbitrage, rédigé par l’arbitre, « un ancien gendarme », précise-t-elle, sous-entendant que puisqu’il s’agit d’un ex-collègue, qui dit n’avoir rien entendu, sa parole pourrait ne pas être mise en doute. Une insinuation qui irrite l’avocat du club de Mackenheim, Me Grégoire Mehl, qui rétorque : « L’arbitre est la seule personne neutre dans l’histoire. » D’autant que « c’est déjà monté quand même très haut, à partir d’éléments non avérés », insiste-t-il.

    Le président du club de Mackenheim, qui n’a pas voulu répondre à nos questions, a reçu fin mai une lettre de Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme. Il le prie de préciser son point de vue sur les faits et les mesures qu’il compte prendre. Du côté de Kerfalla Sissoko, ça ne va pas fort. Il va devoir être opéré de la tempe et du tympan.
    Noémie Rousseau correspondante à Strasbourg. Photo Pascal Bastien pour Libération.

    Cette histoire est scandaleuse du début à la fin. Ça en dit long sur le racisme profond qui gangrène toutes les institutions, y compris dans le sport. Une déclaration de soutien de la part des joueurs noirs champions du monde de foot serait bienvenue à minima, mais bon…

    #football #agression #impunité

    • Suite de l’affaire :
      Racisme dans le foot en Alsace : une audience, et toujours le statu quo
      http://www.liberation.fr/france/2018/08/24/racisme-dans-le-foot-en-alsace-une-audience-et-toujours-le-statu-quo_1674

      Une question revient en boucle. « Quel a été l’élément déclencheur ? » La commission veut comprendre « la raison des tensions », le « pourquoi », ce qui a fait « basculer ce match sans enjeu dans la violence », imagine que « quelque chose a dû se passer en amont » parce que « d’habitude, ça monte crescendo ». Ils s’interrogent sincèrement face à cette salle divisée en deux : quelques blancs d’un côté (Mackenheim), les noirs de l’autre (Benfeld et ses soutiens). Mais à aucun moment, il n’est question de couleur de peau. « Et côté gendarmerie ? » s’enquièrent les juges du foot. Aucune nouvelle des plaintes, aucune audition. Coup de théâtre, une vidéo a été versée au dossier par Mackenheim qui a fourni une clé USB. Un ado dans les tribunes a filmé. Ils visionnent, l’écran passe de main en main, ils tournent l’ordinateur, penchent la tête, n’écoutant plus que d’une oreille distraite les débats qui n’ont pas été interrompus, on entend un court brouhaha recommencé sans cesse, des rires. « Est-ce qu’on pourrait voir ? », finit par demander Kerfalla Sissoko. Réponse de la commisssion : « Inutile, on ne voit rien. » Si ce n’est qu’il y avait bien plus de quatre spectateurs à envahir le terrain comme le prétendait Mackenheim. L’ordinateur portable est replié.
      Carton rouge en pleine agonie

      Au tour de Mackenheim. La commission : « Et sur le propos raciste, vous n’avez rien entendu ? » La réponse est dans la question. « Et donc vous ne connaissez pas ceux qui sont venus avec des couteaux ? » Idem. Les dirigeants du club de Mackenheim affirment que Kerfalla Sissoko a donné le premier coup. « Je me suis défendu, ils étaient plusieurs sur moi », explique inlassablement le jeune homme. Les joueurs de Mackenheim mis en cause et convoqués ne sont pas présents. Bref, Sissoko a bel et bien porté un coup et « c’est pour ça qu’[il] a eu un carton rouge », lui explique la commission. Lui, il voudrait savoir si c’est bien légal d’avoir un carton rouge « quand on est en train de mourir ». Pas de réponse. Mackenheim rebondit, « Monsieur Sissoko n’a jamais été en danger de mort. » Ils le savent bien : un membre du club est infirmier. « Donc il est intervenu », suppose un membre de la ligue. « Non », dit Mackenheim. La commission se tourne vers Kerfalla Sissoko : « Combien de temps êtes-vous resté couché sur le terrain ? » « J’étais dans les pommes… », bredouille le jeune homme. Une heure déjà que l’audience a débuté. Un membre de la commission fait part de son appréciation à Kerfalla Sissoko : « Donc, vous vous êtes fait tabasser. » Triple fracture au visage, trauma crânien, dix jours d’ITT. Le certificat est dans le dossier.

      L’AS Mackenheim est assisté d’un avocat. L’homme parle bien, longtemps. C’est son job. La maîtrise du verbe. Il rappelle qu’ une procédure juridique en diffamation est engagée contre ceux qui dénoncent le racisme, avec passage en correctionnelle le 22 octobre , et il construit sa plaidoirie en prenant le contre-pied de l’enquête de Libé. « Le racisme dans le foot amateur ne peut pas être illustré par le match du 6 mai 2018 », il faut distinguer « ce qui est avéré et ce qui est fantasmé » : personne n’a rien entendu du racisme. Il réclame l’indulgence de la ligue, les suspensions de terrain, c’est un coup dur pour le club de Mackenheim. La commission aimerait connaître les actions mises en place pour que les faits ne se reproduisent plus ? Ils vont « faire du relationnel avec les joueurs et supporters » (sic)…
      « Nous avons même un cimetière juif »

      Le maire de la commune, Jean-Claude Spielmann, s’est fait inviter. Le président du club de foot est son ami de trente ans. Deux jours qu’ils passent des coups de fil à d’autres communes pour trouver un terrain. Personne ne veut les accueillir, ils essuient des « réponses parfois très désobligeantes ». Et s’ils trouvent, il lui faudra emmener les équipements et les employés communaux là-bas, pour s’occuper de la préparation pelouse, et ça, ça va « peser sur les finances municipales », s’émeut-il. L’élu s’indigne, l’image de sa commune a pris un coup à cause de l’affaire, alors que « Mackenheim n’est pas un terreau de racistes ». La preuve, selon lui : « On est un des rares villages à accueillir une famille de Syriens et nous avons même un cimetière juif. » Puis il en profite pour rappeler à ligue qu’il a déposé une demande de financement pour refaire l’éclairage du club-house. Le président de la commission lui sourit d’un air entendu.

      La séance est levée, la décision sera rendue dans quelques jours. « Au moins, j’ai pu parler un peu plus », lâche Kerfalla Sissoko à la sortie. « Mais c’est toujours moi le fautif. » Sur le parvis de la ligue, les associations imaginent des actions conjointes pour faire reculer le racisme que l’on ne veut pas voir autour du ballon rond. Dimanche dernier, la saison a repris en Alsace. L’AS Mackenheim s’est déplacé à Ebersmunster et l’a emporté 4 à 3. Mais « l’arbitre sifflera la fin du match avant les arrêts de jeu, avant que ça ne dégénère », indique le FC Ebersmunster sur sa page web qui déplore le comportement agressif des visiteurs. L’équipe de Mackenheim, redoutée par les autres clubs pour les dérapages violents qui émaillent souvent les rencontres, a terminé la saison dernière quatrième du championnat. Et elle a obtenu de la ligue de monter en division supérieure.

    • https://www.liberation.fr/france/2019/03/19/racisme-dans-le-foot-amateur-la-mediatisation-des-faits-interesse-plus-qu

      Racisme dans le foot amateur : la médiatisation des faits intéresse plus que les faits eux-mêmes
      Par Noémie Rousseau, correspondante à Strasbourg — 19 mars 2019 à 18:42
      Kerfalla Sissoko à Strasbourg, le 24 mai 2018. Photo Pascal Bastien pour Libération
      Lors d’une audience mardi au tribunal correctionnel de Strasbourg, le président du petit club de Benfeld, dont les joueurs noirs ont été agressés en mai 2018, comparaissait pour diffamation.

      Racisme dans le foot amateur : la médiatisation des faits intéresse plus que les faits eux-mêmes

      L’accusé qui s’avance ce mardi à la barre du tribunal correctionnel de Strasbourg est Jean-Michel Dietrich, pull fin et catogan haut. Président du petit club de foot amateur de Benfeld (Bas-Rhin), il a vu le 6 mai 2018 ses joueurs noirs « pris pour cible », « coursés avec des couteaux de cuisine », objets d’un « déchaînement de violence » lors d’une rencontre à Mackenheim. Jean-Michel Dietrich répond au juge, raconte la foule envahissant le terrain, la fin du match sifflée, et son fils de 8 ans qui lui demande si Kerfalla Sissoko va mourir. Evacué inconscient, le joueur d’origine guinéenne s’en sortira avec un traumatisme crânien et une triple fracture au visage. Dix jours d’interruption de travail.

      Mais ce qui intéresse la justice, c’est le jour d’après. Pas la plainte qu’ont déposée les footballeurs noirs à la gendarmerie le lendemain mais la lettre adressée par Jean-Michel Dietrich au District d’Alsace de football, dans laquelle il explique comment ses joueurs ont été « victimes d’actes racistes », lettre rendue publique sur Facebook et qui constitue un délit de diffamation selon le club de Mackenheim. Eux, se sont constitués partie civile et leur avocat, Me Grégoire Mehl, demande à ce que soient rendus à Mackenheim « son honneur et sa réputation ». Car la lettre de Dietrich a entraîné une « large médiatisation des faits », nationale et internationale, pointe Me Mehl qui brandit à l’audience la une de Libération, la lit, cite le New York Times, alors qu’affirme-t-il, « la circonstance de racisme n’est pas établie ».
      « Du Tartuffe »

      Il fonde sa plaidoirie sur la distinction entre ce qui est « avéré » et ce qui est « allégué » : la violence oui, le racisme non. Il en veut pour preuve que le racisme, personne ne l’a entendu, sauf les victimes. Même les instances du football ont sanctionné à égalité victimes et agresseurs. Kerfalla Sissoko a été suspendu pour dix matchs. Alors, le juge aimerait savoir si Libération a aussi été poursuivi en diffamation, si les gendarmes ont enquêté, si des sanctions ont été prises contre les joueurs accusés d’agression… A chaque fois, l’avocat de Mackenheim répond par la négative.

      En charge du dossier, le parquet de Colmar (Haut-Rhin) ne dit rien, ni aux victimes-accusées de diffamation ni aux accusés-victimes de racisme. Me Lahcène Drici (paradoxalement connu pour être aussi le conseil d’Alain Soral) commence sa plaidoirie par la longue liste des stars du ballon rond qui ont subi « cris de singe » et « jets de banane », « jouer en amateur, ne met pas à l’abri du racisme ». En guise d’« indice », il rappelle que la commune de Mackenheim a placé Le Pen en tête au deuxième tour de 2017 à 54%, « cela ne transpire pas le gauchisme ni le droit-de-l’hommisme ». Quant aux instances du foot, elles font selon lui « du Tartuffe », « cachez ce racisme que je ne saurais voir », défendant son client qui, lui, n’a pas « eu cette hypocrisie et cette lâcheté », « en refusant de tout mettre sous le boisseau pour que le foot reste populaire, beau, propre ». Personne, ni à la Ligue de foot, ni à Mackenheim n’a pris de nouvelle des joueurs blessés, aussi l’avocat estime-t-il que si l’honneur du club a été atteint, de toute façon, « il n’y a pas beaucoup d’honneur à défendre ». La décision a été mise en délibéré au 23 mai.

      Kerfalla Sissoko est pour sa part convoqué. Il devrait être enfin entendu par les gendarmes. « Mais pour des faits de violence aggravée, qu’il aurait commis alors qu’il agonisait sur le terrain ! » s’étrangle son avocate, Me Caroline Bolla. Le 6 mai, le délai de prescription pour les injures à caractère raciste sera écoulé.

    • https://www.liberation.fr/france/2019/03/19/racisme-dans-le-foot-amateur-la-mediatisation-des-faits-interesse-plus-qu

      Racisme dans le foot amateur : la médiatisation des faits intéresse plus que les faits eux-mêmes
      Par Noémie Rousseau, correspondante à Strasbourg — 19 mars 2019 à 18:42
      Kerfalla Sissoko à Strasbourg, le 24 mai 2018. Photo Pascal Bastien pour Libération
      Lors d’une audience mardi au tribunal correctionnel de Strasbourg, le président du petit club de Benfeld, dont les joueurs noirs ont été agressés en mai 2018, comparaissait pour diffamation.

      Racisme dans le foot amateur : la médiatisation des faits intéresse plus que les faits eux-mêmes

      L’accusé qui s’avance ce mardi à la barre du tribunal correctionnel de Strasbourg est Jean-Michel Dietrich, pull fin et catogan haut. Président du petit club de foot amateur de Benfeld (Bas-Rhin), il a vu le 6 mai 2018 ses joueurs noirs « pris pour cible », « coursés avec des couteaux de cuisine », objets d’un « déchaînement de violence » lors d’une rencontre à Mackenheim. Jean-Michel Dietrich répond au juge, raconte la foule envahissant le terrain, la fin du match sifflée, et son fils de 8 ans qui lui demande si Kerfalla Sissoko va mourir. Evacué inconscient, le joueur d’origine guinéenne s’en sortira avec un traumatisme crânien et une triple fracture au visage. Dix jours d’interruption de travail.

      Mais ce qui intéresse la justice, c’est le jour d’après. Pas la plainte qu’ont déposée les footballeurs noirs à la gendarmerie le lendemain mais la lettre adressée par Jean-Michel Dietrich au District d’Alsace de football, dans laquelle il explique comment ses joueurs ont été « victimes d’actes racistes », lettre rendue publique sur Facebook et qui constitue un délit de diffamation selon le club de Mackenheim. Eux, se sont constitués partie civile et leur avocat, Me Grégoire Mehl, demande à ce que soient rendus à Mackenheim « son honneur et sa réputation ». Car la lettre de Dietrich a entraîné une « large médiatisation des faits », nationale et internationale, pointe Me Mehl qui brandit à l’audience la une de Libération, la lit, cite le New York Times, alors qu’affirme-t-il, « la circonstance de racisme n’est pas établie ».
      « Du Tartuffe »

      Il fonde sa plaidoirie sur la distinction entre ce qui est « avéré » et ce qui est « allégué » : la violence oui, le racisme non. Il en veut pour preuve que le racisme, personne ne l’a entendu, sauf les victimes. Même les instances du football ont sanctionné à égalité victimes et agresseurs. Kerfalla Sissoko a été suspendu pour dix matchs. Alors, le juge aimerait savoir si Libération a aussi été poursuivi en diffamation, si les gendarmes ont enquêté, si des sanctions ont été prises contre les joueurs accusés d’agression… A chaque fois, l’avocat de Mackenheim répond par la négative.

      En charge du dossier, le parquet de Colmar (Haut-Rhin) ne dit rien, ni aux victimes-accusées de diffamation ni aux accusés-victimes de racisme. Me Lahcène Drici (paradoxalement connu pour être aussi le conseil d’Alain Soral) commence sa plaidoirie par la longue liste des stars du ballon rond qui ont subi « cris de singe » et « jets de banane », « jouer en amateur, ne met pas à l’abri du racisme ». En guise d’« indice », il rappelle que la commune de Mackenheim a placé Le Pen en tête au deuxième tour de 2017 à 54%, « cela ne transpire pas le gauchisme ni le droit-de-l’hommisme ». Quant aux instances du foot, elles font selon lui « du Tartuffe », « cachez ce racisme que je ne saurais voir », défendant son client qui, lui, n’a pas « eu cette hypocrisie et cette lâcheté », « en refusant de tout mettre sous le boisseau pour que le foot reste populaire, beau, propre ». Personne, ni à la Ligue de foot, ni à Mackenheim n’a pris de nouvelle des joueurs blessés, aussi l’avocat estime-t-il que si l’honneur du club a été atteint, de toute façon, « il n’y a pas beaucoup d’honneur à défendre ». La décision a été mise en délibéré au 23 mai.

      Kerfalla Sissoko est pour sa part convoqué. Il devrait être enfin entendu par les gendarmes. « Mais pour des faits de violence aggravée, qu’il aurait commis alors qu’il agonisait sur le terrain ! » s’étrangle son avocate, Me Caroline Bolla. Le 6 mai, le délai de prescription pour les injures à caractère raciste sera écoulé.

    • Droit de suite
      Racisme dans le foot en Alsace : relaxe pour le président de l’AS Benfeld accusé de diffamation
      https://www.liberation.fr/france/2019/05/23/racisme-dans-le-foot-en-alsace-relaxe-pour-le-president-de-l-as-benfeld-a

      Poursuivi en diffamation pour avoir dénoncé publiquement des agressions et injures racistes, Jean-Michel Dietrich, président du club de foot amateur l’AS Benfeld, a été relaxé ce matin. Il était attaqué par le club de l’AS Mackenheim qui lui reprochait d’avoir rendu publique la lettre adressée à la ligue d’Alsace de foot après le match qui opposait les deux équipes le 6 mai 2018. Dans son texte posté sur Facebook, il rapportait les violences dont avaient été victimes ses joueurs noirs, pris pour cible, coursés avec des couteaux de cuisine par des supporteurs ayant envahi le terrain, passés à tabac. Kerfalla Sissoko s’était effondré inconscient sur le terrain, souffrant d’une triple fracture du visage et d’un traumatisme crânien. Un an après les faits, le joueur tout comme ses deux coéquipiers agressés n’a pas rechaussé les crampons.

      Si Jean-Michel Dietrich s’est dit « soulagé » à l’annonce du verdict, il a martelé qu’il se « battrait jusqu’au bout pour [ses] joueurs, le combat doit continuer pour eux, pour leur rendre leur honneur ». Car sur le fond de l’affaire, rien n’a avancé. Fin avril, Kerfalla Sissoko a enfin été auditionné par les gendarmes, pour avoir participé à des faits de violence aggravée. Un appel aux dons va être lancé par le club de Benfeld, afin de permettre au joueur, qui s’est constitué partie civile, de faire face aux frais de justice. Quant aux instances du football, elles avaient sanctionné à égalité victimes et agresseurs.


  • 50 ans après le 22 mars 1968 : #répression violente coordonnée dans les #universités en #France ? Ils veulent recommencer #mai_68 ou le #fascisme de 1928 ?

    #recension :

    #Toulouse (#flics) :
    https://seenthis.net/messages/678981
    https://seenthis.net/messages/693354

    #Grenoble (#flics et #fachos) :
    https://seenthis.net/messages/678989
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    https://seenthis.net/messages/682451
    https://seenthis.net/messages/689394
    https://seenthis.net/messages/689755
    https://seenthis.net/messages/690723

    #Montpellier (#milices_fascistes) :
    https://seenthis.net/messages/679029
    https://seenthis.net/messages/679073
    https://seenthis.net/messages/679117
    https://seenthis.net/messages/679206
    https://seenthis.net/messages/679406
    https://seenthis.net/messages/679721
    https://seenthis.net/messages/680045
    https://seenthis.net/messages/680287
    https://seenthis.net/messages/680319
    https://seenthis.net/messages/680868
    https://seenthis.net/messages/683854

    #Strasbourg (#flics et #milices_fascistes) :
    https://seenthis.net/messages/679151
    https://seenthis.net/messages/681346

    #Lille (#CRS et #milices_fascistes) :
    https://seenthis.net/messages/679247
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    https://seenthis.net/messages/679787
    https://seenthis.net/messages/680506
    https://seenthis.net/messages/681401
    https://seenthis.net/messages/687645

    #Paris (#milices_fascistes et #flics) :
    https://twitter.com/lautogere/status/976791851142385664/photo/1
    https://seenthis.net/messages/679301
    https://seenthis.net/messages/680788
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    https://seenthis.net/messages/688897
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    https://seenthis.net/messages/693367
    https://seenthis.net/messages/693589
    https://seenthis.net/messages/695399
    https://seenthis.net/messages/695499

    et aussi ce qui concerne le #lycée #Arago à Paris (#flics). Quelques liens :
    https://seenthis.net/messages/696783
    https://seenthis.net/messages/696803
    https://seenthis.net/messages/696895
    https://seenthis.net/messages/697030
    https://seenthis.net/messages/697374
    https://seenthis.net/messages/698202
    https://seenthis.net/messages/701382

    #Bordeaux (#flics)
    https://seenthis.net/messages/680892

    #Dijon (#flics)
    https://dijoncter.info/?recit-de-l-occupation-de-la-maison-de-l-universite-104

    #Nantes :
    https://seenthis.net/messages/676910
    https://seenthis.net/messages/676986
    https://seenthis.net/messages/678173
    https://seenthis.net/messages/678961
    https://seenthis.net/messages/680559
    https://seenthis.net/messages/680565
    https://seenthis.net/messages/682630
    https://seenthis.net/messages/687845
    https://seenthis.net/messages/671718 (enseignants sanctionnés, voir ci dessous)

    #Nice :
    https://seenthis.net/messages/683418

    #Lyon (#flics) :
    https://seenthis.net/messages/682713
    https://seenthis.net/messages/687159
    https://seenthis.net/messages/689506
    https://seenthis.net/messages/694806

    #Marseille :
    https://seenthis.net/messages/683755

    #Nancy (#flics)
    https://seenthis.net/messages/692614

    A propos de la montée de l’extrême droite en France et de ses pratiques de plus en plus violentes :
    https://seenthis.net/messages/684368
    https://seenthis.net/messages/684448

    A propos de la répression étatique grandissante du mouvement social en France :
    https://seenthis.net/messages/699900
    https://seenthis.net/messages/700734
    https://seenthis.net/messages/700734

    Ailleurs qu’en France :
    https://seenthis.net/messages/701194

    Articles globaux :
    https://seenthis.net/messages/688187
    https://seenthis.net/messages/713881

    Dans le cadre des #Gilets_Jaunes (décembre 2018) :
    https://seenthis.net/messages/737434
    https://seenthis.net/messages/741687
    https://seenthis.net/messages/741773
    https://seenthis.net/messages/741813
    https://seenthis.net/messages/741924
    https://seenthis.net/messages/741959
    https://seenthis.net/messages/744912
    https://seenthis.net/messages/746449

    https://www.youtube.com/watch?v=053igl9JC8A

    #CRS #Violence_policière #Violences_policières #brutalité_policière #complicité_police_milice_fasciste #extrême_droite

    • Pétel Pétain (Montpellier)
      https://lepressoir-info.org/spip.php?article1196

      Durant l’après-midi et le début de soirée, une vingtaine de personnes est restée dans l’amphithéâtre, proférant insultes et menaces. « Cette nuit, ne dormez que d’un oeil » ; « Faudra pas se plaindre une fois aux urgences ».

      L’un des occupants a alors été pris à partie et frappé par certains d’entre eux, menés par le professeur d’université en droit de la santé M. François Vialla.

      Le doyen de l’université Phillipe Pétel a, tout le long de l’occupation, encouragé ce petit groupe d’étudiants à perturber celle-ci. Suite au refus de sa demande d’intervention policière par la préfecture, le ton monte : « vous nous prenez en otage, nous allons devoir répondre » s’exclame M. Pétel.

      « Pris en otage », par une centaine d’étudiants et de travailleurs, qui ont occupé pacifiquement un amphithéâtre pour s’organiser conjointement contre la série de loi scélérate de destruction du service public portée par le gouvernement Macron.

      Entre minuit et une heure, le doyen et ses adjoints contactent des étudiants en droit qui participaient à l’occupation, leur demandant de quitter l’amphithéâtre « avant que ça chauffe ». Dans les minutes qui suivent, une dizaine d’individus cagoulés, armés de bâtons et de taser le rejoint dans un coin du hall central.

      #Manifs ce vendredi à Toulouse, Rennes, Paris, ...
      #Occupations à Bordeaux, Lille...

      Appel à manifester et agir le 28 mars, fac de droit occupée de Lille
      https://twitter.com/LilleInsurgee/status/977307094062858243

      #étudiants_en_lutte #AG_inter_sectorielle

    • French university protests threaten to spread after violence | World news
      Angelique Chrisafis, The Guardian, le 26 mars 2018
      https://seenthis.net/messages/680045

      Violences à la fac de Montpellier : qui sont les vrais coupables ?
      François-Xavier Lucas, Le Figaro, le 26 mars 2018
      https://seenthis.net/messages/680287

      Peste brune à la fac de Montpellier
      Émilien Urbach, L’Humanité, le 26 mars, 2018
      https://seenthis.net/messages/680319

      La mobilisation étudiante se renforce malgré la répression
      Baptiste Giraud et Maxime Lerolle, Reporterre, le 27 mars 2018
      https://seenthis.net/messages/680281

      Des étudiants de Lille 2 agressés par des militants d’extrême droite après une Assemblée Générale
      Quentin Vasseur, France Info, le 27 mars 2018
      https://seenthis.net/messages/680506

    • Reçu avec ce commentaire sur la liste GeoTamTam :

      D’après cette carte jointe (source J. LeMazier) le mouvement étudiant de protestation contre la loi ORE et qui semblait limité à quelques universités métropolitaines se diffuse . Il concerne désormais Paris et des universités de taille plus restreinte (Nîmes, Le Mans) avec des traditions plus limitées de combativité.

      La tendance est clairement à l’extension nationale.

      L’agression de Montpellier joue-t-elle un rôle ? Il est probable que le niveau central a essayé de calmer le jeu en poussant très vite Pétel à la démission et sans doute en empêchant l’enterrement des plaintes par le parquet local. Mais en dépit de cette recherche d’apaisement et parce qu’il dépasse le cadre strict de cette affaire, le mouvement continue à s’étendre. Il faudrait désormais ajouter Nancy à la carte.

    • Un splendide isolement. Les politiques françaises du maintien de l’ordre

      Tandis qu’en France, la police tenue pour coupable d’acharnement appelle à un rassemblement contre la « haine anti-flics », en Allemagne, en Suède, en Suisse, l’interaction entre police et manifestants se distingue par la maîtrise et le dialogue. La police française résiste aux nouveaux modèles de maintien de l’ordre, articulés autour de la notion de désescalade. O. Fillieule et F. Jobard expliquent les raisons de ce retranchement doctrinal.

      http://www.laviedesidees.fr/Un-splendide-isolement.html
      Un article qui date de mai 2016, relayé ces jours sur twitter par Edwy Plenel, avec ce commentaire :

      « De toutes les manifestations du pouvoir, celle qui impressionne le plus les hommes, c’est la retenue » (Thucydide). En ces temps de manifestations étudiantes, relire cette instructive étude comparative sur le maintien de l’ordre

      https://twitter.com/edwyplenel/status/980008123976036353

    • #Nantes : la fac est à nous, la fac est à toi et moi
      https://seenthis.net/messages/680565

      [Nantes - Agenda des luttes] Pour une montée en puissance du #mouvement social
      https://seenthis.net/messages/680559

      [Nantes] 22 mars : début d’une #lutte prolongée ?
      https://seenthis.net/messages/678961

      #Nantes:occupations d’amphis en soutien à Toulouse
      https://seenthis.net/messages/678173

      [16 mars - #Nantes] La situation à la fac après quatre jours de blocage
      https://seenthis.net/messages/676986

      #Nantes, 15 mars, éclaircies dans un ciel gris ?
      https://seenthis.net/messages/676910

      /.../ et y’en a surement d’autres aussi depuis mais on dirait que le flux ne marche plus depuis 5 jours ?

    • #Grenoble : un bâtiment de la fac bloqué

      La mobilisation contre #Parcoursup prend de l’ampleur sur le campus de l’agglomération grenobloise.

      La mobilisation contre la loi Orientation réussite étudiante (#ORE) et son fameux Parcoursup a franchi un cap, jeudi matin, à l’université Grenoble Alpes (UGA). Pour la première fois, un bâtiment universitaire, l’UFR Arts et sciences humaines, a été bloqué. Devant le bâtiment vide et fermé aux entrées obstruées par des poubelles et des grilles, une assemblée générale (AG) a eu lieu jeudi matin, suivie par plusieurs centaines d’étudiants (400 selon l’Unef). L’#occupation du lieu a été votée pour en faire « le quartier général » de la mobilisation, ainsi que le blocage, à partir de lundi matin, du bâtiment principal de la faculté de lettres et langues. Pour Joris Rouillon, président de l’Unef Grenoble « la mobilisation prend clairement de l’ampleur à Grenoble ces dernières semaines ». L’Unef soutient les décisions de blocage et d’occupation prises par l’AG, « à condition que cela se passe dans les meilleures conditions et que le bâtiment occupé devienne un lieu de débats ».

      L’université, dans un communiqué publié à la mi-journée, a estimé qu’il s’agit « d’un mouvement de protestation très isolé », que « le reste du campus n’est pas impacté par ce mouvement » et indique que « les cours ont lieu normalement ». Dans l’après-midi, les étudiants chargés de mettre en application les décisions de l’AG, face aux portes fermées de l’UFR et à l’absence de réponse de l’université à leur demande de remise des clefs, ont décidé de ne pas investir les lieux face à la perspective probable d’un recours aux forces de l’ordre pour les évacuer.

      « Vols et propos outrageux »

      Le blocage « simple » de l’UFR des arts et sciences humaines continuera vendredi et sera étendu à partir de lundi au bâtiment principal de la fac de lettres et langues. Ce bras de fer intervient dans un contexte tendu, après une occupation des locaux de la présidence de l’UGA par les étudiants, mardi après-midi, qui s’est prolongée en soirée. Selon l’UGA, « le bâtiment de la Présidence a été envahi puis saccagé par des individus dont certains avaient le visage dissimulé. De nombreux dégâts matériels, vols et propos outrageux ont été recensés ». L’UGA estime à 20 000 euros les dégâts, a porté plainte et condamné « avec la plus grande fermeté ces actes de violences ».

      Côté étudiant, on explique que l’occupation « courtoise » décidée en AG, s’est déroulée dans le calme, sans dégâts tout l’après-midi et on s’interroge sur l’ampleur réelle des dégâts annoncés. « Ce qui s’est passé après la fin de l’occupation étudiante, en début de soirée, sont des actes individuels que nous ne soutenons pas », insiste le syndicat Solidaires étudiants Grenoble. L’Unef « condamne toute forme de dégradation » et « regrette ce qui s’est passé », tout en indiquant que le président de l’université, Patrick Lévy, devait « rendre des comptes ».

      Au-delà de la loi ORE, les étudiants grenoblois sont mobilisés contre Patrick Lévy et demandent sa démission. Ils lui reprochent d’avoir demandé à la préfecture de l’Isère, le 22 mars dernier, l’évacuation d’un colloque sur l’agence européenne de surveillance des frontières (Frontex), organisé sur le campus et envahis par des étudiants et militants protestataires. L’évacuation musclée par la police a été qualifiée de « violente » par les étudiants qui déplorent quatre blessés soignés à l’hôpital, dont deux pour des plaies ouvertes.

      http://www.liberation.fr/france/2018/04/05/grenoble-un-batiment-de-la-fac-bloque_1641355

    • Depuis la fac de Tolbiac occupée, dont on peut suivre l’actualité sur Commune libre de Tolbiac :https://twitter.com/TolbiacLibre, deux #vidéo marrantes et critiques
      Parodie d’émission tv :
      https://www.facebook.com/Grozeille.co/posts/2037828256469842
      Auto-conférence de presse avec masques et chien
      https://www.facebook.com/Paris1Deter/videos/1804222176546044

      Une vue de l’attaque d’hier
      https://twitter.com/TolbiacLibre/status/982376528599232512
      ils avaient emmenés avec eux un reporter (ex FN)
      https://www.facebook.com/taranisnews/videos/2050679391812238

      Après avoir dûment commémoré 68, la présidence de la fac de Nanterre refuse de laisser des locaux disponibles pour la coordination nationale de ce week-end, via @paris
      https://paris-luttes.info/le-president-de-l-universite-de-9915

    • Une milice d’extrême droite attaque l’université bloquée de Paris I :

      Six personnes en garde à vue après des échauffourées au site de Tolbiac de l’université Paris-I
      Le Monde, le 7 avril 2018
      https://seenthis.net/messages/683823

      Fac de droit de Montpellier :

      Jean-Luc Coronel de Boissezon s’explique, six jours après sa mise en examen
      Guillaume Roulland, France Bleu Hérault, le 4 avril 2018
      https://seenthis.net/messages/683854

    • Les enseignants précaires de l’université disent leur ras-le-bol

      Doctorants ou même déjà titulaires d’un doctorat, ils enchaînent les vacations en attendant un poste, parfois pour 1 000 euros par mois. Les collectifs de défense se multiplient dans les établissements.

      http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/04/06/les-enseignants-precaires-de-l-universite-disent-leur-ras-le-bol_5281438_440
      #travail #précariat #précarisation #précarité

    • A propos de la montée de l’extrême droite en France et de ses pratiques de plus en plus violentes :

      Forces de l’ordre liées à l’ultra-droite violente : la DGSI s’inquiète
      Matthieu Suc et Marine Turchi, Médiapart, le 9 avril 2018
      https://seenthis.net/messages/684368

      Fachos 2.0 ou comment les idées d’extrême droite se répandent jusque chez vous
      Stéphane François, The Conversation, le 9 avril 2018
      https://seenthis.net/messages/684448

    • Urgent. Le gouvernement aurait donné l’ordre de débloquer les facs coûte que coûte

      Une coïncidence, la vague de répression actuelle contre les facs bloquées ? Pas du tout. Au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal aurait donné l’ordre aux présidents d’université de faire débloquer l’ensemble des sites mobilisés par tous les moyens nécessaires, y compris par la force.


      http://www.revolutionpermanente.fr/Urgent-Le-gouvernement-aurait-donne-l-ordre-de-debloquer-les-fa

    • Nantes et #ParcoursSup :

      Parcoursup : à l’université de Nantes, devant le refus de trier les dossiers, la présidence riposte
      Laura Taillandier, L’Etudiant, le 17 avril 2018
      https://seenthis.net/messages/687845

      Paris :

      Sexe, drogue et violence : Brenard de la Villederrière est de retour à Tolbiac
      Tolbiac Automedia, Youtube, le 18 avril 2018
      https://seenthis.net/messages/687853

      https://www.youtube.com/watch?v=Lo6xe3cfIVY

      Dénonçant la « dictature macronienne », des élèves bloquent l’accès à Sciences Po
      Soazig Le Nevé, Le Monde, le 18 avril 2018
      https://seenthis.net/messages/687903

    • Les étudiant·e·s ont raison de se révolter contre l’ordre de la sélection et de la répression

      250 universitaires dont Etienne Balibar, Ludivine Bantigny, Stéphane Beaud, Frédéric Lordon, Toni Negri, Judith Revel, Danièle Linhart, Michèle Riot-Sarcey, Alessandro Stella... s’insurgent de la répression à l’œuvre aujourd’hui sur les campus. « Les mêmes arguments ou presque, un demi-siècle après 68, sont resservis, pour faire sonner l’heure de la matraque et discréditer la jeunesse » relèvent-ils.

      https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/180418/les-etudiant-e-s-ont-raison-de-se-revolter-contre-l-ordre-de-la-sele

    • Un étudiant a été grièvement blessé lors de l’évacuation très violente de #Tolbiac par la police

      L’évacuation de la faculté de Tolbiac, vendredi matin, s’est déroulée dans une extrême violence de la part de la police. Un étudiant, déséquilibré par un policier, est tombé de plusieurs mètres de hauteur. Il est grièvement blessé.

      (...) Récit de l’accident, que vous retrouverez à la fin de l’article : Désiré*, présent depuis neuf jours, rapporte les détails de l’accident : « On s’échappait par les toits, à l’arrière du bâtiment, pour descendre dans une petite rue à côté. Les gars de la BAC [Brigade anti-criminalité] étaient à nos trousses. Un camarade a voulu enjamber le parapet pour se laisser glisser le long du mur. Un baqueux lui a chopé la cheville. Ç’a l’a déséquilibré, et le camarade est tombé du haut du toit, en plein sur le nez. On a voulu le réanimer. Il ne bougeait pas. Du sang sortait de ses oreilles… » Désiré* et ses camarades ont aussitôt appelé les pompiers, « en courant ». Emmené par les pompiers, dans un état d’inconscience, on ne sait pas dans quel hôpital il se trouve. Quoi qu’il en soit, la rue où a eu lieu sa chute demeure barrée par la police. Désiré*, qui est allé y jeter un coup d’œil, revient, fulminant de rage : « Les enfoirés ! Ils ont effacé toutes les traces de sang ! »

      https://reporterre.net/Un-etudiant-a-ete-grievement-blesse-lors-de-l-evacuation-tres-violente-d

    • Evacuation de l’université de Tolbiac : un étudiant annoncé gravement blessé

      Lors de l’évacuation par la police du site universitaire de Tolbiac à Paris, ce vendredi 20 avril à l’aube, un étudiant s’est grièvement blessé à la tête, annonce à « Marianne » la représentante de l’Unef dans cette université. Le préfecture maintient de son côté qu’il n’y a eu aucun blessé.

      https://www.marianne.net/societe/evacuation-de-l-universite-de-tolbiac-paris-un-etudiant-annonce-gravement-

    • Question(-piège) envoyée via formulaire électronique par le président de mon université...

      No comment.

      « Êtes-vous favorable à la liberté d’accès aux bâtiments des étudiants et des personnels permettant notamment la mise en œuvre des examens dans des conditions normales à l’Université Grenoble Alpes ? »

      Réponses proposées : "Oui, je suis favorable" "Non, je ne suis pas favorable" "Je ne me prononce pas »

      Je répète. No comment.

    • Rassemblement de soutien à Tolbiac
      Indymedia Grenoble, le 20 avril 2018
      https://seenthis.net/messages/689394

      Blessé grave à Tolbiac : un témoin avoue avoir menti, le site « Reporterre » rétropédale
      Libération, le 24 avril 2018
      https://seenthis.net/messages/689595

      « Une ligne rouge a été franchie par l’équipe présidentielle », un membre du Conseil d’Administration de Lyon 2 démissionne
      Bernard Bouché, Rebellyon, le 25 avril 2018
      https://seenthis.net/messages/689506

    • Réponse des étudiant·es de Strasbourg à une question qui leur a été posée dans un sondage... j’imagine que c’est le même genre de questions à laquelle on a eu droit à l’Université de Grenoble.


      https://twitter.com/MHoussayH/status/988860257056247808

      Pour rappel, « notre » question :

      « Êtes-vous favorable à la liberté d’accès aux bâtiments des étudiants et des personnels permettant notamment la mise en œuvre des examens dans des conditions normales à l’Université Grenoble Alpes ? »

    • Université Grenoble-Alpes : étudiants et enseignants grévistes prévoient de nouveaux blocages

      FIL INFO – Un millier de personnes, étudiants et personnels confondus, se sont réunies ce mardi 24 avril en assemblée générale afin de discuter des suites de la mobilisation contre la loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (Ore). Outre le boycott du vote électronique, ils ont voté la poursuite des actions de blocages.


      https://www.placegrenet.fr/2018/04/24/universite-grenoble-alpes-etudiants-enseignants-grevistes-prevoient-de-nouveaux-blocages/187719

    • L’Université en danger : la situation est grave !

      La Coordination nationale des universités, réunie à Paris le samedi 5 mai 2018, a rassemblé des représentant.e.s de 38 établissements de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. La CNU appelle à la grève illimitée jusqu’au retrait de la loi ORE, à l’arrêt de la répression policière dans les universités et à la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour la rentrée 2018.

      https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/050518/l-universite-en-danger-la-situation-est-grave

    • Ce matin, violences policières sur le campus de Grenoble...

      Ici une vidéo, partagée sur FB, du coup, je ne sais pas si tout le monde y a accès :
      https://www.facebook.com/nicolas.marlin.73/videos/2062844813730002
      https://twitter.com/NMarlin_/status/993389402121482241
      Mais je ne sais pas comment faire autrement pour partager la vidéo...

      Dans tous les cas, ici 2 témoignages, reçus par email, d’enseignants-chercheurs de l’UGA, que j’ai anonymisé :

      Cher YYY,

      En tant que directeur du département d’histoire, et attentif au fait que les étudiants victimes des brutalités policières ce matin étaient en partie des étudiants d’histoire et que l’étudiant victime de menaces de mort est, si je ne me trompe pas, un étudiant d’histoire, je suis très inquiet.

      J’ai affiché publiquement mon hostilité viscérale à la présence policière sur un campus universitaire, qui ne fait qu’envenimer la situation, et les faits semblent malheureusement me donner raison.

      Je souhaiterais donc - et je pense être le porte-parole de mes collègues historiens - que tu sollicites la Présidence pour avoir des explications concernant les événements inqualifiables qui se sont déroulés ce matin à la galerie des amphis et les violences subies par les étudiants, qui pour partie sont des étudiants d’histoire dont j’ai la charge et qui sont en principe sous ma protection. Je souhaite aussi que le cas de l ’étudiant Tordjman, que j’ai eu en cours et qui a été menacé de mort, soit sérieusement pris en compte par la Présidence.

      Je tiens aussi à te remercier de n’avoir jamais, parfois contre vents et marées, sollicité les dites « forces de l’ordre » ou, pire encore, les vigiles, sinistres et coûteuses milices d’une époque nauséabonde, pour pacifier - je ne trouve pas d’autre terme - l’ARSH. C’est tout en ton honneur, et en l’honneur des personnes, dignes, qui t’entourent.

      Bien amicalement,
      XXX

      –-----------------------

      Chers tous,

      Je voudrais m’insurger à mon tour contre l’usage qui a été délibérément fait de la violence ce matin contre des étudiants qui n’opposaient aucune résistance et ne manifestaient aucune violence. Je peux d’autant plus l’affirmer et en être choqué que j’étais, pour un examen de licence 3, présent devant le bâtiment. Devant des policiers visiblement venus pour en découdre, les étudiants n’ont jamais montré une quelconque agressivité. Une fois l’ordre d’intervenir donné, les policiers ont fait un usage de la force disproportionné, gazant à hauteur de visages tous les étudiants présents dans le périmètre (moi y compris) et ont agressé un étudiant qui n’y était pour rien, l’immobilisant en l’écrasant à plusieurs (pratique désormais interdite, il me semble) et l’emmenant le visage en sang. Lorsque devant ce déferlement de violence inutile, j’ai tenté de m’interposer pour protéger les étudiants menacés, j’ai reçu un coup de matraque, de bouclier et des insultes.J’aimerais que la présidence (le président, tout simplement) s’explique et m’explique la raison pour laquelle il donne l’ordre aux forces du désordre de venir agresser des étudiants et des enseignants sur le campus.
      J’ai encore le goût aigre des gazes lacrymogènes dans la gorge.
      Cordialement,

      ZZZZZ

    • Et, cerise sur le gâteau... voici un message que le président de l’université de Grenoble, Patrick Lévy, a envoyé aujourd’hui...
      A gerber !

      Nouvelle action de blocage violent pour empêcher la tenue d’examens - lundi 7 mai 2018

      Mesdames, Messieurs, Chers collègues,

      Ce matin, 580 étudiants de l’UFR ARSH et de l’UFR SHS étaient convoqués pour passer leurs partiels à la galerie des amphithéâtres, bâtiment Pierre Mendès France, sur le campus de Saint Martin d’Hères de l’Université Grenoble Alpes. Aux alentours de 6h30, une vingtaine de bloqueurs ont commencé à entraver les accès au bâtiment, en usant de violence à l’égard des agents de sécurité (envoi d’excréments notamment), ce qui a contribué à faire monter la tension. Ils ont ensuite fait savoir qu’ils étaient déterminés à rester.

      Au vu des tensions depuis plusieurs semaines entre bloqueurs et étudiants désireux de passer leurs examens, je ne pouvais laisser seuls face à face des bloqueurs et des étudiants qui souhaitent aller passer leurs examens. Aussi, j’ai demandé l’intervention des forces de police. Les bloqueurs ont souhaité rester malgré la présence des forces de l’ordre, et se sont volontairement affrontés avec les forces de police, entravant par là même le passage d’étudiants qui souhaitaient malgré tout intégrer le bâtiment (entrave vers l’accès au cordon de sécurité, insultes, etc.).

      Au regard de la tournure des événements, avec un niveau de tension croissant, il était devenu impossible de laisser les étudiants passer leurs examens à l’heure prévue. Pour les protéger, et compte tenu de l’état de stress dans lequel certains ont pu être mis – évidemment défavorable au passage de leur partiel, j’ai demandé le report des examens prévus à la galerie des amphithéâtres à 8h et à 11h. Les examens organisés dans les autres bâtiments, y compris le bâtiment Stendhal, se sont tous tenus sans problème.

      Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, je dénonce toute violence, notamment celle d’une trentaine de bloqueurs, empêchant le libre accès des personnels et de centaines d’étudiants à un bâtiment de l’université et ce faisant la tenue d’examens. Je réitère mon accord pour des discussions ouvertes et sereines, comme je le fais chaque semaine lors d’un échange avec les syndicats étudiants représentatifs.

      Afin de préserver la valeur des diplômes de l’Université et de respecter l’ensemble des étudiants, je réaffirme, comme exposé depuis le début des événements, qu’il n’y aura aucun aménagement d’épreuve. La Présidence mettra tout en œuvre avec l’appui de l’administration pour la tenue effective des examens tels que prévu dans le règlement des études de chaque diplôme.

      Bien cordialement,

      Patrick Lévy
      Président de l’Université Grenoble Alpes

    • Ta video marche meme si on a pas de compte facebook @cdb_77
      C’est dans cette fac qu’un prof ou membre du personnel cagoulé accompagné de néo-nazis est venu tabasser des élèves ? Le président à pas été suspendu pour une faute aussi grave ?

      edit : non c’etait à Montpellier.
      En tout cas ces présidents d’université on sais ce qu’illes auraient fait pendant l’occupation.

    • #Nancy : une loi antiterroriste utilisée contre le mouvement étudiant
      Stéphane Ortega, Rapports de Force, le 7 mai 2018
      https://seenthis.net/messages/692614

      À Nancy, un étudiant est poursuivi pour n’avoir pas donné le code PIN de son téléphone portable pendant sa garde à vue faisant suite à l’intervention de la police sur le campus le 3 mai. Il est accusé du refus de donner la clef d’un système de chiffrement ayant pu servir à la commission d’un délit. Une infraction inscrite dans la loi sur la sécurité quotidienne votée en France au lendemain des attentats du World Trade Center en 2001.

    • Une lettre adressée à la direction de l’ARSH (Arts et Sciences humaines) par une étudiante de l’Université de Grenoble (lettre que j’ai anonymisée) :

      Lettre adressée à la direction, l’administration et au corps professoral de l’ARSH concernant les évènements de Lundi matin contre des étudiants de l’ARSH. Par xxxx, Elue représentante étudiante de l’UFR ARSH, déléguée L3 Histoire, Présidente des Apprentis Chercheurs de l’ARSH, Apolitisée.

      Chère ARSH,
      « J’ai mal à mon Université. »
      En tant que représentante élue étudiante de l’UFR ARSH je me dois de réagir, sous la volonté des étudiants de l’UFR, à l’atteinte physique qui nous a été portée lundi matin devant la galerie des amphis et à donner voix et mots à notre communauté. Vous étiez nombreux à assister à cet évènement choquant et abusif. Il n’est plus question de politique ! Il n’est plus question de manifestants ou non manifestants ! La direction n’a pas fait de distinctions lorsqu’elle a ordonné cette intervention, elle a marché sur les libertés et les droits de chacun d’entre nous !
      Notre université fonctionne grâce à quatre principaux collaborateurs et à la teneur de leur relation : la direction, l’administration, le corps professoral, et le corps étudiant. J’aime ce mot : Relation, n’est-il pas bien commode ? Pour notre part la qualité de notre relation avec la direction est passée de médiocre, à exécrable ! Elle se résume à ceci : la direction de l’UGA a fait exactement ce qu’elle voulait faire au mépris de ses étudiants et de notre respect. Elle nous a donné rendez vous à une heure, une date et un lieu précis sur le campus pour passer un examen. Nous sommes venus, et nous nous sommes fait frapper et gazer. Il n’y a rien de plus à ajouter. Nous ne viendrons plus si c’est à cela que devons nous attendre.
      Quand un collaborateur nous tyrannise, ce n’est plus un collaborateur. Et comme un tyran ne comprend que la force, nous sommes prêts aujourd’hui à faire preuve de plus de force. La direction de l’Université se heurtait récemment à un groupe d’étudiants mobilisés pour la défense de leurs idées vis-à-vis d’une loi gouvernementale. A présent, qu’elle se prépare à se heurter à tous ses étudiants, ceux qui croient encore que nous sommes libres, ceux qui croient encore à un état de liberté, de justice et d’équité, et non de violence, ceux qui croient que nous ne sommes plus en sécurité ici, ceux qui sont blessés, outrés et scandalisés par cette intervention gratuite sur des innocents, ceux qui ont peur pour leur avenir et leurs partiels et qui ne comprennent pas pourquoi l’UGA n’est pas de leur côté, et ceux qui se battent depuis le début pour que Faculté et Egalité continuent de rimer. La direction de l’Université a en face d’elle non plus des étudiants dispersés et en désaccord, mais une seule et unique voix étudiante, celle qui crie sous vos matraques, celle qui crie colère, justice et liberté ! « Vives nos partiels, on aime se faire frapper ! ».
      Vives nos partiels, on aime se faire frapper !
      L’ensemble des élus étudiants de l’ARSH et les étudiants de l’ARSH s’accordent la plupart sous ces mots : Nombreux d’entre nous, arshiens, avons été atteint physiquement ou moralement par cette attaque. Direction de l’ARSH, administration de l’ARSH, professeurs de l’ARSH, êtes-vous de notre côté en ce temps de troubles où la direction de l’UGA ordonne ces violences ?
      Nous voici dans une situation complexe. La plupart des étudiants de l’ARSH ne veulent pas mettre en péril leurs examens et donc leur diplôme. Néanmoins, accepter de notre part de nous rendre sur les lieux des examens et à l’heure de notre convocation est d’une part un danger physique et d’autre part cela revient à accepter ce qu’il s’est passé lundi matin et à continuer d’assurer notre part du contrat avec la direction de l’UGA. Et cela, nous le refusons catégoriquement. J’espère que vous comprendrez. Par ailleurs, nous savons et reconnaissons l’immense courage, professionnalisme et entraide dont les professeurs et l’administration font preuve depuis le début de cette crise Grenobloise. Nous ne voulons pas nous positionner face à vous, mais avec vous. En respectant notre front contre la direction de l’UGA. Pour l’heure, comprenez que pour nous, nous rendre sur les lieux des convocations aux examens est en proie à plusieurs débats. Et nous paraît être, pour les raisons énoncées juste au-dessus, une très mauvaise chose. Comprenez aussi qu’en tant qu’élue étudiante non politisée, de la liste des Arshiens, je me suis entretenue avec des leaders du mouvement étudiants qui manifestent contre la loi ORE (appelés vulgairement « les bloqueurs ») afin d’assurer mon soutien et celui des étudiants de l’ARSH, non pas à leurs valeurs politiques, mais au refus et à l’opposition à la présente direction de l’UGA et ses méthodes d’agissements. Nous nous unissons contre un front commun, et pour se faire, la situation actuelle ne donne à la multitude (donc comprenant les étudiants lambda et non politisés et aussi les autres) que je représente, qu’une solution possible, semble-t-il ? Soutenir les actions contre l’UGA et refuser d’honorer notre part du contrat en tant qu’étudiant à l’Université Grenoble Alpes ? Nous sommes ouverts à la discussion, et je vous demande, chers tous, chers arshiens, de nous entendre et de répondre à mon dialogue afin que nous trouvions une solution pour la multitude arshienne. Les étudiants de l’ARSH que je représente, mes collègues, mes amis, sont inquiets et ont également envie de s’exprimer après ce Lundi. Je vous ai exposé nos positions. J’attends votre réponse, les étudiants de l’ARSH attendent votre réponse. Soyez assurés cependant, de la fermeté de nos décisions.
      Néanmoins, soyez assurés également que certain d’entre nous se sentent forcés de se rendre aux examens, et ils y iront. J’espère de tout mon coeur qui ne leur arrivera rien…

    • HALTE AUX VIOLENCES DU GOUVERNEMENT SUR LES CAMPUS UNIVERSITAIRES

      Dans le cadre du mouvement de protestation contre la loi Orientation et Réussite des Étudiants (loi dite ORE) et la sélection à l’entrée de l’université, les forces de l’ordre sont intervenues à plusieurs reprises ces derniers mois (voir la liste des sites concernés ci-dessous) dans des locaux universitaires ou les campus, soit à la demande des président.e.s d’université, soit à la suite de décisions judiciaires.

      La fréquence et la violence de ces interventions sont inédites. Diurnes ou nocturnes, annoncées ou non, elles ont donné le plus souvent lieu à des coups de matraque, des gazages, des étouffements, des insultes à l’encontre des usagers et des personnels. Ces actes de violence physique et psychologique, qui peuvent laisser de graves séquelles, sont inacceptables et le SNESUP-FSU les condamne fermement.

      Par ailleurs, nous observons que les président.e.s d’université font de plus en plus appel à des sociétés privées de sécurité qui accomplissent sous leur autorité des tâches de maintien de l’ordre, dont certaines sont susceptibles de constituer des entorses à la loi : contrôles d’identité, filtrage des étudiants, déblocages de bâtiments, interdiction d’accès aux examens... Le SNESUP-FSU tient à rappeler que les vigiles, qui doivent être agréés et titulaires d’une carte professionnelle, peuvent effectuer une inspection visuelle des bagages à main, mais, non assermentés, ils ne sont pas autorisés à procéder à des contrôles d’identité. Rappelons plus généralement que selon les termes de l’article L613-2 du code de la sécurité intérieure il est interdit aux agents des sociétés privées de surveillance et de gardiennage de « s’immiscer, à quelque moment et sous quelque forme que ce soit, dans le déroulement d’un conflit du travail ou d’événements s’y rapportant ».

      La violence n’est pas une réponse acceptable à un mouvement social légitime et au défaut de dialogue, tant au niveau local que national. Ces interventions policières violentes ne visent pas à mettre fin à des troubles à l’ordre public, mais bel et bien à intimider celles et ceux qui aujourd’hui protestent de manière non violente contre la « casse » de l’enseignement supérieur et de la recherche publique. Cette violence révèle l’incapacité du Gouvernement à répondre aux revendications légitimement exprimées.

      Le SNESUP-FSU demande au Gouvernement de mettre fin à cet usage de la force publique et rappelle son attachement au respect des franchises universitaires. Les universités sont des lieux de débat où la violence ne peut être tolérée. Le SNESUP-FSU apporte tout son soutien aux victimes et demande la levée de toutes les poursuites intentées aux étudiant.e.s et personnels interpellé.e.s. n

      Liste – non exhaustive - des sites concernés par des interventions policières violentes :

      • Toulouse Le Mirail : 9 mai • Rennes-II : 2 mai • Nancy : 25 avril & 3 mai • Lyon-II : 13 avril • Nanterre : 10 avril • Lille : 9 avril • Tolbiac (Paris-I) : 7 avril • Nantes : 4 avril • Paul-Valery (Montpellier) : 23 mars • Grenoble-Alpes : 22 mars, 23 avril & 7 mai • Strasbourg : 22 mars & 4 avril • Dijon : 16 mars • La Victoire (Bordeaux) : 7 mars

      Message reçu via mailing-list du syndicat SNESUP, 11.05.2018

    • A propos de Grenoble, je tombe là dessus, mais j’anonymise aussi :
      –----------------------------------------------
      À Grenoble, ça continue…

      Après une consultation fantoche :

      “Êtes-vous favorable à la liberté d’accès aux bâtiments des étudiants et des personnels permettant notamment la mise en œuvre des examens dans les conditions normales à l’Université Grenoble Alpes  ?”

      et plus que douteuse dans sa mise en place, la présidence assurant dans son invitation de vote (mail du 24 avril) :

      La consultation est organisée par des moyens électroniques permettant d’assurer l’anonymat des réponses. Elle fait l’objet d’une déclaration à la CNIL dans le respect des obligations informatiques et libertés. Les données seront conservées une semaine.

      Or, il s’avérerait que c’était un mensonge délibéré :
      https://www.facebook.com/LICORNEGrenoble/posts/1810852848952928

      La présidence semble s’être senti pousser des ailes avec les résultats de ce vote boycotté par la plupart des organisations syndicales (toutes ?). Elle a ainsi continué à dépenser sans compter pour "sécuriser" l’entrée de certains bâtiments en déployant des effectifs d’agents de sécurité privés jamais vus sur le campus.

      Une entrée tellement sécurisée que les entreprises contractées ne laissaient pas toujours entrer les enseignants-chercheurs.

      Mais comme ces effectifs exceptionnels ne sont pas toujours suffisant pour "la mise en œuvre des examens dans les conditions normales", les examens sont délocalisés, les enseignants en charge des examens étant parfois mis au courant du lieu de l’examen à peine 24h avant leur tenue.

      Mais comme ce n’est pas encore assez normal, la présidence a fait appel à la police à plusieurs reprises, par exemple le 3 mai.

      Encore plus normal, cette lettre d’un prof, le 7 mai :

      Je voudrais m’insurger à mon tour contre l’usage qui a été délibérément fait de la violence ce matin contre des étudiants qui n’opposaient aucune résistance et ne manifestaient aucune violence. Je peux d’autant plus l’affirmer et en être choqué que j’étais, pour un examen de licence 3, présent devant le bâtiment. Devant des policiers visiblement venus pour en découdre, les étudiants n’ont jamais montré une quelconque agressivité. Une fois l’ordre d’intervenir donné, les policiers ont fait un usage de la force disproportionné, gazant à hauteur de visages tous les étudiants présents dans le périmètre (moi y compris) et ont agressé un étudiant qui n’y était pour rien, l’immobilisant en l’écrasant à plusieurs (pratique désormais interdite, il me semble) et l’emmenant le visage en sang. Lorsque devant ce déferlement de violence inutile, j’ai tenté de m’interposer pour protéger les étudiants menacés, j’ai reçu un coup de matraque, de bouclier et des insultes.J’aimerais que la présidence (le président, tout simplement) s’explique et m’explique la raison pour laquelle il donne l’ordre aux forces du désordre de venir agresser des étudiants et des enseignants sur le campus.
      J’ai encore le goût aigre des gazes lacrymogènes dans la gorge.

      Voir aussi le point de vue étudiant :
      https://twitter.com/NMarlin_/status/993389402121482241

      De ce fait, nous commençons à nous organiser un peu moins peu… et quelques initiatives commencent à se mettre en place :
      http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article8306

      À part ça, tout va bien, Raphaël Enthoven et consort peuvent continuer à donner des leçons d’objectivité aux étudiants mobilisés…

    • Toulouse : l’étudiant grièvement blessé par la police témoigne
      Lundi Matin, le 10 mai 2018
      https://seenthis.net/messages/693354

      PARIS 8 OCCUPÉE : LES ÉTUDIANT-E-S DÉGAGENT UN FLIC DE LEUR FAC !
      Saint-Denis VIII Révolutionnaire, Facebook, le 10 mai 2018
      https://seenthis.net/messages/693367

      Paris 8 occupée : les étudiant-e-s dégagent un flic de leur AG !
      Paris-Luttes Info, le 11 mai 2018
      https://seenthis.net/messages/693589

    • Reçu via une mailing-list de personnels qui ont réagi aux violences policières de l’Université Grenoble Alpes (j’anonymise), 14.05.2018 :

      La question des tensions entre étudiants est en effet aussi à prendre en compte, sans la minorer : une poignée de personnes violentes (ce que les étudiants mobilisés contre la loi ORE ne sont pas), soutenues par l’#extrême_droite, comme on l’a vu dans d’autres universités, se manifeste de plus en plus régulièrement. Il semble que la présidence n’ait toujours pas porté plainte contre les tentatives d’incendie des jardins d’utopie. La question des examens est aussi une réflexion sur ce que nous pouvons faire pour ne pas créer des situations de tension.

    • Témoignage, reçu par email aujourd’hui, 14.05.2018. Témoignage que j’anonymise, comme coutume, et qui se rapporte aux événements du 7 mai sur le campus de Grenoble :

      Enseignant dans le secondaire et par ailleurs en reprise d’études, je faisais
      partie le 7 mai dernier des étudiants convoqués à leurs examens. Contrairement
      aux messages alarmistes répétés du président de l’université (qui n’était pas
      présent sur place), aucune tension n’était perceptible à mon arrivée vers 7H45
      et ce jusqu’à ce déploiement de violence inouïe de la part de forces de
      l’ordre à l’encontre d’étudiants totalement pacifiques. J’ai été (et je reste)
      profondément choqué et révolté devant un usage de la force totalement
      disproportionné : plusieurs policiers casqués, munis de matraques et de
      boucliers se ruant sans ménagement aucun (visiblement très pressés de « faire
      mal ») sur des étudiants pacifiques venus passer leurs partiels. Comme monsieur
      xxxxx, je m’insurge contre le traitement (non réglementaire d’ailleurs)
      infligé à un étudiant malmené à terre par plusieurs policiers faisant preuve
      d’un acharnement particulièrement choquant. J’ai également été amené à
      tranquilliser une étudiante particulièrement choquée et atteinte de manière
      sévère par des gaz lacrymogènes. J’ai aussi discuté avec un pompier soignant
      un de mes collègues étudiant tellement malmené qu’il en avait l’épaule démise
      (diagnostic du pompier) et je passe sur les étudiants ayant subis les gaz à
      hauteur de visage (là aussi, je doute que la déontologie policière soit
      respectée !!!) ou une autre tellement choquée qu’elle en vomissait.

    • L’université de Nanterre fera passer des examens en ligne, une AG étudiante s’y oppose

      Deux cents étudiants réunis en assemblée générale ont voté le blocage administratif de l’université pour empêcher que les partiels soient organisés à distance.


      http://www.lemonde.fr/campus/article/2018/05/15/l-universite-de-nanterre-fera-passer-des-examens-en-ligne-une-ag-etudiante-s

    • Universités : violences policières et privatisation de la sécurité

      Le gouvernement et de nombreux présidents d’université ont fait en moins de deux semaines le grand ménage de printemps sur les campus mobilisés. A coups de matraque et de « police privée » ! Universitaires et élus s’inquiètent ou s’insurgent. Billet écrit à quatre mains avec Isabelle Krzywkowski et publication de deux lettres ouvertes, de Grenoble et de Strasbourg.


      https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/160518/universites-violences-policieres-et-privatisation-de-la-securite

      https://www.youtube.com/watch?v=MtykzA_bQVs

    • Soutien à notre collègue chercheur et aux étudiant.e.s victimes de violences policières à l’EHESS le 1er mai
      L’IRIS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux) Paris, le 14 mai 2018

      Le 1er mai 2018 vers 20h30, notre collègue Nicolas Jaoul, chercheur au CNRS (IRIS), ainsi que des étudiant.e.s, ont été victimes de violences policières attestées par différents témoignages écrits et audiovisuels. Elles/ils se trouvaient à l’EHESS au 96 boulevard Raspail, occupée depuis la veille par les étudiant.e.s, lorsque des manifestant.e.s poursuivi.e.s par des policiers se sont réfugié.e.s sur le site, aussitôt fermé par ses occupants et encerclé par la police. Nicolas Jaoul, qui cherchait une voie de sortie à l’arrière du bâtiment, s’est fait rouer de coups et mettre à terre par cinq agents de la police nationale en équipement anti-émeute. Alors qu’il n’opposait aucune résistance et déclinait son identité et sa fonction d’enseignant-chercheur, il a été insulté et a reçu des coups de pieds dans la tête. Les policiers l’ont menacé, lui disant qu’après ce qu’ils s’apprêtaient à lui faire subir, il « ne pourrait plus jamais se relever » et qu’ils allaient le « faire payer pour les étudiants », qui « font ça à cause de toutes les merdes » qu’il leur apprenait. Par ailleurs, une quinzaine de policiers, dans un état de rage manifeste, tentaient de forcer la porte cochère, bloquée de l’intérieur par les étudiants, qui ont reçu des coups de bâton-tonfa et des jets de gaz lacrymogène à quelques centimètres du visage. Les policiers se sont retirés après l’intervention sur place du Président et du bureau de l’EHESS, qui ont accepté de raccompagner jusqu’au métro les étudiant.e.s souhaitant sortir du site et inquiets de possibles représailles dans le quartier.

      De nombreux témoignages, y compris au sein du bureau de l’EHESS, soulignent l’état d’excitation des policiers, s’accordant à considérer que la résistance des étudiant.e.s empêchant l’accès du site à la police, puis l’intervention du Président ont évité ce soir-là des faits de violence dramatiques – une petite centaine d’étudiants étant encerclés, avec pour seule « échappatoire » l’échafaudage de chantier sur un bâtiment voisin.

      De nombreux membres de l’IRIS étudient et dénoncent depuis longtemps les mésusages de la force et le climat de violence discrétionnaire auxquels sont souvent confrontés les habitant.e.s des quartiers populaires, les migrant.e.s et les minorités racisées. A présent, cette violence s’exerce aussi dans nos universités. D’ailleurs, les répressions de manifestations ou d’occupations dans les universités de Grenoble, Strasbourg, Nanterre, Paris 1 ou encore Toulouse ces dernières semaines indiquent une routinisation de l’usage disproportionné de la force en première instance, sans préavis de dispersion ni aménagement de voie de retrait.

      La mission première de l’université est l’enseignement et la recherche, et cette mission s’est construite historiquement dans une perspective de liberté de pensée, de gratuité et d’ouverture sociale. Nous sommes aujourd’hui concernés par la remise en cause de ces principes, par les atteintes souvent violentes aux franchises universitaires, par la paupérisation de l’université et le tri social à l’entrée comme mode de gestion de l’insuffisance chronique de ressources.

      Dès lors, nous personnels, étudiant.e.s, chercheur.e.s, et enseignant.e.s-chercheur.e.s de l’IRIS, condamnons la politique de répression violente des mobilisations étudiantes et réaffirmons notre soutien entier à celles et ceux qui, au sein des universités et institutions de recherche, et en solidarité avec d’autres secteurs du service public, se mobilisent contre les réformes en cours, et notamment le projet de loi ORE.

      Nous tenons à souligner que les faits qui se sont déroulés le 1er mai à l’intérieur et à la sortie de l’EHESS 96 bd Raspail sont graves. Nous soutenons notre collègue, les étudiant.e.s agressé.e.s et blessé.e.s, et d’une façon générale les étudiant.e.s mobilisé.e.s, dont nous saluons le courage et l’engagement.

      Nous regrettons fortement l’état d’indifférence qui s’installe au sein de nos institutions vis-à-vis des luttes en cours et de leur traitement policier et tenons à nous en démarquer activement. Nous saluons l’attachement de la présidence de l’EHESS aux franchises universitaires et son engagement à les défendre. Aussi, nous appelons les présidences de l’EHESS, du CNRS, de l’INSERM, et de l’Université de Paris 13 à condamner fermement et publiquement ces violences policières injustifiables dans les locaux de l’EHESS et à leur sortie, rétablissant par là-même auprès du personnel et des étudiant.e.s mobilisé.e.s un climat de confiance et de sécurité.

      Signataires :

      L’IRIS

      Julie Ancian
      Aurélie Audeval
      Christelle Avril
      Anne-Claire Baratault
      Adèle Blazquez
      Etienne Bard
      Véronique Bayer
      Benoit Belloni
      Elisabeth Belmas
      Pierre Benetti
      Abdel-Halim Berretima
      Thierry Bonnot
      Véronique Bontemps
      Stefano Bory
      Elsa Boulet
      Michel Bozon
      Hélène Bretin
      Aurélien Cadet
      Pénélope Calmejane
      Julie Castro
      Chiara Calzolaio
      Mona Claro
      Guigone Camus
      Lisa Carayon
      Gaëlle Chartier
      Antoinette Chauvenet
      Isabelle Clair
      Natacha Collomb
      Pamela Colombo
      Emilie Counil
      Christel Cournil
      Christophe Coutanceau
      Sébastien Dalgalarrondo
      Gisèle Dambuyant
      Blandine Destremeau
      Helena Devillers
      Antonella Di Trani
      Antonin Dubois
      Marie Ducellier
      Emmanuelle Durand
      Franck Enjolras
      Didier Fassin
      Camille Foubert
      Tristan Fournier
      Marcos Garcia de Teresa
      Nolwenn Gauthier
      Jérémie Gauthier
      Maziyar Ghiabi
      Sabine Guez
      Déborah Guy
      Pascale Haag
      Benoit Hachet
      Ratiba Hadj-Moussa
      Boris Hauray
      Thomas Huet
      Moritz Hunsmann
      Daniele Inda
      Gaelle Krikorian
      Anouche Kunth
      Rose-Marie Lagrave
      Flavienne Lanna
      Corinne Lanzarini
      Eliane de Latour
      Michèle Leclerc-Olive
      Clémence Léobal
      Chowra Makaremi
      Hadrien Malier
      Audrey Marcillat
      Pascal Marichalar
      Marion Maudet
      Ali Mekki
      Franck Mermier
      Anne-Charlotte Millepied
      Danielle Moyse
      Julia Monge
      Bernard Müller
      Michel Naepels
      Magnifique Neza
      Barbara Niederer
      Gérard Noiriel
      Cécile Offroy
      Shahnaz Ojaghi
      Julie Pagis
      Michel Peraldi
      Constance Perrin-Joly
      Luisa Piart
      Anna Pomaro
      Giovanni Prete
      Luigigiovanni Quarta
      Paco Rapin
      Zoe Rollin
      Sahar Saeidnia
      Monique de Saint Martin
      Caroline de Saint Pierre
      Claire Salem
      Sarah Sandré
      Sara Scata
      Mohammed Sharqawi
      Constance Schuller
      Regis Schlagdenhauffen
      Nathanaëlle Soler
      Alexis Spire
      Annie Thébaud- Mony
      Cécile Thomé
      Mathieu Trachman
      Benoit Trépied
      Anne-Sophie Vozari
      Hugo Wainsztok
      Eric Wittersheim

      Reçu par email, le 17.05.2018

    • Au rassemblement à Nation, les témoignages des parents de la centaine de lycéens embarqués en garde à vue depuis hier à #Arago font froid dans le dos. Certains cherchent encore leurs enfants, des jeunes filles de 16 ans sont détenues dans des conditions brutales et indécentes.

      https://twitter.com/cmoreldarleux/status/999336371469869056

      Et à défiler :

      https://twitter.com/StephChehab/status/999364881299202048?s=19
      https://twitter.com/TaranisNews/status/999384857724772353
      https://twitter.com/TaranisNews/status/999384857724772353
      #Arago #garde_à_vue #GAV #Lycée_Arago #détention

    • Reçu via une mailing-list contre les violences policières sur le campus... Je partage ici en anonymisant.

      Voici un communiqué de XXXXX, dont l’adresse mail universitaire a été bloquée par l’université, à destination de tous les étudiant-e-s de l’UGA. Ceci n’étant pas une prise de parole personnelle, je ne donnerais suite à aucune éventuelle réponse. Bonne lecture.

      Bonsoir à toutes et à tous,
      J’ai décidé d’envoyer ce mail, à l’intégralité des étudiant-e-s de l’UGA, car il me semble que la situation que nous vivons toutes et tous aujourd’hui sur le campus est hors de contrôle, et qu’il est bien temps, de se poser, et de parler non pas avec des grands discours, mais avec des faits.
      Hélas, les faits sont révoltants. Bien que nous ne soyons pas d’accord, de toute évidence, avec les moyens d’actions que peuvent prendre nos luttes, il me semble cependant qu’il y a certaines limites qui ne peuvent nullement être dépassés. Certes, personnellement je ne suis pas tout blanc nous plus. J’ai moi-même, dans un moment de rage, lancé un fond de bouteille d’eau sur la tête d’un anti bloqueur, ce que je regrette, et je tiens à m’excuser avec cette personne qui se reconnaitra. Certes, je participe activement au blocage des examens, ce qui, de toute évidence, met à mal plusieurs personnes. Certes, j’ai moi-même confronté les actions de membres de la direction et autres sur des réseaux sociaux. Hélas, toutes ces choses, qui sont dérangeantes, en effet, ne sont rien face à ce que moi-même je subis depuis maintenant un mois, et ne sont rien face à un ensemble de choses que toutes les personnes mobilisées nous subissons depuis plusieurs semaines.
      Bien que cette liste ne soit guère exhaustive, j’ai préféré me référer uniquement aux faits que je peux démontrer avec des preuves à l’appui. Je vais diviser cette liste en plusieurs sous catégories, de choses qui me semblent inadmissibles.

      Veuillez consulter ce lien pour l’intégralité des photos servant à appuyer mon argumentaire : https://drive.google.com/drive/folders/1BnD9OPg5wpCX8VjjVPfJWJLoX6Goofli?usp=sharing

      Violences policières à l’université :

      – Le 23 avril, lors du deuxième blocage du bâtiment DLST, les forces de police sont venues pour débloquer le bâtiment. Des membres du personnel (des profs, mais aussi des services), des étudiant-e-s, ainsi que des sympathisant-e-s à notre cause, ont été chargés par les forces de l’ordre. Le résultat fût extrêmement grave : une enseignante à l’hôpital, un étudiant en garde à vue (c’était la première fois qu’il participait au mouvement), et plusieurs personnes agressées. Sur ces deux vidéos, il est possible de voir (hélas pas très clairement, la qualité de la vidéo laisse beaucoup à désirer), une étudiante se faire étrangler par un agent de police. https://www.facebook.com/alain.deraucourt/videos/10156262891188373 et https://www.facebook.com/alain.deraucourt/videos/10156262891378373

      – Le 26 avril, lors du blocage du bâtiment les Alpilles, des forces de l’ordre ont procédé à un déblocage extrêmement violent du bâtiment. Il est possible de voir sur la vidéo un policier de la BAC (brigade anti criminalité, oui ils envoient la BAC face à des étudiant-e-s) taper à plusieurs reprises et ceci avec une extrême violence, et, avec un certain sadisme que nous pouvons observer avec le geste qu’il fait avec son bras. Voici la vidéo https://www.facebook.com/GrenobleEnLuttte/videos/1910151649003227

      – Lundi 7 mai, les forces de l’ordre sont venues pour débloquer la galerie des amphis. Alors qu’une foule d’étudiant-e-s qui n’avaient rien à voir avec le mouvement, ni la grève, attendait l’ouverture du bâtiment, les forces de l’ordre ont chargé la foule et les manifestant-e-s. Des enseignant-e-s, des étudiant-e-s, grévistes ou pas, ont été matraqué-e-s, gazé-e-s, violenté-e-s par les forces de police. Encore une fois, trois personnes ont dû aller à l’hôpital. Suite à cela, l’administration du bâtiment ARSH a annulé les partiels et les a aménagés sous forme de devoir maison chronométré. Voici la vidéo : https://www.facebook.com/nicolas.marlin.73/videos/2062844813730002

      – Les violences policières ne concernent pas que Grenoble, hélas, mais l’ensemble des universités mobilisées contre le plan Vidal et son monde. Voici une vidéo des violences à Rennes : https://www.facebook.com/AG.Rennes2/videos/770955669760965

      – Suite à l’évacuation de l’université de Toulouse, un étudiant a été gravement blessé par l’explosion d’une grenade policière. (Image dans le lien plus haut)


      Violences provenant de groupuscules :
      – Le 23 mars, un groupuscule est rentré à l’occupation de Montpellier. Plusieurs étudiant-e-s ont été agressés par des barres de fers, par des barres en bois, et autres armes. Voici la vidéo https://www.facebook.com/ajplusfrancais/videos/572890946411892

      – Le dimanche 22 avril, un incendie criminel a été déclenché sur le campus, par des inconnus. Le bâtiment qui a brûlé est le jardin des utopies, qui se trouvaient à quelques mètres de la Bibliothèque Universitaire Droit-Lettre. Sur cette vidéo, commenté de manière assez pauvre, je m’excuse, nous pouvons observer la violence des flammes qui auraient pu brûler la bibliothèque si le feu n’avait pas été contenu. https://www.facebook.com/alain.deraucourt/videos/10156260293908373

      – La nuit dernière, celle entre le dimanche 13 et le lundi 14 mai, nous avons reçu des informations diverses nous alertant d’une attaque des anti-bloqueurs, qui comptaient venir à plusieurs dizaines, voire une centaine, pour nous dégager à coups de bâton et de barres de fer. Finalement une très large mobilisation des étudiant-e-s en lutte a dissuadé ce groupuscule de venir. (Images dans le lien plus haut)

      – J’ai moi-même subi plusieurs attaques sur des réseaux sociaux, dignes de d’harcèlement scolaire de lycée. Des attaques ad-hominem se moquant de mon surpoids, usurpant mon nom et mon image sans mon consentement (actes illégaux). En dehors du ridicule de ces attaques, cela s’avère extrêmement dangereux pour moi, vu que depuis que ce groupuscule me met en évidence, j’ai reçu plusieurs menaces de mort par Facebook et autres plateformes. (Images dans le lien plus haut)

      Violences provenant de membres de l’administration et des agents de sécurités :
      – Depuis le début du mouvement, Patrick Lévy, président de l’université Grenoble Alpes maintient une communication extrêmement violente, qui incite à la violence à l’égard de nous autres manifestant-e-s pacifistes. Par ailleurs, toutes les violences policières ayant eu lieu sur le campus sont de sa responsabilité, vu que seul le président de l’université peut décider de faire intervenir les forces de police sur le domaine universitaire.

      – Depuis le premier blocage du DLST, Yves Markowicz ne cesse d’utiliser les réseaux sociaux, sur lesquels il insulte continuellement les étudiant-e-s et enseignant-e-s en grève, encourageant la violence et la haine. Dans d’autres images il donne des détails sur les résultats scolaires de ses étudiant-e-s, ce qui est complétement illégal. (Images dans le lien plus haut)


      – Hier, 14 mai, j’ai été empêché pendant un temps d’accéder au bâtiment universitaire IAE, où mon partiel de Croissance et Fluctuations devait avoir lieu. Grâce à l’intervention d’Alexis Garapin, directeur d’UFR de la faculté d’économie de Grenoble, j’ai pu me rendre à mon examen. Si je n’avais pas pu, j’aurais dû rembourser 4700 euros de bourse au CROUS, mettant ainsi fin à mes études puisque je suis très précaire. Par ailleurs, l’agent de sécurité qui m’empêchait de rentrer m’a humilié devant tous mes camarades, pendant que des policiers prenaient en photo le moment où j’ai dû ramasser mes affaires qui étaient tombées. Quand j’ai pu rentrer au bâtiment, un agent de sécurité m’a suivi jusqu’à ma salle d’examen. La radio de l’agent sonnait tellement fort que presque la moitié de l’amphi écoutait les appels radio alors qu’un partiel était en cours. L’après-midi, trois vigiles faisant plusieurs fois ma taille, ont suivis tout mes déplacements à l’intérieur du bâtiment. J’ai fait une crise d’angoisse pendant que je composais, ce qui m’a empêché de composer correctement. Deux agents de sécurité m’ont même suivi dans le tram lors du retour sur le campus, plusieurs de mes camarades de classe en sont témoins. Ceci m’a vraiment mis sur les nerfs, ce qui s’est traduit par un comportement violent de ma part. Je me suis excusé auprès des camarades qui ont dû supporter ma panique et mes nerfs.

      – Le même traitement a été donné à d’autres étudiant-e-s en lutte lors des examens. L’université menace systématiquement les étudiant-e-s de commission disciplinaire, faisant en sorte que leur parole ne soit pas écoutée par leurs camarades de classe.


      Pour donner suite à toutes ces violences, inadmissibles, il est temps de faire un constat : certes, nous ne sommes pas toutes et tous d’accord avec les moyens d’action et de lutte, mais, il me semble, nous ne pouvons que nous consterner face à l’inadmissible.
      C’est ainsi, que je fais un appel à votre sens de la démocratie, votre respect de la liberté de faire grève, et vous demande de nous soutenir, massivement, sur les réseaux sociaux, dans les blocages (si ce mode d’action vous convient), dans les assemblées générales et dans les dates de mobilisation.
      Je vous invite à venir demain, mercredi 16 mai à 6 heures du matin devant le CLV, afin de bloquer le plus grand nombre possible de partiels, pour démontrer que notre mouvement est loin d’être minoritaire, pour protester contre l’inadmissible, pour protester contre les violences.
      Mais mon appel ne s’arrête point-là. Essayez de vous organiser, dans chaque composante, faites des réunions, des assemblées générales de composante (l’ARSH, l’IUGA et le BSHM l’ont déjà fait), décidez entre vous les modes d’actions que vous semblent légitimes et souhaitables, par exemple : bloquer des examens, organiser des grèves massives de copies, organiser des débats, des rassemblements.
      Voila le fond même de notre mouvement. Patrick Lévy pense, dans son ignorance et son mépris, que je suis le « leader charismatique » du mouvement. Rien n’est plus éloigné de la réalité, car justement, notre mouvement n’a pas de leader, n’a pas de chef, n’a pas de meneurs. Notre mouvement se crée, se modèle, s’organise, par l’auto-gestion, par des comités de mobilisations où tout le monde vote, où tout le monde débat autour des modalités d’actions, autours des moyens de lutte. Organisons-nous donc tous et toutes ensemble, contre la loi ORE, contre les violences, contre la barbarie d’une répression que n’a jamais atteint un tel degré à l’université de Grenoble.
      Mobilisons-nous donc ! Disons non aux partiels surveillés par des agents de sécurité violents. Disons non à la présence policière sur notre campus ! Disons non à la violence des anti-bloqueurs. Bref, disons non à la violence, à la barbarie, à la haine.
      Mobilisons nos enseignant-e-s, en leur envoyant ce mail, afin qu’ils et elles puissent le faire tourner entre eux et elles.
      Rendez-vous demain, et après-demain, et les jours qui suivent, à 6h devant le CLV pour continuer les blocages jusqu’à l’aménagement des examens (comme cela a été fait à l’ARSH).
      Et rendez vous le 22 mai à 10 heures devant la place de la gare de Grenoble pour la grande manifestation nationale !
      Il est temps de montrer que nous sommes une majorité !
      Non à la haine ! Non à la violence ! Non à la sélection !

    • Non, nos étudiants ne font pas « n’importe quoi » ! Lettre sur deux conceptions de l’université

      TRIBUNE LIBRE – En pleine période de manifestations liées à la loi Ore (loi relative à l’Orientation et à la réussite des étudiants), les tensions entre ses opposants et la présidence de l’Université Grenoble-Alpes (UGA) perdurent. Le président de l’Université a, mercredi 16 mai, tenu des propos sur les étudiants qui ont suscité de nombreuses réactions. Parmi elles, cette lettre, signée par bon nombre de professeur(e)s de l’UGA.

      Monsieur le Président,

      Le mépris que vous déversez depuis des semaines sur les étudiants et sur les personnels, tant par vos courriers internes que dans la presse, est insupportable.

      La goutte d’eau qui fait déborder le vase

      Non seulement vous ne vous êtes pas une fois préoccupé de l’état de santé des étudiants et des personnels blessés, physiquement et psychiquement, par les interventions policières et les vigiles que vous commanditez ;

      Non seulement vous noircissez et criminalisez à plaisir, mais heureusement jusqu’au ridicule (du « saccage » aux « excréments »), une mobilisation légitime et nécessaire ;

      Non seulement votre plébiscite nous a doublement pris pour des imbéciles, par sa formulation, puis par sa publication biaisée des résultats ;

      Mais voici que vous nous salissez publiquement dans la presse (Dauphiné libéré, 16 mai 2018). Car, oui, c’est nous insulter, nos étudiants et nous mêmes, leurs enseignants, que de prétendre qu’ils font « n’importe quoi » et cherchent à « torpiller l’université ».

      Une vision différente de l’université

      C’est l’honneur en tout cas des disciplines de sciences humaines et sociales – mais aussi de toute pratique universitaire – que de se nourrir du débat, et non de l’apprentissage par cœur de données à recracher dans des QCM. C’est aussi leur honneur de se nourrir de la pensée collective, et non de la concurrence. Par cette formule, on comprend mieux, certes, la distance incommensurable et inaliénable qui nous sépare du modèle que vous prônez, et que les étudiants refusent.

      Nous soutenons pleinement et avec enthousiasme le fait que nos étudiants « ont travaillé collectivement » pendant les examens, et même le fait qu’ils aient mangé des crêpes. Quel pédagogue ne se réjouirait pas d’un apprentissage qui se fait dans la joie ? Nous saluons leur inventivité, leur curiosité, leur ironie critique et leur goût du partage. Nous les remercions et les félicitons d’avoir ainsi su mettre en pratique et en discussion leurs cours et leurs lectures.

      Nous vous invitons, Monsieur le Président, à méditer cette pensée de Cornélius Castoriadis : « Nous appelons praxis ce faire dans lequel l’autre ou les autres sont visés comme êtres autonomes et considérés comme l’agent essentiel du développement de leur propre autonomie. La vraie politique, la vraie pédagogie, la vraie médecine, pour autant qu’elles ont jamais existé, appartiennent à la praxis. » (L’Institution imaginaire de la société, 1975, 1999, p. 112)

      Premiers signataires (en ordre alphabétique) : Jennifer Buyck – Rémi Clot-Goudard – Jean-Marc Colletta – Sylvain Coulange – Cristina Del Biaggio – Laurence Delpérié – Giovanni Depau – Catherine Frier – Nathalie Gary – Florent Gaudez – Franck Gaudichaud – Myriam Houssay-Holzschuch – Caroline Imbert – Marie-Paule Jacques – Kirsten Koop – Olivier Kraif – Isabelle Krzywkowski – Francis Lazarus – Lison Leneveler – Sébastien Leroux – Tanguy Martin-Payen – Sarah Mekdjian – Chloé Muteau-Jaouen – Judith Nelson – Martial Pisani – Marianne Prévost – Olivier Razac – Fanny Rinck – Julie Sorba – Jean-Yves Tizot

      https://www.placegrenet.fr/2018/05/24/non-nos-etudiants-ne-nimporte-quoi-lettre-deux-conceptions-de-luniversite/192678

      Et vous l’aurez vu, je suis parmi les premièr·es signataires !

    • Les médias s’empressent à parler de « 1 mio EUR » de dégâts aux bâtiments de la fac de Grenoble suite à l’occupation par les étudiant·es :
      VIDÉO - Plus « d’un million d’euros » de dégâts dans un bâtiment de la fac de Grenoble débloqué jeudi

      Après six semaines d’occupation, les opposants à la loi ORE ont quitté le #Centre_des_Langues_Vivantes (#CLV), le bâtiment qu’ils occupaient depuis six semaines. Face aux dégâts considérables, l’UGA va déposer plainte. Le CLV ne devrait pas être utilisable pour la rentrée en septembre.

      https://www.francebleu.fr/infos/education/video-le-dernier-batiment-occupe-de-la-fac-de-grenoble-debloque-les-degat

      Ici la réaction de deux collègues, reçues par email le 27.05.2018.
      Je copie-colle leur message, en l’anonymisant :

      Bonjour à tous,

      Non les étudiants n’ont pas fait 1 million d’euros de dégâts au CLV (il faudrait certainement commencer par diviser ce chiffre par 10 pour s’approcher d’un chiffre discutable)
      Pourtant, ce chiffre circule dans les médias nationaux sans aucune mise en discussion à ma connaissance (toujours l’excellent travail des journalistes qui prennent les informations données par les autorités pour la vérité)
      Ces mêmes autorités (et médias) qui versent des larmes de crocodile sur la désinformation et autres « fake news »...

      Or, la lutte politique passe d’une manière décisive par la définition de la réalité : d’où vient ce chiffre ? qui l’a produit et comment ? est-il possible de se donner les moyens d’un contre-chiffre ? etc.

      J’ajoute que si les dégradations commises aux CLV restent problématiques, ce serait une terrible défaite éthique et théorique d’accepter l’équivalence « dégradation »="dévastation" (lu dans un message de l’administration) et 100.000 (?)=1 millions (cf. la fin du 1984, d’Orwell)

      –-----------

      Bonjour à tou.te.s,
      Il est important de rappeler que le CLV était déjà classé avant les grèves contre la loi comme bâtiment à rénover. Le toit végétalisé était déjà à refaire, de même que de nombreux aspects du bâtiment. Le chiffre de 1 millions d’euros comprend nécessairement les travaux qui étaient déjà prévus.
      Par ailleurs il a été dit que les tours d’ordi avaient été volées (apparemment elles avaient été enlevées bien avant et déplacées pour que des étudiants passent le TOEIC ailleurs) et que le système d’alarme ne fonctionne plus (mais il avait été supprimé pour la galerie des amphis et potentiellement aussi pour le CLV par l’université elle-même).
      On peut aussi rappeler combien cette situation entre en écho avec un mouvement qui a été réprimé par la violence policière et dans le silence assourdissant des autorités, qui envoyaient les forces de l’ordre mais n’ont jamais ouvert de discussions.
      Pour finir le « Makhno <3 » sur le bâtiment de Science Po est à voir (et ça rime).
      Bien à toutes et tous,

    • A propos de la répression grandissante du mouvement social :

      Gérard Collomb défend sa vision du maintien de l’ordre

      Confrontés à de nouvelles formes d’affrontements, policiers et gendarmes tentent d’adapter leur méthode.
      Julia Pascual, le Monde, le 8 juin 2018
      https://seenthis.net/messages/700734

      PHOTOS - VIDEOS : revivez la visite du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb en Dordogne
      Antoine Balandra, France Bleu Périgord, le 8 juin 2018
      https://seenthis.net/messages/700734

    • Nantes : suspension de fonctions validée pour le sociologue opposé à la loi ORE
      Guillaume Frouin, Libération, le 10 juillet 2018
      http://www.liberation.fr/france/2018/07/10/nantes-suspension-de-fonctions-validee-pour-le-sociologue-oppose-a-la-loi

      Nantes : deux enseignants sanctionnés après les blocages à l’université
      Maïa Courtois, Libération, le 2 août 2018
      http://www.liberation.fr/france/2018/08/02/nantes-deux-enseignants-sanctionnes-apres-les-blocages-a-l-universite_167

      Les textes de ces deux articles ici :
      https://seenthis.net/messages/671718

      Un article revient sur cette année de mobilisation et de répression :

      Fac : désorientation, occupation, répression
      La Brique, le 9 août 2018
      https://seenthis.net/messages/713881

    • Coups de pieds dans la tête d’un prof : Les 5 policiers voulaient le « faire payer pour les étudiants »

      A l’#EHESS, le #1er_mai 2018 vers 20h30, Nicolas Jaoul, chercheur au CNRS (IRIS), ainsi que des étudiant.e.s, ont été victimes de violences policières. Insultes, mise à terre, coups de pieds dans la tête, menaces. Nous relayons ci-dessous le communiqué de soutien de personnels, étudiant.e.s, chercheur.e.s, et enseignant.e.s-chercheur.e.s de l’IRIS.

      Soutien à notre collègue chercheur et aux étudiant.e.s victimes de violences policières à l’EHESS le 1er mai

      L’IRIS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux) Paris, le 14 mai 2018

      Le 1er mai 2018 vers 20h30, notre collègue Nicolas Jaoul, chercheur au CNRS (IRIS), ainsi que des étudiant.e.s, ont été victimes de violences policières attestées par différents témoignages écrits et audiovisuels. Elles/ils se trouvaient à l’EHESS au 96 boulevard Raspail, occupée depuis la veille par les étudiant.e.s, lorsque des manifestant.e.s poursuivi.e.s par des policiers se sont réfugié.e.s sur le site, aussitôt fermé par ses occupants et encerclé par la police. Nicolas Jaoul, qui cherchait une voie de sortie à l’arrière du bâtiment, s’est fait rouer de coups et mettre à terre par cinq agents de la police nationale en équipement anti-émeute. Alors qu’il n’opposait aucune résistance et déclinait son identité et sa fonction d’enseignant-chercheur, il a été insulté et a reçu des coups de pieds dans la tête. Les policiers l’ont menacé, lui disant qu’après ce qu’ils s’apprêtaient à lui faire subir, il « ne pourrait plus jamais se relever » et qu’ils allaient le « faire payer pour les étudiants », qui « font ça à cause de toutes les merdes » qu’il leur apprenait. Par ailleurs, une quinzaine de policiers, dans un état de rage manifeste, tentaient de forcer la porte cochère, bloquée de l’intérieur par les étudiants, qui ont reçu des coups de bâton-tonfa et des jets de gaz lacrymogène à quelques centimètres du visage. Les policiers se sont retirés après l’intervention sur place du Président et du bureau de l’EHESS, qui ont accepté de raccompagner jusqu’au métro les étudiant.e.s souhaitant sortir du site et inquiets de possibles représailles dans le quartier.

      De nombreux témoignages, y compris au sein du bureau de l’EHESS, soulignent l’état d’excitation des policiers, s’accordant à considérer que la résistance des étudiant.e.s empêchant l’accès du site à la police, puis l’intervention du Président ont évité ce soir-là des faits de violence dramatiques – une petite centaine d’étudiants étant encerclés, avec pour seule « échappatoire » l’échafaudage de chantier sur un bâtiment voisin.

      De nombreux membres de l’IRIS étudient et dénoncent depuis longtemps les mésusages de la force et le climat de violence discrétionnaire auxquels sont souvent confrontés les habitant.e.s des quartiers populaires, les migrant.e.s et les minorités racisées. A présent, cette violence s’exerce aussi dans nos universités. D’ailleurs, les répressions de manifestations ou d’occupations dans les universités de Grenoble, Strasbourg, Nanterre, Paris 1 ou encore Toulouse ces dernières semaines indiquent une routinisation de l’usage disproportionné de la force en première instance, sans préavis de dispersion ni aménagement de voie de retrait.

      La mission première de l’université est l’enseignement et la recherche, et cette mission s’est construite historiquement dans une perspective de liberté de pensée, de gratuité et d’ouverture sociale. Nous sommes aujourd’hui concernés par la remise en cause de ces principes, par les atteintes souvent violentes aux franchises universitaires, par la paupérisation de l’université et le tri social à l’entrée comme mode de gestion de l’insuffisance chronique de ressources.

      Dès lors, nous personnels, étudiant.e.s, chercheur.e.s, et enseignant.e.s-chercheur.e.s de l’IRIS, condamnons la politique de répression violente des mobilisations étudiantes et réaffirmons notre soutien entier à celles et ceux qui, au sein des universités et institutions de recherche, et en solidarité avec d’autres secteurs du service public, se mobilisent contre les réformes en cours, et notamment le projet de loi ORE.

      Nous tenons à souligner que les faits qui se sont déroulés le 1er mai à l’intérieur et à la sortie de l’EHESS 96 bd Raspail sont graves. Nous soutenons notre collègue, les étudiant.e.s agressé.e.s et blessé.e.s, et d’une façon générale les étudiant.e.s mobilisé.e.s, dont nous saluons le courage et l’engagement.

      Nous regrettons fortement l’état d’indifférence qui s’installe au sein de nos institutions vis-à-vis des luttes en cours et de leur traitement policier et tenons à nous en démarquer activement. Nous saluons l’attachement de la présidence de l’EHESS aux franchises universitaires et son engagement à les défendre. Aussi, nous appelons les présidences de l’EHESS, du CNRS, de l’INSERM, et de l’Université de Paris 13 à condamner fermement et publiquement ces violences policières injustifiables dans les locaux de l’EHESS et à leur sortie, rétablissant par là-même auprès du personnel et des étudiant.e.s mobilisé.e.s un climat de confiance et de sécurité.

      Signataires :

      L’IRIS

      Julie Ancian
      Aurélie Audeval
      Christelle Avril
      Anne-Claire Baratault
      Adèle Blazquez
      Etienne Bard
      Véronique Bayer
      Benoit Belloni
      Elisabeth Belmas
      Pierre Benetti
      Abdel-Halim Berretima
      Thierry Bonnot
      Véronique Bontemps
      Stefano Bory
      Elsa Boulet
      Michel Bozon
      Hélène Bretin
      Aurélien Cadet
      Pénélope Calmejane
      Julie Castro
      Chiara Calzolaio
      Mona Claro
      Guigone Camus
      Lisa Carayon
      Gaëlle Chartier
      Antoinette Chauvenet
      Isabelle Clair
      Natacha Collomb
      Pamela Colombo
      Emilie Counil
      Christel Cournil
      Christophe Coutanceau
      Sébastien Dalgalarrondo
      Gisèle Dambuyant
      Blandine Destremeau
      Helena Devillers
      Antonella Di Trani
      Antonin Dubois
      Marie Ducellier
      Emmanuelle Durand
      Franck Enjolras
      Didier Fassin
      Camille Foubert
      Tristan Fournier
      Marcos Garcia de Teresa
      Nolwenn Gauthier
      Jérémie Gauthier
      Maziyar Ghiabi
      Sabine Guez
      Déborah Guy
      Pascale Haag
      Benoit Hachet
      Ratiba Hadj-Moussa
      Boris Hauray
      Thomas Huet
      Moritz Hunsmann
      Daniele Inda
      Gaelle Krikorian
      Anouche Kunth
      Rose-Marie Lagrave
      Flavienne Lanna
      Corinne Lanzarini
      Eliane de Latour
      Michèle Leclerc-Olive
      Clémence Léobal
      Chowra Makaremi
      Hadrien Malier
      Audrey Marcillat
      Pascal Marichalar
      Marion Maudet
      Ali Mekki
      Franck Mermier
      Anne-Charlotte Millepied
      Danielle Moyse
      Julia Monge
      Bernard Müller
      Michel Naepels
      Magnifique Neza
      Barbara Niederer
      Gérard Noiriel
      Cécile Offroy
      Shahnaz Ojaghi
      Julie Pagis
      Michel Peraldi
      Constance Perrin-Joly
      Luisa Piart
      Anna Pomaro
      Giovanni Prete
      Luigigiovanni Quarta
      Paco Rapin
      Zoe Rollin
      Sahar Saeidnia
      Monique de Saint Martin
      Caroline de Saint Pierre
      Claire Salem
      Sarah Sandré
      Sara Scata
      Mohammed Sharqawi
      Constance Schuller
      Regis Schlagdenhauffen
      Nathanaëlle Soler
      Alexis Spire
      Annie Thébaud- Mony
      Cécile Thomé
      Mathieu Trachman
      Benoit Trépied
      Anne-Sophie Vozari
      Hugo Wainsztok
      Eric Wittersheim

      http://www.revolutionpermanente.fr/Coups-de-pieds-dans-la-tete-d-un-prof-Les-5-policiers-voulaient

    • Arago, comico, Renzo Piano : retour sur la répression du 22 mai

      Une soixantaine de personnalités et des syndicats appellent à soutenir les victimes de la vaste opération policière et judiciaire qui a frappé les occupants de ce lycée parisien.

      Au moment où la France affiche mondialement son patrimoine historique de Mai 1968, la belle commémoration se trouve traversée par une constellation de luttes (des cheminot.e.s, étudiant.e.s, soignant.e.s jusqu’aux postier.e.s) qui répondent aux attaques historiques de Macron et de son gouvernement. La séquence de luttes hétérogènes ouverte depuis avril et le début de la grève des cheminot.e.s est la première période de conflit d’ampleur contre le plan quinquennal de restructuration de « la start-up France ». Le projet macronien fait feu de tout bois : après les salarié.e.s du privé visé.e.s par les ordonnances, les syndicalistes remuants à licencier, contre les salarié.e.s à statut – cheminot.e.s « privilégié.e.s », fonctionnaires, les entrants à l’université à mieux sélectionner, bientôt les chômeurs. Ironie du moment : on célèbre la marchandise photogénique « casseurs » de 68 et on réprime toute conflictualité sociale et politique.

      De nombreuses facs occupées contre la sélection et parcoursup sont évacuées manu militari, des partiels placés sous contrôle policier, des postiers en lutte dans le 92 et leurs soutiens sont nassés par les CRS au centre de tri de la Défense, des cheminot.e.s en grève contre le « pacte ferroviaire » évacué.e.s du centre de tri de Villeneuve-Saint-Georges. Quant aux manifestations, elles sont rituellement noyées sous les gaz lacrymogènes. Après le 1er Mai, un battage médiatique est organisé autour des « black blocs » « casseurs », et les irrationnelles pulsions destructrices contre les vitrines de banques, d’assurances ou de McDo. « ILS veulent des examens en chocolat », a dit en substance le Président, ils devraient plutôt travailler sans broncher dans un McDo franchisé. Gérard Collomb qui se félicite toujours, en bon chef de guerre, des opérations de sa police, à la ZAD où un jeune homme de 21 ans vient de perdre une main, à la frontière italienne et ailleurs contre les migrants, annonce bille en tête : pour manifester il faudra désormais dénoncer son voisin de cortège potentiel « casseur ».

      Mais voilà que la Justice vient seconder les œuvres de la Police.
      Que s’est-il passé le 22 mai au lycée Arago ?

      À la fin de la manifestation du 22 mai des travailleuses et travailleurs du secteur public, ouverte par un cortège de tête énergique malgré l’orage, une occupation s’improvise place de la Nation. Il s’agit de faire une assemblée générale à l’heure où les résultats de parcoursup sont en train de tomber, laissant sur le carreau près de 400 000 lycéen.e.s. Une centaine d’occupants sont au rendez-vous, discutent, s’organisent, et découvrent les belles arcades en pierre de taille cachées aux yeux du quidam qui entourent la cour.

      Aux alentours de 19 heures, les CRS pénètrent brutalement dans le lycée : interpellations, fouilles, contrôles d’identité. Les occupant.e.s sont embarqué.e.s dans des bus en direction du commissariat de l’Évangile dans le XVIIIe arrondissement. Un des bus plein à craquer stationne près de cinq heures dans la cour du commissariat – pas d’air, pas d’eau, pas de toilettes. Tout le monde est gardé à vue, y compris les mineurs, et dispatché dans différents commissariats, de la Goutte-d’Or jusqu’à Puteaux ou Villeneuve-la-Garenne. Les occupant.e.s du lycée Arago sont mêlé.e.s à la trentaine d’arrêté.e.s de la manifestation.
      « Nos enfants ont été enlevés »

      La loterie commence. Certains font 24, d’autres 48 heures de garde à vue. Certains sont déférés, d’autres non. Sur ordre du parquet, des procédures judiciaires sont improvisées. Certains font l’objet de rappels à la loi, d’autres d’enquêtes. Quinze personnes sont présentées en comparution immédiate. Tous ont refusé d’être jugés immédiatement et sont reconvoqués le 15 juin mais deux jeunes hommes ont été placés en détention provisoire. Les autres sortent avec des contrôles judiciaires : interdiction du XIIe arrondissement, interdiction de voir ses camarades, interdiction de manifester.

      Le traitement des mineur.e.s indigne à raison les parents d’élèves et l’opinion. Des nouvelles ne sont données aux parents que tard dans la nuit et ils ignorent quel sort sera réservé à leur enfant.

      Ce qui frappe, ce sont les conditions de la garde à vue – cellules minuscules, pleines de pisse, coups de pression des policiers ; un jeune homme reçoit une gifle – mais surtout la qualification des délits.

      En substance, deux qualifications sont retenues pour tous : « Intrusion non autorisée dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement scolaire commise en réunion » et « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens ».

      La première s’appuie sur une loi promulguée en mars 2010 pour prévenir la contestation au sein des établissements scolaires. Si le délit de « réunion » a été mis en place sous Sarkozy et visait d’abord les jeunes de banlieue regroupés dans des halls d’immeuble, il est maintenant étendu aux manifestations, aux actions politiques, et considéré comme une circonstance aggravante. La seconde qualification est la plus impressionniste : le fait délictueux n’a plus besoin d’avoir été accompli, il s’agit de le prévenir. Le fait n’a plus besoin d’être établi, comme dans le film Minority Report, il s’agit de légiférer sur un élément aussi impalpable qu’un but supposé. Le droit s’affranchit définitivement du fait. À ce régime, tout devient preuve : un K-Way bleu un jour de pluie signe d’appartenance au « black bloc », du sérum physiologique marque d’une violence inflexible contre la police.

      Ces qualifications permettent de distribuer des rappels à la loi : une mesure apparemment bénigne mais qui ne permet pas de se défendre, ne respecte aucun principe contradictoire, et pourra peser en cas de « récidive ». Celles-ci justifient des comparutions immédiates, plus sérieuses, où les peines encourues ne sont pas minces et où on risque la prison si l’on demande le report de son procès. Les deux personnes présentées en comparution immédiate ont rejoint les nombreux prisonniers de France en attente de leur procès.

      Ces procès sont l’occasion de voir à l’œuvre le nouveau TGI de Paris, véritable complexe architecturel situé Porte de Clichy, dans le XVIIe arrondissement. L’architecte Renzo Piano nous décrit son œuvre : « L’édifice ne devait pas apparaître comme obscur ou hermétique, il devait exprimer son rôle et pas sa force ; c’est un bâtiment photosensible, le verre de ses façades reflète le ciel et la ville. » C’est en effet un grand complexe panoptique, monstre de six étages, ultra-moderne, hyper-sécurisé. Les cellules sont neuves, répétitives à l’infini, alvéolaires, tellement nombreuses qu’elles isolent les détenu.e.s les un.e.s des autres. Nous approchons de l’isolation sensorielle : ni son, ni odeur, une énorme lumière dérègle toute notion de jour et de nuit. Tout est fait pour sonner, isoler, rendre docile, vulnérable ce qui est combattu.

      Une très vaste opération policière et judiciaire a eu lieu ce 22 mai. Cette journée fait suite à la répression du 1er Mai. À la manifestation du 26 mai aussi, de manière revancharde et préventive, la police a arrêté avant la manifestation une trentaine de personnes. L’État tente de remettre en ordre le cortège de tête et de prévenir toute agitation lycéenne contre la sélection.

      Le mode opératoire – interpellations, garde à vue, défèrements à cette échelle – est le produit évident d’une volonté politique. Mais, ce 22 mai, la méthode s’est mêlée à l’improvisation. Des outils policiers et judiciaires relativement inédits ont été mis en place, notamment sur des mineur.e.s. Ces mesures représentent l’extension et la systématisation de mesures ordinairement réservées à la petite délinquance et testées sur les lycéens de Seine-Saint-Denis (lycée Suger) en mars 2017. Le droit est de manière obscène utilisé à des fins politiques : si c’est habituellement le cas, là c’est visible. Ce 22 mai, une population préservée socialement a fait l’expérience d’un traitement que l’État réservait jusqu’à présent aux classes populaires et particulièrement aux banlieues. Ce qui apparaît, c’est la possibilité que ce type de mesures se banalisent, se propagent à grande vitesse à toutes les sphères de la vie sociale. Rencontrons-nous, montrons-nous, ne les laissons pas faire.
      Soyons là en particulier :

      Lors du concert de soutien qui aura le mercredi 13 juin à la Brèche (EHESS, 96 boulevard Raspail, Paris).

      Lors des procès qui commenceront ce vendredi 15 juin au tribunal de grande instance de Paris (Cité judiciaire de Paris, 29-45 avenue de la Porte-de-Clichy, métro, RER C Porte-de-Clichy).

      Signataires : Des arrêtés et inculpés du 22 mai et leurs soutiens, Sud Éducation, CNT-Sans Papiers 75, Sud Poste Haut de Seine, la CNT-Solidarité Ouvrière, la CGT-HPE, Plateforme d’enquête militante,

      Pouria Amirshahi, directeur de Politis, Nils Andersson, ancien éditeur, Bertrand Bernard, éditeur, Bastien Cabot, historien, Emmanuelle Canut, sciences du langage (Université de Lille), Elodie Cassan, professeure de philosophie, Laurence De Cock, historienne, Elsa Daillancourt, artiste, Alain Damasio, écrivain, Alèssi Dell’Umbria, auteur-réalisateur, Emmanuel Dockes, juriste, Elsa Dorlin, philosophe (Université Paris VIII), Jean-Marc Dupuis, directeur artistique, Michel Duret, directeur d’association, Stéphane Elmadjian, réalisateur, Jules Falquet, sociologue féministe (Université Paris Diderot), Fantazio, musicien, Eric Fassin, sociologue (Université Paris VIII), Jean-Louis Fournel, italianiste (Université Paris VIII), Jean-Luc Gautero, philosophe (Université Nice-Sophia Antipolis), Odile Henry, sociologue (Université Paris VIII), Sarah Hatchuel, littérature et cinéma (Université du Havre-Normandie), Régis Hébette, Directeur du théâtre de l’Echangeur, Valerie Hillion, professeure des écoles, Praline Gay-Para, auteure comédienne, Frédéric Goldbronn, documentariste, Laurent Hurard, artiste, Nicolas Jaoul, anthropologue (CNRS-IRIS), Georges Labica, philosophe, Dominique Larièpe, retraitée, Mathilde Larrère, historienne, François Lelièvre, directeur de « la Sèvre nantaise », Catherine Libert, réalisatrice, Laurence Lizé, économiste (Université Paris I Sorbonne), Olivier Long, universitaire et peintre, Seb Martel, musicien, Guillaume Meurice, chroniqueur à France Inter, Isabelle Meyrat, juriste (Université de Cergy-Pontoise), Guylaine Monnier, auteure, Yves Pagès, écrivain et éditeur, Alain Parrau, littérature (Université Paris VII), Karine Parrot, juriste (Université de Cergy-Pontoise), Evelyne Perrin, LDH94, Monique Pineau, syndicaliste Sud Santé, Emmanuelle Posse, professeur de philosophie dans le 93 et mère d’une inculpée, Zahra Pourazizi, auteure et poétesse, Philippe Poutou, syndicaliste et homme politique, Jacek Przybyszewski, artiste, Serge Quadruppani, écrivain, Nathalie Quintane, écrivaine, Gaël Quirante, Syndicaliste, Josep Rafanell I Ora, psychotérapeute, Jean Rochard, producteur de musique, Muriel Roland, artiste et pédagogue du théâtre (Université Paris VIII), Fabien Tarrit, économiste (Université de Reims Champagne-Ardenne), Isabelle Saint-Saens, membre du GISTI, Juliette Saladin, conceptrice graphique, Makis Solomos, musicologue (Université Paris VIII), Romain Telliez, historien (Université Paris 1 Sorbonne), Bruno Turcq, chercheur sur les changements climatiques (Université de Lima, Pérou).

      https://www.politis.fr/articles/2018/06/arago-comico-renzo-piano-retour-sur-la-repression-du-22-mai-38960

    • Toulouse : l’étudiant blessé s’inquiète des zones d’ombre de l’enquête

      Blessé par une grenade de désencerclement lors d’une opération faisant suite à l’expulsion de la fac du Mirail au printemps, #Guilhèm, étudiant, attend toujours les conclusions des enquêtes. Ses avocates réclament le « désarmement » de la police du quotidien.

      La vie de Guilhèm, vingt quatre ans, a basculé le 9 mai 2018, lors d’une intervention policière consécutive à l’évacuation de l’université de Toulouse. Presque deux mois après les faits, le jeune homme tenait, Vendredi 6 Juillet 2018, une conférence de presse en compagnie de ses avocates, Claire Dujardin et Sara Khoury. Il a livré son récit de l’explosion d’une grenade de désencerclement qui, le 9 mai 2018, l’aurait blessé, à proximité de la gare de Toulouse Matabiau.

      Les derniers étudiants occupant l’université du Mirail venaient d’être évacués à la suite d’une opération policière mettant un terme à un mouvement de grève et d’occupation long de plusieurs mois. « Nous étions un groupe d’étudiants pacifiques, chassés de l’université, et nous nous dirigions vers un local de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF), à l’invitation de cheminots », témoigne Guilhèm, la voix encore fragile, assis entre ses deux avocates, « nous nous sommes fait encercler par des policiers et, alors que je tournais le dos, j’ai été attrapé par derrière, tiré par les cheveux et maintenu par les deux bras. Quelqu’un est venu par derrière écraser ma gorge. Plus que la violence des paroles, ce qui m’a perturbé à ce moment-là, c’est que je n’arrivais plus à respirer. J’ai essayé de me dégager de l’étreinte, mais j’ai pris au moins cinq coups de poing assez violents sur le front. À ce moment-là, j’ai les deux mains maintenues et je suis dénué de toute défense. Et là, il y a quelque chose qui a arrêté tout cela, une explosion qui m’a semblé énorme et qui m’a fait très mal à l’intérieur de moi, comme si je m’étais pris une balle ». C’est en fait une grenade de désencerclement qui vient d’exploser à côté de lui.

      D’abord amené en Garde A Vue (GAV), il est rapidement transféré aux urgences où il va être menotté, selon son récit, jusqu’à ce que les policiers soient contraints de lui ôter les bracelets afin qu’il puisse passer un scanner. Bilan, plusieurs jours d’hospitalisation, un hémo pneumo thorax, le poumon gauche décollé de la plèvre et soixante dix centilitres de sang et de l’air écoulé entre les deux, des brûlures au second degré sur les bras et dans le dos, un hématome à l’intérieur du larynx et des douleurs pendant plus d’un mois.

      Une vidéo de l’interpellation qui a causé ces lésions a été diffusée dès le premier juin 2018 sur le site Lundi Matin. On y voit aussi les policiers faire un usage abondant des gaz lacrymogènes. Au lendemain de l’opération, une version a circulé, selon laquelle deux policiers avaient aussi été blessés légèrement dans l’explosion de la grenade. Mais depuis, aucune précision n’a été donnée pour confirmer cette version.

      À ce stade, deux enquêtes ont été confiées à la sûreté départementale, l’une portant sur l’auteur des coups et l’autre visant Guilhèm pour d’éventuels faits de dégradations, selon une version de source policière relayée le 10 mai 2018 par la Dépêche du Midi et démentie par l’intéressé, l’étudiant aurait été interpellé par des forces de police après avoir détérioré une caméra dans le métro. Une troisième enquête a été confiée à l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) et le parquet toulousain, joint par Mediapart, Samedi 7 Juillet 2018, a fait savoir qu’il attendait les conclusions de l’enquête de l’IGPN pour se prononcer sur le fond.

      Du côté de Guilhèm, ses avocates s’étonnent des nombreuses zones d’ombre du dossier, « au vu des rares éléments disponibles, nous n’étions pas dans un cadre qui, légalement, permettait l’usage d’une telle arme », note Sara Khoury qui s’interroge, « pourquoi le policier, porteur ou lanceur de la grenade, n’a-t-il pas été mis en examen ». La thèse d’une explosion accidentelle de la grenade, mise en avant par les autorités, est battue en brèche. « Une grenade qui serait tombée de la poche d’un policier et qui se serait dégoupillée toute seule, c’est un peu étrange », note Sara Khoury.

      Quand bien même il s’agirait d’un accident, « les forces de l’ordre sont censées maîtriser leurs armes », ajoute Guilhèm pour qui « dans les deux cas, accident ou pas, c’est aussi grave ».

      Pour ses avocates, l’affaire doit être replacée dans un cadre plus large. « Nous avons tous en tête la mort d’Adama Traoré, mort étouffé lors d’une interpellation violente », souligne Claire Dujardin, « en France, les opérations de maintien de l’ordre sont plus dangereuses que dans d’autres pays d’Europe ».

      « Mais l’état assume complètement le fait que, lors d’une intervention policière, il y ait des morts, des blessés et des personnes qui sont mutilées », déplore sa collègue, faisant référence au rapport de l’IGPN du 26 juin 2018 qui recense les blessés et tués en France lors d’interventions policières. Pour les deux femmes, « l’état doit désarmer la police ». « Nous ne parlons pas des opérations contre les terroristes. Nous parlons du quotidien », précise Claire Dujardin.

      Aujourd’hui, Guilhèm n’a plus de douleurs physiques liées à son interpellation. Mais le simple fait de croiser des voitures de police ou de voir clignoter des gyrophares, assure-t-il, lui est encore difficile. « J’ai été sidéré par ce qui s’est passé. Je mesure un mètre et soixante dix centimètres pour cinquante kilogrammes et je n’ai à aucun moment fait preuve de violence. Qu’est-ce qui explique l’usage d’une arme contre moi ». Par une sinistre concordance des temps, le comité Vérité et Justice du département de la Haute Garonne appelait Samedi 7 Juillet 2018 à 17 heures à un rassemblement après la mort d’un jeune, dans le quartier de Breil-Malville à Nantes, « en soutien aux victimes, à leurs proches et aux révoltes ».

      https://www.mediapart.fr/journal/france/070718/toulouse-l-etudiant-blesse-s-inquiete-des-zones-d-ombre-de-l-enquete

    • Protestation contre la loi ORE à Nanterre : deux étudiants condamnés, une relaxe

      Trois étudiants étaient poursuivis pour violences contre des policiers à la fac lors des protestations contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), en avril dernier.

      Ils viennent d’être condamnés mais promettent pourtant que « la mobilisation pour la relaxe ne fait que commencer ». Déclaré coupable de violence sur un policier lors de l’assemblée générale qui avait dégénéré à l’université de Nanterre, le 9 avril dernier, Victor Mendez n’accepte pas la décision du tribunal. Micro en main devant le palais de justice, l’étudiant de 22 ans fustige les juges, qui ont « voulu faire des exemples » en lui infligeant quatre mois de prison avec sursis pour avoir mordu un policier.

      Et en condamnant son camarade Roga, 29 ans, à six mois ferme sans lui imposer un séjour derrière les barreaux : la peine est aménageable. Lui n’est plus étudiant mais il était présent dans la salle du bâtiment E ce 9 avril, alors que débutait la contestation de la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE). Un groupe d’étudiants occupaient une salle du bâtiment, les CRS sont intervenus pour les déloger. Et la situation a dégénéré.
      Un rassemblement devant le tribunal

      Avec Victor et Roga, un troisième étudiant, Stanislas, a été jugé pour violence sur un policier lors du procès, qui a eu lieu le 19 septembre. Lui a été relaxé « au bénéfice du doute ». Avant que les trois prévenus n’entrent dans le palais de justice, ils étaient rassemblés devant les grilles avec environ 200 personnes venues témoigner de leur soutien. Une foule de laquelle émergent les drapeaux des syndicats Sud solidaires, Solidaires étudiants, SNEP Sup FSU, ceux du Parti ouvrier et du NPA. Et la banderole des postiers des Hauts-de-Seine en grève.

      Quelques minutes après le jugement, Roga a décidé d’en faire appel. Victor, lui, doit d’abord discuter de cette option avec son avocat. La « relaxe » encore espérée ne peut venir que de cet éventuel deuxième procès. En tout cas, dès jeudi, les étudiants prévoient une assemblée générale à l’université contre cette décision de justice.

      http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/etudiants-de-nanterre-deux-condamnations-une-relaxe-17-10-2018-7921008.ph

    • Procès Arago Épisode 2 : les multiples entorses policières sous silence

      Deuxième salve de procès pour les occupants du lycée Arago à Paris le 22 mai dernier contre Parcoursup. Parmi les 102 inculpés, 11 passaient devant le tribunal le 19 et 22 octobre. Malgré les vices de procédure, des conditions d’interpellation violant l’article 3 de la Convention Européenne des droits de l’homme, les procureurs ont requis des peines allant jusqu’à la prison avec sursis contre les militants anti-Parcoursup.

      22 mai 2018. La contestation anti-Parcoursup bat son plein et se joint à la manifestation de la Fonction Publique qui termine place de la Nation, à quelques centaines de mètres du lycée Arago. Une centaine de militants décident d’entrer dans le lycée pour l’occuper et tenir une Assemblée générale qui tourne court : les forces de l’ordre entrent dans le bâtiment et arrêtent l’ensemble des militants personnes présentes. Parmi eux, de nombreux étudiants, mais aussi des mineurs.

      Tous seront envoyés en garde-à-vue, pour 48 heures, dans les différents commissariats parisiens. Pour une partie d’entre eux, la soirée commence par une séquestration de 4 heures dans un bus de police : entassés, sans possibilité d’aller aux toilettes ni de boire. Aucune garde-à-vue signifiée avant ces 4 heures. Aucun moyen de contacter ses proches, y compris pour les mineurs. Dès le 22 mai s’exprime de la part de l’exécutif une volonté de frapper fort et criminaliser l’opposition étudiante et lycéenne au désastre annoncé du Plan Étudiant.

      Parmi les 300 arrestations, 102 seront inculpés. Parmi les chefs d’accusations portés à l’encontre des personnes arrêtées ce 22 mai : celui d’une « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations » et d’une « intrusion dans un établissement scolaire ». Dès le mois de juin, les premiers procès commencent. Les premières comparutions immédiates n’ont rien donné. Rien dans les dossiers. Pour ces procès de juin, les procureurs jouent également la montre : faute d’éléments, les procès sont reportés à décembre 2018.

      Un procès politique

      Le 19 et 22 octobre, 11 personnes ont de nouveau été appelées à passer devant le tribunal de Paris. Pour les avocats des inculpés, l’objectif est de requalifier l’inculpation - « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations », tout droit sorti de la législation anti-terroriste - en « infraction politique ». A deux reprises, vendredi et dimanche, les magistrats refuseront cette requête. C’est pourtant ce qui sous-tend toute l’affaire des inculpés d’Arago : punir les militants, couper les têtes du mouvement de la jeunesse, faire un exemple. Et dans la procédure judiciaire, tout est fait pour éviter que ces procès prennent l’ampleur médiatique qui devrait leur être accordée. D’abord, en étalant les procès sur une année : les procès de juin ont été reportés à décembre ; pour ceux d’octobre, 7 ont été renvoyés à septembre 2019, deux à une date ultérieure non déterminée, et pour deux, le verdict sera rendu en décembre. Puis en rendant des peines, aléatoires et arbitraires, allant de la relaxe à la prison avec sursis (requis contre deux inculpés du 22 octobre) en passant par des rappels à la loi ou des contrôles judiciaires. Plusieurs avocats de la défense ont écrit au juge pour tenter d’obtenir des éclaircissements sur la différence de traitement pour des faits similaires : la demande est restée jusqu’à maintenant sans réponse.

      « Un PV du commissariat du 4ème arrondissement avec un tampon du 18ème »

      Parmi les cas renvoyés, on retrouve ceux de deux inculpés dont les procès verbaux de garde-à-vue sont truffés d’erreur. Pour l’un, « le procès verbal a l’entête du commissariat du 4ème arrondissement alors que le tampon est celui du 18ème arrondissement. En attendant, on ne sait pas où elle a passé la garde-à-vue » raconte une mère d’inculpée, ayant assisté au procès. Sur un autre c’est la date qui n’est pas conforme : le procès verbal est daté du 23 mai alors que les garde-à-vue ont débuté le soir du 22. La défense a beau pointer les multiples entorses à la loi et les vices de procédures, le magistrat abonde dans le sens du procureur. Parmi ces entorses, la notification de garde-à-vue après 4 heures d’interpellation plutôt qu’une ou encore les 4 heures de séquestration dans un bus de la police qui violent l’article 3 de la Convention Européenne des droits de l’homme. Pour justifier les abus policiers, le procureur invoquera des « circonstances exceptionnelles », les atteintes des occupants d’Arago à la « sûreté de l’État », des arguments tout droit sortis de l’arsenal anti-terroriste pour justifier de la détention d’une centaine de militants, dont de nombreux mineurs.

      Une plainte de la proviseure d’Arago pour le « vol de 20 iPad Neuf et 2 usagés »

      Autre élément à charge qui vient s’ajouter pour un des interpellés, dont le procès du 15 juin a été renvoyé au 4 décembre prochain, une accusation de « recel de vol ». La proviseure du lycée Arago a porté plainte pour le vol de 20 iPad neufs et de deux usagés. Or, parmi tous les interpellés du 22 mai, tous ont subi une fouille au corps avant d’être embarqué en garde-à-vue dans les conditions que l’on sait. Ainsi, le mystère reste entier : comment ces iPads auraient-ils pu sortir du lycée ce jour là ?

      Pour les soutiens et les proches venus assistés au procès ce 19 et 22 octobre, outre les incohérences, il y a une « disproportion entre toutes les entorses contre la police et la très grande sévérité contre les inculpés ». Parmi les 11 inculpés passés à la barre, il a été requis une peine de deux mois de prison avec sursis, une peine de prison de deux mois avec sursis assorti d’une amende de 500 euros. Pour les autres le procès a été renvoyé à septembre 2019 ou à une date ultérieure non déterminée faute de PV conforme.

      En sortant du tribunal, les proches ont pu être accompagnés, à leur sortie du tribunal, par les services des renseignements généraux. Une manière de signer ces procès de la marque de l’État policier…


      http://www.revolutionpermanente.fr/Proces-Arago-Episode-2-les-multiples-entorses-policieres-sous-s


    • A contre-courant, #Sarajevo affiche sa solidarité

      Quelque 600 migrants parmi les 8 000 entrés dans le pays depuis le début de l’année sont actuellement en transit dans la capitale.

      La scène est devenue familière. Sur le parking de la gare de Sarajevo, ils sont environ 300 à former une longue file en cette soirée chaude de juillet. S’y garera bientôt une camionnette blanche d’où jailliront des portions des incontournables cevapcici bosniens, quelques rouleaux de viande grillée servis dans du pain rond, accompagnés d’un yaourt. Une poignée de femmes et quelques enfants se mêlent à ces jeunes hommes, venus de Syrie, d’Irak, du Pakistan ou d’Afghanistan et de passage en Bosnie sur la route vers l’Europe de l’Ouest. Environ 600 des 8 000 migrants entrés dans le pays depuis le début de l’année sont actuellement en transit dans la capitale. La majorité est bloquée dans le nord-ouest, en tentant de passer en Croatie.

      « Ici, l’accueil est différent de tous les pays par lesquels nous sommes passés. Les gens nous aident. Ils essaient de nous trouver un endroit où prendre une douche, dormir. Les flics sont corrects aussi. Ils ne nous tabassent pas », raconte un Syrien sur les routes depuis un an. Plus qu’ailleurs, dans la capitale bosnienne, les habitants tentent de redonner à ces voyageurs clandestins un peu de dignité humaine, de chaleur. « Les Sarajéviens n’ont pas oublié que certains ont été eux-mêmes des réfugiés pendant la guerre en Bosnie[1992-1995, ndlr]. Les pouvoirs publics ont mis du temps à réagir face à l’arrivée des migrants, contrairement aux habitants de Sarajevo qui ont d’emblée affiché une solidarité fantastique. Grâce à eux, une crise humanitaire a été évitée au printemps », affirme Neven Crvenkovic, porte-parole pour l’Europe du Sud-Est du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

      En avril, 250 migrants avaient mis en place un campement de fortune, quelques dizaines de tentes, dans un parc du centre touristique de Sarajevo. L’Etat qui paraissait démuni face à cette situation inédite ne leur fournissait rien. « Dès que nous avons vu venir des familles, nous nous sommes organisés. Des gens ont proposé des chambres chez eux, ont payé des locations », raconte une bénévole de Pomozi.ba, la plus importante association humanitaire de Sarajevo. L’organisation, qui ne vit que des dons des particuliers en argent ou en nature, sert actuellement un millier de repas par jour dans la capitale bosnienne et distribue vêtements et couvertures. Lors du ramadan en mai, 700 dîners avaient été servis. Des nappes blanches avaient été disposées sur le bitume du parking de la gare de Sarajevo.

      Non loin de la gare, un petit restaurant de grillades, « le Broadway », est tenu par Mirsad Suceska. Bientôt la soixantaine, cet homme discret apporte souvent des repas aux migrants. Ses clients leur en offrent aussi. Il y a quelques semaines, ils étaient quelques-uns à camper devant son établissement. Un groupe d’habitués, des cadres qui travaillent dans le quartier, en sont restés sidérés. L’un d’eux a demandé à Mirsad de donner aux migrants toute la nourriture qui restait dans sa cuisine. « Quand je les vois, je pense aux nôtres qui sont passés par là et je prends soin de ne pas les heurter, les blesser en lançant une remarque maladroite ou un mauvais regard », explique Mirsad. Dans le reste du pays, la population réserve un accueil plus mitigé à ces voyageurs.

      http://www.liberation.fr/planete/2018/07/29/a-contre-courant-sarajevo-affiche-sa-solidarite_1669608

    • Et au contraire... la #non-hospitalité

      Le guide de l’hospitalité que n’a pas écrit #Christian_Estrosi

      En juillet 2013, le maire LR de #Nice, Christian Estrosi, envoyait à 3 500 édiles ses recommandations pour éviter la concentration de populations migrantes. Le Perou, un collectif d’urbanistes, a adressé en juillet aux mêmes communes un guide de l’hospitalité, issu de leurs expériences dans des bidonvilles.

      http://www.liberation.fr/france/2018/08/07/le-guide-de-l-hospitalite-que-n-a-pas-ecrit-christian-estrosi_1671153

      Pour télécharger le #guide du #Perou :
      http://www.romeurope.org/wp-content/uploads/2018/08/Guide_PEROU_images.pdf

    • Barcellona e Open Arms si uniscono per salvare vite umane nel Mediterraneo

      La nave #Open_Arms avrebbe dovuto lasciare il porto di Barcellona in direzione della zona SAR della Libia per continuare il suo compito umanitario di osservazione e salvataggio, ma la Capitaneria di porto, che dipende dal Ministero dello Sviluppo spagnolo, le ha negato l’autorizzazione a partire fino a quando non sarà garantito un accordo con le autorità della zona SAR del Mediterraneo per lo sbarco delle persone salvate in mare. È improbabile che ciò avvenga, vista la chiusura dei porti di Italia e Malta.

      In risposta, la sindaca di Barcellona Ada Colau ha inviato una lettera al Ministro dello Sviluppo, José Luis Ábalos, chiedendo l’immediata revoca del blocco della nave OpenArms. La sindaca esprime la preoccupazione che per ragioni amministrative il governo spagnolo non riesca a proteggere i migranti che intraprendono un viaggio molto pericoloso attraverso il Mediterraneo, in fuga dall’orrore. Esorta inoltre il Ministero ad attuare le azioni necessarie per superare il più rapidamente possibile gli ostacoli amministrativi che impediscono alla nave di lasciare il porto di Barcellona.

      Allo stesso modo, il Comune di Barcellona ha firmato un accordo di collaborazione con Open Arms per lo sviluppo del progetto della fondazione per la protezione dei migranti a rischio di naufragio e conseguente pericolo di morte imminente per le aree SAR nel Mediterraneo centrale come emergenza umanitaria. L’accordo persegue inoltre l’obiettivo di denunciare la situazione di violazione dei diritti umani nel Mediterraneo.

      Il progetto Open Arms “Protezione per presenza, soccorso umanitario e comunicazione di emergenza nel Mediterraneo” si articola in tre filoni di lavoro:

      – Protezione attraverso la presenza nella zona SAR, la visibilità come deterrente per eventuali violazioni dei diritti umani e la garanzia di protezione per le persone trovate in mare.

      – Protezione attraverso l’azione, con il salvataggio di persone in pericolo di morte in acque SAR e sbarco con garanzie di sicurezza.

      – Comunicazione di emergenza, per rendere visibile e denunciare l’attuale situazione di violazione dei diritti dei migranti nel viaggio attraverso il Mediterraneo e le sue frontiere.

      L’accordo, in vigore fino all’ottobre del 2019, finanzierà con 497.020 euro il 35,4% del progetto della ONG. Con questo contributo la città di Barcellona si riafferma come città rifugio, vista la presenza minima di ONG nel Mediterraneo centrale dalla scorsa estate a causa della chiusura dei porti italiani e maltesi e della criminalizzazione e blocco delle imbarcazioni delle ONG di soccorso umanitario.

      Il Comune di Barcellona e Open Arms concordano sul fatto che la situazione di crisi e il blackout umanitario al largo delle coste libiche richiedano un’azione di emergenza con il massimo sostegno delle istituzioni pubbliche, in particolare delle città europee, sull’esempio di questo accordo.


      https://www.pressenza.com/it/2019/01/barcellona-e-open-arms-si-uniscono-per-salvare-vite-umane-nel-mediterrane

      #Barcelone

    • Siracusa pronta ad accogliere i migranti della Sea Watch. Sindaco: «Cittadini disponibili a ospitarli nelle loro case»

      Il primo cittadino del capoluogo aretuseo, #Francesco_Italia, ha già scritto al ministro della Marina mercantile chiedendo di consentire l’attracco della nave. «Al resto, penseremo noi, la Curia e le associazioni di volontariato disposte a prestare aiuto»

      https://meridionews.it/articolo/73871/siracusa-pronta-ad-accogliere-i-migranti-della-sea-watch-sindaco-cittadi
      #Syracuse #Siracusa

    • Numéro spécial sur villes et hospitalité de la revue Plein Droit :

      À rebours des politiques migratoires impulsées par les États, des municipalités ont décidé de se montrer solidaires des migrant⋅e⋅s qui passent ou qui s’installent sur leur territoire, et de leur venir en aide, voire de les protéger contre des autorités étatiques qui ne cherchent qu’à les chasser. Villes-refuge, villes sanctuaires, villes solidaires, villes d’asile, villes rebelles, les qualificatifs sont aussi nombreux que les degrés d’hospitalité qui vont de l’affichage médiatique à une réelle politique municipale qui crée les conditions d’un accueil digne des exilé⋅e⋅s. Et quand les municipalités se montrent également hostiles à l’égard des migrant⋅e⋅s, il arrive que les citoyen⋅ne⋅s prennent le relais, faisant fi des menaces institutionnelles, de la pression policière ou du climat xénophobe, parfois pour parer à l’urgence humanitaire, parfois pour favoriser une réelle cogestion fondée sur l’autonomie. Ces expériences multiples d’hospitalité et d’activisme local montrent que l’humanité peut l’emporter sur la fermeté, n’en déplaise aux gouvernements.


      https://www.gisti.org/spip.php?article5812

    • #BD publiée par @vivre sur la commune de #Fourneaux :

      La BD reportage « Après l’arrivée » raconte une histoire d’accueil. Comment 33 réfugiés, débarquant du jour au lendemain de la jungle de Calais, s’inscrivent dans le récit d’une commune de Savoie et de ses habitants. Un dessinateur, HERJI, une journaliste, Julie Eigenmann, sont partis à leur rencontre et ont ramené dans leur valise ce reportage dessiné. L’histoire pourrait se dérouler un peu partout sur la planète, parce qu’il s’agit d’humanité, de partage et de ces rencontres qui montrent qu’un autre monde est possible.


      https://asile.ch/sommaire/ve-165-decembre-2017

    • #Convention_sur_l'accueil de #Grande-Synthe :

      Dans un contexte de sécurisation et de fermeture des frontières européennes, l’#accueil des réfugiés s’impose dans le débat public et dans nos réalités locales.

      Grande-Synthe reçoit la Convention nationale sur l’accueil et les migrations, 2 jours de débats pour réfléchir collectivement à une politique d’accueil fondée sur la solidarité et le respect des droits humains et pour questionner les pouvoirs publics. Avec la participation de nombreuses associations et ONG impliquées quotidiennement ainsi que de personnalités : Anne Hidalgo (Maire de Paris), Benjamin Stora (Historien, Professeur et Président du Musée national de l’histoire de l’immigration), Edwy Plenel (Médiapart), Eric Piolle (Maire de Grenoble), Frederic Leturque (Maire d’Arras), Pierre Laurent (Secrétaire national du PCF) mais également Benoit Hamon, Aurélien Taché (Député LREM), Eric Coquerel (Député – France Insoumise), Michel Agier (Dir. d’études à l’EHESS), Rony Brauman (co-fondateur de MSF) , Cédric Herrou, ainsi que des représentants du HCR, de la Cimade, de MDM et des associations locales…

      Autour de cette convention ouverte à tous, une programmation culturelle plurielle : expo, humour, concert, docus…

      http://convention-accueil-grande-synthe.fr

    • Des dizaines de villes inventent une politique d’accueil des migrants

      Jeudi et vendredi s’est tenue à Grande-Synthe la première #Convention_nationale_sur_l’accueil_et_les_migrations. Des élus aux associatifs, tous les acteurs de l’aide aux migrants ont jeté des ponts entre les initiatives locales, cherchant à construire un réseau des villes accueillantes.

      https://reporterre.net/Des-dizaines-de-villes-inventent-une-politique-d-accueil-des-migrants

    • Entre accueil et rejet : ce que les villes font aux migrants. Ce que les villes font aux migrants

      ce livre permet de mieux comprendre la diversité et la complexité des formes de l’accueil des migrants sur notre continent. Il nous fait saisir comment cet enjeu refaçonne les liens sociaux, les valeurs et les émotions collectives, et interroge les définitions pratiques de la citoyenneté prise dans un jeu de frontières. Dans un contexte d’anxiété identitaire qui se manifeste par la fermeture des frontières, le confinement et les expulsions, ce livre montre que la ville peut constituer un pôle de résistance et de contournement, voire de renversement des décisions de l’État central.

      Il est constitué d’enquêtes claires et approfondies menées dans plusieurs grandes villes européennes (Paris, Copenhague, Berlin, Barcelone, Istanbul…), et de témoignages d’acteurs concernés (migrants, militants, observateurs directs…).

      http://lepassagerclandestin.fr/catalogue/bibliotheque-des-frontieres/entre-accueil-et-rejet-ce-que-les-villes-font-aux-migrants.html

    • Les ciutats fan front a la necessitat urgent d’habitatge públic

      Les ciutats europees han de fer front a la necessitat urgent d’habitatge públic. Per això, molts governs municipals estan reforçant les seves polítiques amb mecanismes innovadors que permetin fer front a la crisi de l’habitatge i a l’expulsió dels veïns dels seus barris.

      L’Ajuntament de Barcelona ha presentat un projecte per construir pisos d’estada temporal de construcció ràpida, sostenible i de qualitat. La iniciativa, anomenada APROP (Allotjaments de Proximitat Provisional), oferirà una resposta urgent mentre es construeixen les promocions d’habitatge públic, que requereixen de més temps.

      Responsables del consistori barceloní van explicar ahir aquest projecte en un acte organitzat per l’Observatori DESC i el propi Ajuntament.

      La jornada, anomenada ‘Urgent: solucions innovadores en habitatge públic’, es va celebrar al Pati Manning de Barcelona i hi van participar representants de les ciutats d’Amsterdam i Munic, a banda d’entitats com la Federació d’Associacions de Veïns i Veïnes de Barcelona (FAVB), la Fundació Hàbitat 3 i l’Institut de Tecnologia de la Construcció de Catalunya (ITeC), entre d’altres.

      http://ajuntament.barcelona.cat/lescorts/ca/noticia/les-ciutats-fan-front-a-la-necessitat-urgent-dhabitatge-pzblic

      Et dans ce cadre, le projet #APROP:
      https://www.barcelona.cat/infobarcelona/en/temporary-local-housing-to-combat-gentrification-2_622017.html
      #Barcelone

    • Sanctuary in the City : #Beirut

      The world’s refugee crisis is a global responsibility that is especially discharged locally, in particular, in Lebanon, where refugees and displaced persons form a large percentage of the national population. Since the beginning of the Syrian Crisis in March 2011, Lebanon has been a refuge for many hundreds of thousands of people fleeing war. This project explores how municipalities cope with the crisis within the normative framework of human rights and corresponding obligations. It seeks to give voice to the experience of Beirut among the world’s cities claiming to apply that framework in policies, practice, services and local democratic leadership and administration.

      Through a series of workshops and other survey tools, the project captures the expressions, principles and experiences of local governance amid the refugee/displacement crisis. It seeks to channel the experience of refugees, civil society and local authorities by expressing operational principles and allows people in Beirut to identify what works and what could work better.

      One outcome of the project will be a local charter that gives voice to this community of practice among the world’s cities that are facing comparable challenges. The charter will form a basis for exchange, mutual learning and guidance for local administrations in future. The Beirut charter is seen as one tangible way to give credit to the people of Beirut for their role in assuming a local responsibility that the wider world shares.

      http://hic-mena.org/spage.php?id=qG8=

      Ici pour télécharger la charte de la ville de Beirut :
      http://www.hlrn.org/img/documents/Beirut_Charter_to_share_EN.pdf
      #ville-refuge

    • Migrants’ (Denied) Right to the City

      The history of cities in the Indian sub-continent goes as far as the middle of the third millennium BC with the emergence of cities like Harappa and Mohenjo Daro in the Indus valley (Champakalakshmi 2006:8). During different phases of Indian history, many new cities have emerged and many have declined, shaping the history of India (Ramachandran 1995). The dynamics of city growth shows that migration has been a very important component as cities were centres of trade, manufacturing and services. These functions could not have been sustained without migration and migrant labour. People migrate to cities not only for work, but also on account of business, education, marriages, natural disasters and conflicts etc. As cities have evolved through various migrations over a long period of time, they are characterized by diversity in terms of ethnic and religious identities, occupations, language, culture, food habits and so on. In fact heterogeneity is the hallmark of cities and innovations -in which migrants have played a very significant role -are central to their existence. Migration, especially internal migration, contributes significantly to the growth of Indian cities. The Indian Constitution guarantees freedom of movement and freedom to settle within the territory of India as a fundamental right of all citizens (Article 19). Yet migrants face several barriers in terms of access to civic amenities, housing and employment, as well as restrictions on their political and cultural rights because of linguistic and cultural differences. These discriminations are articulated in various parts of India in the theory of ’sons of the soil’, which evokes anti migrant sentiments (Weiner 1978, Hansen 2001). Migrants are all the more vulnerable to discrimination and exploitation as many of them are poor, illiterate and live in slums and hazardous locations prone to disaster and natural calamities. As such, the condition of migrants in cities needs to be addressed squarely in urban policies and programmes.

      https://www.researchgate.net/publication/234169322_Migrants'_Denied_Right_to_the_City

    • Mobile Commons, Migrant Digitalities and the Right to the City

      This book examines the relationship between urban migrant movements, struggles and digitality which transforms public space and generates mobile commons. The authors explore heterogeneous digital forms in the context migration, border-crossing and transnational activism, displaying commonality patterns and inter-dependence.



      https://www.palgrave.com/us/book/9781137412317
      #livre

    • Ce qu’ils font est juste : ils mettent la solidarité et l’hospitalité à l’honneur

      L’étranger est par essence louche, suspect, imprévisible, retors, de taille à commettre des avanies, même s’il survit dans le plus profond dénuement, s’il souffre de la faim, du froid, qu’il n’a pas de toit pour se protéger. L’étranger, homme, femme ou enfant, représente toujours un danger, qu’il faut combattre à tout prix.

      La loi dispose que « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France » encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

      Cette sanction pénale est réservée aux « aidants » désintéressés, animés par le seul élan d’humanité et de dignité vis-à-vis d’eux-mêmes et de ceux voués à tout juste subsister. Ils ont choisi, en connaissance de cause, de commettre ce qu’on appelle le « délit de solidarité » ou « d’hospitalité ». Des expressions devenues familières, dans leur obscénité, depuis qu’on a vu traduits devant les tribunaux des « désobéissants », paysans, professeurs, élus municipaux, citoyens bienfaisants coupables d’avoir, sans contrepartie d’aucune sorte, secouru, protégé, rendu service à des hommes, femmes et enfants qui n’avaient pas l’autorisation de fouler la terre française.

      Les élections présidentielle et législatives en France ont fourni l’occasion d’une chasse aux désobéissants, comme si la majorité des candidats s’étaient accordés pour rassurer l’opinion en la sommant de collaborer : la France ne laissera pas entrer chez elle des hordes de réfugiés, de migrants si menaçants. Chaque jour a apporté son nouveau délinquant, lequel n’a pas désarmé, il est entré en résistance. Il offre le gîte, le couvert, la circulation à des exilés miséreux, il est capturé par des policiers, punit par des magistrats… et il recommence, parce que l’hospitalité et la solidarité ne sont pas une faveur mais un droit, un devoir et qu’il aime accomplir ce devoir-là.

      Des écrivains ont accepté avec enthousiasme d’écrire, à leur guise, dans une nouvelle, fiction ou rêverie, leur respect pour ces gens de bien, et leur inquiétude de voir agiter les spectres de graves menaces incarnés par des êtres humains réduits à peu de choses. Pas seulement : c’est aussi vers l’Autre que va leur curiosité, l’Autre qui gagne toujours à être connu et non chassé.

      http://www.donquichotte-editions.com/donquichotte-editions/Argu.php?ID=147


  • Petite mise à jour postes ouverts (publiés) #MCF #ESR. On suit toujours la tendance qui conduit à 0 postes ouverts en 2030.


    https://twitter.com/mixlamalice/status/966986699040612352

    Avec ce commentaire intéressant :

    Pas étonnant alors qu’ils mettent en place #parcours_sup qui réduit l’accès à l’Université : plus de lycéens, moins de profs : la #sélection organisée ...

    https://twitter.com/ben_schnecken/status/967001264390361089

    #postes #travail #université #statistiques #chiffres #MCF #France #it_has_begun

    En route vers une université sans enseignant·es !

    • Commentaire reçu via la mailing-list Geotamtam, avec des références utiles :

      Sur ces questions de "sélection" (qui ne peut pas avoir d’autre fonction que d’éliminer les "indésirables") et les réformes en cours, mais aussi sur les questions angoissées de notre ex-collègue sur qui s’intéresse au devenir des étudiant-es et aux inégalités et injustices de ce système, le réflexe doit être selon moi de lire ce que les chercheurs et chercheuses spécialistes ont pu écrire de sérieux sur la question et les leçons qu’ils/elles en tirent. Il y aurait beaucoup de références à donner, surtout si on pense qu’il faudrait une mise en contexte par quelques décennies de travaux sur les trajectoires scolaires, leurs conditions et leurs effets...

      Par exemple, il y a certes un manque évident et énormissime de moyens, mais selon Beaud et Millet (réf plus bas) : "Au delà des questions pratiques, bien sûr importantes, que pose le pilotage de cette réforme et de la situation actuelle de l’université, affaiblie par la conjonction de 10 ans de LRU, de disette budgétaire et de plusieurs décennies d’accroissement des effectifs étudiants, il apparaît essentiel de replacer au cœur des débats la réflexion sur la fonction sociale de l’université en France."

      Pour ce faire, je vais me limiter à une seule analyse récente de la logique des réformes depuis le processus de Bologne (Economistes attérés, en PJ) et quelques publications, avec un livre qui est devenu un classique, et si vous n’avez pas le temps quelques textes qui en sont inséparables et dont certains titres sont très explicites : la "sélection à l’université" semble en effet "une fausse solution à un problème mal posé".

      – Trois courtes analyses des réformes en cours :

      BODIN Romuald, ORANGE Sophie, 2017, "Parcoursup, une réforme conservatrice ?", AOC, en ligne
      https://aoc.media/analyse/2018/02/06/parcoursup-reforme-conservatrice

      BEAUD Stéphane, "Les enjeux cachés de la réforme du bas", Alternatives économiques,
      https://www.alternatives-economiques.fr/enjeux-caches-de-reforme-bac/00083206

      BEAUD Stéphane, MILLET Mathias, "La réforme Macron de l’université", La Vie des idées,
      http://www.laviedesidees.fr/La-reforme-Macron-de-l-universite.html

      – Quelques publications sur des recherches sociologiques qui les fondent :

      BODIN Romuald, MILLET Mathias, 2011, « La question de l’« abandon » et des inégalités dans les premiers cycles à l’université », Savoir/Agir, vol. 17, no. 3, 2011, pp. 65-73.